Analyse fonctionnelle
Pierron Théo
ENS Ker Lann
2
Table des matières
1 Espaces vectoriels normés 1
1.1 Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Fonctions continues sur un compact . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Compacts de C 0 (X) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4 Espaces Lp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.1 Densités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4.2 Critères de compacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.5 Espaces de Baire, théorèmes de Banach . . . . . . . . . . . . . 12
2 Dualité – Espaces réflexifs 15
2.1 Forme algébrique de Hahn-Banach . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 Topologies faible et faible ∗ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.1 Topologie faible σ(E, E ′ ) . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2.2 Topologie faible ∗ : σ(E ′ , E) . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.3 Espaces réflexifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3.1 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3.2 Séparabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.3.3 Application à la convergence des suites . . . . . . . . . 24
2.3.4 Espaces uniformément convexes . . . . . . . . . . . . . 25
2.4 Adjoints . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.5 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.5.1 Espaces de Hilbert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.5.2 Les espaces Lp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.5.3 Cas 1 < p < ∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.5.4 Cas L1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.5.5 Cas L∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3 Opérateurs compacts et de Fredholm 35
3.1 Opérateurs compacts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2 Opérateurs de Fredholm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.3 Spectre d’un opérateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
i
ii TABLE DES MATIÈRES
3.4 Spectre des opérateurs compacts . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
4 Théorème spectral dans les Hilberts 45
4.1 Rappels sur les espaces de Hilbert . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4.1.1 Définition et propriétés élémentaires . . . . . . . . . . . 45
4.1.2 Projection sur un convexe fermé . . . . . . . . . . . . . 45
4.1.3 Formes linéaires continues . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.1.4 Bases hilbertiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.2 Opérateurs autoadjoints compacts (Hilbert) . . . . . . . . . . 51
4.3 Calcul fonctionnel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.3.1 Cadre général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.3.2 Cas des opérateurs auto-adjoints compacts sur un Hilbert 55
4.4 Théorème spectral autoadjoint . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.4.1 Propriétés générales du spectre d’un opérateur autoad-
joint . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
4.4.2 Calcul fonctionnel pour les opérateurs autoadjoints . . 57
4.4.3 Résolution spectrale d’un opérateur autoadjoint . . . . 58
4.4.4 Représentation spectrale . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
4.5 Décomposition du spectre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.5.1 Avec la décomposition spectrale . . . . . . . . . . . . . 65
4.5.2 En utilisant les mesures spectrales . . . . . . . . . . . . 67
5 Espaces localement convexes 69
5.1 Formes géométriques de Hahn-Banach . . . . . . . . . . . . . 69
5.1.1 Jauge d’un convexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
5.1.2 Théorèmes de séparation . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
5.2 EVT localement convexes (EVTLC) . . . . . . . . . . . . . . . 71
5.2.1 Espace vectoriels topologiques (EVT) . . . . . . . . . . 71
5.2.2 Théorème de Krein-Milman . . . . . . . . . . . . . . . 72
5.2.3 Théorème de Choquet . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
5.3 Exemples et caractérisations des evtlc . . . . . . . . . . . . . . 78
5.4 Formes linéaires et dualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
5.5 Complétude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
5.6 Limites inductives de topologies . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
5.6.1 Principe général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
5.6.2 Convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.6.3 Topologie de Cc∞ (Ω) et distributions . . . . . . . . . . 85
Chapitre 1
Espaces vectoriels normés
1.1 Rappels
On pose E un espace vectoriel sur K ∈ {R, C}.
Définition 1.1 Norme On appelle norme toute application E → R telle
que :
• ∀x ∈ E, kxk = 0 ⇒ x = 0
• ∀x ∈ E, λ ∈ K, kλxk = |λ| kxk
• ∀x, y ∈ E, kx + yk 6 kxk + kyk
Définition 1.2 Normes équivalentes Deux normes N1 et N2 sont dites équi-
valents ssi il existe α, β > 0 tels que pour tout x ∈ E, αN1 (x) 6 N2 (x) 6
βN1 (x).
Proposition 1.1 Deux normes sont équivalentes ssi les topologies sont
équivalentes.
Démonstration.
⇐ B2 (0, 1) est un ouvert de (E, N1 ) donc il existe r > 0, B1 (0, r) ⊂
B2 (0, 1) donc pour tout x ∈ E, N2 ( 2rNx1 (x) ) 6 1 et N2 (x) 6 2rN1 (x).
Par symétrie, on a le résultat.
⇒ Soit x ∈ B2 (0, 1).
Pour tout y ∈ E, N1 (x−y) 6 α1 N2 (x−y) donc N1 (y) 6 N1 (x)+N1 (x−
y) 6 N1 (x) + α1 N2 (x − y) 6 1 + αr .
Pour r assez petit, on montre bien que B2 (y, r) ⊂ B1 (0, 1).
Remarque 1.1 La topologie de la norme est à base de voisinages dénombrable.
Les valeurs d’adhérence et le fermés se caractérisent donc par des suites.
Proposition 1.2 Si dim(E) < ∞, toutes les normes sont équivalentes.
1
CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
Démonstration. On fixe une base (e1 , · · · , en ) de E. On définit kxk∞ =
n
X
max |xi | avec x = xi ei .
i
i=1
n
X
Si on prend une deuxième norme, on a kxk 6 C kxk∞ avec c = kei k.
i=1
x 7→ kxk est lipschitzienne donc continue pour la norme k·k∞ .
B ∞ (0, 1) est compacte donc la sphère associée l’est aussi donc x 7→ kxk
pour x dans la sphère atteint son minimum (qui est strictement positif) sur
la sphère.
Il existe donc m > 0 tel que pour tout x ∈ S∞ , kxk > m. On trouve ainsi,
pour tout x ∈ E \ {0}, kxkx > m qui assure le résultat.
∞
Définition 1.3 Espace de Banach (E, k·k) est un Banach ssi il est complet
pour le distance associée k·k. Ceci est par exemple caractérisé par le critère :
toute série absolument convergente est convergente.
Définition 1.4 Séparabilité Un espace métrique est séparable ssi il contient
une partie dénombrable dense.
Exemple 1.1 Sont séparables les espaces suivants :
• les evn de dimension finie
• les espaces compacts
Définition 1.5 Partie totale Soit D ⊂ E. D est une famille totale ssi
Vect {D} = E.
Proposition 1.3 Un evn E est séparable ssi il contient une famille totale
dénombrable.
Remarque 1.2 On peut ajouter la liberté de la famille totale dénombrable à
cette équivalence.
Définition 1.6 On notera Lc (E, F ) l’ensemble des applications linéaires
continues, E ′ = Lc (E, K).
On définit la norme triple habituelle. Si F est un Banach, Lc (E, F ) l’est
aussi.
Définition 1.7 Topologie faible ∗ Il s’agit de la topologie la moins fine qui
rend continue les évaluations :
E ′ → K
ex :
u 7 → u(x)
Remarque 1.3 Soit u ∈ E ′ . Une base de voisinages est donnée par ({v ∈
E ′ , ∀i ∈ J1, nK, |v(xi ) − u(xi )| < εi }εi >0,xi ∈E , n ∈ N).
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1.2. FONCTIONS CONTINUES SUR UN COMPACT
En particulier, un → u pour la topologie faible ∗ ssi un (x) → u(x) pour
tout x ∈ E. La convergence pour la norme implique celle pour la topologie
faible ∗. Enfin, un ouvert pour la topologie forte est un ouvert pour la topologie
faible.
Théorème 1.1 Banach-Alaoglu BE ′ = {u ∈ E ′ , kuk 6 1} est compacte
pour la topologie faible ∗.
Démonstration. Si u ∈ BE ′ , alors pour tout x ∈ E, |u(x)| 6 kxk.
Y
Soit I : E ′ ֒→ K.
x∈E
Y
I(BE ′ ) ⊂ Cx avec Cx = [− kxk , kxk] ou D(0, kxk). Donc Cx est com-
x∈E
pact dans K.
Y
Par Tychonov, Cx est compact pour la topologie produit.
x∈E
Or la topologie faible ∗ est la restriction à E ′ de la topologie produit. Il
suffit donc, pour conclure, de montrer que I(BE ′ ) est fermé pour la topologie
produit.
Or I(BE ′ ) est une intersection de fermés (pour le topologie produit) de
la forme Ker(ex+y − ex − ey ) et Ker(eλx − λex ). Ainsi, I(BE ′ ) est fermé dans
un compact, donc compact, et il en est de même pour BE ′ (pour la topologie
faible ∗).
Remarque 1.4 Il y a une preuve plus simple si E est séparable (comme pour
Tychonov).
1.2 Fonctions continues sur un compact
On prend X un espace métrique compact.
Proposition 1.4 C 0 (X) est un espace de Banach pour kf k = sup |f (x)|.
x∈X
Proposition 1.5 C (X) est séparable.
0
Démonstration. Pour tout n 6= 0, X est compact donc il existe xn1 , . . . , xnkn
[kn
1
tel que X ⊂ B(xni , ).
i=1 n
On définit
( 1 − d(x, xnk ))+
ϕk,n (x) = kn n
X 1
( − d(x, xni ))+
i=1 n
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CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
avec a+ = max{a, 0}.
kn
X
On a 0 6 ϕk,n 6 1, ϕk,n = 1, ϕk,n continue et nulle en dehors de
k=1
B(xnk , n1 ).
kn
[[
On pose D = {ϕk,n} qui est dénombrable. C’est aussi une famille
n k=1
totale : si f ∈ C 0 (X) et ε > 0, on sait que f est uniformément continue donc
il existe η > 0 tel que
∀x, y ∈ X, d(x, y) 6 η ⇒ |f (x) − f (y)| 6 ε
kn
X
Soit n tel que 1
n
< η. Posons g(x) = f (xni )ϕi,n (x). On a
i=1
kn
X
f (x) − g(x) = (f (x) − f (xni ))ϕi,n (x)
i=1
kn
X
puisque ϕi,n = 1.
i=1
Dans cette expression, ϕi,n (x) = 0 sauf si x ∈ B(xni , n1 ). Dans ce cas,
|f (x) − f (xni )| 6 ε
kn
X
Donc |f (x) − g(x)| 6 ε ϕi,n (x) = ε.
i=1
Définition 1.8 Soit A une partie de C 0 (X, R).
A est séparante ssi ∀x 6= y, ∃f ∈ A, f (x) 6= f (y).
A est réticulée ssi ∀f, g ∈ A, sup(f, g), inf(f, g) ∈ A.
Théorème 1.2 Soit A un sous-espace vectoriel de C 0 (X, R).
Si A est séparante, réticulée et contient les constantes alors A est dense
dans C 0 (X, R).
Démonstration. Soit f ∈ C(X, R) et ε > 0. On veut qu’il existe g ∈ A tel
que |f (x) − g(x)| < ε pour tout x ∈ X.
Soit x ∈ X fixé pour le moment.
Lemme 1.2.1
Pour tout y 6= x, il existe fy ∈ A tel que fy (x) = f (x) et fy (y) = f (y).
Démonstration. A est séparante donc il existe h ∈ A tel que h(x) 6= h(y). A
contient les constantes donc on peut chercher fy sous la forme λh + µ. On
veut :
λh(x) + µ = f (x)
λh(y) + µ = f (y)
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1.2. FONCTIONS CONTINUES SUR UN COMPACT
Comme h(x) 6= h(y) le déterminant du système est non nul donc il en
existe une unique solution.
Soit Oy = {z ∈ X, fy (z) > f (z) − ε}. fy est continue donc Oy est ouvert.
[
De plus, Oy contient x et y donc X = Oy .
y6=x
n
[
X est compact donc il existe y1 , . . . , yn tel que X = Oyi . Soit gx =
i=1
sup(fy1 , · · · , fyn ). Comme A est réticulée, gx ∈ A.
Par construction gx (z) > f (z) − ε pour tout z ∈ X et on a gx (x) = f (x).
Posons Ωx = {z ∈ X, gx (z) < f (z) + ε}. Ωx est un ouvert contenant x
[
donc X = Ωx .
x∈X
n
[
Il existe maintenant x1 , . . . , xn ∈ X tel que X = Ωxi . Soit h =
i=1
inf(gx1 , · · · , gxn ).
h ∈ A car A est réticulée et on a de plus h(z) − f (z) < ε pour tout z ∈ X.
Par définition de h et des g, on a |h(z) − f (z)| < ε.
Exemple 1.2 Les fonctions lipschitziennes sont denses dans C 0 (X, R).
Théorème 1.3 Stone-Weierstrass Soit A une sous-algèbre de C 0 (X, R)
séparante et contenant les constantes. Alors A est dense dans C 0 (X, R).
Démonstration. A est aussi une sous-algèbre séparante qui contient les fonc-
tions constantes. On veut montrer que A est réticulée.
On remarque que sup(f, g) = f +g+|f 2
−g|
(on a l’analogue pour l’inf) donc
il suffit de montrer que si f ∈ A, |f | ∈ A.
Il existe c > 0 tel que pour tout x ∈ X, −c 6 f (x) 6 c. On utilise que
t 7→ |t| est limite uniforme de polynômes Pn sur [−c, c].
Par passage à la limite, si f ∈ A alors |f | ∈ A. Ce qui assure le résultat.
Corollaire 1.1 L’ensemble des fonctions polynômiales est dense dans
C 0 (X, R).
Remarque 1.5 Dans le cas complexe, on a des problèmes puisque l’adhé-
rence des fonctions polynômiales d’une variable complexe est incluse dans
l’ensemble des fonctions holomorphes.
Théorème 1.4 Soit A une sous-algèbre de C 0 (X, C) séparante, contenant
les constantes et stable par conjugaison. A est dense dans C 0 (X, C).
Démonstration. Soit AR = {f ∈ A, ∀x ∈ X, f (x) ∈ R}.
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CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
f +f f −f
On remarque que si f ∈ A, ℜ(f ) = 2
et ℑ(f ) = 2i
donc ℜ(f ), ℑ(f ) ∈
A.
AR contient les constantes et est séparante : si x 6= y, il existe f ∈ A tel
que f (x) 6= f (y) et ℜ(f ) ou ℑ(f ) sépare x et y.
Donc AR est dense dans C 0 (X, R). Ainsi, AR + iAR ⊂ A est dense dans
C (X, R).
0
( ∞
)
X
Exemple 1.3 A = ak z + bk z
k k
est dense dans C 0 (S1 ) = C 0 (R/2πZ).
k=0
1.3 Compacts de C 0(X)
On prend X un métrique compact et on considère C 0 (X, Y ) avec Y un
métrique ou bien C 0 (X, E) avec E un evn.
Définition 1.9 F ⊂ C 0 (X, E) est équicontinue ssi
∀x ∈ X, ∀ε > 0, ∃V ∈ Vx , ∀y ∈ V, ∀f ∈ F, kf (x) − f (y)k 6 ε
Théorème 1.5 Comme X est compact, une famille équicontinue est uni-
formément équicontinue :
∀ε > 0, ∃V ∈ Vx , ∀(x, y) ∈ V 2 , ∀f ∈ F, kf (x) − f (y)k 6 ε
Théorème 1.6 Ascoli Soit F ⊂ C 0 (X, E).
F est relativement compacte dans C 0 (X, E) ssi les deux conditions sui-
vantes sont vérifiées :
• ∀a ∈ X, Fx = {f (x), f ∈ F } est relativement compact dans E
• F est équicontinue
Démonstration.
⇒ L’application πx : f 7→ f (x) est continue donc πx (F ) est compact et
Fx ⊂ πx (F ) est compact.
Soit ε > 0. F est compacte. Il existe donc f1 , . . . , fn ∈ C 0 (X, E) tel
n
[
que F ⊂ B(fi , ε).
i=1
La famille de fonctions continues f1 , . . . , fn est équicontinue donc
∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀y ∈ B(x, δ), ∀i ∈ J1, nK, kfi (x) − fi (y)k 6 ε
Pour tout f ∈ F il existe i tel que kf (y) − fi (y)k 6 ε pour tout y ∈ X.
Donc pour tout y ∈ (x, δ),
kf (x) − f (y)k 6 kf (x) − fi (x)k+kfi (x) − fi (y)k+kfi (y) − f (y)k 6 3ε
Donc on a bien l’équicontinuité.
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1.3. COMPACTS DE C 0 (X)
Y
⇐ On a une injection de C 0 (X, E) ֒→ E X . On a donc F ֒→ Fx ֒→
x∈X
Y
Fx . Or, pour tout x, Fx est compact dans E donc le produit précé-
x∈X
dent est compact dans E X muni de la topologie de convergence simple.
Soit Fe la fermeture de F pour cette topologie. Fe est compact. Pour
conclure, on montre que Fe ⊂ C 0 (X, E) et la restriction à Fe de la
topologie produit coïncide avec la topologie forte de C 0 (X, E).
\
Par équicontinuité, on a que F ⊂ {f, kf (x) − f (y)k 6 ε} =
y∈B(x,δ)
\
{f, kπx (f ) − πy (f )k 6 ε}. Cet ensemble est une intersection de
y∈B(x,δ)
fermés donc un fermé (pour la topologie de E X ). On a donc que pour
tout f ∈ Fe et pour tout y tel que d(x, y) 6 δ, on a kf (x) − f (y)k 6 ε.
Ainsi, les fonctions de Fe sont (équi)continues en x.
Pour montrer le deuxième point, il suffit de montrer qu’un ouvert pour
la topologie forte est ouvert pour la topologie produit (restreintes à Fe ),
ie que pour tout ε > 0 et f0 ∈ Fe , B∞ (f0 , ε) ∩ Fe contient un voisinage
de 0 pour la topologie produit.
Fe est équicontinue donc uniformément équicontinue donc, si ε > 0
est fixé, il existe δ > 0 tel que pour tout x, y ∈ X 2 , d(x, y) < δ ⇒
kf (x) − f (y)k < ε/3 pour totu f ∈ Fe .
n
[
De plus, X est compact donc il existe x1 , . . . , xn tel que X ⊂ B(xi , δ).
i=1
Posons alors V = {f ∈ Fe , ∀i, kf (xi ) − f0 (xi )k < 3ε }, intersection finie
d’ouvert de la topologie produit donc un ouvert (contenant trivialement
0). Il reste à vérifier que V ⊂ B(f0 , ε).
Soit f ∈ V . Pour tout y ∈ X, il existe i tel que d(xi , y) < δ donc pour
tout f ∈ Fe , kf (xi ) − f (y)k < 3ε . On a alors
kf (y) − f0 (y)k 6 kf (y) − f (xi )k + kf (xi ) − f0 (xi )k + kf0 (xi ) − f0 (y)k
Comme on est sur un compact, kf − f0 k∞ < ε donc f ∈ B(f0 , ε).
Remarque 1.6 La démonstration marche dans le cas C 0 (X, Y ).
Exemple d’application : Soit K un compact de Rd , (fn )n ∈ C 0 (K, R)N .
Pour extraire une sous-suite qui converge uniformément, il suffit de véri-
fier les deux points du théorème d’Ascoli. C’est en particulier vrai si on a
sup sup |fn (x)| < ∞ ou sup sup kDfn (x)k < ∞.
n x n x
L’intérêt de Y métrique est d’utiliser la topologie faible ∗ car si on munit
l’ensemble d’arrivée de cette topologie, il n’est pas métrisable, mais si on se
restreint à sa boule unité, ça devient métrisable.
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CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
1.4 Espaces Lp
1.4.1 Densités
On se place dans Lp (Ω) avec Ω un ouvert de Rn , pour la mesure de
Lebesgue.
Théorème 1.7 Riesz-Fischer Si p > 1, Lp est un Banach.
Théorème 1.8 L’ensemble Cc0 (Ω) est dense dans Lp (Ω) si p 6= ∞.
Corollaire 1.2 Lp est séparable pour p < ∞.
[
Démonstration. On peut écrire Ω = Kn avec Kn compacts croissants
n∈N
◦
(Kn ⊂ Kn+1 ). (Il suffit de prendre Kn = B(0, n) ∩ {x ∈ Ω, d(x, Ωc ) > n1 }.)
On sait que C 0 (K) est séparable pour tout K. Pour tout n, C(Kn+1 )
contient une partie dénombrable dense Fn+1 (pour la norme infinie). Il existe
◦
ϕn ∈ C 0 tel que ϕn = 1 sur Kn et supp(ϕn ) ⊂ Kn+1 . (Il suffit de prendre
c
d(x,Kn+1 )
ϕn (x) = c
d(x,Kn )+d(x,Kn+1 )
).
[
Soit F = (ϕn × Fn+1 ) est bien une famille dénombravle dense dans Lp
n∈N
puisque Cc (Ω) est dense dans Lp .
Démonstration du théorème 1.8. La famille
( n )
X
S= αi 1Ai , |Ai| < ∞, Ai ∈ B(R ) n
i=1
est dense dans Lp .
Il suffit donc de montrer qu’on peut approcher 1A par une fonction conti-
nue à support compact.
Soit A ∈ B(Rn ) tel que |A| < ∞. La mesure de Lebesgue est régulière
donc pour tout A ∈ B(Rn ), |A| = sup |K| = inf |U|.
K⊂A A⊂U
Soit ε > 0, il existe K compact et U ouvert tel que K ⊂ A ⊂ U et
U \ K| 6 ε.
Il existe ϕ continue tel que ϕ = 1 sur K et supp ϕ ⊂ U.
Z
kϕ − 1A kpp = |ϕ(x) − 1A (x)|p dx 6 2p |U \ K| 6 2p ε
U \K
Remarque 1.7 Le résultat reste vrai pour Lp (X, dµ) avec µ régulière et X
σ-compact.
Proposition 1.6 L∞ n’est pas séparable.
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1.4. ESPACES LP
Lemme 1.8.1
Soit E un evn. S’il existe une famille non dénombrables (Oi)i d’ouverts dis-
joints, alors E n’est pas dénombrable.
Démonstration. Si E est séparable, il existe (xn ) dense donc pour tout i, il
existe ni tel que xni ∈ Oi .
Alors i 7→ ni est injective car les Oi sont disjoints. Mais alors I est dé-
nombrable. Contradiction.
Démonstration de la proposition 1.6. Pour tout a ∈ Ω, il existe ra > 0 tel
que B(a, ra ) ⊂ Ω. On pose Oa = {f ∈ L∞ , f − 1B(a,ra ) < 21 }.
∞
Oa est ouvert, Ω n’est pas dénombrable (sauf s’il était vide, ce qui est
inutile). Par séparation de Ω, on peut choisir les ra suffisamment petits pour
que Oa ∩ Ob = ∅ si a 6= b. D’où le résultat.
Théorème 1.9 Cc∞ est dense dans Lp pour p 6= ∞.
Démonstration. On a déjà vu que Cc (Ω) est dense dans Lp pour p 6= ∞. Il
suffit donc d’approcher toute fonction de Cc (Ω) par une suite de fonctions
Cc∞ en norme p.
Soit ρn une identité approchée et f ∈ Cc (Ω). On note K = supp f ⊂ Ω.
On pose Z
fn (x) = ρn (x − y)f (y) dy
Rd
fn est C ∞ (dérivation sous l’intégrale). supp(fn ) ⊂ supp(f ) + B(0, n1 ) ⊂
K + B(0, n1 ⊂ Ω.
Il reste à montrer que fn → f dans Lp .
Lemme 1.9.1
Soit h > 0. On pose τh f : x 7→ f (x + h). ALors τh f → f dans Lp .
Démonstration. Soit f ∈ Lp et ε > 0. Il existe g ∈ Cc (Rd ) tel que kf − gkp 6
ε.
g est uniformément continue donc il existe δ > 0 tel que pour tout (x, y) ∈
Rd , kx − yk 6 δ ⇒ kg(x) − g(y)k 6 ε.
Donc on a :
kτh f − f kp 6 kτh (f − g)kp + kf − gkp + kτh g − gkp
Z !1
p
6 2ε + |g(x + h) − g(x)| dx
p
K+B(0,1)
1
6 2ε + ε|K + B(0, 1)| p
1
6 2ε + ε|K + B(0, 1)| p
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CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
pour |h| 6 δ.
On a alors
Z Z p
kfn − f kpp = ρn (y)f (x − y) dy − f (x) dx
Ω
Z Z p
1− p1 1
= ρn ρnp (f (x − y) − f (x)) dy dx
Ω
Hölder
Z Z p Z
q
6 ρn (y) dy ρn (y)|f (x − y) − f (x)|p dy dx
Z ZΩ
= ρn (y)|f (x − y) − f (x)|p dy dx
Ω
Soit ε > 0. Par le lemme, il existe δ > 0 tel que pour tout h, |h| 6 δ ⇒
kτh f − f kp 6 ε.
Z Z
kfn − f kpp 6 ρn (y) |f (x − y) − f (x)|p dx dy
|y|6δ Ω
| {z }
6εp
Z Z
+ ρn (y) |f (x − y) − f (x)|p dx dy
|y|>δ Ω
Z
6ε +2 p p
kf kpp ρn (y) dy
|y|>δ
6 εp
à partir d’un certain rang.
Remarque 1.8 Pour la démonstration du théorème, il suffi de montrer par
troncature que les Lpc sont denses dans Lp .
1.4.2 Critères de compacité
Théorème 1.10 Soit Ω ⊂ Rn . Soit ω relativement compact inclus dans Ω,
F un sous-ensemble borné de Lp pour p < ∞. Si de plus,
∀ε > 0, ∃δ > 0(δ < d(ω, Ωc )), ∀h, ∀f ∈ F, |h| 6 δ ⇒ kτh f − f kp 6 ε
Alors F |ω est relativement compact dans Lp (ω).
Démonstration. Sans perte de généralité, on peut supposer Ω borné.
Si f ∈ Lp , on note fe = f 1Ω . fe ∈ Lp et supp fe est compact.
On a vu que ρn ∗ fe → fe dans Lp .
De plus, à n fixé, soit Fn = {ρn ∗ fe, fe ∈ Fe } (Fe = {f,
e f ∈ F }).
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1.4. ESPACES LP
Pour tout g ∈ Fn , g ∈ C 0 (K) avec K = supp fe+ B(0, 1). Donc, pour tout
x ∈ K,
Z Z
e
|ρn ∗ f(x)| = e dy 6 kρ k
ρn (x − y)fy fe(y) dy
n ∞
supp fe supp fe
6 kρn k∞ fe 6 kρn k∞ M
p
avec L = sup kF kp . D’où :
f ∈F
Z
∂(ρn ∗ fe) ∂ρn e
(x) = (x − y)f(y) dy 6 Kn(1) M
∂xj supp fe ∂xj
avec Kn(1) = sup k∇ρn k∞ .
supp fe
Donc à n fixé la famille Fn = {ρn ∗ Fe } vérifie les hypothèses d’Ascoli,
donc est relativement compacte dans C 0 (K) donc aussi dans Lp .
Lp (ω) est complet donc il suffit de vérifier que pour tout ε > 0, il existe
k
[
f1 , . . . , fk ∈ Lp (ω) tel que F |ω ⊂ B(fi , ε).
i=1
Soit ε > 0. Il existe n tel que pour tout f ∈ F , ρn ∗ fe − f 6 2ε .
p
e f ∈ F } peut être recouverte
Il suffit de montrer que la famille Fn = {ρn ∗f,
par un nombre fini de boules de rayon 2ε .
Or on sait que Fn ⊂ C 0 (ω). De plus on a l’existence de Cn tel que pour
∂f
tout i ∈ J1, nK, et tout f ∈ Fn , ∂x i ∞
6 Cn .
Par Ascoli, Fn est relativement compacte dans C 0 (ω), donc Fn peut être
recouverte par un nombre fini de boules de rayon ε 1 en norme uniforme.
2|ω| p
Donc Fn est recouverte par un nombre fini de boules de rauon ε
2
en norme
1
Lp puisque kf − fi kp 6 |ω p kf − fi kC 0 .
Corollaire 1.3 Sous les mêmes hypothèses, et en ajoutant
∀ε > 0, ∃ω ouvert relativement compact de Ω, ∀f ∈ F, kF kLp (Ω−ω) 6 ε
alors F est relativement compacte dans Lp (Ω).
Démonstration. Soit ε > 0. il existe ω ouvert relativement compacte de Ω
telle que pour tout f ∈ F , kf kLp (Ω\ω) 6 2ε .
Par le théorème précédent, F/ω est relativement compacte dans Lp (ω
[k
ε
donc il existe f1 , . . . , fk ∈ Lp (ω) tels que F ⊂ BLp (ω) (fi , ).
i=1 2
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CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
k
[
Posons fei = fi 1ω . On a F ⊂ BLp (Ω) (fei , ε) donc F est relativement
i=1
compact dans Lp (Ω).
1.5 Espaces de Baire, théorèmes de Banach
Définition 1.10 Soit X un espace topologique. On appelle Gδ une inter-
section dénombrable d’ouverts et Fσ une réunion dénombrable de fermés.
Théorème 1.11 Soit X un métrique complet. Une intersection dénom-
brable d’ouverts denses est dense et si X est une réunion dénombrable de Fn
fermés, alors un des fermés est d’intérieur non vide.
Démonstration. La deuxième assertion est une conséquence directe de la pre-
mière.
Soit (On )n une suite d’ouverts denses. Soit x ∈ X et V un voisinage
ouvert de x
O0 est dense donc il existe x0 ∈ V ∩ O0 . V0 = V ∩ O0 est ouvert donc il
existe 1 > r0 > 0 tel que B(x0 , r0 ) ⊂ V ∩ O0 .
Par récurrence, pour tout n ∈ N, il existe xn ∈ Vn−1 ∩ On (car On est
dense) et il existe n1 > rn > 0 tel que Vn := B(xn , rn ) ⊂ Vn−1 ∩ On .
On a donc une suite Vn d’ouverts non vides et (Vn )n est une suite dé-
croissante de fermés dont le diamètre tend vers 0. Comme X est complet,
l’intersection des Vn est un singleton {y}. Donc tous les On intersectent tous
les voisinages de x.
Remarque 1.9 C’est aussi vrai si X est localement compact. Il suffit alors
de choisir les Vn compacts et on utilise qu’une intersection décroissantes de
compacts de diamètre qui converge vers zéro est non vide.
Théorème 1.12 Banach-Steinhaus Soit E un Banach, F un evn et (Ti )i
une suite de Lc (E, F ).
Si pour tout x ∈ E, sup kTi xk < ∞ alors sup kTi k < ∞.
i∈I i∈I
Démonstration. Soit Fn = {x ∈ E, ∀x ∈ I, kTi xk 6 n}. On écrit Fn =
\
Ti−1 (B F (0, n)) qui est une intersection de fermés et on a par hypothèse,
i∈I
[
E= Fn .
n∈N
◦
Donc il existe n0 ∈ N tel que Fn0 6= ∅ par Baire donc il existe y ∈ E et
r > 0 tel que B(y, r) ⊂ Fn0 .
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1.5. ESPACES DE BAIRE, THÉORÈMES DE BANACH
Pour tout z tel que kzk < r, y + z ∈ Fn0 donc pour tout i ∈ I,
kTi (y + z)k 6 n0 . On a la même assertion avec y − z donc on a
2 kTi (z)k = kTi (y + z) − Ti (y − z)k 6 2n0
Donc pour tout z tel que kzk 6 r, on a sup kTi zk 6 n0 et par homogénéité,
i∈I
sup kTi k 6 n0
r
.
i∈I
Corollaire 1.4 Soit E un Banach, F un evn, (Tn )n ∈ Lc (E, F ). Si pour
tout x ∈ E, Tn x converge vers T x alors T est linéaire continue.
Démonstration. Pour tout x, sup kTn xk < ∞ puisque Tn x → T x dans F .
n
Par Banach-Steinhaus, sup kTn k < ∞. Or on a kT xk = lim kTn xk 6
n
supn kTn k kxk.
Donc T ∈ Lc (E, F ) et kT k 6 supn kTn k < ∞.
Théorème 1.13 Application ouverte de Banach Soit E, F deux Ba-
nachs, T ∈ Lc (E, F ) surjective. Alors T est ouverte
Démonstration. Il suffit de montrer que T (BE (0, 1)) est ouverte. T est sur-
jective donc
[ [
F = T (BE (0, n)) = T (BE (0, n))
n∈N n∈N
Il existe donc n0 tel que T (BE (0, n0 )) soit non vide donc il existe y ∈ E,
r > 0 tel que B(y, r) ⊂ T (BE (0, n0 )).
On remarque que BE (0, n0 ) est symétrique et convexe donc, comme T est
linéaire, T (BE (0, n0 )) aussi et T (BE (0, n0 )) aussi.
Pour tout z ∈ BE (0, r), y ± z ∈ B(y, r) ⊂ T (BE (0, n0 )) donc z = y+z 2
−
y−z
2
∈ T (BE (0, n0 )) donc B(0, r) ⊂ T (BE (0, n0 )).
Par dilatation, comme T est linéaire, on a aussi B(0, 2rn ) ⊂ T (BE (0, n2n0 ))
pour tout n. On va montrer que B(0, r) ⊂ T (B0 (0, 2n0 )).
Soit z ∈ B(0, r). Il existe x1 ∈ BE (0, n0 ) tel que kz − T x1 k 6 2r . z −T x1 ∈
B(0, r2 ) donc il existe x2 ∈ B(0, n40 ) tel que kz − T x1 − T x2 k 6 r4 .
Par récurrence, on construit (xn )n tel que pour tout n, xn ∈ B(0, n2n0 ) et
kx − T x1 − . . . − T xn k 6 2rn .
X
Or la série des xn converge normalement donc x = xn vérifie kxk 6
n∈N
2n0 . On obtient donc que z = T x donc z ∈ T (BE (0, 2n0 )).
Ainsi, B(0, r) ⊂ T (BE (0, 2n0 )) donc T est ouverte.
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CHAPITRE 1. ESPACES VECTORIELS NORMÉS
Corollaire 1.5 Isomorphisme de Banach Soit E, F deux Banachs,
T ∈ Lc (E, F ) bijective. Alors T est un homéomorphisme.
Corollaire 1.6 Graphe fermé Soit E, F deux Banachs, T ∈ L(E, F ).
Alors T est continu ssi G(T ) = {(x, T x), x ∈ E} est un fermé.
Remarque 1.10 Pour montrer que T est continu, il suffit de vérifier que si
xn → x et T xn → y alors y = T x.
Démonstration. L’implication ⇒ est claire. Montrons l’autre. Si G(T ) est
fermé, G(T ) est un Banach.
Par le théorème, π1 : (x, y) → x est bijective donc sa réciproque est
continue. Comme π2 : (x, y) → y est continue, T = π2 ◦ π1−1 est continue.
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Chapitre 2
Dualité – Espaces réflexifs
2.1 Forme algébrique de Hahn-Banach
Théorème 2.1 Hahn-Banach Soit E un espace vectoriel, p : E → R tel
que pour λ > 0, p(λx) = λp(x) et p(x + y) 6 p(x) + p(y).
Soit G un sev de E et g : G → R une application linéaire inférieure à p.
Alors il existe f : E → R linéaire telle que f |G = g et f 6 p sur E.
Démonstration.
1. Si E = G ⊕ Rx0 , on prend α à choisir tel que f (x + tx0 ) = g(x) + tα
pour tout x ∈ G.
On va montrer qu’on peut choisir α pour que f (y) 6 p(y) pour tout
y ∈ E. On veut f (x + tx0 ) 6 p(x + tx0 ).
Il suffit d’avoir g(x) ± α = f (x ± x0 ) 6 p(x ± x0 ), ce qui équivaut à
sup(g(x) − p(x − x0 )) 6 α 6 inf (p(x + x0 ) − g(x))
x∈G x∈G
On peut donc choisir α ssi sup(g(x)−p(x−x0 )) 6 inf (p(x+x0 )−g(x)).
x∈G x∈G
Or pour tout y, z ∈ G, g(y + z) = g(y) + g(z) 6 p(y + z) 6 p(y − x0 ) +
p(z + x0 )
Donc g(y) − p(y − x0 ) 6 p(x0 + z) − g(z) ce qui assure l’inégalité
recherchée.
2. On considère X = {(f, F ), G ⊂ F, f |G = g avec f linéaire et f 6 p sur
F }.
On dit que (f1 , F1 ) 6 (f2 , F2 ) ssi F1 ⊂ F2 et f2 |F1 = f1 .
X est non vide, ordonné et inductif donc par Zorn, il existe (f, F )
maximal. On veut montrer que F = E. Si ce n’est pas le cas, on peut
prolonger f à F ⊕ Rx0 pour x0 ∈ E \ F .
15
CHAPITRE 2. DUALITÉ – ESPACES RÉFLEXIFS
Corollaire 2.1 Soit E un evn, F un sev de E et g ∈ L(F, R). Il existe
f ∈ Lc (E, R) prolongement de g à E de même norme.
Démonstration. Il suffit de prendre p(x) = kgk kxk.
2.2 Topologies faible et faible ∗
2.2.1 Topologie faible σ(E, E ′)
Soit E un evn.
Définition 2.1 σ(E, E ′ ) est la topologie la moins fine sur E qui rend conti-
nue les x 7→ ϕ(x) pour tout ϕ ∈ E ′ .
Une base de voisinages de x0 pour cette topologie est donnée par les :
Vϕ1 ,...,ϕn ,ε = {x ∈ E, ∀i, |ϕi (x) − ϕi (x0 )| < ε}
Proposition 2.1 La topologie σ(E, E ′ ) est séparée.
Démonstration. Soit x, y ∈ E non colinéaires. Par Hahn-Banach, il existe
ϕ ∈ E ′ tel que ϕ(x) = 1 et ϕ(y) = 0.
U = {z, |ϕ(z)| < 21 } et V = {z, |ϕ(z)| > 12 } sont ouverts disjoints et
x ∈ U, y ∈ V .
Remarque 2.1 On peut modifier pour le cas x = λy.
Proposition 2.2 Soit (xn )n une suite de E. On a
(i) xn → x pour σ(E, E ′ ) ssi pour tout ϕ, ϕ(xn ) → ϕ(x)
(ii) Si xn → x fortement alors xn → x dans σ(E, E ′ )
(iii) Si xn → x dans σ(E, E ′ ) alors kxn k est borné et kxk 6 lim inf kxn k
(iv) Si xn → x dans σ(E, E ′ ) et ϕn → ϕ fortement dans E alors ϕn (xn ) →
ϕ(x).
Remarque 2.2 On note hϕ, xi = ϕ(x).
De plus quand xn converge vers x pour σ(E, E ′ ), on note xn ⇀ x.
Démonstration.
(i) Si xn ⇀ x alors pour tout V ∈ Vx , il existe n0 tel que pour tout n > n0 ,
xn ∈ V .
D’après l’expression d’une base de voisinage, on a, pour ϕ ∈ E ′ et ε > 0,
il existe n0 tel que pour tout n > n0 , xn ∈ {y, |ϕ(y) − ϕ(x)| 6 ε} ie
ϕ(xn ) → ϕx.
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2.2. TOPOLOGIES FAIBLE ET FAIBLE ∗
Réciproquement, si ε > 0 et ϕ1 , . . . , ϕk ∈ E ′ , pour tout j ∈ J1, kK,
ϕj (xn ) → ϕj (x) donc il existe n0 tel que pour tout n > n0 et pour
tout j ∈ J1, kK, on a |ϕj (xn ) − ϕj (x)| 6 ε donc xn ∈ Vϕ1 ,...,ϕk ,ε . D’où le
résultat.
(ii) Si xn → x, alors pour tout ϕ ∈ E ′ , ϕ(xn ) → ϕ(x) donc xn ⇀ x.
(iii) On va utiliser le lemme suivant, qui se démontre tout seul via Hahn-
Banach.
Lemme 2.1.1
Pour tout x ∈ E, il existe ϕ′ ∈ E ′ tellq ue ϕ(x) = kxk et kϕk 6 1.
Remarque 2.3 Le lemme implique que kxk = sup hϕ, xi est atteint.
kϕk61
Si xn ⇀ x, Soit exn ∈ E ′′ tel que exn = ϕ(xn ) pour tout ϕ ∈ E ′ .
Alors pour tout ϕ, ϕ(xn ) → ϕ(x) donc (|exn (ϕ))n est bornée. Par
Banach-Steinhaus, M = supn kexn k < ∞. or pour tout n,
kexn k = sup exn (ϕ) = sup ϕ(xn ) = kxn k
kϕk61 kϕk61
Finalement, kxk = hϕ, xi avec ϕ donnée par le lemme. or hϕ, xi =
lim
n
hϕ, xn i car xn ⇀ x.
Mais pour tout n, hϕ, xn i 6 kxn k car kϕk 6 1.
Donc kxk = limn hϕ, xn i 6 lim inf kxn k.
(iv) Si xn ⇀ x et ϕn → ϕ alors hϕn , xn i → hϕ, xi.
|hϕn , xn i − hϕ, xi| 6 |hϕn − ϕ, xn i| + |hϕ, xn − xi
6 kϕn − ϕk sup kxn k + |hϕ, xn − xi| → 0
n
car supn kxn k est fini par le point précédent.
Remarque 2.4
• En dimension finie, les topologies faible et forte coïncident.
• Un ouvert de σ(E, E ′ ) est un ouvert pour la topologie forte (réciproque
fausse en dimension infinie).
• U = {x ∈ E, kxk < 1} est ouvert pour la topologie forte mais pas pour
la topologie faible (en dimension finie). En effet, soit x0 ∈ U, supposons
qu’il existe V ∈ Vx0 tel que V ⊂ U.
Il existe alors ε > 0 et ϕ1 , . . . , ϕn tel que Vϕ1 ,...,ϕn ,ε ⊂ U.
Il existe donc y ∈ E non nul et telle que ϕi (y) = 0 (sinon y 7→
(ϕi (y))16i6n est injective, donc E de dimension finie). Alors x0 + Ry ⊂
V qui est non borné, ce qui est absurde.
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CHAPITRE 2. DUALITÉ – ESPACES RÉFLEXIFS
• En dimension infinie, la topologie faible et forte sont différentes : en
général, si xn ⇀ x, on n’a pas xn → x. Mais il existe des espaces
où toute suite faiblement convergente converge fortement, par exemple
ℓ1 (N). Ceci assure que la topologie faible n’est pas métrisable en dimen-
sion infinie.
2.2.2 Topologie faible ∗ : σ(E ′, E)
Définition 2.2 C’est la topologie sur E ′ la moins fine qui rend C 0 les
{ex , x ∈ E} avec ex ∈ E ′′ tel que ex (ϕ) = hϕ, xi.
Pour tout ϕ ∈ E ′ , une base de voisinage de ϕ est donnée par Vx1 ,...,xn ,ε =
{ψ ∈ E ′ , ∀i ∈ J1, nK, |hψ − ϕ, xn i| < ε}.
Remarque 2.5 Sur E ′ , on a la topologie forte, la topologie σ(E ′ , E) faible ∗
et la topologie faible σ(E ′ , (E ′ )′ ).
Proposition 2.3 La topologie faible ∗ est séparée.
Démonstration. Soit ϕ1 6= ϕ2 ∈ E ′ .
Il existe x ∈ E tel que ϕ1 (x) < β < ϕ2 (x) avec β ∈ R.
U = {ϕ, ϕ(x) < β} est ouvert et contient ϕ1 . V = {ϕ, ϕ(x) > β} est un
ouvert qui contient ϕ2 et U ∩ V = ∅.
Proposition 2.4 Soit ϕn une suite de E ′ . On a :
(i) ϕn ⇀ ϕ pour σ(E ′ , E) ssi ϕn (x) → ϕ(x) pour tout x ∈ E
(ii) Si ϕn ⇀ ϕ pour σ(E ′ , E) alors (kϕn k)n est bornée kϕk 6 lim inf kϕn k
(iii) Si ϕn ⇀ ϕ pour σ(E ′ , E) et xn → x, alors ϕn (xn ) → ϕ(x)
Démonstration.
(i) idem qu’avant
(ii) Pour tout ψ ∈ E ′ , kψk = sup hψ, xi.
kxk61
Pour tout x ∈ E, ϕn (x) → ϕ(x) donc (ϕn (x))n est borné. Par Banach-
Steinhaus, on a M = supn kϕn k < ∞.
(iii) |hϕn , xn i − hϕ, xi| 6 hϕn , xn − xi + |hϕn − ϕ, xi| 6 M kxn − xk + |hϕn −
ϕ, xi| → 0
Remarque 2.6 Par Banach-Alaoglu, BE ′ est compacte pour σ(E, E ′ ).
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2.3. ESPACES RÉFLEXIFS
2.3 Espaces réflexifs
Soit E un Banach, on a une application J : E → E ′′ qui à x associe
l’évaluation en x.
Proposition 2.5 Pour tout x ∈ E, kJ(x)k = kxk donc J est continue
injective.
Démonstration. kJ(x)k = sup hJ(x), ϕi = sup hϕ, xi = kxk.
kϕk61 kϕk61
Définition 2.3 Si E est un Banach, on dit que E est réflexif ssi J est
surjective.
Remarque 2.7 Si E est réflexif, E ∼ E ′′ et les topologies σ(E ′ , E ′′ ) et
σ(E ′ , E) coïncident.
2.3.1 Propriétés
Théorème 2.2 Soit E un Banach.
E est réflexif ssi BE = {x ∈ E, kxk 6 1} est compacte pour la topologie
faible σ(E, E ′ ).
Démonstration.
⇒ Si E est réflexif, BE ′′ est compacte pour la topologie σ(E ′′ , E ′ ) par
Banach-Alaoglu.
Il suffit de montrer que J −1 : (BE ′′ , σ(E ′′ , E ′ )) → (BE , σ(E, E ′ )) est
continue.
Par définition de σ(E, E ′ ), il suffit de montrer que ϕ ◦ J −1 est continue
pour tout ϕ ∈ E ′ .
Pour tout ψ ∈ E ′′ , on a hϕ, J −1 ψi = hϕ, xi = hJ(J −1 ψ), ϕi = hψ, ϕi
Donc ϕ ◦ J −1 est continue (par définition de la topologie).
⇐ On utilise le
Lemme 2.2.1 Helly
Soit E un Banach, f1 , . . . , fn ∈ E ′ , α1 , . . . , αn ∈ R. Il y a équivalence
entre :
(i) Pour tout ε > 0, il existe xε ∈ E de norme au plus 1 tel que pour
tout i ∈ J1, nK, |hfi , xε i − αi | < ε.
n
X n
X
(ii) Pour tout β1 , . . . , βn ∈ R, βi αi 6 βi fi
i=1 i=1
Démonstration.
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CHAPITRE 2. DUALITÉ – ESPACES RÉFLEXIFS
n
X
(i)⇒ (ii) Soit ε > 0, β1 , . . . , βn ∈ R, S = |βi |.
i=1
n n
* n
+
X X X
βi αi 6 βi (αi − hfi , xε i) + βi fi , xε
i=1 i=1 i=1
n
X
6 Sε + kxε k βi fi
i=1
n
X
6 Sε + βi fi
i=1
Pour ε → 0, on a le résultat.
(ii)⇒(i) On pose
B → Rn
E
φ:
x 7 → (hfi , xi)16i6n
Si α = (α1 , . . . , αn ), l’assertion i équivaut à α ∈ φ(BE ).
Par l’absurde, s’il existe α ∈ / φ(BE ) (qui est un convexe fermé dans
R ).
n
Or dans Rn , on peut séparer un point et un convexe fermé qui ne
contient pas ce point par un hyperplan. Il existe donc β ∈ Rn et
γ ∈ R tel que pour tout x ∈ BE , φ(x) · β) 6 γ < αβ̇. (· est un
produit scalaire sur Rn ).
n
X n
X
On a donc βi hfi , xi 6 γ < αi βi pour tout x ∈ BE .
i=1 i=1
n
X n
X
Alors βi fi 6 γ < αi βi , ce qui contredit (ii).
i=1 i=1
Lemme 2.2.2 Goldstine
Soit E un Banach.
J(BE ) est dense dans BE ′′ pour la topologie σ(E ′′ , E ′ ).
Démonstration. Soit ξ ∈ BE ′′ , V ∈ Vξ pour σ(E ′′ , E ′ ) ie V = {η ∈
E ′′ , ∀i ∈ J1, nK, |hη − ξ, ϕii| < ε avec ϕi ∈ E ′ }.
On veut η = J(x) ∈ V avec kxk 6 1 ie il existe x ∈ BE tel que
|hJ(x), ϕii − hξ, ϕii| < ε pour tout i.
On applique le lemme 2.2.1 avec αi = hξ, ϕii et fi = ϕi .
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2.3. ESPACES RÉFLEXIFS
Il suffit de vérifier la deuxième assertion : pour tout β1 , . . . , βn ∈ R,
n
X n
X
βi αi = βi hξ, ϕii
i=1 i=1
* n
+
X
= ξ, βi ϕi
i=1
n
X
6 βi ϕi car kξk 6 1
i=1
Lemme 2.2.3
Soit E, F des Banachs et T = L(E, F ).
T ∈ Lc (E, F ) ssi T : (E, σ(E, E ′)) → (F, σ(F, F ′)) est continue.
Démonstration.
⇒ Il suffit de montrer que pour tout ϕ ∈ F ′ , ϕ ◦ T : E → R est
continue pour σ(E, E ′ ) mais T ∈ Lc (E, F ) donc ϕ ◦ T ∈ E ′ qui est
donc continue pour σ(E, E ′ ) par définition de la topologie.
⇐ On utilise le théorème du graphe fermé. Si T : (E, σ(E, E ′)) →
(F, σ(F, F ′)) est continue alors G(t) ⊂ (E × F, (σ(E, E ′ ) × σ(F, F ′ )))
est fermé pour cette topologie.
Il est donc fermé dans E × F pour la topologie produit des normes
donc par le graphe fermé, T ∈ L(E, F ).
Si BE est compacte pour σ(E, E ′ ) on va montrer que JBE = BE ′′
(suffisant pour avoir JE = E ′′ .
J est continue de E → E ′′ pour les topologies fortes, donc par le
lemme 2.2.3, J est continues de (E, σ(E, E ′ )) → (E ′′ , σ(E ′′ , E ′′′ )) donc
J est continue de (E, σ(E, E ′ )) → (E ′′ , σ(E ′′ , E ′ )) car les (eϕ )ϕ ∈ E ′′′ .
Donc J(BE ) est compacte pour (E ′′ , σ(E ′′ , E ′ )). Par le lemme 2.2.2,
J(BE ) est dense dans BE ′′ pour la topologie σ(E ′′ , E ′ ) donc J(BE ) =
BE ′′ .
Remarque 2.8 Les Hilberts sont réflexifs. L1 n’est pas réflexif : Si ρn est une
approximation de l’unité de la forme ρn = nρ(nx)
R
avec ρ positive, d’intégrale
1 et de support inclus dans [−1, 1]. On a alors ρn ϕ → ϕ(0).
Proposition 2.6 Soit E un espace réflexif, M un sev de E fermé. Alors M
est réflexif pour la topologie induite.
Démonstration. On utilise le théorème précédent. Il suffit de montrer que
BM est compacte pour σ(M, M ′ ).
M est fermé pour la topologie σ(E, E ′ ).
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CHAPITRE 2. DUALITÉ – ESPACES RÉFLEXIFS
Lemme 2.2.4
Soit E un Banach, M ⊂ E fermé, x0 ∈
/ M. Alors il existe ϕ ∈ E ′ tel que
ϕ = 0 sur M et ϕ(x0 ) 6= 0.
Démonstration. Si M est fermé et x0 ∈ / M, d(x0 , M) = d > 0. On construit
une application linéaire continue sur M ⊕ Rx0 .
Pour tout y ∈ M, on écrit ϕ(y + tx0 ) = td.
On a (si t 6= 0) kϕ(y + tx0 )k = |t| ϕ( yt + x0 ) = |t|d 6 |t| yt + x0 =
ky + tx0 k donc ϕ est continue. Par Hahn-Banach, on la prolonge à E. On a
alors le résultat.
On va montrer que M c est ouvert. Soit x0 ∈ / M Il faut montrer que M c
contient un voisinage de x0 pour la topologie faible.
On pose V = {x ∈ E, ϕ(x) > 0} est ouvert pour la topologie faible et
V ⊂ M c.
Donc M est fermé pour σ(E, E ′ ) et BE est compact pour σ(E, E ′ ) par le
théorème précédent donc Bm est fermé dans un compact donc compact pour
la topologie induite sur M par σ(E, E ′ ).
Or sur M, la topologie induite par σ(E, E ′ ) est σ(M, M ′ ), puisque :
• Si V ∈ Vx0 ∩ M (voisinage pour σ(E, E ′ )), V = {x ∈ M, |ϕi (x) −
ϕi (x0 )| < ε avec ϕi ∈ E ′ } est aussi un ouvert pour σ(M, M ′ ).
• Si V ∈ Vx0 pour σ(M, M ′ ), V = {x ∈ M, |ϕi (x) − ϕi (x0 )| < ε avec
ϕi ∈ M ′ }. Par Hahn-Banach, pour tout i, il existe ϕ fi ∈ E ′ tel que
fi |M = ϕi .
ϕ
Sonc {x ∈ M, |ϕ fi (x) − ϕfi (x0 )| < ε} ⊂ V qui est un ouvert pour la
topologie induite.
Donc Bm est compact pour σ(M, M ′ ) donc M est réflexif.
Proposition 2.7 Si E est un Banach, E est réflexif ssi E ′ l’est.
Démonstration.
⇒ Si E est réflexif, par le théorème précédent il suffit de montrer uqe
BE ′ est compacte pour la topologue σ(E ′ , E ′′ ).
Or σ(E ′ , E ′′ ) = σ(E ′′ , E ′ ) car E est réflexif. Par Banach-Alaoglu, BE ′
est compacte pour la topologie faible ∗.
⇐ Si E ′ est réflexif, E ′′ aussi. On a vu que J(E) est un fermé de E ′′ donc
réflexif. E est donc réflexif.
En effet, si on a une isométrie surjective T entre E et F Banachs alors
si F est réflexif, E aussi puisque T −1 est continue pour la topologie
forte, donc pour la topologie faible. De plus, comme c’est une isomé-
trie, T −1 (BF ) = BE . Comme F est réflexif, BF est compacte (pour la
topologie faible) donc BE aussi et E est réflexif.
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2.3. ESPACES RÉFLEXIFS
2.3.2 Séparabilité
Théorème 2.3 Si E ′ est séparable, E l’est.
Démonstration. Soit (fn )n dense dans E ′ . Pour tout n, il existe xn ∈ E de
norme 1 tels que fn (xn ) > kf2n k .
On va montrer que (xn )n est une famille totale ie Vect {xn , n ∈ N} est
dense. Il suffit donc de montrer que son orthogonal est {0}.
Soit ϕ ∈ E ′ qui annule tous les xn . Soit ε > 0. Il existe n ∈ N, kϕ − fn k <
ε. On a alors
|fn (xn )| 6 |(fn − ϕ)(xn )| 6 ε kxn k
donc kfn k 6 2ε. Ainsi,
kϕk 6 kfn − ϕk + kfn k 6 3ε
donc ϕ = 0.
Corollaire 2.2 E est réflexif et séparable ssi E ′ l’est.
Démonstration. E ′ ⇒ E est clair.
Dans l’autre sens, on a juste à montrer que E ′ est séparable. De plus E
réflexif séparable implique E ′′ séparable donc E ′ séparable.
Théorème 2.4 Si E est un Banach séparable, BE ′ est métrisable pour la
topologie faible ∗.
Démonstration. E est séparable donc BE aussi. Il existe donc (xn )n dense
X 1
dans BE . On pose d(f, g) = |hf − g, xn i|.
n∈N 2
n
d est bien une distance sur BE ′ . On va montrer que sur BE ′ , la topologie
définie par d coïncide avec la topologie faible ∗.
• Soit B(g, r) = {f ∈ E ′ , kF k 6 1, d(f, g) < r}.
X 1
+∞
r
Il existe N ∈ N tel que < donc en particulier, pour tout
N +1 2 4
n
f, g ∈ BE ′ ,
X∞
1 X∞
1 r
|hf − g, xn i| 6 2 6
N +1 2 N +1 2 2
n n
Soit Vx1 ,...,xN (g) = {f ∈ E ′ , kf k 6 1, ∀i, |f (xi) − g(xi)| 6 4N
r
}. C’est
un voisinage de g pour la topologie faible ∗ et Vx1 ,...,xN ⊂ B(g, r) donc
pour tout f ∈ Vx1 ,...,xN ,
X 1 r r
d(f, g) = |hf − g, xn i| 6 + < r
n∈N 2 4 2
n
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CHAPITRE 2. DUALITÉ – ESPACES RÉFLEXIFS
• Soit Vy1 ,...,yN ,ε (g) = {f ∈ BE ′ , ∀i, |(f − g)(yi)| < ε} un voisinage de g
pour la topologie faible.
Pour tout i, il existe xi ∈ BE tel que |xi − yi | < 4ε donc Vx1 ,...,xN , 2ε (g) ⊂
Vy1 ,...,yN ,ε (g). On va montrer qu’il existe r > 0 tel que Bd (g, r) ⊂
Vx1 ,...,xn , 2ε (g).
X 1
Prenons donc f ∈ Bd (g, r). On a |hf − g, xn i| < r donc pour tout
n∈N 2
n
n 6 N, hf − g, xn i 6 r2N . Donc Bd (g, 4···2 ε
n ) ⊂ Vx1 ,...,xN , (g).
ε
2
Remarque 2.9 Si E ′ est séparable, BE est métrisable pour la topologie faible
σ(E, E ′ ).
X 1
Démonstration. Soit ϕn dense dans BE ′ , x, y ∈ BE et d(x, y) = hϕn , x−
n∈N 2
n
yi.
Et on recommence.
2.3.3 Application à la convergence des suites
Proposition 2.8
• Si E est séparable, (ϕn )n une suite de E ′ . Alors si ϕn est bornée dans
E ′ , il existe ϕ ∈ E ′ et une suite extraite ϕnk tel que ϕnk ⇀ ϕ pour
σ(E ′ , E).
• Si E est réflexif, (xn )n une suite de E. Si x est bornée, il existe x et nk
une suite extraite telle que xnk ⇀ x pour la topologie σ(E, E ′ ).
Démonstration.
• Soit (ϕn )n ∈ BE ′ (M) avec M un majorant de supn kϕn k. On a la com-
pacité pour σ(E ′ , E) par Banach-Alaoglu et la métrique par le théorème
précédent puisque E est séparable. D’où le résultat.
• Soit M = Vect {xn , n ∈ N}. M est séparable. C’est aussi un fermé d’un
réflexif, donc un réflexif.
BM (R) est donc un métrique compact pour σ(M, M ′ ) (avec R qui borne
les xn ). D’où la convergence faible pour σ(M, M ′ ) donc pour σ(E, E ′ ).
Remarque 2.10 On n’a pas supposé que E est séparable donc a priori, BE
n’est pas métrisable pour σ(E, E ′ ).
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2.3. ESPACES RÉFLEXIFS
2.3.4 Espaces uniformément convexes
Définition 2.4 Soit E un Banach, on dit que E est uniformément convexe
ssi
x+y
∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀x, y, kxk 6 1, kyk 6 1, kx − yk > ε ⇒ <1−δ
2
C’est une propriété géométrique qui dépend de la norme.
(a) Uniformément convexe (b) Non uniformément convexe
Figure 2.1 – Uniforme convexité
Théorème 2.5 Milman-Pettis Les espaces uniformément convexes sont
réflexifs.
Remarque 2.11 Ce n’est pas une condition nécessaire.
Démonstration. On va montrer que J(BE ) = BE ′′ . Comme J(BE ) est un
fermé dans BE ′′ pour la topologie forte, il ssufit de montrer que J(SE ) est
dense dans SE ′′ .
∀ξ ∈ SE ′′ , ∀ε > 0, ∃x ∈ SE , kξ − J(x)k < ε
Soit ξ ∈ SE ′′ , ε > 0. Par uniforme convexité, il existe δ > 0 tel que
kxk 6 1, kyk 6 1 et kx − yk > ε implique x+y 2
< 1 − δ.
Comme kξk = 1, il existe f ∈ E tel que hξ, f i > 1 − δ2 . Soit V = {η ∈
′
E , |hη−ξ, f i| < 2δ }. C’est un voisinage de ξ pour σ(E ′′ , E ′ ). On a aussi vu que
′′
J(BE ) est dense dans E ′′ pour la topologie σ(E ′′ , E) (lemme de Goldstine)
donc il existe x ∈ BE tel que J(x) ∈ V ie |hf, xi − hξ, f i| < δ2 .
On va montrer que kξ − J(x)k 6 ε. Par l’absurde, si ξ ∈ / J(x) + εBE ′′ .
Comme BE ′′ est compact (donc fermé) pour la topologie faible ∗, σ(E ′ , E ′′ ),
on a (J(x) + εBE ′′ )c ouvert pour la topologie σ(E ′ , E ′′ ).
Donc (J(x) + εBE ′′ )c ∩V est un voisinage de ξ pour la topologie σ(E ′′ , E ′ )
et J(BE ) est dense dans BE ′′ pour σ(E ′′ , E ′ ). Ainsi, il existe x ∈ BE , J(x) ∈
(J(x) + εBE ′′ )c ∩ V donc kx − xk = kJ(x) − J(x)k > ε.
De plus, J(x) ∈ V donc |hf, xi − hξ, f i| < 2δ . Ainsi,
2hξ, f i 6 hξ, f i − hf, xi + hξ, f i − hf, xi + hf, x + xi
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CHAPITRE 2. DUALITÉ – ESPACES RÉFLEXIFS
Donc
δ δ
2−δ 6 + + hf, x + xi 6 δ + kx + xk
2 2
Ainsi, par uniforme convexité, kx − xk 6 ε qui est absurde.
Proposition 2.9 Soit E un Banach uniformément convexe. Si xn ⇀ x dans
σ(E, E ′ ) et lim sup kxn k 6 kxk alors xn → x pour la norme.
Remarque 2.12 Dans le cas d’un Hilbert, xn ⇀ x pour σ(H, H ′ ) ssi hxn , yi →
hx, yi pour tout y ∈ H. On sait de plus que kxk 6 lim inf kxn k donc kxn k →
kxk.
kxn − xk2 = kxn k2 + kxk2 − 2hxn , xi → 2 kxk2 − 2 kxk2 = 0
De plus, il existe des suites qui convergent faiblement non fortement. Par
exemple dans L2 (0, 2π) avec un = sin(n·) qui converge faiblement vers 0
(Riemann-Lebesgue). Pourtant kun k22 → π.
Démonstration. Si x = 0, on n’a rien à faire. Sinon, on se ramène à kxk = 1.
On a lim sup kxn k 6 kxk et on a vu que kxk 6 lim inf kxn k donc kxn k → 1.
Soit λn = max(kxn k , 1). On a λn → 1. Soit yn = λxnn . On a kyn k 6 1 et
yn ⇀ x.
Considérons yn2+x qui converge faiblement vers x. On a donc kxk = 1 6
lim inf yn2+x et yn2+x 6 12 (kyn k + 1) 6 1 pour tout n.
yn +x
Donc 2
→ 1 et par uniforme convexité kx − yn k → 0.
2.4 Adjoints
Soit T ∈ L(E, F ), E, F Banachs.
Définition 2.5 On définit l’adjoint de T par l’application T ∗ ∈ L(F ′ , E ′ )
telle que hT ∗ ϕ, xi = hϕ, T xi.
Proposition 2.10 Si T ∈ Lc (E, F ), T ∗ ∈ L(F ′ , E ′ ) et kT k = kT ∗ k.
Démonstration. On a
|hT ∗ϕ, xi|hkϕk kT xk 6 kϕk kT k kxk
Et kT p ϕk = sup |hT ∗ϕ, xi| 6 kT k kϕk. Donc T ∗ est continue et kT ∗ k 6
kxk=1
kT k.
On a vu que kT xk = sup |hϕ, T xi| donc
kϕk61
kT Xk 6 sup |hT ∗ϕ, xi| 6 kT ∗ k kxk
kϕk61
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2.5. EXEMPLES
Donc kT k 6 kT k∗ et on a l’égalité.
Proposition 2.11 Ker(T ∗ ) = (Im T )⊥ et Ker T = (Im(T ∗ ))⊥ avec
• Si M ⊂ E, M ⊥ = {ϕ ∈ E ′ , ϕ|M = 0}
• Si M ⊂ E ′ , M ⊥ = {x ∈ E, ∀ϕ ∈ M, ϕ(x) = 0}.
Démonstration. On a
ϕ ∈ Ker(T ∗ ) ssi T ∗ ϕ = 0 ssi ∀x ∈ E, hT ∗ϕ, xi = 0
ssi ∀x ∈ E, hϕ, T xi = 0
ssi Im(T ) ⊂ Ker ϕ ssi ϕ ∈ (Im T )⊥
Théorème 2.6 Soit T ∈ Lc (E, F ). T est bijectif ssi T ∗ l’est.
Démonstration. Si T ∗ est surjectif, (Im T ∗ )⊥ = {0} donc Ker(T ) = {0} donc
T est injectif.
De même, si T ∗ injectif, Im(T ) = E. Il reste à vérifier que Im(T ) est
fermée. Pour tout x ∈ E, il existe ϕ ∈ E ′ de norme inférieure à 1 telle que
hϕ, xi = kxk. On a
kxk = hϕ, xi = h(T −1 )∗ ϕ, T xi 6 (T −1 )∗ ϕ kT xk 6 (T −1 )∗ kT k
Donc il existe C tel que pour tout x ∈ E, kxk 6 c kT xk donc Im(T )
est fermé puisque si yn = T xn → y, par l’inégalité précédente, kxn − xm k 6
c kyn − ym k donc si (yn )n est de Cauchy, (xn ) aussi donc converge et par
continuité de T , y = T x ∈ Im(T ).
Réciproquement, si T bijectif, T T −1 = T −1 T = Id. Pour tout ϕ, x on a
hϕ, xi = hϕ, T −1T xi = hT ∗ (T −1 )∗ ϕ, xi
Donc ϕ = T ∗ (T −1 )∗ ϕ donc on a T ∗ (T −1 )∗ = Id et on peut faire pareil dans
l’autre sens donc T ∗ est bijectif.
2.5 Exemples
2.5.1 Espaces de Hilbert
Le théorème de Riesz donne H ′ ≃ H. Donc BH (0, 1) est compacte pour
la topologie faible (Banach-Alaoglu) donc H est réflexif.
Dans un Hilbert, les topologies faible et faible × coïncident.
Si H est un Hilbert séparable, et (xn )n bornée alors il existe une sous-suite
qui converge faiblement : pour tout y, hxnk , yi → hx, yi.
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CHAPITRE 2. DUALITÉ – ESPACES RÉFLEXIFS
2.5.2 Les espaces Lp
Soit Ω un ouvert de Rn .
2.5.3 Cas 1 < p < ∞
Théorème 2.7 Si 1 < p < ∞, Lp (Ω) est réflexif.
Démonstration. On traite d’abord 2 6 p < ∞ en montrant que Lp est uni-
formément convexe. On va utiliser le
Lemme 2.7.1 Inégalité de Clarkson
f +g p f −g p kf kpp +kgkpp
2
+ 2 6 2
p p
Démonstration. Il suffit de montrer que pour tout a, b ∈ R, | a+b
2
|p + | a−b
2
|p 6
1
2
(|a| + |b| ).
p p
p
On a αp + β p 6 (α2 + β 2 ) 2 . Par homogénéité, il suffit de montrer que
p
1 + xp 6 (1 + x2 ) 2 ce qui marche bien (étudier la fonction !)
En posant α = | a+b
2
| et β = | a−b
2
|, on a
p p !p
a+b a−b a2 + b2 2
+ 6
2 2 2
p
Comme p > 2, x 7→ x 2 est convexe sur R+ donc on a bien l’inégalité
voulue.
Si kf kp 6 1 et kgkp 6 1 avec kf − gkp > ε, on a
f +g
p
kf − gkpp εp
61− 61− p
2 p
2p 2
donc
p1
f +g εp
6 1− p =1−δ
2 2
avec δ > 0.
Il reste le cas 1 < p < 2. S’il existe une T : Lp → (Lq )′ isométrie (q
exposant conjugué de p). Si p < 2, Lq est réflexif dont (Lq )′ aussi. On a alors
T (Lp ) fermé dans un réflexif donc réflexif. Comme T : Lp → T (Lp ) est une
isométrie surjective, Lp est réflexif. Il reste
Z à trouver T .
Si u ∈ Lp , on définit T par hT u, ϕi = uϕ dx pour tout ϕ.
Ω
Par Hölder, on a kT k 6 1 et on va montrer que kT uk(Lq )′ = kukp .
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2.5. EXEMPLES
Soit ϕ ∈ Lq , ϕ(x) = |u(x)|p−2u(x) si u(x)n eq0 et 0 sinon. On a
Z Z
kϕkqq = |u(x)|(p−1)q dx = |u(x)|p
Ω Ω
donc
hT u, ϕi = kϕkqq
Donc kT k = 1.
Remarque 2.13 Les Lp pour 1 < p < 2 sont aussi uniformément convexes
Théorème 2.8 Représentation
Z de Riesz Pour tout ϕ ∈ (Lp )′ , il existe
u ∈ Lq tel que hϕ, vi = uv dx et kϕk(Lp )′ = kukLq .
Ω
Z
Démonstration. On définit T : L → (L ) qui vérifie hT u, vi =
q p ′
uv dx
Ω
On a déjà vu que kT uk(Lp )′ = kukLq donc T est injective d’image fermée.
Il reste à montrer que T est surjective, comme Im(T ) est fermée, il suffit
de montrer que (Im T )⊥ = {0} (vu comme sous-espace de (Lp )′′ ).
Comme Lp est réflexif, J(Lp ) = (Lp )′′ . On montre que si f ∈ Lp vérifie
que hJ(f ), T ui = 0 pour tout u alors f = 0. On a
Z
hJ(f ), T ui = hT u, f i = uf = 0
Ω
Lemme 2.8.1 Z
Soit f ∈ L1loc (Rn ) telle que f (x)ϕ(x) dx = 0 pour tout ϕ ∈ Cc∞ alors
Rn
f = 0 p.p.
Démonstration. Si ρn est une approximation de l’unité à support compact,
f ∗ ρn → f dans L1 (K) pour tout K compact. Comme y 7→ ρn (x − y) est C ∞
donc f ∗ ρn = 0 et f = 0.
Ce qui achève la démonstration.
Remarque 2.14 On a vu que si 1 < p < ∞, Lp est séparable, ce sont donc
des réflexifs séparables. Ainsi, si (fn )n est bornée dans Lp , elle admet une
R R
sous-suite convergente pour σ(Lp , (Lp )′ = Lq ) ie Ω fnk ϕ → Ω f ϕ pour tout
ϕ ∈ Lq .
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CHAPITRE 2. DUALITÉ – ESPACES RÉFLEXIFS
2.5.4 Cas L1
L1 est séparable.
Théorème 2.9 Riesz (L1 )′ = L∞ .
Démonstration. On se ramène à Riesz dans le cas p = 2. Soit w ∈ L2 (Ω) tel
que pour tout K relativement compact, il existe εK tel que w(x) > εK pour
tout x ∈ K. (Si Ω est bornée, on prend w = 1, sinon on pose w(x) = αn sur
Ω ∩ {n 6 |x| 6 n + 1} et on choisit les αn pour que ça marche).
Soit ϕ ∈ (L1 )′ . On considère la forme linéaire
L2 → R
f 7 → hϕ, f wi
qui est bien défini car le produit de fonctions L2 est L1 .
On a |hϕ, f wi| 6 kϕk(L1 )′ kwkL2 kf kL2 donc cette forme linéaire est conn-
R
tinue sur L2 . Par Riesz, il existe u ∈ L2 tel que hϕ, f wi = Ω u(x)f (x) dx
pour tout f ∈ L2 .
On va montrer que wu est L∞ et que wu = kϕk(L1 )′ .
∞
u(x)
Soit C > kϕk(L1 )′ , A = {x ∈ Rn , w(x) > C}. Montrons que λ(A) = 0.
Par l’absurde, supposons que λ(A) > 0. Il existe alors Ae ⊂ A tel que
1
si x ∈ Ae et u(x) > 0
e
0 < λ(A) < ∞. On prend alors f = −1 si x ∈ Ae et u(x) < 0 . Alors
0 sinon
Z Z
hϕ, f wi = u(x)f (x) dx = |u(x)| dx
Ω e
A
Donc Z
hϕ, f wi 6 kϕk(L1 )′ kf wkL1 6 kϕk(L1 )′ w(x) dx
e
A
Z Z Z
C w(d) dx 6 |u(x)| dx 6 kϕk(L1 )′ w(x) dx
e
A e
A e
A
Z Z
On a c > kϕk(L1 )′ et c w 6 kϕk(L1 )′ w ce qui est absurde car si
Z e
A e
A
e > 0,
λ(A) w > 0.
e
A Z
u
On a donc u
w
∈L ∞
et u
v ∞
6 kϕk(L1 )′ . De plus, hϕ, f wi = f w dx
Ωw
pour tout f ∈ L . 2
g
Pour tout g ∈ ZCc (Ω), soit f = w
. Comme w > εK sur supp(g), on a
u
hϕ, gi = hϕ, f wi = g dx.
Ωw
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2.5. EXEMPLES
Z
Il existe donc v ∈ L ∞
tel que pour tout g ∈ Cc (Ω), hϕ, gi = vg dx.
R Ω
Par densité de Cc (Ω) das L (Ω), on a hϕ, gi =
1
Ω vg On a aussi hϕ, gi 6
kvk∞ kgk1 donc kϕk1 = kvk∞ pour tout g ∈ L1 .
Proposition 2.12 L1 n’est pas réflexif.
Démonstration. On va montrer qu’il existe une suite bornée dans L1 qui n’ad-
met pas de sous-suite faiblement convergente. Posons fn (x) = λ(B(0,
1
1 1 1
)) B(0, ) n n
qui est positive, L1 et de norme 1.
Si (fn )n admet une sous-suite faiblement convergente, on a
Z Z
fnk ϕ dx → f (x)ϕ(x) dx
Rn Rn
pour tout ϕ ∈ L∞ .
R
En prenant ϕ = 1, on trouve f = 1.
R
Pour ϕ ∈ Cc (Rn \ {0}), on a fnk ϕ = 0 pour k assez grand (0 ∈
/ supp ϕ).
R
Donc f ϕ = R0 pour tout ϕ et par un lemme précédent, f = 0, ce qui est
absurde puisque f = 1.
Remarque 2.15 Si F est une famille bornée de L1 , à quelle confition F est
relativement compacte pour la topologie σ(L1 , L∞ ) ?
Théorème 2.10 Dunford-Pettis Soit Ω un ouvert borné de Rn , F une
famille de L1 (Ω) bornée.
F est relativement compacte pour σ(L1 , L∞ ) ssi F est uniformément in-
tégrable ie
Z
∀ε > 0, ∃δ > 0, ∀A ∈ B(Ω), λ(A) 6 δ ⇒ f dx 6 ε∀f ∈ F
A
Démonstration.
⇒ Évident (SIC !)
⇐ Pour simplifier, on traite le cas F ⊂ L1 (K) avec K compact.
On va montrer que si (fn )n est bornée dans L1 (K), on peut extraire
une sous-suite qui converge faiblement. On suppose que R
fn > 0. Pour
tout n, on peut définit Tn ∈ (C(K))′ tel que hTn , ϕi = Ω fn (x)ϕ(x) dx.
On a kTn k 6 kfn k1 6 M.
C(K) est séparable, donc par Banach-Alaoglu, il existe (une suite ex-
traite qu’on passe sous le tapis) TZ ∈ (C(K))′ tel que Tn ⇀ T pour
la topologie σ((C(K))′ , C(K)) ie fn (x)ϕ(x) dx → hT, ϕi pour tout
Ω
ϕ ∈ C(K).
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CHAPITRE 2. DUALITÉ – ESPACES RÉFLEXIFS
Théorème 2.11 Riesz Soit T une forme linéaire continue positive
sur C(X) (X compact). Il existe une unique mesure borélienne finie
R
telle que hT, ϕi = X ϕ dµ.
(i) Si V est un ouvert, µ(V ) = sup{T g, g ∈ C(K), supp(g) ⊂ V }
(ii) Si A est un borélien, µ(A) = inf{µ(V ), V ouvert , V ⊃ A}.
De plus, si A est un borélien, µ(A) = sup{µ(K), K compact, K ⊂ A}.
et si K est compact, µ(K) = sup{T g, g ∈ C(X, [0, 1], g|K = 1}.
On a vu que Tn ⇀ T ∈ C(X)′ donc T ∈ C(X)′ et T > 0 donc il existe
une unique µ donnéeR par le théorème.
On va montrer que A fn (x) dx → µ(A) pour tout A ∈ B(X).
Soit A ∈ B(X) et ε > 0. Il existe δ >R 0 tel que pour tout B ∈ B(X)
tel que λ(B) 6 δ, on ait pour tout n, B |fn | dx 6 ε.
Comme la mesure de Lebesgue est régulière, il existe un compact K et
un ouvert U vérifiant K ⊂ A ⊂ U et λ(U \ A) 6 δ et λ(A \ K) 6 δ.
On a µ(K) 6 µ(A) 6 µ(U).
Il existe donc f, g ∈ C(X) tel que supp(g) ⊂ U, f |K = 1 et T f − ε 6
µ(A) 6 T g + ε.
On a lim Tn g = T g et lim Tn f = T f par convergence faible, donc à
partir d’un certain rang,
Z Z
fn f dx − 2ε 6 Tn f − 2ε 6 µ(A) 6 Tn g + 2ε 6 fn g dx + 2ε
D’où Z Z
fn dx − 2ε 6 µ(A) 6 fn dx + 2ε
K U
En découpant les intégrales sur U = A ∪ (U \ A) et A = K ∪ (A \ K),
on trouve Z
µ(A) − fn dx 6 3ε
A
Z
donc µ(A) = lim fn dx
n→+∞ A R
On voudrait montrer qu’il existe f ∈ L1 tel qie µ(A) = A f dx pour
tout A ∈ B(X).
Théorème 2.12 Radon-Nikodym Si ν est une mesure σ-finie R
et
µ ≪ ν alors il existe f ∈ L1 (dν) tel que dµ = f dν ie µ(A) = A f dν.
Z
On a µ ≪ λ puisque si λ(A) = 0, fn dx = 0 donc µ(A) = 0.
A
En revenant à la définition de µ,
Z Z Z
fn ϕ → ϕ dµ = ϕf dx
X X X
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2.5. EXEMPLES
pour tout ϕ ∈ C(X) ⊂ L∞ .
Donc fn ⇀ f .
2.5.5 Cas L∞
L∞ n’est pas séparable et L∞ = (L1 )′ n’est donc pas réflexif (sinon L1 le
serait).
Le dual de L∞ ne s’identifie pas à L1 . En effet, il existe ϕ ∈ (L∞ )′ telle
que ϕ ne s’identifie pas à un élément de L1 . On peut prendre le prolongement
Hahn-Banachien à L∞ de f R7→ f (0) définie sur Cc0 (Rn ). Mais on ne peut pas
trouver g ∈ L1 tel que f (0) g(x)f (x) dx pour tout f ∈ Cc0 (Rn ).
On a quand même :
Z
kuk∞ = sup uϕ dx
kϕk1 61 Rn
Et si (fn )n est une suite bornée dans L∞ = (L1 )′ , on sait que la boule unité
de L∞ est compacte pour σ(L∞ , L1 ) et métrisable pour cette topologie car
L1 est séparable.
R R
Il existe donc f ∈ L∞ telle qu’une sous-suite (fnk )k vérifie
fnk ϕ → f ϕ pour tout ϕ ∈ L1 .
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CHAPITRE 2. DUALITÉ – ESPACES RÉFLEXIFS
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Chapitre 3
Opérateurs compacts et de
Fredholm
3.1 Opérateurs compacts
Définition 3.1 Soit T : E → F linéaire.
T est compact ssi T (BE ) est relativement compact dans F (pour la to-
pologie de la norme).
On notera K(E, F ) l’ensemble des opérateurs compacts.
Remarque 3.1 Si T est compact, T (BE ) est borné donc T est continue.
Proposition 3.1 Soit E, F deux Banach avec E réflexif, T ∈ Lc (E, F ). On
a l’équivalence entre
(i) T compact
(ii) L’image d’un borné est relativement compact
(iii) Pour tout (xn )n bornée, il existe nk tel que (T xnk )k converge dans F
(iv) Pour tout xn ⇀ x dans σ(E, E ′ ) alors T xn → Tx dans F .
Démonstration.
(i) ⇒ (ii) ⇒ (iii) Clair
(iii) ⇒ (iv) Si xn ⇀ x alors xn est bornée il existe donc nk tel que T xnk →
T x donc T x est une valeur d’adhérence de (T xn )n et comme T xn ⇀ T x,
on a T xn → T x.
(iv) ⇒ (i) Soit xn ∈ BE , comme E est réflexif, xnk ⇀ x donc T xnk → T x
donc T (BE ) est relativement compacte.
Remarque 3.2
35
CHAPITRE 3. OPÉRATEURS COMPACTS ET DE FREDHOLM
• Si dim(E) n’est pas fini, T : E → F compact n’est pas inversible.
En effet, si T inversible, T −1 (T (BE )) est compact et de plus BE est
d’intérieur non vide et inclus dans T −1 (T (BE )) qui est compact donc
dim(E) < ∞.
• Soit T : T → F continue tel que dim(Im T ) < ∞ (T de rang fini) alors
T est compact.
• Si dim(F ) < ∞, Lc (E, F ) ⊂ K(E, F ).
Théorème 3.1 Si F est complet, K(E, F ) est fermé dans Lc (E, F ).
Démonstration. Montrons que T (BE ) est compact. F étant complet, il suffit
de montrer que pour tout ε > 0, T (BE ) peut être recouvert par un nombre
fini de boules de rayon ε.
Soit ε > 0, n tel que kTn − T k 6 2ε . Comme Tn est compact, il existe
[k
ε
x1 , . . . , xk tel que Tn (BE ) ⊂ B(xi , ).
i=1 2
k
[
On a donc T (BE ) ⊂ B(xi , ε).
i=1
Corollaire 3.1 Si Tn → T dans Lc (E, F ) et Tn de rang fini alors T est
compact.
Remarque 3.3 Quid de la réciproque → elle est vraie dans un Hilbert mais
on ne peut pas le dire dnas le cas général.
Théorème 3.2 Soit f : E → F , u : F → G et g : G → H linéaires.
Si u est compact, f et g continues alors u ◦ f et g ◦ u sont compacts.
Théorème 3.3 Soit E, F deux Banachs, T ∈ Lc (E, F ). T est compact ssi
T ∗ l’est.
Démonstration.
⇒ On veut montrer que si (ϕn ) ∈ F ′ et kϕn k 6 1 alors il existe ϕnk tel
que T ∗ ϕnk → T ∗ ϕ dans E ′ .
Soit K = T (BE ) qui est compact car T est compact. Soit (ϕn )n ∈ F ′ .
On a ϕn ∈ C(K), kϕn k 6 1 donc pour tout x ∈ K, (ϕn (x))n est borné
donc relativement compact.
Pour tout x, y, |ϕn (x) − ϕn (y)| 6 |x − y| donc (ϕn )n est équicontinue.
Par Ascoli, on a une suite extraite qui converge dans C(K) vers ϕ ∈
C(K).
On remarque que pour tout x ∈ BE ,
|hT ∗ϕnk − T ∗ ϕnl , xi| = hϕnk − ϕnl i 6 sup |ϕnk (y) − ϕnl (y)| → 0
y∈K
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3.2. OPÉRATEURS DE FREDHOLM
Donc kT ∗ ϕnk − T ∗ ϕnl k 6 sup |ϕnk (y) − ϕnl (y)|.
y∈K
Donc (T ϕnk )k est de Cauchy dans E ′ donc converge.
∗
⇐ Si T ∗ est compact, T est compact. On a T ∗∗ compact.
Soit (xn )n tel que kxn k 6 1. On veut montrer qu’il existe une sous-suite
xnk telle que T xnk converge ?
En utilisant J : E → E ′′ , J(xn ) est bornée dans E ′′ , donc il existe nk
tel que T ∗∗ (J(xnk )) → ξ ∈ F ′′ .
De plus, hT ∗∗ (J(xnk )), ηi = hJ(xnk ), T ∗ (η)i = hη, T xnk i.
On a aussi hT ∗∗ (J(xnk ) − J(xnl )), ηi = hη, T xnk − T xnl i et
Txnk − Txnl = sup hη, T xnk − T xnl i
kηk61
= sup hT ∗∗ (J(xnk ) − J(xnl )), ηi
kηk61
6 kT ∗∗ (J(xnk )) − T ∗∗ (J(xnl ))k → 0
Donc (T xnk ) est de Cauchy dans E donc converge.
3.2 Opérateurs de Fredholm
Définition 3.2 Soit T : E → F linéaire.
On dit que T est de Fredholm ssi Ker(T ) est de dimension finie, Im(T )
est fermé de codimension finie.
Remarque 3.4 Il n’y a pas de lien entre la dimension du noyau et la codi-
mension de l’image ! ! ! ! !
Lemme 3.3.1
Soit E un Banach, F un sev de dimension finie. Alors il existe M fermé tel
que E = F ⊕ M.
Démonstration. Soit F de base (e1 , . . . , en ). On définit les coordonnées e∗i par
e∗i (ej ) = δi,j .
Sur F , les e∗i sont continues donc par Hahn-Banach, il existe λ1 , . . . , λn
prolongements continus des e∗i .
\
Soit M = Ker λi qui est fermé car les λi sont continues. On montre
i=1
que E = F ⊕ M.
F ∩ M = {0} car si x ∈ F ∩ M, λi (x) = 0 pour tout i donc x = 0 car
x ∈ F. n X
Soit y ∈ E, on pose x = λi (y)ei. On a λi (x) = λi (y) donc y−x ∈ Ker λi
i=1
donc y − x ∈ M et E ⊂ F ⊕ M.
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CHAPITRE 3. OPÉRATEURS COMPACTS ET DE FREDHOLM
Théorème 3.4 Soit E un Banach, u ∈ K(E). Alors T = Id −u est de
Fredholm.
Démonstration.
• Ker(T ) est de dimension finie car u|Ker T = Id est compact.
• Im(T ) est fermé. En effet, comme Ker(T ) est de dimension finie, il
existe F fermé tel que E = Ker(T ) ⊕ F . On étudie S = T |F qui est
injectif et T (E) = S(F ).
On va montrer qu’il existe r > 0 tel que kSxk > r kxk pour tout x ∈ F .
Par l’absurde, d’il existe xn ∈ F tel que kxn k = 1 et Sxn → 0, alors
Sxn = T xn = xn − u(xn ).
xn est bornée et u compact donc il existe xnk tel que u(xnk ) → y. On
obtient donc xnk → y, et F fermé donc y ∈ F . S est continue donc
Sxnk → y donc Sy = 0 et par injectivité, y = 0. Or pour tout n,
kxn k = 1 donc contradiction. On en déduit ∃r > 0, kSxk > r kxk ce
qui implique que Im(S) est fermée.
• Im(T ) est de codimension finie.
Lemme 3.4.1
Si M est un sev de E et M 6= E, alors pour tout ε > 0, il existe xε de
norme 1 tel que d(xε , M) > 1 − ε.
Démonstration. On peut toujours supposer ε < 1. Soit y ∈
/ M, d =
d(y, M) > 0. Soit w ∈ M tel que ky − wk 6 1−ε .
d
Soit xε = ky−wk
y−w
. Pour tout z ∈ M on a
y−w 1
kxε − zk = −z = y − w − x ky − wk
ky − wk ky − wk | {z }
∈M
d
> >1−ε
ky − wk
par choix de w.
Donc d(xε , M) > 1 − ε.
Par l’absurde, si Im(T ) n’est pas de codimension finie, il existe Fn des
sev tel que Im(T ) ⊂ F1 ⊂ . . . ⊂ Fn avec Fk de codimension 1 dans
Fk+1 .
Par le lemme, pour tout k, il existe xk ∈ Fk tel que kxk k = 1 et
d(xk , Fk−1 ) > 1 − ε.
On a u(xk )−u(xl ) = xk −(T xk −xl +T xl ) donc ku(xk ) − u(xl )k > 1−ε.
On ne peut donc pas extraire de sous-suite convergente. Contradiction.
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3.2. OPÉRATEURS DE FREDHOLM
Définition 3.3 Si T : E → F est de Fredholm, on définit l’indice de T par
Ind(T ) = dim(Ker(T )) − codim(Im(T )).
Théorème 3.5 Soient E, F Banachs.
L’ensemble des opérateurs de Fredholm est ouvert dans Lc (E, F ) et T 7→
Ind(T ) est continu (donc constant sur chaque composante connexe).
Corollaire 3.2 Soit E un Banach, u compact. Si Ker(Id −u) = {0} alors
Id −u est un isomorphisme.
Démonstration. Pour tout t ∈ R, tu est compact donc Id −tu est Fredholm.
t 7→ Id −tu est continue donc Ind(Id −u) = Ind(Id) = 0.
Si Ker(Id −u) = {0}, alors codim(Im(Id −u)) = 0 donc T est surjectif.
Remarque 3.5 L’ensemble des applications linéaires continues inversibles de
E → F est ouvert dans Lc (E, F ).
Démonstration du théorème. Soit s : E → F un opérateur de Fredholm. Il
existe G sev de E fermé tel que E = Ker s ⊕ G.
Comme Im(s) est de codimension finie, il existe un sev H de dimension
finie de F tel que F = Im s ⊕ H. On remarque que s|G : G → Im T est un
isomorphisme.
Soit se : G×H → Im S ⊕H tel que se(x, y) = sx+y. se est un isomorphisme.
Si T est proche de s alors Te : (x, y) 7→ T x + y est proche de Se dans
l’ensemble ouvert des isomorphismes donc Te est inversible dans Lc (G×H, F ).
On va en déduire que T est de Fredholm.
Comme Te est inversible, Ker T ∩ G = {0}. On a donc G ⊕ Ker T ⊂ E =
G ⊕Ker s donc Ker T ⊂ Ker s qui est de dimension finie. De plus, Im T est de
codimension finie car Te (G × {0}) = T G et Te ({0} × H) = H et Te est bijectif
donc T G ⊕ H = Te (G × {0} ⊕ {0} × H) = F . Comme H est de dimension
finie, Im T aussi.
Il reste à montrer que Im T est fermée.
Lemme 3.5.1
Soient E, G deux Banach, ϕ : E → G linéaire continue.
Si ϕ(E) est de codimension finie alors ϕ(E) est fermé.
Démonstration. Il exite F un sev de G de dimension finie tel que G = ϕ(E)⊕
F . On peut supposer ϕ injectif (quitte à quotienter par Ker ϕ puisque c’est
un fermé, on conserve un Banach).
F est de dimension finie donc G/F est un Banach et la projection π
est continue. π ◦ ϕ est un isomorphisme donc inversible et son inverse est
continue.
ϕ ◦ (π ◦ ϕ)−1 est continue et c’est une bijection de G/F sur ϕ(E). ϕ(E)
est donc complet donc fermé.
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CHAPITRE 3. OPÉRATEURS COMPACTS ET DE FREDHOLM
Il reste à montrer que Ind est continu. On a vu que G et Ker T sont en
somme directe. Il existe M sev de dimension finie tel que E = G⊕Ker T ⊕M.
De plus T : G⊕M → T G⊕T M est un isomorphisme donc dim T M = dim M.
On a
Ind(T ) = dim Ker T − codim(Im T ) = dim Ker T − (dim H − dim T M)
et F = T G ⊕ H donc Ind(T ) = dim Ker s − codim Im s = Ind s.
Remarque 3.6 Ind(Id −u) = 0 si u est compact.
3.3 Spectre d’un opérateur
Soit E un Banach sur C.
Définition 3.4 Si A ∈ L(E), l’ensemble résolvant de A est R(A) = {λ ∈
C, λ Id −A est inversible}. σ(A) = R(A)c est le spectre de A.
Démonstration. On peut aussi définir σR (A) mais il peut être vide.
Théorème 3.6 R(A) est un ouvert de C.
Si z ∈ R(A), on pose R(z) = (z Id −A)−1 qui est analytique.
Démonstration. Si z0 ∈ R(A), z0 − A est inversible si k est assez petit,
z0 + k − A l’est aussi. Pour la suite on a deux manières de le montrer :
• On montre le développement en série entière
∞
X
(z0 + h − A)−1 = (−1)n (z0 − A)−n hn (z0 − A)−1
n=0
• On utilise
(z − A)−1 − (w − A)−1 = (z − A)−1 ((w − A) − (z − A))(w − A)−1
= −(z − w)(z − A)−1 (w − A)−1
Donc R(z)−R(w)
z−w
= −(z − A)−1 (w − A)−1 et la limite z → w existe dans
Lc (E) et vaut −(w − A)−2 .
Donc R est holomorphe.
Définition 3.5 Soit E un Banach, Ω un ouvert de C et f : Ω → E. On dit
que f est fortement holomorphe ssi pour tout z0 ∈ Ω, lim f (z)−f
z−z0
(z0 )
existe
z→z0
dans E.
Définition 3.6 Soit E un Banach, Ω ⊂ C ouvert, f : Ω → E.
f est faiblement holomorphe ssi pour tout l ∈ E ′ , l ◦ f est holomorphe.
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3.3. SPECTRE D’UN OPÉRATEUR
Théorème 3.7 Les deux définitions sont équivalentes.
Démonstration. On a déjà une implication, montrons l’autre. Si f est fai-
blement holomorphe, pour tout l ∈ E ′ , l ◦ f est holomorphe donc vérifie la
formule de Cauchy.
Pour tout z ∈ Ω, et D disque tel que z ∈ D, D ⊂ Ω,
Z
1 l(f (w))
l(f (z)) = dw
2iπ ∂D w−z
On a donc en particulier
!
f (z + h) − f (z) 1 Z 1 1 1
l = l(f (w)) − dw
h 2iπ ∂D h w−z−h w−z
f (z+h)−f (z) f (z+k)−f (z)
Soit xh,k = h
− k
. On a
Z
1 1 1
l(xh,k ) = − l(f (w)) dw
2iπ ∂D (w − z − h)(w − z) (w − z − k)(w − z)
Z
k−h l(f (w))
= dw
2iπ ∂D (w − z − h)(w − z − k)(w − z)
x
On a donc borné ρh,k = l( h−k
h,k
) indépendamment de h, k. Par Banach-Steinhaus,
sup ρh,k < +∞ donc il existe M > 0 tel que pour tout h, k,
h,k
f (z + h) − f (z) f (z + h) − f (z)
− 6 M|h − k|
h h
Théorème 3.8 Soit A ∈ Lc (E) avec E un Banach sur C.
σ(A) est fermé borné non vide et si ρ(A) = sup{|λ|, λ ∈ σ(A)}, alors
1
ρ(A) = lim kAn k n .
n→+∞
Démonstration. R(A) est ouvert donc σ(A) est fermé.
σ(A) est borné car si z ∈ σ(A) et z 6= 0 alors z − A = z(Id − Az ) et si
|z| > kAk, Az < 1 donc Id − Az est inversible donc z − A est inversible. Donc
σ(A) ⊂ D(0, kAk).
On a vu que z 7→ R(z) est holomorphe sur R(A) donc si σ(A) = ∅, R est
entière. Or on a
1 1 −1 c
kR(z)k 6 Id − 6
|z| z |z|
donc R(z) est entière bornée et tend vers 0 quand |z| → +∞ donc R = 0.
Contradiction.
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CHAPITRE 3. OPÉRATEURS COMPACTS ET DE FREDHOLM
Notons cn = kAn k. On a cn+m 6 cn cm et par division euclidienne, si
n > k, on a n = kq + r et cn 6 (ck )q cr . En passant à la puissance n1 et à la
limsup, on a
1 1 1
lim sup cnn 6 ckk 6 lim inf ckk
n
1
Donc la limite l = limn kAn k n existe.
On montre ensuite que l = ρ(A). Soit z ∈ C tel que |z| > l. Il existe r tel
1
que |z| > r > l. Il existe n0 tel que pour tout n > n0 , |z| > r > kAn k n donc
kAn k
rn
< 1 donc z − A = z(Id − Az ).
X An
La série n
est donc convergente donc z − A est inversible. On a donc
n>0 z
l > ρ(A).
Si |z| > ρ(A), z 7→ (z Id −A)−1 est holomorphe donc w 7→ (Id −wA)−1
est holomorphe sur |w| < ρ(A) 1
. Le rayon de convergence de la série entière
X
An xn (qui vaut 1l ) est supérieur à 1
ρ(A)
donc ρ(A) > l.
n>0
3.4 Spectre des opérateurs compacts
Remarque 3.7 La structure du spectre d’un opérateur en dimension infinie
est compliquée. En particulier, il n’est pas forcément discret ni constitué uni-
quement de valeurs propres.
Exemple 3.1 On prend
L2 ([0, 1]) → L2 ([0, 1])
T :
f 7 → t 7→ tf (t)
T n’a pas de valeur propre : si λ en est une, (λ − t)f (t) = 0 presque partout
donc f = 0 et il n’y a pas de valeur propre. Pourtant σ(T ) = [0, 1]. Il suffit
de montrer que ]0, 1[⊂ T .
Par l’absurde, si λ − T est inversible, il existe c > 0 tel que pour tout
f ∈ L2 , k(λ − T )f k√
2 > c kf k2 . R
Posons ρn (t) = nρ(n(λ − t)) avec ρ ∈ Cc∞ (]0, 1[) telle que ρ2 = 1. On
a
Z Z
1 12
k(λ − T )ρn k22 = n(λ − t)ρ(n(λ − t)) dt =2
s2 ρ(s)2 ds → 0
0 n R
Donc λ − T n’est pas inversible et [0, 1] ⊂ σ(T ).
Réciproquement, si λ ∈ / [0, 1], λ − T est inversible et (λ − T )−1 g(t) =
g(t)
λ−t
∈ L ([0, 1]) si g ∈ L et λ ∈
2 2
/ [0, 1]. Donc σ(T ) = [0, 1].
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3.4. SPECTRE DES OPÉRATEURS COMPACTS
Théorème 3.9 Soit E un Banach, A ∈ Lc (E) compact.
Pour tout λ ∈ σ(A) \ {0}, λ est une valeur prpre et Ker(λ Id −A) est de
dimension finie.
Remarque 3.8 Si dim(E) = ∞ on a nécessairement 0 ∈ σ(A).
Démonstration. Si λ 6= 0 on a vu que λ Id −A est Fredholm d’indice nul donc
λ Id −A est inversible ssi Ker(λ Id −A) = {0}. Comme λ Id −A est Fredholm,
dim(λ Id −A) < ∞.
Remarque 3.9 Pour tout n ∈ N, si A est compact, (λ Id −A)n = λn Id −B
est Fredholm (et B est compact) donc Ker(λ Id −A)n est de dimension finie.
Lemme 3.9.1
Soit E un Banach, A compact.
Si λ 6= 0, il existe r ∈ N tel que Ker(λ − A)r = Ker(λ − A)n .
Démonstration. Par l’absurde, on aurait Ker(λ − A) ( Ker(λ − A)2 ( . . . (
Ker(λ − A)k ( . . . pour tout k.
On réutilise le lemme de Riesz. Pour tout ε ∈]0, 1[, il existe xn ∈ Ker(λ −
A)n tel que kxn k = 1 et d(xn , Ker(λ − A)n−1 ) > 1 − ε.
Posons T = λ − A. Pour n > k,
kA(xn ) − A(xk )k = kλxn − T xn − λxk + T xk k
T xn + λxk − T xk
= |λ| xn − > |λ|(1 − ε)
λ
Donc (Axn ) n’a pas de sous-suite convergente, ce qui est absurde car xn
est bornée et A compact.
Définition 3.7 Le plus petit entier qui vérifie le lemme s’appelle l’exposant
de la valeur propre λ.
Théorème 3.10 Soit E un Banach, A compact, λ ∈ Sp(A) \ {0} alors
E = Ker(λ − A)r ⊕ Im(λ − A)r . Ces deux sous-espaces sont fermés et stables
par A.
De plus, si µ ∈ σ(A) \ {0}, µ 6= λ et s est l’exposant de µ, Ker(µ − A)s ⊂
Im(λ − A)r .
Démonstration.
• La stabilité par A est claire.
• Si x ∈ Ker(λ − A)r ∩ Im(λ − A)r , avec T = λ − A, on a x = T y et
T x = 0 donc y ∈ Ker(λ − A)2r = Ker(λ − A)r donc x = 0.
• (λ−A)r est Fredholm donc son image est fermé et on a la décomposition
E = Ker(λ − A)r ⊕ Im(λ − A)r .
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CHAPITRE 3. OPÉRATEURS COMPACTS ET DE FREDHOLM
• Soit S = (µ − A)s et T = (λ − A)r , et x ∈ Ker S. On décompose
x = y + z avec y ∈ Ker T et z ∈ Im T .
On a Sx = 0 = Sy + Sz. Comme ST = T S, Ker T et Im T sont stables
par S donc Sy = Sz = 0.
De plus P = (µ − X)s et Q = (λ − X)r sont premiers entre eux donc
par Bezout, il existe U, V tel que UP + V Q = 1.
On a donc y = U(A)Sy + V (A)T y = 0 donc x = z ∈ Im T , d’où le
résultat.
Théorème 3.11 Soit E un Banach, A compact.
Alors σ(A) est dénombrable. On peut alors l’ordonner : |λn | > |λn−1 | et
λn → 0 si dim(E) = +∞.
Démonstration. Soit c > 0 on va montrer que l’ensemble des valeurs propre
de module supérieur à c est fini. On raisonne par l’absurde. Sinon, il existe
une suite de valeurs propres |λn | > c. Soit wn uen suite de vecteurs propres
distincts associés aux λn .
Posons En = Vect {w1 , . . . , wn }. On a En ( En+1 ( . . ..
Par le lemme de riesz, il existe xn ∈ En de norme 1 tel que d(xn , En−1 ) >
1 − ε.
Si n > k, on a Axn − λn xn ∈ En−1 donc kAxn − Axk k = kλn xn + yk avec
y ∈ En−1 . Donc on a kAxn − Axk k > c(1 − ε).
Donc (Axn ) n’a pas de sous-suite convergente, ce qui est absurde.
[ 1
On écrit donc σ(A) \ {0} = {|λ| > } ∩ V P (A) donc σ(A) est dénom-
n∈N n
brable. Le résultat précédent assure aussi que la limite de λn est 0.
Remarque 3.10 Les théorèmes précédents constituent les théorèmes spectraux
pour les opérateurs compacts. On en déduit que si λn sont les valeurs propres
non nulles, E = Ker(λ0 − A)r0 ⊕ . . . ⊕ Ker(λk − A)rk ⊕ Hk avec Hk stable
par A.
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Chapitre 4
Théorème spectral dans les
espaces de Hilbert
4.1 Rappels sur les espaces de Hilbert
4.1.1 Définition et propriétés élémentaires
Définition 4.1 Soit H un C-ev muni d’un produit scalaire sesquilinéaire
hermitien défini positif :
– ∀y, x 7→ (x, y) est linéaire
– ∀x, y 7→ (y, x) est semi-linéaire
– ∀x, y, (x, y) = (y, x)
– (x, x) > 0 pour tout x 6= 0.
Théorème 4.1 Cauchy-Schwarz Pour tout x, y ∈ H, |(x, y)| 6 kxk kyk.
Remarque 4.1 x 7→ (x, x) est une norme donc H est un evn.
Définition 4.2 H est un Hilbert ssi il est complet pour cette norme.
Corollaire 4.1 kxk = sup |(x, y)|.
kyk61
4.1.2 Projection sur un convexe fermé
Proposition 4.1 Identité du parallélogramme Pour tout x, y ∈ H,
kx + yk2 + kx − yk2 = 2(kxk2 + kyk2 ).
Théorème 4.2 Soit k un convexe fermé non vide.
Pour tout x ∈ H, il existe un unique y ∈ K tel qu’on ait kx − yk =
inf z∈K kx − zk.
De plus y est caractérisé par : pour tout z ∈ K, ℜ(x − y, z − y) 6 0.
45
CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
Démonstration.
! Si y1 , y2 vérifient kx − yik = d(x, K) =: d, par l’identité du parallélo-
gramme, on a
y1 + y2 2
ky1 − y2 k2 = 4d2 − 4 x − 60
2
Donc y1 = y2 .
∃ Soit yn ∈ K tel que kx − yn k → d.
Pour tout n, m, par l’identité du parallélogramme, on a
yn + ym 2
kyn − ym k2 = 2(kx − yn k2 + kx − ym k2 ) − 4 x −
2
2 2 2
6 2(kx − yn k + kx − ym k ) − 4d → 0
Donc yn est de Cauchy et comme H est complet, il existe y ∈ H tel
que yn → y. On a donc kx − yk = lim kx − yn k.
• Il reste la caractérisation. Si kx − yk = d alors ℜ(x − y, z − y) 6 0.
Si J est C 1 sur un convexe K alors en posant y tel que J(y) = inf J
K
alors DJ(y)(z − y) > 0 pour tout z ∈ K.
Pour tout z ∈ K et t ∈ [0, 1], (1 − t)y + tz ∈ K donc J((1 − t)y + tz) >
J(y) donc J(y+t(z−y))−J(y)
t
> 0.
En faisant tendre t vers 0, on a DJ(y)(z − y) > 0.
Réciproquement, si y vérifie DJ(y)(z − y) > 0 pour tout z ∈ K, et
comme J est convexe, J(y) 6 J(z) pour tout z. En effet, si J est
convexe C 1 , on a J(z) > J(y) + DJ(y)(z − y) > J(y).
Corollaire 4.2 La projection PK sur K est 1-lipschitzienne donc conti-
nue.
Définition 4.3 Si Y est un sev de H on pose Y ⊥ = {x ∈ H, ∀y ∈ Y, (x, y) =
0}.
Proposition 4.2 Y ⊥ est un fermé de H.
Théorème 4.3 Soit Y un sev fermé de H. On a H = Y ⊕Y ⊥ et Y ⊥⊥ = Y .
⊥
Remarque 4.2 Si Y n’est pas fermé, Y est fermé et Y = Y ⊥ . On a donc
que H = Y ⊕ Y ⊥ et donc Y ⊥⊥ = Y .
Démonstration. Y est un convexe fermé donc PY est continue.
Pour tout x ∈ H, soit y = PY (x). Par la caractérisation de y, on a pour
tout z,
ℜ(x − y, z − y) 6 0 ⇔ ℜ(x − y, h) 6 0 ⇔ (x − y, h) = 0 ⇔ x − y ∈ Y ⊥
(appliquer en ±h, et ±ih).
Donc H ⊂ Y + Y ⊥ . On a de plus Y ∩ Y ⊥ = {0} donc H = Y ⊕ Y ⊥ .
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4.1. RAPPELS SUR LES ESPACES DE HILBERT
4.1.3 Formes linéaires continues
Théorème 4.4 Riesz Pour tout l ∈ H ′ , il existe a ∈ H tel que l = (·, a).
Démonstration. Si l 6= 0, Ker(l) est un sous-espace fermé de H.
Donc H = Ker l ⊕ Cb. Pour tout x ∈ H, x = y + λb donc lx = λlb mais
(x, b) = λ kbk2 donc lx = (x, b) kbk
lb
2.
l(b)
Il suffit donc de prendre a = b kbk2.
Remarque 4.3 On en déduit que les Hilberts sont réflexifs.
Théorème 4.5 Lax-Milgram Soit a : H × H → C telle que
• ∀y ∈ H, x 7→ a(x, y) est linéaire
• ∀x ∈ H, x 7→ a(x, y) est semi-linéaire
• a est continue
• a est cœrcive : il existe α > 0 tel que |a(x, x)| > α kxk2 pour tout
x ∈ H.
Alors pour tout l ∈ H ′ , il existe un unique y ∈ H tel que a(x, y) = l(x) pour
tout x ∈ H.
Remarque 4.4 Si de plus a(x, y) = a(y, x) alors on a défini un produit sca-
laire équivalent sur H et donc le théorème correspond à Riesz pour ce produit
scalaire.
Démonstration. Par Riesz, on a pour tout y ∈ H, x 7→ a(x, y) ∈ H ′ donc il
existe un unique Ay tel que a(x, y) = (x, Ay) pour tout x ∈ H.
Par unicité dans Riesz, A est linéaire. Donc pour tout x, y ∈ H, a(x, y) =
(x, Ay). En écrivant l ∈ H ′ comme (·, f ), résoudre a(x, y) = l(x) revient à
résoudre (x, Ay) = (x, f ) ie Ay = f .
Il faut montrer que A ∈ L(H) est bijective.
A est continue car kAyk = sup |(x, Ay)| = sup |a(x, y)| 6 M kyk car a
kxk61 kxk61
est continue. Donc A ∈ Lc (H) et kAk 6 M.
Montrons que A est injective. Si y ∈ Ker(A), (x, Ay) = 0 = a(x, y) donc
|(y, Ay)| = 0 = |a(y, y)| > α kyk2 par cœrcivité. Donc y = 0. On va ensuite
montrer que Im A est fermé d’orthogonal nul.
Si x ∈ (Im A)⊥ , (x, Ay) = 0 donc α kxk2 6 |a(x, x)| = |(x, Ax)| = 0 donc
x = 0. Im A est fermé donc pour tout x ∈ H, |(x, Ax)| = |a(x, x)| > α kxk2
par cœrcivité. Par Cauchy-Schwarz, |(x, Ax)| 6 kxk kAxk.
Donc pour tout x ∈ H, kAxk > α kxk donc Im(A) est fermé (déjà fait).
Ainsi, A est bijectif donc pour tout f ∈ H, il existe un unique y ∈ H tel
que f = Ay ie a(x, y) = (x, f ) pour tout x ∈ H.
Remarque 4.5
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
• Ce théorème sert pour résoudre les équations elliptiques : si A ∈ Mn (R),
(Aξ, ξ) > α kξk2 pour tout ξ ∈ Rn . !
X ∂ ∂u
Pour tout f ∈ L (Ω), −
2
ai,j = f sur Ω avec u|Ω = 0
16i,j6n ∂xi ∂xj
est une équation elliptique.
• On a vu seulement le théorème spectral pour A compact dans Lc (E).
Le cas des opérateurs non bornés comme u 7→ u′′ qui sont à résolvante
compacte c’est à dire que pour tout f ∈ E, il existe un unique u tel que
u′′ = f et l’application qui à f associe u est un opérateur compact donc
on peut utiliser le théorème spectral.
4.1.4 Bases hilbertiennes
Soit H un Hilbert.
Définition 4.4 Une famille (xi )i est orthonormée ssi kxi k = 1 et (xi , xj ) = 0
pour tout i 6= j.
Remarque 4.6 Une famille orthonormée est libre.
Définition 4.5 (xi )i∈I est une base orthonormée (hilbertienne) ssi H =
Vect {xi , i ∈ I}.
Remarque 4.7 Ce n’est pas forcément une base au sens usuel.
Théorème 4.6 Tout espace de Hilbert admet une base hilbertienne.
Démonstration. Si H est séparable, il existe (xn )n tel que Vect {xn , n ∈ N} =
H et on obtient une base par Gram-Schmidt.
Sinon, on utilise le lemme de Zorn. On considère F l’ensemble des familles
orthonormées de H partiellement ordonné par l’inclusion.
F est inductif non vide donc il admet une famille B = (xi )i∈I maximale.
On a H = Vect {B}. Sinon, on a y ∈ H \ Vect {B} =: F .
F est fermé donc H = F ⊕ F ⊥ . Soit x = PF (y). (y − x, xi ) = 0 donc Be =
y−x
( ky−xk , B) est une famille orthonormée qui contient B, d’où une contradiction.
Proposition 4.3 Soit (en ) une base hilbertienne de H. Pour tout x ∈ H,
X
(x, en )en est convergente dans H et vaut x.
n∈N
X
De plus, kxk2 = |(x, en )|2 .
n∈N
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4.1. RAPPELS SUR LES ESPACES DE HILBERT
Exemple 4.1 Dans le cas L2 ([0, 2π]), en (t) = eint , la décomposition corres-
pond à la décomposition en série de Fourier :
X
f (t) = cn eint
n∈Z
R 2π
avec convergence dans L2 et cn = (f, en ) = 1
2π 0 f (t)e−int dt.
Démonstration. Pour tout N ∈ N, on a
N N 2
X X
2
|xn | = (x, en )en
n=0 n=0
N
X
y := (x, en )en ∈ Vect {e0 , . . . , en } donc H = Vect {e0 , . . . , en }⊕F donc
n=0
X
kyk2 6 kxk . D’où la convergence de
2
|xn |2 .
n∈N
Par le même raisonnement, pour tout p, q,
2
X X
(x, en )en = |(x, en )|2 → 0
p6n6q p6n6q
N
X
Donc (x, en )en est une suite de Cauchy dans H donc converge vers un
n=0
certain y. Comme la série converge dans H, on a
X
(y, ei ) = (x, en )(en , ei ) = (x, ei )
n∈N
(ei ) est une base hilbertienne donc x = y. De plus, pour tout N ∈ N,
| N N 2
X X X
2 2
xn | ← |xn | = (x, en )en → kxk
n∈N n=0 n=0
∞
X
D’où kxk = |xn |2 .
n=0
Remarque 4.8 Le résultat précédent nous dit que
2
ℓ → H
X
(xn )
7→ xn en
n∈N
est une isométrie bijective. On va traiter le cas non séparable.
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
Définition 4.6 Soit (xi )i∈I , une famille d’éléments de H. On dit que la
famille est sommable ssi il existe x ∈ H tel que pour tout ε > 0, il existe
J ⊂ I fini tel que pour tout K ⊂ I fini qui contient J, on ait
X
x− xi 6 ε
i∈K
Lemme 4.6.1 X
Soit ϕn une base hilbertienne et αn ∈ ℓ2 . Alors αn ϕn converge dans H et
n∈N
ne dépend pas de l’ordre de sommation.
X
Démonstration. On a déjà vu que x := αn ϕn converge dans H.
n∈N
Soit n : N → N bijective et N ∈ N. On a bien convergence de la série
N
X
αn(k) ϕn(k) car
k=0
2
q
X q
X
αn(k) ϕn(k) = |αn(k) |2 → 0
k=p k=p
∞
X
car |αi |2 est absolument convergente.
i=0
α
X
Donc il existe y ∈ H tel que y = ϕn(k) .
n∈Nn(k)
Pour tout i ∈ N, (y, ϕi) = αi = (x, ϕi ) donc x = y.
Théorème 4.7 Soit (ei ) une base hilbertienne de H. Pour tout x ∈ H,
J = {i ∈ I, (x, ei ) 6= 0} est dénombrable indexable par ϕ.
∞
X ∞
X
On a alors x = (x, eϕn )eϕ(n) et kxk2 = |(x, eϕ(n) )|2 et la somme de
n=0 n=0
dépend pas de ϕ.
kxk
Démonstration. Soit x ∈ H, n ∈ N et Jn = {i ∈ I, |(x, ei )| > m
}. Pour tout
i1 , . . . , ik ∈ Jm , on a
k k 2
X X
2
|(x, eil )| = (x, eil )eil 6 kxk2
l=1 l=1
k
X
kxk2 k
D’où m2
6 |(x, eil )|2 6 kxk2 et k 6 m2 . Ainsi Jm est fini et J =
l=1
[
Jm est dénombrable. Le deuxième point est une conséquence du lemme.
n∈N
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4.2. OPÉRATEURS AUTOADJOINTS COMPACTS (HILBERT)
4.2 Opérateurs autoadjoints compacts dans
les espaces de Hilbert
Définition 4.7 A ∈ Lc (H) est autoadjoint ssi pour tout x, y, (Ax, y) =
(x, Ay).
Théorème 4.8 Si A est autoadjoint, x 7→ (Ax, x) est une forme quadra-
tique réelle, dont la nullité implique celle de A.
Démonstration. (Ax, x) = (x, Ax) = (Ax, x) donc (Ax, x) ∈ R.
Si (Ax, x) = 0 pour tout x ∈ R,
0 = (A(x + y), x + y) = (Ax, x) + (Ay, x) + (Ax, y) + (Ay, y) = 2ℜ(Ax, y)
De même avec x + iy, 2ℑ(Ax, y) = 0. Ainsi, A = 0.
Théorème 4.9 Spectral Soit H un Hilbert et A autoadjoint compact.
Alors il existe (zi )i∈I des vecteurs propres de A qui forment une base
hilbertienne de H.
De plus, {i, λi 6= 0} est dénombrable et 0 est le seul point d’accumulation
de (λi )i .
Remarque 4.9
• I n’est pas forcément dénombrable
• On a déjà démontré la deuxième assertion
• Une autre manière d’écrire le théorème est la décomposition
H = Ker A ⊕ ⊕ (Kzn )
n∈N
avec K le corps de base.
• Les valeurs propres sont réelles ((Azi , zi ) = λi kzi k2 ).
Démonstration. Si A = 0 c’est fini. On prend par la suite A 6= 0. Mon-
trons d’abord que A possède une valeur propre non nulle. Posons M =
supkxk=1 (Ax, x) ∈ R.
Montrons que le sup est atteint. il existe xn ∈ H tel que kxn k = 1 et
(Axn , xn ) → M. xn est bornée et la boule unité de H est compacte pour la
topologie faible.
Il existe donc x ∈ H et xnk une suite extraite tel que xnk ⇀ x et par
compacité, Axnk → Ax.
On a (Axnk , xnk ) → M et Axnk → Ax et xnk ⇀ x donc (Axnk , xnk ) →
(Ax, x) donc M = (Ax, x). On a de plus kxk 6 lim inf kxnk k = 1. De plus
x 6= 0 car A 6= 0 (x 7→ (Ax, x) 6= 0). Soit y = kxk
x
.
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
On a kyk = 1 et (Ay, y) = kxk
M
2 . Si kxk < 1, (Ay, y) > M et kyk = 1 ce
qui est absurde donc kxk = 1.
On en déduit x = supkzk6=0 R(z) avec R(z) = (Az,z)
kzk2
. R atteint son maxi-
mum en x donc DR(x)h = 0 pour tout h ∈ H.
(Ax, x) + (Ax, h) + (Ah, x) + O(khk2 )
R(x + h) =
kxk2 + 2ℜ(x, h) + O(khk2 )
= (Ax, x) − 2(Ax, x)ℜ(x, h) + 2ℜ(Ax, h) + O(khk2 )
Donc pour tout h, ℜ(Ax, h) = Mℜ(x, h) et ℜ((A − M)x, h) = 0. En appli-
quant à ih, ((A − M)x, h) = 0 donc Ax = Mx et M est un valeur propre
non nulle.
Soit F l’espace engendré par les vecteurs propres de A. On veut F = H. Si
ce n’est pas le cas, F étant un fermé, on aurait H = F ⊕ F ⊥ avec F ⊥ 6= {0}.
F est stable par A qui est autoadjoint donc F ⊥ est aussi stable par A.
A|F ⊥ est encore autoadjoint compact qui admet un vecteur propre qui est un
vecteur propre de A, ce qui contredit la définition de F . Donc F ⊥ = {0}.
4.3 Calcul fonctionnel
4.3.1 Cadre général
On prend A ∈ Lc (E) et f ∈ X un ensemble de fonctions. Quand peut-on
définir f (A) ?
Si f ∈ C[X], on sait définir f (A), de même si f est une série entière de
rayon R > ρ(A) le rayon spectral de A.
Définition 4.8 Soit Ω un ouvert de C tel que σ(A) ⊂ Ω. Soit γ un contour
fermé dans ω ∩ σ(A)c d’indice 0 pour tout z ∈
/ Ω et 1 pour z ∈ σ(A).
On pose alors pour f holomorphe sur Ω
1 Z
f (A) = (z − A)−1 f (z) dz
2iπ γ
R
Remarque 4.10 L’indice est défini par 1
2iπ
1
γ w−z dw.
Théorème 4.10
N
X
(i) Pour tout f ∈ C[X], f (A) = an An .
n=0
(ii) L’application
H(Ω) → Lc (E)
f 7 → f (A)
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4.3. CALCUL FONCTIONNEL
est un morphisme d’algèbre.
(iii) σ(f (A)) = f (σ(A)) pour tout f ∈ H(Ω).
(iv) Si f ∈ H(Ω), σ(A) ⊂ Ω et g ∈ H(Ω′ ) tel que f (σ(A)) ⊂ Ω′ alors
(g ◦ f )(A) = g(f (A)).
Démonstration. Z
(i) Il suffit de montrer que si f (z) = z k alors 1
2iπ
(z − A)−1 f (z) dz = Ak .
γ
On calcule donc cette intégrale en remarquant que
1X ∞
An
(z − A)−1 =
z n=0 z n
et que la série converge normalement sur γ. Alors, on permute somme
et intégrale, ce qui nous ramène à calculer
Z 0
1 An k si k 6= n
z dz =
2iπ γ z n+1 Ak sinon
Donc Z
1
(z − A)−1 f (z) dz = Ak
2iπ γ
(ii) Le seul point
Z non trivial est (f g)(M) = f (M)g(M). par la formule de
Cauchy, f (z)(z − M)−1 dz ne dépend pas de γ, donc en écrivant
γ
1 Z −1 1 Z
f (M) = f (w)(w−M) dw et g(M) = g(z)(z−M)−1 dz
2iπ γ2 2iπ γ1
on peut supposer que γ1 est à l’intérieur du domaine délimité par γ2 (ie
Indγ2 (z) = 1 pour tout z ∈ γ1 ). On a alors
1 Z Z
f (M)g(M) = f (w)(w − M)−1 (z − M)−1 g(z) dz dw
(2iπ)2 γ1 γ2
Z Z
1 f (w)g(z)
= ((w − M)−1 − (z − M)−1 ) dz dw
(2iπ) γ1 γ2 z − w
2
= I1 − I2
g(z)
On peut utiliser Fubini et, comme z 7→ z−w
est holomorphe (w ∈ γ2 ),
Z
g(z)
dz = 0 done I1 = 0.
γ1 z − w
Z
f (w) f (w)
De même, w 7→ z−w
a une singularité en w = z donc dw =
γ2 z − w
Res(f, z) = −f (z) (Res(F/G) = F/G′ ). Ainsi, I2 = −(gf )(M) et on a
bien le résultat.
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
(iii) Si µ ∈
/ f (σ(A)), σ(A) est compact et f est continue donc il existe c0 > 0
tel que pour tout λ ∈ σ(A), |µ − f (λ)| > c0 .
Donc il existe Ω un ouvert contenant σ(A) tel que |µ − f (z)| > c20 pour
tout z ∈ Ω.
g(z) = µ−f1 (z) est holomorphe sur Ω puisque z 7→ µ − f (z) ne s’y annule
pas. Par (ii), on peut définir g(A) et on a
g(A)(µ − f (A)) = (g(µ − f ))(A) = Id
Donc µ − f (A) est inversible donc µ ∈ / σ(f (A)).
Si µ ∈ f (σ(A)), il existe λ tel que µ = f (λ). On pose g(z) = f (z)−f
z−λ
(λ)
. Si
f est holomorphe, g aussi. Ainsi, g(A) est bien définie et (A − λ)g(A) =
f (A) − f (λ).
Or (A−λ)g(A) n’est pas inversible donc f (A)−f (λ) non plus et f (λ) ∈
σ(f (A)).
(iv) Si f est analytique sur Ω ⊃ σ(M) et g analytique sur 0 contenant
f (σ(M)) alors (g ◦ f )(M) = g(f (M)).
Par (iii), f (σ(M)) = σ(f (M)) donc si γ1 enlace σ(f (M)),
Z
1
g(f (M)) = g(z)(z − f (M))−1 dz
2iπ γ1
De même, h(w) = z−f1(w) est holomorphe sur un ouvert contenant σ(M)
1 R
donc h(M) = 2iπ γ2 h(w)(w − M)
−1
dw. Donc
Z
1 1 1
g(f (M)) = g(z) (w − M)−1 dw dz
2iπ γ1 2iπ z − f (w)
Z Z
1 −1 1 g(z)
= (w − M) dz dw
2iπ γ2 2iπ γ1 z − f (w)
| {z }
=g(f (w))
= (g ◦ f )(M)
Remarque 4.11 Ce type de résultat s’appelle calcul fonctionnel.
On appelle σ(f (M)) = f (σ(M)) « résultat d’image spectrale ».
Remarque 4.12 Si on a un trou sur la formule des résidus, on fait le calcul :
si γ est un cercle de rayon R,
Z Z
1 1 2π n
n k−n−1
A z dz = A (Reiθ )k−n−1 Reiθ dθ
2iπ γ 2π 0
1 Z 2π n k−n iθ k−n
= A R (e ) dθ = Ak δk,n
2π 0
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4.4. THÉORÈME SPECTRAL AUTOADJOINT
4.3.2 Cas des opérateurs auto-adjoints compacts sur
un Hilbert
Soit H un Hilbert, A auto-adjoint compact.
Théorème 4.11 Pour tout f bornée définie sur σ(A), on peut définir f (A)
par
(i) f (A) = Id avec f = 1.
(ii) l’opérateur associé à IdH est A.
(iii) f 7→ f (A) est un morphisme d’algèbre
(iv) kf (A)k = supλ∈σ(A) |f (λ)| = kf kL∞
(v) Si f est réelle, f (A) est auto-adjoint
(vi) Si f est positive f (A) aussi.
L
Démonstration. On a H = Ker(A) ⊕⊥ Cen . Posons
n∈N
X
f (A)(x) = f (0)y + f (λn )xn en avec y = PKer A x
n∈N
(i), (ii) et (iii) en découlent. De plus,
X
kf (A)xk2 = |f (0)|2|y|2 + |f (λn )|2 |xn |2 6 kf k2∞ kxk2
n∈N
et le sup est atteint en le en tel que supλ∈σ(A) |f (λ)| soit atteint en λn .
Remarque 4.13 Dans ce cas là les propriétés de calcul découlent de la pro-
priété de diagonalisation.
Dans le cas général, on déduit des propriétés de décomposition spectrale
des propriétés d’un calcul fonctionnel défini sur les fonctions continues
4.4 Théorème spectral pour les opérateurs
autoadjoints
Soit H un Hilbert, A un opérateur autoadjoint.
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
4.4.1 Propriétés générales du spectre d’un opérateur
autoadjoint
Théorème 4.12 Si A est autoadjoint, σ(A) ⊂ R.
Remarque 4.14 On avait déjà cette propriété pour les opérateurs autoadjoints
compacts, comme conséquence du fait que le spectre est constitué uniquement
de valeurs propres.
Démonstration. On va montrer que pour tout λ non réel, A−λ est inversible.
Posons a(x, y) = (x, (A − λ)y) pour tout (x, y) ∈ H. On va utiliser Lax-
Milgram.
Pour tout y, x 7→ a(x, y) est linéaire, pour tout x, y 7→ a(x, y) est anti-
linéaire, |a(x, y)| 6 kxk kyk kA − λk donc a est continue. Enfin, |a(x, x)| =
|(Ax, x) − λ kxk2 | > |ℑ(λ)| kxk2 .
Donc pour tout z ∈ H il existe un unique y ∈ H tel que a(x, y) = (x, z)
pour tout x. On a donc (A − λ)y = z donc A − λ est bijectif et λ ∈ / σ(A).
Théorème 4.13 Soit A ∈ Lc (H) autoadjoint. Alors ρ(A) = kAk.
1
Démonstration. On a vu que ρ(A) = lim kAn k n 6 kAk.
n→+∞
Si A est autoadjoint, on a encore
kAxk2 = (Ax, Ax) = (A∗ Ax, x) = (A2 x, x) 6 A2 kxk2
k
donc kAk2 6 kA2 k. Par récurrence, kAk2 6 A2 . Ainsi,
k
1
k
ρ(A) = lim A2 2k
> kAk
k
Théorème 4.14 Si A ∈ Lc (H) est autoadjoint alors σ(A) ⊂ [a, b] avec
a = inf (Ax, x), b = sup (Ax, x) et de plus a, b ∈ σ(A).
kxk=1 kxk=1
Démonstration.
• Si λ < a, on peut montrer que A − λ est inversible. On pose m(x, y) =
((A − λ)x, y) qui est linéaire en x, antilinéaire en y, continue et
m(x, x) = (Ax, x) − λ kxk2 > (a − λ) kxk2 > 0
si λ < a. Par Lax-Milgram, A − λ est inversible. Par le même type
d’argument, on montre que λ − A est inversible si λ > b. On a donc
bien σ(A) ⊂ [a, b].
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4.4. THÉORÈME SPECTRAL AUTOADJOINT
• Il reste à montrer que a, b ∈ σ(A). Par définition de a et b, on a |a| 6
kAk et |b| 6 kAk.
De plus, ρ(A) = A car A est symétrique. Donc kAk 6 max(|a|, |b|) 6
kAk.
Ainsi, max(|a|, |b| kAk = ρ(A) donc a ou b appartient à σ(A). Pour
conclure dnas le cas général, on étuide Ac = A + c Id pour c ∈ R.
On peut choisir c1 , c2 tel que ac1 = a + c1 σ(Ac1 ) et bc2 ∈ σ(Ac2 ) donc
a, b ∈ σ(A).
Théorème 4.15 Si M, N ∈ Lc (H) sont autoadjoint. Alors
dH (σ(M), σ(N)) 6 kM − Nk
avec dH la distance de Hausdorff sur P(C).
dH (A, B) = max(sup d(x, B), sup d(x, A))
x∈A x∈B
Démonstration. Soit d = kM − Nk. Supposons que d > dH (σ(M), σ(N)).
On peut supposer par symétrie sup d(x, σ(N)) > d. Donc il existe µ ∈
x∈σ(M )
σ(M) tel que d(µ, σ(N)) > d donc pour tout ν ∈ σ(N), |µ − ν| > d.
On obtient que µ ∈ / σ(N) et même que µ−z1
=: f (z) est holomorphe sur
un voisinage sur spectre de N. Par le calcul fonctionnel, on a σ(f (N)) =
f (σ(N)) = { µ−ν
1
, ν ∈ σ(N)}.
On a |f (σ(N))| < d1 et comme N est symétrique, f (N) le reste, on a donc
ρ(f (N)) = kf (N)k = k(µ − N)−1 k. Ainsi, k(µ − N)−1 k < d1 .
Mais µ − M = µ − N + n − M = (µ − N)(Id +(µ − N)−1 (N − M))
est donc inversible (k(µ − N)−1 (N − M)k < 1). Donc µ ∈ / σ(M), ce qui est
absurde.
4.4.2 Calcul fonctionnel pour les opérateurs autoad-
joints
Soit q ∈ R[X]. Si M est autoadjoint, q(M)∗ = q(M).
On a donc ρ(q(M)) = kq(M)k et σ(q(M)) = q(σ(M)) donc kq(M)k =
sup |λ| = sup |q(λ)|.
λ∈σ(q(M )) λ∈σ(M )
L’application φ qui à une fonction polynômiale réelle sur σ(M) associe un
élément de Lc (H) via q 7→ q(M) est un morphisme d’algèbre et une isométrie.
Par le théorème de prolongement des applications uniformément conti-
nues à valeurs dnas un complet, comme par Stone-Weierstrass, l’ensemble des
fonctions polynômes réelles sur σ(M) est dense dans C 0 (σ(M)), φ s’étend en
un morphisme d’algèbres continu de C 0 (σ(M)) → Lc (E).
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
Théorème 4.16 Si M ∈ Lc (H) est autoadjoint,
(i) (f g)(M) = f (M)g(M) pour tout f, g ∈ C 0 (σ(M))
(ii) kf (M)k = kf k∞
(iii) f (M) est symétrique
(iv) σ(f (M)) = f (σ(M))
Démonstration. On écrit f et g comme limite de polynômes et tout passe à
la limite dans (i), (ii), (iii).
Ça marche aussi dans (iv) mais on a besoin de vérifier que les limites au
sens de Hausdorff et au sens habituel correspondent.
Proposition 4.4 Soit M ∈ Lc (H) autoadjoint. M est positif (ie pour tout
x, (Mx, x) > 0) ssi σ(M) ⊂ R+ .
Démonstration.
⇒ a inf (Mx, x) > 0 donc σ(M) ⊂ R+ .
kxk=1
⇐ Si σ(M) ⊂ R+ , a > 0 donc M > 0.
√
Remarque 4.15 Si A est autoadjoint
√ positif, on peut définir A par le calcul
fonctionnel. En effet, x 7→ x est continue sur σ(A).
4.4.3 Résolution spectrale d’un opérateur autoadjoint
⊥
Si A est autoadjoint compact et H séparable, on peut écrire H = ⊕Hn .
n
E
X X
Si En est la projection orthogonale sur Hn alors Id = et A = λn En .
n∈Nn n∈N
Posons pour tout S ∈ B(R),
X
E(S) = En
n,λn ∈S
C’est une projection orthogonale et on peut formellement écrire
Z
A= λ dE(λ)
σ(A)
S 7→ E(S) a les propriétés d’une mesure à valeur projecteur.
On va donnet un sens à cette formule pour les opérateurs autoadjoints.
R
Si f = α1A alors σ(A) f dE = αE(A).
Si M ∈ Lc (H) est autoadjoint, on a vu que pour tout f ∈ C 0 (σ(M)) on
peut définir f (M). Soit x, y ∈ H. lx,y (f ) = (f (M)x, y).
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4.4. THÉORÈME SPECTRAL AUTOADJOINT
f 7→ lx,y (f ) est une forme linéaire sur C 0 (σ(M)). De plus,
|lx,y (f )| = |(f (M)x, y)| 6 kf (M)k kxk kyk 6 kf k kxk kyk
lx,y est donc une forme linéaire continue sur C 0 (σ(M)). Par Riesz, il existe
mx,y mesure borélienne sur σ(M) tel que pour tout f ∈ C 0 (σ(M)),
Z
lx,y (f ) = f (λ) dmx,y (λ)
σ(M )
On a construit une famille mx,y de mesures. On a les propriétés suivantes :
Définition 4.9 Si µ : X → C est une mesure complexe alors on définit sa
valuation totale par
X G
|µ|(A) = sup |µ(An )|, A = An
n∈N
Théorème 4.17
• (x, y) 7→ mx,y est linéaire en x et antilinéaire en y.
• my,x = mx,y
• |mx,y |(σ(M)) 6 kxk kyk
• Les mesures mx,x sont réelles positives.
Démonstration.
(i) Tout découle de l’unicité dans Riesz.
(ii) Pour tout f ∈ C 0 (σ(M)),
Z
f (λ) dmy,x = ly,x (f ) = (f (M)y, x)
σ(M )
Z
= (y, f(M)x) = (f(M)x, y) = f (λ) dmx,y
σ(M )
(iii) |mx,y |(σ(M)) = klk 6 kxk kyk
(iv) On considère lx,x . Si f est positive, f (M) aussi puisque σ(f (M)) =
f (σ(M)) ⊂ R+ .
Ainsi pour tout f > 0, lx,x (f ) > 0. Par Riesz, lx,x est eprésenté par une
mesure positive donc mx,x > 0.
Grâce au théorème précédent, pour tout S ∈ B(σ(M)), mx,y (S) ∈ C est
bien défini.
Par (i), x 7→ mx,y (S) est linéaire et y 7→ mx,y (S) est anti-linéaire. De plus,
(x, y) 7→ mx,y (S) est continue par (ii).
Par Riesz (sur un Hilbert), il existe E(S) ∈ Lc (H) tel que mx,y (S) =
(E(S)x, y) pour tout x, y ∈ H.
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
Théorème 4.18
(i) E(S)∗ = E(S)
(ii) kE(S)k 6 1
(iii) E(∅) = 0, E(σ(M)) = Id
(iv) E(S ∪ T ) = E(S) + E(T ) si S ∩ T = ∅
(v) E(S)M = ME(S)
(vi) E(S ∩ T ) = E(S)E(T )
(vii) ∀S, E(S) est une projection orthogonale. Si S ∩ T = ∅, alors Im(E(S))
et Im(E(T )) sont orthogonales.
(viii) E(S)E(T ) = E(T )E(S)
Démonstration.
(i) Csq de la def
(ii) idem
(iii) (E(∅)x, y) = mx,y (∅) = 0 donc E(∅) = 0.
Z
De même, (E(σ(M))x, y) = mx,y (σ(M)) = dmx,y = (f (M)x, y) =
σ(M )
(x, y) avec f = 1 donc f (M) = Id. Donc E(σ(M)) = Id.
(iv) mx,y (S ∪ T ) = mx,y (S) + mx,y (T ) donc on a le résultat sur E.
(v) Par propriété du calcul fonctionnel :
Mf (M) = f (M)M
donc (f (M)Mx, y) = (Mf (M)x, y) = (f (M)x, My)
donc mx,M y = mM x,y
Ainsi, (E(S)Mx, y) = (ME(S)x, y) donc ME(S) = E(S)M.
(vi) On peut étendre le calcul fonctionnel continu aux
Z fonctions boréliennes
bornées. Si f ∈ C (σ(M)) alors (f (M)x, y) =
0
f (λ) dmx,y . Comme
σ(M )
mx,y est une mesure et σ(M) est compact, cette intégrale est bien définie
pour tout f ∈ B(σ(A)) (fonctions Boréliennes mesurables bornées).
R
Pour tout f ∈ B(σ(A)), (x, y) 7→ σ(M ) f (λ) dmx,y est une forme linéaire
en x, antilinéaire en y et continue (de norme 6 kf k∞ ).
Par Riesz dans les Hilbert, pour Ztout f ∈ B(σ(M)), il existe un unique
Bf ∈ Lc (H) tel que (Bf x, y) = f (λ) dmx,y . On note Bf = f (M).
σ(M )
On a donc étendu le calcul fonctionnel à des fonctions B(σ(M)).
De plus, on a
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4.4. THÉORÈME SPECTRAL AUTOADJOINT
Théorème 4.19 φ : f 7→ f (M) est un morphisme d’algèbres et
kf (M)k 6 kf k∞ .
Démonstration. On montre seulement le point non trivial : (f g)(M) =
f (M)g(M). On le montre d’abord pour f ∈ C(σ(M))
Z
et g ∈ B(σ(M)).
On a (f (M)g(M)x, y) = (g(M)x, f (M)y) = g(λ) dm(x,f (M )y) et
σ(M )
Z f
((f g)(M)x, y) = g(λ) dmx,y .
σ(M )
Comme mx,y et mx,f (M )y sont construites par Riesz, les fonctions de
C 0 (σ(M)) sont denses dans L1 (dmx,y ) et dans L1 (dmx,f (M )y ).
En particulier, pour tout g ∈ B(σ(M)), il existe (gn ) ∈ C 0 (σ(M)) tel
que sup kgn kL∞ < ∞ et gn → g mx,y p.p. et mx,f (M )y p.p.
Pour tout n, gn est continue donc par convergence dominée,
Z Z
(f (M)gn (M)x, y) = gn (λ) dmx,f (M )y → g(λ) dmx,f(M )y
σ(M ) σ(M )
et
Z
(f (M)gn (M)x, y) = ((f gn )(M)x, y) → f (λ)g(λ) dmx,y
σ(M )
car sup |gn (λ)| 6 M et sup |f (λ)gn(λ)| 6 M (et les constantes sont L1
n n
car les mesures en questions sont finies sur σ(M) qui est compact).
Donc (f (M)g(M)x, y) = ((f g)(M)x, y) pour f continue et g borélienne.
On recommence un coup pour avoir le résultat pour f, g boréliennes.
En revenant à la définition de E(S),
Z
(E(S)x, y) = mx,y (S) = 1S dmx,y = (1S (M)x, y)
σ(M )
(car 1S ∈ B(σ(M))) donc E(S ∩ T ) = 1S∩T (M) = (1S 1T )(M) =
1S (M)1T (M) = E(S)E(T ).
(vii) Par (vi), E(S) = E(S ∩ S) = E(S)E(S) = E(S)2 donc E(S) est un
projecteur. Comme E(S)∗ = E(S) et kE(S)k 6 1 il est orthogonal.
(viii) Conséquence directe de (vi)
Proposition 4.5 Soit (Sn ) une suite de boréliens disjoins. On a pour tout
x ∈ H,
[ X
E Sn x = E(Sn )x
n∈N n∈N
avec convergence dans H de la série.
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
Démonstration. Soit n, m ∈ N et x ∈ H. On a (additivité finie) :
m
! m
[ X
E Sk x = E(Sk )x
k=n k=n
m
! 2 m
[ X
Donc E Sk x = kE(Sk )xk2 car les images sont orthogonales.
k=n k=n
Ainsi,
m m
! 2
X 2
[
kE(Sk )xk 6 E Sk kxk2 6 kxk2
k=n k=n
X
donc la série kE(Sk )xk2 est convergente car kE(S)k 6 1 pour tout S.
n∈N
m 2 m n
X X X
Comme E(Sk )x = kE(Sk )xk2 → 0. Donc E(Sk )x est une
k=n k=n k=0
X
suite de Cauchy dans H donc converge. Donc E(Sk )x ∈ H.
n∈N
[ X
Il reste à montrer que E Sk x = E(Sk )x. Pour tout y ∈ H, on a
k∈N k∈N
[ [ X
E Sk x, y = mx,y Sk = mx,y (Sk )
k∈N k∈N k∈N
X X
= (E(Sk )x, y) = E(Sk )x, y
k∈N k∈N
Donc on a bien le résultat.
Remarque 4.16 Sur Lc (H), on peut mettre plein de topologies. On dit que
Tn → T avec
• convergence normale kTn − T k → 0
• convergence forte (ATTENTION : il s’agit de la topologie faible) :
Tn x → T x pour tout x.
• convergence faible : (Tn x, y) → (T x, y).
Définition 4.10 On dit que S → E(S) est une mesure à valeur projecteurs
ssi pour tout S,
E(S)est une projection orthogonale, E(∅) = 0 et E est
[ X
σ-additive : E Sk x = E(Sk )x pour tout x ∈ H.
k∈N k∈N
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4.4. THÉORÈME SPECTRAL AUTOADJOINT
Théorème 4.20 Soit H un Hilbert, M autoadjoint. il existe une unique me-
sure sur B(R) à valeur projecteur S → E(S) tel que E(S ∩ T ) = E(S)E(T )
et Z
0
∀f ∈ C (σ(M)), f (M) = f (λ) dEλ
σ(M )
Remarque 4.17 L’intégrale est définie comme intégrale de Lebesgue. Si f =
P
αi ASi alors Z X
f (λ) dEλ = f (αi )E(Si )
Démonstration. L’intégrale est définie au sens précédent pour f ∈ B(σ(M)).
De plus,
Z ! Z
f (λ) dEλ x, y = f (λ) dmx,y = (f (M)x, y)
σ(M ) σ(M )
P
Il suffit de le vérifier pour les fonctions étagées. Si f = αi 1Si , on a
Z ! ! !
X
f (λ) dEλ x, y = f (αi )E(Si ) x, y
σ(M ) i
X X
= f (αi )(E(Si )x, y) = f (αi)mx,y (Si )
i i
Z
= f (λ) dmx,y = (f (M)x, y)
σ(M )
Z
Remarque 4.18 En particulier, en prenant f = 1, on a Id = dEλ et
σ(M )
Z λ
f (λ) = λ pour tout λ, on a M = dEλ .
σ(M )
4.4.4 Représentation spectrale
On veut généraliser le cas des opérateurs autoadjoints compacts en mon-
trant que si M est autoadjoint, il existe un espace L2 (X, µ) et une fonction
bornée F telle que UAU −1 = f 7→ F f .
Définition 4.11 Soit x ∈ H. On dit que x est cyclique ssi {An x, n ∈ N}
est dense dans H.
Remarque 4.19 De manière équivalente, {P (A)x, P ∈ C[X]} est dense dans
H ou alors H = {f (A)x, f ∈ C 0 (σ(A))}.
Lemme 4.20.1
S’il existe x ∈ H cyclique alors il existe µx mesure borélienne sur σ(A) et U :
H → L2 (σ(A), dµx ) unitaire tel que
∀f ∈ L2 (σ(A), dµx ), (UAU −1 f )(λ) = λf (λ)
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
Démonstration. On pose U(f (A)x)(λ) = f (λ) pour tout f ∈ C(σ(A)).
• U est bien défini : il faut montrer que si f (A)x = g(A)x alors f = g
pour une certaine mesure µx . On a
kf (A)xk2 = (f (A)x, f (A)x) = ((ff )(A)x, x)
Z Z
= f f (λ) dmx,x = |f (λ)|2 dmx,x
σ(A) σ(A)
On prend µx = mx,x , ceci assure la bonne définition de U car si f (A)x =
0, alors f = 0 p.p. par l’égalité précédente, comme x est cyclique.
• U est une isométrie car kf (A)xk2 = kf k22 .
• U est donc injectif à image fermée donc il reste à montrer que U est sur-
jectif. On a C 0 (σ(A)) ⊂ Im(U) et comme dmx,x est régulière (Riesz),
C 0 (σ(A)) est dense dans L2 (σ(A), dmx,x . Ainsi, comme Im(U) est fer-
mée, Im(U) = L2 donc U est surjective.
• On a (UAU −1 f )(λ) = (UAf (A)x)(λ) = λf (λ) donc c’est fini.
Théorème 4.21 Soit A autoadjoint. Si H es séparable, il existe
L
• (Hn )n des espaces fermés stables par A, tels que H = Hn et pour
tout n, Hn est stable pour A.
• µn des mesures boréliennes sur σ(A).
L L
• U : H → L2 (σ(A), dµn ) unitaire tel que pour f ∈ L2 (σ(A), dµn ),
(UAU −1 f )n (λ) = λfn (λ)
Remarque 4.20
• On peut prendre µn = mxn ,xn .
• La décomposition n’est pas unique.
• On tretrouve la diagonalisation des matrices ou des opérateurs compacts
en prenant µn = δλn .
Démonstration.
Lemme 4.21.1
Si H est séparable et A autoadjoint alors on a une décomposition hilbertienne
L
H = Hn avec Hn invariant par A et Hn cyclique pour A|Hn .
Démonstration. Par récurrence. Soit (en )n une base hilbertienne. Soit H1 =
He1 = {f (A)e1 , f ∈ C 0 (σ(A))} cyclique et stable par A.
Soit k(2) le plus petit k tel que ek ∈
/ H1 et f2 = ek(2) − PH⊥1 (ek(2) ). On a
H1 ⊕ Hf2 . En effet, H1 est stable par A autoasjoint donc H1⊥ aussi.
⊥
Par récurrence, on construit Hn tel que pour tout n, he1 , . . . , ek(n) i ⊂
H1 ⊕ . . . ⊕ Hn .
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4.5. DÉCOMPOSITION DU SPECTRE
L
On décompose H = Hn . Il existe µn et Un : Hn → L2 (σ(A), dµn )
unitaire avec
(Un AUn )−1 f (λ) = λf (λ)
X
pour tout f ∈ L2 (σ(A), dµn ). On pose x = xn , xn ∈ Hn .
n∈N
U(x) = (Un xn )n
L⊥
est par définition unitaire de H → L2 (σ(A), dµn ).
Remarque 4.21
• La théorie se généralise aux opérateurs autoadjoints non bornés.
• Un cas déjà connu est A = i dt
d
: H 1 → L2 (R2 , C).
• Une réalisation concrète du théorème est donné par la transformée de
Fourier.
4.5 Décomposition du spectre
Soient H un Hilbert, A autoadjoint.
4.5.1 Avec la décomposition spectrale
Proposition 4.6 λ ∈ σ(A) ssi ∀ε > 0, E(]λ − ε, λ + ε[) 6= 0.
Démonstration.
• Si λ ∈
/ σ(A), σ(A)c est ouvert donc il existe ε > 0 tel que ]λ − ε, λ + ε[⊂
σ(A)c . Pour tout x, y ∈ H,
Z
(E(]λ − ε, λ + ε[)x, y) = dmx,y = 0
]λ−ε,λ+ε[∩σ(A)
Réciproquement, si E(]λ − ε, λ + ε[) = 0. Pour tout f ∈ L ∞ (σ(A)),
Z Z
f (A) = f (λ) dEλ = f (λ) dEλ
σ(A) σ(A)∩]λ−ε,λ+ε[
On va montrer que A − λ est inversible. Soit
1
g(µ) = 1]λ−ε,λ+ε[ ∈ L ∞ (σ(A))
µ−λ
On a
Z
(A − λ)g(A) = g(A)(A − λ) = (µ − λ)g(µ) dEµ
σ(A)
Z Z
= dEλ = dEλ = Id
σ(A)∩]λ−ε,λ+ε[ σ(A)
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
Proposition 4.7 Caractérisation des valeurs propres λ ∈ vp(A) ssi
E({λ}) 6= 0.
Démonstration. Si λ est valeur propre, il existe x 6= 0 tel que Ax = λx. Par
récurrence, on en déduit que P (A)x = P (λ)xpour tout P ∈ C[X].
Par le calcul fonctionnel, pour tout f ∈ L ∞ (σ(A)), f (A)x = f (λ)x. En
prenant f = 1{λ} , on a 1{λ} (A)x = x. Par définition, on a 1S (A) = E(S) pour
tout S ∈ B(σ(A)) donc E({λ})x = x donc E({λ}) 6= {0} (en fait E = Id
sur Ker(A − λ).
Si E({λ}) 6= 0, on montreque AE({λ}) = λE({λ}). Par le calcul fonc-
tionnel,
Z
AE({λ}) = A1{λ} (A) = µ1{λ} (µ) dEµ
σ(A)
Z
= µ dEµ = λ1{λ} (A) = λE({λ})
{λ}
Remarque 4.22 En fait, E({λ}) est la projection orthogonale sur Ker(A−λ).
Définition 4.12 On dit que λ est dans le spectre discret de A (σdisc (A)
ssi λ est valeur propre isolée de multiplicité finie. On dit que λ est dans le
spectre essentiel sinon.
Remarque 4.23 On a une décomposition σ(A) = σdisc (A) ⊔ σess (A).
Proposition 4.8 λ ∈ σess (A) ssi ∀ε > 0, E(]λ − ε, λ + ε[) est de dimension
infinie.
De manière équivalente, λ ∈ σdisc (A) ssi ∀ε > 0, E(]λ − ε, λ + ε[) est de
dimension finie.
Démonstration. Si λ ∈ σdisc (A). C’est une valeur propre donc E({λ0 }) 6= 0.
De plus λ0 est isolé : il existe ε > 0 tel que E(]λ0 − ε, λ0 + ε[) = E({λ0 }).
λ0 est de multiplicité finie donc Ker(λ0 − A) est de dimension finie donc
E(]λ0 − ε, λ0 + ε[) aussi.
S’il existe ε > 0 tel que E(]λ0 − ε, λ0 + ε[) est de dimension finie, alors on
montre d’abord que λ0 est isolé. Sinon il existe λn ∈ σ(A) qui tend vers λ0
et λn 6= λm pour n 6= m.
On peut alors trouver des intervalles disjoints In contenant λn dans leur
[
intérieur et In ⊂]λ0 − ε, λ0 + ε[.
n∈N
On a E(In ) 6= 0 et si n 6= m, In ∩ Im = ∅ donc Im(E(In )) et Im(E(Im ))
sont en somme directe orthogonales. Ainsi,
X X
E(In ) = E In 6 E(]λ0 − ε, λ0 + ε[) < ∞
n∈N n∈N
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4.5. DÉCOMPOSITION DU SPECTRE
Contradiction. Donc λ0 est isolé.
Finalement, E(]λ0 − ε, λ0 + ε[) = E({λ0 }) donc λ0 est valeur propre de
multiplicité finie.
4.5.2 En utilisant les mesures spectrales
Théorème 4.22 de décomposition de Lebesgue Pour toute mesure
borélienne µ,
µ = µac ⊕ µpp ⊕ µc
avec µac absolument continue par rapport à la mesure de Lebesgue, µpp dis-
crète et µc continue (ne charge aucun singleton).
On peut décomposer H en appliquant cette décomposition aux mx,y =
mac ⊕ mppx,y ⊕ mx,y .
x
x,y
On a alors une décomposition H = E ac (σ(A)) ⊕ E pp (σ(A)) ⊕ E c (σ(A)).
Ces trois espaces sont invariants pour A. On définit alors
σ ac (A) = σ(A|E ac(σ(A)) ), σ pp (A) = σ(A|E pp (σ(A)) ) et σ c (A) = σ(A|E c (σ(A)) )
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CHAPITRE 4. THÉORÈME SPECTRAL DANS LES HILBERTS
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Chapitre 5
Espaces localement convexes
5.1 Formes géométriques de Hahn-Banach
5.1.1 Jauge d’un convexe
Proposition 5.1 Si K est convexe, il contient tous les barycentres de ses
points.
Proposition 5.2 Useless sauf pour gagner du temps
• Si K est convexe −K l’est.
• Si K, L sont convexes, K + L aussi
• une intersection de convexes est convexe
• une union de convexes totalement ordonnés est convexe
• si l est linéaire et K convxe, l(K) est convexe et l−1 (K) aussi.
Définition 5.1 Soit S ⊂ E. On note co(S) l’enveloppe convexe de S, c’est
le plus petit convexe contenant S, par exemple l’intersection des convexes
qui contiennent S.
Proposition 5.3
( n n
)
X X
co(S) = ai xi , xi ∈ S, ai > 0 tel que ai = 1
i=1 i=1
Démonstration. On pose K l’ensemble de droite. C’est un convexe. Si L est
un convexe avec S ⊂ L alors K ⊂ L par caractérisation de la convexité donc
co(S) = K.
Définition 5.2 Soit S ⊂ E, x0 ∈ S. On dit que x0 est un point intérieur
ssi
∀y ∈ E, ∃ε > 0, ∀t, |t| 6 ε, x0 + ty ∈ S
69
CHAPITRE 5. ESPACES LOCALEMENT CONVEXES
Remarque 5.1 On n’a pas besoin de topologie pour cette définieion. Si on a
un evn (même evt) et si S est ouvert, tous les points sont intérieurs.
Définition 5.3 Jauge d’un convexe Soit K un convexe dont 0 est un point
intérieur. On pose
x
pK (x) = inf a > 0, ∈ K
a
Remarque 5.2 C’est bien défini et pK (x) ∈ R car 0 est un point intérieur de
K.
Théorème 5.1 Si x, y ∈ K et λ > 0, pK (λx) = λpK (x) et pK (x + y) 6
pK (x) + pK (y).
Démonstration.
• {a, xa ∈ K} = {a, λx λa
∈ K} donc pK (λx ) = λpK (x).
x y
• Soit a, b > 0, a , b ∈ K. Alors
a x b y
+ ∈K
a+ba a+bb
y
par convexité. On a donc a+b x
+ a+b
∈ K donc pK (x + y) 6 a + b. En
prenant l’inf, on a le résultat.
Proposition 5.4
• Si x ∈ K, pK (x) 6 1
• x est un point intérieur de K ssi pK (x) < 1.
Démonstration. Le premier point est clair. Si x est un point intérieur, soit
a > 0 tel que xa ∈ K. Comme x est intérieur, il existe ε > 0 tel que pour tout
t vérifiant |t| < ε, on a x + tx
a
∈ K donc xa ∈ K.
a+t
Par définition de pK , pK (x) 6 a+ta
< 1. Réciproquement, si pK (x) < 1, par
définition de l’inf, il existe 0 < a < 1 tel que xa ∈ K. Donc x = (1−a)0+a xa ∈
K avec a ∈]0, 1[. Il reste à montrer que x est intérieur.
Soit y ∈ E. Pour tout t > 0, pK (x+ty) 6 pK (x)+tpK (y). Pour un certain
ε, on a pour tout |t| 6 ε, pK (x) + tpK (y) < 1 donc x + ty ∈ K. pour conclure
on fait pareil avec −y.
5.1.2 Théorèmes de séparation
Définition 5.4 H est un hyperplan ss’il existe l ∈ E ∗ \ {0} et c ∈ R tel que
H = {x ∈ E, l(x) = c}.
O est un demi-espace ouvert ss’il existe l ∈ E ∗ \ {0} et c ∈ R tel que
O = {x ∈ E, l(x) < c}.
Un demi-espace fermé c’est la même chose avec 6.
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5.2. EVT LOCALEMENT CONVEXES (EVTLC)
Remarque 5.3 Ce sont bien des ouverts et des fermés s’il y a une topologie
sur E et l ∈ E ′ .
Théorème 5.2 Soit K convexe non vide tel que tous les points de K sont
intérieurs et y ∈
/ K. Alors il existe un hyperplan tel que l(x) < c 6 l(y) pour
tout x ∈ K.
Démonstration. On peut supposer 0 ∈ K quitte à translater. pK est donc
bien définie et pK (x) < 1 pour tout x ∈ K et pK (y) > 1.
On prend donc c = 1 et on pose l(y) = 1. On prolonge l à Ry par
l(ay) = a. On remarque que l(z) 6 pK (z) pour tout z ∈ Ry. En egget, si
z = ay alors a < 0, c’est clair et sinon, l(z) = al(y) 6 apK (y) = pK (ay).
Par Hahn-Banach, on prolonge l à E en gardant l(z) 6 pK (z) pour tout
z ∈ E. On a donc le résultat car pour tout x ∈ K, l(x) 6 pK (x) < 1 car tous
les points de K sont intérieurs.
Remarque 5.4 Par la même démonstration, on peut montrer que si K est
/ K, alors il existe l ∈ E ∗ \ {0} et
un convexe avec un point intérieur et y ∈
c ∈ R tel que pour tout x ∈ K, l(x) 6 c 6 l(y).
Théorème 5.3 Soit H et M convexes disjoints tels que l’un des deux
contient un point intérieur. il existe c ∈ R et l ∈ E ∗ tel que l(u) 6 c 6 l(v)
pour tout u ∈ H, v ∈ M.
Démonstration. On se ramène au cas précédent : K = H − M est convexe,
contient un point intérieur et ne contient pas 0.
On utilise pa proposition précédente avec K et y = 0. Il existe l ∈ E ∗ tel
que l(x) 6 0 donc pour tout y ∈ H, z ∈ M, l(y − z) 6 0 donc l(y) 6 l(z).
5.2 EVT localement convexes (EVTLC)
5.2.1 Espace vectoriels topologiques (EVT)
Définition 5.5 On dit que E est un evt si E est un ev muni d’une topologie
séparée telle que (x, λ) → λx et (x, y) 7→ x + y sont continues.
Exemple 5.1 Les evn sont des evt pour la topologie de la norme. Si E est
un evn alors (E, σ(E, E ′ )) est un evt et (E ′ , σ(E ′ , E)) est un evt.
Proposition 5.5
• Si U est ouvert, x + U et λU le sont pour x ∈ E et λ 6= 0.
• Si U est ouvert tous ses points sont intérieurs.
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CHAPITRE 5. ESPACES LOCALEMENT CONVEXES
Démonstration. Le premier point est clair. Soit x ∈ U. On veut montrer que
pour tout y ∈ E, xx+ty ∈ U pour t assez petit. Soit x = {t ∈ R, x+ty ∈ U}.
0 ∈ X, et X = ϕ−1 (u) avec ϕ : t 7→ x + ty continue. X est donc un ouvert
de R contenant 0 donc il existe ε > 0 tel que pour tout |t| 6 ε, t ∈ X. Donc
x + ty ∈ U.
Définition 5.6 Soit E un evt. On dit que E est localement convexe ssi la
topologie de E possède une base de voisinages convexes.
Exemple 5.2 Les exemples précédents sont tous des evtlc.
Théorème 5.4 Soit E un evtlc. Alors E ′ sépare les points : pour tout
x 6= y ∈ E, il exist el ∈ E ′ linéaire continue tel que l(x) 6= l(y).
Remarque 5.5 Si on regarde sur E evtlc, la topologie faible σ(E, E ′ ) est bien
une topologie séparée donc E est aussi evtlc pour cette topologie.
Démonstration. On peut supposer x = 0 et y 6= 0. par définition de la
topologie d’evtlc, il existe T un voisinage ouvert de 0 convexe tel que y ∈/ T.
Par le premier théorème de séparation, il existe l ∈ E tel que l(x) < 1 = l(y)
∗
pour tout x ∈ T .
On avait construit l telq ue l(z) 6 pT (z) pour tout z ∈ E. Il reste donc à
vérifier que l ∈ E ′ . On va montrer que l est continue en montrant que pour
tout c ∈ R, {x ∈ E, l(x) < c} et {x ∈ E, l(x) > c} dont ouverts.
Soit z tel que l(z) < c. On veut montrer qu’il existe un voisinage V de z
tel que l(w) < c pour tout w ∈ V . On va chercher ce voisinage sous la forme
V = z + rT avec r > 0 bien choisi. Pour tout y ∈ T ,
l(z + ry) = l(z) + rl(y) 6 l(z) + rpT (y) < l(z) + r
Pour r = c − l(z) > 0, on a l(z + ry) < c pour tout y ∈ T . On a donc
z + rT ⊂ {l < c} Il reste à traiter {l > c} et on se ramène au cas d’avant
quitte à supposer T = −T (suffit de considérer T ∩ −T ).
5.2.2 Théorème de Krein-Milman
Points extrêmaux
Définition 5.7 Sout K convexe, S ⊂ K. On dit que S est un ensemble
extrêmal ssi S est convexe non vide, et pour tout x ∈ S. Si x = (1 − t)y + tz
avec t ∈]0, 1[ et y, z ∈ K alors y ∈ S et z ∈ S.
Un point x est extrêmal ssi {x} l’est.
Théorème 5.5 Soit E un evtlc, K compact convexe non vide. K possède
un point extrêmal.
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5.2. EVT LOCALEMENT CONVEXES (EVTLC)
Démonstration. On utilise Zorn. Soit X l’ensemble des S ⊂ K fermés non
vides et extrêmaux.
On ordonne X par l’inclusion descendante. X 6= ∅ car K ∈ X. X est
\
inductif car si (Si )i est totalement ordonnées, soit S = Si . Il faut montrer
i∈I
que S ∈ X.
S est convexe fermé et non vide car c’est une intersection
[ décroisssante de
compacts non vides donc si l’intersection est vide, K = Sic est ouvert donc
i∈I
[ \
il existe J ⊂ I dfini tel que K ⊂ Sic donc Si = ∅, ce qui est absurde
i∈J i∈J
car les Si sont non vides et Si est totalement ordonnée. Donc S 6= ∅.
S est aussi un ensemble extrêmal par la définition. Ainsi, X est inductif.
Par Zorn, il possède un élément maximal S. Montrons que c’est un singleton.
Si y 6= z ∈ S, il existe l ∈ E ′ tel que l(y) 6= l(z) par le théorème
précédent. l est continue sur K compact donc il existe m = min l(x). Notons
x∈S
M = {x ∈ S, l(x) = m}. C’est un fermé car l est continue.
M ( S car l prend au moins deux valeurs. M est extrêmal car il est
convexe et si x ∈ M s’écrit (1 − t)x1 + tx2 avec x1 , x2 ∈ S alors m = l(x) =
(1 − t)l(x1 ) + tl(x2 ) > m donc l(x1 ) = l(x2 ) = m.
Comme S est extrêmal, si x = (1 − t)x1 + tx2 avec x1 , x2 ∈ K, on a
x1 , x2 ∈ S. Par le calcul précédent, x1 , x2 ∈ M donc M ∈ X et M ( S.
Absurde. Donc M a un seul élément.
Remarque 5.6 In a en fait que tout ensemble extrêmal A fermé non vide pos-
sède un élément extrêmal. En effet, il suffit de considérer pour X l’ensemble
des S ⊂ A fermés extrêmaux non vides et la suite de la démonstration est
identique.
Krein-Milman
En dimension finie, on a le
Théorème 5.6 Carathéodory En dimension N, tout point d’un compact
convexe est combinaison convexe d’au plus N + 1 points.
Théorème 5.7 Krein-Milman Soit E un evtlc, K compact convexe non
vide. K est l’adhérence de l’enveloppe convexe de l’ensemble S de ses points
extrêmaux.
Démonstration. S 6= ∅ par le théorème précédent.
c
On va montrer que co(S) ⊂ K c . Soit z ∈
/ co(S).
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CHAPITRE 5. ESPACES LOCALEMENT CONVEXES
Lemme 5.7.1
Dans E evtlc, soit K un compact convexe et z ∈/ K. Il existe l ∈ E ′ et c ∈ R
tel que l(z) = c et l(x) < c pour tout x ∈ K.
Démonstration. Comme K est compact, il existe V ouvert convexe contenant
0 tel que z ∈
/ K +V . En effet, pour tout y ∈ K, z 6= y donc (topologie séparée)
il existe Uy ouvert convexe contenant 0 tel que z ∈ / y + Uy .
[ 1 [n
K⊂ (y + Uy ) donc il existe y1 , . . . , yn tel que K ⊂ (yi + Uyi ).
y∈K 2 i=1
\1
n
Soit V = Uyi est un ouvert contenant 0 et z ∈ / K +V par construction.
i=1 2
K + V est connexe et tous ses points sont intérieurs donc il existe l ∈ E ∗
et c ∈ R tel que l(y) < c 6 l(z) pour tout y ∈ K + V . Il reste à montrer l
continue. l est bornée par définition (l(y) < c) et on montrera plus tard une
caractérisation de la continuité qui rendra l continue.
En utilisant le lemme, il existe l ∈ E ′ tel que l(z) = c et sup l(x) < c.
x∈co(S)
l est continu sur K donc atteint son maximum. Il existe donc y ∈ K tel que
l(y) = supK l =: M.
On considère Se = {y, l(y) = M} ∩ K. C’est un convexe non vide fermé
extrêmal donc il possède un point extrêmal et M = sup l.
co(S)
Comme l(z) > M, z ∈
/ K.
Théorème 5.8 Variante du théorème de séparation Soit E un evtlc,
K compact convexe, F fermé convexe disjoints. Alors il existe l ∈ E ′ et c ∈ R
tel que l(y) < c 6 l(z) pour tout y ∈ K, z ∈ F .
Démonstration. cf. preuve du théorème précédent.
Une autre démonstration de Stone-Weierstrass
Théorème 5.9 Soit A une sous(algèbre de C 0 (K) avec K compact. Si A
sépare les points et contient les constantes, A = C 0 (K).
Démonstration. Il suffit de montrer que si l|A = 0 alors l = 0. Soit l ∈ C 0 (K)′
nulle sur A. Si l 6= 0, quitte à considérer klk
l
, on peut supposer klk = 1.
Soit X = {ϕ ∈ C (K) , ϕ|A = 0 et kϕk 6 1}. C’est un convexe non vide
0 ′
compact pour la topologie faible ∗ sur C(K)′ puisque X = BC(K)′ (0, 1) ∩
\
{ϕ, ϕ(x) = 0}.
x∈A
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5.2. EVT LOCALEMENT CONVEXES (EVTLC)
On va décrire les points extrêmaux de X. Soir ϕ ∈ X extrêmal. Né-
cessairement
Z kϕk = 1. Par Riesz, il existe µ mesure borélienne telle que
ϕ(f ) = f dµ pour tout f ∈ C(K) et kϕk = |µ|(K) = 1.
K
Fixons g ∈ A tel que 0 < g < 1. On considère les formes linéaires ϕ1 :
f 7→ ϕ(f g) et ϕ2 : f 7→ ϕ(f (1 − g)) et on pose a = kϕ1 k et b = kϕ2 k. Comme
A est une algèbre, ϕ1 |A = 0 = ϕ2 |A .
De plus, a, b ∈]0, 1] donc ϕ1 , ϕ2 ∈ X. On a
Z Z Z
kϕk = |µ|(X) = d|µ| = g d|µ| + (1 − g) d|µ| = kϕ1 k + kϕ2 k
X X X
Donc a + b = 1. On peut écrire ϕ = a ϕa1 + b ϕb2 et ϕa1 , ϕb2 ∈ X.
Comme ϕ est extrêmal, ϕ = ϕa1 = ϕb2 donc pour tout f ∈ C(K),
Z Z
g
f dµ = f dµ
X X a
Donc g = a sur le support de µ. On va en déduire qu’il existe p ∈ K tel
que supp µ = {p}. Sinon il exist ep, q ∈ K distincts tels que p, q ∈ supp(µ).
Comme A sépare les points, il existe h ∈ A tel que h(p) 6= h(p) (avec 0 <
h < 1 en renormalisant). On peut alors utiliser ce qui précède pour g = h.
On trouve donc h = a sur le support de µ donc h(p) = h(q) absurde.
DOnc supp µ = {p} et µ = ±δp .
Conclusion, pour tout f ∈ A, ϕ(f ) = 0 = ±f (p). Pour f constante égale
à 1, on a une contradiction.
Calcul des variations
Définition 5.8 Soit J : E → R. On dit que J est semi-continue inférieure-
ment ssi pour tout x ∈ E et ε > 0, il existe V ∈ V(x) tel que J(y) > J(x) − ε
pour tout y ∈ V .
Lemme 5.9.1
Dans un evn, J est sci ssi sont épigraphe est fermé.
Démonstration.
• Si J est sci, soit (λ, x) n’appartenant pas à l’épigraphe E de J, ie
λ < J(x). Il existe V ∈ V(y) tel que J(y) > λ2 pour tout y ∈ V .
Donc ] − λ2 , λ2 [×V ⊂ E donc E c est ouvert.
• Si E(J) est fermé et x ∈ E. Si J n’est pas sci en x, comme E est un
evn, il existe ε > 0 et yn → x tel que J(yn ) 6 J(x) − ε.
On a (yn , J(x) − ε) ∈ E donc par fermeture, (x, J(x) − ε) ∈ E donc
J(x) − ε > J(x) contradiction.
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CHAPITRE 5. ESPACES LOCALEMENT CONVEXES
Lemme 5.9.2
Soit E un evn, C convexe. C est fermé faible ss’il est fermé fort.
Démonstration. Par définition, fermé faible implique fermé fort.
Si C est convexe fermé fort, on montre que C c est ouvert faible. Si z ∈ C c ,
on applique le théorème de séparation d’un fermé et d’un compact à C et
{z}.
Il existe donc l ∈ E ′ tel que l(y) < c 6 l(z) pour tout y ∈ C. Soit
M = sup l. Soit V = {x, l(x) > M2+c }. C’est un ouvert pour le topologie
C
faible qui contient z et tel que V ∩ C = ∅. Donc C c est ouvert faible.
Théorème 5.10 Si E est un evn réflexif et J : E → R convexe sci, et telle
que
lim J(x) = ∞
kxk→∞
alors il existe y ∈ E tel que J(y) = inf E J(x).
Démonstration. Soit yn ∈ Etelq ue J(yn ) → inf J(y) =: I. yn est bornée car
lim J(x) = ∞.
kxk→∞
E est réflexif donc il existe y ∈ E et une suite extraite (ynk ) qui converge
faiblement vers y. Il reste à montrer que J(y) 6 I. Considérons l’épigraphe
E de J.
J est sci convexe donc E est fermé convexe. Donc E est fermé faible donc
(y, I) ∈ E. DOnc I > J(y) et l’inf est atteint.
R R
Exemple 5.3 Soit f ∈ L2 ([a, b]) et J(u) = 21 ab |u′|2 dx − ab f u dx et E =
{u ∈ H 1 (a, b), u(a) = u(b) = 0}. C’est un Hilbert et il existe v ∈ E tel que
J(v) = inf J(u).
On vérifie ensuite que E est solution de −u′′ = f avec u(a) = u(b) = 0.
R R
En considérant f R∈ L2 (Ω) et J(u) = 21 Ω |∇u|2 dx − Ω f u, il existe v ∈
H01 (Ω tel que J(b) = J(u). v est alors solution de −δv = f avec v|∂Ω = 0.
5.2.3 Théorème de Choquet
Théorème 5.11 Soit E un evtlc, K compact convexe non vide et Ke l’en-
semble des ses point extrêmaux.
Z Pour tout u ∈ K, il existe mu mesure de probabilité sur Ke tel que u =
λ dmu (λ) au sens faible, ie pour tout l ∈ E ′ ,
Ke
Z
l(u) = l(λ) dmu (λ)
Ke
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5.2. EVT LOCALEMENT CONVEXES (EVTLC)
Remarque 5.7 C’est une généralisation de Carathéodory en dimension infi-
nie.
Démonstration. Soit u ∈ K et l ∈ E ′ . K est compact donc le sup M et l’inf
m sont atteinds. De plus, l−1 ({M}) ∩ K et l−1 ({m}) ∩ K sont des fermés
convexes extrêmaux non vides donc contiennent un point extrêmal.
Donc M et m sont atteints sur Ke . Si l1 et l2 sont deux formes linéaires
égales sur Ke alors, comme
min l 6 l(u) 6 max l
Ke Ke
l1 = l2 sur K. Donc l|K est complètement déterminée par l|Ke .
Pour l ∈ E ′ , on pose f (q) = l(q) pour tout q ∈ Ke . On a f ∈ C 0 (Ke ).
Ainsi, pour tout u ∈ K, l(u) = φu (f ) avec φu : C(Ke ) → R.
Posons L = {f ∈ C 0 (Ke ), ∃l ∈ E ′ , f = l|Ke } sev de C 0 (Ke ). f 7→ φu (f )
est linéaire sur L.
On considère L e = L ∪ {1} et on pose φ(f ) = 1. On utilise une variante
0
de Hahn-Banach :
Théorème 5.12 Soit Y un sev des fonctions bornées sur X (B(X)) tel
qu’il existe y0 ∈ Y avec y0 (s) > 1 pour tout s ∈ X. Soit l une forme linéaire
positive sur Y .
l s’étend en une forme linéaire positive sur B(X).
Démonstration. Posons p(x) = inf{l(y), x 6 y} en posant x 6 y ssi pour
tout s ∈ X, x(s) 6 y(s).
p est bien définie car pour tout x ∈ B(X), il existe c = sup |x| tel que
X
|x| 6 cy0 .
Pour tout y ∈ B(X) tel que x 6 y, on a −cy0 6 x 6 y donc −cl(y0 ) 6
l(x) 6 l(y) car l > 0. Ainsi, p(x) est bien défini.
De plus p est positivement homogène et sous-additive et si x ∈ Y , l(x) =
p(x). Par Hahn-Banach, l se prolonge en une forme linéaire sur B(X), l(x) 6
p(x) pour tout x ∈ B(X). De plus l est positive.
φy est une forme linéaire positive sur L, e 1 ∈ Le donc φ se prolonge en
u
une forme linéaire positive sur C(Ke ).
Ke est compact donc par Z Riesz, il existe mu mesure borélienne sur Ke
positive telle que φu (f ) = f (λ) dmu (λ) pour tout f ∈ C(Ke ).
Ke
Par construction de φu , pour tout l ∈ E ′ et f = l|Ke , on a
Z Z
l(u) = φu (f ) = f (λ) dmu (λ) = l(λ) dmu (λ)
Ke Ke
R
De plus, 1 = φu (f0 ) = Ke dmu (λ) = mu (Ke ) donc mu est une probabilité.
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CHAPITRE 5. ESPACES LOCALEMENT CONVEXES
5.3 Exemples et caractérisations des evtlc
On prend un ev E et (pi )i une famille de semi-normes. On considère
E muni de la topologie la moins fine rendant continue les pi . Une base de
voisinage ouverts de 0 est donnée par
Uε,J = {x ∈ E, ∀j ∈ Jpj (x) < ε}
pour tout ε > 0 et J ⊂ I finie.
Exemple 5.4 Dans le cas de la topologie faible, pϕ (x) = |ϕ(x)| pour tout
ϕ ∈ E′.
Lemme 5.12.1
Les applications (x, y) 7→ x + y et (x, λ) 7→ λx sont continues et si pour tout
x 6= 0, il existe i ∈ I tel que pi (x) 6= 0 alors la topologie est séparée.
Exemple 5.5 Si Ω ⊂ Rn est ouvert, on considère C 0 (Ω) et pour tout K
compact inclus dans Ω, on pose pK (x) = sup |f (x)| et on munit C 0 (Ω) de la
x∈K
topologie définie par les pK .
La convergence pour cette topologie est équivalente à la convergence sur
tout compact.
De même, on peut munir C k (Ω) = {f ∈ C 0 (Ω), ∂ α f ∈ C(Ω)∀|α| 6 k}
d’une topologie d’evtlc pour les semi-normes pK = sup |∂ α f | (conver-
x∈K,|α|6k
gence pour cette topologie ssi toutes les dérivées partielles convergent unifor-
mément sur tout compact.
C ∞ (Ω) est muni d’une topologie d’evtlc avec la famille de semi-normes
(pK,k )K,k .
À chaque fois, on peut définir la topologie par une famile dénombrable
de semi-normes.
Définition 5.9 On définit l’espace de Schwarz par
S(Rn ) = {f ∈ C ∞ (Rn ), ∀k, α, (1 + |x|2 )k |∂ α f (x)| borné}
On peut le munir d’une topologie d’evtlc par pk,m(f ) = supx,|α|6m |(1 +
|x| ) ∂
2 k x=α
f (x)|.
Proposition 5.6 E est un evtlc séparé ss’il existe (pi )i∈I famille de semi-
normes définissant la topologie.
Démonstration. Soit E un evtlc, il existe Ui ouvert convexes (symétriques
quitte à considérer Ui ∪ −Ui ) base de voisinage de 0.
Pour tout i, on considère pi les jauges des Ui . La topologie engendrée par
les pi est exactement celle engendrée par les Ui (Ui = {x, pi (x) < 1}).
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5.4. FORMES LINÉAIRES ET DUALITÉ
Remarque 5.8 Riesz reste vrai pour les evtlc : E est de dimension fini ss’il
est localement compact.
5.4 Formes linéaires et dualité
Définition 5.10 Soit E un evt, A ⊂ E. A est dit bornée ssi pour tout
V ∈ V(0), il existe λ ∈ R tek que A ⊂ λV .
Remarque 5.9 On peut toujours supposer que la topologie est définie par
(pi )i∈I . V(0) est alors engendré par les Uε,J = {x ∈ E, |pj (x)| < ε∀j ∈ J}
pour J ⊂ I fini et ε > 0.
A est bornée ssi pour tout ε > 0 et J ⊂ I finie, il existe λ 6= 0 tel que
A ⊂ λUε,j .
Ceci est équivalent à ∀ε, J ; il existe λ 6= 0 tel que pj ( λx ) < ε pour j ∈ J
et x ∈ A, ou encore à
∀J ⊂ I finie , ∃M, pj (x) 6 M∀x ∈ A, j ∈ J
Donc A est bornée ssi l’est pour tout les pi .
Application : A = (fn )n suite de fonctions continues.
A est bornée dans C 0 (Ω) ssi pour tout K ⊂ Ω relativement compact, il
existe M > 0 tel que pour tout n ∈ N, pK (fn ) 6 M.
Proposition 5.7 Soit E evtlc, L une forme linéaire.
L est continue ssi il existe un voisinage V de 0 tel que L(V ) est borné.
Démonstration. Si L est continue, V = L−1 (] − 1, 1[) est un voisinage de 0
et L(V ) est borné.
Réciproquement, s’il existe V ∈ V(0) tel que L(V ) est borné, il existe
M > 0 tel que L(V ) ⊂] − M, M[. Par homogénéité, pour tout ε > 0, il existe
δ tel que L(δV ) ⊂] − ε, ε[.
Par définition de la topologie d’evtlc, δV ∈ V(0), donc L est continue en
0.
Remarque 5.10 Dans le cas où E est un evn, la conséquence de la proposition
est L est continue ssi elle est lipschitzienne en 0.
Corollaire 5.1 Soit E evtlc, (pi )i famille de semi-normes qui définit la
topologie et L forme linéaire.
L est continue ss’il existe M et J ⊂ I finie telle que |L(x)| 6 M sup pj (x)
j∈J
pour tout x ∈ E.
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CHAPITRE 5. ESPACES LOCALEMENT CONVEXES
Exemple 5.6 Pour C(Ω), L : C(Ω) → R linéaire.
L est continue ssi il existe M > 0 et K compact de Ω tel qie |L(f )| 6
MpK (f ) pour tout f ∈ C(Ω).
Démonstration. L est continue ss’il existe V ∈ V(0) tel que L(V ) ⊂]−M, M[.
V ∈ V(0) donc il existe ε > 0 et J ⊂ I finie tel que Uε,J ⊂ V .
Donc L(Uε,J ) ⊂]−M, M[ Pour conclure, pour tout x ∈ E, 2ε supxpj (x) ∈ Uε,J
j∈J
par homogénéité donc
!
x
L 6M
2ε supj∈J pj (x)
Donc |L(x)| 6 2εM sup pj (x).
Pour l’autre sens, on a que si x ∈ Uε,J ∈ V(0), on a |L(x)| 6 Mε.
Définition 5.11 Soit E un evtlc, E ′ les formes linéaires continues sur E.
On définit la topologie faible ∗ sur E ′ comme la topologie la moins fine sur
E ′ qui rend continues les évaluations.
Théorème 5.13 Banach-Alaoglu Soit E un evt, U un voisinage ouvert
convexe équilibré (ie λU ⊂ U pour |λ| < 1).
On pose KU = {ϕ ∈ E ′ , |ϕ(x)| 6 1∀x ∈ U}. C’est un compact pour la
topologie faible ∗.
Démonstration. Soit p la jauge de U. Pour tout ϕ ∈ KU , |ϕ(x)| 6 2p(x). On
Y
a donc KU ⊂ [−2p(x), 2p(x)] (compact par Tychonov).
x∈E
On montre que sur KU la topologie produit est égale à la topologie faible
∗ et KU ⊂ E ′ . (cf preuve de Banach Alaoglu d’avant).
5.5 Complétude
Définition 5.12 Suite de Cauchy Soit E un evt, (xn )n une suite de E. On
dit que xn est de Cauchy ssi xn − xm tend vers 0 quand n, m → ∞, c’est à
dire :
∀V ∈ V(0), ∃N, ∀n, m > N, xn − xm ∈ V
Définition 5.13 E evtlc est complet ssi toute suite de Cauchy converge.
Proposition 5.8 Soit E un evt complet. Si la topologie est définie par une
métrique d invariante par translation alors (E, d) est complet.
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5.5. COMPLÉTUDE
Exemple 5.7 C(Ω), C k (Ω), S(Rn ) dont des evtlc complets. Par exemple
pour C(Ω), on prend une suite fn de Cauchy pour C(Ω).
Elle est de Cauchy sur chaque C(K) avec K ⊂ Ω compact donc si Ω =
[ ◦
Kl (croissante), on a fn → f l sur chaque Kl uniformément. On a Kl ⊂ Kl+1
l
donc f l+1 |Kl .
On pose alors pour tout x ∈ Ω, f (x) = f l (x) si x ∈ Kl qui est bien définie
et continue sur Ω. Comme il y a cvu sur tous les Kl , on a la cvu dans C(Ω).
Définition 5.14 On appelle espace de Fréchet tout evtlc complet métrisable
avec une distance invariante par translation.
Remarque 5.11 Si E est un Fréchet, on remarque que E est à base de voi-
sinage dénombrable puisque E est métrique.
Proposition 5.9 Si E est un Fréchet alors la topologie de E est engendrée
par une famille dénombrable de semi-normes (pn )n .
Démonstration. Il existe une base de voisinages ouverts convexes symétriques
dénombrable de 0 Un . On prend pn la jauge de Un .
Remarque 5.12 Si E est un Fréchet, E est une métrique complet donc de
Baire. Ainsi, le théorèmes de Banach se généralisent aux Fréchets.
Théorème 5.14 Banach-Steinhaus Soit E un Fréchet avec une topologie
engendrée par les semi-normes (pn )n , F un evtlc avec une topologie engendrée
par une famille Q de semi-normes.
Soit ϕi ∈ Lc (E, F ). Si pour tout q ∈ Q et x ∈ E, supi q(ϕi (x)) < ∞
alors pour tout q ∈ Q, il existe J finie et c > 0 tel que supi q(ϕi (x)) 6
c supn∈J pn (x).
Exemple 5.8 Dans le cas particulier F = R, on sait que ϕn (x) → ϕ(x)
(bornitude ponctuelle) et la conclusion est |ϕ(x)| 6 c supk∈J pk (x), ce qui
équivaut à ϕ continue.
Lemme 5.14.1
Soit L : E → F linéaire avec E, F evtlc avec des topologies définies par P et
Q, familles de semi-normes.
Alors L est continue ssi pour tout q ∈ Q, il existe c > 0 et P ′ ⊂ P finie
tel que q(Lx) 6 sup p(x) pour tout x ∈ E.
p∈P ′
Démonstration. L est continue ssi pour tout q ∈ Q, q ◦ L l’est. Or q ◦ L est
homogène et on a q ◦ L continue en 0 ssi q ◦ L est bornées ssi le résultat
puisqu’on a maintenant une forme linéaire.
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CHAPITRE 5. ESPACES LOCALEMENT CONVEXES
Démonstration du théorème. On pose An = {x ∈ E, q(ϕi (x)) 6 n, ∀i ∈ I}.
An est fermé puisque q et ϕi sont continues et l’hypothèse donne E =
[
An .
n∈N
◦
Par Baire, il existe n0 tel que An0 6= ∅. On prend x dedans. Il existe U
voisinage de 0 tel que x + U ⊂ An0 . On a alors q(ϕi (x + y)) 6 n0 pour i ∈ I,
y ∈ I donc q(ϕi (y)) 6 c.
U ∈ V(0) donc il existe ε > 0 et P ′ ⊂ P finie tel que {x, p(x) < ε, ∀p ∈
P ′} ⊂ U.
Par homogénéité, pour tout x ∈ E, 2 supεxp(x) ∈ U donc q(ϕi (x)) 6
p∈P ′
2c sup p(x) pour tout x ∈ E.
p∈P ′
5.6 Limites inductives de topologies
On veut munir Cc (Ω) et Cc∞ (Ω) d’une topologie avec de bonnes propriétés.
On ne sait pas encore le faire car Cc (Ω) n’est pas fermé dans C(Ω) pour la
topologie de C(Ω).
On a déjà vu que C ∞ (Ω) est une espace de Fréchet. Si T ∈ (C ∞ (Ω))′ , il
existe K, k et M tel que pour tout ϕ ∈ C ∞ (Ω), |hT, ϕi| 6 MpK,k (ϕ).
R
(C ∞ (Ω))′ ne contient pas L1loc . Soit T tel que hT, ϕi = Ω f ϕ avec f ∈ L1loc .
Si le support de f n’est pas compact alors T ∈ / (C ∞ (Ω))′ .
Le bon espace à considérer est Cc∞ (Ω)′ .
5.6.1 Principe général
Soit E un ev qui s’écrit comme réunion de Ei evtlc. On a vu que la
topologie τi sur Ei est engendrée par une famille de semi-normes (pij )j∈Ji .
Définition 5.15 On appelle topologie limite inductive des (Ei , τi ) la topo-
logie la plus fine d’evtlc sur E tel que pour tout i ∈ I, l’injection canonique
I : Ei ֒→ E soit continue.
Proposition 5.10 Soit τ la topologie ci-dessus. τ est la topologie engendrée
par la famille des semi-normes P = {p, p|Ei continue pour tout i}.
Démonstration. Soit τe la topologie sur E engendrée par P . (E, τe) est bien
un evtl (cf caractérisation des evtlc).
Soit i ∈ I. On veut montrer que I est continue pour tout i. Par définition
de τe, I est continue ssi p ◦ I est continue pour tout p ∈ P . Mais p ◦ I = p|Ei
donc p ◦ I est continue. Ainsi, τe ⊂ τ .
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5.6. LIMITES INDUCTIVES DE TOPOLOGIES
Reciproquement, soit τ ′ une topologie d’evtlc sur E telle que I est conti-
nue.
Soit Q une famille de semi-normes définissant cette topologie sur E. Pour
tout q ∈ Q, q est continue pour cette topologie donc q ◦ I = q|Ei est continue
comme composée d’applicaitons continues. Donc q ∈ P . Alors τ ′ ⊂ τe donc
τ ⊂ τe et on a bien l’égalité des topologies.
Proposition 5.11 Soit T : E → F linéaire avec F un evtlc et E la limite
inductive des (Ei , τi ).
T est continue ssi T |Ei est continue pour tout i.
Démonstration. Si T est continue, T |Ei = T ◦ I est donc continue.
Pour montrer que T est continue, il suffit de montrer que q◦T est continue
pour tout q ∈ Q avec Q une famille de semi-normes engendrant la topologie
de F .
Alors q ◦ T |Ei est une semi-normes sur E continue donc q ∈ P donc T est
continue.
Corollaire 5.2 Soit T une forme linéaire sur E.
T est continue ssi T |Ei est continue pour tout t ssi pour tout i, il existe
M et Ji ⊂ Pi finie telle que |T (x)| 6 M sup pij (x) pour tout x ∈ Ei .
j∈Ji
À partir de maintenant, on suppose que les Ek sont inclus et fermés dans
Ek+1 et τk+1 |Ek = τk .
Proposition 5.12
1. Si U est un convexe symétrique non vide tel que U ∩ Ek ∈ τk alors U
est un voisinage de 0 pour (E, τ ).
2. τ |Ek = τk pour tout k
3. Si chaque (Ek , τk ) est séparé alors (E, τ ) l’est.
4. Ek est fermé dans (E, τ )
Démonstration.
1. Pour tout k, U ∩ Ek est un voisinage de 0 pour τk . Il existe Uk ouvert
convexe de Ek contenant 0 tel que Uk ⊂ U ∩ Ek . donc jU |Ek = jU ∩Ek 6
jUk avec jV la jauge associée V .
Donc jU |Ek est continue pour tout k donc jU ∈ P . Mias {x, jU (x) < 1}
est un ouvert inclus dans U donc U est un voisinage de 0 dans E.
2. Soit V ∈ τ |Ek . il existe U ∈ τ tel que V = U ∩ Ek . Mais U ∩ Ek =
(I|Ek )−1 (U) donc U ∩ Ek ∈ τk .
Réciproquement, Si Uk ∈ τk , on veut montrer qu’il existe U ∈ τ tel que
Uk = Uc apEk . On peut supposer V ouvert convecte contenant 0.
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CHAPITRE 5. ESPACES LOCALEMENT CONVEXES
Lemme 5.14.2
Soit E un evtlc contenant F , U un ouvert convexe de F . Il existe C
ouvert convexe tel que U = C ∩ F .
Démonstration. Soit U ouvert convexe de F contenant 0. Il existe V
ouvert de E tel que U = V ∩ F .
E est un evtlc donc il existe un ouvert W convexe contenant 0 tel que
[
W ⊂ V . On pose C = (tW + (1 − t)U). On vérifie que C est ouvert
t∈[0,1]
convexe et que C ∩ F = U.
En utilisant le lemme, on montre par récurrence, qu’il existe une suite
(Uk+l )l croissante d’ouverts convexes tels que Uk+l ⊂ Ek+l et Uk =
Uk+l ∩ El . En posant U la réunion des Uk+1 , U est ouvert convexe et
U ∩ Ek = Uk .
3. Soit x 6= 0. Il existe k tel que x ∈ Ek . τk est séparée donc il existe Uk
voisinage de 0 tel que x ∈ / Uk .
On pose U l’union des Uk+l (la même suite qu’au-dessus). U est un
ouvert de E qui ne contient pas x.
4. On montre que Ekc est ouvert. SOit x ∈ / Ek . Ek est fermé dans Ek avec
m > k tel que x ∈ Em .
Il existe un voisinage Uk de 0 dans Em tel que (x + Um ) ∩ Ek = ∅.
On construit une suite Um+l comme précédemment et on pose encore
U l’union des Um+l . Alors (x + U) ∩ Ek = ∅ et U est un voisinage de
0.
5.6.2 Convergence
Théorème 5.15 Soit xn ∈ E. xn → x dans E ssi il existe k tel que pour
tout n, xn ∈ Ek , x ∈ Ek et xn → x dans Ek .
Démonstration. ⇐ est évident. Dans l’autre sens, si xn → x dans E, on
montre d’abord qu’il existe k tel que xn ∈ Ek . Par l’absurde, il existe kl , nl
telles que xnl ∈ Ekl +1 \ Ekl .
Ekl est fermé et par le théorème de séparation, il existe Tl ∈ E ′ tel que
Tl |Ekl = 0 et Tl (xnl ) 6= 0. Soit
∞
X |Tl (x)|
p(x) = l
l=1 |Tl (xnl )|
On a qu’un nombre fini de termes non nuls donc la somme est bien définie.
Pour tout l, Tl est linéaire donc pl est une semi-norme. q est continue sur E
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5.6. LIMITES INDUCTIVES DE TOPOLOGIES
donc p ∈ P . Comme xn → x ∈ E, (p(xn ))n est bornée. Or on a p(xnl ) > l →
+∞, ce qui est absurde. Ainsi, xn ∈ Ek pour tout n.
Comme τk = τ |Ek , xn → x dans Ek .
Proposition 5.13 Si (Ek , τk ) est complet pour tout k alors (E, τ ) est com-
plet.
Démonstration. Soit xn de Cauchy dans (E, τ ). On remarque que pour tout
p ∈ P , p(xn ) est de Cauchy dans R donc converge. Par le même raisonnement,
il existe k tel que xn ∈ Ek pour tout n. Donc xn de Cauchy dans Ek donc
converge dans Ek donc dans E.
Si (Ek , τk ) sont des Fréchets, est-ce que (E, τ ) est de Fréchet ? Ceci revient
à considérer la métrisabilité de τ .
Proposition 5.14 Une limite inductive stricte d’espaces de Fréchet n’est
pas métrisable.
Démonstration. Si (E, τ ) est métrisable, c’est un espace de Baire. Si on l’écrit
comme l’union des Ek (qui sont fermés). Les Ek sont d’intérieur vide, donc
on contredit le théorème de Baire.
Proposition 5.15 Soient (Ek , τk ) des espaces de Fréchet et T ∈ E ∗ . T ∈ E ′
ssi R est séquentiellement continue ie pour tout xn → 0, T xn → 0 dans E.
Démonstration.
⇒ Évident
⇐ Supposons que T est séquentiellement continue. On a vu que T est
continu ssi T |Ek est continu. Pour tout k, Ek est un Fréchet donc mé-
trisable donc T |Ek est continu ssi il l’est séquentiellement.
5.6.3 Topologie de Cc∞(Ω) et distributions
[
∞
On a Cc∞ = CK (Ω) (et l’union peut être prise sur un esemble dé-
K⊂⊂Ω
nombrable de compacts).
∞
CK est un espace de Fréchet pour la topologie engendrée par les semi-
normes (pk,K )k (vu précédemment).
On munit alors Cc∞ (Ω) de la topologie limite inductive.
Proposition 5.16
• Cc∞ (Ω) est complet pour cette topologie
• ϕn → ϕ dans Cc∞ (Ω ss’il existe K relativement compact dans Ω tel que
supp ϕn ⊂ K pour tout n et ϕn → ϕ dans CK ∞
(Ω). C’est-à-dire que
teoutes les dérivées de ϕn cvu sur K vers celles de ϕ.
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CHAPITRE 5. ESPACES LOCALEMENT CONVEXES
On note D ′ (Ω) = (Cc∞ (Ω))′ .
Proposition 5.17 T ∈ D ′ (Ω) ssi T est linéaire et T |CK∞ (Ω) est continue pour
tout K ssi T est linéaire et pour tout ϕn → 0 dans Cc∞ (Ω), hT, ϕn i → 0.
Ceci est équivalent à T est linéaire et
∞
∀K ⊂⊂ Ω, ∃M, k, ∀ϕ ∈ CK (Ω), |hT, ϕi| 6 MpK,k (ϕ)
Exemple 5.9 L1loc (Ω) ⊂ D ′ (Ω) et δ0 ∈ D ′ (Rn ).
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