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Analyse des Politiques Agricoles et Financement

Le document présente un cours sur l'analyse des politiques agricoles et le financement de l'agriculture, abordant des concepts clés, des politiques commerciales, et des stratégies de financement. Il décrit également les objectifs des politiques agricoles, notamment la sécurité alimentaire et le développement économique, ainsi que des exemples de programmes comme le PDDAA et la PAC. Enfin, il souligne l'importance des incitations et des instruments d'analyse pour soutenir le développement agricole dans différents contextes.

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Analyse des Politiques Agricoles et Financement

Le document présente un cours sur l'analyse des politiques agricoles et le financement de l'agriculture, abordant des concepts clés, des politiques commerciales, et des stratégies de financement. Il décrit également les objectifs des politiques agricoles, notamment la sécurité alimentaire et le développement économique, ainsi que des exemples de programmes comme le PDDAA et la PAC. Enfin, il souligne l'importance des incitations et des instruments d'analyse pour soutenir le développement agricole dans différents contextes.

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Université de Koudougou

UFR Sciences Economiques et Gestion


Année Académique 2013-2014
Niveau License EAE
Enseignante Dr. Eugenie Maïga

Cours : Analyse des Politiques Agricoles et Financement de L’Agriculture

14 au 16 Juillet 2014

1
Programme

I. Introduction générale
II. Analyse des incitations et des avantages comparatifs de l’agriculture
1. Définition de concepts
2. Matrice d’analyse des politiques (MAP)
3. Instruments d’analyse des incitations à l’agriculture
4. Instruments d’analyse du coût économique réel de
l’avantage comparatif
III. Politiques commerciales et stabilisation des prix des produits agricoles
1. Cadre d’analyse théorique de base
2. Définition de concepts
3. Analyse de la politique commerciale
4. Analyse des politiques de stabilisation
IV. Financement de l’agriculture
1. En quoi le financement de l’agriculture est-il
spécifique ?
2. Contexte général du financement agricole
3. Sources de financement agricole et mobilisation de
ressources
4. L’évolution de l’offre de financement dans un contexte
de libéralisation
V. Conclusion générale

2
Chapitre I : Introduction Générale

Différentes personnes définissent la politique agricole différemment. On trouve donc


plusieurs définitions de la politique agricole selon que l’on se place à un moment
donné de l’histoire, selon que l’on soit francophone ou anglo-saxon, ou selon les
idées dominantes du moment. Par exemple Thierry Pouch propose plusieurs
définitions dont trois ont été retenues par Vincent Ribier dans son article sur les
politiques agricoles (apparu dans grain de sel No. 41-42, 2008) La politique agricole
est (i) « un mode d’allocation des ressources plus efficace que le marché » si l’on
considère les défaillances de marché et le besoin de les corriger, (ii) « un système
social visant à préserver les intérêts de certaines catégories de la population ou
groupes de pression » vu sous l’angle de l’économie politique, (iii) « un ensemble de
moyens permettant aux agriculteurs de préserver ou d’étendre leur compétitivité
interne et externe et de dégager des parts de marché au détriment de leurs principaux
concurrents » si l’on se place sous l’angle de l’économie internationale. Ribier
propose une définition de la politique agricole qui fait l’objet du plus large consensus
à savoir « un ensemble de mesures réglementaires, dispositifs structurels, moyens
financiers et humains interdépendants, mis en œuvre par la puissance publique pour
contribuer à la progression du secteur agricole ».

Les changements politiques et économiques survenus ces 50 dernières années ont


influes sur la définition de la politique agricole et parfois même remis en cause le
besoin de politique agricole.
En effet depuis la signature des accords qui ont conduit à la création de
l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 1995, de fortes pressions existent
pour démanteler les dispositifs de soutien à l’agriculture. Alors qu’auparavant
l’agriculture bénéficiait d’un statut particulier et donc était exclu des négociations
commerciales antécédentes aux accords de Marrakech qui ont conduit à la création
de l’OMC. Mais force est de constater que même si elles ont été reformées, les
politiques agricoles survivent dans les pays occidentaux. C’est le cas de la politique
agricole commune (PAC) de l’Union Européenne et la politique agricole des Etats-
Unis car ces pays restent attaches au principe fondamental de soutien à l’agriculture
même si les modalités changent.
Les objectifs de la politique agricole peuvent être regroupés en trois catégories :
3
- Objectifs concernant les agriculteurs : accroître la productivité agricole,
accroître le revenu agricole, œuvrer à la stabilisation des prix/revenus
agricoles, améliorer l’emploi agricole
- Objectifs concernant les consommateurs : assurer la sécurité alimentaire,
s’assurer que le marché met à disposition des produits alimentaires sains et de
bonne qualité à un juste prix, assurer la sécurité énergétique
- Objectifs liés à la société toute entière : accroître les revenus de l’Etat à
travers la fiscalité agricole, accroître la compétitivité du secteur agricole,
contribuer à la viabilité des zones rurales.

Ces objectifs varient selon ceux le type de pays (développé ou en


développement) qui formule la politique agricole. On peut résumer la démarche
de formulation de la politique agricole sous le schéma suivant qui comporte deux
phases, une phase de formulation et une phase de mise en œuvre.

Schéma de linéaire cyclique de la politique agricole

Phase 1 : Formulation

Objectif déclaré

Analyse technique et économique

Comparaison avec d’autres alternatives

Choix de la politique optimale

Phase 2 : Mise en œuvre

Mise en œuvre de la politique optimale

Résultat de la politique

Evaluation de la politique
4
Leçons de la politique

Formulation d’une nouvelle politique

Exemples d’objectifs de politique agricole

• Union Africaine : Le Programme Détaillé pour le Développement de


l’Agriculture Africaine (PDDAA)

Le PDDAA est le programme pour l’agriculture du Nouveau partenariat pour le


développement de l’Afrique (NEPAD) qui est lui-même un programme de l’Union
africaine (UA). Créé en 2003 par l’Assemblée de l’Union africaine, le PDDAA porte
principalement sur l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition et sur
l’augmentation des revenus dans les économies africaines basées essentiellement sur
l’agriculture. Il vise pour ce faire à relever la productivité agricole d’au moins 6 pour
cent par an et à augmenter l’investissement public dans l’agriculture pour qu’il
atteigne annuellement 10 pour cent des budgets nationaux. En Juin 2012, on avait 40
pays Africains engagés dans le processus du PDDAA, dont 30 avaient signes des
compacts et 23 établis leurs plans d’investissement.

Le PDDAA est organisé autour de quatre piliers avec des objectifs spécifiques pour
chaque pilier.

- Pilier 1 : Gestion des terres et des eaux

L’objectif du pilier 1 est d’étendre les superficies exploitées en gestion durable des
terres et bénéficiant de systèmes fiables de maîtrise des eaux. Deux instituions sont
chargées de soutenir les pays ayant adopte le PDDAA dans l’atteinte de cet objectif :
le département des sciences du sol de University of Zambia et le Comité permanent
Inter-Etats de Lutte conte la Sécheresse au Sahel (CILSS).

- Pilier 2 : Accès aux marchés

Les objectifs du pilier 2 sont:


5
o D’accélérer la croissance dans le secteur agricole en améliorant les
capacités des entrepreneurs privés (y compris les producteurs
commerciaux et les petits agriculteurs) pour répondre aux exigences
toujours plus complexes des marchés en matière de qualité et de
logistique, en privilégiant les denrées agricoles susceptible
d’augmenter les revenus ruraux (agricoles et non agricoles).
o De créer le cadre réglementaire et politique nécessaire pour faciliter
l’émergence d’espaces économiques régionaux susceptibles de
stimuler l’expansion du commerce régional et les investissements
entre les pays.
La Conférence des Ministres de l’Agriculture des pays d’Afrique de l’Ouest
et du Centre (20 pays) est le leader de ce pilier.
- Pilier 3 : Approvisionnement alimentaire

Les objectifs du pilier 3 sont:

o D’améliorer la production et la commercialisation pour les marchés


intérieurs
o De faciliter le commerce régional des aliments de base, et
o De renforcer la productivité et les actifs des ménages.

L’école de formation en agriculture, sciences du de la terre et de l’environnement de


University of KwaZulu Natal et le CILSS sont les leaders de ce pilier.

- Pilier 4 : Recherche agricole

Les objectifs du pilier 4 sont :

o D’améliorer la recherche et les systèmes agricoles afin de diffuser de


nouvelles technologies appropriées
o Dynamiser les moyens permettant d’aider les agriculteurs à adopter
ces nouvelles possibilités.

Le Forum pour la Recherche Agricole en Afrique (FARA, Forum for Agricultural


Research in Africa) est le leader du pilier 4.

Un peu plus de dix ans après, on constate que :

6
- Les dépenses du secteur agricole ont augmenté, en moyenne, de plus de 7
pour cent par an entre 2003 et 2010.
- L'augmentation rapide des dépenses du secteur agricole n'était pas suffisante
cependant pour permettre à l'Afrique dans son ensemble d’atteindre l'objectif
de Maputo. La raison en est que l'ensemble des dépenses du gouvernement
ont augmenté beaucoup plus rapidement, atteignant des taux de croissance
annuel à deux chiffres.
- Un total de 13 pays – Le Burundi, le Burkina Faso, la République
démocratique du Congo, l'Éthiopie, le Ghana, la Guinée, Madagascar, le
Malawi, le Mali, le Niger, le Sénégal, la Zambie, et le Zimbabwe, ont atteint
ou dépassé l'objectif de 10% pour une ou plusieurs années depuis 2003.
- Dix pays on atteint l’objectif de 6% d’accroissement de la productivité tandis
que 19 pays ont atteint un accroissement de la productivité entre 3 et 6%.

Il existe un dispositif de suivi des politiques agricoles appelé Suivi et Analyse des
Politiques agricoles et alimentaire (SAPAA) qui travaille actuellement sur dix pays
Africains et est soutenu par l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture, la
FAO (voir [Link]

• Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest


(CEDEAO) : La Politique Agricole Commune (PAC) de la CEDEAO

La PAC été adoptée à Accra en janvier 2005, après un processus long et participatif
qui a essayé de prendre en compte les différents intérêts. Les objectifs de la PAC
sont :

- Contribuer à assurer, de façon durable, la sécurité alimentaire de la


population ;
- Impulser un développement économique et social, de réduire la pauvreté dans
les Etats membres, et de réduire ainsi les inégalités entre territoires, zones et
nations.

La vision de la PAC est de développer une agriculture moderne à caractère durable,


sur la base d’exploitations familiales efficaces et efficientes, et la promotion
d’entreprises agricoles à travers le secteur privé. La PAC est organisée en trois axes :

7
- Amélioration de la productivité agricole et de la compétitivité ;
- La mise en œuvre du régime commercial intra-communautaire ;
- L’application du régime commercial extérieur.

La PAC vise à créer des synergies avec les politiques nationales des quinze Etats
membres et avec le PDDAA.

• Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) :


Politique Agricole de L’UEMOA (PAU)

La PAU a été adoptée le 10 décembre 2001. Son objectif global est de contribuer, de
manière durable, à la satisfaction des besoins alimentaires de la population, au
développement économique et social des Etats membres et à la réduction de la
pauvreté. Dès sa conception, la PAU était orientée vers la recherche de la sécurité
alimentaire.

Les objectifs spécifiques de la PAU visent à :

- Réaliser la sécurité alimentaire, en réduisant la dépendance alimentaire de


l’Union et en améliorant le fonctionnement des marchés des produits
agricoles ;
- Accroître la productivité et la production de l’agriculture sur une base
durable et ;
- Améliorer les conditions de vie des producteurs agricoles, en développant
l’économie rurale et en revalorisant leur revenu et leur statut social.

La mise en œuvre de la PAU s’articule autour de trois axes d’intervention :

- L’adaptation des systèmes de production et l'amélioration de l'environnement


de la production : il s’agit ici d’adapter les filières aux règles des marchés
régional et international en œuvrant à l’intensification de la production et à
l’amélioration de la productivité.
- L’approfondissement du marché commun dans le secteur agricole et la
gestion des ressources partagées : l’objectif est d’harmoniser les normes de
production et de mise en marché, normes sanitaires, fiscalité appliquée au
secteur agricole, sur les dispositifs de contrôle, sur la gestion de la

8
transhumance transfrontalière, sur la gestion des ressources halieutiques et
des ressources en eau partagées.
- L’insertion de l’agriculture de l’Union dans les marchés sous régional et
mondial : l’ambition ici est de mieux sécuriser les débouchés à l’exportation
des produits agricoles et limiter la dépendance alimentaire des Etats de
l’Union en œuvrant à l’insertion progressive de l’agriculture dans les
marches régionaux et internationaux en mettant en place un cadre de
concertation dans L’UEMOA chargé de préparer les négociations
commerciales internationales dans le domaine agricole et un système
d’information et d’aide à la décision dans les négociations.

L’UEMOA est critiquée pour le manque de suivi-évaluation de la mise en œuvre


de sa politique agricole qui se résume à la mise en place de dispositifs
règlementaires et institutionnels.

• Union Européenne : Politique Agricole Commune (PAC)

La politique agricole commune (PAC) a été créée par le traité de Rome en 1957 et
mise en place en 1962. De par son poids budgétaire (environ 45% du budget
européen), elle est l’une des plus importantes politiques communes de l’UE. Ses
objectifs sont :

• D’accroître la productivité de l’agriculture ;


• D’assurer un niveau de vie équitable à la population agricole ;
• De stabiliser les marchés ;
• De garantir la sécurité des approvisionnements ;
• D’assurer des prix raisonnables aux consommateurs.

Depuis, s’y sont ajoutés les principes de respect de l’environnement et de


développement rural.

• Politique agricole des Etats-Unis

La politique agricole des Etats-Unis a évolué depuis sa première version en 1933


pour prendre en compte les changements politiques et économiques à l’échelle
mondiale.

9
• Les objectifs en 1933 étaient de réguler l’offre de produits agricoles et de
soutenir les prix agricoles à travers l’aide au stockage (public et privé), le
gel de terres et le versement d’aides directes.
• A partir de 1996, la politique agricole des Etats-Unis abandonne la
régulation de l’offre et prône la liberté totale d’assolement pour les
agriculteurs bénéficiant des aides à la production et le entreprend
découplage des aides à la production en respect des engagements pris lors
des accords de Marrakech.
• En 2002, pour faire faces aux conséquences du découplage des aides à la
production adoptées en 1996, la nouvelle politique agricole offre un filet
de sécurité pour le revenu des agriculteurs sous la forme d’aides
découplées, sans obligation de gel de terres ni de contrainte d’assolement.
Ce filet de sécurité est consolidé par le soutien public apporté aux
programmes d’assurance-récolte et assurance-revenu et les subventions
et garanties de crédit aux exportations sont maintenues.

10
Chapitre II : Analyse des incitations et des avantages comparatifs de l’agriculture

1. Définition de concepts
Incitations
Les incitations peuvent être définies comme étant les mesures de politique fiscale,
politique commerciale et de politique monétaire prises par l’Etat en vue d’orienter et
de soutenir le développement agricole d’un pays. Les incitations, en modifiant par
exemple les prix de marché permettent une allocation des ressources conformément à
la politique agricole. Comme exemple d’instruments d’incitation on peut citer :
• Les politiques douanières (droits de douane, contingentements, quotas,)
• Les subventions des prix des intrants (engrais, tracteurs, etc.)
• La détaxation (dégrèvement fiscal, réduction de l’impôt sur le bénéfice)
• Les régimes d’amortissement favorables (amortissement dégressif)
• Les facilités de crédit
• La fiscalité indirecte
• La politique de change
• La politique de fixation des prix des produits agricoles
Les instruments d’incitation influencent les prix de marché c'est-à-dire les prix
perçus par les agriculteurs. La tache fondamentale de l’économiste agricole
consistera à évaluer la rentabilité financière des activités au niveau des agriculteurs
ainsi que la profitabilité sociale de ces mêmes activités à l’échelle de la collectivité.

Avantage comparatif
L’avantage comparatif se définit comme la capacité d’une entité à produire un bien
ou un service à un coût marginal et un coût d’opportunité plus bas qu’une autre
entité. Les avantages comparatifs d’une entité peuvent évoluer avec le temps
(exemple : passer d’un pays à vocation agricole à un pays à vocation industrielle).
Les pays peuvent donc développer des avantages comparatifs dans de nouveaux
domaines au fil du temps. L’analyse des incitations et des avantages comparatifs
repose sur la théorie du commerce international.

Prix de référence
11
Les prix de référence sont définis comme les prix qui auraient prévalu en l’absence
de toute intervention étatique. Un prix de référence se calcule en ramenant le prix
mondial au prix prévalant au point de comparaison. Le prix de référence d’un bien
importé est son prix coût assurance fret, prix CAF. Celui d’un bien exporté est son
prix free on board (franco à bord en français), prix FOB.

Prix CAF
Le prix CAF représente le prix d’un bien d’importation lors de son débarquement à
quai ou à tout autre point d’entrée du pays destinataire. Le prix CAF inclut le fret et
l’assurance internationale et généralement aussi le coût de débarquement à quai. Il
exclut toutefois les frais consécutifs au débarquement tels que les coûts portuaires, de
manutention et de stockage et les honoraires des courtiers. Il ne prend pas non plus
en compte les droits de douane ou tout autre impôt, taxe, droit ou redevance internes
au pays de destination.

Prix FOB
Le prix FOB représente le coût d’un bien d’exportation une fois embarqué sur le
navire ou le moyen de transport qui l’acheminera vers le pays importateur. Il est égal
au prix du CAF du port de destination moins le coût de fret, d’assurance
internationale et de débarquement à quai.

Dans la balance des paiements et dans les autres statistiques commerciales, les biens
d’importation sont toujours valorisés selon leur prix CAF et les biens d’exportation
selon leur prix FOB.
On fait une distinction entre les biens échangeables et les biens non échangeables
lorsqu’on établit un prix de référence.

Bien échangeable
Un bien échangeable est bien dont le prix intérieur est supérieur au prix de parité
financière à l’importation ou dont le prix intérieur est inférieur au prix de parité
financière à l’exportation.

Bien non échangeable

12
Un bien non échangeable ou non négociable est bien dont le prix intérieur est moins
élevé que le prix de parité financière à l’importation ou dont le prix intérieur est
supérieur au prix de parité financière à l’exportation. Par exemple la terre du fait de
son immobilité intrinsèque est un bien non échangeable sur le plan international.
Tout bien dont les coûts de transport sont trop élevés par rapport à sa valeur
marchande par unité de poids ou de volume, ou les denrées extrêmement périssables
sont des biens non échangeables.

Pour calculer le prix de parité financière on part du prix de frontière qui, pour les
importations, correspond au prix CAF exprimé en monnaie locale (c’est-à-dire
multiplié par le taux de change en vigueur) et pour les exportations, au prix FOB, lui
aussi exprimé en monnaie locale.

Prix de parité financière à l’exportation


On calcule le prix de parité financière à l’exportation en déduisant du prix de
frontière (FOB) tous les frais inhérents au transport et à la distribution des
marchandises depuis l’exploitation agricole jusqu’à son arrivée au port, toutes les
taxes et subventions à l’exportation, ainsi que tous les frais portuaires locaux, comme
les taxes d’entreposage ou d’embarquement, ou encore les honoraires des courtiers,
etc. Tout ceci, de façon à ne plus avoir qu’un prix équivalent au prix du produit au
départ de la ferme. Pour une culture d’exportation devant subir une transformation
industrielle, le décorticage par exemple, on calcule alors l’équivalent en produit brut
(exemple riz non décortiqué) du produit exporté en utilisant le taux de conversion du
riz non décortiqué en riz décortiqué, et on défalque les frais de minoterie.

Prix de parité financière à l’importation


On calcule le prix de parité financière à l’importation en commençant par choisir un
marché de référence pour le commerce de gros (par exemple celui de la capitale),
où les produits importés sont censés concurrencer les produits équivalents nationaux.
On ajoute alors au prix frontière (CAF, ici) tous les coûts de transport qui
surviennent après le débarquement des marchandises (les droits de douane, les taxes
et honoraires, les charges et contributions diverses, les frais de transport et de
distribution), c’est-à-dire tout ce qui est à payer avant que le produit importé n’entre
sur le marché de référence. On obtient alors le prix de parité financière à
l’importation pour le marché de référence. Si, par ailleurs, on veut le prix de parité à
13
l’importation à l’entrée de l’exploitation agricole, il faut alors soustraire les frais de
transport et de distribution pour mettre les produits sur le marché de référence. Si ces
produits doivent subir une transformation industrielle, on en tient compte par un
calcul similaire à celui du prix de parité à l’exportation.

Il est important de distinguer la valeur financière de la valeur économique d’un bien


qui repose sur la notion de coût d’opportunité mesurée par la valeur ce bien aurait
dans sa meilleure utilisation alternative.

Les taxes et subventions sont des transferts d’un groupe social à un autre, font partie
des prix financiers, mais n’entrent pas dans le calcul des valeurs économiques.

Prix de parité économique à l’exportation


Le prix de parité à l’exportation d’un produit est égal à son prix-frontière auquel on
soustrait les coûts d’acheminement (y compris les transformations éventuelles)
correspondant à toutes les dépenses intervenant entre le point le lieu de production et
le point de sortie.

Prix de parité économique à l’importation


Le prix de parité économique à l’importation d’un produit est égal à son prix-
frontière auquel on ajoute les coûts d’acheminement (y compris les transformations
éventuelles) correspondant à toutes les dépenses intervenant entre le point d’entrée et
le lieu de consommation.

2. Matrice d’analyse des politiques


La matrice d’analyse des politiques (MAP) est un cadre d’analyse qui permet
d’évaluer la rentabilité privée et sociale d’une activité. Elle permet également
d’appréhender les distorsions de prix au sein d’une économie qui affectent l’activité
en question. En outre à partir de la MAP il est possible de calculer un certain nombre
d’indicateurs financiers et économiques.

Revenus Coûts des facteurs Profits

14
Biens Biens non
échangeables échangeables
Prix financiers A B C D
Prix E F G H
économiques
Ecarts I J K L
Source : Monke and Pearson (1989)

Les prix financiers sont encore appelés prix privés ou prix de marché. Les prix
économiques sont des prix sociaux de référence.
On calcule les indicateurs suivants :
Bénéfice financier D = A – B – C
Bénéfice social H = E – F – G
Transfer sur le revenu I = A – E
Transfer sur les intrants échangeables J = B – F
Transfer sur les intrants non échangeables K = C - G
Transfer net total L = D – H = I – J – K

La structure de la MAP repose sur deux identités comptables. La première permet de


déterminer la rentabilité privée et sociale des activités. Ce sont les deux premières
lignes du tableau. Le second type d’identité permet de mesurer l’impact des
politiques économiques sur les prix et les coûts des facteurs.
La différence entre les prix économiques et les prix financiers peut provenir des
politiques économiques (politique de subvention ou de taxation, politique de fixation
de prix, politique de change, etc.), de la défaillance de certains marchés (existence de
monopoles, oligopoles, information imparfaite).
La case I met en exergue l’impact des politiques sur le prix au producteur. Si I > 0
cela signifie que les producteurs reçoivent plus qu’ils n’auraient en l’absence de
toute politique d’intervention ou d’imperfection du marché. Si I < 0, les revenus des
producteurs sont taxés.
Les cases J et K permettent de mesurer l’effet des politiques qui influencent les coûts
des facteurs de production. Lorsqu’ils sont positifs les producteurs payent les intrants
plus chers que leur valeur de référence, ce qui signifie qu’ils sont taxes. Quand J et K
sont négatifs, les producteurs sont subventionnés.
15
La MAP permet de calculer les indicateurs suivants :
- Le bénéfice financier net (BFN)
- Le coefficient de protection nominale (CPN)
- Le coefficient de protection effective (CPE)
- Le cout en ressources domestiques (CRD)
- L’équivalent subvention de la production (ESP)
3. Instruments d’analyse des incitations à l’agriculture
Il s’agit de quantifier les effets des incitations créées par les interventions étatiques.
Pour ce faire, divers indicateurs sont utilisés pour mesurer les effets du système
d’incitations.
a. Le bénéfice financier net
Cet indicateur exprime le bénéfice dégagé par la production d’une unité de produit
compte tenu du prix du marché des produits et des intrants ayant servi à sa
production. Il est défini par l’expression suivante.

= − −

Pj : prix (unitaire) au producteur du produit j


aij : quantité de l’intrant i utilise pour produire une unité de j
Pi : prix (unitaire) du marché de l’intrant i
fsj : quantité de facteurs de production utilises pour produire une unité de j
Ps : prix du marché de facteurs de production (main d’œuvre, terre, capital)
L’équivalent du BFN au niveau de la MAP c’est D = A – B – C. Une activité est
rentable si son BFN est positif.
b. Le coefficient de protection nominale
Le coefficient de protection nominale mesure le niveau de protection d’un bien
produit localement. Le CPN d’un bien j est le rapport entre le prix intérieur perçu par
un agriculteur Pj et le prix de parité économique (prix de référence), tous deux
mesurés au départ de l’exploitation agricole Pj*.
é
= ∗ =
é é
Si CPN > 1 → protection positive (subvention)
Si CPN < 1 → protection négative (taxe)

16
Si CPN = 1 il n’y pas de distorsion sur le marché.
Au niveau de la MAP =

Le CPN a deux limites importantes. La première est qu’il ne permet pas d’identifier
l’impact que les mesures de protection et les taxes implicites portant sur le marché
des intrants d’un produit peuvent avoir sur la production d’une marchandise donnée.
La seconde limite est que, lorsqu’on cherche à anticiper l’attitude des producteurs, on
n’est pas tant intéressé à savoir comment les mesures de protection affectent le prix
d’une marchandise qu’à connaître la façon dont elles affectent les revenus des
détenteurs des facteurs de production qui participent au procès de production de la
marchandise (les travailleurs agricoles, les propriétaires fonciers, les investisseurs et
les divers prestataires de services) c’est-à-dire comment elles affectent la valeur
ajoutée.

c. Le coefficient de protection nominale sur les intrants

II est défini comme étant le rapport entre la valeur des intrants i échangeables
utilisés dans la production d'une unité de produit j exprimée en prix locaux et la
valeur de ce même paquet d'intrants exprimée en prix de référence. La formule
du CPN/i est la suivante :


= ∗

Ce coefficient permet de mesurer le niveau des incitations créées par l'Etat qui
affectent
directement les prix domestiques des intrants ou facteurs de production. Si
CPN/i > 1 cela signifie que l'utilisation des intrants dans la production est
découragée et c'est le contraire lorsque CPN/i < 1.

d. Le coefficient de protection effective (CPE)

Le concept de coefficient de protection effective a été élaboré par Corden en


1966. Selon Corden, les tarifs nominaux ne permettent pas d'appréhender de
manière pertinente la façon dont le système tarifaire protège la valeur ajoutée dans
une production donnée. Le producteur n'est pas seulement intéressé par le prix de
17
son produit mais aussi par le coût de ses achats. Les effets combinés sur le
producteur local des mesures de protection au niveau de la production et au
niveau des achats de consommation intermédiaires sont exprimés par le CPE. Le
CPE permet donc de combler les lacunes du CPN en mesurant le degré de protection
comme étant le rapport entre la valeur ajoutée avec distorsions - à savoir, le revenu
net réellement perçu par les agriculteurs - et la valeur ajoutée en l’absence de
distorsions - autrement dit, quand les produits et les intrants sont valorisés à leurs
prix de parité économiques.

Le CPE est donné par l'expression suivante :

é ( ) − ∑
= =
é ( ) ∗
− ∑ ∗

Pj : prix aux producteurs du produit j


aij : quantité de l'intrant i utilisé pour la production d'une unité du produit j
Pi : prix de marché de l’intrant i
P ∗ : prix de référence du produit j

P ∗ : prix de référence du produit i


Au niveau de la MAP : CPE = (A - B) / (E - F)
Lorsque le CPE > 1 cela signifie que la valeur ajoutée financière de l'activité est
supérieure à ce qu'elle aurait été sans une intervention de l'Etat, donc on a
une protection positive. Par contre, un CPE < 1 traduit une protection
négative, c'est-à-dire que l'ensemble des interventions de l'Etat affectant le
prix domestique du produit et les prix domestiques des intrants utilisés dans la
production ont pour effet de diminuer la valeur ajoutée financière de l'activité et
partant de décourager sa production.

Dans le cas de certains produits ou secteurs d’activités, le calcul des coefficients


effectifs de protection peut aboutir à des valeurs négatives. Ce n’est guère surprenant
car, dans certaines situations, la protection offerte par une taxe sur le produit final est
plus que neutralisée par l’effet négatif des taxes portant sur les intrants. L’invention
du concept de protection effective a donc eu comme conséquence positive d’attirer

18
l’attention sur la structure du régime tarifaire d’un pays, par opposition à son niveau
moyen.

e. L'équivalent des subventions à la production (ESP)

Il est encore appelé estimation du soutien au producteur. Cet indicateur englobe les
interventions à tous les niveaux de la filière à savoir sur le prix au producteur, sur le
prix des intrants et les facteurs de productions. L’ESP équivaut par conséquent à la
valeur monétaire totale de tous les transferts opérés au bénéfice des producteurs et
découlant des barrières commerciales, des prix de soutien, de la gestion du taux de
change, des programmes par produit, des aides à la commercialisation, des
subventions aux intrants, des exonérations d’impôts ou des subventions
d’investissement à long-terme, que ces mesures soient spécifiques au produit ou non.
Mathématiquement, il est défini comme suit :

− −
=

Pm = prix du marché
IE= intrants échangeables
INE= intrants non échangeables
Au niveau de la MAP, ESP = L/A
Cet indicateur représente la somme d'argent que l'Etat devrait verser aux producteurs
pour compenser l'abolition de l'ensemble des incitations qu'il a consenti.
Si ESP > 0 cela indique que le producteur est encouragé dans sa production, c'est à
dire que la somme des différences dues aux différentes interventions est positive.
Si ESP < 0 cela indique que le producteur est découragé dans sa production ou que la
somme des différences dues aux interventions est négative.

f. Prise en compte des effets du taux de change

Dans la définition des indicateurs d'incitation, le prix de référence des échangeables


à la frontière doit être exprimé en monnaie locale. Ce qui nécessite l'utilisation
d'un taux de change pour convertir les prix en devise en monnaie locale. Mais, avec
quel taux de change devrait-on opérer les conversions ? Du point de vue théorique,
il est approprié d'utiliser le taux de change d'équilibre, c'est-à-dire le taux auquel la
19
demande du pays concerné pour les importations est égale à l'offre de ses
exportations. Cependant, pour des raisons dues au manque d'informations
nécessaires pour calculer le taux de change d'équilibre, c'est le taux de change réel
qui est utilisé comme substitut.
Dans l'hypothèse d'une distorsion des taux de change, il apparaît nécessaire de
mesurer son impact sur les prix, les incitations et l'allocation des ressources. On peut
par exemple calculer un coefficient de protection nominale net pour une production
donnée j.

, = ×

TCO = Taux de change officiel


TCR = Taux de change de
référence
4. Instruments de mesure du coût économique réel et de
l'avantage comparatif
La rentabilité financière d'une activité ne permet pas de savoir si l'allocation des
ressources est optimale ou non du point de vue de la collectivité. C'est pourquoi
l'analyse financière doit être complétée par une analyse de rentabilité économique et
de l'avantage comparatif. En effet, selon le principe de l'avantage comparatif, chaque
nation doit pouvoir produire certains biens à des coûts concurrentiels sur le marché
international de façon à pouvoir les échanger profitablement contre les produits d'autres
partenaires commerciaux. La théorie de l'avantage comparatif considère le commerce
international comme un moteur de la croissance économique.
Deux indicateurs sont généralement utilisés pour évaluer la valeur
économique réelle d'une activité.

a) Le Bénéfice économique net (BEN)

Le BEN mesure la rentabilité économique d'une activité. Cet indicateur mesure


le gain ou la perte pour la collectivité engendrée par la production d'une
unité du produit j lorsque le produit et les intrants sont évalués à leurs prix de
référence. Il est défini par l'expression suivante :

∗ ∗ ∗
= − −

20
Pj : prix de référence du produit j

P ∗ : prix de référence de l'intrant i


P ∗ : prix de référence de facteur de production s

f : quantité de facteur de production utilisée pour la production de j


Il faut noter que le BEN ne permet pas d'opérer le classement parmi les différentes
activités parce que la mesure du BEN dépend de l'unité retenue pour tel ou tel
produit. D'autre part, on peut avoir le même BEN pour deux activités n'engageant pas
les mêmes ressources locales.

b) Le coût en ressources domestiques : CRD

Le CRD ou coût en ressources intérieures (CRI) représente la valeur des


ressources locales exprimée en prix de référence et dépensée pour gagner ou
épargner une unité de devise. Mathématiquement, il s'exprime de la façon
suivante :

∑ ∗
= ∗ ∗
−∑

∑ ∗
: Coût des facteurs domestiques

Au niveau de la MAP =

Si CRD > 1, cela signifie que la valeur économique des ressources nationales
utilisées par l'activité est supérieure au montant de devises gagnées ou
épargnées par cette activité. Cela signifie par exemple que pour produire 1 $
de valeur ajoutée dans cette activité il faudra des ressources dont la valeur est
supérieure à 1 $.
En revanche, un CRD < 1 signifie que la valeur des ressources nationales
utilisées dans la production d'une unité de produit est inférieure à la valeur
ajoutée gagnée (si on exporte) ou épargnée (si l'on produit localement au lieu
d'importer). Ce pays a donc un avantage comparatif dans cette activité en
question.

Limites des différents indicateurs


21
Les coefficients qualifiés d'avantage comparatif représentent les résultats
d'une analyse statique. De ce point de vue, il demeure imprudent de les
interpréter en terme absolu. En effet, des changements de politique
économique ou de condition de marché domestique ou international peuvent
radicalement modifier les résultats de l'analyse.
L'analyse de sensibilité portant sur les variations de certains paramètres clefs
(prix, rendement) permet d'atténuer le caractère statique des différents indicateurs.

22
Chapitre III : Politiques commerciales et de stabilisation des prix des produits
agricoles

Les interventions étatiques sous la forme des politiques commerciales et de stabilisations


des prix constituent un volet très important de la politique agricole. Les objectifs
poursuivis par l'Etat dans le cadre des telles politiques peuvent s'articuler autour des
éléments suivants :
• améliorer le fonctionnement des marchés,
• protéger les producteurs de la spéculation des intermédiaires qui peuvent
réaliser des
bénéfices exagérés et non justifiés ;
• améliorer la sécurité alimentaire des campagnes et des villes,
• générer des revenus pour les finances publiques,
• stabiliser les revenus des producteurs.

1. Cadre d'analyse théorique de base

Le marché de concurrence pure et parfaite (CPP) est le cadre d'analyse de référence


utilisé par les économistes bien que les marchés réels ne soient pas toujours conformes à
ce cadre idéal. Cinq conditions caractérisent généralement un marché de CPP. Ce sont :
• L'atomicité,
• La transparence du marché,
• L'homogénéité des produits,
• La libre circulation des produits et des facteurs
• La libre circulation des agents économiques. Sur un marché de CPP prévaut
un prix d'équilibre. Il en est ainsi parce que les produits sont transportés
des lieux où les prix sont bas vers les endroits où les prix sont élevés.
Ce processus de déplacement des produits pour atteindre cet équilibre est
appelé arbitrage.
2. Définition de concepts

Equilibre partiel
La méthode de l’équilibre partiel sert à analyser les effets de protection. Cette
méthode consiste à analyser un marché particulier en situation d’isolement, sans

23
chercher à connaître ni la manière dont les événements touchant à ce marché peuvent
influencer d’autres marchés ni comment ces derniers peuvent également avoir une
incidence sur celui-ci. La méthode de l’équilibre partiel peut donc être utilisée pour
évaluer l’impact d’événements sur la relation entre les quantités (produites,
importées, exportées et consommées) et les prix d’une marchandise ou d’un groupe
de marchandises. On pourra ainsi déterminer comment l’augmentation de la
protection dans le secteur des céréales affecte la production et la consommation
intérieure, sans tenir compte de comment ces modifications de la production et de la
consommation affectent par exemple l’occupation des sols, la demande en main
d’œuvre agricole, ou encore la consommation d’autres produits, ni de la manière
dont tous ces facteurs influent à leur tour sur le marché céréalier.
Hypothèse du petit pays
C’est une hypothèse qui permet de simplifier l’utilisation de l’équilibre partiel pour
analyser les effets de protection. Elle consiste à supposer que les modifications
engendrées par les mesures de protection d’un pays donné sur les quantités
commercialisées au niveau international sont suffisamment faibles pour ne pas avoir
d’incidence sur le prix international. Par exemple, on suppose donc que les
changements induits dans les quantités de riz importées ou exportées par le Burkina
Faso à la suite, par exemple, de l’introduction d’un droit de douane ou d’une
subvention à l’exportation, ne sont pas assez significatifs pour modifier les
conditions de base du marché international du riz et pour avoir un impact sur le prix
mondial du riz. C’est ce qu’on appelle l’hypothèse du petit pays.
Surplus du consommateur
Le surplus du consommateur mesure la différence entre le montant qu’un
consommateur est prêt à payer pour une unité de produit et le montant qu’il versera
en définitive. Les consommateurs ont une disposition marginale décroissante de
payer donc leur surplus augmente quand le prix du bien diminue.

Surplus du producteur
Le surplus du producteur est le concept symétrique à celui du surplus pour le
consommateur. Les producteurs ont une disposition marginale à vendre croissante
donc leur surplus augmente quand le prix augmente.

24
3. Analyse de la politique commerciale

Dans un contexte d'économie ouverte les prix internationaux représentent le coût


d'opportunité des biens qu'un pays est susceptible de produire ou de consommer. La
politique de prix en affectant l'offre ou la demande modifie les gains ou surplus du
producteur, du consommateur et de la collectivité. Il est alors important d'analyser
l'efficacité des instruments des politiques traditionnelles auxquels les Etats ont recours
dans le but de réaliser certains objectifs de la politique agricole. Dans cet ordre d'idée,
nous étudierons l'impact de deux types de politique commerciale que sont :
• L'imposition d'un tarif douanier à l'importation d'un bien alimentaire,
• La taxation d'un bien agricole à l'exportation.
Tarif douanier à l’importation
La politique de taxation des importations est généralement utilisée par les pouvoirs
publics en vue de protéger les producteurs domestiques des bas prix mondiaux en ce
sens que le tarif douanier accroît le prix domestique par rapport à son prix international.
Le tarif douanier est une taxe levée à l'occasion de l'importation d'un bien.
Les tarifs spécifiques sont levés sous forme d'un montant fixe par unité de produit
importé alors que les tarifs ad valorem sont des taxes levées sous la forme d’une fraction de
la valeur du bien importé.
La figure 1 met en exergue les effets de l'introduction d'un tarif à l'importation d'un
bien alimentaire.

Figure 1 : L’impact socioéconomique d’un tarif douanier

25
h i

Pm = prix mondial
Pi= prix intérieur
t = taxe
O = offre
D = demande

Avant l’imposition de la taxe, le prix domestique était égal au prix mondial (Pd=Pm). Au
prix Pm, les consommateurs demandaient la quantité Q4 et les producteurs offraient Q1.
L'excès de demande (Q4-Q1) est importé. La taxe a pour effet l'accroissement du prix
intérieur au-dessus du prix mondial. Le prix passe de Pm à Pi. A ce prix les
consommateurs demandent Q3 et les producteurs offrent Q2. Les importations diminuent et
passent à (Q3-Q2). Les effets socioéconomiques d’une taxe douanière sont synthétisés
comme suit:

 Effets sur le bien être


Le surplus du consommateur, représenté dans la situation «sans tarif douanier» par
l’aire g+f+b+c+d+e, diminue pour ne plus être égal qu’à g+f. Il y a donc une perte
socioéconomique pour le consommateur qui équivaut à l’aire b+c+d+e.

26
Le surplus du producteur qui était représenté avant le tarif douanier par l’aire «a»
sera désormais égal à a+b. Il y aura donc un gain socioéconomique pour les
producteurs évalué à l’aire «b».

Le tarif douanier génère un revenu pour l’Etat (surplus de l’Etat) estimé à «d».

La perte socioéconomique du consommateur, b+c+d+e, est en partie compensée par


les rentrées fiscales de l’Etat «d» et par le gain des producteurs «b». Il reste
cependant la part c+e qui n’est pas compensée et qui représente une perte
socioéconomique sèche (encore appelé poids mort). On se réfère souvent à ces deux
triangles comme représentant la perte socioéconomique résultant des mesures de
politique.

 Transfert de ressources
Ressources supplémentaires = c+h
Perte de consommation = e+i
Gain à l'échange = h+i
Perte d'efficience = c+e

Tableau 1 : Résumé des effets socioéconomiques d’une taxe douanière

Indicateurs Sans taxe Avec taxe Différence

Surplus du consommateur b+c+d+e+f+g f+g -(b+c+d+e)

Surplus du producteur a a+b +b

Recettes de la taxe aucune d +d

Surplus total a+b+c+d+e+f+g a+b+d+f+g -(c+e)

L’ampleur des gains et des pertes socioéconomiques de différentes classes de


population et l’effet socioéconomique net sur la société dépendront finalement de
l’élasticité des courbes de l’offre et de la demande, du prix d’importation du produit,
des quantités produites, consommées et importées, et du montant de la taxe
douanière. Des données fiables sur ces variables permettront alors d’évaluer l’impact
socioéconomique en s’appuyant sur les hypothèses restrictives de l’équilibre partiel
et du petit pays.
27
I. Sakok (1990) et Scandizzo et. al (1980) proposent les formules listées dans le
tableau suivant pour calculer les gains et les pertes des agents économiques dus à
mise en place de de mesures de politique économique.

Tableau 2 : Formules pour calculer les gains et les pertes des agents
économiques

1. Variation des recettes gouvernementales

∆ =( − 1){ [1 + ( − 1)] − [1 + ( − 1)]}


2. Variation du cout des importations

Δ =( − 1)( − )
3. Perte d’efficience dans la consommation

= 0.5 ( − 1)
4. Perte d’efficience dans la production

= 0.5 ( − 1)
5. Variation du surplus du consommateur

Δ = −[( − 1) − ]
6. Variation du surplus du producteur

Δ = [( − 1) + ]
7. Effets nets de la mesure sur le bien être

=Δ + ΔSP + ΔRG
W = Dépenses de consommation au prix (Pw)
V = Valeur de la production domestique au prix (Pw)
ρ = Elasticité prix de l'offre
η = Elasticité prix de la demande

Exemple numérique : impact d'un droit de douane ad valorem de 15% sur


l'importation du lait

28
Le Burkina Faso déficitaire, importe du lait pour combler son déficit alimentaire. Dans le
souci de protéger ses producteurs, le pays impose un tarif ad valorem de 15% sur
l'importation du lait. Les données sur les prix, ainsi que sur les quantités demandées et
importées avant et après la taxation sont présentées dans le tableau suivant :

Tableau 3 : Impact quantitatif d'une taxe à l'importation de 15% sur le lait

Prix (FCFA) Offre Demande Importation

Avant le tarif 1000 mmillmillions


Q l =2 (en
Q4 =millions
7 (en
Q4-Qmillions
1 = 5
de
det) de t) t)
Apres le tarif 1500 Q2 = 4 Q3=6,5 Q3 -Q2 = 2,5

Pour cet exemple, on a :

1500
= = = 1,5
1000

= = 1000 × 7 = 7000

6,5 − 7 1500
= × = −0,23
1500 − 1000 6,5

4−2 1500
= × = 1,5
1500 − 1000 4

= 1000 × 2 = 2000

Tableau 4 : Résultats des gains et des pertes des agents économiques

Sans tarif Avec tarif

Importations (millions de
litres)

Importations (FCFA)

Recettes douanières

29
(FCFA)

Dépenses consommateurs
(FCFA)

Pertes consommateurs

Revenus des producteurs

Gain de surplus des


producteurs

Perte d’efficience
production

Perte d’efficience
consommation

Perte d’efficience nette

Calculons :
• La perte d'efficience dans la consommation : PEC

= 0.5 ( − 1)

= 0,5 × (−0,23)(1,5 − 1) (7000) = −201,25

• Variation du surplus du consommateur : SC


Δ = −[( − 1) − ]

∆ = −[(1.5 − 1) × 7000 − 201,25]


= −3298,75

30
Démontrer que = 0.5 ( − 1)

Taxe à l’exportation d’un produit agricole

Les taxes à l’exportation bénéficient au consommateur aux dépens du producteur.


Les taxes à l’exportation sont imposées sur les produits exportés. Tout comme les
droits de douane à l’importation, ces taxes peuvent être prélevées par unité physique
ou sous forme de pourcentage du prix FOB. Les taxes d’exportation sont
normalement utilisées par les Etats pour augmenter les revenus publics. Bien que
cette forme de financement ait eu tendance à être écartée au cours des dernières
années, elle était utilisée dans la période précédant les ajustements structurels, de
façon très courante dans les pays où les exportations de produits primaires offraient
le moyen le plus simple et le plus sûr de collecter des revenus fiscaux (par exemple
les pays sub-sahariens). Les taxes d’exportation contribuent à réduire le prix des
produits d’exportation qui est payé au producteur et à diminuer le prix de vente de
ces produits sur le marché intérieur. De part ces effets sur les prix, les taxes sur les
exportations ont plutôt tendance à décourager la production intérieure tout en
encourageant la consommation intérieure des produits exportés, et contribuent ainsi à
diminuer à terme les quantités exportées. Les taxes sur les exportations profitent
donc aux consommateurs nationaux et aux finances publiques au détriment des
producteurs.

Tout comme pour le tarif douanier, on procède à l’analyse du surplus pour évaluer
les gains et pertes des différents agents économiques résultant de l’imposition
d’une taxe à l’exportation.
L'analyse des gains et des pertes des différents acteurs économiques peut être illustrée à
partir d'un graphique qui met en relief les effets d'une taxe ad valorem à l'exportation
d'un produit agricole pour un petit pays.

4. Analyse des politiques de stabilisation


Les politiques de stabilisation des prix des produits agricoles ont généralement pour
but de protéger les agents économiques des fluctuations erratiques des prix des
produits agricoles. Du point de vue théorique, La stabilisation repose sur des
fondements microéconomiques et macroéconomiques.

31
Du point de vue microéconomique, la stabilisation est fondée sur deux hypothèses :
- L’instabilité des prix a un impact défavorable sur la production
- La stabilité des prix contribue à stabiliser les revenus des producteurs
Du point de vue macroéconomique, pour les pays fortement dépendants du revenu
des exportations de leurs produits agricoles, l’instabilité des prix peut engendrer une
instabilité macroéconomique

Méthode du surplus et analyse de politiques de stabilisation


L’objet est de faire une analyse comparative de diverses politiques de stabilisation.
Le but de l’analyse comparative est d’évaluer les pertes subies et les gains engrangés
par les différents agents économiques du fait de différentes politiques de
stabilisation. Deux types de politiques de stabilisation seront analysés :
- La politique du retrait des excédents
- La politique de paiements compensatoires

a. Cadre analytique

On fait l'hypothèse que les cycles agricoles peuvent s'expliquer par un


mécanisme à la toile d’araignée (cobweb). Le modèle cobweb décrit une
situation dans laquelle en raison des délais de production, la décision de produire
pour la période suivante est fondée sur la situation observée dans la période en
cours. Une telle situation de déséquilibre est productrice de fluctuations. Il
s’enclenchera alors un processus de convergence vers l’équilibre (les
fluctuations enregistreront un amortissement progressif) ou au contraire il
s’enclenchera un processus de divergence (les fluctuations iront en s’amplifiant)
selon les pentes des fonctions d’offre et de demande. Plusieurs cas de
figures sont envisageables, et ce sont les élasticités respectives des
fonctions d’offre et de demande qui expliquent la nature des oscillations.

Ici suppose également que les équations d'offre et de demande sont linéaires et
se présentent de la façon suivante :

= +
= −
32
On fait l'hypothèse que les fluctuations sont d'amplitudes constantes a = d. La
figure qui suit met en exergue le mouvement des cycles d'amplitude constante.

Figure 2 : Modèle a toile d’araignée, cycles d’amplitude constante

33
Le processus dynamique de formation des prix est caractérisé par une succession de prix
alternativement égaux à P* plus ou moins un facteur de variation (δ1) par rapport au prix
d’équilibre stationnaire. La production par contre, prend les valeurs alternatives Q* plus ou
moins un facteur de variation (δ2) par rapport à la quantité d’équilibre et avec pour hypothèse δ2 =
aδ1.
∗ ∗
= +



= =

Pour une production Q* - δ2 le prix est égal à P* + δ1

Figure 3 : Phase 1

Le triangle ABC de la figure ci- dessus représente le surplus collectif perdu en comparaison
avec la situation où le prix était P*. Cette surface correspond à δ1δ2.
∗ ∗ ∗ ∗
En effet : =2× [ −( − )] × [( −( − )] =

Lorsque la production est égale à Q* + δ2 le prix est égal à P* - δ1


Figure 4 : Phase 2

34
La perte de la collectivité correspond à la surface du triangle ADE = δ1δ2
Etant donné qu'un cycle comporte 2 périodes alternatives, la perte de la collectivité s'élève à 2
δ1δ2
Par rapport aux mouvements cycliques des prix, nous pouvons envisager les deux types de
politiques de stabilisation citées plus haut à savoir le retrait des excédents et les paiements
compensatoires.
Ces différentes politiques sont utilisées par rapport à un cycle entier qui comporte deux phases
alternatives où la production est égale à Q* + δ2 et à Q* - δ2.

b. La politique des retraits des excédents

Au cours de la phase 1 du cycle, l'Etat garantit aux producteurs un prix P* en achetant les
excédents et en les détruisant. Au cours de cette phase, les gains du consommateur sont les même
que ceux générés par l'équilibre stationnaire. En revanche, les producteurs réalisent une perte
qui correspond à la surface du triangle AEL soit :

=
2
En phase 2, l'offre des producteurs est égale à Q* étant donné que le prix de la période
précédente était P*. L'équilibre stationnaire est réalisé en phase 2. En achetant au prix P* les
excédents, l'Etat dépense au total : δ2P*
Figure 5

35
c. La politique de paiements compensatoires

Dans le système de paiement compensatoire l'Etat laisse les producteurs vendre leurs
excédents avant de les dédommager. En phase 1, les consommateurs payent P* - δ1. Les
dédommagements des producteurs par l'Etat ramènent les prix de la production à P*.
Comparativement à la situation d'équilibre stationnaire, les consommateurs au cours de la
première phase voient leur surplus s'accroître. La variation de leur surplus correspond à la

surface du trapèze FDAJ soit + 2. En revanche, les producteurs enregistrent une

perte équivalente à la surface du triangle AEL soit 2. Le prix s'établit à P* après

paiement compensatoire.
En phase 2, les producteurs offrent une quantité Q*, étant donné que le prix à la production était
P* en phase 1. La phase 2 permet donc de réaliser l'équilibre stationnaire. Notons que les dépenses

étatiques sont égales à la surface du rectangle FDLJ soit ( + ).

36
Chapitre IV : Financement de l’agriculture

1. En quoi le financement de l’agriculture est-il spécifique ?

Plusieurs caractéristiques de l’agriculture la rendent pécuniaire lorsqu’il s’agit de son financement.

Le défi du financement agricole est lié à son rôle dans le développement de l'économie. L'agriculture
joue un rôle dominant dans l'économie de la plupart des Pays en Développement. En Afrique Sub-saharienne,
le secteur agricole représente plus 40% du PIB, 66% des exportations et occupe près de 80% de la population
(Nkamleu, 2004). Elle est incontournable dans les politiques de développement en général, et de pauvreté en
particulier, de ces pays. Les pays développés ont connu une croissance régulière de la productivité agricole
au cours des dernières décennies. Cependant, ces progrès technologiques n'ont pas pu être diffusés dans les
pays en développement et pour tous les produits importants dans la consommation. L'accroissement
très rapide de la demande dû aux pays émergents et à la croissance démographique a contribué à
accentuer le déséquilibre entre l'offre et la demande agricoles. En outre, la pression foncière s’est
traduite par une baisse de 20% de terre arable par habitant pendant les 15 dernières années (FAO,
2000). Cependant, il est paradoxal de constater que les fonds alloués à l'agriculture baissent dans de
nombreux pays pendant que les institutions financières locales se développent, que les potentialités
d'échanges des marchés mondiaux augmentent et que les besoins financiers de l’agriculture sont en
hausse (FAO, 2000). L'absence d'infrastructure de base et de cadre directeur cohérent rend difficiles des
investissements viables et particulièrement le financement des technologies agricoles dans de nombreux
pays africains avec une faible productivité agricole comme corollaire principal.

L'accroissement de la productivité agricole pour un développement socioéconomique est


inextricable à l'existence d'un système efficace de financement agricole. Un tel système est
favorisé par un environnement propice et des politiques agricoles dynamiques appropriées.
L’objectif du financement agricole est de développement agricole et le renforcement des marchés
financiers à travers une politique générale appropriée du système financier, d’où le rôle prépondérant
de l'Etat. Cette politique est d'autant efficace qu'elle est adaptée à la spécificité de l'environnement et de
la finance agricole. La finance agricole se caractérise par une inadéquation de l'offre et de la demande de
financement agricole surtout zone rurale. Les principales formes de financement sont l’autofinancement, la
subvention et le crédit à travers respectivement le producteur, l'Etat ou les Organisations Non
Gouvernementales institutions financières et les structures informelles de crédit. Ces sources de

37
financement sont plus fonctionnelles dans les pays développés que dans les pays en développement.
Dans la majorité des pays africains, l’autofinancement demeure une gageure, la subvention faible et
irrégulière, l’offre de crédit bancaire inadaptée aux besoins de financement agricole, l’offre de
microfinance en deca des besoins et l’offre informelle de crédit insuffisante et inadaptée.
2. Contexte général du financement agricole

Le marché agricole se caractérise par un environnement de grandes incertitudes liées


principalement aux aléas naturels et à la grande variabilité des prix. La finance agricole est bien
maîtrisée dans les pays développés. Par contre, dans les pays en développement, elle se caractérise
par de faibles revenus agricoles et une mauvaise gestion financière des exploitations agricoles, notamment
en zone rurale. Ces spécificités du secteur agricole contribuent à renforcer l’inadéquation entre l'offre et la
demande de financement agricole.

a. Environnement du marché agricole

Le marché agricole évolue dans un environnement global de marché mondial. Il présente des particularités
liées aux caractéristiques quantitatives et qualitatives du produit agricole qui est généralement biologique. Il
s'agit notamment des conditions climatiques de production, la saisonnalité, la rigidité de la structure de
production, les conditions de récolte, la fragilité et la périssabilité des produits agricoles, l'efficacité des
structures organisationnelles de la production et de la commercialisation. Ces caractéristiques ont
d'importants effets sur le marché agricole et partant sur le financement agricole. La principale conséquence
est l'incertitude sur la production et la variabilité des prix qui contribuent à accroître la vulnérabilité des
filières et des producteurs agricoles. Sont ainsi élevés les risques liés à la production et au rendement, au
marché et aux prix. Ces risques ont des effets négatifs sur les décisions de financement de l'agriculture,
notamment par le crédit.
Dans les années 1950 et 1960, l'environnement du marché agricole était défavorable en termes de prix et
d'opportunités d'échanges. L'imperfection des marchés avait motivé les gouvernements à créer des
institutions financières agricoles induites par des objectifs d'accroissement de l'offre agricole. Le
financement agricole par ces programmes était essentiellement ciblé sur des produits spécifiques. Le
crédit sectoriel a été privilégié sans tenir compte nécessairement des principes fondamentaux de
productivité et de rentabilité des ressources investies. Les cultures d’exportation ont été le centre d’intérêt.
Dans certains cas les termes de l’échange étaient négatifs et les tarifs douaniers pénalisaient les
importations/exportations. Les évaluations du financement agricole au début des années 1980 ont révélé des

38
résultats très médiocres : faible adaptation de l’allocation des ressources, couts de fonctionnement élevés,
très faible taux de recouvrement des prêts. La responsabilité de cet échec a été attribuée à la mauvaise
gestion des programmes sans nécessairement leur assurer un fondement viable. A l’issue ces évaluations le
financement par les partenaires techniques et financier et même celui des gouvernements a baissé.

La fin des années 1980 et le début des années 1990 ont connu une profonde réforme du financement
agricole, devenu financement rural comprenant donc des activités non agricoles. L’objectif de
mobilisation de l’épargne s’est accentue pour concilier création d’argent et crédit. Le principe directeur
devient le respect des règles du marché à l’instar du processus global de libéralisation. L’on vise
désormais des objectifs fondamentaux de viabilité, de performance, de diversification des services
financiers pour une plus grande portée et la mobilisation de l’épargne. Le secteur financier est alors
considéré comme le moteur du processus de développement. Il s’agit notamment d’assainir le
financement en général et agricole en particulier, en amont et en aval y compris le cadre institutionnel.
Les institutions financières surtout privées s’adaptent à l’environnement de la finance agricole mais ne le
dirigent pas, L’intermédiation financière privée s’est développé pour satisfaire les besoins de la
population rurale. LE secteur agricole semble bénéficier de moins d’attention que la micro entreprise non
agricole des ménages pauvres alors que les termes de l’échange se sont améliorés suite à l’abandon par de
nombreux gouvernements des politiques de substitution aux importations. Le financement par les
partenaires techniques et financiers diminue sans compensation par les gouvernements et les banques
commerciales.

b. Caractéristiques de la finance agricole

Dans les pays développés le secteur agricole est dominé par l'agrobusiness. La finance agricole y est très
développée, basée sur des techniques très modernes et évoluant dans un environnement institutionnel
dynamique et efficace. Par contre, dans les pays en développement, la finance agricole est caractérisée
essentiellement par la faiblesse des niveaux d'éducation et de formation des populations rurales agricoles,
l’environnement social et la nature de l'activité agricole. Cette insuffisance a des effets négatifs sur les
capacités de gestion financière des exploitants agricoles. La faible capacité de gestion financière
contribue à accentuer l'inadaptation des besoins de financement agricoles aux exigences des institutions
financières et partant un faible financement agricole.

39
La finance agricole est très marquée par les caractéristiques sociales rurales. Il ne s'agit pas simplement de
calculs de profit individuel, mais d'interactions complexes de liens sociaux multiples. Le capital social est
au centre de la finance agricole et rurale. Les exigences sociales et la consommation sont privilégiées au
détriment des exigences de rentabilité et de réinvestissement de l'exploitation agricole. Le secteur
agricole est dominé par l'agriculture familiale composée essentiellement de petits exploitants ruraux
insuffisamment informés des exigences des institutions financières structurées et peu enclins à bien
suivre l'argent qu'ils gagnent et dépensent Ces problèmes sont aggravés pat le niveau élevé de
l'analphabétisme en milieu rural. En outre, les décisions de gestion financière sont généralement
fonction des stratégies de survie en zone agricole. Dans les pays en développement, ces stratégies sont
influencées par un niveau élevé de pauvreté et de vulnérabilité des agriculteurs. Au Burkina Faso par
exemple, la pauvreté est rurale à 92.2% en 2003 (INSD, 2011).

La finance agricole est aussi influencée par l'environnement foncier. La terre est un facteur primordial
de la production agricole. La disponibilité et l'accès à ce facteur, est de plus en plus problématique dans
les pays en développement. La terre est initialement gérée de manière traditionnelle et locale. Mais, au
regard des besoins croissants en produits agricoles, l'accès à cette ressource et la sécurisation
foncière deviennent indispensables pour inciter à l’investissement nécessaire. Ainsi dans de
nombreux pays, les réformes agraires et foncières sont entreprises pour pallier à cette insuffisance. Un des
objectifs économiques de cette politique c’est l’acquisition du titre foncier par l’exploitant, utilisable à des
fins d’échange et de crédit.

c. Inadéquation entre l’offre et la demande de financement agricole

Les besoins en services financiers sont imposants dans le secteur agricole. On distingue essentiellement les
besoins de l’agriculture familiale et ceux du développement organisationnel et institutionnel de
l’entreprenariat agricole. Si les services financiers correspondants sont disponibles et accessibles, ils sont
utilisés par les exploitants agricoles. Mais la principale source d’inadéquation entre l’offre et la demande
de financement agricole réside dans l’inadaptation des exigences classiques des institutions financières à
l’environnement agricole. Par exemple, le caractère saisonnier ou de long terme du crédit agricole a un
effet direct important sur le portefeuille des prêteurs et sur remboursement des prêts agricoles octroyés.
Cette inadaptation se traduit par une faible disponibilité et accessibilité des services financiers et du crédit
agricole en particulier pour les exploitants agricoles. En général, le financement agricole par les sources
formelles est faible et insuffisant.

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La micro finance offre les services les plus adaptés aux caractéristiques socio-économiques des
exploitants agricoles. Mais ses capacités de financement sont de plus en plus limitées par rapport aux
besoins exprimés. Sa principale approche est basée sur la garantie morale, notamment la caution solidaire
qui, malheureusement connait des difficultés croissantes. Ces difficultés sont le plus souvent liées à la
gestion des organisations de type coopératives bénéficiaire du crédit. Il en résulte des taux de
remboursement décroissants des prêts octroyés.
3. Sources de financement agricole et mobilisation de ressources
Il existe trois sources principales de financement de l’agriculture : l’autofinancement, le crédit et la
subvention, qui ont chacune de nombreuses limites.
a. Autofinancement
L’autofinancement agricole consiste pour l’exploitant agricole à financer ses activités de production et de
commercialisation par ses fonds propres. Une des caractéristiques communes de l'agriculture dans les pays
en développement est la très faible capacité d'autofinancement
agricole. Les exploitants sont en majorité pauvres, ne disposant pas d'épargne significative.
L'autofinancement assure une indépendance vis-à-vis des ressources extérieures, notamment
bancaires. Mais, les principes de rentabilité recommandent de recourir à l'emprunt plutôt qu'à
l'autofinancement lorsque le taux d'intérêt sur le marché financier est inférieur aux taux de rentabilité des
investissements.

b. Crédit et rôle des banques et de la micro finance


Le crédit est la source de financement agricole la plus importante. Il consiste en des prêts agricoles à court
(moins de 2 ans) moyen (2 à 7 ans) ou long terme (plus de 7 ans). Le crédit agricole est destiné aux opérations
de production et de commercialisation agricoles, de la préparation des sols à la vente des produits en
passant par les activités de recherche. Le fondement du crédit est la confiance sur la solvabilité de
l'emprunteur puisque le prêt devra être remboursé. Cette propriété est très déterminante dans le niveau du
financement agricole au regard des caractéristiques des prêteurs, des emprunteurs agricoles et des cadres
institutionnels régissant ces acteurs. En général, le financement agricole par le crédit est très faible et insuffisant
dans les pays en développement Le crédit à moyen et long terme est très limité, bien que les institutions
financières soient plus diversifiées et plus développées. Les petits exploitants seraient les plus défavorisés. La
première raison est que le prêteur n'a pas suffisamment confiance en l'emprunteur et à son environnement.

En Afrique, le secteur agricole se caractérise par de grandes incertitudes et les filières agricoles sont peu
développées. En outre, les potentialités socioculturelles ne sont pas efficacement exploitées par la majorité des
institutions financières. Le financement agricole, notamment par le crédit est considéré comme coûteux,
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complexe et risqué. Les zones agricoles rurales sont en général enclavées en termes d'infrastructures de
transport et de communication, avec une faible densité des clients potentiels. Cela contribue à accroître les
coûts de transaction. L’incertitude sur la production, les débouchés et les prix des produits agricoles, le
manque de garantie réelle appropriée, les échecs institutionnels antérieurs de remboursement rendent
complexe et coûteux le crédit agricole.

Les principales sources de crédit au secteur agricole sont les banques commerciales, les institutions de
microfinance (IMF) et les organisations non-gouvernementales (ONG) et institutions informelles de
financement. Les banques commerciales sont orientées vers le marché donc elles priorisent les cultures
de rente. Les banques commerciales maitrisent très peu les risques agricoles. Certaines ONG et les IMF
offrent des services financiers plus ou moins adaptes à l’environnement socioéconomique rural. Les
services de la microfinance proviennent de diverses institutions telles que les caisses populaires, les
caisses villageoises, les caisses d’épargne-crédit, les banques commerciales, les réseaux mutualistes, les
entreprises de services financiers. Mais cette offre ne couvre pas toute la gamme des besoins de
financement agricole. La microfinance s’investit essentiellement dans les petites activités rémunératrices
et la micro entreprise agricole. Les prêts agricoles par les IMF sont généralement du crédit de campagne
(court terme). Les besoins en crédit de moyen et de long terme sont très peu couverts. Cela pourrait
s’expliquer par le risque plus élevé de ce type de crédit et la faible capacité de financent des IMF. Dans
la minimisation du risque, ces institutions rationnent le crédit par rapport au type et à la taille des activités
à financer. Ainsi les petits exploitants agricoles se retrouvent de plus en plus contraints par le crédit car
la discrimination se fait principalement contre leur type d’exploitation.

c. Subvention et rôle de l’Etat

La subvention est une source de financement agricole. Elle est aussi appelée aide ou prêt non
remboursable. Son but est d’ordre économique ou social. La principale source de subvention agricole est
l’Etat ou les institutions régionales/internationales. Au regard des limites du financement agricole par
l’autofinancement, les banques agricoles et la microfinance, le rôle de l’Etat est très déterminant dans le
financement agricole à travers notamment la subvention et le renforcement des infrastructures agricoles.
L’un des rôles primordiaux d’un Etat c’est la correction des défaillances du marché et l’amélioration de
l’équité. On voit donc que pour les pays en développement ou les défaillances de marche sont monnaie

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courante et ou les inégalités entre les couches de la société sont légion, l’intervention étatique est
cruciale.
Le rôle de l’Etat dans le financement agricole est complexe. Ce rôle est à la fois règlementaire, régulateur,
et de renforcement des capacités de production et de gestion agricole. Le développement des
infrastructures incombe à l’Etat. C’est le cas des du développement des filières agricoles pour créer un
environnement propice à l’investissement prive. Le cas de la filière coton au Burkina Faso est illustratif, de
même que la réforme foncière entreprise. En outre les diverses crises financières récentes à l’échelle
mondiale renforcent la nécessite d’une intervention directe de l’Etat dans la production. L’Etat peut
subventionner la production agricole, notamment en situation de choc ou de difficultés exogènes de
financement privé. Le développement du cadre institutionnel et des marches financiers contribue à
accroitre et à diversifier l’offre de services financiers au secteur agricole, rôle qui est l’apanage de l’Etat.

4. L’évolution de l’offre de financement dans un contexte de libéralisation


Historiquement, les Etats ont été l’un des plus grands pourvoyeurs de fonds pour l’agriculture. Dans le
contexte actuel de libéralisation des économies des pays en développement, le manque d’accès au
financement reste une contrainte majeure du développement de l’agriculture en général et des exploitations
familiales en particulier. Les exploitations familiales dominent le type d’exploitations agricoles dans les
pays en développement, et donc elles sont le socle sur lequel repose la transformation de l’agriculture de
ces pays. Les exploitations familiales ont besoin de s’intensifier, de se moderniser, et de financer
l’innovation technique, organisationnelle. Leur seule capacité d’autofinancement ne suffit pas à financer
cette modernisation. Leurs besoins de financement sont importants, diversifiés, complexes, et la
libéralisation des économies agricoles contribuent à les amplifier. La réduction de l'offre publique de
financement n'est que faiblement compensée par celles des banques qui restent peu présentes en milieu
rural et concentrent leur offre sur quelques secteurs sécurisés (cultures d’exportations, productions
irriguées, etc.).
Face à l’absence d’autres opérateurs financiers, la microfinance devient une alternative forte pour le
financement rural. Soutenue par un large consensus des bailleurs de fonds comme outil de lutte contre la
pauvreté, la microfinance s’est fortement développée depuis deux décennies en milieu urbain, mais aussi
rural, des pays du Sud et de l’Est. Les termes « micro finance» et, plus restrictif encore, « microcrédit »,
sont trompeurs, à la fois parce que le secteur compte aujourd’hui de très grands réseaux (plusieurs millions
de bénéficiaires pour les grands réseaux asiatiques), que les institutions de microfinance fournissent des

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services diversifiés (épargne, crédit, voire assurance), et une gamme large de crédits (allant du très petit
crédit à des crédits beaucoup plus importants pouvant permettre l’investissement).
Malgré ce développement important, la microfinance est aujourd’hui questionnée. De nombreuses études
montrent qu’elle peut avoir un impact positif sur la trésorerie des ménages ruraux, améliorer le lissage de
leur consommation et dans une certaine mesure, renforcer leur résistance aux chocs économiques. Par
contre, la question de sa capacité réelle à stimuler les processus d’accumulation des ménages et à
contribuer à l’investissement productif, notamment agricole, reste posée (plus de 90% des crédits octroyés
par les IMF sont des crédits de court terme, Betty Wampfler, CIRA, 2002).
Dans la sous-région, la microfinance apporte une contribution effective à l’agriculture (de l’ordre de 25
milliards/an dans l’UEMOA, soit environ un tiers du portefeuille global du crédit octroyé par la
microfinance), mais celle-ci est encore insuffisante, et essentiellement concentrée sur les secteurs sécurisés
(filières organisées, cultures irriguées).
Le secteur de la microfinance reste fragile, son taux de pénétration en milieu rural, bien qu’en croissance
constante, est de l’ordre de 20% des ménages en moyenne dans l’UEMOA, et les exigences de
pérennisation et de rentabilisation des institutions conduisent aujourd’hui à un repli vers les zones et
populations les moins défavorisées. L’appui au développement d’une deuxième génération d’institutions
de microfinance capable de répondre aux besoins des zones d’agriculture vivrière non sécurisées reste un
enjeu majeur pour l’avenir. Une meilleure connaissance de l’économie des exploitations agricoles est
nécessaire pour favoriser l’adaptation de l’offre de services financiers à la demande et aux contraintes
agricoles.

Apres les émeutes de la faim qui ont éclatées dans plusieurs pays en développement entre 2008 et 2011,
les bailleurs de fonds ont recommencé à accorder de l’importance à l’aide au secteur agricole. En effet, en
2011 le groupe des 20 pays les plus industrialises inscrit l’agriculture dans les questions cruciales dont il
traite. Les Etats-Unis quant à eux financent depuis 2011 un programme appelé Feed the Future pour
soutenir le développement de filets de sécurité pour l’agriculture dans plusieurs pays en développement.

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Conclusion générale

Ce cours a traité du concept de politique agricole et présenté des indicateurs qui permettent de d’analyser
les effets des politiques agricoles sur le bien-être du consommateur, du producteur et de la collectivité. On
a fait la distinction entre indicateurs qui permettent d’analyser les incitations en agriculture et ceux qui
sont liés à la mesure du cout économique réel et de l’avantage comparatif. Il a aussi mené l’analyse des
politiques commerciales et des politiques de stabilisation relatives au secteur agricole et examiner la
question du financement agricole.

Comment améliorer la contribution de l’agriculture au développement économique?


L’expérience des pays industrialisés montre que la protection du secteur agricole demeure l’un mes
moyens sur pour assurer une transformation et un développement durable de ce secteur. Le type de
protection, les filières et le degré de protection de celles-ci sont des questions spécifiques au contexte de
chaque pays. Le renforcement des capacités des acteurs du secteur agricole est aussi un volet crucial pour
l’augmentation de la contribution de l’agriculture au développement économique. Le financement est le
moteur de toute action qui peut être entreprise pour soutenir l’agriculture donc il est crucial de repenser la
manière dont fonctionne les instituions de financement agricole dans les pays en développement. Des
exemples d’actions à mener dans le domaine du financement agricole sont :
• Améliorer l’adaptation du crédit aux caractéristiques spécifiques du secteur agricole
• Renforcer l’offre de crédit de moyen terme
• Innover en matière d’offre d’épargne adaptée à l’agriculture
• Améliorer la sécurisation du crédit à l’agriculture
• Décloisonner le secteur de la microfinance et renforcer son insertion dans le marché financier

A cause des restrictions de l’OMC sur d’autres instruments politiques tels que les subventions et les
quotas, les tarifs douaniers sont devenus et demeureront un instrument de politique commerciale bien plus
important qu’ils ne l’ont été dans le passé.

Pour le moment, il semble que les pays en développement vont bénéficier d’une marge de manœuvre
accrue dans la gestion des droits de douane sur certains « produits spéciaux ». Dans le cycle de Doha, l’un
des sujets de négociations les plus importants concerne le nombre de produits pouvant être considérés
comme « spéciaux » et la manière dont ils seront traités.

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Les pays en développement rencontrent aujourd’hui un environnement politique radicalement différent de
celui qui existait lorsque les économies des pays étudiés dans ce rapport ont décollé. La marge de
manœuvre des dirigeants politiques chargés du commerce est bien plus étroite qu’elle ne l’était il y a 30 ou
40 ans. Les stratégies pour le développement des petits producteurs telles qu’elles furent poursuivies par
les pays d’Asie du Sud-est étudiés dans ce rapport avaient été sous-tendues par l’utilisation des
instruments politiques par les gouvernements pour influencer les prix du marché intérieur (des prix
plancher visant à protéger les cultivateurs et des prix plafond pour les consommateurs). Si les pays moins
développés veulent suivre aujourd’hui des stratégies similaires, ils auront besoin d’une marge de
manœuvre raisonnable en matière de gestion des droits de douane, dans la mesure où une grande partie des
instruments qui étaient disponibles pour les gouvernements avant le cycle de l’Uruguay ne le sont plus
maintenant. Les pays en développement qui souhaitent adopter les stratégies de développement agricole
menées par les pays industrialisés auront besoin d’une marge de manœuvre plus large que celle que
l’actuel programme de libéralisation ne désirerait leur concéder. Il leur faut donc souhaiter que les
négociations du Cycle de Doha aboutissent en leur faveur.

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