LA Gradation.
La gradation est une énumération de mots ou de groupes de mots, ordonnée selon
une progression dans l'intensité.
Le fleuve naît, gronde et s'écoule... (Lamartine)
• La gradation est dite ascendante ou croissante, quand les termes sont de plus en plus
forts.
Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine... (Corneille)
• La gradation est dite descendante ou décroissante, quand les termes sont de moins
en moins forts.
(La voile) s'éloigne, elle blêmit, elle décroît... (Hugo)
Le nombre des termes composant une gradation est variable. Cependant, les
gradations les plus fréquentes sont :
• Binaires (deux mots ou groupes de mots).
Madame se meurt ! Madame est morte ! (Bossuet)
• Ternaires (trois mots ou groupes de mots).
J'avais eu raison, j'avais encore raison, j'avais toujours raison. (Camus)
La gradation est un procédé oratoire d'amplification qui permet de présenter de façon
concentrée, donc saisissante, une évolution.
Exercices.
A. Soulignez les termes des gradations dans les phrases suivantes.
1. (...) Va, cours, vole, et nous venge. (Corneille)
2. L'ombre croît, le jour meurt, tout s'efface et tout fuit. (Lamartine)
3. Une horrible, une sanglante, une implacable idée...(Hugo)
4. Je gémis, je souffre, ma jeunesse s'use dans les larmes et se flétrit dans la douleur.
(Rousseau)
5. Un bloc de marbre était si beau
Qu'un statuaire en fit l'emplette
« Qu'en fera, dit-il, mon ciseau ?
Sera-t-il dieu, table ou cuvette ? » (La Fontaine)
6. Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! (Prévert)
Corrigé.
1. croît, meurt, s'efface, fuit ; 2. horrible, sanglante, implacable ; 3. gémis, souffre, s'use, se
flétrit ; 4. dieu, table, cuvette ; 5. bandit, voyou, voleur, chenapan
B. Pour chacune des phrases ci-dessus, indiquez si la gradation est ascendante
(+) ou descendante (-).
va, cours, vole, et nous venge. → +
1) = .............. 2) =........ 3) = ....... 4) = ........ 5) =......
Corrigé.
1. = (+) ;2.=(+) ;3.=(+) ;4.=(-1;5.=(-)
C. Soulignez les gradations et indiquez si elles sont binaires (B), ternaires (T) ou
autres (A).
Je me meurs, je suis mort, je suis enterré. (Molière) → T
1. Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée... (La Fontaine)
2. Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ? (Racine)
3. Oui, Prince, je languis, je brûle pour Thésée... (Racine)
4. Il a glissé, il est tombé, c'est fini. (Hugo)
Corrigé.
1. veau, vache, cochon, couvée = (A) ; 2. un mois, un an = (B) ; 3. languis, brûle = (B) ; 4.
glissé, tombé, fini = (T)
D. Même exercice.
1. Il y a ailleurs vingt-six familles indigentes qui ne se chauffent point pendant l'hiver, qui
n'ont point d'habits pour se couvrir, et qui souvent manquent de pain. (La Bruyère)
2. C'est ma première phrase. Elle me donne du mal, beaucoup de mal. (Camus)
3. C'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ?... c'est une péninsule ! (Rostand)
Corrigé.
1. ne se chauffent point, n'ont point d'habits, manquent de pain = (T) ; 2. du mal,
beaucoup de mal = (B) ; 3. un roc, un pic, un cap, une péninsule = (A)
Accumulation
L'accumulation est une figure de style qui consiste à aligner un grand nombre de mots ou de
groupes de mots de même nature et de même fonction grammaticales, de manière à insister
sur l'idée exprimée. Cette figure, parfois aussi appelée entassement, sert notamment à
amplifier la portée du propos et à donner un rythme saccadé à la phrase. Comme les termes
qui la composent sont souvent présentés de façon désordonnée, la figure produit aussi une
impression de profusion, de désordre et de disproportion.
Exemples :
- Cela tintait, grinçait, cognait, cela grondait, haletait, soufflait, et stridait, et hoquetait,
et trépidait, à croire que les murs de la grange allaient se fendre et s'écrouler. (Maurice
Genevoix)
- Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus
merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante […]
(Madame de Sévigné)