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Introduction au Droit : Concepts Clés

Le document présente une introduction au droit, définissant le droit objectif comme l'ensemble des règles juridiques organisant la vie en société, et le droit subjectif comme les prérogatives des individus. Il souligne la complémentarité entre ces deux concepts, ainsi que leurs distinctions par rapport à d'autres règles de conduite sociale telles que la morale, la religion et l'usage. Enfin, il aborde les caractéristiques spécifiques de la règle de droit, notamment son caractère obligatoire, général et abstrait.

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Introduction au Droit : Concepts Clés

Le document présente une introduction au droit, définissant le droit objectif comme l'ensemble des règles juridiques organisant la vie en société, et le droit subjectif comme les prérogatives des individus. Il souligne la complémentarité entre ces deux concepts, ainsi que leurs distinctions par rapport à d'autres règles de conduite sociale telles que la morale, la religion et l'usage. Enfin, il aborde les caractéristiques spécifiques de la règle de droit, notamment son caractère obligatoire, général et abstrait.

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INSTITUT SUPERIEUR DE GESTION DE BIZERTE

(UNIVERSITE DE CARTHAGE)

Cours de :
INTRODUCTION GENERALE AU DROIT
Niveau : 1ère LSG

Année universitaire : 2024-2025


INTRODUCTION

Le Droit est l’ensemble des règles qui organisent la vie en société. Ces règles
naissent, vivent, meurent, évoluent dans leur contenu parce que la société et les
hommes qui la composent évoluent.

En général, l’idée première que nous avons du droit est essentiellement liée à
la contrainte, à la sanction. Or, s’il est vrai que la sanction est le caractère le plus
important du droit, elle reste un moyen pour garantir le respect des règles
organisant la vie en société. Donc la fonction essentielle du droit est d’organiser
les rapports entre les hommes en sociétés et la sanction est le moyen pour
garantir la sécurité et éviter l’anarchie.

Le mot Droit comporte deux sens

- Droit objectif (law). On utilise la notion de droit objectif pour désigner


des règles applicables dans un Etat. On dit le droit tunisien, le droit
français, le droit américain etc.

Le droit est ici défini à partir de son objet à savoir les relations ou le domaine
qu’il organise par exp : le droit fiscal, le droit du travail, le droit commercial, le
droit des contrats, le droit administratif etc.

Définition : Le droit objectif est l’ensemble des règles juridiques fixées par les
pouvoirs publics.

Les droits subjectifs (rights) : C’est l’ensemble des droits, des pouvoirs,
des prérogatives dont une personne est titulaire, dont une personne est
sujet (les personnes sont les sujets de droit). Par exemple, le droit de
propriété, le droit de vote, etc. Le droit est ici défini à partir des sujets qui
en sont titulaires. Le droit à la vie, le droit au travail, la liberté d’exercer le
commerce, la liberté de circulation etc.
→ Ces deux sens du droit sont complémentaires car le droit objectif a pour rôle
de déterminer, de consacrer les droits subjectifs dont bénéficient les sujets de
droit. Par exemple :

- La liberté de presse = droit subjectif dont bénéficie chaque individu.


L’article 37 de la constitution et le Décret-loi n°2011-115 du 2 novembre
2011 relatif à la liberté de la presse, de l’imprimerie et de l’édition = droit
objectif (= ensemble de règles) organisant la liberté de la presse.
- Le droit d’exercer le commerce est un droit subjectif dont bénéficie
chaque individu.
Par exemple, le code de commerce = le droit objectif = l’ensemble des
règles juridiques applicables aux commerçants, aux activités
commerciales, aux moyens de paiement, au fonds de commerce etc.
- Le droit au travail est un droit subjectif dont bénéficie chaque individu.
Il est organisé par les règles du droit du travail (=droit objectif) qu’on
retrouve essentiellement dans l’article 46 de la constitution tunisienne et
le code de travail.
- Le droit de propriété est un droit subjectif dont bénéficie chaque individu.
Ce droit est consacré et organisé par la règlementation tunisienne (= droit
objectif) qu’on retrouve dans la constitution (l’article 30 disposant que «
Le droit de propriété est garanti ») et dans le code de droits réels
essentiellement.

Pour résumer :
Droit objectif Droit subjectif
Définition Ensemble des règles de droit Ensemble des prérogatives,
établies par les autorités publiques. des pouvoirs (droits et
devoirs) accordés à une
personne.
Exemple On dit : On dit :
- Le droit tunisien, le droit *«Avoir le droit » :
algérien, le droit français… - d’être propriétaire.
- Le droit international - d’exercer l’activité
- Le droit commercial dont les commerciale de son
règles sont contenues par choix.
exemple dans le code de - de circuler librement.
commerce ainsi que dans - de se faire payer une
d’autres textes comme les lois, créance …
les décrets, etc. - de travailler
- Le droit civil dont les règles - de fonder une famille
sont contenues par exemple *« Avoir l’obligation » :
dans le code des obligations et - de payer sa dette.
des contrats, le code de droits - de livrer une
réels etc marchandise
- Le droit constitutionnel dont conformément au
les règles sont contenues dans contrat.
la constitution etc. - de respecter ses voisins
- Etc. - de respecter
l’environnement….
→ Il s’agit de deux sens complémentaires du terme droit car le droit objectif
consacre les droits subjectifs puisque la règle de droit a pour objet de déterminer
les droits et les devoirs de chacun.

A l’occasion de ce cours, nous envisagerons successivement le droit comme


un ensemble de règles, c'est-à-dire « le droit objectif » (TITRE I), puis le droit
comme un ensemble de prérogatives c'est-à-dire « le droit subjectif » (TITRE II)

TITRE I : LE DROIT OBJECTIF :


Le droit : Un ensembles de règles juridiques

Pour qu’une règle soit une règle de droit, il faut qu’elle fasse partie d’un
ensemble de règles juridiques officielles et qui ont une force contraignante
(obligatoire). A partir de ces éléments, le droit objectif est défini comme étant
l’ensemble des règles juridiques qui organisent la vie en société dont le respect
est assuré par l’autorité publique et par la force s’il le faut.
Mais au sein de la société, il existe d’autres règles de conduite sociale à côté
de la règle de droit.
Le droit étant à la base une des règles de conduites qui organisent les rapports
entre les individus, il est nécessaire de le distinguer des autres règles de conduite
en étudiant ses spécificités (CHAPITRE I).
Plus spécifiquement, le droit objectif étant composé de l’ensemble des règles
de droit applicables dans un Etat et qui sont créées par les autorités publiques,
nous étudierons dans un premier temps ses différentes branches (CHAPITRE
II). Et dans un deuxième temps, les sources de la règle de droit (CHAPITRE
III).
CHAPITRE I: SPECIFICTES DE LA REGLE DE DROIT

A part le droit, il existe bien d'autres règles qui organisent les relations
humaines et qui ne sont pas juridiques. Il en est ainsi de la règle religieuse, de la
morale et de l’usage (SECTION I).

Mais le droit se distingue des autres règles de conduite sociale par certaines
caractéristiques (SECTION II).

SECTION I: La règle de droit et les autres règles de


conduite sociale:
Dans la société il existe des règles qui, comme les règles juridiques
organisent les relations humaines et ont pour objectif de réaliser un idéal de
justice. Il s’agit de la morale, de la religion et de l’usage. Il est impératif de les
distinguer des règles juridiques.

A- Droit et morale ‫اﻟﻘﺎﻧﻮن و اﻷﺧﻼق‬

Si le droit régit la vie sociale, la morale, elle, régit la conscience et est destinée
à améliorer l’individu dans ses rapports avec les autres et soi-même. On peut
avoir une envie de meurtre, le droit ne s’en préoccupe pas, la morale par contre
ne le permet pas.

Si la morale vise un idéal personnel et social à atteindre, le droit est destiné à


être respecter par tous. Ainsi, la principale distinction entre le droit et la morale,
se manifeste dans les sanctions envisagées en cas d’irrespects. La sanction de la
morale relève essentiellement de la conscience alors que celle du droit entraîne
l’application de sanctions par els autorités publiques.

Mais à la base, le droit s’inspire des règles morales étant donné qu’ils visent
tous les deux la réalisation de la justice. Ainsi, le vol, le meurtre, la diffamation
sont interdits. Aussi, le droit consacre aussi des règles morales. Citons par
exemple l’exigence de bonne foi dans l’exécution du contrat, stipulée dans le
COC, Les différents droits de l’Hommes consacrés par la constitution (e droit à
la vie privée, la liberté de pensée, d’expression etc).

B- Droit et religion ‫اﻟﻘﺎﻧﻮن و اﻟﺪﯾﻦ‬

La religion est un ensemble de croyances et de pratiques qui régissent la


relation de l’Homme avec Dieu. Quant à la règle de droit, elle organise les
relations sociales.
La religion et le droit ont en commun le fait qu’elles comportent un ensemble
de règles qui visent à organiser la vie sociale. En revanche, les sanctions en
matière de religion dépendent de la foi ‫ اﻹﯾﻤﺎن‬et ne sont pas immédiates.

Même si certaines règles de droit ne peuvent avoir aucun rapport avec la


religion (code de la route par exemple), il y a des règles de droit qui sont issues
de la religion. Par exemple, les règles relatives au droit des successions inspiré
de la Chariaa ‫اﻟﺸﺮﯾﻌﺔ‬.

C- Droit et usage ‫اﻟﻘﺎﻧﻮن و اﻟﻌﺎدة‬

L’usage est un ensemble de pratiques et de traditions créés par un groupe de


personnes. Ces règles sont spontanément suivies par les personnes et sont
héritées de génération en génération et continuent d’être respectées. Par
exemple, l’usage en matière de cadeaux entre fiancés, le pourboire, etc.

Même si les usages et le droit ont en commun l’objectif d’organiser la vie en


société, il existe entre les deux des différences essentielles qui se situent dans le
fait que :

- L’usage est une création de la société alors que les règles de droit sont
créées par les autorités publiques.
- Les règles de droit sont applicables par les autorités publiques. Or, l’usage
n’a pas cette spécificité.

→ Par rapport aux autres règles de conduite sociales, la règle de droit se


caractérise essentiellement par son caractère obligatoire/ coercitif dont le
respect est assuré par l’autorité publique.

SECTION II : Caractères de la règle de droit

La règle de droit possède une spécificité qui la distingue des autres règles de
conduite sociale. Il s’agit :
- Du caractère obligatoire (A)
- Du caractère général et abstrait (B)
- Du caractère permanent (C).
A-Le caractère obligatoire

Pour assurer l’ordre et la sécurité dans la société, il faut que la règle de droit
soit obligatoire. C’est le caractère le plus important qui permet de reconnaitre la
règle de droit et de la distinguer des autres règles de conduite sociale.

La règle de droit est dite obligatoire car elle s’impose à toutes les personnes.
La règle de droit ordonne, punit, permet et interdit. Et toutes les personnes ont le
devoir de la respecter soit spontanément soit par la force.

Lorsqu’une personne porte atteinte à une règle de droit, elle peut y être
contrainte ‫ اﻻﻛﺮاه‬par la sanction s’il le faut. La spécificité de la règle de droit est
que seule l’autorité publique peut avoir recours à la contrainte (police,
gendarme, etc)

Les sanctions varient selon les intérêts à protéger et sont de différentes


formes :

- Les sanctions pénales : Chaque individu qui porte atteinte à l’ordre public
ou à la sécurité des citoyens et de leurs biens commet une faute grave
désignée par le qualificatif « infraction ».
Les infractions sont classées par le droit pénal selon leur ordre de gravité
à savoir : 1- les contraventions par exemple en cas d’excès de vitesse de
non respect du feu rouge etc, 2-les délits : le vol, le harcèlement,
l’agression etc. et 3- les crimes : en cas de meurtre qu’il soit volontaire ou
involontaire.
Les sanctions pénales sont par exemple, l’emprisonnement (à perpétuité =
à vie ou à temps), l’amende, le travail d’intérêt général etc.
- Les sanctions civiles : Il s’agit de sanctionner des comportements qui
portent atteinte aux relations des particuliers entre eux afin de les obliger à
respecter leurs engagements dans les contrats par exemple ou à réparer le
dommage causé à une autre personne par exemple en cas de problème de
voisinage.
Les sanctions civiles sont par exemple la réparation des dommages causés
à une personne. Il s’agit de verser à la victime une somme d’argent
appelée dommages et intérêts.
Il peut aussi s’agir de la nullité d’un contrat ‫اﻟﺒﻄﻼن‬. Il s’agit d’annuler
l’existence d’un contrat et de faire comme s’il n’avait jamais existé car il
ne remplit pas les conditions de sa formation. Par exemple, contrat de
société qui ne remplit pas toutes les conditions de constitution d’une
société.
- Les sanctions disciplinaires administratives : ce sont des sanctions prises
par un employeur contre un salarié qui aurait commis une faute. Les
sanctions disciplinaires peuvent consister en un blâme ‫ اﻟﺘﻮﺑﯿﺦ‬, une mise à
pied ‫ اﻹﯾﻘﺎف اﻟﻤﺆﻗﺖ ﻋﻦ اﻟﻌﻤﻞ‬une rétrogradation ‫اﻟﺤﻂ ﻣﻦ اﻟﺮﺗﺒﺔ‬, un licenciement
‫اﻟﻄﺮد‬etc.
B- Le caractère général et abstrait

Le caractère général signifie que la règle de droit s’adresse et s’applique à


tous les membres de la société et ne vise pas une personne en particulier.

Certaines règles de droit ne s’appliquent qu’à une catégorie de personnes bien


déterminée : les salariés, les employeurs, les médecins, les consommateurs, les
propriétaires, les conducteurs, les époux etc. Ces règles demeurent générales
puisqu’elles s’appliquent à toutes les personnes qui appartiennent à la catégorie
visée par la règle de droit À titre d’exemple, les dispositions du code de
commerce sont des dispositions générales tout en n’étant applicables qu’aux
seuls commerçants et aux actes de commerce.
En revanche, lorsqu’une règle est nominative, il ne s’agira pas de règle de
droit car elle n’a pas le caractère général. C’est le cas pour les décrets de
nomination du Mufti ou du chef de gouvernement car ces textes ne sont
applicables qu’aux personnes qui y sont nommées. C’est aussi le cas des
décisions de justice car elles ne concernent que les parties au litige.

Le caractère abstrait ‫ﻣﺠﺮدة‬: Ce caractère complète le caractère général. Il


signifie l’utilisation par le législateur ‫ اﻟﻤﺸﺮع‬de formulations (termes,
expressions) générales et impersonnelles afin que la règle de droit s’adresse à
tous. Citons par exemple les expressions suivantes qu’on retrouve dans toutes
les règles juridiques par exemple « Quiconque », « Toute personne »,
« Chacun ». Par exemple, l’article 2 du code de commerce dispose que « Est
commerçant quiconque, à titre professionnel, procède à des actes de
production, … » l’article 3 du COC qui dispose que « Toute personne est
capable d’obliger et se s’obliger…. »

Il apparaît dès lors, que la règle de droit ne vise pas une personne mais une
situation abstraite (non réelle) susceptible de se produire. Ainsi, le caractère
abstrait se dégage aussi du fait que la règle de droit contienne toujours une
hypothèse ou des conditions ainsi que la solution ou la conséquence.
L’hypothèse constitue les conditions d’application de la règle de droit ou encore
le sujet ou la question que le législateur se propose de régir dans cette loi. La
solution présente les dispositions de la loi, c’est-à-dire la manière avec laquelle
le législateur régit ou résout la question posée. Par exemple :

L’article 7 du code des obligations et des contrats (le COC) dispose


que : « Est majeur aux effets de la présente loi, tout individu de sexe masculin
ou féminin âgé de dix-huit ans révolus ». La règle de l’article 7 est :

- Générale dans le sens qu’elle ne s’adresse pas à une personne


individuellement nommée, mais à une personne quelconque qui se trouve
dans une situation objective déterminée, à savoir le fait pour n’importe
quelle personne d’atteindre l’âge de dix-huit ans révolus.
- Abstraite par la formulation de l’article. D’un côté, le législateur utilise
une expression impersonnelle « Tout individu ». D’un autre côté, le
législateur émet : une hypothèse et ses conséquences.

Dans cet article (règle) Le législateur s’interroge sur la situation de la


personne, de sexe masculin ou féminin, ayant atteint l’âge de dix-huit ans
révolus : c’est l’hypothèse. La solution est que le législateur considère cette
personne majeure.

Exp n°2 : L’article 82 du COC (code des obligations et des contrats) dispose
que « Tout fait quelconque de l'homme qui (…) cause sciemment et
volontairement à autrui un dommage matériel ou moral, oblige son auteur à
réparer le dommage résultant de son fait (…). »

Hypothèse : Tout fait quelconque de l'homme qui (…) cause sciemment et


volontairement à autrui un dommage matériel ou moral. L’hypothèse ici est : si
une personne se trouve dans la situation où elle a volontairement causé un
dommage à une autre personne. La formulation de cette règle permet de couvrir
plusieurs situations. Par exemple, un locataire qui cause des dommages au
domicile loué ou un salarié qui, par sa faute, cause des dommages à la société
dans laquelle il travaille.

Conséquence : oblige son auteur à réparer le dommage résultant de son fait.

Exp n°2 : L’article 199 bis du code pénal dispose que « Est puni d'un
emprisonnement de deux mois à un an et d'une amende de mille dinars ou de
l'une de ces deux peines seulement quiconque, frauduleusement, aura accédé ou
se sera maintenu dans tout ou partie d'un système de traitement automatisé de
données. »
Exp n° 3 : Article 354 du COC « La vente faite par un malade, pendant sa
dernière maladie, est régie par les dispositions de l’article 354 » à savoir qu’elle
« n’est valable que si les autres héritiers la ratifient. »

→ Ces deux caractères (les caractères général et abstrait) de la règle de droit


sont complémentaires. En effet, la règle de droit est abstraite en ce que les
autorités la consacrent et l’adoptent de manière impersonnelle sans viser un fait
réel bien déterminé. Quant au caractère général, il concerne l’application de la
règle juridique. Celle-ci est destinée à s’appliquer de manière générale à tous les
individus de la société ou appartenant à une même catégorie.

C-Le caractère permanent

La règle de droit est dite permanente parce qu’elle doit s’appliquer dès son
entrée en vigueur ‫ ﻣﻦ ﺗﺎرﯾﺦ دﺧﻮﻟﮭﺎ ﺣﯿﺰ اﻟﺘﻨﻔﯿﺬ‬tant qu’elle existe et tant qu’elle n’a pas
été abrogée ‫ ﻣﻠﻐﺎة‬à toutes les situations qu’elle règlemente.

Toute règle de droit est faite pour durer mais elle n’est pas éternelle car, étant
donné les transformations politiques, économiques et sociales la règle est
amenée à s’adapter et peut donc faire l’objet d’une révision (modification) ou
abrogation.

Cependant, et par souci de stabilité et de sécurité juridique, tant qu’elle n’a pas
été modifiée ou abrogée, la règle de droit existante reste en vigueur et applicable
aux situations concernées.

CHAPITRE II : LES BRANCHES DU DROIT TUNISIEN

Le droit est divisé en différentes branches en fonction de son objet ou de son


domaine. Plusieurs classifications existent. Nous retiendrons celle qui distingue
le droit privé (SECTION I) du droit public (SECTION II) et le droit mixte
(SECTION III).
SECTION I : Le droit privé

Le droit privé est l’ensemble des règles juridiques régissant les rapports entre
particuliers qui sont soit des personnes physiques soit des personnes morales
(associations, sociétés, etc). Cette branche du droit comprend principalement le
droit civil, le droit commercial.

- Le droit civil Le droit civil a une valeur générale et fixe les principes
généraux. Il constitue le droit commun car s’applique en principe à tous les
rapports de droit privé car il est la branche la plus ancienne du droit. Le droit
civil régit :
* la famille : mariage, divorce, filiation et aspects patrimoniaux : régimes
matrimoniaux-successions, e
* la propriété
* les obligations : contrat, responsabilité civile.
Les principales règles du droit civil sont regroupées dans le Codes des
obligations et des contrats de 1906. Il y a aussi le Code de droits réels (1965)
et le Code du statut personnel (1956).
- Le droit commercial contient les règles organisant les activités commerciales
et les commerçants. Il régit donc aussi bien les sociétés commerciales, le fonds
de commerce, les modes de paiement commerciaux etc. Le droit commercial est
principalement régit par le code de commerce de 1959 mais aussi par d’autres
codes et lois spéciales comme par exemple, le code des sociétés commerciales.
- Le droit du travail : cette matière comporte l’ensemble de règles destinées à
organiser les relations de travail entre les employeurs et les employés.
L’essentiel de ces règles est contenu dans le code de travail.
SECTION II : Le droit public
Le droit public est l’ensemble des règles juridiques relatives à l’organisation
de l’Etat, des collectivités publiques et de l’administration ainsi qu’à leurs
relations entre eux et avec les particuliers. Le droit public se subdivise aussi en
plusieurs branches. Il comprend principalement :

- Le droit constitutionnel, le droit administratif, les finances publiques, le droit


fiscal etc.

SECTION III : Les droits mixtes


Il y a des règles de droit qui sont mixtes parce qu’elles regroupent des règles
du droit public et des règles du droit privé.

-Le droit pénal a pour fonction de définir les comportements qui constituent des
infractions et de fixer les sanctions applicables à leurs auteurs. Les règles
relatives à cette matière sont principalement regroupées dans le code de droit
pénal.

Le droit pénal est un droit qualifié de mixte car même s’il permet de protéger
les particuliers, il a pour objectif principal et final de préserver l’intérêt général
au sein de la société c’est pour cette raison que le procès n’oppose pas deux
particuliers : l’inculpé à la victime, mais l’inculpé à la société. Aussi, c’est la
puissance publique qui est seule habilitée à sanctionner.

-Le droit de la sécurité sociale : Ce droit est dit mixte car il s’applique aussi
bien aux salariés de la fonction publique qu’aux salariés relevant du droit privé.
Aussi l’organisation de la sécurité sociale est administrative.

CHAPITRE II : LES SOURCES DE LA REGLE DE


DROIT

Cette partie répond à la question de savoir : qui crée la règle de droit ?

Dans ce sens, la notion de source a deux sens possibles :

 Source matérielle : il s’agit des données sociales, des circonstances


historiques et économiques qui ont rendu la règle de droit nécessaire. Le
législateur prend en considération l’ensemble de ces facteurs lors de
l’élaboration de la règle de droit.

 Source formelle : il s’agit de l’autorité compétente et qualifiée pour créer


la règle de droit. En effet, chaque règle de droit à un auteur qui est une
autorité compétente pour créer des règles de droit comme le président de
la République, la Chambre des députés, le chef du gouvernement, etc.

Certaines autorités ont pour fonction de créer les règles de droit qui organisent
la société. On parle des sources créatrices de la règle de droit ou des sources
directes de la règle de droit (SECTION I).

D’autres autorités en revanche, ont pour fonction d’appliquer les règles de


droit déjà crées. Ces autorités, qui sont les tribunaux ne peuvent pas créer des
règles de droit mais ont exceptionnellement la possibilité d’interpréter les règles
qui ne sont pas claires. Ainsi, on parle de sources interprétatives ou de sources
indirectes (SECTION II).

SECTION I : LES SOURCES DIRECTES : Les sources


créatrices de la règle de droit
Ces sources se subdivisent en :

- Sources écrites (Sous-section I)


- Sources non-écrites (Sous-section II)

Sous-section I : Les sources écrites


Parce qu’elles sont écrites, ces sources sont aussi appelées textes juridiques ou
loi dans un sens général et large. Habituellement, on utilise le terme « loi » pour
désigner n’importe quel texte juridique.

Chacune de ces sources émane d’un auteur et se manifeste sous forme d’un
acte. L’Assemblée constituante élabore la constitution/ Le président de la
République crée des décrets/ L’assemblée des représentants du peuple crée les
lois etc.

Ces sources écrites ont la spécificité d’être hiérarchisées selon leur valeur (I).
Mais pour faire partie de la hiérarchie des normes juridiques, les règles de droit
écrites doivent avoir la force obligatoire (II).

I- La hiérarchie des normes juridiques

Les textes composant notre système juridique sont classés selon une hiérarchie
qu’on appelle la hiérarchie des normes juridiques. Formulée par Hans KELSEN1
, il s’agit d’un classement pyramidal fondé sur le principe qu’une norme doit
respecter celle qui se trouve à un niveau supérieur.

A- La constitution

La constitution est un texte écrit fondamental adopté par l’assemblée


constitutive. Elle se situe au sommet des normes juridiques de l’Etat. Cela
signifie que tous les autres textes doivent lui être conformes. Ainsi, tout texte
qui ne lui est pas conforme est qualifié d’inconstitutionnel.

La nouvelle constitution tunisienne date du 25 juillet 2022 et a été adopté suite


à un referendum constitutionnel. (Parution au JORT le 17/08/ 2022)

La constitution a pour rôle de :

- Réglementer l’organisation politique du pays (régime politique


parlementaire, présidentiel ou mixte),
- Consacrer les droits de l’Homme et les libertés publiques,
- Définir et organiser les différents pouvoirs de l’Etat ainsi que leurs
rapports. Il s’agit des fonctions (pouvoirs) exécutives, législatives et
judiciaires,

1 Hans Kelsen (1881 à 1973) est un théoricien du droit.


- Définir les différentes Institutions de l’Etat entre autre les tribunaux, la
Cour constitutionnelle, le Conseil supérieur de l’éducation et de
l’enseignement et l’instance supérieure indépendante pour les élections.
B- Les traités internationaux (Art 74 de la constitution)

Les traités internationaux sont des accords conclus entre deux ou plusieurs
Etats ou entre un Etat et des organisations internationales concernant des
questions du droit international.

Les traités portent sur des questions du droit international relativement au


commerce, à l’organisation internationale, aux engagements financiers de l’Etat
(prêts), à l’état des personnes (mariage, divorce, nationalité,…) etc.

1- Conditions d’entrée en vigueur d’un traité

Pour entrer en vigueur sur le territoire national, un traité doit répondre à deux
conditions :

- Sa ratification par le président de la République qui ordonne ensuite leur


publication. Art 74 §1.
- Son application réciproque par les autres Etats signataires. Art 74 §3.

2- Effets de l’entrée en vigueur du traité

Lorsqu’un traité international a été ratifié conformément à la constitution


tunisienne :

- Il entre en vigueur c'est-à-dire qu’il acquiert force de règles de droit et


devient obligatoire.
- Il acquiert une force supérieure aux autres textes nationaux mais
inférieure à la constitution. Ainsi, en cas de conflit entre un texte interne
et un texte international, le juge devra, en vertu du principe de la primauté
du texte international sur le texte interne, faire appliquer le texte
international.
C- Les lois

Au sens matériel, on entend par le terme « loi » l’ensemble des règles édictées
par les pouvoirs de l’Etat. On dit par exemple la loi tunisienne.

Dans un sens formel plus spécifique, la loi est le texte pris par le pouvoir
législatif qui est le parlement. Il s’agit du pouvoir représentatif du peuple. En
effet, aux termes de l’article 56 de la constitution « Le peuple,…, délègue la
fonction législative à une première chambre représentative dénommée
l’Assemblée des représentants du peuple, et à une deuxième chambre
représentative dénommée le Conseil national des régions et des districts ».

En Tunisie, la fonction législative est donc bicamérale car elle s’exerce par
deux chambres composées de députés et qui sont :

- L’Assemblée des représentants du peuple


- Le Conseil des régions et des districts2.

Dans la hiérarchie des normes, les lois ont une autorité inférieure aux traités
internationaux mais supérieure aux décrets-lois. On y distingue
hiérarchiquement, les lois constitutionnelles, les lois organiques et les lois
ordinaires.

1) Les lois constitutionnelles :

Les lois constitutionnelles sont ainsi appelées car elles ont pour objet la
révision ou l’abrogation de la constitution. Elles sont placées dans un rang
supérieur aux lois organiques et aux lois ordinaires.

2Les membres de chaque conseil régional élit parmi ses membres 3 membres pour représenter leur région au
sein du CNRD./ Les membres élus des Conseils régionaux de chaque district élisent parmi eux un député pour
représenter le district au sein du CNR.
La procédure de révision de la constitution est organisée par l’article 136 de la
constitution3.

2) Les lois organiques

Les lois organiques sont placées dans un rang supérieur à celui des lois
ordinaires étant donné leur importance. En effet, elles traitent des questions
particulières relatives à des sujets graves et importants tels que : l’approbation
des traités, l’organisation des relations entre l’assemblée des représentants du
peuple et le conseil national des régions et des districts, l’organisation des partis
politiques, des associations, des syndicats, à l’organisation de la justice etc.

3) Les lois ordinaires

On les appelle lois ordinaires ou « loi » car elles réglementent les domaines de
la vie courante (art 75 de la constitution) et orientent la vie économique et
sociale dans la société. Exemples, Les lois de finances, la détermination des
crimes et des délits et des sanctions, la nationalité etc.

Les lois organiques se distinguent des lois ordinaires dans leur champ
d’application mais aussi dans la procédure d’examen de leur projet4.

D- Les décrets-lois : ‫ﻣﺮاﺳﯿﻢ‬

Un décret-loi est un texte juridique pris par le président de la République


portant sur un domaine qui est normalement réservé à la loi. Il a valeur
provisoire d’une loi.

La constitution prévoit les hypothèses possibles de recours aux décrets-lois :

3
Une proposition de révision3 doit être soumise :
- Soit à l’ARP : par le président de la République ou par le tiers au moins des députés. 3
- Soit au référendum : par le Président.
Une fois approuvée, le Président de la république promulgue le projet de révision sous forme de loi
constitutionnelle. (art 138 + 103 de la constitution)
4
La loi organique est votée à la majorité absolue des membres de l’Assemblée des représentants du Peuple. La
loi ordinaires est votée à la majorité des membres présents sans que cette majorité ne soit inférieure au tiers des
membres de l’Assemblée (article 80 de la constitution) .
- En cas de dissolution des deux assemblées ou de l’une d’entre elles et en
attendant l’élection de la ou des nouvelles Assemblées. (Art 116)
- Sur délégation de l’Assemblée pour une période limitée et en vue d’un
objectif déterminé. (Art 70)
- Pendant les vacances de l’Assemblée (après en avoir informé la
commission permanente compétente). (Art 73)

Dans tous les cas, les décrets-lois doivent être soumis à l’approbation de
l’Assemblée afin qu’ils prennent la forme de lois.

E- Les décrets

Le décret est un texte pris par le président de la République lors de l’exercice


de ses pouvoirs.

Le Président de la République exerce sa fonction réglementaire5 en émettant


des décrets. Un décret est donc une règle de droit.

Il est à noter que le président de la République a deux principales attributions :

- Un pouvoir réglementaire général par l’adoption de règles à caractère


général. Par exemple, la ratification des traités internationaux,
l’instauration d’un confinement général, d’un couvre feu, etc.
- Prendre les décrets à caractère individuel consistant par exemple en la
nomination ou le limogeage d’une personne à un emploi supérieur civil6.

→ Seuls les décrets à caractère réglementaire sont des règles de droit et rentrent
dans la hiérarchie des normes juridiques. Les décrets individuels pris lors des
nominations ne concernent qu’une seule personne et ne sont de ce fait pas des
règles de droit.

5 Aux termes de l’article 77 de la constitution, il appartient au Président de la République entre autre, de


dissoudre l’Assemblée des représentant du peuple, de déclarer la guerre et de conclure la paix, ratifier les
traités et ordonner leur publication, à accorder la grâce, nommer et limoger le Mufti, le gouverneur de la
banque centrale etc
6 Art. 92 de la constitution.
F- Les arrêtés

L’arrêté est un texte écrit formulé :

- par les membres du gouvernement (Chef et ministres)


- ou par les collectivités locales ou régionales

Il s’agit d’un texte qui intervient en application d’une loi ou d’un décret afin
de préciser son contenu et ses modalités d’application. Par exemple, l’article 13
du CSC, impose à certaines sociétés commerciales une déclaration annuelle et
ajoute que le contenu de cette déclaration « est fixé par arrêté du ministre des
finances. ».

II- La force obligatoire de la règle de droit écrite (loi au


sens matériel)
Dès son entrée en vigueur et jusqu’à son abrogation, la loi acquière son
caractère contraignant et devient applicable par la force s’il le faut.

A- Entrée en vigueur

L’entrée en vigueur d’une loi correspond à sa naissance. Elle a des conditions


(A) desquelles génèrent des effets (2).

1) Conditions

Pour qu’une loi entre en vigueur, elle doit être votée (a) puis promulguée (b) et
enfin publiée (b)7.

- Adoption de la loi par le pouvoir législatif : Un projet de loi8 ou une


proposition de loi doivent être soumis à l’ARP pour être débattu puis
adoptés selon les règles de majorité exigées. (art 68).
- Promulgation : Après avoir été votés, les lois doivent être promulgués
par le président de la République.

7
Article 103 § 1er « Le Président de la République promulgue les lois constitutionnelles, organiques et ordinaires et en
assure la publication au JORT dans un délai maximum de 15 jours à compter de leur réception.
8
par le président de la république.
La promulgation est l’acte par lequel le Président de la République constate
qu’une loi a été régulièrement adoptée et ordonne son exécution en apposant sa
signature.

Les décrets et arrêtés, entrent en vigueur après leur signature puis leur
publication sans passer par la procédure de promulgation.

- Publication officielle : La publication est une mesure indispensable pour


que les textes juridiques acquièrent leur caractère obligatoire et
exécutoire. Elle a pour objectif d’informer le public du nouveau texte
juridique.

La publication consiste à publier les textes juridiques au Journal officiel de la


République tunisienne dans une édition électronique sur le site électronique9 de
l’Imprimerie officielle de la République tunisienne10 ainsi que par voie
électronique sur le site du gouvernorat de Tunis.

Précisément, les textes juridiques entrent en vigueur et sont exécutoires le


lendemain de leur publication sur le site électronique de l’Imprimerie officielle
de la République tunisienne, et sur le site dédié à cet effet relevant du
gouvernorat de Tunis.

Exceptionnellement, dans une situation d’urgence, l’entrée en vigueur peut


être immédiate avant même d’effectuer les mesures publicitaires. Aussi, les
textes juridiques peuvent reporter l’entrée en vigueur à une autre date que celle
de la publication.

[Link]
10Décret-loi du Chef du Gouvernement n° 2020- 1 du 14 avril 2020, relatif à l’édition électronique du Journal
officiel de la République tunisienne et à la fixation de la date d’entrée en vigueur des textes juridiques.
2) Les effets de l’entrée en vigueur de la loi

L’entrée en vigueur des textes a pour effet de leur conférer la force obligatoire,
de faire jouer le principe que « nul n’est censé ignorer la loi » et de distinguer
entre deux types de lois.

a- Acquisition de la force obligatoire

Une loi n’acquière son caractère obligatoire et devient exécutoire, qu’à partir
de son entrée en vigueur et plus précisément de la fin des délais de publication.
De fait, la loi devra être appliquée par la force s’il le faut.

b- Présomption que « nul n’est censé ignorer la loi »

L’entrée en vigueur d’une loi fait jouer le principe général de droit que « nul
n’est censé ignorer la loi ». Ce principe signifie qu’en cas de litige, une personne
ne peut pas se défendre en invoquant son ignorance du texte afin d’échapper à sa
responsabilité.

B- Abrogation de la loi

L’étude de l’abrogation de la loi (1) nous mène à traiter la question de


l’application de la loi dans le temps (2).

1) Définition

L’abrogation constitue le fait de mettre fin à la force obligatoire et à au


caractère permanent de la loi. C’est par l’abrogation que la loi cesse donc de
s’appliquer.

En vertu du principe de parallélisme des formes, chaque texte ne peut être


abrogé que par un autre qui a la même valeur ou qui lui est supérieur : une loi
abroge une loi/ un décret abroge un décret/ la constitution abroge une loi mais le
contraire n’est pas possible/ un décret abroge un arrêté mais le contraire n’est
pas possible/ etc.
L’abrogation peut concerner une loi entière ou quelques dispositions d’une loi.
Dans tous les cas, elle peut revêtir l’une des deux formes suivantes :

L’abrogation expresse : Lorsque la nouvelle loi énonce explicitement


l’abrogation d’un texte ou d’une disposition. Exemple : l’article 2 de la loi
portant promulgation du code des sociétés commerciales dispose que les articles
de 14 à 188 du code de commerce sont abrogés.

L’abrogation tacite : Consiste en la promulgation dans un nouveau texte, d’une


nouvelle règle juridique incompatible ou contradictoire avec l’ancienne règle.
On dit que l’ancienne loi ou règle a été tacitement abrogée.

2) L’application de la loi dans le temps


a- Principe

L’entrée en vigueur d’une loi nouvelle peut créer un problème de conflit de loi
dans le temps où il s’agit de déterminer la loi applicable pour les situations
juridiques qui ont commencé sous l'empire de la loi ancienne et qui se
poursuivent sous celui de la loi nouvelle (exp: contrat de mariage, contrat de
travail, etc).

Afin d’assurer la sécurité juridique des relations, la solution est en principe


que la loi nouvelle n’a pas d’effet rétroactif.

Le principe de non rétroactivité implique que la loi nouvelle ne régit pas les
situations juridiques antérieures à son entrée en vigueur. Cela signifie que la loi
nouvelle ne s’applique pas aux situations juridiques dont les effets se sont
achevés avant son entrée en vigueur.

b- Exceptions

Cependant, ce principe peut connaître des exceptions. Par exemple :

- Lorsque la loi le dit clairement dans son texte


- Dans la matière pénale, lorsqu’une nouvelle loi pénale entre en vigueur et
qu’elle adoucit, supprime une peine ou qu’elle ajoute une condition à
l’infraction, elle pourra s’appliquer aux infractions commises avant son
entrée en vigueur11.

Sous-section II: Les sources non écrites: La coutume


Contrairement aux textes juridiques, la coutume n’émane pas de la volonté des
autorités étatiques. Elle est le fruit de la volonté du peuple car la coutume est
issue d’un ensemble de pratiques et d’usages habituellement suivies dans un
groupe social (une société, un groupe de personnes (exp. les professionnels) ou
un espace (exp : coutumes internationales ou locales)).

Néanmoins, tout comportement, tout usage de la vie sociale n’est pas


forcément une coutume ex. le pourboire est un usage de la vie sociale mais pas
une coutume.

Pour qu’une pratique ou usage soit qualifié de coutume, et devienne donc une
source de la règle de droit, deux éléments (conditions) doivent exister :

- Un élément matériel : l’utilisation constante et habituelle de la règle


coutumière par le recours à la même pratique chaque fois que la même question
se pose.

- Un élément psychologique : C’est la conviction partagée par tous que l’usage a


une force obligatoire. En effet, les personnes doivent avoir le sentiment qu’elles
sont en présence d’une règle générale obligatoire (croire que les autorités ont
prévu une sanction en cas de manquement à celle règle).

Il est à préciser que12 :

11
Cette exception ne joue qu’aux conditions prévues par l’article 1er code pénal selon lequel « Si après le fait,
mais avant le jugement définitif, il intervient une loi plus favorable à l’inculpé, cette loi est la seule appliquée »
12
L’article 543 du COC dispose que « La coutume et l’usage ne sauraient prévaloir contre la loi, lorsqu’elle est
formelle.» ‫اﻟﻌﺎدة و اﻟﻌرف ﻻ ﯾﺧﺎﻟﻔﺎن اﻟﻧص اﻟﺻرﯾﺢ‬
- La coutume ne s’applique qu’en cas de silence ou de manque de clarté de
la loi.
- Lorsque la loi est claire et formelle, la coutume n’a pas à s’appliquer.
- Lorsqu’une coutume est contraire à la loi ou qu’elle est incompatible avec
elle, c’est la loi que le juge est tenu d’appliquer.

La loi reconnaît la coutume en tant que source de la règle de droit :

- Soit en renvoyant à l’utilisation de règles coutumières et dans ce cas on


parle de coutume par délégation de la loi. Par exemple l’article 768 qui
dispose que « Le preneur doit payer le prix au terme fixé par le contrat,
ou, à défaut, par l'usage local ; à défaut d'usage, le prix doit être payé à
la fin de la jouissance. » ou encore l’article 50 du CSP selon lequel « La
pension alimentaire comprend la nourriture, l'habillement, le logement,
l'instruction et tout ce qui est considéré comme nécessaire à l'existence,
selon l'usage et la coutume. ».
- Soit en consacrant une règle coutumière comme par exemple celle de la
bonne foi dans l’exécution des contrats dans l’article 243 du COC.

SECTION II : LES SOURCES INDIRECTES : Les sources


interprétatives :
Ces sources sont dites indirectes car les personnes qui les créent ne sont pas
compétentes pour créer des règles de droit mais dans le cadre de leur profession,
et au moment de l’application de ces règles (qui peuvent être lacunaires ou
obscures), elles peuvent être amenées à interpréter et à proposer des solutions
assimilées à des règles de droit afin de combler ce vide législatif ou ce manque
de clarté. C’est pour cette raison que ces sources sont aussi appelées « sources
interprétatives ».
Sous-section I : La jurisprudence
La jurisprudence désigne l’ensemble des jugements habituellement rendus par
les tribunaux pendant une certaine période, soit dans une matière (jurisprudence
immobilière) soit dans une branche du droit (jurisprudence civile, fiscale, etc.),
relativement à un même problème juridique13.

En principe, le rôle du juge consiste à appliquer la loi afin de trancher les


conflits entre les parties qui le saisissent. Ainsi donc, les décisions judiciaires
n’ont pas le caractère général et ne peuvent donc pas être des sources de la règle
de droit.

Exceptionnellement, le juge peut se retrouver face à un texte juridique soit


obscure14 soit lacunaire15. Etant donné qu’il est tenu de statuer, il devra procéder
à l’interprétation de ce texte afin d’apporter une solution juridique au conflit16.
Son effort d’interprétation mènera à la création d’une nouvelle règle.

Mais pour parler de jurisprudence, il faut que cette règle crée ait été reprise par
d’autres juges auxquels la même question juridique s’est reposée lors d’autres
litiges. Ainsi, cette règle devient une référence et on parlera de précédent
judiciaire qui a valeur de règle de droit et qui jouera le rôle de source indirecte
de la règle de droit.

Il est à préciser que la jurisprudence relève de la compétence des assemblées


plénières de la Cour de cassation.

13 Définition inspirée du vocabulaire juridique de Gérard CORNU.


14 C’est le cas lorsque la loi utilise des expressions non claires comme « bonne foi », « ordre public » etc.
15 C'est-à-dire que le législateur n’a pas prévu de solution adéquate à l’objet du litige.

16 Si le juge est tenu d’interpréter le texte obscure ou lacunaire, il n’est pas libre dans son interprétation qui

devra se faire conformément à certains principes et techniques. Ces techniques sont résumées dans l’article
535 du COC selon lequel « Lorsqu’un cas ne peut être décidé par une disposition précise de la loi, on aura égard
aux dispositions qui régissent les cas semblables ou des matières analogues, si la solution est encore douteuse,
on décidera d'après les règles générales de droit. ». Il s’agit par exemple de l’interprétation par analogie
(appliquer une solution donnée auparavant pour un cas analogue), à fortiori (art. 550 du COC) ( exp : «qui peut
le plus peut le moins ») ou à contrario (article 534 du COC). Citons aussi comme exemple de principes
d’interprétation : « Les dispositions spéciales dérogent aux dispositions générales », « Il est interdit de
distinguer là où la loi ne distingue pas », « Les exceptions doivent être interprétées strictement ».
Par ailleurs, il est important de s’attarder sur la question de l’organisation de la
justice en Tunisie. L’organisation juridictionnelle tunisienne comprend
essentiellement deux catégories de juridictions : la justice administrative et
financière (I) et la justice judiciaire (II).

I- La justice administrative et financière

1) La justice administrative :

La justice administrative composée des tribunaux administratifs, est


compétente pour statuer sur les litiges opposant les personnes de l’ordre public
(administrations, collectivités locales, etc.) aux personnes du droit privé
(particuliers, associations, sociétés privées etc.) ou les personnes de l’ordre
public entre elles.

2) La justice financière

La justice financière est composée de la Cour des comptes17. Celle-ci est


compétente pour, par exemple, examiner les comptes et apprécier la gestion de
l'Etat, des collectivités locales, des établissements et entreprises publics.

II- La justice judiciaire

La justice judiciaire désigne les tribunaux de l’ordre judiciaire. Mais avant de


les étudier, il est important de citer les principes qui régissent l’organisation de
la justice.

1) Principes gouvernant la justice judiciaire

Le législateur tunisien à consacré certains principes généraux auxquels est


soumis l'ordre judiciaire dont les plus importants sont :

- Le principe de l'égalité devant la justice


- Le principe de la gratuité de la justice

17La Cour des comptes est organisée par la loi n° 68-8 du 8 mars 1968 portant organisation de la Cour des
Comptes telle que modifiée et complétée par la loi organique n° 2008-3 du 29 janvier 2008.
- Le caractère étatique de la justice car la justice relève uniquement du
pouvoir de l’Etat par application du principe que « nul ne peut se faire
justice soi-même ».
- Le principe de l’indépendance de la justice18: Selon le principe de la
séparation des pouvoirs, le pouvoir judiciaire est indépendant des
pouvoirs exécutif et législatif.
- La règle du double degré de juridiction: ‫ﻣﺒﺪأ اﻟﺘﻘﺎﺿﻲ ﻋﻠﻰ درﺟﺘﯿﻦ‬: Ce principe
permet à tout justiciable insatisfait d'un jugement rendu au premier ressort
de présenter son affaire de nouveau devant un tribunal de deuxième degré
de manière à ce que le jugement rendu une première fois puisse être
examiné une seconde fois par des juges hiérarchiquement supérieurs.
- Le principe de la distinction des juridictions de droit commun et des
juridictions d’exception :

Une juridiction de droit commun est dotée d’une compétence générale. En ce


sens qu’elle examine toute affaire, quelle que soit sa nature ou sa valeur. Le
tribunal de première instance est une juridiction de droit commun.

Une juridiction d’exception a une compétence particulière relative à des


domaines spécifiques et déterminés. Par exemple :

- le tribunal immobilier : principalement compétent en matière


d’immatriculation foncières.
- le tribunal militaire : compétent en matière de crimes et de délits
militaires.
- le conseil des prud’hommes : Compétents dans les litiges opposants les
patrons à leurs employés.

18Ce principe est consacré par l’article 117 de la constitution selon lequel « La magistrature est un pouvoir
indépendant (…). Le magistrat est indépendant. Il n’est soumis, dans l’exercice de ses fonctions, qu’à l’autorité
de la loi. ».
Le principe de la compétence d’attribution et de la compétence territoriale: Les
règles de compétence sont celles qui permettent la détermination du tribunal
devant lequel toute personne (plaideur) doit porter son litige. Il y a deux sortes
de compétences:

 La compétence d’attribution: ‫اﺧﺘﺼﺎص ﺣﻜﻤﻲ‬

Les règles de la compétence d’attribution sont celles qui permettent la


répartition des demandes en justice suivant leur nature ou leur montant entre les
différentes catégories de tribunaux.

Exp. 1: En application du critère de la nature de la demande, les actions de


divorce doivent être toujours soulevées devant le tribunal de première instance.

Exp. 2: En application du critère du montant de la demande, les actions de


recouvrement de créances doivent être soulevées devant le tribunal de première
instance si le montant de la demande est supérieur à 7.000 dinars et devant le
tribunal cantonal si le montant de la demande est inférieur ou égale à 7.000
dinars (art 39 du CPCC).

 La compétence territoriale: ‫اﺧﺘﺼﺎص ﺗﺮاﺑﻲ‬

Les règles de la compétence territoriale sont celles qui permettent de


déterminer le tribunal compétent géographiquement pour examiner le litige.

En principe, le tribunal compétent territorialement est celui du domicile du


défendeur, c’est-à-dire l’adresse de résidence pour les personnes physiques ou
l’adresse du siège social pour les personnes morales.

Toutefois, il existe des exceptions à ce principe qui sont énumérées par la loi :

- Si le litige porte sur un immeuble, le tribunal compétent est celui du lieu


de la situation de l’immeuble. Si le litige porte sur un contrat, le tribunal
compétent est celui du lieu d’exécution du contrat.
- Si le litige porte sur un héritage, le tribunal compétent est celui du lieu
d’ouverture de l’héritage.
- Si le litige a pour objet le divorce, le tribunal compétent est celui où se
trouve le domicile conjugal.
2) Les différentes juridictions de l’ordre judiciaire

La justice judiciaire est composée des tribunaux du premier degré, des


tribunaux de second degré et d’une Cour de cassation. Ces tribunaux se divisent
entre les juridictions de fond (a) et la Cour de cassation (b).

a- Les juridictions de fond

Elles examinent le litige dans sa totalité (en droit et en fait). Elles sont
constituées par:

* Les juridictions du 1er degré à savoir = juridictions de fond

- Le tribunal cantonal

- Le tribunal de 1ére instance

* Les juridictions du 2éme degré à savoir = juridictions de fond

- Le tribunal de 1ére instance pour les affaires provenant du tribunal


cantonal

- La Cour d’appel

Les tribunaux de premier degré : (tribunal de première instance et tribunal


cantonal) :

- Le tribunal de première instance :

C’est une juridiction de droit commun car elle connait (examine) en premier
ressort ‫ اﺑﺘﺪاﺋﯿﺎ‬de toutes les actions.

- Le tribunal cantonal:

La loi attribue au juge cantonal l’examen de certaines actions bien déterminées


comme les actions relatives aux pensions alimentaire ou les actions mobilières
ou les actions en paiement dont la valeur de la demande ne dépasse pas 7000
dinars. En matière pénale, il est compétent en matière de contravention.

Les tribunaux du second degré: (tribunal de première instance et Cour


d’appel) :

Ce sont les juridictions compétentes pour réexaminer les affaires qui ont déjà
fait l’objet d’un premier examen par les juges du premier degré. Les juridictions
d’appel sont au nombre de deux:

- Le tribunal de première instance : C’est la juridiction d’appel compétente pour


statuer sur les appels interjetés contre les jugements rendus par le tribunal
cantonal.

- La Cour d’appel : C’est une juridiction compétente pour réexaminer les


jugements rendus par le tribunal de première instance. Elle statue toujours en
dernier ressort, ce qui signifie que ses décisions ne sont plus susceptibles
d’appel mais qu’elles sont plutôt susceptibles d’un réexamen par la Cour de
cassation.

b- La juridiction de droit : La Cour de cassation

Unique pour toute la Tunisie, la Cour de cassation est la juridiction suprême


de l’ordre judiciaire. Elle ne constitue pas un troisième degré de juridiction car
c’est une juridiction de droit car sa mission est de veiller à la bonne application
et la bonne interprétation de la loi par les juges de fond. Ainsi, elle ne peut pas
réexaminer les faits pour donner un nouveau jugement.

Sous-section II : La doctrine
C’est l’ensemble des opinions émises par les juristes spécialisés (enseignants
universitaires, avocats, magistrats ...) dans leurs travaux de recherche consistant
à analyser et critiquer les textes juridiques et les décisions de justice. Leur
objectif étant d’évaluer la portée de ces textes et de les interpréter afin
de proposer:

- des solutions aux éventuels vides et lacunes


- les meilleurs moyens pour adapter les textes aux réalités de la vie
juridique quotidienne.

Publiées dans des ouvrages, articles ou presses spécialisées, leurs propositions


peuvent inspirer

- Les juges lorsqu’ils effectuent un travail d’interprétation


- Le pouvoir législatif lorsqu’ils créent de nouvelles règles juridiques

Dans ce cas, la doctrine aura servi de manière indirecte à la création de


nouvelles règles de droit.
PLAN DU COURS

INTRODUCTION

TITRE I : LE DROIT OBJECTIF : LE DROIT : UN ENSEMBLE DE


REGLES JURIDIQUES

CHAPITRE I : SPECIFICITES DE LA REGLE DE DROIT :

SECTION I : La règle de droit et les autres règles de conduite sociale :

A- Droit et morale
B- Droit et religion
C- Droit et usage

SECTION II : Caractères de la règle de droit :

A- Le caractère obligatoire
B- Le caractère général et abstrait
C- Le caractère permanent

CHAPITRE II : LES BRANCHES DU DROIT TUNISIEN :

SECTION I : Le droit privé

SECTION II : Le droit public

SECTION III : Les droits mixtes

CHAPITRE II : SOURCES DE LA REGLE DE DROIT :

→ Source matérielle

→ Source formelle

SECTION I : Les sources directes : les sources créatrices de la règle de droit :

SOUS-SECTION I : Les sources écrites


I- La hiérarchie des normes juridiques
A- La constitution
B- Les traités internationaux (article 74 de la constitution) :
1- Conditions d’entrée en vigueur d’un traité
2- Effets de l’entrée en vigueur du traité
C- Les lois : → Les lois constitutionnelles
→ Les lois organiques
→ Les lois ordinaires
D- Les décrets-lois
E- Les décrets
F- Les arrêtés

II- La force obligatoire de la règle de droit ( loi au sens matériel)


A- Entrée en vigueur
1- Conditions
a- Adoption de la loi par le pouvoir législatif
b- Publication officielle
2- Les effets de l’entrée en vigueur de la loi
a- Acquisition de la force obligatoire
b- Présomption que « Nul n’est censé ignorer la loi »
B- Abrogation de la loi
1- Définition
2- L’application de la loi dans le temps
a- Principe
b- Les exceptions

SOUS-SECTION II : Les sources non-écrites : La coutume

SECTION I : Les sources indirectes : Les sources interprétatives :

SOUS-SECTION I : La jurisprudence :

I- La justice administrative et financière :


1- La justice administrative :
2- La justice financière :

II- La justice judiciaire :


1- Les principes gouvernants la justice judiciaire :
 Le principe de l’égalité devant la justice
 Le principe de la gratuité de la justice
 Le caractère étatique de la justice
 Le principe de l’indépendance de la justice
 La règle du double degré de juridiction
 Le principe de la distinction des juridictions de droit
commun et des juridictions d’exception
 Le principe de la compétence d’attribution et la compétence
territoriale
2- Les différentes juridictions de l’ordre judiciaire :
a- Les juridictions de fond :
1- Juridiction du 1er degré
2- Juridiction du 2ème degré
b- La juridiction du droit : La cour de cassation

SOUS-SECTION II : La doctrine

TITRE I : LES DROITS SUBJECTIFS : UN ENSEMBLE DES


PREROGATIVES

CHAPITRE I :LES SOURCES DE CREATION DES DROITS


SUBJECTIFS:

SECTION I : Les actes juridiques :

A- La convention
B- L’acte unilatéral

SECTION II : Les faits juridiques :

A- Les quasi-contrats
B- Les délits
C- Les quasi-délits

CHAPITRE II : LA CLASSIFICATION DES DROITS SUBJECTIFS

SECTION I : Les droits extrapatrimoniaux


A- Les droits civils et politiques
B- Les droits économiques, sociaux et culturels
C- Les droits de la solidarité
SECTION II : Les droits patrimoniaux

SOUS-SECTION I : Les droits réels :


A- Définition
B- Objet des droits réels
I- Les biens immeubles :

1) Les biens corporels immobiliers


a- Les immeubles par nature
b- Les immeubles par destination
 Le rattachement économique (art. 9 C.D.R.)
 Le critère d’attache matérielle/physique ( art. 10 C.D.R.)
 L’appartenance au même propriétaire

2) Les biens incorporels immobiliers

II- Les biens meubles :


1) Les biens corporels mobiliers
2) Les biens incorporels mobiliers

SOUS-SECTION II : Les droits personnels :

A- L’obligation de donner
B- L’obligation de faire
C- L’obligation de ne pas faire

SECTION III : Les droits intellectuels

CHAPITRE III : LA PREUVE

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