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La vie avec un chien méchant

Un couple vit isolé avec un chien menaçant qui empêche toute visite et rend leur vie quotidienne difficile. Ils se retrouvent seuls, délaissés par leurs amis et le facteur, et leur jardin devient leur unique refuge. Malgré la menace du chien, ils trouvent un certain réconfort dans leur propriété, même si la peur et l'isolement persistent.

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La vie avec un chien méchant

Un couple vit isolé avec un chien menaçant qui empêche toute visite et rend leur vie quotidienne difficile. Ils se retrouvent seuls, délaissés par leurs amis et le facteur, et leur jardin devient leur unique refuge. Malgré la menace du chien, ils trouvent un certain réconfort dans leur propriété, même si la peur et l'isolement persistent.

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Alors, très fiers, ils purent ajouter sur l'écriteau

« ATTENTION CHIEN MECHANT !»]

4l Mais le facteur, après trois retraites epouvantées, refusa de venir porter


le courrier, on le com-

prend.

Des lettres, ils n'en reccevaient jamais et pour le journal, ils feraient
l'économie de

T'abonnement; de toute façon,

aux factures, il serait assez tột de les retirer dans la case à la poste.

425 ls s'attristèrent davantage lorsque leurs derniers amis renoncèrent


aussi à leurs

là-dedans, il n'y a

visites à cause du chien qui les terrorisait.

Mais, bientôt, ils n'y pensèrent plus.

Le chien aboyait quand

parfois quand personne ne

13o le choc glacé des aboiements nocturnes.

quelqu'un passait,

comme il se doit. Mais il aboyait aussi

venait. Et le

propriétaire et sa femme se réveillaient d'un coup sous

Le souffle court, dans la nuit grise, ils écoutaiet

Dans un moment de cafard suspicieux

fer barbelés inclinés, lui conférant

(insécurité

quelques dizaines d'années auparavant.

la silhouette de

135 Le

toujours que de mauvaises nouvelles. Quant

ATTENTION CHIEN MECHANT ! »


derrière la clôture aux barbelés et la haie du cimetière contre laquelle
s'appuyait, de l' autre côté, un

propriétaire et sa femme étaient seuls, désormais, avec le chien aux crocs


d'acier,

écriteau qui proclamait avec clarté: « PROPRIETE PRIVEE - DEFENSE


D'ENTRER

oppressée) il fit coiffer la clốture de fils de

clôtures entrées tristement dans 1Histoire

Ils hésitaient de plus en plus à sortir de leur jardin pour

scures raisons, mettait parfois beaucoup de temps à les laisser rentrer.


Tant qu'ils étaient chez

réaligner sa rangée de

muscles de derrière le portail.

eUx, le chien était très correct avec eux. Il allait même jusqu'à leur donner
quelques ope

langue bien sentis sur les mains.

aller en ville. Car le chien, pourd'ob-

Vasdes qu ils quittaient le jardin, il les assimilait aux ennemis de


l'extérieur.

Le propriétaire devait user de toujours plus de patience avec lui : il


parlementait derrière

193 la grille pendant de très longues minutes. Enfin, le chien convaincu de


sa bonne foi consentait à

crocs SOus Ses babines et à retirer sa masse de

Décidément, le quotient intellectuel de ce chien ne correspondait pas à ce


qu' on leur en avait

dit... mais c'était le seul être vivant qu'ils avaient.

IS9 Et ils étaient parfaitement sûrs, de cette manière, que personne ne


pénètrerait plus sur leur

propriété !

Un matin de printemps où la nature tout entière avaitl'air de se soulever


de terre pour gagner
le ciel, le propriétaire qui humait son jardin à pleines narines eut un
vertige

il lui sembla, mais juste une seconde, que la clôture et la haie avaient
quelque peu

f grandi...

L'effet, peut-être, de la suroxygénation ; quand on respire à trop pleins


poumons, il arrive que

notre cerveau émette des données étranges.

II chassa donc cette vision idiote en s'efforçant de se pencher avec


délectation sur tous ces

arbustes, ces fleurs qui lui appartenaient et qui s'abandonnaient à l'appel


du

o renouveau. Les mouches se réveillaient, zigzaguant et zézayant contre la


façade de la villa Ie

RRvon torturé par l'hiver, retrouvait sa dignite et ses couleurs. La


chlorophylle prenait possession

des arbres et des plates-bandes, les feuilles, doucement, dévidaient leur


cocon.

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