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Comprendre la BPCO : Diagnostic et Traitement

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire chronique caractérisée par une obstruction progressive des voies aériennes, souvent causée par des facteurs environnementaux comme le tabac et la pollution. Le diagnostic repose sur des signes fonctionnels tels que la dyspnée et des examens complémentaires comme la spirométrie. Le traitement vise à améliorer les symptômes, réduire les exacerbations et inclut des bronchodilatateurs, la réhabilitation respiratoire et, dans certains cas, une oxygénothérapie ou une intervention chirurgicale.

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La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire chronique caractérisée par une obstruction progressive des voies aériennes, souvent causée par des facteurs environnementaux comme le tabac et la pollution. Le diagnostic repose sur des signes fonctionnels tels que la dyspnée et des examens complémentaires comme la spirométrie. Le traitement vise à améliorer les symptômes, réduire les exacerbations et inclut des bronchodilatateurs, la réhabilitation respiratoire et, dans certains cas, une oxygénothérapie ou une intervention chirurgicale.

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CHU Tizi Ouzou, service de pneumologie Pr Ihadjadene

2022/2023

BRONCHOPNEUMOPATHIE CHRONIQUE OBSTRUCTIVE

La BPCO est une maladie fréquente source de morbidités, de mortalité et de dépense de santé
élevées.

I. Définitions

La BPCO :
C’est une maladie respiratoire chronique définie par l’existence d’une obstruction permanente et
progressive des voies aériennes.

Le trouble ventilatoire obstructif (TVO) :

Est défini par un rapport VEMS/CV< 0,7 (ou 70%). Il est dit persistant (ce qui définit la BPCO) si
VEMS/CV<0,7 après administration de bronchodilatateurs.

La BPCO peut englober deux entités si elles sont associées à un TVO.

La bronchite chronique :
Toux productive quotidienne ou quasi quotidienne durant au moins 03 mois par an et au cours d’au
moins 02 années consécutives ;
Concerne la moitié des fumeurs environ, peut être simple ou obstructive (accompagnée d’un TVO
auquel cas on parle de BPCO) ;

Reflète l’exposition à des facteurs de risque environnementaux et doit systématiquement faire


recherche une BPCO.

L’emphysème
• La définition est anatomique : élargissement anormal et permanent des espaces aériens
distaux (au-delà des bronchioles terminales) avec destruction des parois alvéolaires, sans
fibrose associée). Sur le plan radiologique : zones d’hypodensité traduisant une raréfaction du
parenchyme pulmonaire. Quand les zones d’hypodensité sont cerclées par une paroi fine et
ont un diamètre de plus de 1 cm, on parle de bulles (emphysème bulleux) ;peut-être Centro
lobulaire : (prédominant aux apex) ou pan lobulaire (prédominant aux bases) Un emphysème
sans TVO n’entre pas dans la cadre de la BPCO.

Sont exclus de la BPCO, l’asthme et Les dilatations de bronches.


II. Facteurs de risque

1. Facteurs de risque environnementaux


Le risque de BPCO est lié à la quantité totale de particules inhalées par un individu au cours de sa
vie.

- Le tabac
- L’exposition professionnelle : poussières organiques et inorganiques, agents chimiques et
fumées, souvent sous-évaluée (au moins 15% des BPCO) : charbon, coton, fer...
- La pollution domestique (fumée de combustion pour le chauffage ou la cuisine dans des
locaux mal ventilés)

- La pollution atmosphérique particulaire : rôle plus important dans le déclenchement des


exacerbations.
- Les facteurs influençant la croissance pulmonaire in utero ou dans l’enfance, dont les infectons
respiratoires de la petite enfance.
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[Link] génétiques

Le déficit en alpha -1 antitrypsine est le seul facteur de risque génétique clairement identifié dans la
BPCO. L’emphysème pan lobulaire qui résulte de ce déficit est d’autant plus fréquent, précoce et grave
qu’il existe un tabagisme actif associé.

III. Diagnostic
1. Les signes fonctionnels
-La dyspnée : est le maître symptôme, survient initialement à l’effort, doit être recherchée et évaluée
au moyen d’échelles (m MCR).
-La toux et l’expectoration.

L’évaluation des symptômes et le retentissement sur la vie du patient peuvent se faire par certaines
échelles comme le CAT (COPD Assesment Test)
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2. Les signes physiques

Sont absents au début ou limités à des râles bronchiques ; plus tardivement seront notés :
-Un allongement du temps expiratoire avec parfois une expiration à lèvres pincées pour augmenter
la pression dans les voies aériennes et éviter leur collapsus.
-Une diminution du MV avec atténuation des bruits des bruits du cœur ;
-Une distension thoracique ;
-A un stade très avancé : patient assis, penché en avant avec parfois mise en jeu des muscles
respiratoires accessoires et respiration abdominale, cyanose et enfin signes d'hypercapnie, d'HTAP et
de dysfonction cardiaque droite.

On distingue classiquement deux présentations cliniques :


-Une forme dite « Blue Blooter » : patient corpulent hypoxémique cyanosé avec des signes d’ICD :
E.C.L.

-Une forme dite « pink puffer » : patient maigre sans retentissement droit E.P.L.
3. Les examens complémentaires

3.1. L’exploration fonctionnelle respiratoire


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-La spirométrie
TVO : VEMS/CV <0 ,70 (70 %) persistant après administration de bronchodilatateur ;
La sévérité de l’obstruction : VEMS post bronchodilatateur.
-La pléthysmographie : Mesure les volumes pulmonaires non mobilisables ou « statiques » et
notamment le VR (Volume Résiduel fonctionnel) et la CPT (Capacité Pulmonaire Totale) qui permettent
d’identifier la distension pulmonaire, souvent associée au TVO, définie par une augmentation du VR
avec VR/CPT élevé.
- Les tests pharmacodynamiques :
On parle de réversibilité significative d’un TVO (possible dans la BPCO) quand le VEMS augmente de
é
200 ml par rapport à la valeur initiale et de plus de 12 % (CAD : é
> 0,12 )

On parle de réversibilité complète (excluant une BPCO) d’un TVO en cas de normalisation du rapport
VEMS/CVF (> 0.7) ;
ère ème
Test aux bronchodilatateurs : 1 spirométrie puis 2 spirométrie ; 10 à 15 mn après
bronchodilatateurs courte action ;

Test aux corticoïdes : 0,5 mg/kg/j pendant 10 -15 j


NB : le rapport VEMS/CV ne se normalise dans la BPCO en aucun cas.

- Le transfert du CO : évalue la destruction alvéolaire, toute valeur < 70 % (DLCO ou TLCO < 70 %) est
pathologique.

3.2. Autres tests : chez les malades dont le VEMS < 50 % ou dyspnée importante :
Gaz du sang artériel ;
Test d’exercice maximal ou sous maximal (test de marche de 06 minutes)

3.3. Imagerie
-La radiographie thoracique : distension thoracique avec hyper clarté pulmonaire.
-La tomodensitométrie : d’indication large lors du bilan initial permet :
Une orientation diagnostique
La recherche d’un diagnostic différentiel
Le dépistage de cancer broncho pulmonaire

3.4. Evaluation cardiaque


ECG systématique si VEMS < 50 %
L’échocardiographie cherche une HTAP ou une insuffisance ventriculaire gauche. Comorbidité
fréquente de la BPCO.

3.5. Biologie
-FNS : polyglobulie réactionnelle à l’hypoxémie, anémie susceptible d’aggraver la dyspnée.

-Le dosage d’α anti trypsine indiqué si :


1
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BPCO précoce (< 45 ans)
Phénotype emphysème prédominant
BPCO non tabagique

V. Traitement

1. Les objectifs du traitement

-Améliorer les symptômes


-Réduire la vitesse de déclin de la fonction respiratoire
-Prévenir les complications
-Réduire le nombre d’exacerbation et d’hospitalisation
-Réduire la mortalité
2. Les moyens
2.1. Servage tabagique

2.2. Bronchodilatateurs
Deux familles peuvent être utilisées : les anticholinergiques et les B2 agonistes.
La voie inhalée est la seule actuellement recommandée, elle impose une éducation thérapeutique.
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Anti cholinergiques et B2 agonistes ont une efficacité également équivalente et un effet
bronchodilatateur additif. Des formes de longue durée d’action sont disponibles.

Les traitements de courte durée d’action (B2 agonistes seuls ou en association avec les
anticholinergiques) sont à prendre à la demande.

2.3. Corticostéroïdes
La corticothérapie orale au long cours ou les corticostéroïdes inhalés en monothérapie n’ont pas leur
place dans le traitement de la BPCO. Ils sont recommandés en association fixe aux B2 agonistes de
longue durée d’action(ou à la demande (inhalés) si :

-VEMS post BD < 50 % de la normale.


-Exacerbations fréquentes (≥ 2/an)
-Symptômes persistants (dyspnée) malgré l’administration régulière de bronchodilatateurs.
-Taux sanguin de PNE> 300/mm3

2.4. Vaccination : antigrippale et anti pneumococcique (tous les 05 ans surtout si sujet de plus de 65
ans ou BPCO sévère.

2.5. Mucomodificateurs, antileucotriènes, antitussifs : aucune indication.


2.6. Traitements associés

Les β bloquants : ne sont pas contre indiqués (sélectionner les cardio sélectifs)
Les médicaments susceptibles de provoquer une dépression respiratoire (benzodiazépines,
neuroleptiques sédatifs, opiacés) sont à éviter.

2.7. Réhabilitation respiratoire


Désigne une approche globale et multidisciplinaire comprend : l’optimisation du traitement
pharmacologique, l’aide à l’arrêt du tabac, le réentrainement à l’exercice, la kinésithérapie de
drainage, la prise en charge psychosociale, l’éducation thérapeutique et la prise en charge
nutritionnelle.

Recommandée quel que soit le stade de la maladie s’il existe une dyspnée malgré le traitement
pharmacologique

Se fait à domicile ou en ambulatoire

2.8. L’oxygénothérapie au long cours


2.9. La ventilation assistée non invasive au long cours (VNI)
Peut être indiquée si IRC hypercapnique présentant des exacerbations fréquentes ou des signes liés à
l’hypercapnie (céphalées, signes d’IVD).

2.10. Chirurgie
De réduction de volume et des bulles, transplantation pulmonaire
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VI. Pronostic

De nombreux facteurs pronostiques ont été identifiés en cours de la BPCO.


1. Le niveau d’obstruction bronchique

L’indice de BODE à une meilleure valeur prédictive sur le suivi que le VEMS seul, plus il est élevé plus
mauvais est le pronostic :

B : Body mass index : indice de masse corporelle


O : Obstruction bronchique (VEMS)
D : Dyspnée mesurée par le mMRC
E : limitation à l’effort (appréciée par le test de marche de 06 mn)

2. L’hypoxémie

3. L’HTAP
4. La poursuite du tabagisme

5. Les exacerbations

6. Les comorbidités
-Les maladies cardiovasculaires (notamment cardiopathie ischémique)
-Le cancer bronchique
-La dysfonction des muscles squelettiques (amyotrophie)
-L’ostéoporose
-La dénutrition
-L’anémie
-L’anxiété et la dépression

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