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Valorisation des sous-produits d'eaux usées

Ce document présente une étude sur la valorisation des sous-produits issus de la décantation des eaux usées de M'ZAR, notamment les sédiments et les boues sèches. Il décrit les processus de traitement, les caractéristiques des produits, ainsi que leur potentiel agronomique et les contraintes réglementaires. L'étude vise à établir des filières de valorisation durables et respectueuses de l'environnement.

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Valorisation des sous-produits d'eaux usées

Ce document présente une étude sur la valorisation des sous-produits issus de la décantation des eaux usées de M'ZAR, notamment les sédiments et les boues sèches. Il décrit les processus de traitement, les caractéristiques des produits, ainsi que leur potentiel agronomique et les contraintes réglementaires. L'étude vise à établir des filières de valorisation durables et respectueuses de l'environnement.

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Bureau d’étude et

de maîtrise d’œuvre

ENVIRONNEMENT
ASSAINISSEMENT
URBANISME

station d’épuration de M’ZAR

Etude des filières de traitement et


de valorisation des sous-produits de
la décantation des eaux usées

valorisation agricole végétalisation de cordon dunaire

 Rapport R4 :

Etude de la valorisation des sous-produits de l’épuration

Janvier 2006 / V 1

Société d’Étude des Sols pour l’Aménagement de l’Espace Rural


SIÈGE SOCIAL : Château Courrier, 17 Avenue de Paris, 86700 COUHÉ - . : 05-49-37-69-69 - @ : info@[Link] -  : 05-49-37-69-70
Agence MAROC : Résidence Romandie II – tour n°3 – Boulevard Bir-Anzarane – CASABLANCA (Maroc)

SAS au capital de 449 918 € Site internet : [Link]


sommaire

I - INTRODUCTION 1

II - DESCRIPTIF DES PRODUITS 2

II.1 - LES SEDIMENTS BRUTS 2


II.1.1. TENEURS DU PRODUIT BRUT 2
II.1.2. PRODUCTION 3
II.2 - LES BOUES SECHES 4
II.2.1. TENEURS DU PRODUIT BRUT 4
II.2.2. PRODUCTION 4
II.3 - BILAN DES PRODUCTIONS 5
II.4 - CONTRAINTES LIEES A LA QUALITE DES PRODUITS 6
II.4.1. LA QUALITE DES EAUX USEES DETERMINE LA QUALITE DES BOUES 6
II.4.2. LES CONTAMINANTS CHIMIQUES ET BIOLOGIQUES DE L’ENVIRONNEMENT 6
II.5 - INTERET DES PRODUITS 8

III - LA LEGISLATION 10

III.1 - LEGISLATION NATIONALE 10


III.1.1. LES ASPECTS INSTITUTIONNELS ET REGLEMENTAIRES 10
III.1.2. LE NOUVEAU CADRE JURIDIQUE 11
III.2 - LEGISLATION FRANÇAISE 12
III.2.1. VALORISATION AGRICOLE CLASSIQUE 12
III.2.2. LES ALTERNATIVES A L’EPANDAGE AGRICOLE CLASSIQUE 15
III.2.3. LES ALTERNATIVES COMPLETES 16

IV - IDENTIFICATION DES UTILISATEURS POTENTIELS 17

IV.1 - LES ENJEUX 17


IV.1.1. DES ACTEURS AUX INTERETS PARFOIS CONTRADICTOIRES : 17
IV.1.2. UN BILAN ECONOMIQUE FAVORABLE A L’EPANDAGE 19
IV.1.3. QUI DOIT SUPPORTER LE COUT DE L’ELIMINATION DES BOUES ? 19
IV.2 - LES UTILISATEURS POTENTIELS LOCAUX 20
IV.2.1. L’ACTIVITE AGRICOLE CLASSIQUE 21
IV.2.2. LA RESERVE FORESTIERE 35
IV.2.3. AUTRES UTILISATEURS POSSIBLES 45
IV.2.4. BILAN DES FILIERES DE RECYCLAGE 46

V - RECOMMANDATIONS 47

VI - PREVENTION DES RISQUES 48

VII - CONCLUSIONS 50

VIII - ANNEXES 53

Société d’Étude des Sols pour l’Aménagement de l’Espace Rural


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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

I - Introduction
Le présent dossier concerne l’étude de la valorisation des sédiments traités issus de la
décantation primaire des eaux usées de la ville d'Agadir.

La filière de traitement des eaux usées fait appel à deux process successifs :
- une décantation anaérobie en bassin profond,
- une filtration sur sable.

A l'issue de ces deux phases, les eaux traitées sont évacuées en mer via un émissaire. Un projet
de réutilisation de ces eaux traitées pour l'irrigation est en cours de réalisation.

Les deux phases de traitement produisent des sous-produits dont l'extraction, le traitement et la
valorisation font l'objet du présent dossier :

- la décantation produit des sédiments décantés en fond de bassin. Ces sédiments


seront curés tous les 4 ans en moyenne par bassin. Ils représentent de l'ordre de 3 500
t de sédiments pâteux (siccité 20 %).
Ils seront traités
o soit par séchage solaire : obtention de 875 t de sédiments sec (80 % de siccité)
o soit par compostage en mélange avec un structurant carboné : obtention de
2100 t de compost à 60 % de siccité.

- la filtration dépose en surface des lits une fine couche de boues sèches (siccité > 90
%). Cette couche est raclée régulièrement pour limiter le colmatage des filtres. La
production de boues sèches est de l'ordre 5 tonnes par jour, soit environ 1 500 t par an.
Ces boues ne seront pas retraitées (traitement opéré par séchage solaire sur les filtres)
mais disponibles en l'état pour leur valorisation.

La production de boues sèches (1 350 T de M.S./an) est donc plus importante que celle en
sédiments décantés (700 T de M.S./an). La RAMSA étudie des solutions permettant une
amélioration de la décantation pour réduire les boues sèches au profit des sédiments décantés et
limiter ainsi les besoins quotidiens en raclage des filtres.

La richesse de ces produits en éléments fertilisants et leur innocuité, doivent permettre leur
valorisation.

Nous aborderons donc dans ce dossier les éléments à prendre en compte afin de mettre en œuvre
des filières de valorisation pérennes, respectueuses des milieux récepteurs et des utilisateurs.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

II - Descriptif des produits


Rappel du rapport R1 : bilan de la décantation

II.1 - LES SEDIMENTS BRUTS

II.1.1. Teneurs du produit brut


Le pH des sédiments est neutre, voire légèrement alcalin.

Les teneurs en éléments fertilisants indiquent :

• Azote : 2,3 % de la M.S. ➔ intérêt agronomique certain


• Acide phosphorique : 16,6 % de la M.S. ➔ intérêt agronomique important
• Potasse : 0,3 % de la M.S. ➔ intérêt agronomique faible
• Chaux : 11,5 % de la M.S. ➔ intérêt agronomique moyen
• Magnésie : 1,7 % de la M.S. ➔ intérêt agronomique moyen

On constate que les sédiments du site de M’ZAR sont dans des gammes de concentrations en
éléments traces métalliques identiques à celles des autres intrants agricoles. Il n’y a donc pas lieu
d’être particulièrement méfiant sur ce point vis-à-vis de ce produit.

Les phases de traitement peuvent modifier les teneurs de ces produits.

Si le simple séchage solaire n’a pas d’action réelle sur ces concentrations, la mise en compostage
les modifie sensiblement. La teneur en matière organique « utile » augmente alors fortement et en
fait le principal intérêt du produit, l’azote disponible est par contre utilisé par le compost lui-même
pour sa dégradation, il devient alors beaucoup moins important comme fertilisant.

En comparant avec la qualité des boues sèches raclées au dessus des filtres du M’ZAR, il
apparaît que le phosphore est beaucoup plus présent dans les sédiments décantés. Il devrait se
retrouver dans les sédiments séchés ou dans les sédiments compostés.

Nous relativiserons néanmoins cette teneur en phosphore pour retenir les concentrations
suivantes dans le produit final :
• Azote : 2,0 % de la M.S.
• Acide phosphorique : 15,0 % de la M.S.
• Potasse : 0,3 % de la M.S.
• Chaux : 11,0 % de la M.S.
• Magnésie : 1,5 % de la M.S.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

II.1.2. Production
La production annuelle de sédiments est estimée à :

- 1 500 t de sédiments pâteux à 90 % de siccité, soit ➔ 1 350 T de M.S.

La production en éléments fertilisants est alors de :

Eléments fertilisants Concentrations production

ppm % pour 700 T de M.S.

Azote total  20000,0 2,0%  14 T/an

Acide phosphorique  150000,0 15,0%  105 T/an

Potasse  3000,0 0,3%  2 T/an

Magnésie  15000,0 1,5%  11 T/an

Chaux  110000,0 11,0%  77 T/an

Les productions en oligo-éléments et en éléments traces métalliques seront de :

Oligo-éléments Concentrations production


ppm % pour 700 T de M.S.
Sodium  6850,1 0,685%  4 795,06 kg/an
Bore  63,4 0,006%  44,37 kg/an
Cobalt  6,5 0,001%  4,57 kg/an
Cuivre  396,7 0,040%  277,67 kg/an
Fer  16393,3 1,639%  11 475,33 kg/an
Manganèse  477,0 0,048%  333,90 kg/an
Molybdène  24,0 0,002%  16,78 kg/an

Eléments Traces Concentrations production


Métalliques ppm % pour 700 T de M.S.
Cadmium 6,40 0,001%  4,48 kg/an
Chrome 78,30 0,008%  54,81 kg/an
Cuivre 396,67 0,040%  277,67 kg/an
Mercure 0,22 0,000%  0,15 kg/an
Nickel 38,18 0,004%  26,73 kg/an
Plomb 300,93 0,030%  210,65 kg/an
Zinc 882,00 0,088%  617,40 kg/an

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

II.2 - LES BOUES SECHES

II.2.1. Teneurs du produit brut

Le produit est très sec (siccité > 85 %) et de pH neutre.

Les teneurs en éléments fertilisants indiquent :

• Azote : 2,2 % de la M.S. ➔ intérêt agronomique certain


• Acide phosphorique : 3,1 % de la M.S. ➔ intérêt agronomique certain
• Potasse : 0,3 % de la M.S. ➔ intérêt agronomique faible
• Chaux : 13,7 % de la M.S. ➔ intérêt agronomique moyen
• Magnésie : 2,2 % de la M.S. ➔ intérêt agronomique moyen

Les teneurs en éléments traces métalliques ont les mêmes caractéristiques que les sédiments. La
teneur la plus pénalisante reste celle en cadmium.

Nous retiendrons les concentrations suivantes dans le produit final :


• Azote : 2,0 % de la M.S.
• Acide phosphorique : 3,0 % de la M.S.
• Potasse : 0,3 % de la M.S.
• Chaux : 13,0 % de la M.S.
• Magnésie : 2,0 % de la M.S.

II.2.2. Production
La production annuelle de boues sèches est estimée à :

- 1 500 t de boues sèches à 90 % de siccité, soit ➔ 1 350 T de M.S.

La production en éléments fertilisants est alors de :

Eléments fertilisants Concentrations production

ppm % pour 1 350 T de M.S.

Azote total  20000,0 2,0%  27 T/an


Acide phosphorique  30000,0 3,0%  41 T/an
Potasse  3000,0 0,3%  4 T/an
Magnésie  20000,0 2,0%  27 T/an
Chaux  130000,0 13,0%  176 T/an

Les éléments présents sont sous des formes organiques. Leur assimilation nécessite une phase
de minéralisation qui est plus ou moins importante en fonction des produits. Au regard de la
littérature et des résultats connus sur des produits similaires, nous retiendrons les bio-
disponibilités suivantes :
- N : 35 % / P2O5 : 50 % / K2O : 100 % / MgO : 35 % / CaO : 35 %

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

Les productions en éléments traces métalliques seront de :

Eléments Traces Concentrations production


Métalliques ppm % pour 1 350 T de M.S.
Cadmium 10,18 0,001%  13,74 kg/an
Chrome 56,83 0,006%  76,73 kg/an
Cuivre 444,67 0,044%  600,30 kg/an
Mercure 0,25 0,000%  0,34 kg/an
Nickel 42,70 0,004%  57,65 kg/an
Plomb 225,10 0,023%  303,89 kg/an
Zinc 985,33 0,099%  1 330,20 kg/an

II.3 - BILAN DES PRODUCTIONS

Les productions en Tonnes de Matières Sèches des deux produits sont de 2050 T/an,
représentées actuellement à 65 % par les boues raclées sur les lits de séchage et à 35 % par les
sédiments curés en fond de bassin de décantation.

En totalisant ces deux sous-produits de l’épuration, nous obtenons les productions annuelles
suivantes :

Eléments fertilisants production


pour 2 050 T de M.S.
Azote total  41 T/an
Acide phosphorique  146 T/an
Potasse  6 T/an
Magnésie  38 T/an
Chaux  253 T/an

Eléments Traces production


Métalliques pour 2 050 T de M.S.
Cadmium 18,22 kg/an
Chrome 131,54 kg/an
Cuivre 877,97 kg/an
Mercure 0,49 kg/an
Nickel 84,37 kg/an
Plomb 514,54 kg/an
Zinc 1 947,60 kg/an

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

II.4 - CONTRAINTES LIEES A LA QUALITE DES PRODUITS

II.4.1. La qualité des eaux usées détermine la qualité des boues

Aujourd’hui, selon la nature des activités raccordées au réseau d’assainissement, les stations
d’épuration recueillent des rejets contenant une grande diversité de polluants. On peut ainsi
retrouver dans les boues d’épuration des substances chimiques et des micro-organismes dont
les effets sont indésirables soit pour la conservation des sols, soit pour la qualité alimentaire
des cultures, soit pour la santé de l’homme et des animaux.
Lorsqu’ils atteignent les seuils fixés par la réglementation, ces éléments rendent les boues
impropres à l’épandage agricole.

Une station d’épuration ne génère pas de produits polluants : elle ne fait que prendre en
charge les substances chimiques rejetées par les diverses activités domestiques et
économiques et véhiculées par les réseaux d’assainissement.

II.4.2. Les contaminants chimiques et biologiques de l’environnement

Un contaminant est un produit chimique ou un élément biologique présent de façon indésirable


dans un milieu :
- soit, déjà présent dans ce milieu, il vient en augmenter la teneur pour la rapprocher
d’un seuil considéré comme dangereux,
- soit, dangereux par nature, il vient altérer ce milieu dans lequel il n’est pas présent
habituellement.

Lorsqu’un contaminant s’accumule dans un milieu au point de modifier négativement sa qualité


(voire changer ses propriétés), il génère une pollution.

Dans les cas des sols et des boues, les contaminants sont des produits chimiques présents en
quantités infinitésimales appelés “éléments-traces”, s’il s’agit de métaux ou métalloïdes, dits
composés-traces dans le cas de substances organiques. Des micro-organismes “pathogènes”,
parce que susceptibles de provoquer des maladies chez l’homme ou chez les animaux,
viennent compléter les contaminants précédents.

❑ Les éléments-traces ou ET

Les éléments-traces sont naturellement présents dans les sols. Un certain nombre d’entre-eux
sont indispensables à l’alimentation des plantes : ils font partie des oligo-éléments. Dans les
boues, leur concentration peut être faible. Mais selon la nature des eaux épurées, la teneur en
certains éléments peut s’élever considérablement.
L’apport de boues vient alors augmenter le stock naturel du sol ce qui peut faire craindre, à
long terme, des accumulations incompatibles avec la qualité des cultures.

Une politique rigoureuse de contrôle des rejets a prouvé qu’il était possible, même pour de
grandes agglomérations, de produire des boues à faible teneur en ET et ainsi de ne pas élever
les teneurs naturelles du sol. Les données les plus récentes confirment la baisse continue des
teneurs en ET des boues d'épuration.

Par ailleurs, les expérimentations de longue durée, en France et à l’étranger, démontrent que
les taux de transfert des ET vers les végétaux sont inférieurs à 1 % des quantités apportées
sur les sols.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

Les teneurs en éléments-traces varient, au sein d’une même catégorie, selon les types de
produits, leur origine et leur fabrication.

Sur un plan pratique, il est surtout important de considérer les flux apportés au sol, c’est-à-dire
les quantités d’ET par hectare fertilisé, toutes sources confondues.

fourchettes de variation en g/t de matière sèche : Synthèse des sources ADEME, BNAME, UNIFA, ATV, ITCF, ACTA, MAP

Cd Cr Cu Hg Ni Pb Zn
Boues d’épuration 0,7 - 8 30 - 110 170 - 500 0,7 - 6 20 - 60 55 - 220 500 - 1 400
Engrais azotés 0 - 10 6 - 10 5 - 10 0-1 1 - 10 0,5 - 10 2 - 10
Engrais phosphatés 9 - 100 90 - 1 10 - 60 0 - 0,2 5 - 70 0,5 - 40 50 - 600
500
Engrais potassiques 0,1 - 2 0,1 - 15 0,1 - 10 0,2 - 2 0,1 - 3 5 - 15 1 -15
Fumiers de bovins 0,3 - 1,5 5 - 60 5 - 40 0,1 - 0,6 6 - 40 5 - 90 75 - 500
Lisiers de porcs 0,3 - 2 10 - 30 190 - 700 0,1 - 0,2 7 - 80 7 - 150 290 - 800

Nous donnons ci-contre une comparaison analytique entre plusieurs intrants agricoles et les
sédiments du M’ZAR. Ces derniers sont dans les fourchettes de concentration des autres
produits.

❑ Les micro-organismes

Les micro-organismes jouent un rôle essentiel dans les processus d’épuration, aussi bien en
station que dans le sol. Extraordinairement variés, ils sont présents en abondance dans
l’environnement, mais seule une infime partie d’entre eux est pathogène.

Le respect des règles élémentaires d'hygiène du travail lors de la manipulation des boues
d'épuration - comme de toute matière organique animale ou végétale - mérite, en premier lieu,
d'être rappelé (vêtements de travail lavés régulièrement, lavage des mains, douche, lavage du
matériel, etc.).

Dans la mesure où les micro-organismes pathogènes présentent une durée de vie limitée dans
les sols, des délais sanitaires avant certaines cultures et des distances limites par rapport aux
habitations ou aux cours d'eau, étang, etc... sont préscrits pour maîtriser les risques
microbiologiques.

A la différence des ET, il existe aussi des procédés d’hygiénisation mis au point par l’homme
pour éliminer ces ennemis ancestraux. Généralement développés pour les industries
alimentaires, ces procédés peuvent être utilisés à un coût acceptable pour les grosses stations
d’épuration.

Les connaissances scientifiques relatives à la nuisibilité des micro-organismes pathogènes sont


très nombreuses. Toutefois, des accidents sanitaires récents – sans rapport avec l’épandage
des boues municipales, précisons-le ! - ont apporté la preuve que le combat contre les agents
pathogènes n’est jamais définitivement gagné et que tout dispositif peut avoir des lacunes.

Les micro-organismes phytopathogènes, c’est-à-dire capables de provoquer des maladies chez


les plantes cultivées, ne sont pas détectés dans les boues d’origine municipale.
En revanche, cette question est à surveiller pour les boues agro-industrielles, même si aucun
accident n'a été signalé.

Ces éléments seront repris dans les préconisations de mise en œuvre des filières de
valorisation.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

II.5 - INTERET DES PRODUITS

Les boues d’épuration sont composées essentiellement d’eau, de matières organiques et


minérales. L’effet de ces composants est très différent selon le milieu qui les reçoit :

- polluant lorsqu’ils viennent perturber l’équilibre d’un cours d’eau ou d’un sol qui est
incapable de les digérer,

- - fertilisant si on les incorpore au sol, en quantité et en qualité appropriées, car ils


constituent alors des ressources nutritionnelles pour les cultures. Ils peuvent aussi
améliorer les caractéristiques du sol, notamment dans le cas des boues chaulées
ou compostées.

En effet, les micro-organismes qui abondent dans le sol se nourrissent des matières organiques
apportées par les boues. De ce fait, ils en transforment progressivement une partie en éléments
minéraux disponibles pour les plantes. Une autre partie, plus ou moins importante selon le type de
boues, est incorporée au sol et contribue à l’entretien d’une structure favorable au développement
des racines.

L’épandage agricole de boues d’épuration est donc doublement utile :

- d’une part il apporte à l’agriculteur des moyens efficaces, et la plupart du temps


gratuits, pour entretenir la fertilité de sa terre et pour nourrir ses cultures. En effet, pour
que les plantes soient capables de fabriquer leurs aliments à partir du gaz carbonique
et de l’oxygène de l’air par le mécanisme de la photosynthèse, elles doivent prélever
dans le sol d’autres matières premières indispensables : ce sont les nutriments,
constitués essentiellement par l’azote, le phosphore, le potassium et divers oligo-
éléments. Transformés en matière végétale, ces éléments sont «exportés» au moment
de la récolte. Il faut donc trouver un moyen de les restituer au sol pour éviter son
appauvrissement : c’est le but de la fertilisation,

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

- d’autre part, il permet de compléter le travail d’épuration des stations en digérant la


matière organique et en détruisant les micro-organismes pathogènes contenus dans les
boues, susceptibles de provoquer des maladies chez l'homme et l'animal. Le sol est en
effet un milieu très défavorable à ces micro-organismes, assez rapidement détruits par
les conditions physico-chimiques régnantes - en surface notamment (action du soleil :
UV, sécheresse) - et par la concurrence des autres micro-organismes naturellement
présents dans le sol (après enfouissement).

L’épandage agricole des boues d’épuration s’inscrit dans la logique du recyclage dans le milieu
naturel et de l’économie des ressources non renouvelables.

En apportant des éléments fertilisants aux cultures, les boues réduisent l’utilisation d’engrais
minéraux : elles diminuent d’autant les prélèvements miniers (phosphore et potasse notamment)
ou la consommation d’énergie nécessaire à la fabrication des engrais (azote).

La nature essentiellement organique de l’azote apporté par les boues entraîne sa mise à
disposition progressive pour les plantes, par minéralisation, phénomène sous la dépendance des
conditions pédo-climatiques locales.

Enfin, l’épandage agricole évite le recours à des solutions uniquement éliminatrices (incinération,
mise en décharge) qui, selon un audit comparatif de filière réalisé en 1999 par le cabinet Arthur
ANDERSEN pour les Agences de l’Eau françaises, présentent des impacts sur l’environnement
plus défavorables que ceux de l’épandage. Toutefois, le recyclage agricole ne dispense pas de
disposer de ces filières alternatives d’élimination en cas de non-conformité temporaire des boues à
l’épandage.

Qu’est-ce que la « fertilisation raisonnée » ? C’est connaître les potentialités du sol et du climat, et
adapter les apports en fertilisants selon les besoins des plantes, le rendement réaliste escompté,
et les fournitures du sol en nutriments (richesse de la terre et arrière-effet des fumures des années
précédentes).

Dans ce cadre, un apport raisonné de boues repose sur :


1) une analyse de sol,
2) un calcul de fertilisation,
3) une analyse de boues,
4) un calcul de dose de boues à épandre.

Si nécessaire, un complément de fertilisation peut être prescrit.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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III - La législation
III.1 - LEGISLATION NATIONALE

III.1.1. Les aspects institutionnels et réglementaires

Insérer éléments ici

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

III.1.2. Le nouveau cadre juridique


Insérer éléments ici

En l’absence de réglementation précise sur le recyclage des sous produits de l’épuration, nous
nous décrirons ci-après la législation française en la matière.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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III.2 - LEGISLATION FRANÇAISE

III.2.1. Valorisation agricole classique


La valorisation agricole des boues urbaines est pratiquée en France depuis de très nombreuses
années. Depuis plus de 30 ans, aucun accident portant atteinte à la santé publique n’a été
enregistré. Elle fait l’objet depuis son origine d’une vigilance et d’un effort de recherche important.

Pour renforcer cette vigilance, protéger les acteurs socio-économiques de la filière d’épandage et
éviter les abus ou dérives, les pouvoirs publics ont établi pour le « recyclage agricole des boues
urbaines » un décret et un arrêté d’application dans les années 1997-1998 (Décret n°1133 du 8
décembre 1997). Ils définissent pour cela des seuils et des valeurs maximales, des conditions
d’accès à l’activité et des règles de mise en œuvre.

Les boues ont alors été classées sous forme de déchet. Si cette classification permet d’assurer le
suivi qualitatif et la traçabilité des produits, dans la pratique, elle pose le problème d’acceptabilité
d’un déchet dans les cycles de production de l’alimentation humaine.

Trois logiques guident le législateur :

- la logique agricole : les agriculteurs sont libres de prendre des boues. S’ils en prennent, celles-
ci doivent présenter un intérêt agronomique (condition préalable) et être utilisées dans le respect
des règles de l’art en matière de fertilisation (conditions de mise en œuvre : traitements préalables,
dates, doses,…). Cette même logique peut conduire l’agriculteur à refuser l’épandage en raison de
ses contraintes de production (cahier des charges à respecter, itinéraires culturaux, inadéquation
agronomique de la boue aux caractéristiques pédo-culturales, …),

- la logique de santé publique : assurer la maîtrise des risques sanitaires en limitant la


dissémination de contaminants par les opérations de transport et d’épandage,

- la logique environnementale par souci de protéger les milieux physiques (air, eau, sol) et les
écosystèmes .

Il s’agit bien entendu de prévenir toute situation qui pourrait conduire à des atteintes à la santé des
personnes ou à la dégradation de l’environnement.

Certains incidents récents, mettant en péril la santé publique (sang contaminé, maladie de “la
vache folle” etc), ont remis en lumière l'existence de risques latents, difficiles à apprécier à
certaines périodes, mais pouvant exprimer à retardement leurs néfastes effets. Dans les cas où
l’on ne peut s’appuyer sur des certitudes scientifiques, le législateur met en jeu le principe de
précaution, dans la définition des normes techniques et réglementaires.

En matière d’environnement, on peut :


• soit estimer qu’en l’absence d’impacts observés, toute régulation est inutile,
• soit considérer que le transfert de polluants peut, à terme, poser un problème
d’environnement et qu’il faut donc chercher systématiquement à s’aligner sur les Meilleures
Technologies Disponibles (MTD).

Cette dernière logique conduit à abaisser régulièrement les seuils d’émission de polluants
autorisés, même en l'absence d'effets observés. On peut voir là, également, la mise en œuvre du
principe de précaution.
Ainsi, qu’il s’agisse d’assainissement, de production ou d’épandage de boues d’épuration, tous les
acteurs de la filière doivent tenir compte d’un ensemble de dispositions qui relèvent soit de la
législation soit des codes de bonnes pratiques. De nombreux organismes assurent les travaux
d’observation, de réflexion et de recherche destinés à faire évoluer ces dispositions dans le sens
d’une totale sécurité pour l’environnement et le public.
Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

De par la nature des boues d’épuration, la pratique de l’épandage doit être parfaitement maîtrisée
pour ne pas constituer de gêne pour le voisinage. Elle implique le transport de matières lourdes et
souvent malodorantes qui peuvent indisposer les riverains.

Elle est aussi le résultat d’une démarche technique de fertilisation qui impose à l’agriculteur la plus
grande rigueur dans le calcul des apports d’éléments fertilisants, sous peine de voir ses
productions gravement compromises : une culture n’accepte d’être ni suralimentée, ni sous-
alimentée. De plus, il faut l’alimenter au bon moment : il faut donc pouvoir épandre à la période
prévue.

Pour que tout se passe bien, la pratique de l’épandage doit donc être organisée longtemps à
l’avance, généralement en deux temps :

- une phase de conception du dispositif d’épandage : Elle consiste en fait à réaliser l’étude
préalable. C’est un moment privilégié d’échange avec les agriculteurs, essentiel pour la réussite et
la pérennité du dispositif. En particulier, l’étude approfondie des analyses, aussi bien des boues
que du sol, doit permettre un engagement réciproque du producteur de boues et de chaque
agriculteur sur des bases saines, en toute sérénité quand à l’innocuité de la pratique qui est
entreprise. Toutes les grandes lignes de l’organisation des épandages sont définies.

- une phase d’exploitation

Elle est elle-même organisée en plusieurs étapes :

1 - la programmation des opérations qui définit exactement les parcelles concernées et les
périodes d’épandage, les analyses à réaliser, les personnes responsables, en particulier le
directeur général des opérations ;

• Bien planifier les opérations : le programme prévisionnel

Chaque année, le producteur de boues est tenu de rédiger un document de planification des
opérations d’épandage appelé “programme prévisionnel” ou encore “plan d’épandage”. Il doit
le transmettre à l’administration au plus tard un mois avant le début des travaux. Ce
document décrit, pour l’année à venir, les parcelles réceptrices, les quantités de boues
prévues par parcelle, les modalités de surveillance des boues et des sols, ainsi que les
divers intervenants responsables du stockage, du transport et des épandages.

2 - les opérations d’épandage proprement dites avec vérification sur le terrain de la bonne
marche des opérations, la délivrance à l’agriculteur de toutes les informations sur les quantités
épandues et la tenue du registre des épandages ;

• Bien enregistrer les travaux : le registre des épandages

Le producteur de boues doit consigner les apports effectués, parcelle par parcelle, sur le
registre des épandages : analyse des boues et des sols, dates d’épandage, quantités
apportées.

Il est également recommandé d’enregistrer, pour chaque parcelle, les fumures


complémentaires, minérales ou organiques. Au cours de cette phase, une souplesse dans
l’organisation et des marges de sécurité sont à prévoir car les opérations d’épandage sont
très dépendantes des conditions météorologiques.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

3 - le bilan annuel dressé par le producteur de boues en fin de période d’épandage pour
information des agriculteurs, de l’administration et des tiers intéressés.

• Dresser un récapitulatif des opérations : le “bilan agronomique”

En fin de campagne annuelle, un compte-rendu sur le déroulement des opérations doit être
remis à l’administration : c’est le bilan agronomique qui comprend la synthèse des
informations figurant dans le registre d’épandage, le bilan de fumure et le bilan qualitatif et
quantitatif des boues épandues.
Si nécessaire, des données sur la mise à jour des informations de l’étude préalable sont
jointes à ce bilan.
Ce bilan doit être adressé à l’administration, au plus tard, en même temps que le programme
annuel d’épandage de l’année suivante.
La synthèse du registre d’épandage est communiquée aux agriculteurs. Elle peut être
communiquée aux tiers par le préfet sur leur demande.

Actuellement, toute valorisation agricole d’une boues d’épuration urbaine est soumise à
cette réglementation. Les matières de vidange des ouvrages d’assainissement non collectifs sont
aussi classées dans cette réglementation.

Les épandages de boues d’épuration sont donc soumis à des études préalables et à
l’établissement de plans d’épandage dans le cadre de procédure de déclaration et d’autorisation
de la loi sur l’eau de 1992.

Il est néanmoins possible de s’affranchir de cette réglementation en recherchant une autre


classification du produit, soit par son homologation, soit par sa normalisation.

- L’homologation est obtenue en terme de Matières Fertilisantes et Supports de


Culture auprès du Ministère de l’Agriculture. Elle concerne très peu de boues d’épuration
car les procédures sont longues et délicates du fait qu’il est difficile de garantir une
homogénéité dans la qualité du produit. L’homologation reste assez anecdotique pour les
boues françaises.

- la norme NFU n°44-095 concerne les «amendements organiques contenant des


matières issues du traitement des eaux, d’intérêt agronomique».
Elle s’applique essentiellement à des composts produits à partir de boues de station
d’épuration et montrant des critères de qualité qui autorisent une forte souplesse dans leur
utilisation (commercialisation , épandage sans plan d’épandage autorisé,…).

Les filières de valorisation doivent disposer d’une filière alternative permettant de pallier à toutes
défaillances (boues impropres, épandages impossibles,…). Les filières alternatives les plus
courantes aujourd’hui sont l’incinération et la mise en centre d’enfouissement technique.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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III.2.2. Les alternatives à l’épandage agricole classique

Les boues d’épuration sont constituées d’eau, de sels minéraux et de matière organique. La
composition de cette matière organique interdit toute utilisation alimentaire ou tout rejet en rivière.
Très fermentescibles, elles ne conviennent pas en tant que matériau solide pour d’autres usages
(routes, construction,…).

Comme alternatives à l’épandage agricole usuellement pratiqué en France, d’autres voies de


valorisation agronomique sont envisageables ou, à défaut, le recours à des solutions d’élimination
radicale par dépôt définitif en centre de stockage, directement ou après incinération.

Deux voies distinctes de l’épandage agricole direct existent à ce jour :

- en conservant l’épandage, mais sur des sols non agricoles

L’épandage sur les sols forestiers, sur les sols dégradés en vue de
leur végétalisation, ou encore sur des espaces de loisirs,
représente les divers débouchés non agricoles. Il s’agit toujours
d’une valorisation agronomique, et l’exigence de traçabilité liée au
statut déchet des boues reste totale (étude prélable,
programmation, analyses, suivi, enregistrement).

Les exigences en terme de sécurité sont sensiblement les mêmes


que dans l’épandage agricole, avec une adaptation propre à la
nature des écosystèmes visés, leurs fonctions et usages.

Si le décret de 1997 s’applique à ces usages particuliers, les


arrêtés spécifiques ne sont pas encore publiés. Pour les zones
boisées, seuls des épandages à titre d’essai peuvent être pour
l’instant autorisés, après adoption d’un protocole expérimental et
d’un protocole de suivi.

- en fabriquant des matières fertilisantes, au sens de produits marchands industrialisés

Les boues peuvent servir de matière première pour la fabrication d’engrais et d’amendements
organiques ou calciques. C’est une voie développée, ou en cours de développement, dans
plusieurs pays. Le contrôle de la qualité des boues doit y être encore plus rigoureux que dans le
cas de l’épandage, car la traçabilité sur le devenir des produits, et les contraintes spécifiques sur
leurs usages sont nécessairement moindres.

Bien qu’il s’agisse d’une solution d’avenir séduisante - notamment pour les grandes stations
d'épuration - des règles spécifiques et des exemples concrets de réussite manquent encore pour
crédibiliser leur image de produits sains et loyaux, et leur ouvrir ainsi des marchés de masse.

D’autre part, des boues rendues impropres à l’épandage par la présence de polluants ne sauraient
entrer dans ce type de filière et devront toujours suivre des filières alternatives d’élimination.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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III.2.3. Les alternatives complètes

❑ L’incinération avec élimination des résidus

L’incinération ou autre traitement thermique (oxydation par voie humide, pyrolyse,…) est réalisée
dans des installations spécifiques, nécessairement de grande taille pour des raisons économiques,
ou bien en co-incinération avec les déchets ménagers. Selon le cas, un séchage préalable plus ou
moins poussé peut être nécessaire.
La matière organique des boues est détruite avec :
- évaporation de l’eau rejetée dans l’atmosphère,
- destruction (minéralisation) de la matière organique avec rejet de gaz carbonique
(CO2) et d’azote,
- production de cendres qui renferment les éléments minéraux et la majeure partie des
éléments-traces (ET) et, en moindre quantité, production de gaz acides dont les
produits de neutralisation, non valorisables, sont envoyés en centre d’enfouissement
technique de classe 1.

❑ Le dépôt en centre de stockage (boues en l’état ou après incinération)

L’arrêté du 9 septembre 1997 précise les contraintes générales de la conception et de


l’exploitation des centres de stockage.
Pour les boues d’épuration, cet arrêté impose une teneur minimale de 30 % de matière sèche ou
bien le stockage dans des alvéoles équipées pour la récupération du biogaz.
Des contraintes techniques d’exploitation sont également imposées en fonction de la qualité des
boues et de leur comportement à l’enfouissement.

❑ L’alternative idéale n’existe pas

Chacune des différentes voies possibles pour l’élimination des boues d’épuration présente un
inconvénient vis-à-vis de la qualité de l’air, des sols ou des eaux, et des risques potentiels pour la
santé.

Les impacts de l’épandage agricole sur l’environnement sont les mieux connus.

Dans les solutions alternatives, les boues ne sont jamais traitées isolément et il est donc difficile
d’analyser leur part de responsabilité dans les effets produits sur l’environnement.

Les coûts des alternatives sont généralement élevés et souvent hors de portée des budgets d’un
certain nombre de communes. Le regroupement permet la mise en œuvre de solution centralisée
(effet d’échelle), mais génère des coûts de transport. L’économie générale d’un projet collectif est
donc à examiner soigneusement dans les études de faisabilité.

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IV - Identification des
utilisateurs potentiels
IV.1 - LES ENJEUX

La production de boues d’épuration ne pouvant être arrêtée, il faut nécessairement faire des choix
sur la manière d’utiliser ou de traiter ces boues.

La démarche scientifique n’apporte pas toutes les réponses, ni des réponses définitives, mais la
technologie rend tout envisageable. Il faut donc arbitrer en fonction d’une batterie d’appréciations
apportées par les scientifiques d’un côté, les économistes et les politiques de l’autre.

La diversité des intervenants et des catégories sociales concernés par la filière impose aux
décisionnaires de bien prendre la mesure des forces en présence, capables d’orienter le débat
dans un sens favorable ou non à l’épandage.

IV.1.1. Des acteurs aux intérêts parfois contradictoires :

❑ le citoyen :

A la fois consommateur d’eau, usager, riverain, contribuable… il est dans tous les cas concerné au
premier chef puisqu’il est à l’origine des boues à travers ses activités quotidiennes et qu’il
supporte, en payant sa facture d’eau, les coûts de production, de traitement et d’élimination de ces
boues.

Inquiet à juste titre des augmentations possibles du coût de l’eau et de l’assainissement, il n’a pas
forcément conscience de l’importance de son rôle dans la prévention et la maîtrise de rejets à la
source (choix de produits sans solvants organiques et “éco-produits”, apprentissage des gestes de
récupération et de recyclage, refus de la facilité du “tout à l’égout”, etc) pour assurer ainsi la qualité
des boues et favoriser leur valorisation.

❑ la collectivité :
En tant que propriétaire des boues, la collectivité est tenue d’assurer leur évacuation ou de
contrôler le travail du mandataire à qui elle a délégué cette tâche. En tant que gestionnaire des
fonds publics, elle a aussi le devoir de rechercher les solutions les plus intéressantes sur le plan
économique.

❑ le producteur de boues :
L’exploitant de la station d’épuration est le producteur de boues. Il lui revient d’assumer les
dispositions d’autosurveillance des filières de valorisation.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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❑ l’utilisateur :
Utilisateur de boues, il a conscience de rendre un service à la collectivité. A ce titre, il demande
des garanties quant à l’impact de cette pratique sur la qualité de ses productions et la rentabilité
de son exploitation. En même temps, il accomplit un acte de fertilisation et un acte écologique, qui
diminue ses approvisonnements traditionnels en fertilisants (donc économise l’énergie et les
ressources minières) et qui réincorpore dans le cycle de la matière organique une partie des
éléments exportés par les récoltes.

❑ Des intermédiaires :

Exploitants privés, transporteurs, bureaux d’étude, … sont souvent chargés par contrat de mettre
en œuvre les opérations d’épuration et d’évacuation des boues.

❑ Des intervenants divers:

Ils peuvent faire pression sur l’un ou l’autre des acteurs précédents pour défendre leurs intérêts et
se protéger d’éventuelles conséquences :

1. autour de l’élu : ses administrés qui ne veulent pas voir augmenter la fiscalité locale et qui
peuvent s’opposer à des installations existantes ou en projet, les associations de défense de
l’environnement, etc…

2. autour de l’agriculteur : les distributeurs et transformateurs agro-alimentaires qui imposent


des “cahiers des charges” pouvant exclure l’usage des boues, les syndicats agricoles, les
propriétaires fonciers, etc.

3. autour de l’ensemble : les agents chargés de mettre en œuvre les politiques incitatives et les
contrôles réglementaires.

Ministères, collectivités locales, organisations professionnelles et associations interviennent aussi


dans les débats pour apporter leurs avis et observations.

Tous ces acteurs sont insérés dans un réseau socio-économique où se croisent :

• la gestion de l’assainissement (en particulier la qualité de l’eau),


• la gestion des déchets,
• l’agriculture et les produits alimentaires,
• la propriété foncière,
• les risques sanitaires et la santé publique,
• les politiques publiques de santé, d’environnement, d’agriculture, …
• le commerce alimentaire et les échanges internationaux.

Les décisions économiques devant, dans ce domaine, anticiper les événements de 10 à 20 ans, il
est facile de comprendre les difficultés auxquelles les décisionnaires sont confrontés dès qu’il
s’agit de choisir un investissement, accorder une garantie, définir des responsabilités...

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IV.1.2. Un bilan économique favorable à l’épandage

La mise en œuvre de l’épandage agricole des boues d’épuration génère trois types de coûts :

• des coûts liés aux investissements : ils peuvent varier fortement selon la complexité de la
chaîne de traitement des boues,
• des coûts de transport et d’épandage,
• des coûts d’analyse des boues et des sols, d’études préalables, de suivi et
d’évaluation, de communication, etc…

La plupart des études comparatives réalisées entre l’épandage de différents types de boues et les
solutions alternatives comme l’incinération ou la co-incinération avec les ordures ménagères
montrent :
• que l’épandage est souvent le mode de gestion le moins cher,
• que les alternatives sont accessibles aux stations de grande et moyenne taille et que les
coûts unitaires augmentent sensiblement lorsque la taille de la station décroît.

On note cependant que des filières sophistiquées de traitement des boues (compostage ou
séchage) renchérissent sensiblement les coûts de l'utilisation agricole et les rapprochent des coûts
d'incinération.

IV.1.3. Qui doit supporter le coût de l’élimination des boues ?

En France et dans la plupart des filières mises en œuvre à l’étranger, quel que soit le mode de
gestion retenu, il n’existe qu’un seul mode de financement : c’est l’usager qui supporte le coût de
l’élimination des boues à travers la part “assainissement” qui figure sur ses factures de
consommation d’eau.

Le choix de l’épandage évite de recourir à des filières plus coûteuses : là réside l’intérêt
économique de la collectivité.

L’utilisateur, quant à lui, n’intervient pas dans ce financement : les boues sont le plus souvent
mises à sa disposition et épandues gratuitement. Réciproquement, il ne reçoit aucune
rémunération pour la mise à disposition de ses terres. Son intérêt réside dans l’abaissement des
charges de fertilisation : c’est la seule contrepartie du service rendu.

Compte tenu de la qualité actuelle des sous-produits du site de M’ZAR et d’un intérêt à ce jour
incertain des utilisateurs potentiels, nous n’envisagerons pas de valeur marchande à la filière de
valorisation agricole. L’ensemble des coûts sera donc dans un premier temps pris en charge par la
RAMSA.

Si à l’avenir le produit final apport toutes les garanties de qualité et rencontre un succès certain
auprès des utilisateurs, sa commercialisation sera envisageable.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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IV.2 - LES UTILISATEURS POTENTIELS LOCAUX

Notre étude a permis d’identifier 3 utilisateurs potentiels principaux dans la région d’Agadir :

- le monde agricole :
▪ utilisation en tant que fertilisant et amendements organiques.

- les gestionnaires des espaces verts (publics ou privés : pépiniéristes, golf,…) :


▪ utilisation en tant qu’amendements organiques.

- les gestionnaires de la réserve forestière du M’ZAR :


▪ utilisation en tant que fertilisant des cultures à gibier et en tant
qu’amendement organique pour la reconstitution des sols dunaires.

Ces 3 catégories d’utilisateurs ont été rencontrées dans le cadre de notre étude. Toutes se sont
montrées intéressées à différents niveaux par les produits proposés.

Pour la mise en œuvre d’une filière pérenne de valorisation, nous nous heurtons néanmoins
aujourd’hui aux problèmes suivants :

- l’absence d’un produit fini. Nous ne disposons pas de sédiments traités sur une filière
de séchage solaire ou de compostage et le produit définitif ne peut être présenté. Nous
estimons qu’il s’apparentera aux boues sèches raclées sur les bassins de filtration mais
cette comparaison est insuffisante.

- l’absence de données qualitatives sur le produit fini (remarque identique à la


précédente).

- l’absence d’essai agronomique montrant tout l’intérêt d’utilisation de ces sous-produits,


d’une part par leur qualité agronomique, d’autre part du fait de leur innocuité.

Il n’est donc pas possible d’obtenir un engagement définitif de ces utilisateurs potentiels. Au
préalable, il convient de mettre en œuvre une série d’essais et de mesures qui montreront
l’efficacité des filières proposées.

Compte tenu de sa proximité et d’une volonté plus affichée de ces gestionnaires d’utiliser ces
sous-produits, les premiers essais pourraient avoir lieu au sein de la réserve forestière.

Nous donnons ci-après un descriptif des utilisations possibles par chacun de ces acteurs.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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IV.2.1. l’activité agricole classique


❑ Introduction

La plaine du Souss Massa dispose d’une importante activité agricole marquée par une dominance
des cultures maraîchères et les agrumes. Ces cultures sont complétées par la culture de la prairie
et du maïs pour l’alimentation des élevages.
Dans le but de proposer les sous-produits de l’assainissement comme fertilisants des terres
agricoles locales, les techniciens de l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Souss Massa
ont été rencontrés à plusieurs reprises :

O.R.M.V.A.
Rue des Administrations Publiques - BP 21 – Agadir
Tél : 212-48-84-03-98 / fax : (212)-48-84-65-21
Contact : Mr Hassan BELLOUCH – chef du service de la production agricole – Ingénieur en Chef
Mme Ouafa BAALI BENNIS – Ingénieur d’Etat au bureau d’étude Agronomique
Mr Abdesselam TAIR – Ingénieur Agronome

Au cours de ces rencontres nous avons exposé :


- la qualité des produits proposés,
- les possibilités de valorisation,
- les contraintes de mise en œuvre,
- les points à approfondir avant la mise en place d’une telle filière.

L’O.R.M.V.A. nous a accompagné lors de la visite du site de


Bensergao, station pilote préalable à la station de M’ZAR et
ayant fait l’objet d’un curage de bassin.

Nous avons également visité le Centre d’Adaptation Technique et de Vulgarisation Ait Amira de
Sidi Bibi, 35 km au sud d’Agadir sur la route de Tiznit.

O.R.M.V.A. – CATV d’Ait Amira


Tél : 067-381-582
Contact : Mr Rédouane Douslimane – chef du centre

En parallèle, nous avons rencontré un représentant des producteurs agricoles locaux, et membre
de l’APEFEL (Association des Producteurs Exportateurs de Fruits et Légumes) :

APEFEL
Contact : Mr Salah CHENGLY – producteur – 068-136-227

Autres contacts :

Mr SOUDI Brahim
Département sciences du sol – institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat
Tél : 037-680-177

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Pour des raisons sanitaires, les techniciens de l’ORMVA et


nous-mêmes, préférons ne pas orienter la valorisation agricole
des sous-produits de l’épuration vers des cultures maraîchères
consommées crues. Ces cultures sont également soumises à de
fortes contraintes de qualité imposées par le marché
international.
Nous rappellerons à ce sujet que la réglementation française
impose des règles strictes sur ce point, à savoir :

- terrains affectés à des cultures ➔ Pas d’épandage pendant la période


maraîchères et fruitières à l’exception des de végétation
cultures d’arbres fruitiers

- terrains destinés ou affectés à des cultures ➔ Pas d’épandage dix huit mois avant la
maraîchères ou fruitières, en contact direct récolte et pendant la récolte elle-
avec les sols, ou susceptibles d’être même
consommées à l’état cru

Les cultures utilisées pour l’alimentation du bétail (maïs, prairies,…) peuvent utilement recevoir
des boues. Elles ne seront pas majoritaires dans le projet du fait d’une importance relative.

De plus, les éleveurs fertilisent déjà ces terrains avec leurs effluents d’élevage (fumiers en
particuliers) et sont donc peu demandeurs de fertilisants et d’amendements organiques.

Pour les techniciens agricoles locaux, le meilleur potentiel de


valorisation des sous produits de la station de M’ZAR réside
dans les cultures fruitières de type bananeraie. A titre
indicatif, sur un cycle de 14 mois de culture de bananes, un
apport de 80 t/ha de fumier est recommandé.
La culture de bananes sous serres représente localement 3 200
ha, soit un besoin de l’ordre de 250 000 t de fumier sur 14 mois.

Les arbres comme l’olivier sont également demandeur d’amendements et de fertilisants avec une
dose recommandée de 20 t de fumier par hectare. Ces cultures sont très peu fertilisées du fait de
moyens financiers limités. Un apport « gratuit » serait dans ce cadre d’autant plus apprécié.
Localement ce sont de l’ordre de 10 000 ha qui sont plantés et irrigués pour la culture de l’olivier.

Les rencontres avec les techniciens agricoles et utilisateurs potentiels se heurtent


systématiquement à un manque de résultas concrets et visuels de la filière proposée. Il est donc
indispensable de faire débuter la mise en place d’une filière de valorisation agricole par des essais
agronomiques, validés et montrés aux futurs utilisateurs.

Nous présenterons donc ci-après des propositions pour la mise en œuvre de ces essais.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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❑ Besoins en éléments fertilisants

Les chiffres indiqués par l’O.R.M.V.A. sur les besoins des cultures locales sont les suivants :

Equilibre général à respecter


Espèces N P2O5 K2O MgO CaO
Tomate 1,00 0,60 2,00 0,30 1,00
Poivron 1,00 0,60 1,60 0,30 0,80
Melon 1,00 0,40 1,50 0,50 1,50
Concombre 1,00 0,30 1,60 0,30 0,60
Haricot 1,00 0,60 2,00 0,30 1,50
Fraisier 1,00 0,50 1,50 0,20 0,50
Bananier 1,00 1,02 4,00 0,30
Pomme de Terre 1,00 0,50 1,60 0,70 0,28

Nombre des unités fertilisantes (kg/ha)


Espèces N P2O5 K2O MgO CaO
Tomate 500 à 700 180 à 300 950 à 1500 150 à 200 900
Poivron 840 140 860 50 à 80
Melon 300 140 500 77 400
Concombre 600 200 950 130 300
Haricot 150 50 200 10 120
Fraisier 600 200 950 130 300
Bananier 1250 290 1500 70 135
Pomme de Terre 120 150 200 70 28

Les besoins sont importants. Si l’on réserve les essais agronomiques à la culture du bananier,
nous pouvons estimer la fertilisation par les sous produits de l’épuration de M’ZAR aux apports
suivants :

Sédiments décantés :

N P2O5 K2O MgO CaO


Bananier 1250 290,00 1500,00 70,00 135,00
Teneur dans les
20 kg/T de M.S. 150 kg/T de M.S. 3 kg/T de M.S. 15 kg/T de M.S. 11 kg/T de M.S.
sédiments secs
Bio-disponibilité 30% 50% 100% 35% 35%

Apports disponibles 6 kg/T de M.S. 75 kg/T de M.S. 3 kg/T de M.S. 5 kg/T de M.S. 4 kg/T de M.S.

Dose téhorique 208 T de M.S./ha 4 T de M.S./ha 500 T de M.S./ha 13 T de M.S./ha 35 T de M.S./ha

facteur limitant

Le phosphore sera considéré comme facteur limitant des apports de sédiments secs. Un apport
moyen de 4 T de M.S./ha sera dans ce cadre préconisé.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Boues sèches :

N P2O5 K2O MgO CaO


Bananier 1250 290,00 1500,00 70,00 135,00
Teneur dans les
20 kg/T de M.S. 30 kg/T de M.S. 3 kg/T de M.S. 20 kg/T de M.S. 13 kg/T de M.S.
boues sèches
Bio-disponibilité 30% 50% 100% 35% 35%

Apports disponibles 6 kg/T de M.S. 15 kg/T de M.S. 3 kg/T de M.S. 7 kg/T de M.S. 5 kg/T de M.S.

Dose téhorique 208 T de M.S./ha 19 T de M.S./ha 500 T de M.S./ha 10 T de M.S./ha 30 T de M.S./ha

facteur limitant

La magnésie sera considérée comme facteur limitant des apports des boues sèches. Un apport
moyen de 10 T de M.S./ha sera dans ce cadre préconisé.

❑ Surfaces théoriques d’épandage

Ces données restent très théoriques et dépendantes des résultats analytiques qui seront mesurés
sur les produits finis. Elles peuvent néanmoins servir de base aux calculs des doses d’apport.

En respectant ces préconisations, les besoins moyens en surface d’épandage sur culture de
bananier seront alors de :

sédiments décantés boues séchées

production annuelle 3 500 t de brut 1 500 t de brut

siccité 20% 90%

tonnage de matières sèches 700 T de M.S. 1 350 T de M.S.

dose d'apport moyenne 4 T de M.S./ha 10 T de M.S./ha

surface d'épandage moyenne 175 ha/an 135 ha/an

surface d'épandage totale 310 ha/an

Cette surface représente 10 % des surfaces agricoles locales cultivées en bananiers.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

❑ Proposition d’essais agronomiques

Ces essais pourront être mis en œuvre pour partie au sein du centre d’Ait Amira à Sidi Bibi. Ils
seront alors organisés et pilotés par les services de l’O.R.M.V.A.

Le centre a pour objectifs :


- la recherche d’un matériel végétal performant adapté
aux conditions édaphiques et climatiques et qui
répond mieux aux exigences du marché,
- le test par des essais à court terme de variétés
nouvelles en vue de sélectionner les plus
performantes et dont le produit répond aux normes et
qualités demandées,
- la comparaison et l’étude des techniques culturales
appropriées permettant l’expression du matériel
végétal,
- la vulgarisation et la formation des agriculteurs,
- le recyclage des techniciens,
- la collecte et la diffusion des données
météorologiques.

Le centre dispose d’une superficie totale de 20 ha dont 14,3 ha


sous abris. La surface agricole utile est de 15 ha, sur un sol
sableux de pH alcalin (8).

Le centre est doté d’un réseau souterrain pour l’irrigation et la


fertigation :
- 15 bornes,
- 3 puits ayant une profondeur moyenne de 60 m
- une eau de pH 8,3

Le climat est de type semi-aride avec :


- une pluviométrie de 160 mm (moyenne sur 19 ans),
- une température de :
o moyenne des minima : 11,50°C
o moyenne des maxima : 22,05°C
- une hygrométrie de :
o moyenne des minima : 38,8 %
o moyenne des maxima : 87,6 %
- des vents dominants de direction Nord-Ouest
- une insolation de 3 000 h/an

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

L’essai agronomique sera dimensionné et programmé par les services de l’O.R.M.V.A. Nous
proposerons dans un premier temps les réalisations suivantes sur cultures de bananier :

A - identification de la parcelle réceptrice :


o îlotage,
o analyse complète de sol :
▪ texture,
▪ paramètres agronomiques,
▪ oligo-éléments,
▪ éléments traces métalliques,
▪ éléments pathogènes.

B - caractérisation du produit à épandre :


▪ paramètres agronomiques,
▪ oligo-éléments,
▪ éléments traces métalliques,
▪ éléments pathogènes.

C - définition de la dose moyenne d’épandage :


o besoin de la plante
o apports possible par le sol
o définition du facteur limitant,
o définition des compléments de fertilisation,
o définition des dates d’apports,
➔ définition de la dose moyenne d’épandage.

D - préparation de l’essai agronomique avec séparation de la parcelle en 6 îlots :


o 1 : pas d’apport de fertilisation organique,
o 2 : apport de sédiments secs à 50 % de la dose moyenne d’épandage,
o 3 : apport de sédiments secs à 100 % de la dose moyenne d’épandage
o 4 : apport de sédiments secs à 150 % de la dose moyenne d’épandage
o 5 : apport de sédiments secs à 200 % de la dose moyenne d’épandage
o 6 : apport de fumier à 100 % de la dose moyenne d’épandage
1 2 3 4 5 6

0 kg/ha 2 000 kg/ha 4 000 kg/ha 6 000 kg/ha 8 000 kg/ha 80 000 kg/ha
de fertilisation de sédiments de sédiments de sédiments de sédiments de fumier
organique secs secs secs secs

E - plantation de la culture de banane.

F - conduite de la fertilisation minérale en fonction des objectifs de rendements et des


apports organiques préalables, suivi des traitements phytosanitaires.

G - récolte et contrôle des rendements,

H - analyse des sols par îlot de culture :


▪ texture,
▪ paramètres agronomiques,
▪ oligo-éléments,
▪ éléments traces métalliques,
▪ éléments pathogènes.

I - analyse des produits de récolte par îlot de culture :


▪ éléments traces métalliques,
▪ éléments pathogènes.

J - Bilan, synthèse et communication.

K - Communication.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Le volet communication sera prépondérant dans le cadre de cet essai. Les services de la
RAMSA devront s’y attacher particulièrement. Ils veilleront à :

- mettre en place un communication en amont auprès de l’ensemble des utilisateurs


potentiels des sous-produits de l’épuration :
o agriculteurs,
o coopérative agricole,
o centre de collecte et de transformation,
o services des espaces verts de la Willaya d’Agadir,
o pépiniéristes locaux,
o gestionnaires des golfs,
o …

- s’assurer de la bonne mise en œuvre de cet essai et de la fourniture de produit de


qualité,

- informer les services de l’état de ces essais et des mesures prises pour les contrôler,

- contrôler toutes les étapes de la communication afin de ne pas subir de contre


communication sur la valorisation de sous-produits de l’épuration,

- inviter les acteurs de la filière lors de la réalisation des épandages en les ayant
préalablement invités à une visite des installations du M’ZAR,

- organiser des contacts réguliers avec les techniciens de l’O.R.M.V.A. durant la conduite
de l’essai,

- contrôler les publications réalisées sur cet essai,

- rester le maître d’ouvrage des communications liées à cet essai,

- inviter les acteurs de la filière à une réunion de présentation des résultats,

- établir une plaquette de communication sur cet essai et sur la filière qui sera mise en
place par la RAMSA.

❑ Bilan de cet essai

Le bilan de cet essai, s’il est positif, s’attachera à mettre en valeur l’efficacité et l’innocuité du
produit épandu.

Il servira de base à l’estimation des doses d’apport qui pourront être pratiquées par la suite en
usage courant.

Il définira les précautions d’utilisation particulières qui pourront être mises en évidence par cet
essai.

Il apportera des réponses sur le potentiel d’utilisation des sous-produits du M’ZAR par l’agriculture
locale.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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❑ Mise en place d’une filière de valorisation agricole

En l’absence d’obligation réglementaire de mise en œuvre d’un plan d’épandage pour la


valorisation des sous-produits de l’épuration, nous indiquerons ci-après ce qui nous apparaît
comme essentiel à une démarche constructive avec les agriculteurs.

Si la réglementation marocaine impose la mise en place d’un plan d’épandage, les préconisations
suivantes y seront adaptées.

1- recherche des utilisateurs potentiels

L’acceptabilité des produits par les exploitants agricoles et/ou sylvicoles est un point
essentiel à la mise en œuvre d’une filière de valorisation. La démarche consiste dans ce cadre à
établir une fiche « produit » démontrant les caractéristiques des boues et autres sous-produits à
valoriser, en insistant sur leur intérêt agronomique et leur innocuité. Cette fiche sera réalisée à
l’issue des essais agronomiques et sera présentée aux utilisateurs potentiels identifiés lors des
phases de communication.
Cette fiche sera présentée dans le cadre de rendez-vous individuels ou collectifs initiés par la
RAMSA et par les organisations agricoles locales.

Ces rendez vous seront l’occasion de collecter un maximum d’informations :

✓ identification des cultures agricoles et/ou sylvicoles,


✓ définition des objectifs de rendement et des fertilisations pratiquées (et/ou
souhaitables),
✓ définition des périodes favorables à l’épandage,
✓ définition des pratiques locales en terme de fertilisation organique (pression des
engrais de ferme),
✓ identification des possibilités de stockage intermédiaire,
✓ identification du matériel disponible pour l’épandage,
✓ appréciation de la qualité des sols d’un point de vue « agricole »,
✓ …

A l’issue de cette recherche, les zones d’épandage seront


présentées sur cartes avec identification des utilisateurs
retenus.

 localisation, surfaces, références, communes


concernées,

 les voies d’accès, contraintes de circulation, ...

 le type de sol, la qualité des sols (analyses),

 carte de localisation des ouvrages et des voies d’accès au périmètre


 carte du parcellaire utilisé au 1/10 000
 carte des unités de sol et des zones de prélèvement au 1/10 000

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2- identification des contraintes environnementales

Cette partie consistera à donner, sur les secteurs favorables à l’épandage, un large inventaire des
contraintes, en listant celles qui ne sont pas rédhibitoires et qui pourront être limitées par la mise
en œuvre d’une filière raisonnée, favorable au développement durable du secteur concerné.

Seront plus particulièrement prises en compte :

✓ les données climatiques :


o pluviométrie,
o évapo-transpiration potentielle,
o température
o vents dominants
o bilan hydrique

✓ les données géologiques et hydrogéologiques :


o grandes formations géologiques et conséquences sur les sols,
o présence d’accidents géologiques remarquables,
o influence du relief et conséquence sur les risques d’épandage,
o sensibilité à l’érosion et au ruissellement,
o présence de nappes et d’aquifères captées,
o sensibilité des aquifères,

✓ les données hydrologiques :


o organisation du réseau hydrographique,
o sensibilité des cours d’eau,
o qualité actuelle et objectif de qualité,
o usage de l’eau (irrigation, alimentation en eau potable, loisir, pisciculture,…)

✓ les données pédologiques :


o les grands types de sol et leur caractéristiques (profondeur, pH, texture,
charge en cailloux,…),
o sensibilité des sols au lessivage des anions et capacité de rétention,
o hydromorphie et sensibilité à l’excès d’eau,
o sensibilité à l’érosion et au ruissellement

 carte de l’environnement général du périmètre au 1/50 000

 carte des aptitudes à l’épandage

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3- modalités de réalisation de la filière

Seront identifiés :
- les moyens de transports :
• capacité,
• équipements techniques (motorisation, pneumatique, déchargement, bachage,…)
• les voies de circulation,
• …

- les zones de dépôt :


• caractéristiques des sites,
• capacité des sites,
• temps de dépôt autorisé,
• les modalités de reprise,
• …

- les épandages :
• outils utilisés : traction, pneumatiques,…
• matériel préconisé : manuel, épandeurs à hérisson verticaux,…
• mode de contrôle des doses d’apport,
• …

- les modes d’enfouissement des produits :


• délais autorisés entre apports et enfouissement,
• technique d’enfouissement préconisée,
• …

4- accord entre les parties

Il est souhaitable d’établir une convention entre le producteur et l’utilisateur. Cette convention
définit ainsi l’engagement et les responsabilités des parties sur la mise en œuvre de la filière.

Nous présentons en annexe un modèle de convention établi par notre service juridique et utilisé
pour la mise en œuvre de plan d’épandage en France.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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5- réalisation d’un plan d’épandage

Quelque soit la réglementation en vigueur lors de la mise en œuvre de la filière, nous


préconiserons la mise en place d’un plan d’épandage, déposé auprès des services de l’état en
charge de l’assainissement liquide.

Ce plan d’épandage comportera :

- un descriptif du réseau d’assainissement d’Agadir

- un descriptif des ouvrages de traitement des eaux usées,

- un descriptif des techniques de curage et de traitement des sous-produits de


l’épuration,

- une analyse détaillée de la qualité des sous-produits dans leur état final,

- les calculs des doses agronomiques préconisées,

- le descriptifs des utilisateurs :


• localisation,
• coordonnées,
• caractéristiques des exploitations,
• cultures pratiquées,
• élevage et gestion des effluents organiques,
• parcellaire mis à disposition,
• convention signée,
• …

- le descriptif des surfaces disponibles :


• localisation,
• surface,
• type de sol,
• qualité analytique des sols,
• contraintes d’isolement (habitations, cours d’eau, sources,…),
• zones inaptes à l’épandage,
• …

- les modalités de contrôle et de surveillance des épandages :


• programme analytique des produits,
• programme analytique des sols et des produits de récolte,
• programme d’organisation de la filière,
• mesures d’enregistrement des opérations,
• opérations de conseils agronomiques aux utilisateurs,
• opérations d’informations et de communication,
• mesures compensatoires éventuelles,
• …

- la ou les filières alternatives retenues en cas de non épandage.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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6- suivi des opérations d’épandage

En l’état actuel de nos connaissances sur la filière de traitement et de valorisation, nous


préconiserons la mise en œuvre d’un suivi agronomique sur les bases suivantes :

✓ Contrôle analytique des produits

➔ 1 analyse complète pour 200 tonnes de produit fini


▪ paramètres agronomiques,
▪ oligo-éléments,
▪ éléments traces métalliques,
▪ éléments pathogènes.

➔ résultats disponibles avant les épandages

✓ Organisation des épandages

➔ identification des utilisateurs de la campagne à venir


➔ identification des parcelles retenues pour la campagne à venir
➔ identification des zones de dépôt
➔ préconisation des doses d’apport en fonction des cultures et de la qualité du
produit à épandre
➔ remise d’un planning prévisionnel d’épandage
▪ aux utilisateurs,
▪ aux acteurs de la filière,
▪ aux services de contrôle,

✓ Contrôle et enregistrement des épandages

➔ tenue à jour de cahier d’enregistrement :


▪ des tonnages épandus,
▪ des surfaces épandues,
▪ des contraintes rencontrées,
▪ …
➔ contrôle du respect des doses et des distances d’isolement

✓ Accompagnement des épandages

➔ conseils agronomiques :
▪ fertilisation complémentaires,
▪ appuis technique,
▪ plan de fumure,
▪ …
➔ analyses agronomiques des sols : 1 analyse pour 10 ha épandus
➔ analyse des éléments traces dans les sols : 1 analyse pour 50 ha épandus
➔ bilan annuel récapitulant les opérations d'épandage et leurs résultats

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❑ Bilan de la filière de valorisation agricole

La présence de la plaine du Souss-Massa offre à cette filière un fort potentiel. Les cultures de type
banane et olive sont intéressantes du fait de besoins importants et de contraintes sanitaires moins
importantes que les cultures maraîchères. D’autres utilisations seront envisagées en fonction des
résultats des premiers essais agronomiques.

Afin de convaincre les utilisateurs potentiels, des essais agronomiques montrant l’efficacité et
l’innocuité des produits sont indispensables. Ils pourront être réalisés avec l’appui de l’ORMVA et
de son centre technique de Sidi Bibi.

Ces essais seront accompagnés et validés par des mesures sur la qualité des produits et des sols
ayant reçu des épandages. Ils feront l’objet d’un bilan largement diffusé auprès des utilisateurs
potentiels.
A l’issue de ces essais, les partenaires du projet seront clairement identifiés et associés à la mise
en place d’un plan d’épandage. Ce dernier définira dans le détail la mise en œuvre du recyclage
agricole, ses acteurs, ses contraintes et ses modalités de suivis et de surveillance. Il sera diffusé
aux acteurs et aux services de contrôle.

La RAMSA s’entourera de techniciens et d’entreprises compétents capables de mettre en œuvre


une filière de qualité, depuis le transfert des sous produits au départ de M’ZAR jusqu’au conseil
agronomique fourni aux utilisateurs. Elle restera tant que faire ce peut le maître d’ouvrage de cette
opération afin de contrôler sur l’ensemble de la chaîne l’élimination de ses sous produits
d’épuration.

Déroulement des opérations :

1 Mise en œuvre des filières de traitement des sous produits sur le site de M’ZAR
2 Essai agronomique avec les produits finis
3 Bilan des essais agronomiques
4 Communication des essais aux utilisateurs potentiels
5 Identification des utilisateurs intéressés
6 Réalisation d’un plan d’épandage définissant la filière mise en oeuvre
7 Mise en place de la filière avec des partenaires techniques compétents
8 Suivi et contrôle de la filière

La mise en œuvre des filières de traitement et des essais agronomiques va nécessiter un temps
important (2 à 3 ans). Si ces essais sont concluants et emportent l’adhésion des utilisateurs
potentiels, la mise en œuvre de la filière nécessitera une année supplémentaire.

Dans ce cadre, afin de ne pas retarder la mise en place de cette filière, les essais peuvent
utilement être démarrés en utilisant les boues sèches raclées sur les filtres (rappel : elles
représentent actuellement 65 % des sous-produits de la filière de traitement actuelle).

Pour faire face aux productions actuelles de sous-produits, la RAMSA se tournera vers des filières
plus courtes telles que celle d’utilisation sur la réserve forestière présentée ci-après.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

IV.2.2. la réserve forestière


La réserve royale de chasse de M'ZAR occupe 3 100 ha au sud d'Agadir, en rive gauche de l'Oued
du Souss Massa.
Elle est majoritairement occupée par des espaces boisés et un cordon littoral de 8 km.

La réserve est gardée par des gardiens résidant sur place.

Réserve Royale de Chasse de M'ZAR


Tél : (212).[Link]
Contact : Mr BOUHDADI – chef de la réserve

La RAMSA, gestionnaire de la station d'épuration de M'ZAR occupe 200 ha au cœur de cette


réserve. Ces 200 ha sont utilisés par les bassins de décantation, les zones de filtration et
l'émissaire qui achemine les eaux traitées en mer. Les ouvrages de traitement des sédiments
décantés seront installés sur les terrains de la RAMSA.

Pour alimenter le gibier présent dans la réserve, 50 ha sont


plantés en cultures de blé tendre, triticale et maïs. 25 de ces
50 ha sont irrigables à partir d'un forage profond de 70 m,
utilisé également pour l'alimentation en eau du
cantonnement royal.
Ces terres ne sont ni fertilisées, ni amendées.

Le labour, la semence et la récolte sont réalisés par un


prestataire privé, la société SODEA (Société de
Développement Agricole).
culture de maïs dans la réserve
de chasse de M’ZAR

➔ la fertilisation des terres de la réserve forestière est envisageable avec les sous-produits
de la filière de traitement des eaux usées.

En dehors de ces besoins en fertilisation, la réserve


forestière est menacée par l'avancement du cordon dunaire
vers l'intérieur des terres. Des opérations de végétalisation
des dunes sont régulièrement pratiquées pour des résultats
aléatoires.

Les gestionnaires de la réserve envisagent de nouvelles


plantations d'acacias et d'autres essences adaptées, avec si
possible des apports organiques permettant une meilleure
fixation des sols en place.
avancement du cordon dunaire

➔ la végétalisation du cordon dunaire est envisageable avec les sous-produits de la filière


de traitement des eaux usées.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

Mr BOUHDADI, responsable de la réserve est très intéressé par l'utilisation des sous produits de
l'épuration pour la végétalisation du cordon dunaire. Il propose également de mettre à disposition
une partie des 50 ha en cultures pour réaliser des essais agronomiques.

❑ Réalisation d'essais agronomiques sur les parcelles de cultures

Ils seront apparentés à ceux proposés sur le site de Sidi Bibi avec l'utilisation ici de cultures
céréalières.

1- qualité des sols

Afin de caractériser les sols locaux, une analyse a été réalisée par nos soins. Les résultats
présentés ci-contre indiquent les caractéristiques suivantes :

- un état humique faible avec 1,7 g/kg de matières


organiques pour une teneur souhaitable supérieure à
30/
- un pH très alcalin de 9,36
- une Capacité d'Echanges Cationiques faible de 1
Cmol+/kg
- une teneur en acide phosphorique faible demandant
une fertilisation systématique
- une teneur en potasse faible demandant une
fertilisation systématique
- une teneur en magnésie assez élevée autorisant une
sol alcalin sableux de M’ZAR
impasse de fertilisation
- des teneurs en éléments traces métalliques peu
élevées que nous avons comparées aux seuils
d'acceptabilité fixés par la réglementation française sur
l'épandage des boues de stations d'épuration :

Erreur ! Liaison incorrecte.

➔ les sols de la réserve forestière sont sableux, très alcalins et très pauvres en matière
organique. Leurs teneurs en éléments traces métalliques sont faibles. Ils sont aptes à des
apports de sous-produits de l'épuration.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

2- dose d'apport

Nous calculerons la dose d'apport en fonction des besoins du blé tendre et du maïs. Soit :

Le phosphore reste facteur limitant des épandages.

Les doses d’épandage pour les boues raclées seront comprise entre 8 et 10 T de M.S./ha, soit 9 à
10 t de produit brut.

site de prélèvement
de sol

parcelle agricole de la réserve de chasse de M’ZAR

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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3- modalités de réalisation des essais

Les essais auront lieu grandeur nature sur des parcelles complètes. Nous proposons de réaliser
ces essais sur cultures de blé tendre et sur culture de maïs à raison de 2 x 2 ha de cultures. Les
parcelles seront éloignées de plus de 100 m du forage de la réserve.

Une bande de 10 m de large sur la longueur de la parcelle ne sera pas épandue afin de servir de
zone témoin.

Zone épandue

Zone non épandue

Les sols de chacune des 2 parcelles seront analysés sur les paramètres suivants :
▪ texture,
▪ paramètres agronomiques,
▪ oligo-éléments,
▪ éléments traces métalliques,
▪ éléments pathogènes.

Les premiers épandages pourront être réalisés avec les boues sèches actuellement stockées à
proximité des bassins de filtration. Les produits épandus seront préalablement analysés sur les
paramètres suivants :
▪ paramètres agronomiques,
▪ oligo-éléments,
▪ éléments traces métalliques,
▪ éléments pathogènes.

Les résultats devront être disponibles avant les épandages afin de caler au plus juste la dose
d'apport.

Les épandages seront réalisés par des épandeurs tractés, chargés directement sur le site actuel
de stockage des boues sèches (distance inférieure à 2 km). Ils seront suivis d'un enfouissement
des produits épandus par labour.
Les apports et le labour seront pratiqués dans les jours qui précèdent l'implantation des cultures.

Les cultures ne recevront aucune autre fertilisation complémentaire. La récolte sera accompagnée
d'une mesure des rendements permettant de distinguer les zones épandues des zones non
épandues.

Au moment de la récolte, un échantillon de grains des deux zones sera prélevé pour une analyse
sur les éléments traces métalliques et les germes pathogènes.
De même, deux analyses de sols seront pratiquées sur les zones identiques aux précédentes pour
une caractérisation complète :
▪ texture,
▪ paramètres agronomiques,
▪ oligo-éléments,
▪ éléments traces métalliques,
▪ éléments pathogènes.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

4- communication

Le volet communication sera assuré par les services de la RAMSA. Ils veilleront à :

- mettre en place un communication en amont auprès de l’ensemble des utilisateurs


potentiels des sous-produits de l’épuration :
o agriculteurs,
o coopérative agricole,
o centre de collecte et de transformation,
o services des espaces verts de la Willaya d’Agadir,
o pépiniéristes locaux,
o gestionnaires des golfs,
o …

- s’assurer de la bonne mise en œuvre de cet essai et de la fourniture de produit de


qualité,

- informer les services de l’état de ces essais et des mesures prises pour les contrôler,

- contrôler toutes les étapes de la communication afin de ne pas subir de contre


communication sur la valorisation de sous-produits de l’épuration,

- inviter les acteurs de la filière lors de la réalisation des épandages en les ayant
préalablement invités à une visite des installations du M’ZAR,

- réaliser les publications sur cet essai,

- rester le maître d’ouvrage des communications liées à cet essai,

- inviter les acteurs de la filière à une réunion de présentation des résultats,

- établir une plaquette de communication sur cet essai et sur la filière qui sera mise en
place par la RAMSA.

5- bilan de cet essai

Le bilan de cet essai, s’il est positif, s’attachera à mettre en valeur l’efficacité et l’innocuité du
produit épandus.
Il servira de base à l’estimation des doses d’apport qui pourront être pratiquées par la suite en
usage courant. Il définira les précautions d’utilisation particulières qui pourront être mises en
évidence par cet essai.

Il apportera des réponses sur le potentiel d’utilisation des sous-produits du M’ZAR par la réserve
forestière d'une part et par d'autres utilisateurs potentiels présentant un profil similaire d'autre part.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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❑ Poursuite des épandages sur les terres agricoles de la réserve

1- mise en œuvre de la filière

En accord avec les gestionnaires de la réserve forestière, cet essai pourra être prolongé par une
utilisation régulière des sous produits de l'épuration du M'ZAR pour la fertilisation complète des 50
ha de cultures de la réserve de chasse.

Préalablement, les 50 ha seront cartographiés et présentés selon leurs caractéristiques suivantes :


- découpage par îlots de cultures ; dénomination, surface,…
- 1 analyse complète de sol par îlots de cultures :
▪ texture,
▪ paramètres agronomiques,
▪ oligo-éléments,
▪ éléments traces métalliques,
- caractéristiques des sols,
- contraintes environnementales :
▪ présence de point d'eau superficielle,
▪ présence de puits et de forages,
- contraintes humaines :
▪ présence d'habitation ou de lieux fréquentés régulièrement,

➔ définition de zones inaptes à l'épandage :


▪ isolement de 100 m des zones habitées et fréquentées,
▪ isolement de 50 m des points d'eau et des forages.

Ce document de type plan d'épandage sera remis aux services de la réserve de chasse et aux
services de contrôle.

Les épandages seront pratiqués avec du matériel adapté. Une convention d'utilisation / mise à
disposition sera établie entre la RAMSA (producteur) et les gestionnaires de la Réserve Royale de
chasse (utilisateurs). Elle définira les modalités de livraison, d'épandage et de suivi ainsi que les
responsabilités des deux parties.

2- suivi des opérations d’épandage

En l’état actuel de nos connaissances sur la filière de traitement et de valorisation, nous


préconiserons la mise en œuvre d’un suivi agronomique sur les bases suivantes :

✓ Contrôle analytique des produits

➔ 1 analyse complète pour 100 tonnes de produit fini


▪ paramètres agronomiques,
▪ oligo-éléments,
▪ éléments traces métalliques,
▪ éléments pathogènes.

➔ résultats disponibles avant les épandages

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

✓ Organisation des épandages

➔ identification des îlots de cultures retenues pour la campagne à venir


➔ préconisation des doses d’apport en fonction des cultures et de la qualité du
produit à épandre
➔ remise d’un planning prévisionnel d’épandage
▪ aux acteurs de la filière,
▪ aux services de contrôle,

✓ Contrôle et enregistrement des épandages

➔ tenue à jour de cahier d’enregistrement :


▪ des tonnages épandus,
▪ des surfaces épandues,
▪ des contraintes rencontrées,
▪ …
➔ contrôle du respect des doses et des distances d’isolement

✓ Accompagnement des épandages

➔ conseils agronomiques :
▪ appuis technique,
▪ plan de fumure,
▪ …
➔ analyses agronomiques des sols : 1 analyse pour 5 ha épandus
➔ analyse des éléments traces dans les sols : 1 analyse pour 20 ha épandus
➔ bilan annuel récapitulant les opérations d'épandage et leurs résultats

3- déroulement des opérations

1 Mise en œuvre d'un essai agronomique sur 2 parcelles avec les boues sèches
actuellement stockées sur le site
2 Essai agronomique avec les produits finis
3 Bilan des essais agronomiques
4 Communication des essais aux utilisateurs potentiels
5 Réalisation d’un plan d’épandage sur les 50 ha de la réserve
6 Mise en place de la filière avec des partenaires techniques compétents
7 Suivi et contrôle de la filière

Cette filière peut être mise en œuvre dès maintenant en utilisant les boues sèches raclées sur les
filtres et actuellement stockées sur le site.

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❑ Réalisation d'essais de végétalisation

Les boues sèches raclées sur les bassins de filtration présentent des teneurs en matières
organiques intéressantes. Elles sont de plus déjà mélangées avec le sable du fait même de la
technique de raclage.

Il apparaît donc tout à fait envisageable d'utiliser ces boues comme support de culture pour la
végétalisation du cordon dunaire.

La principale difficulté réside dans la technique d'apport de ces produits pour laquelle nous
distinguerons :
- des solutions manuelles assurant un apport localisé sur les plantations. Les opérations
de végétalisation actuellement réalisées par la réserve de chasse se font
manuellement. Dans ce cadre, il conviendra de veiller à une bonne hygiénisation des
produits et à une vaccination appropriée du personnel d'intervention.

- des solutions mécaniques permettant de déposer le produit sur de grandes superficies.


Les outils actuellement utilisés pour la végétalisation des talus et des pistes de ski, sont
des épandeurs à projection latérale. Les produits sont alors projetés par un système de
tapis roulant jusqu'à une hauteur de 35 m pour un talus de 45°. Cette solution est
envisageable dans le contexte local mais aucun matériel adapté n'est présent dans la
région.

La solution manuelle nécessite un conditionnement préalable en sac des boues sèches. Nous
préconiserons dans ce cadre l'utilisation de sac de 100 litres qui pourraient être remplis dès les
phases de raclage des bassins. Cela éviterait une manutention supplémentaire.

Pour de tels apports, les essais utiliseront des doses d'apport comprises entre 50 et 100 litres par
plantation.
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Pour les sédiments secs, une utilisation par projection mécanique nous semble plus appropriée.

1 : stockage des sédiments secs ou compostés

2 : chargement

3 : acheminement vers le cordon dunaire

4 : épandage par projection latérale

Pour de tels apports, les essais utiliseront des doses d'apport comprises entre 10 et 25 litres par
m² (100 à 250 m³/ha).

En France, le coût de mise en œuvre de filière de végétalisation par projection est de l’ordre de 0,8
à 1,5 €/m² selon la technique employée et les difficultés du chantier.

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❑ Précaution de mise en œuvre

✓ Contrôle analytique des produits

➔ 1 analyse complète pour 50 tonnes de produit fini


▪ paramètres agronomiques,
▪ oligo-éléments,
▪ éléments traces métalliques,
▪ éléments pathogènes.

➔ résultats disponibles avant les épandages


➔ utilisation de produits hygiénisés :
▪ salmonella < 8 NPP/10 g MS,
▪ entérovirus < 3 NPPUC/10 g MS réglementation française
▪ œufs d'helminthes pathogènes viables < 3/10 g MS,

✓ Formation et sensibilisation du personnel d'intervention

✓ Vaccination du personnel

❑ Suivi de la filière

✓ Contrôle du non ruissellement des produits épandus :


- contrôle visuel après les pluies,
- suivi de la densité des produits au m²

✓ Suivi de l'évolution du cordon dunaire :


- contrôle visuel et photographique,
- piquetage des dunes

✓ Contrôle de la qualité des eaux

Si la nappe est présente à faible profondeur (très incertain), des piézomètres pourront être
installés sur une partie du cordon dunaire végétalisé. Une analyse de la qualité des eaux serait
alors réalisée régulièrement.

❑ Bilan de la filière

Un bilan régulier sera réalisé en collaboration avec les gestionnaires de la réserve de chasse. Il
permettra de faire le point sur les techniques mises en œuvre et sur les résultats observés.

Le cordon dunaire représente 8 km de long sur une bande de 200 à 300 m de large, soit une
surface évaluée à 200 ha. Compte tenu des doses mises en jeu en végétalisation (moyenne de
100 m³/ha), une part importante des productions des sous produits de l'épuration de la RAMSA
pourrait être utilisée in-situ.

Cette filière offre l'avantage d'être de proximité (peu de transport), dans le site interne de la
réserve de chasse (pas de contacts avec les populations riveraines) avec un interlocuteur
unique ayant pour seul objectif la végétalisation de son site et non la qualité finale d'un
produit commercialisé comme c'est le cas des agriculteurs.
Nous préconiserons donc à la RAMSA d'établir un partenariat avec les gestionnaires pour mettre
en œuvre cette filière rapidement et dans les meilleures conditions.

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IV.2.3. Autres utilisateurs possibles


Non avons listé un certain nombre d'utilisateurs potentiels pour les sous produits de l'épuration.

Ce sont plus particulièrement :


- les services des espaces verts de la Willaya d'Agadir. La métropole envisage d'avoir
700 ha d'espaces verts, soit des besoins importants en plants et en fertilisation. Pour
les plants, les pépinières publiques ou privées ont besoins de sols riches et bien
fertilisés. Ces pépinières sont particulièrement importantes dans le secteur d'Aït Meloul,
à proximité de la station de M'Zar. Pour la fertilisation de fond, l'utilisation de compost
est régulièrement pratiquée.

- les terrains de golfs, présents en rive droite du Sous Massa, ont été créés sur des
terrains sableux, pauvres en matières organiques. Les gestionnaires de ces terrains
sont donc intéressés par des amendements organiques de qualité.

Les services des espaces verts de la Willaya ont été invités à une réunion de présentation du
projet de valorisation dans les locaux de la RAMSA. Ils ne sont pas opposés à l'utilisation des
sous-produits de l'épuration mais demande la plus grande sécurité :
- pour le personnel en charge de leur utilisation : jardiniers, pépiniéristes,…
- pour les personnes qui fréquentent ces espaces verts.

Ces préoccupations sont les mêmes pour les golfs qui doivent assurer une qualité de prestation à
la hauteur de leurs ambitions.

Dans ce cadre, les gestionnaires de ces espaces ne prendront un engagement sur l'utilisation des
sous-produits de l'épuration que lorsque ces derniers auront montré toutes leurs qualités et leur
innocuité. Des études spécifiques sur la parasitologie des produits seront alors nécessaires.

En terme de conditionnement, les produits pourront être présentés en sacs ou en big-bag pour une
utilisation directe sur les espaces verts. Pour les pépinières, des apports en vrac avant mise en
cultures pourront être pratiqués.

Cette démarche s'apparente plus à une démarche d'homologation de produit. Elle sera
contraignante et coûteuse en terme de conditionnement et de suivi qualitatif du produit. Elle
pourrait alors s'accompagner d'une commercialisation selon la demande des usagers.

Dans un premier temps, compte tenu des possibilités offertes par la réserve de chasse d'une part
et par le monde agricole d'autre part, nous recommanderons la mise en place des techniques de
traitement préconisées dans les rapport R1 & R2 et la réalisation d'essais agronomiques. Si ces
essais sont concluants et que l'innocuité des produits autorise leur "commercialisation", cette voie
d'élimination pourra être développée.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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IV.2.4. Bilan des filières de recyclage

Nous donnons ci-contre un résumé des avantages et inconvénients des filières envisagées pour le
recyclage des sous-produits de l'épuration.

Nous classons les filières de recyclage au sein de la réserve de chasse comme prioritaire du fait
:
- de leur proximité,
- de leur facilité de mise en œuvre,
- d'exigences sanitaires moindres (en dehors de la prévention des utilisateurs)
- d'un interlocuteur unique déjà partenaire de la RAMSA,
- d'une volonté marquée des gestionnaires de la filière de s'impliquer dans cette filière.

Les autres filières demandent plus de garanties et devront être précédées d'essais agronomiques
montrant la qualité et l'innocuité des produits. Pour la réserve, ces essais seront aussi nécessaires
mais ils pourront être réalisés grandeur nature, avec les boues sèches déjà raclées sur les bassins
de filtration.

En parallèle à la mise en place de la filière de traitement et de recyclage sur le site de M'ZAR,


nous préconiserons la mise en place des essais agronomiques avec l'O.R.M.V.A.

Cette structure, déjà partie prenante dans le site pilote de BenSergao, dispose en effet d'un savoir
faire dans la mise en place d'essais agronomiques et reste un partenaire privilégié pour la mise en
œuvre d'un partenariat avec le monde agricole.

Le développement des filières de recyclage sur les espaces verts et les espaces publics est
plus délicat car elles sont exigeantes en hygiénisation du produit et plus contraignantes dans leur
mise en œuvre. Nous proposerons de les développer si les résultats des essais agronomiques
sont satisfaisants et si cette solution peut déboucher à terme vers une commercialisation du
produit.

Les coûts d’épandage ont été estimés dans le rapport R3. En ce qui concerne les coûts
nécessaires à la mise en place des essais agronomiques, nous estimons les besoins en ingéniérie
et organisation à un minimum de 300 h sur 18 mois pour un ingénieur agronome en charge du
projet. Le montant des prestations avec un partenaire privé serait de alors de l’ordre de 90 000 Dh
(300 Dh/h).

A cela s’ajoute les besoins en analyse qui ont été estimés à :


- 10 000 Dh pour les analyses de produits,
- 12 000 Dh pour les analyses de sol,
- 8 000 Dh pour les analyses de produits de récolte.
➔ 30 000 Dh de prestations analytiques

Les frais de transport et de récolte sont eux estimés à 20 000 Dh par essai. Le volet
communication représente quant à lui de l’ordre de 40 000 Dh.
Au total, nous estimons la mise en œuvre d’un essai agronomique à un montant voisin de
180 000 Dh.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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V - Recommandations
- Une police des réseaux efficace pour être sûr de produire des boues propres
La maîtrise des rejets contaminants dans les réseaux est la première condition pour obtenir des
boues de qualité qui seront facilement acceptées pour l’épandage.

- Une large information pour que les épandages soient clairement acceptés par tous.
La plus large concertation doit permettre à tous les acteurs de prendre position en connaissance
de cause sur la pratique de l’épandage.

- Une organisation à l’échelle d’un territoire pour une harmonieuse répartition des
épandages
La prise en compte des productions de boues à épandre et des parcelles disponibles doit se faire
sur un territoire assez vaste (petite région agricole) pour répartir harmonieusement les épandages
en fonction des contraintes de sols, de cultures, de surfaces utilisables... et tenir compte, bien
entendu, des apports déjà existants en déjections animales.

- Un contrôle analytique bien organisé pour garantir la connaissance des boues épandues
et des sols récepteurs
Des analyses régulières sont indispensables pour connaître la qualité des boues épandues et les
aptitudes des sols à les recevoir.

- Un bon raisonnement de l’épandage pour valoriser au mieux les propriétés fertilisantes


des boues.
Une démarche raisonnée à partir de données agronomiques précises est essentielle pour assurer
de bons résultats aux cultures, satisfaire l’agriculteur et pérenniser l’épandage dans le cadre d’une
agriculture durable.

- Un code de bonnes pratiques d’épandage pour que chaque intervenant fasse exactement
ce qu’il doit faire.
Des procédures écrites et connues de tous éviteront les hésitations et les fausses manœuvres qui
pourraient être à l’origine d’incidents.

- Un responsable bien identifié pour organiser les chantiers et servir d’interlocuteur.


Savoir à qui s’adresser, responsable unique désigné et connu, à qui s’adresser en cas de
mécontentement ? confirme la fiabilité de l’organisation et génère la confiance.

- Un organisme indépendant valide les données fournies par le producteur de boues.


Sur l’ensemble de la filière épandage, en plus de l’auto-contrôle par le responsable de l’épandage
et du contrôle officiel du respect de la réglementation, il est recommandé de mettre en place une
validation extérieure par un organisme indépendant.

- Une lisibilité de la situation nationale pour sensibiliser les citoyens aux efforts déployés.
La connaissance de la situation nationale de l’assainissement, des difficultés rencontrées et des
solutions mises en œuvre, ne peut que contribuer à faire prendre conscience à tous les citoyens
des enjeux et des complexités de la préservation de l’environnement.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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VI - Prévention des risques


Les notions de danger et de risque sont couramment utilisées par le monde médical dans le cadre
de la démarche de santé publique. Elles sont utilisées de la même manière dans les études qui
concernent les boues d’épuration et qui ont pour but de guider le législateur dans la définition des
règles sanitaires appliquées à l’épandage : pratiques hygiéniques, traitements d’hygiénisation ,
interdiction de certains usages, …
Les boues d’épuration, au même titre que les déjections animales, contiennent des micro-
organismes pathogènes et des contaminants chimiques.

En terme de méthode d’analyse des risques, ces micro-organismes et ces contaminants


constituent des “dangers” dont l’intensité varie selon la nocivité de chaque élément. Les “risques”
liés à l’épandage agricole de boues d’épuration sont le produit de ces dangers et des expositions
possibles à ces dangers. Les voies d’exposition ont été identifiées et analysées en prenant en
compte l’homme, les animaux, le sol et les cultures :

• les risques pour l’homme peuvent résulter d’une contamination directe (en particulier pour les
intervenants de la filière d’épandage : personnel des stations d’épuration, transporteurs,
agriculteurs,…). Ils peuvent aussi découler d’une dégradation de la qualité des aliments.
De plus, l’ingestion directe de sol par les enfants fait partie des voies d’exposition étudiées.

• les risques pour la santé des animaux et des cultures peuvent être liés à des contaminations
directes (ingestion par le bétail d’herbe souillée, phytotoxicité par absorption de substances
nuisibles, …) et pourraient se traduire – s’ils étaient avérés ! - par un risque économique pour
l’agriculteur.

• la contamination des sols (en éléments ou composés-traçes) constitue en revanche ce qu’on


appelle un risque environnemental, et non plus sanitaire, car à court et moyen terme ce risque est
sans impact sur la santé publique.

Les risques s’expriment différemment en fonction du temps :

- les risques liés aux micro-organismes pathogènes s’expriment essentiellement à court terme,
selon le temps de survie de ces micro-organismes dans le sol (quelques jours à quelques mois).

- les risques liés aux éléments ou composés-traces (ET et CTO) ne s’expriment qu’à travers
des mécanismes complexes d’accumulation et/ou de modification des conditions de milieu:
caractéristiques du sol, fertilité, …

On estime que des apports réguliers d’éléments-traces – quelles qu’en soient les sources -
conduisent inéluctablement à une accumulation dans le sol tant que les conditions physico-
chimiques ne changent pas.

Toutefois, aux échelles de temps sur lesquelles peut s’observer le processus d’accumulation (50 à
100 ans au minimum, voire davantage), les parcelles agricoles sont soumises à des changements
d’affectation, de pratiques culturales et de pertes par érosion qui contredisent la vision d’un sol
idéalement immuable. Par exemple, un sol agricole perd en moyenne 2 à 5 tonnes de terre par
hectare et par an, en situation normale, et jusqu’à 10 à 30 t en situation plus extrême de forte
érosion.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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De même, une acidification des sols, par absence ou arrêt du chaulage agricole, pourrait entraîner
- dans l’absolu - la libération d’éléments-traces, qui deviendraient alors assimilables par les
cultures et pourraient modifier leur qualité alimentaire. Pour autant, cela n’aurait d’impacts en
terme de santé publique que si ce phénomène avait une ampleur hors du commun, scénario
incompatible tant avec les dispositions réglementaires qu’avec la réalité des épandages pratiqués.

Les effets à long terme des éléments ou composés-traces sur l’activité microbiologique du sol sont
moins connus car difficiles à apprécier scientifiquement. Un suivi réalisé en Grande-Bretagne,
vingt ans après un épandage de boues fortement contaminées en ET, a montré une augmentation
de la tolérance des micro-organismes du sol aux métaux. Mais la transposition des conclusions
d’une telle étude à des épandages “normaux” (boues de qualité et dose agronomique) est
hasardeuse. Des suivis de longue durée, sur sites témoins de bonnes pratiques d’épandage,
seraient plutôt nécessaires pour connaître l’évolution des populations de micro-organismes dans
de telles conditions. A court terme (quelques semaines après les épandages), l’incorporation de
boues provoque une intensification de l’activité biologique du sol.

Tout ceci justifie la mise en place d’un dispositif de surveillance sur les aspects connus
(conception et application de la réglementation) et de programmes de recherche sur les aspects
moins bien connus.

Les dangers, les voies d’exposition et les risques étant bien identifiés, des stratégies de maîtrise
des risques ont été mises en place en France. Elles consistent à agir sur les deux facteurs qui
composent le risque :

• éliminer les dangers, en poursuivant et en renforçant la politique de gestion des réseaux et de


contrôle des rejets à la source. L’objectif est, bien sûr, de faire diminuer en permanence les taux
de contaminants dans les eaux usées pour obtenir, dans toutes les stations, des boues de très
grande qualité.
Les analyses de boues sont la source d’une parfaite connaissance des apports de fertilisants et de
contaminants dans le sol. Les nouvelles dispositions réglementaires systématisent les analyses
non seulement de boues mais aussi de sols, ainsi que l’enregistrement des résultats année après
année. Les évolutions des teneurs des boues et des sols en éléments-traces pourront donc être
suivies avec encore plus de rigueur et, en cas de dérive, les mesures correctrices pourront être
prises à temps.
Conjuguées avec l’enregistrement systématique de toutes les opérations d’épandage, les analyses
de boues permettent de mettre en place une véritable démarche de traçabilité.

Par ailleurs, les traitements appliqués aux boues avant leur mise à disposition peuvent avoir un
rôle important pour éliminer des dangers potentiels (notamment microbiologiques), aussi bien que
pour améliorer leurs qualités agronomiques dans certaines situations culturales.

• réduire l’exposition par des procédures de manipulation, de transport et d’épandage


formalisées dans les textes réglementaires et qui s’imposent à tous les intervenants de la chaîne
en tant que bonnes pratiques d’épandage. Les nombreuses restrictions à l’épandage (interdictions
sur les cultures maraîchères, sur les sols gelés, distances limites à respecter, délais sanitaires,
etc.) font partie de ce dispositif.

• mettre en œuvre le principe de précaution chaque fois que les données scientifiques sont
insuffisantes pour étayer une disposition réglementaire, en révisant régulièrement les modèles
théoriques en fonction de l’avancement des connaissances.

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VII - Conclusions
En l’état actuel de la filière locale de traitement des eaux usées du site de M’ZAR et des pratiques
de recyclage des sous-produits de l’épuration au Maroc, il n’est pas envisageable de déterminer
avec assurance et précision ce que sera le devenir des sédiments décantés et des boues raclées.

Il existe en effet trop d’incertitudes sur la filière de traitement elle-même (compostage ou séchage
solaire ?) pour déterminer quelle sera la qualité finale des produits. De ce fait et compte tenu de
l’absence d’expérience similaire au Maroc, les utilisateurs potentiels sont demandeurs de résultats
concrets avant de s’engager.

Pour ce faire nous préconiserons de mener des essais agronomiques accompagnés de volets
communication importants envers ces futurs partenaires. En attendant les premières productions
de sédiments secs ou compostés, les premiers essais pourront être mis en place avec les boues
sèches raclées sur les bassins de filtration

La présence à proximité du site de terres cultivées pour la nourriture du gibier de la réserve de


chasse de M’ZAR offre la possibilité de mettre en œuvre des essais agronomiques grandeur
nature, sur des cultures céréalières. Ces essais pourront être couplés avec des essais plus
poussés sur des cultures spécifiques telle que la banane en partenariat avec l’O.R.M.V.A. sur son
site expérimental de Sid Bibi.

En parallèle, et toujours à proximité des zones de production, des essais de végétalisation du


cordon dunaire de la réserve royale de chasse seront mis en œuvre. Les gestionnaires de la
réserve sont en effet très demandeurs et le potentiel de valorisation y est important. Cette solution
est également moins exigeante sur la qualité du produit avec un objectif tourner vers une
amélioration des sols et non vers une fertilisation pour des cultures consommées.

En fonction des résultats de ces différents essais et du potentiel réellement proposé par ces
partenaires, la démarche sera poursuivie :
- par la mise en place de plan d’épandage : activité agricole classique,
- par la mise en œuvre d’une charte de réalisation des opérations de végétalisation,
- par le développement et la recherche de nouveaux partenaires tels que les
gestionnaires des espaces verts et des golfs si les premières filières ont une pérennité
jugée insuffisante.

Pour faire face au délais de mise en œuvre de ces essais et de leur filière respective, la RAMSA
peut d’ores et déjà travailler en partenariat avec la réserve de chasse qui offre, sur un site clos et
préservé, des possibilités de mise en œuvre d’essais en grand.

Ces projets seront accompagnés de volets communication importants, tournés vers l’ensemble
des acteurs de la filière : usagers de l’assainissement, utilisateurs des sous-produits de l’épuration,
gestionnaires des espaces agricoles et boisés, collecteurs et transformateurs des produits
agricoles, consommateurs et services de l’état. Ces expériences novatrices à cette échelle au
Maroc, pourront utilement être reproduites et utilisées pour le développement des filières de
recyclage des sous produits de l’épuration dont l’avenir semble prometteur.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

Amendement : “Matières fertilisantes apportées aux sols et dont la fonction principale est d’améliorer leurs propriétés
physiques et/ou chimiques et/ou biologiques” (définition norme AFNOR U 42-041, mars 1985).
• un amendement organique améliore l’aération et la cohésion du sol ainsi que sa capacité à retenir les éléments fertilisants,
• un amendement basique (chaux agricole par exemple) élève le pH du sol, c’est-à-dire diminue son acidité (valeur
neutralisante).

Bactéries : micro-organismes constitués d’une seule cellule sans noyau individualisé (procaryotes), considérés comme
appartenant à un règne autonome, ni animal, ni végétal.
Elles constituent la forme la plus ancienne de cellule vivante.
De nombreuses bactéries vivent en saprophytes (elles se nourrissent de cadavres animaux ou végétaux), d’autres en parasites
des plantes, des animaux ou de l’homme (elles se nourrissent aux dépens d’organismes vivants).
A la différence des virus, les bactéries possèdent à la fois de l’ADN et de l’ARN et sont capables de se reproduire de façon
autonome par division cellulaire.

Biodégradable : décomposable par l’action d’organismes vivants.

Biodisponibilité : aptitude d’un élément à être absorbé par un être vivant (par exemple, seuls les nutriments biodisponibles
peuvent servir à l’alimentation des plantes).

Colloïde : corps chimique capable de prendre l’état colloïdal, c’est-à-dire l’apparence de la colle ou de la gelée, lorsque ses
molécules dispersées dans un solvant se regroupent en micelles portant des charges électriques de même signe ; la substance
est alors incapable de traverser une membrane semi-perméable.

Composé-trace organique ou CTO : composés chimiques moléculaires issus de substances chimiques principales
(exemples : pesticides, hydrocarbures, détergents) ou de la dégradation de ces substances, et présents en quantité
infinitésimale dans un milieu.

Décantation : séparation obtenue en laissant se déposer, sous l’effet de la gravité et de l’absence de mouvement ou de la
réduction de vitesse, un solide ou un liquide en suspension au sein d’un autre liquide de densité inférieure.

Déchet : Au sens de la loi de 1975 : "tout résidu d’un processus de production de transformation ou d’utilisation, toute
substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l’abandon".

Ecosystème : unité écologique de base englobant tous les éléments d’un milieu (?) donné ainsi que les relations des
organismes animaux et végétaux entre eux et avec les autres éléments du milieu considéré (par exemple, écosystème
aquatique, écosystème montagnard,…).

Ecotoxicologie : étude des conséquences toxiques différées de la contamination de l’environnement par des substances
chimiques persistantes.

Effet œstrogénique : effet semblable à celui des hormones œstrogènes responsables chez les femelles des mammifères des
manifestations de l’œstrus au moment de l’ovulation (développement du corps jaune, épaississement et sur-irrigation sanguine
de la paroi de l’utérus, aptitude à la fécondation,…).

Effluent : terme générique désignant une eau usée urbaine ou industrielle, et plus généralement tout rejet liquide véhiculant
une certaine charge polluante (dissoute, colloïdale ou particulaire). Le terme désigne également les déjections animales
(“effluents d’élevage”). On parle aussi d’effluents gazeux.

Elément-trace métallique ou ETM : métal ou métalloïde présent en quantité infinitésimale dans un milieu.

Émissaire : canalisation d’eaux usées qui relie directement une agglomération au lieu de traitement ou de rejet

Engrais : “Matières fertilisantes dont la fonction principale est d’apporter aux plantes des éléments (ou nutriments) directement
utiles à leur nutrition” (définition AFNOR, norme U 42-041).

Équivalent-habitant E.H. : unité de mesure représentant la quantité de pollution émise en un jour par une personne.
1 E.H. = 60 g de DBO5/jour ou 21,6 kg de DBO5/an.
(DBO5 : Demande Biochimique en Oxygène en 5 jours).

Eutrophisation : enrichissement excessif d’un milieu aquatique (notamment si les eaux sont stagnantes ou à circulation
réduite) en éléments nutritifs ou en matières organiques, provoquant un développement surabondant de biomasse végétale
dont la décomposition ultérieure consomme, en partie ou en totalité, l’oxygène dissous dans l’eau et réduit la biodiversité du
milieu aquatique.

Fèces : excréments solides de l’homme, formés des résidus de la digestion.

Fermentation : transformation de substances organiques par l’action d’enzymes produits par des micro-organismes (le plus
souvent des levures, des bactéries ou des moisissures).

Fermentescible : dont la composition favorise le développement des fermentations.

Floculant : substance qui a la propriété de floculer, c’est-à-dire d’agréger sous forme de flocons, des particules de colloïdes en suspension
dans un solvant.

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

Flottation : méthode de séparation qui met à profit la différence de densité entre un liquide dans lequel on injecte de fines
bulles d’air et une matière capable de fixer ces bulles pour venir flotter en surface : les graisses, par exemple, sont facilement
extraites par cette méthode

Hygiénisation : traitement par des procédés physiques ou chimiques, qui réduit à un niveau non détectable la présence de
tous les micro-organismes pathogènes dans un milieu (arrêté du 8 janvier 1998 sur l’épandage des boues d’épuration, articles
12 et 16).

Inertage : traitement visant à rendre un produit inerte, c’est-à-dire incapable de produire une réaction chimique lorsqu’il rentre
en contact avec un autre corps.
Le terme inertage s’applique notamment au traitement des déchets avant mise en décharge.

Matière fertilisante : “toute matière dont l’emploi est destiné à entretenir ou améliorer, séparément ou simultanément, la
nutrition des végétaux ainsi que les propriétés physiques et chimiques et l’activité biologique des sols ” (Définition AFNOR,
norme U 42-041, mars 1985).

Matière organique colloïdale : matière organique dispersée dans l’eau sous forme de molécules agglomérées prenant
l’apparence d’un gel et les rendant incapables de traverser une membrane semi-perméable.

Métaux lourds : terme générique désignant indistinctement des métaux et métalloïdes réputés toxiques. Ce vocable ambigu
est désormais abandonné. On lui préfère l’expression “éléments-traces”.
Micro-organisme pathogène : micro-organisme (virus, bactérie, champignon, protozoaire, ver) capable de provoquer une
maladie chez l’homme ou les animaux au-delà d’une dose infectante ou infectieuse donnée.

Milieu : ensemble des objets matériels, des êtres vivants, des conditions physiques, chimiques et climatiques qui entourent et
influencent un être vivant (milieu naturel, milieu aquatique, milieu terrestre, etc.).

MES (ou M.E.S) : Matières En Suspension : ensemble des matières solides contenues dans une eau usée et pouvant être
retenues par filtration ou centrifugation.

MVS (ou M.V.S) : Matières Volatiles en Suspension : fraction organique des MES.

Nutriment : substance alimentaire qui peut être assimilée directement et totalement par un être vivant (par exemple : sels
minéraux pour les plantes).

Oligo-élément : élément chimique, métal ou métalloïde, indispensable en très faible quantité dans le métabolisme des êtres
vivants (végétaux ou animaux).

Phtalates : sels de l’acide phtalique (dérivé du naphtalène, hydrocarbure aromatique de formule C 10H8) utilisés dans les
matières plastiques.

Protozoaires : êtres vivants unicellulaires, à noyau individualisé (eucaryotes), appartenant au règne animal, et doués de
mouvements pendant tout ou partie de leur existence. L’amibe, un des plus connus, peut être parasite de l’homme.

Roches magmatiques : ce sont des roches originaires du magma présent à l’intérieur de la terre et venues en surface, soit par
éruption (roches éruptives), soit par déformation et érosion des couches profondes de l’écorce terrestre (roches plutoniques).

Roches sédimentaires : roches formées par la transformation, au cours du temps, de dépôts d’origines diverses : produits
d’altération d’autres roches par l’érosion (argile, calcaire, grès, poudingues,…), composés d’origine biochimique (charbon,
pétrole) ou cendres volcaniques (pyroclastites).

Roches ultrabasiques : ce sont des roches magmatiques (?) venues en surface lors d’éruptions volcaniques et formées par
cristallisation du magma liquide ou pâteux. Elles sont majoritairement constituées par les basaltes et les andésites, roches
ayant (à l’exception des basaltes alcalins) des teneurs en silice supérieures à 45 %.

Rémanence : persistance d’un composé ou d’une molécule organique dans un sol.

Séparation gravitaire : méthode de tri qui met en jeu l’effet de la gravitation sur des matériaux de densité différente,
généralement au sein d’un liquide, les plus lourds ayant tendance à se déposer en dessous de ceux de moindre densité, ou à
être moins entraînés par le courant du liquide, les plus légers ayant tendance à flotter à la surface.

Toxicologie : étude des poisons ou toxiques (détection, effets et remèdes).

Végétalisation : opération permettant à des espèces introduites ou naturellement présentes dans le milieu de reconquérir
rapidement des terrains dénudés par l’action de l’homme (chantier, aménagement,…) ou par l’effet de catastrophes naturelles.

Virus : micro-organisme constitué essentiellement de protéines et d’un seul type d’acide nucléique (ADN ou ARN), ne pouvant vivre et se
multiplier qu’en parasitant les cellules d’un autre organisme vivant (parasite obligatoire).

Rapport R4 V1 : Etude de la valorisation des sous produits de l’épuration SESAER Décembre 2005

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Etude des filières de traitement et de valorisation des sous-produits de la décantation des eaux usées de M’ZAR - RAMSA

VIII - Annexes
- Convention type entre utilisateurs et producteurs de boues d’épuration –
exemple SESAER France

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