Effet anti-inflammatoire de l'Astragalus et CLA
Effet anti-inflammatoire de l'Astragalus et CLA
THÈME
Présenté par :
BENDJELLAL Lina
Promotion 2024/2025
Remerciements
Avant tout, nous exprimons notre profonde gratitude envers Allah, qui nous a accordé la patience,
la force et la sérénité nécessaires à la réalisation de ce travail.
Nous tenons à adresser nos remerciements les plus sincères à toutes les personnes qui ont
contribué, de près ou de loin, à l’élaboration de ce mémoire.
Nos remerciements vont en premier lieu à notre encadreur, Monsieur SAMER Arezki., Maître
de conférences B à l’USTHB, pour sa disponibilité, son accompagnement constant, la qualité de
ses conseils, sa rigueur scientifique, ainsi que sa bienveillance et son sens de l’écoute. Son
encadrement a été précieux tout au long de ce travail.
Nous adressons également notre profonde reconnaissance aux membres du jury pour avoir accepté
d’examiner et d’évaluer ce mémoire.
Nous remercions tout particulièrement Madame RAFA Hayet., Professeur à l’USTHB, pour
l’honneur qu’elle nous fait en présidant ce jury. Qu’elle trouve ici l’expression de notre respect le
plus sincère.
Nous remercions également l’ensemble des enseignants qui ont participé à notre formation
universitaire, ainsi que le personnel de la Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie pour leur
soutien tout au long de notre cursus.
Enfin, à toutes les personnes qui nous ont soutenues, de près ou de loin, dans la réalisation de ce
mémoire, nous exprimons notre sincère reconnaissance et nos remerciements les plus respectueux.
Dédicace
À Allah, Le Très-Haut
Tout d’abord, nous louons Allah pour Son soutien et Sa facilité, et nous le
remercions de nous avoir guidés et enseigné ce que nous ne savions pas.
Louange à Allah, par Sa grâce les bonnes choses s’accomplissent.
Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, couramment appelées MICI, sont des
troubles difficiles à cerner car elles naissent de l'entrelacement de prédispositions génétiques, de
facteurs environnementaux, de réponses immunitaires et du dysbiose intestinal. Ceci conduit à une
inflammation continue et récurrente de la paroi intestinale, et elles s'accompagnent de douleurs, de
diarrhées et d'autres signes gastro-intestinaux qui altèrent la qualité de vie des patients.
Dans cette optique, le segment colique des différentes souris a été analysé par une étude
histologique afin d’identifier les modifications morphologiques et les altérations tissulaires
induites au cours du la colite expérimentale. Parallèlement, l’évolution du processus inflammatoire
a été évaluée aux niveaux systémique et local, notamment par la mesure des concentrations du NO
et de l’activité de l’EPO, ainsi que par l’analyse de l’expression des marqueurs inflammatoires
NOS2 et NF-κB dans les macrophages péritonéaux.
Les résultats obtenus ont mis en évidence un effet bénéfique du traitement combiné CLA–
Astragalus sur l’atténuation des symptômes de la colite. Cet effet se traduit par une réduction de
la production du NO, corrélée à une diminution de l’expression de la NOS2 et du NF-κB,
accompagnée d’une préservation de l’architecture tissulaire de l’épithélium colique.
✓ DC : Cellules dendritiques
✓ MC : Mastocytes
✓ TH : Lymphocytes T auxiliaires
✓ IgA : Immunoglobuline A
✓ RA : Acide rétinoïque
✓ MC : Maladie de Crohn
✓ PAF : paraformaldéhyde
✓ HE : Hématoxyline et éosine
✓ DAPI : 4′,6-diamidino-2-phénylindole
✓ NO : Monoxyde d’azote
✓ AM : Astragalus membranaceus
INTRODUCTION ........................................................................................................................14
1. Le côlon ......................................................................................................................................18
4. L’Astragalus ...............................................................................................................................29
1.2. Structure.......................................................................................................................... 32
CHAPITRE II...............................................................................................................................34
1. Matériel ..................................................................................................................... 35
1.1.1. Animaux.................................................................................................................... 35
1.3.10 Dosages des nitrites résiduels dans le plasma par la méthode de Griess modifiée : ..... 45
RÉSULTATS .................................................................................................................................48
Chapitre IV : .................................................................................................................................62
DISCUSSION ...............................................................................................................................62
INTRODUCTION ........................................................................................................................13
CHAPITRE II...............................................................................................................................33
RÉSULTATS .................................................................................................................................47
Chapitre IV : .................................................................................................................................61
DISCUSSION ...............................................................................................................................61
Liste des tableaux
Ce dernier joue un rôle clé dans de nombreux processus physiologiques, tels que le métabolisme,
la maturation du système immunitaire et la protection contre les agents pathogènes (Cryan et al.,
2019). Un déséquilibre dans la composition de ses souches bactériennes peut entraîner un état de
dysbiose intestinale, fortement impliqué dans la pathogenèse des MICI, comme le confirment
plusieurs études (Yang et al., 2020). Par ailleurs, une altération du ratio entre les lymphocytes T
effecteurs et les lymphocytes T régulateurs contribue également à la chronicité de ces maladies
(Yan et al., 2020).
Dans cette optique, des stratégies combinant la médecine moderne et les approches issues de la
médecine traditionnelle ont été mises en place, suggérant que leur association pourrait potentialiser
les effets thérapeutiques.
Le conjugué de l’acide linoléique (CLA) est un acide gras naturellement présent dans le lait, le
fromage et les produits dérivés des ruminants. Au-delà de ses effets anti-obésité et anticancéreux,
le CLA présente également des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, mises en évidence
dans divers modèles animaux, notamment ceux de l’inflammation intestinale (Polidori et al.,
2019). De manière similaire, les racines d’Astragalus membranaceus (AM), une plante médicinale
appartenant à la famille des Fabaceae, ont montré une efficacité thérapeutique dans divers essais
cliniques et modèles expérimentaux (Borowicz and Jach, 2025). Cet extrait pourrait également
renforcer les effets bénéfiques du CLA lorsqu’il est utilisé dans le cadre d’une approche
thérapeutique combinée.
Dans ce cadre, notre étude a porté sur l’évaluation du potentiel effet protecteur de l’association de
1
deux molécules thérapeutiques, le CLA et l’Astragalus, dans la prévention de la colite
expérimentale induite par le DSS chez des souris BALB/c. Elle s’articule autour des objectifs
suivants :
L’étude de la production in vivo du NO, par la mesure des taux de nitrites résiduels (NO2-
) dans le plasma.
2
CHAPITRE I :
RAPPELS
BIBLIOGRAPHIQUES
1. Le côlon
Le gros intestin, est la partie terminale du tube digestif, mesure environ 1 à 1,5 m de long, 6 à 6,5
cm de diamètre. Il stocke du contenu intestinal et joue aussi un rôle dans la finalisation de la
réabsorption d’eau et d’électrolytes, ainsi que dans l’élimination des fèces par le processus de
défécation. Le stockage du contenu intestinal se fait principalement au niveau du cæcum, du côlon
et du rectum (Bessaguet et al., 2022)
1. Anatomie du Côlon
Le gros intestin débute après la valvule iléo-cæcale par une sorte de poche, le cæcum, d’où
émergent l’appendice et le côlon (Bessaguet et al., 2022). Sur le plan anatomique se divise en
quatre segments : Le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon descendant et le côlon sigmoïde,
ce dernier se termine par le rectum qui s’ouvre à l’extérieur par l’anus. Des bandes longitudinales
de muscle lisse, appelées ténias du côlon, parcourent toute la longueur du côlon. Leur contraction
permet de propulser la matière fécale. Ces ténias forment des sacculations appelées haustrations,
qui compartimentent et régulent partiellement le déplacement des selles dans le gros intestin.
(Dubansky et al., 2024).
3
2. Histologie du colon
Sur le plan microscopique, la paroi du côlon est formée de quatre couches différentes : La
muqueuse, la sous-muqueuse, la musculeuse et la séreuse (Siri, et al., 2020).
2.1. La muqueuse
À la différence de l’intestin grêle, la muqueuse du côlon présente une surface lisse, dépourvue de
plis circulaires et de villosités. Elle est néanmoins caractérisée par une forte densité de glandes
intestinales tubulaires droites, appelées cryptes de Lieberkühn, qui traversent toute l’épaisseur de
l’épithélium. Ces structures jouent un rôle central dans le renouvellement cellulaire de la muqueuse
intestinale (Wojciech Pawlina, 2016).
2.2. La musculeuse :
La musculeuse externe du côlon est constituée de deux couches de muscles lisses : une interne
circulaire et une externe longitudinale. Entre ces deux couches se trouve le plexus myentérique
d’Auerbach, responsable de l’innervation autonome. Cette musculeuse permet deux types de
contractions : la segmentation, qui mélange le contenu sans le propulser, et le péristaltisme, qui
assure sa progression vers le rectum. (Wojciech Pawlina, 2016)
2.3. La sous-muqueuse
La sous-muqueuse est une couche de tissu conjonctif fibreux qui entoure la muqueuse. Elle
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renferme les vaisseaux sanguins et lymphatiques chargés d’irriguer le gros intestin. Riche en
lymphocytes, fibroblastes et mastocytes, elle abrite le plexus nerveux de Meissner qui fait partie
du système nerveux entérique, également appelé plexus sous-muqueux (Siri, et al., 2020).
2.4. La séreuse:
La séreuse constitue la couche la plus externe de la paroi intestinale, est constituée du feuillet
viscéral du péritoine. Elle est séparée de la musculeuse par un tissu conjonctif lâche vasculariser,
également appelé adventice, recouvert d’un épithélium pavimenteux simple : le mésothélium (Siri,
et al., 2020).
3. Physiologie du côlon
Le côlon joue un rôle essentiel dans les dernières étapes de la digestion. Grâce à ses contractions
musculaires, il fait progresser les résidus alimentaires, tout en absorbant l’eau et les électrolytes,
ce qui permet de transformer le contenu intestinal issus de l’intestin grêle en matières fécales plus
consistantes. Il assure aussi la lubrification, le stockage temporaire et l’expulsion contrôlée des
selles. Le processus de digestion qui se poursuit au niveau du côlon est largement assurée par la
forte abondance des bactéries commensales. Ces dernières participent activement à la dégradation
des résidus alimentaires non absorbés en amont, tout en contribuant à la production de certaines
vitamines. Ces différentes fonctions permettent au côlon de participer activement à l’équilibre
hydrique, nutritionnel et métabolique de l’organisme (Azzouz and Sharma, 2025).
Les cellules épithéliales intestinales (CEI) jouent un rôle central dans l’induction de la tolérance
immunitaire vis-à-vis des antigènes commensaux et sont constamment en surveillance face aux
agressions par des antigènes étrangers présents dans la lumière intestinale (Didriksen et al., 2024).
Ces cellules détectent les bactéries grâce à des récepteurs de reconnaissance des motifs
moléculaires (PRRs), tels que les récepteurs Toll-like (TLRs), les récepteurs NOD (nucleotide-
binding oligomerization domain-like receptors, NLRs), et les récepteurs de type RIG-I (retinoic
acid-inducible gene I-like receptors, RLRs), qui reconnaissent des motifs moléculaires associés
aux pathogènes (PAMPs) (Li and Wu, 2021). Dans un tissu intestinal sain, les CEI expriment de
faibles niveaux de TLRs du côté apical et davantage du côté basolatéral, ce qui pourrait également
contribuer à la tolérance envers les bactéries du microbiote intestinal (Wittkopf et al., 2014).
5
En effet, l’activation des TLRs sur les CEI, dans des conditions de repos, induit la production de
facteurs essentiels au maintien de l’homéostasie de l’épithélium intestinal. Il a été démontré que
cette activation entraîne la libération d’APRIL (A Proliferation-Inducing Ligand), un membre de
la famille du TNF, ce qui induit un switch de classe IgA dans les cellules B (Price et al., 2018).
Les CEI sont capables de reconnaître et de capter des antigènes bactériens, puis de les présenter
via la molécule CD1d du complexe majeur d’histocompatibilité de classe Ib (CMH-Ib). Ce
mécanisme conduit à l’activation de lymphocytes T régulateurs (Tregs) spécialisés, participant
ainsi au microenvironnement tolérogène de l’intestin (Liu and Huber, 2011). En plus de cette
activation, les IEC produisent également des cytokines immunosuppressives telles que l’IL-10,
agissant sur les cellules immunitaires sous-jacentes. De plus, les CEI contribuent à l’établissement
de la tolérance immunitaire en influençant la maturation des cellules dendritiques (DC) vers un
phénotype tolérogène (Manicassamy and Pulendran, 2011). Il a été récemment démontré par
Rimoldi et al. que les CEI sécrètent la TSLP (thymic stromal lymphopoietin), orientant les DC
vers un profil tolérogène, capable de supprimer la réponse Th1 et de favoriser la polarisation Th2
(Rimoldi et al., 2005). Le rôle clé des IEC dans la maturation des DC pour le maintien de
l’homéostasie intestinale a également été mis en évidence par Iliev et al. Leur étude a révélé que
la libération par les IEC de TGF-β (transforming growth factor beta) et d’acide rétinoïque (RA),
plutôt que de TSLP, est essentielle à la génération de DC tolérogènes capables d’induire de novo
des cellules T régulatrices (Tregs) (Iliev et al., 2009). Le transfert de ces Tregs induites a permis
de protéger des souris contre une colite expérimentale, démontrant ainsi que les IEC peuvent
induire une tolérance immunitaire par modulation directe des cellules immunitaires (Iliev et al.,
2009).
5. Microbiote intestinal
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Bacteroidetes et Fusobacteria (Aagaard et al., 2016). La diversité microbienne augmente
progressivement jusqu’à une stabilisation vers 2–3 ans. Le côlon constitue le site principal
d’implantation, avec la plus forte densité et diversité bactérienne.
Le projet européen MetaHIT a identifié au moins 2 776 espèces procaryotes dans le microbiote
fécal humain, réparties en 11 phyla, dont Firmicutes, Bacteroidetes, Actinobacteria et
Proteobacteria constituent plus de 90 % de la communauté microbienne (Qin et al., 2010, Li et
al., 2014, Yang et al., 2020). Les phyla Fusobacteria et Verrucomicrobia y sont présents en
proportions plus faibles (Lloyd-Price et al., 2017, Fujio-Vejar et al., 2017). Par ailleurs, la
classification taxonomique du NCBI a récemment été révisée pour refléter ces avancées (Schoch
et al., 2022).
1. Définition et classification
2. Signes clinico-anatomopathologiques
La MC est une pathologie chronique évolutive, caractérisée par des ulcérations transmurales et des
lésions discontinues pouvant atteindre l’ensemble du tube digestif, en particulier l’iléon terminal
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et le côlon, avec des atteintes fréquentes de la région ano-périnéale. Les symptômes dominants
incluent diarrhées, douleurs abdominales, nausées ou vomissements, souvent associés à une fièvre,
une fatigue et une perte de poids. Les lésions caractéristiques de la maladie sont variées :
inflammatoires (érythème, œdème, ulcérations aphtoïdes ou creusantes), sténosantes et perforantes
(Ranasinghe et al., 2025).
3. Étiologie et pathogénie :
Les MICI sont considérées comme le résultat d’une réponse immunitaire inappropriée dirigée
contre le microbiote intestinal, survenant chez des individus génétiquement prédisposés. Malgré
des avancées significatives dans la compréhension de leur physiopathologie, leur étiologie exacte
demeure à ce jour inconnue. De nombreux facteurs ont été incriminés, mais aucun ne se révèle
commun à l’ensemble des patients, ce qui suggère une origine multifactorielle complexe
(McDowell et al., 2025).
1. Facteurs environnementaux
Les facteurs environnementaux, tels que l'exposition précoce aux antibiotiques et l'alimentation,
modifient le microbiote intestinal, augmentent la perméabilité intestinale et favorisent une réponse
immunitaire pro-inflammatoire, contribuant au développement des MICI. Parmi ces facteurs, seuls
le tabagisme et l’appendicectomie ont un rôle clairement établi dans la survenue et l’évolution de
ces maladies(Danese et al., 2004).
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Le tabagisme aggrave l’évolution de la maladie de Crohn en favorisant la survenue fréquente de
poussées, alors qu’il semble avoir un effet protecteur vis-à-vis de la rectocolite hémorragique
(Cosnes et al., 2016). Tout comme le tabac, l’appendicectomie influence différemment le risque
de la MC et de RCH. En effet, elle est associée à une diminution du risque de RCH, surtout
lorsqu’elle est pratiquée avant l’âge de 20 ans, tandis qu’elle augmente le risque de développer une
maladie de Crohn (Kurina et al., 2002).
D’autres gènes liés à l’autophagie, tels qu’ATG16L1, IRGM et LRRK2, jouent également un rôle
dans les MICI (Sazonovs et al., 2022). La perte de fonction d’ATG16L1 perturbe l’autophagie
des cellules de Paneth, réduisant leur capacité à sécréter des peptides antimicrobiens, ce qui
favorise la prolifération bactérienne et leur translocation à travers l’épithélium intestinal
(Stappenbeck and McGovern, 2017).
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lymphocytes T effecteurs (Th1, Th2, Th17), induisant une inflammation persistante (Lohr et al.,
2009).
Dans les MICI, une hyperactivation des cellules dendritiques est observée au niveau des foyers
inflammatoires, principalement liée à des dysfonctionnements des récepteurs TLR et à des
mutations de NOD2, présentes chez 10 à 15 % des patients atteints de la maladie de Crohn
(Kramer et al., 2006). Ainsi, la barrière intestinale devient plus vulnérable et la régulation
immunitaire altérée (Antoni et al., 2014).
Dans les MICI actives, la réponse immunitaire adaptative est altérée, avec un déséquilibre notable
entre les lymphocytes T effecteurs (Th) et les lymphocytes T régulateurs (Treg) (Yan et al., 2020).
Ce déséquilibre varie selon la pathologie : la maladie de Crohn est associée à une prédominance
de la réponse Th1, marquée par une forte production d’IL-2 et d’IFN-γ, tandis que la rectocolite
hémorragique présente une signature Th2, avec des niveaux élevés d’IL-5, d’IL-13 et de TGF-β
(Zhang and Li, 2014). En parallèle, les lymphocytes Th17, producteurs d’IL-17, participent
activement à l’amplification de l’inflammation. Leur différenciation et leur survie sont renforcées
par l’activation de la voie de signalisation de l’IL-23R, jouant ainsi un rôle central dans le maintien
du processus inflammatoire chronique observé dans les MICI (Geremia and Jewell, 2012).
4.1. Diagnostic
Le diagnostic des MICI repose sur une évaluation combinée des données cliniques, radiologiques
(entéro-IRM), endoscopiques (œso-gastro-duodénoscopie et iléo-coloscopie avec biopsies) et
histologiques, indispensables à la confirmation du diagnostic. Le bilan biologique vise à détecter
d’éventuelles complications telles que la dénutrition, les carences ou un syndrome inflammatoire
(CRP). Le diagnostic différentiel peut être difficile, notamment avec les troubles fonctionnels
intestinaux, la maladie de Behçet, les iléo-colites infectieuses ou les colites microscopiques. Dans
près de 10 % des cas, le diagnostic précis reste incertain, aboutissant à celui de colite indéterminée.
La recherche de biomarqueurs non invasifs pour distinguer MICI et non-MICI, ou différencier la
MC de la RCH, constitue un domaine de recherche actif (Flynn and Eisenstein, 2019).
4.2. Traitement
À ce jour, aucun traitement curatif n’existe pour les MICI. La prise en charge de ces maladies
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repose sur une approche individualisée, coordonnée par un gastroentérologue et intégrant une
équipe pluriprofessionnelle. La stratégie thérapeutique vise à contrôler les poussées, prévenir les
rechutes et maintenir la rémission.
Les aminosalicylés sont de petites molécules à administration par voie orale ou rectale, visant à
réduire l’inflammation de la paroi intestinale. Ils représentent la première ligne de traitement chez
les patients atteints de RCH légère à modérée, et constituent la deuxième classe médicamenteuse
la plus prescrite pour les MICI (Silaghi et al., 2022).
Des données récentes suggèrent que les aminosalicylés maintiennent la rémission en empêchant le
recrutement des leucocytes dans la paroi intestinale (Elhag et al., 2022).
Les corticostéroïdes sont des anti-inflammatoires stéroïdiens systémiques non sélectifs. Ils sont
efficaces à court terme pour le traitement des formes modérées à sévères de la MC et de la RCH.
Leur effet immunosuppresseur résulte de la réduction de la production de nombreuses cytokines
(IL-1β à IL-12, TNF-α, IFN-γ, GM-CSF), contribuant à l’induction de la rémission en phase active
(Quera et al., 2023).
Les immunomodulateurs, sont utilisés pour les patients réfractaires aux aminosalicylés et aux
corticostéroïdes et en thérapie combinée avec les anti-TNF, pour prévenir la formation d’anticorps
neutralisants, notamment contre l’infliximab. L’azathioprine (AZT), la 6-mercaptopurine (6-MP)
et le méthotrexate (MTX) sont les immunosuppresseurs les plus couramment prescrits (Johnson
and Dassopoulos, 2018).
Le TNF-α est une cytokine pro-inflammatoire clé qui participe à l’amplification de la réponse
inflammatoire, notamment par l’induction de l’IL-1β, de l’IL-6, de l’IL-8 et par l’augmentation de
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l’expression des molécules d’adhésion (Jang et al., 2021). Son implication dans la
physiopathologie des MICI est bien établie, avec des concentrations élevées retrouvées dans la
muqueuse intestinale des patients atteints de la MC et de la RCH (Rafa et al., 2017).
Les anti-TNF sont indiqués chez les patients présentant des poussées modérées à sévères de MICI,
en cas d’échec, d’intolérance ou de contre-indication aux corticoïdes et/ou aux
immunosuppresseurs. Dans la RCH, trois molécules sont autorisées : l’infliximab, l’adalimumab
et le golimumab. En revanche, seuls l’infliximab et l’adalimumab sont utilisés dans le traitement
de la maladie de Crohn. Ces anti-TNF agissent en se liant spécifiquement aux formes solubles et
transmembranaires du TNF-α, neutralisant ainsi son activité biologique (Rundquist et al., 2021).
La mise en évidence d’une dysbiose intestinale, caractérisée par une altération qualitative et
quantitative du microbiote au profit de souches potentiellement pathogènes chez les patients
atteints de MICI, a ouvert la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques. Parmi celles-ci, la
modulation du microbiote par l’administration de probiotiques, prébiotiques ou symbiotiques
suscite un intérêt croissant, que ce soit en complément ou en alternative aux traitements
conventionnels. Cette stratégie vise à rétablir une homéostasie microbienne propice à la régulation
des réponses immunitaires intestinales et à la réduction de l’inflammation chronique (Cristofori
et al., 2021).
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3. Les modèles expérimentaux des MICI
Les modèles murins Knockout ou transgéniques sont largement utilisés pour étudier le rôle de la
barrière intestinale dans la pathogenèse des colites inflammatoires, les plus utilisés dans les MICI
sont ceux qui ciblent les gènes codant pour les cytokines IL-2, IL-7, IL-10, le CMH II et le TCR
(Strober et al., 2007)
Les modèles de colite chimio-induite représentent une approche expérimentale simple, fiable et
largement utilisée pour reproduire l’inflammation intestinale chez les rongeurs. Ils reposent sur
l’administration d’agents tels que le dextran sulfate de sodium (DSS), l’indométacine qui
perturbent l’intégrité de l’épithélium intestinal, ou d’haptènes comme le TNBS et l’oxazolone,
provoquant une réaction d’hypersensibilité. Ces modèles ont été essentiels pour démontrer
l’implication du microbiote intestinal dans la genèse des processus inflammatoires (Wirtz et al.,
2007).
Le modèle DSS est fréquemment utilise pour étudier la RCH, car il induit une inflammation
colique modulable selon la dose, reproduisant les cycles de poussée et de rémission observés chez
l’homme.
Le DSS est un polysaccharide sulfaté, comportant plus de trois groupements sulfate par unité de
glucose. Son rôle exact dans l’induction reste mal élucidé, mais il semble avoir une action toxique
directe sur l’épithélium intestinal. Malgré sa masse moléculaire élevée, il peut être internalisé par
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pinocytose et exercer une génotoxicité en altérant directement l’ADN cellulaire. De plus, les
bactéries sulfato-réductrices coliques transforment les groupements sulfates du DSS en sulfure
d’hydrogène, ce qui altère le métabolisme du butyrate au niveau intestinal. L’altération de
l’intégrité de la barrière épithéliale intestinale permet la translocation du contenu intestinal,
incluant les bactéries et leurs produits, vers les tissus sous-jacents, entraînant des dommages
épithéliaux et une réponse immunitaire exacerbée. La colite se manifeste chez l’animal après une
administration de DSS dissous dans l’eau de boisson pendant une période de 4 à 7 jours, cette
période constituant un cycle. L’alternance de trois cycles de DSS et d’eau potable induit une colite
chronique (Okayasu et al., 1990, Cooper et al., 1993). Au-delà de trois cycles, les animaux
présentent un risque accru de développer un cancer colorectal (Okayasu et al., 2002).
4. L’Astragalus
Ses inflorescences sont des racèmes de 10 à 20 fleurs, avec des pédicelles aussi longs que les
feuilles qui s’allongent au stade fruitier. La corolle jaune mesure 12 à 20 mm, avec un pétale d’aile
plus court que l’étendard.
L’AM produit divers métabolites secondaires, tels que les flavonoïdes, les saponines triterpéniques
et les polysaccharides, qui sont essentiels à ses effets pharmacologiques. La composition et la
concentration de ces composés varient significativement en fonction des paramètres
environnementaux et du cycle de récolte (Dong et al., 2023).
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2.1. les flavonoïdes
Les flavonoïdes représentent les métabolites secondaires les plus abondants et omniprésents
distribués dans les tissus d'A.M, principalement dans les racines, les tiges, les feuilles, les fleurs,
les fruits et les graines. De nombreuses sous-classes différentes de flavonoïdes ont été décrites
notamment les flavones, les flavonols, les flavanones, les flavanonols, les chalcones, les aurones,
les isoflavones, les isoflavanes et les ptérocarpans (Dong et al., 2023).
Ce sont les deuxièmes plus grands métabolites secondaires avec un total de plus de 20 000, qui
sont largement distribués dans les plantes supérieures, les dicotylédones, les monocotylédones, les
champignons, les ptéridophytes et les organismes marins, tandis que les triterpénoïdes
tétracycliques et pentacycliques sont des composés de saponines triterpéniques courants chez A.
membranaceus. Les saponines triterpènes et les sapogénines sont les métabolites secondaires les
plus étudiés chez le genre Astragalus (Dong et al., 2023).
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2.3. Le polysaccharide d'astragale (APS)
Les polysaccharides sont des composés majeurs des astragales, particulièrement présents dans le
Radix Astragali (racines sèches), et sont largement reconnus pour leurs propriétés
immunomodulatrices. Ils sont essentiellement composés de glucose, de rhamnose, de galactose,
d’arabinose, de xylose, de mannose et d’acides glucuronique et galacturonique. Ces
polysaccharides participent au contrôle de l’activité cellulaire (prolifération, différenciation,
adhésion et migration) mais également à l’activité de nombreuses enzymes. Les travaux de Wang
et al. (1989) ont rapporté l’isolement et l’identification de 24 polysaccharides distincts à partir des
racines d’AM (Wang, 1989).
3. Propriétés de L’astragale
Les flavonoïdes, les saponines triterpéniques et les polysaccharides isolés des racines sèches
d’Astragalus membranaceus présentent un large spectre d’activités pharmacologiques. Ils sont
impliqués dans divers effets bénéfiques, notamment la modulation du système immunitaire, la
protection hépatique, ainsi que des propriétés anticancéreuses, antidiabétiques, antivirales, anti-
inflammatoires, antioxydantes et cardiovasculaires (Zheng et al., 2020).
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5. Le Conjugué de l’acide linoléique
1. Définition et origine
1.1. Source
Les CLA sont des composés naturellement présents dans les produits laitiers et les tissus adipeux
des ruminants. Ils résultent de la biohydrogénation de l’acide linoléique en acide stéarique, réalisée
par les bactéries du rumen via l'acide linoléique isomérase, ainsi que de la désaturation hépatique.
Ce processus implique la modification de la position ou de la configuration des doubles liaisons
de l’acide linoléique, produisant divers isomères de CLA (Viladomiu et al., 2016). Bien que leur
concentration dans les viandes varie selon l’alimentation des animaux, elle reste faible (2 à 5 mg/g
de lipides), ce qui limite aujourd’hui leur apport nutritionnel significatif (Koba and Yanagita,
2014).
1.2. Structure
Les études sur les CLA ont majoritairement été menées in vitro, mais celles réalisées in vivo chez
l’animal ont suscité un plus grand intérêt. En revanche, les essais chez l’Homme, reposant sur des
formes synthétiques ou des mélanges de CLA, ne permettent pas de conclure de manière fiable sur
leurs effets bénéfiques potentiels.
Les isomères des CLA ont montré une efficacité notable dans la prévention des processus
17
tumoraux. Leur action anticancéreuse s’exerce à divers stades de la cancérogenèse de l’initiation
à la métastase ainsi que sur des mécanismes clés comme l’angiogenèse. De nombreuses études
soutiennent ainsi leur potentiel en tant qu’agents anticancéreux.
Des études menées sur des modèles animaux ont montré qu’une supplémentation en CLA, sous
forme de mélange ou d’isomères spécifiques (c9,t11-CLA ou t10,c12-CLA) à des doses comprises
entre 0,05 et 1 % (P/P), inhibe le développement de tumeurs mammaires induites chimiquement
(McGowan et al., 2013, Rakib et al., 2013). Par ailleurs, le CLA présente une activité
antiproliférative vis-à-vis du cancer colorectal. L’isomère t10, c12-CLA, en particulier, induit la
mort cellulaire et inhibe la prolifération des cellules Caco-2, suggérant une cytotoxicité médiée via
les voies de signalisation PPARγ et APC/β-caténine (Moon, 2014).
Il a été démontré que les isomères de CLA possèdent des propriétés anti-inflammatoires, en
inhibant l’enzyme COX-2, ce qui réduit la production de PGE2 et des cytokines pro-
inflammatoires. Le CLA stimule également l’activation du récepteur PPARγ dans certaines lignées
cellulaires (Borniquel et al., 2012a, Kim et al., 2013) et modifie la réponse immunitaire en
augmentant les niveaux d’IgA, IgG et IgM, tout en abaissant ceux d’IgE (Yang et al., 2015).
L’isomère t10, c12-CLA inhibe l’expression des enzymes impliquées dans la lipogenèse, la
désaturation des acides gras et la synthèse des triglycérides (Ma et al., 2014). Des études chez
l’Homme ont montré qu’une supplémentation en CLA (1,7 à 6,8 g/j pendant 12 semaines) réduit
la masse grasse d’environ 4 %, sans impact significatif sur le poids corporel, tout en diminuant le
tissu adipeux et les niveaux de leptine (Miranda et al., 2014, Yang et al., 2015).
18
CHAPITRE II
MATERIEL ET METHODES
1. Matériel
1.1.1. Animaux
Afin de mener cette étude, 22 souris femelles BALB/c, âgées de 6 à 8 semaines et pesant entre 11
et 18 grammes, ont été sélectionnées. Les animaux ont été achetés auprès de l’Institut Pasteur
d’Algérie, puis hébergés à l’animalerie de la Faculté des Sciences Biologiques de l’USTHB. Les
souris ont été maintenues dans des conditions standards de l’expérimentation animale : une
température ambiante, un environnement propre, logées dans des cages avec un substrat en sciure
de bois renouvelé tous les deux jours, un cycle lumière/obscurité de 12 heures, ainsi qu’un accès
libre à l’alimentation et à l’eau.
1.1.2. l’Astragalus
L’extrait lyophilisé d’Astragalus a été obtenu à partir de racines d’AM, préalablement séchées
dans une étuve à 65 °C pendant 3h, puis réduites en poudre homogène après broyage et tamisage
à 2 mm. La poudre obtenue a été soumise à une extraction aqueuse, suivie d'une filtration, d'une
concentration sous vide, puis d'une lyophilisation pour obtenir l’extrait final. Celui-ci a été
solubilisé dans de l’éthanol à 2 % dans le cadre d’un protocole de traitement combiné avec le CLA,
et administré en intrapéritonéale aux souris à une dose de 200 mg/kg/jour.
Le Dextran Sulfate de Sodium (DSS : 36000–50000 Da, MP Biomedicals) a été aimablement offert
19
par Dr. Medjeber, utilisé à raison de 4%, dissous dans de l’eau de boisson préalablement
autoclavée.
➢ PAF (paraformaldéhyde)
➢ Lait écrémé
20
1.3 Méthodes
La colite expérimentale a été induite chez les souris par une administration quotidienne de 4%
(m/v) de DSS dissout dans l’eau de boisson et ce, pendant cinq jours. Les souris ont été
euthanasiées au 6eme jours du protocole expérimental et anesthésiées par une injection
intramusculaire de kétamine.
Dans le cadre de cette étude, un traitement combiné associant le CLA à l’extrait d’AM (CLA-
Astra) a été mis en œuvre. La dose de CLA, fixée à 50 mg/kg, a été déterminée sur la base de
résultats préliminaires de l’équipe Cytokines et NO Synthases. Afin d’assurer sa solubilisation, le
CLA a été dissous dans de l’éthanol à 2 %. Cette même solution a ensuite servi à la dissolution de
l’extrait d’AM, permettant d’atteindre une concentration finale correspondant à une dose de 200
mg/kg.
Le traitement combiné CLA-Astra a été administré par voie intrapéritonéale à raison de 500 μL
par souris, à partir du jour 0 (J0), en parallèle avec l’administration du DSS dans l’eau de boisson.
Le traitement s’est poursuivi quotidiennement jusqu’au jour 4 (J4) de la période expérimentale.
À l’issue de la période d’acclimatation, les souris ont été réparties aléatoirement en trois groupes
expérimentaux. Le tableau I présente la composition et les caractéristiques de chacun de ces
groupes inclus dans l’étude.
21
1.3.3 Répartition des différents lots et protocole expérimental
À l’issue de la période d’acclimatation, les souris ont été réparties aléatoirement en trois groupes
expérimentaux. Le tableau I présente la composition et les caractéristiques de chacun de ces
groupes inclus dans l’étude.
22
Figure 8: Schéma illustrant le déroulement des différentes phases de la mise au point
du modèle expérimental.
L’état de santé général des animaux a été évalué quotidiennement tout au long de la période
expérimentale, en accordant une attention particulière aux signes cliniques évocateurs de la colite.
Le suivi de l’évolution de cette dernière a été réalisé à l’aide de l’index d’activité de la maladie
(Disease Activity Index, DAI), selon la méthode décrite par Murthy et ses collaborateurs (Murthy
et al., 1993) avec quelques modifications apportées incluant des critères physiques comme :
l’activité motrice, la posture et la piloérection. Toutes ces observations ont contribué à l'élaboration
d'un score macroscopique afin de confirmer l’installation de la colite expérimentale.
23
Tableau 2 : Scores cliniques d’apparition de la colite expérimentale (Cooper et al., 1993).
4 >20 / / / /
Le prélèvement sanguin a été effectué immédiatement par ponction cardiaque à l’aide de seringues
préalablement rincées avec une solution d’EDTA à 2,6 %. Le sang total a été transféré dans des
tubes Eppendorf, puis centrifugé à 3000 rpm pendant 10 minutes. Le plasma obtenu a été conservé
à –40 °C pour des analyses biochimiques ultérieures, notamment le dosage des nitrites résiduels et
de l’éosinophile peroxydase (EPO).
24
Figure 9 : photographies représentatives du plasma récupéré.
Les macrophages péritonéaux (pMφ) ont été obtenus par lavage de la cavité abdominale à l’aide
de 5 mL de PBS stérile (pH 7,4), après un massage abdominal doux afin de mobiliser les cellules.
Le liquide prélevé, contenant les macrophages, a été recueilli dans des tubes Falcon® de 15 ml de
façon aseptique entre deux becs Bunsen. La suspension cellulaire a été lavée deux fois avec du
PBS stérile, puis centrifugée à 2800 rpm pendant 5 minutes. Par la suite suspendue dans du milieu
de culture DMEM, auquel est rajouté 10% de sérum de veau foetal (SVF) préalablement
décomplémenté à +56°C pendant 30 min et 1% d’antibiotiques (penicilline 10.000 UI et
streptomycine 10 mg) contenant de la L-Glutamine (20 mM).
Suite à la numération cellulaire réalisée à l’aide d’une cellule de Malassez, les cellules ont été
mises en culture dans des microplaques de 48 puits, à une densité de 4 × 10⁵ cellules par puits. Une
première phase d’incubation a été effectuée durant 1h30 à 2h à 37 °C, dans une atmosphère humide
contenant 5 % de CO₂, afin de favoriser leur adhérence. Les cellules non adhérentes sont éliminées
à l’aide des lavages avec du PBS (pH=7.4) stérile. Enfin, les macrophages adhérents sont de
nouveau incubés dans les mêmes conditions précédentes pendant 20h-24h.
25
1.3.7 Récupération du colon
Après ouverture de la cavité abdominale des souris, le côlon a été soigneusement prélevé, sa
longueur a été mesurée à l’aide d’un support gradué. Ensuite, le segment colique a été rincé à l’aide
de PBS froid afin d’éliminer les résidus fécaux et les tissus adipeux présents dans la lumière. Enfin,
transférés dans des cassettes histologiques et plongées dans une solution de formol tamponné à
10 % pendant 24h pour fixer les tissus coliques.
Cette étude a été menée dans le but de mettre en évidence les différentes structures tissulaires du
côlon, ainsi que les altérations histopathologiques potentielles survenant au cours du processus de
la colite expérimentale.
Les différentes étapes de l’analyse histologique ont été réalisées au sein du service d’anatomie
pathologique du CHU de Bab El Oued et du CHU de Beni Messous
Après fixation des fragments coliques dans du formol, ces derniers ont été préparés pour
l’inclusion dans des blocs de paraffine. La procédure a été réalisée au sein du service d’Anapath à
l’aide d’un automate. Elle comprenait une étape de déshydratation progressive dans trois bains
successifs d’éthanol de concentrations croissantes (70°, 90°, 100°), suivie d’un éclaircissement
dans trois bains de xylène pendant une durée totale de 1h30. Un bain intermédiaire de xylène-
paraffine a ensuite permis la transition vers l’imprégnation finale en paraffine, suivie d’une
réorientation soigneuse des fragments coliques, une étape essentielle afin d’obtenir une coupe
transversale optimale, permettant une observation histologique claire et représentative.
26
Figure 12 : photographies montrant l’étape de fixation
et d’orientation du fragment colique.
Les blocs de paraffine ainsi obtenus ont été conservés à +4 °C jusqu’à la réalisation des coupes
histologiques. Chaque bloc a été sectionné en coupes de 4 μm d’épaisseur à l’aide d’un microtome,
puis les sections ont été déposées sur des lames de verre. Avant la coloration, les lames ont été
déparaffinées par chauffage, puis réhydratées au moyen de bains successifs de xylène, d’éthanol à
concentrations décroissantes (100°, 90°, 70°), et enfin d’eau distillée.
Dans le cadre de cette étude, les coupes histologiques ont été successivement immergées dans un
bain d’hématoxyline pendant 5 minute, puis rincées à l’eau du robinet pendant 3 minute. Elles ont
ensuite été colorées à l’éosine pendant 30 secondes, avant d’être de nouveau rincées à l’eau
courante. Après la coloration, les lames ont été placées dans une étuve à 37 °C pendant quelques
minutes pour leur séchage. Enfin, les coupes ont été montées entre lame et lamelle à l’aide du
milieu de montage Eukitt®, préalablement déposé sur la lamelle, puis observées au microscope
optique à différents grossissements ×100 et ×400.
Un score histologique défini par Kim et al (Kim et al., 2012) avec quelques modifications
apportées a été utilisé afin d’évaluer, sur une échelle de 0 à 3, l’architecture tissulaire, l’œdème,
l’aspect des glandes. Ce score nous a permis de confirmer l’installation de la colite expérimentale.
27
Tableau 3 : Calcul du score histologique.
Score Degré L’architecture Œdème Architectur Les glandes Aspet de la
d’infiltration tissulaire e des couche
cellulaire cryptes musculaire
Le protocole consiste a ajouté 100 μL d’un mélange réactionnel composé de 0,2 % d’OPD dissous
dans du tampon Tris 0,05 M (pH 8) et de H₂O₂ à 0,03 % ont été ajoutés à 50 μL d’échantillons
plasmatiques. Après incubation pendant 1 heure à 37 °C à l’obscurité, l’absorbance a été mesurée
à 490 nm. Les résultats ont été exprimés en unités de densité optique (DO) par ml de plasma.
28
1.3.10 Dosages des nitrites résiduels dans le plasma par la méthode de
Griess modifiée :
La production de monoxyde d’azote (NO) a été estimée par la mesure des concentrations en nitrites
(NO₂⁻), métabolites stables du NO, en utilisant la méthode de Griess modifiée. Le dosage repose
sur une réaction colorimétrique utilisant le réactif de Griess, constitué de deux solutions : une
solution de sulfanilamide à 5 % dans l’acide chlorhydrique (HCl) à 20 % (Griess B), et une solution
de N-naphtyléthylènediamine dichlorhydrate à 5 % également préparée dans du HCl à 20 %
(Griess A). Pour chaque échantillon, un volume de 50 μL a été prélevé, auquel ont été
successivement ajoutés 25 μL de Griess B, puis 25 μL de Griess A. Le volume final de chaque
réaction a été ajusté à 500 μL à l’aide de l’eau distillée. Les mélanges ont ensuite été incubés
pendant 15 minutes à température ambiante, à l’abri de la lumière. À l’issue de cette incubation,
les tubes ont été centrifugés à 10 000 rpm pendant 5 minutes. La densité optique (DO) des
surnageants a été mesurée à une longueur d’onde de 543 nm en utilisant un spectrophotomètre
À l’issue de l’étape de culture cellulaire, les microplaques contenant les macrophages péritonéaux
ont été récupérés, puis à chaque puits ont été ajoutes du PBS et du paraformaldéhyde à 4 % (v/v).
Suivie d’une incubation à 37 °C pendant 30 minutes afin de fixer les cellules. Après incubation,
deux lavages au PBS ont été effectués, suivis d’une agitation de 5 minutes pour éliminer les traces
du fixateur. La microplaque contenant les cellules fixées a été conservée à +4 °C en vue de
l’analyse immunocytochimique (ICC), visant à détecter l’expression et la localisation de la NOS2
et la sous unité p65 du NF-κB.
Dans cette optique, les cellules fixées ont été perméabilisées avec une solution de Triton X-100 à
0,3 % préparée dans du PBS, pendant 5 minutes sous agitation douce. Trois lavages consécutifs au
PBS ont ensuite été réalisés. La saturation des sites de fixation non spécifiques a été assurée par
l’ajout à chaque puit une solution contenant 5 % de lait écrémé, pendant deux heures sous agitation
légère.
29
À l’issue de l’incubation, les cellules ont été soigneusement rincées à trois reprises avec du PBS,
pendant 5 minutes à chaque fois. L’étape suivante a consisté en une incubation avec l’anticorps
primaire anti-NOS2 (dilué au 1/50ᵉ) et anti-NF-κB p65, pendant une nuit à +4 °C dans des
conditions d’humidité. Le lendemain, les cellules ont été incubées dans l’obscurité avec l’anticorps
secondaire, dilué (1/500 pour Alexa) et (1/1000 pour FTIC), pendant 2 heures.
L’analyse des données obtenues au cours de cette étude a été réalisée à l’aide du logiciel GraphPad
Prism (version 10). Selon la distribution des données, des tests statistiques paramétriques
(ANOVA à un facteur) ou non paramétriques (test de Kruskal-Wallis) ont été utilisés pour
comparer les différents groupes. Une différence a été considérée comme statistiquement
significative lorsque la valeur de p est inférieure à 0,05.
30
Figure 13 : Démarche expérimentale suivie dans l’étude de l’effet de CLA-ASTRA sur le développement de la
colite expérimentale.
31
CHAPITRE III
RÉSULTATS
La présente étude s’inscrit dans la continuité des travaux menés l’année passée au sein de l’équipe
Cytokines et NO synthases, portant sur l’utilisation du conjugué de l’acide linoléique (CLA)
comme approche thérapeutique dans l’entéropathie expérimentale. Ces travaux ont mis en
évidence l’effet protecteur du CLA à travers l’évaluation de ses propriétés antiinflammatoires et
immunomodulatrices dans un modèle d'entéropathie expérimentale induite par l’indométacine.
Dans la poursuite de ces investigations, nous avons cette fois associé le CLA à l’extrait
d’Astragalus afin d’évaluer un éventuel effet synergique et de déterminer si cette combinaison
potentialise les effets bénéfiques observés, en particulier sur la modulation de la réponse
inflammatoire et le maintien de l’intégrité de la barrière colique.
Pour ce faire, nous avons adopté le modèle expérimental développé par Okayasu et al. (Okayasu
et al., 1990) pour induire une colite aiguë chez les souris BALB/c, en administrant du DSS à 4 %
dans l’eau de boisson pendant 5 jours. Ce modèle nous a permis d’examiner l’effet thérapeutique
de l’association conjuguée de l’acide linoleique-astragalus (CLA+ASTRA) dans le processus
inflammatoire mis en jeu au cours de la colite expérimentale.
La colite expérimentale induite par DSS se manifeste par une réduction de la consommation
alimentaire (données non présentées en raison d'une insuffisance de résultats disponibles), souvent
associée à une diminution du poids corporel (Toumi et al., 2013). Dans ce contexte, notre étude a
cherché à déterminer dans quelle mesure l’administration combinée de CLA et l’Astragalus
pourrait limiter les perturbations métaboliques impliquées dans cette perte pondérale.
Les résultats ont révélé une légère prise de poids chez les souris du groupe témoin. En revanche,
32
celles traitées avec 4 % de DSS ont présenté une perte pondérale notable aux derniers jours
d'administration, comparativement au groupe témoin (Figure 14).
Contrairement au groupe DSS, les souris ayant reçu le traitement combiné DSS+CLA-ASTRA
n’ont pas montré de perte de poids en fin de l’expérimentation. Ces résultats suggèrent que
l’administration du traitement a contribué à limiter les effets cataboliques liés à l’inflammation
(Figure 14).
% de variation de poids corporel
30
Témoin
DSS
20
DSS+ASTRA-CLA
10
0 1 2 3 4 5
-10 Jours
L’administration de DSS à 4 % dans l’eau de boisson pendant 5 jours (de J0 à J4) a induit une
colite aiguë sévère chez les souris. Dès les premières 24 heures, plusieurs signes cliniques sont
apparus dans le groupe DSS, notamment une fatigue marquée, un pelage hérissé et l’apparition de
selles molles. Ces manifestations traduisent une altération globale de l’état de santé des animaux
avec une intensification à la fin de la période d’induction, c'est-à-dire (J3, J4 et J5). Toutes les
souris du lot DSS présentaient un score maximal (Figure 15).
En revanche, aucun symptôme inflammatoire n’a été observé chez les souris du groupe témoin.
Ces animaux ne présentaient ni de fatigue, ni de perte de poids, ni d’altération de la consistance
des selles, ce qui confirme l’absence de toute réponse inflammatoire dans ces conditions
expérimentales (Figure 15).
33
aggravation plus prononcée (Figure 15). Par la suite (à partir du J2), le traitement CLA-ASTRA
améliore significativement les paramètres cliniques et l’état général des souris du groupe
‘DSS+CLA-ASTRA’ par rapport au groupe ‘DSS’, comme en atteste la réduction très significative
du score DAI en J4 (Figure 15). Toutefois, une réaugmentation du score DIA a été observée en
fin d’expérimentation, probablement liée à un stress accru chez les souris ou à une inefficacité du
traitement pour maintenir une atténuation durable de la colite (Figure 15).
Score de l'état général des souris
4
**** **** Témoin
3 **** DSS
DSS+ASTRA-CLA
2
***
1
0 1 2 3 4 5
-1
Figure 15 : Effet du traitement CLA-ASTRA sur l’état de santé général des souris
(***p<0.001 ; ****p<0.0001).
En tant qu’indicateur fiable de l’atteinte colique, la longueur du côlon a été mesurée, suite à un
prélèvement minutieux effectué après l’euthanasie des souris, afin de permettre des analyses
macro- et microscopiques de ce segment. L’administration de DSS a entraîné un raccourcissement
important de la longueur du côlon chez les souris du groupe DSS (Figure 16).
34
TÉMOIN
DSS
DSS + ASTRA-CLA
La longueur du côlon dans le groupe de traitement DSS+CLA-ASTRA (82.13± 3.62 mm) diffère
significativement (**p<0,01) de celle du groupe DSS, et a montré un ratio moyen
significativement élevé (0.45 ± 0.019 cm/g, *p < 0,05), se rapprochant de celui observé chez les
animaux témoins (Figure 17 A et B). Ces résultats suggèrent que le traitement combiné aurait
exercé un effet protecteur en limitant le raccourcissement colique, probablement par un mécanisme
impliquant la réparation des lésions tissulaires au niveau du côlon.
35
A B
60 DSS+ASTRA-CLA 0.4
0.2
40
20 0.0
Temoin DSS DSS+ASTRA-CLA
L’observation microscopique des coupes histologiques du colon des souris témoins a révélé une
architecture bien conservée. Celle-ci se caractérise par une organisation structurée des différentes
couches, de la lumière vers la périphérie : muqueuse (M), musculaire muqueuse (MM), sous-
muqueuse (SM) et musculeuse (MU). Au niveau de la muqueuse, l’épithélium forme des
invaginations caractéristiques appelées cryptes ou glandes de Lieberkühn, qui sont soutenues par
la lamina propria (chorion), au sein de laquelle on observe de petits amas cellulaires polymorphes
ainsi qu’un infiltrat lymphoïde, parfois organisé en follicules (Figure 19).
Un score histologique maximal a été attribué aux souris du groupe (Figure 18). L’examen du côlon
a révélé une architecture tissulaire profondément altérée par rapport au groupe contrôle.
L’administration du DSS a provoqué de nombreuses altérations caractéristiques, notamment la
destruction et la raréfaction des glandes, une atrophie marquée de la muqueuse colique, ainsi
qu’une désorganisation de la couche musculaire. Un infiltrat inflammatoire dense, majoritairement
lymphocytaire, a également été observé, accompagné de quelques polynucléaires. Cet infiltrat
s’étendait à la muqueuse, la sous-muqueuse, les glandes et les faisceaux musculaires (Figure 19).
À l’échelle macroscopique, ces modifications se traduisent vraisemblablement par le
raccourcissement significatif de la longueur du côlon. L’analyse histologique des fragments
36
coliques du groupe DSS+CLA-ASTRA a montré une organisation tissulaire du côlon nettement
mieux préservée comparée à celle observée dans le groupe DSS. Cette amélioration s’est
accompagnée d’une réduction significative du score histologique par rapport au groupe DSS (p
< 0.05) (Figure 18). Comme l’illustrent les figures 19 la muqueuse colique du groupe DSS+CLA-
ASTRA présente une stratification bien conservée, accompagnée de multiples signes de
régénération tissulaire et de restauration de l’intégrité épithéliale. On observe notamment une
régénération des cryptes ainsi qu’un processus de réépithélialisation en cours au niveau de la
muqueuse colique.
ns
ns ns
15
Score histologique
10
oi
n SS LA
m D -C
A
Te R
ST
S +A
S
D
37
V
V
M
u
Infiltrat inflammatoire
38
4. Etude de l'effet thérapeutique de la combinaison conjuguée de l’acide linoleique-
Astragalus sur l’activité des éosinophiles :
Afin d’explorer une éventuelle corrélation entre l’infiltrat inflammatoire observé dans le tissu
colique du groupe DSS et l’activité éosinophilique, nous avons évalué les concentrations
plasmatiques d’EPO chez les souris des différents groupes expérimentaux.
Les résultats, présentés dans la Figure 20, montrent une augmentation non significative (p >0,05)
des taux d’EPO (0.36 ± 0.04 UDO/ml) dans le groupe DSS, comparativement au groupe témoin,
chez lequel les niveaux étaient nettement inférieurs (0.27 ± 0.052 UDO/ml).
Par ailleurs, le traitement combiné CLA-ASTRA a montré une diminution non significative (0.34
± 0.04 UDO/ml) par rapport au groupe DSS (p >0,05).
ns
0.5 ns ns
EPO (UDO/ml de plasma)
0.4
0.3
0.2
0.1
0.0
Temoin DSS DSS+ASTRA-CLA
La production du NO a été estimée par le dosage des nitrites résiduels dans le plasma. Les résultats
révèlent une augmentation non significative de ces métabolites chez les souris du groupe DSS
39
(17.71 μM) par rapport au groupe témoin (12.57 μM ; p > 0,05).
La comparaison entre le groupe DSS et le groupe DSS + CLA-ASTRA a montré une diminution
des taux de nitrites (12.46 μM) dans ce dernier ; toutefois, cette baisse n’est pas statistiquement
significative (p > 0,05).
80
60
[NO2-] µM
40
20
0
Temoin DSS DSS+ASTRA-CLA
La production excessive du NO au cours des réponses inflammatoires est généralement liée à une
hyperactivité ou surexpression de l’enzyme NOS2. De plus, en raison de l'absence de résultats
concluants quant à la production in vivo du NO, une analyse plus approfondie de l'expression de
la NOS2 a été menée au niveau des macrophages péritonéaux. Dans ce contexte, une analyse
qualitative par immunofluorescence a été réalisée afin d’explorer le potentiel immunomodulateur
de la combinaison CLA-ASTRA sur la régulation de la production de NO.
Les données présentées dans la Figure 22 indiquent clairement une surexpression de la NOS2 dans
les macrophages péritonéaux des souris du groupe DSS, par rapport son expression dans le groupe
contrôle. Une intensité de fluorescence verte a été observée dans le cytoplasme des macrophages
40
des souris traitées au DSS, tandis qu’elle demeure à peine perceptible chez les macrophages des
souris contrôles. La quantification par immunofluorescence, basée sur la fluorescence cellulaire
totale corrigée (CTCF), a également mis en évidence une augmentation statistiquement non
significative (p > 0,05) de l’expression de la protéine NOS2 dans les macrophages péritonéaux du
groupe DSS par rapport à son expression dans le groupe contrôle.
De manière notable, le traitement CLA+ASTRA a entraîné une baisse dans l’intensité du signal de
fluorescence ainsi que le nombre de cellules fluorescentes, une intensité comparable à celle des
macrophages des souris du groupe contrôle (Figure 22). Ceci est soutenue par les résultats de la
quantification CTCF montrant une diminution significative (p < 0,05) de l’expression de la NOS2
dans les cellules du groupe traitement comparativement au groupe Induit.
41
ns
100000 ns ✱
80000
60000
CTCF
40000
20000
0
ns S TT
oi DS S +
m
Té DS
Figure 22 : (A) Marquage cellulaire par l’anti-NOS2 des macrophages péritonéaux (Grossissement
x400). (B) Fluorescence cellulaire totale corrigée (CTCF). Les résultats sont présentés sous forme de
moyennes ± SEM (* p<0,5 ; ** p<0,1 , ns :non significatif)
En tenant compte des résultats obtenus, il est probable que l’effet anti-inflammatoire du traitement
utilisé dans cette étude implique également une régulation négative de la voie de signalisation NF-
кB. De ce fait, nous avons analysé l’expression de ce facteur au niveau des macrophages
péritonéaux des différents groupes expérimentaux.
Les images d’immunofluorescence (Figure 23) montrent la localisation de la sous-unité p65 (en
vert) ainsi que les noyaux colorés au DAPI (en bleu) dans les macrophages péritonéaux. Dans les
cellules du groupe contrôle, une expression basale de la protéine p65, répartie de manière diffuse
dans le cytoplasme. En revanche, les cellules des souris du groupe DSS présente une forte
expression de la sous unité P65 du NF-кB avec probablement une translocation nucléaire de cette
sous-unité a (manque de données du chevauchement des signaux bleu et vert).
42
avec le groupe contrôle (Figure).
Concernant les souris du groupe DSS+CLA-ASTRA, nos résultats mettent en évidence une nette
régression de l’expression de la sous unité P65 en comparaison avec les souris du groupe DSS
(Figure). Ces résultats nous permettent de suggérer que le traitement combiné CLA-ASTRA a
exercé un effet anti-inflammatoire en interférant avec la voie d’activation du ce facteur. Ces
observations sont appuyées par les résultats de la quantification CTCF de la sous-unité p65, qui
révèlent une réduction significative de la fluorescence dans le groupe traité (p < 0,01), par rapport
au groupe DSS (Figure 23).
43
DSS+TT
✱✱
DSS
ns
Control
Figure 23 : (A) Marquage cellulaire par l’anti-NF-kB (p65) des macrophages péritonéaux
(Grossissement x400). (B) Fluorescence cellulaire totale corrigée (CTCF). Les résultats sont
présentés sous forme de moyennes ± SEM (** p<0,1 ; ns : non significatif)
44
Chapitre IV :
DISCUSSION
Les traitements traditionnels des MICI incluent diverses classes de médicaments visant à moduler
la réponse immunitaire et à réduire l’inflammation. Toutefois, ces approches présentent des taux de
réponse variables ainsi que des effets secondaires potentiels. Il est donc essentiel d’explorer de
nouvelles stratégies thérapeutiques et préventives pour les MICI, un domaine qui suscite un intérêt
croissant. Dans cette perspective, la combinaison de deux thérapies constitue une approche
innovante, visant à potentialiser les effets cliniques en modulant simultanément plusieurs voies
inflammatoires.
Une dynamique de recherche accrue a émergé ces dernières années autour de l’acide linoléique
conjugué (CLA) et l’extrait d’Astragalus membranaceus (AM) ont fait l’objet de plusieurs études
ayant mis en évidence leurs propriétés biologiques, incluant des effets antioxydants, anti-
inflammatoires, ainsi que leur capacité à moduler la réponse immunitaire (Li et al., 2020), et en
particulier leur rôle potentiel dans l’atténuation des processus inflammatoires au niveau intestinal.
Cette étude visait à mettre en évidence les effets thérapeutiques potentiels de la combinaison du
CLA et de l’extrait d’AM sur l’atténuation du processus inflammatoire. Dans ce cadre, nous avons
évalué leurs propriétés immunomodulatrices et anti-inflammatoires en recourant à un modèle
murin de colite expérimentale (RCH like), induite par DSS chez des souris BALB/c.
Le modèle de colite induite par DSS constitue l’un des outils expérimentaux les plus répandus pour
l’étude des MICI, en raison de sa facilité d’induction, de sa fiabilité ainsi que de sa reproductibilité.
En fonction de la durée et de la fréquence d’administration du DSS, ce modèle permet de
reproduire différentes formes de colite chez l’animal, allant de la forme aiguë à la forme chronique,
voire à l’apparition de lésions dysplasiques (Okayasu et al., 2002, Whittem et al., 2010)
La stratégie expérimentale adoptée dans le cadre de notre étude visait à induire une colite aiguë
par l’administration de DSS à 4 % (m/v) dans l’eau de boisson des souris, et ce, pendant une durée
de cinq jours consécutifs.
45
Tout au long de l’expérimentation, les souris traitées au DSS ont présenté des symptômes
évocateurs de colite, tels qu’une perte de poids progressive notée essentiellement au 4ᵉ jour du
protocole, et une nette dégradation de l’état général caractérisée par l’apparition des diarrhées, une
fatigue, des poils hérissés et une posture courbée. L’ensemble de ces paramètres atteste de la mise
en place d’un processus de colite. Ces constatations sont cohérentes avec les travaux de (Cooper
et al., 1993, Benight et al., 2011, Toumi et al., 2013)
Il est établi que le DSS agit comme un agent inducteur de colite, provoquant un raccourcissement
significatif de la longueur du côlon, ce qui traduit la gravité de l’inflammation colique ainsi que la
persistance des altérations tissulaires locales (Chassaing et al., 2014). Nos résultats ont mis en
évidence une réduction significative de la longueur du colon chez les animaux du groupe modèle,
et que le traitement par la combinaison CLA+ASTRA a permis de préserver de manière
significative la longueur du colon, indiquant une atténuation des altérations inflammatoires
associées. Nos résultats concordent avec ceux d’études antérieures, notamment celle de Lv et al.,
qui ont montré que les polysaccharides d’Astragalus entraînaient une augmentation significative
de la longueur du côlon dans un modèle de colite induite par DSS (Lv et al., 2017). De même,
Borniquel et al., ont rapporté qu’un régime enrichi en CLA permettait de prévenir le
46
raccourcissement colique habituellement observé suite à l’administration de DSS (Borniquel et
al., 2012b)
L’analyse histologique des segments coliques des souris du groupe DSS a révélé d’importantes
lésions de l’épithélium, accompagnées d’une infiltration cellulaire importante au niveau de la
muqueuse. Ce profil lésionnel s’est traduit par l’obtention du score histologique le plus élevé parmi
les groupes étudiés. L’absence d’une barrière épithéliale continue, observée dans notre étude,
pourrait favoriser la translocation de micro-organismes et conduire à une activation prolongée du
système immunitaire muqueux. Ces observations sont en accord avec les résultats obtenus par
Okayasu et al, ainsi que par plusieurs autres travaux utilisant ce même modèle expérimental
(Okayasu et al., 1990, Dieleman et al., 1994, Kumar et al., 2011, Chassaing et al., 2014)
Dans nos conditions expérimentales, l’analyse histologique du tissu colique a révélé une
infiltration marquée de polynucléaires neutrophiles (PNs) et de polynucléaires éosinophiles (PEs),
suggérant que le DSS favorise la translocation bactérienne à travers la barrière muqueuse. Cette
translocation, médiée notamment par des ligands bactériens tels que le LPS, pourrait induire un
chimiotactisme leucocytaire et entraîner leur accumulation au niveau du site inflammatoire. En
effet, nous avons observé une élévation de l’activité EPO dans le plasma des souris du groupe DSS
comparativement au groupe témoin. Cette augmentation pourrait s’expliquer par le processus de
47
chimiotactisme, qui est en grande partie médié par la production de chimiokines telles que
l’éotaxine-1, un puissant agent attractant des éosinophiles, exprimé de manière constitutive dans
l’intestin grêle et le côlon (Seely et al., 2003, Jacobs et al., 2021).
Une légère diminution de l’activité de l’EPO a été observée chez les souris traitées par la
combinaison CLA+ASTRA. Néanmoins, cette réduction reste insuffisante pour affirmer avec
certitude l’efficacité anti-inflammatoire de ce traitement combiné en ce qui concerne la limitation
de l’infiltration leucocytaire. Il apparaît dès lors essentiel d’élargir l’analyse à d’autres populations
cellulaires impliquées dans la réponse inflammatoire afin d’en évaluer pleinement les effets.
Plusieurs études cliniques ont souligné l’implication nocive du NO dans la physiopathologie des
MICI. Des niveaux significativement élevés de ses métabolites ont été retrouvés dans le plasma,
les urines et la muqueuse intestinale des patients souffrant de cette maladie (Soufli et al., 2016).
Le NO généré par la NOS constitutive joue un rôle essentiel dans la préservation de l’équilibre
physiologique de la muqueuse gastro-intestinale (Shiga et al., 2020). À l’inverse, le NO produit
par la NOS2 est largement reconnu pour ses effets délétères, agissant comme un médiateur pro-
inflammatoire en raison de sa forte réactivité et de sa capacité à engendrer des radicaux libres,
responsables de lésions tissulaires et d’une altération de l’intégrité de la barrière intestinale
(Rachmilewitz et al., 1995).
Au vu des résultats obtenus, l’administration de DSS a induit une élévation des concentrations
plasmatiques en nitrites. Bien que cette augmentation ne soit pas statistiquement significative, elle
témoigne d’une activation modérée de la réponse inflammatoire, en accord avec les observations
rapportées dans la littérature. En effet, Tun et al. ont montré que l’inflammation colique induite
par le DSS s’accompagne d’une augmentation de la production du NO, principalement médiée par
l’activation de la voie TLR4/NF-κB et l’induction de la NOS-2 (Tun et al., 2024).
48
Cette hypothèse est appuyée par les travaux de Yu et al., qui ont mis en évidence un mécanisme
similaire (Yu et al., 2002).
Bien que nos résultats sur la production de NO restent peu concluants, de nombreuses études ont
clairement établi qu’au cours du processus inflammatoire associé à la colite, des concentrations
élevées de NO sont généralement observées. Cette surproduction est le plus souvent attribuée à
une expression et/ou une activité accrue de la NOS-2. Dans cette perspective, nous avons eu
recours à une analyse qualitative par immunofluorescence afin d’évaluer l’effet
immunomodulateur de l’association CLA–ASTRA sur l’expression de la NOS-2 chez des souris
BALB/c atteintes de colite expérimentale.
Les résultats obtenus suite à l’administration de DSS indiquent une surexpression de la NOS-2 au
niveau des macrophages péritonéaux, comparativement au groupe témoin. Cette régulation
positive pourrait être induite par l’action du TNF-α et d’autres cytokines pro-inflammatoires telles
que l’IL-1β et l’IFN-γ, connues pour activer la voie de NF-κB, conduisant à la transcription de
plusieurs gènes impliqués dans la réponse inflammatoire, notamment celui codant pour la NOS2.
Nos résultats concordent avec ceux rapportés par Ren et al., lesquels ont démontré que
l’administration de DSS induisait une augmentation très significative de l’expression de la protéine
NOS2 par rapport au groupe témoin (Ren et al., 2019).
49
Nos observations corroborent celles rapportées par Zhang et al, en révélant une élévation
significative de l’expression de p65 et de sa forme phosphorylée (p-p65) dans les tissus coliques
des souris du groupe DSS, par rapport aux témoins (Zhang et al., 2021).
Le facteur de transcription NF-κB joue un rôle clé dans l’induction de l’iNOS et la régulation des
protéines de la phase aiguë (cytokines, molécules d’adhésion, enzymes antioxydantes). Il est
constitué de dimères (notamment p65-p50) de la famille Rel et est normalement inactif dans le
cytoplasme, lié aux protéines inhibitrices IκB. Sous l’effet de stimuli pro-inflammatoires (radicaux
libres, cytokines), le complexe IKKβ est activé et phosphoryle IκB, entraînant sa dégradation. Cela
permet la translocation nucléaire de NF-κB, qui se lie aux régions promotrices de gènes cibles pour
activer leur transcription (Sarchielli et al., 2006).
À l’inverse, les souris ayant reçu le traitement combiné CLA+ASTRA ont montré une réduction
marquée de l’expression de la sous-unité p65, accompagnée d’une diminution significative du
signal de fluorescence associé (p < 0,01). Ces données soutiennent l’hypothèse selon laquelle la
combinaison CLA+ASTRA exerce son effet anti-inflammatoire en inhibant l’activation de la voie
NF-κB.
Nos résultats sont en accord avec ceux de plusieurs études antérieures. Ainsi, Bassaganya-Riera et
al, ont démontré que le CLA est capable d’inhiber l’activation de la voie NF-κB dans un modèle
murin de colite (Bassaganya-Riera et al., 2004). De manière similaire, Qiao et al, ont rapporté
que le traitement au CLA induit une réduction de la translocation nucléaire de la sous-unité p65,
conduisant à une diminution significative de la production de médiateurs pro-inflammatoires
(Qiao et al., 2017).
Plusieurs études ont rapporté que les extraits d’Astragalus membranaceus exercent une action anti-
inflammatoire significative, notamment via la modulation des voies de signalisation PI3K/AKT et
NF-κB (Li et al., 2022, Zhu et al., 2025). À la lumière de ces observations, la combinaison CLA-
Astragalus se profile comme une stratégie thérapeutique prometteuse pour la modulation de
l’inflammation intestinale, en particulier par l’inhibition ciblée de la voie de signalisation NF-κB.
50
Conclusion et perspectives
L’objectif principal de cette étude était d’évaluer le potentiel thérapeutique d’un traitement
combiné à base d’acide linoléique conjugué (CLA) et d’Astragalus membranaceus, en
s’appuyant sur l’analyse de ses effets anti-inflammatoires et immunomodulateurs dans un
modèle murin de colite induite par le DSS. Les résultats obtenus indiquent de manière
probante que cette association contribue à une atténuation significative de l’inflammation
colique.
Au regard global, il en ressort que cette combinaison pourrait présenter des effets
thérapeutiques potentiels qui se traduise par une amélioration des manifestations cliniques
de la colite, une diminution légère mais non négligeable du taux du monoxyde d’azote dans
le plasma et par la restauration de la barrière épithéliale colique.
Outre, les données obtenues suggèrent que l’association CLA–Astragalus représente une
approche thérapeutique innovante et prometteuse, capable de moduler spécifiquement
l’inflammation intestinale locale. Cette efficacité se manifeste notamment par la régulation
négative de l’expression de marqueurs pro-inflammatoires tels que la NOS2 et le NF-κB au
sein des macrophages péritonéaux, renforçant ainsi l’intérêt de cette combinaison dans la
prise en charge des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
51
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