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Organisation des dictionnaires : macrostructure

Le document traite de l'organisation des dictionnaires, en se concentrant sur la macrostructure et la microstructure. Il explique comment la nomenclature est organisée, les critères de sélection des lexicographes, ainsi que les avantages et inconvénients de l'ordre alphabétique. Des exercices pratiques sont également proposés pour analyser la macrostructure à travers des exemples concrets.

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Organisation des dictionnaires : macrostructure

Le document traite de l'organisation des dictionnaires, en se concentrant sur la macrostructure et la microstructure. Il explique comment la nomenclature est organisée, les critères de sélection des lexicographes, ainsi que les avantages et inconvénients de l'ordre alphabétique. Des exercices pratiques sont également proposés pour analyser la macrostructure à travers des exemples concrets.

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MODULE:

LEXICOGRAPHIE
Semestre: 2
Année universitaire: 2023-2024
V- L’ORGANISATION DES DICTIONNAIRES
INTRODUCTION (la double structure du dictionnaire)
I. La macrostructure du dictionnaire : l’organisation de la nomenclature
1. L’extension de la nomenclature
2. L’ordre alphabétique : avantage et désavantage
3. L’organisation de la nomenclature
3.1. Le classement sémantique (le choix de la polysémie ou de l’homonymie)
Les critères de sélection des lexicographes pour l’une ou l’autre relation ( critères étymologique,
sémantique, syntaxique, morphologique)
3.2. Le classement formel (le regroupement ou le dégroupement morphologique.)

II. Exercices pratiques


INTRODUCTION
La double structure d’un dictionnaire
• Tout type de dictionnaire peut être analysé selon deux perspectives : la macrostructure et la
microstructure (une lecture horizontale et une lecture verticale).
• La consultation du dictionnaire se fait successivement dans le sens des deux dimensions de la
page, ce qui révèle sa double structure : d’abord verticalement pour repérer la graphie du
mot recherché, puis horizontalement pour lire l’information relative à ce mot.
• Le dictionnaire présente donc : au niveau macro, une nomenclature des termes ordonnés
alphabétiquement ; et au niveau micro, un article pour chaque entrée, qui est organisé selon
un certain modèle et comportant une série plus ou moins riche d’informations relatives à ce
terme.
La double structure d’un dictionnaire

• La microstructure est l’organisation interne de l’article du dictionnaire, et plus


précisément la structure que les lexicographes choisissent pour décrire les entrées.
Chaque mot apparaît en vedette dont la typographie varie d’un dictionnaire à un
autre (en majuscule, en minuscule, en petites capitales, en gras, en rouge, en noir…).
• La macrostructure concerne l’organisation de la nomenclature, c’est-à-dire la
manière dont les entrées sont présentées dans un dictionnaire. Cette organisation
relève d’un double aspect formel et sémantique.
• Ces deux plans sont étroitement liés : la manière d’organiser la nomenclature a des
implications sur la manière de structurer l’article dans son ensemble.
I. La macrostructure du dictionnaire : la nomenclature et
l’organisation des entrées
• C’est la structure organisationnelle qui s’applique à tout le dictionnaire, c’est-à-dire à sa
conception globale. Selon Rey-Debove (1971 : 21), la macrostructure est « l’ensemble des entrées
ordonnées, toujours soumise à une lecture verticale partielle lors du repérage et l’objet du message. »
• Analyser ce niveau macrostructurel revient à prendre en considération aussi bien la
nomenclature dont la taille varie selon chaque type de dictionnaire, que des informations
paratextuelles.
• Dans le PR (2019), on trouve : la page de couverture et de titre, le droit d'auteur, la liste des
principaux collaborateurs, les préfaces, principes de la transcription phonétique, tableau des
termes, signes conventionnels et abréviations, liste des principaux auteurs cités, titres de
périodiques et films cités, et un annexe à la fin contenant des correspondances des
principales datations de mots, liste des noms communs et des adjectifs correspondant aux
noms propres de personnes et de lieux, la liste des noms propres, les suffixes, les
conjugaisons, les noms de nombres et la table des matières.
1. L’extension de la nomenclature (le choix des entrées)
• Le pari de l’exhaustivité: aucun dictionnaire ne peut faire l’inventaire de tous les
mots de la langue décrite. (le lexique est ouvert : chaque instant, de nouveaux mots
sont créés ou empruntés).
• Selon la taille du dictionnaire, on peut avoir la répartition suivante :
1. Noyau commun : vocabulaire de base (3000 mots) / le dictionnaire d’apprentissage (entre
1500 et 5000 mots).
2. Autour de 30 000 mots de vocabulaire courant et de culture générale / le dictionnaire de
petite taille destiné au grand public.
3. Autour de 60 000 mots (le PR et le PL : le dictionnaire extensif) on peut avoir un vocabulaire
de spécialité réparti de manière homogène entre les domaines.
4. 100 000 mots (TLF) les gros dictionnaires généraux.
2. L’ordre alphabétique
• L’ordre alphabétique renvoie à l’organisation formelle du dictionnaire. Il est fondé
sur l’aspect graphique des mots (l’orthographe). Cela suppose que la graphie soit
stable, mais on peut avoir des mots qui admettent différentes graphies, (des
variantes: une autre façon d’écrire le mot avec ou sans différence de prononciation).
Ex. clé ou clef, bette ou blette, évènement ou événement…
• Se pose alors le problème du choix de la vedette : quelle est la forme qui doit
apparaître en tête de l’article ?
Ex. DH plate-forme […] plateforme
PR plateforme […] on écrit aussi une plate-forme, des plates-formes
PLI plateforme ou plate-forme
Délimitation de l’entrée lexicale
• Les entrées qui font la nomenclature sont généralement des mots graphiques (dont
font partie les mots composés liés par trait d’union ou apostrophe).
Ex. le mot composé « sans-abri » dans le PR (2019) et le Lexis (1986)
• Pour des raisons de taille de l’ouvrage, il n’est pas possible d’enregistrer toutes
les unités polylexicales en entrée, ces unités figurent plus souvent à l’intérieur
de l’article, signalées comme locution sous l’entrée du mot graphique principal.
Ex. la locution adverbiale par conséquent est traitée sous l’adjectif conséquent, l’expression sans
cesse est enregistrée sous l’adresse du nom féminin cesse. (le PR 2019)
• Les entrées qu’on traite séparément dans un article unique sont :
• Les expressions ne correspondant à aucun mot graphique simple. Ex. a priori, ad hoc, a
posteriori…
• Les sigles qui sont issus d’unités polylexicales. Ex. B.A. (bonne action), O.K.
• Quelques expressions fortement figées. Ex. bon enfant (adj. inva.) apparaît dans les
dictionnaires le PR, le PLI et le DH sous une entrée autonome.
2. L’ordre alphabétique : avantages et désavantages
a. Avantages
• Héritage historique des premiers dictionnaires.
• Classement rigoureux et arbitraire des mots.
• Consultation rapide et repérage immédiat de l’entrée recherchée dans la nomenclature.
• Ce type de classement est utilisé dans de nombreux écrits (les annuaires, les répertoires, les
catalogues…) : faire la liste des choses.
• Mise à jour facile des informations.
a. Inconvénients
• Les mots se succèdent sans aucun lien sémantique entre eux.
• L’ordre alphabétique masque les structures du lexique et ne fait pas apparaître les relations que les
mots entretiennent entre eux.
• Le dictionnaire alphabétique est le plus privilégié pour une consultation fragmentaire des
informations.
Ex. affamer, faim, famine, famélique, sont plus ou moins éloignés (distants les uns des autres) dans le PR.
3. L’organisation de la nomenclature
• Comment organiser les entrées dans un dictionnaire ?
• Beaucoup d’arbitraire dans l’organisation de la nomenclature (suivant le
choix du lexicographe qui doit sélectionner les mots à traiter, selon des
critères de forme et/ou de sens.)
• Le classement sémantique concerne le choix de la polysémie ou de
l’homonymie.
• Le classement formel concerne le regroupement ou le
dégroupement morphologique.
3.1 Le classement sémantique
Définition de la polysémie

• On parle de monosémie lorsque le mot n’a qu’un seul sens, chose qui est rare en
français, sauf dans le vocabulaire scientifique ou technique (kilomètre, azote,
carburateur…)

• On parle de polysémie lorsque le mot a plusieurs sens (la plupart des mots sont
polysémiques). (1sa→ plus. sé)
Ex : Ce livre est cher. (couteux)

Cet ami m’est cher. (aimé)


Définition de l’homonymie
• Relation entre deux mots (homonymes) de même forme (signifiant), mais de sens différents
(signifié).
• Les homonymes ont des sens différents, bien qu’ils aient une orthographe ou une
prononciation semblable.
1. Les homographes non homophones ont la même orthographe, mais se prononcent de
façon différente.
Ex. couvent (maison religieuse) et couvent (du V. couver). Influent (adj.) et influent (verbe)
2. Les homophones non homographes se prononcent de la même façon, mais dont
l’orthographe est différente.
Ex. terme (mot) et thermes (bain) /vers, vert, ver
3. Les homographes homophones se prononcent et s’écrivent de la même façon.
Ex. cadre (bordure) cadre (fonctionnaire).
a. Le traitement polysémique
• Le mot est une unité de langue ayant un noyau sémique fondamental que l’on
trouve dans différents sémèmes.
• Il s’agit d’énumérer dans un même article les différents sens d’un terme considéré
comme polysémique.
• Le traitement polysémique est le plus répandue par les lexicographes.
• Il repose sur un ordre strictement alphabétique : la dispersion des termes
sémantiquement apparentés. (mari et mariage sont séparés de marital par marin et
mariol entre autres).
Ex. TAMPON est traité dans le PR (2019) sous une entrée unique selon 9 sens (choix
polysémique); alors que dans le DFC, ce même mot est enregistré dans quatre articles
distincts (choix homonymique).
b. Le traitement homonymique
• Le mot est une unité de discours définie par son contexte linguistique.
• Faute d’avoir une relation de sens entre deux mots, les lexicographes optent pour le
traitement homonymique qui donne lieu à plusieurs entrées dans les dictionnaires.
• Il s’agit de traiter dans des articles nettement séparés les homonymes (homographes
homophones) d’un même mot, en faisant décrire les significations de ce mot avec ses
différents emplois.
• Le lexis et le DFC sont deux types de dictionnaires qui suivent cette démarche, car ils
décloisonnent et présentent plusieurs formes comme étant des homonymes (plusieurs
signes), et non comme un seul mot ayant plusieurs sens (la polysémie).
Ex. le mot pièce est présenté en quatre entrées.
3.2 Les critères de choix de l’homonymie ou de la polysémie
• Le choix de l’homonymie ou de la polysémie ne fait pas l’objet d’un accord entre les lexicographes ; il
est soumis à plusieurs critères :
a. Critère étymologique
• Opter pour le traitement polysémique si les mots ont le même étymon.
Ex. le mot métier dans le PR (2019) est traité dans un seul article avec une seule indication
étymologique au début.
• Mais parfois c’est un critère non pertinent : on peut trouver des mots qui ont le même étymon, mais
avec des sens différents.
Ex. Voler dans le PR (même étymon du latin volare), mais enregistré dans deux articles avec sens
distincts .
Sens1 : Se déplacer dans les airs.
Sens2 : Prendre (ce qui appartient à qqn), contre le gré ou à l’insu de qqn.
b. Critère sémantique

• Rechercher des traits communs entre les différents sens d’un


mot.
• Choix homonymique : pas de relation sémantique.
• Choix polysémique : relation sémantique.
Ex. cran dans (le PR 2019): choix polysémique, car il existe un noyau
sémantique commun entre les deux sens propre et figuré ; tandis que
dans le DFC (choix homonymique) il n’y a pas de relation sémantique.
c. Critère morphologique

• Rechercher les dérivés et les composés du mot pour voir si on a le même


sens ou des sens différents.
Ex. le mot « plume » est enregistré dans DFC sous deux entrées dont chacune a ses
dérivés et composés. (deux homonymes)
1. Plume n. f. : plumage (n. m.), plumeau, plumer, plumet, se déplumer, déplumé.
2. Plume n. f. : plumier, plumitif, porte-plume.
Le PR (2019) Le DFC (1971)
d. Critère syntaxique
• Il s’agit de cerner le comportement syntaxique du mot dans la phrase (sa
distribution), si on a un changement de sens, le traitement homonymique
s’impose, sinon c’est le choix polysémique qui est de mise.
• Exemple de traitement homonymique
dans le DFC (1971), le verbe différer est enregistré en deux homonymes.
1. Différer v. tr. et intr. Différer (quelque chose), en remettre à plus tard la réalisation.
2. Différer v. intr. 1° (sujet nom de chose ou de personne) Ne pas être semblable […] 2° (sujet
nom de personne) Avoir deux opinions opposées.
Dans le PR (2019), le mot mousse est à la fois n.m., n.f. et adj.; c’est pourquoi il est enregistré
sous trois entrées distinctes.
3.2 Le classement formel
• L’organisation formelle de la macrostructure concerne le regroupement ou le
dégroupement morphologique.
• Le regroupement morphologique consiste à rassembler les dérivés et les composés
autour d’une même base lexicale, pour souligner les relations morpho-sémantiques
qui existent entre les mots appartenant au même champ dérivationnel.
• Ce procédé est pratiqué par le lexis et le DFC : « on a regroupé autour d’un terme vedette
placé en entrée les dérivés et les composés qui, par leur sens, se rattachent étroitement à lui. » Lexis,
préface, [Link]
• C’est ce qui donne à ces ouvrages une double macrostructure, constituée de deux
niveaux d’entrées. (chaque entrée donne accès à une sous-entrée)
• Selon Dubois, ce classement n’est pas artificiel, mais il permet de mettre
en relief « l’interdépendance des sens et des formes ». Car la langue offre des
possibilités énormes de préfixation et de suffixation, permettant de
passer d’une forme à une autre, d’un verbe à un substantif, d’un
substantif à un adjectif.

Ex. calculer, calcul, calculateur, incalculable… (calcul)

Ex. saute-mouton et saute-mines (sauter)

• On parle de dégroupement morphologique quand les dérivés sont classés


selon l’ordre alphabétique.
Le PR (2019) Le Lexis (1992)
II. Exercice sur la macrostructure du dictionnaire
Objectif
• Décrire les caractéristiques de la macrostructure du dictionnaire.
Consigne
• En choisissant comme exemple le mot « cochon » :
1. Comparez la macrostructure des deux dictionnaires le Petit Robert(2019) et le Lexis
(1992).
2. Déterminez l’organisation adoptée dans chaque dictionnaire (traitement polysémique ou
homonymique /regroupement ou dégroupement morphologique)
3. Spécifiez les critères sur lesquels s’opère chaque choix (étymologique, sémantique,
morphologique et/ou syntaxique).

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