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Cours de Microfinance : Fondements et Objectifs

Le cours d'Institutions de Micro Finances vise à fournir aux étudiants des outils financiers pour comprendre le fonctionnement des systèmes financiers décentralisés, en mettant l'accent sur la gestion et la gouvernance des institutions de micro-finances. Il couvre divers chapitres, incluant des rappels sur la finance, le système bancaire de l'UMOA, et les fondements théoriques de la micro-finance. Les prérequis incluent des connaissances en finance et comptabilité, ainsi qu'une présence régulière aux cours.

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Cours de Microfinance : Fondements et Objectifs

Le cours d'Institutions de Micro Finances vise à fournir aux étudiants des outils financiers pour comprendre le fonctionnement des systèmes financiers décentralisés, en mettant l'accent sur la gestion et la gouvernance des institutions de micro-finances. Il couvre divers chapitres, incluant des rappels sur la finance, le système bancaire de l'UMOA, et les fondements théoriques de la micro-finance. Les prérequis incluent des connaissances en finance et comptabilité, ainsi qu'une présence régulière aux cours.

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Cours d’Institutions de Micro finances

Troisième années IMF


Ecole: IEI

Chargé du cours: SOBGO CISSE HAWA ADJA

Contact: 70 03 77 82
Année académique 2023 - 2024

1
Plan du cours

Chapitre 1: Rappel sur la notion de Finance

Chapitre 2: Chapitre II: Généralités sur le système bancaire de l’UMOA

Chapitre 3: Chapitre III: Fondement théorique de la Micro Finance

Chapitre 4: les comptes et les opérations des Etablissements de crédit

Chapitre 5: La gestion des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD)

2
OBJECTIF, CONSEIL ET PREREQUIS

I. Objectifs du cours
Le cours de Micro finance a pour objectif de doter les étudiants des outils
financiers de bases nécessaires à la maîtrise des mécanismes de
fonctionnement des systèmes financiers décentralisés.
De façon spécifique, le cours vise à:
 accroitre les capacités managériales des futurs cadre potentiels des
institutions de micro-finances;
 familiariser les étudiants au métier de finances;
 Doter les étudiants des capacités nécessaires pour optimiser la
gouvernance d’une institution de micro-finances.

II. Conseils pratiques et pré-requis


La réussite à ce cours nécessite:
 Un minimum de connaissance en finance, Politique financière, ainsi qu’en
comptabilité;
 Une présence régulière aux cours;
 Le goût pour la gestion et une vision transversale du fonctionnement de
l’entreprise en rapport avec son environnement;
 La possession du support de cours ne dispense pas l’Etudiant de sa
présence au cours.

3
Chapitre I: RAPPEL SUR LA NOTION DE FINANCE

Avant d’aborder ce cours, il nous parait primordial de revenir, de façon


succincte, sur la notion de finance.
La finance désigne les méthodes et les institutions qui permettent d'obtenir les
capitaux nécessaires dont on ne dispose pas et de placer ceux dont on a la
disposition sans emploi immédiat ou que l'on compte utiliser plus tard. Les
acteurs de la finance sont tous des agents économiques qui recherchent des
capitaux ou qui souhaitent les placer. Elle comporte plusieurs volets, dont les
principaux sont les suivants:
 Finance d’entreprise: gestion financière des entreprises. Elle concerne les
décisions financières;
 comme les décisions d’investissement, de placement, de financement et
de distribution des
dividendes. C'est le domaine d'activité du directeur financier;
 Finance de marché: fonctionnement des grands marchés sur lesquels il
est possible d'investir, de se couvrir, ou utiliser des instruments financiers
complexes, comme les options. C’est le
domaine par excellence de la finance directe;
 Finances publiques: financement du budget de l'État, financement des
collectivités publiques
et des organismes sociaux, dont finances locales: budget des collectivités
locales, prêt à usage
local…;
 Finances personnelles (ou « finances privées »): gestion du patrimoine et
des revenus
personnels, préparation de la retraite;
 La finance islamique, en accord avec l'éthique de l'islam, est basée sur
deux principes:
l'interdiction de l'intérêt, aussi appelé usure et la responsabilité sociale de
l'investissement.
Elle lie plus étroitement la rentabilité financière d'un investissement avec
les résultats du projet concrêt associé. L’Islam interdit les transactions
tant civiles que commerciales faisant recours à l'intérêt (ribâ), à la
spéculation (gharar) ou au hasard (maysir). La finance islamique
représente environ 700 milliards de dollars sur le marché mondial. La
prohibition de l’intérêt résulte du verset 275 de la deuxième sourate du
Coran: « Dieu a

4
rendu licite le commerce et illicite l’intérêt ».
Afin d’expliciter ce verset, un hadith (propos) du Prophète Mohammed expose
les règles du
commerce légal. Ce hadith a une portée générale parce qu’il vise six produits
dits « ribawi »:
or, argent, blé, froment, dattes, sel. Tout échange de produit identique (or
contre or, blé contre
blé) avec un avantage pour une personne constitue une opération usuraire,
sauf en ce qui
concerne les avantages résultant de l’échange de produits de nature différente
(or contre blé).
En matière d’échanges de monnaie (argent contre argent), tout surplus tiré
d’une transaction
non basée sur des actifs réels et préalablement possédés par le vendeur est
illicite (haram).
Entrent dans cette catégorie les contrats de prêt. Concrètement, les crédits
bancaires, qu’ils
s’agissent des crédits à la consommation ou des crédits aux entreprises qui ne
respectent pas
cette exigence.
La Finance de Marché constitue, l’un des principaux volets de la finance
comme souligne plus haut. C’est le secteur de la finance qui concerne le
fonctionnement et les opérations sur les marchés financiers.
En d’autre terme la finance regroupe l’ensemble des concepts, outils et
pratiques qui permettent d’organiser la circulation des flux monétaires entre
agents économiques. Par exemple, l’outil que constitue le plan de
financement permet à une entreprise qui souhaite emprunter des fonds, de
convaincre un établissement de crédit qu’elle aura les ressources suffisantes
pour faire face aux échéances. Par ailleurs, le raisonnement financier est basé
sur un certain nombre de principes que nous développons dans les lignes
suivantes.

A. Rémunération du temps

Le premier principe est que l’immobilisation de capitaux doit être


compensée par un gain futur. L’immobilisation de capitaux (un apport en
capital dans une entreprise par exemple) entraîne la renonciation à une
consommation immédiate. L’agent qui prête son argent à un autre se prive
ainsi de possibilités d’achat et il attend donc une contrepartie, le plus
souvent un intérêt, qui rémunère l’immobilisation de ses ressources.

5
B. Rémunération du risque

Le second principe est lié au risque de ne pas récupérer la totalité des


capitaux immobilisés. Lorsqu’un agent prête de l’argent à un État, il est,
dans la plupart des cas, assuré d’être remboursé. Aussi, les intérêts qu’il
percevra ne rémunéreront que le temps durant lequel les ressources sont
immobilisées. En revanche, lorsque les ressources sont apportées à une
entreprise, l’activité de celle-ci est par nature risquée: risque de faillite, de
sous-performance, etc. Dans ce cas, les intérêts perçus par le prêteur
rémunéreront à la fois la durée d’immobilisation des ressources et le risque
de défaut de remboursement. Le taux d’intérêt sera donc plus élevé et la
difficulté réside alors dans l’estimation de cette « prime de risque ».

B. Hypothèse de rationalité

Le troisième principe est l’hypothèse de rationalité des agents économiques.


La finance est en grande partie basée sur cette hypothèse forte. On
considère que les agents disposent des informations nécessaires à la prise
de décision et qu’ils prennent une décision rationnelle, c’est-à-dire basée sur
leurs préférences et reproductible dans le temps si les conditions sont
identiques.

6
Cette hypothèse de rationalité a été remise en question par la théorie
économique et notamment les travaux du prix Nobel d’économie (1978)
Herbert Simon qui montre que la rationalité parfait n’existe pas et que la
rationalité des agents économiques est plus ou moins limitée. Plusieurs
courants de recherche récents en finance ont donc abandonné
partiellement cette hypothèse de rationalité (finance comportementale par
exemple), mais les règles de fonctionnement des marchés financiers sont
encore construites autour de cette logique et de l’efficience supposée des
marchés qui en découle.

D. Rentabilité/risque
Le quatrième principe est la résultante des trois précédents: il s’agit de la
relation entre rentabilité et risque. Parce qu’ils sont rationnels, les agents
économiques cherchent à maximiser la rentabilité de leurs actions. Cette
rentabilité est déterminée par de multiples facteurs, mais le principe
directeur est l’arbitrage rentabilité/risque. L’objectif des outils financiers est
très souvent l’aide à la prise de décision et donc à l’arbitrage entre
plusieurs utilisations possibles des ressources. On considère classiquement
que plus le risque est élevé, plus la rentabilité doit être importante.

E. Langage formalisé
Le cinquième principe de la finance est l’utilisation du langage
mathématique. Les mathématiques permettent la mesure des quantités qui
composent les flux monétaires échangés entre agents économiques. Elles
sont donc indispensables en finance. Par ailleurs, les développements
importants de la théorie financière moderne (développée depuis les années
1950 à partir notamment des travaux de Harry Markowitz, prix Nobel
d’économie en 1990) reposent en grande partie sur une modélisation
mathématique poussée. Une grande partie des recherches et produits
développés en finance de marché découle directement de modèles
mathématiques très sophistiqués.
Ces cinq principes constituent le socle de la plupart des développements de
ce cours.

7
CHAPITRE II: GÉNÉRALITÉS SUR LE SYSTÈME BANCAIRE DE L’UMOA

Le système bancaire de l’UMOA est composé d’une banque centrale, de


banques commerciales et des établissements financiers à caractère
bancaire.

I. L’histoire du secteur bancaire dans l’UEMOA

L'activité bancaire en Afrique occidentale francophone a une histoire vieille


de plus de 150 ans. Son origine remonte à la Banque du Sénégal, créée par
décret du 21 décembre 1853, signé par Louis Napoléon Bonaparte. Elle a
par la suite été assurée par divers établissements dont la Banque de
l'Afrique Occidentale (de 1901 à 1955), l'Institut d'Emission de l'Afrique
Occidentale Française et du Togo (de 1955 à 1959) et, enfin, la Banque
Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (à partir de 1959). Après
l’accession des Etats Ouest Africains à l’indépendance, en 1960, et surtout
à la suite de la signature du traité du 12 mai 1962 instituant l’Union
Monétaire Ouest Africaine (UMOA), la BCEAO est devenue un établissement
public international, géré par un-Conseil administration composé de
représentants des Etats membres de l'Union et de la République française.
L'africanisation des cadres au sein de l'Institution est réalisée à partir de
1974. A cet égard, la nomination, le 15 décembre de la même année, de
Monsieur Abdoulaye FADIGA, ressortissant d'un des Etats membres de
l'UMOA, au poste nouvellement créé de Gouverneur de la BCEAO, a
constitué un tournant dans l’histoire de cette institution.
La BCEAO, ayant hérité d’une vieille tradition d’activités d’émission et de
banque centrale, apparaît aujourd’hui comme l'un des maillons essentiels
de l'Union Economique et Monétaire composée par huit Etats de l’Afrique
de l'Ouest.

Tableau 1 : quelques dates clés

8
1963 Le Mali quitte l’UMOA
DATE Etablissement d’une convention
EVÉNEMENT d’un compte
1963 d’opérations entre le
1945 Le décret
Création du portant
FCFA (Franc création de la Banque
des colonies d’Afrique)du
Sénégal de est
Création signé
l’Institut par de Louis
d’émission l’Afrique Occidentale et du
Trésor français
Napoléon et la BCEAO
BONAPARTE. Son capital, fixé à
1955 Togo (établissement français)
1973 La Mauritanie
230.000 quitte F l’UMOA
est formé du
1973 prélèvement
Signature du 8ème,
d’un nouveau traitéopéré sur l'indemnité
de l’UMOA
Changement de dénomination de l’.I.E.A.O.T en Banque
accordée aux colons, par suite de l'abolition de
1959 Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (établissement
21 décembre l'esclavage,
Signature et des convention
d’une nouvelle arrérages deéchus de
français)
1853 l'inscription de rente représentative de ce
1973 compte d’opération
prélèvement.
Signature du traité avec le l’UMOA et
instituant
1962 Trésor français;
adoptant la centralisation
les statut de la BCEAO pardes7 états:
NB: la Banque du Sénégal est une banque privée avec
avoirs
 extérieurs
privilège
création dans
de création ledecompte
d’une la monnaie
union dans les colonies françaises
monétaire
d’Afrique est
d’opération Occidentale
limitée à 65%
s’appuyant
Octroi du sur: d’émission à la Banque de l’Afrique
privilège
1978 Transfert du siège de la BCEAO de Paris à Dakar
Janvier 1901 - une unité
Occidentale monétaire
(BAO, banquecommune
privée) (FCFA);
1984 Signature
- la de l’accord d’adhésion
centralisation du Mali
des réserves à l’UMOA
monétaires;
- la libre circulation des signes monétaires et liberté de
1990 Création de la Commission Bancaire de l’UMOA
transfert;
Signature du Traité
- création d’un instituant l’Union commun;
institut d’émission Economique et
1994 Monétaire Ouest
- institution de la libre convertibilité du FCFA en
contrepartie de la
Africainecentralisation
(UEMOA) de tous les avoirs de l’UMOA dans un
1996 Entrée en compte
vigueur du PCB (Plan Comptable Bancaire)
d’opérations.
1997 Adhésion de la Guinée-Bissau à l’UMOA
1999 Arrimage du FCFA à l’Euro
20 -Signature à Paris de l'Avenant n° 1 à la
septembre Convention de compte d'opérations du 4
2005 décembre 1973 avec le Trésor Français.
-La fraction des avoirs en devises que la
BCEAO doit conventionnellement déposer
sur le Compte d'opérations passe de 65%
à 50%.

9
Entrée en vigueur de la réforme institutionnelle de l’UMOA et
2010 de la BCEAO, instituant le Comité de politique monétaire

Lancement officiel de la Centrale des Incidents de Paiement


8 juillet 2010 (CIP) de l'UEMOA.

Signature de la Décision n°357-11-2016 instituant le plan


15 novembre comptable bancaire révisé de l'UMOA dont l’entrée en vigueur
2016 est prévue pour le 01 janvier 2018.

II. Les Etablissements de crédit

Selon l’article 2 de la loi n°058-2008/AN du 20 novembre 2008 portant


réglementation bancaire au Burkina Faso: « Sont considérées comme
établissements de crédit, les personnes morales qui effectuent, à titre
de profession habituelle, des opérations de banque ».
Constituent des opérations de banque, au sens de ladite loi, la
réception de fonds du public, les opérations de crédit, ainsi que la
mise à disposition de la clientèle et la gestion de moyens de
paiement.
Les établissements de crédit sont agréés en qualité de banque ou
d'établissement financier à caractère bancaire.

II.1. Les banques


Les banques sont habilitées à effectuer toutes les opérations de banques. Les
banques sont régies par le droit burkinabé avec un actionnariat composé à la
fois de privés burkinabé ou étrangers, et de l’Etat pour la plupart.
Actuellement, treize (13) banques dont deux (02) succursales
bancaires exercent leurs activités au Burkina Faso.
On distingue:
1. Bank Of Africa - Burkina Faso (BOA-B)
Adresse: 770, Avenue de la Résistance du 17 mai 01 BP 1319
OUAGADOUGOU 01
Tel: (226) [Link] à 73 Fax: (226) [Link]

10
2. Banque Atlantique du Burkina Faso (BABF)
Adresse: Rue Hotel de ville, Immeuble Nouria Holding 01
BP 3407
OUAGADOUGOU 01 Tel: (226) [Link] Fax: (226)
[Link]
3. Banque Commerciale du Burkina (BCB)
Adresse: 653, Avenue du Dr Kwamé N’KRUMAH 01 BP 1336 -
OUAGADOUGOU
Tel: (226) [Link] à 70 Fax: (226) [Link]

4. Banque de l’Habitat du Burkina Faso (BHBF)


Adresse: 256, Avenue Gamal Abdel NASSER BP 5585
OUAGADOUGOU 04
Tel: (226) [Link] Fax: (226) [Link]
5. Banque Internationale pour le Commerce, l’Industrie et
l’Agriculture du
Burkina (BICIA-B)
Adresse: 479, Avenue du Dr Kwamé N’Krumah 01 BP
8 - OUAGADOUGOU 01 Tel: (226) [Link] Fax:
(226) [Link]

6. Banque Sahélo-Saharienne pour l’Investissement et le


Commerce Burkina (BSIC- Burkina)
Adresse: Avenue du Dr Kwamé N’Krumah 10 BP 13701
OUAGADOUGOU 10
Tel: (226) [Link] à 04 Fax: (226) [Link]

7. BANQUE DE L’UNION – BURKINA FASO (BDU-BF)


Adresse: Parcelle 08, secteur 1, Ouagadougou

8. Coris Bank International (CBI)


Adresse: 1242 Avenue du Docteur Kwame NKRUMAH
01 BP 6585 Ouagadougou 1 Tel: (226) [Link] Fax:
(226) [Link]

9. CBAO Groupe Attijariwafa Bank (succursale du Burkina)


Adresse: 479 avenue du Président Sangoulé LAMIZANA
Koulouba Ouagadougou Tel. (226) [Link]

11
10. Ecobank-Burkina
Adresse: 49, Rue de l’Hôtel de ville 01 BP 145 Ouagadougou 01
Tél.: (226) 25-33-33-33/25-49-64-00 Fax: (226)
[Link]

11. ORABANK Côte d’Ivoire, Succursale du Burkina


Adresse: Avenue du Dr Kwamé N’Krumah 01 BP 1305
OUAGADOUGOU 01
Tel: (226) [Link] Fax: (226) [Link]

12. Société Générale Burkina Faso


Adresse: 248, Rue de l’Hôtel de ville 01 BP 585 - OUAGADOUGOU
01
Tel: (226) [Link] Fax: (226) [Link]
13. UBA-BURKINA (Ex Banque Internationale du Burkina)
Adresse: 1340, Avenue Dimdolobsom 01 BP 362
OUAGADOUGOU 01
Tel: (226) [Link] à 74 Fax: (226) [Link]

Les banques peuvent être reparties selon la taille du bilan ou par secteur cible
privilégié.
Au 31 décembre 2016, le Burkina Faso compte:
 selon la taille du bilan:
- six grandes banques (total bilan >200 milliards
de FCFA);
- trois moyennes banques (200<=total
bilan<=100)
- trois petites banques (total de bilan<100milliards de FCFA).

 par secteur cible privilégié:


- onze banques généralistes;
- une banque spécialisée dans l’habitat.

II.2. Les établissements financiers à caractère bancaire

12
Les établissements financiers à caractère bancaire sont habilités à
effectuer les opérations de banque pour lesquelles ils sont agréés.
Ces établissements ne reçoivent pas généralement des fonds du
public sauf autorisation exceptionnelle. Quatre établissements
financiers à caractère bancaire dont une (01) succursale
d’établissement financier exercent leurs activités, de nos jours, au
Burkina.

Il s’agit de:

[Link]été Africaine de Crédit Automobile-Alios Finance (succursale


de Burkina) Adresse: 1380 avenue de l’aéroport 10 BP 13876
Ouagadougou 10
Tél. (226) [Link] / 05

2. FIDELIS FINANCE BURKINA FASO (Ex Burkina-Bail)


Adresse: Avenue du Dr Kwamé N’Krumah, Immeuble SODIFA 01 BP 1913
-
Ouagadougou 01 Tel: (226) [Link] à 87 Fax: (226) [Link]

3. Société Burkinabè de Crédit Automobile (SOBCA)


Adresse: 700, Avenue de la Nation 01 BP 83 Ouagadougou 01
Tel: (226) [Link]/11/13 Fax: (226) [Link]

4. Société Financière de Garantie Interbancaire (SOFIGIB)


Adresse: 981, Avenue Kwamé NKRUMAH 11 BP 1345 CMS Ouagadougou
11
Tel: (226) [Link]/33 Fax (226) [Link]

La diversité des opérations des établissements financiers à caractère


bancaire a fait que ces derniers ont été classés en cinq (5) catégories
comme suit:

 Catégorie 1: établissements financiers de prêts;


 Catégorie 2: établissements financiers crédit-bail ou de location
avec option d’achat;
 Catégorie 3: établissements financiers d’affacturage;
 Catégorie 4 établissements financiers de cautionnement;
 Catégorie 5 : établissements financiers de paiement.

Cat.1 Cat. Cat.3 Cat.4 Cat.


2 5
SOBCA X
SOFIGIB x X x x
13
FIDELIS FINANCE x X x x
BURKINA FASO
SAFCA-Alios Finance x X x
(CI)
Au Burkina Faso, la classification des Etablissements Financiers est la
suivante:

III. Les organes représentatifs

III.1. L’Association Professionnelle des Banques et


Etablissements Financiers du Burkina
(APBEF-B)

Les Banques et Etablissements Financiers sont regroupés au sein d’une


Association Professionnelle suivant les prescriptions de l’article 55 de la
loi n°058-2008/AN du 20 novembre 2008 portant réglementation
bancaire au Burkina Faso.

Cette association de défense des intérêts de la profession est un cadre


d’échanges et de collaboration. Elle joue le rôle d’intermédiaire entre ses
membres et les Autorités Monétaires, ainsi que les autres partenaires.
Sa présidence est tournante selon une périodicité définie par
l’association (un ou deux ans).

III.2. L’Association Professionnelle des SFD du Burkina (APSFD)

Aux termes de l’article 24 de la Loi, l'Association Professionnelle des


Systèmes Financiers Décentralisés poursuit notamment les objectifs ci-
après:
- assurer la promotion et la défense des intérêts collectifs de ses
membres;
- favoriser la coopération entre ses membres;
- assurer la formation de ses membres;
- organiser et assurer la gestion de services d'intérêt commun en
faveur de ses membre;
- informer le public sur ses activités ou les initiatives prises ou
entreprises dans le cadre de sa mission.

IV. Les autorités de tutelle

Les autorités de tutelles doivent garantir l’égalité de traitement, la


transparence, la stabilité, l’intégrité et l’efficience des marchés. Il leur est
donné un pouvoir réglementaire, de contrôle et de sanction.
Les autorités de tutelles en ce qui concerne les activités bancaires et
financières dans la zone UEMOA sont principalement:
- le Conseil des ministres de l’UEMOA;
14
- la BCEAO;
- la Commission Bancaire de l’UEMOA;
- le Ministère chargé des finances du pays d’implantation de
l’établissement de crédit.

CHAPITRE III: FONDEMENT THÉORIQUE DE LA MICRO FINANCE

La notion de micro finance recouvre une grande diversité de réalité;


aussi, aucune définition n’a permis jusqu’ici de donner une
représentation de cette réalité complexe. En effet, à propos de ce
secteur, trouve-t-on micro finance, secteur intermédiaire, système
financier décentralisé, industrie de la micro-finance, économie de la
micro finance etc. À partir de ces termes, nous pouvons dégager les
caractéristiques principales qui peuvent nous permettre de définir les
contours de la micro-finance.

La micro-finance est l’offre de services financiers (crédit, épargne,


assurance, etc.) à des personnes vulnérables, qui n’ont pas accès au
secteur financier traditionnel. Elle vise à améliorer le revenu des
bénéficiaires par l’auto-emploi. Elle regroupe toutes les pratiques
d’épargne, de crédit, d’assurance etc formelles ayant trait à des petites
sommes d’argent et visant à assurer un gain ou à éviter une perte en
transformant la position financière des individus qui y ont recours. Elle se
spécifie par l’importance de la proximité géographique, financière et
sociale permettant de prendre des décisions adaptées au contexte socio-
économique des populations ciblées et d’établir un lien privilégié de
confiance.
Plus exactement, La micro-finance désigne les dispositifs permettant
d’offrir des crédits de faible montant (microcrédits) à des familles
pauvres pour les aider à conduire des activités productives ou
génératrices de revenus leur permettant ainsi de développer leurs très
petites entreprises
Avec le temps et le développement de ce secteur particulier de la finance
partout dans le monde, y compris dans les pays développés, la micro-
finance s’est élargie pour inclure désormais une gamme de services plus
large (crédit, épargne, assurance, transfert d’argent etc.) et une clientèle
plus étendue également. Dans ce sens, la micro-finance ne se limite plus
15
aujourd’hui à l’octroi de microcrédit aux pauvres mais bien à la fourniture
d’un ensemble de produits financiers à tous ceux qui sont exclus du
système financier classique ou formel. La micro-finance trouve une
solution aux réticences des banques face aux difficultés de rentabiliser
des prêts de faible montants et les coûts de transaction énorme que cela
engendrerait Compte tenu du faible montant de ces opérations de crédit,
d’épargne et d’assurance, parle-t-on de microcrédit, de micro-épargne et
de micro-assurance.

Le microcrédit est un crédit d’un montant peu élevé sensiblement


inférieur au crédit qu’une entreprise ou qu’un ménage peut solliciter
auprès d’une banque. La Banque mondiale retient un plafond de 30 % du
PNB par habitant (Banque mondiale, 2004), ce qui représente dans les
pays membres de l’UEMOA par exemple environ 150 € soit 98 250 FCFA
(BCEAO-BIT, 2001). Demandé pour divers motifs, le microcrédit est
principalement octroyé pour développer une AGR (activité génératrice de
revenu) qu’il s’agisse d’une ancienne ou d’une nouvelle. Ces activités
économiques peuvent être celles des PME (petites et moyennes
entreprises), des PMI (petites et moyennes industries) où des TPE (très
petites entreprises).

La micro-épargne est un petit montant d’épargne qui sert à rembourser


le microcrédit ou à constituer une épargne de précaution. Sa périodicité
est soit mensuelle, soit hebdomadaire ou journalière. Son montant varie
en Afrique de l’Ouest en général et dans les pays membres de l’UEMOA
en particulier entre 100 FCFA (0,15 €) et 200 000 FCFA (305 €) (BCEAO-
BIT, 2001; Diakité, 2007).

I. IMPORTANCE ET RÔLE DU SYSTÈME FINANCIER


DÉCENTRALISÉ DANS L’ÉCONOMIE

Dans les pays en développement, le secteur de la micro-finance a connu


un essor croissant ces dernières années. En UEMOA, en particulier les
plus anciennes institutions de micro-finance (ou systèmes financiers
décentralisés comme on les appelle) ont été créées à la fin des années
Elles ont ensuite connu un essor pendant les années 80. En effet, leur
développement visait à pallier aux difficultés rencontrées par les
banques de développement à assurer le financement de l'agriculture, des
petites et moyennes entreprises et de l'artisanat. Ces structures
alternatives de financement ont pour but ultime, de favoriser la
mobilisation de la petite épargne en milieu rural et urbain et de créer les
conditions d’une insertion progressive du secteur informel dans
l’économie moderne. Toutefois, elles exerçaient dans un environnement
informel jusqu’alors. Petit à petit, face à l’échec des banques de la zone à
atteindre certains segments de marché notamment les petites et
moyennes entreprises, les autorités vont mener des réformes pour
16
encadrer le secteur. En effet, le système bancaire peine toujours à
atteindre le segment de marché composés d’agents économiques sans
collatéraux, ou des petites et moyennes entreprises présentant une
comptabilité peu transparente. Ainsi le crédit au secteur privé en part du
PIB représente seulement 16.58% en 2008. A contrario, les institutions
de micro-finance arrivent à atteindre ce segment de marché par des
mécanismes de gestion
d’asymétrie d’information, tels que la caution solidaire. Elles se sont
imposées comme des acteurs complémentaires aux banques. En effet,
elles fournissent des services financiers à des acteurs économiques
exclus du système financier traditionnel. Ce sont des intermédiaires
financiers, mais elles jouent également un rôle social qui consiste à
atteindre des agents économiques porteurs de projets, mais exclus du
système financier formel. Les petites et moyennes entreprises sans
comptabilité transparentes (suivant les critères de banques
commerciales) peuvent emprunter afin de financer leurs projets
d’investissement. Les IMFs contribuent aussi au financement des
activités économiques d’agents marginalisés financièrement: les pauvres
sans collatéraux, ou les personnes vivants dans les milieux ruraux sans
agences bancaires.

Etant donné leur importance dans le système financier d’une zone


économique en développement comme l’UEMOA, les autorités de la zone
ont mis en oeuvre des programmes de renforcement de ce secteur visant
à lui permettre de faire partie intégrante du système financier. En effet,
avant ces programmes, les institutions de micro-finance exerçaient leur
activité de manière informelle, sans définition précise du cadre
réglementaire. Ce n’est que depuis les années 90, que des projets
d’appui à la réglementation (PARMEC) et de suivi (PASMEC) aux systèmes
financiers décentralisés, vont être mis en oeuvre, pour encadrer le
secteur. Le premier programme avait pour but de favoriser l'application
effective de la réglementation spécifique et le renforcement de
l'institutionnalisation du secteur. Le second programme avait pour but de
promouvoir l’échange d’informations et d’expériences ainsi que le
renforcement des capacités dans la pratique de la micro- finance. Ces
deux projets ont été suivis par le PRAFIDE (2005-2009), qui visait à
corriger les dysfonctionnements dans le secteur.

II. CADRE RÈGLEMENTAIRE DES IMF AU BURKINA FASO


Les textes législatifs et règlementaires applicables aux Systèmes
Financiers Décentralisés:
 Décret n°2009-439/PRES promulguant la du 14 mai 2009
portant
réglementation des systèmes financiers décentralisés;
 Loi n°023-2009/AN portant réglementation des systèmes financiers
décentralisés au Burkina Faso;
 Décret n°2009-839/PRES/PM/MEF portant réglementation des
systèmes
17
financiers décentralisés;
 Instruction n°025-02-2009 instituant un référentiel
comptable
spécifique des systèmes financiers décentralisés de l'Union
Monétaire Ouest
Africaine;
 Instruction n°026-02-2009 relative aux conditions de
mise en
oeuvre du plan de compte prévu par le référentiel
comptable
spécifique des systèmes financiers décentralisés de l'Union
Monétaire Ouest
Africaine;
 Instruction n°030-02-2009 fixant les modalités d'établissement et de

conservation des états financiers des systèmes financiers


décentralisés de
l'Union Monétaire Ouest Africaine;
 Instruction n°004-06-2010 relative au retrait de la reconnaissance
des
groupements d'épargne et de crédit en activité dans les Etats
membres de
l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA);
 Instruction n°005-06-2010 déterminant les éléments constitutifs du
dossier
de demande d'agrément des systèmes financiers décentralisés dans
les pays
des Etats membres de l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA);
 Instruction n°006-06-2010 relative au commissariat aux comptes au
sein des
systèmes financiers décentralisés des Etats membres de l'Union
Monétaire
Ouest Africaine;
 Instruction n°007-06-2010 relative aux modalités de contrôle et de
sanction
des systèmes financiers décentralisés par la Banque Centrale des
Etats de
l'Afrique de I ‘Ouest et la Commission Bancaire de l'Union Monétaire
Ouest
Africaine;
 Instruction n°10-08-2010 relative aux règles prudentielles
applicables aux
systèmes financiers décentralisés des Etats membres de l'Union
Monétaire
Ouest Africaine

III. LES FONDEMENTS THÉORIQUES DE L’EFFICACITÉ DES IMF


18
Plusieurs théories économiques peuvent contribuer à élucider les
performances de la micro-finance du point de vue des parties prenantes,
c’est-à-dire des organisations de micro-finance et des bénéficiaires de
leurs services financiers. L’analyse des forces et faiblesses de ces
théories se fondera surtout sur le postulat selon lequel une organisation
n’est qualifiée d’efficace que s’il n’en existe aucune autre dans laquelle
chaque personne obtiendrait en moyenne de meilleurs résultats pour
tous les modes de fonctionnement envisageables (Milgrom & Roberts,
1997, p. 33). Sur cette base, il est possible de comparer les organisations
de micro-finance entre elles d’une part, et avec les institutions de la
finance classique d’autre part. En fonction des approches retenues,
l’appréciation des performances des organisations de micro-finance
s’articulera autour des concepts tels que l’efficacité institutionnelle, la
viabilité financière et l’efficacité productive.

III.1. Les théories fondées sur l’asymétrie de l’information

Dans la relation de crédit, que celle-ci soit ou non intermédiée,


l’information apparaît en effet asymétriquement distribuée. On concevra
aisément que l’emprunteur dispose d’une meilleure information que le
prêteur sur les paramètres qui vont déterminer la rentabilité effective du
projet et ensuite en gouverner le partage des revenus (Lobez, 1997). Il
en est ainsi, par exemple, des flux de liquidité
générés par un investissement financé par emprunt. La distribution
effective des flux de liquidité conditionne directement la probabilité de
défaut de paiement de l’emprunteur et donc l’espérance de rendement
du prêteur. Il en est de même du risque d’exploitation de l’entreprise qui
emprunte. Celle-ci connaît relativement mieux que le prêteur son
métier, son marché ainsi que la conjoncture dans laquelle elle évolue.
Dans ces deux cas, l’asymétrie d’information observe entre l’emprunteur
et le prêteur, au détriment de ce dernier.
Conscient de ce que la transaction risque d’avoir lieu dans les conditions
désavantageuses pour lui, le prêteur peut être amené à rationner le
crédit, c’est-à- dire à réduire le montant ou en refuser carrément l’octroi
aux emprunteurs apparemment véreux. Cette manière de procéder
présuppose l’existence d’une inefficacité allocative, car le risque est
discriminé par les prix. Le prêteur est confronté à deux types de risques
susceptibles de compromettre son activité dès le départ:

 le risque pur du crédit (souvent lié à l’état de l’économie ou aux


états de la nature), car il ne peut distinguer parmi les emprunteurs
potentiels ceux qui pourront acquitter de leurs engagements de
ceux qui ne le pourront pas;

 le risque ou l’aléa moral (dû à l’opportunisme comportemental de


l’emprunteur). En effet, la rationalité limitée du prêteur et
l’incomplétude des contrats des prêts ne lui permettent pas de
connaître avec précision tous les revenus que générera l’activité à
19
financer par le crédit et surtout les intentions réelles de
l’emprunteur après la signature du contrat. Il subsiste donc des
informations cachées, c’est-à-dire l’asymétrie d’information post-
contractuelle.

Le rationnement du crédit n’est pas une solution adéquate face à ces


risques. Il les alimente même dans bien des cas du fait du contraste
entre le niveau du crédit délibérément limité par les prêteurs et la
nécessité, pour les emprunteurs, d’accéder à un financement adéquat (à
la hauteur de leurs besoins) afin de préserver la rentabilité de leurs
activités tout en faisant face au service de la dette. Le crédit octroyé ne
couvrant pas les besoins des emprunteurs, ceux-ci se voient obligés de
recourir à simultanément à plusieurs sources de financement. Ce faisant,
ils multiplient les coûts du crédit, le nombre d’échéances pour un même
flux de revenu avec lequel ils doivent y faire face. En clair, ils accroissent
le risque de crédit, toujours au détriment des leurs multiples prêteurs.

Pour mieux faire face à ces risques, les organisations de micro-finance


recourent souvent à des mécanismes dont certains sont qualifiés des
techniques novatrices. Il s’agit entre autre des prêts de groupe à base de
caution solidaire, du contrat de dette standard, des incitations
dynamiques, des facteurs culturels et de la pré-défaillance et de
l’utilisation des centrales des risques.

III.1.1. Les prêts groupés à base de caution solidaire

Méthode: Le marché du crédit se caractérise par l’échange d’un actif


liquide contre une promesse de remboursement du principal et de
paiement d’un intérêt pour l’usage de ces capitaux. Le manque
d’information sur la qualité des emprunteurs et leurs projets (leur
capacité de remboursement et leur volonté effective de paiement) rend
le marché déficient car les prix seront fixés de telle manière que les bons
emprunteurs s’abstiendront de toute transaction alors que les mauvais
s’y lanceront. En micro-finance, pour capter cette information, la
technique de prêt de groupe de caution solidaire peut être utilisée. Nous
présentons d’abord les avantages ou acquis de ce type de prêt avant
d’examiner les conditions de son efficacité et ses limites.

Avantage
Comme mécanisme de lutte contre la selection adverse dans une relation
de crédit, le prêt de groupe de caution solidaire présente cinq principaux
avantages:

 La sélection de bons risques;


 La maîtrise du risque de défaut;
 La réduction des coûts du crédit;
20
 La possibilité d’accroissement du montant des prêts.

a) La sélection de bons risques


Le mécanisme de prêt groupé peut être perçu comme une issue
conventionnelle au problème d’information pré-contractuelle, non
seulement entre le prêteur et les emprunteurs potentiels mais également
entre ceux-ci (Lahna, 2001, p. 10). En règle générale, les emprunteurs,
acceptant de former un groupe de caution solidaire afin d’accéder à un
prêt, se connaissent bien.

On considère souvent, à juste titre, que l’information est parfaite entre


eux (Armendariz de Aghion, 1999; Ghatak, 1999; Stiglitz, 1990; Van
Tassel, 1999). C’est donc en vertu de la confiance qu’ils se témoignent
réciproquement qu’ils acceptent de constituer un groupe de caution
solidaire. Si l’un quelconque d’entre eux est réputé capable de ne pas «
jouer franc jeu », il ne sera pas admis comme membre du groupe à
constituer. Les bons risques se sélectionnent donc entre eux. Ceci exclut
toute hétérogénéité des risques3 au sein des groupes optimaux (Lahna,
2001).

b) La maîtrise du risque de défaut

Parce que les membres d’un même groupe de caution solidaire se


connaissent bien et se sélectionnent souvent sur base de la confiance
mutuelle, ils s’engagent aussi solidairement les uns envers les autres.

Cet engagement communément appelé « responsabilité conjointe » est


peut-être la toile de fond de tout crédit groupé. En effet, chaque membre
du groupe est personnellement responsable et redevable (en lieu et
place du membre fautif) de la totalité de l’encours, même s’il n’a pas
encore bénéficié du prêt. Ceci est un substitut incomparable à la
déficience que connaît l’organisation de micro finance en termes
d’informations sur la rentabilité des emprunteurs et leurs éventuelles
prédispositions à faire du défaut stratégique en cas de succès du projet.
La responsabilité conjointe garantit le remboursement du crédit à
l’organisation de micro finance malgré la défaillance de l’emprunteur. Le
risque de défaut se déplace du prêteur aux emprunteurs (Stiglitz, 1990).
Parce que ceux-ci se connaissent bien, ils disposent, mieux que le
prêteur des moyens pour se faire rembourser par le « fautif ». Par
exemple, ils peuvent se permettre de « perquisitionner », de manière
tout à fait légitime, chez le fautif à une heure indue selon la loi pour
savoir toute la vérité sur l’issue réelle du projet (Lahna, 2004).

Le risque s’en trouve maîtrisé car les emprunteurs ont plus de chance de
se faire rembourser par le fautif et surtout de l’aider, de par leur
solidarité, à obtenir à nouveau du crédit. La proximité des membres et
leur connaissance mutuelle permet de réduire l’aléa moral qui conduirait
notamment à détourner le crédit ou à fournir moins d’effort qu’il n’en
21
faut pour un aboutissement heureux du projet.

c) La réduction des coûts du crédit

En vue de s’assurer que, du fait de leur responsabilité conjointe, ils ne


courent pas un risque mal mesuré, les membres d’un même groupe de
caution solidaire se réservent, par le crédit qui les lie tous, tout droit de
regard sur le projet en cours de financement.

Ils exercent ainsi un contrôle mutuel en lieu et place de l’organisation de


microfinance. Ceci réduit les frais de suivi et d’exécution qu’aurait
engagés cette organisation. Ces frais sont transférés aux emprunteurs,
mais dans une proportion beaucoup plus faible, car ceux-ci, étant très
proches les uns des autres, ne déploient pas nécessairement les mêmes
moyens que les agents de crédit, par exemple pour assurer le contrôle.

De plus, ils le font souvent dans un contexte très amical où le temps


passé ensemble est compensé par d’autres avantages (repas pris
ensemble, une conversation plus large touchant la vie familiale,
spirituelle, etc. avec des conseils souvent avisés, …).

d) La possibilité d’accroissement du montant des prêts

Dans une logique strictement séquentielle de prêts de groupe, le fait que


l’organisation de micro finance accorde du crédit à tour de rôle à chaque
membre d’un même groupe « libère » celle-ci de la pression de devoir
accorder simultanément un crédit à tous ses clients. Ceci justifie parfois
le rationnement de crédit (Stiglitz, 1990; Joseph, 1998). Il est donc
possible, en fonction des ressources prêtables, que le montant moyen
accordé à chaque membre soit plus important Les incitation
dynamiques). A ce titre, le crédit solidaire permet de réduire l’inefficacité
allocative due à la sélection adverse.

Inconvénients
Pour que la responsabilité conjointe joue pleinement son rôle, le groupe
constitué par les membres ne doit pas être artificiel ou un simple groupe
de prête-noms. Le prêteur n’aura aucun n’intérêt à valider un groupe tel
que:
 celui constitué par les membres d’une même famille (c’est un
groupe de prête- noms)
 tous les membres exercent la même activité ou vendent le même
bien car en cas de chute de prix de la marchandise commune, tout
le groupe devient insolvable;
 tous les membres exercent leur activité au même endroit et
habitent le même quartier pour pouvoir exercer la surveillance
mutuelle et faciliter la tâche à l’agent de crédit.

III.2. La théorie de la repression financière


22
Elle trouve son origine dans les travaux de McKinnon et Shaw (1973) et
Gurley & Shaw (1956, 1960) et s’inscrit dans la problématique de la
mobilisation de l’épargne intérieure en vue du développement
économique. La répression financière se manifeste par un certain
nombre des mesures restrictives qu’imposent les pouvoirs publics à
l’exercice de l’activité financière dans une économie. Ces restrictions
consistent essentiellement:

- en la fixation administrative des taux d’intérêts;


- en la constitution des coefficients des réserves obligatoires;
- en la régulation de la concurrence;
- au contrôle des changes.

De ces différentes mesures de répression financière, la politique


délibérée de bas taux d’intérêt pratiquée dans la plupart des pays en
développement a fait l’objet des plus larges débats. Dans la plupart de
ces pays, les gouvernements appliquent, souvent par l’entremise de la
banque centrale, une politique de crédit sélective en faveur des secteurs
dits prioritaires. Pour ce faire, ils fixent les taux d’intérêt débiteurs à un
niveau bas et ce, pour l’ensemble de l’économie nationale. Au sens strict,
la répression financière se manifeste donc par la fixation par les pouvoirs
publics des taux d’intérêt en dessous du niveau d’équilibre.

Une des conséquences de la répression financière est la fixation des taux


créditeurs également à des niveaux plus bas que les taux d’équilibre. En
effet, la nécessité pour les intermédiaires financiers de s’assurer une
marge minimale les conduit aussi à rémunérer faiblement l’épargne
lorsqu’elle celle-ci est mobilisée. Il s’ensuit que les épargnants ne sont
pas attires par la faible rémunération qui leur est proposée. Ceci peut
entraver la mobilisation de l’épargne par les institutions réglementées. Il
n’est pas exclu que, dans ces conditions de raréfaction des fonds
prêtables, ces institutions rationnent le crédit. Parmi les agents les plus
touchés par ce rationnement figurent les microentrepreneurs.

Leur ultime recours s’avère le financement alternatif auprès d’IMF


existantes (dont les services peuvent être sollicités) ou des institutions à
créer par eux-mêmes à leur propre initiative. De cette façon, la
répression financière - principalement par la politique des taux d’intérêt
administrés – pourrait bien expliquer l’existence voire la prolifération des
IMF.
III.3. La théorie des coûts de transaction

Lorsque deux agents spécifient contractuellement la date et le lieu


d’échange d’un bien particulier, ils opèrent ce qu’on appelle une «
transaction ». Celle-ci engendre, selon Williamson (1985), des coûts
justifiant l’existence des entreprises au regard d’un marché qui suffirait
en l’absence de tels coûts. Il est alors important de préciser la nature et
23
l’origine de ces coûts dits de transaction.
Les coûts de transaction désignent le prix de la mise en oeuvre d’une
transaction entre deux agents individuels ou collectifs (Chareaux, 1987).
Et d’une manière assez détaillée, les coûts de transaction se composent
de:

- coûts de collecte d’informations relatives aux clients (partenaires)


potentiels (y compris le temps consacré à cette opération);
- coûts de traitement de ces informations;
- coûts de passation (et d’exécution) des accords avec les emprunteurs
sélectionnés;
- coûts de surveillance ou de contrôle d’exécution de ces accords;
- coûts des opportunités manquées du fait de ces accords.

Les trois premières catégories de coûts constituent les coûts de


coordination et la quatrième le coût de motivation. La cinquième se
répartit entre ces deux grandes catégories (coordination et motivation)
du fait de la rationalité limitée, de l’incomplétude des contrats, de
l’asymétrie d’information (opportunisme pré-contractuel) et de
l’obligation imparfaite (opportunisme post- contractuel) (Milgrom &
Roberts, 1997, pp. 40-41).

III.4. La théorie des droits de propriéte et la gouvernance en


microfinance
Par gouvernance, on peut entendre « un processus continu de
coopération et d’accompagnement entre des intérêts divers et
conflictuels. Elle inclut les institutions officielles et les régimes dotés de
pouvoirs exécutoires tout aussi bien que les arrangements informels sur
lesquels les peuples et les institutions se sont mis d’accord ou qu’ils
perçoivent être de leur intérêt ». Appliquée aux IMF, la gouvernance peut
être considérée comme un système par lequel, au travers de règles
formelles ou informelles, les IMF organisent le partage et l’exercice du
pouvoir entre les différents acteurs – salariés, administrateurs, autorités
de tutelle, bailleurs de fonds, clients, propriétaires, etc. (Lapenu, 2002).

Ce système met en place des mécanismes visant à contrôler l’application


des règles définies ou à réguler son fonctionnement institutionnel. Les
administrateurs sont les garants de l’intégrité du système de
financement et doivent être capables de « tirer la sonnette d’alarme » en
cas de risques importants, et de garantir sur la durée le respect de la
vocation sociale de l’institution financière. Cette vocation est de fournir
des produits et services financiers aux agents économiques exclus de la
finance traditionnelle d’une part et d’assurer sa pérennité de l’autre. Or,
en fournissant des services à la collectivité, l’IMF s’insère dans un
ensemble plus vaste dont les intérêts doivent également être pris en
compte.

24
En microfinance, la gouvernance vise, d’une part à prévenir, et le cas
échéant, à gérer les risques et, de l’autre, à assurer la viabilité sociale
interne et externe de l’organisation de microfinance (CERISE & IRAM,
2005). Très concrètement, la bonne gouvernance focalise l’attention sur
certains risques « classiques » auxquels sont exposées les organisations
et/ou institutions de microfinance. Il s’agit, pour rappel, des risques
opérationnels, informationnels, organisationnels, stratégiques et
environnementaux.
La gestion de ces risques porte sur les sources d’information et
l’identification des acteurs qui détiennent le pouvoir d’alerte et celui des
décisions stratégiques nécessaires.

CHAPITRE IV: LES COMPTES ET LES OPÉRATIONS DES


ETABLISSEMENTS DE CRÉDIT.

La relation avec la banque ou le SFD trouve son point de départ avec


l’ouverture d’un compte. Elle se poursuit à travers les produits et les services
que la banque ou le SFD propose à son client.

I. Le compte bancaire
Le compte bancaire, pris au sens le plus simple, est le tableau qui retrace les
opérations effectuées (mouvements de débit et crédit) entre le banquier et
son client.
Illustration pratique

Date Date de Libel débit Crédit Solde Solde


valeur lé débiteur créditeur
d’opér opéra
ation tion

Juridiquement, le compte chèque peut être défini comme un contrat conclu


entre le client et la banque et qui repose sur la volonté expresse des deux
parties.
25
Il existe différents types de comptes bancaires que sont:

- le compte à vue ou compte de chèque ou compte de dépôt enregistre


généralement les ressources et les
dépenses quotidiennes;
- le compte courant est un compte utilisé dans les relations commerciales
et financières.

On distingue également:

- le compte individuel (un seul titulaire est le client bancaire)


- le compte collectif (plusieurs titulaires composent le client bancaire).

NB: Parmi les comptes collectifs, on trouve les comptes joints (compte joint
entre époux ou compte joint entre
plusieurs personnes) et les comptes en indivision ou comptes indivis qui sont
utilisés notamment pour gérer des
successions.
La relation avec la banque trouve son point de départ avec l’ouverture d’un
compte et se poursuit à travers les produits et services que la banque propose
à son client

I.1. L’ouverture du compte en banque/SFD

L’ouverture et l’utilisation d’un compte dans une banque ne sont pas des actes
anodins, c’est pourquoi la banque est tenue de procéder à un certain nombre
de contrôles préalables sous peine d’engager sa responsabilité vis-à-vis des
tiers. Il s’agit de:
 l’identité du client: personne physique (nom, prénom, date et lieu de
naissance, nationalité) au
moyen d’un document officiel comportant photo et signature, tel la carte
d’identité; pour les personnes morales (extrait du registre de commerce,
statuts et PV de nomination des dirigeants et d’attribution des pouvoirs).

La connaissance du client est fondamentale en matière de lutte contre le


blanchiment et le financement du terrorisme;

 sa capacité juridique, aptitude à être titulaire de droits et obligations et à


pouvoir les exercer. Le banquier
doit être sûr que son client peut contracter avec lui c’est-à-dire qu’il
26
dispose du pouvoir d’ouvrir un compte
(cas des mineurs et incapables majeurs);
 son domicile en exigeant un justificatif, telle une quittance de loyer ou
une facture d’eau ou d’électricité;
 sa capacité bancaire, aptitude du client à émettre des chèques (cas des
interdits bancaires).

Après les contrôles effectués, on procède aux formalités administratives


d’ouverture du compte:

- attribution d’un numéro de compte obtenu sur le registre chronologique


des ouvertures de comptes;
- établissement de la fiche d’ouverture de compte reprenant les
renseignements indispensables habituels;
- recueil du spécimen de signature du client et bonne conservation de ce
dernier;
- signature de la convention de compte. Ce document contractuel
sert de référence pour le bon
fonctionnement du compte bancaire; il informe le client sur les
conditions d’utilisation du compte, les
services proposés, leur coût, les engagements réciproques des deux
parties.

Quant à l’ouverture d’un compte dans un SFD, elle se fait de la même


manière qu’en banque mais avec une particularité. En l’effet, l’ouverture
d’un compte dans un SFD peut exiger un apport minimum.

I.2. La clôture du compte en banque/SFD

Le compte bancaire n’est pas éternel. Le client ou la banque peuvent


unilatéralement décider de le clôturer entrainant, par la suite, sa liquidation.
En d’autres termes, la clôture du compte se fait soit à l’initiative de la banque
soit à l’initiative du client.

 Clôture du fait du client


Comme pour la banque, le client n'a pas à justifier son choix s'il souhaite
clôturer son compte. Il s'expose à des frais de clôture codifiés dans les
conditions générales de fonctionnement. Le banquier essaiera toutefois de
27
connaître les raisons du client qui l'ont poussé à clôturer son compte. Un bon
entretien commercial suffit souvent à faire revenir le client sur sa décision. Le
compte peut aussi être clôturé d'office en cas de décès du titulaire, sauf s'il
avait été ouvert en compte collectif.

 Clôture du fait de la banque


Un établissement bancaire peut clôturer un compte à n'importe quel moment.
Il n'a pas d'explication à donner pour justifier de sa décision.
Les cas les plus fréquents d'une clôture par la banque sont:
- la non-rentabilité du compte;
- des incidents fréquents;
- un changement de politique commerciale.

En tout état de cause, la banque doit laisser un préavis à son client particulier.
Ce délai est de 60 jours dans le cadre des comptes professionnels (cas de la
rupture de crédit).

 Les opérations à mener en cas de clôture d’un compte


Avant la clôture du compte:
- le client devra régler le solde débiteur de son compte, restituer tous les
moyens de paiement en sa possession
(chéquier et carte bancaire) et annuler tous les prélèvements et
domiciliations en cours;
- la banque, de son côté, devra s’assurer que les chèques émis ont déjà été
payés, veiller aux remboursements
des crédits en cours, restituer le solde créditeur et procéder à la
résiliation de tous les services rattachés au
compte, avant de clôturer le compte.

NB: Lorsque la banque apprend le décès d’un client, elle doit


immédiatement prendre un certain nombre de mesures:
- mise sous surveillance du compte;
- annulation des pouvoirs rendus caducs par le décès du mandant;
- demande d’un certificat de décès dont une copie sera transmise à la
compagnie d’assurance en cas de prêt
en cours.

Les prélèvements et les chèques émis avant le décès par le titulaire du compte
ou son mandataire doivent être payés si le solde du compte le permet.

II. Les opérations liées au compte


Le fonctionnement du compte bancaire est le reflet de la situation financière de
son titulaire au quotidien.
28
Le compte bancaire centralise:
- les versements et retraits en espèce;
- les encaissements et paiements utilisant un autre moyen de paiement
que les espèces: chèque, carte de
paiement, virement, prélèvement...
- les mouvements de fonds avec les autres comptes et produits
bancaires (compte d'épargne, plan
d'épargne, compte de prêt, compte titres...)

II.1. Les opérations en espèces

Pour faire fonctionner son compte, le client peut effectuer toutes sortes
d’opérations et notamment des opérations en espèces.

II.1.1. Les versements

Les versements peuvent être effectués par le titulaire du compte, mais aussi
par toute personne qui n’aura pas à justifier de son identité (toutefois, dans le
cadre de la lutte contre le blanchiment, les banques contrôlent de très près les
versements espèces effectués par des tiers et certaines les interdisent).
Sur le bordereau de versement espèces seront mentionnés le nom du titulaire
du compte, le numéro du compte et éventuellement le nom de la personne
qui a effectué le versement si elle n’est pas le titulaire du compte. Les
versements peuvent être effectués dans n’importe quelle agence de la
banque.
II.1.2. Les retraits
Si les versements peuvent être effectués par quelconque, seul le titulaire
du compte ou son mandataire peut effectuer des retraits.
Les retraits peuvent être opérés au moyen de chèques ordinaires, de
chèques de caisse ou de simples pièces comptables de caisse, si le client n’a
pas son chéquier ou n’en possède pas.
Avant d’autoriser le paiement, le guichetier doit s’assurer de l’identité de la
personne qui effectue le retrait (qu’il connaît d’ailleurs en général), contrôler
la régularité des pièces (chèques, pièces de caisse) et vérifier que le compte
est approvisionné.
Si le titulaire du compte est en déplacement, il peut généralement effectuer
des retraits dans une autre agence de la même banque. Par ailleurs, s’il
possède une carte de paiement bancaire, il peut retirer des espèces dans les
distributeurs automatiques de billets.

29
III- Le coût des opérations de crédit des Etablissements de crédit
1. Éléments constitutifs du coût
De nombreuses informations sont nécessaires pour déterminer le coût d’un
crédit. En effet le taux d’intérêt nominal n’en constitue que l’un des éléments
et le taux de revient réel lui est parfois supérieur.
a. Le taux d’intérêt
Le taux d’intérêt nominal
Il s’agit du taux annoncé par la banque (taux d’escompte ou du découvert
par exemple) ou fixé en négociation avec l’entreprise en fonction du marché
monétaire. Les taux fixés par l’établissement de crédit varient d’une
entreprise à l’autre. Ils sont déterminés à partir d’un taux de référence auquel
on rajoute des majorations pour tenir compte de la nature du crédit et de la
catégorie de l’entreprise.
Les taux officiels sont fixés par la Banque Centrale. Ces taux permettent
d’indiquer l’orientation générale de la politique monétaire (communautaire ou
nationale) et de guider le niveau des taux d’intérêt.
Le taux de marché monétaire ou taux interbancaire au jour le jour est le taux
négocié auquel les institutions financières se refinancent mutuellement
lorsqu’elles ont besoin de liquidités.
Le taux de base bancaire (TBB) est le taux servant de référence à une banque
lorsqu’elle accorde un prêt. Il n’est défini par aucun texte légal ou
réglementaire et chaque banque le fixe librement en fonction du taux de
marché. Dans la pratique, on constate un consensus de place. Au taux de
base s’ajoutent en général des commissions en fonction de la liquidité de
l’emprunteur.
Les entreprises font l’objet de classification en quatre catégories principales
sur la base de plusieurs critères dont le plus important est la taille, les autres
étant le secteur d’activité, les performances, … La majoration catégorielle est
fonction de la catégorie à laquelle appartient l’entreprise.
Le taux d’intérêt réel ou coût du crédit
Le taux réel du crédit est le taux d’intérêt qui mesure le coût effectif du
crédit. Il inclut toutes les majorations qui s’ajoutent au taux nominal et qui
résultent des particularités telles que: jours de banque, date de valeur, année
bancaire, commissions.
30
Le taux effectif global (TEG) est défini dans le code de la consommation.
Il est fait obligation aux établissements de crédit de préciser le TEG appliqué
aux opérations de crédit. Il s’agit:
 d’alerte et sanctionner en cas de dépassement du taux de l’usure,
 permettre à l’emprunteur de pouvoir comparer les taux pratiqués par
diverses banques.

Le taux d’usure
Un prêt est considéré comme usuraire s’il est consenti à unTEG qui excède, au
moment où il est consenti, de plus du tiers, le taux effectif moyen au cours du
trimestre précédent pour les opérations semblables. Les taux d’usure sont
connus par un avis publié au Journal Officiel.
Pour calculer le montant des i n t é r ê t s , il faut tenir compte des dates
de valeur appliquées par l’établissement financier concerné. L’existence de
date de valeur a pour conséquence d’élever le coût du crédit.
Quel que soit le taux utilisé, l’intérêt calculé peut être payé à l’échéance
(en fin d’opération: intérêt postcompté) ou à la signature (au début de
l’opération: intérêt précompté).
Exemple
a) Intérêts postcomptés: le taux est de 12%, la banque verse 1 000 000 F
au client qui remboursera
1 030 000 F dans 90 jours.

b) Intérêts précomptés: le taux est de 12%, la banque verse 970 000 F


au client qui remboursera
1 000 000 F dans 90 jours.
Il existe une méthode pour passer du taux précompté au taux post compté et
vice versa.

Le taux proportionnel et le taux équivalent


 Deux taux correspondant à des périodes de capitalisation différentes
sont dits
proportionnels si leur rapport est égal au rapport de leurs périodes de
capitalisation respectives.
Exemple

31
Désignons par 𝑖𝑎; 𝑖𝑠 ; 𝑖𝑡 respectivement les taux annuel, semestriel et
𝒊𝒕 𝒊𝒂
trimestriel. Ils sont dits proportionnels si et seulement si
𝟏𝟐 = 𝒊𝒔
𝟔 = 𝒊𝒕
𝟑
ia/12=is/6=it/3

 Deux taux correspondant à des périodes de capitalisation différentes


sont dits
équivalents si pour une même durée de placement ils donnent la
même valeur
acquise à intérêts composés.
Exemple
Désignons par 𝑖𝑎 ; 𝑖𝑠 ; 𝑖𝑡 respectivement les taux annuel, semestriel et

(𝟏+ 𝒊𝒂) = (𝟏+ 𝒊𝒔)𝟐= (𝟏+ 𝒊𝒕)𝟒


trimestriel d’intérêt pour 1 F. Ils sont équivalents si et seulement si :

b. Dates de valeur et jours de valeur


Les dates de valeur influent également sur le coût du crédit en augmentant
la durée du crédit et en conséquence le montant des intérêts.
 Dates de valeur
Ce sont les dates effectivement prises en compte par la banque pour le
calcul des intérêts. Les opérations effectuées par une entreprise avec sa
banque sont enregistrées en comptabilité à leur date réelle, nommée
‘’date d’opération’’ et par la banque à une date différente, nommée ‘’date
de valeur’’.
Les banques justifient l’utilisation de ces dates de valeur par les délais
d’encaissement des remises en banque et le financement de la trésorerie.
Les dates de valeur sont variables suivant les banques et peuvent être
négociées. La règle est la suivante:
 Pour les opérations de crédit: la date de valeur est postérieure à la
date de
l’opération;
 Pour les opérations de débit: la date de valeur est antérieure à la date de
l’opération.

 Jours de valeur
Ils correspondent au temps écoulé entre la date à laquelle une opération

32
de débit ou de crédit est
effectuée et la date à laquelle cette opération est prise en compte par la
banque, c’est – à – dire sa date
de valeur.
Exemple de jours de valeur appliqués par une banque X
Operations Jours de valeur
Versement en espèces J*
Retrait espèces J*
Remise chèques sur place et hors J* + 3
place
Paiement chèques J* – 2
Virement au débit du compte date de traitement moins 1 jour
calendrier
Effets à l’encaissement: lettre de date d’échéance + 1 jour
change relevée calendrier

c. L’année bancaire
Les intérêts perçus par les banques sont calculés par la méthode des intérêts
simples. La formule classique de l’intérêt dépend de l’unité dans laquelle
se trouve exprimée la durée. Généralement pour des opérations de court
terme, la durée est exprimée en jour. Dans ce cas et selon les pays, les
banques retiennent les intérêts civils ou les intérêts commerciaux.
 Formule d’intérêt commercial: 𝐶×𝑡×𝑛/36 000
 Formule de l’intérêt civil: cas d’année ordinaire: 𝐶×𝑡×𝑛/36 500
 Formule de l’intérêt civil: cas d’année bissextile: 𝐶×𝑡×𝑛/36 600

Remarque
Dans chacune des formules ci – dessus, C, t et n désignent respectivement le
montant du crédit, le taux et la durée exprimée en jours

d. Les jours de banque


Pour le calcul des intérêts, la banque ajoute des jours supplémentaires,

33
appelés jours de banque lors d’une opération d’escompte d’effets. Ces jours
augmentent la durée du crédit et majorent ainsi le montant des intérêts, donc
le coût du crédit. Les banques justifient cette pratique en déclarant qu’elles
constituent une composante de leur rémunération.
e. Les commissions
Les commissions représentent souvent un sur coût important, on distingue:
– des commissions fixes:
• commission de manipulation pour chaque effet remis,
• commission d'acceptation pour les effets remis à l'acceptation par la
banque,
• commission d'impayés sur les effets impayés;
– des commissions proportionnelles au montant de l’opération:
• commission du plus fort découvert (CPFD) égale à 0,05 % du plus fort
découvert mensuel,
• commission de mouvement correspondant à 0,025 % du total des débits du
mois (mouvements débiteurs de la période);
– des commissions proportionnelles au montant et à la durée de l'opération
telle que la commission d’endos qui est comprise entre 0,40 % et 0,60 % du
montant des créances commerciales escomptées.
Les commissions ont pour but, soit de rémunérer le travail de banque, soit de
prendre en compte le risque qu’elle supporte. Il existe une grande variété de
commissions qui ne se calculent pas toutes de la même façon. Certaines sont
à la fois proportionnelles au montant et à la durée du crédit, d’autres
sont
uniquement proportionnelles au montant du crédit, et d’autres encore sont
fixes quels que soient la durée et le montant du crédit.
f. Minimum de perception
 Minimum décompté:
Pour le calcul des agios prélevés par la banque, un minimum de 10 jours
est souvent décompté à l’entreprise lors de la remise à l’escompte d’effets de
commerce. Le coût du crédit en est augmenté. La banque tente ainsi de
décourager la remise à l’escompte d’effets dont l’échéance est proche.
 Forfait d’agios et de commissions.
34
Parfois aussi, lors des opérations d’escompte, la banque fixe un montant
minimum d’agios. Cette pratique a pour but de décourager la remise à
l’escompte d’effets de faible montant.
g. Agios précomptés ou post comptes
La date de prélèvement des agios a également une incidence sur le coût réel

d’un crédit.

 Les intérêts précomptés

Les intérêts sont dits précomptés lorsqu’ils sont versés à l’avance, lors de la
souscription du crédit. Ils contribuent à alourdir la charge de l’entreprise.
C’est le cas notamment pour les agios d’escompte d’effets qui sont décomptés
au moment de la remise de l’effet. L’entreprise ne reçoit que le montant net
de l’effet.
 Les intérêts postcomptés
Lorsque les intérêts sont versés à la fin de la période pour laquelle le taux
est défini, ils sont dits post comptés. C’est le cas notamment du découvert
bancaire pour lequel les agios sont prélevés à la fin de chaque trimestre.
Exemple
Une entreprise établit des prévisions de trésorerie sur une période de deux
mois et constate un déficit de trésorerie de 1 000 000 F CFA qui apparaît du
25 mars au 15 avril. Elle dispose de deux possibilités pour résorber ce déficit:
1) Escompter des effets en portefeuille:

 à échéance du 18 avril: 1 effet de 500 000 F CFA, 1 effet de


300 000 F CFA
 à échéance du 30 avril: 1 effet de 250 000 F CFA.
 taux d’escompte: 13%
 commission d’endos: 0,60%
 commission de manipulation: 30 F CFA par effet
 2 jours de banque appliqués

2) demander un découvert dans les conditions suivantes:

 taux: 14,50%
 commission du plus fort découvert mensuel: 0,05%

35
TAF: déterminer dans chaque cas le coût du crédit.

36
IV. Analyse comparative banque/SFD
Banque SFD
Organes représentatifs

APBEF-B APSDF-B
Autorités de tutelle -Conseil des Ministre l’UEMOA
-BCEAO -Ministère de l’Economie et des Finances
-CBU -CBU et BCEAO pour certains SDF notamment
-Ministère de l’Economie et des Finances de l’article 44.

Compte
Vérification Justifications Formalités Un système financier décentralisé peut ouvrir des
s comptes de dépôts à ses membres ou à sa
clientèle. Il ne peut en être disposé par chèque.
État civil II n'y a pas de liste Vérifier que le document Les autres
officielle de documents produit n'est pas falsifié conditions et modalités de fonctionnement de ces
permettant de justifier pour masquer une comptes sont déterminées par l'assemblée
de son identité. Tout interdiction bancaire générale ou les organes de gestion agissant par
document émanant (modification date de délégation
d'une administration et naissance), qu'il est de celle-ci.
comportant une photo récent (on identifie
du titulaire est un clairement le porteur). L’ouverture d’un compte d’épargne est un
document permettant Conserver une copie du acte volontaire qui se fait généralement par une
de justifier de son document ayant servi à demande d’ouverture de compte remplie et
identité. CNIB ou Le justifier l'identité. Signer signée par le membre ou le client.
passeport en cours de la convention
validité. d'ouverture de compte. Une carte ou un livret ou livret unique et personnel
(généralement photo d’identité) consigne les
Recueillir la ou les
informations fournies par le membre ou le client et
signatures (si compte
confirme sa relation avec l’entité.
collectif joint ou indivis).
Déclarer l'ouverture du
Les renseignements concernant chaque
compte à l'administration
membre (N°compte, nom et Prénoms, adresse,
profession, date d’entrée, date de sortie, motif de
fiscale (fichier FICOBA). sortie, etc.) et
les opérations effectuées sont inscrites
Domicile Il s'agit d'obtenir une Une facture ONEA ou chronologiquement.
adresse à laquelle la une facture de téléphone
banque peut joindre Les principaux supports d’épargne rencontrés dans
son client. de moins de trois mois l’offre des SFD de la sous-région sont les suivants:
suffisent pour justifier - carnet ou livret d’épargne à vue classique
d'un domicile. (dépôt
Nationalité Le statut du client va Carte d'identité Titre de minimum très faible, liquidité théorique totale,
dépendre de sa
nationalité. séjour rémunération par un taux d’intérêt fixe);
- dépôts à terme: engagement du client de ne pas
retirer le solde avant la date d’échéance
au
Capacité La pièce d'identité Les restrictions à la contrat, sauf pénalités sur le taux d’intérêt; Les
civile permet de vérifier l'âge capacité civile sont termes utilisés sont de 3 mois, 6 mois ou 1 an.
de la personne et de prononcées lors de Ces dépôts sont inscrits dans le carnet ou livret
déterminer si elle est jugements recensés au client (qui fait foi) ou matérialisés sous forme de
majeure ou mineure
repertoire civil. certificats de dépôt à terme;
Capacité Il s'agit de vérifier que Consultation des - épargne crédit; après une phase d’accumulation
bancaire la fichiers banque de dont la durée et/ou le montant est prévue au
personne n'est pas France: FCC et FICP
contrat, le client se voit ouvrir un droit
frappée d'une (voir fiche 1).
interdiction bancaire,
préférentiel à crédit (dont le montant est
qu'elle n'a pas eu
fonction
d'incident de de l’épargne constituée). Ces produits
remboursement de prêts. peuvent
être orientés sur des objets de crédit spécifiques37
(logement, acquisition véhicule…).
Ils sont plutôt présents dans les gammes des
grands réseaux SFD, qui cherchent à diversifier
leur offre.
Chapitre IV: LA GESTION DES SYSTÈMES FINANCIERS DÉCENTRALISÉS (SFD)

I. CADRE ORGANISATIONNEL
L’efficience des opérations réalisées par le SFD nécessite la mise
en place par l’institution des outils de contrôle interne:
 Manuel de procédures et
 Système d’information
Renforcés par une automatisation du traitement des données
comptables et une omniprésence et une transversalité d’une piste
de contrôle.
1.1. Manuel de procédures administratives, comptables et
financières
Ce document qui est garant de l’efficacité du contrôle interne et
retraçant les règles générales de fonctionnement doit:
 Etre disponible et actualisé aux règles d’organisation pour chaque SFD;
 Contenir l’organigramme et les taches affectées par chaque poste;
 Préciser les principes, normes et règles comptables spécifiques au SFD;
 Indiquer les procédures de saisie, de validation et de modification des
schémas comptables;
 Fixer les règles d’arrêtés comptables: calendrier d’arrêtés, de production
des états, archivage, …

1.2 Système d’information


C’est un outil de production des données utiles à la prise de décision. Il doit
remplir les conditions suivantes:
 Concision et exhaustivité de l’information pour une identification et un
enregistrement des opérations conformes au référentiel;
 Assurance de l’impossibilité d’une modification d’une journée comptable
clôturée;
 Elaboration des états de gestion;
 Procédures fiables et efficaces de sécurité informatique pour assurer la
continuité de l’activité.

1.3 Traitement automatisé des données

38
Il s’agira d’une part, de s’assurer de l’existence d’un document écrit
contenant des procédures de traitement des applications
informatiques d’autres part de vérifier que ces procédures de
traitement automatisées
prévoient des règles strictes de conversation et de classement des
états financiers.

1.4 Piste de contrôle

Les Procédures et le système d’information mis en place par les SFD doivent
assurer:
 Une chronologie des opérations;
 Une justification de toute information d’une pièce d’origine au document
de synthèse (vice-versa);
 Une reconstitution des postes des documents de synthèse à partir du
détail et des attributs utilisés

II. Les Principes Comptables des SFD


Le cadre conceptuel et règlement énonce 8 principes qui s’impose dans
la tenue de la comptabilité des SFD

1. Continuité de l’exploitation
 Poursuite de l’activité sur un horizon prévisible;
 Absence d’intention, d’obligation de se mettre en liquidation ou de
réduire sensiblement l’étendue de ses activités;
 Incidence de la non continuité: en cas de non continuité la société
procède à une évaluation sur la base d’une valeur liquidative
2. Spécialisation des exercices
● Règles:
Rattachement des produits à l’exercice au cours duquel le gain est
réalisé;
Rattachement des charges au même exercice que les revenus
produits
●Incidence
Comptabilité engagement;
Mention en annexe des charges et produits sur exercices antérieurs

39
3. Coût historique
●Règles:
Enregistrement des biens acquis à titre onéreux au coût d’acquisition
●Incidence
Conservation des valeurs historiques au bilan, diminuées des
amortissements au cas échéant

● Exception: Réévaluation libre ou légale suite à des


déformations fortes liées à l’inflation

4. Prudence
● Règles: Appréciation raisonnable des évènements et des
opérations à enregistrer au titre de l’exercice en évitant le transfert sur
les exercices à venir des risques actuels;
 Incidence
 Ne tenir compte que des bénéfices effectivement réalisés à la date de
clôture;
 Tenir compte de toutes les charges afférentes à un exercice
probables

5. Permanence des méthodes


● Règles:
 Stabilité et permanence des méthodes de présentation et d’évaluation……
 Comparabilité de l’information financière et des états financiers dans le
temps et dans l’espace
● Exception: Modifications exceptionnelles et substantielles dans
la situation du SFD ou de son environnement
●Incidence: Information en annexe de la justification des
changements ayant une incidence significative sur la lecture de
l’information financière

6. Importance relative
● Règles:
 Communication obligatoire de toute information susceptible d’influencer
les décisions économiques prises par les destinataires des états
financiers;
 Présentation obligatoire des comptes d’importance significative dans les
états financiers de façon distincte

7. Transparence: Non compensation


40
● Règles:
 Non compensation entre actif et passifs;
 Non compensation entre charges et produits;
 Non compensation entre engagements hors bilan reçus et donnés
8. Intangibilité du bilan d’ouverture
● Règles: Correspondance entre bilan d’ouverture N et Bilan de
clôture N-1
● Exception: Changement de plan comptable
II-1-Objectif de l’application de tous les principes comptables
 Image fidèle
● Règles:
 Correcte application des principes et méthodes du Référentiel;
 Présentation de la situation de l’institution sans déformation
intentionnelle, manipulation, ni omission de faits significatifs
● Incidence
Fournir des explications et des compléments d’informations en annexe si
l’établissement des comptes ne permet pas de respecter les principes règles
du Référentiel ou si
certaines dérogations ont été apportées

Application
● Jusqu’à présent, les stocks d’approvisionnement de la Mutuelle des
Femmes de RIO étaient évalués selon la méthode du PEPS pour la
présentation des états financiers annuels.
● Pour l’arrêté de comptes de l’exercice N, suite à une modification de
sa politique d’approvisionnement, les stocks seront évalués selon la
méthode du coût moyenne de stockage (CMP).

TRAVAIL A FAIRE
1°) L’exercice N serait le premier exercice d’application de la nouvelle
méthode. A quel principe comptable l’entreprise déroge-t-elle?

2°) Sous quelles conditions un changement de méthode est-il possible,


notamment en ce qui concerne les stocks?
APPLICATION: Vous êtes comptable dans votre société Financière du
Faso et votre Directeur Financier vous soumet les documents suivants:
41
1- Les factures de location payées d’avance sont adressées à l’entreprise
tous les deux (2) mois: la dernière facture établie le 10/12/N comprend
le loyer du 1er Décembre au 31 Janvier N+1;
2- L’entreprise a acquis en crédit-bail un matériel, la redevance est
payable trimestriellement;
3- L’entreprise a acquis un immeuble en début d’année N; en fin
d’exercice, un expert a
estimé cet immeuble a une valeur supérieure a son cout d’acquisition;
4- En cas de licenciement des salariés les primes à verser s’élèvent à une
somme importante;
5- L’entreprise a cautionné un prêt bancaire de 25000 F accordé à l’un de
ses salariés;
6- L’inventaire des espèces de caisse laisse apparaitre une différence de 5
francs CFA;
7- Un terrain acquis il y a 10 ans figure pour sa valeur d’acquisition a l’actif
du bilan;
8- Sur un contrat pluri-exercices (contrat à long terme), partiellement
exécuté et accepté par le contractant; on constate la réalisation d’un
bénéfice;
9- Acquisition d’une immobilisation a crédit avec clause de réserve de
propriété dont le prix est fixe en monnaie étrangère, le montant des
règlements effectués est différent de la valeur de l’immobilisation fixée
initialement;
10-Evaluation de la sortie des stocks de matières selon la méthode PEPS
(Premier Entré,
Premier Sorti), alors qu’au cours de l’exercice précédent cette évaluation
avait été effectuée au cout moyen pondéré;
11-La prime d’assurance incendie versée le 1e Octobre N couvre la période
du 1er Octobre N
au 30 Septembre N+1;
12-L’entreprise n’a atteint au cours de l’exercice N que 75% de sa capacité
normale de
production;
13-L’entreprise demande si elle peut chaque année faire varier ses
amortissements en fonction des
résultats;
14- L’entreprise a acquis des matières premières à un fournisseur et en
échange, lui a adressé un lot de produits finis.

42
TAF : Justifiez le traitement comptable approprié sur la base des principes
comptables des SFD.

II.2- Règles d’enregistrement des opérations

 Enregistrement journalier systématique des opérations par ordre


chronologique;
 Comptabilisation en partie double des opérations de bilan et hors bilan
dans les conditions édictées par la BCEAO

II-3. Règles de tenue des livres et documents obligatoires


Tous les SFD doivent obligatoirement tenir 4 livres et documents:
Cotés et paraphés
 Livre-journal: retraçant la liste de toutes les transactions débitrices et
créditrices réalisées par ordre chronologique
 Livre - d’inventaire: récapitulant l’inventaire des éléments d’actif, de
passif et de hors bilan et les comptes annuels
 Grand-livre: retraçant tous les mouvements de l’exercice compte par
suivant l’ordre des postes défini dans le référentiel
 Balance mensuelle: récapitulant les soldes et mouvements cumulés
de chaque compte du SFD suivant l’ordre défini dans le Référentiel

II.4. Règles de production des documents


 Durée du premier exercice comptable: maximum 18 mois;
 Unité: millier de F CFA
 Arrond au millier de francs inférieur si < 500 F CFA ;
 Arrond au millier de francs supérieur si < 500 F CFA
Classification des opérations suivant un ordre de liquidité décroissante
 Fréquence des arrêtés :31/12 de chaque année

a- Cadre comptable
 Classe de comptes
 Bilan
● Classe 1: Opérations de trésorerie et
avec les institutions financières
● Classe 2: Opérations avec les

43
membres, bénéficiaires ou clients
● Classe 3: Operations sur les titres et operations
diverses
● Classe 4: Valeurs immobilisées
● Classe 5: Provisions, fonds propres et
assimiles

Compte de résultat
 Classe 6: comptes de charges
 Classe7: comptes de produits
Hors bilan
● Classe 9: comptes d’operations hors bilan

b- Présentation des états financiers des Systèmes Financiers

44
COMPTES DE BILAN
CLASSE 1 CLASSE 2 CLASSE 3 CLASSE 4
OPERATIONS DE TRESORERIE ET AVEC OPERATIONS AVEC LES MEMBRES, OPERATIONS SUR TITRES ET VALEURS IMMOBILIS
LES INSTITUTIONS FINANCIERES BENEFICIAIRES OU CLIENTS OPERATIONS DIVERSES
10. VALEURS EN CAISSE 20. CREDITS AUX MEMBRES, BENEFICIAIRES 30. TITRES EN PLACEMENT 41. IMMOBILISATION S FINANCIERE
OU CLIENTS.
32. COMPTES DE STOCKS ET EMPLOIS DIVERS 42. DEPOTS ET CAUTIONNEMENT
11. COMPTES ORDINAIRES CHEZ LES INSTITUTIONS
FINANCIERES 37. COMPTES TRANSITOIRES ET D’ATTENTE 43. IMMOBILISATIONS EN COURS
25. COMPTES DES MEMBRES OU
12. AUTRES COMPTES DE DEPOTS CHEZ LES
BENEFICIAIRES
INSTITUTIONS FINANCIERES
38. COMPTE S DE REGULARISATION 44. IMMOBILISATIONS
29. COMPTES DE CREDITS EN SOUFFRANCE D’EXPLOITATION
13. COMPTES DE PRETS AUX INSTITUTIONS
FINANCIERES 39. COMPTES DE LIAISON
15. COMPTES ORDINAIRES DES INSTITUTIONS 45. IMMOBILISATION HORS
FINANCIERES EXPLOITATION

16. AUTRES COMPTES DE DEPOTS INSTITUTIONS 46. OPERATIONS DE CREDIT BAIL E


FINANCIERES DE LOCATION AVEC OPTION D’ACH

47. OPERATION DE LOCATION -VEN


[Link] D’EMPRUNT ET AUTRES SOMMES DUES
AUX INSTITUTIONS FINANCIERES

49. COMPTES DE CREANCES EN


18. RESSOURCES AFFECTEES SOUFFRANCE

19. COMPTES DE PRETS EN SOUFFRANCE

45
COMPTES DE GESTION COMPTES D
CLASSE 6 CLASSE 7 CLASSE 9
CHARGES PRODUITS ENGAGEMENTS
60. CHARGES D’EXPLOITATION FINANCIERE [Link] D’EXPLOITATION FINANCIERE 90. ENGAGEMENT DE
61. ACHAT ET VARIATIONS DE STOCKS 71. VENTES ET VARIATIONS DE STOCKS 91. ENGAGEMENTS DE
62. AUTRES CHARGES EXTERNES ET CHARGES DIVERSES D’EXPLOITATION 72. PRODUITS DIVERS D’EXPLOITATION 92. ENGAGEMENTS SU
63. IMPOTS, TAXES ET VERSEMENTS ASSIMILES 73. PRODUCTION IMMOBILISEE 93. ENGAGEMENTS SU
64. CHARGES DE PERSONNEL 74. SUBVENTIONS D’EXPLOITATION 95. AUTRES ENGAGEM
65. DOTATIONS AU FONDS POUR RISQUE FINANCIERS GENERAUX 75. REPRISES DU FONDS POUR RISQUES FINANCIERS
GENERAUX [Link]
66. DOTATIONS AUX AMORTISSEMENT ET PROVISIONS ET PERTES SUR 76. REPRISES D’AMORTISSEMENTS DE PROVISIONS ET 99. ENGAGEMENTS DO
CREANCES IRRECOUVRABLES RECUPERATIONS SUR CREANCES IRRECOUVRABLES.

67. CHARGES EXCEPTIONNELLES ET PERTES SUR EXERCICES ANTERIEUR 77. PRODUITS EXCEPTIONNELS ET PROFITS SUR EXERCICES
ANTERIEURS
69. IMPOTS SUR EXCEDENTS

46
EMPLOIS N-1 N RESSOURCES N-1 N

Classe 1: opérations de Classe 1 : opérations de trésorerie


trésorerie et
et interbancaires interbancaires
- Caisse - Comptes ordinaires créditeurs
- Comptes ordinaires débiteurs - Dettes interbancaires (à vue, à
- Créances interbancaires à vue, à terme)
terme - Dettes rattachées
- Créances rattachées
- Créances en souffrance
Classe 2: opérations avec la Classe 2 : opérations avec la
clientèle clientèle
- Créances (CT, MT, LT) - Comptes ordinaires créditeurs
- Portefeuille d’effets
- Dépôts à terme (DAT)
commerciaux
- Compte d’épargne
- Comptes ordinaires débiteurs
- Déposit
- Créances rattachées
- Dettes rattachées
- Créances en souffrance
Classe 3: Opérations sur titres Classe 3: Opérations sur titres et
et divers divers
- Titres de placement - Bons de caisse
- Valeurs à l’encaissement avec - Emprunts obligataires
crédit immédiat
- Comptes d’ordres et de tiers
(Comptes d’attente et de
régularisation
Classe 4: Valeurs
immobilisées Classe 5: Fonds propres
- Immobilisations financières - Provisions pour risques et charges
- Dépôts et cautionnements - Provisions réglementées
- Immobilisations corporelles - Dettes subordonnées
- Crédit-bail - Capital et assimilés
- Comptes en souffrance - Fonds pour Risques Bancaires
(amortissements et provisions) Généraux
- Report à nouveau
- Résultat de l’exercice

ENGAGEMENTS DONNES N-1 N ENGAGEMENTS RECUS N-1 N

- Financement - Financement
- Garantie - Garantie
- Titres - Titres

47
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
bancaire bancaire
- Charges sur opérations de - Produits sur opérations de
trésorerie et interbancaires trésorerie et interbancaires
- Charges sur opérations avec la - Produits sur opérations avec la
clientèleCHARGE N-1 N ClientèlePRODUIT N-1 N
- Charges sur Sopérations sur - Produits sur Sopérations de hors-
titres et bilan
- Charges sur prestations de - Produits sur prestations de
services financiers services financiers
(A) MARGE - Produits du portefeuille de

Commissions Commissions
- Produits sur opérations sur titres
et
divers (B) COMMISSIONS divers
NETTES
- Charges sur crédit-bail et - Produits sur crédit-bail et
assimilés assimilés
(A)+(B)sur= opérations
- Charges PRODUITdeNET - Produits sur opérations de
change change
Frais généraux
- Charges sur opérations de hors-
- Charges du personnel
bilan
- Impôts taxes et assimilés
immob
- Autres charges d’exploitation
non bancaire BRUT
(C)RESULTAT
- Charges (services) extérieures - Reprises
D’EXPLOITATION
- Dotations aux amortissements - Reprises auamortissements
FRBG des
- Reprises de provisions et
immobilisat°
Des irrécouvrables
- Dotations au FRBG
- Dotations aux Amortissements récupération de créances
- Produits exceptionnelles
et (D) RESULTAT COURANT amorties
ProvisionsAVANT
et pertesIMPÔT
sur créances
- Charges exceptionnelles

48
CHAPITRE V: LE CONTRÔLE DES ACTIVITÉS DES
ÉTABLISSEMENTS DE CRÉDIT

De par sa nature, l’activité des établissements de crédits conduit à


prendre des risques diversifiés. Les autorités de contrôle doivent
comprendre ces risques et s’assurer que les établissements de crédits
les mesurent et les gèrent de manière adéquate.
Pour protéger l’activité des établissements de crédits contre ces divers
risques, la loi bancaire a édicté une réglementation et des exigences
prudentielles.
I. La réglementation comptable

I.1. Publication des comptes

Outre la communication par chaque banque ou établissements financiers


au plus tard le 30 juin de chaque année des documents de fin d’exercice,
la loi bancaire a prévu en son article 40, la publication au journal
officiel de leurs documents publiables (bilan, compte de résultat).

I.2. Contrôle par les commissaires aux comptes


La réglementation prudentielle reposant en grande partie sur des
informations comptables, celles-ci doivent présenter impérativement
toutes les garanties de fiabilité. Aussi, la loi bancaire a- t-elle prévu la
certification des comptes par des commissaires aux comptes
choisis sur une liste agréée par la cour d’appel ou tout autre
organisme habilité ou tenant lieu.
Le choix des commissaires aux comptes est soumis à l’approbation de
la commission bancaire qui peut ainsi juger de leur compétence et de la
moralité des personnes appelées à certifier les comptes des
Etablissements financiers.

I.3. Définition et règles minimales de provisionnement des


risques en souffrance
Le PCB définit les règles minimales de provisionnement des risques en
49
souffrance. Les
engagements en souffrance comprennent:
- Au bilan: les créances impayées ou
immobilisées, les créances douteuses ou
litigieuses, les créances irrécouvrables et les
risques-pays;
- Au hors-bilan: les engagements douteux et les risques pays.

II. La réglementation des opérations et les normes de gestion

II.1. La réglementation des participations


Il est interdit aux banques et SFD de détenir directement ou indirectement
dans une entreprise autre qu’une banque, un établissement financier ou une
société immobilière, une participation supérieure à 25% du capital de
l’entreprise ou à 15% de leurs fonds propres de base.

II.2. Réglementation des prêts aux actionnaires, aux dirigeants et


au personnel
Il peut être accordé par caisse ou par signature aux personnes participants à
la direction, l’administration, au contrôle et au fonctionnement des banques
et établissements financiers un volume global de concours n’excédant pas
20% des Fonds Propres Effectifs des établissements concernés.

II.3. Réglementation relative aux immobilisations hors


exploitation
Le montant global des immobilisations hors exploitation et des participations
dans des sociétés immobilières est limité à un maximum de 15% des Fonds
Propres de Base. Sont par conséquent exclues du champ d’application
de cette disposition, les immobilisations nécessaires à l’exploitation
des banques et établissements financiers, au logement de leur
personnel et au fonctionnement de leurs oeuvres sociales.
Par ailleurs, les immeubles acquis par un établissement de crédit dans le
cas de la réalisation de garanties immobilières ne sont pas également
prises en compte à condition que ces immeubles soient cédés dans un
délai maximum de deux (02) ans.

2.4. Limitation du total des immobilisations et des


participations par rapport aux fonds
propres
Le total formé par les immobilisations et les participations ne doit pas
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excéder 100% des FPE nets des participations dans les
établissements de crédit.
Les immeubles acquis à titre de réalisation de garanties ne sont pris en
compte dans ce plafond sous réserve qu’il en soit disposé dans un délai
de deux ans, sauf dérogation de la commission bancaire.

II.5. La couverture des risques


L’activité de la banque consiste à maximiser sa marge en respectant le
ratio de couverture
des risques, d’où le développement des méthodes de gestion actif-
passif. Le numérateur du ratio de couverture des risques est constitué
par des fonds propres effectifs et le dénominateur par les risques
nets. Les risques au bilan et au hors bilan sont affectés de coefficient
de pondération variant de 0% à 100%. Le seuil minimum a été fixé à 8%
à compter du 1er janvier 2000.

II.6. Le coefficient de couverture des emplois à moyen et long


terme par les ressources stables
Il est défini comme un rapport entre les ressources longues et les
emplois longs. La norme à respecter à tout moment pour ce coefficient
a été fixée à 50% minimum. Autrement dit, les emplois à moyen et
long terme ne peuvent être financés qu’à hauteur de 50% maximum par
des ressources à court terme.

II.7. Le coefficient de division des risques

Le montant total des risques sur une même signature doit être inférieur ou
égal 75% FPE et le volume global des risques atteignant individuellement
25% FP ne peut excéder 8 fois le montant de ces derniers

II.8. Règles de liquidité et le seuil d’illiquidité


La réglementation sur la liquidité prend la forme d’un rapport entre d’une part:
- Au numérateur: les actifs disponibles réalisables ou
mobilisables à court terme et
d’autre part;
- Au dénominateur: le passif exigible à court terme ou les
engagements par signature
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susceptibles d’être exécutés à court terme. Le seuil est fixé
à 75% minimum et doit être
respecté à tout moment.

III. Réglementation du crédit


Elle repose sur des instruments et règles susceptibles de permettre une
célérité dans le choix de la clientèle bancaire, une amélioration de la
qualité du portefeuille en vue d’obtenir un environnement bancaire plus
concurrentiel, mieux régulé et sécurisé.
III.1. Centralisation des risques
Ce système mis en place par l’Institut d’émission vise à doter les
banques d’informations leur permettant d’apprécier:
- Leur part de marché respective;
- L’endettement global des bénéficiaires de concours
dans le cadre de l’évaluation de la
situation financière des clients.
Pour ce faire, chaque banque communique périodiquement des
informations sur les bénéficiaires de crédit dont le montant
dépasse le seuil fixé par la Banque Centrale.

III.2. Centralisation des incidents de paiement


La BCEAO centralise tous les incidents de paiement qui se produisent
dans l’union et qui lui sont signalés par les EDC conformément à la loi
uniforme sur les instruments de paiement de l’UEMOA (chèques,
cartes bancaires, lettres de change, billets à ordre). Cette
centralisation permet de conforter la confiance du public à l’endroit de
la monnaie scripturale et crédibilise davantage le rôle d’intermédiaire
financier des banques.
La centralisation des différents fichiers permet aux EDC de mieux
apprécier les risques encourus pour des demandes de crédit et les
demandes d’ouvertures de comptes.

IV. Contrôle interne et contrôle externe

IV.1. Contrôle interne


52
Le système de contrôle interne a pour objet de vérifier que les opérations
réalisées, l’organisation et les procédures internes sont conformes aux
prescriptions légales et réglementaires, aux orientations de l’organe exécutif et
que les limites fixées en matière de risque sont strictement respectées. En
outre, le contrôle doit veiller à la qualité de l’information comptable et
financière. Son bon fonctionnement apparaît donc comme l’une des fonctions
indispensables à une saine gestion de l’établissement de crédit. Le système de
contrôle interne ne doit pas être confondu avec l’audit interne qui est
l’organe dont la mission est de s’assurer en permanence que le
dispositif de contrôle interne est efficace et dans le cas contraire de
détecter rapidement les faiblesses pour y remédier. Le système de contrôle
interne peut être défini comme l’ensemble des moyens humains et
techniques tels que l’organisation, les procédures, les systèmes ayant pour
objectifs de s’assurer:

- De la sécurité des opérations des biens et des personnes;

- De l’efficacité et de la qualité des services;

- Du respect des dispositions législatives et réglementaires;

- Des normes et usages professionnels et déontologiques;

- De promouvoir une culture forte de contrôle et d’éthique;


- De la production et de la diffusion d’une information
fiable de qualité et rapidement
disponible;
- Du respect des objectifs, des règles, et des limites
fixées par la Direction générale, dans le but d’acquérir
l’assurance raisonnable que les risques majeurs sont
maîtrisés.
Le contrôle interne a donc une « mission préventive ». Pour ce faire, les
banques et établissements financiers doivent être en mesure d’identifier
l’ensemble des facteurs internes et externes susceptibles de compromettre
la réalisation des objectifs fixés par l’organe exécutif.

IV.2. Contrôle externe


Il est assuré par des structures externes à la banque comme la
banque centrale et la commission bancaire. Le contrôle s’effectue sur

53
pièces ou sur place et veille à ce que les activités de la banque s’insèrent
dans le cadre des lois et règlements bancaires. Parallèlement, d’autres
types d’auditeurs externes notamment les commissaires aux
comptes effectuent un contrôle afin de garantir la qualité de
l’information destinée aux tiers. Leur rôle principal consiste à certifier
sincère et régulier les documents de fin d’exercice de
l’établissement de crédit.
La mission de contrôle vise à s’assurer que les banques conduisent leurs
activités de manière saine et que les fonds propres et réserves sont
suffisants pour faire face aux risques qu’elles encourent.

V. Les sanctions
Les banques qui enfreignent la réglementation bancaire subissent des
sanctions disciplinaires, pénales et autres.

V.1. Les sanctions disciplinaires


A l’exception du retrait d’agrément, les sanctions suivantes prises
par la commission bancaire
à l’encontre d’une banque ou d’un établissement financier en
infraction à la réglementation bancaire sont immédiatement
applicables après information du ministère des finances, ce sont:

- L’avertissement;

- Le blâme;
- La suspension ou l’interdiction de certaines
opérations et autres limitations dans
l’exercice de la profession;

- La suspension ou la démission d’office des dirigeants


responsables;

- Le retrait d’agrément.
En ce qui concerne le retrait d’agrément, la décision ne devient exécutive
qu’après notification du ministre des finances, lequel dispose d’un droit de
recours suspensif auprès du conseil des ministres de l’UEMOA.

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V.2. Les sanctions pénales
Elles peuvent cumuler des peines prononcées par les tribunaux répressifs et
des amendes ou l’une de ces peines si l’infraction est relative à certaines
dispositions fondamentales comme l’exercice de la profession sans l’agrément
ou des renseignements inexacts communiqués sciemment.

Autres sanctions
Elles visent les infractions aux directives sur le crédit et au non-respect des
coefficients et limites exigés par la réglementation bancaire et au retard
dans la transmission des documents. Les sanctions pécuniaires sont prises à
l’encontre de l’établissement fautif:

- Intérêts moratoires;

- Pénalités;

- Dépôts non rémunérés sur les emplois et les irrégularités


qu’ils comportent.

VI: Le contrôle comptable


Objectifs
S’assurer que la comptabilité traduit bien une image fidèle de la situation
financière de l’établissement et qu’elle est fiable. Refléter l’image fidèle
suppose la réalisation de trois (03) conditions:

- Les principes, normes et méthodes comptables utilisés


doivent être respectés permanemment
ou le cas échéant, justifiés;
- Les schémas comptables qui en découlent le plus
souvent intégré dans les applications
informatiques doivent être la mise en oeuvre de ces principes,
normes et méthodes comptables

- Les comptes doivent être justifiés.

Cette responsabilité incombe à la Direction Comptable. Celle-ci à


travers un dispositif fait intervenir plusieurs niveaux de contrôle:

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- Le contrôle de 1er niveau exercé par les entités opérationnelles;

- Le contrôle de 2ème niveau exercé par la direction comptable;


- Le contrôle de 3ème niveau exercé par l’audit interne et l’audit
externe.

1. Le contrôle de 1er niveau


Le caractère décentralisé des enregistrements comptables au sein d’une
banque rend les directions opérationnelles responsables de ce contrôle qui
est intégré dans les procédures opérationnelles. Il comprend deux
composantes:

- La validation des enregistrements comptables;

- La justification régulière des comptes.

1.1. La validation de l’enregistrement comptable

De façon pratique, une fois au moins en cours de journée, un responsable


ou un comité doit examiner les enregistrements de la journée, les contrôler
et les valider. Cette validation peut s’effectuer par l’apposition d’un visa sur
les pièces comptables ou par l’introduction d’un code dans le système
informatique.

1.2. La justification des comptes


C’est un facteur essentiel de l’efficacité du système de contrôle interne car
beaucoup de fraudes ont pour origine des comptes mal contrôlés. Pour ce faire,
une répartition des comptes sensibles à justifier entre entités utilisatrices est
nécessaire. Selon une périodicité, un état justificatif signé par le responsable
de l’entité doit être transmis à la comptabilité. Cette dernière veillera à faire
corriger tout écart suspens dans les meilleurs délais.
2. Le contrôle de deuxième niveau
La direction comptable a pour rôle le contrôle de deuxième niveau en vue de
s’assurer que:
- Les opérations sont comptabilisées et évaluées suivant
les principes et méthodes appropriées;
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- Tous les comptes sont contrôlés et justifiés suivant les
procédures en vigueur et que les
supports y relatifs sont disponibles pour un contrôle
interne et externe.

Dans le souci d’atteindre avec une assurance raisonnable l’objectif de fiabilité


de l’information.
La cellule de révision comptable qui a en charge les travaux, exécute les
tâches suivantes:

- Contrôle quotidien de la journée comptable;

- Contrôle quotidien des états et des situations


synthétiques.

Ces tâches peuvent être parachevées par la confection d’état d’alerte ou


d’anomalies dont les plus courantes sont:
- Solde présentant un sens anormal (débiteur ou créditeur);

- Solde exagérément élevé ou faible par rapport à la norme;

- Solde anormalement nul.

3. Le contrôle de 3ème niveau


Il est effectué par l’audit interne et les auditeurs externes. L’audit des
comptes comporte un risque particulier appelé le risque d’audit. Le risque
d’audit est que des erreurs et des omissions significatives ne sont pas
décelées par l’auditeur qui exprime par conséquent une opinion incorrecte.
L’audit des comptes doit être réalisé selon les normes professionnelles. Il a
pour objectif d’obtenir une assurance raisonnable mais non une certitude.

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