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Les Sciences de l'Information et de la Communication

Les sciences de l'information et de la communication (SIC) émergent dans les années 1970 en France, intégrant diverses disciplines pour analyser la complexité de la communication humaine. Elles se caractérisent par leur interdisciplinaire et leur capacité à développer des théories et méthodologies adaptées à des phénomènes communicationnels variés. Les SIC visent à éclairer les processus info-communicationnels et à répondre à une demande croissante de formations professionnelles dans le domaine de la communication.

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Les Sciences de l'Information et de la Communication

Les sciences de l'information et de la communication (SIC) émergent dans les années 1970 en France, intégrant diverses disciplines pour analyser la complexité de la communication humaine. Elles se caractérisent par leur interdisciplinaire et leur capacité à développer des théories et méthodologies adaptées à des phénomènes communicationnels variés. Les SIC visent à éclairer les processus info-communicationnels et à répondre à une demande croissante de formations professionnelles dans le domaine de la communication.

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FICHE 1. 1.

LES SIC, UNE DISCIPLINE

‫ ׋‬Problématique

ê La communication est souvent envisagée comme une notion floue, cette


conception tiendrait à une insuffisante clarification du terme. Où se situent
les sciences de l’information et de la communication (SIC) dans le champ
académique ?
ê Aux origines diversifiées, cette science s’est longtemps définie au carre-
four des disciplines (lettres, sociologie, sciences du langage, etc.) ; quelles
ambitions poursuit-elle aujourd’hui, quels sont ses domaines de recherche ?

La communication traverse toutes les activités humaines, une simple


définition ne pourrait suffire à circonscrire cette notion, « croire que tout
est communication place les sciences de la communication dans la position
intenable d’être la science de tout » (Breton, 1994, p. 74). Les SIC permettent
précisément de resituer la notion de communication dans toute sa
complexité. En effet, au cours du XXe siècle s’est constituée, en France,
une discipline qui se consacre à observer, à analyser des objets, des phéno-
mènes, en plaçant la dimension « communication » et/ou celle du rapport
« information/communication » au centre de l’analyse. Cette discipline
construit des connaissances notamment pour former à des métiers
très divers pour lesquels la communication est devenue toujours plus
importante.

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■ La notion de communication : les 7 sens
Au préalable, tentons de décrire ce qu’il est convenu d’appeler « communi-
cation », en mobilisant trois définitions issues de dictionnaires et encyclopé-
dies reconnus (Dictionnaire de la langue française ; Encyclopédie universalis
et Dictionnaire encyclopédique des SIC). La notion recouvrirait ainsi 7 sens :

Fig. 1. 1. La communication en 7 sens

■ Naissance d’une discipline


Dans les années 1970, les SIC intègrent les universités françaises. Trois
enseignants-chercheurs appartenant à des disciplines différentes (Roland
Barthes – linguistique – Robert Escarpit – études littéraires – et Jean
Meyriat – documentation) initient une rencontre, à l’issue de laquelle
un comité des SIC est créé (parmi les membres de ce comité, se trouvent
d’autres chercheurs influents comme Georges Friedmann, Edgar Morin, etc.).
Ce comité poursuit l’objectif d’insérer les SIC dans le système universitaire,

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ce qui sera effectif en 1975. Pour autant, la naissance des SIC s’inscrit dans
un contexte bien plus large : d’abord national, dans le sillage des mouve-
ments de mai 1968, l’heure est à la réforme des systèmes universitaires
restés trop longtemps figés. S’ajoute une forte demande sociale en matière
d’enseignements professionnels, les métiers de la communication sont
en pleine expansion en France, d’où le recrutement actif d’enseignants-cher-

Théories de l’information et de la communicati


cheurs dans les IUT. Le contexte international avec le développement rapide
des médias de masse (presse, cinéma, radio, télévision) favorise également
l’émergence de cette nouvelle discipline « SIC ». Ce sigle au pluriel est
d’ailleurs uniquement employé en France, dans les pays anglo-saxons,
on parle plus volontiers d’« information science » et de « communication
studies » ; le couple information et communication est pensé ensemble,
en France, le pluriel SIC désigne l’unité des deux notions (Ollivier, 2007)
et revendique l’utilisation de plusieurs approches. En raison de leurs
origines plurielles (études littéraires, sciences du langage, sociologie, etc.),
les SIC puisent leurs ressources dans de nombreux domaines, et ont été
ainsi longtemps définies comme une « interdiscipline », mal identifiée à
la différence des autres disciplines plus anciennes au sein des sciences
humaines et sociales (SHS).

■ Compétences et domaines de recherches en SIC


Récemment, un rapport précieux évaluant les dynamiques de recherche
en SIC vantait « cette capacité à agencer des théories et des méthodes
émanant de plusieurs traditions disciplinaires et épistémologiques »,
qui serait devenue « une marque de fabrique » de la discipline, capable
d’élaborer des articulations construites et renouvelées pour penser
les phénomènes communicationnels.
L’interdisciplinarité souvent décriée de la discipline serait devenue sa force
(CPDirSIC, 2018, p. 12). Ce rapport distingue notamment 10 domaines
de recherche des SIC.

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Fig. 1. 2. Les SIC en 10 domaines de recherche

‫ ׋‬Conclusion

Les SIC sont l’appellation française de recherches qui portent


sur la communication, matière vivante en perpétuelle évolution.
Cette science propose de s’emparer de la complexité des dimensions
de la communication humaine et d’éclairer les processus info-commu-
nicationnels de nombreux phénomènes. Ce sont des sciences humaines
et sociales qui ont fait de leurs origines variées une force. Il ne s’agit
pas d’une simple juxtaposition de cultures scientifiques antérieures, mais
bien de descriptions nouvelles des phénomènes liés à la communication.
Les SIC produisent des théories et des méthodologies au programme
de l’ensemble des formations en IUT.

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‫ ׀‬Notions en SIC
Communication ▪ Discipline ▪ Champ scientifique ▪ Processus info-commu-
nicationnels ▪ SIC

Théories de l’information et de la communicati


ˮ Références, pour aller plus loin…

ê Bougnoux D., 1993, Textes essentiels. Sciences de l’information et de la commu-


nication, Paris, Larousse.
ê Boure R., 2012, « Histoire des sciences de l’information et de la communica-
tion (2) », Questions de communication, 10, p. 257-287.
ê Breton Ph., 1994, « La naissance des sciences de la communication (à la recherche
d’un programme de séparation) », Quaderni, 23.
ê Breton Ph., Proux S., 1998, L’explosion de la communication, Paris, La Découverte.
ê Legavre J.-B., Rieffel R., dirs, 2017, Les 100 mots des Sciences de l’Information
et de la Communication, Paris, PUF, Que sais-je ?
ê Mattelard A. M., 1995, Histoire des théories de la communication, Paris,
La Découverte.
ê Mucchielli A., 2010, Les Sciences de l’information et de la communication,
Paris, Hachette.
ê Olivesi S., dir, 2006, Sciences de l’information et de la communication. Objets,
savoirs, discipline. Grenoble, Presses universitaires de Grenoble.
ê Ollivier B., 2007, Les Sciences de la communication. Théories et acquis, Paris,
Armand Colin.
ê SFSIC, 1994, Les Fondateurs de la Sfsic : Robert Escarpit, Paris, Éditions SFSIC.
ê Walter J., Douyère D., Bouillon J.-L., Ollivier-Yaniv C., 2018, Dynamiques
des recherches en sciences de l’information et de la communication, Conférence
permanente des directeurs-directrices des unités de recherche en sciences de
l’information et de la communication (CPDirSIC).
ê Wolton D., 2004, Les Sciences de l’information et de la communication. Savoirs
et pouvoirs, Paris, CNRS Éditions.

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FICHE 1. 2.
THÉORIES MATHÉMATIQUES DE L’INFORMATION

‫ ׋‬Problématique

ê La notion d’information serait-elle calculable, quantifiable ?


ê Quel modèle théorique permet de comprendre les éléments d’une situation
de communication ?
ê Quels sont les facteurs de succès et d’échec de la communication ?

Les théories mathématiques de l’information se développent au lendemain


de la seconde guerre mondiale, au moment de la guerre froide qui oppose
les démocraties occidentales aux régimes communistes. Dans ce climat
conflictuel, la communication s’affirme comme une préoccupation majeure,
les médias sont en pleine émergence et les chercheurs nord-américains
vont développer des modèles propres aux sciences exactes pour penser
les situations de communication. La notion d’information se construit alors
à partir d’une approche mathématique.

■ Le modèle de Shannon : une théorie de la donnée


Mathématicien et ingénieur électricien, Claude Elwood Shannon, propose
un schéma du « système général de communication » (Shannon, 1948).
Ce système est pensé pour servir l’industrie des télécommunications ;
ingénieur à la Bell Telephone, Shannon cherchait les moyens les plus efficaces
(rapidité, rentabilité, etc.) de transporter l’information. Dans le sillage
de Norbert Wiener, son maître de recherche au célèbre Massachusetts
Institute of Technology, Shannon va élaborer des mesures de la quantité

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d’informations et par la suite une théorie mathématique de l’information.
Théorie qui sera publiée et augmentée par les commentaires de Warren
Weaver, un de ses confrères mathématiciens. Dans cette théorie, le terme
information a le sens de données, c’est-à-dire un ensemble de signaux
et non-signaux transmis. Cette théorie permet de calculer le nombre
d’informations circulant par un canal donné. Le modèle de communica-
tion développé par Shannon et Weaver s’articule autour de cinq éléments
constitutifs d’une situation de communication (1975) :

■ L’émetteur : être vivant ou système qui envoie de l’information


après l’avoir traitée et comprise.
■ Le récepteur : être vivant ou système qui reçoit de l’information.
■ Le canal : ensemble des moyens matériels et/ou physiolo-
giques qui servent à véhiculer le message.
■ Le code : ensemble des signes qui constituent le message,
ainsi que toutes les règles utiles pour les organiser (pour
constituer un message, il faut l’encoder et pour le déchiffrer,
le décoder).
■ Le message : ensemble des informations transmises, objet
de la communication.

Fig. 1. 3. Cinq éléments constitutifs d’une situation de communication

Ce modèle dit télégraphique à la croisée des mathématiques et du rensei-


gnement militaire propose une définition opérationnelle de la commu-
nication, et ces éléments vont s’imposer bien au-delà d’un strict usage
technique des télécommunications. L’emploi de ces termes va, en effet,
s’étendre à l’ensemble des sciences humaines.

■ Norbert Wiener et la notion de feedback


Ce mathématicien fonde en 1948, la cybernétique ou « sciences du contrôle
des systèmes ». Un système dit « cybernétique » (du grec « kubernan » :
gouverner) se définit comme un ensemble d’éléments en interaction. Il peut
être vivant ou non-vivant. Pour n’importe quel type d’organisation (sociale,
biologique, technologique), la vision cybernétique consiste en une analyse
globale des éléments en présence et surtout de leurs interactions : l’action
d’un élément sur un autre entraîne en retour une réponse (rétroaction
ou feedback) du second élément vers le premier, du récepteur vers l’émet-
teur (feedback signifie nourrir en retour), les deux éléments sont reliés
par une boucle de rétroaction. La modélisation cybernétique envisage
ces efforts de rétroaction.

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