Introduction au Droit : Concepts Clés
Introduction au Droit : Concepts Clés
(UNIVERSITE DE CARTHAGE)
Cours de :
INTRODUCTION GENERALE AU DROIT
Niveau : 1ère LSG
Le Droit est l’ensemble des règles qui organisent la vie en société. Ces règles
naissent, vivent, meurent, évoluent dans leur contenu parce que la société et les
hommes qui la composent évoluent.
En général, l’idée première que nous avons du droit est essentiellement liée à
la contrainte, à la sanction. Or, s’il est vrai que la sanction est le caractère le plus
important du droit, elle reste un moyen pour garantir le respect des règles
organisant la vie en société. Donc la fonction essentielle du droit est d’organiser
les rapports entre les hommes en sociétés et la sanction est le moyen pour
garantir la sécurité et éviter l’anarchie.
Le droit est ici défini à partir de son objet à savoir les relations ou le domaine
qu’il organise par exp : le droit fiscal, le droit du travail, le droit commercial, le
droit des contrats, le droit administratif etc.
Définition : Le droit objectif est l’ensemble des règles juridiques fixées par les
pouvoirs publics.
Les droits subjectifs (rights) : C’est l’ensemble des droits, des pouvoirs,
des prérogatives dont une personne est titulaire, dont une personne est
sujet (les personnes sont les sujets de droit). Par exemple, le droit de
propriété, le droit de vote, etc. Le droit est ici défini à partir des sujets qui
en sont titulaires. Le droit à la vie, le droit au travail, la liberté d’exercer le
commerce, la liberté de circulation etc.
→ Ces deux sens du droit sont complémentaires car le droit objectif a pour rôle
de déterminer, de consacrer les droits subjectifs dont bénéficient les sujets de
droit. Par exemple :
Pour résumer :
Droit objectif Droit subjectif
Définition Ensemble des règles de droit Ensemble des prérogatives,
établies par les autorités publiques. des pouvoirs (droits et
devoirs) accordés à une
personne.
Exemple On dit : On dit :
- Le droit tunisien, le droit *«Avoir le droit » :
algérien, le droit français… - d’être propriétaire.
- Le droit international - d’exercer l’activité
- Le droit commercial dont les commerciale de son
règles sont contenues par choix.
exemple dans le code de - de circuler librement.
commerce ainsi que dans - de se faire payer une
d’autres textes comme les lois, créance …
les décrets, etc. - de travailler
- Le droit civil dont les règles - de fonder une famille
sont contenues par exemple *« Avoir l’obligation » :
dans le code des obligations et - de payer sa dette.
des contrats, le code de droits - de livrer une
réels etc marchandise
- Le droit constitutionnel dont conformément au
les règles sont contenues dans contrat.
la constitution etc. - de respecter ses voisins
- Etc. - de respecter
l’environnement….
→ Il s’agit de deux sens complémentaires du terme droit car le droit objectif
consacre les droits subjectifs puisque la règle de droit a pour objet de déterminer
les droits et les devoirs de chacun.
Pour qu’une règle soit une règle de droit, il faut qu’elle fasse partie d’un
ensemble de règles juridiques officielles et qui ont une force contraignante
(obligatoire). A partir de ces éléments, le droit objectif est défini comme étant
l’ensemble des règles juridiques qui organisent la vie en société dont le respect
est assuré par l’autorité publique et par la force s’il le faut.
Mais au sein de la société, il existe d’autres règles de conduite sociale à côté
de la règle de droit.
Le droit étant à la base une des règles de conduites qui organisent les rapports
entre les individus, il est nécessaire de le distinguer des autres règles de conduite
en étudiant ses spécificités (CHAPITRE I).
Plus spécifiquement, le droit objectif étant composé de l’ensemble des règles
de droit applicables dans un Etat et qui sont créées par les autorités publiques,
nous étudierons dans un premier temps ses différentes branches (CHAPITRE
II). Et dans un deuxième temps, les sources de la règle de droit (CHAPITRE
III).
CHAPITRE I: SPECIFICTES DE LA REGLE DE DROIT
A part le droit, il existe bien d'autres règles qui organisent les relations
humaines et qui ne sont pas juridiques. Il en est ainsi de la règle religieuse, de la
morale et de l’usage (SECTION I).
Mais le droit se distingue des autres règles de conduite sociale par certaines
caractéristiques (SECTION II).
Si le droit régit la vie sociale, la morale, elle, régit la conscience et est destinée
à améliorer l’individu dans ses rapports avec les autres et soi-même. On peut
avoir une envie de meurtre, le droit ne s’en préoccupe pas, la morale par contre
ne le permet pas.
Mais à la base, le droit s’inspire des règles morales étant donné qu’ils visent
tous les deux la réalisation de la justice. Ainsi, le vol, le meurtre, la diffamation
sont interdits. Aussi, le droit consacre aussi des règles morales. Citons par
exemple l’exigence de bonne foi dans l’exécution du contrat, stipulée dans le
COC, Les différents droits de l’Hommes consacrés par la constitution (e droit à
la vie privée, la liberté de pensée, d’expression etc).
- L’usage est une création de la société alors que les règles de droit sont
créées par les autorités publiques.
- Les règles de droit sont applicables par les autorités publiques. Or, l’usage
n’a pas cette spécificité.
La règle de droit possède une spécificité qui la distingue des autres règles de
conduite sociale. Il s’agit :
- Du caractère obligatoire (A)
- Du caractère général et abstrait (B)
- Du caractère permanent (C).
A-Le caractère obligatoire
Pour assurer l’ordre et la sécurité dans la société, il faut que la règle de droit
soit obligatoire. C’est le caractère le plus important qui permet de reconnaitre la
règle de droit et de la distinguer des autres règles de conduite sociale.
La règle de droit est dite obligatoire car elle s’impose à toutes les personnes.
La règle de droit ordonne, punit, permet et interdit. Et toutes les personnes ont le
devoir de la respecter soit spontanément soit par la force.
Lorsqu’une personne porte atteinte à une règle de droit, elle peut y être
contrainte اﻻﻛﺮاهpar la sanction s’il le faut. La spécificité de la règle de droit est
que seule l’autorité publique peut avoir recours à la contrainte (police,
gendarme, etc)
- Les sanctions pénales : Chaque individu qui porte atteinte à l’ordre public
ou à la sécurité des citoyens et de leurs biens commet une faute grave
désignée par le qualificatif « infraction ».
Les infractions sont classées par le droit pénal selon leur ordre de gravité
à savoir : 1- les contraventions par exemple en cas d’excès de vitesse de
non respect du feu rouge etc, 2-les délits : le vol, le harcèlement,
l’agression etc. et 3- les crimes : en cas de meurtre qu’il soit volontaire ou
involontaire.
Les sanctions pénales sont par exemple, l’emprisonnement (à perpétuité =
à vie ou à temps), l’amende, le travail d’intérêt général etc.
- Les sanctions civiles : Il s’agit de sanctionner des comportements qui
portent atteinte aux relations des particuliers entre eux afin de les obliger à
respecter leurs engagements dans les contrats par exemple ou à réparer le
dommage causé à une autre personne par exemple en cas de problème de
voisinage.
Les sanctions civiles sont par exemple la réparation des dommages causés
à une personne. Il s’agit de verser à la victime une somme d’argent
appelée dommages et intérêts.
Il peut aussi s’agir de la nullité d’un contrat اﻟﺒﻄﻼن. Il s’agit d’annuler
l’existence d’un contrat et de faire comme s’il n’avait jamais existé car il
ne remplit pas les conditions de sa formation. Par exemple, contrat de
société qui ne remplit pas toutes les conditions de constitution d’une
société.
- Les sanctions disciplinaires administratives : ce sont des sanctions prises
par un employeur contre un salarié qui aurait commis une faute. Les
sanctions disciplinaires peuvent consister en un blâme اﻟﺘﻮﺑﯿﺦ, une mise à
pied اﻹﯾﻘﺎف اﻟﻤﺆﻗﺖ ﻋﻦ اﻟﻌﻤﻞune rétrogradation اﻟﺤﻂ ﻣﻦ اﻟﺮﺗﺒﺔ, un licenciement
اﻟﻄﺮدetc.
B- Le caractère général et abstrait
Il apparaît dès lors, que la règle de droit ne vise pas une personne mais une
situation abstraite (non réelle) susceptible de se produire. Ainsi, le caractère
abstrait se dégage aussi du fait que la règle de droit contienne toujours une
hypothèse ou des conditions ainsi que la solution ou la conséquence.
L’hypothèse constitue les conditions d’application de la règle de droit ou encore
le sujet ou la question que le législateur se propose de régir dans cette loi. La
solution présente les dispositions de la loi, c’est-à-dire la manière avec laquelle
le législateur régit ou résout la question posée. Par exemple :
Exp n°2 : L’article 82 du COC (code des obligations et des contrats) dispose
que « Tout fait quelconque de l'homme qui (…) cause sciemment et
volontairement à autrui un dommage matériel ou moral, oblige son auteur à
réparer le dommage résultant de son fait (…). »
Exp n°2 : L’article 199 bis du code pénal dispose que « Est puni d'un
emprisonnement de deux mois à un an et d'une amende de mille dinars ou de
l'une de ces deux peines seulement quiconque, frauduleusement, aura accédé ou
se sera maintenu dans tout ou partie d'un système de traitement automatisé de
données. »
Exp n° 3 : Article 354 du COC « La vente faite par un malade, pendant sa
dernière maladie, est régie par les dispositions de l’article 354 » à savoir qu’elle
« n’est valable que si les autres héritiers la ratifient. »
La règle de droit est dite permanente parce qu’elle doit s’appliquer dès son
entrée en vigueur ﻣﻦ ﺗﺎرﯾﺦ دﺧﻮﻟﮭﺎ ﺣﯿﺰ اﻟﺘﻨﻔﯿﺬtant qu’elle existe et tant qu’elle n’a pas
été abrogée ﻣﻠﻐﺎةà toutes les situations qu’elle règlemente.
Toute règle de droit est faite pour durer mais elle n’est pas éternelle car, étant
donné les transformations politiques, économiques et sociales la règle est
amenée à s’adapter et peut donc faire l’objet d’une révision (modification) ou
abrogation.
Cependant, et par souci de stabilité et de sécurité juridique, tant qu’elle n’a pas
été modifiée ou abrogée, la règle de droit existante reste en vigueur et applicable
aux situations concernées.
Le droit privé est l’ensemble des règles juridiques régissant les rapports entre
particuliers qui sont soit des personnes physiques soit des personnes morales
(associations, sociétés, etc). Cette branche du droit comprend principalement le
droit civil, le droit commercial.
- Le droit civil Le droit civil a une valeur générale et fixe les principes
généraux. Il constitue le droit commun car s’applique en principe à tous les
rapports de droit privé car il est la branche la plus ancienne du droit. Le droit
civil régit :
* la famille : mariage, divorce, filiation et aspects patrimoniaux : régimes
matrimoniaux-successions, e
* la propriété
* les obligations : contrat, responsabilité civile.
Les principales règles du droit civil sont regroupées dans le Codes des
obligations et des contrats de 1906. Il y a aussi le Code de droits réels (1965)
et le Code du statut personnel (1956).
- Le droit commercial contient les règles organisant les activités commerciales
et les commerçants. Il régit donc aussi bien les sociétés commerciales, le fonds
de commerce, les modes de paiement commerciaux etc. Le droit commercial est
principalement régit par le code de commerce de 1959 mais aussi par d’autres
codes et lois spéciales comme par exemple, le code des sociétés commerciales.
- Le droit du travail : cette matière comporte l’ensemble de règles destinées à
organiser les relations de travail entre les employeurs et les employés.
L’essentiel de ces règles est contenu dans le code de travail.
SECTION II : Le droit public
Le droit public est l’ensemble des règles juridiques relatives à l’organisation
de l’Etat, des collectivités publiques et de l’administration ainsi qu’à leurs
relations entre eux et avec les particuliers. Le droit public se subdivise aussi en
plusieurs branches. Il comprend principalement :
-Le droit pénal a pour fonction de définir les comportements qui constituent des
infractions et de fixer les sanctions applicables à leurs auteurs. Les règles
relatives à cette matière sont principalement regroupées dans le code de droit
pénal.
Le droit pénal est un droit qualifié de mixte car même s’il permet de protéger
les particuliers, il a pour objectif principal et final de préserver l’intérêt général
au sein de la société c’est pour cette raison que le procès n’oppose pas deux
particuliers : l’inculpé à la victime, mais l’inculpé à la société. Aussi, c’est la
puissance publique qui est seule habilitée à sanctionner.
-Le droit de la sécurité sociale : Ce droit est dit mixte car il s’applique aussi
bien aux salariés de la fonction publique qu’aux salariés relevant du droit privé.
Aussi l’organisation de la sécurité sociale est administrative.
Certaines autorités ont pour fonction de créer les règles de droit qui organisent
la société. On parle des sources créatrices de la règle de droit ou des sources
directes de la règle de droit (SECTION I).
Chacune de ces sources émane d’un auteur et se manifeste sous forme d’un
acte. L’Assemblée constituante élabore la constitution/ Le président de la
République crée des décrets/ L’assemblée des représentants du peuple crée les
lois etc.
Ces sources écrites ont la spécificité d’être hiérarchisées selon leur valeur (I).
Mais pour faire partie de la hiérarchie des normes juridiques, les règles de droit
écrites doivent avoir la force obligatoire (II).
Les textes composant notre système juridique sont classés selon une hiérarchie
qu’on appelle la hiérarchie des normes juridiques. Formulée par Hans KELSEN1
, il s’agit d’un classement pyramidal fondé sur le principe qu’une norme doit
respecter celle qui se trouve à un niveau supérieur.
A- La constitution
Les traités internationaux sont des accords conclus entre deux ou plusieurs
Etats ou entre un Etat et des organisations internationales concernant des
questions du droit international.
Pour entrer en vigueur sur le territoire national, un traité doit répondre à deux
conditions :
Au sens matériel, on entend par le terme « loi » l’ensemble des règles édictées
par les pouvoirs de l’Etat. On dit par exemple la loi tunisienne.
Dans un sens formel plus spécifique, la loi est le texte pris par le pouvoir
législatif qui est le parlement. Il s’agit du pouvoir représentatif du peuple. En
effet, aux termes de l’article 56 de la constitution « Le peuple,…, délègue la
fonction législative à une première chambre représentative dénommée
l’Assemblée des représentants du peuple, et à une deuxième chambre
représentative dénommée le Conseil national des régions et des districts ».
En Tunisie, la fonction législative est donc bicamérale car elle s’exerce par
deux chambres composées de députés et qui sont :
Dans la hiérarchie des normes, les lois ont une autorité inférieure aux traités
internationaux mais supérieure aux décrets-lois. On y distingue
hiérarchiquement, les lois constitutionnelles, les lois organiques et les lois
ordinaires.
Les lois constitutionnelles sont ainsi appelées car elles ont pour objet la
révision ou l’abrogation de la constitution. Elles sont placées dans un rang
supérieur aux lois organiques et aux lois ordinaires.
2Les membres de chaque conseil régional élit parmi ses membres 3 membres pour représenter leur région au
sein du CNRD./ Les membres élus des Conseils régionaux de chaque district élisent parmi eux un député pour
représenter le district au sein du CNR.
La procédure de révision de la constitution est organisée par l’article 136 de la
constitution3.
Les lois organiques sont placées dans un rang supérieur à celui des lois
ordinaires étant donné leur importance. En effet, elles traitent des questions
particulières relatives à des sujets graves et importants tels que : l’approbation
des traités, l’organisation des relations entre l’assemblée des représentants du
peuple et le conseil national des régions et des districts, l’organisation des partis
politiques, des associations, des syndicats, à l’organisation de la justice etc.
On les appelle lois ordinaires ou « loi » car elles réglementent les domaines de
la vie courante (art 75 de la constitution) et orientent la vie économique et
sociale dans la société. Exemples, Les lois de finances, la détermination des
crimes et des délits et des sanctions, la nationalité etc.
Les lois organiques se distinguent des lois ordinaires dans leur champ
d’application mais aussi dans la procédure d’examen de leur projet4.
3
Une proposition de révision3 doit être soumise :
- Soit à l’ARP : par le président de la République ou par le tiers au moins des députés. 3
- Soit au référendum : par le Président.
Une fois approuvée, le Président de la république promulgue le projet de révision sous forme de loi
constitutionnelle. (art 138 + 103 de la constitution)
4
La loi organique est votée à la majorité absolue des membres de l’Assemblée des représentants du Peuple. La
loi ordinaires est votée à la majorité des membres présents sans que cette majorité ne soit inférieure au tiers des
membres de l’Assemblée (article 80 de la constitution) .
- En cas de dissolution des deux assemblées ou de l’une d’entre elles et en
attendant l’élection de la ou des nouvelles Assemblées. (Art 116)
- Sur délégation de l’Assemblée pour une période limitée et en vue d’un
objectif déterminé. (Art 70)
- Pendant les vacances de l’Assemblée (après en avoir informé la
commission permanente compétente). (Art 73)
Dans tous les cas, les décrets-lois doivent être soumis à l’approbation de
l’Assemblée afin qu’ils prennent la forme de lois.
E- Les décrets
→ Seuls les décrets à caractère réglementaire sont des règles de droit et rentrent
dans la hiérarchie des normes juridiques. Les décrets individuels pris lors des
nominations ne concernent qu’une seule personne et ne sont de ce fait pas des
règles de droit.
Il s’agit d’un texte qui intervient en application d’une loi ou d’un décret afin
de préciser son contenu et ses modalités d’application. Par exemple, l’article 13
du CSC, impose à certaines sociétés commerciales une déclaration annuelle et
ajoute que le contenu de cette déclaration « est fixé par arrêté du ministre des
finances. ».
A- Entrée en vigueur
1) Conditions
Pour qu’une loi entre en vigueur, elle doit être votée (a) puis promulguée (b) et
enfin publiée (b)7.
7
Article 103 § 1er « Le Président de la République promulgue les lois constitutionnelles, organiques et ordinaires et en
assure la publication au JORT dans un délai maximum de 15 jours à compter de leur réception.
8
par le président de la république.
La promulgation est l’acte par lequel le Président de la République constate
qu’une loi a été régulièrement adoptée et ordonne son exécution en apposant sa
signature.
Les décrets et arrêtés, entrent en vigueur après leur signature puis leur
publication sans passer par la procédure de promulgation.
[Link]
10Décret-loi du Chef du Gouvernement n° 2020- 1 du 14 avril 2020, relatif à l’édition électronique du Journal
officiel de la République tunisienne et à la fixation de la date d’entrée en vigueur des textes juridiques.
2) Les effets de l’entrée en vigueur de la loi
L’entrée en vigueur des textes a pour effet de leur conférer la force obligatoire,
de faire jouer le principe que « nul n’est censé ignorer la loi » et de distinguer
entre deux types de lois.
Une loi n’acquière son caractère obligatoire et devient exécutoire, qu’à partir
de son entrée en vigueur et plus précisément de la fin des délais de publication.
De fait, la loi devra être appliquée par la force s’il le faut.
L’entrée en vigueur d’une loi fait jouer le principe général de droit que « nul
n’est censé ignorer la loi ». Ce principe signifie qu’en cas de litige, une personne
ne peut pas se défendre en invoquant son ignorance du texte afin d’échapper à sa
responsabilité.
B- Abrogation de la loi
1) Définition
L’entrée en vigueur d’une loi nouvelle peut créer un problème de conflit de loi
dans le temps où il s’agit de déterminer la loi applicable pour les situations
juridiques qui ont commencé sous l'empire de la loi ancienne et qui se
poursuivent sous celui de la loi nouvelle (exp: contrat de mariage, contrat de
travail, etc).
Le principe de non rétroactivité implique que la loi nouvelle ne régit pas les
situations juridiques antérieures à son entrée en vigueur. Cela signifie que la loi
nouvelle ne s’applique pas aux situations juridiques dont les effets se sont
achevés avant son entrée en vigueur.
b- Exceptions
Pour qu’une pratique ou usage soit qualifié de coutume, et devienne donc une
source de la règle de droit, deux éléments (conditions) doivent exister :
11
Cette exception ne joue qu’aux conditions prévues par l’article 1er code pénal selon lequel « Si après le fait,
mais avant le jugement définitif, il intervient une loi plus favorable à l’inculpé, cette loi est la seule appliquée »
12
L’article 543 du COC dispose que « La coutume et l’usage ne sauraient prévaloir contre la loi, lorsqu’elle est
formelle.» اﻟﻌﺎدة و اﻟﻌرف ﻻ ﯾﺧﺎﻟﻔﺎن اﻟﻧص اﻟﺻرﯾﺢ
- La coutume ne s’applique qu’en cas de silence ou de manque de clarté de
la loi.
- Lorsque la loi est claire et formelle, la coutume n’a pas à s’appliquer.
- Lorsqu’une coutume est contraire à la loi ou qu’elle est incompatible avec
elle, c’est la loi que le juge est tenu d’appliquer.
Mais pour parler de jurisprudence, il faut que cette règle crée ait été reprise par
d’autres juges auxquels la même question juridique s’est reposée lors d’autres
litiges. Ainsi, cette règle devient une référence et on parlera de précédent
judiciaire qui a valeur de règle de droit et qui jouera le rôle de source indirecte
de la règle de droit.
16 Si le juge est tenu d’interpréter le texte obscure ou lacunaire, il n’est pas libre dans son interprétation qui
devra se faire conformément à certains principes et techniques. Ces techniques sont résumées dans l’article
535 du COC selon lequel « Lorsqu’un cas ne peut être décidé par une disposition précise de la loi, on aura égard
aux dispositions qui régissent les cas semblables ou des matières analogues, si la solution est encore douteuse,
on décidera d'après les règles générales de droit. ». Il s’agit par exemple de l’interprétation par analogie
(appliquer une solution donnée auparavant pour un cas analogue), à fortiori (art. 550 du COC) ( exp : «qui peut
le plus peut le moins ») ou à contrario (article 534 du COC). Citons aussi comme exemple de principes
d’interprétation : « Les dispositions spéciales dérogent aux dispositions générales », « Il est interdit de
distinguer là où la loi ne distingue pas », « Les exceptions doivent être interprétées strictement ».
Par ailleurs, il est important de s’attarder sur la question de l’organisation de la
justice en Tunisie. L’organisation juridictionnelle tunisienne comprend
essentiellement deux catégories de juridictions : la justice administrative et
financière (I) et la justice judiciaire (II).
1) La justice administrative :
2) La justice financière
17La Cour des comptes est organisée par la loi n° 68-8 du 8 mars 1968 portant organisation de la Cour des
Comptes telle que modifiée et complétée par la loi organique n° 2008-3 du 29 janvier 2008.
- Le caractère étatique de la justice car la justice relève uniquement du
pouvoir de l’Etat par application du principe que « nul ne peut se faire
justice soi-même ».
- Le principe de l’indépendance de la justice18: Selon le principe de la
séparation des pouvoirs, le pouvoir judiciaire est indépendant des
pouvoirs exécutif et législatif.
- La règle du double degré de juridiction: ﻣﺒﺪأ اﻟﺘﻘﺎﺿﻲ ﻋﻠﻰ درﺟﺘﯿﻦ: Ce principe
permet à tout justiciable insatisfait d'un jugement rendu au premier ressort
de présenter son affaire de nouveau devant un tribunal de deuxième degré
de manière à ce que le jugement rendu une première fois puisse être
examiné une seconde fois par des juges hiérarchiquement supérieurs.
- Le principe de la distinction des juridictions de droit commun et des
juridictions d’exception :
18Ce principe est consacré par l’article 117 de la constitution selon lequel « La magistrature est un pouvoir
indépendant (…). Le magistrat est indépendant. Il n’est soumis, dans l’exercice de ses fonctions, qu’à l’autorité
de la loi. ».
Le principe de la compétence d’attribution et de la compétence territoriale: Les
règles de compétence sont celles qui permettent la détermination du tribunal
devant lequel toute personne (plaideur) doit porter son litige. Il y a deux sortes
de compétences:
Toutefois, il existe des exceptions à ce principe qui sont énumérées par la loi :
Elles examinent le litige dans sa totalité (en droit et en fait). Elles sont
constituées par:
- Le tribunal cantonal
- La Cour d’appel
C’est une juridiction de droit commun car elle connait (examine) en premier
ressort اﺑﺘﺪاﺋﯿﺎde toutes les actions.
- Le tribunal cantonal:
Ce sont les juridictions compétentes pour réexaminer les affaires qui ont déjà
fait l’objet d’un premier examen par les juges du premier degré. Les juridictions
d’appel sont au nombre de deux:
Sous-section II : La doctrine
C’est l’ensemble des opinions émises par les juristes spécialisés (enseignants
universitaires, avocats, magistrats ...) dans leurs travaux de recherche consistant
à analyser et critiquer les textes juridiques et les décisions de justice. Leur
objectif étant d’évaluer la portée de ces textes et de les interpréter afin
de proposer:
INTRODUCTION
A- Droit et morale
B- Droit et religion
C- Droit et usage
A- Le caractère obligatoire
B- Le caractère général et abstrait
C- Le caractère permanent
→ Source matérielle
→ Source formelle
SOUS-SECTION I : La jurisprudence :
SOUS-SECTION II : La doctrine
A- La convention
B- L’acte unilatéral
A- Les quasi-contrats
B- Les délits
C- Les quasi-délits
A- L’obligation de donner
B- L’obligation de faire
C- L’obligation de ne pas faire