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Cours de Physique Nucléaire S5

Le cours de Physique Nucléaire aborde des notions fondamentales telles que la relativité restreinte, la structure nucléaire, et les transformations radioactives. Il couvre également l'évolution historique de la physique nucléaire, les applications en sciences fondamentales et appliquées, ainsi que la composition de la matière. Les chapitres incluent des concepts clés comme la dilatation du temps, la contraction des longueurs, et les interactions des rayonnements avec la matière.

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Cours de Physique Nucléaire S5

Le cours de Physique Nucléaire aborde des notions fondamentales telles que la relativité restreinte, la structure nucléaire, et les transformations radioactives. Il couvre également l'évolution historique de la physique nucléaire, les applications en sciences fondamentales et appliquées, ainsi que la composition de la matière. Les chapitres incluent des concepts clés comme la dilatation du temps, la contraction des longueurs, et les interactions des rayonnements avec la matière.

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Cours de Physique Nucléaire S5 Pr. A.

Choukri

Faculté des Scieces-Kénitra

Cours de Physique Nucléaire

S5

Plan du cours :
Chapitre 1 : Notions sur la relativité restreinte

Chapitre 2 : Généralités sur les éléments de structure nucléaire et quelques définitions de


base

Chapitre 3 : Masse, Energie de liaison dans le noyau et Stabilité nucléaire

Chapitre 4 : Instabilité des noyaux et transformations radioactives

Chapitre 5 : Notions sur les réactions nucléaires et activation neutronique

Chapitre 6 : Interaction des rayonnements avec la matière

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18/08/2020
Cours de Physique Nucléaire S5 Pr. A. Choukri

Chapitre 1 : Notions sur la relativité restreinte

La relativité restreinte est la théorie élaborée par Albert Einstein en 1905 en vue de
tirer toutes les conséquences physiques de la relativité galiléenne et du principe selon lequel
la vitesse de la lumière dans le vide a la même valeur dans tous les référentiels
galiléens (ou inertiels).
La théorie de la relativité restreinte a établi de nouvelles formules permettant de passer
d'un référentiel galiléen à un autre. Les équations correspondantes conduisent à des prévisions
de phénomènes qui heurtent le sens commun (mais aucune de ces prévisions n'a été infirmée
par l'expérience), un des plus surprenants étant le ralentissement des horloges en mouvement,
qui a permis de concevoir l'expérience de pensée souvent appelée paradoxe des jumeaux.
La relativité restreinte a eu également un impact en philosophie en éliminant toute possibilité
d'existence d'un temps et de durées absolus dans l'ensemble de l'univers (Newton). À la suite
d'Henri Poincaré, elle a forcé les philosophes à se poser différemment la question du temps et
de l'espace.

1) Les postulats d'Einstein (1905)


La théorie d'Einstein est centrée sur le principe de relativité qui concerne l'observation et la
mesure des phénomènes en fonction du référentiel depuis lequel l'observateur (ou l'appareil de
mesure) effectue les mesures sur l'expérience.
La relativité restreinte ne considère que le cas où l'observateur est dans un référentiel inertiel,
les autres référentiels sont l'objet d'étude de la relativité générale. Rappelons qu'un référentiel
est dit inertiel si tout objet isolé de ce référentiel (sur lequel ne s’exerce aucune force ou sur
lequel la résultante des forces est nulle) est soit immobile, soit en mouvement de translation
rectiligne uniforme. Par exemple : une fusée dans l'espace loin de toute masse constitue un
référentiel inertiel si aucun moteur n'est allumé.
Les deux postulats de la relativité restreinte sont les suivants :

1. Les lois de la physique ont la même forme dans tous les référentiels galiléens
2. La vitesse de la lumière dans le vide a la même valeur dans tous les référentiels
galiléens

2) Synchronisation des horloges[


La synchronisation des horloges immobiles au sein d'un même référentiel inertiel
permet de dater les événements qui y sont observés et de définir une simultanéité pour ce
référentiel, alors que les informations ne parviennent à l'observateur que de manière retardée
car elles voyagent au maximum à la vitesse de la lumière.
Mais deux horloges en mouvement l'une par rapport à l'autre ne peuvent pas être
synchronisées, la simultanéité ne pouvant être la même pour deux référentiels inertiels en
mouvement l'un par rapport à l'autre.

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3) Les transformations de Lorentz


On considère deux référentiels R’ et R, le premier référentiel R’’ étant animé de la
vitesse V par rapport au référentiel R.. Pour simplifier le calcul on travaille d'abord dans le
cadre de transformations dites « spéciales », caractérisées par le fait que les systèmes d'axes x,
y, z et x′, y′, z′ sont parallèles,
parallèle que les axes O′x′ et Ox sont communs et parallèles à la
vitesse V,, et en supposant que quand les origines spatiales des deux référentiels étaient
confondues, les horloges (fixes dans les référentiels respectifs, en O et O′)
O′) ind
indiquaient toutes
deux t = 0 et t′′ = 0 (initialisation des horloges). Cette restriction ne nuit nullement à la
généralité des résultats. On écrira ci-dessous les formules relatives
atives à une vitesse pointant dans
une direction quelconque.
Systèmes d'axes parallèles pour faciliter le travail

Les hypothèses d'Einstein conduisent aux transformations dites « de Lorentz ».


Les formules de Lorentz permettent d'exprimer les coordonnées (x, ( y, z,, t) d'un événement
nées ((x′, y′, z′, t′) du
donné dans le référentiel « fixe » (disons la Terre) en fonction des coordonnées
même événement dans le référentiel « mobile » (disons une fusée). Elles s'écrivent :

Les transformations de Lorentz mènent à une vision révolutionnaire de la physique et font


apparaître des phénomènes qui heurtent le sens commun.
Dans les exemples qui suivent nous allons être amenés à considérer deux événements
successifs. On réécrira donc les formules précédentes en remplaçant les x et les t par des Δx et
des Δt représentant l'écart spatial ou temporel entre le premier événement et le second.

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Relativité de la simultanéité

La relativité limite la notion de simultanéité aux événements vus à partir d'un seul
référentiel galiléen : si deux événements sont simultanés dans R, en deux points différents
de R, alors, en général, ils ne sont plus simultanés dans un autre référentiel R’ en mouvement
par rapport à R.

Dilatation des durées

L'intervalle de temps séparant deux événements dans un référentiel est mesuré par une
quantité différente dans un autre référentiel si celui-ci est en mouvement par rapport au
premier. Ainsi, une horloge en mouvement dans un référentiel semblera ralentie par rapport à
une horloge identique mais immobile dans ce référentiel.

Une vérification expérimentale a été menée en 1960 par les physiciens Robert
Pound et Glen Rebka en accélérant des atomes, d'un cristal radioactif vibrant autour de leur
position d'équilibre, par augmentation de la chaleur, ce qui a donné une mesure plus petite de
la fréquence des rayons gamma émis (c'est-à-dire une dilatation de leur période), les mesures
étant en accord avec les prévisions avec 10 % de marge d'erreur.
Un paradoxe semble alors apparaitre : comment peut-il se faire que les horloges
de R ralentissent quand elles sont vues depuis R’, et que, par symétrie, les horloges
de R’ ralentissent quand elles sont vues depuis R ? Ceci ne pose pas de problème : chaque
référentiel voit l'autre fonctionner au ralenti, et, s'il y a une mise à zéro commune des horloges
des deux référentiels, chacun voit ce qui vient du passé de l'autre par rapport au temps écoulé
sur sa propre horloge immobile. Le cas où entre deux horloges il y a une rencontre puis un
éloignement et ensuite une nouvelle rencontre, permettant de comparer à proximité le temps
écoulé entre les deux rencontres chez l'une et l'autre, est l'objet du paradoxe des jumeaux.

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Si l'installation avec deux miroirs A et B est vue immobile, la distance parcourue par la
lumière est 2*L. Si l'installation est vue en mouvement, la distance parcourue est 2*D,
supérieure à 2*L, mais à la même
mêm vitesse par la lumière.. Donc, le phénomène prend plus de
temps quand il est vu en mouvement.

Contraction des longueurs

Supposons qu'une barre de longueur L soit immobile dans le référentiel R’, orientée
dans la direction de la vitesse relative entre les référentiels R’ et R et qu'elle soit mesurée, au
passage, à l'aide
de d'une règle immobile dans le référentiel R. Cette mesure donnera un résultat
plus petit que L : dans le référentiel R’, la barre est en mouvement et est mesurée plus courte
que sa longueur propre.

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Le quadrivecteur énergie-impulsion

Équivalence de l'énergie et de la masse au repos

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Chapitre 2 : Généralités sur les éléments de structure nucléaire et quelques


définitions de base
1) Historique

L’évolution de la pensée scientifique a connu 3 étapes :

- Etape 1 (philosophique): les philosophes grecs anciens


anciens comme Thalès, Anaxi
mandre, Héraclite et Anexagore se sont posés le problème de la continuité ou de la
discontinuité de la matière et de la nature

- Etape 2 (scientifique expérimentale), la notion d’atome pénètre systématiquement


dans la recherche scientifique. La théorie atomique a été élaborée entre 1789 et
1815 en particulier :

1811 : Avogadro : distinction entre atome et molécule

1815: Proust : notion de nombre de masse

- Etape 3 : étape subatomique, fin du XIX siècle)

1868: Mendeliev : Classification des éléments chimiques

1895 : Rontgen : Découverte des rayons X

1896 : Becquerel découvre la radioactivité de l’uranium

l’électro L’e- constituant de l’atome, ce qui montre


1897 : J.J. Thomson découvre l’électron.
l’existence d’une charge positive dans l’atome neutre qui doit rester neutre

1903 : H.A. Wilson : mesure de la masse de l’e- (me- = 10-27 g) et Rutherford identifie la
particule alpha ( α = 24 He )

1904 : Barkla : Diffusion des rayons X

1911: Rutherford découvre le noyau atomique grâce à l’interprétation de la diffusion des


déterminer le diamètre du noyau autour de 10-12 à 10-13 cm et
particules α ce qui a permis de déterminer
le diamètre de l’atome autourr de 10-8 cm.

1919 : Rutherford identifie des protons grâce à la réaction nucléaire

1932 : Chadwick découvre le neutron.


neutron Il démontra que si le rayonnement était dû à des γ, dont
la masse est nulle, leur énergie devait être d’autant plus élevée que les noyaux de la cible
étaient lourds, ce qui n’avait aucun sens. En supposant par contre que le rayonnement était dû
à des particules de masse voisine de celle du proton, ces particules avaient une énergie
constante de l’ordre de 5 MeV quelle que soit leur cible.
cible. La réaction de Bothe était en réalité
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Chadwick avait enfin fini par découvrir « son » neutron. Dès le 17 février 1934, il annonça
dans la revue Nature la « Possible existence d’un neutron », confirmant en mai ce résultat par
des expériences plus complètes ; Ce qui marqua le début des différents développements dans
le domaine du nucléaire.
Les grandes étapes du développement de la physique nucléaire sont :
- Entre 1900 et 1930 : Découverte de la radioactivité, construction de quelques
détecteurs nucléaires et premières transmutations nucléaires
- Entre 1930 et 1960 : Après la découverte du neutron (1932), Fission, Energie
Nucléaire, Développement des premiers réacteurs nucléaires, Application des
radio-isotopes, construction des accélérateurs et découverte des particules
élémentaires ;
- De 1960 à nos jours : Production d’énergie nucléaire, réacteurs de puissance, étude
des particules élémentaires, Réactions avec les ions lourds et fusion nucléaire.

2) Principaux domaines d’application de nucléaire


La physique nucléaire a contribué au développement de la science dans différents domaines :
En sciences fondamentales :
- Structure nucléaire
- Forces nucléaires (qui assurent la cohésion du noyau)
- Réactions nucléaires et leurs mécanismes
- Mise en évidence des particules élémentaires (mésons, pions, muons, ….)
En sciences appliquées :
- Energie nucléaire, production de l’électricité par des centrales nucléaires et
production de bombes nucléaires
- Applications en médecine (Dignostic et radiothétapie)
- Applications en Industrie
- Applications dans le domaine agricole (Stérilisation des produits alimentaires)
- Analyse et dosage des éléments avec une grande précision ( en ppm)
- Applications dans le domaine des sciences de la Terre et de l’archéologie (datation
des évènements dans le passé).

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3) Qu’est-ce que c’est la matière ?


La matière désigne l’ensemble des composants et objets, naturels ou synthétiques, qui
compose notre environnement. Elle est, au sens classique du terme, caractérisée par une
masse et un volume.

La matière est constituée d’atomes ou de molécules (assemblage d’atomes). Les atomes sont
entre cent mille et un million de fois plus petits que le diamètre d’un cheveu (10-10m) et
constituent les briques élémentaires qui permettent de différencier un élément chimique d’un
autre. Au total, il existe actuellement 118 éléments regroupés dans un tableau périodique des
éléments, aussi appelé tableau de Mendeleïev.

Un atome est composé d’un noyau, situé en son centre, et d’un nuage d’électrons en
mouvement autour. Il est essentiellement composé de vide. En effet, si le noyau était une balle
de tennis, le nuage électronique s’étendrait à environ 6 kilomètres de la balle ; ce qui montre
que la matière est constituée essentiellement du vide.

Le noyau d'un atome est composé de protons et de neutrons qui tiennent ensemble grâce à la
force nucléaire forte. Protons et neutrons sont eux-mêmes composés de grains de matière
encore plus petits, les quarks. Ces derniers sont maintenus ensemble grâce à des échanges
continus de gluons, des particules élémentaires qui appartiennent à la famille des bosons.

Les électrons sont des particules qui circulent autour du noyau. La cohésion de l’atome est
assurée par la force électromagnétique. Celle-ci lie ensemble les électrons chargés
négativement avec les protons chargés positivement. Cette attraction électromagnétique est le
résultat d’un échange continu de photons, aussi appelés particules de lumière.

La force électromagnétique est présente partout autour de nous : lumière, électricité,


magnétisme… Au quotidien, cette force électromagnétique empêche par exemple un verre
posé sur une table de passer au travers de la table : les électrons de la table et du verre, étant
de même charge électrique (négative) se repoussent.

Dans un atome qui est neutre, il y a autant d’électrons que de protons. Les propriétés
chimiques d’un élément sont déterminées par le nombre d’électrons de l’atome, donc par le
nombre de protons du noyau. La chimie est la science qui s’intéresse à la composition et à la
transformation de la matière.

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4) Nomenclature :

Un nucléide est un système de nucléons càd un noyau. On le note ZA X avec X : symbole


chimique de l’élément ; Z : nombre de protons ou numéro atomique et A : nombre de masse.
Le nombre de neutrons N = A – Z.
La principale différence entre le proton et le neutron réside en ce que le proton est une
particule chargée dont la charge est égale à e = 1,60210-19 C. C'est la charge élémentaire
numériquement égale à la charge de l'électron. Le neutron est électriquement neutre. Le
proton et le neutron ont des spins égaux au spin de l'électron, i.e. à 1/2 (en unités hbar); les
deux particules sont des fermions et sont donc régies par la statistique de Fermi-Dirac. La
masse du proton est peu différente de celle du neutron:

mp = 1836,15 me , mn = 1838,68 me, où me est la masse de l'électron: me = 9,109510-28 g.

Noyaux pair-pair : les noyaux dont Z et N sont pairs donc A pair

Noyaux impair-impair : Les nucléides dont Z et N sont impairs donc A impair

Noyaux pair-impair ou impair-pair : les nucléides dont Z ou N est impair et l’autre est pair ce
qui donne un A impair.

La carte des nucléides organise leur répartition le long de l'axe X (abscisse) suivant leur
nombre de neutrons et le long de l'axe Y (ordonnée) suivant leur nombre de protons. Les axes
sont parfois inversés. Extension du tableau périodique des éléments qui permet seulement de
décrire les propriétés chimiques des éléments, cette représentation donne accès à tous les
isotopes d'un même élément qui diffèrent par leur nombre de neutrons et donc par leurs
caractéristiques radioactives.

 Les isotopes sont des nucléides avec le même nombre de protons (Z) mais un nombre de
neutrons (N) différent. Ils ont donc le même numéro atomique (Z) et appartiennent tous
au même élément chimique. Les isotopes sont donc voisins sur une même rangée
horizontale de la carte des nucléides. Exemples d'isotopes : carbone 12, carbone
13, carbone 14.
 Les isotones sont des nucléides avec le même nombre de neutrons (N) mais un nombre de
protons (Z) différent. Les isotones sont donc voisins dans une même colonne verticale de
la carte des nucléides. Exemple d'isotones : carbone 14, azote 15, oxygène 16.
 Les isobares sont des nucléides avec le même nombre de nucléons (Z + N, ou nombre de
masse) mais un nombre de protons (Z) et de neutrons (N) différents. Les isobares sont
voisins en diagonale d'en bas à droite vers en haut à gauche. Exemples d'isobares :
carbone 14, azote 14, oxygène 14.
 La vallée de stabilité est une région de la carte des nucléides qui contient la plupart des
isotopes stables.

Des isomères sont des états énergétiques différents d’un même noyau. On parle aussi
volontiers d’états excités, par analogie avec l’atome. On devrait dire en principe « isomères
nucléaires », tant le mot isomère est familier en chimie dans une autre acception, mais on
s’épargnera cette précaution tant qu’il n’y a pas d’ambiguïté sur le mot.

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Au fur et à mesure qu’on s’élève dans la carte des isotopes, la règle de symétrie se voit
peu à peu mise en défaut au profit des neutrons. Plus le noyau est lourd et plus il présente un
excès de neutrons rapport aux protons. Le déséquilibre devient même très important pour les
noyaux très lourds.
En résumé, l’ensemble des isotopes se retrouveront dans une région qui pour les noyaux
légers suivra la diagonale principale à 45°, pour laquelle Z=N, mais
mais qui petit à petit décollera
de cette droite et s’inclinera progressivement vers l’axe N.

Sur la carte des nucléides « diagramme N-Z »), différentes couleurs sont associées aux
différents types de radioactivité :

 Bleu pour la radioactivité .


Rappelons que la radioactivité concerne les noyaux trop riches en neutrons, donc
dessous da la vallée de stabilité dans le diagramme N-Z.
placés au-dessous
 Rouge pour la radioactivité et la Capture Electronique.
Ces deux types de radioactivité concernent les noyaux trop riches en protons, ou
autrement dit trop pauvres en neutrons, donc placés au-dessus
au dessus da la vallée de stabilité.
 Jaune pour laa radioactivité .
Rappelons que la radioactivité alpha concerne essentiellement des noyaux lourds
(partie en haut à droite du diagramme N-Z).

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 Noir pour les noyaux stables

Sur la carte des nucléides, d'autres types de radioactivités extrêmement rares sont également
mentionnés
.

5) Noyaux miroirs

La faible différence entre les masses et l'égalité des spins du proton et du neutron témoignent
que malgré la différence liée à la présence de la charge électrique chez le proton et la
différence entre les moments magnétiques de ces particules, celles-ci sont semblables par
ailleurs. Cette similitude, qui joue un rôle fondamental en physique nucléaire, se manifeste
d'une façon particulièrement nette dans les propriétés de noyaux miroirs. Ce sont deux
noyaux ayant le même nombre de masse A, l'un dérivant de l'autre en remplaçant tous les
neutrons par des protons et tous les protons par des neutrons. Un exemple d'une telle paire est
le neutron et le proton eux-mêmes. On peut en donner d'autres exemples:
3
1 H et 23 He , 47 Be et 37 Li , 115 B et 116 Li , 136C et 137 N , 157 N et 15
8 O , 178 O et 17
9 F

(Le plus lourd de chacune de ces paires est radioactif). L'expérience montre que les noyaux
miroirs possèdent, des énergies de liaison presque égales, des spectres des niveaux d'énergies
excités semblables, des spins égaux, etc. Tout cela témoigne de la similitude des forces
s'exerçant entre deux protons et deux neutrons.

6) Dimension des noyaux


En posant que le noyau a une forme sphérique, toutes les méthodes de détermination de son
rayon conduisent à la formule R  r0 A1 / 3

Dans le cas de noyaux lourds, les différentes méthodes de mesure fournissent des
valeurs de r0 quelque peu différentes qui sont comprises cependant dans les limites

r0  (1,2 à 1,5). 10-13 cm.

On notera qu'en physique nucléaire et en physique des particules élémentaires il est commode
de prendre pour unité de longueur le fermi (symbole fm) qui est égal à 10-13 cm.

Autres définitions utiles en physique nucléaire


Abondance isotopique : L'abondance isotopique d'un isotope est la fraction molaire de
cet isotope dans le mélange exprimée en %. La somme des abondances isotopiques est égale à
100. La composition isotopique d'un élément est constituée des valeurs des
abondances isotopiques des isotopes qui le composent. Exemple le bore (B) a 2 isotopes
stables ( 105 B (20 %) et 115 B (80%)). L’étain (Sn) a 10 isotopes stables.

Unité de masse atomique : L'unité de masse atomique unifiée, de symbole « u », est


une unité de mesure standard, utilisée pour exprimer la masse des atomes et des molécules.
Cette unité n'appartient pas au Système international (SI), mais son usage est accepté avec lui.
Sa valeur est obtenue expérimentalement. Elle est définie comme 1⁄12 de la masse d'un atome
du nucléide 12C (carbone 12), non lié, au repos et dans son état fondamental. En d'autres
termes, un atome de 12C a une masse d'exactement 12 u . En conséquence, 1 u vaut
approximativement 1,660 538 921 × 10−27 kg.
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Unité d’énergie en physique nucléaire : Le joule est une unité d'énergie inadaptée à l'échelle
microscopique. On utilise plutôt à cette échelle l'électron volt (notée eV).

On utilise aussi comme unité le


Parr un calcul simple, on peut montrer que 1 u = 931,5 MeV/c2 .L'intérêt
L'intérêt de cette unité est de
faire directement la correspondance entre une énergie et une masse.

Equivalence masse-énergie : La masse de toute particule est liée à son énergie totale par la
relation d'Einstein E = mc2. En physique nucléaire et en physique des particules élémentaires,
on évalue les masses en unités d'énergie,
d' l'unité d'énergie étant le mégaélectronvolt (MeV).
On trouve ainsi mec2 = 0,511 MeV, mpc2 = 938,3 MeV, mnc2= 939,6 MeV, m désignant
toujours la masse au repos de la particule.
On évalue aussi les masses des particules en unités de masse atomiques (symbole u). C'est la
fraction 1/12 de la masse de l'atome du nucléide 12C : 1 uc2 = 931,5016 MeV
Densité nucléaire : La masse volumique du noyau est considérablement plus grande que
celle de l'atome lui-même.
même. Elle est à peu près constante pour tous les noyaux dans leur état
fondamental (non excité) : environ 200 millions de tonnes au cm3 (2×1014 g·cm-3).

ρN = Nombre de nucléons dans un noyau / Volume du noyau = A / V


V = 4/3 π R3 R  r0 A1 / 3 ce qui donne V proportionnel à A donc ρN = constante
indépendamment du noyau.

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Chapitre 3 : Masse, Energie de liaison dans le noyau et Stabilité nucléaire

1) Notations

M(A,Z) : la masse atomique de l’élément A


Z X ( M(A,Z)*C2 son équivalent en énergie)

m(A,Z) : la masse nucléaire de l’élément A


Z X ( m(A,Z)*C2 son équivalent en énergie)

me : la masse de l’électron au repos ( me*C2 son équivalent en énergie)

mp : la masse nucléaire du proton ( mp*C2 son équivalent en énergie)

Mp ou MH : masse atomique du proton ( la masse d’un atome d’Hydrogène)

( Mp*C2 son équivalent en énergie) ( hydrogène = un proton + un électron)

Mn = mn : masse du neutron ( Mn*C2 son équivalent en énergie)

A A
Un atome Z X neutre = un noyau Z X + Z électrons.

N.B. Lorsque 2 ou plusieurs particules s’associent pour former un seul système, elles
perdent une partie de la somme de leurs masses (l’équivalent à l’énergie de liaison qui
assure la cohésion du système).

Relation entre la masse atomique M(A,Z) et la masse nucléaire m(A,Z) :

M(A,Z) = m(A,Z) + Zme – el(Ze-) ( d’après N.B.)

On peut montrer par un calcul simple que l’énergie de liaison des électrons est très
négligeable devant les autre termes donc on peut écrire

M(A,Z) = m(A,Z) + Zme ou M(A,Z)*C2 = m(A,Z)*C2 + Zme*C2

ce qui en résulte : Mp*C2 = MH*C2 = mp*C2 + me*C2

mais mn*C2 = Mn*C2 puisque le neutron n’a pas de charge.

On rappelle que 1 u*C2 = 931,5 MeV ou 1 u = 931,5 MeV/C2( équivalence masse-énergie).

2) Excès de masse
On appelle excès de masse d'un noyau la différence entre la masse et le numéro de masse tel
que :
ΔM(u) = M(u) – A(u).

ou ΔM (MeV) = M(MeV) – A931,5.

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Où M est la masse atomique du nuclide X(A,Z).


L’excès de masse peut être positif ou négatif.

3) Défaut de masse
La masse d’un noyau est toujours inférieure à la somme de ses constituants à l’état libre. On
appelle défaut de masse d’un noyau, la différence
Δm(A,Z) = ZMH + (A-Z)mn - M(A,Z)

M(A,Z) est toujours inférieure à (ZMH + (A-Z)mn) donc le défaut de masse Δm(A,Z) est
toujours positif.

Attention :
Il ne faut jamais confondre excès de masse et défaut de masse.

Exemple pour 12C : ΔM = 0 et Δm  7 MeV.


12
Le C est la référence en spectrométrie de masse
M(12C) = 12 u et ΔM(12C) = 0 u ou 0 MeV.
La masse nucléaire d’un proton est 1,00759 u
La masse nucléaire d’un neutron est 1,00898 u
Dans un atome de 12C, la masse nucléaire moyenne par nucléon est 1u.

4) Energie de liaison du noyau


L’équivalent en énergie du défaut de masse se trouve dans le noyau sous forme d’énergie de
liaison noté B(A,Z) ou tout simplement B :
B(A,Z) = Δm(A,Z)*C2 = El (A,Z) = (Zmp + Nmn — m (A,Z) )c2
Après passage aux masses atomiques B(A,Z) = (ZMp + NMn - M (A,Z) )c2 (l’énergie de
liaison des électrons est négligeable).
l’énergie de liaison dans un noyau est l’énergie fournie par les nucléons pour former le
noyau ; on peut la définir également comme étant l’énergie nécessaire à fournir au noyau pour
le dissocier complètement en ses nucléons isolés.
B doit croitre avec les dimensions du noyau d’où l’intérêt de considérer l’énergie de liaison
B ( A, Z )
moyenne par nucléon B 
A
B ( A, Z )
Le rapport càd l'énergie de liaison rapportée à un nucléon, est appelé énergie de
A
liaison par nucléon. Considérons quelques propriétés des noyaux atomiques qui ont été
déterminées expérimentalement et voyons à quelles conclusions concernant la structure du
noyau elles permettent d'arriver.

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Energie de liaison par nucléon

Il est important de souligner que chaque nucléon individuel n’est pas réellement lié au
noyau par la même énergie ; il s’agit d’une valeur moyenne. Ainsi l’énergie de séparation qui
est l’énergie nécessaire pour enlever au noyau son dernier nucléon est tou
toujours différente de
B.

On remarque que

- De A=20 à A= 220 (même jusqu’à


jusqu A= 220) , l’énergie de liaison par nucléon B
est approximativement constante avec une légère décroissance vers la fin ; sa
valeur étant environ 8 MeV.

- Pour A grand (A>220) ; il y a décroissance lente de B ; cette décroissance est due


à l’augmentation de la force coulombienne ; ce sont donc les noyaux
intermédiaires qui sont les plus liés
- Les noyaux ayant 2, 8, 20, 28, 50, 82, 126 protons et/ou neutrons sont plus liés
que les autres ; Ces nombres sont appelés nombres magiques correspondants à
des couches complètes
Les noyaux magiques – hélium, oxygène, calcium, nickel,, étain, plomb..
plomb..– sont
plus stables que leurs voisins, c'est-à-dire
c'est dire que l'énergie de liaison des nucléons qui
les forme est particulièrement grande. On qualifie de doublement magique les
noyaux comme l'hélium 4 ou l'oxygène 16 dont le nombre de protons et le nombre
de neutrons sont tous les deux magiques.

A( A  1)
Le nombre de liaison dans un noyau est proportionnel à A2. Donc B doit être
2
proportionnel à A ; càd théoriquement B doit augmenter. Or l’expérience ne confirme pas la
théorie,

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Ce résultat témoigne de ce que les forces nucléaires sont des forces de faible portée,
leur rayon d'action étant du même ordre de grandeur que les dimensions des nucléons ou
même inférieur à ces dernières. Cela se traduit par le phénomène de saturation de ces forces.
La saturation implique que chaque nucléon n'interagit dans le noyau qu'avec quelques
nucléons voisins.

5) Energie de séparation d’un proton


C’est le travail minimal qu'il faut fournir pour extraire le proton le moins lié du noyau. Cette
énergie est donnée par la formule

Sp(A,Z) = El(A,Z) – El (A – 1,Z - 1)

et représente, donc la différence entre les énergies de liaison dans le noyau initial et dans le
noyau ayant perdu un proton.

( Exercice : établir Sp(A,Z) en fonction des masses atomiques)

6) Energie de séparation d’un neutron

De même l'énergie de séparation du neutron est donnée par

Sn(A ,Z) = El(A,Z) – El (A-1 , Z)


( Exercice : établir Sn(A,Z) en fonction des masses atomiques)

7) Energie de séparation d’une particule α


Enfin l'énergie de séparation de la particule alpha est

S = El(A,Z) – El (A – 4,Z-2) - El()

Où El() est l'énergie de liaison de la particule alpha.

( Exercice : établir Sα (A,Z) en fonction des masses atomiques)

8) Energie nucléaire
On note mnuc la masse nucléaire moyenne dans le noyau par

m
B est une perte de masse par nucléon B =
A

Si B est faible mnuc est grande

Si B est grande mnuc est faible

Cela signifie que si B croit (passage de B faible à B grande) diminution de mnuc


dans le noyau c à d dégagement d’énergie nucléaire et l’énergie dégagée par nucléon sera
ΔE=Δ mnuc *C2.

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La figure de l’énergie de liaison par nucléon montre qu’il y a 2 moyens de production


d’énergie

a) Fission nucléaire
C’est la cassure d’un noyau très lourds (A> 230) en 2 fragments de masses voisines (A 120)

Exemple (fission de 235U) : B (235)  7,6 MeV, B (120)  8,5 MeV

Energie dégagée par nucléon ΔEfiss= Δ mnuc *C2  8,5 – 7,6  0,9 MeN/nucléon

Donc l’énergie dégagée par un noyau 235 qui contient 235 nucléons sera

Efiss = 235*0,9  200 MeV.

b) Fusion nucléaire
C’est le regroupement de 2 noyaux légers en un seul noyau plus lourd
2 3 4 1
Exemple : 1 H + 1 H 2 He + 0 n

B (2) = 1,11 MeV B (3) = 2,83 MeV, B (2H +3H)  2 MeV, B (4) = B (α)  7 MeV

Ce qui donne ΔEfus= Δ mnuc *C2 = 5 MeV/nucléon.

Donc l’énergie dégagée par unité de masse par fusion est à peu près 5 fois plus
importante que l’énergie dégagée par la fission.

9) Modèle de la goutte liquide


La saturation des forces nucléaires permet d'expliquer pourquoi 1’énergie de liaison
des noyaux stables moyennement lourds est grosso modo proportionnelle au nombre de masse
A. Si l'effet de saturation n'existait pas et si chaque nucléon était en interaction efficace avec
tous les autres (A - 1) nucléons, l'énergie de liaison du noyau serait proportionnelle à A (A -
l)/2 et pour les grandes valeurs de A elle croîtrait presque proportionnellement au carré de A
et non pas à A. L'effet de saturation des forces nucléaires justifie aussi le fait que la densité de
la substance nucléaire des noyaux qui ne font pas partie des noyaux les plus légers est
approximativement constante, i.e. ne dépend pas de A. De ce fait le rayon R du noyau est
proportionnel à A1/3. C'est en s'appuyant sur ces résultats qu'il a été proposé de considérer le
noyau atomique comme une goutte de liquide incompressible chargée positivement (modèle
nucléaire de la goutte liquide ou hydrodynamique). Ce modèle classique se laisse justifier
pour les grandes valeurs du nombre de masse A.
Selon le modèle de la goutte liquide on doit s'attendre à ce que l'énergie de liaison par nucléon
soit inférieure à celle qui existerait si les nucléons étaient soumis à l'action des seules forces
d'attraction nucléaires saturées. On observe effectivement une telle diminution de l'énergie de
liaison. Cette diminution est liée d'une part à l'influence des nucléons périphériques. Un
nucléon se trouvant à la périphérie du noyau interagit avec un nombre moindre de nucléons et
par suite il ne sera pas retenu dans le noyau par le nombre maximal de liaisons. Cet effet est
surtout notable dans le cas de noyaux légers puisqu'il est d'autant plus important que le
rapport de la surface au volume du noyau est grand (proportionnel à R-1 ~ A-1/3).

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D'autre part l'énergie de liaison est amoindrie par la répulsion coulombienne mutuelle des
protons. Cet effet est peu important dans les noyaux légers puisque dans ce cas l'intensité des
forces nucléaires est de deux ordres de grandeur plus grande que celle des forces
coulombiennes. Or les forces coulombiennes sont des forces à grande distance dont l'énergie
est proportionnelle à Z (Z - 1) ou à ~Z2 pour les grands Z, tandis que l'énergie des interactions
nucléaires est ~ Z. De ce fait, pour Z grand, l'énergie coulombienne commence à prédominer,
c'est ce qui explique la diminution de l'énergie de liaison par nucléon des noyaux lourds à
mesure que Z augmente.
Outre les énergies de surface, de volume et coulombienne, l'énergie de liaison du noyau
comporte encore deux termes. Le premier de ces termes tient compte de l'observation que
dans le cas des noyaux légers un noyau contenant un nombre égal de protons et de neutrons (Z
= N) est plus stable que les autres noyaux de même nombre de masse A = Z + N. Dans le cas
des noyaux lourds une stabilité réduite est liée à la répulsion coulombienne des protons, dont
il a été déjà tenu compte dans ce qui précède. On généralisera donc les résultats
expérimentaux en admettant que la tendance à une stabilité accrue resterait valable pour les
noyaux lourds si l'on supprimait l'effet de l'interaction électromagnétique. Lorsque les
nombres Z et N cessent d'être égaux, on voit apparaître dans l'expression de l'énergie
nucléaire, en plus de l'énergie coulombienne, un terme négatif appelé énergie d'asymétrie.
L'essence physique de cette énergie reste imprécise, mais son existence implique que le
proton diffère du neutron non seulement par sa charge électrique, mais qu'il existe entre ces
deux particules d'autres différences moins importantes cependant. Tout en écartant la question
de la nature de l'énergie d'asymétrie cherchons à établir une expression approchée de cette
énergie à partir des données empiriques.

Donc L’énergie de liaison peut être exprimé selon le modèle de la goute liquide ( Formule de
Bethe et weizsacker)
2
Z2 (N  Z ) 2
B(A,Z) = Bv +Bs +BC + Bas + Bapp = av A - as A 3  a c 1  a a   ( A)
A
A3
Avec :  ( A )  0 si A est impair.

33 ,5
( A)   3
si A est pair [- si (noyau impair- impair) et + si (noyau pair- pair)].
4
A

Explication des termes de B(A,Z)

Bv : L'énergie de volume : L'énergie de volume rend compte du fait que chaque nucléon d'un
noyau est entouré par d'autres nucléons. Chaque nucléon va donner une certaine énergie
potentielle nucléaire aux autres nucléons du noyau. L'énergie potentielle nucléaire du noyau
est donc la somme de l'énergie potentielle nucléaire de chaque nucléon. Pour rappel, la force
nucléaire a une portée limitée : chaque nucléon interagit avec ses voisins immédiats, mais pas
avec les autres nucléons du noyau. Ainsi, chaque nucléon n'interagit qu'avec un nombre
constant de nucléons voisins. Dit autrement, l'énergie potentielle est égale au nombre de
nucléon, multiplié par une constante qui rend compte du nombre de voisins et de la force
nucléaire entre deux nucléons.

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BV = aV*A, avec aV la constante qui rend compte du nombre de voisins et de la force


nucléaire entre deux nucléons.

BS : L'énergie de surface
Les nucléons situés à la surface ont un nombre de voisins qui est inférieur : ils ne sont pas
totalement entourés. En conséquence, on doit corriger l'énergie de volume pour en tenir
compte. On doit donc retrancher une énergie de surface à l'énergie de volume, cette énergie
de surface dépendant du nombre de nucléons situés à la surface du noyau. Cette énergie est
donc proportionnelle à la surface du noyau, qui est elle-même proportionnelle à R2 donc à A2/3
D'après ce raisonnement, on obtient l'équation suivante :
BS = aS A2/3 , avec aS une constante qui englobe toutes les constantes parues dans le
calcul .
BC : L'énergie de répulsion électrostatique
Enfin, il faut aussi tenir compte du fait que les protons d'un noyau se repoussent à cause de
leur charge électrique. Cette répulsion est causée par une énergie potentielle électrostatique,
qui s'ajoute à l'énergie du noyau. En clair, cette répulsion diminue l'énergie de liaison en
ajoutant un terme d'énergie coulombienne. Sans rentrer dans les détails, on peut considérer
que le noyau est une sphère dont la densité de charge (la charge électrique par unité de
volume) est constante. Sous une telle hypothèse, les lois de l’électrostatique nous disent que
l'énergie potentielle électrostatique est donnée par la formule qui suit, où BC est l'énergie
coulombienne, Q est la charge totale de la sphère et R est le rayon de la sphère.

(EC= BC)
Pour le noyau, on a : Q=Ze et R = rnA1/3 (avec rn le rayon d'un nucléon, qui est une
constante). En injectant dans la formule précédente, on trouve :

Regroupons tous les termes constants dans un même terme, séparé du terme avec Z et A (les
deux seules variables).

Collapsons le terme purement constant en une seule constante aC.

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Bas : L'énergie d'asymétrie

L'énergie d'asymétrie,, rend compte du fait que les noyaux sont plus stables quand le nombre
de neutrons et de protons est identique (si on néglige l'effet de la répulsion électrostatique).
Tout excès de neutrons ou de protons entraine une hausse de l'énergie du noyau. Néanmoins,
cet effet dépend du nombre de nucléons dans le noyau : un excès de deux protons n'a pas le
même effet dans un noyau composé de 50 nucléonsnucléons que dans un noyau composé de 2
nucléons. Rendre compte de ce phénomène demande juste d'ajouter un terme qui est
proportionnel à la différence entre nombre de protons et de neutrons, et inversement
proportionnel au nombre de nucléons. Ainsi, l'énergie d'asymétrie
d'a vaut : (Ea = Bas)

Bap : L'énergie
énergie d'appariement tente de rendre compte du fait que les noyaux avec un
nombre pair de neutrons ou de protons sont plus stables que les autres. Empiriquement, il
semblerait que cette énergie a une valeur absolue proportionnelle à la racine carrée de A. Pour
les noyaux avec Z et N pair, cette énergie est comptée en positif, additionnée à l'énergie de
liaison. Pour les noyaux avec Z et N impair, cette énergie est comptée en négatif, soustraite à
l'énergie
'énergie de liaison. Pour les noyaux avec Z et N de parité différente, cette énergie est nulle.
(Bap = Eap = δ(A)
( A)  0 si A est impair.

33 ,5
( A)   3
si A est pair [-
[ si (noyau impair- impair) et + si (noyau pair
pair- pair)].
4
A

Il existe une série de valeurs expérimentales pour les constantes de B(A,Z).


Les coefficients de la formule de la masse sont choisis de façon à assurer le meilleur accord
possible avec
vec les résultats expérimentaux. Actuellement on utilise les valeurs suivantes :
aV = 14,1 MeV, aS = 13 MeV, aC = 0,595 MeV, aas= 19 MeV,

10) La parabole de masse


On peut reformuler la formule de Bethe-Weizsäcker
Bethe pour
our un A (nombre de masse) fixé c à d
pour une série d’isobares de même A ;

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B(A,Z) =

aa c’est aas
Ce qui donne :
M(A,Z)*C2 = α(A) + β*Z + γ(A)*Z2 ± δ(A)
Avec
α(A) = A*mn – A*aV + aS*A2/3 + aas*A
β = mp + m0 – mn – 4aas
aC a as
γ(A) = 1 + 4*
3 A
A
33 ,5
( A)   3

A4

δ(A)= 0 si A est impair. Si A est pair [+ si (noyau impair- impair) et - si (noyau pair- pair)].
Le noyau le plus stable d’une série d’isobares est celui ayant la masse la plus faible et
l’énergie de liaison la plus grande.
Donc pour A donné, M(A,Z) = f(Z) est une parabole que l’on appelle parabole de masse. Le
minimum de la parabole permettra de déterminer l’élément le plus stable ( il peut y avoir 2
éléments plus stable selon les cas)

Pour A impair :
δ(A)= 0 M(A,Z)*C2 = α(A) + β*Z + γ(A)*Z2 ( une seule parabole)
M ( A, Z )
le minimum de la parabole est obtenu par = 0 ; cad β + 2*γ*Z0 = 0
Z

ce qui donne Z0 = - .
2

Z de l’élément le plus stable est le nombre entier le plus proche de la valeur réelle calculée.

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Illustration de la parabole de masse pour A impair (égal à 59) où Z0 = 27.


(l’élément le plus stable étant 2759Co )

Les isobares sur la parabole tels que Z < Z0 sont radioactifs et se désintègrent chacun vers le
suivant par β-.
Les isobares tels que Z>Z0 se désintègrent par β+ et/ou Capture électronique (C.E.)
Donc pour un A impair, on a une seule parabole avec en principe un seul élément stable mais
cette règle souffre en réalité de 2 exceptions
113
A=113 on a 2 isobares stables ( 48 C d et 113
49 I )

Pour A pair :

Il ya 2 paraboles de masse séparées de 2 δ(A)

M(A,Z)*C2 = α(A) + β*Z + γ(A)*Z2 - δ(A) pour Z pair et N pair


M(A,Z)*C2 = α(A) + β*Z + γ(A)*Z2 + δ(A) pour Z impair et N impair
Le calcul du minimum de M(A,Z) = f(Z) se fait de la même manière que pour A impair. Le Z0
(l’entier le plus proche à la valeur réelle calculée) peut présenter 2 cas

1er cas : Z0 est un entier impair ;

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A
Dans ce cas, l’élément Z0 X sera placé sur la parabole impair-impair donc n’est pas stable.
A
Z0 X
va donc se désintégrer par β- d’un côté et par β+ et/ou C.E d’un autre côté pour donner 2
éléments plus stable que lui

Dans la nature il y a 56 paires d’isobares stables ( pair-pair) ( en présence chaque fois de 2


éléments stables)
Il existe cependant dans la nature 5 éléments stables dont A pair et Z impair et N impair qui
2
sont 1 D , 36 Li , 105 B , 147 N et
180
T
73 a

2ème cas : Z0 est un entier pair ;


A
Dans ce cas, l’élément Z 0 X sera placé directement sur la parabole pair-pair donc stable (
donc il y aura un seul élément stable dans ce cas).

Dans la nature, il y a 39 isobares cas (pair-pair) avec un seul élément stable.

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Chapitre 4 : Instabilité des noyaux et transformations radioactives

Un noyau stable se trouve dans son état fondamental qui correspond à la masse la plus
faible possible. Si le noyau a un excès d »énergie interne, il est dans un état excité et retourne
à l’état fondamental après un temps caractéristique de chaque noyau excité.
Les désintégrations proviennent donc du noyau qui passe d’un état quantique excité
initial instable vers un état final plus stable que l’état initial ;
Le passage de l’état instable à l’état stable se fait selon plusieurs processus ( transition
gamma, conversion interne, désintégration β-, désintégration β+, capture électronique et
désintégration alpha, …

1) Valée de stabilité des noyaux et tendances de transformations :

Carte des nucléides par type de désintégration. Les zones rose et bleue figurent des nucléides
instables, séparées par la ligne en noir des nucléides stables. Un nucléide stable se définit
comme ayant a une demi-vie au moins égale à 1012 a. À part le protium et l'hélium 3 aucun
nucléide stable n'a un plus grand nombre de protons que de neutrons. Au-delà de 20 protons
(40 nucléons) un nucléide doit nécessairement avoir un plus grand nombre de neutrons que de

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protons pour être stable. Les discontinuités de la courbe noire en neutrons (19, 21, 35, 39, 45,
84, 115 et 123) et en protons (43 et 61) correspondent aux cas où il n'y a aucun noyau stable
avec ces quantités. Les nombres magiques de neutrons et protons sont repérés suivant les
marches d'escalier de la courbe noire (2, 8, 20, 28, 50, 82 et 126). En limites périphériques des
zones bleue et orange on distingue les zones peu étendues où des protons ou neutrons sont
éjectés par le noyau très fortement instable.

2) Modes de désintégration radioactive

a) Désintégration gamma

Les désintégrations γ sont souvent produites en même temps que d'autres formes de
radiations comme les désintégrations α et β. Quand un noyau émet une particule
alpha ou bêta, il se retrouve souvent dans un état excité. Il peut alors redescendre vers un
niveau de moindre énergie en émettant un rayon gamma de la même façon
qu'un électron atomique peut descendre de niveau d'énergie en émettant un photon ultraviolet.
Un exemple de production de rayon gamma.
Le cobalt 60 se transforme en nickel 60* (donc avec un noyau excité) par une désintégration
bêta :

Puis le nickel 60* retombe à l'état fondamental en émettant deux photons gamma :

Les rayons gamma, les rayons X, les UV et la lumière visible sont chacun une forme
de rayonnement électromagnétique, différenciés simplement par leur fréquence, et donc
l'énergie de leurs photons ; les rayons gamma ont la fréquence la plus élevée, la longueur
d'onde la plus courte, et sont donc les plus énergétiques des rayonnements
électromagnétiques.
Les rayons gamma sont plus pénétrants que les particules alpha et bêta, mais sont
moins ionisants. Ils sont de même nature que les rayons X mais sont d'origine et de fréquence
différente.

Les rayons gamma sont produits par des transitions nucléaires tandis que les rayons X
sont produits par des transitions électroniques provoquées en général par la collision d'un
électron avec un atome, à haute vitesse. La fréquence de leurs ondes est de l'ordre de 1017 à
1019 (en Hz). Comme il est possible pour certaines transitions électroniques d'être plus
énergétiques que des transitions nucléaires, il existe un certain chevauchement entre
les rayons X de haute énergie et les rayons gamma de faible énergie.

La radioactivité γ a été découverte en 1900 par Paul Villard, suite à son observation de
rayonnements radioactifs non déviés dans un champ magnétique et 160 fois plus pénétrants
que les rayons β.

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Figure … :

Figure …. :

Comme on peut le voir, si un noyau émet un rayon gamma, les nombres atomiques et
de masse du noyau fille restent les mêmes, mais le noyau fille formera un état d’énergie
différent du même élément. Il convient de noter que les nucléides ayant un nombre de protons
et un nombre de masses égaux (ce qui en fait par définition le même isotope), mais dans un
état d’énergie différent, sont appelés isomères nucléaires. Nous indiquons généralement
les isomères avec un exposant m, donc: 241m Am ou 110m Ag.

La désexcitation d'un noyau X* (énergie d'excitation Ei*) vers son état fondamental X peut se
faire de deux manières :
- soit par émission de rayonnement gamma () (transition  directe "au fondamental "
d'énergie E = Ei*, ou cascade de rayonnements γ dont la somme des énergies est égale à Ei*)
- soit par conversion interne, c'est-à-dire un transfert direct de l'énergie d'excitation nucléaire
à un électron atomique, qui est alors éjecté avec une énergie Te- = Ei* - Be-
(Be représentant l'énergie de liaison de l'électron avant éjection): ce processus est moins
général que le précédent.

Désexcitation gamma

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b) Conversion interne

La conversion interne est un processus électromagnétique et un mode de désexcitation


nucléaire par lequel un électron,
électron acquérant directement l'énergie ie d'excitation d'un noyau
atomique, est expulsé de l'atome
atome.. Il s'agit également de l'un des trois mécanismes par lelesquels
un noyau dans un état excité peut se désexciter ; les deux autres étant la radioactivité γ et
la création de paires lorsque les conditions énergétiques le permettent pour ce dernier. La
conversion interne se traduit donc par l'émission d'un
d'un électron énergétique, mais en dehors de

tout processus de désintégration β : les électrons provenant d'une conversion interne ont donc
toujours une énergie déterminée, à la différence de ceux issus d'une désintégration β−, qui
partagent l'énergie
énergie de désintégration dans des proportions variables avec l'antineutrino
électronique émis avec eux. Cette absence de neutrino implique également l'absence
de transmutation,, contrairement à une désintégration β− : la nature chimique de l'l'élément ne
change pas.

La plupart des électrons de conversion interne viennent de la couche K (l’état « 1s »), étant
donné que les deux électrons se trouvant sur cette couche ont la plus grande probabilité de se
trouver à l’intérieur du noyau. Cependant,
Cepen les états « s » des couches L, M et N (c’est
(c’est-à-dire
les états « 2s », « 3s » et « 4s ») sont également capables de se coupler aux champs nucléaires,
et provoquent l’éjection d’électron de conversion interne depuis ces couches (appelées
conversion interne
erne L, M ou N).
L’énergie fournie à l’électron « s » doit être au minimum égale à l'énergie
énergie de liaison atomique
de cet électron, afin de l’éjecter de l’atome pour aboutir à une conversion interne ; c’est-à-dire
que la conversion interne ne peut pas avoir lieu si l’énergie de décroissance du noyau est
insuffisante pour surpasser l’énergie de liaison atomique
On peut mesurer la conversion interne à l’aide des rayons X caractéristiques émis lors du
réarrangement des électrons suite à l’éjection de l’électron heurté par gamma.

c) Emission alpha (α)

La radioactivité alpha (ou rayonnement alpha, symbolisé α) est le rayonnement provoqu provoqué
par la désintégration alpha,, soit la forme de désintégration radioactive où un noyau atomique
A 4 
(Z X ) éjecte une particule alpha ( 2 H e ) et se transforme en un noyau de nombre de
A 4
masse diminué de 4 et de numéro atomique diminué de 2 ( Z 2Y )

Exemples

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L'énergie libérée lors d'une désintégration alpha se retrouve sous forme d'énergie
cinétique partagée entre la particule alpha et le noyau qui recule. Comme dans un tir
d'artillerie où l'obus emporte pratiquement toute l'énergie de la déflagration, les particules a
emportent environ 98 % de l'énergie et le noyau de recul (la culasse du canon) le reste.
L'énergie de la particule alpha est unique pour une désintégration donnée. Elle est supérieure
à celle des électrons bêta et rayons gamma, de l'ordre de 4 millions d'électronvolts (MeV) ou
davantage.
Un exemple de désintégration alpha est celui, historique, du radium-226 qui se
transforme en un noyau de radon-222 en éjectant une particule alpha. La réaction libère 4,6
MeV. Le noyau résiduel de radon-222 est un gaz rare lui-même radioactif, ce qui permit à
Rutherford de le détecter en 1898 à Montréal.
Les périodes des désintégrations alpha sont souvent longues. Ainsi, certains émetteurs alpha
comme le thorium-232 et l'uranium-238 mettent des milliards d'années à se désintégrer. Le
radium-226 se désintègre lui avec une période de 1600 ans.

Exemple de schéma de désintégration radioactive alpha

Le noyau 226Ra peut se désintégrer par émission alpha selon l'une ou l'autre des deux
possibilités suivantes :
Branche α1 : Probabilité d'émission ~ 95 % Energie cinétique de α 1 : T α 1 = 4,782 MeV
Branche α 2 : Probabilité d'émission ~ 5 % Energie cinétique de α 2 : T α 2 = 4,599 MeV

Les énergies cinétiques T α 1 et T α 2 sont spécifiques de la désintégration de 226Ra en 222Rn:


ce sont les "raies" alpha caractéristiques de la désintégration.

La probabilité d'émission alpha est d'autant plus grande que T α est plus grand, c'est-à-dire
que le bilan est plus grand.

Le bilan énergétique Q α de la désintégration α s'écrit pour chacune des deux transitions


- vers l'état fondamental de 222Rn: Q α 1 = [m (226Ra) - {m (222Rn) + m}] c2 = Q
- vers l'état excité de 222Rn*: Q α 2 = [m (226Ra) - {m (222Rn*) + m}] c2 = Q*

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Le bilan de référence caractérisant la désintégration est le bilan maximal Q qui s'exprime


encore, en fonction des masses atomiques, par:

Q = [M (226Ra) - M (222Rn) - M(4He)] c2

L'application des lois de conservation de l'énergie et de la quantité de mouvement permet


d'établir la relation entre l'énergie cinétique T α de la particule alpha et le bilan énergétique de
la désintégration Qα :

La conservation d’énergie totale donne : Qα = TRa + TRn +E* (Désintégration au repos),


E* énergie d’excitation du noyau de recul

On peut poser Qα* = TRa + TRn dans le cas d’excitation

La conservation de l’impulsion (quantité de mouvement) donne :


  
0 = p + pY pY2 = p2
2
p2
T = ½ MV =
2M
2 2
pY p
Trec = TY = et Tα =
2M Y 2M 
M
pY2 = p2 permet de déduire la relation entre Trec et TY : Trec = Tα*
MY
Ce qui donne à la fin la relation entre Tα et Qα ou Qα*

M  MY A
A l’état fondamental : Qα = Tα*  Tα*
MY A4
(Rapport des masses atomiques = rapport des A)
M  MY A
Dans un état d’excitation Qα* = Tα*  Tα*
MY A4
Ce qui permet de calculer les énergies cinétiques des particules alpha émises à l’état
fondamental et dans les différents états d’excitation
A4
Tα = (Qα – E*)
A

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d) Emission bêta moins (β-)

Le noyau expulse un électron c'est-à-dire qu'un neutron se transforme en proton, et l'émission


de l'électron s'accompagne de l'émission d'un anti-neutrino  (particule de masse et de charge
nulles).
On représente une désintégration β- par :

Désintégration bêta- du 66Cu

Le bilan énergétique s'écrit Q = [m (66Cu) - {m (66Zn) + me}] c2 avec les masses des
noyaux, soit encore Q = [M (66Cu) - M (66Zn)] c2 avec les masses des atomes. L'énergie Q
disponible pour la désintégration se partage entre l'énergie cinétique de l'e- et l'énergie
cinétique de l’anti-neutrino (l'énergie cinétique de 66Zn est négligeable puisqu’il émet une
particule légère) :

- Le partage de l'énergie de la désintégration, entre l’anti-neutrine  et -, peut se calculer. On


n'a pas une énergie Te- caractéristique de X —> Y (c'est-à-dire que l'on n'a pas une "raie" -"),
mais un "spectre" d'énergie Te--continu (0<Te-<Q) ; ce qui a montré l’existence de l’anti
neutrino (neutrino dans le cas de β+) qui est une particule sans charge, sans masse mais elle
emporte de l’énergie. Sinon, la conservation d’énergie ne sera pas respectée ce qui est
impossible.

e) Emission bêta moins (β+)

Définition :
Le noyau expulse un positron (particule de charge +e et de même masse que l'e-) c'est-
à-dire qu'un proton du noyau se transforme en neutron, et l'émission du positron
s'accompagne de l'émission d'un neutrino  (particule de masse nulle):

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p---- n + e+ +  ( = neutrino)

(bien que mp < mn, cette transformation est possible par prélèvement d'énergie au sein du
noyau)

On représente une désintégration  + par :

Désintégration bêta+ du 62Cu

Le bilan énergétique de la désintégration est Q = [m (62Cu) - m (62Ni) - me}] c2. Le neutrino


n'étant pas une particule matérielle (masse nulle), il n'intervient pas dans ce bilan. En
exprimant les masses m des noyaux en fonction des masses M des atomes correspondants, ce
bilan s'écrit: Q = [M (62Cu) - M (62Ni) - 2me] c2
Cette énergie Q disponible pour la désintégration se partage entre l'énergie cinétique du
positron et l'énergie cinétique du neutrino (l'énergie cinétique u noyau de recul est
négligeable) : Q # T(e+) + Tβ+
pour que la désintégration β+ soit possible, il faut que Q soit positive ( ≥ 0) cad
(M (62Cu) - M (62Ni)) C2 ≥ 2mec2

Le partage de l'énergie de la désintégration, entre e+ et , peut se calculer : on n'a pas une


énergie Tβ+ caractéristique de X --- Y (c'est-à-dire que l'on n'a pas une "raie" β+), mais un
"spectre" d'énergie Te+ continu (0 < Tβ+ < Q).

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f) Capture électronique

Définition :

Le processus de désintégration (+) apparaît presque toujours en compétition avec le


processus de capture électronique dans lequel le noyau capture un électron du cortège
électronique entourant le noyau (en général un électron proche du noyau). Cette capture, tout
comme le processus de désintégration +, conduit elle aussi à la transformation d'un proton
du noyau en neutron :

p + e- ----» n +  (= neutrino)

On représente une désintégration par capture électronique par :

Remarque :

L'atome fils Y est excité car l'électron capturé a laissé une place inoccupée (une lacune
électronique, c'est-à-dire un "trou") dans une couche électronique profonde: le nombre total
d'électrons est bien égal à celui des protons du noyau, mais leur répartition n'est pas celle qui
correspond à un atome dans son état fondamental. Le réarrangement des électrons de l'atome
s'accompagne d'une émission secondaire : émission de rayons X ou d'électrons Auger.
L'émission d'un photon X correspond, par exemple, à la transition d'un électron de la couche
L vers un "trou" dans la couche K (transition créant un "trou" dans la couche L qui sera à son
tour comblé par une autre transition d'un électron de la couche M vers la couche L, etc..)
L'émission d'un électron Auger correspond à un phénomène d'auto-ionisation : l'énergie
d'excitation de l'atome est transférée à un électron du cortège atomique qui est alors éjecté de
l'atome, et il y a donc formation d'un ion.
On arrive à distinguer la désintégration et la C.E. grâce à l’émission de ces rayons X
caractéristiques de la Capture Electronique.
L'émission de rayons X est un phénomène de désexcitation, alors que l'émission d'électrons
Auger est un phénomène d'ionisation.
55 55
• Exemple : Fe + e  Mn + 
La désintégration radioactive de 55Fe se fait à 100% par capture électronique. L'atome excité
de 55Mn se désexcite par émission de rayonnements X d'énergies 5,9 KeV et 6,5 KeV
caractéristiques de l'atome Mn. Le bilan énergétique de la désintégration par capture
électronique est :

Q = [ {m (55Fe) + me) - m (55Mn) ] c2 = [ M (55Fe) - M (55Mn) ] c2

L'énergie libérée Q # EX + Tv se retrouve sous forme de rayonnement X et d'énergie cinétique


du neutrino {l'énergie cinétique de 55Mn est tout à fait négligeable).

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Le schéma ci-dessous illustre les différents modes de désintégrations autres


autres que gamma.

Différents modes de désintégration radioactive : radioactivités α, β– et β+, capture


électronique ε, émission de neutron n et émission de proton p.

3) Loi de désintégration radioactive

La radioactivité est le phénomène physique par lequel des noyaux atomiques instables (dits
radionucléides ou radio-isotopes
isotopes)) se transforment spontanément en d'autres atomes
(désintégration)) en émettant simultanément des particules de matière
(électrons, noyaux d'hélium, neutrons,
neutrons etc.) et de l'énergie (photons et énergie cinétique
cinétique). La
radioactivité a été découverte en 1896 par Henri Becquerel dans le cas de l'l'uranium, et très
vite confirmée par Marie Curie pour le radium.
L'émission de particules matérielles et immatérielles est appelée rayonnement, et l'énergie des
particules est suffisante pour entraîner
entraîner l'ionisation de la matière traversée, d'où le nom
de rayonnements ionisants.. On distingue classiquement les rayons α constitu
constitués de noyaux
d'hélium (également appelés particules α),
α les rayons β constitués
és d'électrons ((particules β) et
les rayons γ constitués de photons,
photons, auxquels il faut ajouter les neutrons qui dérivent
des fissions spontanées.
Les effets sur un organisme vivant d'une exposition aux rayonnements ionisants ((irradiation)
dépendent du niveau et de la durée de l'exposition (aiguë ou chronique), de la nature
du rayonnement ainsi que de la localisation de la radioactivité (exposition externe, interne, en
surface, etc.).
Les rayonnements provenant
ovenant de substances radioactives sont largement utilisés dans
l'industrie pour le contrôle de pièces manufacturées, les soudures, l'usure, et en médecine
nucléaire à des fins de diagnostic à faible dose, et à des fins thérapeutiques à forte dose pour
soigner
gner les cancers. Lors des différents usages de la radioactivité, il convient naturellement de
suivre les mesures de prévention,
prévention, de protection et de contrôle adaptées au niveau de
radioactivité.
La radioactivité est un phénomène totalement spontané ; l’état chimique, l’action de hautes
pressions, de températures élevées, de radiations lumineuses, de champs électriques ou
magnétiques n’ont aucun effet décelable sur la loi d’émission radioactive.
La probabilité que présente un noyau radioactif de se désintégrer pendant l'unité de temps
s'appelle la constante radioactive .. Elle s'exprime comme l'inverse d'un temps, soit en
seconde-1.

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• Dans un échantillon de matière radioactive constituée de noyaux radioactifs d'une espèce


donnée (nucléide) le nombre de ces noyaux varie au cours du temps et sera donc noté N(t).

• Si l'on considère, à un instant t, une collection de N(t) radionucléides de constante


radioactive  le nombre de désintégrations que l'on observera (le plus probablement) dans
l'intervalle de temps [t, t + dt] sera : N(t)..dt

Mais ce nombre de désintégrations est aussi le nombre de radionucléides qui disparaîtront (se
transformeront par radioactivité) dans l'intervalle de temps [t, t + dt]. On peut donc écrire pour
la variation du nombre N(t) des radionucléides, pendant [t, t + dt]:

dN(t) = - N(t)..dt (signe - car diminution)

• La constante radioactive  d'un nucléide est une caractéristique de ce nucléide. Elle est
indépendante de l'âge des noyaux (c'est une constante!). Elle ne dépend pas non plus des
conditions physiques (pression, température) du matériau contenant ce nucléide au sein des
atomes, ni de la combinaison chimique dans laquelle se trouvent les atomes (hormis un effet
très faible dans certains cas, lié au cortège électronique). En règle générale  est d'autant plus
grand (et donc la période radioactive T d'autant plus courte) que les noyaux sont plus éloignés
de la ligne de stabilité.

a) Loi De Décroissance Radioactive – Période radioactive - Vie Moyenne

• Expression de la loi de désintégration radioactive

A l'instant t, le nombre de noyaux radioactifs (d'une espèce donnée) est N(t). Pendant
l'intervalle de temps [t, t + dt], ce nombre varie de dN = -  . N(t) dt. On peut donc écrire que

On peut définir le nombre de désintégrations ou le nombre de noyaux ainsi

On peut définir le nombre de désintégrations ou le nombre de nouveaux noyaux formés par


désintégration par : N’(t) = N0 – N(t) = N0 (1 – e-t)

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• Période radioactive : T

. Vie moyenne

Au bout d'un temps T, statistiquement, la moitié des noyaux auront été désintégrés. Mais,
pour un noyau donné, quel est le temps moyen pendant lequel il survivra à la désintégration,
sachant qu'à l'instant t il existe ?

 Représentation graphique de la loi de désintégration

b) Activité d’une source radioactive

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On peut aussi définir l'activité comme cela : c'est l'activité au bout de n périodes
radioactives, une période étant égale à T1/2, le temps au bout duquel l'activité radioactive est
divisée par 2 :

 Unité d’activité

L’unité SI de l’activité a(t) est le Becquerel (Bq)=1désintégration par seconde=1dps.


L’ancienne unité est le Curie. 1 Curie (Ci) est l’activité d’un gramme de 226Ra,

1 Ci=3.7 1010 Bq

c) Filiation radioactive - chaine de deux radioéléments

On considère deux substances radioactives A et B en filiation, soit

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Exercice : selon le même raisonnement, calculer le nombre de noyaux C supposés


stables.

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Discussion du cas particulier où TA >> TB

C’est à dire que A se désintègre beaucoup plus lentement que B, et observons la situation à un
temps t >> TB .

C'est la constante de désintégration de A qui "gouverne" l'évolution de B lorsque


A est très inférieure à B : les noyaux B disparaissent au même rythme qu'ils sont
formés par désintégration des noyaux A (c-à-d avec une constante A) et l'on est alors
dans une situation d'équilibre.

d) Familles radioactives naturelles

Une chaine de désintégration radioactive = une filiation radioactive

Lors d'une désintégration, l'élément radioactif se transforme en un autre élément


appelé produit de désintégration. Une désintégration peut être représentée
graphiquement par un schéma de désintégration, particulièrement utile lorsque la
désintégration peut présenter des variantes complexes. Ce produit de désintégration est
généralement lui-même radioactif, et sa propre désintégration conduira à un troisième
élément, et ainsi de suite. De proche en proche, le noyau radioactif perd ses nucléons
en excès (par la radioactivité alpha) ou ses neutrons en excès (par radioactivité bêta),
jusqu'à atteindre une configuration stable non radioactive, correspondant le plus
souvent à un atome de plomb.
La chaîne de désintégration désigne cette série de radioisotopes, qui fait passer de
la tête de série (un atome d'uranium ou de thorium, pour les éléments minéralogiques)
jusqu'à l'élément stable, à travers tous les descendants successifs.
Trois de ces chaînes se rencontrent dans la nature : celles de l'uranium 235, de
l'uranium 238, et du thorium 232. La quatrième chaîne, celle du neptunium 237, a
disparu lors des premiers âges de la Terre, et ne comporte que
des radionucléides artificiels.

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Famille radioactive du 232Th ( série 4n+0)

C'est l'unique isotope primordial du thorium, qui se désintègre en radium 228


par radioactivité α avec une période radioactive de 14,05 milliards d'années (un peu plus que
l'âge de l'univers).). Il se trouve dans la nature en équilibre séculaire avec son descendant le
thorium 228, à raison d'environ 1,3 × 10−10 g de 228Th par gramme de 232Th ; le thorium 232
est l'isotope très largement majoritaire du thorium naturel.
C'est un isotope fertile,, car il donne un isotope fissile — en l'occurrence l'uranium
uranium 233 — par
capture d'un neutron suivie de deux désintégrations β- successives :

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Famille radioactive du 238U ( série 4n+2)

L'uranium 238 estt l'isotope d'uranium qui représente en abondance plus de 99,2743 %
de l'uranium naturel, il se désintègre naturellement en plomb 206,, stable et non radioactif.

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Famille radioactive du 235U ( série 4n+3)

Le plutonium 239 est un métal lourd artificiel, utilisé pour fabriquer des têtes
nucléaires et du combustible MOX.
MOX. Le plutonium 239 est aussi contenu dans certains déchets
radioactifs,, il est cependant difficile à détecter.
Il se désintègre dans sa première étape en uranium 235, qui est 30 000 fois moins radioactif
que lui : en première approximation, le plutonium 239 se convertit en uranium 235 qui est un
élément fissile et présent à raison de 0,7202 % de l'uranium à l'état naturel. La chaîne de
désintégration du plutonium 239 se confond ensuite avec celle de l'uranium
uranium 235
235.

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Famille radioactive du 237Np ( série 4n+1)

Cette série est entièrement artificielle. La durée de vie de cette série est insuffisante
pour que l'on en trouve des traces minéralogiques. Les radioisotopes correspondants n'ont été
isolés qu'après l'invention du réacteur nucléaire,
nucléaire, et n'ont donc pas de désignation historique.
Le plutonium 241 est un isotope fissile,
fissile, mais rarement utilisé séparément en raison de la
difficulté à le produire en grande quantité, du coût élevé de sa production, de sa demi demi-vie
brève, et de sa radioactivité plus élevée que celle du plutonium 239.. Le plutonium 241
possède un descendant radiotoxique, l'américium
l' 241,, qui, s'il s'accumule dans les tissus, en
particulier les reins et les os, y crée un danger semblable à celui du plutonium.
À plus long terme (échelle du millénaire) la radioactivité du plutonium
plutonium 241 est dominée par
son descendant le neptunium 237, dont la demi-vie
demi vie est de 2 millions d'années.

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Chapitre 5 : Introduction aux réactions nucléaires

1) les différents types de collisions

Diffusion élastique Exemple: p + 12C --p+12C

Les particules ne changent pas de nature et restent dans leur état d’énergie fondamental : elles
ne sont pas excitées dans la collision, Il n’y a donc pas de transformation d’énergie cinétique
incidente en énergie de masse. Il y a toutefois transfert d’énergie cinétique de la particule
incidente à la particule cible (“élastique’ signifie qu’il y a conservation de l’énergie cinétique
totale, et non pas conservation de l’énergie cinétique du proton incident!)

Diffusion inélastique

Exemple: p+12C--- p+12C* .

Les particules ne changent pas de nature mais l’une des particules au moins se retrouve dans
un état excité, après la collision: il y a donc transformation d’énergie cinétique incidente en
énergie masse.

Réaction Nucléaire

Les particules changent de nature : il y a transformation d’énergie cinétique incidente en


énergie masse si la réaction est endoénergétique, ou transformation d’énergie de masse en
énergie cinétique si la réaction est exoénergétique.

Exemple: +8Be ---n+12C*

(Réaction de ‘découverte du neutron” par Chadwick)

Réaction nucléaire induite

On notera X + Y —> C + D la réaction nucléaire induite par une collision entre le noyau X
(possédant une énergie cinétique notée TX ) et le noyau Y (au repos).

Les nucléides C et D produits dans la réaction ont nécessairement une certaine énergie
cinétique (ils ne peuvent pas être produits au repos en raison de la loi de conservation de la
quanti mouvement.

- Pour qu’une réaction nucléaire puisse éventuellement avoir lieu, il faut que les
deux nucléides X et Y entrent en contact. Sauf si X (ou Y) est un neutron, la mise
en contact de X et Y exige de vaincre la répulsion coulombienne (X et Y portent

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des charges de même signe +); nous supposerons que TX, énergie cinétique du
projectile X, est suffisante pour vaincre la répulsion coulombienne.

L’expression générale d’un bilan énergétique pour une réaction nucléaire est de la forme
Q = ( mi c2 -  mf c2)
(où les indices i et f correspondent respectivement aux masses nucléaires initiales et finales)

Si Q > O il y a perte de masse (soit encore gain d’énergie de liaison) et libération d’énergie

Si Q <O il y a gain de masse (perte d’énergie de liaison) et absorption d’énergie.

Ainsi le bilan énergétique de la réaction nucléaire X + Y -> C + D s’écrit

Q = [(mX+mY)-(mC+mD)]c2

La réaction est dite exoénergétique si Q > O et endoénergétique si Q < O

— Cas d’une réaction exoénergétique : Q >0 (soit mX + mY> mC + mD:

Dès lors que les noyaux sont en contact, la réaction est énergétiquement possible puisque l’on
a mX + mY> mC + mD. L’énergie de masse Q libérée est transformée en énergie cinétique et
en énergie d’excitation des nucléides produits C et D.

- Cas d’une réaction endoénergétique Q <0 (soit mX + mY< mC + mD)

Les lois générales de conservation

Les noyaux sont considérés ici comme des particules ponctuelles (sans dimensions propres.
Quel que soit le type de collision, trois lois fondamentales de conservation sont toujours
vérifiées, relatives à l’énergie totale, à la charge électrique et à la quantité de mouvement.

1. Conservation de l’énergie totale du système de particules en interaction

Exemple : A+B---C+D

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2. Conservation de la charge électrique totale du système de particules en interaction

3. Conservation de la quantité de mouvement totale du système de particules en


interaction

Energétique des réactions nucléaire


Notations : Soit une réaction a+A ---B+b
On note également une réaction nucléaire par A(a,b)B
Avec : A : cible a : projectile b : particule émise B : noyau de recul (noyau résiduel)

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2) Quelques définitions :

Section efficace d’une réaction nucléaire :

En physique nucléaire ou en physique des particules, la section efficace est


une grandeur physique reliée à la probabilité d'interaction d'une particule pour une réaction
donnée.
La section efficace étant homogène à une surface, l'unité de section efficace du Système
international est le mètre carré. En pratique on utilise souvent le barn, de symbole b :
1 barn =1 b = 10−24 cm2 = 10−28 m2 soit 10-24 cm2 .

C’est la surface qui entoure le noyau cible de façon que si le projectile passe à travers cette
surface, il y aura réaction nucléaire.

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Taux de réaction nucléaire :

Le taux de production de la réaction, R, est donné par l’équation suivante:

 N représente le nombre de noyaux cibles,


 ɸ représente le flux projectiles en particules/cm2/s ,
 σeff est la section efficace ou « cross section » de la réaction en barns. Les sections
efficaces correspondent à l’aire du noyau capable de capturer un projectile.

4) Activation neutronique :

L’activation neutronique est définie comme étant une technique pour laquelle son analyse est
fondée sur l’identification ainsi que la mesure des rayonnements spécifiques
de radionucléides formés par réaction nucléaire. Cette définition est aussi valide pour toutes
les réactions nucléaires obtenues par bombardement soit de photons, soit de particules
chargées ou neutrons. Les neutrons, tout comme les photons, ont la possibilité de pénétrer
dans la matière sans interactions électrostatiques. De plus, ces derniers vont interagir avec les
noyaux de deux manières différentes :

1. Ils vont créer des défauts par collision ou par diffusion élastique et inélastique
2. Ils vont produire des noyaux différents des noyaux cibles par réactions nucléaires2.
Dans le cas où les neutrons vont interagir avec les noyaux pour produire des noyaux différents
des noyaux cibles par réaction nucléaire, deux possibilités peuvent survenir :

1. Si le noyau « résiduel » est stable, tout se passera comme s’il n’y avait pas eu
d’activation
2. Par contre si ce dernier est instable, ce sera la mesure de son activité qui permettra de
remonter au nombre de noyaux cibles afin d’effectuer un dosage de l’élément
considéré2.
Le principe d’une analyse d’activation neutronique est fondé sur l’irradiation d’un échantillon
avec des neutrons, n’ayant aucune charge électrique pour pouvoir après doser par mesure de
radioactivité le radio-isotope qui ont été créés par une transmutation des éléments que l’on
retrouve à l’intérieur de l’échantillon.
Le taux de production, R, est donné par l’équation suivante:

 N, représente le nombre de noyaux cibles,


 ɸ, représente le flux neutronique en n/cm2/s (n est le nombre de neutrons) ,
 σeff, est la section efficace ou « cross section » de la réaction en barns. Les sections
efficaces correspondent à l’aire du noyau capable de capturer un neutron.
Il existe plusieurs types de neutrons :

 Des neutrons thermiques qui sont agités par leur température. Ces derniers ont une
énergie moyenne de 0 à 0,25 eV à la température de 300 K.
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 Des neutrons ayant une énergie entre 1 eV et 0,5 MeV, qui seront des neutrons
épithermiques. Dans ce domaine d’énergie, apparaissent les niveaux d’excitation qui
créent les phénomènes de résonance.
 Des neutrons ayant une énergie supérieure à 0,5 MeV, seront appelés des neutrons
rapides. Dans un réacteur, ces derniers représentent une fraction des neutrons de fission
qui n’interagissent pas avec le modérateur, soit la barrière limitant l'énergie de ceux-ci.

Equation générale d’activation neutronique :

Soit un nombre N0 de noyaux stables cibles bombardés par un flux de neutrons ɸ. Le taux de
production des noyaux radioactifs par activation étant N0σɸ (σ la section efficace qui dépend
de l’énergie incidente)

Soit λ la constante de désintégration des noyaux radioactifs formés

Donc pendant un temps dt, le nombre de noyaux radioactifs formés est donné par

dN/dt = N0σɸ - λN

l’intégration donne le nombre de noyaux formés après un temps d’irradiation ti

N 0
N(ti) = (1- e-λ ti) et l’activité est a(ti) = N0σɸ (1- e
-λ ti
)

Avant de procéder à la mesure il y a un temps de décroissance qu’on appelle temps de


refroidissement (td) nécessaire pour récupérer la source et la placer devant le détecteur.
-λ ti
Donc l’activité au début de comptage est : a(ti+td) = N0σɸ (1- e )e-λ td
L’activité au moment de l’arrêt de la masure après un temps de comptage tc est

a(ti+td+tc) = N0σɸ (1- e-λ ti)e-λ td e-λtm


donc l’activité mesurée pendant le temps de comptage sera :

ac(tm) = N0σɸ (1- e-λ ti)e-λ td(1- e-λtm)


pour remonter à l’activité réelle délivrée par la cible irradiée, il faut tenir compte, comme en
toute mesure de radioactivité qui nécessite un étalonnage adéquat utilisant des standards
prouvés, d’un certain nombre de facteurs de correction parmi lesquels on peut citer

- Facteurs de géométrie dus à l’emplacement de l’échantillon par rapport au


détecteur,
- Facteurs d’auto-absorption dus à la matrice de l’échantillon irradié
- Facteurs liés au détecteur tels que le temps mort, l’efficacité qui dépend du
détecteur et de l’énergie du rayonnement mesuré
- Intensités relatives des raies utilisées
- ….

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Chapitre 6 : Interaction Rayonnements-Matière

L’interaction des rayonnements avec la matière dépend de la nature du rayonnement et


de son énergie. Il dépend est ce que le rayonnement est un photon ou une particule chargée, et
est ce que la particule chargée est lourde ou légère.

L’étude de l’interaction Rayonnements-Matière est à la base de la détection nucléaire et aux


différents études sur les effets biologiques des rayonnements ionisants.

1) Interaction des particules chargées avec la matière

L'ionisation et l'excitation

 Les électrons interagissent de manière prépondérante avec les électrons des atomes
constituant le milieu traversé.
 Si l'énergie transférée par l'électron incident est supérieure à l'énergie de liaison (E >
30 eV) d'un électron de l'atome cible, celui-ci est expulsé du cortège et il y a ionisation
de l'atome. Les électrons atomiques concernés sont les électrons fortement liés de la
couche K.
 Si l'énergie transférée par l'électron incident est exactement égale à la différence entre
les énergies de liaison de 2 couches électroniques de l'atome cible, un électron de cet
atome saute sur une couche moins liée et il y a excitation. Les électrons atomiques
concernés sont les électrons faiblement liés des couches externes.
 Les ionisations et les excitations sont à l'origine des lésions biologiques

Pouvoir d'arrêt et parcours

En traversant la matière, les particules chargées énergétiques ionisent les atomes ou


molécules sur leur parcours. Par conséquent, les particules perdent peu à peu leur énergie.
Le pouvoir d'arrêt est la perte moyenne d'énergie de la particule par distance parcourue,
mesurée par exemple en MeV/cm (voir la figure ci-contre).

Le pouvoir d'arrêt dépend du type de particule, de son énergie et des propriétés de la


matière traversée. Car la production d'une paire d'ions (typiquement un ion positif et un
électron) requiert une quantité fixe d'énergie (par exemple, à peu près 33 eV pour l'air), la
densité d'ionisation est proportionnelle au pouvoir d'arrêt du matériau.
Les électrons, les ions atomiques, les mésons etc. perdent tous de l'énergie en traversant la
matière. Ici, nous considérons surtout des ions atomiques.
Le pouvoir d'arrêt mesure une propriété du matériau, tandis que la perte d'énergie par
cm considère la situation du point de vue de la particule. Mais la valeur et les unités sont les
mêmes et cette valeur est normalement positive, à cause du signe moins devant la définition
suivante :

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On peut montrer que Pour un milieu donné, Le pouvoir d’arrêt d’une particule (M,z,V,E)) :
z2 Mz 2
S(E) ∝ ∝
V2 E

où E est l'énergie, et x est la distance parcourue. Le pouvoir d'arrêt, et par conséquent la


densité d'ionisation, croissent normalement avec la décélération
d : c'est la courbe de Bragg,
nommée d'après William Henry Bragg.
Bragg Un peu devant la fin du parcours
parcours, la perte d'énergie
passe par un maximum, le pic de Bragg.
Bragg Ce pic est primordial en radiothérapie
radiothérapie.

La courbe de Bragg pour les particules alpha de 5,49 MeV dans l'air
Dans la figure ci--dessus,, on voit que le pouvoir d'arrêt des particules
α de 5,49 MeV dans l'air monte avant d'atteindre un maximum puis il chute brutalement pour
s’annuler. La chute est due au fait qu’au fur et à mesure la distance parcourue augmente,
l’énergie
énergie des particules diminuent et finissent par se combiner avec le milieu pour s’annuler à
la fin ; c’est le principe de la loi de Bragg ;
le pouvoir d'arrêt linéaire peut être exprimé en unités comme MeV/mm, par
exemple. Très souvent, S(E) est divisé par la densité du matériau ; de cette manière
manière-là, on
arrive au pouvoir d'arrêt de masse qui peut être exprimé en unités comme MeV/mg/cm2, par
exemple. Le pouvoir d'arrêt de masse ne dépend pas de la densité, approximativement.
On peut calculer le parcours moyen en intégrant la réciproque du pouvoir d'arrêt S(E) sur la
quantité d'énergie.
Donc pour 2 particules de même vitesse, on a pour α, z=22 et S= Sα et pour le proton,
z=1 et S= Sp.

S1 z
= ( 1 ) 2 ce qui donne Sα = 4 Sp.
S2 z2

Et pour 2 particules ayant la même énergie on a pour α, z=2 et S= Sα et pour le


proton, z=1 et S= Sp.

S1 M z A1 z1 2
= 1 ( 1 )2 ( ) ce qui donne Sα = 16 Sp.
S2 M 2 z2 A2 z 2

Donc si on connait l’un des deux S, on pourra déduire l’autre.

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La loi de Bragg peut être d’une façon plus claire :

S (E )
L’ionisation spécifique Is = ∝ à S(E) avec  l’énergie moyenne nécessaire pour

produire une ionisation.

Donc lorsque E Is

Mais à la fin du parcours la vitesse des particules devient très faible et les particules
chargées peuvent capturer des électrons et deviennent neutres, ce qui montre que
l’ionisation spécifique Is chute à la fin du parcours ce qui donne la loi de Bragg.

Le parcours

Le parcours R est la distance parcourue dans le matériau par une particule jusqu’à ce qu’elle
s’arrête

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Parcours des particules chargées lourdes monocinétiques

Des particules identiques de même énergie n’auront pas à la fin du parcours exactement le
même parcours ce qui montre qu’il y a un effet statistique de perte d’énergie et du nombre de
collisions.
Jusqu’à une épaisseur x0, toutes les particules lourdes ayant la même énergie sont transmises ;
a partir de cette épaisseur x0, le nombre de particules transmises chute brutalement. On définit
le parcours moyen comme étant l’épaisseur qui absorbe la moitié du faisceau incident ; c’est
la valeur la plus probable. La statistique autour R moyen est appelée Straggling.

Parcours des particules chargées légères (électrons et positrons)

Les électrons et les positons bêta sont des corpuscules extrêmement légers, porteurs d'une
charge électrique. Lors des désintégrations, ils sont émis avec des vitesses pouvant approcher
celle de la lumière, beaucoup plus élevées que celle des particules alpha
.
Une particule bêta perd sa vitesse et son énergie en arrachant des électrons aux atomes qu'elle
rencontre : elle ionise la matière le long de son parcours. Le parcours d'un électron ou positon
diffère cependant sensiblement de celui d'une particule alpha, un noyau certes petit mais 7300
fois plus lourd.

Electron et positons possèdent la même masse que les électrons arrachés aux atomes. Un
électron bêta est identique à ces électrons atomiques. Comment les distinguer alors les deux
corpuscules après la collision ? L'énergie se partage entre deux minuscules boules identiques
et l'électron atomique expulsé peut emporter 100 % de l'énergie initiale.

Les noyaux freinent également les électrons et positons quand ils passent à immédiate
proximité : il y a alors émission d'un photon gamma appelé photon de freinage
(Bremsstrahlung en allemand), qui emporte une partie de l'énergie et qui sera lui-même
absorbé à distance.

Au total, les bêta sont moins ionisants que les particules alpha. Leur parcours est aléatoire,
long et sinueux. Le rayonnement est plus pénétrant, mais l'énergie étant déposée sur une plus
longue distance, ils sont moins nocifs en cas d'absorption. Il est un peu plus difficile de les
arrêter : il faut trois mètres d'air ou une plaque d'aluminium de 7 millimètres d'épaisseur pour
stopper sûrement un électron bêta. Il peut traverser la peau de personnes exposées

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La trajectoire d'un électron dans un milieu donné peut être trés sinueuse, puisque les électrons
peuvent subir des déviations de 180° dans le cas de la rétrodiffusion. En conséquence,
la profondeur maximale atteinte par un électron dans la direction incidente initiale est
inférieure à la longueur de sa trajectoire.

Cette profondeur maximale est ce que l'on appelle le parcours (ou profondeur de pénétration
ou portée). Le parcours d'un électron dans un milieu donné est fonction de son énergie et ce
parcours peut être estimé par la relation empirique suivante :
Parcours = 0,412 . En / r avec : n = 1,265 - 0,0954 . Ln(E)
Le parcours s'exprime en cm, E en MeV et r en [Link]-3.

Loi d’absorption de e- monocinétiques

Pour E > 0,2 MeV, l’absorption est pratiquement linéaire


Pour E < 0,2 MeV, N(x) = f(x) n’est plus linéaire ce qui montre que le parcours Re est
difficile à déterminer avec précision ; on le détermine par extrapolation de la droite linéaire
sur l’axe des x.

Loi d’absorption des β- émis par une source β-

Les rayonnements émis par β- émis par une source β- ont de énergies comprises entre 0 MeV
-μx
et Eβmax. L’absorption des rayonnements obéit à la loi N(x)=N0e où : N0 est le nombre
initial correspondant à x=0 et μ est le coefficient d’atténuation linéique.

On définit l’épaisseur moitié x1/2 = épaisseur qui absorbe la moitié du faisceau incident N0.
L’étude de ln(N(x) = f(x) = - μx qui est une droite linéaire permet de déterminer à la fois :
- Le parcours maximum des dans le matériau étudié
- Le coefficient d’atténuation linéique μ

(voir travaux pratiques)

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Le rayonnement de freinage

L'électron incident est dévié dans le champs coulombien de l'atome cible et ce


changement de trajectoire s'accompagne de l'émission d'un rayonnement X
appelé rayonnement de freinage. Ce phénomène ne concerne que les électrons de très fortes
énergies (plusieurs MeV) et qui de plus traversent un milieu constitué d'atomes lourds, c'est-à-
dire un milieu dense.

Effet Vavilov-Tcherenkov ( rayonnement Cerenkov)

L'effet Vavilov-Tcherenkov est un phénomène similaire à une onde de choc, produisant un


flash de lumière lorsqu'une particule chargée se déplace dans un milieu diélectrique avec une
vitesse supérieure à la vitesse de la lumière dans ce milieu (la vitesse de la lumière dans
le vide étant toujours supérieure à celle de la particule).
C'est notamment cet effet qui provoque la luminosité bleutée de l'eau entourant le cœur
d'un réacteur nucléaire.

Dans un milieu matériel, la lumière se déplace à une vitesse c1 = c/n où c est la vitesse de la
lumière dans le vide et n est l'indice de réfraction du milieu. Une particule chargée peut se
déplacer dans ce milieu à une vitesse v supérieure à c1 mais reste inférieure à c ce qui ne
contredit pas la théorie de la relativité. La particule chargée interagit, tout au long de sa
trajectoire, avec le milieu qu'elle traverse en perturbant temporairement la polarisation des
couches électroniques des atomes rencontrés, ce qui provoque une émission radiative. Chaque
atome rencontré par la particule devient donc émetteur d'un rayonnement à son passage. Or
l'onde émise se propage à la vitesse c1 inférieure à v. L'interférence des ondes émises par
chaque atome perturbé est alors constructive ; un front d'onde cohérent apparaît sous la forme
d'un cône de lumière. La fréquence de cette onde constructive correspond généralement, pour
l'effet Tcherenkov dans l'eau, à celle du bleu ou de l'ultraviolet.

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2) Interaction des rayonnements électromagnétiques X et γ avec la matière

Les photons interagissent avec la matière selon 3 processus que l’on appelle 3 effets

a) L'effet photoélectrique

Un photon d'énergie incidente EI qui interagit avec un électron d'un atome cible peut éjecter
cet électron de son orbite en lui communiquant une énergie cinétique, EC : EC = EI - EL

où EL est l'énergie de liaison de l'électron éjecté sur son orbite.

Effet photoélectrique

Si l'énergie du photon incident est inférieure à l'énergie de liaison de l'électron K, l'effet


photoélectrique se fait avec un électron de la couche L, etc...

- Le photoélectron mis en mouvement perd son énergie par phénomène d'ionisation du milieu,
ces ionisations sont à l'origine des radiolésions.

- La seconde conséquence d'une interaction par effet photoélectrique est la réorganisation du


cortège électronique pour combler la lacune sur la couche dont a été expulsé l'électron.

Il en résulte essentiellement l'émission d'un autre électron d'une couche encore plus
périphérique que l'on appelle un électron Auger.

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b) L'effet ou diffusion Compton

Le photon incident interagit encore une fois avec un électron, mais cet électron a une énergie
de liaison beaucoup plus faible que celui impliqué dans l'effet photoélectrique.

Effet Compton

La diffusion Compton concerne donc des électrons moins liés, voire libres.

L'électron cible est expulsé dans une direction donnée: c'est l'électron Compton. Le photon
incident est quant à lui, diffusé dans une direction qui fait un certain angle avec la direction de
l'électron Compton.

Lorsque l'énergie du photon incident croît, l'énergie emportée par l'électron Compton devient
de plus en plus importante par rapport à celle du photon diffusé.

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c) La production de paires ( matérialisation et dématérialisation)

Le champs électrique intense qui entoure un noyau peut transformer un photon en négaton et
positon: c'est l'effet de production de paires.

Effet de création de paires

Cette matérialisation nécessite une énergie minimale du photon incident d'au moins 2
fois 511 keV, soit Emin = 1,02 MeV.
Le négaton et le positon créés perdent leur énergie par phénomène d'ionisation du milieu
(comme vu précédemment).
Enfin, le positon s'annihile avec un électron négatif du milieu et il en résulte un rayonnement
de 2 photons gamma d'énergie individuelle 511 keV à 180° l'un de l'autre ; c’est la
dématérialisation ( ou annihilation) qui est l’inverse de la matérialisation

Atténuation des rayonnements électromagnétiques

Au contraire des particules chargées qui cèdent progressivement leur énergie à la matière,
les rayonnements électromagnétiques disparaissent brutalement à la suite d'une interaction.
On ne peut plus parler de ralentissement. Il faut introduire la notion d'atténuation en nombre.

Loi d'atténuation
Dans le cas d'un faisceau monochromatique parallèle de rayons X ou γ, le nombre de rayons émergeant
(N) n'ayant subit aucune interaction dans la traversée d'un écran d'épaisseur X est lié au nombre de rayons
incidents (N0) par la relation :

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N(X) = N0 . e-µX

µ est le coefficient linéique global d'atténuation dont l'unité est cm-1; µ dépend de l'énergie des photons
incidents et de la nature du matériau. Puisque les photons considérés sont monochromatiques,

Couche de demi-atténuation : On appelle couche de demi-atténuation (CDA) ou épaisseur


moitié (X1/2), l'épaisseur de matériau nécessaire pour atténuer d'un facteur 2 le nombre initial
de photons (ou bien leur énergie initiale).

On a la relation : CDA = X1/2 = Ln2 / µ

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3. Principe de détection nucléaire :

L'émission de rayonnements est toujours associée à la radioactivité. Aucun des sens dont
dispose l'être humain n'est sensible aux rayonnements émis par les substances radioactives.

On ne peut détecter ces rayonnements donc déceler la radioactivité qu'en utilisant deux des
types d'interaction entre les rayonnements ionisants et la matière : l'ionisation et l'excitation.

Mode de fonctionnement d’un détecteur

Quel que soit le mode de fonctionnement d'un détecteur et donc le principe sur lequel s'appuie
la détection des rayonnements, il est toujours constitué des mêmes éléments:

 un capteur au niveau duquel le rayonnement interagit avec la matière ;


 un système d'amplification qui met en forme et amplifie le signal produit par la sonde ;
 éventuellement un système de traitement du signal ;
 un système d'affichage qui indique :
1. un flux de particules : le compteur ;
2. l'énergie des particules : le spectromètre ;
3. la dose absorbée ou le débit de dose absorbée : le dosimètre ou le débitmètre.

Paramètres caractéristiques d'un détecteur

 l'efficacité de détection : c'est le rapport du nombre de particules détectées au nombre


de particules reçues par le détecteur. L'efficacité dépend donc de la nature et de
l'énergie du rayonnement ;
 le temps mort : c'est le plus petit intervalle de temps entre deux informations pour que
chacune d'entre elles soit prise en compte par le système ;
 le mouvement propre : c'est le taux de comptage (notion définie plus loin) enregistré
en absence de toute source de rayonnement ;
 les caractéristiques géométriques : elles définissent la forme du détecteur, l'importance
de sa surface sensible et sa directivité.

Principaux types de détecteurs nucléaires

 Détecteurs basés sur l’ionisation gazeuse


 Détecteurs à semi conducteurs
 Détecteurs à scintillation
 Détecteurs solides de traces nucléaires

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