Période post-indépendance – Principales phases et caractéristiques
1. 1962–1970 : Les débuts après l’indépendance
L’État se concentre d’abord sur la reconstruction et la relance économique.
Peu de politique urbaine claire : priorité au secteur industriel, pas encore à l’urbanisme.
Les textes coloniaux (décrets de 1958–1960) restent appliqués jusqu’en 1973.
Les villes connaissent un fort exode rural et une urbanisation rapide, souvent anarchique.
2. 1970–1989 : Période de planification et de grands programmes publics
(source : 3 COUR HCA8 Phase 1970–[Link] & 2 COUR Production urbaine en Algé[Link])
a. Plans et politiques
Introduction des plans quadriennaux et quinquennaux :
o 1970–1973 : premiers plans de logement, résultats faibles.
o 1974–1979 : politique massive de construction (ZHUN et VSA).
o 1980–1989 : intensification avec les plans quinquennaux.
Mise en place de Plans Directeurs d’Urbanisme (PUD) dès 1975.
Création des Zones d’Habitation Urbaine Nouvelles (ZHUN) → cités standardisées sans identité.
Création de Zones Industrielles (ZI), souvent mal situées, sans cohérence territoriale.
Adoption de lois importantes :
o Ordonnance de 1974 : réserves foncières communales.
o Ordonnance de 1975 : permis de construire et de lotir.
o 1976 : coopératives immobilières.
b. Résultats et problèmes
Quantité vs qualité : beaucoup de logements construits, mais mal réalisés.
Crise du logement persistante.
Manque d’équipements publics, d’esthétique et de transports.
Urbanisation désordonnée, surtout autour des grandes villes.
Séisme d’El Asnam (1980) a marqué la nécessité de repenser la construction.
Crise économique de 1986 (chute du pétrole) → ralentissement brutal.
3. 1990–1999 : Transition et désengagement de l’État
L’État se retire progressivement du secteur de l’habitat.
Apparition du secteur privé dans la construction.
Crise économique et politique : ralentissement des programmes publics.
Autoconstruction encouragée, souvent sans encadrement urbanistique.
Urbanisation anarchique dans les périphéries urbaines.
4. 2000–2014 : Reprise massive et modernisation
(source : 1 COUR HCA8 Phase 2000–[Link])
a. Contexte
Reprise économique grâce à la hausse du pétrole.
Lancement de grands programmes nationaux de logement :
o Logements sociaux (LS), LSP, AADL, OPGI, etc.
o Mais souvent construits trop vite et sans souci esthétique.
b. Projets et réalisations
Infrastructures modernes : métro, tramways, aéroports, routes urbaines.
Plans d’aménagement du territoire (SNAT, PUD, PDAU) réactivés, mais peu appliqués.
Projets urbains emblématiques :
o Emaar Alger, Parc Dounya, villes nouvelles (Sidi Abdallah, Bouinan, Boughezoul, Hassi
Messaoud).
o Retards importants et manque de transparence.
c. Limites
Qualité des constructions discutée (choix du « moins-disant »).
Marginalisation des entreprises locales au profit de firmes étrangères.
Manque de planification réelle, urbanisme souvent subi.
Corruption et opacité dans la gestion des marchés publics.
Tentatives de réguler :
o Loi 15-08 (2008) pour régulariser les constructions inachevées.
o Labellisation des promoteurs, interdiction de la vente sur plan.
Synthèse générale
Période Contexte Type d’architecture / urbanisme Problèmes
1962–1970 Reconstruction Héritage colonial, urbanisme improvisé Manque de planification
Socialisme, plans ZHUN, VSA, PUD, architecture de Mauvaise qualité, manque
1970–1989
d’État masse d’identité
1990–1999 Crise & ouverture Autoconstruction, secteur privé Urbanisation anarchique
Reprise Grands programmes, projets
2000–2014 Qualité faible, corruption, retard
économique métropolitains