Comprendre l'acidocétose diabétique
Comprendre l'acidocétose diabétique
Acidocétose diabétique
F. Tamion; S. Grangé
Unger a défini le concept d'acidocétose diabétique comme un désordre bihormonal impliquant un taux
d'insuline trop bas et un taux de glucagon trop haut [1]. En situation physiologique, l'insuline est capable de
contrebalancer les effets biologiques du glucagon, des catécholamines et du cortisol. Lorsque cet équilibre
est perturbé, l'acidocétose diabétique survient.
En pratique, elle est définie par la triade associant une cétonémie augmentée, une hyperglycémie et une
acidémie. C'est une complication fréquente. En Angleterre, 11 % des patients d'une cohorte de patients
diabétiques de type 1 ont présenté un épisode d'acidocétose entre 2004 et 2009 [2].
Physiopathologie
Le principe physiopathologique est représenté par l'incapacité des cellules de l'organisme à métaboliser le
glucose libéré ; quatre phases principales sont décrites.
Déficit hydrique
Le déficit hydrique se calcule selon :
Masse hydrique corporelle × [(Na+ en mmol/l/140)−1]
La masse hydrique corporelle est estimée entre 50 et 60 % du poids du corps. Cette formule permet
d'estimer la quantité d'eau nécessaire à l'obtention d'une natrémie à 140 mmol/l. Cette formule ne prend pas
en compte le déficit hydrique induit par les modifications ioniques [11].
Natrémie corrigée
La natrémie corrigée se calcule selon :
Na+ (mmol/l) + 1,6 × glycémie (g/l)
Ce calcul permet d'évaluer le déficit hydrique effectif car il prend en compte le pouvoir osmotique du
glucose [12]. Une augmentation de la natrémie corrigée indique un déficit hydrique avec une déshydratation
intracellulaire. Lors du traitement, cette information est essentielle, puisque l'insuline entraîne un
mouvement d'eau du secteur intravasculaire vers le secteur cellulaire, responsable d'un collapsus en
l'absence de réhydratation.
Trou anionique
Le trou anionique se calcule selon :
Sa valeur normale de 12 à 16 mmol/l est due aux acides organiques physiologiques indosés (phosphates
et sulfates) [13]. Dans l'acidocétose, l'augmentation du trou anionique est liée à la présence de corps
cétoniques : l'acétoacétate et le β-hydroxybutyrate. L'hydrogène des corps cétoniques va se fixer mole par
mole à une molécule de bicarbonate, responsable de la diminution de la réserve alcaline sérique. Une acidose
grave (pH < 7,10) est une menace pour la fonction myocardique.
Troubles mixtes
La présence d'une acidose mixte suggère une pathologie respiratoire associée à l'acidocétose. La présence
d'une alcalose respiratoire peut indiquer une hypoxémie initiale dans un contexte de pneumopathie ou être
le premier témoin d'un sepsis débutant. Dans le cas d'une acidose métabolique pure, il existe une relation
prédictible entre le pH, le taux de bicarbonate et la valeur de PCO2 mesurée (PCO2 mes = 1,5 × HCO3− ± 8 ± 2).
Une valeur de PCO2 mesurée plus basse que prévue est le témoin d'une alcalose respiratoire associée. À
l'inverse, une valeur de PCO2 mesurée plus haute que prévue traduit une acidose respiratoire associée [14].
Les principes de la thérapeutique sont bien codifiés : l'eau et les électrolytes perdus doivent être remplacés,
la carence en insuline doit être corrigée et le facteur déclenchant doit être traité.
Les critères d'hospitalisation en réanimation médicale classiquement admis sont les suivants : cétonémie
> 6 mmol/l, bicarbonatémie < 5 mmol/l, pH < 7,10, hypokaliémie à l'admission < 3,5 mmol/l, score de
Glasgow < 12, pression artérielle systolique < 90 mmHg [2].
Réhydratation
C'est la prescription la plus importante et la plus urgente du coma acidocétosique : 6 à 8 litres en 24 heures,
dont la moitié doit être apportée dans les six premières heures. La réhydratation s'effectue initialement avec
du sérum salé isotonique [22]. Le but est de compenser les pertes hydriques sans induire d'œdème cérébral
par une diminution trop rapide de l'osmolalité. Il existe de nombreux protocoles. Il semble raisonnable de
prescrire :
• 1 ou 2 litres de sérum physiologique dans les premières heures ;
• Une perfusion de glucosé isotonique enrichi en chlorure de sodium et en chlorure de potassium lorsque
la cétonurie a disparu.
La réhydratation est poursuivie par voie intraveineuse tant que le patient est inconscient. Lorsque le
patient est conscient, la réhydratation se poursuit par voie orale. Les quantités de sérum salé isotonique
utilisées seront moins importantes chez les patients adolescents, âgés et insuffisants cardiaques. Il n'y a pas
d'intérêt à utiliser de colloïdes, même en cas d'hypotension.
Insulinothérapie
L'insuline va diminuer la concentration plasmatique de glucose, diminuer la production de corps cétoniques
et augmenter le métabolisme des corps cétoniques. Historiquement, des doses massives d'insuline étaient
utilisées. Actuellement, des doses d'insuline plus faibles et continues sont recommandées [23]. La perfusion
intraveineuse d'insuline à 0,1 [Link]−1.h−1 produit un taux circulant d'insuline de 100 à 200 mU/ml suffisant
pour saturer les récepteurs membranaires cellulaires. Après un bolus de 10 à 20 unités permettant de saturer
certains anticorps anti-insuline, l'administration se fait de façon régulière à la dose de 8 à 15 unités par
heure jusqu'à la normalisation des perturbations biochimiques. Il faut doubler la dose toutes les heures si la
cétose urinaire ou si l'acidose métabolique persiste. Il faut baisser l'insulinothérapie à 5 U/h si la glycémie est
inférieure à 11 mmol/l et s'il n'existe plus de cétose urinaire. Lorsque des doses de 100 U/h sont nécessaires,
l'administration de corticoïdes peut être utile. L'administration d'insuline se réalise le plus souvent en
intraveineuse ; néanmoins, une administration intramusculaire ou sous-cutanée apparaît aussi efficace.
Lorsqu'il existe une hypovolémie initiale sévère, l'insulinothérapie sera débutée après 1 à 2 litres de
remplissage.
L'objectif du traitement est une réduction de la cétonémie d'au moins 0,5 mmol/l/h. Si la mesure de
la cétonémie n'est pas disponible, l'objectif est une augmentation du taux de bicarbonates plasmatiques
> 3 mmol/l/h et une diminution de la glycémie capillaire > 3 mmol/l/h. Si ces objectifs ne sont pas atteints,
une augmentation des doses d'insuline devrait être considérée.
Potassium
Malgré un taux sérique normal ou élevé, le pool potassique est largement diminué en raison des pertes
digestives et urinaires. Les recommandations thérapeutiques sont d'anticiper les mouvements potassiques
et de maintenir le potassium à des taux sériques normaux au cours de la thérapeutique. En l'absence
d'insuffisance rénale et de signes électriques d'hyperkaliémie, l'administration de potassium se réalise en
fonction du taux plasmatique potassique [24] :
• 40 mmol/h si K+ < 3 mmol/l ;
• 30 mmol/h si K+ < 4 mmol/l ;
• 20 mmol/h si K+ < 5 mmol/l.
Glucose
Le taux de glucose chute souvent très rapidement lors de la correction de l'acidocétose et une erreur
commune est de laisser survenir une hypoglycémie. Le but de la thérapeutique n'est pas de rétablir une
glycémie normale, mais de traiter l'acidocétose. Dans tous les cas, même si les glycémies sont basses,
l'insulinothérapie ne doit pas être arrêtée en raison du risque de récidive rapide de l'acidocétose. Du glucosé
à 10 % devrait être prescrit dès que la glycémie devient inférieure à 14 mmol/l. Le soluté glucosé ne doit pas
être arrêté tant que le patient ne boit pas et ne mange pas normalement. L'alimentation orale doit être reprise
dès que possible.
Bicarbonate
Longtemps, les acidoses métaboliques ont été traitées par des perfusions de bicarbonate de sodium. Le
dogme était établi sur l'amélioration hémodynamique secondaire à la restauration d'une contractilité
myocardique et à une meilleure efficacité des catécholamines exogènes. Au cours de ces dernières années,
ce dogme a été complètement remis en question. L'administration de bicarbonate aggrave paradoxalement
l'acidose intracellulaire, influe négativement sur l'oxygénation tissulaire, augmente le risque de surcharge
sodée et d'hypokaliémie, et majore les lésions cérébrales par une acidose paradoxale du liquide
céphalorachidien. Dans l'acidocétose, l'administration de bicarbonates est inutile lorsque le pH est supérieur
à 7 et il n'y a pas de différence dans l'évolution entre les patients en acidocétose avec un pH inférieur à
7 traités ou non avec des bicarbonates [25]. Actuellement, les acidocétoses diabétiques ne doivent plus être
alcalinisées quelle que soit la valeur du pH.
Phosphates
L'acidose métabolique induit le transfert des ions phosphore du secteur intra- vers le secteur extracellulaire.
Le pool total est diminué par une perte urinaire. La mise en route de l'insulinothérapie permet l'entrée des
ions phosphore dans la cellule. La description de manifestations cliniques liées à l'hypophosphorémie a
conduit certains praticiens à proposer une administration prophylactique de phosphore. Toutefois, aucune
étude n'a montré une modification de la morbidité par l'adjonction systématique de phosphore. Aussi,
l'administration prophylactique de phosphore ne doit pas être réalisée. La supplémentation doit être
effectuée uniquement lors d'une hypophosphorémie sévère persistant après 12 à 24 heures
d'insulinothérapie [26].
Traitement préventif
Le traitement préventif repose sur une bonne éducation du sujet diabétique. Le sujet diabétique doit savoir
augmenter la surveillance de sa glycémie, de son poids et de sa diurèse en cas d'infection ou de tout
autre facteur déclenchant. L'apparition de troubles de la conscience et d'une polypnée doit conduire à
l'hospitalisation du patient. L'acidocétose est une « maladie » encore trop souvent récurrente responsable
d'un véritable coût pour la collectivité. En effet, certains patients feront plusieurs épisodes par an [27]. La
prévention doit avoir pour but de diminuer cette récurrence et ainsi de réduire les dépenses de santé dans
ce domaine. On peut dire qu'un diabétique bien éduqué ne doit pas faire de coma acidocétosique.
Conclusion
Au cours des 20 dernières années, la mortalité de l'acidocétose diabétique a été diminuée à 2 %. La mise en
œuvre de véritables stratégies thérapeutiques bien codifiées a sans doute largement contribué à ce résultat
ainsi que l'amélioration de l'éducation des diabétiques. La réhydratation et l'administration d'électrolytes
jouent un rôle clé dans le succès thérapeutique. Au cours des dernières années, l'insulinothérapie a été
améliorée par l'administration de faibles doses. La surveillance clinique et biologique a permis de limiter
les complications en rapport avec l'hypovolémie et l'hypokaliémie. Enfin, une réhydratation moins rapide a
permis de limiter certaines complications graves comme l'œdème cérébral. Néanmoins, le taux de mortalité
de l'acidocétose sera réellement limité par une meilleure prophylaxie et par une meilleure éducation
thérapeutique des patients diabétiques.
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CHAPITRE 287
Coma hyperosmolaire
F. Tamion; S. Grangé
Le coma hyperosmolaire est une complication aiguë du diabète caractérisée par une déshydratation sévère,
des signes neurologiques, une hyperglycémie, une hyperosmolarité (plus de 340 mOsm.l−1), et l'absence de
corps cétoniques. Il est classiquement observé chez le sujet âgé diabétique non insulinodépendant. Malgré
les progrès de la thérapeutique, la mortalité reste élevée.
Physiopathologie
Le coma hyperosmolaire, hyperglycémique, et sans cétose se rencontre le plus souvent chez le sujet
diabétique non insulinodépendant. La carence en insuline active la néoglucogenèse hépatique et la
conversion des acides aminés en glucose [1]. Le résultat est un afflux excessif de glucose dans l'espace
extracellulaire. En l'absence d'une quantité adéquate d'insuline, le glucose libéré ne peut ni pénétrer dans
les cellules ni être métabolisé, ce qui conduit à l'hyperglycémie. Les hormones de la contre-régulation, en
particulier le glucagon, sont augmentées. C'est pourquoi la néoglucogenèse hépatique est un déterminant
majeur de l'hyperglycémie. La diminution du débit de filtration glomérulaire est à l'origine d'une baisse
de l'excrétion urinaire de glucose, expliquant en partie l'hyperglycémie majeure associée à ce syndrome.
Cette hyperglycémie entraîne une augmentation de l'osmolarité plasmatique, une glycosurie et une perte
hydroélectrolytique par la diurèse osmotique ainsi induite [2]. L'absence de corps cétoniques ne connaît
pas d'explication simple. Au cours du coma hyperosmolaire, l'insulinosécrétion n'est pas nulle, même
si elle s'effondre rapidement. La présence de cette insuline, en permettant l'inhibition de la lipolyse et
la diminution des acides gras libres plasmatiques, pourrait expliquer en partie l'absence de cétose [3].
L'évolution spontanée se fait vers un état hyperosmolaire avec déshydratation massive, hypovolémie, coma
et décès [4]. Le pouvoir osmotique du glucose est capital dans la pathogénie du coma hyperosmolaire.
L'hyperosmolarité entraîne un transfert d'eau du milieu intracellulaire vers le milieu extracellulaire [5].
Ce mécanisme reste toutefois insuffisant pour maintenir une volémie adéquate. Le résultat final est une
déshydratation intracellulaire responsable du coma, et une déshydratation extracellulaire responsable d'un
état de choc. Le cerveau possède la capacité de se préserver de l'augmentation de l'osmolarité en produisant
des « osmoles idiogéniques » qui limitent la perte d'eau intracellulaire [6]. Ce mécanisme permet de
maintenir un état neurologique correct jusqu'à une osmolarité de 340 mOsm.l−1. Le facteur étiopathogénique
de l'état hyperosmolaire est l'impossibilité d'avoir un apport hydrique adapté. Cela s'observe lorsque
la sensation de soif est perturbée ou lorsqu'il existe une impossibilité d'accéder à un apport hydrique
satisfaisant. Lors de l'installation de l'état hyperosmolaire, la sensation de soif se modifie, aboutissant alors
à un véritable cercle vicieux [7].
Facteurs déclenchants
L'état hyperosmolaire hyperglycémique se rencontre principalement chez le sujet diabétique non
insulinodépendant dans 95 % des cas, le plus souvent âgé. Toutefois, la moitié des patients admis pour un
état hyperosmolaire ne présente aucun passé diabétique connu (un cas sur deux) ; l'état hyperosmolaire
révèle la maladie diabétique. Rarement, cet état survient chez un sujet jeune, insulinodépendant. Le
processus hyperosmolaire peut être déclenché par toute cause de déshydratation ou par tout facteur
d'hyperglycémie.
L'infection est le facteur déclenchant le plus souvent retrouvé. Par des mécanismes peu connus, l'infection
entraîne une augmentation des besoins en insuline et peut précipiter un état hyperosmolaire. L'infection est
le plus souvent banale, comme une cystite, une bronchite ou une infection cutanée.
Les médicaments sont nombreux à être capables d'induire une hyperosmolarité en induisant une
résistance périphérique à l'insuline comme les corticoïdes [8], ou en diminuant la sécrétion d'insuline comme
les thiazidiques, les bêta-bloquants, la phénytoïne, l'alcool et les inhibiteurs calciques.
Une pancréatite aiguë, un infarctus du myocarde, une hyperthyroïdie peuvent induire une
hyperosmolarité.
L'hypokaliémie souvent liée à un traitement diurétique inhibe la sécrétion d'insuline et diminue la
sensibilité à l'insuline.
Le stress, physique et/ou psychique, peut être le facteur déclenchant du coma hyperosmolaire en libérant
massivement et rapidement les catécholamines endogènes.
La déshydratation induite par les vomissements, la diarrhée et la fièvre majorent l'hyperosmolarité.
Le terrain d'élection du coma hyperosmolaire est donc plus banalement le patient âgé ayant une
hypertension artérielle traitée par les diurétiques, faisant un accident vasculaire cérébral, le patient traité par
corticoïdes pour une maladie de Horton ou le patient âgé institutionnalisée pour démence victime d'une
infection bronchopulmonaire. On retrouve souvent deux ou trois causes favorisantes associées et, dans tous
les cas, un défaut de surveillance du bilan hydrique. À l'opposé, on peut voir des comas hyperosmolaires
dans un contexte de consommation de grandes quantités de boissons sucrées.
Diagnostic différentiel
En dehors du diabète, un état hyperosmolaire peut s'observer dans plusieurs situations :
• une diarrhée osmotique d'origine virale ou toxique (lactulose, sorbitol) peut entraîner une
hypernatrémie avec une hyperosmolarité par une perte d'eau prédominante ;
• le diabète insipide central ou néphrogénique peut s'accompagner d'une hyperosmolalité avec
hypernatrémie [13]. Il s'agit d'une complication rare. En effet, l'hyperosmolalité stimule les centres de la
soif, ce qui est responsable de la polydipsie. Lorsque cette sensation de soif est perturbée, une
hyperosmolalité va s'installer pouvant aller jusqu'au coma hyperosmolaire. Parmi les différentes
étiologies du diabète insipide, le lithium est la cause la plus fréquente de coma hyperosmolaire ;
• la diurèse osmotique liée à la présence de mannitol ou d'urée peut entraîner une perte d'eau supérieure
aux pertes de sodium.
Principes du traitement (Tableau 287.1)
Tableau 287.1
Thérapeutique de l'état hyperosmolaire.
Le but du traitement est de restaurer un volume intravasculaire correct pour assurer la perfusion des
différents organes [13–15].
Réhydratation
La réhydratation représente l'essentiel de la thérapeutique, le déficit hydrique pouvant atteindre 8 à 10 litres.
Le choix des solutés reste encore controversé. Toutefois, le sérum salé isotonique (NaCl 0,9 %) doit être
prescrit à la phase initiale. Il limite la survenue d'œdème cérébral grâce à la diminution progressive de
l'osmolarité [16]. Un autre sujet de discussion est la vitesse de la réhydratation. Lorsqu'il existe un état de
choc, la réhydratation doit être rapide, associant du sérum salé et des macromolécules. En l'absence d'état
de choc, une administration de sérum salé isotonique à la vitesse de 1000 ml.h−1 pendant les deux premières
heures est suffisante. Une réhydratation prudente permet d'éviter une réduction trop rapide de l'osmolarité
corrélée au risque d'œdème cérébral et pulmonaire. Lorsque la natrémie est supérieure à 145 mmol.l−1,
le sérum salé isotonique 0,9 % est remplacé par du sérum à 0,45 % pour éviter les complications liées à
l'hyperosmolarité. Lorsque la glycémie atteint 15 mmol.l−1, le soluté glucosé à 5 % est administré [17]. Le
statut volémique doit être régulièrement évalué chez les patients avec insuffisance cardiaque ou rénale.
Insulinothérapie
L'insulinothérapie apparaît au second plan dans le traitement du coma hyperosmolaire. Un bolus de 10 à
15 unités d'insuline est administré initialement, suivi d'une perfusion continue de 0,1 [Link]−1.h−1 [18]. Quand
la glycémie devient inférieure à 3 g/l, un soluté glucosé doit être ajouté à la réhydratation parentérale
pour prévenir les hypoglycémies et continuer l'insulinothérapie jusqu'à la résolution du syndrome
d'hyperosmolarité. Les doses d'insuline et la concentration du soluté glucosé doivent être adaptées pour
obtenir des glycémies entre 2,5 et 3 g/l jusqu'à la guérison du syndrome d'hyperosmolarité.
Potassium
Le déficit potassique est constant. Le potassium, le plus souvent administré dans du sérum salé à 0,45 %,
compense la diminution du stock potassique [19]. En l'absence d'hyperkaliémie, la supplémentation
potassique doit être débutée dès le début de la prise en charge. Si le patient a une hypokaliémie sur le bilan
d'admission, l'insulinothérapie est suspendue jusqu'à normalisation de cette dernière.
Anticoagulation
Une anticoagulation à dose préventive est préconisée en raison des risques majeurs de thrombose vasculaire.
Traitement préventif
La mortalité du coma hyperosmolaire atteint encore 20 à 30 % en raison des complications et du terrain
largement dominé par les sujets âgés. La prévention reste ainsi sans doute la meilleure des thérapeutiques
avec le dépistage du diabète, la correction des troubles métaboliques, et la vaccination antigrippale des
patients à risque [20].
Conclusion
Le coma hyperosmolaire est une urgence caractérisée par une déshydratation extrême, une hyperosmolalité
plasmatique, et l'absence de corps cétoniques, chez un sujet le plus souvent diabétique non
insulinodépendant et âgé. L'administration précoce de grandes quantités de sérum salé, d'une
insulinothérapie et d'une recharge en potassium constitue l'essentiel de la thérapeutique. La complication
majeure reste la survenue de l'œdème cérébral. Malgré une prise en charge adaptée, la mortalité du coma
hyperosmolaire reste encore élevée.
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