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Algèbre 1 : Applications et définitions

Ce document traite des applications mathématiques, définissant des concepts tels que l'injectivité, la surjectivité et la bijectivité. Il présente des exemples d'applications entre ensembles et aborde la composition d'applications, ainsi que des propriétés associées. Le contenu est structuré en chapitres avec des définitions, des exemples et des exercices pour illustrer les concepts abordés.

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Algèbre 1 : Applications et définitions

Ce document traite des applications mathématiques, définissant des concepts tels que l'injectivité, la surjectivité et la bijectivité. Il présente des exemples d'applications entre ensembles et aborde la composition d'applications, ainsi que des propriétés associées. Le contenu est structuré en chapitres avec des définitions, des exemples et des exercices pour illustrer les concepts abordés.

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A

lg
èb
re
1
pa
rS
al
ifo
u
N
IK
IE
M
A
@
U
LB

1
O
-L
1S
1-
20
24
/2
02
5-
SA
LI
FO
U
N
IK
IE
M
A
A
lg
èb
re
1
pa
rS
al
ifo
u
N
IK
IE
M
A
@
U
LB
O
-L
1S
1- Algèbre 1
20

Dr NIKIEMA
24
/2
02
5-
SA
LI

Année Universitaire 2024-2025


FO
U
N
IK
IE
M
A
Contents

1 Applications 2
1.1 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Structure catégorielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Injectivité, surjectivité, bijectivité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

A
M
IE
IK
N
U
FO
LI
SA
5-
02
/2
24
20
1-
1S
-L
O
LB
U
@
A
M
IE
IK
N
u
ifo
al
rS
pa
1
re
èb
lg
A

1
Chapter 1

Applications

1.1 Définitions et exemples

A
Définition 1:

M
IE
étant donné deux ensembles E et F , on appelle application de source E et à

IK
N
valeurs dans F , ou application de source E et de but F , ou plus simplement

U
FO
application E dans F un procédé qui à tout élément de E associe un unique élément

LI
de F , étant entendu que l’on identifie deux tels procédés lorsque l’association est la même,
SA
indépendamment de la façon dont on l’a obtenue. 5-
02
/2
24

Cette définition est informelle mais on verra dans le prochain paragraphe comment on
20
1-

pourrait la rendre formelle.


1S
-L

Notation En pratique, si on note f notre application, l’élément de F associé par f à un


O
LB

élément de x de Esera noté f (x).


U
@

E −→ F
On notera f :  ou, simplement x 7−→ f (x).
A
M

x 7−→ f (x)
IE
IK

Pour exprimer que l’on considère une application de E dans F , on écrira simplement E −→
N

F.
u
ifo
al
rS

Remarque 1:
pa
1

Deux applications f et g de E dans F étant données, l’égalité f = g équivaut à l’énoncé


re
èb

∀x ∈ E, f (x) = g(x). Deux applications qui n’ont pas la même source ou le même but
lg
A

sont nécessairement distinctes.

Exemple 1:
1. Pour tout ensemble A, on définit une application
 idA de A dans A en posant idA (a) =
A −→ A
a pour tout a ∈ A. On peut la noter idA : et on l’appelle l’identité
a 7−→ a
de A.

2. On définit une application d de Ndans {0, 1, . . . , 9} en posant d(n) = le chiffre des


N −→ {0, 1, . . . , 9}
unités de n. On peut la noter d :  .
n 7−→ le chiffre des unités den

2
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

Exemple 2:
1. On définit une application f de R dans R en posant f (x) = x2 . On peut la noter
R −→ R
f : .
x 7−→ x2

2. On définit une application ψ de {1, 2, 3, 4} dans {0, 1} en précisant que ψ


associe à m son reste dans la division par2, ou de façon équivalente ψ(m) =

0 si m est pair




{1, 2, 3, 4} −→

{0, 1}
. On peut la noter ψ : 0 si m est pair .
1 si m est impair  m −
7 → 1 si m est impair


Définition 2:
Soient E et F deux ensembles non vides et f : E −→ F une application. Lorsqu’un
couple (x, y) ∈ E × F est tel que y = f (x), on dit que y est l’image de x par f , et que x

A
M
IE
est un antécédent de y par f .

IK
N
U
FO
LI
SA
Remarque 2:
5-
02
Par définition l’image de x par f existe toujours et est toujours unique. En revanche,
/2
24

un antécédent de y par f n’existe pas nécessairement et peut ne pas être unique. Pour
20

illustration, reprenons les exemples précédents.


1-
1S
-L


O

−→ R
LB

R
1. Le réel −1 n’admet pas d’antécédent par f : .
U

x 7−→ x2
@
A
M

2. Au moins l’un des éléments de {0, 1, . . . , 9} a une infinité d’antécédents par d, sinon
IE
IK

N serait la réunion de dix ensembles finis, et serait lui-même fini, ce qui n’est pas.
N
ou

3. Les deux éléments 0 et 1 de {0, 1} ont chacun deux antécédents par ψ.


lif
Sa
r
pa
1
e
br

Définition 3:
Al

étant donnés deux ensembles E et F et une application f : E −→ F , on appelle graphe


de f l’ensemble

{(x, f (x)), x ∈ E} = {(x, y) ∈ E × F, y = f (x)} = {z ∈ E × F, ∃x ∈ E, z = (x, f (x))} .

Exemple 3: L
graphe de l’application ψ ci-dessus définie est {(1, 1), (2, 0), (3, 1), (4, 0)}. Les graphes des
autres applications des exemples sont infinis, ils ne peuvent pas être décrits en extension.

Exercice 1 1. Soit un ensemble non vide A, peut-on définir une application de A dans ∅ ?

2. Soit un ensemble quelconque B, peut-on définir une application de ∅ dans B ?

3
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

Proposition-Définition 1.1 étant donnés deux ensembles E et F , il existe un ensemble dont


les éléments sont les applications de E dans F . On l’appelle ensemble des applications de
E dans F et on le note F(E, F ) ou F E .
Exercice 2 1. Soit un ensemble non vide A, justifier que ∅A = ∅.
2. Soit un ensemble quelconque B, justifier que B ∅ est un singleton.
Proposition 1:

Si E et F sont deux ensembles finis, alors card(F(E, F )) = card(F )card(E) .

Exemple 4:

F(R, R) −→ R
1. L’évaluation en 0 est une application de F(R, R) dans R: eval0 : .
7 → f (0)

A
f −

M
IE
Cette application eval0 prend pour arguments des applications.

IK
N
2. L’ensemble C∞ (R, R), ensemble des fonctions réelles indéfiniment dérivables, sera

U
FO
introduit au cours d’Analyse 1. Par définition de cet ensemble, la dérivation

LI
SA
est
 une application de C (R, R) dans C (R, R).
∞ ∞
On peut la noter ∂ :
C∞ (R, R) −→ C∞ (R, R)
5-
02

. Ainsi la dérivation peut être vue comme une


/2
24

f 7−→ f ′
20

application, dont les arguments et les images sont des applications.


1-
1S
-L
O
LB
U

1.2 Structure catégorielle


@
A
M
IE

Définition 4:
IK
N

Soient A, B et C trois ensembles. Si f ∈ F(A, B) et g ∈ F(B, C), on appelle **composée


u
ifo

de g par
 f à droite (ou composée de f par g à gauche)**, et on note g ◦ f l’application
al
rS

A −→ C
pa

g◦f :
1

a 7−→ g(f (a))


re
èb
lg
A

La définition précédente a bien un sens, car si on a a ∈ A, on a bien f (a) ∈ B et il est


loisible de considérer g(f (a)).
ATTENTION : Pour que g ◦ f ait un sens, il est fondamental que la source de g coïncide
avec le but de f .
Exemple 5:

P(E) −→ P(E)
1. Considérons un ensemble E, f :  A 7−→ ∁E A
et g :

P(E) × P(E) −→ P(E)
Sur cet exemple, la composée g ◦ f n’a pas de
 (A, B) 7−→ A ∪ B
sens, car la source de g qui est P(E) × P(E) ne coïncide pas avec le but de
f qui est P(E). Par contre la source de f coïncide bien avec le but de g. Il
s’agit de l’application f ◦ g : (A, B) 7−→ ∁E (A ∪ B). D’après les lois de Morgan

4
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

ensemblistes, et par définition de l’égalité entre applications, on peut aussi écrire


f ◦ g : (A, B) 7−→ ∁E A ∩ ∁E B.

 ]0, +∞[ −→ ]0, +∞[
2. Considérons les applications f : 1
, g :
 x 7−→ x

 ]0, +∞[ −→ R
x−1
.
 x 7−→ x+1

Alors g ◦ f :]0, +∞[→ R vérifie pour tout x ∈]0, +∞[ :

1 1
−1 1−x
   
g ◦ f (x) = g f (x) = g = x
= = −g(x).
x 1
x
+1 1+x

Nous savons maintenant qu’on peut définir une application entre ensembles d’applications.

A
Définition 5:

M
IE
Soient A, B et C trois ensembles. On appelle composition l’application

IK
N
U

FO
F(B, C) × F(A, B) −→ F(A, C)
◦: .

LI
(g, f ) 7−→ g ◦ f
SA
5-
02
/2
24
20
1-

ATTENTION : La composition n’est pas commutative.


1S
-L
O
LB
U

Proposition 2:
@
A

Propriétés de la composition. Soient A, B, C, D des ensembles.


M
IE
IK

1. Les identités sont neutres à droite : ∀f ∈ F(A, B), f ◦ idA = f .


N
u
ifo

2. Les identités sont neutres à gauche : ∀f ∈ F(A, B), idB ◦ f = f .


al
rS
pa

3. La composition est associative :


1
re
èb

(h ◦ g) ◦ f = h ◦ (g ◦ f ).
lg

∀f ∈ F(A, B), ∀g ∈ F(B, C), ∀h ∈ F(C, D),


A

DÉMONSTRATION. Exercices.

Définition 6:
Soient A et B deux ensembles et f : A −→ B. On appelle application réciproque de f
toute application g : B −→ A telle que

g ◦ f = idA
f ◦ g = idB

5
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

Remarque 3:
Il est clair que l’application
 réciproque n’existe pas toujours. Considérons par exemple
 R −→ R
l’application f :  . Montrons par l’absurde que f ne saurait avoir
x 7−→ 42
d’application réciproque. S’il existait une application g réciproque de f , alors on aurait
f ◦ g = idR et en particulier (f ◦ g)(0) = idR (0), c’est-à-dire f (g(0)) = 0, c’est-à-dire, par
définition de f , 42 = 0. Ce qui est notoirement faux.

Proposition 3:
Soient A et B deux ensembles et f : A −→ B une application. Lorsqu’elle existe, une
application réciproque de f est nécessairement unique.

A
M
IE
IK
DÉMONSTRATION. Considérons en effet deux applications g1 et g2 réciproques de f .

N
On a alors:

U
FO
g1 = idA ◦ g1 = (g2 ◦ f ) ◦ g1 = g2 ◦ (f ◦ g1 ) = g2 ◦ idB = g2 .

LI
SA
5-
02
Notation
/2
24

Puisqu’une éventuelle réciproque de f est unique, on peut parler, lorsqu’elle existe, de l’application
20
1-

réciproque de f , et lui donner une notation. On convient de la noter alors f −1 .


1S
-L
O
LB

Exemple 6:
U
@

 
R≥0 −→ R R −→ R≥0
A

 
1. Considérons les applications f : √ et g :
M
IE

 x 7−→ x  x 7−→ x2
IK
N

L’application g n’est pas l’application réciproque de f : on a bien f ◦ g = idR , mais


u
ifo

g ◦ f ̸= idR≥0 (par exemple g(f (4)) = 4, mais g(f (x)) = |x| pour x ∈ R).
al
rS

Montrer que f n’a pas d’application réciproque


pa
1


R≥0 −→ R≥0
re


2. Considérons les applications : et :
èb

f g
lg

x 7−→ x2
A



 R≥0 −→ R≥0

 x 7−→ x
On vérifie facilement que f ◦ g = idR≥0 et g ◦ f = idR≥0 . On a donc bien g = f −1 .

Proposition 4:
Soient A et B deux ensembles et f : A −→ B une application. Si f a une application
réciproque f −1 , alors f −1 a elle-même une application réciproque et (f −1 )−1 = f .

DÉMONSTRATION. Cela provient immédiatement de la définition. Si f a pour application


réciproque f −1 , on a f −1 ◦f = idA et f ◦f −1 = idB . Cela revient à f ◦f −1 = idB et f −1 ◦f = idA ,

6
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

ce qui signifie que f est une application réciproque de f −1 . Par unicité, on a (f −1 )−1 = f .

1.3 Injectivité, surjectivité, bijectivité


a) Bijectivité

Définition 7:
Une application f : A −→ B est dite **bijective** lorsque tout élément de B a un
unique antécédent par f :
∀b ∈ B ∃!a ∈ A b = f (a).
On dit aussi que f est une bijection.

La bijectivité d’une application f se lit sur sa représentation patatoïdale par le fait que
tous les éléments de B sont extrémité d’une unique flèche.

A
M
IE
IK
N
U
FO
LI
SA
5-
02
/2
24
20
1-
1S
-L
O

Exemple 7:
LB
U
@


R −→ R≥0
A


1. L’application f : n’est pas bijective, par exemple le réel 1 a
M

x 7−→ x2
IE


IK

deux antécédents par cette application : 1 et −1.


N
u
ifo


al

 R≥0 −→ R
2. L’application f : n’est pas bijective, par exemple le réel −1
rS
pa

 x 7−→ x2
1

n’a pas d’antécédents par cette application : on sait que le carré d’un nombre est
re
èb

toujours positif.
lg
A


 R≥0 −→ R≥0
3. L’application f : est bijective, on sait en effet que, pour
 x 7−→ x2
tout réel y positif, il existe un unique réel positif dont y soit le carré (la racine
carrée de y).

Notation
Pour tout ensemble E, on notera SE l’ensemble des bijections de E dans E. Une bijection de
E dans E est appelée
 une permutation des éléments de E.
 R≥0 −→ R≥0
Par exemple f : est un élément de SR≥0 .
 x 7−→ x2

7
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

Proposition 5:
Si A est un ensemble fini, de cardinal n, alors SA l’est aussi et

card(SA ) = n × (n − 1) × (n − 2) × . . . × 2 × 1.

Le nombre n × (n − 1) × (n − 2) × . . . × 2 × 1 s’appelle la factorielle de n et se note n!.


Théorème 1:
Soient A et B des ensembles et f : A −→ B une application. Alors f a une application
réciproque si et seulement si f est une bijection de A dans B.

DÉMONSTRATION. Exercice.

On a les propriétés suivantes.

A
M
IE
Proposition 6:

IK
N
Soient A, B, C des ensembles, f une bijection de A dans B et g une bijection de B

U
FO
dans C. Alors

LI
SA
1) g ◦ f est une bijection; 5-
02
/2

2) (g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1 .
24
20
1-
1S
-L

DÉMONSTRATION. 1) Montrons que g ◦ f est une bijection. g ◦ f est une application


O
LB

par la Définition 1.4.


U
@

Soit z ∈ C. Alors il existe un unique y ∈ B tel que z = g(y) puisque g est une bijection. Par
A
M

ailleurs, y ∈ B donc f étant une bijection, il existe un unique x ∈ A tel que y = f (x). Par
IE

suite, z = g(y) = g(f (x)) = (g ◦ f )(x). Ceci étant vrai pour tout z ∈ C, nous avons ainsi
IK
N

montré :
u
ifo

∀z ∈ C ∃!x ∈ A z = g ◦ f (x)
al
rS
pa

c’est-à-dire g ◦ f est une bijection.


1

2) Laisser en exercice.
re
èb
lg
A

b) Surjectivité

Définition 8:
Une application f : A −→ B est dite surjective lorsque tout élément de B a un
antécédent par f :
∀b ∈ B, ∃a ∈ A, b = f (a).
On dit aussi que f est une surjection.

La surjectivité d’une application f se lit sur sa représentation patatoïdale par le fait que
tous les éléments de B sont extrémité d’au moins une flèche.

8
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

Exemple 8:

 R −→ R≥0
1. L’application f : est bien surjective: on sait en effet que, pour

A
x 7−→ x2

M

IE
tout réel y positif, il existe au moins un réel dont y soit le carré (la racine carrée de

IK
N
y, ou l’opposé de la racine carrée de y).

U
FO

LI
R≥0 −→ R
SA

2. L’application f : n’est pas surjective, par exemple parce que
x 7−→ x2 5-
02

le réel −1 n’a pas d’antécédents par cette application.
/2
24
20


1-

R≥0 −→ R≥0
1S


3. L’application f : est surjective, on sait en effet que, pour
-L

x 7−→ x2
O


LB

tout réel y positif, il existe au moins un réel positif dont y soit le carré (la racine
U

carrée de y).
@
A
M
IE
IK

Exercices. Laquelle des applications suivantes est surjective:


N
u
ifo
al
rS
pa
1
re
èb
lg
A

Proposition 7:
Soient A et B des ensembles et f : A −→ B. Alors il existe une application g : B −→ A
telle que f ◦ g = idB si et seulement si f est une surjection de A dans B.

DÉMONSTRATION. ( =⇒ ) Supposons l’existence d’une application g telle que f ◦ g =


idB et montrons la surjectivité de f . Soit b ∈ B. Posons a = g(b). On a bien a ∈ A. On a

9
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

aussi f (a) = f (g(b)) = (f ◦ g)(b) = idB (b) = b. D’où l’existence d’un antécédent de b par f .
Ceci étant vrai pour tout b ∈ B, on a bien établi
 la surjectivité de f .
B → A
(⇐) Supposons f surjective. Posons g :  . Soit
b 7−→ un élément a ∈ A tel que f (a) = b
b ∈ B. On a (f ◦ g)(b) = f (g(b)) = f (a) où a est un élément de A tel que f (a) = b. En
particulier on a (f ◦ g)(b) = b. Ceci étant vrai pour tout b ∈ B, on a montré f ◦ g = idB .
Remarque 4:
On dit parfois qu’une application g telle que f ◦g = idB est un inverse à droite de f . La
proposition précédente affirme donc que les surjections sont précisément les applications
inversibles à droite.

Théorème 2:

A
M
IE
Soient A, B, C des ensembles, f une surjection de A dans B et g une surjection de B

IK
dans C. Alors g ◦ f est une surjection.

N
U
FO
LI
SA
5-
02
DÉMONSTRATION. f étant une surjection, il existe d’après la Proposition 1.8 une
/2

application u telle que f ◦ u = idB . Comme g est surjective, il existe d’après la Proposition 1.8
24
20

une application v telle que g ◦ v = idC . Ainsi, en posant w = u ◦ v, on a :


1-
1S
-L

(g ◦ f ) ◦ (u ◦ v) = g ◦ (f ◦ u) ◦ v = g ◦ idB ◦ v = g ◦ v = idC .
O
LB
U

Ainsi, il existe une application w telle que (g ◦ f ) ◦ w = idC et donc d’après la Proposition 1.8,
@
A

l’application g ◦ f est surjective.


M
IE
IK
N

c) Injectivité
u
ifo
al
rS

Définition 9:
pa

Une application f : A −→ B est dite injective si tout élément de B a au plus un antécédent


1
re

par f (c’est-à-dire un ou aucun).


èb
lg
A

L’existence d’au plus un antécédent pour tout élément de B se reécrit clairement :

∀a1 ∈ A, ∀a2 ∈ A, f (a1 ) = f (a2 ) =⇒ a1 = a2 .

Définition 10:
Une application f ∈ F(A, B) est dite injective, ou qu’elle est une injection, lorsqu’on a

∀a1 ∈ A, ∀a2 ∈ A, f (a1 ) = f (a2 ) =⇒ a1 = a2 .

Remarque 5:
Le théorème de contraposition permet de reformuler l’injectivité d’une application

10
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

f ∈ F (A, B) de la façon suivante :

∀a1 ∈ A, ∀a2 ∈ A, a1 ̸= a2 =⇒ f (a1 ) ̸= f (a2 ).

Cette reformulation a néanmoins peu d’utilité en pratique.

L’injectivité d’une application f se lit sur sa représentation patatoïdale par le fait que les
éléments de B sont extrémité d’au plus une flèche.

A
M
IE
IK
N
U
FO
LI
SA
5-
02
Exemple 9:
/2
24
20

1. Soit A une partie d’un ensemble E. L’application j : A −→ E définie par j(x) = x


1-
1S

pour tout x ∈ A est injective; on l’appelle l’injection canonique de A dans E.


-L
O
LB


R −→ R≥0
U


2. L’application f : n’est pas injective, par exemple parce que le
@

x 7−→ x2
A


M

réel 1 a deux antécédents par cette application : 1 et −1.


IE
IK
N


R≥0 −→ R
u


3. L’application f :  est bien injective. On sait en effet qu’un
ifo

x 7−→ x2
al
rS

réel y est le carré d’un nombre réel d’au plus un réel positif. On peut aussi s’en
pa

convaincre ainsi: si x1 et x2 sont des réels positifs tels que x21 = x22 , c’est-à-dire
1
re

(x1 − x2 )(x1 + x2 ) = 0, c’est-à-dire x1 − x2 = 0 ou x1 + x2 = 0. Dans le premier cas


èb
lg

on a x1 = x2 , et dans le second cas on a x1 = x2 = 0 puisqu’une somme de termes


A

positifs n’est nulle que lorsque tous ses termes sont nuls.

 R≥0 −→ R≥0
4. L’application f : est injective, on sait en effet que, pour
 x 7−→ x2
tout réel y positif, il existe un unique réel positif dont y soit le carré, il existe donc
bien au plus un.

Exercices. Laquelle des applications est une application est injective:

11
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

Proposition 8:
Soient A et B des ensembles et f : A −→ B. Supposons que A soit non vide. Alors
il existe une application g : B −→ A telle que g ◦ f = idA si et seulement si f est une
injection de A dans B.

A
M
IE
IK
ATTENTION : L’hypothèse "A non vide" est indispensable dans cette proposition. En

N
effet, quelle que soit l’ensemble B, l’unique application ∅ dans B est injective, puisque la

U
FO
propriété d’injectivité est une quantification universelle sur sa source, et que toute quantification

LI
SA
universelle sur l’ensemble vide est vraie. Cependant, si B est non vide, il n’existe pas d’application
5-
g de B dans ∅, et il n’en existe donc a fortiori aucune qui puisse vérifier g ◦ f = idA .
02
/2
24

DÉMONSTRATION. ( =⇒ ) Supposons l’existence d’une application g telle que g ◦ f =


20
1-

idA et montrons l’injectivité de f . Soient a1 ∈ A et a2 ∈ A et supposons f (a1 ) = f (a2 ). On


1S
-L

a alors en particulier g(f (a1 )) = g(f (a2 )), c’est-à-dire (g ◦ f )(a1 ) = (g ◦ f )(a2 ), c’est-à-dire
O
LB

a1 = a2 . Ceci étant vrai pour tout couple (a1 , a2 ) ∈ A2 tel que f (a1 ) = f (a2 ), on a bien établi
U

l’injectivité de f . On remarque que l’hypothèse A ̸= ∅ n’est pas nécessaire pour établir cette
@
A

implication.
M
IE

(⇐) Supposons f injective. Comme A  est non vide, il est loisible de choisir un élément
IK
N

B→A
ou




lif

 
appartenant à A, notons-le a0 . Posons g :  l’unique a tel que f (a) = b s’il existe .
Sa

 b −
7 →
r

a0 sinon

pa



1

Soit a ∈ A. On a (g ◦ f )(a) = g(f (a)) = c où c est l’unique élément de A tel que f (c) = f (a)
e
br

s’il existe, et a0 sinon. Mais un tel élément existe puisque a convient. Et par unicité, on a donc

Al

c = a. Ceci étant vrai pour tout élément a ∈ A, on a montré g ◦ f = idA .

Théorème 3:
Soient A, B, C des ensembles, f une injection de A dans B et g une injection de B
dans C. Alors g ◦ f est une injection.

Montrons-le en utilisant seulement la définition de l’injectivité. Soit (a1 , a2 ) ∈ A2 et


supposons (g ◦ f )(a1 ) = (g ◦ f )(a2 ). L’égalité précédente se reécrit g(f (a1 )) = g(f (a2 )).
Par injectivité de g, on a donc f (a1 ) = f (a2 ).
Par injectivité de f , on a donc a1 = a2 .
Ceci étant vrai pour tout couple (a1 , a2 ) ∈ A2 tel que (g ◦ f )(a1 ) = (g ◦ f )(a2 ), on a bien montré
l’injectivité de g ◦ f .

12
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications

Exercice 3 1. Les fonctions suivantes sont-elles injectives, surjectives, bijectives ?

• f1 : N → Q, x 7→ 1
1+x
.
• f2 : Z → N définie par f2 (x) = x2 .
• f3 : N → N, x 7→ x2 .
• f4 : Z → Z, x 7→ x − 7.
• f5 : R → [0, +∞[, x 7→ |x|.

2. Montrer que la fonction f :]1, +∞[→]0, +∞[ définie par f (x) = 1


x−1
est bijective. Calculer
sa bijection réciproque.

3. Soient E, F , G trois ensembles, f une application de E vers F et g une application de


F vers G.
a) Montrer que si g ◦ f est injective et f est surjective alors gest injective.

A
b) Montrer que si g ◦ f est surjective et g est injective alors f est surjective.

M
IE
IK
N
d) Compléments sur la bijection

U
FO
Commençons par une remarque.

LI
SA
Remarque 6: 5-
02
/2

Soient A et B deux ensembles. Les propositions " il existe une bijection de A dans B"
24
20

et " il existe une bijection de B dans A" sont équivalentes. Pour cette raison lorsque
1-
1S

ce sera le cas, on pourra dire que A et B sont en bijection.


-L
O
LB
U
@
A
M

Définition 11:
IE
IK

étant donnée une partie A d’un ensemble E, on appelle indicatrice de A l’application


N
u
ifo


E {0, 1}
−→ 
al


rS




0 si x ∈
pa

/A
x 7−→
1


1 si x ∈ A

re



èb
lg
A

Cette application est notée 1A mais on trouve très souvent la notation χA dans la
littérature.

Exemple 10:
1. 
Pour E = N et A = 2N + 1, l’indicatrice de 2N + 1 est l’application 12N+1 :




{0, 1}
N −→ 
0 si n est pair
 n 7−→
1 si n est impair


2. Pour E = X × X, o ù X est un ensemble, A = ∆X = {(x, x), x ∈ X}. L’indicatrice

13
Chapter 1. Applications Chapter 1. Applications






X × X −→{0, 1}
de ∆X est l’application 1∆X : 0 si x ̸= y
 (x, y) 7−→ 
1 si x = y


A
M
IE
IK
N
U
FO
LI
SA
5-
02
/2
24
20
1-
1S
-L
O
LB
U
@
A
M
IE
IK
N
u
ifo
al
rS
pa
1
re
èb
lg
A

14

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