UNIVERSITE DE FIANARANTSOA
Institut des Sciences et Technique
de l’Environnement
Mention : TECHNOLOGIE ECOLOGIQUE
Parcours: Energie Renouvelable (E.R)
ANDRIANIRINA Todisoa Joseph N° 1358
ALY Limberaza N° 1354
ANDRIANJATOVO Joharinirina Jerison N° 1359
ANDRIANOFIDINA Raphael N° 1360
FANAMBINANTSOA Mamitiana Anicot N° 1364
NOMESOA Magnampeaze N° 1372
RAKOTOARIMALALA Zouvia Hortensia N° 1375
Ce livre est structuré en deux grands plans.
Le premier plan traite des bases en électricité. Il présente les grandeurs fondamentales telles que la
tension, l’intensité, la puissance, la résistance, l’impédance, l’admittance, ainsi que les notions de
courant continu et de courant alternatif. Cette partie explique aussi le rôle et le fonctionnement des
principaux composants électriques : la résistance, le condensateur, la bobine, la diode et le
transformateur.
Le second plan est consacré au redresseur. On y étudie en détail la conversion du courant alternatif
en courant continu, le principe de fonctionnement des différents types de redresseurs
(monoalternance, double alternance, pont de Graëtz, etc.), ainsi que leur importance dans les
alimentations électriques et les systèmes électroniques.
L’objectif de ce livre est d’aider à comprendre de manière simple et progressive le fonctionnement
de l’électricité et des circuits de redressement, afin de constituer une base solide pour les études et
les applications pratiques.
Chapitre I-NOTION DE BASE EN ELECTRICITE
1) La tension (U)
La tension électrique, notée U, représente la force qui pousse les charges électriques à circuler
dans un circuit. On peut la comparer à la pression de l’eau dans un tuyau : plus la pression est
élevée, plus l’eau peut circuler rapidement et atteindre loin.
En électricité, la tension se mesure en volts (V). Une tension élevée permet de fournir plus
d’énergie aux appareils branchés sur le circuit, tout comme une forte pression d’eau peut faire
fonctionner plusieurs robinets à la fois.
2) Le courant électrique (intensité, I)
Le courant électrique, noté I, représente la circulation des charges électriques dans un circuit. On
peut le comparer à l’écoulement de l’eau dans un tuyau : plus l’eau circule vite ou en grande
quantité, plus le débit est important.
En électricité, le courant se mesure en ampères (A). Une intensité élevée signifie que beaucoup de
charges électriques circulent dans le circuit, un peu comme un grand débit d’eau qui alimente
plusieurs robinets en même temps.
3-La puissance électrique (P)
La puissance électrique, notée P, représente la quantité d’énergie fournie ou consommée par
unité de temps dans un circuit. On peut la comparer à la force avec laquelle l’eau sort d’un tuyau
et remplit un réservoir : plus l’eau sort vite et en grande quantité, plus le réservoir se remplit
rapidement.
En électricité, la puissance se mesure en watts (W) et se calcule par la formule :
P= U.I(en watt ou joule/second[J/s]
où Uest la tension (force qui pousse les charges) et I l’intensité du courant (quantité de charges qui
circulent).
Une autre analogie est celle de voitures sur une route avec une colline :
La tension est la hauteur de la colline (capacité à fournir de l’énergie).
Le courant est le nombre de voitures qui passent.
La puissance correspond à l’énergie totale transportée par toutes les voitures qui
descendent la colline en même temps.
3) La résistance (R)
La résistance, notée R, est la propriété d’un matériau ou d’un composant qui s’oppose à la
circulation du courant électrique. On peut la comparer à un tuyau étroit dans lequel l’eau
circule : plus le tuyau est étroit, plus l’écoulement de l’eau est difficile.
En électricité, la résistance se mesure en ohms (Ω). Une résistance élevée limite le passage du
courant, tandis qu’une faible résistance laisse passer facilement le courant.
Une autre analogie est celle de la route avec des obstacles :
Le courant est comme des voitures sur la route.
La résistance correspond aux obstacles ou aux ralentisseurs.
Plus il y a d’obstacles, plus les voitures avancent lentement, c’est-à-dire que le courant
diminue.
4) L’impédance (Z)
L’impédance, notée Z, est la résistance totale qu’un circuit oppose au passage du courant
alternatif (AC). Elle combine à la fois :
La résistance (R), qui limite le courant comme un obstacle dans un tuyau.
La réactance (X), qui provient des composants inductifs (bobines) ou capacitifs
(condensateurs) et qui s’oppose au courant de façon dépendante de la fréquence.
On peut comparer l’impédance à une route avec des virages et des obstacles :
La résistance correspond aux obstacles fixes.
La réactance correspond aux virages qui ralentissent la circulation selon la vitesse (la
fréquence du courant).
L’impédance totale détermine donc la facilité avec laquelle le courant alternatif peut
circuler.
L’impédance se mesure en ohms (Ω) et joue un rôle crucial dans les circuits AC, car elle détermine
la tension et le courant qui circulent dans le circuit, ainsi que la puissance réellement transférée.
5) L’admittance (Y)
L’admittance, notée Y, est la facilité avec laquelle le courant alternatif (AC) circule dans un
circuit. Elle est l’inverse de l’impédance (Z) :
Y=1/Z
On peut la comparer à un tuyau d’eau : plus le tuyau est large et lisse, plus l’eau peut circuler
facilement. De même, plus l’admittance est grande, plus le courant passe facilement dans le circuit.
L’admittance se mesure en siemens (S) et se décompose en deux parties :
Conductance (G) : partie réelle, analogue à la résistance qui laisse passer le courant continu.
Susceptance (B) : partie imaginaire, analogue à la réactance qui s’oppose au courant
alternatif selon la fréquence.
6) La charge électrique (Q)
La charge électrique, notée Q, représente la quantité d’électricité transportée par un courant
dans un circuit.
Elle se mesure en coulombs (C).
La charge est liée au courant par la relation :
Q=I×t(en coulombs [C])
La charge électrique permet de déterminer l’énergie totale transportée par les électrons dans un
circuit et sert de base pour calculer la puissance et l’énergie électrique consommée par un
appareil.
7) Le courant continu (DC)
Le courant continu est un courant dans lequel les charges électriques circulent toujours dans le
même sens.
Unité : ampère (A)
Utilisation : alimenter les appareils électroniques comme les téléphones, ordinateurs,
lampes à LED, ou batteries.
Le courant continu est comme de l’eau qui coule toujours dans la même direction dans un tuyau.
L’eau avance sans jamais revenir en arrière, tout comme les charges électriques dans un circuit DC.
8) Le courant alternatif (AC)
Le courant alternatif est un courant dont le sens change périodiquement.
Unité : ampère (A)
Utilisation : fourni par le réseau électrique domestique et industriel pour alimenter les
maisons, usines et appareils électroménagers.
Le courant alternatif est comme de l’eau qui fait un va-et-vient dans un tuyau, avançant puis
reculant sans s’arrêter, ce qui permet de transporter l’énergie sur de longues distances.
a) La fréquence
La fréquence d’un courant
alternatif indique combien de fois le courant change de sens en une seconde.
Unité : hertz (Hz)
Exemple : un courant domestique à Madagascar a une fréquence de 50 Hz, ce qui signifie
que le courant change de sens 50 fois par seconde.
On peut imaginer le courant comme un balancier qui va d’un côté puis de l’autre : plus le
balancier va vite, plus il fait d’allers-retours chaque seconde. De même, plus la fréquence est élevée,
plus le courant AC change rapidement de sens.
Ex sur l’image
b) La pulsation
(ω)
La pulsation, notée ω, est une grandeur qui indique la vitesse à laquelle le courant alternatif
oscille.
Elle se mesure en radians par seconde (rad/s).
La pulsation est liée à la fréquence fff par la formule :
ω=2πf
On peut imaginer le courant comme une balançoire qui va d’un côté à l’autre : la pulsation
correspond à la rapidité avec laquelle la balançoire effectue un aller-retour complet.
c) Le déphasage( φ)
Le déphasage, noté φ (phi), représente la différence de phase entre la tension et le courant dans
un circuit AC.
Si la tension et le courant varient exactement en même temps, le déphasage est 0° et le
facteur de puissance cosφ=1
Si le courant avance ou retarde par rapport à la tension, le déphasage est différent de 0°
d) La puissance active (P)
La puissance active, notée P, représente la puissance réellement consommée par un circuit pour
effectuer un travail (comme alimenter un moteur, une lampe ou un appareil électrique).
Elle se mesure en watts (W).
Dans un circuit alternatif, elle se calcule par la formule :
P=U×I×cosφ
U est la tension efficace (V),
I est l’intensité efficace (A),
cosφ est le facteur de puissance, lié au déphasage entre courant et tension.
e) Puissance réactive (Q)
La puissance réactive, notée Q, représente la puissance qui circule entre les sources et les
composants réactifs (bobines et condensateurs) sans être transformée en travail utile.
Elle se mesure en volt-ampères réactifs (VAR).
Elle est calculée par la formule :
Q=U×I×sinφ
φ est le déphasage entre la tension et le courant.
La puissance réactive est importante pour le dimensionnement des réseaux et des
composants, même si elle ne produit pas d’énergie utile.
f) Puissance apparente (S)
La puissance apparente, notée S, est la puissance totale fournie par la source, combinant à la
fois puissance active et réactive.
Elle se mesure en volt-ampères (VA).
Elle se calcule par :
S=U.I
g) Relation entre P, Q et S
Dans un circuit alternatif, les trois puissances sont liées par :
S2=P2+Q2
P : puissance active (W)
Q : puissance réactive (VAR)
S : puissance apparente (VA)
Chapitre II-Composants de base en électricité
1) Le condensateur
Un condensateur est un composant électrique qui stocke l’énergie sous forme de champ
électrique.
Il est composé de deux plaques conductrices séparées par un isolant (diélectrique).
La charge stockée est proportionnelle à la tension appliquée :
Q=C×U
où :
Q est la charge en coulombs (C)
C est la capacité du condensateur en farads (F)
U est la tension aux bornes en volts (V)
Fonctionnement
Dans un circuit continu (DC), un condensateur se charge jusqu’à ce que la tension aux
bornes soit égale à la tension de la source, puis se décharge lorsque le circuit le
demande, libérant l’énergie stockée.
Dans un circuit alternatif (AC), il laisse passer le courant variable tout en retardant la
phase du courant par rapport à la tension.
Utilisations
Filtrage : réduire les ondulations dans les circuits DC.
Couplage et découplage : isoler les signaux AC tout en laissant passer l’énergie.
Stockage d’énergie : alimenter brièvement un circuit lors de pics de demande.
2) La bobine (inductance)
Une bobine, ou inductance, est un composant électrique qui stocke l’énergie sous forme de
champ magnétique lorsqu’un courant circule à travers elle.
Elle est généralement constituée d’un fil conducteur enroulé en spirale autour d’un noyau,
qui peut être en air ou en matériau ferromagnétique.
La capacité d’une bobine à stocker de l’énergie est appelée inductance, notée L, et se
mesure en henrys (H).
Fonctionnement
Lorsque le courant dans la bobine augmente, elle s’oppose aux variations du courant en
générant une tension induite.
Lorsque le courant diminue, elle libère l’énergie stockée sous forme de courant.
Dans un circuit alternatif (AC), la bobine retarde le courant par rapport à la tension, ce
qui entraîne un décalage de phase.
Utilisations
Filtrage : limiter les variations de courant dans les alimentations.
Stockage d’énergie : dans les convertisseurs et alimentations à découpage.
Réactance inductive : contrôler le courant alternatif et les déphasages dans les circuits AC.
La résistance
Une résistance est un composant électrique qui s’oppose au passage du courant dans un circuit.
Elle est conçue pour limiter le courant ou diviser la tension selon les besoins du circuit.
La valeur de la résistance est notée R et se mesure en ohms (Ω).
Fonctionnement
Lorsqu’un courant traverse une résistance, une partie de l’énergie électrique est
transformée en chaleur.
La tension aux bornes de la résistance est proportionnelle au courant qui la traverse selon la
loi d’Ohm :
U = R.I
où :
UUU est la tension en volts (V)
III est le courant en ampères (A)
RRR est la résistance en ohms (Ω)
Utilisations
Limiter le courant dans les circuits pour protéger les composants sensibles.
Diviser la tension dans les montages électriques.
Dissipation d’énergie sous forme de chaleur dans des applications spécifiques comme les
chauffages électriques.
3) La diode
Une diode est un composant électronique qui laisse passer le courant dans un seul sens et bloque
le courant dans l’autre sens.
Elle est composée d’un semi-conducteur de type P et N.
La diode a deux bornes : anode (+) et cathode (−).
Fonctionnement
Lorsque la tension appliquée dans le sens direct (anode positive par rapport à la cathode)
dépasse une certaine valeur (tension seuil), le courant circule.
Lorsque la tension est appliquée dans le sens inverse, le courant est bloqué, sauf si la
tension dépasse la tension de claquage.
Utilisations
Redressement : transformer le courant alternatif (AC) en courant continu (DC).
Protection des circuits : éviter les inversions de polarité qui pourraient endommager les
composants.
Commutation : dans les circuits électroniques pour contrôler le passage du courant.
4-LE TRANSFORMATEUR
Le transformateur est un appareil qui permet de modifier la valeur d’une tension alternative sans
changersafréquence.
Il est constitué de deux bobines appelées primaire et secondaire, enroulées autour d’un même noyau
magnétique.
FONCTIONNEMENT
Quand on applique une tension alternative au primaire, un champ magnétique variable se crée dans
lenoyau.
Ce champ induit une tension dans le secondaire selon le principe de l’induction électromagnétique.
Larelation entrelestensions et le nombre de spires est :
U1 / U2 = N1 / N2
TYPES DE TRANSFORMATEURS
1. Transformateur abaisseur : réduit la tension (exemple : 220 V à 12 V).
2. Transformateur élévateur : augmente la tension (exemple : 12 V à 220 V).
3. Transformateur d’isolement : sépare deux circuits pour des raisons de sécurité.
UTILISATIONS
1. Adapter la tension dans les alimentations.
2. Assurer l’isolation entre les circuits.
3. Servir au transport et à la distribution de l’énergie électrique.
Introduction historique des convertisseurs
Depuis la fin du XIXᵉ siècle, avec l’émergence de l’électricité, il est devenu nécessaire de
transformer le courant alternatif (AC) en courant continu (DC) pour alimenter les machines et
appareils électroniques. Les premiers systèmes utilisaient des redresseurs mécaniques, puis sont
apparus les redresseurs à diodes à vide, et plus tard les diodes au silicium et les ponts de diodes,
qui ont permis un redressement plus fiable et efficace.
Avec l’évolution de l’électronique de puissance, différents types de convertisseurs ont été
développés pour répondre à des besoins spécifiques :
Redresseur : conversion AC → DC
Onduleur : conversion DC → AC
Hacheur Boost : élévation de la tension DC
Hacheur Buck : réduction de la tension DC
Aujourd’hui, ces convertisseurs sont essentiels dans de nombreux domaines : alimentation des
appareils électroniques, systèmes industriels, informatique, télécommunications et énergies
renouvelables. Ils permettent de fournir une tension stable, sécurisée et adaptée à chaque
application.
Introduction
Un convertisseur AC/DC monophasé, aussi appelé redresseur monophasé, est un dispositif qui
transforme une tension alternative (AC) en tension continue (DC).
Le réseau électrique domestique fournit du courant alternatif, généralement 220–230 V à 50 Hz. Or,
la plupart des appareils électroniques (téléphones, ordinateurs, LED, microcontrôleurs, etc.)
fonctionnent en courant continu à des tensions plus faibles comme 5 V, 12 V ou 24 V.
Le redresseur monophasé joue donc un rôle essentiel :
il permet l’alimentation des appareils électroniques,
il sert à charger les batteries,
il constitue la base de nombreuses alimentations électriques,
il est utilisé dans des applications allant de l’électronique domestique aux systèmes
industriels.
L’objectif de ce livre est d’expliquer de manière simple et progressive le fonctionnement des
convertisseurs AC/DC monophasés, leurs types, leur dimensionnement et leurs applications
pratiques.
PARTIE I – BASE et CONTEXTE
INTRODUCTION GENERALE
Le redresseur monophasé a pour rôle principal de transformer le courant alternatif (AC) en
courant continu (DC).
Fonctions principales :
1. Conversion de la tension : Il transforme la tension sinusoïdale du réseau domestique en une
tension continue adaptée aux appareils électroniques.
2. Alimentation des circuits électroniques : Il permet aux appareils qui nécessitent du courant
continu de fonctionner correctement.
3. Stockage d’énergie : Il rend possible le chargement des batteries.
4. Réduction de l’ondulation : Associé à un filtre, il produit une tension continue plus stable
et moins fluctuante.
Sans redresseur monophasé, les appareils électroniques ne pourraient pas utiliser directement le
courant du réseau domestique et seraient endommagés.
Applications courantes du redresseur
monophasé
Les redresseurs monophasés sont utilisés dans de nombreuses situations, notamment :
1. Alimentations des appareils électroniques : ordinateurs, téléphones, télévisions, radios,
microcontrôleurs.
2. Chargeurs de batteries : batteries de téléphones, lampes rechargeables, petits véhicules
électriques.
3. Éclairage : alimenter les LED ou autres dispositifs nécessitant du courant continu.
4. Alimentations de laboratoire : fournir une tension continue stable pour expériences ou
tests électroniques.
5. Énergies renouvelables : conversion du courant alternatif provenant de certains générateurs
(petits éoliennes ou alternateurs) en courant continu pour stockage ou utilisation directe.
DIFFERENCE RAPIDE ENTRE MONOPHASE ET TRIPHASE
Le courant électrique peut être fourni sous deux formes principales : monophasé et triphasé. Ces
deux systèmes ont des caractéristiques différentes et sont utilisés selon la puissance nécessaire et le
type d’installation.
Le courant monophasé fournit une seule tension alternative entre deux fils : la phase et le neutre. La
tension varie selon une sinusoïde unique, qui monte et descend périodiquement. La valeur efficace
de la tension est égale à la valeur maximale divisée par la racine carrée de 2.
Ueff=Umax/√2
Le monophasé est largement utilisé pour les appareils domestiques, tels que les lampes, ordinateurs,
télévisions, petits moteurs ou microcontrôleurs. Il est simple à installer et économique, mais sa
puissance est limitée. Pour les moteurs puissants ou les installations industrielles, il peut être moins
stable et provoquer des fluctuations ou vibrations.
Le courant triphasé fournit trois tensions alternatives décalées de 120 degrés les unes par rapport
aux autres. Cette disposition permet de fournir une puissance plus constante et stable, ce qui est
idéal pour les moteurs électriques et les installations industrielles. La puissance totale pour trois
charges équilibrées est trois fois la puissance d’une seule phase.
Le triphasé réduit les vibrations dans les moteurs et permet un fonctionnement plus fluide et
efficace. Il est utilisé surtout dans l’industrie, les grandes machines, les moteurs triphasés et
certaines installations de forte puissance.
En pratique, le monophasé est suffisant pour la maison et les petits appareils électroniques, tandis
que le triphasé est nécessaire pour transporter de grandes puissances, alimenter des moteurs
industriels et toutes les applications nécessitant une tension stable sur de longues durées. En résumé,
le monophasé est simple et domestique, le triphasé est complexe mais puissant et stable.
2. Notions fondamentals d’électricité
Rappel : tension, courant et puissance
La tension (U) est la force qui pousse les électrons à circuler dans un circuit électrique. Elle se
mesure en volts (V). Plus la tension est élevée, plus la capacité de faire circuler le courant est
grande.
Le courant (I) est le flux d’électrons qui circule dans un circuit. Il se mesure en ampères (A). Le
courant dépend de la tension appliquée et de la résistance du circuit.
La puissance électrique (P) représente la quantité d’énergie transférée par unité de temps. Elle se
mesure en watts (W). La puissance est le produit de la tension et du courant dans un circuit continu :
Dans un circuit alternatif, on utilise la valeur efficace de la tension et du courant pour calculer la
puissance, car la tension et le courant varient en permanence.
En résumé :
La tension est ce qui pousse les électrons.
Le courant est le mouvement des électrons.
La puissance est l’énergie fournie par le circuit par unité de temps.
Forme d’onde sinusoïdale : amplitude,
fréquence, valeur efficace et valeur moyenne
Une tension ou un courant alternatif varie dans le temps selon une forme sinusoïdale, c’est-à-
dire qu’il monte et descend de manière régulière.
Amplitude (Vmax) : c’est la valeur maximale que la tension ou le courant peut atteindre, soit le
point le plus haut de la sinusoïde.
Fréquence (f) : c’est le nombre de cycles complets que la tension ou le courant effectue en une
seconde. Elle se mesure en hertz (Hz). Dans la plupart des réseaux domestiques, la fréquence est de
50 Hz, ce qui signifie que la sinusoïde effectue 50 cycles par seconde.
Valeur efficace (RMS) : c’est la valeur qui permet de calculer la puissance réelle dans un circuit
alternatif, équivalente à celle produite par un courant continu de même intensité. Pour une tension
sinusoïdale, la valeur efficace est égale à l’amplitude divisée par la racine carrée de 2.
Valeur moyenne : c’est la valeur moyenne de la tension ou du courant sur un cycle complet. Pour
une tension sinusoïdale parfaite, la valeur moyenne sur un cycle entier est nulle, mais on considère
souvent la valeur moyenne absolue (en prenant les valeurs positives) pour les calculs pratiques.
En résumé :
L’amplitude indique la hauteur maximale de la sinusoïde.
La fréquence indique combien de fois la sinusoïde se répète chaque seconde.
La valeur efficace permet de calculer la puissance réelle.
La valeur moyenne indique la moyenne du signal sur un cycle.
Dangers et
précautions avec le secteur 230 V / 50 Hz
Le secteur domestique fournit une tension de 230 volts à 50 hertz, ce qui est largement suffisant
pour provoquer des chocs électriques graves, des brûlures ou même la mort. Il est donc très
important de respecter certaines précautions lorsqu’on manipule des circuits électriques.
Dangers principaux :
Choc électrique : contact direct avec une phase ou une partie sous tension peut provoquer
des blessures graves.
Brûlures : un courant élevé traversant le corps peut provoquer des brûlures internes ou
externes.
Incendie : un circuit mal câblé ou un court-circuit peut provoquer un incendie.
Précautions essentielles :
Toujours couper l’alimentation avant de travailler sur un circuit.
Utiliser des outils isolés et portez des gants de protection si nécessaire.
Ne jamais toucher un fil sous tension avec les mains nues.
Vérifier l’état des câbles et des composants avant toute manipulation.
Respecter les normes électriques et utiliser des fusibles ou disjoncteurs adaptés.
Ne jamais travailler seul sur des installations électriques dangereuses.
Résumé : Le secteur 230 V / 50 Hz est très dangereux. Le respect des règles de sécurité et
l’utilisation d’outils appropriés sont essentiels pour éviter les accidents graves.
La bobine (inductance)
La bobine, ou inductance, est un composant électrique constitué d’un fil conducteur enroulé. Sa
particularité est de s’opposer aux variations rapides de courant grâce à son champ magnétique.
Caractéristiques principales :
Elle stocke l’énergie sous forme de champ magnétique.
Elle laisse passer le courant continu mais freine les variations de courant alternatif.
Applications générales :
Filtrage des ondulations de courant.
Protection des circuits contre les surtensions brusques.
Formation de filtres lorsqu’elle est associée à un condensateur (filtre LC).
En résumé, la bobine est utilisée pour stabiliser le courant et rendre une alimentation plus régulière
et fiable.
Le transformateur
Le transformateur est un composant électrique constitué de deux bobinages (primaire et secondaire)
enroulés autour d’un noyau magnétique. Il fonctionne uniquement en courant alternatif (AC).
Caractéristiques principales :
Il permet d’abaisser ou d’élever la tension alternative selon le besoin.
Il assure un isolement électrique entre l’entrée (secteur) et le circuit de sortie,
renforçant ainsi la sécurité.
Sa puissance est exprimée en VA (volt-ampère) et doit être choisie en fonction de la
charge à alimenter.
Applications générales :
Adaptation de la tension du secteur (par exemple de 230 V AC vers 15 V AC).
Alimentation des redresseurs pour obtenir une tension continue appropriée.
Sécurité des utilisateurs et protection des équipements grâce à l’isolement galvanique.
Partie II – Type de redressement monophase
Le pont de diodes, ou pont de Graetz,
C’est un circuit qui transforme une tension alternative (AC) en tension continue (DC). Il utilise
quatre diodes disposées en forme de losange. Chaque diode ne laisse passer le courant que dans un
seul sens : de l’anode vers la cathode.
Fonctionnement avec polarisation :
Demi-alternance positive de la tension AC :
La phase est positive par rapport au neutre.
Les diodes D1 et D2 sont polarisées directement (conductrices), laissant passer le
courant.
Les diodes D3 et D4 sont polarisées inversement (bloquées), empêchant le passage
du courant.
Le courant circule dans la charge dans un sens unique.
Demi-alternance négative de la tension AC :
La phase devient négative par rapport au neutre.
Les diodes D1 et D2 deviennent inversées (bloquées).
Les diodes D3 et D4 sont polarisées directement (conductrices) et laissent passer le
courant.
Le courant continue de traverser la charge dans le même sens, produisant une
tension continue.
Résumé de la polarisation :
Chaque alternance du courant AC fait que deux diodes conduisent et deux diodes bloquent.
La polarisation change automatiquement à chaque demi-alternance, garantissant que le
courant dans la charge reste toujours dans le même sens.
Avantages du pont de diodes :
Utilise les deux alternances du courant AC, donc plus efficace qu’un redresseur à demi-
onde.
Produit une tension DC plus stable et moins pulsée.
Très utilisé dans les alimentations domestiques et industrielles.
Partie III- Lissage et régulation
Filtrage de la tension
Après le redressement, la tension obtenue n’est pas parfaitement continue. Elle comporte des
ondulations appelées ripple. Pour obtenir une tension plus stable, on utilise un système de filtrage.
1. Condensateur de filtrage
Le condensateur est l’élément le plus simple et le plus utilisé.
Il se charge lorsque la tension est au maximum.
Il se décharge quand la tension baisse.
Résultat : la tension de sortie devient plus régulière.
:
Régulation de la tension
Même après filtrage, la tension continue n’est pas totalement stable. Elle peut varier selon la charge
ou les fluctuations du secteur. La régulation permet de maintenir une tension fixe et fiable.
1. Objectif de la régulation
Stabiliser la tension de sortie.
Protéger les appareils alimentés.
Assurer un fonctionnement correct des circuits électroniques sensibles.
2. Régulateur linéaire
Donne une tension fixe (exemple : 5 V, 9 V, 12 V).
Simple à utiliser et peu coûteux.
Inconvénient : faible rendement car l’excès de tension est dissipé sous forme de chaleur.
3. Régulateur à découpage
Fonctionne avec des interrupteurs électroniques.
Peut abaisser, élever ou inverser la tension.
Rendement élevé, peu de pertes d’énergie.
Plus complexe à réaliser que le régulateur linéaire.
4. Protection et stabilité
Utilisation de fusibles ou varistances contre les surtensions.
Ajout de condensateurs de découplage pour éviter les instabilités.
Respect des recommandations des fabricants pour une régulation fiable.
Partie IV – Dimensionnement et conception
Choix des composants
1. Diodes (pont de redressement)
Critères : tension inverse répétitive (VRRM) > tension crête secondaire ; courant direct
(IF) ≥ courant de charge.
Préférence : utiliser des diodes avec marge (1,5× à 2× la tension et le courant attendus).
Types courants :
Diode générale (ex. 1N400x) pour faibles courants (<1 A).
Diode puissance (ex. 1N540x) pour courants moyens (≈3 A).
Schottky pour chute de tension faible et faible perte (utile si tension d’entrée faible).
Autres : pour fortes puissances, utiliser modules de pont redresseur encapsulés.
4. Transformateur (si utilisé)
Critères : puissance (VA) ≥ puissance de sortie + marge ; tension secondaire adaptée au
redressement ; isolement conforme.
Préférence : transformateur avec isolation renforcée et pertes faibles.
Remarque : pour alimentation sans transformateur, respecter précautions d’isolement et
sécurité.
5. Régulateur de tension
Linéaire : choisir en fonction de la tension de sortie et du courant maximal ; vérifier la
dissipation thermique (radiateur si nécessaire).
Découpage (SMPS) : choisir module ou circuit intégré adapté à la puissance ; vérifier
caractéristiques EMI et besoins en filtrage.
Préférence : pour alimentation de circuits numériques, utiliser SMPS puis petit régulateur
linéaire local si bruit sensible.
6. Résistances et composants de protection
Fusible : dimensionné pour couper en cas de surcharge (courant de fusion > courant de
fonctionnement mais proche).
Varistance (MOV) : pour protection contre surtensions transitoires (choisir tension nominale
adaptée au réseau).
Résistances de décharge pour condensateurs haute capacité (décharger après arrêt).
7. Dissipation thermique et boîtier
Radiateurs : dimensionner selon puissance dissipée des régulateurs et diodes.
Ventilation : prévoir circulation d’air si puissance élevée.
Boîtier : matériau isolant, trous de ventilation, accès aux bornes.
8. Câblage et connectique
Section des fils : choisie selon courant (éviter chute de tension et échauffement).
Connecteurs : robustes et sécurisés pour la puissance attendue.
Masse et terre : respecter mise à la terre et chemin de masse pour sécurité.
9. Composants additionnels
Condensateurs de découplage proche des régulateurs (céramique).
Diodes de roue libre si circuit inductif.
Filtre EMI à l’entrée si nécessaire (bobine common-mode + condensateurs).
10. Règles pratiques générales
Toujours prendre des composants avec marge (tension et courant).
Lire la datasheet : caractéristiques thermiques, limites de courant, courbes de conduction.
Prévoir la sécurité : isolation, protection contre court-circuit, composants certifiés si usage
domestique.
Tester à faible charge avant la mise en service complète.
Partie V-. Application pratique : Conception d’une
alimentation 12 V DC à partir du 230 V AC monophasé
1. Spécifications
Entrée : 230 V AC, 50 Hz.
Sortie : 12 V DC, courant max 1 A (soit 12 W).
Ondulation maximale tolérée : 1 V crête-à-crête.
2. Architecture retenue
Transformateur : abaisse la tension secteur à 15 V AC efficace.
Redresseur en pont (Graetz) : 4 diodes.
Filtrage : condensateur électrolytique.
Régulation : régulateur linéaire 7812.
Protections : fusible + varistance.
3. Choix des composants
Transformateur : 230 V / 15 V – 1,5 A (≈ 22 VA, pour marge).
Diodes : 1N5408 (3 A, 1000 V) → robustes.
Condensateur : 2200 µF / 25 V électrolytique basse ESR.
Régulateur : LM7812 (courant max 1 A).
Fusible : 250 mA retardé côté 230 V.
Varistance (MOV) : 275 V AC pour protéger contre surtensions.
4. Étapes de réalisation
1. Connecter le transformateur au secteur via le fusible + varistance.
2. Relier le secondaire (15 V AC) au pont de diodes.
3. Connecter la sortie DC du pont au condensateur de filtrage.
4. Relier le condensateur au régulateur 7812.
5. Ajouter deux condensateurs de découplage (100 nF et 470 µF) près du régulateur.
6. Sortie : 12 V DC régulés.
5. Résultats attendus
Tension en sortie : 12 V DC ± 0,2 V.
Ondulation < 1 V grâce au filtrage.
Protection assurée contre surcharge secteur.
Température régulateur : prévoir petit dissipateur si courant > 500 mA en continu.
6. Applications possibles
Alimentation d’appareils électroniques basse tension (ex. microcontrôleurs, relais, capteurs).
Chargeur batterie 12 V (avec ajustement courant).
Petits systèmes d’éclairage LED.
Bancs d’essai de circuits électroniques.
Résumé général de la conversion AC → DC
Un convertisseur AC/DC monophasé permet de transformer une tension alternative en une tension
continue stable utilisable par différents appareils électroniques.
Transformateur : adapte la tension alternative du secteur (abaisse ou élève selon le besoin)
et assure l’isolement électrique.
Redresseur : convertit la tension alternative en une tension continue pulsante grâce à des
diodes.
Filtrage (condensateur et/ou bobine) : lisse la tension redressée en réduisant les
ondulations et en stabilisant le courant.
Régulateur : fournit une tension continue parfaitement stable, indépendante des variations
de charge ou d’entrée.
L’ensemble de ces étapes donne :
AC secteur → Transformateur → Redresseur → Filtrage → Régulateur → DC stable
s
Conclusion
Le convertisseur AC/DC monophasé joue un rôle central dans l’électronique moderne. Il permet de
transformer l’énergie électrique disponible sous forme de courant alternatif, telle qu’elle est
distribuée par le réseau, en courant continu utilisable par la grande majorité des appareils. Cette
transformation repose sur une succession d’étapes complémentaires et indissociables.
Le transformateur intervient en premier lieu pour adapter le niveau de tension et assurer
l’isolement entre le secteur et le circuit. Le redresseur, composé de diodes, prend ensuite le relais
pour convertir l’alternatif en une tension continue pulsante. Cependant, cette tension reste
irrégulière et nécessite un filtrage, généralement assuré par des condensateurs et des inductances,
afin de réduire les ondulations et de lisser le signal. Enfin, le régulateur stabilise la tension
continue obtenue, de manière à fournir une alimentation fiable et constante, indépendamment des
fluctuations de la source ou des variations de charge.
L’ensemble de ces éléments forme une chaîne cohérente qui transforme efficacement une tension
AC instable en une tension DC stable et exploitable. Cette conversion est indispensable dans de
nombreux domaines : alimentation des appareils électroniques domestiques, équipements
informatiques, dispositifs de communication, systèmes industriels et même énergies renouvelables
comme le solaire ou l’éolien.
En résumé, le convertisseur AC/DC monophasé n’est pas seulement un montage technique, mais
une brique fondamentale de l’ingénierie électrique, sans laquelle la plupart des technologies
modernes ne pourraient fonctionner. Sa compréhension et sa maîtrise constituent donc une étape
incontournable pour tout étudiant et tout professionnel dans le domaine de l’électricité et de
l’électronique.