I.S.A.E.
G
MASTER COMPTABILITÉ,
Module 0 : CONTRÔLE ET AUDIT
1ÈRE ANNÉE
Qu’est-ce
que COURS D’ÉCONOMIE : DÉBATS
l’économie ? CONTEMPORAINS
L’ÉCONOMIE ?
L’économie a la particularité d’être une
science sociale avec la volonté d’être
naturelle (ou science exacte).
D’où obligation de mettre en relation
théorie et faits dans une perspective
critique.
Choix de décomposer en quatre
parties.
L’ÉCONOMIE ?
1. Qu’est-ce que l’économie ?
2. Les concepts élémentaires
3. Les principaux courants
4. L’équilibre de marché
5. Conclusions
L’ÉCONOMIE ?
1. Qu’est-ce que l’économie ?
2. Les concepts élémentaires
3. Les principaux courants
4. L’équilibre de marché
5. Conclusions
QU’EST-CE QUE L’ÉCONOMIE?
Paul Samuelson, prix Nobel d’économie en 1970 :
« depuis notre enfance, chacun de nous possède quelques
connaissances économiques. Une telle initiation spontanée
est à la fois utile et trompeuse : utile, parce que beaucoup
de notions peuvent être tenues pour acquises ; trompeuse,
parce que l’homme est naturellement enclin à accepter,
sans esprit critique, comme vraies des opinions
superficiellement plausibles ».
(Paul Samuelson, L’économique, tome 1, éditions Armand Collin, Paris,
1964, p.22)
QU’EST-CE QUE L’ÉCONOMIE?
Paul Krugman :
« Comme tout économiste d’un certain
niveau, je suis capable d’écrire de façon à
n’être compris par personne ».
(Paul Krugman, Pourquoi les crises reviennent
toujours, éditions du Seuil, Paris, 2000, p.12)
QU’EST-CE QUE L’ÉCONOMIE?
L’économie, qu’est-ce c’est?
Quel est son objet?
QU’EST-CE QUE L’ÉCONOMIE?
Lord Robbins (1932) :
« L’économie est la science qui étudie le
comportement humain comme une relation entre
des fins et des moyens limités qui ont des
utilisations alternatives ».
(Lord Robbins, An Essay on the Nature and Significance of
Economic Science, The MacMillan Press Limited, Londres, 1984,
p.16)
QU’EST-CE QUE L’ÉCONOMIE?
La fonction de l’économie, selon
la conception traditionnelle
Ressources rares
Choix
Besoins illimités
QU’EST-CE QUE L’ÉCONOMIE?
La définition de l’économie oriente le
débat sur sa fonction:
des besoins illimités? le sont-ils?
version absolue, non historique;
des moyens rares? le sont-ils?
deschoix alternatifs? des choix
pour qui? au service de qui?
QU’EST-CE QUE L’ÉCONOMIE?
On peut avoir une autre interprétation de
l’économie:
science humaine et non une science
technique (une science des choix
« rationnels »);
science sociale, donc celle des rapports entre
des hommes et des groupes et non celle
d’une relation entre des besoins et des
moyens rares;
science historique, celle du développement,
et non une science statique d’une vérité
absolue;
et avoir une perspective critique (Marx).
INTRODUCTION À L’ÉCONOMIE
1. Qu’est-ce que l’économie ?
2. Les concepts élémentaires
3. Les principaux courants
4. L’équilibre de marché
5. Conclusions
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
1. Flux et stock
2. Circuit économique
3. Le marché (microéconomie)
4. Economie « réelle » et sphère financière
5. Economie nationale (macroéconomie)
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
1. Flux et stock
2. Circuit économique
3. Le marché (microéconomie)
4. Economie « réelle » et sphère financière
5. Economie nationale (macroéconomie)
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Distinction entre stock et flux:
Un stock est un inventaire de la situation
économique à un moment donné.
Un flux est composé de toutes les rentrées et
sorties d’argent entre deux périodes données
(deux périodes de stock), par exemple un an.
Le PIB est un flux. Le revenu national est un flux.
L’analyse économique repose sur des flux,
rarement sur des stocks
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
En principe, un stock à un moment donné est
composé de:
+ capital du début (un stock)
+ solde des flux accumulés durant la période
- amortissements éventuels
= stock final
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Stock initial: 1.000 DT
Flux durant l’année:
+500 DT
- 80 DT
+400 DT
-620 DT
Amortissements: 100 DT
Stock final: 1.100 DT
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
1. Flux et stock
2. Circuit économique
3. Le marché (microéconomie)
4. Economie « réelle » et sphère financière
5. Economie nationale (macroéconomie)
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Vente Achat
Marché des
facteurs
Revenus Salaires
Dividendes
Revenus
Intérêts
Population
Circuit monétaire Entreprises
(ménages)
Chiffre Production
Dépenses d’affaires
Consommation
Marché des
marchandises
Achat Vente
Circuit des biens et des services
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Les ménages désignent toute la population
dans sa fonction économique.
Ils possèdent les « facteurs de production »:
principalement, travail et capital.
Un facteur de production est un « input » qui
est acheté par l’entreprise.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Pour produire, il faut combiner des éléments.
Ces éléments sont achetés par les propriétaires.
Ces éléments sont au nombre de trois:
1. des matières consommables (des biens de
production non durables)
2. des machines, des outils, des bâtiments…(des
biens de production durables)
3. de la main-d’œuvre.
Ce sont les facteurs de production.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Les ménages possèdent le travail. Qu’est-ce que
cela veut dire?
Les ménages fournissent une unité de capital.
Mais qu’est-ce qu’une unité? Un robot? Une
machine? Une somme d’argent?
Et n’y a-t-il pas une distinction entre ceux qui
détiennent beaucoup de capital et qui en
vivent et les autres?
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Partde
Part decapital
capitaldétenu
détenupar
parles
lesménages
ménages
1,7
20,5
40,5
11
25,8
0-50% 50-90% 90-95% 95-99% 99-100%
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Les ménages achètent des biens qui sont
fournis par une entreprise.
L’entreprise est une société, c’est-à-dire
un groupe de personnes qui se mettent
ensemble pour produire les
marchandises.
L’entreprise achète les facteurs de
production aux ménages.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
L’entreprise est une boîte noire. On ne sait pas
ce qui s’y passe.
On met des inputs: terre, travail et capital.
Et il en sort un produit fini.
C’est ainsi que l’économie traditionnelle
interprète.
Ainsi, l’économie traditionnelle n’est pas celle
de la production, mais celle du marché.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Inputs
Marché
?
Entreprise
Marché
Output
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Philippe Lorino:
« Il y a, depuis des décennies, un partage des rôles (...) entre
le microéconomiste et le théoricien du management (...).
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
(...) L’économiste ne s’intéresse pas à ce qui se passe
dans l’entreprise, mais exclusivement ce qui se
passe autour d’elle: son domaine de prédilection,
c’est le marché. Le fonctionnement interne de
l’organisation productive est l’affaire du
management »
(Philippe Lorino, L ’économiste et le manager, éd. La Découverte, Paris 1989,
p.8-9).
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
D’où l’économie est « perchée sur une pyramide gigantesque
de formulations abstraites et de mathématisation
raffinée ».
De l’autre, l’art du management est « entiché d’un empirisme
frustre ».
« L’économie se désintéresse de l’observation et le
management jette ses outils théoriques aux orties »
(Philippe Lorino, L ’économiste et le manager, éd. La
Découverte, Paris 1989, p.8-9).
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
1. Flux et stock
2. Circuit économique
3. Le marché (microéconomie)
4. Economie « réelle » et sphère financière
5. Economie nationale (macroéconomie)
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Marché
Monnaie
Acheteur Vendeur
Marchandise:
-bien
-service
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Un marché est donc un lieu où des acheteurs et des vendeurs
s’échangent des produits (marchandises).
L’ensemble des vendeurs constituent l’offre.
L’ensemble des acheteurs forment la demande.
La monnaie permet l’échange des marchandises par le biais d’un
étalon de mesure, extérieur aux produits échangés.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
La demande d’une marchandise
Plus le prix diminue, plus la quantité demandée augmente.
Par rapport à un graphique où sur l’axe des ordonnées (axe des
y) on indique les prix et où sur l’axe des abscisses (axe des x) on
note les quantités, la demande forme une courbe descendante.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
La demande d’une marchandise
p
p1
p2
D
q1 q2 q
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
L’offre d’une marchandise
Plus le prix augmente, plus la quantité offerte augmente.
Par rapport à un graphique où sur l’axe des ordonnées (axe des
y) on indique les prix et où sur l’axe des abscisses (axe des x) on
note les quantités, l’offre forme une courbe ascendante.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
L’offre d’une marchandise
p
O
p2
p1
q1 q q
2
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
La demande et l’offre se rencontrent en un point.
Celui-ci correspond à la quantité qui sera vendue et au prix auquel
celle-ci sera vendue.
C’est l’optimum, la satisfaction maximale entre vendeurs et
acheteurs.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
1. Flux et stock
2. Circuit économique
3. Le marché (microéconomie)
4. Economie « réelle » et sphère financière
5. Economie nationale (macroéconomie)
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Capital
Monnaie
Sphère financière:
Economie - Banques
« réelle » - Bourse
Dividendes
Intérêts - autres marchés
Capital
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
La sphère financière sert, en premier lieu, à approvisionner
l’économie « réelle ».
Mais elle a tendance à s’autonomiser.
Le cours boursier suit les estimations des dividendes futurs (les profits
de l’économie réelle).
Mais la spéculation amène à des hausses sans relation.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Keynes (1935):
« … la technique du placement peut être comparée à ces concours
organisés par les journaux où les participants ont à choisir les six plus
jolis visages parmi une centaine de photographies, le prix étant
attribué à celui dont les préférences s’approchent le plus de la
sélection moyenne opérée par l’ensemble des concurrents. Chaque
concurrent doit donc choisir non les visages qu’il juge lui-même les
plus jolis, mais ceux qu’il estime les plus propres à obtenir le suffrage
des autres, lesquels examinent tous le problème sous le même angle…
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
… Il ne s’agit pas pour chacun de choisir les visages qui (…) sont
réellement les plus jolis ni même ceux que l’opinion moyenne
considérera réellement comme tels. Au troisième degré (…), on
emploie ses facultés à découvrir l’idée que l’opinion moyenne se
fera à l’avance de son propre jugement. »
(John Maynard Keynes, Théorie
générale de l’emploi, de l’intérêt et de la
monnaie, éditions Payot, Paris, 1979, p.168)
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
1. Flux et stock
2. Circuit économique
3. Le marché (microéconomie)
4. Economie « réelle » et sphère financière
5. Economie nationale (macroéconomie)
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
La macroéconomie est l’analyse économique au niveau national.
Elle porte essentiellement sur le PIB: produit intérieur brut.
Il estime la richesse marchande créée en un an. C’est un flux.
La croissance du PIB est synonyme de développement
économique.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Le produit intérieur brut est la « production » de biens et services.
C’est la somme des valeurs ajoutées crées dans les entreprises et les
organisations.
La valeur ajoutée est la différence entre les ventes et le coût des
composants nécessaires à la production.
Elle est composée de deux grandes parties: les « coûts salariaux » et
ce qui revient au capital (profit, intérêts, amortissements).
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Le PIB calcule la valeur marchande créée
Pas marchand? Pas dans le PIB!
Le PIB privilégie l’aspect financier
Calcul d’un PIB réel.
Le PIB privilégie l’aspect équilibre
Production = Revenus = Consommation
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Total des Total des
Somme des revenus: consommations:
valeurs - salaires - consommation privée
ajoutées - revenus - investissements
propriété - dépenses Etat
PIB optique PIB optique PIB optique
production revenus consommation
PRODUCTION = REVENUS = CONSOMMATION
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Les relations avec l’étranger sont surtout analysés à partir de la
balance des paiements.
C’est ce qui sort et qui entre comme monnaie dans un pays.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
La balance des paiements est divisée en trois parties :
1. les opérations courantes ;
2. les opérations de capital ;
3. le changement des réserves.
La balance des paiements est toujours équilibrée : ce qui sort
doit être compensé d’une manière ou d’une autre par ce qui
rentre.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Balance courante
+Exportations
-Importations
= Balance commerciale
+Services reçus
-Services payés
+Revenus reçus
-Revenus payés
+/- Transferts
= Balance courante
Ce sont des opérations de flux « purs »
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Les opérations en capital sont des différences de stocks, car le
capital est un stock.
Un investissement à l’étranger est une sortie d’argent.
Une dette est une entrée d’argent.
Mais les années suivantes, il faut payer les intérêts, donc cela
détériore les revenus payés et la balance courante.
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
Les changements de réserves soldent les opérations.
S’il y a davantage d’argent qui sort, les réserves diminuent.
S’il y a davantage d’argent qui entre, les réserves augmentent.
S’il y a trop d’argent qui sort et que les réserves s’épuisent, le pays
fait appel au Fonds monétaire international (FMI).
LES CONCEPTS ÉLÉMENTAIRES
+/- Balance courante
+/- Balance en capital
= Changements
dans les réserves
INTRODUCTION À L’ÉCONOMIE
1. Qu’est-ce que l’économie ?
2. Les concepts élémentaires
3. Les principaux courants
4. L’équilibre de marché
5. Conclusions
LES PRINCIPAUX COURANTS
Les classiques (et fondateurs)
Adam Smith – David Ricardo
1776 - 1817
Walras-Marshall-Jevons
Fin XIXème siècle
Marx: 1867
Keynes: 1935 Schumpeter
Hayek: 1943
Marxistes Néo-keynésiens Néoclassiques
Ultraconservateurs
LES PRINCIPAUX COURANTS
Les classiques (Smith et Ricardo):
- La valeur créée provient uniquement du travail.
- Il y a trois classes sociales (propriétaires fonciers, capitalistes industriels
et salariés) qui reçoivent trois revenus (rentes, profits et salaires).
- Leur libéralisme sert à favoriser les capitalistes contre les propriétaires
fonciers.
- Les propriétaires fonciers sont des parasitaires et un frein au
développement économique.
LES PRINCIPAUX COURANTS
Marx:
- La valeur créée provient uniquement du travail.
- De ce fait, les capitalistes sont aussi des parasitaires: ils vivent du travail
ouvrier.
- Il y a une lutte de classes, moteur de l’histoire.
- L’autre moteur est le développement des forces productives
nécessaire pour maîtriser mieux les forces de la nature.
- De la contradiction des deux naissent les révolutions.
LES PRINCIPAUX COURANTS
Les néoclassiques (Walras, Marshall, Jevons):
- Il n’y a pas de déterminant de la valeur et des prix.
- Le raisonnement s’effectue à la marge (d’où le nom aussi de
marginalistes).
- Au centre, il y a le marché et la concurrence pure et parfaite.
- Elle est vraie a priori.
LES PRINCIPAUX COURANTS
Keynes:
- Le marché ne résout pas tout; il y a des imperfections.
- L’inconnue est l’investissement: il accentue les effets; il y a
surinvestissement quand tout va bien, sous-investissement quand tout
va mal.
- Le chômage provient de sous-investissements.
- L’Etat doit mener une politique contracyclique, en jouant sur le taux
d’intérêt ou par travaux publics.
La macroéconomie développée sur base de
Keynes.
LES PRINCIPAUX COURANTS
Schumpeter:
- L’analyse doit être dynamique.
- Le capitalisme suit des cycles courts et longs.
- Le redémarrage de l’économie vient par le biais des entrepreneurs
(qu’il faut favoriser).
- La crise est un mécanisme de destruction créatrice fondée sur
l’innovation.
- Mais cette puissance créatrice s’épuise avec le temps (au profit de la
bureaucratie et donc du socialisme).
INTRODUCTION À L’ÉCONOMIE
1. Qu’est-ce que l’économie ?
2. Les concepts élémentaires
3. Les principaux courants
4. L’équilibre de marché
5. Conclusions
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Le marché est défini selon une situation de concurrence pure et
parfaite.
Cette situation s’oppose à celle du monopole (un seul vendeur) ou
du monopsone (un seul acheteur).
Elle s’oppose aussi à une situation d’oligopole (plusieurs grandes
entreprises pour un marché).
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Dans la concurrence pure et parfaite, il y a quatre grandes hypothèses:
1. il y a atomicité des acheteurs et des vendeurs; aucun n’a la capacité
de changer les prix;
2. les biens sont homogènes; pas de différenciation de produits;
3. l’information est parfaite; tous les acteurs connaissent les prix et leur
évolution;
4. il y a mobilité des acheteurs et des vendeurs; ils peuvent changer de
marché à tout moment.
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
L’équilibre de marché
de la concurrence pure et parfaite
p
O
p’
e*
p*
q’ q* q’’ q
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
L’équilibre de concurrence pure et parfaite est le point de satisfaction
maximale possible.
A ce niveau, il n’est pas possible de changer de position sans rendre
insatisfait une partie des acheteurs ou des vendeurs.
Les vendeurs sont satisfaits, car ils produisent exactement ce qu’ils
désirent pour ce prix.
Et les acheteurs sont satisfaits, car ils acquièrent exactement ce qu’ils
désirent pour ce prix.
C’est l’optimum !
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
L’équilibre de concurrence pure et parfaite est l’optimum
économique.
D’où il faut supprimer tout ce qui peut le contrarier: création de
monopoles (mais surtout public), intervention de l’Etat...
Les économistes inventent donc un régime alternatif au marché
qu’ils appellent le planisme.
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Le planisme alloue les ressources non en fonction
de la concurrence, mais de décisions d’une
autorité publique.
Cela ne peut qu’échouer, puisque cela ne
respecte pas les règles du marché.
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Exemple du service public
p
O
e*
p* Perte d’efficacité
pp
D
qo q* qd q
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Exemple du marché du travail
w
O
chômage
wp
e*
w*
qd q* qo q
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
D’où une vision libérale du monde:
* Il faut laisser faire le marché.
* Le marché assure la meilleure allocation des ressources et des
revenus.
* Pas d’intervention de l’Etat.
* L’Etat sert de régulateur en dernière extrémité.
* Il faut éliminer les monopoles: d’abord syndical, ensuite le pouvoir
public.
* Il faut ajuster les salaires.
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Jean-Baptiste Say (1803):
L’intervention publique « est un mal (...) parce qu’elle est coûteuse, soit
pour le contribuable, quand l’intervention du gouvernement est
gratuite, c’est-à-dire quand elle a lieu aux frais du trésor public ; soit
pour le consommateur, quand on prélève les frais en une taxe sur la
marchandise. (...) Si l’intervention du gouvernement est un mal, un
bon gouvernement la rendra aussi rare qu’il sera possible ».
(Jean-Baptiste Say, Traité d’économie politique,
éd. Calmann-Lévy, Paris, 1972, p.195-196)
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Friedrich von Hayek (1943) :
Le libéralisme économique « considère la concurrence comme
supérieure non seulement parce qu’elle est dans la plupart des
circonstances la méthode la plus efficace qu’on connaisse, mais plus
encore parce qu’elle est la seule méthode qui permette d’ajuster nos
activités les unes aux autres sans intervention arbitraire ou coercitive
de l’autorité ».
(Friedrich von Hayek, La route de la
servitude, éditions PUF, Paris, 1985, p.33)
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Friedrich von Hayek (1943) :
« Ce que nous voulons souligner, ce n’est pas que la dictature supprime
inévitablement la liberté, mais plutôt que le planisme mène à la
dictature parce que la dictature est l’instrument le plus efficace de
coercition et de réalisation forcée d’un idéal, et qu’à ce titre elle est
indispensable à une société planifiée ».
(Friedrich von Hayek, La route de la
servitude, éditions PUF, Paris, 1985, p.57)
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
1. Le marché est la forme supérieure de régime économique.
2. Le planisme est, de loin, inférieur.
3. Pour pouvoir s’imposer, le planisme a besoin de la coercition.
4. Le marché, c’est la liberté. Le planisme ou l’intervention de l’Etat
sur le marché, c’est la dictature.
5. Le rôle économique de l’Etat ne peut qu’être: encadrer le marché
pour qu’il fonctionne.
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Quatre critiques:
1. les faits ne montrent pas la supériorité du marché;
2. la satisfaction du marché à l’équilibre suppose qu’on peut sortir
du marché;
3. la théorie du marché est construite a priori; elle n’a pas de
validité;
4. la réalité est-elle celle du marché « libre »?
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
1. les faits ne montrent pas la supériorité du marché
Croissance annuelle moyenne
par pays 1950-1998 (en %)
98/50 73/50 98/73
Etats-Unis 3,44 3,93 2,99
Japon 5,95 9,29 2,97
Chine 5,97 5,02 6,84
Asie 5,35 4,75 5,91
Monde 3,92 4,91 3,01
Source: Calculé à partir d ’Angus Maddison, L'économie
mondiale. Une perspective millénaire, OCDE, 2001.
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
1. les faits ne montrent pas la supériorité du marché
Des pays différents ont des taux de croissance qui ne
montrent pas que le libéralisme est supérieur.
Ainsi, la Chine de 1950 à 1973 a un taux supérieur à celui des
Etats-Unis.
De 1973 à 1998, les pays asiatiques qui se développent à
l’abri d’un Etat protecteur ont des taux plus élevés que le
reste du monde.
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
2. la satisfaction du marché et l’exclusion
La supposition fondamentale est que celui qui n’est pas satisfait aux
conditions de marché d’équilibre a la possibilité de sortir du marché.
Donc de ne pas acheter ou vendre.
Mais est-ce possible?
A-t-on la possibilité de sortir du marché du « travail »?
Et celui qui n’a pas de revenu, comment peut-il entrer sur un seul des
marchés?
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
3. la théorie du marché peu valide
C’est une théorie abstraite, non historique.
Les hypothèses sont surréalistes, jamais respectées.
Il n’y a aucun moyen de vérification.
Elle ne donne aucun résultat.
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Lionel Robbins (1932) :
« Les propositions de la théorie économique, comme toute théorie
scientifique, sont clairement des déductions tirées d’une série de
postulats. (...) Nous n’avons pas besoin d’expériences contrôlées pour
établir leur validité : ils forment tellement la matière de notre
expérience de tous les jours qu’ils doivent seulement être reconnus
comme évidents ».
(Lionel Robbins, An Essay on the Nature and
Significance of Economic Science, The MacMillan
Press, London, 1984, p.78)
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Fritz Machlup (1954) :
« les hypothèses fondamentales de la théorie économique ne sont pas
sujets à une exigence de vérification empirique indépendante, mais
plutôt à une exigence de compréhensibilité, dans le sens qu’un
homme peut comprendre les actions de ses compagnons ».
(Fritz Machlup, Methodology of Economics
and Other Social Sciences. Economic Theory,
Econometrics and Mathematical Economies,
Academic Press, New York, 1978, p.153)
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Fritz Machlup (1954) :
« le système est une construction de notre esprit, alors que les
changements supposés et déduits devraient correspondre à des
phénomènes observés, à des données d’observation, si le système
sert comme instrument d’explication ou de prévision. Dans les
explications, le système analytique aide à choisir une “ cause ”
adéquate pour un changement observé ; dans les prévisions, il aide à
trouver un “ effet ” probable d’une modification observée ».
(Fritz Machlup, op. cit., p.148)
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
Cela signifie:
1 La théorie est une construction de l’esprit, non vérifiable.
2 Elle n’a de valeur qu’analytique.
3 Si la réalité observée diverge de la théorie, c’est qu’au moins une
hypothèse n’est pas respectée.
4 Mais, en réalité, les hypothèses ne sont jamais respectées.
5 C’est une méthodologie douteuse.
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
La théorie n’aboutit pas à des résultats concre
Mark Blaug:
« si par lois on entend des relations universelles vérifiées entre des
événements ou des catégories d’événements, déduites de conditions
initiales testées indépendamment, peu d’économistes modernes
revendiqueraient que l’économie ait produit plus d’une ou deux lois ».
(Mark Blaug, La méthodologie économique,
éditions Economica, Paris, 1982, p.136)
L’ÉQUILIBRE DE MARCHÉ
4. La réalité de l’économie de « marché »
Le monde n’est-il pas dominé par quelques grandes firmes
multinationales?
Les 200 premières réalisent entre 20 et 30% du PIB mondial.
Dix banques assurent l’essentiel des transactions financières.
Le commerce international est pour un tiers intra-firme. Donc hors
marché.
Où est le marché de libre concurrence?
INTRODUCTION À L’ÉCONOMIE
1. Qu’est-ce que l’économie ?
2. Les concepts élémentaires
3. Les principaux courants
4. L’équilibre de marché
5. Conclusions
CONCLUSIONS
La théorie du marché (théorie libérale) est une
construction idéologique.
Elle a pour but de justifier le monde libéral,
capitaliste d’aujourd’hui.
Elle masque les conflits entre groupes d’hommes.
Elle cache et justifie le transfert de richesses de la
population vers une poignée de gens fortunés,
détenteurs de capitaux.
Elle est portée par des groupes liés au monde des
affaires qui ont intérêt à cette vision du monde.
CONCLUSIONS
Pour construire une autre théorie à partir
de la réalité, il faudrait:
- souligner l’inégalité des hommes;
- montrer la différence entre ceux qui
détiennent le capital et les autres;
- analyser les rapports entre ces deux
groupes;
- examiner ces relations dans l’histoire
- rendre accessible l’économie.