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Analyse de Fourier : Approximation et Polynômes

Le document traite de l'analyse de Fourier, en se concentrant sur l'approximation des fonctions par des polynômes trigonométriques et la convergence en moyenne quadratique des séries de Fourier. Il présente des théorèmes et des propositions, notamment le théorème de Weierstrass, ainsi que des définitions et des exercices relatifs aux polynômes trigonométriques et à leur intégrabilité. La structure du document est organisée autour de résultats d'approximation et de propriétés des fonctions périodiques sur le cercle.

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Analyse de Fourier : Approximation et Polynômes

Le document traite de l'analyse de Fourier, en se concentrant sur l'approximation des fonctions par des polynômes trigonométriques et la convergence en moyenne quadratique des séries de Fourier. Il présente des théorèmes et des propositions, notamment le théorème de Weierstrass, ainsi que des définitions et des exercices relatifs aux polynômes trigonométriques et à leur intégrabilité. La structure du document est organisée autour de résultats d'approximation et de propriétés des fonctions périodiques sur le cercle.

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Math242 Analyse de Fourier 1 TABLE DES MATIÈRES

Analyse de Fourier 1
Approximation Converence en moyenne quadratique des séries de Fourier

Table des matières


1 Deux résultats d’approximation 2
1.1 Le théorème de Weierstrass . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Polynômes trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Densité des polynômes trigonométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Convergence en moyenne quadratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

1
Math242 Analyse de Fourier 1

1 Deux résultats d’approximation.


1.1 Le théorème de Weierstrass.
1.1.1 Théorème (de Weierstrass). Une fonction continue sur un intervalle fermé borné est limite
uniforme de restrictions de polynômes à cet intervalle :
Si f : [a, b] → R est continue alors pour tout  > 0 il y a Q = an X n + · · · + a0 ∈ R[X] tel que
n
ak x k | ≤ 
X
pour tout x ∈ [a, b] on a |f (x) − Q(x)| = |f (x) −
k=0

1.1.2 Proposition. Soit f : [0, 1] → R continue telle que pour tout t ∈ [0, 1], |f (t)| ≤ 1.
Alors pour tout  > 0 il y a P ∈ R[X] tel que pour tout t ∈ [ 31 , 23 ] on a |f (t) − P (t)| ≤ .
−1
Z 1
1
Z 1 1 Z
2 n n
Démonstration : Si n ∈ N alors 1 ≥ (1 − x ) dx ≥ (1 − x) dx = > 0. On a donc 1 ≤ γn = (1 − t2 )n dt ≤ n + 1.
0 0 Z 1 n + 1 Z 1 0

Soit Kn = γ2n (1 − X 2 )n ∈ R[X] et, si 0 ≤ δ ≤ 1, Iδ = Iδ (n) = Kn (x) dx, alors Kn (x) dx = 2I0 = 1 et si δ > 0 :
δ −1
Z 1
0 ≤ 2 Iδ (n) = 2 Kn (x) dx ≤ γn (1 − δ)(1 − δ 2 )n ≤ (n + 1)(1 − δ)n+1 → 0 quand (à δ ∈]0, 1] fixé) n tend vers l’infini.
δ

Comme f est uniformément continue sur [0, 1], pour tout  > 0 il y a 0 < δ < 13 tel que pour tout x, y ∈ [0, 1] avec |x − y| ≤ δ on ait |f (x) − f (y)| ≤ 2 ,
ainsi pour tout x ∈ [ 13 , 32 ] et u ∈ [−δ, δ] (donc x + u ∈ [0, 1]) on a |f (x + u) − f (x)| ≤ 2 .
n X 2k
! !
Z 1
γn X k+l n 2k Z 1
Soit f (x)Kn (t − x) dx = Pn (t) où Pn = (−1) f (x)x2k−l dt T l ∈ R[T ] est un polynôme (de degré 2n).
0 2 k=0 l=0 k l 0
Z 1−t Z −δ Z δ Z 1−t
Si t ∈ [ 31 , 23 ], posant x = t + u on a Pn (t) = f (t + u)Kn (u) du = f (t + u)Kn (u) du + f (t + u)Kn (u) du + f (t + u)Kn (u) du.
−t −t −δ δ
Z 1 Z 1 Z −δ Z δ Z 1 Z δ
De Kn (u) du = 2I0 = 1 suit f (t) = f (t)Kn (u) du = f (t)Kn (u) du + f (t)Kn (u) du + f (t)Kn (u) du = 2f (t)Iδ + f (t)Kn (u) du puisque
−1 −1 −1 −δ δ −δ
Z −δ Z t Z t
Kn (−u) = Kn (u). De même f (t + u)Kn (u) du = f (t − u)Kn (−u) du = f (t − u)Kn (u) du.
−t
Z t Zδ δ  
δ
Z 1−t
Donc f (t) − Pn (t) = f (t − u)Kn (u) du + 2f (t)Iδ + f (t) − f (t + u)Kn (u) du + f (t + u)Kn (u) du, et comme |f (t)|, |f (t + u)|, |f (t + u)| ≤ 1
δ −δ δ
et Kn (u) ≥ 0, on a |f (t) − Pn (t)| ≤ Iδ + 2Iδ + 2 + Iδ = 2 + 4Iδ (n) ≤  si n est assez grand. 

p n+1 p n+1
1.1.3 Exercice. Déterminer un n ∈ N tel que Iδ (n) ≤ 2 [on pourra écrire .(n + 1)(1 − δ)
n+1 = (n + 1) (1 − δ) · (1 − δ) 1
≤ 4e−1 Log( 1−δ )e(n+1) Log(1−δ) ]

1.1.4 Exercice. Déduire le Théorème 1.1.1 de la Proposition 1.1.2.


Math242 Analyse de Fourier 1 1.2 Polynômes trigonométriques

1.2 Le cercle, polynômes trigonométriques et coefficients de Fourier.


1.2.1 Rappel. 1. Deux réels x, y ∈ R sont congrus modulo 2π, noté x ≡ y mod 2π si il y a un
entier k ∈ Z tel que x − y = k · 2π, c’est une relation d’équivalence compatible avec l’addition
+ des réels [Si x ≡ x0 mod 2π et y ≡ y0 mod 2π alors x + y ≡ x0 + y0 mod 2π]
2. Une fonction f : R → C est 2π-périodique si pour tout x ∈ R on a f (x + 2π) = f (x).
1.2.2 Exemples. Si n ∈ Z, les fonctions cn , sn , en = cn + isn : R → C, cn (t) = cos(nt), sn (t) = sin(nt), en (t) = eint = cos(nt) + i sin(nt) sont 2π-périodiques.

1.2.3 Définition. Le cercle est le groupe quotient T = R/2πZ (du groupe additif des réels par le sous-
groupe des multiples entiers de 2π). On note ρ : R → T l’application quotient. D’où les équivalences :
1. la fonction g : R → C est 2π-périodique ssi il y a une fonction g : T → C telle que g = g ◦ ρ.
2. f : T → C ssi il y a une fonction f˜ : R → C est 2π-périodique telle que f˜ = f ◦ ρ.
1.2.4 Remarque. Si [a, b] ⊂ R, b − a = 2π est un intervalle réel de longueur 2π alors [a, b[ et ]a, b]
sont des systèmes de représentants de la congruence modulo 2π, donc on peut définir une fonction
sur le cercle T de manière unique par ses valeurs sur [a, b[ (ou ]a, b]).
1.2.5 Définitions. Soit N ∈ N et, pour −N ≤ j ≤ N et 0 ≤ k ≤ N, 0 < l ≤ N, cj , ak , bl ∈ C.
On pose c = (cj )−N ≤j≤N , a = (ak )0≤k≤N , b = (bl )0<l≤N . Le polynôme trigonométrique (de degré N ) et
1. coefficients c est :
N
X
Pc = cj ej : T → C
j=−N

2. coefficients de partie paire a et de partie impaire b est :


N
X
Qa,b = a0 + ak · ck + bk · sk : T → C
k=1

1.2.6 Exercices. Soit N ∈ N et, pour −N ≤ j ≤ N et 0 ≤ k ≤ N, 0 < l ≤ N, cj , ak , bl ∈ C. Vérifier que :


N N
1  X 1  X
1. Pour tout t ∈ T on a Qa,b (t) + Qa,b (−t) = ak · ck et Qa,b (t) − Qa,b (−t) = bl · sl
2 2
k=0 l=1
[ce qui justifie le vocabulaire ci-dessus coefficients de partie paire et impaire]
2. Pc = Qa,b a lieu si et seulement si on a l’une des conditions équivalentes :
(a) a0 = c0 et, pour 1 ≤ k ≤ N , on a ak = c−k + ck et bk = i(ck − c−k )
ak +ibk ak −ibk
(b) c0 = a0 et, pour 1 ≤ k ≤ N , on a c−k = 2 et ck = 2
Math242 Analyse de Fourier 1 1.2 Polynômes trigonométriques

1.2.7 Définition. Une fonction f : T → C définie sur le cercle est :


1. continue sur T si la fonction 2π-périodique correspondante f˜ : R → C est continue.
2. intégrable au sens de Riemann si la fonction 2π-périodique correspondante f˜ : R → C est
intégrable au sens de Riemann sur les intervalles fermés bornés.
En particulier une fonction continue sur T est intégrable au sens de Riemann.

1.2.8 Exercice. Soit [a, b], b − a = 2π un intervalle réel de longueur 2π. Prouver que pour toute fonction g : [a, b] → C continue vérifiant g(a) = g(b) il y a une unique
fonction f : T → C continue définie sur le cercle dont la fonction 2π-périodique correspondante f˜ : R → C a g pour restriction f˜| = g : [a, b] → C à [a, b].

1.2.9 Lemme. Soit f : T → C et f˜ : R → C la fonction 2π-périodique correspondante.


Alors sont équivalents :
1. La fonction f est intégrable au sens de Riemann.
2. Pour tout x ∈ R la restriction f˜| : [x, x + 2π] → C est intégrable au sens de Riemann.
3. Il y a x ∈ R tel que la restriction f˜| : [x, x + 2π] → C est intégrable au sens de Riemann.
Z x+2π Z b
En ce cas pour tout x ∈ R et a, b = a + 2π ∈ R on a f˜ = f˜. En particulier ;
x a
Z x+2π Z x+π Z 2π Z π
f˜ = f˜ = f˜ = f˜
x x−π 0 −π

Démonstration : Il suffit de montrer que 3 implique 1.


Supposons donc f˜ Riemann intégrable sur [x, x+2π]. Alors pour tout k ∈ Z et t ∈ [x+k2π, x+(k +1)2π], t−k2π ∈ [x, x+2π] et f˜(t) = f˜(t−k2π) donc
f˜| : [x + k2π, x + (k + 1)2π] → C est intégrable au sens de Riemann. De plus si k ≤ l ∈ Z, comme [x + k2π, x + (l + 1)2π] = ∪lj=k [x + j2π, x + (j + 1)2π]
Z x+(l+1)2π
(et [x + (j − 1)2π, x + j2π] ∩ [x + j2π, x + (j + 1)2π] = {j} alors f˜| : [x + k2π, x + (l + 1)2π] → C est intégrable au sens de Riemann et f˜ =
Z x+2π x+k2π

(1 + k − l) f˜.
x
Soit [a, b] un intervalle ferné borné de longueur b − a = 2π et k = [ a−x

] ∈ Z. Comme x + k2π ≤ a ≤ b < x + (k + 2)2π et f˜| est intégrable au sens de
Riemann sur [a, b] ⊂ [x + k2π, x + (k + 2)2π] d’où 1 et
Z (k+1)2π Z a Z x+(k+1)2π Z b Z x+(k+1)2π Z b
f˜ = f˜ + f˜, f˜ = f˜ + f˜
x+k2π x+k2π a a a x+(k+1)2π

Z a Z b Z b Z x+(k+1)2π Z x+2π
et t ∈ [x + k2π, a] si et seulement si t + 2π ∈ [x + (k + 1)2π, b = a + 2π] et f˜ = f˜ on a f˜ = f˜ = f˜ 
x+k2π x+(k+1)2π a x+k2π x
Math242 Analyse de Fourier 1 1.2 Polynômes trigonométriques

1.2.10 Notation. Si f : T → C est intégrable au sens deZRiemann ˜


Z surZleπ cercle T et f : R → C
est la fonction 2π-périodique correspondante, on pose : f= f= f˜
T −π

1.2.11 Notations. 1. E = {f : T → C | f intégrables au sens de Riemann}, l’espace vectoriel


complexe des fonctions intégrables au sens de Riemann sur le cercle, il contient le sous-espace
C = {f : T → C | f continue} ⊂ E des fonctions continues sur le cercle.
1 Z
2. Le produit scalaire < , >: E × E → C, < f, g >= f ·g
2π T
1.2.12 Exercices. 1. < , > est sesquilinéaire hermitien non négatif, c. a d. si pour i = 1, 2 on a f, fi , g, gi ∈ E et λi , µi ∈ C alors :

< λ1 ·f1 +λ2 ·f2 , g >= λ1 · < f1 , g > +λ2 · < f2 , g >, < f, µ1 ·g1 +µ2 ·g2 >=< f, g1 > ·µ1 + < f, g2 > ·µ2 , < g, f >= < f, g >(donc < f, f >∈ R) et < f, f >≥ 0

2. La restriction à C × C est un produit scalaire défini positif [c. a d. pour tout f ∈ C on a < f, f >≥ 0 avec égalité si et seulement si f = 0]

1.2.13 Lemme. {en | n ∈ Z} est une famille orthonormale dans E : (relations d’orthogonalité
des fonctions en )
< en , en >= 1 et si m 6= n, < em , en >= 0
2π
1 Z 2π imt int 1 Z 2π im t −in t 1 Z 2π i (m−n)·t

e(m−n)
Démonstration : < em , en >= e e dt = e e dt = e dt qui, si m = n vaut 1 et sinon 2πi(m−n) = 0.
2π 0 2π 0 2π 0 0

1.2.14 Exercice. 1. Soit m ∈ N. Exprimer cm et sm en fonction de em et e−m En déduire : (relations d’orthogonalité
2. si m, n ∈ N les valeurs des produits < cm , sn >, < cm , cn > et < sm , sn > des fonctions cm et sn )
[on distinguera les cas m 6= n, 0 = m = n et 0 6= m = n]
3. Reprendre la question 2 par un calcul direct d’intégrale.
1.2.15 Définitions. Si n ∈ Z le nième coefficient de Fourier de f ∈ E est

ˆ 1 Zπ 1 Zπ
f (n) = cn (f ) =< f, en >= f · e−n = f (t)e−int dt
2π −π 2π −π
1 Zπ
Si m ∈ N les nièmes coefficient de Fourier réels de f ∈ E sont a0 (f ) = f, b0 (f ) = 0 et, si m 6= 0
2π −π
1Zπ 1Zπ
an (f ) = 2 < f, cn >= f · cn = f (t) cos(nt) dt
π −π π −π
1Zπ 1Zπ
bn (f ) = 2 < f, sn >= f · sn = f (t) sin(nt) dt
π −π π −π
Math242 Analyse de Fourier 1 1.2 Polynômes trigonométriques

1.2.16 Remarque. Si f ∈ E et f (T) ⊂ R alors a0 (f ), am (f ), bm (f ) ∈ R, justifiant la terminologie de coefficients réels. mais fˆ(n) ∈ C n’a aucune raison d’être réel.
1.2.17 Exemple. Si f = sin : T → R. Comme f = s1 = e1 −e2i
−1
on a, par le lemme 1.2.13 fˆ(−1) = −1 −1
2i = 2i 6∈ R

N
X N
X N
X
1.2.18 Exercice. Soit des polynômes trigonométriques Pc = cj ej , Qa,b = a0 + ak · ck + bk · sk .
j=−N k=1 k=1
Prouver que pour −N ≤ j ≤ N on a Pˆc (n) = cn , et pour 1 ≤ k ≤ N on a ak = ak (Qa,b ), bk = bk (Qa,b ) et a0 = a0 (Qa,b ).

1.2.19 Corollaire. Soit f ∈ E alors la suite (fˆ(n))n∈Z est de carré sommable et : (inégalité de Bessel)
1 Z
|fˆ(n)|2 ≤ < f, f > = |f |2
X

n∈Z 2π

Démonstration :
N
fˆ(k) · ek est dans l’orthogonal de Vect(ek ; −M ≤ k ≤ N ) le sous-espace vectoriel de E engendré
X
1. Pour tout M, N ∈ N la fonction rM,N = f −
k=−M
N N
fˆ(l) · el , ek >=< f, ek > − fˆ(l) < el , ek > fˆ(k) − fˆ(k) = 0
X X
par les ek pour −M ≤ k ≤ N : < f −
l=−M l=−M
N N N
fˆ(k) · ek + fˆ(k) · ek et fM,N = fˆ(k) · ek ∈ Vect(ek ; −M ≤ k ≤ N ) on a :
X X X
2. Comme f = f −
k=−M k=−M k=−M

N
|fˆ(k)|2
X
< f, f >=< rM,N + fM,N , rM,N + fM,N >=< rM,N , rM,N > + < fM,N , fM,N > ≥ < fM,N , fM,N > =
k=−M

et (fˆ(n))n∈Z est de carré sommable et |fˆ(n)|2 ≤ < f, f >


X

n∈Z

1.2.20 Remarque. La majoration de ce corollaire est en fait une égalité car (Cf. sous-section sui-
vante) les fonctions continues 2π-périodiques sont limites uniformes de polynômes trigonométriques.

1.2.21 Exercice. 1. Calculer les coefficients de Fourier fˆ(n) et les coefficients de Fourier réels an (f ), bn (f ) de la fonction f ∈ E définie (selon la Remarque 1.2.4)
par f (π) = 0 et si |t| < π, f (t) = t.
X
2. Vérifier sur les formules obtenues que l’on a : |fˆ(n)|2 < ∞. La famille (fˆ(n))n∈Z est-elle sommable ?
n∈Z
3. Reprendre les deux questions précédentes avec la fonction g ∈ E définie (selon la Remarque 1.2.4) par, si |t| ≤ π, g(t) = |t|.
Math242 Analyse de Fourier
1.3 1Densité des polynômes trigonométriques

1.3 Densité des polynômes trigonométriques.


1.3.1 Théorème (de Weierstrass trigonométrique). Soit f : R → C continue et 2π-périodique.
Alors f est limite uniforme de polynômes trigonométriques.

Démonstration : Comme f est 2π-périodique, on peut suposer t ∈ [−2π, π]. Etant continue f bornée et uniformément continue sur [−2π, 2π] :
il y a M et pour tout  > 0 il y a 0 < δ < π tel que pour tout x, y ∈ [−2π, 2π] avec |x − y| ≤ δ on ait |f (x) − f (y)| ≤ 2 et |f (x)| ≤ M .
Z π
1 + cos(t) n Z π
1 + cos(t) n h 2 1 + cos(t) n+1 iπ 2
Si n ∈ N alors π ≥ dt ≥ sin(t) dt = − ( = . On a donc :
0 2 0 2 n+1 2 0 n+1
1 h Z π
1 + cos(t) n −1 n + 1
 i δn 1 + cos(t) n δn
  t Z π
≤ δn = dt ≤ . Soit T n ∈ C, Tfnn (t) = Tn (t) = = cos( )2n et si 0 ≤ δ ≤ π, Jδ = Jδ (n) = Tn , alors :
Zπ π 0 2 2 Z π 2 2 2 2 δ
δ π δ
Tn (x) dx = 2J0 = 1 et si δ > 0 : 0 ≤ 2 Jδ (n) = 2 Tn (x) dx ≤ δn (π − δ) cos( )n ≤ (n + 1) cos( )n → 0 quand (à δ ∈]0, π] fixé) n tend vers l’infini.
−π δ 2 2 2
Z π Z t+π
Soit Pn (t) = f (x)Tn (t − x) dx = f (x)Tn (t − x) dx par périodicité de x 7→ f (x)Tn (t − x). D’après l’exercice 1.3.3 ci-dessous c’est un polynôme
−π t−π
n X2k
! !
δn n 2k Z π
(−1)l f (x) cos(x)2k−l sin(x)l dt cos(t)2k−l sin(t)l , donc si t ∈ [−π, π], posant x = t + u :
X
trigonométrique car Pn (t) = n+1
2 k=0 l=0 k l π

Z π Z π Z −δ Z δ Z π
Pn (t) = f (t + u)Tn (−u) du = f (t + u)Tn (u) du f (t + u)Tn (u) du + f (t + u)Tn (u) du + f (t + u)Kn (u) du
−π −π −π −δ δ

Z π Z π Z −δ Z δ Z π Z δ
De Tn (u) du = 1 et Tn (−u) = Tn (u) suit f (t) = f (t)Tn (u) du = f (t)Tn (u) du + f (t)Tn (u) du + f (t)Tn (u) du = 2f (t)Jδ + f (t)Tn (u) du.
−π −π −π −δ δ −δ
Z −δ Z π Z π
De même f (t + u)Tn (u) du = f (t − u)Tn (−u) du = f (t − u)Tn (u) du, donc :
−π δ δ

Z π Z δ  Z π
f (t) − Pn (t) = f (t − u)Tn (u) du + 2f (t)Jδ + f (t) − f (t + u) Tn (u) du + f (t + u)Tn (u) du
δ −δ δ

et comme Tn (u) ≥ 0 et u ∈ [−δ, δ], t ∈ [−π, π] , donc t ± u ∈ [−2π, 2π] et f |(t ± u)| ≤ M et |f (t) − f (t + u)| ≤ 2 , il vient :
|f (t) − Pn (t)| ≤ M Jδ (n) + 2M Jδ (n) + 2 + M Jδ (n) = 4M Jδ (n) ≤  si n est assez grand. 
1.3.2 Remarque. On change le domaine d’intégration de l’intégrale définnissant Pn de −π à π en de t − π à t + π pour que, après changement de variable x = t + u
on intégre de −π à π et les morceaux de l’intégrale hors la partie entre −δ et δ ayant des allures symétriques, se majorent de la même manière.
p q  
(−i)q X X i
 
1 j j
p q
1.3.3 Exercice. Soit p, q, m, n ∈ N, vérifier (em ) · (en ) = emp−nq et cpn · sqn p
= p+q q (en + e−n ) (en − e−n ) = p+q q
(−1) ep+q+2(i+j) .
2 i 2 i=0 j=0
p q
Math242 Analyse de Fourier
1.41 Convergence en moyenne quadratique

1.4 Convergence en moyenne quadratique des séries de Fourier.


1.4.1 Rappels. Soit h, k : [a, b] → C intégrables au sens de Riemann, elles sont bornées et :
1. Le produit h · k est intégrable au sens de Riemann et (inégalité ce Cauchy Schwarz)
Z b 2 Z b 2 Z b  Z b 
h·k ≤ |h · k| ≤ |h|2 · |k|2
a a a a

2. Pour tout  > 0 il y a une fonction continue f : [a, b] → C telle que f (a) = f (b) = 0, k f k≤k h k
Z b Z b Z b
et |h − f | ≤  (donc |h − f |2 ≤k h k |h − f | ≤ 2 k h k )
a a a
donc en prenant [a, b] = [a, a + 2π], on peut dans l’énoncé précédent remplacer h, k, f par h, k ∈ E
(intégrables sur le cercle T) et f ∈ C (continue sur le cercle T)
1
1
Z q
2
2
1.4.2 Définition. La norme quadratique de h est k h k2 = |h| = < h, h >.
2π T

1.4.3 Remarque. C’est une semi-norme sur E et une norme sur C :

k h + k k2 ≤k h k2 + k k k2 et, si λ ∈ C, k λh k2 = |λ| k h k2

Si h est continue, alors k h k2 = 0 si et seulemet si h = 0


Z Z Z  2
Démonstration : k h + k k22 = 2
|h + k| ≤ 2
|h| + 2|h||k| + |k| =k h 2
k22 +2 |h||k|+ k k k22 ≤k h k22 +2 k k k2 k k k2 + k k k22 = k h k2 + k k k2
T T T Z
|f√
(t0 )|
Si h et continue et h(t0 ) 6= 0 il y a 0 < δ < π tel que pour t0 − δ < t < t0 + δ on ait |f (t)| ≥ 2
donc k h k22 = |h|2 ≥ δ|f (t0 )|2 > 0 
T

1.4.4 Définition. Une suite de fonctions fn : T → C converge en moyenne quadratique quadratique


vers f : T → C si k f − fn k2 tend vers 0 quand n tend vers l’infini.
On dit alors que f est limite en moyenne quadratique des fn
1.4.5 Corollaire. Si fn : T → C converge uniformément vers f : T → C alors fn converge en
moyenne quadratique vers f
Z Z Z Z 
Démonstration : Ce la suit de k f − fn k1 = |f − fn | ≤ 2π k f − fn k et k f − fn k22 = |f − fn | · |f − fn | ≤ |f − fn |2 |f − fn |2 
T T T T

1.4.6 Remarque. La réciproque n’est pas vraie car d’après 1.4.1 2 toute fonction intégrable est limite en moyenne quadratiques de fonctions continues, mais seule
une fonction continue peu être limite d’une suite de fonctions continues.
Math242 Analyse de Fourier
1.41 Convergence en moyenne quadratique

fˆ(n)en .
X
1.4.7 Définitions. Soit f ∈ E sa série de Fourier est
n∈Z
Si N ∈ N, la valeur en t0 de la N ième somme partielle de la série de Fourier de f est
N N N
fˆ(n)en (t0 ) fˆ(n)eint0 = a0 (f ) +
X X X
SN (f )(t0 ) = an cos(nt0 ) + bn sin(t0 )
n=−N n=−N 1

La série de Fourier de f converge en un point t0 [resp. converge uniformément] si la suite SN de


ses sommes partielles converge en t0 [resp. uniformément] quand N tends vers l’infini.

1.4.8 Remarque. Nous verrons que si f est somme de fonctions monotones par morceaux alors en tout point t0 ∈ T la série de Fourier de f conververge vers la
f− (t0 ) + f+ (t0 )
moyenne de ses limites à gauche et à droite en t0 . Mais la convergence peut ne pas :
2
X
1. être absolue ([Link] 1.2.21) (et donc fˆ(n)en (t0 ) ne converge pas en vrac)
n∈Z
2. même pour une fonction continue sur T avoir lieu tout en point de T.
Cependant on a le

1.4.9 Théorème. Pour tout h ∈ E alors h est limite en moyenne quadratique de sa série de Fourier.
q
X
Plus précisément pour tout  > 0 il y a N > 0 tel que si −p, q ≥ N on a k h − ĥ(n)en k2 ≤ 
n=p

q
 1
Démonstration : Le rappel 1.4.1 2 et le théorème 1.3.1 donnent f continue et un polynôme trigonométrique P tels que k h−f k2 ≤ 2
et k f −P k≤  8π
q
X q
X
d’où k f − P k2 ≤ 2 . Si N est le degré de P et −p, q ≥ N alors f − ĥ(n)en étant dans l’orthogonal de Vect(ek ; −N ≤ k ≤ N ) 3 ĥ(n)en − P on
n=p n=p
q q q q q
X X X  X X  
akf− ĥ(n)en k2 ≤k f − ĥ(n)en + ĥ(n)en − P k2 =k f − P k2 ≤ d’où k h − ĥ(n)en k2 ≤k h − f k2 + k f − ĥ(n)en k2 ≤ + =  
n=p n=p n=p 2 n=p n=p 2 2

1.4.10 Corollaire. Si f : T → C est continue et pour tout n ∈ Z on a fˆ(n) = 0 alors f = 0

Démonstration : Si h = 0 alors pour tout n ∈ Z, ĥ(n) =< h, en >= 0.


Si pour tout n ∈ Z, ĥ(n) alors pour tout  > 0 soit N tel que  ≥k h − N
n=−N ĥ(n)en k2 =k h k2 donc k h k2 = 0 et, par 1.4.3, h = 0.
P

1.4.11 co-Corollaire. Si f ∈ E est continue et SN (f ) converge uniformément vers g, alors f = g

Démonstration : h = f − g est continue et ses coefficients de Fourier sont ĥ(n) = fˆ(n) − ĝ(n) = fˆ(n) − fˆ(n) = 0 dond h = 0. 
Math242 Analyse de Fourier
1.41 Convergence en moyenne quadratique

1.4.12 Corollaire. Si h, k : T → C sont intégrbles au sens de Riemann alors (Formule de Parseval)


X
< h, k >= ĥ(n) · k̂(n)
n∈Z
(Formule de Bessel)
k22 =< 2
X
kh h, h >= |ĥ(n)|
n∈Z

Démonstration : La formule de Bessel étant le cas particulier k = h de la formule de Parseval il suffit de montrer cette dernière.
N
X N
X N
X
Pour tout N ∈ N, comme les en , n ∈ N forment une famille orthonormale, on a < ĥ(n)en , k̂(n)en >= ĥ(n)k(n) et d’après l’inégalité
n=−N n=−N n=−N
N N
2
k22 , |k̂(n)|2 ≤< k, k >=k k k22 .
X X
de Bessel 1.2.19 on a |ĥ(n)| ≤< h, h >=k h
n=−N n=−N
N N
ĥ(n)en k22 , k k − k̂(n)en k22 ≤  donc :
X X
D’après 1.4.9, pour tout  > 0 il y a N tel que k h −
n=−N n=−N
N
X N
X N
X N
X N
X N
X
< h, k > − ĥ(n)k(n) =< h − ĥ(n)en + ĥ(n)en , k − k̂(n)en + k̂(n)en > − < ĥ(n)en , k̂(n)en >=
n=−N n=−N n=−N n=−N n=−N n=−N
N
X N
X XN N
X XN N
X
=< h − ĥ(n)en , k − k̂(n)en > + < h − ĥ(n)en , k̂(n)en > + < ĥ(n)en , k − k̂(n)en >.
n=−N n=−N n=−N n=−N n=−N n=−N
N
X
Donc | < h, k > − ĥ(n)k(n)| ≤
n=−N
N
X N
X N
X N
X N
X N
X
k h− ĥ(n)en k2 · k k − k̂(n)en k2 + k h − ĥ(n)en k2 · k k̂(n)en k2 + k ĥ(n)en k2 k k − k̂(n)en k2 ≤  · [k h k2 + k k k2 ·] 
n=−N n=−N n=−N n=−N n=−N n=−N


X 1 π2
1.4.13 Exemple (Calcul par l’égalité de Bessel de la série de Riemann 2
= ). Soit f ∈ E telle que f (π) = 0 et pour |t| ≤ π, f (t) = t. Alors :
n=1
n 6
π  t3 π
Z π Z π −int
π2 h t · e−int 
Z
1 1 π e i
k f k22 = t2 dt = = et on a fˆ(0) = 0 car f est impaire et si n 6= 0 on a fˆ(n) = t · e−int dt = + dt = (−1)n d’où :
2π −π 2π −π 3 2π −π −2iπn −π −π 2πn n
∞ ∞
π2 X X 1
=k f k22 = |fˆ(n)|2 = 2 2
3 n=−∞ n=1
n

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