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Organisation paysanne et développement rural

Le cours SOC322 : Organisation paysanne vise à enseigner aux étudiants les fondements socioculturels des pratiques paysannes et leur impact sur le développement rural. Les étudiants apprendront à décrire la perception des paysans sur la nature, à identifier les structures de développement traditionnelles et à comprendre les relations entre culture et développement. L'évaluation se fait par des devoirs et un examen final, avec une bibliographie fournie pour approfondir les connaissances.

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Organisation paysanne et développement rural

Le cours SOC322 : Organisation paysanne vise à enseigner aux étudiants les fondements socioculturels des pratiques paysannes et leur impact sur le développement rural. Les étudiants apprendront à décrire la perception des paysans sur la nature, à identifier les structures de développement traditionnelles et à comprendre les relations entre culture et développement. L'évaluation se fait par des devoirs et un examen final, avec une bibliographie fournie pour approfondir les connaissances.

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Domaine : Sciences de l’Homme et de la Société

Établissement : FSHS
Parcours : Licence

SYLLABUS DE COURS

Intitulé du parcours : Licence

Semestre d’évolution : Harmattan 3

Code et intitulé de l’enseignement : SOC322 : Organisation paysanne

Nombre de crédits : 03

Enseignant responsable de l’UE : M. GBEMOU Kokou Mawulikplimi,


Professeur Titulaire de sociologie rurale

Public cible : Cette UE s’adresse aux


étudiants…………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………

Prérequis : Néant

Objectifs de l’UE

- Objectif général : Cette UE vise à amener les étudiants à comprendre les


fondements socioculturels des pratiques paysannes, les fonctions sociales
et économiques des organisations paysannes, notamment traditionnelles,
leur rôle dans les espaces ruraux et la relation entre la culture et le
développement.
- Objectif spécifique :
A la fin de l’UE, les étudiants seront capables de :
 décrire la perception que les paysans ont de la nature et leurs modes de
gestion de l’environnement ;
 identifier les structures endogènes de développement en milieu
traditionnel ;
 décrire la relation entre les pratiques culturelles et les actions de
développement.

Langue d’enseignement : Français

Bref descriptif de l’enseignement : Cette UE traite de l’organisation et de la vie


des sociétés traditionnelles. Elle analyse les perceptions que les communautés
traditionnelles ont de la nature et leurs modes de gestion de l’environnement. Elle
décrit également les différentes organisations traditionnelles existantes et les
stratégies qu’elles développent face aux diverses difficultés existentielles
rencontrées. Par ailleurs, l’UE aide les étudiants à comprendre les rapports entre
la culture d’un peuple et son développement.

Organisation de l’enseignement

Formules et Support
Séance Activités
Objectifs techniques pédagogiq
N° d’enseignement
pédagogiques ue
Initier les étudiants au 1 PRISE DE CONTACT,
contenu et aux INTRODUCTION ET Enseignement OUI
concepts-clés du NOTIONS
cours DEFINITIONNELLES
Décrire la perception 2 LA PERCEPTION DE LA
que les paysans ont de NATURE PAR LES Enseignement OUI
la nature COMMUNAUTES
TRADITIONNELLES
Décrire les pratiques 3
par lesquelles les
LA GESTION
communautés
TRADITIONNELLE DE Enseignement OUI
traditionnelles
L’ENVIRONNEMENT
assurent la gestion de
l’environnement
Identifier les 4 LES GROUPES DE TAM-
fonctions du tam-tam TAM : UNE DYNAMIQUE A
Enseignement OUI
en milieu traditionnel FONCTIONS SOCIALES
MULTIPLES
Exposer les fonctions 5 LE COUVENT INITIATIQUE Enseignement OUI
du couvent initiatique
Relever les fonctions 6 LES GROUPES
des groupes D’ENTRAIDE AGRICOLES Enseignement OUI
d’entraide agricoles
Décrire le rôle et les 7 Enseignement OUI
avantages de la LES GROUPES DE TONTINE
tontine en milieu rural
Identifier le rôle des 8 LES FONDS DE SOUDURE Enseignement OUI
fonds de soudure et ET LES BANQUES DE
des banques de CEREALES
céréales
Décrire le rôle des 9 LES CAISSES Enseignement OUI
caisses villageoises VILLAGEOISES
d’épargne et de crédit D’EPARGNE ET DE CREDIT
Montrer le lien entre
CULTURE ET
la culture et le 10 Enseignement OUI
DEVELOPPEMENT
développement
Identifier les OUI
conditions de DEVELOPPEMENT ET
participation des 11 ADHESION DES Enseignement
populations au POPULATIONS
développement
Relever les 12 Enseignement OUI
LES COMPOSANTES DES
composantes d’une
POLITIQUES
politique culturelle
CULTURELLES
adéquate

Évaluation

- Évaluation en cours d’apprentissage : Devoir de maison, exposé, DST :


poids dans la validation de l’UE : 50%
- Examen final : Examen écrit, examen oral : poids dans la validation de
l’UE : 50%

Bibliographie

1. BESSIS Sophie, 1981, L’Arme alimentaire, Paris, Maspero.


2. CHAMBERS Robert, 1990, Développement rural. La pauvreté cachée, Paris,
Karthala.
3. COMMISSION SUD, 1990, Défis au Sud, Normandie, ECONOMICA.
4. DOGBE Yves-Emmanuel, 1983, Lettres ouvertes aux pauvres d’Afrique.
Participation populaire et développement, Lomé, Akpagnon.
5. ELA Jean-Marc, 1994, Afrique, l’irruption des pauvres : sociétés contre
ingérence, pouvoir et argent, Paris, L’Harmattan.
6. MEISTER Albert, 1972, La participation pour le développement : vers une
sociologie des associations, Paris, Ouvrières.
7. TEVOEDJRE Albert, 1973, La pauvreté, richesse des peuples, Paris,
Ouvrières.
8. VINCENT Fernand, 1994, Financer autrement les associations et ONG du
Tiers Monde, Vol 1, Genève, IRED.
9. ZIEGLER Jean, 1992, Main basse sur l’Afrique, Paris, Seuil.
SEANCE N° 9 : LES CAISSES VILLAGEOISES D’EPARGNE ET DE
CREDIT
Objectif : décrire le rôle des caisses villageoises d’épargne et de crédit

Une caisse villageoise d’épargne-crédit est une banque rurale créée à l’initiative
des paysans pour mobiliser l’épargne intérieure. Elle part souvent de l’idée que
chaque producteur est capable d’économiser de petites sommes d’argent dont la
mise en commun peut permettre à un ou plusieurs exploitants d’emprunter une
somme importante pour acquérir du matériel agricole ou des intrants nécessaires.
Les paysans, membres actifs de ces caisses, bénéficient des prêts les uns après les
autres et d’une année à l’autre.

Les caisses villageoises constituent de véritables alternatives pour les cultivateurs


qui ont besoin de crédit en vue de promouvoir leurs activités. De façon générale,
qu’il s’agisse des groupes de tontine, des fonds de soudure, des banques de
céréales ou d’autres systèmes de prévoyance, ces initiatives locales sont rares dans
nos milieux. On constate que les paysans ne sont pas prêts à s’associer pour réunir
ou collecter des fonds d’investissement. Cette lacune est liée à l’individualisme et
à la méfiance qui se développent entre les paysans.

Question :

Quels sont les acteurs d’une caisse d’épargne et de crédit ?


UNIVERSITE DE LOME

TOGO

DOMAINE DES SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIETE

PARCOURS DE LICENCE DE SOCIOLOGIE

FACULTE DES SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIETE

ORGANISATION PAYSANNE – SOC322

CREDITS : 3

PUBLIC CIBLE : ETUDIANTS EN SOCIOLOGIE

SEMESTRE 4

ENSEIGNANT RESPONSABLE DE L’UE :

GBEMOU Kokou Mawulikplimi, Professeur Titulaire de sociologie rurale

ANNEE UNIVERSITAIRE 2020-2021


SEANCE N°2 : LA PERCEPTION DE LA NATURE PAR LES
COMMUNAUTES TRADITIONNELLES

Objectif : décrire la perception que les paysans ont de la nature


La perception que les sociétés traditionnelles africaines ont de la nature a un
fondement religieux. En effet, la nature est perçue comme un don gratuit d’un être
suprême (Dieu) et est destinée à tous : générations présentes et futures. Mais,
l’être suprême transcendant, créateur de l’univers et de l’homme, étant invisible,
a délégué ses pouvoirs à certains intermédiaires que sont les esprits et les mânes
ancestraux chargés de féconder la nature pour nourrir les hommes. Ainsi,
l’exploitation de la nature ne doit pas provoquer la colère des divinités qui
l’habitent. La communauté villageoise doit toujours rester dans les bonnes grâces
des esprits. C’est pourquoi, en milieu rural, l’acquisition et l’exploitation de la
terre sont soumises à certaines procédures. En exemple, toute demande de terre
est adressée aux chefs de terre qui indiquent et délimitent la superficie à octroyer
et qui fixent les conditions d’exploitation. Aucune transaction financière n’est
admise dans le domaine foncier. La terre est considérée comme un héritage
collectif, et de ce fait, ne doit pas être vendue. Dans les communautés
essentiellement agricoles, l’activité du paysan ne vise pas à épuiser le capital
foncier, mais à le préserver et à l’enrichir. La pratique culturale la plus répandue
est alors l’agriculture itinérante sur brûlis dont nous ne citons aujourd’hui que les
faiblesses. Pour ces sociétés, à travers cette technique, il s’agit de laisser au bout
d’un certain temps la possibilité à la terre de se régénérer. Lors du défrichage d’un
nouveau champ, l’abattage des arbres revient aux vieux qui connaissent
parfaitement les espèces végétales à conserver, soit pour leur caractère sacré, soit
pour leur qualité nutritive ou écologique. Parmi ces espèces, on peut citer le karité,
le néré, le rônier, le palmier, le baobab, le figuier, etc.
LECTURE COMPLEMENTAIRE
Perception de la nature et savoir paysan

Au Sud du Togo, les paysans ont, en général, une perception de la nature fondée
sur des mythes et des croyances religieuses. En effet, selon la tradition rappelée
par les chefs coutumiers, la nature est perçue comme un don divin dont les
bénéficiaires sont les hommes (générations présentes et futures). Mais, étant
invisible, Dieu a délégué ses pouvoirs à certains intermédiaires (mânes, esprits)
chargés de féconder l’univers pour pourvoir aux besoins des êtres humains. Une
telle perception implique certains comportements et attitudes chez l’individu : une
communion entre l’homme et la nature, ce qui sous-entend une utilisation
rationnelle des ressources naturelles. « La révérence des Africains à l’égard de la
nature et des endroits naturels était une attitude et une pratique religieuse qui,
tout en se développant, remplissait indirectement d’autres fonctions sociales au
sein de l’ensemble de la communauté. » (Sow 2001 :207).

La logique traditionnelle impose aux paysans un code de gestion de


l’environnement à travers l’institution de sites naturels sacrés auxquels l’accès est
formellement interdit.

De nombreux sites sacrés ont survécu pendant des centaines d’années


et sont donc des réservoirs importants de biodiversité. La sacralisation
des objets naturels et le fait pour les communautés rurales d’intégrer le
monde invisible à leur vie sont aujourd’hui salutaires, car ils permettent
de sauvegarder notre environnement (Témoignage d’un employé de
l’ONG EquiNat basée à Tsévié).
A travers ces propos, il est clair que dans les traditions africaines, la gestion sacrée
de la nature présente un intérêt certain pour la conservation de la biodiversité
(Azowa et Tahoux-Touao 2010). La spécificité du savoir paysan est liée aux
croyances religieuses ancestrales au travers desquelles on considère que les êtres
du milieu abiotique et biotique portent en eux la force divine. Ainsi, certains
milieux spécifiques tels que cimetières, forêts, cours d’eau sont réservés pour
communiquer avec les divinités, les génies et les ancêtres disparus, mais
considérés toujours comme vivants. Le témoignage suivant d’un chef coutumier
interviewé à Kouvé est édifiant :

Nos ancêtres qui sont passés dans le monde invisible entretiennent


toujours des relations avec nous, les vivants. Ils sont morts, mais ils
veillent sur notre vie. Ils vivent tout près de nous dans les lieux tels que
les forêts, rivières, cimetières, champs, etc. Nous devons donc prendre
soin de ces lieux, car c’est à partir de là qu’ils communiquent avec les
vivants. Dans nos traditions, la vie présente dépend toujours de celle de
l’au-delà. Les deux mondes (visible et invisible) ne sont pas à séparer.
Ces propos mettent en relief le rôle que les entités invisibles jouent dans la vie
quotidienne des hommes : selon la tradition, elles sont considérées comme les
protectrices des vivants. C’est cela qui explique toutes les attitudes de vénération
des paysans envers les objets naturels. Le souci de vouloir vivre en symbiose avec
la nature a conduit les ruraux à intégrer les mythes et les superstitions à leur vie.
Au lieu de se considérer comme maîtres et possesseurs de la nature (Descartes
2009) pour justifier les violences humaines exercées sur l’environnement, ils se
considèrent comme les garants des bienfaits que constituent les ressources
naturelles. Ainsi, dans toutes leurs activités, les communautés traditionnelles ont
toujours le souci de faire une utilisation rationnelle de ces ressources et d’éviter
leur épuisement. Tout le savoir paysan est fondé sur une telle conception.

Dans l’ensemble, il convient de souligner que vis-à-vis de l’environnement, les


communautés traditionnelles du Sud-Togo ont développé une certaine éthique
permettant aux paysans d’avoir un sens aigu du respect pour le patrimoine
collectif. De cette éthique dérivent toutes les pratiques a priori anodines, mais
revêtant un sens profond qu’il convient d’analyser.

Questions :
1. Quelle est l’implication de la conception traditionnelle de la nature ?
2. Pourquoi les paysans vénèrent-t-ils les objets naturels ?
UNIVERSITE DE LOME

TOGO

DOMAINE DES SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIETE

PARCOURS DE LICENCE DE SOCIOLOGIE

FACULTE DES SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIETE

ORGANISATION PAYSANNE – SOC322

CREDITS : 3

PUBLIC CIBLE : ETUDIANTS EN SOCIOLOGIE

SEMESTRE 4

ENSEIGNANT RESPONSABLE DE L’UE :

GBEMOU Kokou Mawulikplimi, Professeur Titulaire de sociologie rurale

ANNEE UNIVERSITAIRE 2020-2021


SEANCE N°3 : LA GESTION TRADITIONNELLE DE
L’ENVIRONNEMENT
Objectif : décrire les pratiques par lesquelles les communautés traditionnelles
assurent la gestion de l’environnement

Dans les communautés traditionnelles, l’homme tente toujours d’intégrer l’espace


ou l’environnement à son comportement culturel. En effet, l’environnement n’est
pas une simple donnée géographique ou physique. Sa composition renvoie
toujours à la présence secrète d’un au-delà qui est en fait le lieu privilégié des
rapports de l’homme avec son milieu, avec l’univers tant visible qu’invisible.

Entre l’homme et son environnement, il existe une communion fondée sur le fait
que de la nature hostile ou bienveillante, l’homme tire ses moyens de subsistance.
Il peut user des animaux et des végétaux. En revanche, les détruire, c’est ignorer
leur droit à la vie, et cet acte est perçu comme une faute grave qui pourrait porter
atteinte à la cohésion sociale. Pour limiter les actions individuelles ou collectives
préjudiciables à l’environnement, la société traditionnelle a mis au point un
certain nombre de règles qui régissent les comportements dans la gestion de
l’environnement. C’est en fait l’objectif majeur que vise l’institution des interdits
et des totems.

3.1. Les interdits

L’interdit au niveau du village est ce qui n’est pas autorisé par la communauté, ce
que l’ensemble de la communauté défend ; ainsi, dans plusieurs villages, on a des
lieux interdits (collines sacrées, arbres, animaux défendus par la coutume : le boa,
le python, le singe etc.). Les lieux sacrés sont censés être la demande des esprits ;
en conséquence, l’exploitation de ces lieux est interdite. S’agissant des arbres et
des animaux, ils sont préservés, soit pour leur bienfait au fondateur du village, soit
par recommandation des esprits.
Au delà des considérations religieuses et mythiques qui se développent à travers
les interdits, c’est tout un comportement que la communauté villageoise dans son
ensemble observe dans ses rapports avec son environnement, ce qui prouve que
les sociétés traditionnelles africaines disposent d’un savoir-faire écologique.

3.2. Les totems

Les champs d’application du totem se réduit à la grande famille. Ainsi, dans un


village, on peut trouver plusieurs totems variables d’une famille à l’autre. Tout
comme l’interdit, les origines du totem sont aussi entourées de mythes : tel ancêtre
fut sauvé par tel animal, il fait alors un serment engageant sa descendance à ne
jamais tuer cet animal. Le totem régule l’exploitation des éléments de la nature.
En général, par le totem et l’interdit, le village assure une formation à
l’environnement et rappelle constamment à l’individu ou au groupe sa
dépendance vis-à-vis de son environnement. De ces rapports avec
l’environnement, naît la culture de l’homme. De façon implicite, les communautés
traditionnelles disposent d’une « science » de l’environnement.

3.3. Pratiques paysannes et théorie de la rationalité


En matière de protection des ressources environnementales, les paysans togolais
ont développé un ensemble de techniques et de pratiques dont le sens ne peut être
saisi qu’en se référant à la théorie de l’individualisme méthodologique de Boudon
(2003). En effet, selon cet auteur, le système social et ses changements résultent
de l'action des individus. Tous les phénomènes sociaux et économiques sont
explicables dans les termes qui se réfèrent seulement aux individus, à leurs
dispositions, croyances, ressources et relations. Etant donné que les individus sont
intentionnels, leurs actions sont toujours motivées et orientées vers des buts
spécifiques.

Mais bien que leurs agissements produisent parfois des effets indésirables, ils
usent de leurs raisons pour adopter des stratégies gagnantes qualifiées de « situées
» en fonction de l'environnement social, économique, culturel, institutionnel et
historique. Les pratiques paysannes constituent le résultat d'un « agrégat de
comportements individuels » se fondant sur une logique traditionnelle d’après
laquelle « il n’y a pas de rupture entre l’homme et son milieu » (Tévoédjrè 1978
: 88). Ainsi, les communautés rurales ont souvent un sens rationnel de l’adaptation
de leurs pratiques à l’environnement naturel, économique et culturel. Le rôle de
ces pratiques est essentiel, et leur avantage est qu’elles prennent en compte la
culture locale qui est familière au plus grand nombre des ruraux. Ces savoirs
locaux recèlent des significations et des finalités : par exemple, les interdits, les
totems et les tabous, qui sont des éléments relevant d’un système de croyance
fondé sur des mythes, participent à la sécurité environnementale et demeurent des
mécanismes à prendre en compte dans la résolution des crises de l’environnement.

Les sites dits sacrés (forêts, cours d’eau, collines) jouent un rôle important dans
la gestion des ressources naturelles et la conservation de la biodiversité (Atchikiti
2007 : 37). Face à la croissance démographique rapide et compte tenu du caractère
essentiellement agricole de la population rurale, la sécurité alimentaire des
sociétés paysannes dépend directement de celle de l’environnement. Par
conséquent, les modes de gestion traditionnels des ressources basés sur le respect
de la nature sont à privilégier. L’utilisation rationnelle et la conservation des
éléments environnementaux doivent désormais faire partie intégrante de la
politique de développement agricole. Bien qu’elles soient riches et variées, les
pratiques paysannes sont peu diffusées. Au Sud du Togo, les populations rurales
ont des connaissances permettant la valorisation des ressources de
l’environnement. Selon Steiner et Aviedo (2004 : 34),

L’importance du savoir local pour le développement et l’environnement


est maintenant de plus en plus reconnue par les chercheurs et les
praticiens. La recherche et l’expérience pratique du monde entier, et
peut-être de manière plus remarquable de l’Afrique, montrent que le
savoir local a non seulement été un facteur clé dans le développement
des cultures en place et leur adaptation continuelle aux modifications
de leurs environnements, mais également une contribution
d’importance croissante aux actions menées en dehors des limites de la
communauté immédiate.
Dans un système de développement durable, les ressources naturelles (sols, flore,
faune, cours d’eau, richesses halieutiques, vallées, marécages) peuvent à la fois
survivre et augmenter tout en étant utilisées, offrant ainsi la base pour une
économie nationale stable. Dans l’ensemble, on peut dire que les communautés
rurales du Sud-Togo tirent leur identité socioculturelle de l’environnement naturel
dont elles bénéficient. Les pratiques coutumières de ces populations sont fondées
sur l’harmonie vis-à-vis de la nature, c’est-à-dire une certaine communion avec
ce milieu naturel. Avec une telle conception, les interdits, les totems et les mythes
ont un sens profond pour les acteurs qui les initient et qui les utilisent.

LECTURE COMPLEMENTAIRE

Rôle des pratiques paysannes dans la protection de l’environnement

Dans l’utilisation des ressources naturelles, les paysans togolais adoptent souvent
des pratiques et attitudes visant la préservation de l’environnement. Par exemple,
permettre à la terre de se reposer et de se régénérer est un principe communément
admis dans les villages du Sud-Togo. Un cultivateur, interviewé dans le canton
de Kpédomé à Notsè, déclare :

Dans le milieu Haho, les travaux champêtres sont interdits le jeudi de


chaque semaine. Ce jour est appelé Afenogbe. Nous respectons jusqu’à
aujourd’hui cet interdit. Cette tradition est observée partout dans notre
milieu, car elle constitue une prescription de nos ancêtres. Ceux qui
tentent de se dérober à cette règle sont traduits devant les autorités
traditionnelles.
Selon nos investigations, chez la communauté Ewé de Notsè, la terre est appelée
« Miano », c'est-à-dire notre mère reproductrice et nourricière. Or, afin que les
fonctions de reproduction et de nutrition soient durables, toute mère ou génitrice
a besoin d’observer un repos permettant à son organisme de se renouveler. En
d’autres termes, celle qui assure ces fonctions vitales a besoin d’être protégée et
respectée. Ainsi, l’attitude des paysans consistant à interdire le travail agricole
durant un jour de la semaine se comprend.

La pratique de la jachère consistant à laisser le sol se reposer jusqu’à trois ou cinq


ans est un prolongement du repos hebdomadaire institué par les agriculteurs du
Sud-Togo. C’est le sens profond qui sous-tend la technique de l’agriculture
itinérante souvent pratiquée par les paysans. En effet, loin d’être assimilée à un
gaspillage des parcelles cultivables, cette technique est plutôt un moyen de
conservation de la biodiversité, car la reconstitution des substances nutritives
contenues dans le sol serait plus complète quand on laisse la terre au repos pendant
un temps relativement long. Par ailleurs, dans le but de préserver certaines espèces
animales, la consommation de la viande de porc, de python ou encore de la
chauve-souris est prohibée dans les habitudes alimentaires de plusieurs clans au
Sud-Togo. Ces genres de pratiques sont le plus souvent rattachés à une histoire
particulière vécue par les membres du groupe social concerné. Par exemple, chez
les populations du village de Kévuvu Kouma-Adamé dans le Kloto,

La grotte aux chauves-souris est un ancien refuge pendant les guerres


tribales. Cette grotte est baptisée aujourd’hui grotte aux chauves-souris
à cause de ces mammifères en cet endroit. La présence de ces animaux
a dissuadé les guerriers Ashantis de rechercher davantage leurs ennemis
Ewé ; en récompense de cette protection, les populations locales ont
interdit la consommation de la chauve-souris (Auzias et Labourdette
2009 :144).
L’érection de la chauve-souris en totem est liée au rôle protecteur joué par cet
animal à la communauté de Kévuvu Kouma-Adamé pendant les périodes de
guerre. Dans d’autres villages de la zone de Kloto, il existe des interdits et totems
similaires. Un chasseur rencontré à Kpélé-Adéta affirme que

L’arbre fétiche qui se trouve dans le quartier Akoromé de la ville


d’Adéta abrite des chauves-souris. La population n’ose pas tuer une
d’entre elles par des lances de fronde, car elles incarnent encore les
ancêtres guerriers. Elles avertissent les initiés quand le danger
approche. Bref, ce sont des oiseaux communicateurs qu’il faut
conserver.
Ces propos montrent que la conception d’arbre fétiche et d’ancêtres guerriers
incarnés par les chauves-souris contribue à protéger les ressources floristiques et
fauniques. La convivialité entre les sociétés rurales et leur environnement est une
pratique fructueuse. C’est ce que constatent Wala et al. (2001 : 127) lorsqu’ils
affirment que

Dans la Région Maritime côtière, on distingue deux types de forêts


sacrées : les forêts des vaudous qui abritent le panthéon des dieux
protecteurs des villages et les forêts des ancêtres qui abritent les
ancêtres défunts. Dans toutes ces forêts, il est interdit de chasser,
d'allumer le feu, de récolter du bois de chauffe ou d'œuvre, de faire
paître les animaux et d'installer des parcelles de culture. Les populations
locales ont la responsabilité de la protection et de la conservation de ces
sites sacrés.
L’exploitation rationnelle des ressources environnementales demeure donc une
des motivations de l’institution des pratiques traditionnelles mises en œuvre dans
chaque zone du Sud-Togo. Ces pratiques sont appliquées dans la gestion de
presque toutes les ressources naturelles. S’agissant par exemple de l’eau, les
communautés rurales lui accordent une importance capitale. Pour éviter sa
pénurie, la plupart des populations du Sud ont institué des usages permettant de
rationaliser son utilisation. Pour la population d’Agou-Kébotoé qui ne dispose que
de l’eau de rivière, il est interdit d’aller au bord de celle-ci avec une marmite ou
tout récipient noir.

Pour nous, l’eau est le symbole de la pureté. Une rivière qui est un don
de Dieu est protégée par nos ancêtres. Nous aussi, devons prendre soin
de cette ressource. La marmite noire qui est un objet souillé ne doit pas
être utilisée pour recueillir l’eau. En le faisant, l’ancêtre ou la divinité
qui surveille cette rivière se met en colère, ce qui peut conduire au
tarissement de la rivière. (Propos d’un notable interviewé à Agou-
Kébotoé).
D’après ce témoignage, c’est le souci de préserver l’eau qui a amené la population
de ce village à interdire d’utiliser la marmite noire, car son utilisation peut
conduire à la pollution de l’eau et de la rivière. Ainsi, à travers cet interdit, c’est
un usage salubre de l’eau qu’on tente d’inculquer aux individus. Ce principe
traditionnel n’est pas absurde en face de la politique de l’eau potable encore
promue par le gouvernement togolais et les organismes internationaux parmi
lesquels il y a l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et le PNUE (Programme
des nations unies pour l’environnement). Son intérêt se résume, d’une part, à la
lutte contre le gaspillage pouvant conduire à la pénurie d’eau et, d’autre part, à
une sorte de mise en garde à l’endroit des habitants contre les maladies (diarrhée,
choléra) liées à la pollution de l’eau. Cette manière de voir à travers les objets de
la nature des entités spirituelles adorables prévaut encore dans tous les milieux
ruraux du Sud-Togo.

Dans la préfecture des Lacs, les pêcheurs ont pour tradition d’éviter d’attraper les
petits poissons. Ils observent habituellement les saisons de la pêche par le biais de
cérémonies permettant de prévoir l’abondance ou la pénurie des poissons pour
une période donnée. Cet usage garantit une exploitation rationnelle et durable des
ressources halieutiques. Un pêcheur rencontré à Agbodrafo déclare :

Dans notre zone, les pêcheurs font tout pour éviter de capturer les petits
poissons. En conséquence, les filets sont fabriqués de façon à les laisser
échapper. Si d’aventure quelques petits poissons n’ont pas pu traverser
les mailles des filets, ils les ramassent et les remettent dans l’eau pour
leur permettre de grandir.
A travers cette déclaration, il est clair que tout en attrapant les poissons, cette
communauté a le souci d’éviter leur épuisement.

Questions :

Décrire le rôle de :
- Totem
- Interdit
UNIVERSITE DE LOME

TOGO

DOMAINE DES SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIETE

PARCOURS DE LICENCE DE SOCIOLOGIE

FACULTE DES SCIENCES DE L’HOMME ET DE LA SOCIETE

ORGANISATION PAYSANNE – SOC322

CREDITS : 3

PUBLIC CIBLE : ETUDIANTS EN SOCIOLOGIE

SEMESTRE 4

ENSEIGNANT RESPONSABLE DE L’UE :

GBEMOU Kokou Mawulikplimi, Professeur Titulaire de sociologie rurale

ANNEE UNIVERSITAIRE 2020-2021


SEANCE N°4 : LES GROUPES DE TAM-TAM : UNE DYNAMIQUE A
FONCTIONS SOCIALES MULTIPLES
Objectif : identifier les fonctions du tam-tam en milieu traditionnel

Au Togo, les groupes de tam-tam qui se produisent lors des occasions telles que
la réjouissance et le deuil traduisent une des spécificités culturelles des sociétés
traditionnelles africaines. L’analyse du fonctionnement de ces groupes
populaires permet de comprendre que le tam-tam revêt des significations
particulières. En effet, au-delà d’une simple émission de son, il vise la recherche
de la cohésion sociale entre les membres d’une communauté. La déclaration
suivante d’un chef de ménage interviewé à Tsévié est édifiante :

« Que ce soit pendant les cérémonies de mariage, de naissance d’enfant


ou de décès, le fait de jouer au tam-tam permet à toute une population
de se mobiliser pour exprimer son amour, sa compassion ou encore sa
communion aux membres concernés par ces événements.»

Ces propos mettent en exergue le rôle des associations de tam-tam au sein d’une
communauté : elles servent de cadre d’expression de la sympathie des uns envers
les autres. En outre, lors de la production d’un groupe de tam-tam, certaines
chansons exécutées sont des conseils susceptibles d’amener les gens à se défaire
des vices sociaux. Une personne ressource révèle :

«Les Akpessé, Kinka, Akpalo ont pour fonction d’aider les membres
d’une communauté à corriger les vices. Leurs chansons sont en fonction
des circonstances, selon qu’il s’agisse d’un évènement triste ou de
réjouissance. Par exemple, on fredonne des chansons allusives aux
funérailles d’un mari mort suite à la négligence de sa femme ; le but est
de dénoncer ces genres de comportement nuisible qu’on observe chez
certaines femmes.»

Par ailleurs, selon les enquêtés, durant les moments de deuil, l’intervention d’un
groupe traditionnel a pour rôle d’apaiser les cœurs attristés et de leur permettre
de retrouver l’équilibre moral et le calme intérieur. Un notable rencontré à Kovié
dans le Zio raconte :
« Quand on joue au tam-tam Agbadza, ou Gadzo, certaines chansons
disent aux familles éplorées que la mort en soi ne constitue pas une
rupture de la vie, mais plutôt une occasion pour l’homme de se
fraterniser avec le monde invisible où se trouvent nos ancêtres. Alors il
ne faut pas trop pleurer. »

Au cours des funérailles d’une personne riche ou ayant fait montre de bravoure,
d’audace durant sa vie, il est joué le tam-tam sacré dénommé Tahugan qui, selon
un notable,

« traduit le fait que le défunt est une personnalité distinguée, de


référence dans le milieu et ce tam-tam est joué pour lui en signe
d’honneur et d’hommage dignes de son rang. Durant ce spectacle, on
met en scène les grandes activités du défunt, on mime la personne
défunte de sorte que les spectateurs qui ne la connaissaient pas
parviennent à le faire à travers la démonstration ou le rappel des
comportements de ce dernier. Il permet d’inviter les vivants à l’effort
en vue de marquer leur existence».

Il est clair que les groupes de tam-tam remplissent des fonctions diverses au sein
des communautés : démonstration de sympathie, de compassion, consolation,
invitation à l’effort, à l’autocritique.

Questions :
- Quelle est la fonction du tam-tam dans les sociétés traditionnelle ?
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PARCOURS DE LICENCE DE SOCIOLOGIE

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SEMESTRE 4

ENSEIGNANT RESPONSABLE DE L’UE :

GBEMOU Kokou Mawulikplimi, Professeur Titulaire de sociologie rurale

ANNEE UNIVERSITAIRE 2020-2021


SEANCE N°5 : LE COUVENT INITIATIQUE

Objectif : exposer les fonctions du couvent initiatique

Il existe un certain nombre de structures socio-culturelles qui marque la vie


quotidienne des populations villageoises. Il s’agit, entre autres, des groupes
folkloriques, des groupes religieux, des groupes d’entraide, du couvent initiatique,
etc. Dans cette partie, nous allons nous intéresser à certains de ces groupes
traditionnels.

Le couvent initiatique traditionnel est un groupe organisé où chaque membre ou


adepte a sa place et son rôle. Il recèle une importance que la plupart des gens
ignorent.

D’abord, le couvent, selon les adeptes, joue le rôle d’exorcisme. Ainsi, l’entrée au
couvent est souvent sous-tendue par des motifs thérapeutiques. Quand un membre
de la communauté est menacé par un danger ou une maladie, si les oracles révèlent
que l’entrée au couvent constitue l’unique et le seul remède, alors, cette personne
est obligée d’adhérer à ce groupe en recevant une initiation. Dans ce cas, l’entrée
au couvent représente une rançon payée aux fétiches pour écarter d’éventuelles
surprises désagréables.

Ensuite, le couvent est perçu comme un symbole de richesse familiale, car,


autrefois, ne pouvait entrer au couvent qu’une personne issue d’une famille riche.
Cela, parce que depuis l’admission jusqu’à la sortie du couvent, le néophyte doit
faire face à certaines obligations matérielles et financières sans lesquelles il ne
peut jamais bénéficier des rituels de sortie. L’entrée au couvent est donc une
exhibition ostentatoire des biens familiaux et en même temps une incitation au
travail, source de richesse.

Enfin, le couvent est signe de protection et d’ascension sociale. En effet, le


couvent est un milieu clos où les initiés sont censés recvoir des pouvoirs occultes
leur permettant de subjuguer les évènements les plus difficiles de la vie. En entrant
donc au couvent, l’homme cherche à se placer sous les auspices du fétiche afin de
se protéger. Le couvent donne la latitude de diriger une parade contre les dangers ;
et reconnu comme tel, l’adepte fait l’objet de moins d’actes d’agressivité dans la
communauté ; il est généralement respecté.

Par ailleurs, le couvent est un levain de la cohésion sociale et de la solidarité en


ce sens qu’il représente chez ses adeptes ce que représente l’Eglise pour les
chrétiens, les ordres mystiques et les sectes chez d’autres personnes.

Ainsi, les adeptes du couvent se trouvent soudés les uns aux autres en raison de
l’unicité de leur précepte et de l’identité de leur sort. Les adeptes du couvent
entrent rarement en conflit ouvert et durable. C’est la raison pour laquelle au cours
de leur convocation cérémonielle, tous s’efforcent d’être présents pour se faire
connaître et sceller davantage leur amitié et leur solidarité.

LECTURE COMPLEMENTAIRE
Le couvent initiatique : un groupe à fonctions thérapeutique et de
protection sociale
Dans la région maritime au Togo, le couvent est, en général, un groupe difficile
d’accès remplissant des fonctions précises dans les communautés
traditionnelles. Une personne-ressource affirme :

« Le couvent est un groupe qui a une importance que la plupart des gens
ignorent. Il joue le rôle d’exorcisme. Ainsi, l’entrée au couvent est sous-
tendue par des motifs thérapeutiques : quand un membre de la
communauté est malade ou se sent menacé par un danger, si les oracles
révèlent que l’entrée au couvent constitue le seul remède, alors la
personne est obligée d’y adhérer en recevant une initiation. Dans ce cas,
l’entrée au couvent est considérée comme une rançon payée aux
fétiches pour écarter d’éventuelles surprises désagréables.»

Il ressort de ces propos que le couvent initiatique traditionnel assure une fonction
thérapeutique. En milieu traditionnel, la maladie est toujours perçue comme
ayant une origine mystique (envoutement, colère des esprits ou des ancêtres).
Ainsi, lorsque les gens tombent malades, ils n’hésitent pas à se confier aux
adeptes du couvent qui sont censés posséder des pouvoirs de guérison occultes.
C’est dans l’intention d’acquérir ces pouvoirs que certaines personnes adhèrent
au couvent. Un enquêté interviewé à Kovié a confié ce qui suit :

«Les initiés du couvent reçoivent des pouvoirs secrets leur permettant


de maîtriser les événements les plus difficiles. En entrant en ce lieu clos,
les gens cherchent à se placer sous les auspices du fétiche en vue de se
protéger. Le couvent donne la latitude de diriger des parades contre les
dangers ; reconnu comme tel, l’adepte est généralement craint dans
notre milieu, il est respecté et il fait l’objet de moins d’actes
d’agressivité dans la communauté.»

Il apparaît que le couvent joue le rôle de protection pour les acteurs. C’est, en
fait, l’objectif visé par les adeptes à travers les connaissances transmises par les
prêtres traditionnels. Une personne-ressource déclare :

« En général, les adeptes du couvent initiatique, appelés adeptes de dieu


Tonnerre (hevieso), sont des partisans de la non-violence. Ceci
transparaît dans leur comportement : calme, patience, humilité. Ils
vénèrent la nature. Ils ont des connaissances sur les forces occultes, les
vertus des plantes, les objets naturels, etc.»

Ce témoignage montre que les initiés du couvent disposent de certaines


connaissances secrètes supposées être utiles ou nuisibles aux autres membres de
la communauté. D’après les enquêtés, c’est à cause de cela qu’il est recommandé
à ces initiés appelés Nsrou (homme) et Sosi (femme) de faire preuve d’une
certaine maîtrise de soi ou d’une sagesse dans leurs relations avec les autres
personnes afin d’éviter d’utiliser leurs pouvoirs occultes contre elles. C’est ce
qui explique leur attitude consistant à développer des relations harmonieuses
avec toutes les créatures, qu’elles soient humaines ou naturelles. Au sein du
couvent, l’harmonie qui règne entre les initiés est une évidence incontestable. A
cet effet, un adepte interrogé à Kovié a fait la déclaration suivante :

« Le couvent est un levain de la cohésion sociale ; il est pour nous ce


que représente l’église pour les chrétiens. Nous sommes solidaires les
uns des autres, nous respectons nos engagements, car notre précepte est
unique et nous avons le même sort. Ainsi, au moment de notre
convocation cérémonielle, nous nous présentons tous pour nous
connaître davantage. »
Ces propos montrent que les adeptes ont le sens de l’organisation et de la vie
associative : entente mutuelle, solidarité, respect de la parole donnée. Ces valeurs
sont indispensables pour le fonctionnement efficace de tout groupe humain. En
milieu rural, de nos jours, beaucoup d’associations de type moderne
(groupements, coopératives), qui sont pourtant formellement constituées
(disposant de bases juridiques : statuts, règlements intérieurs), peinent à se
pérenniser. Cette difficulté est surtout due au fait que ces groupes ne sont pas nés
spontanément, mais ils ont été suscités par des personnes extérieures aux
communautés dans lesquelles ils sont implantés. Un chef traditionnel rencontré
à Tabligbo raconte :

« Des associations se créent dans nos villages et tentent de rassembler


les paysans afin d’améliorer leurs conditions de travail et de vie. Mais
elles ne durent pas longtemps, elles se disloquent peu de temps après
leur formation. L’origine de leur dislocation réside dans le manque de
valeurs authentiques comme socle de l’action sociale engagée. Bien
qu’elles remplissent les conditions définies pour leur reconnaissance
administrative, l’appropriation des idées et logiques endogènes fait
défaut et elles n’arrivent pas à s’implanter dans la communauté de façon
durable. Les groupes qui se pérennisent dans notre milieu sont ceux
créés par nous-mêmes et qui prennent en compte nos réalités. Le
couvent en est un exemple intéressant.»

Ces propos mettent en exergue les obstacles à la pérennisation des organisations


suscitées, c’est-à-dire qui sont créées par des personnes extérieures aux
communautés. Selon les enquêtés, les groupes durables sont ceux d’inspiration
autochtone au sein desquels les caractéristiques socio-culturelles des membres
sont prises en compte. Dans l’ensemble, l’importance des associations
traditionnelles se situe à deux niveaux. Elles participent au développement
social et économique des membres. En outre, elles permettent à ces derniers
d’acquérir des connaissances leur permettant de se protéger.
Question :
Quel est l’avantage de l’étude du couvent initiatique traditionnel ?
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SEANCE N°6 : LES GROUPES D’ENTRAIDE AGRICOLES

Objectif : relever les fonctions des groupes d’entraide agricoles

Dans le but d’accroître les revenus et garantir la sécurité alimentaire de la famille


et de la communauté, les villageois créent des groupes d’entraide pour effectuer
les travaux agricoles. Selon les ethnies, ces groupes ont des noms différents.

Exemples :

Ewé : Fidodo, Kabyè : Ngbeyè, Naouda : Kpatru, Bassar : D’kpamére, Kotokoli :


Kikalo etc.

Le fonctionnement de ces groupes consiste à former une équipe et à travailler à


tour de rôle pour chaque membre. Le contrat qui lie les membres du groupe n’est
jamais écrit ; il est tacite ou verbal, mais la compréhension des principes du
groupe ainsi que l’harmonie qui y règne sont exemplaires. Chaque membre est
conscient que « lorsque que ton voisin perd son temps et son énergie pour toi, il
faudra en faire autant pour lui ». Les éventuels désengagements des membres et
les dissensions sont rarement portés à la connaissance du chef du village. Tous les
problèmes sont aplanis en sourdine au sein du groupe. Le rôle des associations de
travail dans les communautés rurales est de pallier le caractère rudimentaire des
instruments de production agricole. Ces groupes permettent aux paysans
d’étendre leurs champs et d’accroître leurs rendements. Ce sont de réelles entités
socio-économiques.

Malheureusement, ces associations de travail sont en voie de disparition dans nos


communautés. Celles qui survivent ne fonctionnent plus bien. Ce
dysfonctionnement est l’effet des mutations sociales qui ne cessent de gagner du
terrain dans les milieux ruraux.
LECTURE COMPLEMENTAIRE
Groupe d’entraide agricole : une entité à fonctions économique et sociale

Dans les communautés rurales de la région maritime au Togo, on observe une


forme d’organisation à caractère économique fondée sur l’entraide mutuelle :
les paysans se constituent en associations informelles appelées Fidodo pour
l’exécution des travaux agricoles au profit des membres. En l’absence
d’instruments de travail performants pouvant permettre aux producteurs
d’exécuter les activités avec rapidité, la synergie active des associés constitue
une stratégie grâce à laquelle ils obtiennent des résultats similaires en matière
de superficie à exploiter. Un paysan interviewé à Adangbé a confié :

« Le groupe Fidodo nous permet de disposer de vastes champs et


d’augmenter nos récoltes. Quand on travaille seul, on n’évolue pas vite,
on n’a pas l’émulation et le courage optimal parfois. L’entraide est notre
force, elle permet de gagner en temps, en énergie et en rendement ; l’an
passé, elle m’a permis d’avoir un grand grenier de maïs.»

Ces propos montrent que le groupe d’entraide agricole remplit une fonction
économique en ce sens qu’il permet aux membres d’agrandir leur champ et
d’accroître leurs récoltes. Dans tous les villages sillonnés, les interviewés ont lié
la force des groupes Fidodo à la solidarité agissante entre les membres. En effet,
l’adhésion à ces associations permet à chaque acteur de se responsabiliser en
s’efforçant d’atteindre un objectif : produire davantage. Un paysan interrogé à
Kévé a déclaré ce qui suit :

« Dans notre localité, les membres des groupes Fidodo sont très sérieux
: tout le monde est conscient que lorsque ton ami perd son temps et son
énergie en travaillant pour toi, il faudra en faire autant pour lui ; c’est
ce que dit le contrat et chacun le respecte. Moi, c’est grâce à ce groupe
que je suis devenu un grand producteur de maïs dans notre zone. Ce
sont les bénéfices que je réalise sur la vente de mes produits qui me
permettent d’envoyer mes enfants à l’école.»
En analysant ces propos, le groupe Fidodo constitue un moyen permettant aux
paysans de produire suffisamment, de faire des réalisations et de scolariser leurs
enfants. En fait, à travers les associations d’entraide agricole, les paysans
améliorent leur productivité et luttent contre la pauvreté. Dans un contexte où les
producteurs ruraux sont de plus en plus abandonnés à eux-mêmes, ces groupes
peuvent être considérés comme des alternatives susceptibles d’assumer la
responsabilisation paysanne. Ainsi,

« il est possible que, à long terme, le meilleur espoir pour l’Afrique


réside dans un développement soutenu par les mécanismes mêmes de
la survie que la crise actuelle a suscités. L’auto-organisation locale est
un des premiers moyens de survie, dans un contexte de détérioration
économique avec un Etat corrompu et incapable. Ce recours à l’auto-
organisation est certainement une adaptation créatrice à une situation
difficile» (Sandbrook, cité par Ela, 1994 : 39-40).

Aujourd’hui, le rôle joué par les clubs Fidodo dans la promotion des paysans au
sud du Togo est capital. C’est ce que reconnaît un responsable de groupement
interviewé à Badougbé dans la préfecture de Vo :

« Dans notre zone, la plupart des paysans connaissent la valeur des


associations d’entraide agricole. Ceux qui vendent beaucoup de
produits agricoles sont membres de ces groupes. Ces derniers
constituent des lieux où on apprend à mieux travailler et où on
développe aussi des liens sociaux.»

De l’analyse de ces propos, il ressort qu’au-delà de la fonction économique, les


groupes Fidodo assurent aussi une fonction sociale : le développement des
relations. Au sein de ces groupes, les membres font quotidiennement
l’expérience de la vie associative et de ce qu’il convient d’appeler la solidarité
par ressemblance (Durkheim, 1991). Au-delà de l’intérêt individuel, les
adhérents développent entre eux des relations affectives au nom desquelles ils
se supportent mutuellement lors des événements heureux ou malheureux. Selon
beaucoup d’enquêtés, les clubs Fidodo sont des lieux d’échange d’idées et de
partage d’expériences entre les membres. Une personne-ressource affirme :
« Ce qui est intéressant dans les groupes Fidodo, c’est que les associés
se communiquent les meilleures pratiques culturales individuellement
expérimentées, ce qui permet à chaque membre d’améliorer sa
production. Cette vie de partage génère plus tard une amitié durable
entre tous les membres, mais aussi entre les différentes familles : les
épouses des associés cherchent à imiter leurs maris, et les enfants leurs
parents. Chez les femmes par exemple, la cordialité des relations nouées
par leurs maris les amène, à leur tour, à entretenir des rapports
identiques entre elles dans l’exercice des activités de transformation des
produits agricoles (fabrication d’huile, de gari, etc.).»

Ce témoignage montre que les groupes Fidodo visent aussi bien l’économique
que le social (Assogba, 2008 : 44). Une autre fonction de ces initiatives
paysannes est l’insertion sociale des individus. En effet, au sein des groupes
d’entraide agricole, on retrouve aussi bien les personnes faibles que les personnes
braves. En mettant le fort et le faible ensemble, le groupe contribue à enrayer la
dépendance et le parasitisme des individus faibles ou paresseux en les amenant à
fournir des efforts pour devenir autonomes. Les forts constituent une source
d’émulation pour les faibles qu’on veut amener à découvrir les avantages du
groupe Fidodo : amélioration de la productivité, développement des relations
interpersonnelles, échange d’expériences, formation de l’esprit associatif, etc. On
peut retenir que les groupes d’entraide agricole participent à la croissance
économique des activités des membres tout en promouvant l’effort et la
solidarité, valeurs qui sont nécessaires pour enclencher un développement local
durable.

Question :
Décrire la fonction du groupe d’entraide agricole.
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SEANCE N°7 : LES GROUPES DE TONTINE

Objectif : décrire le rôle et les avantages de la tontine en milieu rural

Une forme primitive de financement des communautés reste les tontines. Aussi
vieilles que le monde (Kern et Nkakleu, 2009 cités par Nkakleu, 2009), les
tontines sont des pratiques informelles d’épargne et de crédit (Lelart, 2006), pour
l’accompagnement financier des individus qui les pratiquent (Bouma, 1977;
Hernandez, 2007; Seumo, 2009). Bien présentes sur presque tous les continents
surtout africain et asiatique (Nkakleu, 2009), elles ont fait objet d’études de par
leur diversité et leur rôle dans les économies traditionnelles. Selon Bouman
(1977), les tontines sont des alliances entre les individus appartenant à une même
entité dont les relations de promiscuité sont les plus poussées; ces alliances
peuvent être financières ou fondées sur des biens ou services dont chacun
bénéficie à tour de rôle (Bouman, 1977). Très souvent, et de nos jours, plus les
tontines financières sont pratiquées et développées. La littérature sur les tontines
n’est pas stérile et les travaux reconnaissent l’importance de leur contribution dans
les transactions financières dans les sociétés africaines et dans le quotidien des
femmes et des hommes.

Dans un sens restreint, la tontine est une association financière qui se crée entre
des personnes sur une base contractuelle en vue de s’entraider. Ces personnes
décident de verser une somme appelée cotisation à intervalle régulier. Les
sommes ainsi cotisées sont, à tour de rôle, reversées à un membre de la tontine.
En rassemblant l’épargne sous forme de cotisation, les tontines offrent
l’opportunité à leurs membres de réaliser des cérémonies pour faire face à des
dépenses importantes en cas de deuil, de maladie de fête, etc. Les tontines ont
généralement les caractéristiques suivantes :

- Elles sont populaires et autogérées par les membres ;


- Elles assurent une fonction financière sans l’aide des banques ou des
services techniques.

La tontine représente un instrument important de l’épargne populaire ; l’essentiel


est de savoir l’utiliser, la moderniser et l’orienter, non seulement vers la
couverture des besoins, mais également vers la création d’activités économiques.

L’argent est le poumon de toute entreprise humaine ; il est la principale source de


motivation, le centre d’intérêt et la force motrice de nos actions. Cependant, sa
mobilisation s’avère être difficile dans les pays en développement, notamment
dans les milieux ruraux où la plupart des paysans ne disposent pas de fonds
nécessaires pour conduire leurs activités à terme. Cette situation les oblige
souvent à recourir à l’usure, une forme de prêt assortie d’intérêts exorbitants.

Les tontines continuent de faire l’adhésion des populations rurales, surtout les
femmes. Même en participant à des programmes de microfinance, elles mettent
en place une organisation «interne» de tontine pour faire face à d’autres besoins
financiers. On note par ailleurs des échecs des programmes de microfinance à côté
des tontines qui continuent par faire leur chemin malgré les conditions de crédit.
Cette revue va faire le point sur les travaux qui tentent d’apporter une
connaissance sur la problématique. Lelart (2006) a présenté des caractéristiques
qui font des tontines de vraies «captivantes» financières. Au-delà de leur caractère
culturel car issu de l’imagination et du savoir des communautés, les tontines sont
caractérisées par leur souplesse et leur grande adaptation aux besoins des
populations rurales. Elles sont flexibles et peuvent subir des changements, des
améliorations. La confiance constitue le soubassement de leur fonctionnement à
cause de leur ancrage dans le social et le culturel des populations. L’absence de
règles rigides et de conditions préétablies pouvant empêcher l’adhésion de
membres ou le fonctionnement est caractéristique des tontines. Les membres
définissent eux-mêmes les règles et en sont responsables. La gestion des tontines
n’induit pas d’importants frais comme dans le cadre d’autres organisations
communautaires financières. Du fait de leur flexibilité et leur condition pratique
(absence de cadre fixe, pratique cyclique), les tontines sont exemptes de tout
contrôle (Lelart, 2006).

Questions :

Citer les caractéristiques d’une tontine.


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SEANCE N°8 : LES FONDS DE SOUDURE ET LES BANQUES DE
CEREALES
Objectif : identifier le rôle des fonds de soudure et des banques de céréales

8.1. LES FONDS DE SOUDURE

En milieu rural, la période de soudure est celle qui se situe entre deux récoltes.
Cette période vient généralement en saison sèche ; elle est extrêmement difficile
pour les paysans qui connaissent de mauvaises récoltes. Pour pouvoir assurer leurs
besoins économiques et financiers durant cette période, certains paysans se
regroupent et décident de mettre de côté des sacs de céréales ou l’argent nécessaire
à ce passage difficile.

8.2. LES BANQUES DE CEREALES

Une banque de céréales est une organisation villageoise ou inter-villageoise qui


gère un stock de produits agricoles. Ce stock peut être constitué par achats auprès
des membres ou de paysans d’autres régions excédentaires, ou par des apports
extérieurs. Il est, soit revendu, soit prêté au moment de la soudure. L’objectif
principal d’une banque de céréales est de dégager des revenus pour réaliser des
investissements. La procédure consiste donc à acheter les céréales au début des
récoltes, les stocker, les protéger contre les rongeurs ou autres prédateurs et les
revendre au moment de la soudure pour profiter de la différence entre le prix
d’achat et celui de vente généralement élevé.

Une banque de céréales peut aussi accorder des prêts de soudure avec
éventuellement des taux d’intérêts différents pour les membres et les non-
membres.

Lorsque les banques de céréales sont bien gérées, elles jouent un rôle capital dans
l’équilibre des villages en vivres. Les banques de céréales œuvrent donc pour la
sécurité alimentaire aussi bien pour les villageois que pour les populations
urbaines.
Questions
Décrire le rôle d’une banque de céréale dans les communautés rurales au Togo.
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SEANCE N° 10 : CULTURE ET DEVELOPPEMENT

Objectif : montrer le lien entre la culture et le développement

Nous prenons ici le mot « culture » au sens le plus large du terme, à savoir:
- Les valeurs, les attitudes, les croyances et les coutumes d'une société, au premier
rang desquelles nous plaçons les croyances religieuses ainsi que les traditions
ethniques et les symboles nationaux. Il faut y ajouter les vues profanes sur la
condition humaine et les relations humaines, les priorités individuelles et sociales,
l'éthique, les droits et les obligations, toutes choses qui peuvent être
institutionnalisées à des degrés divers.
- Les activités menées au sein de la société, qui expriment et enrichissent ces
valeurs, ces attitudes, ces croyances et ces coutumes, tout en les transformant. Ces
activités de la base vont des expressions et manifestations populaires (par
exemple, arts et artisanats traditionnels, création et exécution de musique et de
danses traditionnelles, fêtes populaires et autres formes de divertissement
collectif) aux formes culturelles spécialisées (littérature, musique, peinture,
théâtre, danse, cinéma et télévision, etc.). Les produits culturels ainsi créés
deviennent partie intégrante de la culture de la société.

La culture doit être au centre des stratégies de développement à un double titre :


d’une part, les stratégies doivent prendre en compte les racines culturelles de la
société, les valeurs, les attitudes, les croyances et les coutumes collectives
fondamentales; d'autre part, elles doivent compter, au nombre de leurs objectifs
le développement de la culture elle-même, c'est-a-dire 1'enrichissement,
l'approfondissement et la transformation du fond culturel de la société.

Le fait de ne pas suffisamment prendre en compte les valeurs culturelles dans les
stratégies de développement peut susciter des réactions sociales, allant de l'apathie
à l'hostilité, qui entravent leur mise en œuvre. Les conceptions économistes du
développement, insensibles aux mœurs socioculturelles de la société même
susciter des réactions fondamentalistes et obscurantistes, qui sont hostiles au
développement et peuvent même le retarder.

Question :
Décrire le lien entre la culture et le développement.
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SEANCE N° 11 : DEVELOPPEMENT ET ADHESION DES
POPULATIONS

Objectif : identifier les conditions de participation des populations au développement

Le développement n'entrainera 1'adhésion active des populations que s'il est


compatible avec leurs caractéristiques socioculturelles fondamentales. C'est alors
seulement que leur enthousiasme et leur potentiel créateur pourront être mobilisés.
Un processus de développement sensible a 1'élément culturel saura faire appel
aux immenses réserves de créativité, de savoir et de savoir-faire traditionnels que
recèle le monde en développement. Cet enrichissement enracinera plus
solidement le développement dans la société, et il sera ainsi plus facile de lui
donner un caractère durable.

Pour autant, la culture n'est pas seulement l'héritage du passé. Pour se perpétuer,
une culture a besoin de se renouveler de manière à faire face aux problèmes du
temps présent. Il existe assurément un certain nombre de traits culturels
traditionnels qui vont à l'encontre du développement, voire de la dignité humaine.
Il faut que les populations du Sud relèvent le défi du renouveau culturel. L'étude
objective de leur propre histoire constituerait à cet égard un bon point de départ.
Cela les aiderait à réévaluer les valeurs traditionnelles afin de privilégier celles
qui sont porteuses de renouveau et de progrès.

De plus, le souci de l’identité culturelle n'implique pas le rejet des influences


extérieures. Il devrait plutôt s'inscrire dans l’action visant à renforcer la capacité
de prise de décision autonome, alliant les éléments autochtones et universels, au
service dune politique centrée sur la population. Au premier rang des valeurs
universelles, il y a la démocratie, la justice sociale et l'esprit scientifique. Il est
aujourd'hui largement reconnu que 1'application des technologies a
incontestablement des répercussions sur le plan social. Il reste à reconnaitre la
nécessité d'envisager dans une perspective culturelle l’apport de plus en plus
important de la science et de la technologie à la modernisation. Cette approche
contribuerait non seulement à assurer une transition plus harmonieuse vers la
modernisation, mais serait aussi de nature à renforcer l’assise culturelle de la
société.

Les gouvernements des pays du Sud devraient adopter des politiques et des
priorités bien définies pour favoriser le développement culturel. Dans certains cas,
celles-ci pourraient prendre la forme de chartes du développement culturel, dans
lesquelles seraient énoncés les droits fondamentaux des populations en matière de
développement culturel, les conditions essentielles à 1'exercice de ces droits, et le
rôle de 1’Etat dans ce processus.
Question :
Quelles sont les conditions de participation des populations au développement ?
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SEANCE N° 12 : LES COMPOSANTES DES POLITIQUES
CULTURELLES
Objectif : relever les composantes d’une politique culturelle adéquate

Les politiques culturelles devraient dument prendre en compte les aspects


suivants:

- Le droit à la culture. Le citoyen devrait avoir à la fois la possibilité d'accéder


aux produits culturels, et celle de prendre part aux activités créatrices qui
expriment et mettent en valeur la culture. Dans le monde moderne, l’enseignement
scolaire est un des principaux moyens par lesquels se transmet et se perpétue la
culture. L'accès à l’éducation est donc un élément fondamental du droit à la
culture. En même temps, s’il veut servir les buts du développement, le système
éducatif doit s'[Link] la culture du pays.

-La diversité culturelle. La plupart des pays du Sud étant constitués d'un mélange
de cultures, il faut respecter cette diversité culturelle et se préoccuper des droits
des minorités culturelles. La décentralisation de la politique culturelle, en
particulier dans les pays en développement dont le territoire est étendu, est un
moyen essentiel de garantir que les intérêts de tous les groupes culturels seront
pris en compte.

- Le rôle culturel de l’Etat. L’Etat est chargé de sauvegarder et d’enrichir le


patrimoine culturel, de créer les conditions propices à l’essor des activités
culturelles, et de garantir l'accès de 1'ensemble de la population à ces activités.
L’Etat doit exercer ces fonctions en tenant dûment compte de la liberté de création
culturelle et artistique, qui ne saurait avoir pour limite que les intérêts vraiment
supérieurs de la société. Toutefois, il est d'une importance cruciale que l'Etat soit
actif dans le domaine culturel. Des ressources suffisantes devraient être
consacrées à la promotion des activités culturelles des communautés de base et
d'un plus grand professionnalisme dans le domaine culturel.

Il faudrait aussi, dans toute la mesure du possible, pousser au développement des


industries culturelles: artisanat, arts populaires, édition de livres, production
d'œuvres musicales enregistrées, cinéma, tourisme culturel. Ce serait la un moyen
d'allier la sauvegarde et l'enrichissement du patrimoine culturel des pays du Sud
avec les activités productives et la formation de revenu.

Question :

Relever les composantes d’une politique culturelle adéquate.


SOC 322 : ORGANISATION PAYSANNES ET
INNOVATIONS

DEVOIR DE RECHERCHE

A partir d’exemples tirés dans les connaissances autochtones,


montrez que les sociétés rurales africaines disposent de
pratiques respectueuses de l’environnement.

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