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Normes et Topologie de Rn

Le document traite des normes sur Rn, définissant les propriétés essentielles des normes et des distances associées. Il présente plusieurs exemples de normes, notamment la norme 1, la norme infinie et la norme euclidienne, ainsi que des propriétés telles que l'inégalité triangulaire et les normes équivalentes. Enfin, il aborde les concepts d'ouverts, fermés et voisinages dans Rn, en introduisant les notions de boules ouvertes et fermées.

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Normes et Topologie de Rn

Le document traite des normes sur Rn, définissant les propriétés essentielles des normes et des distances associées. Il présente plusieurs exemples de normes, notamment la norme 1, la norme infinie et la norme euclidienne, ainsi que des propriétés telles que l'inégalité triangulaire et les normes équivalentes. Enfin, il aborde les concepts d'ouverts, fermés et voisinages dans Rn, en introduisant les notions de boules ouvertes et fermées.

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Chapitre 1

Topologie de Rn

1.1 Normes sur Rn


1.1.1 Dé…nitions et exemples
Dé…nition 1.1.1 On appelle norme sur Rn toute application N : Rn ! R+ possédant les
propriétés suivantes :
1) N (x) = 0 () x = 0;
2) 8 2 R 8x 2 Rn N ( x) = j j N (x);
3) 8x; y 2 Rn N (x + y) N (x) + N (y):

N (x) est dite la norme de x: L’espace vectoriel Rn muni d’une norme N sera dit espace
vectoriel normé (en abrégé e.v.n. ou tout simplement evn) et il sera noté (Rn ; N ):
Sur Rn on peut dé…nir plusieurs normes. S’il n’y a pas de confusion possible avec d’autres
normes de Rn ; la norme de x sera notée kxk au lieu de N (x):
L’inégalité 3) est appelée inégalité triangulaire.

Exemple 1.1.2 Sur R; l’application x ! jxj est une norme.

Exemple 1.1.3 Sur Rn ; l’application


X
n
x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) 7 ! kxk1 = jxi j = jx1 j + jx2 j + ::: + jxn j
i=1

est une norme dite norme 1:

Exemple 1.1.4 Sur Rn ; l’application

x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) 7 ! kxk1 = max jxi j


1 i n

est une norme dite norme in…nie.

1
2 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

Exemple 1.1.5 Sur Rn ; l’application


" # 21
X
n
x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) 7 ! kxk2 = (xi )2
i=1

est une norme dite norme euclidienne.


Exemple 1.1.6 De manière générale on établit que l’application
" n # p1
X p
x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) ! kxkp = jxi j
i=1
n
est une norme sur R pour tout p 2 [1; +1[ ; dite norme d’ordre p:
Remarque 1.1.7 On montre aussi que :
lim kxkp = kxk1 8x 2 Rn :
p!+1

Exercice 1.1.8 Montrer que les applications dé…nies dans l’exemple 1.1.3 et l’exemple 1.1.4
sont des normes sur Rn :
Pour montrer que l’application de l’exemple 1.1.5 est une norme, on a besoin du résultat
suivant :
Proposition 1.1.9 Pour tous (x1 ; x2 ; :::xn ) et (y1 ; y2 ; :::; yn ) 2 Rn on a les deux inégalités
suivantes :
1 1
Pn Pn
2
2 P
n
2
2
a) xi yi (xi ) (yi ) (inégalité de Cauchy-Schwarz),
i=1 i=1 i=1
1 1 1
P
n
2
2 P
n
2
2 P
n
2
2
b) (xi + yi ) (xi ) + (yi ) (inégalité de Minkowski).
i=1 i=1 i=1

Preuve. a) On a pour tout 2R:


! ! !
X
n X
n X
n X
n
2
(xi + yi )2 = (yi )2 +2 xi yi + (xi )2 0:
i=1 i=1 i=1 i=1
2
0
P
n P
n P
n
Donc = xi yi (xi )2 (yi )2 0 et ceci donne le résultat de a):
i=1 i=1 i=1
b) L’inégalité de Minkowski entraîne
P
n P
n P
n P
n
(xi + yi )2 = (xi )2 + (yi )2 + 2 xi yi
i=1 i=1 i=1 i=1
1 1
P
n
2
P
n
2
P
n
2
2 P
n
2
2
(xi ) + (yi ) + 2 (xi ) (yi )
i=1 i=1 i=1 i=1
" 1 1
#2
P
n 2 P
n 2
= (xi )2 + (yi )2
i=1 i=1

L’inégalité de Minkowski en résulte en passant à la racine carrée.


1.1. NORMES SUR RN 3

Remarque 1.1.10 Les trois normes k:k1 ; k:k2 et k:k1 ; dé…nies ci-dessus, sont appelées
normes usuelles de Rn :

1.1.2 Propriétés des normes :


Proposition 1.1.11 Soit k:k une norme sur Rn : Alors on a les propriétés suivantes :
a) k xk = kxk 8x 2 Rn ;
b) kx yk kxk + kyk 8x; y 2 Rn ;
c) jkxk kykj kx yk 8x; y 2 Rn :

Preuve. Les deux premiers points sont faciles à véri…er. Pour établir le troisième point
on remarque que kxk = kx y + yk kx yk + kyk et donc kxk kyk kx yk :
De même, par symétrie, on a : kyk kxk kx yk : Ceci donne le résultat.

1.1.3 Distance associée à une norme


Dé…nition 1.1.12 On appelle distance sur Rn toute application d : Rn Rn ! R+ véri…ant
les propriétés suivantes :
1) 8x; y 2 Rn d(x; y) = 0 () x = y;
2) 8x; y 2 Rn d(x; y) = d(y; x);
3) 8x; y; z 2 Rn d(x; y) d(x; z) + d(z; y):

Exercice 1.1.13 Soit k:k une norme sur Rn : On pose :

d(x; y) = kx yk 8x; y 2 Rn :

Montrer que d est une distance sur Rn :

Exemple 1.1.14 D’après l’exemple 1.1.4, l’application

(x; y) 7 ! d1 (x; y) = max jxi yi j


1 i n

est une distance sur Rn (distance in…nie).

Exemple 1.1.15 D’après l’exemple 1.1.4, pour tout p 1 l’application


" # p1
X
n
(x; y) 7 ! dp (x; y) = jxi yi jp
i=1

est une distance sur Rn (distance d’ordre p).


4 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

Remarque 1.1.16 Il existe sur Rn des distances qui ne sont associées à aucune norme
comme on peut le voir dans l’exemple suivant.

Exemple 1.1.17 Soit l’application d : Rn Rn ! R+ dé…nie par :


8
< 1 si x 6= y
d(x; y) = 8x; y 2 Rn :
: 0 si x = y

Il est facile de voir que d est une distance sur Rn : Montrons que d n’est associée à aucune
norme sur Rn :
Supposons qu’il existe une norme k:k sur Rn telle que :
d(x; y) = kx yk 8x; y 2 Rn :
Pour x; y 2 Rn tels que x 6= y on a :
1 = d(2x; 2y) = k2(x y)k = 2 kx yk = 2d(x; y) = 2:
Ceci est absurde.

1.1.4 Normes équivalentes :


Dé…nition 1.1.18 Soient k:k et k:k0 deux normes sur Rn :
On dit que ces deux normes sont équivalentes s’il existe deux constantes réelles strictement
positives et telles que :
kxk kxk0 kxk 8x 2 Rn :

Remarque 1.1.19 Si une norme k:k est équivalente à une norme k:k0 et k:k0 est équivalente
à une norme k:k00 les deux normes k:k et k:k00 sont équivalentes.

Exercice 1.1.20 Montrer le résultat de la remarque 1.1.19.

Proposition 1.1.21 Les trois normes usuelles k:k1 ; k:k2 et k:k1 sur Rn sont équivalentes.

Preuve. Pour tout x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) 2 Rn ; on a :


X
kxk1 = max jxi j jxi j = kxk1 n max jxi j = n kxk1 :
1 i n 1 i n
1 i n

Il en résulte que les deux normes k:k1 et k:k1 sont équivalentes.


De même on a pour tout x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) 2 Rn :
1 1
P
n 2 2 p p
I kxk2 = 2
(xi ) n max (xi ) 2
= n max jxi j = n kxk1 ;
i=1 1 i n 1 i n

1
P
n 2
I kxk1 = max jxi j (xi )2 = kxk2 :
1 i n i=1

Donc les deux normes k:k2 et k:k1 sont équivalentes. Ceci achève la démonstration.
1.2. OUVERTS, FERMÉS ET VOISINAGES 5

Remarque 1.1.22 : On verra plus loin (Théorème 1.4.11) que toutes les normes sur Rn
sont équivalentes.

1.2 Ouverts, fermés et voisinages


Dans toute cette section et sauf mention du contraire, l’espace Rn est muni d’une norme
quelconque notée k:k :

1.2.1 Boules ouvertes et boules fermées

Dé…nition 1.2.1 Soit d la distance associée à la norme k:k de Rn : soient a 2 Rn et r > 0:


On appelle boule ouverte (respectivement fermée) de centre a et de rayon r la partie de Rn
notée B(a; r) (respectivement B(a; r)) dé…nie par :

B(a; r) = fx 2 Rn j kx ak < rg = fx 2 Rn j d(a; x) < rg

(respectivement B(a; r) = fx 2 Rn j kx ak rg = fx 2 Rn j d(a; x) rg):

On appellera sphère de centre a et de rayon r la partie de Rn notée S(a; r) dé…nie par :

S(a; r) = fx 2 Rn j kx ak = rg = fx 2 Rn j d(a; x) = rg :

Exemple 1.2.2 Dans (R; j:j) on a pour a 2 R et r > 0 :


B(a; r) = fx 2 R j jx aj < rg = ]a r; a + r[ ;
B(a; r) = fx 2 R j jx aj rg = [a r; a + r] ;
S(a; r) = fx 2 R j jx aj = rg = fa r; a + rg :

Exemple 1.2.3 Dans (R2 ; k:k2 ) on a pour a = (a1 ; a2 ) 2 R2 et r > 0 :


n p o
B(a; r) = (x1 ; x2 ) 2 R2 j (x1 a1 )2 + (x2 a2 )2 < r est le disque ouvert de centre
a et de rayon r;
n p o
B(a; r) = (x1 ; x2 ) 2 R2 j (x1 a1 )2 + (x2 a2 )2 r est le disque fermé de centre
a et de rayon r;
n p o
S(a; r) = (x1 ; x2 ) 2 R2 j (x1 a1 )2 + (x2 a2 )2 r est le cercle de centre a et
de rayon r:
6 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

Exemple 1.2.4 Dans (R3 ; k:k1 ) on a :

B(0; 1) = f(x1 ; x2 ; x3 ) 2 R3 j max(jx1 j ; jx2 j ; jx3 j) < 1g = ] 1; 1[ ] 1; 1[ ] 1; 1[


(c’est un cube ouvert):

S(0; 1) = (f 1; 1g [ 1; 1] [ 1; 1]) [ ([ 1; 1] f 1; 1g [ 1; 1])


[([ 1; 1] [ 1; 1] f 1; 1g):

Exercice 1.2.5 Tracer dans R2 la boule ouverte B(0; 1) pour chacune des trois normes
k:k1 ; k:k2 et k:k1 :

1.2.2 Ouverts et fermés dans Rn


Dé…nition 1.2.6 On dit qu’une partie O de Rn est ouverte si pour tout x 2 O; il existe
r > 0 tel que B(x; r) O: On dira aussi que O est un ouvert de Rn :
On dit qu’une partie F de Rn est fermée si son complémentaire F c = Rn nF est un ouvert
de Rn : On dira aussi que F est un fermé de Rn :

Remarque 1.2.7
F D’après la dé…nition 1.2.6, l’ensemble vide ? et l’espace Rn sont à la fois ouverts et
fermés.
F En mathématiques le mot ouvert n’est pas le contraire du mot fermé. En e¤et il existe
des sous-ensembles de Rn qui ne sont ni ouverts ni fermés comme le montre l’exemple
1.2.8.

Exemple 1.2.8 Dans (R; j:j) on a :


Les ensembles ]0; 1[ ; ] 1; 1[ et ]1; 2[ [ ] 1; 0[ sont des ouverts de R:
Les ensembles [1; 2] ; [0; 3] et [ 2; 2] [ [3; +1[ sont des fermés.
Les ensembles [0; 2[ et ] 2; 0] ne sont ni ouverts ni fermés.

Exemple 1.2.9 Dans (R2 ; k:k1 ); l’ensemble

O = (x; y) 2 R2 j x > 0 et y > 0

est un ouvert de R2 :
1.2. OUVERTS, FERMÉS ET VOISINAGES 7

En e¤et soit (x0 ; y0 ) 2 O et r = min (x0 ; y0 ) : Donc r > 0:


Si (x; y) 2 B((x0 ; y0 ); r) alors jx x0 j < r x0 et jy y0 j < r y0 :
On en déduit que x > 0 et y > 0 et par suite (x; y) 2 O: Il en résulte que B((x0 ; y0 ); r) O:
Ce qui montre que O est un ouvert de R2 :
Par contre l’ensemble O0 = O [ f(0; 0)g n’est pas un ouvert de R2 puisque

r r
8r > 0 ;0 2 B((0; 0); r) et ;0 = O0 :
2
2 2

Proposition 1.2.10 Toute boule ouverte est un ensemble ouvert et toute boule fermée est
un ensemble fermé de Rn :

Preuve. Soit a 2 Rn et r > 0:


I Montrons que la boule ouverte B(a; r) est un ensemble ouvert de Rn :
Soient x 2 B(a; r) et = kx ak < r: Donc < r et on a pour tout y 2 B(x; r ):

ky ak ky xk + kx ak < (r )+ = r:

Donc B(x; r ) B(a; r) et par suite B(a; r) est un ensemble ouvert de Rn :


I Montrons que la boule fermée B(a; r) est un ensemble fermé de Rn :
c
Soient x 2 B(a; r) et = kx ak : Donc > r et on a pour tout y 2 B(x; r) :

ky ak kx ak ky xk > ( r) = r:
c
Par suite B(x; r) B(a; r) :
c
Il s’ensuit que B(a; r) est un ensemble ouvert et par conséquent B(a; r) est un ensemble
fermé de Rn : Ceci termine la démonstration.

Proposition 1.2.11 On a les propriétés suivantes :


a) Si (Oi )i2I est une famille quelconque d’ensembles ouverts de Rn alors [ Oi est un ouvert
i2I
de Rn :
b) Si (Fi )i2I est une famille quelconque d’ensembles fermés de Rn alors \ Fi est un fermé
i2I
de Rn :
p
c) Si (Oi )1 i p est une famille …nie d’ensembles ouverts de Rn alors \ Oi est un ouvert de
i=1
Rn :
p
d) Si (Fi )1 i p est une famille …nie d’ensembles fermés de Rn alors [ Fi est un fermé de
i=1
Rn :

Preuve. a) Soit (Oi )i2I une famille quelconque d’ouverts de Rn et soit x 2 [ Oi : Alors
i2I
il existe i0 2 I tel que x 2 Oi0 : Comme Oi0 est un ouvert de Rn ; il existe r > 0 tel que
B(x; r) Oi0 : Par suite B(x; r) [ Oi :
i2I
8 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

b) On passe au complémentaire et on applique i):


p
c) Soit (Oi )1 i p une famille …nie d’ensembles ouverts de Rn et soit x 2 \ Oi :
i=1
Alors pour tout i 2 f1; 2; :::; pg ; il existe ri > 0 tel que B(x; ri ) Oi car Oi est un ouvert
de Rn :
Si r = min ri alors r > 0 et on a :
1 i p

8i 2 f1; 2; :::; pg B(x; r) B(x; ri ):


p p
Donc B(x; r) \ Oi et par suite \ Oi est un ouvert de Rn :
i=1 i=1
d) Pour cette propriété on passe au complémentaire puis on applique c):

Remarque 1.2.12
F Il est clair que Rn est lui-même un ouvert car

8x 2 Rn B(x; 1) Rn :

F L’ensemble vide ? est aussi un ouvert. On montre ce résultat par l’absurde.


F Supposons que l’ensemble vide n’est pas un ouvert. Donc il existe x 2 ? tel que pour
tout r > 0; la boule B(x; r) n’est pas incluse dans l’ensemble ?: Ceci est absurde
puisque l’ensemble vide ne contient aucun élément.
F Comme ? et Rn sont des ouverts, par passage au complémentaire ils sont aussi
des fermés.
F La famille T de tous les ouverts de (Rn ; k:k) contient ? et Rn et véri…e les propriétés
a) et c) de la proposition 1.2.11. On dit que T est une topologie sur Rn :
On verra plus loin que les normes de Rn dé…nissent la même topologie sur Rn ; c’est-à-dire
la même famille d’ouverts.

Remarque 1.2.13 Chaque ouvert non vide V de Rn est une réunion de boules ouvertes. En
e¤et on a :
8x 2 V 9rx > 0 tel que B(x; rx ) V:
Donc V = [ B(x; rx ):
x2V

Remarque 1.2.14 Une intersection quelconque d’ouverts n’est pas nécessairement un


ouvert comme le montre l’exemple suivant :

1 1
Exemple 1.2.15 Dans (R; j:j) l’ensemble 1 n
;1 + n
est un ouvert pour tout n 2 N ;
+1
1 1
pourtant \ 1 n
;1 + n
= [ 1; 1] est un fermé et n’est pas un ouvert.
n=1

+1
1 1
Exercice 1.2.16 Montrer que : \ 1 n
;1 + n
= [ 1; 1] :
n=1
1.2. OUVERTS, FERMÉS ET VOISINAGES 9

Proposition 1.2.17 Si k:k0 est une norme sur Rn équivalente à la norme k:k alors on a :
a) O est ouvert dans (Rn ; k:k) si et seulement si O est ouvert dans (Rn ; k:k0 ):
b) F est fermé dans (Rn ; k:k) si et seulement si F est fermé dans (Rn ; k:k0 ):

Preuve. a) Les deux normes k:k et k:k0 sont équivalentes sur Rn ; donc il existe ; >0
tels que :
8x 2 Rn kxk kxk0 kxk :
~ r)) la boule ouverte de centre a et de rayon r
Désignons par B(a; r) (respectivement B(a;
dans (Rn ; k:k) (respectivement dans (Rn ; k:k0 )):
~ r): Comme kx ak kx ak0 on a :
Soit x 2 B(a;
1 r
kx ak kx ak0 :

~ r)
Donc B(a; B(a; r ):
On démontre de même que : B(a; r) ~
B(a; r):
Soit maintenant M un ouvert dans (Rn ; k:k) et soit x 2 M: Alors il existe r > 0 tel que
B(x; r) ~
M: Donc B(x; r) B(x; r) M: Il en résulte que M est un ouvert dans
0
(Rn ; k:k ):
La réciproque s’établit d’une manière similaire.
b) On applique a) au complémentaire de M:

Remarque 1.2.18 D’après la proposition 1.1.21 et la proposition 1.2.17, les trois normes
k:k1 ; k:k2 et k:k1 dé…nissent les mêmes ouverts et les mêmes fermés sur Rn : Donc
elles dé…nissent la même topologie sur Rn :

Remarque 1.2.19 Soient V1 ; V2 ; :::et Vn des ouverts de R: Alors le produit cartésien


n
Vi = V1 V2 ::: Vn est un ouvert pour les trois normes usuelles de Rn :
i=1
Ce résultat est trivial si l’un des ouverts Vi est vide. Supposons maintenant que

8i 2 f1; 2; :::; ng Vi 6= ?:

n
Soit x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) 2 Vi : Alors on a :
i=1

8i 2 f1; 2; :::; ng 9ri > 0 tel que ]xi r i ; xi + r i [ Vi :

Soit r = min(r1 ; r2 ; :::; rn ): Alors r > 0 et on a :

8i 2 f1; 2; :::; ng ]xi r; xi + r[ Vi :


10 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

n
Comme B(x; r) = (]xi r; xi + r[) pour la norme k:k1 de Rn ; on a :
i=1
n n
B(x; r) Vi : Ceci montre que Vi est un ouvert de Rn pour les trois normes.
i=1 i=1

1.2.3 Voisinages d’un point


Dé…nition 1.2.20 Soient W Rn et x 2 W: On dit que W est un voisinage de x s’il existe
r > 0 tel que B(x; r) W:
On notera V(x) l’ensemble de tous les voisinages de x dans (Rn ; k:k):
1 1 2
Exemple 1.2.21 Les ensembles R; [ 1; 1] ; [ 1; 3[ ; ] 2; 2[ ; 2
;3 et ;
3 3
[ Q sont
tous des voisinages de 0 dans R:
Exemple 1.2.22 On munit R2 de la norme k:k2 : Soit l’ensemble
W = (x; y) 2 R2 j 1 y 1 :
Alors W est un voisinage de (0; 0) puisque B((0; 0); 12 ) W: En e¤et on a :
p
(x; y) 2 B((0; 0); 12 ) =) x2 + y 2 < 12 =) jyj < 21 :

Cependant W n’est pas un voisinage de (0; 1): En e¤et on a pour tout r > 0 :
r r
(0; 1 2
) 2 B((0; 1); r) et (0; 1 2
) 2
= W:
Donc B((0; 1); r) * W pour tout r > 0:
Proposition 1.2.23 Soit V une partie non vide de Rn . Alors V est un ouvert de Rn si et
seulement s’il est voisinage de chacun de ses points.
Preuve. L’implication directe est évidente.
Réciproquement si V est un voisinage de chacun de ses points alors on a :
8x 2 V 9rx > 0 tel que B(x; rx ) V:
Donc V = [ B(x; rx ): On conclut donc par la proposition 1.2.10 et la proposition 1.2.11.
x2V
1.2. OUVERTS, FERMÉS ET VOISINAGES 11

Propriétés des voisinages

Dans la proposition suivante on établit des propriétés importantes des voisinages.

Proposition 1.2.24 On a les propriétés suivantes :


a) Si a 2 Rn ; l’intersection de tous les voisinages de a se réduit à fag :
b) L’intersection de deux voisinages de a est un voisinage de a:
c) Soient a et b deux points distincts de Rn : Alors il existe un voisinage V de a et un
voisinage W de b tels que V \ W = ?: On dira alors que Rn est séparé.

Preuve. a) Soit A l’intersection de tous les voisinages de a: Alors a 2 A:


+1
Inversement, pour tout n 2 N la boule B(a; n1 ) est un voisinage de a; donc A \ B(a; n1 ):
n=1
D’autre part on a :
+1
x 2 \ B(a; n1 ) () 8n 2 N kx ak < 1
n
n=1

() kx ak = 0 () x = a:
+1
Donc \ B(a; n1 ) = fag : Par suite A = fag :
n=1
b) Si W1 et W2 sont deux voisinages de a alors

9r1 ; r2 > 0 tels que : B(a; r1 ) W1 et B(a; r2 ) W2 :

Soit r = min(r1 ; r2 ): Alors r > 0 et B(a; r) W1 \ W2 : Ceci montre que W1 \ W2 est un


voisinage de a:
c) Soient a et b deux points distincts de Rn et soit r = ka 2 bk : Alors r > 0; la boule B(a; r)
est un voisinage de a et la boule B(b; r) est un voisinage de b:
Supposons que B(a; r) \ B(b; r) 6= ;: Donc si x 2 B(a; r) \ B(b; r) on aura :

ka bk kx ak + kx bk < 2r = ka bk :

Ce qui est une contradiction. Par suite B(a; r) \ B(b; r) = ;:

1.2.4 Intérieur, adhérence et frontière d’un ensemble


Dé…nition 1.2.25 Soient A Rn et a 2 A: On dit que a est un point (ou élément) intérieur
à A s’il existe r > 0 tel que B(a; r) A: Autrement dit si A est un voisinage de a:
L’ensemble des points intérieurs à A, noté A; est appelé intérieur de A:

d
Exemple 1.2.26 Dans (R; j:j); l’intérieur de ]0; 1] est ]0; 1] = ]0; 1[ :

Exercice 1.2.27 Dans (R; j:j); montrer que l’intérieur de Q est Q = ?:


12 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

Propriétés de l’intérieur d’un ensemble

Proposition 1.2.28 Soient A et B deux parties de Rn : Alors on a les propriétés suivantes :


a) A cn = Rn :
A; ? = ? et R
b) A B =) A B:
c) A est un ensemble ouvert si et seulement si A = A:

Exercice 1.2.29 Démontrer ces propriétés.

Proposition 1.2.30 Soit A Rn : Alors l’intérieur A de A est un ouvert de Rn : C’est le


plus grand ouvert contenu dans A:

Preuve. Soit x 2 A: Alors il existe r > 0 tel que B(x; r) A:


\
Donc B(x; r) = B(x; r) A; d’après les propriétés b) et c) de la proposition 1.2.28 précé-
dentes. Par suite A est un ouvert de Rn :
Montrons que A est le plus grand ouvert contenu dans A:
Soit O un ouvert contenu dans A: Donc O A: Comme O est un ouvert alors O = O et par
suite O A: Ainsi A est le plus grand ouvert contenu dans A:

Exemple 1.2.31 Dans (R; j:j); si a; b 2 R tel que a b alors on a :

db] = [a;
[a; db[ = ]a;
db[ = ]a;
db] = ]a; b[ :

Exemple 1.2.32 Dans (R2 ; k:k2 ); soit l’ensemble

A = (x; y) 2 R2 j 0 < x 1 = ]0; 1] R:

Montrons que A = f(x; y) 2 R2 j 0 < x < 1g = ]0; 1[ R:


Soit (x; y) 2 A: Donc 0 < x 1: On distingue les deux cas suivants.
1er cas : Supposons que 0 < x < 1: Montrons que (x; y) 2 A:
Soit r = min( x2 ; 1 2 x ): Alors r > 0 et B((x; y); r) A: En e¤et si (s; t) 2 B((x; y); r); on a :
p
k(x; y) (s; t)k2 = (x s)2 + (y t)2 < r:
1.2. OUVERTS, FERMÉS ET VOISINAGES 13

x 1 x
Donc js xj < r et par suite on a : js xj < 2
et js xj < 2
:
Il en résulte que s x > x2 et s x < 1 2 x : D’où s > x2 > 0 et s < 12 + x2 1:
Ceci entraîne 0 < s < 1; c’est-à-dire (s; t) 2 A: Ce qui donne B((x; y); r) A:
Par suite (x; y) 2 A:
2eme cas : On suppose que x = 1: Alors que (1; y) 2
= A: En e¤et on a :

8r > 0 (1 + 2r ; y) 2 B((1; y); r) et (1 + 2r ; y) 2


=A

puisque (1 + 2r ; y) (1; y) 2
= r
2
< r et 1 + r
2
> 1:
Donc 8r > 0 B((1; y); r) * A, par suite (1; y) 2
= A:
Il résulte alors des deux cas précédents que : A = f(x; y) 2 R2 j 0 < x < 1g :

[ = ?:
Exercice 1.2.33 1) Dans (R; j:j); montrer que l’intérieur de RnQ est RnQ
2) Dans (R2 ; k:k2 ); soit (a; b) 2 R2 et r > 0: Montrer que la sphère

S((a; b); r) = (x; y) 2 R2 j (x a)2 + (y b)2 = r2

est d’intérieur vide.

Dé…nition 1.2.34 Soit A Rn et a 2 Rn : On dit que a est un point (ou élément) adhérent
(ou point d’adhérence) de A si chaque voisinage de a rencontre A:
En d’autres termes si on a :
8V 2 V(a) V \ A 6= ?:
On note A l’ensemble des points adhérents à A et on l’appelle adhérence (ou fermeture de
A):

Remarque 1.2.35 Si A Rn et a 2 Rn ; on a :

a 2 A () 8r > 0 B(a; r) \ A 6= ?:

Exemple 1.2.36 Dans (R; j:j); 1 2 [0; 1[ puisqu’on a :

8r > 0 B(1; r) \ A = ]1 r; 1 + r[ \ [0; 1[ 6= ?:

Propriétés de l’adhérence d’un ensemble

Proposition 1.2.37 Soient A et B deux parties de Rn : On a les propriétés suivantes :


a) A A; ? = ? et Rn = Rn ;
b) A B =) A B;
c
d
c) (A)c = (A c ) et A = [Ac ];

d) A est fermé si et seulement si A = A:


14 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

Preuve.
Les démonstrations des propriétés a) et b) sont laissées au lecteur.
c) Soit a 2 Rn : On a :

a 2 (A)c () a 2
= A () 9r > 0 tel que B(a; r) \ A = ?

() 9r > 0 tel que B(a; r) d


Ac () a 2 (A c ):

Pour l’autre égalité on a :


c
a2 A () a2
= A () 8r > 0 B(a; r) * A

() 8r > 0 B(a; r) \ (Ac ) 6= ? () a 2 [Ac ]:

d) On a, d’après c) :

d
A est fermé () Ac est un ouvert () Ac = (A c)
" #c
d
() (Ac )c = (A c) () A = [(Ac )c ] = A:

Proposition 1.2.38 Soit A Rn : Alors l’adhérence A de A est un fermé de Rn : C’est le


plus petit fermé contenant A:

d
Preuve. D’après la propriété iii) précédente, (A)c = (A c ) et c’est un ouvert de Rn : Donc

A est un fermé de Rn contenant A:


Soit maintenant F un fermé de Rn contenant A: Donc d’après ii); on a A F : Comme
n
F = F d’après iv), alors A F: Par suite A est le plus petit fermé de R contenant A:

Exemple 1.2.39 Dans (R; j:j); si a; b 2 R tels que a b; on a :

[a; b] = [a; b[ = ]a; b[ = ]a; b] = [a; b] :

Exemple 1.2.40 Dans (R2 ; k:k2 ); soit l’enseble

A = (x; y) 2 R2 j 0 < x 1 = ]0; 1] R:

Montrons que :
A = (x; y) 2 R2 j 0 x 1 = [0; 1] R:
I On a par dé…nition : A A:
Montrons que pour tout y 2 R; (0; y) 2 A: Si r > 0 alors
r r
;y (0; y) = < r:
2 2 2
1.2. OUVERTS, FERMÉS ET VOISINAGES 15

Donc 2r ; y 2 B((0; y); r) \ A et par suite B((0; y); r) \ A 6= ?: D’où (0; y) 2 A:


On a alors montré que [0; 1] R A:
I Montrons l’inclusion inverse. Pour tout (x; y) 2 R2 ; on a :

(x; y) 2 A () 8r > 0 B2 ((x; y) ; r) \ A 6= ;


p
() 8r > 0 9 (u; v) 2 ]0; 1] R tel que : (u x)2 + (v y)2 < r
=) 8r > 0 9u 2 ]0; 1] tel que : ju xj < r
=) 8r > 0 ]0; 1] \ ]x r; x + r[ 6= ;
=) x 2 ]0; 1] = [0; 1]
=) (x; y) 2 [0; 1] R:

En conclusion on a alors : A = f(x; y) 2 R2 j 0 x 1g = [0; 1] R:

Exercice 1.2.41 Dans (R; j:j); montrer que Q = RnQ = R:

Remarque 1.2.42 D’après la proposition 1.2.17, si k:k0 et k:k sont deux normes équiva-
lentes dans Rn ; alors l’intérieur (respectivement l’adhérence) d’une partie A Rn est
le même pour ces deux normes.

Dé…nition 1.2.43 Soit A Rn non vide. On dit que A est dense dans Rn si A = Rn :

Exemple 1.2.44 D’après l’exercice précédent, Q et RnQ sont denses dans (R; j:j):

Exemple 1.2.45 Les ensembles Qn et (RnQ)n sont denses dans Rn pour les trois normes
k:k1 ; k:k2 et k:k1 : En e¤et, d’après la remarque 1.2.42, il su¢ t de montrer le résultat pour
l’une de ces normes puisqu’elles sont équivalentes. Considérons par exemple la norme k:k1 :
n
Soient a = (a1 ; a2 ; :::; an ) 2 Rn et r > 0: Comme B1 (a; r) = ]ai r; ai + r[ et Q est dense
i=1
dans R; alors B1 (a; r) \ Qn 6= ?:
On procède de la même manière pour la densité de (RnQ)n dans Rn :

Dé…nition 1.2.46 Soit A Rn et a 2 Rn : On dit que a est un point frontière de A si


chaque voisinage de a rencontre A et Ac : L’ensemble des points frontières de A; noté Fr (A)
ou @A; est appelé frontière de A: On a alors :

Fr (A) = A \ Ac :

Remarque 1.2.47 D’après la proposition 1.2.37, on a pour tout A Rn :


c
Fr (A) = A \ Ac = A \ A = A A:
16 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

Exemple 1.2.48 Dans (R; j:j) si a et b sont deux réels tels que a < b; on a :

Fr ([a; b]) = Fr ([a; b[) = Fr (]a; b[) = Fr (]a; b]) = [a; b] ]a; b[ = fa; bg :

Exemple 1.2.49 On a :

Fr (Q) = QnQ = Rn? = R et [ = Rn? = R:


Fr (RnQ) = RnQ RnQ

Attention : On se gardera toujours donc de faire appel à l’intuition pour calculer Fr (A)!!!

Exercice 1.2.50 , Dans (R2 ; k:k2 ); si a = (a1 ; a2 ) 2 R2 et r > 0 montrer que la frontière
de la boule ouverte B(a; r) (resp. la boule fermé B(a; r)) est le cercle

C(a; r) = (x; y) 2 R2 j (x a1 )2 + (y a2 )2 = r2 :

1.2.5 Points isolés et points d’accumulation


Dé…nition 1.2.51 Soit A Rn et a 2 A: On dit que a est un point isolé de A si

9r > 0 tel que B(a; r) \ A = fag :

On dit que a est un point d’accumulation de A si chaque voisinage de a contient une in…nité
de points de A: Autrement dit

8V 2 V(a) card [V \ A] = +1:

Remarque 1.2.52
F Un point d’accumulation d’un ensemble A est un point adhérent qui n’est pas isolé.
F Un point isolé d’un ensemble A est par dé…nition, un point qui appartient à A; mais
un point d’accumulation, comme un point adhérent, peut ne pas appartenir à A:
F Tout élément intérieur d’un ensemble A est un point d’accumulation de A.

Exemple 1.2.53 Dans (R; j:j); soient les ensembles

1
A = ]0; 1] [ f3g et B= jn2N :
n

3 est un point isolé de A car B(3; 1) \ A = ]2; 4[ \ A = f3g :


[0; 1] est l’ensemble de point d’accumulation de A car :
I 0 est un point d’accumulation de A: En e¤et

8r > 0 l’ensemble B(0; r) \ A = ]0; r[ \ A est un ensemble in…ni.


1.3. SUITES DANS RN 17

I Il est clair que tout élément de ]0; 1[ est un point d’accumulation de A car A = ]0; 1[ :
I 1 est aussi un point d’accumulation de A: En e¤et

8r > 0 l’ensemble B(1; r) \ A = ]1 r; 1] \ A est un ensemble in…ni.


1 1 1 1 1
Pour tout n 2 N ; est un point isolé de B: En e¤et pour r = =
n 2n(n + 1) 2 n n+1
on a :
1 2n + 1 2n + 3 1
B( ; r) \ B = ; \B =
n 2n(n + 1) 2n(n + 1) n
car 8n > 1
1 2n 2n + 1 1 2n + 2 2n + 3 1
= < < = < < :
n+1 2n(n + 1) 2n(n + 1) n 2n(n + 1) 2n(n + 1) n 1

0 est un point d’accumulation de B car

8r > 0 card(B(0; r) \ B) = card([0; r[ \ B) = +1:

Exemple 1.2.54 Dans (R2 ; k:k2 ); soient l’ensemble A dé…ni par :

A = (x; y) 2 R2 j 0 < x2 + y 2 < 1 [ (n; n) 2 R2 j n 2 N :

L’ensemble des points d’accumulation est f(x; y) 2 R2 j x2 + y 2 1g. Par exemple :


(0; 0) est un point d’accumulation de A car :

8r > 0 B((0; 0); r) \ A = (x; y) 2 R2 j 0 < x2 + y 2 < min(r; 1)

est un ensemble in…ni.


L’ensemble des points isolés est f(n; n) 2 R2 j n 2 N g :

1.3 Suites dans Rn


Dans toute cette section, on munit Rn d’une norme k:k :
Les notions de limite, de suite de Cauchy et de valeur d’adhérence d’une suite dé…nie dans
R s’étendent à Rn :

1.3.1 Limites de suites


Dé…nition 1.3.1 Soit (xp )p2N une suite d’éléments de Rn et soit a 2 Rn : On dit que la suite
(xp )p2N converge (ou tend) vers a si et seulement si

lim kxp ak = 0:
p !+1
18 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

Autrement dit
8" > 0 9N 2 N : 8p N kxp ak < ":
On dit aussi que a est une limite de la suite (xp )p2N

Remarque 1.3.2 On a aussi :

(xp )p2N converge vers a () 8r > 0 9N 2 N : 8p N xp 2 B(a; r)


() 8W 2 V(a) 9N 2 N : 8p N xp 2 W:

Proposition 1.3.3 Si une suite (xp )p2N admet une limite dans Rn alors cette limite est
unique. De plus la suite (xp )p2N est bornée, c’est à dire

9M > 0 tel que 8p 2 N kxp k M:

Preuve. Supposons que la suite (xp )p2N admet deux limites distinctes a et b: Comme
n
(R ; k:k) est séparé on a :

9 ; " > 0 tels que B(a; ) \ B(b; ") = ?: (1.1)

D’autre part, puisque (xp )p2N tend vers a et b; 9N1 ; N2 2 N tels que :

(kxp ak < 8p N1 ) et (kxp bk < " 8p N2 ):

Donc si N = max(N1 ; N2 ) on a :

xN 2 B(a; ) \ B(b; ") = ?:

Ceci contredit (1:1) . D’où l’unicité de la limite.


Montrons maintenant que si la suite (xp )p2N est convergente alors elle est bornée.
Soit l la limite unique de cette suite. Donc

9p0 2 N tel que kxp lk < 1 8p p0 :

D’où
kxp k kxp lk + klk < 1 + klk 8p p0 :
Soit M = max(kx1 k ; kx2 k ; :::; xp0 1 ; 1 + klk):
Alors on a :
kxp k M 8p 2 N:

Notation Si la suite (xp )p2N converge vers a dans Rn on écrit :

lim xp = a ou xp ! a ou tout simplement xp ! a:


p !+1 p !+1
1.3. SUITES DANS RN 19

Proposition 1.3.4 Soit k:k et k:k0 deux normes équivalentes sur Rn : Soient (xp )p2N une
suite dans Rn et a 2 Rn : Alors on a :

xp ! a pour k:k () xp ! a pour k:k0 :

Preuve. Puisque les deux normes sont équivalentes on a :

9 ; > 0 tels que kxk0 kxk kxk0 8x 2 Rn :

Donc
kxp ak0 kxp ak kxp ak0 8p 2 N:
On conclut par le théorème d’encadrement.

Remarque 1.3.5 D’après la proposition précédente 1.3.4, les suites convergentes sont les
mêmes pour les trois normes usuelles k:k1 ; k:k2 et k:k1 de Rn : C’est à dire si une
suite est convergente pour une norme usuelle elle est convergente pour les deux autres.

Exemple 1.3.6 Soit dans R2 la suite dé…nie par :


1
xp = (1 + ; 1 + e p )8p 2 N :
p
Alors on a :
1 1
kxp (1; 1)k1 = (1 + ) 1 + ( 1 + e p) ( 1) = +e p
! 0:
p p p !+1

Donc xp ! (1; 1) pour les trois normes usuelles.


p !+1

Proposition 1.3.7 Soit (xp )p2N une suite dans Rn dé…nie par

xp = (x1;p ; x2;p ; :::; xn;p ) 8p 2 N

et soit a = (a1 ; a2 ; :::; an ): Si k:k est l’une norme usuelle sur Rn alors on a :

lim kxp ak = 0 () 8i 2 f1; 2; :::; ng lim jxi;p ai j = 0:


p !+1 p !+1

Preuve. D’après la proposition 1.3.4, il su¢ t de montrer le résultat pour la norme in…nie
k:k1 .
=) ) Supposons que lim kxp ak1 = 0: Soit " > 0 alors on a :
p !+1

9N 2 N : kxp ak1 = max jxi;p ai j < " 8p N:


1 i n

Donc pour i 2 f1; 2; :::; ng on a :

jxi;p ai j max jxi;p ai j = kxp ak1 < " 8p N:


1 i n
20 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

Ce qui donne la convergence de la suite (xi;p )p2N dans R vers ai :


(= ) Réciproquement, supposons que

8i 2 f1; 2; :::; ng lim jxi;p ai j = 0:


p !+1

Soit " > 0 alors on a :

8i 2 f1; 2; :::; ng 9Ni 2 N : jxi;p ai j < " 8p Ni :

Soit N = max(N1 ; N2 ; :::; Nn ): Donc on a :

8i 2 f1; 2; :::; ng jxi;p ai j < " 8p N:

C’est à dire
max jxi;p ai j = kxp ak1 < " 8p N:
1 i n

Ce qui termine la démonstration du résultat.

Proposition 1.3.8 Soit (xp )p2N une suite dans Rn qui converge vers un élément a. Alors
la suite (kxp k)p2N converge vers kak.

Preuve. Puisque la suite (xp )p2N converge vers a; on a : lim kxp ak = 0:


p !+1
Comme jkxp k kakj kxp ak on a : lim kxp k = kak.
p !+1

1.3.2 Caractérisation de l’adhérence et des fermés par les suites


Proposition 1.3.9 Soit A Rn et a 2 Rn : Alors

a 2 A () 9(xp )p2N suite d’éléments de A tel que lim kxp ak = 0


p !+1

Preuve. =) ) On suppose que a 2 A: Donc


1
8p 1; B a; \ A 6= ?:
p
Par suite
1
8p 1 9xp 2 A tel que kxp ak < :
p
Ainsi on construit une suite (xp )p2N d’éléments de A telle que lim kxp ak = 0:
p !+1
(=) On suppose qu’il existe une suite (xp )p2N dans A telle que lim kxp ak = 0:
p !+1
Soit " > 0: Comme xp ! a alors

9N 2 N : xp 2 B(a; ") 8p N

Donc
B(a; ") \ A 6= ?:
Il s’ensuit que a 2 A:
1.3. SUITES DANS RN 21

Exemple 1.3.10 R2 est muni de l’une des trois normes usuelles.


n o 1 1
+ + 2
Soit A = (x; y) 2 R R j y = x : Alors (0; 0) 2 A; en e¤et la suite ; est
p p2 p 1
une suite d’éléments de A qui converge vers (0; 0) car :
1 1 1 1
; (0; 0) = + 2 ! 0:
p p2 1 p p p !+1

On peut aussi remarquer que A n’est pas fermé car A 6= A (l’élément (0; 0) 2 A mais
(0; 0) 2
= A):

Exercice 1.3.11 Montrer que B(a; r) = B(a; r) et B(a; \ r) = B(a; r): Notons que B(a; r)
est l’adhérence de la boule ouverte de centre a et de rayon r, B(a; r) est la boule fermée de
\
centre a et de rayon r; B(a; r) est l’intérieur de la boule ouverte de centre a et de rayon r;
et B(a; r) est la boule ouverte de centre a et de rayon r:

Corollaire 1.3.12 Soit A Rn une partie non vide de Rn : Alors A est fermé si et seulement
si pour toute suite (xp )p2N d’éléments de A on a :

xp ! x 2 Rn =) x 2 A:
p !+1

Preuve. On utilise la proposition 1.3.9


A fermé () A=A
() A A
() 8(xp )p2N suite dans A on a : xp ! x 2 Rn :
p !+1
=) x2A

Exemple 1.3.13 L’ensemble F = f(x; y) 2 R2 j x = 2y 2 y + 1g est fermé dans (R2 ; k:k1 ):


En e¤et, soit (up )p2N = (xp ; yp )p2N une suite dans F et u = (x; y) 2 R2 telle que :

up ! u = (x; y) 2 R2 :
p !+1

Donc
xp ! x et yp ! y:
p !+1 p !+1

d’après la proposition 1.3.7. D’autre part (xp ; yp ) 2 F 8p 2 N; par suite

xp = 2(yp )2 yp + 1 8p 2 N:

Comme yp ! y et la fonction réelle f (t) = 2t2 t + 1 est continue sur R; on a :


p !+1

xp = 2(yp )2 yp + 1 ! 2(y)2 y + 1:
p !+1

D’après l’unicité de la limite d’une suite, on a : x = 2(y)2 y + 1, C’est à dire (x; y) 2 F:


Par suite F est fermé d’après le corollaire 1.3.12.
22 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

1.3.3 Valeur d’adhérence d’une suite


Dé…nition 1.3.14 Soit (xp )p2N une suite dans Rn et soit a 2 R: On dit que a est une valeur
d’adhérence de la suite (xp )p2N si, pour tout voisinage V de a, l’ensemble fp 2 N j xp 2 V g
est in…ni.

Exemple 1.3.15 Soit (xp )p2N une suite dans R dé…nie par : xp = ( 1)p 8p 2 N:
Soit V un voisinage de 1: Alors l’ensemble fp 2 N j xp 2 V g = 2N est in…ni. Donc 1 est
une valeur d’adhérence de la suite (xp )p2N :
On établit de même que 1 est une valeur d’adhérence de la suite (xp )p2N :

Proposition 1.3.16 Soit (xp )p2N une suite dans Rn et soit a 2 Rn : Alors a est une valeur
d’adhérence de la suite (xp )p2N si et seulement s’il existe une sous-suite (xpk )k2N de (xp )p2N
qui converge vers a:

Preuve. =) ) On suppose que a est une valeur d’adhérence de la suite (xp )p2N :
Pour k = 1; l’ensemble V1 = B(a; 1) est un voisinage de a donc il existe p1 2 N tel que
xp1 2 V1 , par suite kxp1 ak < 1:
1
Pour k = 2 et V2 = B(a; ) qui est un voisinage de a; l’ensemble fp 2 N j xp 2 V2 g est
2
in…ni. Choisissons alors un élément de cet ensemble qu’on note p2 et qui véri…e p2 > p1 :
1
Alors kxp2 ak < :
2
Supposons qu’il existe p1 ; p2 ; :::; pi 2 N tels que
1
p1 < p2 < ::: < pi et kxpm ak < 8m 2 f1; 2; :::; ig
m
1
Pour k = i+1, soit Vi+1 = B a; un voisinage de a: Alors l’ensemble fp 2 N j xp 2 Vi+1 g
i+1
est in…ni. Choisissons alors un élément de cet ensemble qu’on note pi+1 et qui véri…e pi+1 > pi :
1
Alors xpi+1 a < :
i+1
Ainsi on construit par récurrence une sous-suite (xpk )k2N de la suite (xp )p2N telle que

1
kxpk ak < 8k 2 N :
k
Cette sous-suite converge alors vers a:
(= ) Réciproquement, supposons qu’il existe une sous-suite (xpk )k2N de la suite (xp )p2N telle
que
xpk ! a:
k !+1

Soit V un voisinage de a: Alors

9r > 0 j B(a; r) V:
1.4. PARTIES COMPACTES DE RN - EQUIVALENCE DES NORMES DANS RN 23

Puisque la suite (xpk )k2N converge vers a et r est strictement positif on a :

9K 2 N j kxpk ak < r 8k K:

Donc
xpk 2 B(a; r) V 8k K
Par suite l’ensemble fp 2 N j xp 2 V g est in…ni. Donc a est une valeur d’adhérence de la
suite (xp )p2N :

Corollaire 1.3.17 Si (xp )p2N est une suite convergente dans Rn alors elle admet une seule
valeur d’adhérence qui est sa limite

Preuve. Si xp ! a alors toute sous-suite de (xp )p2N converge vers a: Donc a est
p !+1
l’unique valeur d’adhérence de (xp )p2N ; d’après la proposition 1.3.16.

Exemple 1.3.18 On munit R2 de la norme in…nie. Soit la suite (xp )p2N dé…nie par :
p p 1
x2p = ;e et x2p+1 = 0; (p + 1) sin( 8p 2 N:
p+1 p+1
Il est clair que d’après la proposition 1.3.7 que x2p ! (1; 0) et x2p+1 ! (0; 1): Donc
p !+1 p !+1
la suite (xp )p2N admet deux valeurs d’adhérences (1; 0) et (0; 1) dans R2 :

Exercice 1.3.19 Montrer que ces deux éléments sont les seules valeurs d’adhérences.
Indication : Si (a; b) 6= (0; 1) et de (1; 0); on choisit un voisinage V de (a; b); un voisinage
V1 de (0; 1) et un voisinage V2 de (1; 0) qui sont disjoints deux à deux, puis on montre que
l’ensemble fp 2 N j xp 2 V g est vide ou …ni.

Remarque 1.3.20 Si une suite admet une seule valeur d’adhérence dans Rn ; elle n’est pas
nécessairement convergente comme le montre l’exemple suivant :

Exemple 1.3.21 Soit la suite (xp )p2N dé…nie sur R par :


1
x2p = et x2p+1 = p 8p 2 N:
p+1
Alors 0 est l’unique valeur d’adhérence de cette suite, pourtant elle est divergente.

1.4 Parties compactes de Rn - Equivalence des normes


dans Rn
1.4.1 Compacts de Rn
Dans toute cette section, on munit Rn d’une norme k:k :
24 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

Dé…nition 1.4.1 Soit A Rn : On dit que A est un borné s’il existe M > 0 tel que :

kxk M 8x 2 A:

C’est-à-dire A B(0; M )

Remarque 1.4.2 Il est clair que :


F Les boules ouvertes et les boules fermées de Rn sont toutes bornées.
F Les sphères sont bornées.

Remarque 1.4.3 Deux normes équivalentes sur Rn dé…nissent les mêmes ensembles bornés.

Dé…nition 1.4.4 Soit K Rn un ensemble non vide. On dit que K est un compact s’il est
fermé et borné.

Remarque 1.4.5
F Attention cette dé…nition n’est pas valable dans un espace vectoriel de dimension
in…nie:
F D’après la remarque précédente, les boules fermées et les sphères de (Rn ; k:k) sont des
compcts.
F Deux normes équivalentes dé…nissent les mêmes compacts dans Rn :

Exemple 1.4.6 L’ensemble fermé [a; b] est compact dans (R; j:j) 8a; b 2 R: C’est la boule
a+b b a
fermée de centre et de rayon :
2 2

1
Exemple 1.4.7 K = j n2N [ f0g est un compact dans (R; j:j): En e¤et on a :
n
I K est borné car K [0; 1)] :
1 1
I K est un fermé puisque K c = ] 1; 0[ [ ]1; +1[ [ [ ; :
n 1 n+1 n

x2 y 2
Exemple 1.4.8 K = (x; y) 2 R2 j + 1 est un compact dans (R2 ; k:k1 ): En
9 4
e¤et on a :
I K est borné puisqu’on a pour tout (x; y) 2 R2 :

x2 y 2
(x; y) 2 K =) + 1
9 4
=) x2 9 et y 2 4
=) jxj 3 et jyj 2
=) k(x; y)k1 3:
1.4. PARTIES COMPACTES DE RN - EQUIVALENCE DES NORMES DANS RN 25

C’est à dire K B((0; 0); 3):


I K est un fermé, en e¤et si ((xp ; yp ))p2N est une suite dans K qui converge vers
(x; y) 2 R; alors
(xp )2 (yp )2
+ 1 8p 2 N:
9 4
De plus on a, d’après la proposition 1.3.7 : xp ! x et yp ! y dans R:Par suite
p !+1 p !+1

(xp )2 (yp )2 x2 y 2
+ ! + 1:
9 4 p !+1 9 4

Donc (x; y) 2 K:

Exemple 1.4.9 ]1; +1[ n’est pas compact dans R, car il n’est pas borné.

On a le résultat fondamental suivant :

Théorème 1.4.10 (Bolzano-Weierstrass)


Soit K Rn un ensemble non vide. Alors K est compact si et seulement si de toute suite
de points de K on peut extraire une sous-suite convergente vers un élément de K: Autrement
dit K est compact si et seulement si toute suite de points de K admet une valeur d’adhérence
dans K:

1.4.2 Equivalence des normes de Rn


Théorème 1.4.11 Toutes les normes sur Rn sont équivalentes.

Preuve. Soit k:k une norme sur Rn : Montrons qu’elle est équivalente à la norme k:k1 :

I Soit (e1 ; e2 ; :::; en ) la base canonique de Rn et soit = max(ke1 k ; ke2 k ; :::; ken k) donc
> 0 et on a pour tout x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) 2 Rn :

X
n X
n X
n X
n
kxk = xi ei jxi j : kei k : jxi j = jxi j = kxk1 :
i=1 i=1 i=1 i=1

C’est à dire
kxk kxk1 8x 2 Rn : (1.2)

I Montrons que :
9 > 0 j 8x 2 Rn kxk1 kxk :

Supposons que ce résultat n’est pas vrai. Alors on a :

8p 2 N 9xp 2 Rn j kxp k1 > p kxp k :


26 CHAPITRE 1. TOPOLOGIE DE RN

Donc :
1
8p 2 N kxp k1 > 0 et kxp k < kxp k1 : (1.3)
p
Posons :
1
yp = xp 8p 2 N :
kxp k1
Alors on a pour tout p 2 N : kyp k1 = 1:
Donc (yp )p2N est une suite de points de la sphère unité de (Rn ; k:k1 ) dé…nie par :

S1 (0; 1) = fx 2 Rn j kxk1 = 1g :

D’autre part, d’après (1.3), on a pour tout p 2 N :

1 1 1 1 1
kyp k = xp = kxp k < kxp k1 = : (1.4)
kxp k1 kxp k1 kxp k1 p p

Comme cette sphère est compact dans (Rn ; k:k1 ) , d’après le théorème 1.4.10 il existe
une sous-suite (ypk )pk 2N qui converge vers un élément y 2 S1 (0; 1) pour la norme
k:k1 : Donc kyk1 = 1: De plus ona, d’après (1:2) :

kypk yk kypk yk1 8k 2 N

Donc ypk ! y pour la norme k:k :D’autre part, on a d’après (??) :


p !+1

1
8k 2 N kypk k < :
pk

Donc lim kypk k = 0; c’est à dire ypk ! 0 pour la norme k:k : Alors on a :
p !+1 p !+1

ypk ! y et ypk ! 0 pour la norme k:k :


p !+1 p !+1

D’après l’unicité de la limite 0 = y 2 S1 (0; 1). Ce qui donne une contradiction.

Corollaire 1.4.12 Soit a = (a1 ; a2 ; :::; an ) 2 R et soit (xp )p2N une suite dans Rn dé…nie
par :

xp = (x1;p ; x2;p ; :::; xn;p ) 8p 2 N:

Alors on a :

lim kxp ak = 0 () 8i 2 f1; 2; :::; ng lim jxi;p ai j = 0:


p !+1 p !+1

Preuve. La démonstration est similaire à celle de la proposition 1.3.7.


1.5. SUITE DE CAUCHY 27

Exemple 1.4.13 Soit la suite (xp )p2N dé…nie par :


p
xp = (e p ; ; Arctg(p)) 8p 2 N:
1+p

Cette suite converge vers (0; 1; 2 ) pour toute les normes k:k sur R3 puisqu’on a :

p p
e ! 0; ! 1 et Arctg(p) ! dans R:
p !+1 1+p p !+1 p !+1 2
dans R:

1.5 Suite de Cauchy


Soit k:k une norme sur Rn :

Dé…nition 1.5.1 On dit qu’une suite (xp )p2N dans Rn est de Cauchy si et seulement si

8" > 0 9N 2 N 8(p; q)2 N2 p; q N =) kxp xq k < ":

Remarque 1.5.2 On a les propriétés suivantes :


FLes normes de Rn dé…nissent les mêmes suites de Cauchy puisqu’elles sont équiva-
lentes.
FToute suite de Cauchy dans Rn est bornée.
FToute suite convergente dans Rn est une suite de Cauchy.

Exercice 1.5.3 Montrer les trois propriétés de la remarque 1.5.2.

Proposition 1.5.4 Toute suite de Cauchy dans (Rn ; k:k) est convergente. On dira alors que
(Rn ; k:k) est complet.

Preuve. Puisque les normes dans Rn sont équivalentes, il su¢ t d’établir le résultat
pour la norme k:k1 : Soit (xp )p2N une suite de Cauchy dans Rn pour la norme k:k1 avec
xp = (x1;p ; x2;p ; :::; xn;p ) pour tout p 2 N: La relation :

kxp xq k1 = max jxi;p xi;q j 8(p; q)2 N2


1 i n

montre que pour tout i 2 f1; 2; :::; ng, la suite (xi;p )p2N est de Cauchy dans R; donc elle
converge vers un réel ai : Le corollaire 1.4.12 montre que la suite (xp )p2N converge vers
a = (a1 ; a2 ; :::; an ) dans (Rn ; k:k):Par suite (Rn ; k:k) est un espace vectoriel normé complet.
Chapitre 2

Fonctions de Rn dans Rm

Dans cette section on munit Rn et Rm de deux normes quelconques qu’on désignera par
le même symbole k:k.

2.1 Limite d’une fonction en un point


2.1.1 Dé…nitions et propriétés
Dé…nition 2.1.1 Soit M Rn un ensemble non vide et soit f : M ! Rm une fonction.
Soit x0 2 M et l 2 Rm : On dit que la fonction f tend vers l quand x tend vers x0 si
on a :

8" > 0 9r > 0 8x 2 M kx x0 k < r =) kf (x) lk < ":

On dira aussi que l est la limite de la fonction f quand x tend vers x0 :

Remarque 2.1.2
F Dans la dé…nition 2.1.1, puisque x0 2 M on a :

8r > 0 M \ B(x0 ; r) 6= ?:

Autrement dit, pour tout r > 0; l’ensemble fx 2 M j kx x0 k < rg n’est pas vide.

F f tend vers l quand x ! x0 () kf (x) lk tend vers 0 quand x ! x0 :

Proposition 2.1.3 Sous les hypothèses de la dé…nition 2.1.1, si f admet une limite
quand x tend vers x0 alors cette limite est unique.

Preuve. Supposons que f admet deux limites distinctes l et l0 quand x tend vers x0 :
Comme Rm est séparé alors

9 ; > 0 tels que B(l; ) \ B(l0 ; ) = ? dans Rm : (2.1)

31
32 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

l et l0 étant des limites de f alors


(
kx x0 k < r1 =) kf (x) lk < :
9r1 ; r2 > 0 tels que 8x 2 M
kx x0 k < r2 =) kf (x) l0 k < :

Soit r = min(r1 ; r2 ): Donc

8x 2 M kx x0 k < r =) kf (x) lk < et kf (x) l0 k < :

Comme M \ B(x0 ; r) 6= ? dans Rn alors on a : B(l; ) \ B(l0 ; ) 6= ? dans Rm : Ce qui


contredit (2.1). Ce qui est absurde.
On notera cette limite lim f (x) = l ou encore f (x) ! l:
x !x0 x !x0

Remarque 2.1.4 Sous les hypothèses de la dé…nition 2.1.1 on a :


F f (x) ! l si et seulement si pour tout voisinage V de l dans Rm il existe un voisinage
x !x0
U de x0 dans Rn tel que :
f (U \ M ) V
F Pour tout voisinage U de x0 dans Rn on a : U \ M 6= ? car x0 2 M :
F Si x0 2 M et lim f (x) = l alors l = f (x0 ): En e¤et on aura dans ce cas
x !x0
kf (x0 ) lk < " 8" > 0: Donc kf (x0 ) lk = 0 et par suite f (x0 ) = l:

Dé…nition 2.1.5 Soit M Rn non vide et f : M ! Rm une fonction. Soit X M non


vide et x0 2 X: On dit que f tend vers l sur X (ou suivant X) si la restriction fX de f
à X tend vers l quand x tend vers x0 : On écrit alors

lim f (x) = l:
x !x0
x2X

Remarque 2.1.6

F lim f (x) = l () 8" > 0 9r > 0 8x 2 X kx x0 k < r =) kf (x) lk < ":


x !x0
x2X

F Si M Rn non vide, f : M ! Rm une fonction et X M non vide avec x0 2 X;


alors l’existence de la limite suivant la partie X n’entraine pas l’existence de la limite
suivant M . (Voir l’exemple 2.1.9)
F Le théorème d’encadrement pour le calcul des limites s’étend trivialement au cas des
fonctions dé…nies d’une partie de Rn dans R:
F Si X = M j fx0 g ; la limite de f quand x tend vers x0 suivant X quand elle existe
sera tout simplement notée
lim f (x):
x !x0
x6=x0
2.1. LIMITE D’UNE FONCTION EN UN POINT 33

F lim f (x) = l () 8X M avec x0 2 X on a : lim f (x) = l:


x !x0 x !x0
x2X

cette remarque est souvent utilisée pour montrer que f n’admet pas de limite quand x
tend vers x0 : Pour cela il su¢ t de déterminer X M tel que x0 2 X et lim f (x)
x !x0
x2X
n’existe pas ou encore il su¢ t de déterminer deux parties X1 et X2 telles que
x0 2 X1 \ X2 et lim f (x) 6= lim f (x): Voir l’exemple 2.1.9.
x !x0 x !x0
x2X1 x2X2
F Si X = V \ M avec V 2 V(x0 ) alors x0 2 V \ M car V est un voisinage de x0 et
x0 2 M : De plus on a :

lim f (x) = l () lim f (x) = l


x !x0 x !x0
x2M x2V \M

Preuve. =)) Déjà vue.


(=) Comme V 2 V(x0 );
9 > 0 tel que B(x0 ; ) V:
Donc B(x0 ; ) \ M V \ M:
Supposons que lim f (x) = l et soit " > 0: Donc 9 > 0 tel que :
x !x0
x2V \M

8x 2 V \ M kx x0 k < =) kf (x) lk < ":

Soit r = min( ; ) et x 2 M tel que kx x0 k < r: Alors on a :

kx x0 k < r < =) x 2 B(x0 ; ) \ M =) x 2 V \ M

De plus
[kx x0 k < r < et x 2 V \ M ] =) kf (x) lk < ":
Par suite on a : lim f (x) = l:
x !x0
x2M

2 jxj 2 jyj
Exemple 2.1.7 Dans (R ; k:k2 ); soit la fonction f dé…nie par f (x; y) = 3 :
(x2 + y 2 ) 2
On a : Df = R2 j f(0; 0)g où Df désigne le domaine de dé…nition de la fonction f:
On a aussi : (0; 0) 2 Df car Df = R2 : D’autre part

8(x; y) 2 R2 ; jxj k(x; y)k2 et jyj k(x; y)k2 :

Donc 5
+1
k(x; y)k22 1
0 f (x; y) 3 = k(x; y)k2
2
8(x; y) 2 R2 j f(0; 0)g :
k(x; y)k2
Par suite lim f (x; y) = 0; d’après le théorème d’encadrement.
(x;y) !(0;0)
34 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

ln(x + ey )
Exemple 2.1.8 Dans (R2 ; k:k2 ); soit la fonction f dé…nie par f (x; y) = p :
x2 + y 2

(x; y) 2 Df () x2 + y 2 6= 0 et x > ey :
Donc Df = f(x; y) 2 R2 j (x; y) 6= (0; 0) et x > ey g :
Puisque lim ( n1 ; n1 ) = (0; 0) et 8n 2 N ( n1 ; n1 ) 2 Df ; on a (0; 0) 2 Df :
n !+1
D’autre part f est dé…nie sur un voisinage de (0; 0) sauf en (0; 0) car
lim (x + ey ) = 1 > 0:
(x;y) !(0;0)
y
Comme lim f (0; y) = lim n’existe pas, lim f (x; y) n’existe pas.
y !0 y !0 jyj (x;y) !(0;0)
y6=0 y6=0

xy
Exemple 2.1.9 Dans (R2 ; k:k2 ); soit la fonction f dé…nie par f (x; y) = :
x2 + y2
Alors Df = R2 j f(0; 0)g et (0; 0) 2 Df :
1
Comme lim f (x; x) = et lim f (x; 0) = 0; lim f (x; y) n’existe pas.
x !0 2 x !0 (x;y) !(0;0)
x6=0 x6=0

2.1.2 Propriétés
Ce sont les mêmes que pour les fonctions réelles dé…nies sur une partie de R (somme,
produit par un scalaire, produit et rapport lorsqu’ils sont dé…nies).
0 1 0 1
On a aussi les mêmes formes indéterminées pour les fonctions réelles : +1 1; 0:1; ; ;0;1
0 1
et 10 :
Pour établir la propriété pour le produit ou le quotient (lorsque les fonctions sont à valeurs
réelles) on peut utiliser les suites.
La propriété pour la somme est triviale.
Comme conséquence immédiate de la dé…nition de la limite on a la propriété importante
suivante.

Remarque 2.1.10 Soit f : M Rn ! Rm une fonction et l 2 Rm :


Soient A et B deux parties non vides de Rn telles que A [ B = M et soit x0 2 A \ B:
Alors on a :

lim f (x) = l () lim f (x) = lim f (x) = l:


x !x0 x !x0 x !x0
x2A x2B

Ce résultat s’étend facilement au cas de p parties A1 ; A2 ; :::; AP de Rn telles que :


A1 [ A2 [ ::: [ AP = M et x0 2 A1 \ A2 \ ::: \ Ap .

Preuve. =)) Evidente d’après le point 5 de la remarque (2.1.6).


(=) Supposons que M = A [ B; x0 2 A \ B et lim f (x) = lim f (x) = l:
x !x0 x !x0
x2A x2B
2.1. LIMITE D’UNE FONCTION EN UN POINT 35

Soit " > 0 alors 9r1 ; r2 > 0 tels que :

8x 2 A kx x0 k < r1 =) kf (x) lk < " et 8x 2 B kx x0 k < r2 =) kf (x) lk < ":

Soit r = min(r1 ; r2 ) et soit x 2 M tel que kx x0 k < r:


Alors [x 2 A et kx x0 k < r1 ] ou [x 2 B et kx x0 k < r2 ] par suite

kf (x) lk < ":

Ce qui donne le résultat.

2.1.3 Limite d’une fonction composée


On a le résultat fondamental suivant :

Proposition 2.1.11 Soient A Rn et B Rm deux ensembles non vides. Soient


f : A ! Rm et g : B ! Rp deux fonctions avec f (A) B: Soit a 2 A et b 2 B:

Si lim f (x) = b et lim g(y) = c (c 2 Rp ) alors on a : lim g(f (x)) = c:


x !a y !b x !a

Preuve. Soit " > 0: Comme g(y) ! c alors :


y !b

9r > 0 tel que 8y 2 B ky bk < r =) kg(y) ck < ":

D’autre part f (x) ! b; donc :


x !a

pour r > 0 9 > 0 tel que 8x 2 A kx ak < =) kf (x) bk < r:

Il résulte que

8x 2 A kx ak < =) kf (x) bk < r =) kg(f (x)) ck < ":

D’où le résultat.

Remarque 2.1.12 Dans la pratique pour calculer lim g(f (x)); on e¤ectuera souvent le
x !a
changement de variable y = f (x) puis on calcule lim g(y):
y !b

Exemple 2.1.13 Dans R2 soit la fonction dé…nie par :


8
> 1
<
f (x; y) = e x + y si x + y > 0
>
: x2 + y 2 si x + y 0:
36 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

"
2

!
4 3 2 1 0 1 2 3 4

Alors Df = R2 :
Soit A = f(x; y) 2 R2 j x + y > 0g et B = f(x; y) 2 R2 j x + y 0g :
Alors on a : A [ B = R2 et (0; 0) 2 A [ B
1 1
lim f (x; y) = lim e x + y = lim + e X = 0:
(x;y) !(0;0) (x;y) !(0;0) X !0
(x;y)2A x+y>0

lim f (x; y) = lim (x2 + y 2 ) = 0:


(x;y) !(0;0) (x;y) !(0;0)
(x;y)2B x+y 0

Donc lim f (x; y) = 0:


(x;y) !(0;0)

2.1.4 Caractérisation de la limite par les suites


Proposition 2.1.14 Soit M Rn ; a 2 M ; l 2 Rm et f : M ! Rm :
Alors f (x) ! l si et seulement si pour toute suite (xp )p2N de points de M qui tend vers
x !a
a on a f (xp ) ! l:
p !+1

Preuve. =)) Soit " > 0: On a f (x) ! l; donc


x !a

9r > 0 tel que 8x 2 M kx ak < r =) kf (x) lk < ":

Soit (xp )p2N une suite de points de M qui converge vers a: Alors

9N 2 N tel que 8p N kxp ak < r:

Donc
8p N kf (xp ) lk < ":
Par suite f (xp ) ! l:
p !+1
(=) Supposons pour la réciproque que pour toute suite (xp )p2N de points de M qui tend
2.1. LIMITE D’UNE FONCTION EN UN POINT 37

vers a on a f (xp ) ! l:
p !+1
Supposons de plus que f (x) 9 l: Donc
x !a

1
9"0 > 0 tel que 8p N 9xp 2 M avec kxp ak < et kf (xp ) lk > "0 :
p
Ainsi on construit une suite (xp )p2N de points de M telle que

xp ! a et f (x) 9 l:
p !+1 x !a

Ce qui contredit l’hypothèse. Par suite f (x) ! l:


x !a

1
Exemple 2.1.15 Dans R2 soit la fonction dé…nies par : f (x; y) = cos
x2 + y 2
Df = R2 j f(0; 0)g et (0; 0) 2 Df :
Soit la suite (xp ; yp )p2N dé…nie par : 8p 2 N (xp ; yp ) = 0; p1p :
Il est clair que (xp ; yp ) ! (0; 0): Cependant f (xp ; yp ) = cos(p ) = ( 1)p qui n’a pas
p !+1
de limite quand p ! +1: Par suite f (x; y) n’a pas de limite quand (x; y) ! (0; 0):

2.1.5 Rapport avec les limites des composantes


Le résultat suivant nous permet de se ramener à des fonctions à valeurs réelles

Proposition 2.1.16 Soit M Rn ; a 2 M et l = (l1 ; l2 ; ::::; lm ) 2 Rm :


Soit la fonction
f: M ! Rm
x 7! (f1 (x); f2 (x); :::; fm (x)):
Alors on a :

lim f (x) = l () 8i 2 f1; 2; :::; mg lim fi (x) = li :


x !a x !a

On note f = (f1 ; f2 ; :::; fm ) et les fonctions f1 ; f2 ; :::; fm sont appelées fonctions composantes
de f (fi : M ! R 8i):

Preuve.
f (x) ! l () 8(xp )p2N dans M; xp ! a =) f (xp ) ! l (Proposition 2.1.14)
x !a
() 8(xp )p2N dans M; 8i 2 f1; 2; :::; mg xp ! a =) fi (xp ) ! l (Corollaire 1.4.12)
() 8i 2 f1; 2; :::; mg fi (x) ! l:
x !a

Exemple 2.1.17 Dans R2 soit la fonction dé…nies par :


sin(xy) p 2
f (x; y) = cos ; x + y 2 ; ln(1 + jyj) :
xy
Df = R2 j f(x; y) 2 R2 j x = 0 ou y = 0g alors (0; 0) 2 Df :
38 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

"
2

!
4 3 2 1 0 1 2 3 4

sin(xy) sin(X)
lim = lim = 1 (X = xy);
(x;y) !(0;0) xy X !0 X
X6=0
p
lim x2 + y 2 = 0;
(x;y) !(0;0)
lim ln(1 + jyj) = 0:
(x;y) !(0;0)

Par suite d’après la proposition 2.1.16 lim f (x; y) = (1; 0; 0):


(x;y) !(0;0)
38 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

2.2 Fonctions continues


2.2.1 Dé…nition et caractérisation de la continuité
Dé…nition 2.2.1 Soit M Rn ; x0 2 M et f : M ! Rm une fonction. On dit que f est
continue en x0 si on a :
lim f (x) = f (x0 ):
x !x0

On dit que f est continue sur A M si elle est continue en tout point de A:

Remarque 2.2.2

F f continue en x0 () 8" > 0 9r > 0 8x 2 M kx x0 k < r =) kf (x) f (x0 )k < ":

F Si f : M ! Rm est constante alors elle est continue sur M:


F Si ; 2 R et f; g : M ! Rm sont continues au point x0 2 M (respectivement sur
A M ) alors la fonction f + g est continue en x0 (respectivement sur A M ):
F Si A M est un ensemble non vide et f : M ! Rm alors on a :

f est continue sur A =) fA est continue sur A:

Mais on prendra garde que la continuité de fA sur A n’entraine pas la continuité


de f sur A.
2.2. FONCTIONS CONTINUES 39

Exemple 2.2.3
f: R ! R (
1 si x 2 Q
x 7! f (x) =
0 si x 2 R j Q:
fQ est constante sur Q donc elle est continue sur Q; mais la fonction f n’est continue en
aucun point de Q:

Remarque 2.2.4 Soit f : M ! Rm et W un ouvert de Rn tel que W M: Alors on a :

f continue sur W () fW continue sur W:

=)) L’implication directe découle de la remarque (2.2.2) précédente.


(=) Supposons que fW est continue sur l’ouvert W:
Soit x0 2 W et " > 0; comme fW est continue en x0 ; on a :

9 > 0 tel que 8x 2 W kx x0 k < =) kfW (x) fW (x0 )k < ":

Comme W est un ouvert, 9r > 0 B(x0 ; r) W:


Soit = min(r; ): Alors pour tout x 2 M on a :

kx x0 k < =) x 2 B(x0 ; ) B(x0 ; r) W et kx x0 k <


=) kf (x) f (x0 )k = kfW (x) fW (x0 )k < ":

Par suite f est continue sur W:

Le résultat suivant ramène l’étude de la continuité au cas des fonctions à valeurs réelles.

Proposition 2.2.5 Soit M Rn ; x0 2 M; A M un ensemble non vide et


f = (f1 ; f2 ; :::; fm ) : M ! Rm une fonction. Alors on a :

f continue en x0 () 8i 2 f1; 2; :::; mg fi continue en x0 :

f continue sur A () 8i 2 f1; 2; :::; mg fi continue sur A:

Preuve. C’est une conséquence immédiate de la proposition 2.1.16.


Dans le théorème suivant, on établit une caractérisation de la continuité par les images
réciproques des ouverts et des fermés.

Théorème 2.2.6 Soit f : Rn ! Rm : Alors les propositions suivantes sont équivalentes.


a) f est continue sur Rn ;
b) pour tout ouvert O de Rm ; f 1 (O) est un ouvert de Rn ;
c) pour tout fermé F de Rm ; f 1 (F ) est un fermé de Rn :
40 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

Preuve. L’équivalence des propositions b) et c) découle de la relation


1 c 1
f (A) =f (Ac ) 8A Rn :

Il su¢ t donc de montrer que a) () b):


a) =) b) : On suppose que f est continue sur Rn :
Soit O un ouvert de Rm et x0 2 f 1 (O): Donc f (x0 ) 2 O:
Comme O est un ouvert
9" > 0 j B(f (x0 ); ") O:
f est continue en x0 ; donc :

9r > 0 tel que kx x0 k < r =) kf (x) f (x0 )k < ":

Par suite
f (B(x0 ; r)) B(f (x0 ); ") O:
D’où
1
B(x0 ; r) f (O):
Par suite f 1 (O) est un ouvert de Rn :
b) =) a) : On suppose que b) est vraie.
Soit x0 2 Rn et " > 0: D’après l’hypothèse f 1 (B(f (x0 ); ")) est un ouvert de Rn qui contient
x0 : Donc
9r > 0 tel que B(x0 ; r)) f 1 (B(f (x0 ); ")):
D’où
f (B(x0 ; r))) (B(f (x0 ); ")):
C’est à dire
8x 2 Rn kx x0 k < r =) kf (x) f (x0 )k < ":
Donc f est continue en tout x0 de Rn : Par suite f est continue sur Rn :

Remarque 2.2.7
F Le théorème 2.1.2 est très souvent utilisé pour montrer qu’un ensemble donné est
ouvert (respectivement fermé). Par exemple si f : Rn ! R: est une fonction
continue sur Rn est a 2 R; alors les ensembles
8
> n 1
< fx 2 R j f (x) = ag = f (fag);
fx 2 Rn j f (x) ag = f 1 (] 1; a]) et
>
:
fx 2 Rn j f (x) ag = f 1 ([a; +1[)
sont des fermés dans Rn : Les ensembles
(
fx 2 Rn j f (x) < ag = f 1
(] 1; a[) et
fx 2 Rn j f (x) < ag = f 1
(]a; +1[)
2.2. FONCTIONS CONTINUES 41

sont des ouverts dans Rn :


F Si f : Rn ! Rm est continue sur Rn ; l’image directe d’un ouvert (respectivement
fermé) n’est pas nécessairement un ouvert respectivement un fermé de Rn :
F Si W est un ouvert de Rn et f : W ! Rm est une fonction continue sur W: Alors,
d’après la remarque 2.2.4; on a le même résultat que le théorème 2.2.6.

Exemple 2.2.8 Soit la fonction

f: R ! R
x 7 ! jxj

f est continue sur R et l’image directe de l’ouvert ] 1; 1[ est l’intervalle [0; 1[ qui n’est ni
ouvert ni fermé dans R:

Exemple 2.2.9 Soit la fonction

f: R ! R
x 7 ! arctg(x)

i h
f est continue sur R et l’image directe du fermé R est l’intervalle ; qui n’est pas
2 2
fermé dans R:

A l’aide de la proposition 2.1.14 on peut établir la caractérisation suivante de la continuité


par les suites.

Proposition 2.2.10 Soit M Rn ; a 2 M; et f : M ! Rm une fonction. Alors f est


continue en a si et seulement si pour toute suite (xp )p2N de points de M convergente
vers a on a f (xp ) ! f (a):
p !+1

Exemple 2.2.11 Dans R2 soit la fonction :


8
< sin(xy) si (x; y) 6= (0; 0)
f (x; y) = x2 + y 2
:
0 si (x; y) = (0; 0)

Df = R 2 .
1
sin(
)
1 1 1 1 p2 1
On a ( ; ) ! (0; 0) et f ( ; ) = ! 6= f (0; 0):
p p p p 2 p !+1 2
p2
Donc f n’est pas continue en (0; 0) d’après la proposition 2.2.10.
42 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

2.2.2 Propriétés et exemples de fonctions continues


On a déjà vu que si f; g : M ! Rm sont continues en un point x0 de M (respectivement
A M ) et si ; 2 R alors la fonction f + g est continue en x0 (respectivement sur
A M ):
Pour le produit et le quotient on a le résultat suivant qui découle trivialement de la propo-
sition 2.2.10

Proposition 2.2.12 Soit M Rn ; x0 2 M et f; g : M ! R deux fonctions continues en


x0 (respectivement sur A M ):
Alors le produit f g est continue en x0 (respectivement sur A):
f
Si de plus g ne s’annule pas sur M alors est continue en x0 (respectivement sur A):
g

Remarque 2.2.13 La proposition 2.2.12 permet de construire facilement des fonctions


continues.

Rappelons maintenant quelques dé…nitions.


I Pour i 2 f1; 2; :::; ng on appelle iieme projection dé…nie sur Rn , l’application

pi : Rn ! R
(x1 ; x2 ; :::; xn ) 7! xi

I On appelle fonctions polynôme à n variables x1 ; x2 ; :::; xn toute combinaison linéaire de


fonctions dutype

(x1 ; x2 ; :::; xn ) 7! x1 q1 x2 q2 :::xn qn où q1 ; q2 ; :::; qn 2 N:

I Une fonction polynôme à n variables est dé…nie sur Rn :

1 p
Exemple 2.2.14 Dans R3 P (x1 ; x2 ; x3 ) = 2x2 2 x3 x1 x2 3 x3 5 + 5:
2

On appelle fonction rationnelle à n variables, le quotient de deux fonctions polynômes


à n variables.
Le résultat suivant nous o¤re des types de fonctions usuelles continues.

Proposition 2.2.15
a) Pour tout i 2 f1; 2; :::; ng ; la iieme projection Pi est continue sur Rn :
b) Toute fonction polynôme à n variables est continue sur Rn :
c) Toute fonction rationnelle à n variables est continue sur son domaine de dé…nition
qui est un ouvert de Rn :
2.2. FONCTIONS CONTINUES 43

Preuve. a) Soit (xp )p2N une suite de Rn qui converge vers a = (a1 ; a2 ; :::; an ) avec
xp = (x1;p ; x2;p ; :::; xn;p ) 8p 2 N: Donc, d’après le corollaire 1.4.12, on a :
8i 2 f1; 2; :::; ng ; xi;p ! ai ; c’est à dire Pi (xp ) ! Pi (a):
p !1
Par suite Pi est continue en a; d’après la proposition 2.2.10.
b) La fonction (x1 ; x2 ; :::; xn ) 7! x1 q1 x2 q2 :::xn qn où q1 ; q2 ; :::; qn 2 N est un produit de fonctions
continues sur Rn (toutes des projections). Donc elle est continue sur Rn d’après la proposition
2.2.12. Par suite toute fonction polynôme à n variables est continue sur Rn :
P (x)
c) Soit x 7! f (x) = une fonction rationnelle à n variables (P et Q sont des fonctions
Q(x)
polynômes à n variables).
On a Df = fx 2 Rn j Q(x) 6= 0g = Q 1 (R ) est un ouvert de Rn puisque Q est continue
sur Rn et R est un ouvert de R (d’après le théorème 2.2.6).
P
f= est alors continue sur Df d’après la proposition 2.2.12.
Q
x3 + y 3
Exemple 2.2.16 Dans R2 soit la fonction f (x; y) = :
x y
f est dé…nie et continue sur l’ouvert Df = R2 j f(x; y) 2 R2 j y = xg :

2.2.3 Continuité d’une fonction composée


De la proposition 2.1.11 on déduit immédiatement le résultat important suivant :

Proposition 2.2.17 Soient A Rn et B Rm deux ensembles non vides et a 2 A. Soient


f : A ! Rm et g : B ! Rp deux fonctions telles que f (A) B.
Si f est continue en a et g est continue en f (a) alors la composée gof est continue en a:

x2 y2
Exemple 2.2.18 f (x; y) = ln 1
9 4
x2 y 2
D = Df = (x; y) 2 R2 j + <1
9 4
1 x2 y 2
D est un ouvert puisque D = ' (] 1; 1[) où '(x; y) = + est une fonction continue
9 4
sur R2 :
x2 y 2
La courbe (C) d’équation " + = 0" est l’ellipse de sommets A1 (3; 0) A2 ( 3; 0) B1 (0; 2) et
9 4
B2 (0; 2):
x2 y 2
La fonction (x; y) ! 1 est continue sur D (fonction polynôme) et elle est
9 4
strictement positive sur D: Donc f est continue sur D:

2.2.4 Continuité et compacité


Théorème 2.2.19 Soit K un compact et f : K ! Rn une fonction continue sur K: Alors
f (K) est un compact de Rn :
44 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

Preuve. Soit (yp )p2N une suite de points de f (K): Donc il existe une suite de points
(xp )p2N de K telle que
yp = f (xp ) 8p 2 N:
Comme K est compact alors il existe une sous-suite extraite (xpk )k2N de (xp )p2N qui converge
vers un élément x 2 K:
Donc f (xpk ) ! f (x) car f est continue sur K:
k !+1
Par suite il existe une sous-suite extraite (ypk )k2N de (yp )p2N qui converge vers f (x) 2 f (K):
Donc f (K) est compact d’après le théorème 1.4.10.

Corollaire 2.2.20 Soit K un compact et f : K ! R une fonction continue sur K: Alors


f est bornée et atteint ses bornes.

Preuve. f (K) est compact, d’après le théorème 2.2.6. Donc f (K) est un fermé bornée
de R: Par suite f est bornée et on a inf f (x) et supf (x) 2 f (K) = f (K): Donc
x2K x2K

9a; b 2 K tels que inf f (x) = f (a) et supf (x) = f (b):


x2K x2K

2.2.5 Homéomorphismes
Soient A Rn ; B Rm deux ensembles non vides et f : A ! B une application. On
dira que f est continue sur A si elle est continue en tant qu’application de A vers Rm :

Dé…nition 2.2.21 On dit que f : A ! B est un homéomorphisme si f est bijective


continue sur A et f 1 est continue sur B. On dira dans ce cas que A et B sont homéo-
morpheset que f est une bijection bicontinue.

Remarque 2.2.22
F Toute fonction ' continue et strictement monotone sur un intervalle I de R est un
homéomorphisme de I vers l’intervalle J = '(I):
F La composition de deux homéomorphismes est un homéomorphisme.
F Les intervalles [a; b] et ] ; [ ne sont pas homéomorphes.
F Si A et B sont homéomorphes, B et C sont homéomorphes, alors A et C sont
homéomorphes.

Exemple 2.2.23 Les intervalles ouverts non vides de R sont homéomorphes. En e¤et :
(Il est clair que R est un intervalle ouvert car R=] 1; +1[):
I 1ier cas Soient A = ]0; 1[ et B = ]a; b[ deux intervalles bornés. Alors l’application :

': ]0; 1[ ! ]a; b[


t 7 ! (1 t)a + tb = a + t(b a)
2.2. FONCTIONS CONTINUES 45

est une bijection bicontinue. Donc les intervalles ouverts bornés de R sont homéo-
morphes.
I 2ieme cas. Tout intervalle ouvert borné est homéomorphes à R:
D’après le point 4) de la remarque 2.2.22, il su¢ t de montrer qu’un intervalle ouvert
borné de R est homéomorphe à R. Soit alors l’application :
i h
': ; ! R
2 2
t 7 ! tg(t)

' est une bijection bicontinue.


I 3ieme cas. Les intervalles ouverts non bornés sont aussi homéomorphes à R.
Les applications

]a; +1[ ! ]0; +1[ ] 1; a[ ! ]0; +1[ ln : ]0; +1[ ! R


x 7 ! x a x 7 ! a x x 7 ! ln x

sont des bijections continues.

Nous admettrons le résultat suivant :

Proposition 2.2.24 Soit K un compact de Rn , K 0 un compact de Rm et f : K ! K 0 une


bijection continue. Alors f 1 est continue sur K 0 . Autrement dit f est un homéomor-
phisme.
2.2. FONCTIONS CONTINUES 45

2.2.6 Fonctions uniformément continues


Dé…nition 2.2.25 Soient M Rn un ensemble non vide et f : M ! Rm une fonction.
On dit que f est uniformément continue sur M si on a :

8" > 0 9r > 0 8x; y 2 M kx yk < r =) kf (x) f (y)k < ":

Remarque 2.2.26
F Dans la dé…nition 2.2.25, le réel r ne dépend que de ": Cependant dans la dé…nition
de la continuité de f sur M le réel r dépend à la fois de x et de ". Voir la dé…nition
2.2.1 et la remarque 2.2.2.
F Si f est uniformément continue sur M alors elle est continue sur M . La réciproque
est fausse.
F La continuité uniforme se conserve lorsqu’on change les normes de Rn et Rm puisque
les normes sur Rn (respectivement Rm ) sont équivalentes.
F Si f = (f1 ; f2 ; :::; fm ) alors f est uniformément continue sur M si et seulement si ses
composantes f1 ; f2 ; :::; fm sont uniformément continus sur M:
46 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

Exemple 2.2.27 Soit la fonction

f:
[0; +1[ ! R
p
x 7 ! x
p p p
On sait que si a b 0 alors a b a b:
p p p
Donc x y jx yj 8x; y 2 [0; +1[ :
Pour " > 0 on prend r = "2 : Donc on a :
p p p
8x; y 0; jx yj < r = "2 =) x y jx yj < "

Par suite f est uniformément continue sur [0; +1[ :

Exemple 2.2.28 Soit la fonction

f: ]0; 1] ! R
1
x 7 !
x
f est continue sur ]0; 1] mais elle n’est pas uniformément continue sur cet intervalle. En e¤et
x
pour " = 1; r > 0; 0 < x min(r; 1) et y = on a :
2
x 2 1 1
jy xj = < r mais jf (y) f (x)j = = > 1 = ":
2 x x x

2.2.7 Fonctions lipschitziennes


Dé…nition 2.2.29 Soient M Rn un ensemble non vide et f : M ! Rm une fonction.
On dit que f est lipschitzienne de rapport k (k > 0) sur M si on a :

8x; y 2 M kf (x) f (y)k k kx yk :

Remarque 2.2.30 Toute fonction lipschitzienne est uniformément continue. Donc la dé…-
nition 2.2.29 fournit une classe importante de fonctions uniformément continues.

Exemple 2.2.31 La fonction x 7 ! kxk est lipschitzienne sur Rn de rapport 1: En e¤et :

8x; y 2 Rn jkxk kykj kx yk :

Exemple 2.2.32 La fonction

f: R ! R
x 7 ! sin(x)

est lipschitzienne de rapport 1 sur R. En e¤et. D’après le théorème des accroissement …nis
on a :
8x; y 2 R (x < y); 9c 2 ]x; y[ j f (x) f (y) = f 0 (c)(x y)
2.3. PARTIES CONNEXES PAR ARCS DE RN 47

Comme jf 0 (c)j = jcos(c)j 1. on a :

8x; y 2 R jf (x) f (y)j jx yj

Théorème 2.2.33 Soient K un compact de Rn et f : K ! Rm une fonction continue sur


K: Alors f est uniformément continue sur K:

Preuve. Supposons que f n’est pas uniformément continue sur K: Donc

1
9"0 > 0 tel que 8p 2 N 9xp ; yp 2 K avec kxp yp k < et kf (xp ) f (yp )k "0 : (2.2)
p

(xp )p2N est une suite de points de K qui est compact, donc il existe une sous-suite extraite
(xpk )k2N convergente vers x 2 K: La sous-suite (ypk )k2N extraite de (yp )p2N converge aussi
vers x d’après (2.2) Comme f est continue sur K alors f (xpk ) ! f (x) et f (ypk ) !
k !+1 k !+1
f (x): Donc kf (xpk ) f (ypk )k ! 0: Ceci contredit (2.2) par suite f est uniformément
k !+1
continue sur K:

2.3 Parties connexes par arcs de Rn


Dans toute cette section, R est muni d’une norme quelconque k:k :

2.3.1 Dé…nitions et exemples


Dé…nition 2.3.1 Soit A Rn un ensemble non vide. On appelle chemin dans A; toute
application continue : [0; 1] ! A:
L’image ([0; 1]) s’appelle un arc. a = (0) est son origine et b = (1) son extrémité.
On dira aussi que est un chemin joignant a à b:
Dans la pratique on confondra le chemin avec l’arc ([0; 1]) :

Exemple 2.3.2 soit a; b 2 Rn : Le segment [a; b] dans Rn est dé…ni par

[a; b] = f(1 s)a + sb j s 2 [0; 1]g = fta + (1 t)b j t 2 [0; 1]g

L’application
1
: [0; 1] ! Rn
t 7 ! (1 t)a + tb
est un chemin joignant a à b:
L’arc 1 ([0; 1]) est le segment [a; b] :
48 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

Exemple 2.3.3 L’application

2 : [0; 1] ! R2
t 7 ! (cos( t); sin( t))
est un chemin de R2 joignant le point A(1; 0) au point B( 1; 0):
L’image 2 ([0; 1]) est le demi-cercle supérieur de centre (0; 0) et de rayon 1 joignant A à B:

Remarque 2.3.4
F Soit A Rn et a; b 2 A:
Si : [0; 1] ! A est un chemin dans A joignant a = (0) à b = (1) alors l’applica-
tion
: [0; 1] ! A
t 7 ! (1 t)

est un chemin dans A joignant b = (0) à a = (1):


F Si : [0; 1] ! A est un chemin dans A joignant a à b et : [0; 1] ! A est un
chemin dans A joignant b à c alors l’application
: [0; 1] ! 8 A
>
< 1
(2t) si 0 t
t 7 ! 2
> 1
: (2t 1) si t 1
2
est un chemin joignant a à c:

Dé…nition 2.3.5 Soit A Rn un ensemble non vide. On dit que A est connexe par arcs
si pour tous x; y 2 A il existe un chemin : [0; 1] ! A joignant x à y:

Une classe d’ensembles connexes par arcs est celle des ensembles convexes dans Rn , que
nous allons dé…nir.

2.3.2 Ensembles convexes


Dé…nition 2.3.6 Une partie non vide A de Rn est dite convexe si

8x; y 2 A 8t 2 [0; 1] tx + (1 t)y 2 A:

Il est donc clair que tout ensemble convexe est connexe par arcs.

Exemple 2.3.7
Tout segment [a; b] dans Rn est convexe et il est alors connexe par arcs.
Soient x; y 2 [a; b] et t 2 [0; 1] : Donc
(
x = s1 a + (1 s1 )b
9s1 ; s2 2 [0; 1] tels que
y = s2 a + (1 s2 )b
2.3. PARTIES CONNEXES PAR ARCS DE RN 49

Alors
tx + (1 t)y = t [s1 a + (1 s1 )b] + (1 t) [s2 a + (1 s2 )b]
= [ts1 + (1 t)s2 ] a + [t(1 s1 ) + (1 t)(1 s2 )] b
= [ts1 + (1 t)s2 ] a + (1 [ts1 + (1 t)s2 ]) b:
Comme s1 ; s2 ; t 2 [0; 1] ; ts1 + (1 t)s2 2 [0; 1] par suite tx + (1 t)y 2 [a; b] : Donc [a; b] est
convexe et connexe par arcs.
Rn est connexe par arcs car il est convexe.
Toutes boule ouverte (respectivement fermée) de Rn est convexe donc elle est connexe
par arcs. En e¤et si x; y 2 B(a; r) où a 2 Rn et r > 0 et t 2 [0; 1] on a :

ktx + (1 t)y ak = k[tx + (1 t)y] [ta + (1 t)a]k


= kt(x a) + (1 t)(y a)k
t k(x a)k + (1 t) ky ak
< tr + (1 t)r = r:

Donc tx + (1 t)y 2 B(a; r):


Soit f : I ! R une fonction continue sur un intervalle I R: Alors le graphe de f

G = (x; f (x)) 2 R2 j x 2 I

est connexe par arcs dans R2 : En e¤et. Soient x; y 2 I deux éléments de I; A = (x; f (x)) et
B = (y; f (y)) deux points de G et soit l’application

: [0; 1] ! G
t 7 ! (ty + (1 t)x; f (ty + (1 t)x))

On a : (0) = (x; f (x)) = A et (1) = (y; f (y)) = B: De plus est continue sur [0; 1]
puisque ses composantes le sont. Par suite est un chemin joignant A à B:
Il s’ensuit que G est connexe par arcs.

Exercice 2.3.8
Montrer que la réunion d’une famille de connexes par arcs ayant un point commun est
connexe par arcs.
Montrer que l’intersection non vide de deux connexes par arcs dans Rn (n 2) n’est pas
nécessairement connexe par arcs.

2.3.3 Image d’un connexe par arcs par une fonction continue
Proposition 2.3.9 Soit A un connexe par arcs dans Rn et f : A ! Rm une application
continue. Alors f (A) est connexe par arcs dans Rm :
50 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

Preuve. Soit x; y 2 f (A): Donc 9a; b 2 A tels que f (x) = a et f (y) = b:


Comme A est connexe par arcs, il existe un chemin : [0; 1] ! A tel que (0) = a et
(1) = b:
Soit l’application ' = f : [0; 1] ! Rm :
' est à valeurs dans f (A) et on a : '(0) = f (a) = x et '(1) = f (b) = y:
De plus ' est continue sur [0; 1] (c’est la composée de deux fonctions continues) donc ' est
un chemin dans f (A) joignant x à y: par suite f (A) est un connexe par arcs.

Remarque 2.3.10 Comme [0; 1] est connexe par arcs, il est clair que si : [0; 1] ! Rn
est un chemin alors son image ([0; 1]) est connexe par arcs.

Exercice 2.3.11
a) Montrer que 8a 2 Rn l’ensemble Rn j fag est connexe par arcs et en déduire que la sphère
unité S(0; 1) est connexe par arcs dans Rn :
b) En déduire que les sphères de Rn sont connexes par arcs.

2.3.4 Parties connexes par arcs dans R


Proposition 2.3.12 Les parties connexes par arcs dans R sont les intervalles de R:

Preuve. Soit I un intervalle quelconque de R. On sait que 8x; y 2 I [x; y] I: Donc I


est convexe par suite il est connexe par arcs.
Réciproquement, soit A un connexe par arcs dans R et soit a = inf A et b = supA: (Donc
a; b 2 R où R = R[ f 1; +1g):
Soit x 2 R tel que a < x < b: D’après la caractérisation de le borne inf et la borne sup; il
existe c; d 2 A tels que a < c < x < d < b: comme A est connexe par arcs alors il existe un
chemin : [0; 1] ! R à valeurs dans A tel que (0) = c et (1) = d:
Le théorème des valeurs intermédiaires montre alors qu’il existe t 2 [0; 1] tel que x = (t)
donc x 2 A: Par suite A est un intervalle de R.

Corollaire 2.3.13 Soit A Rn un ensemble non vide et f : A ! R une fonction continue


sur A:
a) Si A est connexe par arcs alors f (A) est un intervalle de R:
b) Si A est compact et connexe par arcs alors f (A) est un segment fermé borné.

Preuve. Ce résultat découle immédiatement de la proposition 2.3.9, de la proposition


2.3.12 et du théorème 2.2.19
2.3. PARTIES CONNEXES PAR ARCS DE RN 51

2.3.5 Applications linéaires de Rn dans Rm


Dans cette section on munit Rn et Rm de deux normes qu’on désignera par le même
symbole k:k
Rappelons qu’une application L : Rn ! Rm est linéaire si elle véri…e la propriété :

8x; y 2 Rn 8 ; 2 R L( x + y) = L(x) + L(y):

Une forme linéaire sur Rn est une application linéaire de Rn dans R:


L’ensemble des applications linéaires de Rn dans Rm est noté L(Rn ; Rm ):

Exemple 2.3.14
L: R2 ! R3
(x; y) 7 ! (x + y; x y; 2x + 3y)
L est une application linéaire de R2 dans R3 :

Proposition 2.3.15 Soit L : Rn ! Rm une application linéaire. Alors

9k > 0 tel que kL(x)k k kxk 8x 2 Rn :

Preuve. Si L est l’application nulle le résultat est trivial (k = 0):


Supposons que L n’est pas nulle. Comme toutes les normes sur Rn sont équivalentes, on
choisit pour la démonstration la norme k:k1 :
Soit (e1 ; e2 ; :::; en ) la base canonique de Rn : Alors on a pour tout x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) 2 Rn :
P
n
L(x) = L xi ei
i=1
P
n
jxi j kL(ei )k
i=1
P
n
kxk1 kL(ei )k
i=1
P
n
k kxk1 où k = kL(ei )k > 0:
i=1

Corollaire 2.3.16 Toute application linéaire L : Rn ! Rm est continue sur Rn :

Preuve. D’après la proposition 2.3.15

9k > 0 tel que kL(x)k k kxk 8x 2 Rn :

Donc
kL(x) L(y)k = kL(x y)k k kx yk 8x; y 2 Rn :
C’est à dire L est lipschitzienne de rapport k sur Rn par suite elle est continue sur Rn :
52 CHAPITRE 2. FONCTIONS DE RN DANS RM

Corollaire 2.3.17 Soit L une application linéaire de Rn dans Rm : Alors

kL(x)k
0 sup < +1
x6=0 kxk

Preuve. Il su¢ t de remarquer que :

kL(x)k
9k > 0 tel que 8x 2 Rn x 6= 0 =) 0 k < +1:
kxk

Pour toute application linéaire L : Rn ! Rm ; on pose :

kL(x)k
kLk = sup :
x6=0 kxk

Théorème 2.3.18
a) L’ensemble L(Rn ; Rm ) est un espace vectoriel de dimension n m;
b) L’application
k:k : L(Rn ; Rm ) ! R+
L 7 ! kLk
est une norme sur L(Rn ; Rm );
c)
kLk = sup kL(x)k = sup kL(x)k 8L 2 L(Rn ; Rm ):
x2B(0;1) kxk=1

On rappelle que dans Rn ; B(0; 1) = fx 2 Rn j kxk < 1g et S(0; 1) = fx 2 Rn j kxk = 1g :

Exercice 2.3.19 Montrer le théorème 2.3.18.


Chapitre 3

Calcul di¤érentiel dans Rn

3.1 Dérivées d’une fonction à valeurs dans Rn


3.1.1 Fonctions dérivables
Dé…nition 3.1.1 Soit I un ouvert de R, x0 2 I et f : I ! Rm une fonction. On dit que f
est dérivable au point x0 si la limite :
1
lim [f (x) f (x0 )]
x !x0 x x0
x6=x0

existe dans Rm :
df
Cette limite est appelée dérivée de f au point x0 : On la note f 0(x0 ) ou (x0 ):
dx
1 m
On a aussi : f 0(x0 ) = lim h [f (x0 + h) f (x0 )] (2 R ):
h !0
h6=0
On dit que f est dérivable sur I si elle est dérivable en tout point de I. Dans ce cas
l’application :
f0 : I ! Rm
x ! f 0 (x)
est appelée fonction dérivée (ou tout simplement dérivée) de f sur I:

Remarque 3.1.2
F La dérivée f 0 (x) lorsque elle existe ne dépend pas de la norme choisie sur Rm :
F Il est clair, d’après la dé…nition 3.1.1 que si f; g : I ! Rm sont dérivables en x0 et
; 2 R alors la fonction f + g est dérivable en x0 et on a :

( f + g)0 (x0 ) = f 0 (x0 ) + g 0 (x0 ):

F Si f = (f1 ; f2 ; :::; fm ) : I ! Rm alors f est dérivable en x0 si et seulement si ses


composantes f1 ; f2 ; :::; fm sont dérivables en x0 : Dans ce cas on a :

f 0 (x0 ) = (f10 (x0 ); f20 (x0 ); :::; fm


0
(x0 )) d’après la proposition 2.1.16 du chapitre II.

53
54 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

F Si m = 1 on retrouve la notion de dérivée d’une fonction réelle étudiée en Analyse II.


F D’après la dé…nition 3.1.1, une fonction f : I ! Rm est dérivable en x0 si et
seulement si
1
9a 2 Rm tel que : lim [f (x0 + h) f (x0 ) ha] = 0:
h !0 h
h6=0
0
Dans ce cas on a : f (x0 ) = a: Autrement dit f est dérivable en x0 si et seulement s’il existe
un voisinage V ( R) de 0 tel que :

f (x0 + h) = f (x0 ) + ha + jhj "(h) 8h 2 V:

où "(h) est une fonction dé…nie dans un voisinage de 0 et à valeurs dans Rm telle que
lim "(h) = 0: Cette remarque servira à généraliser la notion de dérivation des fonctions de
h !0
R dans Rm aux fonctions de Rn dans Rm :

Exemple 3.1.3 Soit f la fonction dé…nie sur R+ par : f (x) = (sin(x); ln(x)):
Alors f est dérivable sur R+ et ona :

1
f 0 (x) = cos(x); 8x 2 R+ :
x

Proposition 3.1.4 Si f : R ! Rm est dérivable en x0 alors elle est continue en x0 .

Preuve. Les composantes f1 ; f2 ; :::; fm sont alors des fonctions réelles dérivables en x0 ,
donc elles sont continues en x0 : Par suite f est continue en x0 :

3.1.2 Dérivée selon un vecteur


Dé…nition 3.1.5 Soient U un ouvert non vide de Rn ; v un vecteur de Rn et f : U ! Rm
une fonction. On dit que f admet une dérivée au point x 2 U suivant le vecteur v si la
limite
1
lim [f (x + tv) f (x)]
t !0 t
t6=0
m
existe dans R :
On notera cette dérivée lorsqu’elle existe, Dv f (x): On a alors :

1
Dv f (x) = lim [f (x + tv) f (x)] 2 Rm :
t !0 t
t6=0

Cette dérivée ne dépend pas des normes choisies sur Rn et Rm :

Remarque 3.1.6
F Si v = 0 alors D0 f (x) = 0 8x 2 U:
3.1. DÉRIVÉES D’UNE FONCTION À VALEURS DANS RN 55

F si v 6= 0 et x 2 U; Comme U est un ouvert, 9r > 0 tel que B(x; r) U:


r r
Alors pour tout t 2 ; on a :
kvk kvk
k(x + tv) xk = jtj kvk < r:
r r
Donc (x + tv) 2 U pour tout t dans ; :
kvk kvk
r r
Soit I = ; et soit la fonction :
kvk kvk

': I ! Rm
t ! f (x + tv)
Cette fonction est alors dé…nie dans un voisinage de 0 dans R:
Il est clair que f admet une dérivée au point x suivant le vecteur v si et seulement si
' est dérivable en 0. Dans ce cas on a : Dv f (x) = '0 (0):

Exemple 3.1.7

f : R2 ! ( R
xy
x4 +y2
si (x; y) 6= (0; 0)
(x; y) !
0 si (x; y) = (0; 0)

Soient v = (a; b) 6= (0; 0) un vecteur non nul de R2 et x = (0; 0): On a pour tout t 6= 0

1 1 t2 ab ab
[f (x + tv) f (x)] = f (ta; tb) = 2 2 2 4
= 2 :
t t t (b + t a ) b + t2 a4
Donc
Si b = 0 (ou a = 0) on a : lim 1t [f (x + tv) f (x)] = Dv f (0; 0) = 0:
t !0
t6=0
a
Si b 6= 0 on a : lim 1t [f (x + tv) f (x)] = Dv f (0; 0) = :
t !0 b
t6=0

Remarque 3.1.8 Si f = (f1 ; f2 ; :::; fm ) : U ! Rm ; v 2 Rn et x 2 U alors f est dérivable


en x suivant le vecteur v si et seulement si ses composantes f1 ; f2 ; :::; fm le sont suivant
v. Dans ce cas on a :

Dv f (x) = (Dv f1 (x); Dv f2 (x); :::; Dv fn (x)):

Proposition 3.1.9 Soient U un ouvert non vide de Rn ; u; v deux vecteurs non nuls coli-
néaires de Rn ; 2 R tel que u = v; f : U ! Rm une fonction et x 2 U . Alors f
admet une dérivée au point x 2 U suivant le vecteur u si et seulement si f admet une
dérivée au point x 2 U suivant le vecteur v: Dns ce cas on a :

Du f (x) = Dv f (x):
56 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Preuve. Supposons que f admet une dérivée au point x 2 U suivant le vecteur u; donc
Du f (x) = lim 1t [f (x + tu) f (x)] existe. D’où :
t !0
t6=0

lim 1 [f (x + tu) f (x)] = lim 1 [f (x + t v) f (x)]


t !0 t t !0 t
t6=0 t6=0
= lim [f (x + sv) f (x)] = Dv f (x):
s !0 s
s6=0

Par suite Du f (x) = Dv f (x):


La réciproque est alors évidente.

3.2 Dérivées partielles


Dans toute cette section U est un ouvert non vide de Rn :

3.2.1 Dérivées partielles du premier ordre


Soit f : U ! Rm une fonction et a = (a1 ; a2 ; :::; an ) 2 U: comme U est un ouvert, il
existe r > 0 tel que B(x; r) U:
Soient (e1 ; e2 ; :::; en ) la base canonique de Rn et i 2 f1; 2; :::; ng :
r
Pour i = ; on a : 8t 2 ]ai i ; ai + i [
kei k

k(a1 ; :::; ai 1 ; t; ai+1 ; :::; an ) ak = k(t ai )ei k = jt ai j kei k < r:

Donc
8t 2 ]ai i ; ai + i[ ; (a1 ; :::; ai 1 ; t; ai+1 ; :::; an ) 2 B(x; r) U:

Par suite la fonction partielle

'i : ]ai i ; ai + i[ ! Rm
t ! f (a1 ; :::; ai 1 ; t; ai+1 ; :::; an ):

est dé…nie sur un voisinage ouvert (]ai i ; ai + i [) de ai dans R: D’où la dé…nition :

Dé…nition 3.2.1 Soit f : U ! Rm et a = (a1 ; a2 ; :::; an ) 2 U: On appelle dérivée partielle


de f d’indice i (ou par rapport à xi ) au point a; la dérivée (si elle existe) de la fonction
partiellle
'i : xi ! f (a1 ; :::; ai 1 ; xi ; ai+1 ; :::; an )
@f
au point ai . On la note @xi
(a) ou Di f (a):
3.2. DÉRIVÉES PARTIELLES 57

Remarque 3.2.2
F Cette dérivée partielle ne dépend pas des normes choisies sur Rn et Rm :
F On a alors :

@f 1
@xi
(a) = lim ('i (xi ) 'i (ai ))
xi !ai xi ai
xi 6=ai

1
= lim ('i (ai + t) 'i (ai ))
t !0 t
t6=0

1
= lim [f (a1 ; :::; ai 1 ; ai + t; ai+1 ; :::; an ) f (a1 ; a2 ; :::; an )]
t !0 t
t6=0

1
= lim [f (a + tei ) f (a)] :
t !0 t
t6=0
= Dei f (a) = la dérivée de f au point x 2 U suivant le vecteur ei :

F @f
@xi
2 Rm car f à valeurs dans Rm :
(a)
1
F @x
@f
(a) = lim [f (a + tei ) f (a)] = Dei f (a) où ei est le iieme vecteur de la base
i t !0 t
t6=0
canonique
de Rn :
F Si n = 1; la notion de dérivée partielle coïncide avec la dérivée étudiée en Analyse II.
F Si f admet une dérivée partielle par rapport à xi en tout point de U; on dé…nira la
@f
fonction dérivée partielle du 1ier ordre de f par rapport à xi sur U , notée @xi
ou Di f
par :
@f
@xi
: U ! Rm
@f
x ! @xi
(x)
@f
La fonction @x i
est aussi appelée dérivée partielle première (ou d’ordre 1) de f sur U:
F Si f = (f1 ; f2 ; :::; fm ) alors f admet une dérivée partielle par rapport à xi au point a
si et seulement si chacune de ses composantes admet une dérivée partielle par rapport
à xi au point a. Dans ce cas on a :

@f @f1 @f2 @fm


(a) = (a); (a); :::; (a) :
@xi @xi @xi @xi

Ce résultat est une conséquence immédiate de la proposition (2.1.16) du chapitre II.


Cette dernière remarque nous ramène aux fonctions à valeurs dans R:
F Il est clair, d’après la dé…nition 3.2.1 que les propriétés classiques de la dérivée restent
vraies pour les dérivées partielles (dérivée partielle d’une cmbinaison linéaire, d’un
produit, d’un quotient, lorsque ces opérations sont dé…nies). On établira plus loin une
formule pour calculer les dérivées partielles d’une fonction composée.
58 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Exemple 3.2.3 Soit la fonction f dé…nie par :


f: R2 ! ( R
x3 y 3
x2 +y 2
si (x; y) 6= (0; 0)
(x; y) !
0 si (x; y) = (0; 0)
D f = R2 :
Si (x; y) 6= (0; 0) on a :
@f 3x2 (y 2 + x2 ) 2x(x3 y 3 ) x4 + 3x2 y 2 + 2xy 3
@x
(x; y) = =
(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2
@f 3y (x + y 2 ) 2y(x3 y 3 )
2 2
y 4
3x2 y 2 2x3 y
@y
(x; y) = =
(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2
Au point (x; y) = (0; 0) on a :
@f f (t; 0) f (0; 0) t3
@x
(0; 0) = lim = lim 3 = 1
t !0 t t !0 t
t6=0 t6=0
@f f (0; t) f (0; 0) t3
@y
(0; 0) = lim = lim = 1:
t !0 t t !0 t3
t6=0 t6=0

Remarque 3.2.4 Si une fonction admet des dérivées partielles en un point a, elle n’est pas
nécessairement continue en ce point.
Exemple 3.2.5 Soit la fonction f dé…nie par :
f : R2 ! ( R
xy
x2 +y 2
si (x; y) 6= (0; 0)
(x; y) !
0 si (x; y) = (0; 0)
D f = R2 :
Si (x; y) 6= (0; 0) on a :
@f y(x2 + y 2 ) 2x2 y x2 y + y 3
@x
(x; y) = =
(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2
@f x(x2 + y 2 ) 2xy 2 x3 xy 2
@y
(x; y) = =
(x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2
Au point (x; y) = (0; 0) on a :
@f f (t; 0) f (0; 0)
@x
(0; 0) = lim = 0
t !0 t
t6=0
@f f (0; t) f (0; 0)
@y
(0; 0) = lim = 0:
t !0 t
t6=0

f admet des dérivées partielles en (0; 0) mais elle n’est pas continue en (0; 0) puisque :
1
lim f (x; y) = lim f (x; x) = 6= f (0; 0) = 0:
(x;y) !(0;0) x !0 2
y=x;x6=0 x6=0
3.2. DÉRIVÉES PARTIELLES 59

3.2.2 Dérivées partielles d’ordre supérieur


@f
On suppose que la dérivée partielle @x i
existe sur U . Cette fonction peut avoir elle aussi
une dérivée partielle par rapport à xj en un point a 2 U ou sur U:
Notation :
@
( @f )(a) est alors la dérivée partielle par rapport à xj au point a de la fonction @x
@xj @xi
@f
i
dé…nie
@2f
sur U . On la note @xj @xi
(a):
@2f @2f
Si i = j; @xi @xi
(a) sera notée tout simplement @x2i
(a):
2
Les fonctions @x@j @x
f
i
pour i; j 2 f1; 2; :::; ng ; sont appelées dérivées partielles secondes (ou
d’ordre 2) de f sur U:
@2f @f
@xj @xi
(a) est la dérivée partielle par rapport à xj au point a de la fonction @xi
dé…nie sur U .
@2f @f
Par contre @xi @xj
(a) est la dérivée partielle par rapport à xi au point a de la fonction @xj

dé…nie sur U:
On dé…nit par récurrence les dérivées partielles d’ordre p (p 2 N ; p 2) de f , lorsqu’elles
existent par la relation :
@ pf @ @p 1f
(a) = (a):
@xip @xip 1 ::::@xi1 @xip @xip 1 ::::@xi1
Exemple 3.2.6 Soit la fonction :

f: R2 ! R3
2 +1
(x; y) ! ( xx+y ; sin(x y); x2 y 2 + 3)

Le domaine de dé…nition de cette fonction est U = Df = f(x; y) 2 R2 j x + y 6= 0g :


U est un ouvert car U = ' 1 (R ) où ' est la fonction dé…nie sur R2 par '(x; y) = x + y;
donc continue et R est un ouvert.
Soit (x; y) un point de U: Alors on a :
h i
@2f @f @f
@y@x
(x; y) = @y @x
(x; y)
@f 2x(x+y) (x2 +1)
= @y (x+y)2
; cos(x y); 2x
@f x2 +2xy 1
= @y (x+y)2
; sin(x y); 0

2x(x+y)2 2(x+y)(x2 +2xy 1)


= (x+y)4
; sin(x y); 0

2(1 xy)
= (x+y)3
; sin(x y); 0

Remarque 3.2.7
F Une fonction admettant des dérivées partielles à tout ordre n’est pas forcément conti-
60 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

nue.
F La composition de deux fonctions ayant des dérivées partielles à l’ordre k 2 N n’admet
pas nécessairement des dérivées partielles à l’ordre k:

Dé…nition 3.2.8 Soit f : U ! Rm une fonction et k 2 N : On dit que f est de classe C k


sur U si toutes ses dérivées partielles jusqu’a l’ordre k existent et sont continues sur U:
f est de classe C 1 sur U si elle est de classe C k sur U , pour tout k 2 N:

Remarque 3.2.9
F Si 0 k p; alors on a :

f de classe C p sur U =) f de classe C k sur U:

Si k 6= 0, le résultat découle de la dé…nition 3.2.8.


Si k = 0; on établira dans la suite que si f est de classe C 1 (di¤érentiable su¢ t)
alors elle est continue.
F Les dérivées partielles successives d’une fonction f : U ! Rm sont toutes à valeurs
dans Rm et si f = (f1 ; f2 ; :::; fm ) alors on a :

f est de classe C k sur U () 8i 2 f1; 2; :::; mg fi est de classe C k sur U:

F Si f et g : U ! Rm sont de classe C k sur U et ; 2 R alors f + g est de classe


C k sur U:
F La composée de fonctions de classe C k sur U est une fonction de classe C k sur U:
F Le produit et le quotient (lorsque cette opération est dé…nie) de deux fonctions de
classe C k sur U est une fonction de classe C k sur U:
F Toute fonction polynôme de n variables est de classe C 1 sur Rn :
F Toute fonction rationnelle de n variables est de classe C 1 sur son domaine de dé…nition
qui est un ouvert de Rn :

Théorème 3.2.10 (Schwarz). Soit U un ouvert de R2 et f : U ! Rm une fonction. Si f


@2f @2f
admet des dérivées partielles second @x@y et @y@x sur U continues en un point (x0 ; y0 ) de
U alors on a :
@2f @2f
(x0 ; y0 ) = (x0 ; y0 ):
@x@y @y@x
Preuve. Soit h > 0 et k > 0 tels que [x0 ; x0 + h] [x0 ; x0 + k] U:
On pose

(h; k) = f (x0 + h; y0 + k) f (x0 + h; y0 ) f (x0 ; y0 + k) + f (x0 ; y0 ):

La fonction '1 : x 7 ! f (x; y0 + k) f (x; y0 ) est dérivable sur [x0 ; x0 + h] et on a :

(h; k) = '1 (x0 + h) '1 (x0 ):


3.2. DÉRIVÉES PARTIELLES 61

Donc d’après le théorème des accroissement …nis 9 1 2 ]0; 1[ tel que

@f @f
(h; k) = h'01 (x0 + 1 h) =h (x0 + 1 h; y0 + k) (x0 + 1 h; y0 ) :
@x @x
@f
L’application :y7 ! @x
(x0 + 1 h; y) est dérivable sur [y0 ; y0 + k] et on a :

(h; k) = h [ (y0 + k) (y0 )] :

Donc le théorème des accroissement …nis assure l’existence de 2 2 ]0; 1[ tel que :

0 @2f
(h; k) = hk (y0 + 2 k) = hk (x0 + 1 h; y0 + 2 k): (3.1)
@y@x
De la même manière, en partant de la fonction '2 : y 7 ! f (x0 + h; y) f (x0 ; y) on établit
l’existence de 3 ; 4 2 ]0; 1[ tels que

@2f
(h; k) = hk (x0 + 3 h; y0 + 4 k) (3.2)
@x@y
Il résulte alors de (3.1) et (3.2)

@2f @2f
(x0 + 1 h; y0 + 2 k) = (x0 + 3 h; y0 + 4 k)
@y@x @x@y
En passant à la limite quand (h; k) ! (0; 0) on obtient en vertu de la continuité des deux
@2f @2f
fonctions @y@x et @x@y au point (x0 ; y0 ); l’égalité du théorème 3.2.10.

Remarque 3.2.11 Sans la continuité des deux dérivées partielles secondes au point
(x0 ; y0 ); ce résultat est faux comme le montre l’exemple suivant(dû à Péano) :

Exemple 3.2.12 Soit la fonction

f : R2 ! R
(
xy(x2 y 2 )
x2 +y 2
si (x; y) 6= (0; 0)
(x; y) !
0 si (x; y) = (0; 0)

D f = R2 :
f est une fonction rationnelle sur l’ouvert R2 n f(0; 0)g ; donc elle est C 1 sur R2 n f(0; 0)g ;
par suite ses dérivées partielles d’ordre deux existent et sont continues sur R2 n f(0; 0)g : De
plus on a pour tout (x; y) 6= (0; 0) :

@f (3x2 y y 3 )(x2 + y 2 ) 2x(x3 y xy 3 ) x4 y + 4x2 y 3 y 5


(x; y) = =
@x (x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2

@f (x3 3xy 2 )(x2 + y 2 ) 2y(x3 y xy 3 ) x5 4x3 y 2 xy 4


(x; y) = = :
@y (x2 + y 2 )2 (x2 + y 2 )2
62 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Cherchons les dérivées partielles au point (0; 0):


@f
@x
(0; 0) = lim f (t;0) t f (0;0) = 0
t !0
t6=0

@f
@y
(0; 0) = lim f (0;t) t f (0;0) = 0
t !0
t6=0
h i @f @f
@2f @ @f (0;t) (0;0) t5
@y@x
(0; 0) = @y @x
(0; 0) = lim @x
t
@x
= lim 5 = 1
t !0 t !0 t
t6=0
h i @f
(t;0) @f
(0;0))
@2f @ @f 5
@x@y
(0; 0) = = @x @y
(0; 0) = lim @y
t
@y
= lim tt5 = 1:
t !0 t !0
t6=0

Les dérivées partielles secondes ne sont pas continues en (0; 0), sinon elles seront égales en
(0; 0) d’après Schwarz.

On admettra le résultat suivant :

Corollaire 3.2.13 Soit f : U ! Rm une fonction de classe C k sur un ouvert U . Alors les
dérivées partielles d’ordre k de f ne dépendent pas de l’ordre des dérivations successives.
En d’autres termes, pour toute permutation de l’ensemble f1; 2; :::; ng on a pour tous
i1 ; i2 ; :::; in dans f1; 2; :::; ng :
@ pf @ pf
(a) = (a) 8a 2 U:
@xi (1) @xi (2) :::@xi (n)
@xi1 @xi2 :::@xin

Pour la démonstration voir J.M. Arnaudiès- H. Fraysse, cours de maths 3 page : 200.

Remarque 3.2.14 Ce résultat s’applique en particulier à toute fonction polynôme sur Rn


et toute fonction rationnelle sur son domaine de dé…nition.
62 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

3.3 Application di¤érentiable


On a vu dans la section 1 (dernier point de la remarque 3.1.2 de ce chapitre) que si
f : I ! Rm est une fonction dé…nie sur un ouvert I de R alors f est dérivable en un point
x0 2 I si et seulement si la limite lim h1 [f (x0 + h) f (x0 )] existe.
h !0
h6=0
Et d’après le dernier point de la remarque 3.1.2, f est dérivable en x0 si et seulement si
9a 2 Rm tel que :
f (x0 + h) = f (x0 ) + ha + jhj "(h)
où "(h) est une fonction dé…nie dans un voisinage de 0 dans R et à valeurs dans Rm telle
que lim "(h) = 0:
h !0
Essayons de voir comment généraliser la dé…nition de dérivabilité d’une fonction dé…nie d’un
3.3. APPLICATION DIFFÉRENTIABLE 63

ouvert de R dans Rm ; aux fonctions dé…nies de Rn dans Rm :


Remarquons que l’application L : h 7 ! ha est une application linéaire dé…nie sur R et à
valeurs dans Rm : Cette application linéaire dépend à la fois de la fonction f et du point x0 :
Ainsi on peut adopter le résultat suivant : f est dérivable en x0 si et seulement s’il existe
une application linéaire L : R ! Rm telle que :

f (x0 + h) = f (x0 ) + L(h) + jhj "(h) avec lim "(h) = 0:


h !0

Dans ce cas
L(h) = hf 0 (x) 8h 2 R:
C’est dans ce sens qu’on va généraliser dans cette section, la notion de dérivabilité au cas
d’une fonction dé…nie sur un ouvert de Rn et à valeurs dans Rm :
Dans toute la suite de cette section, U désignera un ouvert de Rn :
Remarquons que si x0 2 U alors 9r > 0 tel que B(x0 ; r) U: Donc x0 + h 2 U pour tout
h 2 B(0; r):

3.3.1 Dé…nitions et premières propriétés


Dé…nition 3.3.1 Soit x0 2 U et f : U ! Rm une fonction. On dit que f est di¤éren-
tiable au point x0 s’il existe une application linéaire L : Rn ! Rm telle que :

f (x0 + h) = f (x0 ) + L(h) + jjhjj "(h) (3.3)

où " est une fonction dé…nie dans un voisinage de 0 dans Rn et à valeurs dans Rm telle
que lim "(h) = 0:
h !0

L’application linéaire L : Rn ! Rm est appelée di¤érentielle de f en x0 : On la note


df (x0 ):
Dans le cas où n = 1; on a :

L(h) = df (x0 )(h) = hf 0 (x) 8h 2 R: (3.4)

En particulier si g(x) = x pour tout x dans R; alors on a :

dg(x)(h) = h 8h 2 R:

Donc dans ce cas particulier dg(x) est indépendante de x et on a : dg(x) = idR 8x 2 R:


Notons par dx cette di¤érentielle. On a alors :

dx(h) = h 8h 2 R:

Ce qui permet d’écrire (3.4) sous la forme

df (x) = f 0 (x)dx 8x 2 R:
64 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Remarque 3.3.2
F La condition de di¤érentiabilité ne dépend pas des normes choisies sur Rn et Rm :
F L’application linéaire L, lorsqu’elle existe, est continue sur Rn ; d’après le corollaire
2.5.3 du chapitre II.
F Si deux applications linéaires L1 et L2 véri…ent (3.3) alors elles sont égales.
En e¤et, on a dans ce cas :

L1 (h) + jjhjj "1 (h) = L2 (h) + jjhjj "2 (h) sur un voisinage de V de 0 dans Rn :

où "1 et "2 sont deux fonctions dé…nies sur ce voisinage V de 0 dans Rn et telles que :

lim "1 (h) = lim "2 (h) = 0:


h !0 h !0

D’où
(L1 L2 )(h) = jjhjj ("1 (h) "2 (h)) 8h 2 V: (3.5)
Soit u 2 Rn et soit hp = p1 u 8p 2 N : La suite (hp )p2N ainsi construite; converge vers 0
dans Rn ; alors
9p0 2 N tel que 8p p0 hp 2 V:
En reportant dans (3.5) on obtient :

(L1 L2 )(hp ) = jjhp jj ("1 (hp ) "2 (hp )) 8p p0 :

Autrement dit, on a :

(L1 L2 )(u) = jjujj ("1 (hp ) "2 (hp )) 8p p0 :

En passant à la limite on a :
(L1 L2 )(u) = 0:
Comme u est un élément quelconque dans Rn ; on a :

L1 (u) = L2 (u) 8u 2 Rn :

F f est di¤érentiable au point x0 s’il existe une application linéaire L : Rn ! Rm telle


que :
1
lim [f (x0 + h) f (x0 ) L(h)] = 0: (3.6)
h !0 jjhjj
h6=0

Dans ce cas L est unique, d’après la remarque précédente. Cette remarque est souvent
utilisée pour étudier la di¤érentiabilité de f en un point particulier de U:

Dé…nition 3.3.3 L’application linéaire unique L : Rn ! Rm véri…ant (3.3) (ou (3.6)),


lorsqu’elle existe est appelée di¤érentielle de f au point x0 . On la note df (x0 ): On a alors
df (x0 ) : Rn ! Rm est linéaire et par suite df (x0 ) 2 L(Rn ; Rm ):
3.3. APPLICATION DIFFÉRENTIABLE 65

Dé…nition 3.3.4 Une fonction L : U ! Rm est dite di¤érentiable sur U si elle est di¤é-
rentiable en tout point de U: La fonction

df : U ! L(Rn ; Rm )
x ! df (x)

est appelée fonction di¤érentielle de f sur U:

Cas particuliers importants :


1) Soit v0 2 Rm et f la fonction dé…nie par :

f (x) = v0 8x 2 Rn :

Donc f est une fonction constante. Alors f est di¤érentiable sur Rn et on a :

8x 2 Rn df (x) = 0 = l’application linéaire nulle dé…nie de Rn dans Rm :

2) Si f : I ! Rm avec I un ouvert de R alors f est di¤érentiable en un point x0 si


et seulement si elle est dérivable en ce point. Dans ce cas on a :

df (x0 )(h) = hf 0 (x0 ) 8h 2 R:

En particulier on a : f 0 (x0 ) = df (x0 ):


3) Si f : Rn ! Rm est une application linéaire, alors elle est di¤érentiable sur Rm et on
a:
df (x) = f 8x 2 Rn :

puisque f (x + h) f (x) f (h) = 0 8h 2 Rn :


df (x) ne dépend pas de x dans ce cas.
4) Pour tout i 2 f1; 2; :::; ng la projection

pi : Rn ! R
x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) ! pi (x) = xi

est di¤érentiable sur Rn puisque elle est linéaire et on a :

dpi (x) = pi 8x 2 Rn :

dpi (x) est indépendante de x: On la note dxi On a alors dxi = pi ; c’est à dire :

dxi (h) = hi 8(h1 ; h2 ; :::; hn ) 2 Rn :

Proposition 3.3.5 Soit f : U ! Rm une fonction et x0 2 U:


Si f est di¤érentiable en x0 alors elle est continue en ce point.
66 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Preuve. Si f est di¤érentiable en x0 alors on a dans un voisinage de 0 dans Rn :

f (x0 + h) = f (x0 ) + df (x0 )(h) + khk "(h)

avec lim "(h) = 0: Donc on a :


h !0

lim f (x0 + h) = f (x0 )


h !0

car df (x0 ) est une application linéaire donc continue sur Rn en particulier en 0 et
df (x0 )(0) = 0:
La proposition suivante nous permettra souvent de raisonner sur les composantes de la
fonction.

Proposition 3.3.6 Soit f : U ! Rm une fonction et x0 2 U: avec f = (f1 ; f2 ; :::; fm ):


Alors f est di¤érentiable en x0 si et seulement si ses composantes f1 ; f2 ; :::; fm sont
di¤érentiables en x0 : Dans ce cas on a :

df (x0 ) = (df1 (x0 ); df2 (x0 ); :::; dfm (x0 ))

Preuve. En appliquant la proposition (2.1.16) du chapitre II on obtient :


8
>
< 9L = (L1 ; L2 ; :::; Lm ) 2 L(Rn ; Rm ) tel que
f est di¤érentiable en x0 () 1
lim khk [f (x0 + h) f (x0 ) L(h)] = 0
>
: h !0
8 h6=0
>
< 9L1 ; L2 ; :::; Lm 2 L(Rn ; R) tels que 8i 2 f1; 2; :::; ng
() lim 1 [fi (x0 + h) fi (x0 ) Li (h)] = 0
>
: h !0 khk
h6=0
() f1; f2; :::; fm son di¤érentiables en x0:

Dans ce cas on a ; df (x0) = (L1; L2; :::; Lm) = (df1(x0); df2(x0); :::; dfm(x0)):
66 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

3.3.2 Rapport avec les dérivées partielles-Matrice Jacobienne


Proposition 3.3.7 Soit f : U ! Rm une fonction et x0 2 U: Si f est di¤érentiable en x0
alors f admet une dérivée en x0 suivant tout vecteur v 2 Rn et on a :

Dv f (x0 ) = df (x0 )(v):

En particulier
@f
(a) = Dei f (x0 ) = df (x0 )(ei ) 8i 2 f1; 2; :::; ng :
@xi
3.3. APPLICATION DIFFÉRENTIABLE 67

Preuve. Si v = 0; le résultat est trivial. Supposons que f est di¤érentiable en x0 et v 6= 0:


Alors on a :
1
lim k[f (x0 + h) f (x0 ) df (x0 )(h)]k = 0:
h !0 khk
h6=0

D’autre part on a :
1 1
lim t
[f (x0 + tv) f (x0 )] df (x0 )(v) = lim jtj kf (x0 + tv) f (x0 ) df (x0 )(tv)k
t !0 t !0
t6=0 t6=0
1
=kvk lim kf (x0 + h) f (x0 ) df (x0 )(h)k (où h = tv)
h !0 khk
h6=0
=0.

C’est à dire
1
lim [f (x0 + tv) f (x0 )] = df (x0 )(v): 8v 2 Rn :
t !0 t
t6=0

En particulier :
1 @f
lim [f (x0 + tei ) f (x0 )] = df (x0 )(ei ) = (a) 8i 2 f1; 2; :::; ng :
t !0 t @xi
t6=0

D’où le résultat.

Remarque 3.3.8 La dérivabilité suivant tout vecteur au point x0 n’entraîne pas forcément
la di¤érentiabilité de f en x0 comme le montre l’exemple suivant.

Exemple 3.3.9 Soit la fonction f dé…nie par

f : R2 ! R
(
y2
x
si x 6= 0
(x; y) !
0 si x = 0:

f admet une dérivée en (0; 0) suivant tout vecteur v = (a; b): En e¤et on a :
( 2
b
f (t(a; b)) f (0; 0) f (ta; tb) a
si a 6= 0
lim = lim =
t !0 t t !0 t 0 si a = 0:
t6=0 t6=0

f n’est pas continue en (0; 0) puisque


p
x
lim f (x; y) = lim = +1:
(x;y) !(0;0) x !0 x
1 x>0
y=x 4 ;x>0

f n’est même pas continue en (0; 0); donc on ne peut pas parler de sa di¤érentiabilité en
(0; 0):
68 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Corollaire 3.3.10 Soit f : U ! Rm une fonction et x0 2 U:


@f
Si f est di¤érentiable en x0 alors elle admet en x0 des dérivées partielles premières @x i
(x0 )
n
pour tout i 2 f1; 2; :::; ng et on a pour tout (h1 ; h2 ; :::; hn ) 2 R :
!
Xn
@f Xn
@f1 Xn
@f2 Xn
@fm
df (x0 )(h) = hi (x0 ) = hi (x0 ); hi (x0 ); :::; hi (x0 )
i=1
@xi i=1
@xi i=1
@xi i=1
@xi
où f1 ; f2 ; :::; fm sont les composantes de f:

Preuve. Soit (e1 ; e2 ; :::; en ) la base canonique de Rn et soit i 2 f1; 2; :::; ng : Comme f
est di¤érentiable en x0 alors la dérivée Dei f (x0 ) de f suivant le vecteur ei au point x0 existe
@f
d’après la proposition 3.3.7. Donc la dérivée partielle @x i
(x0 ) existe et on a :
@f
(x0 ) = Dei f (x0 ) = df (x0 )(ei )
@xi
d’après la proposition 3.3.7. (Voir aussi le 4eme point de la remarque 3.2.2.)
Par suite puisque df (x0 ) est une application linéaire on a pour tout h = (h1 ; h2 ; :::; hn ) 2 Rn :
!
Xn Xn Xn
@f
df (x0 )(h) = df (x0 ) hi ei = hi df (x0 )(ei ) = hi (x0 ):
i=1 i=1 i=1
@xi
D’après le point 7 de la remarque 3.2.2 on a :
@f @f1 @f2 @fm
(x0 ) = (x0 ); (x0 ); :::; (x0 ) :
@xi @xi @xi @xi

D’où : !
Xn
@f1 Xn
@f2 Xn
@fm
df (x0 )(h) = hi (x0 ); hi (x0 ); :::; hi (x0 ) :
i=1
@x i i=1
@x i i=1
@x i

Remarque 3.3.11
F On a alors
0 @f1 @f1 @f1
10 1
@x1
(x0 ) @x2
(x0 ) : : : @xn
(x0 ) h1
B @f2 @f2 @f2 CB C
B @x1
(x0 ) @x2
(x0 ) : : : @xn
(x0 ) CB h2 C
B CB C
B : : : CB : C
df (x0 )(h) = B
B
CB
CB
C:
C
B : : : CB : C
B CB C
@ : : : A@ : A
@fm @fm @fm
@x1
(x0 ) @x2
(x0 ) : : : @xn
(x0 ) hn
X
n
F Sous les conditions du corollaire 3.3.10 on a : df (x0 )(h) = @f
@xi
(x0 )dxi :
i=1
F L’exemple précédent (3.3.9) montre que l’existence des dérivées partielles en un point
x0 n’entraine pas forcément la di¤érentiabilité en ce point puisque la fonction n’est
même pas nécessairement continue en x0 :
3.3. APPLICATION DIFFÉRENTIABLE 69

Le résultat suivant donne une condition su¢ sante pour qu’une fonction soit di¤érentiable.

Proposition 3.3.12 Soit f : U ! Rm une fonction et x0 2 U:


Si toutes les dérivées partielles du premier ordre de f existent sur U et si elles sont
continues au point x0 alors f est di¤érentiables au point x0 et on a :

X
n
@f
df (x0 )(h) = hi (x0 ) 8h = (h1 ; h2 ; :::; hn ) 2 Rn :
i=1
@xi

Pour établir ce résultat on a besoin du lemme suivant :

Lemme 3.3.13 Soit f : U ! R une fonction et u 2 U: On suppose que la ieme dérivée


@f
partielle @xi
existent sur U: Alors

9" > 0 tel que u + tei 2 U 8t 2 ] "; "[

et la fonction
': ] "; "[ ! R
t ! f (u + tei )
est dérivable sur ] "; "[ et on a :

@f
'0 (t) = (u + tei ) 8t 2 ] "; "[ :
@xi

Preuve. Comme U est un ouvert et u 2 U; il existe > 0 tel que B(u; ) U:


Soit " = , alors u + tei 2 B(u; ) U 8t 2 ] "; "[ :
kei k
D’autre part on a pour tout t 2 ] "; "[ :

'(t + h) '(t) f (u + tei + hei ) f (u + tei )


lim = lim
h !0 h h !0 h
h6=0 h6=0
= Dei f (u + tei )
@f
= @xi
(u + tei ):

Donc ' est dérivable sur ] "; "[ et on a :

@f
'0 (t) = (u + tei ) 8t 2 ] "; "[ :
@xi

Preuve de la proposition 3.3.12. En raisonnant sur les composantes il su¢ t d’établir le


résultat pour une fonction f : U ! R à valeurs réelles.
On munit Rn de la norme k:k1 :
Soit " > 0 tel que B(x0 ; ") U: Donc pour tout h = (h1 ; h2 ; :::; hn ) 2 B(0; "); x0 + h 2 U et
70 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

f admet des dérivées partielles en x0 + h:


X
n
Pour i 2 f1; 2; :::; ng et h = hj ej 2 B(0; 2" ) on pose :
j=1
X
ui = x 0 + hk ek si i 6= n; u n = x0 et i;h = f (ui + hi ei ) f (ui ):
k>i

On a 1;h = f (x0 + h) f (u1 ) et i;h = f (ui 1 ) f (ui ) si i > 1:


X
n
"
Donc i;h = f (x0 + h) f (x0 ): Soit = : Alors d’après le lemme 3.3.13, la
i=1
2 max (kei k1 )
1 i n
fonction 'i : t 7! f (ui + tei ) est dé…nie dérivable sur ] ; [ et on a :
@f
'0i (t) = (ui + tei ) 8t 2 ] ; [:
@xi
Le théorème des accroissements …nis montre que pour tout i 2 f1; 2; :::; ng et h 2 Rn avec
khk1 < min( ; 2" ) il existe i 2 ]0; 1[ tel que :

i;h = 'i (hi ) 'i (0)


= hi '0i ( i hi )
@f
= hi @x i
(ui + i hi ei ) !
X
@f
= hi @xi x0 + hk ek + i hi ei
k>i X
@f
= hi @xi
(x0 + i (h)) avec i (h) = hk ek + i hi ei ! 0
h !0
k>i

@f
Comme @xi
est continue en x0 alors on a :

@f
i;h = hi (x0 ) + hi "i (h) avec "i (h) ! 0
@xi h !0

par suite
X
n
f (x0 + h) f (x0 ) = i;h
i=1
Xn X
n
@f
= hi @xi
(x0 ) + hi "i (h)
i=1 i=1

Il résulte que si h 6= 0 avec khk1 < min( ; 2" )


X
n X
n
@f
f (x0 +h) f (x0 ) hi @x (x0 ) jhi jj"i (h)j
i
i=1 i=1
khk1 khk1
X
n
jhi j
= khk1
j"i (h)j
i=1
Xn
j"i (h)j ! 0:
h !0
i=1
3.3. APPLICATION DIFFÉRENTIABLE 71

Donc f est di¤érentielle au point x0 et on a :


X
n
@f
df (x0 )(h) = hi (x0 ) 8h = (h1 ; h2 ; :::; hn ) 2 Rn :
i=1
@xi

Remarque 3.3.14
F Toute fonction polynôme de n variables est di¤érentiable sur Rn :
F Toute fonction rationnelle de n variables est di¤érentiable sur son domaine de dé…ni-
tion qui est un ouvert de Rn :
F La di¤érentiabilité d’une fonction en un point n’entraine pas forcément la continuité
des dérivées partielles.

Exemple 3.3.15 Soit f la fonction dé…nie par :

f: R ! R
(
x2 sin( x1 ) si x 6= 0
x !
0 si x = 0

f est dérivable (donc di¤érentiable) sur R et on a :


(
0 2x sin( x1 ) cos( x1 ) si x 6= 0
f (x) =
0 si x = 0
1
f 0 n’est pas continue en 0 puisque la suite !
n n !+1
0; et f 0 ( n1 ) = ( 1)n n’a pas de limite.

Proposition 3.3.16 On munit Rn et Rm de leurs bases canoniques Bn = (e1 ; e2 ; :::; en ) et


Bm = (e01 ; e02 ; :::; e0m ): Soit f : U ! Rm une fonction di¤érentiable en un point x0 2 U:
La matrice de l’application linéaire df(x0 ) relativement à Bn et Bm est donnée par :
0 @f1 @f1 @f1
1
@x1
(x 0 ) @x2
(x 0 ) : : : @xn
(x 0 )
B @f2 @f @f C
B @x1 (x0 ) @x22 (x0 ) : : : @xn2 (x0 ) C
B C
B : : : C
B C
B : : : C
B C
B C
@ : : : A
@fm @fm @fm
@x1
(x0 ) @x2 (x0 ) : : : @xn (x0 )
où f1 ; f2 ; :::; fm sont les composantes de f:

Preuve. On a : pour tout j 2 f1; 2; :::; ng :

@f @f1 @f2 @fm X


m
@fi
df (x0 )(ej ) = (x0 ) = (x0 ); (x0 ); :::; (x0 ) = (x0 )ei :
@xj @xj @xj @xj i=1
@xi

D’où le résultat. (Voir aussi le premier point de la remarque 3.3.11).


72 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Dé…nition 3.3.17 La matrice de df (x0 ) relativement à Bn et Bm citée dans la proposition


3.3.16 est appelée matrice jacobienne de f au point x0 : On la note Jf (x0 ):
Si m = n le déterminant de la matrice Jf (x0 ) est appelé le jacobien de f au point x0 :
On
D(f1 ;f2 ;:::;fm )
On le note jJf (x0 )j ou D(x 1 ;x2 ;:::;xm )
: Dans ce cas on a :

df (x0 ) est inversible () jJf (x0 )j 6= 0:

Et on a :
@fi
Jf (x0 ) = (x0 ) 2 Mm;n (R):
@xj 1 i m
1 j n

Noter que le numéro de la colonne coïncide avec celui de la variable de dérivation et que
celui de la ligne coïncide avec celui de la composante de f:

Exemple 3.3.18
f: R2 ! R2
(r; ) ! (r cos ; r sin )
f est de classe C 1 sur R2 puisque ses deux composantes le sont. Donc f est di¤érentiable
sur R2 (proposition 3.3.12). !
cos r sin
Jf (r; ) =
sin r cos
jJf (r; )j = r cos + r sin2 = r:
2

df (r; )(h; k) = (h cos kr sin ; h sin + kr cos ):


72 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

3.3.3 Propriétés des fonctions di¤érentiables


Proposition 3.3.19 Soit f; g : U ! Rm deux fonctions di¤érentiables en un point x0 2 U
et soit ; 2 R: Alors la fonction f + g est di¤érentiable en x0 et on a :

d( f + g)(x0 ) = df (x0 ) + dg(x0 ):

Preuve. Sur un voisinage V de 0 on a :


f (x0 + h) = f (x0 ) + df (x0 )(h) + khk "1 (h) avec lim "1 (h) = 0;
h !0
h6=0
g(x0 + h) = g(x0 ) + dg(x0 )(h) + khk "2 (h) avec lim "2 (h) = 0;
h !0
h6=0
Donc on a pour tout h dans V :

f (x0 +h)+ g(x0 +h) = f (x0 )+ g(x0 )+( df (x0 )(h)+ dg(x0 )(h))+khk [( "1 (h) + "2 (h)] :

Comme df (x0 ) + dg(x0 ) est linéaire et lim [ "1 (h) + "2 (h)] = 0; alors f + g est
h !0
h6=0
di¤érentiable en x0 et on a :

d( f + g)(x0 ) = df (x0 ) + dg(x0 ):


3.3. APPLICATION DIFFÉRENTIABLE 73

Proposition 3.3.20 Soit V un ouvert de Rm , f; : U ! Rm ; et g : V ! Rp deux


fonctions telles que f (U ) V: Si f est di¤érentiable en un point x0 2 U et g est di¤é-
rentiable au point y0 = f (x0 ) alors la fonction g f : U ! Rp est di¤érentiable au point
x0 et on a :
d(g f )(x0 ) = dg(f (x0 )) df (x0 )

Preuve. On désignera les normes de Rn ; Rm et Rp par le même symbole k:k :


f est di¤érentiable en x0 ; donc on a dans un voisinage de 0 dans Rn :

f (x0 + h) = f (x0 ) + df (x0 )(h) + khk "1 (h) avec lim "1 (h) = 0 (3.7)
h !0

De même g est di¤érentiable en y0 = f (x0 ); donc on a dans un voisinage de 0 dans Rm :

g(y0 + k) = g(y0 ) + dg(y0 )(k) + kkk "2 (k) avec lim "2 (k) = 0 (3.8)
k !0

Par suite dans un voisinage W de 0 dans Rn :


0 1
B C
(g f )(x0 + h) = g @f (x0 ) + df (x0 )(h) + khk "1 (h)A d’après 3.7
| {z }
l(h)
= g(y0 + l(h))
= g(y0 ) + dg(y0 )(l(h)) + kl(h)k "2 (l(h)) d’après 3.8
= g(y0 ) + dg(y0 )(df (x0 )(h)) + khk "1 (h)) + kl(h)k "2 (l(h))
= g(y0 ) + dg(y0 )(df (x0 )(h)) + khk dg(y0 )("1 (h)) + kl(h)k "2 (l(h))
Il en résulte pour tout h 2 W n f0g :
1 kl(h)k
[(g f )(x0 + h) (g f )(x0 ) dg(f (x0 ))(df (x0 )(h))] = dg(y0 )("1 (h)) + "2 (l(h)):
khk khk
L’application dg(y0 ) est une application linéaire donc continue et nulle en 0; par suite

lim dg(y0 )("1 (h)) = dg(y0 )( lim "1 (h)) = dg(y0 )(0) = 0:
h !0 h !0
h6=0 h6=0

D’autre part
kl(h)k kdf (x0 )(h)+khk"1 (h)k
khk 2
" (l(h)) = khk
"2 (l(h))
kdf (x0 )(h)k khkk"1 (h)k
khk
+ khk "2 (l(h))
(kdf (x0 )k + k"1 (h)k) "2 (l(h))
(On rappelle (Voir le théorème 2.5.5) que df (x0 ) est une application linéaire et que
kdf (x0 )(h)k
kdf (x0 )k = sup est sa norme dans L(Rn ; Rm ):)
h6=0 khk
De plus on a :
lim l(h) = lim df (x0 )(h) + khk "1 (h) = 0:
h !0 h !0
h6=0 h6=0
74 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Car :
I df (x0 ) est une application linéaire donc continue et nulle en 0; donc lim df (x0 )(h) = 0;
h !0
h6=0
I lim khk "1 (h) = 0;
h !0
h6=0
D’où lim "2 (l(h)) = 0; par suite lim (kdf (x0 )k + k"1 (h)k) "2 (l(h)) = 0
h !0 h !0
h6=0 h6=0
kl(h)k
ce qui donne lim "2 (l(h)) = 0:
h !0 khk
h6=0
kl(h)k
En…n si on note "(h) = dg(y0 )("1 (h)) + khk 2
" (l(h)), on a :
1
lim "(h) = 0 et lim [(g f )(x0 + h) (g f )(x0 ) dg(f (x0 ))(df (x0 )(h))] = 0:
h !0 h !0 khk
h6=0 h6=0

Ce qui prouve que g f est di¤érentiable et on a :

d(g f )(x0 ) = dg(f (x0 )) df (x0 ):

Remarque 3.3.21
F Bien que cette formule est simple elle est extrêmement importante.
F Attention dg(f (x0 )) df (x0 ) est une composition de deux applications linéaires,
df (x0 ) 2 L(Rn ; Rm ) qui est une application linéaire de Rn dans Rm et
dg(f (x0 )) 2 L(Rm ; Rp )qui est une application linéaire de Rm dans Rp :

Cas particulier : Soit f : U Rn ! R; et g : V R ! R avec f (U ) V: Si f


est di¤érentiable en un point x0 2 U et g est dérivable en y0 = f (x0 ) alors g f : U ! R
est di¤érentiable en x0 et on a :

d(g f )(x0 ) = g 0 (f (x0 )):df (x0 ); avec g 0 (f (x0 )) 2 R et df (x0 ) est une forme linéaire sur Rn .

Exemples importants : Soit f : U Rn ! R une fonction di¤érentiable en un point x0 2 U:


Alors les fonctions f k : x 7 ! (f (x))k k 2 N ; h : x 7 ! ef (x) et ' : x 7 ! sin(f (x)) sont
di¤érentiables en x0 et en a :
I d(f k )(x0 ) = kf k 1 (x0 ):df (x0 ); ( )
I dh(x0 ) = ef (x0 ) :df (x0 );
I d'(x0 ) = cos(f (x0 )):df (x0 ):
I Si de plus f (U ) ]0; +1[ alors ln(f ) est di¤érentiable et on a :
d(ln(f ))(x0 ) = f (x1 0 ) :df (x0 ):
En appliquant la relation (*) à la fonction pki on obtient :

d (pki (x) = kpik 1 (x)dpi (x) = kpki 1 (x)pi = kpki 1 (x)dxi 8x 2 Rn :


3.3. APPLICATION DIFFÉRENTIABLE 75

Proposition 3.3.22 Soit f; g : U ! R deux fonctions à valeurs réelles. Si f et g sont


di¤érentiables en un point x0 2 U alors la fonction f g est di¤érentiable au point x0
et on a :
d(f g)(x0 ) = f (x0 ):dg(x0 ) + g(x0 ):df (x0 ):

Notons que les di¤érentielles df (x0 ); dg(x0 ) et d(f g)(x0 ) sont des formes linéaires sur
Rn dans ce cas.

Preuve. Considérons les applications

': R2 ! R et : U ! R2
(x1 ; x2 ) 7! x1 x2 x 7 ! (f (x); g(x))

' = f g:
est di¤érentiable en x0 puisque ses deux composantes le sont. De plus on a :

d (x0 ) = (df (x0 ); dg(x0 )) d’après la proposition 3.3.6

' est une fonction polynôme sur R2 donc elle est di¤érentiable sur R2 et on a :

d'(x1 ; x2 )(k1 ; k2 ) = x2 k1 + x1 k2 :

Par suite f g = ' est di¤érentiable en x0 et on a : pour tout h 2 Rn :

[d(f g)(x0 )] (h) = d'( (x0 )) [(d (x0 )(h))]


= d'(f (x0 ); g(x0 )) [(d(f (x0 )(h); dg(x0 )(h))]
= f (x0 ):dg(x0 )(h) + g(x0 ):df (x0 )(h) d’après la proposition 3.3.20

Ceci achève la démonstration.


Remarquer que f (x0 ); g(x0 ) 2 R et dg(x0 ); df (x0 ) 2 L(Rn ; R) sont deux formes linéaires.

Proposition 3.3.23 Soit f; g : U ! R deux fonctions à valeurs réelles di¤érentiables en


un point x0 2 U: Si g(x0 ) 6= 0 alors il existe un voisinage V de x0 tel que V U et
g(x0 ) 6= 0 8x 2 V: De plus la fonction

': V ! R
f (x)
x 7 ! g(x)

est di¤érentiable au point x0 et on a :

f 1
d (x0 ) = : [g(x0 ):df (x0 ) f (x0 ):dg(x0 )] :
g g 2 (x 0)
76 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Preuve. g est di¤érentiable en x0 donc elle est continue en x0 : Comme g(x0 ) 6= 0; il


existe un voisinage V de x0 tel que V U et g(x) 6= 0 8x 2 V:
1 1
Posons '(t) = 8t 2 R : Donc = ' g est di¤érentiable en x0 et on a :
t g

1 1
d (x0 ) = '0 (g(x0 )):dg(x0 ) = :dg(x0 ) d’après la proposition 3.3.20
g g 2 (x 0)

f 1
La fonction = f: est alors di¤érentiable en x0 ; d’après la proposition 3.3.22, et on a :
g g

f 1 1
d (x0 ) = :df (x0 ) + f (x0 ):d (x0 )
g g(x0 ) g
1 f (x0 )
= :df (x0 ) :dg(x0 )
g(x0 ) g 2 (x0 )
1
= 2
: [g(x0 ):df (x0 ) f (x0 ):dg(x0 )] :
g (x0 )

Remarquer encore que f (x0 ); g(x0 ) 2 R et dg(x0 ); df (x0 ) 2 L(Rn ; R) sont deux formes
linéaires sur Rn :

x2 + y 2 + 1 P (x; y)
Exemple 3.3.24 Soit f la fonction dé…nie par : f (x; y) = = :
xy 1 Q(x; y)
Df = U = f(x; y) 2 R2 j xy 6= 1g est un ouvert de R2 .
f est di¤érentiable sur U (fonction rationnelle) et on a :

1
df (x; y) = [Q(x; y):dP (x; y) P (x; y):dQ(x; y)]
Q2 (x; y)
1
= [(xy 1)(2xdx + 2ydy) (x2 + y 2 + 1) (ydx + xdy)]
(xy 1)2
x2 y 2x y 3 y xy 2 2y x3 x
= dx + dy
(xy 1)2 (xy 1)2

On peut bien sûr calculer df (x; y) directement en utilisant la relation :

@f @f
df (x; y) = (x; y)dx + (x; y)dy:
@x @y
76 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

3.3.4 Dérivées partielles d’une fonction composée


Formule de la chaîne :

La proposition 3.3.20 nous permet de calculer les dérivées partielles de la composée de


deux fonctions di¤érentiables f et g en fonction des dérivées partielles de ces deux fonctions.
Rappelons que U est un ouvert de Rn :
3.3. APPLICATION DIFFÉRENTIABLE 77

Proposition 3.3.25 Soit V un ouvert de Rn et soit

f: U Rn ! Rm et g: V Rm ! R
x = (x1 ; x2 ; :::; xn ) 7! f (x) y = (y1 ; y2 ; :::; yn ) 7! g(y)

deux fonctions telles que f (U ) V et f = (f1 ; f2 ; :::; fn ):


Si f est di¤érentiable en un point a 2 U et g est di¤érentiable au point b = f (a) alors la
fonction composée g f : U ! R est di¤érentiable en a et on a pour tout j 2 f1; 2; :::; ng :

@(g f ) X @g m
@fk
(a) = (f (a)): (a) (formule de la chaine).
@xj k=1
@yk @xj

Preuve. g f est di¤érentiable en a, d’après la proposition 3.3.20 et on a :

d(g f )(a) = dg(f (a)) df (a):

Par suite
@(g f )
J(g f )(a) = @x1
(a); :::; @(g
@xn
f)
(a) = Jg(f (a)):Jf (a)
0 1
@f1 @f1
@x1
(a) : : : @xn
(a)
B C
B : : C
B C
= @g
@y1
(f (a)); :::; @ym (f (a)) : B
@g
B : : C
C
B C
@ : : A
@fm @fm
@x1
(a) : : ! : @xn
(a)
Xm X
m
@g @fk @g @fk
= @yk
(f (a)): @x1
(a); :::; @yk
(f (a)): @xn
(a)
k=1 k=1

Il en résulte pour tout j 2 f1; 2; :::; ng :

@(g f ) X @g m
@fk
(a) = (f (a)): (a):
@xj k=1
@y k @x j

Si dans la proposition 3.3.25, la fonction g est à valeurs dans Rp avec p 2 et


g = (g1 ; g2 ; :::; gp ) alors on a :

g f = (g1 f; g2 f; :::; gp f ) : U ! Rp :

Donc pour calculer la dérivée partielle @(g f)


@xj
(a) au point a il su¢ t d’appliquer la formule
de la chaine à chacune des composantes g1 f; g2 f; :::; gp f de la fonction g f puisque
@(g f )
@xj
(a) = @(g@x1 jf ) (a); :::; @(g@xp jf ) (a) :
78 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Cas particulier important :

Soit U un ouvert dr R et V un ouvert de Rm :

Soit f : U R ! Rm et g: V Rm ! R
t 7 ! f (t) = (f1 (t); f2 (t); :::; fn (t)) y = (y1 ; y2 ; :::; yn ) 7 ! g(y)

Deux fonctions telles que f (U ) V: Si f est dérivable en un point t0 2 U et g est di¤é-


rentiable au point f (t0 ) alors la composée g f : U R ! R est dérivable en t0 et on
a:
0
Xm
@g
(g f ) (t0 ) = (f (t0 )):f 0 (t0 ):
k=1
@yk
Exemples d’application :
I Un cas de fonction deux fois dérivables :

f: R ! R3 et g: R3 ! R
t 7 ! f (t) = (f1 (t); f2 (t); f3 (t)) (x; y; z) 7 ! g(x; y; z)

On suppose que f est une fonction de classe C 2 sur R et g est une fonction de classe C 2 sur
R3 : Alors la fonction composée

'=g f : R ! R
t 7 ! '(t) = g(f1 (t); f2 (t); f3 (t))

est de classe C 2 sur R et on a :


d @g @g @g
'0 (t) = [g(f (t))] = (f (t))f10 (t) + (f (t))f20 (t) + (f (t))f30 (t)
dt @x @y @z

De même on a :
d @g @2g @2f @2f
dt @x
(f (t)) = @x2
(f (t))f10 (t) + @y@x
(f (t))f20 (t) + @z@x
(f (t))f30 (t);
h i
d @g @2g @2f @2f
dt @y
(f (t)) = @x@y
(f (t))f10 (t) + @y 2
(f (t))f20 (t) + @z@y
(f (t))f30 (t);
d @g @2g @2f @2f
dt @z
(f (t)) = @x@z
(f (t))f10 (t) + @y@z
(f (t))f20 (t) + @z 2
(f (t))f30 (t):

Et en utilisant le théorème de Schwarz on peut calculer '"(t) en fonction de t; des dérivées


premières et secondes de f1 ; f2 f3 et les dérivées partielles premières et secondes de g:

I Le Laplacien en coordonnées polaires :

Soit f : R2 ! R une fonction de classe C 2 sur R2 : On dé…nit le laplacien de f par :

@2f @2f
f (x; y) = (x; y) + (x; y):
@x2 @y 2
3.3. APPLICATION DIFFÉRENTIABLE 79

Soit l’application :

': ]0; +1[ R ! R2


(r; ) 7 ! (r cos ; r sin ) = ('1 (r; ); '2 (r; )):

Notons que ' est de classe C 2 sur l’ouvert ]0; +1[ R de R2 puisque ses deux composantes
'1 et '2 le sont sur cet ouvert.
Soit la fonction composée :

F =f ': ]0; +1[ R ! R2


(r; ) 7 ! F (r; ) = f (r cos ; r sin ):

On pose :

(x; y) = '(r; ) = (r cos ; r sin ): Donc f (x; y) = f (r cos ; r sin ) = F (r; ):

On a d’après la formule de la chaîne :


@f @f
@F
@r
(r; )= @x
('(r; )) @x
@r
+ @y
('(r; )) @y
@r
= @f
@x
('(r; )) cos + @f
@y
('(r; )) sin ;
@f @f
@F
@
(r; )= @x
('(r; )) @x
@
+ @y
('(r; )) @y
@
= @f
@x
('(r; ))( r sin ) + @f
@y
('(r; ))(r cos ):

Donc
@F
@r
(r; ) = (cos ) @f
@x
(x; y) + (sin ) @f
@y
(x; y);
@F
@
(r; )= r(sin ) @f
@x
(x; y) + r(cos ) @f
@y
(x; y):
Qu’on écrira tout simplement
8
< @F (r; ) = (cos ) @f + (sin ) @f ;
@r @x @y
: @F
(r; )= r(sin ) @f + r(cos ) @f :
@ @x @y

Par la méthode de Cramer on obtient :


8
> 1
< @f
@x
= (cos ) @F
@r
(r; ) (sin ) @F
@
(r; ) = F1 (r; );
r (3.9)
>
: @f 1
@y
= (sin ) @F
@r
(r; ) + (cos ) @F
@
(r; ) = F2 (r; ):
r
Le même procédé donne :
8
> 2 1
< @@xf2 = @f @f
( )
@x @x
= (cos ) @F
@r
1
(r; ) (sin ) @F
@
1
(r; );
r
>
: @2f 1
@y 2
= @f ( @f ) = (sin ) @F
@y @y @r
2
(r; ) + (cos ) @F
@
2
(r; ):
r
En calculant @F
@r
1 @F1 @F2
; @ ; @r et @F
@
2
à partir de (3.9) en fonction de r et et des dérivées partielles
de F et en appliquant le théorème de schwarz à F on obtient :
@2F 1 @2F 1 @F
f= 2
+ 2 2 + :
@r r @ r @r
80 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

3.3.5 I Gradient :
On munit Rn de son produit scalaire canonique < :; : >.
Soit a = (a1 ; a2 ; :::; an ) 2 U et f : U ! R une fonction di¤érentiable en a: La di¤érentielle
df (a) : Rn ! R est une forme linéaire sur Rn et on a pour tout a = (a1 ; a2 ; :::; an ) 2 Rn :

X
n
@f @f @f @f
df (a)(h) = hi : (a) =< V; h > avec V = (a); (a); :::; (a) :
i=1
@xi @x1 @x2 @xn

Le cecteur V (2 Rn ) est appelé gradient de f au point a: On le note (grad f )(a) ou (rf )(a):
On a alors :

f (x) [f (a)+ < rf (a); x a >] = kx ak "(x a) avec lim "(x a) = 0: (3.10)
x !a

Le graphe G = f(x1 ; x2 ; :::; xn+1 ) 2 Rn+1 j xn+1 = f (x1 ; x2 ; :::; xn )g de f étant une partie
non vide de Rn+1 , alors l’hyperplan a¢ ne H dans Rn+1 dé…ni par l’équation :

xn+1 = f (a)+ < rf (a); (x1 a1 ; x 2 a2 ; :::; xn an ) >

est tangent à G au point (a; f (a)) d’après (3.10).


Soit H L’hyperplan vectoriel associé à H dé…ni par l’équation :

X
n
@f
xn+1 =< rf (a); (x1 ; x2 ; :::; xn ) >= (a)xi
i=1
@xi

! @f @f @f
et soit le vecteur n = @x1
(a); @x2
(a); :::; @xn
(a); 1 de Rn+1 : Alors on a :

!
8x = (x1 ; x2 ; :::; xn+1 ) 2 H < x; n >= 0:
!
Donc n est normal à H:

Remarque 3.3.26 Si n = 1, on retrouve la droite tangente à la courbe au point a dé…nie


par l’équation :
x2 = f (a) + f 0(a)(x1 a):
80 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

3.4 Formules de Taylor-Extremums d’une fonction.


Dans toute cette section U désigne un ouvert non vide de Rn : On rappelle que si a; b 2 Rn ;
le segment [a; b] est dé…ni par :

[a; b] = fta + (1 t)b j t 2 [0; 1]g = f(1 t)a + tb j t 2 [0; 1]g :


3.4. FORMULES DE TAYLOR-EXTREMUMS D’UNE FONCTION. 81

3.4.1 Formule des accroissements …nis


Théorème 3.4.1 Soit f : U ! R une fonction di¤érentiable sur U et soit x; x + h deux
points de U tels que [x; x + h] U: Alors il existe 2 ]0; 1[ tel que
X
n
@f
f (x + h) f (x) = hi (x + h) = df (x + h)(h) (3.11)
i=1
@xi

où h = (h1 ; h2 ; :::; hn ) et x = (x1 ; x2 ; :::; xn ):

Preuve. La fonction
': [0; 1] ! Rm
t ! x + th
est continue sur [0; 1] et dérivable sur ]0; 1[ et on a :

'0 (t) = h = (h1 ; h2 ; :::; hn ) 8t 2 ]0; 1[

De plus on a :
' ([0; 1]) = fx + th j t 2 [0; 1]g
= f(1 t)x + t(x + h) j t 2 [0; 1]g
= [x; x + h] U:
Soit alors la fonction composée :

g=f ': [0; 1] ! R


t ! g(t) = f (x + th) = f (x1 + th1 ; x2 + th2 ; :::; xn + thn )

Il est clair que g est continue sur [0; 1] et dérivable sur ]0; 1[ : De plus on a, d’après la formule
de la chaîne :

@f @f @f X @f n
g 0 (t) = h1 (x + th) + h2 (x + th) + ::: + hn (x + th) = hi (x + th) 8t 2 ]0; 1[ :
@x1 @x2 @xn i=1
@x i

Le théorème des accroissement …nis dans le cas réel montre que’il existe 2 ]0; 1[ tel que

g(1) g(0) = g 0 ( ):

Par suite
X
n
@f
f (x + h) f (x) = hi (x + h):
i=1
@xi

Remarque 3.4.2
F L’égalité (3.11) ne s’applique pas aux fonctions à valeurs dans Rm (m 2):
F Si x 2 U alors 9r > 0 tel que [x; x + h] U 8h 2 B(0; r):
82 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Corollaire 3.4.3 Soit V un ouvert convexe de Rn et f : V ! R une fonction di¤érentiable


sur V . On suppose qu’il existe k > 0 tel que

kdf (x)k k 8x 2 V:

Alors on a :
jf (x) f (y)j k kx yk 8x; y 2 V: (3.12)

Preuve. Soit x; y 2 V: Posons h = y x; donc [x; x + h] V: D’après le théorème 3.4.1,


il existe 2 ]0; 1[ tel que

jf (x) f (y)j = jdf (x + h))(h)j kdf (x + h)k khk k khk :

Remarque 3.4.4 L’inégalité (3.12) s’applique aussi aux fonctions à valeurs dans Rm :

Corollaire 3.4.5 3.4.3 Soit D un ouvert convexe de Rn et f : D ! Rm une fonction


di¤érentiable sur D avec f = (f1 ; f2 ; :::; fn ): Alors f est constante sur D si et seulement
si df (x) = 0 8x 2 D:

Preuve. =) évidente.
(= Supposons que df (x) = 0 8x 2 D: Alors on a :
dfi (x) = 0: 8x 2 D 8i 2 f1; 2; :::; mg :

Soit x; y 2 D tels que x 6= y: Comme D est convexe alors [x; y] D: Donc fi (x) = fi (y)
pour tout i 2 f1; 2; :::; mg ; d’après le corollaire 3.4.3.
D’où f (x) = f (y): Par suite f est constante sur D:

Remarque 3.4.6 Ce résultat reste vrai si D est un ouvert connexe par arcs de Rn :

3.4.2 Formule de Taylor


Les formules de Taylor se généralisent au cas des fonctions de plusieurs variables. Pour
des raisons de simplicité on se limitera à un ordre p 2:

Théorème 3.4.7 (Taylor-Lagrange à l’ordre 1)


Soit f : U ! R de classe C 2 sur U et [x; x + h] un segment contenu dans U: Alors
il existe 2 ]0; 1[ tel que
X
n
1 X 2f
@f
f (x + h) = f (x) + hi @x (x) + hi hj @x@i @x (x + h):
i=1
i 2 1 i;j n j

1 X 2f
= f (x) + df (x)(h) + hi hj @x@i @x (x + h):
2 1 i;j n j
3.4. FORMULES DE TAYLOR-EXTREMUMS D’UNE FONCTION. 83

Preuve. Reprenons la fonction g = f ' de la démonstration (Théorème 3.4.1) précé-


dente :
g=f ': [0; 1] ! R
t ! g(t) = f (x1 + th1 ; x2 + th2 ; :::; xn + thn )
Cette fonction est de classe C 2 sur [0; 1] puisque f et ' sont de classe C 2 sur U et [0; 1]
respectivement.
De plus on a déjà vu que :
X
n
@f
g 0 (t) = hi (x + th) 8t 2 ]0; 1[
i=1
@xi
Par suite on a :
X d h @f i
n
g"(t) = hi (x + th)
dt @xi
i=1 " #
Xn X n
@f @f
= hi hj @x j @xi
(x + th)
i=1
X j=1
2f
= hi hj @x@j @x i
(x + th)
1Xi;j n
2f
= hi hj @x@i @xj
(x + th) d’après le théorème de Schwarz.
1 i;j n

La formule de Taylor-Lagrange à l’ordre 1 appliquée à la fonction réelle g sur [0; 1] montre


qu’il existe 2 ]0; 1[ tel que :
1
g(1) = g(0) + g 0 (0)(1 0) + g"( )(1 0)2 :
2!
D’où
X
n X 2
@f
f (x + h) = f (x) + hi @xi
(x) + 1
2
hi hj @x@i @x
f
j
(x + h);
i=1 1 i;j n
X
n
1 X 2 @2f
n X
@f @2f
= f (x) + hi @x (x) + hi @x2 (x + h) + hi hj @xi @xj
(x + h):
i=1
i 2 i=1
i
1 i<j n

Théorème 3.4.8 (Taylor-Young à l’ordre 2)


Soit f : U ! R de classe C 2 sur U et soit x 2 U: Alors si khk est su¢ samment petite
on a :
Xn X
@2f
f (x + h) = f (x) + @f
hi @xi
(x) + 1
2
h i hj @xi @xj
(x) + khk2 "(h)
i=1 1 i;j n
X 2f
= f (x) + df (x)(h) + 2 1
hi hj @x@i @xj
(x) + khk2 "(h):
1 i;j n

avec lim "(h) = 0:


h !0
84 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Preuve. Soit r > 0 tel que, pour tout h 2 B(0; r); [x; x + h] U:
Comme f est de classe C 2 sur U alors, d’après le théorème 3.4.7 pour tout h 2 B(0; r) il
existe (h) 2 ]0; 1[ tel que
X
n
@f 1 X @2f
f (x + h) = f (x) + hi (x) + hi hj (x + (h):h): (3.13)
i=1
@xi 2 1 i;j n @xi @xj

@2f
Comme @xi @xj
est continue sur U et lim (h):h = 0 (car (h) 2 ]0; 1[ est bornée) alors on a :
h !0

@2f @2f
(x + (h):h) = (x) + "i;j (h) pour khk petite
@xi @xj @xi @xj
avec lim "i;j (h) = 0 i; j 2 f1; 2; :::; ng : Il s’ensuit que pour khk petite, on a :
h !0

1 X @2f 1 X @2f 1 X
hi hj (x + (h):h) = hi hj (x) + hi hj "i;j (h): (3.14)
2 1 i;j n @xi @xj 2 1 i;j n @xi @xj 2 1 i;j n
| {z }
(h)

D’autre part on a pour h 6= 0 (khk petite)


(h)
X jh j:jh j
1 i j
khk2 2 khk2
: j"i;j (h)j
1Xi;j n
1
4
j"i;j (h)j car jhi j : jhj j 1
2
h2i + h2j 1
2
khk2 :
1 i;j n

Donc
(h)
lim = 0:
h !0 khk2

D’où :
(h) = khk2 :"(h) avec lim "(h) = 0: (3.15)
h !0
On conclut alors par 3.13, 3.14 et 3.15.
Cas particulier (n = 2 et R2 muni de la norme k:k2 ):
Si U est un ouvert de R2 ; x = (x1 ; x2 ) 2 U et f : U ! R une fonction de classe C 2 sur
U alors on a pour h = (h1 ; h2 ) avec khk2 petite :
h i
@f @f 1 2 @2f @2f 1 2 @2f
f (x + h) = f (x) + h1 @x 1
(x) + h2 @x2
(x) + h
2 1 @x2 (x) + h1 h2 @x1 @x2
(x) + h
2 2 @x2 (x) +
1 2

+(h21 + h22 )"(h1 ; h2 ): avec lim "(h1 ; h2 ) = 0:


(h1 ;h2 ) !(0;0)

D’après le théorème de Schwarz.

Exercice 3.4.9 Soit f : Rn ! R une fonction de classe C 1 (n 2):


1) Soient x; y 2 Rn et t2 [0; 1] : En utilisant la formule des accroissement …nis, montrer qu’il
existe 2 ]0; 1[ tel que :

f (tx + (1 t)y) f (y) = tdf (y + t (x y))(x y):


3.4. FORMULES DE TAYLOR-EXTREMUMS D’UNE FONCTION. 85

2) On suppose que f est de classe C 2 et quelle véri…e l’inégalité :

df (y)(x y) f (x) f (y) 8x; y 2 Rn : (3.16)

En utilisant la formule de Taylor-Young, montrer que


X @2f
hi hj (x) 0 :8x; h 2 Rn : (3.17)
1 i;j n
@xi @xj

3) En utilisant la formule de Taylor-Lagrange, montrer que 3.17 implique 3.16. Conclure.


3.4. FORMULES DE TAYLOR-EXTREMUMS D’UNE FONCTION. 85

3.4.3 Extremums relatifs


On rappelle que U est un ouvert de Rn :

Dé…nition 3.4.10 Soit f : U ! R une fonction et a 2 U: On dit que f admet un


maximum relatif (respectivement un minimum relatif) au point a s’il existe > 0 tel
que :

8x 2 U \ B(a; ) f (x) f (a) (respectivement f (x) f (a)): (3.18)

On dira aussi dans ce cas que f (a) est un maximum relatif (respectivement un minimum
relatif) de f:

Dé…nition 3.4.11 On dit que f (a) est un extremum relatif de f si f (a) est un maximum
relatif ou un minimum relatif de f:
Un extremum relatif est dit global ou absolu si la propriété 3.18 est vraie sur U:

Exemple 3.4.12 Soit la fonction :

f: R2 ! R
1
x ! x2 +y 2 +1

On a : f (x; y) 1 = f (0; 0): Donc f (0; 0) est un maximum global de f:

Le résultat suivant donne une condition nécessaire pour l’existence d’un extremum relatif.

Proposition 3.4.13 Soit f : U ! R une fonction et a 2 U: Si f est di¤érentiable en a


@f
et admet un extremum relatif en a alors df (a) = 0: En d’autres termes, @xi
(a) = 0 pour
tout i 2 f1; 2; :::ng :

Preuve. Posons a = (a1 ; a2 ; :::; an ): La fonction partielle Fi :xi7 !f (a1 ; a2 ; ::; ai 1 ; xi ; ai+1 ; :::; an )
est dérivable en ai et admet un extremum relatif en ai ; donc F 0 (ai ) = 0; c’est à dire
@f
@xi
(a) = 0:
86 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Remarque 3.4.14 La condition df (a) = 0 n’est pas su¢ sante pour que a soit un extremum
relatif comme le montre les deux exemples suivants.

Exemple 3.4.15
1) f : R ! R telle que f (x) = x3 :
f est dérivable (donc di¤érentiable) en 0 et on a f 0 (0) = 0; pourtant f (0) = 0 n’est pas un
extremum relatif de f:
2) f : R2 ! R telle que f (x) = x3 + y 3 :
f est di¤érentiable en (0; 0) (fonction polynôme) et on a :
@f @f
(0; 0) = (0; 0) = 0 et f (0; 0) = 0:
@x @y
D’autre part, pour tout > 0 la fonction f prend des valeurs strictement positives et des
valeurs strictement négatives sur la boule B(0; ): Donc f (0; 0) = 0 n’est pas un extremum
relatif de f:

On rappelle que :
I Une forme bilinéaire sur Rn est une application ' : Rn Rn ! R telle que
(
'( x + y; z) = '(x; z) + '(y; z) 8x; y; z 2 Rn ; 8 ; 2 R;
'(z; x + y) = '(z; x) + '(z; y) 8x; y; z 2 Rn ; 8 ; 2 R; :

C’est à dire elle est linéaire par rapport à chacune de ses deux variables.
I Une forme bilinéaire sur Rn est dite symétrique si elle véri…e de plus :

8(x; y) 2 Rn Rn ; '(x; y) = '(y; x):

I Si ' est une forme bilinéaire sur Rn , alors, pour tout x 2 Rn ; '(0; x) = '(x; 0) = 0:
I L’ensemble des formes bilinéaires (respectivement bilinéaires symétriques) sur Rn ; est
un R-espace vectoriel.
I Une forme quadratique q sur Rn est une application q : Rn ! R véri…ant les deux
conditions suivantes :
(
q( x) = 2 q(x) 8x 2 Rn ; 8 2 R; ;
L’application : (x; y) 7! 21 [q(x + y) q(x) q(y)] est bilinéaire symétrique.

I Une forme quadratique q sur Rn est dite positive (respectivement négative), si

q(x) 0 (respectivement q(x) 0) 8x 2 Rn :

I q est dite dé…nie positive si q(x) > 0 8x 2 Rn n f0g :


I q est dite dé…nie négative si q(x) < 0 8x 2 Rn n f0g :
I Toute forme quadratique sur Rn est continue sur Rn :
3.4. FORMULES DE TAYLOR-EXTREMUMS D’UNE FONCTION. 87

Dé…nition 3.4.16 Soit a 2 U et f : U ! R une fonction di¤érentiable en a: Si df (a) = 0


On dit que a est un point critique de f:

Soit f : U ! R une fonction de classe C 2 et a 2 U un point critique de f: On considère


la forme quadratique q : Rn ! R dé…nie par
X @2f
q(h) = q(h1 ; h2 ; :::; hn ) = hi hj (a) 8h 2 Rn :
1 i;j n
@xi @xj

Alors on a d’après le théorème de Taylor-Young 3.4.8 :


1
f (a + h) = f (a) + q(h) + khk2 "(h) pour khk petite car df (a)(h) = 0.
2
@2f
La matrice symétrique A = @xi @xj
(a) de q relativement à la base canonique de Rn est
1 i n
1 j n
appelée matrice hessienne de f au point critique a:
L’étude d’extremum relatif en a revient à l’étude du signe de 21 q(h) + khk2 "(h) pour
khk petite.
Le résultat suivant donne des conditions nécessaires pour que f présente un extremum
relatif au point critique a:

Proposition 3.4.17 Soit f : U ! R une fonction de classe C 2 sur U et a un point


critique de f: Si f admet un minimum relatif (respectivement un maximum relatif) au
point critique a; alors q est une forme quadratique positive (respectivement négative).

Preuve. f est de classe C 2 sur U donc, d’après la formule de Taylor-Young, on a pour


khk su¢ samment petite :
1
f (a + h) = f (a) + q(h) + khk2 "(h) avec lim "(h):
2 h !0

On a df (a) = 0 car a est un point critique de f:


Supposons par exemple que f (a) est un maximum relatif de f: Donc :

9r > 0 tel que f (x) f (a) 8x 2 B(a; r) \ U:

Par suite pour tout h 2 B(0; r), on a :


(
a + h 2 B(a; r) \ U;
f (a + h) f (a) = 21 q(h) + khk2 "(h) 0:

r r
Fixons h 2 Rn n f0g : Alors on a pour tout t 2 ; :
khk khk
(
a + th 2 B(a; r) \ U;
1
2
q(th) + t2 khk2 "(th) 0:
88 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Donc on a :
1 r r
q(h) + khk2 "(th) 0 8t 2 ; :
2 khk khk
En passant à la limite quand t 7 ! 0+ on a q(h) 0: Par suite

q(h) 0 8h 2 Rn :

C’est à dire q est une forme quadratique négative.


Dans le résultat suivant on donne des conditions su¢ santes pour que f présente un
extremum relatif au point critique a.

Théorème 3.4.18 Si q est dé…nie positive (respectivement dé…nie négative) alors f admet
un minimum relatif (respectivement un maximum relatif) au point critiquer a:

Preuve. Supposons que f est une fonction de classe C 2 sur U et a 2 U un point critique
de f alors on a d’après le théorème de Taylor-Young pour khk petite :
1
f (a + h) f (a) = q(h) + khk2 "(h) avec lim "(h) = 0: (3.19)
2 h !0

Supposons de plus que q est dé…nie positive.


Comme q est continue sur Rn et S(0; 1) est un compact de Rn alors 9h0 2 S(0; 1) tel que :

= inf q(h) = q(h0 ) > 0:


khk=1

Donc
h q(h)
8h 2 Rn n f0g ; q = > 0:
khk khk2
D’où
q (h) khk2 8h 2 Rn : (3.20)
Les relations 3.19 et 3.20 montrent qu’il existe > 0 tel que :

f (a + h) f (a) khk2 + "(h) 0 8h 2 B(0; ):


2
Ceci montre que f (a) est un minimum relatif de f:
Si q est dé…nie négative, alors ( q) est dé…nie positive. Ce qui donne le résultat.

Exemple 3.4.19 Soit f une fonction dé…nie par :

f: R3 ! R
(x; y; z) ! x3 + 3xy 2 15x 12y + z 2 :

f est de classe C 2 sur R3 et on a :


@f @f @f
(x; y; z) = 3x2 + 3y 2 15; (x; y; z) = 6xy 12; (x; y; z) = 2z:
@x @y @z
3.4. FORMULES DE TAYLOR-EXTREMUMS D’UNE FONCTION. 89

Cherchons les points critiques de f:


8
> 2 2
< 3x + 3y 15 = 0
(x; y; z) est un point critique () 6xy 12 = 0
>
:
2z = 0:

Donc z = 0; xy = 2 et x2 + y 2 = 5: Il est clair que si (x; y; z) est un point critique, alors


2
z = 0; x 6= 0 y 6= 0 et x est solution de l’équation x4 5x2 + 4 = 0 avec y = :
x
Les solutions de cette équation sont : x1 = 1; x2 = 1; x3 = 2; x4 = 2:
Les points critiques sont alors : (1; 2; 0); ( 1; 2; 0); (2; 1; 0) et ( 2; 1; 0):
On calcule les dérivées partielles d’ordre 2.

@2f @2f @2f @2f @2f @2f


= = 6x; = 2; = 6y; = 0; = 0:
@x2 @y 2 @z 2 @y@x @z@x @y@z
Au point critique (2; 1; 0) on a :
@2f @2f @2f
@x2
((2; 1; 0) = @y 2
(2; 1; 0) = 12; @z 2
(2; 1; 0) =2
@2f @2f @2f
@y@x
(2; 1; 0) = 6; @z@x
(2; 1; 0) = @y@z
(2; 1; 0) = 0:

Donc la matrice hessienne de f au point critique (2; 1; 0) est donnée par :


0 1
12 6 0
B C
A = @ 6 12 0 A
0 0 2

La forme quadratique q associée à A est dé…nie par :


X @2f
q(h1 ; h2 ; h3 ) = hi hj (x) = 12h21 + 12h22 + 2h23 + 12h1 h2 8(h1 ; h2 ; h3 ) 2 R3 :
1 i;j 3
@xi @xj

Il est clair que


2
h2
q(h1 ; h2 ; h3 ) = 12 h1 + + 9h22 + 2h23 0 8(h1 ; h2 ; h3 ) 2 R3 :
2

Donc q est dé…nie positive par suite f admet un maximum relatif au point (2; 1; 0):

Exercice 3.4.20 Etudier les autres points critiques.

Remarque 3.4.21
F Si q change de signe sur Rn et q 6= 0 alors f n’admet pas d’extremum relatif au point
critique a. On dit que a est un point de selle. Ceci résulte de la proposition 3.4.17.
F Si q est positive ou négative et si elle est non dé…nie alors on ne peut pas conclure,
comme on peut le voir sur les deux exemples suivants.
90 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

Exemple 3.4.22 1) Sur R2 on dé…nit la fonction f (x; y) = x3 + y 3 : Alors f est de classe


C 2 sur R2 et on a :
@f @f @2f @2f @2f
= 3x2 ; = 3y 2 ; = 6x; = 6y; = 0:
@x @y @x2 @y 2 @y@x
Le seul point critique de f est (0; 0): La matrice hessienne de f en ce point est nulle donc
la forme quadratique associée est nulle aussi par suite elle est positive est négative à la fois
mais non dé…nie. De plus on a :
1 1 2 1 1 2
f ; = f (0; 0) = 0 f ; = 8n 2 N :
n n n3 n n n3

Donc (0; 0) est un point critique qui n’est ni un maximum relatif ni un minimum relatif.
2) Sur R2 on dé…nit la fonction f (x; y) = x4 + y 4 : Alors f est de classe C 2 sur R2 et on a :

@f @f @2f 2
2 @ f @2f
= 4x3 ; = 4y 3 ; = 12x ; = 12y 2
; = 0:
@x @y @x2 @y 2 @y@x
Le seul point critique de f est (0; 0): La matrice hessienne de f est nulle donc la forme
quadratique associée est nulle aussi par suite elle est positive est négative à la fois mais non
dé…nie et il est clair que le point critique (0; 0) est un minimum global.

Cas particulier : n = 2:
Soit U un ouvert de R2 ; f : U ! R une fonction est de classe C 2 sur U et (x0 ; y0 ) 2 U
un point critique de f:
On pose
@2f @2f @2f
r= (x0 ; y0 ); s= (x0 ; y0 ); t= (x0 ; y0 ) et = s2 rt:
@x2 @y@x @y 2
Alors on a le résultat suivant :

Proposition 3.4.23
1) Si > 0 alors f n’admet pas d’extremum relatif en (x0 ; y0 ): (Il s’agit d’un point de
selle),
2) Si < 0 et r > 0 alors f admet un minimum relatif en (x0 ; y0 );
3) Si < 0 et r < 0 alors f admet un maximum relatif en (x0 ; y0 );
4) Si = 0 on ne peut rien conclure.

Preuve. On a pour tout h = (h1 ; h2 ) 2 R2 :

q(h1 ; h2 ) = rh21 + 2sh1 h2 + th22

1) On suppose = s2 rt > 0:
Si r = t = 0; alors s 6= 0; q 6= 0 et q(h1 ; h2 ) = 2sh1 h2 change de signe. Donc f n’admet
3.4. FORMULES DE TAYLOR-EXTREMUMS D’UNE FONCTION. 91

pas d’extremum relatif en (x0 ; y0 ):


Si r 6= 0 ou t 6= 0; alors q 6= 0: Supposons par exemple r 6= 0: Donc

q(h1 ; h2 ) = r h21 + 2 rs h1 h2 + rt h22


h i
2 2
= r h1 + rs h2 + trr2s h22
h i
2
= r h1 + rs h2 r2 2
h 2

Donc q(h1 ; h2 ) change de signe. En e¤et : pour tout 6= 0 dans R on a q( ; 0) = r 2 et


q( rs ; ) = r 2 donc q( ; 0) et q( rs ; ) sont de signes di¤érents. Alors f n’admet pas
d’extremum relatif en (x0 ; y0 ):
2) et 3) On suppose que < 0: Dans ce cas rt > 0; par suite r et t ont le même signe.
D’autre part on a, comme dans le cas précédent
s 2
q(h1 ; h2 ) = r h1 + h2 h22 8(h1 ; h2 ) 2 R2 :
r r2

Alors q(h1 ; h2 ) à le même signe que r et q(h1 ; h2 ) 6= 0 pour tout (h1 ; h2 ) 6= (0; 0) dans R2 :
On conclut alors que :
Si r > 0; q est dé…nie positive et f admet un minimum relatif en (x0 ; y0 );
Si r < 0; q est dé…nie négative et f admet un maximum relatif en (x0 ; y0 ):
4) On suppose que = s2 rt = 0:
2
Si r 6= 0 alors q(h1 ; h2 ) = r h1 + rs h2 pour tout (h1 ; h2 ) dans R2 :
Si r = 0 alors s = 0 et q(h1 ; h2 ) = th22 ; pour tout (h1 ; h2 ) dans R2 :
Dans ces deux cas q est positive non dé…nie.

Exemple 3.4.24 Soit la fonction f dé…nie sur R2 par :


1
f (x; y) = x4 + y 4 (x y)2 8(x; y) 2 R2 :
4
f est de classe C 2 sur R2 et on a :
@f 1 @f 1
(x; y) = 4x3 (x y) et (x; y) = 4y 3 + (x y) 8(x; y) 2 R2 :
@x 2 @y 2
(
4x3 12 (x y) = 0
(x; y) est un point critique ()
4y 3 + 21 (x y) = 0
(
x3 + y 3 = 0
()
8x3 x + y = 0
(
x3 = y 3
()
8x3 x + y = 0
(
y= x
()
x (4x2 1) = 0
92 CHAPITRE 3. CALCUL DIFFÉRENTIEL DANS RN

1 1 1 1
Les points critiques sont alors (0; 0); ; ; ; :
2 2 2 2
Les dérivées secondes de f sont dé…nies par :

@2f 1 @2f 1 @2f 1


r= (x; y) = 12x2 ; s= (x; y) = ; t= (x; y) = 12y 2 :
@x2 2 @y@x 2 @y 2 2

Au point (0; 0) : on a : f (0; 0) = 0; r = t = 21 ; s = 12 et = s2 rt = 0: Ceci ne nous


permet pas de conclure.
Or pour tout x tel que 0 < jxj < 21 on a (x; x) et (x; 0) 2 B (0; 0); 21 pour la norme k:k2 .
De plus on a :
1 2 1
f (x; 0) = x4 4
x = x2 (x2 4
) < f (0; 0) = 0 < f (x; x) = 2x4 : Donc f n’admet pas
d’extremum en (0; 0): Il s’agit ici d’un point selle.
1 1 1 1 5
Au point ; : on a f ; = 18 ; et r = t = s = : Donc = s2 rt = 6 < 0:
2 2 2 2 2
1 1
Comme r > 0 alors f admet un minimum relatif en ; :
2 2
1 1 1 1 5
Au point ; : on a f ; = 18 ; et r = t = s = : Donc = 6 < 0: Comme
2 2 2 2 2
1 1
r > 0 alors f admet un minimum relatif en ; :
2 2

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