Cours N°2 : Généralités sur la Cellule
I. Histoire de la cellule
Les cellules ne peuvent pas être observées à l’œil nu en raison de leur très petite taille. Leur
découverte et leur étude sont donc étroitement liées au perfectionnement d’un instrument
optique capable d’agrandir les objets invisibles : le microscope.
A partir de cette époque on peut résumer l’histoire de la cellule comme suit:
L’anglais Robert Hooke (1665) propose, pour la première fois, le terme
cellule (petite chambre) en observant des coupes de liège avec un
microscope rudimentaire à une seule lentille (en fait des cellules végétales
mortes).
Quelques années plus tard, en 1674, le hollandais Anton van Leeuwenhoek
perfectionne la technique des lentilles et réussit à observer pour la première
fois des micro-organismes vivants comme les protozoaires et les bactéries.
Ces observations ouvrent la voie à la microbiologie moderne.
En 1838, le botaniste allemand Matthias Schleiden affirme que tous
les tissus végétaux sont constitués de cellules. Un an plus tard, le zoologiste
Theodor Schwann étend ce principe aux animaux et pose, avec Schleiden, les
bases de la théorie cellulaire à travers deux principes:
Principe 1 : Tous les organismes vivants sont constitués d’une ou de plusieurs
cellules.
Principe 2 : La cellule est l’unité structurale et fonctionnelle de base des êtres
vivants.
en 1855, le médecin Rudolf Virchow complète cette théorie en démontrant
que les cellules ne peuvent pas apparaître spontanément. Il énonce le principe
célèbre : « Omnis cellula e cellula », ce qui signifie que toute cellule provient
obligatoirement d’une cellule préexistante.
Principe 3 : Toute cellule provient d’une cellule préexistante par
division cellulaire.
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Figure 1. La théorie cellulaire
Aujourd’hui, cette théorie est enrichie par les découvertes de la biologie moléculaire et
de la génétique, qui montrent que toutes les cellules contiennent le matériel génétique
sous forme d’ADN, utilisé pour diriger les activités cellulaires et transmis lors de la
reproduction.
II. Définition de la cellule
La cellule est l’unité fondamentale de tout être vivant, aussi bien sur le plan structural
que fonctionnel. Elle peut être définie comme une véritable « unité de vie », capable
de manifester toutes les propriétés caractéristiques d’un être vivant à savoir le
métabolisme, le mouvement, la croissance, la reproduction ou encore la transmission
de gènes.
On distingue deux grands types de cellules : la cellule procaryote et la cellule
eucaryote.
1. La cellule procaryote
Les cellules procaryotes (du grec pro = primitif et caryon = noyau) se caractérisent par
l’absence de véritable noyau. Leur matériel génétique, constitué d’ADN, n’est pas
enfermé dans une enveloppe nucléaire mais se trouve librement dispersé dans le
cytoplasme, dans une région appelée nucléoïde. Ces cellules ne possèdent pas non plus
de véritables organites limités par des membranes, à l’exception de certaines structures
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membranaires internes comme les mésosomes, qui sont des replis de la membrane
plasmique jouant un rôle dans la respiration ou la division cellulaire.
En plus de leur membrane plasmique, la plupart des procaryotes sont entourés d’une
paroi cellulaire rigide qui leur confère une forme définie et une protection contre les
agressions extérieures.
Certaines espèces sont également dotées d’appendices extracellulaires, comme les
flagelles, qui permettent le mouvement et facilitent le déplacement dans le milieu
environnant.
D’autres structures, comme les pili, assurent l’adhésion aux surfaces ou aux cellules
hôtes.
On retrouve ce type de cellules chez les bactéries et les cyanobactéries.
Figure 2. Une cellule procaryote Figure 3. Bactérie (Escherichia coli)
2. La cellule eucaryote
Les cellules eucaryotes (du grec eu = vrai et caryon = noyau) se caractérisent par
la présence d’un noyau bien délimité par une enveloppe nucléaire. À l’intérieur du
cytoplasme, des membranes internes créent des compartiments spécialisés appelés
organites, chacun remplissant des fonctions spécifiques et indispensables au bon
fonctionnement de la cellule. Ces cellules se rencontrent chez les animaux et les
plantes supérieures et représentent le type de cellule le plus grand et le plus
complexe en termes d’organisation. Par exemple, les cellules humaines
appartiennent à cette catégorie.
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La cellule eucaryote est limitée par une membrane biologique, la membrane
plasmique, qui la sépare de son environnement et qui assure les échanges avec le
milieu extérieur. L’intérieur de la cellule est compartimenté par des systèmes
membranaires qui définissent différents types d’organites.
Figure 4 : Ultra-structure d’une cellule eucaryote
Parmi les cellules eucaryotes on distingue deux types de cellules: les cellules animales et les
cellules végétales.
III. Organisation d’une cellule animale
La cellule animale est une cellule eucaryote caractérisée par une organisation interne
complexe.
1. La membrane plasmique
La cellule animale est entourée par une membrane plasmique, qui délimite l’espace
intérieur de la cellule, contenant le cytoplasme et les organites, de l’espace extérieur.
Elle constitue une barrière physique isolant le contenu cellulaire de l’environnement,
tout en jouant un rôle essentiel de médiateur des échanges entre le milieu
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extracellulaire et le compartiment intracellulaire.
La membrane plasmique est constituée principalement de phospholipides, qui
forment la structure de base sous forme de bicouche, à laquelle s’ajoutent des
molécules de cholestérol, renforçant son imperméabilité et sa rigidité.
La membrane cellulaire contient deux types principaux de protéines selon leur position
et leur mode d’association à la bicouche lipidique :
Les protéines intrinsèques (ou intégrales) : Ce sont des protéines insérées partiellement
ou totalement dans la bicouche lipidique. Certaines la traversent complètement (on les appelle
alors protéines transmembranaires). Elles jouent un rôle important dans le transport des
molécules, la communication cellulaire et la reconnaissance des signaux.
Les protéines extrinsèques (ou périphériques) : Elles ne pénètrent pas dans la
membrane. Elles sont fixées à la surface interne ou externe de la bicouche, souvent par des
liaisons avec des protéines intégrales. Elles participent à des fonctions comme le soutien
structural, la signalisation ou les réactions enzymatiques.
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La membrane plasmique assure plusieurs fonctions essentielles pour la cellule :
Elle protège la cellule contre les agressions et variations du milieu extérieur (barrière
physique).
Elle régule également les échanges de molécules entre le milieu intracellulaire et
extracellulaire, contrôlant l’entrée des substances nutritives et l’élimination des déchets
métaboliques.
elle joue un rôle de capteur de signaux externes, grâce à des récepteurs membranaires
capables de reconnaître certaines molécules et de déclencher des réponses adaptées,
permettant ainsi à la cellule de s’ajuster aux changements de son environnement.
2. Le cytoplasme
Le cytoplasme désigne l’ensemble du contenu d’une cellule vivante, c’est-à-dire la
totalité du matériel cellulaire situé à l’intérieur de la membrane plasmique. Il
comprend un liquide appelé cytosol, qui représente environ 85 % d’eau et dont le pH
est généralement neutre.
C'est dans ce milieu que l'ensemble des organites de la cellule baigne et que les principales
activités cellulaires se déroulent.
3. Le noyau
Le noyau est l’ordonnateur de toutes les fonctions biologiques de la cellule. Il est
limité par une enveloppe nucléaire à double membrane, qui le sépare du cytoplasme tout en
permettant les échanges grâce à des pores nucléaires.
À l’intérieur, le noyau contient la chromatine, composée d’ADN décondensé qui
constitue le support génétique de la cellule. ainsi que le nucléole, formé d’ARN et de
protéines, le site de synthèse des ribosomes
Le nucléoplasme, liquide contenu à l’intérieur, baigne tous les éléments nucléaires.
Le noyau remplit deux fonctions principales : (i) Contrôle les réactions chimiques du
cytoplasme, assurant la régulation des activités cellulaires. (ii) Stocke l’information
génétique nécessaire à la division cellulaire.
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Figure 6 :
Structure de noyau
cellulaire
4. Le réticulum endoplasmique
Les réticulums endoplasmiques (RE) sont des organites délimités par une double membrane
intracellulaire, en continuité avec l’enveloppe nucléaire. Ils présentent une structure en replis
membranaires formant des cavités appelées citernes. On distingue deux types principaux de
réticulum :
Le réticulum endoplasmique rugueux (REG), recouvert de ribosomes à sa surface, est
spécialisé dans la synthèse des protéines, en assemblant les acides aminés selon les
instructions génétiques transmises par le noyau.
Le réticulum endoplasmique lisse (REL), dépourvu de ribosomes, intervient quant à
lui dans la synthèse des lipides (phospholipides, acides gras, stéroïdes…), la
détoxification cellulaire en transformant les substances nocives en composés moins
toxiques, et le stockage du calcium, indispensable notamment à la contraction
musculaire.
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5. Les ribosomes
Les ribosomes sont de petites sphères non entourés de membrane, présents dans toutes les
cellules. Chaque ribosome est composé de deux sous-unités (une grande et une petite), qui
s’assemblent uniquement lors de la traduction des protéines.
On distingue deux localisations des ribosomes :
Ribosomes libres dans le cytoplasme : ils produisent les protéines destinées à rester
dans la cellule (enzymes, protéines structurales…).
Ribosomes fixés sur le réticulum endoplasmique rugueux (RER) : ils fabriquent les
protéines destinées à être exportées hors de la cellule, insérées dans la membrane
plasmique ou envoyées vers certains organites.
Leur fonction est de synthétiser les molécules de protéines à partir des acides aminés.
Ils utilisent les ordres donnés par le noyau.
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6. L'appareil de Golgi
L’appareil de Golgi est un organite formé d’un ensemble de sacs aplatis. Il est souvent situé à
proximité du réticulum endoplasmique rugueux (RER), avec lequel il travaille en
collaboration.
Son rôle est de stocker les protéines issues du REG, d'achever leur maturation, de vérifier leur
qualité et de les sécréter. Les protéines à sécréter sont alors concentrées dans des vésicules
issues des extrémités de l'appareil de Golgi. Ces vésicules sont déversées dans le milieu
extracellulaire par exocytose.
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7. Les lysosomes
Les lysosomes sont de petites vésicules limitées par une membrane et riches en enzymes
hydrolytiques. Ces enzymes, produites par le réticulum endoplasmique et maturées dans
l’appareil de Golgi, permettent la digestion intracellulaire.
Le rôle des lysosomes est d’éliminer les déchets internes de la cellule, tels que les organites
usés ou endommagés, ainsi que de dégrader les substances toxiques ou les macromolécules
inutilisables. Grâce à cette fonction, les lysosomes jouent un rôle essentiel dans le nettoyage
et le recyclage cellulaire, permettant à la cellule de maintenir son équilibre interne.
8. Les mitochondries
Les mitochondries sont des organites essentiels de la cellule, souvent appelées les centrales
énergétiques, car elles produisent la majeure partie de l’énergie nécessaire aux activités
cellulaires sous forme d’ATP (adénosine triphosphate).
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Elles sont limitées par une double membrane:
une membrane externe lisse, qui entoure l’organite.
une membrane interne repliée en crêtes, qui augmente la surface disponible
pour les réactions chimiques.
À l’intérieur, on trouve la matrice mitochondriale, qui contient des enzymes, de l’ADN
circulaire et des ribosomes propres. Grâce à cet ADN, les mitochondries peuvent produire
certaines de leurs protéines.
Le rôle principal des mitochondries est la respiration cellulaire : elles dégradent les nutriments
(glucose, acides gras) en présence d’oxygène pour libérer de l’énergie sous forme d’ATP.
Elles participent aussi à d’autres fonctions comme la régulation de l’apoptose (mort cellulaire
programmée) et du métabolisme cellulaire.
Schéma d'une mitochondrie
9. Les centrosomes
Les centrosomes sont des structures cellulaires situées à proximité du noyau et qui jouent un
rôle central dans la division cellulaire. Chaque centrosome est constitué de deux centrioles
disposés perpendiculairement l’un par rapport à l’autre, sans se toucher. Chaque centriole est
lui-même formé de neuf triplets de microtubules organisés de manière régulière. Lors de la
mitose (division cellulaire), le centrosome se duplique et les deux centrosomes migrent vers
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les pôles opposés de la cellule. Ils forment alors le fuseau mitotique, une structure
indispensable à la répartition correcte des chromosomes dans les cellules filles.
IV. Organisation d’une cellule végétale
La cellule végétale est une cellule eucaryote spécialisée qui présente une organisation
similaire à celle de la cellule animale, mais avec des particularités de structure et de fonction.
Elle possède une paroi cellulaire d’origine pecto-cellulosique, qui rappelle l’aspect des
parois des cellules procaryotes, mais dont la composition est différente. Cette paroi
confère à la cellule végétale une rigidité importante.
La cellule végétale contient également des plastes, principalement les chloroplastes,
organites responsables de la photosynthèse et de la production d’énergie.
Une vacuole unique et volumineuse occupe la majeure partie du cytoplasme ; riche en
eau et en substances de réserve, elle constitue également le siège de nombreuses
réactions métaboliques.
Les plasmodesmes sont de fins canaux cytoplasmiques qui traversent la paroi
cellulaire des cellules végétales. Ils permettent la communication directe et les
échanges de substances entre cellules adjacentes.
Les substances de réserve diffèrent également entre cellules animales et végétales : le
glycogène présent dans les cellules animales est remplacé par l’amidon dans les cellules
végétales. De plus, les pigments sont localisés dans les cellules spécialisées chez les animaux,
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tandis qu’ils se trouvent principalement dans la vacuole chez les végétaux.
Ainsi, la cellule végétale combine les organites classiques des eucaryotes avec des structures
spécialisées, adaptées à la production d’énergie par photosynthèse, au stockage et au soutien
mécanique, ce qui lui permet de remplir ses fonctions dans le tissu végétal et dans
l’organisme global.
Cellule végétale typique
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Cellule animale typique
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