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Cours de Relativité Restreinte en Physique

Le document présente un cours de physique nucléaire axé sur la relativité restreinte, incluant des chapitres sur la relativité de Galilée, la transformation de Lorentz et les postulats de la relativité. Il aborde les principes fondamentaux de la relativité, les transformations des coordonnées entre référentiels, et les implications des phénomènes électromagnétiques sur la relativité. Le cours souligne la nécessité de reformuler la mécanique classique pour intégrer les découvertes de la relativité restreinte.

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Cours de Relativité Restreinte en Physique

Le document présente un cours de physique nucléaire axé sur la relativité restreinte, incluant des chapitres sur la relativité de Galilée, la transformation de Lorentz et les postulats de la relativité. Il aborde les principes fondamentaux de la relativité, les transformations des coordonnées entre référentiels, et les implications des phénomènes électromagnétiques sur la relativité. Le cours souligne la nécessité de reformuler la mécanique classique pour intégrer les découvertes de la relativité restreinte.

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Département de Physique

Filière : Sciences de la Matière Physique-SV

Cours de Physique Nucléaire


Pr. N. EL AOUAD

Année Universitaire : 2020-2021


Cours Physique Nucléaire SMP-SV 2020 -2021

1ère Partie :
La Relativité Restreinte

1er chapitre : La Relativité Restreinte

2ème chapitre : Résultats Généraux de la Théorie de la


Relativité Restreinte
3ème chapitre : Applications de La Relativité Restreinte

2 Pr N. EL AOUAD
1ère Partie : Relativité Restreinte-Chapitre-I

Chapitre I :
La Relativité Restreinte

I. Relativité de Galilée

II. La transformation de Lorentz

III. Les postulats de la relativité restreinte

IV. Expérience de Michelson et Morley

3 Pr N. EL AOUAD
Cours Physique Nucléaire SMP-SV 2020 -2021

I-Relativité de Galilée
1-Principes de relativité de Galilée :
Ils sont utilisés comme postulats de base de toute la mécanique Newtonienne.
1er Principe : Les lois de la mécanique sont les mêmes dans tous les référentiels d’inertie.
2ème Principe : Le temps et l’espace sont des absolus.
Interprétations de ces principes :
• Le 1er Principe annonce que Deux observateurs galiléens, qui font les mêmes
expériences, trouvent les mêmes résultats.
• Le 2ème Principe annonce que les intervalles de temps et d’espace séparant deux
évènements sont les mêmes pour tous les observateurs ; en particulier, deux
évènements simultanés (∆𝑡 = 0) pour un observateur, le sont aussi pour tous les
observateurs.

2- La transformation de Galilée
La transformation de Galilée correspond aux formules de transformations des coordonnées
spatiales et temporelle entre deux référentiels galiléens donnés.
Soient un référentiel ℛ(𝑂, 𝑋, 𝑌, 𝑍) supposé galiléen, et un second référentiel ℛ ′ (𝑂′ , 𝑋 ′ , 𝑌 ′ , 𝑍 ′ ) en
mouvement de translation rectiligne et uniforme par rapport au référentiel ℛ avec une vitesse
relative 𝑢 le long de l’axe 𝑂𝑋. On règle les horloges de chaque référentiel de telle sorte que pour
𝑡 = 𝑡 ′ = 0, les origines 𝑂 𝑒𝑡 𝑂′ soient confondues (cf. figure-1).
L'objet de la transformation de Galilée est de déterminer comment se transforment les
coordonnées de temps et d'espace d'un même évènement, notées 𝐸 𝑡, 𝑥, 𝑦, 𝑧 = 𝐸(𝑡, 𝑟) dans ℛ
et 𝐸 𝑡′, 𝑥′, 𝑦′, 𝑧′ = 𝐸(𝑡′, 𝑟′) dans ℛ′, lors du changement de référentiels.
Dans le cadre de la mécanique newtonienne, le temps possède un caractère absolu, autrement dit
si les origines des dates des horloges associées à chacun des référentiels sont identiques, on aura
𝑡 ′ = 𝑡, formule d'ailleurs valable même si les deux référentiels ne sont pas galiléens, et quel que
soit leur mouvement relatif.

Figure-1 : Schéma du mouvement relatif des deux référentiels pour la transformation de Galilée.
D’où les formules de transformation entre les coordonnées sont données par :
𝒕′ = 𝒕 𝒕 = 𝒕′

𝒙 = 𝒙 − 𝒖𝒕 𝒙 = 𝒙′ + 𝒖𝒕
𝐞𝐭 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 (1)
𝒚′ = 𝒚 𝒚 = 𝒚′
𝒛′ = 𝒛 𝒛 = 𝒛′
Remarques :

4 Pr N. EL AOUAD
1ère Partie : Relativité Restreinte-Chapitre-I

1. Tout référentiel en mouvement de translation rectiligne et uniforme par rapport à un


référentiel donné supposé galiléen, est lui-même galiléen.
2. la transformation de Galilée laisse invariante les équations de la mécanique newtonienne,
mais pas les équations de Maxwell.
3. Dans la transformation de Galilée, toutes les grandeurs physiques qui caractérisent un
évènement, en dehors de celles qui font intervenir sa position et sa vitesse, ont une
valeur indépendante du référentiel dans lequel on se place, conformément à la
perception intuitive que la vie nous en procure : il en est ainsi du temps, de la masse, de
la charge, de l’accélération, ...
Les lois de composition des vitesses s’obtiennent en dérivant les relations précédentes par rapport
au temps, on obtient :
𝒅𝒙 𝒅𝒙′
= +𝒖
𝒅𝒕 = 𝒅𝒕′ 𝒅𝒕 𝒅𝒕′ 𝒗𝒙 = 𝒗′𝒙′ + 𝒖
𝒅𝒙 = 𝒅𝒙′ + 𝒖𝒅𝒕 𝒅𝒚 𝒅𝒚′
′ = ′ 𝒗𝒚 = 𝒗′𝒚′ (𝟐)
𝒅𝒚 = 𝒅𝒚 𝒅𝒕 𝒅𝒕 ′
𝒅𝒛 = 𝒅𝒛′ 𝒅𝒛 𝒅𝒛′ 𝒗𝒛 = 𝒗𝒛′
= ′
𝒅𝒕 𝒅𝒕
𝑽/ℛ = 𝑽/ℛ′ + 𝑽ℛ′ /ℛ
En dérivant une nouvelle fois on obtient les lois décomposition de l’accélération
𝒅𝟐 𝒙 𝒅𝟐 𝒙′
=
𝒅𝒕𝟐 𝒅𝒕′𝟐 𝜸𝒙 = 𝜸′𝒙′
𝟐 𝟐 ′
𝒅 𝒚 𝒅 𝒚
= ′𝟐 𝜸𝒚 = 𝜸′𝒚′ (𝟑)
𝒅𝒕 𝟐 𝒅𝒕
𝒅 𝒛 𝒅𝟐 𝒛′
𝟐 𝜸𝒛 = 𝜸′𝒛′
=
𝒅𝒕𝟐 𝒅𝒕′𝟐
𝜸/ℛ = 𝜸/ℛ′
Il y a invariance de l’accélération par changement de référentiel galiléen.
D’un point de vue de la mécanique du XIXème siècle, ces relations sont parfaitement cohérentes,
et vérifiées par toutes les expérimentations réalisées à l’époque.

3-L'électromagnétisme pose problème


ème
Au 20 siècle les physiciens constatèrent qu’une importante catégorie de phénomènes physiques
violait le principe de relativité galiléen : les phénomènes électromagnétiques.
En appliquant les transformations galiléennes aux équations de Maxwell nous obtenons un jeu
d’équations différent selon que l’observateur se trouve dans un référentiel fixe ou un référentiel
mobile.
L’équation de propagation du champ électrique (ou magnétique) s’écrit sous la forme :
𝝏𝟐 𝑬(𝒙, 𝒕) 𝟏 𝝏𝟐 𝑬(𝒙, 𝒕)
− 𝟐 = 𝟎 (𝟒)
𝝏𝒙𝟐 𝒄 𝝏𝒕𝟐
Nous avons vu en mécanique classique qu’un facteur important de la validité d’une théorie était
l’invariance de l’expression de ses lois sous une transformation galiléenne.
En appliquant la transformation galiléenne à l’équation de propagation du champ électrique, nous
obtenons :

5 Pr N. EL AOUAD
Cours Physique Nucléaire SMP-SV 2020 -2021

𝝏𝟐 𝑬(𝒙′, 𝒕′) 𝒖𝟐 𝝏𝟐 𝑬(𝒙′, 𝒕′) 𝒖 𝝏𝟐 𝑬(𝒙′, 𝒕′) 𝟏 𝝏𝟐 𝑬(𝒙′, 𝒕′)


− 𝟐 +𝟐 𝟐 − 𝟐 = 𝟎 (𝟓)
𝝏𝒙′𝟐 𝒄 𝝏𝒙′𝟐 𝒄 𝝏𝒙′𝝏𝒕′ 𝒄 𝝏𝒕′𝟐
La forme de l’équation d’onde a donc été complètement altérée par la transformation.
D’autre part et d’un point de vue théorique, les équations de MAXWELL ont permis d’établir
que la vitesse de propagation c est liée à la perméabilité, et à la permittivité du vide par la relation:
𝟏
𝜺𝒐 𝝁𝒐 = 𝟐 (𝟔)
𝒄
Or, les quantités 𝜺𝒐 et 𝝁𝒐 sont des caractéristiques intrinsèques du vide, et ne sont donc pas liées à
un quelconque mouvement des référentiels. La conséquence en est que la vitesse de propagation c
ne dépend pas de la vitesse relative des référentiels, contrairement à ce que laisse supposer la
relation (2) de la mécanique classique.
Suite à ces deux exemples, nous avons trois hypothèses possibles :
• 1ère hypothèse : Les équations de Maxwell sont fausses. Les équations correctes restent à
être découvertes et devront être invariantes sous la transformation galiléenne.
• 2ère hypothèse : L’invariance galiléenne est valide pour la mécanique mais pas pour
l’électromagnétisme (c’est la solution historique avant Einstein, un éther détermine
l’existence d’une sorte de référentiel absolu où les équations de Maxwell ne changent pas).
• 3ère hypothèse : L’invariance galiléenne est fausse. Il y a une invariance plus générale, qu’il
reste à découvrir, qui préserve la forme des équations de Maxwell. La mécanique classique
doit être reformulée telle qu’elle soit invariante sous cette nouvelle transformation.
Remarque : Les deux premières hypothèses sont exclues par les faits expérimentaux.

II-La transformation de LORENTZ


LORENTZ cherche une transformation linéaire des coordonnées d’espace et de temps lors d’un
changement de référentiel galiléen telle que la vitesse de la lumière soit la même dans tous les
référentiels Galiléens.
Remarque : la notion de position d’un corps dans l’espace sera substituée par l’évènement qui lui
est lié dans l’espace-temps ; un évènement est un phénomène qui se produit en un point de l’espace
et à un instant 𝑡 donné. Il est représenté dans le référentiel Galiléen où on l’étudie par quatre
coordonnées 𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑐𝑡 ou (𝑐𝑡, 𝑥, 𝑦, 𝑧).
Soient (𝑐𝑡, 𝑥, 𝑦, 𝑧) les coordonnées d’un évènement dans le référentiel ℛ et (𝑐𝑡 ′ , 𝑥′, 𝑦′, 𝑧′) ses
coordonnées dans le référentiel ℛ ′ . Lorentz aboutit le premier à la transformation suivante qui porte
son nom :
𝒄𝒕′ = 𝜸 𝒄𝒕 − 𝜷𝒙 𝒄𝒕 = 𝜸 𝒄𝒕′ + 𝜷𝒙′
𝒙′ = 𝜸 𝒙 − 𝜷𝒄𝒕 𝒙 = 𝜸 𝒙′ + 𝜷𝒄𝒕′
𝐞𝐭 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝟕
𝒚′ = 𝒚 𝒚 = 𝒚′
𝒛′ = 𝒛 𝒛 = 𝒛′
Avec
𝒖 𝟏
𝜷= et 𝜸 = ; 𝜸 est appelé facteur de Lorentz.
𝒄 𝒖𝟐
𝟏− 𝟐
𝒄

6 Pr N. EL AOUAD
1ère Partie : Relativité Restreinte-Chapitre-I

Cette transformation peut aussi s’écrire sous forme matricielle :


𝒄𝒕′ 𝜸 −𝜷𝜸 𝟎 𝟎 𝒄𝒕 𝒄𝒕 𝜸 𝜷𝜸 𝟎 𝟎 𝒄𝒕′
𝒙′ −𝜷𝜸 𝜸 𝟎 𝟎 𝒙 𝒙 𝜷𝜸 𝜸 𝟎 𝟎 𝒙′
= 𝒚 𝐞𝐭 𝒚 =
𝒚′ 𝟎 𝟎 𝟏 𝟎 𝟎 𝟎 𝟏 𝟎 𝒚′
𝒛′ 𝟎 𝟎 𝟎 𝟏 𝒛 𝒛 𝟎 𝟎 𝟎 𝟏 𝒛′
La transformation de Lorentz se distingue essentiellement de celle de Galilée par l’introduction de la
relativité du temps qui fait que la vitesse absolue n'est plus simplement la somme de la vitesse
relative et de la vitesse d'entraînement.
Remarques:
• On passe d’une transformation de Lorentz à la transformation inverse en changeant
𝒖 𝐞𝐧 − 𝒖.
• On montre que les équations de Maxwell sont covariantes par la transformation de Lorentz.
• Si 𝒖 ≪ 𝐜 (𝛄 = 𝟏); on retrouve la transformation de Galilée (Mécanique classique).
Donc la transformation de Galilée reste valable tant que 𝒖 ≪ 𝒄.

IV-Les postulats de la relativité restreinte (EINSTEIN 1905)


Peu de temps après (en 1905), POINCARE, puis EINSTEIN parviennent également, par des voies
différentes à la même transformation. Cette même année, Albert Einstein proposa une théorie
radicalement nouvelle, fondée sur deux postulats – les postulats de la relativité – qui allait préciser
ces formules de Lorentz. La relativité restreinte unifie l'espace et le temps en même temps qu'elle
éliminait la notion d'éther. La théorie est basée sur deux postulats fondamentales :
Les postulats de la relativité restreinte (1905) :
• 1er postulat : Les lois de la physique prennent la même forme dans tous les référentiels
galiléens : Principe de la relativité.
ème
• 2 postulat : La vitesse de la lumière c dans le vide a toujours la même valeur quel que
soit le référentiel galiléen duquel on l’observe : L’universalité de c.
Remarques :
• Le 1er Postulat énonce que toutes les lois de la physique sont les mêmes dans les référentiels
galiléens. En effet, nous savions que d’après le 1er principe de Galilée, les lois de la
mécanique gardaient la même forme lors d’un changement de référentiel galiléen, et
Einstein généralise cette hypothèse en l’appliquant à toutes les lois de la physique
(mécaniques, électrodynamique et optiques).
• les « grandes vitesses » ne s’additionnent pas simplement comme les « petites vitesses ».
Einstein déduira de ces postulats des propriétés qui modifient les lois de la physique
classique.
Ces deux postulats sont la base de la théorie de la relativité restreinte et à partir de ceux-ci nous
allons dériver toutes les équations nécessaires à la compréhension des phénomènes physiques
observables. Avant de faire cette dérivation, il est bon de rappeler que cette théorie et ces
postulats ne sont valables que pour des référentiels galiléens, c’est-à-dire des référentiels en
mouvement de translation rectiligne uniforme les uns par rapport aux autres. C’est d’ailleurs

7 Pr N. EL AOUAD
Cours Physique Nucléaire SMP-SV 2020 -2021

pourquoi on l’appelle théorie de la relativité restreinte. La théorie de la relativité générale,


développée aussi par Einstein, se rapporte à des référentiels en accélération les uns par rapport
aux autres et nous ne l’étudierons pas ici.L’ensemble des conséquences imposées par la
transformation de Lorentz, et mises en évidence pour la plupart d’entre elles par EINSTEIN, est
désormais rassemblé sous le nom de théorie de la relativité restreinte.

8 Pr N. EL AOUAD
1ère Partie : Relativité Restreinte-Chapitre-II

Chapitre II : Résultats Généraux de la Théorie de


la Relativité Restreinte

I. Variations relativistes des longueurs et des durées

II. Les invariants de la relativité restreinte

III. Equivalence masse énergie

IV. Einstein et les photons

9 Pr N. EL AOUAD
Cours Physique Nucléaire SMP-SV 2020 -2021

I-Variations relativistes des longueurs et des durées lors d’un changement


de référentiel galiléen
Rappelons qu’au cours de toute la théorie de la relativité restreinte, nous considérons que ℛ′ est un
référentiel en mouvement de translation rectiligne et uniforme par rapport au référentiel galiléen ℛ
avec une vitesse relative 𝑢 le long de l’axe 𝑂𝑥 (figure-1). Et on règle les horloges de chaque
référentiel de telle sorte que pour 𝑡 = 𝑡 ′ = 0, les origines 𝑂 𝑒𝑡 𝑂′ soient confondues.

Remarque : rappelons qu’en relativité restreinte, au lieu de parler de points de l'espace, on parle
d'évènements. la notion de position d’un corps dans l’espace sera substituée par l’évènement qui
lui est lié dans l’espace-temps ; un évènement est un phénomène qui se produit en un point de
l’espace et à un instant 𝑡 donné. Ce repérage nécessite la donnée simultanée de quatre nombres,
trois pour le lieu, un pour la date. Un lieu sera repéré par trois quantités, les coordonnées du
point, soient 𝑥, 𝑦 et 𝑧, tandis que la date sera fournie, grâce à telle horloge, par une coordonnée
temporelle, le temps t. Il est représenté dans le référentiel Galiléen où on l’étudie par quatre
coordonnées 𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝑐𝑡 ou (𝑐𝑡, 𝑥, 𝑦, 𝑧).
Considérons deux évènements distincts 𝐸𝐴 en 𝐴 et 𝐸𝐵 en 𝐵. Chaque évènement est défini par sa
position et sa date dans les deux référentiels ; soient :
𝐸𝐴 𝑐𝑡𝐴 , 𝑥𝐴 , 𝑦𝐴 , 𝑧𝐴 𝑒𝑡 𝐸𝐵 𝑐𝑡𝐵 , 𝑥𝐵 , 𝑦𝐵 , 𝑧𝐵 /ℛ

𝐸𝐴 𝑐𝑡𝐴′ , 𝑥𝐴′ , 𝑦𝐴′ , 𝑧𝐴′ 𝑒𝑡 𝐸𝐵 𝑐𝑡𝐵′ , 𝑥𝐵′ , 𝑥𝐵′ , 𝑥𝐵′ /ℛ′


A la longueur 𝑥𝐵 − 𝑥𝐴 = ∆𝑥 et la durée 𝑡𝐵 − 𝑡𝐴 = ∆𝑡 séparant deux évènements 𝐸𝐴 en 𝐴 et 𝐸𝐵 en 𝐵
dans le référentiel 𝓡, il correspond dans le référentiel 𝓡′ les intervalles 𝑥𝐵′ − 𝑥𝐴′ = ∆𝑥′ et
𝑡𝐵′ − 𝑡𝐴′ = ∆𝑡′ .
Le but est de trouver les relations qui lient ∆𝒙 𝐚𝐯𝐞𝐜 ∆𝒙′ et ∆𝒕 𝐚𝐯𝐞𝐜 ∆𝒕′ .
Or, d’après la transformation de Lorentz,
𝑢 𝑢
𝑡𝐵′ = 𝛾 𝑡𝐵 − 𝑐 2 𝑥𝐵 𝑡𝐴′ = 𝛾 𝑡𝐴 − 𝑐 2 𝑥𝐴
𝑥𝐵′ = 𝛾 𝑥𝐵 − 𝑢𝑡𝐵 et 𝑥𝐴′ = 𝛾 𝑥𝐴 − 𝑢𝑡𝐴 ①
𝑦𝐵 = 𝑦𝐵′ 𝑦𝐴 = 𝑦𝐴′
𝑧𝐵 = 𝑧𝐵′ 𝑧𝐴 = 𝑧𝐴′
Il vient donc :

𝑢
∆𝑡′ = 𝑡𝐵′ − 𝑡𝐴′ = 𝛾 𝑡𝐵 − 𝑡𝐴 − 𝑥 − 𝑥𝐴
𝑐2 𝐵
∆𝑥 ′ = 𝑥𝐵′ − 𝑥𝐴′ = 𝛾 𝑥𝐵 − 𝑥𝐴 − 𝑢 𝑡𝐵 − 𝑡𝐴
∆𝑦 ′ = 𝑦𝐵′ − 𝑦𝐴′ = 𝑦𝐵 − 𝑦𝐴
∆𝑧 ′ = 𝑧𝐵′ − 𝑧𝐴′ = 𝑦𝐵 − 𝑦𝐴

10 Pr N. EL AOUAD
1ère Partie : Relativité Restreinte-Chapitre-II

𝒖
∆𝒕′ = 𝜸 ∆𝒕 − 𝒄𝟐 ∆𝒙 ∆𝒕 = 𝜸 ∆𝒕′ + 𝒄𝟐 ∆𝒙′
𝒖

∆𝒙′ = 𝜸 ∆𝒙 − 𝒖∆𝒕 ∆𝒙 = 𝜸 ∆𝒙′ + 𝒖∆𝒕′ ③


∆𝒚′ = ∆𝒚 ② 𝐞𝐭 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭
∆𝒚 = ∆𝒚′
∆𝒛′ = ∆𝒛
∆𝒛 = ∆𝒛′

Remarques :
𝑢
 En mécanique classique, 𝛾 = 1 𝑒𝑡 → 0 ⟹ ∆𝑡 = ∆𝑡′ et ∆𝑥 = ∆𝑥 ′ + 𝑢∆𝑡′.
𝑐2

Des relations ② et ③ ; nous trouvons les trois propriétés remarquables suivantes :


1-Disparition de la simultanéité
Considérons deux évènements, 𝐸𝐴 et 𝐸𝐵 simultanés dans ℛ, Que se passe-t-il dans ℛ′ ?
D’après la relation ② nous avons :
∆𝑡=0
∆𝑥 ′ = 𝛾 ∆𝑥 − 𝑢∆𝑡 ⟹ ∆𝑥 ′ = 𝛾∆𝑥 𝑢
𝑢 ∆𝑡=0
𝑢 ⟹ ∆𝑡 ′ = − ∆𝑥 ′
∆𝑡′ = 𝛾 ∆𝑡 − 2 ∆𝑥 ⟹ ∆𝑡′ = 𝛾 − ∆𝑥 𝑐2
𝑐 𝑐2
Conclusion: deux évènements simultanés dans ℛ ne le sont plus dans ℛ’. La notion de simultanéité
pour deux évènements distants n'a plus un sens absolu indépendant du référentiel. Seule la
simultanéité de deux évènements au même point est valide dans tous les référentiels :
(∆𝑥 = 0 et ∆𝑡 = 0 ⟺ ∆𝑥 ′ = 0 et ∆𝑡′ = 0).

2-Contractions de la mesure de la longueur


Considérons maintenant que la longueur d’un objet est donnée par la distance entre ses deux
extrémités 𝐴 𝑒𝑡 𝐵. Considérons cet objet 𝑨𝑩 immobile dans le référentiel 𝓡′ et orienté selon l’axe
𝑂’𝑥’.

Sa longueur par rapport au référentiel 𝓡′ est donc la distance entre ses deux extrémités :
𝐿′0 = 𝑥𝐵′ − 𝑥𝐴′ ≡ ∆𝑥0′
𝐿′0 est appelé la longueur propre ou encore la longueur au repos ; c’est la longueur de l’objet
mesurée dans le référentiel où l’objet est au repos. De même 𝓡′ est appelé référentiel propre, il est
noté 𝓡𝟎 .
Le but est de trouver la relation entre la longueur propre d’un objet et celle mesurée par
un autre observateur lié à un autre référentiel galiléen.

11 Pr N. EL AOUAD
Cours Physique Nucléaire SMP-SV 2020 -2021

Pour mesurer la longueur de l’objet en mouvement par rapport à 𝓡, les positions de 𝑨 et 𝑩


doivent donc être mesurées simultanément dans 𝓡 :
𝐿 = 𝑥𝐵 − 𝑥𝐴 = ∆𝑥 et ∆𝑡 = 𝑡𝐵 − 𝑡𝐴 = 0
Or, d’après les relations ② et ③ ,
∆𝑥0′ = 𝛾 ∆𝑥 − 𝑢∆𝑡 et inversement ∆𝑥 = 𝛾 ∆𝑥0′ + 𝑢∆𝑡′
Or, puisque par rapport à ℛ, les positions de A et B sont mesurées simultanément, alors ∆𝑡 = 0.
D’où le résultat remarquable :
𝑳′𝟎 = 𝜸𝑳 𝐨𝐮 ∆𝒙′𝟎 = 𝜸∆𝒙
Puisque 𝛾 est toujours supérieur à l’unité, on en déduit :
𝑳 < 𝑳′𝟎
Ainsi, la mesure de la longueur d'un objet en mouvement est diminuée ; contractée ; par rapport à la
mesure faite dans son référentiel propre. Ce phénomène porte le nom de contraction des
longueurs.
Puisque ∆𝑦 = ∆𝑦′ et ∆𝑧 = ∆𝑧′ : Les longueurs perpendiculaires à la direction du mouvement ont la
même mesure dans les deux référentiels.
Remarques :
 Si l’objet 𝐴𝐵 est immobile dans le référentiel ℛ, on aura 𝑳 ≡ 𝑳𝟎 𝐞𝐭 𝑳𝟎 = 𝜸𝑳′ . Donc le
phénomène de contraction des longueurs est un phénomène réciproque. On peut donc
écrire :

𝐥𝐨𝐧𝐠𝐮𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞 = 𝜸 × (𝐥𝐨𝐧𝐠𝐮𝐞𝐮𝐫 𝐢𝐦𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞)


 Vue de la terre, une fusée de 10𝑚 passant à 0.6 𝑐 ne mesurera que 8 𝑚.
 Seulement la dimension dans l’axe du mouvement sera affectée, le diamètre de la fusée
demeurera constant.
 De façon réciproque, un observateur dans la fusée qui se déplace à 0.6 𝑐 verra la terre
compressée de 80 % dans la direction de son mouvement.
 En mécanique classique, 𝛾 = 1 ⟹ ∆𝑥0 = ∆𝑥 : espace absolu.

3-Dilatation de temps
Considérons maintenant deux évènements consécutifs qui se produisent au même endroit 𝑥’ dans le
référentiel propre ℛ′ aux instants 𝑡1′ et 𝑡2′ . Comme par exemple une horloge au repos dans ℛ′,
émettant deux clicks. Nous considérons donc les évènements 𝐸1 𝑡1′ , 𝑥 ′ , 𝑦 ′ , 𝑧 ′ 𝑒𝑡 𝐸2 𝑡2′ , 𝑥 ′ , 𝑦 ′ , 𝑧 ′ ;
où 𝐸1 correspond à l’émission du premier click et 𝐸2 correspond à l’émission du second click.
Pour l’observateur lié à ℛ′, l’intervalle de temps entre ces deux évènements est :
∆𝑡 ′ = 𝑡2′ − 𝑡1′ ≡ ∆𝑡0
∆𝑡0 est appelé temps propre; il correspond à l’intervalle de temps qui sépare deux évènements
ayant lieu au même endroit (même abscisse) de l’espace dans le référentiel propre.
En général, lorsqu’on étudie le mouvement d’un objet ou une particule, le référentiel propre
correspond au référentiel associé à cette particule ou à cet objet.

12 Pr N. EL AOUAD
1ère Partie : Relativité Restreinte-Chapitre-II

Le but est de trouver la relation entre le temps propre séparant deux évènements et celui
séparant ces deux évènements mesurée par rapport à un autre référentiel galiléen.

Par rapport au référentiel ℛ, l’intervalle de temps entre les deux évènements est d’après l’équation
(3) :
𝑢
∆𝑡 = 𝑡2 − 𝑡1 = 𝛾 ∆𝑡 ′ + 2 ∆𝑥′
𝑐
′ ′ ′
Or ∆𝑥 = 𝑥2 − 𝑥1 = 0
D’où le résultat remarquable :
∆𝒕 = 𝜸∆𝑡0
Puisque 𝛾 est toujours supérieur à l’unité, on en déduit :
∆𝒕 > ∆𝑡0
Donc l’observateur lié à ℛ mesure un intervalle de temps d’autant plus grand que le référentiel dans
lequel se déroule le phénomène se déplace rapidement. Ce phénomène porte le nom de
« dilatation de temps ».
Remarques :
 Si les deux évènements se produisent au même endroit 𝑥 dans le référentiel propre ℛ, on
aura : ∆𝒕′ = 𝜸∆𝑡0 (∆𝑡 = ∆𝑡0 ). On peut donc écrire :
𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞 = 𝜸 × (𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞)
 La mesure du temps dépend donc de la vitesse du référentiel en mouvement. Le temps n’est
plus absolu comme le supposait la Mécanique Classique (la Relativité Galiléenne). En effet,
en mécanique classique, 𝛾 = 1 ⟹ ∆𝑡 = ∆𝑡0 : le temps est absolu.
 On appelle temps propre d'une particule le temps mesuré dans le repère de cette particule,
c'est-à-dire dans le repère où elle est immobile; c'est-à-dire dans son référentiel propre.
Exemple : Prenons un exemple dans le domaine de la physique nucléaire. Les noyaux du
phosphore 30 se désintègrent avec une demi-vie de deux minutes et demie. Cela signifie qu'un
physicien, dans son laboratoire, verra la moitié d'une quantité donnée de ce produit se transmuter
en une autre espèce (un isotope) en deux minutes et demie. Supposons maintenant que ces noyaux
se propagent dans un synchrotron à une vitesse de 260 000 km/s (soit un 𝛽 égal à 0,866 et une
valeur de 𝛾 de 2). Ce n'est qu'au bout de cinq minutes, pour le chronomètre du physicien demeuré
immobile, que la moitié des noyaux se seront désintégrés.

II-Les invariants de la relativité restreinte


Lors d’un changement de référentiel, un certain nombre de grandeurs physiques ne sont pas modifiées
et gardent une valeur constante : on les appelle des invariants relativistes. La connaissance de ces invariants
est importante, car ils se comportent comme des constantes dans toutes les relations de transformation.

1-La vitesse de la lumière


La vitesse de la lumière est la même pour tous les observateurs galiléens, que ceux-ci soient au
repos ou en mouvement.
13 Pr N. EL AOUAD
Cours Physique Nucléaire SMP-SV 2020 -2021

2- La charge
L’invariance de la charge portée par les corpuscules élémentaires en fonction de la vitesse n’a été
démentie par aucune expérience de physique. On peut présenter comme argument en sa faveur,
la neutralité absolue de la matière, alors quelle est constituée de charges évoluant à des
vitesses variables très différentes.

3- La masse au repos
Par opposition à la charge, la masse varie avec sa vitesse. Dès le début du siècle, de nombreuses
expériences faites en accélérant des particules chargées, ont permis de montrer que l’évolution
de la masse en fonction de la vitesse est donnée par la relation suivante :
𝒎𝟎 𝟏
𝒎 = ≡ 𝜞𝒎𝟎 ; 𝜞 =
𝒗𝟐 𝒗𝟐
𝟏− 𝟐 𝟏− 𝟐
𝒄 𝒄
où 𝑚0 est la masse propre ; masse mesurée dans le référentiel où l’objet est au repos, et 𝑣 est la
vitesse de l’objet par rapport à l’observateur immobile.
Exemple : Une masse de 1kg filant à une vitesse 𝑣 = 0.999𝑐 par rapport au référentiel du
laboratoire pèse par rapport à ce dernier :
1𝑘𝑔
𝑚 = = 22.4 𝑘𝑔
1 – 0.9992 1 2
Remarques : notons que 𝜞 ≠ 𝜸 𝜞(𝒗) ≠ 𝜸(𝒖) .
En mécanique classique 𝛤 = 1 ⟹ 𝑚 = 𝑚0 : la masse est indépendante de la vitesse.

III-Equivalence masse énergie


En 1905, en élaborant la théorie de la relativité restreinte, Einstein postule l'équivalence entre la
masse et l'énergie.
Postulat d'Einstein : Un système au repos, de masse 𝒎𝟎 possède une énergie de masse :
𝐄 ∶ é𝐧𝐞𝐫𝐠𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐞𝐧 𝐣𝐨𝐮𝐥𝐞𝐬 𝐉
𝒎𝟎 : 𝐦𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐮 𝐬𝐲𝐬𝐭è𝐦𝐞 𝐚𝐮 𝐫𝐞𝐩𝐨𝐬 𝐞𝐧 𝐤𝐢𝐥𝐨𝐠𝐫𝐚𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐊𝐠
𝑬 = 𝒎𝟎 𝒄𝟐
𝐜 ∶ 𝐯𝐢𝐭𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐥𝐮𝐦𝐢è𝐫𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐯𝐢𝐝𝐞 𝐦. 𝐬 −𝟏
𝐜 = 𝟐, 𝟗𝟗𝟕 𝟗𝟐𝟒 𝟓𝟖 × 𝟏𝟎𝟖 𝐦/𝐬 ≈ 𝟑𝟏𝟎𝟖 𝐦/𝐬
Remarques :
• la relation liant masse et énergie n’a toutefois de sens qu’au niveau nucléaire de la matière.
• Cette énergie est donnée pour une particule au repos, c'est-à-dire immobile. Pour tout
élément en déplacement avec la vitesse 𝑣, il faut en plus intégrer son énergie cinétique.
Donc l’énergie totale de la particule est donnée par :
𝒎𝟎
𝑬 = 𝒎𝟎 𝒄𝟐 + 𝑬𝒄 = 𝒎𝒄𝟐 où 𝒎 =
𝒗𝟐
𝟏− 𝟐
𝒄

14 Pr N. EL AOUAD
1ère Partie : Relativité Restreinte-Chapitre-II

IV-Einstein et les photons


En 1905, Albert Einstein réintroduisit l'idée que la lumière pouvait avoir une nature corpusculaire.
Rappelons que la particule de lumière, les « grains de lumière » sont appelés les photons. Le photon
est une particule ne possédant pas de masse et se déplace à la vitesse 𝑐, qui est d’environ 300 000
km/s dans le vide. Dans le modèle corpusculaire de la lumière, il faut raisonner en terme d’énergie.
Einstein admit que la fréquence 𝝂 de cette lumière, est liée à l'énergie 𝐸 des photons par la relation
de Planck :
𝑬 = 𝒉𝝂
où 𝐸 est l'énergie du photon (en joules) ;
ℎ est la constante de Planck dont une valeur approchée est : 6.626 10−34 𝐽. 𝑠.
𝝂 est la fréquence (en hertz) de l'onde électromagnétique associée au photon considéré.
Cette relation dite de Planck-Einstein est une relation de base de la mécanique quantique. Elle
traduit le modèle corpusculaire de la lumière (ou plus généralement de toute onde
électromagnétique) en permettant de calculer l'énergie transportée par un photon.
De même l’énergie d’un photon est inversement proportionnelle à la longueur d’onde λ de la
lumière correspondante :
𝒄
𝑬 = 𝒉𝝂 = 𝒉
𝝀
Par exemple, pour les rayons gamma, dont la longueur d’onde λ est très petite, de l’ordre de 0,001
nm, les photons seront extrêmement énergétique, tandis que pour les ondes radio, dont la longueur
d’onde λ est relativement grande (environ 10cm), les photons auront une faible énergie.

15 Pr N. EL AOUAD
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Chapitre III :
Applications de La Relativité Restreinte

I. Notion de quadrivecteur

II. Quadrivecteur espace-temps


III. Quadrivecteur différentiel et temps propre

IV. Quadrivecteur vitesse


V. Quadrivecteur accélération
VI. Quadrivecteur énergie-impulsion
VII. Principe fondamental de la dynamique
VIII. Quadrivecteur force-transformation des forces

16 Pr N. EL AOUAD
1ère Partie : Relativité Restreinte-Chapitre-III

I-La notion de quadrivecteur


Nous considérons dans ce chapitre que 𝓡′ est un référentiel en mouvement de translation rectiligne
et uniforme par rapport au référentiel galiléen 𝓡 avec une vitesse relative 𝑢 le long de l’axe 𝑂𝑥.
1-Définition
L’examen de la transformation de LORENTZ montre que les coordonnées d’espace et de temps ne
sont pas indépendantes. MINKOWSKY propose de réécrire les lois de la physique dans un
espace à quatre dimensions, soutenu en cela par EINSTEIN qui va s’engager également dans cette
voie.
Dans un espace à quatre dimensions, appelé espace de Minkowski, quatre grandeurs 𝐴𝑡 , 𝐴𝑥 , 𝐴𝑦 , 𝐴𝑧
forment un quadrivecteur si elles se transforment suivant la transformation de Lorentz lors d’un
changement de référentiel galiléen ; on a donc :

𝐴′𝑡 ′ = 𝜸 𝐴𝑡 − 𝜷𝐴𝑥 𝐴′𝑡′ 𝛾 −𝛽𝛾 0 0 𝐴𝑡


𝐴′𝑥 ′ = 𝜸 𝐴𝑥 − 𝜷𝐴𝑡 𝐴′𝑥′ −𝛽𝛾 𝛾 0 0 𝐴𝑥
⟺ = 𝐴𝑦
𝐴′𝑦 ′ = 𝐴𝑦 𝐴′𝑦′ 0 0 1 0
𝐴′𝑧′ 0 0 0 1 𝐴𝑧
𝐴′𝑧 ′ = 𝐴𝑧

La transformation inverse est obtenue en changeant 𝛽 en – 𝛽, ce qui donne :


𝐴𝑡 = 𝜸 𝐴′𝑡 ′ + 𝜷𝐴′𝑥 ′ 𝐴𝑡 𝐴′𝑡′
𝛾 𝛽𝛾 0 0
𝐴𝑥 = 𝜸 𝐴′𝑥 ′ + 𝜷𝐴′𝑡 ′ 𝐴𝑥 𝛽𝛾 𝛾 0 0 𝐴′𝑥′
⟺ =
𝐴𝑦 = 𝐴′𝑦 ′ 𝐴𝑦 0 0 1 0 𝐴′𝑦′
𝐴𝑧 = 𝐴′𝑧 ′ 𝐴𝑧 0 0 0 1 𝐴′𝑧′
𝒖 1
Avec 𝜷= et 𝛾 =
𝒄 𝑢2
1− 2
𝑐

Remarques :
1°- 𝐴 𝐴𝑡 , 𝐴𝑥 , 𝐴𝑦 , 𝐴𝑧 est une notation du quadrivecteur.
2°- Les quatre composantes du quadrivecteur doivent avoir la même dimension.

2-Produit scalaire de deux quadrivecteurs :


Par analogie avec l’analyse vectorielle classique, on désigne par le produit scalaire de deux
quadrivecteurs 𝐴 et 𝐵, la quantité 𝐴 ⋅ 𝐵 définie comme suit :
𝐴𝑡 𝐵𝑡
𝐴𝑥 𝐵𝑥
Soient 𝐴 = 𝐴 et 𝐵 = 𝐵 ; 𝐴 ⋅ 𝐵 = 𝐴𝑡 𝐵𝑡 − 𝐴𝑥 𝐵𝑥 − 𝐴𝑦 𝐵𝑦 − 𝐴𝑧 𝐵𝑧
𝑦 𝑦
𝐴𝑧 𝐵𝑧
On en déduit que la norme carré d’un quadrivecteur est donnée par :
𝑨 ⋅ 𝑨 = 𝑨𝟐 = 𝑨𝟐𝒕 − 𝑨𝟐𝒙 − 𝑨𝟐𝒚 − 𝑨𝟐𝒛
Propriétés :
• La norme d’un quadrivecteur est invariante par changement de référentiel galiléen :
17 Pr N. EL AOUAD
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𝑨𝟐𝒕 − 𝑨𝟐𝒙 − 𝑨𝟐𝒚 − 𝑨𝟐𝒛 = 𝑨𝟐𝒕′ − 𝑨𝟐𝒙′ − 𝑨𝟐𝒚′ − 𝑨𝟐𝒛′


• Le produit scalaire des deux quadrivecteurs est également invariant :
𝐴 ⋅ 𝐵 = 𝐴′ ⋅ 𝐵 ′ .
Dans la section suivante, nous allons voir les principaux quadrivecteurs utilisés en
cinématique et dynamique relativistes.

II-Quadrivecteur espace-temps
On définit le quadrivecteur espace-temps appelé aussi position-temps comme l’ensemble des
composantes réelles : 𝑐𝑡, 𝑥, 𝑦, 𝑧. Il est noté comme : 𝑿 𝒄𝒕, 𝒙, 𝒚, 𝒛 𝐨𝐮 𝑿 𝒄𝒕, 𝒓 . Le carré scalaire de ce
quadrivecteur espace-temps est invariant :
𝒄𝟐 𝒕𝟐 − 𝒙𝟐 − 𝒚𝟐 − 𝒛𝟐 = 𝐈𝐧𝐯𝐚𝐫𝐢𝐚𝐧𝐭

III-Quadrivecteur différentiel et temps propre


1-Définition
On définit 𝑑𝑃 𝑐𝑑𝑡, 𝑑𝑥, 𝑑𝑦, 𝑑𝑧 le quadrivecteur différentiel du quadrivecteur position-temps.
L’invariance de la norme de ce quadrivecteur permet d’écrire :
𝒄𝟐 𝒅𝒕𝟐 − (𝒅𝒙)𝟐 − (𝒅𝒚)𝟐 − (𝒅𝒛)𝟐 = 𝒄𝟐 𝒅𝒕′𝟐 − (𝒅𝒙′)𝟐 − (𝒅𝒚′)𝟐 − (𝒅𝒛′)𝟐
Par rapport au référentiel propre ℛ0 , le temps, appelé temps propre, est noté 𝜏 et l’évènement ne
change pas de positions (𝑑𝑥′ = 𝑑𝑦′ = 𝑑𝑧′ = 0). L’équation précédente devient

𝒄𝟐 𝒅𝒕𝟐 − (𝒅𝒙)𝟐 − (𝒅𝒚)𝟐 − (𝒅𝒛)𝟐 = 𝒄𝟐 (𝒅𝝉)𝟐


En divisant la dernière équation par 𝑑𝑡, on obtient :
2 2 2 2
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧 𝑑𝜏
𝑐2 − − − = 𝑐2
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑑𝑡
2
2 2 2 𝑑𝜏 𝑑𝜏 𝑣2
⟹𝑐 −𝑣 =𝑐 ⟹ = 1−
𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑐2

𝒅𝒕 𝟏
D’où = =𝚪
𝒅𝝉 𝟐
𝟏−𝒗𝟐
𝒄

Remarques :
• 𝜞 𝒗 ≠ 𝜸 𝒖 où 𝒗 est la vitesse de la particule par rapport à un référentiel donné 𝓡, alors
que 𝒖 est la vitesse relative du référentiel 𝓡′ par rapport au référentiel 𝓡.
• Si la vitesse de la particule varie, 𝜞 𝒗 varie aussi alors que 𝜸 𝒖 est une constante.
• Dans le cas où 𝓡′ est confondu avec le référentiel propre alors 𝜞 𝒗 = 𝜸 𝒖 .

18 Pr N. EL AOUAD
1ère Partie : Relativité Restreinte-Chapitre-III

2-Règle de composition des vitesses


Considérons une particule en mouvement dans un référentiel ℛ, tel qu’au temps 𝑡, ses coordonnées
sont 𝑥, 𝑦, 𝑧. Dés lors, les composantes de sa vitesse 𝑣 par rapport au référentiel ℛ sont :
𝒅𝒙
𝒗𝒙 =
𝒅𝒕
𝒅𝒓
𝒗= ⟹ 𝒗 = 𝒅𝒚 𝐞𝐭 𝒗𝟐 = 𝒗𝟐𝒙 + 𝒗𝟐𝒚 + 𝒗𝟐𝒛
𝒅𝒕 𝒚
𝒅𝒕
𝒅𝒛
𝒗𝒛 =
𝒅𝒕
Remarque : 𝑟, 𝑡, et 𝑣 sont mesurés dans le même référentiel 𝓡..
𝒅𝒓′
Pour obtenir la vitesse 𝑣 ′ = 𝒅𝒕′ de cette particule dans le référentiel ℛ ′ , On différencie les formules
de transformation de Lorentz comme suit :
𝒄𝒕′ = 𝜸 𝒄𝒕 − 𝜷𝒙 𝒄𝒅𝒕′ = 𝜸 𝒄𝒅𝒕 − 𝜷𝒅𝒙
𝒙′ = 𝜸(𝒙 − 𝜷𝒄𝒕) ⟹ 𝒅𝒙′ = 𝜸 𝒅𝒙 − 𝜷𝒄𝒅𝒕
𝒚′ = 𝒚 𝒅𝒚′ = 𝒅𝒚
𝒛′ = 𝒛 𝒅𝒛′ = 𝒅𝒛
𝒅𝒙
𝒅𝒙 ′
𝜸 𝒅𝒙 − 𝜷𝒄𝒅𝒕 − 𝜷𝒄
𝒗′𝒙′ = ′ = = 𝒅𝒕 𝒗𝒙 − 𝒖
𝒅𝒕 𝜷 𝜷 𝒅𝒙 𝒗′𝒙′ =
𝜸 𝒅𝒕 − 𝒄 𝒅𝒙 𝟏− 𝒄 𝒖
𝒅𝒕 𝟏 − 𝟐 𝒗𝒙
𝒅𝒚 𝒄
𝒅𝒚′ 𝒅𝒚 ′
𝒗𝒚
𝒅𝒕
⟹ 𝒗𝒚′ =

𝒗𝒚′ = = = 𝒖
𝒅𝒕′ 𝜸 𝒅𝒕 − 𝜷 𝒅𝒙 𝜷 𝒅𝒙 𝜸(𝟏 − 𝟐 𝒗𝒙 )
𝜸(𝟏 − ) 𝒄
𝒄 𝒄 𝒅𝒕 𝒗𝒛

𝒅𝒛 𝒗𝒛 ′ = 𝒖
′ 𝒅𝒛′ 𝒅𝒛 𝒅𝒕 𝜸(𝟏 − 𝟐 𝒗𝒙 )
𝒗𝒛 ′ = = = 𝒄
𝒅𝒕′ 𝜸 𝒅𝒕 − 𝒅𝒙 𝜷 𝜷 𝒅𝒙
𝜸(𝟏 −
𝒄 𝒄 𝒅𝒕 )
𝒗′𝒙′ +𝒖
𝒗𝒙 = 𝒖
𝟏+ 𝟐 𝒗′𝒙′
𝒄
𝒗′ ′
𝒚
Et inversement, en remplaçant 𝑢 par – 𝑢: 𝒗𝒚 = 𝒖 ′
𝜸 𝟏+ 𝟐 𝒗𝒙′
𝒄
𝒗′𝒛′
𝒗𝒛 = 𝒖
𝜸 𝟏+ 𝟐 𝒗′𝒙′
𝒄
Remarques :
• 𝒗𝒙 = 𝒗𝒙 est la projection de de la vitesse sur l’axe 𝑶𝒙 ; elle est positive si elle est de même
sens que Ox et elle est négative si elle est de sens opposé. De même pour 𝒗𝒚 𝐞𝐭 𝒗𝒛 .
• Si le corps a un mouvement rectiligne et uniforme selon 𝑂𝑥′ dans le référentiel ℛ′, alors son
mouvement par rapport à ℛ est aussi rectiligne et uniforme selon 𝑂𝑥′ = 𝑂𝑥:
𝑣𝑥′ ′ = 𝑐𝑡𝑒; 𝑣𝑦′

= 0 𝑒𝑡 𝑣𝑧′ ′ ⟹ 𝑣𝑥 = 𝑐𝑡𝑒, 𝑣𝑦 = 0 𝑒𝑡 𝑣𝑧 = 0

19 Pr N. EL AOUAD
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• Dans le cas où la particule étudiée est un photon (signal lumineux) qui se propage dans le
référentiel ℛ′, on a
′ 𝒗′𝒙′ + 𝒖 𝒄+𝒖 𝒄+𝒖
𝒗𝒙′ = 𝒄 ⟹ 𝒗𝒙 = 𝒖 ′ = 𝒖= =𝒄
𝟏 + 𝟐 𝒗𝒙′ 𝟏 + 𝒄 𝒄 + 𝒖
𝒄 𝒄
On vérifie bien que la vitesse de la lumière est invariante par changement de référentiel
galiléen : l’universalité de 𝑐.
u
• Si 𝑢 ≪ c (γ ≅ 1 et ≅ 0 ) alors 𝑣𝑥 = 𝑣𝑥′ ′ + 𝑢, 𝑣𝑦 = 𝑣𝑦′ ′ , 𝑣𝑧 = 𝑣𝑧′′ . On retrouve les lois de
c
composition des vitesses Galiléennes.
• On déduit qu'une conséquence de la transformation de l'intervalle temporel est que non
seulement la composante de la vitesse suivant la direction de 𝑢 change mais aussi les
composantes transverses sont modifiées au passage de ℛ à ℛ′.
𝒗𝒙 − 𝒖
𝒗′𝒙′ = 𝒖
𝟏 − 𝟐 𝒗𝒙
𝒄

𝒗𝒚
𝒗𝒚′ = 𝒖 ⟹ 𝒗′𝒚′ ≠ 𝒗𝒚
𝜸(𝟏 − 𝟐 𝒗𝒙 )
𝒄
𝒗 𝒛
𝒗′𝒛′ = 𝒖 ⟹ 𝒗′𝒛′ ≠ 𝒗𝒛
𝜸(𝟏 − 𝟐 𝒗𝒙 )
𝒄
Exemples
𝟐
Soit un objet qui se déplace suivant la direction 𝑂𝑥 à la vitesse 𝒗′𝒙′ = 𝟑 𝒄 dans ℛ′. En plus ℛ′ se
𝑐
déplace a la moitié de la vitesse de la lumière par rapport à ℛ (𝑢 = 2). Sa vitesse par rapport à ℛ
sera alors :
𝒗′ ′ +𝒖 𝟕 𝟕
𝒙
𝒗𝒙 = 𝒖 = 𝟖 𝒄 et non pas 𝒄 prévu par la mécanique classique !.
𝟏+ 𝟐 𝒗′𝒙′ 𝟔
𝒄

Comme nous pouvons le constater, la transformation obtenue pour les vitesses n'est pas celle de
Lorentz. Les physiciens, n’aimant pas ce qui est inhomogène, ont cherché à avoir les mêmes
transformations pour les deux.

IV-Quadrivecteur vitesse (Quadrivitesse)


1-Définition
En mécanique relativiste on définit le quadrivecteur vitesse ; comme la dérivée du quadrivecteur
espace-temps par rapport au temps propre 𝜏 :
𝑑𝑋
𝑉=
𝑑𝜏
où 𝜏 est le temps propre de la particule. En explicitant les composantes de ce quadrivecteur dans un
référentiel donné on peut écrire :
𝑑𝑃 𝑑𝑡 𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧
𝑉= = 𝑐 , , ,
𝑑𝜏 𝑑𝜏 𝑑𝜏 𝑑𝜏 𝑑𝜏

20 Pr N. EL AOUAD
1ère Partie : Relativité Restreinte-Chapitre-III

𝑑𝑥 𝑑𝑥 𝑑𝑡
= = 𝑣𝑥 𝛤
𝑑𝜏 𝑑𝑡 𝑑𝜏
𝑑𝑡 1 𝑑𝑦 𝑑𝑦 𝑑𝑡
Or nous avons vu que: =𝛤= ⟹ = = 𝑣𝑦 𝛤
𝑑𝜏 2 𝑑𝜏 𝑑𝑡 𝑑𝜏
1−𝑣2 𝑑𝑧 𝑑𝑡
𝑐 𝑑𝑧
= = 𝑣𝑧 𝛤
𝑑𝜏 𝑑𝑡 𝑑𝜏

Par conséquent, les composantes du quadrivecteur vitesse sont données par :


𝑉 𝛤𝒄, 𝛤 𝒗𝒙 , 𝛤 𝒗𝒚 , 𝛤 𝒗𝒛 ≡ 𝑉 𝛤𝒄, 𝛤 𝑣

Remarque : Puisque les composantes 𝛤𝒄, 𝛤 𝒗𝒙 , 𝛤 𝒗𝒚 , 𝛤 𝒗𝒛 forment un quadrivecteur donc elles se


transforment suivant la transformation de Lorentz lors d’un changement de référentiel galiléen.

21 Pr N. EL AOUAD

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