Dans le souci de promouvoir le commerce transfrontalier et la
libéralisation des échanges, plusieurs États africains ont ratifié
des traités portant création des institutions dans plusieurs
domaines spécifiques, notamment en droit international des
affaires. Selon le professeur Maurice Hauriou, dans son ouvrage
intitulé la théorie de l’institution une institution est «un
groupement organiser des personnes et des biens autour d’un
but commun, dotée d’une certaine permanence et d’une
identité propre ». L’institutionnalisation du droit international
des affaires est bien plus récente que celle du doit international
Public. Il s’est développé à partir de la fin du XIX siècle avec la
création d’organisations comme la Commission Centrale du
Rhin et des Unions postales et télégraphiques, visant à gérer
les transactions de l’information économique transfrontalière.
Elle s’est intensifiée avec la mondialisation menant à la
création des organisations comme L’OMC qui a succédé le GATT
par un traité international de 1947. En Afrique c’est le traité du
17 octobre 1993 à l’île Maurice portant création de l'OHADA
pour harmoniser les règles et faciliter les échanges
commerciaux entre des Etats ayant des traditions juridiques
communes. Ce sujet revêt un intérêt théorique et pratique.
Théorique dans la mesure où le mouvement vers une justice
régionale, illustré par le projet de cour africaine de justice, est
une facette de cette institutionnalisation, mais il soulève des
questions d’efficacité et de dépendance vis-à-vis des
mécanismes internationaux existants et pratique car
l’institutionnalisation du droit international des affaires en
Afrique découle d’un débat sur la manière de concilier la
souveraineté nationale avec les besoins de l’intégration
économique et juridique, l’enjeu principal étant le maintien de
la pertinence du continent dans un système juridique mondial.
A cet effet, une question mérite d’être posée : Les institutions
africaines en droit international des affaires permettent-elles de
garantir une régulation efficace et une sécurité juridique
propice à l’intégration économique du continent ? Pour
répondre à cette interrogation nous allons analyse
l’architecture institutionnelle en quête d’harmonisation et de
sécurité juridique (I) et des défis persistants et des perspectives
de consolidation(II)
I- UNE ARCHITECTURE INSTITUTIONNELLE EN QUÊTE
D’HARMONISATION ET DE SÉCURITÉ JURIDIQUe
A. LES PRINCIPALES INSTITUTIONS ET LEURS MISSIONS
Face à la nécessité de sécuriser les échanges économiques et
d’attirer les investissements, les États africains ont
progressivement mis en place un ensemble d’institutions visant
à harmoniser le droit des affaires. Parmi celles-ci, l’OHADA
(Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des
Affaires), créée par le traité de Port-Louis en 1993, constitue
une référence majeure. Elle regroupe aujourd’hui 17 États
membres et propose des Actes uniformes couvrant des
domaines variés tels que le droit commercial général, le droit
des sociétés, les sûretés, l’arbitrage ou encore les procédures
collectives.
Selon le professeur Philippe Delebecque, l’OHADA incarne un «
laboratoire d’intégration juridique » qui permet de dépasser les
clivages entre les systèmes de droit civil et de common law.
Cette harmonisation favorise la prévisibilité des règles et
renforce la confiance des investisseurs.
En complément, la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage
(CCJA), organe juridictionnel de l’OHADA, joue un rôle
fondamental dans l’interprétation uniforme des textes. Dans
son arrêt n°201/2024 du 27 juin 2024, la CCJA a précisé les
limites de sa compétence en matière de litiges ne relevant pas
des Actes uniformes, soulignant ainsi la nécessité d’une
clarification des domaines d’intervention.
Par ailleurs, la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale
africaine), entrée en vigueur en 2021, ambitionne de créer un
marché unique pour les biens et services. Son protocole sur les
investissements et la concurrence, en cours de mise en œuvre,
introduit des normes communes en matière de droit
économique. Le Secrétariat de la ZLECAf, basé à Accra,
coordonne les efforts des États membres pour garantir la
cohérence des politiques commerciales.
Enfin, les Communautés économiques régionales (CER) telles
que la CEMAC, la CEDEAO ou la SADC, ainsi que l’Union
africaine, participent à la régulation des affaires à travers des
initiatives juridiques et politiques. Toutefois, leur rôle reste
souvent complémentaire, voire secondaire, par rapport aux
institutions spécialisées comme l’OHADA. Ces mesures visent à
réduire les barrières commerciales, à attirer les investissements
et à stimuler la croissance économique sur le continent.
B. LES MÉCANISMES DE RÉGULATION ET DE RÉSOLUTION DES
DIFFÉRENDS
La régulation des affaires ne saurait être complète sans des
mécanismes efficaces de règlement des llitiges. Ainsi, les
institutions africaines ont établi des mécanismes de résolution
des différends commerciaux et d’investissement en offrant des
mécanismes de règlement des différends. En effet, le
règlement des différends en droit international des affaires fait
appel à divers méthodes allant des consultations et de la
méditation aux procédures judiciaires devant les tribunaux et
cours.
L’arbitrage OHADA, régi par l’Acte uniforme sur l’arbitrage,
permet aux parties de résoudre leurs différends de manière
rapide et confidentielle. La CCJA peut intervenir en tant que
juridiction d’appel, comme dans l’affaire n°200/2024 où elle a
annulé une saisie conservatoire irrégulière, illustrant son rôle
de garant du respect des procédures.
De plus, la médiation et la conciliation sont de plus en plus
promues, notamment dans le cadre des réformes de la ZLECAf.
Le protocole de règlement des différends de cette dernière
s’inspire du modèle de l’OMC, offrant un mécanisme
interétatique de résolution des conflits commerciaux.
Les juridictions nationales, bien qu’intégrant les Actes
uniformes, présentent parfois des divergences d’interprétation.
C’est pourquoi la CCJA joue un rôle d’harmonisation essentiel.
Dans l’arrêt n°162/2025, elle a rejeté une tierce opposition d’un
actionnaire unique, illustrant la rigueur procédurale qui peut
exclure certains acteurs économiques.
Les institutions africaines contribuent à la résolution des
différends commerciaux et d’investissement en offrant des
mécanismes de règlement des différends. En effet, le
règlement des différends en droit international des affaires fait
appel à divers méthodes pour résoudre les litiges, allant des
consultations et de la méditation aux procédures judiciaires
devant les tribunaux comme la Cour Commune de justice et
d’arbitrage (CCJA) de l’OHADA.
II. DES DÉFIS PERSISTANTS ET DES PERSPECTIVES DE
CONSOLIDATION
A. LES DÉFIS STRUCTURELS ET PRATIQUES
Malgré les avancées, les institutions africaines font face à des
défis. Les disparités économiques et politiques entre États
africains compliquent la mise en œuvre uniforme des règles du
droit international des affaires. Certains pays disposent de
systèmes juridiques solides tandis que d’autres luttent avec des
institutions ce qui crée des déséquilibres dans l’application des
normes. Les divergences dans les législations nationales
peuvent créer des obstacles au commerce et à
l’investissement, rendant difficile la création d’un véritable
marché commun.
Le chevauchement des compétences entre l’OHADA, la ZLECAf,
les CER et l’Union africaine, qui engendre une fragmentation
normative. Comme le souligne Souleymane Toé dans la Revue
africaine de droit des affaires (RADA), cette « superposition
institutionnelle » nuit à la lisibilité du droit et à la sécurité
juridique des opérateurs économiques. Le pluralisme juridique
africain mêlant droit civil, common law et droit coutumier
complique également l’harmonisation. Certains États membres
de l’OHADA appliquent les Actes uniformes avec des
interprétations divergentes, ce qui affaiblit l’unité du droit. La
CCJA est alors contrainte d’intervenir pour uniformiser la
jurisprudence. . Mais aussi la concurrence avec les institutions
internationales comme l’OMC nuit aussi aux institutions
africaines. Par ailleurs, les institutions souffrent d’un déficit de
moyens financiers et humains. Le manque de formation des
magistrats, la faible diffusion des textes juridiques et l’absence
de plateformes numériques accessibles freinent l’appropriation
des normes. Une étude conjointe de la CCJA et de l’ERSUMA en
2023 a révélé que les PME africaines connaissent peu les
mécanismes OHADA, ce qui limite leur recours à ces outils.
Enfin, le déficit de légitimité démocratique de certaines
institutions, perçues comme technocratiques, limite leur
ancrage local. La doctrine appelle alors à une « africanisation
du droit des affaires », fondée sur les réalités économiques et
culturelles du continent (Angy Mon Espoir Mfini, RADA).
B. LES PERSPECTIVES DE CONSOLIDATION ET D’ADAPTATION
Face à ces limites, plusieurs pistes d’évolution sont
envisageables. D’une part, le renforcement de la coopération
interinstitutionnelle entre l’OHADA, la ZLECAf et les CER
permettrait une meilleure articulation des normes. D’autre part,
l’harmonisation juridique pourrait intégrer les systèmes
hybrides et favoriser le dialogue entre traditions juridiques
africaines.
La digitalisation des procédures constitue également une
avancée majeure. Le projet de registre du commerce
électronique lancé par l’OHADA en 2024 facilite l’accès à
l’information juridique et renforce la transparence.
La formation des acteurs du droit, soutenue par les revues
doctrinales et les institutions académiques, est essentielle pour
garantir l’efficacité des réformes. L’ERSUMA joue un rôle clé
dans la diffusion des connaissances juridiques à travers des
séminaires et des publications.
Enfin, les institutions doivent s’adapter aux enjeux
contemporains tels que la fiscalité transfrontalière, le
commerce numérique et la transition écologique. La ZLECAf
prévoit l’intégration de protocoles sur le commerce
électronique et la propriété intellectuelle, illustrant une volonté
d’anticiper les mutations du droit des affaires.
UNIVERSITÉ MARIEN NGOUBI REPUBLIQUE DU CONGO
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FACULTE DE DROIT
---------- Unité*Travail*Progrès
DEPARTEMENT DES MASTERS --------------
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NIVEAU : MASTER I PUBLIC
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MATIERE : DROIT PUBLIC DES
AFFAIRES
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LES INSTITUTIONS
SUJET D’EXPOSE:
AFRICAINES EN DROIT INTERNATIONAL DES
AFFAIRES
EXPOSANTS
1- APANDABA KOUENDE Suria Wilor
2- DIMI Dayni Rodrich
3- ETOUMOLA Nice
4- LONGONGUY MBAHOU Jeanny saraï
5- OKOUO Rodina Vondeling
6- OWANGO YOKA Thierry Sidney
Sous la supervision de M. Sagesse ONDONGO