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Durabilité et Équité : Rapport 2011

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RÉSUMÉ

Rapport sur le développement


humain 2011
Durabilité et équité :
Un meilleur avenir pour tous

Le plus grand défi du développement au XXIe siècle est de protéger le droit des générations d’aujourd’hui et de
demain à mener des vies saines et épanouissantes. Le Rapport mondial sur le développement humain 2011 apporte
une nouvelle contribution majeure au débat international sur la question, en montrant les liens indissociables qui
existent entre durabilité et équité, et entre la durabilité et les questions d’égalité et de justice sociale, mais aussi
d’accès élargi à une meilleure qualité de vie.

D’après les prévisions, l’échec persistant des tentatives de réduction des risques environnementaux graves et
l’aggravation des inégalités sociales pourraient ralentir plusieurs décennies de progrès continus au sein de la
majorité pauvre de la population mondiale, voire même inverser la tendance vers une convergence mondiale du
développement humain. Les remarquables progrès effectués en matière de développement humain ne peuvent se
poursuivre si des mesures audacieuses ne sont pas prises à l’échelle mondiale afin de réduire à la fois l’inégalité et
les risques environnementaux. Le Rapport identifie donc des voies qui permettraient aux populations, aux commu-
nautés locales, aux pays et à la communauté internationale de promouvoir la durabilité environnementale et l’équité
de manière complémentaire.

De nouvelles analyses révèlent comment le déséquilibre des pouvoirs et les inégalités entre les sexes dans un pays
ont une incidence sur l’accès limité à une eau propre et à des installations d’assainissement de meilleure qualité,
sur la dégradation des terres et sur les maladies et décés causés par la pollution de l’air, et amplifient les effets
associés aux disparités de revenu. Les inégalités entre les sexes influencent également les résultats en matière
d’environnement, qu’elles aggravent. Au niveau mondial, les arrangements relatifs à la gouvernance affaiblissent
fréquemment la voix des pays en développement et excluent les groupes marginalisés.

Il existe cependant des alternatives à l’inégalité et à la non-durabilité. Des investissements améliorant l’équité (en
faveur, par exemple, de l’accès à une énergie renouvelable, à un système d’eau et d’assainissement et à des
services de santé reproductive) pourraient faire progresser à la fois la durabilité et le développement humain. Une
responsabilisation et des processus démocratiques accrus auraient également des effets positifs sur les
résultats. Les approches gagnantes reposent sur une gestion communautaire, des institutions largement inclusives
et la prise en compte des groupes défavorisés. Au-delà des Objectifs du Millénaire pour le développement, le monde
a besoin d’un cadre du développement qui soit synonyme d’équité et de durabilité. Il ressort de ce Rapport que les
approches qui intègrent l’équité dans les politiques et les programmes et qui donnent aux êtres humains les moyens
d’insuffler des changements dans les domaines juridiques et politiques offrent un formidable potentiel.

Le financement nécessaire au développement est beaucoup plus important que l’aide publique actuellement
consacrée au développement. Les dépenses contemporaines en sources d’énergie peu intensives en carbone, par
exemple, atteignent moins de 2% des estimations des besoins les plus optimistes. Les flux du financement doivent
être acheminés vers les défis les plus critiques de la non-durabilité et de l’inégalité. Les mécanismes de marché et
les fonds privés seront certes cruciaux, mais ils devront être soutenus et mis à profit par des investissements publics
proactifs. Ce Rapport propose une réflexion novatrice, qui s’avère nécessaire pour combler le gouffre financier.

Il plaide également en faveur de réformes destinées à promouvoir l’équité et la voix de tous les êtres humains. Nous
avons une responsabilité collective envers les moins privilégiés d’entre nous aujourd’hui et demain – veiller à ce
que le présent ne soit pas l’ennemi de notre avenir. Le présent Rapport est un moyen de nous aider à trouver les
bonnes perspectives.
Copyright © 2011
Programme des Nations Unies pour le développement Rapports mondiaux, régionaux et nationaux sur le développement humain
Rapports mondiaux sur le développement humain : Publiés chaque année par le PNUD depuis 1990, les Rapports mondi-
1 UN Plaza, New York, NY 10017, USA
aux sur le développement humain sont une analyse indépendante et fondée sur les faits des questions, tendances, progrès
et politiques en matière de développement. Les ressources concernant le Rapport mondial 2011 et les Rapports antérieurs
Tous droits réservés. Il est interdit, sauf accord préalable de l’éditeur, de reproduire le présent sont accessibles gratuitement à l’adresse [Link]. Elles comprennent les textes complets des Rapports et leur résumé
ouvrage, de le stocker dans un système de recherche documentaire ou de le communiquer, sous dans les principales langues de l'ONU ; des résumés des consultations et des discussions de réseau ; la série de papiers de
quelque forme ou de quelque manière que ce soit, électronique, mécanique, par photocopie, recherche sur le développement humain ; les bulletins d’information du RDH et d’autres supports d’information publics.
enregistrement ou tout autre moyen. Des indicateurs statistiques, des outils de données, des cartes interactives, des fiches d’information sur les pays et des
ressources complémentaires en lien avec les RDH sont également disponibles à cette adresse.
Imprimé aux États-Unis par Colorcraft of Virginia. La couverture est imprimée sur papier couché une face n° 80 Rapports régionaux sur le développement humain : Plus de 40 Rapports régionaux sur le développement humain ont été
Anthem Matte. Les pages de texte sont imprimées sur papier Roland 50 lisse opaque n° 60 de Cascades produits en toute indépendance éditoriale au cours des deux dernières décennies, avec le soutien des bureaux régionaux
Mills, produit à partir de 50 % de fibres recyclées après consommation. Ces deux types sont certifiés par le Forest du PNUD. Avec des analyses et des plaidoyers politiques parfois provocateurs, ils ont examiné des questions aussi essenti-
Stewardship Council (Association pour la protection de la forêt) comme des pâtes ECF (blanchies sans chlore elles que les libertés civiques et l’autonomisation des femmes dans les États arabes, la corruption dans la région Asie-
Pacifique, le traitement des Roms et des autres minorités en Europe centrale ou encore la distribution inégalitaire des
gazeux). L’impression fait appel à des encres végétales et des technologies respectueuses de l’environnement.
richesses en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Rapports nationaux sur le développement humain : Depuis la publication du premier Rapport national sur le développe-
ment humain en 1992, des rapports nationaux sont produits dans 140 pays par des équipes éditoriales locales, avec le
soutien du PNUD. Ces rapports (dont plus de 650 éditions publiées à ce jour) apportent une perspective de développe-
ment humain aux préoccupations politiques nationales au moyen de consultations et de recherches menées à l’échelle
locale. Les Rapports nationaux s’intéressent fréquemment aux thèmes de l’égalité des sexes, de l’ethnicité ou des clivages
entre milieux rural et urbain afin d’aider à identifier les inégalités, de mesurer les progrès et de repérer les signes précoces
Édition et production : Communications Development Incorporated, Washington DC de conflits potentiels. Étant ancrés dans les besoins et perspectives des pays, ils ont souvent exercé une grande influence
Conception : Gerry Quinn sur les politiques nationales, notamment sur les stratégies de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développe-
Traduction et maquette : Strategic Agenda LLP ment et d’autres priorités du développement humain.

Pour en savoir plus sur les rapports nationaux et régionaux sur le développement humain, notamment sur les références
Pour une liste des erreurs ou des omissions décelées à la suite de l’impression, prière de consulter notre site Web à
et formations y afférents, consulter [Link]/fr/rndh/.
l’adresse suivante : [Link]
Rapports mondiaux sur le développement humain 1990-2010
2010 La vraie richesse des nations : les chemins du développement humain
Équipe du Rapport sur le développement humain 2011 2009 Lever les barrières : mobilité et développement humains
2007/2008 La lutte contre le changement climatique : un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé
Bureau du Rapport sur le développement humain 2006 Au-delà de la pénurie : pouvoir, pauvreté et crise mondiale de l’eau
Le Rapport sur le développement humain est le fruit d’un effort collectif, coordonné par sa directrice, et auquel participe le personnel 2005 La coopération internationale à la croisée des chemins : l’aide, le commerce et la sécurité dans un monde
des équipes de recherche, des statistiques, de la communication et production, ainsi que l’équipe des Rapports nationaux sur le marqué par les inégalités
développement humain. Nos collègues des opérations et de l’administration nous ont également apporté leur soutien. 2004 La liberté culturelle dans un monde diversifié
2003 Les objectifs du Millénaire pour le développement : un pacte entre les pays pour vaincre la pauvreté humaine
Directrice et auteur principal 2002 Approfondir la démocratie dans un monde fragmenté
Jeni Klugman 2001 Mettre les nouvelles technologies au service du développement humain
2000 Droits de l’homme et développement humain
Recherche 1999 Une mondialisation à visage humain
Unité dirigée par Francisco Rodríguez : Shital Beejadhur, Subhra Bhattacharjee, Monalisa Chatterjee, Hyung-Jin Choi, Alan Fuchs, 1998 La consommation au service du développement humain
Mamaye Gebretsadik, Zachary Gidwitz, Martin Philipp Heger, Vera Kehayova, José Pineda, Emma Samman et Sarah Twigg 1997 Le développement humain au service de l’éradication de la pauvreté
1996 La croissance au service du développement humain
Statistiques 1995 Égalité des sexes et développement humain
Unité dirigée par Milorad Kovacevic : Astra Bonini, Amie Gaye, Clara Garcia Aguña et Shreyasi Jha 1994 Les nouvelles dimensions de la sécurité humaine
1993 La participation populaire
Soutien aux RDH nationaux 1992 Pour une vision nouvelle du développement humain au niveau mondial
Eva Jespersen (directrice adjointe), Mary Ann Mwangi, Paola Pagliani et Tim Scott 1991 Le financement du développement humain
1990 Définir et mesurer le développement humain
Communications et production
William Orme (chef de la communication), Botagoz Abdreyeva, Carlotta Aiello, Wynne Boelt et Jean-Yves Hamel Pour de plus amples informations, consulter :
[Link]
Opérations et administration
Sarantuya Mend (responsable des opérations), Diane Bouopda et Fe Juarez-Shanahan
Résumé
Rapport sur le développement
humain 2011

Durabilité et équité :
Un meilleur avenir pour tous

Publié pour le
Programme des
Nations Unies pour
le développement
(PNUD)
Avant-propos

En juin 2012, les dirigeants mondiaux se rassembleront à Rio de Janeiro pour essayer de parvenir
à un nouveau consensus quant aux actions à mener à l’échelon international afin de préserver
l’avenir de la planète et le droit des générations futures, partout dans le monde, à mener une
existence saine et épanouissante. Tel est le grand défi du développement au XXIe siècle.
À cet égard, le Rapport sur le développement humain 2011 propose de nouvelles contributions
importantes au dialogue mondial, montrant à quel point la durabilité est inextricablement liée à
certains aspects fondamentaux de l’équité – c’est-à-dire de l’impartialité, de la justice sociale et
d’un accès plus aisé à une meilleure qualité de vie. La durabilité n’est pas exclusivement ni même
essentiellement une question environnementale, comme le prouve de manière convaincante
ce Rapport. Elle concerne surtout le mode de vie que nous choisissons d’épouser, en étant
conscients que tous nos actes ont des conséquences pour les sept milliards de personnes vivant
sur la planète aujourd’hui, ainsi que pour les milliards d’êtres humains qui nous succéderont
dans les siècles à venir.
Il est essentiel de comprendre les liens entre durabilité environnementale et équité si nous
voulons accroître les libertés humaines pour les générations actuelles et futures. Les remarquables
progrès effectués lors des dernières décennies en matière de développement humain, dont
rendent compte les Rapports sur le développement humain, ne peuvent se poursuivre si des
mesures audacieuses ne sont pas prises à l’échelle mondiale afin de réduire à la fois l’inégalité et
les risques environnementaux. La présente édition du Rapport identifie les chemins que peuvent
emprunter les individus, les collectivités locales, les pays ou la communauté internationale afin
de promouvoir de façon complémentaire la durabilité et l’équité environnementales.
Dans les 176 pays et territoires où intervient chaque jour le Programme des Nations Unies
pour le développement, de nombreuses personnes défavorisées souffrent de privations à un
double niveau. Elles sont plus vulnérables aux effets à grande échelle de la dégradation de
l’environnement parce qu’elles sont soumises à des agressions environnementales plus graves et
disposent de moins de moyens pour y faire face. Elles doivent aussi se préoccuper des menaces
pesant sur leur environnement immédiat, qu’il s’agisse de la pollution intérieure des locaux, de
la pollution de l’eau ou des déficiences de l’assainissement. Des études prévisionnelles suggèrent
que l’échec persistant des tentatives de réduction des risques environnementaux graves et
l’aggravation des inégalités sociales pourraient ralentir plusieurs décennies de progrès continus
au sein de la majorité pauvre de la population mondiale, voire inverser la convergence mondiale
en matière de développement humain.
Ces évolutions sont marquées par de grandes disparités en termes de capacité d’action. De
nouvelles analyses montrent les liens entre, d’une part, les déséquilibres en termes de pouvoir et
les inégalités entre les sexes à l’échelon national, et d’autre part, l’accès réduit à l’eau salubre ou à
un meilleur assainissement, la dégradation des sols et les décès liés à la pollution de l’air intérieur
et extérieur, amplifiant les effets associés aux disparités en termes de revenus. Les inégalités
entre les sexes se combinent également avec les problèmes environnementaux et les aggravent.
Au niveau mondial, les accords de gouvernance affaiblissent souvent la capacité des pays en
développement à se faire entendre et excluent les groupes marginalisés.
Il existe pourtant d’autres voies que l’inégalité et la non-durabilité. La croissance gouvernée
par la consommation d’énergies fossiles n’est pas une condition sine qua non pour vivre mieux

ii RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


en termes de développement humain. Les investissements améliorant l’équité – en matière
d’accès aux énergies renouvelables, à l’eau, à l’assainissement ou aux soins de santé reproductive,
par exemple – pourraient être synonymes de progrès aussi bien en termes de durabilité que
de développement humain. Une responsabilisation accrue et un renforcement des processus
démocratiques, passant notamment par le soutien d’une société civile et de médias actifs,
peuvent aussi améliorer les résultats. La réussite des approches est subordonnée à la gestion
par la collectivité, à la mise en place d’institutions au bénéfice de tous, particulièrement des
groupes défavorisés, et à l’adoption de démarches transversales coordonnant les budgets et les
mécanismes entre les organismes gouvernementaux et les partenaires du développement.
Au-delà des Objectifs du Millénaire pour le développement, le monde a besoin d’un cadre
de développement pour l’après-2015 qui reflète l’équité et la durabilité. Rio+20 offre assurément
une occasion unique de parvenir à une vision commune de la voie à suivre. Le présent Rapport
montre que les approches intégrant l’équité aux politiques et aux programmes, et donnant aux
peuples davantage de pouvoir pour favoriser les changements sur le plan juridique et politique,
sont très prometteuses. De par le monde, un nombre croissant d’expériences nationales témoigne
du potentiel de ces démarches pour générer et capturer des synergies positives.
Le financement nécessaire au développement – notamment pour la protection sociale
et environnementale – devra être nettement supérieur à l’aide officielle au développement
accordée aujourd’hui. Les dépenses actuelles en matière de sources d’énergie à faible émission de
carbone, par exemple, ne représentent que 1,6 % des estimations les plus prudentes des besoins,
tandis que celles consacrées à l’atténuation des changements climatiques et à l’adaptation à
ces changements représentent environ 11 % des besoins estimés. Les espoirs reposent sur les
nouveaux financements climatiques. Les mécanismes boursiers et le financement privé seront
certes essentiels, mais ils doivent être soutenus et amplifiés par des investissements publics en
amont. Ce Rapport propose une réflexion novatrice, qui s’avère nécessaire pour combler le
gouffre financier.
Outre la levée de nouvelles sources de financement afin d’affronter équitablement les
menaces environnementales urgentes, ce Rapport préconise des réformes visant à promouvoir
l’équité et la représentation. Les flux financiers doivent être utilisés pour relever les défis critiques
de la non-durabilité et de l’inégalité, et non pour exacerber les disparités existantes.
L’objectif central du développement humain est d’assurer à chacun un éventail de choix et
d’opportunités. Nous avons une responsabilité collective à l’égard des moins privilégiés d’entre
nous aujourd’hui et demain dans le monde entier, ainsi qu’un impératif moral : faire en sorte
que le présent ne soit pas l’ennemi de l’avenir. Ce Rapport peut nous aider à aller de l’avant.

Helen Clark
Administrateur
Programme des Nations Unies pour le développement

Les analyses et les recommandations de politique de ce Rapport ne reflètent pas nécessairement les vues du Programme
des Nations Unies pour le développement ou de son Conseil d’administration. Le Rapport est une publication indépendante
commanditée par le PNUD. La préparation et la rédaction de ce Rapport sont le fruit du travail de l’équipe du Rapport sur le
développement humain et d’un groupe de conseillers éminents dirigé par Jeni Klugman, Directrice du Bureau du Rapport sur
le développement humain.

RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ iii


Table des matières

Avant-propos CHAPITRE 5
Remerciements Relever les défis politiques

Ne rien changer n’est ni équitable ni durable


VUE D’ENSEMBLE Repenser notre modèle de développement – les leviers du
changement
Financement des investissements et programme des réformes
CHAPITRE 1
Pourquoi la durabilité et l’équité ? Innovations au niveau mondial

Existe-t-il des limites au développement humain ?


Notes
Durabilité, équité et développement humain
Références
L’axe de notre démarche

CHAPITRE 2
Schémas et tendances des indicateurs ANNEXE STATISTIQUE
du développement humain, des Guide du lecteur
inégalités et de l’environnement
Légende des pays et des classements IDH, 2011
Progrès accomplis et perspectives
La durabilité des progrès menacée Tableaux statistiques
Promouvoir le développement humain durable et équitable 1 L’indices de développement humain et ses composantes
2 Évolution de l’Indice de développement humain, 1980-2011
CHAPITRE 3 3 Indice de développement humain ajusté aux inégalités
Observer les impacts – comprendre les liens 4 Indice d’inégalité de genre et indicateurs connexes

L’angle de la pauvreté 5 Indice de pauvreté multidimensionnelle


6 Durabilité environnementale
Menaces environnementales sur le bien-être des personnes
7 Impact des menaces environnementales sur le développement
Les effets inégalitaires des phénomènes extrêmes
humain
Dégradation de l’environnement et aliénation
8 Perceptions en matière de bien-être et d’environnement
9 Éducation et santé
CHAPITRE 4 10 Population et économie
Synergies positives – les stratégies gagnantes pour
l’environnement, l’équité et le développement humain
Notes techniques
Généralisation des initiatives visant à s’attaquer aux privations
Régions
environnementales et à renforcer la capacité d’adaptation
Références statistiques
Éviter la dégradation
Aborder le problème de l’évolution climatique – risques et
réalités

iv RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


Vue d’ensemble

Cette année, le Rapport sur le développement humain Nous jugeons la durabilité primordiale, parce que les
(RDH) fait le point sur les défis posés par la recherche générations futures devraient disposer au moins d’au-
d’un progrès durable et équitable. Il met en évidence tant de possibilités que nous aujourd’hui. De même,
la façon dont les dommages environnementaux tout processus inéquitable est injuste : les chances
accroissent les inégalités en exerçant un impact néga- d’accéder à une existence meilleure ne devraient pas
tif sur les populations déjà défavorisées, ainsi que la être restreintes par des facteurs échappant au contrôle
manière dont les inégalités de développement humain des populations. Les inégalités sont particulièrement
amplifient les dommages environnementaux. injustes lorsqu’elles frappent systématiquement un
Le développement humain – qui vise à élargir groupe spécifique pour des raisons liées au sexe, à l’ori-
l’éventail de choix des populations – est fondé sur le gine ethnique ou au lieu de naissance.
partage des ressources naturelles. Pour le promouvoir, Il y a plus de dix ans, Anand et Sen postulaient
il convient de travailler sur la durabilité au plan local, le traitement simultané de la durabilité et de l’équité.
national et mondial. Cela peut et doit être effectué « Si nous étions obsédés par l’équité intergénération-
d’une manière équitable et autonomisante. nelle sans nous soucier en même temps du problème
Nous nous attachons à vérifier que l’aspiration de l’équité intragénérationnelle, cela constituerait une
des populations pauvres à vivre mieux est pleinement flagrante violation du principe d’universalité » affir-
prise en compte dans l’évolution vers une plus grande maient-ils (souligné par les auteurs). Des questions
durabilité. Nous dégageons les pistes permettant aux similaires ont émergé du rapport de la commission
personnes, aux groupes, aux pays et à la communauté Brundtland en 1987, ainsi que d’une série de décla-
internationale de promouvoir la durabilité et l’équité rations internationales, depuis Stockholm en 1972
afin qu’elles se renforcent mutuellement. jusqu’à Johannesburg en 2002. Pourtant, encore
de nos jours, de nombreux débats sur la durabilité
Pourquoi la durabilité négligent l’équité, considérée comme une notion dis-
et l’équité ? tincte et indépendante. Cette approche parcellaire est
contreproductive.
L’approche du développement humain revêt une
importance persistante dans l’optique d’appréhender Quelques définitions clés
notre monde et de s’attaquer à ses problèmes. L’année Le développement humain est l’accroissement des
dernière, l’édition du 20e anniversaire du RDH célé- libertés et des capacités permettant aux personnes de
brait le concept du développement humain, en souli- mener une vie qu’elles jugent satisfaisante à juste titre.
gnant comment l’équité, l’autonomisation et la dura- Il repose sur l’élargissement de l’éventail des choix dis-
bilité favorisent la multiplication des choix accessibles ponibles. Les notions de libertés et de capacités vont
aux personnes. Parallèlement, il mettait en lumière les au-delà de la satisfaction des besoins essentiels. La qua-
difficultés inhérentes en montrant que ces trois points lité de vie dépend de nombreux aspects, qui peuvent
clés du développement humain n’avancent pas tou- avoir une valeur intrinsèque autant qu’un intérêt
jours de front. concret : nous pouvons par exemple valoriser la biodi-
versité ou la beauté de la nature indépendamment de
Pertinence d’une étude conjointe de la leur contribution à notre niveau de vie.
durabilité et de l’équité Les populations défavorisées constituent un axe
Nous explorons cette année les relations croisées essentiel du développement humain. Elles englobent
entre la durabilité environnementale et l’équité, aussi celles qui subiront à l’avenir les conséquences les plus
essentielles l’une que l’autre à une justice distributive. graves des risques liés à nos activités actuelles. Nous

VUE D’ENSEMBLE 1
nous soucions non seulement des situations courantes Le présent RDH illustre les types d’impacts com-
ou correspondant aux scénarios les plus probables, muns que les politiques pourraient générer, tout en
mais aussi de celles découlant de scénarios moins soulignant qu’ils ne sont pas systématiques et que le
probables mais néanmoins possibles, notamment contexte est crucial à cet égard (voir figure 1).
lorsqu’elles peuvent avoir des répercussions catastro- Ce contexte demande d’accorder une attention
phiques sur les populations pauvres et vulnérables. spéciale à l’identification des synergies positives et à
Souvent, les débats sur la durabilité environne- l’examen des compromis. Nous étudions la manière
mentale se focalisent soit sur la manière de rempla- dont les sociétés peuvent élaborer des solutions
cer les ressources naturelles par notre potentiel tech- gagnant-gagnant-gagnant qui favorisent à la fois la
nologique, soit sur notre ingéniosité à atténuer les durabilité, l’équité et le développement humain.
contraintes pesant sur ces ressources comme autrefois.
Le fait que l’on ignore si cela sera possible un jour, allié Modèles et tendances,
aux risques de catastrophes, incite à préserver nos actifs progrès et perspectives
naturels essentiels et le flux de services écologiques qui
en découle. Cette attitude résulte également d’une Il s’avère de plus en plus évident que la dégradation de
approche du développement fondée sur les droits l’environnement s’accroît dans le monde entier et que
humains. Le développement humain durable est les risques de détérioration se multiplient. L’ampleur
l’accroissement des libertés essentielles des personnes des mutations à venir étant incertaine, nous explorons
vivant aujourd’hui, accompagné d’efforts raison- une série de prévisions et envisageons leurs répercus-
nables pour éviter le risque de compromettre sérieu- sions sur le développement humain.
sement celles des générations futures. Dans cet esprit, Notre point de départ – qui était un thème clé du
des débats publics éclairés sont cruciaux pour définir RDH 2010 – est l’immensité des progrès accomplis
les risques que les populations sont prêtes à accepter. au cours des dernières décennies en matière de déve-
La recherche conjointe de la durabilité environne- loppement humain, nuancée cependant par les trois
mentale et de l’équité n’implique pas qu’elles se ren- avertissements suivants.
forcent mutuellement. De fait, des compromis sont • La croissance des revenus s’est accompagnée de la
souvent nécessaires. Il arrive que des mesures prises détérioration d’indicateurs environnementaux
en faveur de l’environnement aient des effets inéqui- essentiels, tels que les émissions de dioxyde de
tables, par exemple quand elles limitent la croissance carbone (CO2), la qualité du sol et de l’eau et la
économique d’un pays en voie de développement. superficie du couvert forestier.
• La distribution inégale des revenus s’est aggravée à
FIGURE 1. l’échelle nationale dans la majorité des régions du
Illustration des compromis et des synergies politiques entre monde, malgré une réduction des écarts en termes
l’équité et la durabilité de santé et d’éducation.
Ce contexte demande d’accorder une attention spéciale à l’identification des synergies positives et à • Le niveau moyen d’autonomisation tend à s’élever
l’examen des compromis. Nous étudions la manière dont les sociétés peuvent élaborer des solutions au rythme de l’indice de développement humain
gagnant-gagnant-gagnant qui favorisent à la fois la durabilité, l’équité et le développement humain.
(IDH), mais cette corrélation présente des varia-
tions considérables.
Élargir l’accès
à l’énergie D’ici à 2050, les simulations utilisées pour ce RDH
renouvelable
font apparaître un retrait de l’IDH de 8 % par rapport
à l’hypothèse de base dans un scénario de « défi envi-
US

Subventionner le 1
PL

Restreindre
charbon dans 4 2 l’accès aux ronnemental » – c’est-à-dire où le réchauffement cli-
PL
US

les pays en 3 forêts publiques


développement matique affecte négativement la production agricole,
Subventionner
l’accès à l’eau propre et à un meilleur assainissement et
le degré de pollution (12 % en Asie du Sud et en Afrique

la consommation
ÉQ

LI

d’essence
BI

subsaharienne). Dans les conditions encore plus graves


UI

RA

d’un scénario de « catastrophe environnementale »


DU

(vastes déforestations et dégradations des sols, déclin


dramatique de la biodiversité, multiplication des phé-
MOINS nomènes météorologiques extrêmes), cette régression

2 RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


FIGURE 2
de l’IDH serait de 15 % par rapport à l’hypothèse de
Scénarios des impacts des risques environnementaux sur le
base projetée.
développement humain d’ici à 2050
La figure 2 illustre l’ampleur des pertes et des
IDH
menaces auxquelles nos petits-enfants seront confrontés 1,0
Scénario de base
si nous ne faisons rien pour arrêter ou inverser la tendance Pays à IDH très élevé Défi écologique
d’ici à 2050. Le scénario de catastrophe environnemen- Catastrophe écologique
tale générerait un tournant avant 2050 dans les pays en 0,9
voie de développement. Alors que leur IDH convergeait
vers celui des pays riches des pays riches depuis plusieurs
décennies, la tendance commence à s’inverser. 0,8
Ces projections montrent que les plus défavori-
sés subissent souvent – et continueront de subir – les Pays à l’IDH faible,
Scénario de base
conséquences de la dégradation de l’environnement 0,7 moyen ou élevé

bien que nombre d’entre eux n’y contribuent guère. Défi écologique
Ainsi, les pays à IDH faible sont ceux qui ont le moins
participé au changement climatique planétaire, mais 0,6 Catastrophe écologique

qui ont subi la plus forte baisse des précipitations et la


hausse la plus marquée de leur variabilité (voir figure
3), avec leurs corollaires sur la production agricole et les 0,5

moyens d’existence.
Les émissions nocives par habitant sont beaucoup
0,4
plus élevées dans les pays développés que dans ceux en
voie de développement, en raison des activités à forte
consommation d’énergie des premiers : automobiles,
0,3
chauffage et climatisation des habitations et des lieux 1980 1990 2000 2010 2020 2030 2040 2050
de travail, consommation d’aliments transformés
Source : Calculs du BRDH d’après sa base de données et Hughes, Irfan, Moyer, Rothman, et Solórzano 2011, « Forecasting the
et conditionnés. Dans un pays à IDH très élevé, un
Impacts of Environmental Constraints on Human Development » Human Development Research Paper, Programme des Nations Unies
individu moyen émet plus de quatre fois plus de CO2 pour le développement, qui s’appuient sur les prévisions d’International Futures, version 6.42.
et environ deux fois plus de méthane et de protoxyde
d’azote qu’un habitant d’un pays à l’IDH faible, Comparons le premier et le troisième tableau de la
moyen ou élevé (et environ trente fois plus de CO2 figure 4. Le premier montre que les pays aux revenus les
qu’un habitant d’un pays à IDH faible). Le citoyen plus élevés sont ceux qui émettent généralement le plus
britannique moyen émet autant de gaz à effet de serre de CO2 par habitant. Le troisième ne révèle pourtant
en deux mois qu’un habitant d’un pays à IDH faible aucun lien entre les émissions et les critères de santé et
en un an. Et l’habitant moyen du Qatar – le pays affi- d’éducation de l’IDH. La conclusion est intuitive : les
chant le plus grand taux d’émissions nocives par per- activités émettrices de CO2 produisent des biens, et
sonne – en émet autant en seulement dix jours, même non des services de santé ou d’éducation. Elle illustre
si ce chiffre couvre à la fois la consommation locale et aussi le caractère non linéaire de la relation entre les
la production de biens consommés ailleurs. émissions de CO2 et les critères de l’IDH : elle est
Alors que les trois quarts de l’accroissement des inexistante ou ténue pour un IDH faible, mais lorsque
émissions nocives depuis 1970 proviennent de pays à l’IDH augmente, elle atteint un « point de bascule-
IDH faible, moyen et élevé, les niveaux globaux de gaz ment » à partir duquel une forte corrélation positive
à effet de serre demeurent beaucoup plus élevés dans apparaît entre les émissions de CO2 et les revenus.
les pays à IDH très élevé. Et ceci sans tenir compte Les pays connaissant une amélioration rapide de
de la délocalisation dans les pays pauvres d’activités à leur IDH ont aussi enregistré un accroissement rapide
hautes émissions de carbone, dont la production est de leurs émissions de CO2. Ces évolutions qui s’effec-
largement renvoyée vers les pays riches. tuent au fil du temps – plus que les liens ponctuels rele-
À travers le monde, l’élévation de l’IDH a été asso- vés – révèlent le résultat prévisible à l’avenir de notre
ciée à la dégradation de l’environnement, bien que l’on développement actuel. Ici aussi, c’est l’évolution des
puisse largement l’imputer à la croissance économique. revenus qui constitue le moteur de la tendance.

VUE D’ENSEMBLE 3
FIGURE 3
L’examen des relations entre les risques environne-
Les températures augmentent, les pluies diminuent
mentaux et l’IDH nous permet de dégager les trois
Niveau et évolution de la variabilité du climat par groupe de niveau d’IDH
considérations générales suivantes.
Température
Niveau (degrés Celsius) • La dégradation de l’environnement domestique
0,84 (pollution de l’air intérieur, accès insuffisant à de
Valeur 0,74 l’eau salubre et à un meilleur assainissement) est
moyenne, 0,66 0,64
années plus grave quand les niveaux d’IDH sont faibles,
2000 puis décline à mesure que l’IDH s’élève.
• Avec le développement, les risques environne-
Précipitations
(mm par mois)
mentaux affectant les populations – comme la
IDH
pollution de l’air urbain – semblent augmenter,
Très IDH IDH IDH puis retomber. Une courbe en U inversé pourrait
élevé Élevé Moyen Faible
Valeur décrire cette évolution.
moyenne, IDH IDH IDH IDH –0,07 • Les risques environnementaux ayant des effets à
1951–1980 Très Élevé Moyen Faible
élevé l’échelle mondiale – c’est-à-dire les gaz à effets de
–1,49 serre – tendent à augmenter avec l’IDH.
L’IDH proprement dit n’est pas le véritable
–2,89 moteur de ces transitions. Les revenus et la croissance
économique jouent un rôle important pour expli-
–4,16 quer la situation, mais cette relation n’est pas non plus
déterminante. De plus, des interactions complexes de
Évolution de la variabilité (en %) 1,38 forces plus larges modifient les schémas de risques. Par
exemple, le commerce international autorise les pays à
externaliser des productions qui dégradent l’environ-
Température Précipitations nement ; l’exploitation commerciale à grande échelle
(degrés Celsius) (mm par mois)
des ressources naturelles n’affecte pas seulement les
IDH IDH
Valeur Très IDH IDH IDH Très IDH IDH moyens d’existence ; et les profils environnementaux
moyenne, élevé Élevé Moyen Faible élevé Élevé Moyen diffèrent en ville et à la campagne. Et comme nous le
1951–1980
–0,08 IDH constaterons, les contextes gouvernementaux et poli-
–0,17 –0,15 Faible
tiques jouent un rôle déterminant.
En conséquence, les schémas ne sont pas inéluc-
–0,65
tables. Plusieurs pays ont réalisé des progrès significa-
Valeur
moyenne, –0,98 tifs à la fois en termes d’IDH et d’équité et de dura-
années
2000 bilité environnementale. Parallèlement à la mise en
–1,35 –1,38
lumière des synergies positives, nous proposons une
Remarque : L’évolution de la variabilité désigne les coefficients de variation entre la période 1951–1980 et les années 2000,
pondérée par la population moyenne entre 1950 et 2008.
stratégie multidimensionnelle permettant d’identifier
Source : Calculs du BRDH d’après des données de l’Université du Delaware. les pays qui ont fait mieux que leurs voisins pour pro-
mouvoir l’équité, élever l’IDH, réduire la pollution de
l’air intérieur au niveau domestique et favoriser l’accès
Ce schéma de relations ne s’applique cependant à l’eau salubre, et qui sont donc les plus performants
pas à tous les indicateurs environnementaux. Notre au niveau régional ou mondial en matière de dura-
analyse ne décèle qu’une faible corrélation positive bilité environnementale (voir tableau 1). Les critères
entre l’IDH et la déforestation, par exemple. En d’évaluation de la durabilité environnementale sont
quoi les émissions de CO2 diffèrent-elles des autres les émissions de gaz à effet de serre, l’utilisation de
menaces écologiques ? Nous pensons que les perfor- l’eau et la déforestation. Les résultats sont plus illus-
mances environnementales sont souvent beaucoup tratifs qu’indicatifs en raison du caractère incomplet
plus élevées quand il existe un lien direct entre l’envi- des données comparatives. Seul le Costa Rica dépasse
ronnement et la qualité de la vie, par exemple dans le la médiane régionale selon tous les critères, alors que
cas de la pollution dans les pays développés ; quand les trois autres pays en tête du classement présentent
le lien est diffus, les performances sont plus faibles. des irrégularités d’une dimension à l’autre. La Suède

4 RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


FIGURE 4

La corrélation avec le dioxyde de carbone est positive et forte pour le revenu et positive pour l’IDH, mais elle
disparaît pour la santé et l’éducation

Émissions de dioxyde de carbone par habitant (tonnes)


35

30

25

20

15

10

0
0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 –0,3 –0,2 –0,1 0 0,1 0,2
Composant Revenus de l'IDH IDH Santé et éducation
(partie ne s’expliquant pas par le revenu)
Remarque : Les données sont celles de 2007.
Source : Calculs du BRDH d’après sa base de données.

affiche un rythme de reforestation remarquable par particulier pour les millions de personnes dont la sub-
rapport aux moyennes régionales et mondiales. sistance dépend directement des ressources naturelles.
Comme l’atteste notre liste, quels que soient les • Au niveau mondial, près de 40 % des terres sont
régions, les niveaux de développement et les caractéris- dégradées à cause de l’érosion des sols, de la dimi-
tiques structurelles, les pays peuvent mettre en œuvre nution de leur fertilité et du surpâturage. La pro-
des politiques favorisant la durabilité environnemen- ductivité des terres décline, avec une perte de ren-
tale, l’équité et les facteurs clés du développement tabilité estimée atteignant 50 % dans les scénarios
humain tels qu’ils sont reflétés dans l’IDH. Nous les plus défavorables.
passerons en revue les types de politiques et de pro- • L’agriculture absorbe de 70 à 85 % de l’eau
grammes qui réussissent, tout en soulignant l’impor- consommée et l’on estime que 20 % de la produc-
tance des conditions et des contextes locaux. tion céréalière mondiale utilise l’eau de manière
Plus généralement, lors des dernières décennies, non durable, mettant ainsi en péril le développe-
les tendances environnementales montrent cependant ment agricole futur.
une détérioration sur plusieurs fronts, avec des consé- • La déforestation pose un problème majeur. Entre
quences néfastes sur le développement humain, en 1990 et 2010, l’Amérique latine, les Caraïbes et

TABLEAU 1

Les bons élèves de l’environnement, du développement humain et de l’équité (année la plus récente disponible)
Menaces d’ordre mondial Effets locaux Développement humain et équité
IDH Perte totale
Émissions de gaz à (pourcentage de la (pourcentage de la
Pays effet de serre Déforestation Utilisation de l’eau Accès à l’eau Pollution de l’air médiane régionale) médiane régionale)
Costa Rica ✔ ✔ ✔ ✔ ✔ 104 77
Allemagne ✔ ✔ ✔ ✔ 103 91
Philippines ✔ ✔ ✔ ✔ 103 89
Suède ✔ ✔ ✔ ✔ 102 70
Remarque : Tous ces pays remplissent les critères relatifs aux seuils absolus concernant les menaces d’ordre mondial définis dans le Rapport complet (cf. chapitre 2, remarque 80).

VUE D’ENSEMBLE 5
FIGURE 5
des ressources naturelles. Même les personnes qui
Certaines régions se déboisent, d’autres se boisent ou se
n’exercent habituellement pas ce genre d’activité
reboisent
peuvent s’y livrer pour survivre en période difficile.
Proportions de couvert forestier et variation par région, 1990–2010 (en millions de kilomètres carrés)
• La dégradation de l’environnement affectera dif-
Couvert forestier en 2010 Variation du couvert forestier (1990–2010) féremment les populations selon que ces dernières
sont essentiellement productrices ou consomma-
États arabes 0,88 –0,07
trices de ressources naturelles, selon qu’elles pro-
Asie de l'Est duisent pour elles-mêmes ou pour vendre, et selon
4,70 0,10
et Pacifique leur capacité à alterner ces activités pour diversi-
Europe et 9,00 0,06 fier leurs moyens d’existence.
Asie centrale
Amérique • Aujourd’hui, environ 350 millions de personnes
latine et 9,47 –0,93 – pauvres pour la plupart – vivent dans la forêt ou
Caraïbes
à proximité. Elles en tirent leur subsistance et leurs
Asie du Sud 0,93 0,02
revenus. La déforestation et la restriction de l’accès
Afrique aux ressources naturelles impliquent toutes deux
5,85 –0,70
subsaharienne
des préjudices potentiels pour les populations
IDH
pauvres. Des exemples évidents dans divers pays
10,10 0,11
très élevé indiquent que les femmes dépendent habituelle-
IDH élevé 16,80 –0,71
ment davantage de la forêt que les hommes parce
qu’elles disposent d’un choix d’activités alterna-
IDH moyen 6,72 0,03 tives plus restreint, qu’elles sont moins mobiles et
qu’elles assument la majeure partie de la collecte
IDH faible 6,58 –0,81 du bois de chauffage.
• Environ 45 millions de personnes – dont au
Source : Calculs du BRDH d’après les données de la Banque mondiale (2011), Indicateurs du Développement Mondial,
moins 6 millions de femmes – vivent de la
Washington, DC: Banque mondiale.
pêche. Elles sont menacées par la surpêche et le
changement climatique. Leur vulnérabilité est
l’Afrique subsaharienne ont subi les plus grandes double : les pays les plus menacés sont aussi ceux
pertes de forêts, suivies des États arabes (voir qui dépendent le plus du poisson comme source
figure 5). Les autres régions ont connu des gains de protéines, comme moyen d’existence et pour
mineurs de couvert forestier. l’exportation. Le changement climatique entraî-
• La désertification menace les régions arides, qui nera probablement un déclin majeur des stocks
hébergent environ un tiers de la population mon- halieutiques dans les îles du Pacifique, alors qu’il
diale. Certaines sont particulièrement vulné- sera bénéfique dans certaines zones du nord, par
rables, notamment l’Afrique subsaharienne dont exemple autour de l’Alaska, du Groenland, de la
les zones arides extrêmement fragiles possèdent Norvège et de la Russie.
une faible capacité d’adaptation. Du fait que les femmes des pays pauvres dépendent
Dans les décennies à venir, les facteurs environ- plus que les hommes de l’agriculture de subsistance et
nementaux défavorables devraient accroître le prix de la collecte de l’eau, elles sont davantage exposées
des denrées alimentaires de 30 à 50 % en termes réels aux conséquences négatives de la dégradation de l’en-
et augmenter l’instabilité des prix, avec de lourdes vironnement. De même, nombre de populations indi-
répercussions sur les ménages pauvres. Les plus grands gènes dépendent fortement des ressources naturelles.
risques menacent les 1,3 milliard de personnes vivant Elles vivent dans des écosystèmes particulièrement
de l’agriculture, de la pêche, de la sylviculture, de la vulnérables aux effets du changement climatique, par
chasse et de la cueillette. La charge de la dégradation exemple les petits États insulaires en développement,
de l’environnement et du changement climatique sera les régions arctiques et les zones de haute altitude. Il
vraisemblablement répartie de manière inégale sur les est évident que les pratiques traditionnelles pourraient
populations pour les raisons suivantes. protéger les ressources naturelles, mais elles sont sou-
• Les revenus de nombreuses populations rurales vent oubliées ou négligées.
pauvres dépendent dans une très large mesure

6 RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


FIGURE 6
Les impacts du changement climatique sur les
L’indice de pauvreté
moyens d’existence des agriculteurs varient selon le
multidimensionnelle, une analyse des
type de culture, la région et la saison, d’où l’impor- populations les plus démunies
tance d’effectuer des analyses locales en profondeur.
Ils diffèrent également en fonction du schéma de pro- Niveau
Pauvreté
duction et de consommation domestiques, de l’accès de vie
multidimensionnelle
IPM
aux ressources, du niveau de pauvreté et de la capacité
à y faire face. Cependant, le total net des conséquences
biophysiques sur les cultures irriguées ou pluviales Éducation
Santé
d’ici à 2050 sera probablement négatif.

Comprendre les liens au moins deux. Le problème est particulièrement aigu


parmi les populations « multidimensionnellement »
En dégageant les principales interactions entre l’en- pauvres avec 9 personnes sur 10 subissant au moins
vironnement et l’équité à l’échelle mondiale, nous une de ces privations. Au sein de ces populations, la
explorons leurs liens au niveau des communautés et plupart des gens souffrent de privations cumulées:
des ménages. Nous mettons aussi en relief les pays et 8 personnes sur 10 en subissent au moins deux et
les groupes qui ont brisé les modèles pour favoriser les 1 personne sur 3 (29%) est confrontée aux trois.
transformations en matière de rôles sexospécifiques et Ces privations environnementales contribuent
d’autonomisation. particulièrement à la pauvreté multidimensionnelle,
Un aspect clé réside dans le fait que les popula- puisqu’elles représentent 20% de l’IPM, contre une
tions les plus défavorisées subissent une double charge. part de 17% dans l’indice général. Dans la plupart
Plus vulnérables aux effets les plus larges de la dégrada- des pays en développement, c’est le manque d’accès
tion de l’environnement, elles sont aussi confrontées aux combustibles qui est le plus important, bien que le
aux menaces sur leur environnement immédiat dues à manque d’eau salubre soit un problème majeur dans
la pollution de l’air intérieur, aux eaux polluées et aux plusieurs États arabes.
déficiences de l’assainissement. Notre indice de pau- Afin de mieux comprendre les privations envi-
vreté multidimensionnelle (IPM) – introduit dans ronnementales, nous avons analysé les schémas de
le RDH 2010 et calculé cette année pour 190 pays – différents niveaux de pauvreté. Les pays ont été clas-
fournit une vision précise de ces carences, permettant sés en fonction de la part de population multidimen-
d’identifier les endroits où elles sont les plus marquées. sionnellement pauvre confrontée à une privation, et
L’IPM mesure les déficits graves en matière de de la part confrontée aux trois privations. La part de
santé, d’éducation et de niveau de vie, en examinant
TABLEAU 2
à la fois le nombre de personnes touchées et le degré
Les 10 pays ayant la plus faible proportion de privations environne-
de leurs privations (voir figure 6). Cette année, nous mentales parmi les personnes touchées par la pauvreté multidimen-
étudions l’ampleur des privations environnementales sionnelle, année la plus récente disponible entre 2000–2010
dans la pauvreté multidimensionnelle et leurs chevau- Proportion la plus faible de personnes Proportion la plus faible de personnes
« multidimensionnellement » pauvres « multidimensionnellement » pauvres
chements – une innovation de l’IPM. subissant au moins une privation subissant les trois privations
Le centrage sur la pauvreté nous permet d’exa- Brésil Bangladesh
miner les privations environnementales en termes Guyana Pakistan
d’accès aux combustibles de cuisson, à l’eau salubre Djibouti Gambie
et à l’assainissement de base. Ces privations absolues, Yémen Népal
importantes en soi, constituent aussi des violations Iraq Inde
majeures des droits humains. Leur élimination pour- Maroc Bhoutan
rait accroître considérablement la sécurité, l’élargisse-
Pakistan Djibouti
ment des choix des populations et la progression du
Sénégal Brésil
développement humain.
Colombie Maroc
Dans les pays en développement, au moins 6
Angola Guyana
personnes sur 10 souffrent d’une de ces privations
Remarque : Les pays en gras figurent dans les deux listes.
environnementales et 4 personnes sur 10 en subissent Source : Estimations du personnel du BRDH, basées sur les données désagrégées de l’IPM.

VUE D’ENSEMBLE 7
la population souffrant de privations environnemen- Nous analysons plus en détail ce schéma en étu-
tales augmente avec l’IPM, mais cette tendance affiche diant la relation entre l’IPM et les contraintes dues
des variations notables. Le tableau 2 liste les dix pays au changement climatique. Pour 130 régions admi-
connaissant le moins de privations environnementales nistratives réparties dans 15 pays, nous comparons
au sein de leur population multidimensionnellement chaque IPM avec l’évolution des précipitations et des
pauvre, en contrôlant leur IPM (colonne de gauche). températures de la zone concernée Dans l’ensemble,
Les pays ayant la plus faible part de population pauvre les régions les plus pauvres semblent avoir eu un cli-
soumise au moins à une privation sont principalement mat plus chaud, mais pas plus humide ni plus sec – un
situés dans les États arabes, l’Amérique latine et les constat logique si l’on examine les effets de change-
Caraïbes (7 pays sur 10). ment climatique sur la pauvreté de revenu.
Parmi les pays ayant le moins de population mul-
tidimensionnellement pauvre soumise aux trois pri- Menaces environnementales
vations environnementales, les plus performants sont sur des aspects spécifiques du
concentrés en Asie du Sud (5 sur 10, voir tableau 2, développement humain
colonne de droite). Plusieurs pays de cette région ont La dégradation de l’environnement altère les capaci-
réduit certaines privations, notamment en ce qui tés des populations de nombreuses façons. Au-delà
concerne l’accès à l’eau salubre, même si les autres des revenus et des moyens d’existence, elle exerce un
restent graves. Les cinq mêmes pays se trouvent en tête impact sur la santé, l’éducation et d’autres facteurs de
des deux listes, non seulement parce que leur pauvreté bien-être.
environnementale est relativement faible, mais aussi
parce qu’elle est moins intense. Carences environnementales et santé : des
Le niveau de ces indicateurs ne permet pas tou- privations qui se chevauchent
jours d’identifier les dommages et les risques environ- La charge de morbidité liée à la pollution de l’air inté-
nementaux plus vastes, par exemple en termes d’expo- rieur et extérieur, à l’eau polluée et à un assainissement
sition aux inondations. Parallèlement, les populations non amélioré touche plus sévèrement les populations
pauvres – davantage soumises aux menaces environne- des pays pauvres, notamment les groupes démunis. La
mentales directes – sont aussi plus exposées à la dégra- pollution de l’air intérieur provoque 11 fois plus de
dation de l’environnement au sens large. décès dans les pays à IDH faible qu’ailleurs. Dans les
pays à IDH faible, moyen et élevé, les groupes défavo-
FIGURE 7
risés sont davantage menacés par la pollution de l’air
Les décès attribuables aux risques environnementaux sont
associés à des valeurs élevées de l’IPM extérieur, à la fois parce qu’ils y sont plus exposés et
plus vulnérables. Dans les pays à IDH faible, plus de 6
Indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM)
personnes sur 10 n’ont pas d’accès direct à une eau de
0,7
qualité et 4 sur 10 ne disposent pas de toilettes, cette
• NIGER
0,6 situation contribuant simultanément à l’apparition de
ÉTHIOPIE
• • MALI maladies et à la malnutrition. Le changement clima-
MOZAMBIQUE • • • SOMALIE
0,5 • • • tique menace d’aggraver ces disparités en raison de la
LIBERIA • ANGOLA
COMORES • •SIERRA LEONE diffusion de maladies tropicales, comme la malaria et
0,4 • • • RWANDA
• la dengue, ainsi que de la diminution des récoltes.
• ••
••• ••
• TCHAD
••
0,3
• La base de données sur la charge mondiale de mor-
• • •• • •
• • • CAMEROUN bidité de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)
• •
0,2

• fournit des résultats édifiants quant à la répercussion
• •
•••
• • • •• GHANA•• des facteurs environnementaux, révélant par exemple
0,1 •
• •• • • TADJIKISTAN
que l’eau insalubre et les carences d’assainissement
• ••
CHINE •• •
et d’hygiène font partie des dix premières causes de
0 •••••••••••••• • ••
0 1.000 2.000 3.000 4.000 5.000 maladies à travers le monde. Chaque année, les patho-
Décès dus à des facteurs environnementaux, en millions de personnes logies associées à l’environnement – dont les affections
respiratoires aiguës et les diarrhées – tuent au moins 3
Remarque : Les pays à IDH très élevé ne sont pas inclus. Les années d’enquête varient en fonction des pays ; cf. tableau
statistique 5 dans le Rapport complet pour plus de détails.
millions d’enfants âgés de moins de cinq ans, c’est-à-
Source : A. Prüss-Üstün, R. Bos, F. Gore, et J. Bartram, 2008, Safer Water, Better Health: Costs, Benefits and Sustainability of dire plus que les populations totales du même âge de
Interventions to Protect and Promote Health, Genève: Organisation mondiale de la Santé.

8 RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


l’Autriche, de la Belgique, des Pays-Bas, du Portugal et enquêtes sur l’emploi du temps donnent une vision de
de la Suisse réunis. l’inégalité des sexes qui en découle. Les femmes passent
La dégradation de l’environnement et le change- généralement beaucoup plus d’heures que les hommes
ment climatique affectent aussi les contextes physiques à aller chercher du bois et de l’eau – et les filles plus de
et sociaux, les connaissances, les biens et les comporte- temps que les garçons. Il a également été prouvé que la
ments. Les interactions de ces facteurs peuvent engen- dévolution de ces tâches aux femmes les empêche de se
drer des impacts encore plus négatifs. Par exemple, livrer à des activités plus rentables.
l’intensité des risques de santé s’accroît dans les zones Comme expliqué dans le RDH 2009, la mobilité
souffrant de déficiences d’eau et d’assainissement – qui permet aux gens de choisir leur lieu de vie – est
Une augmentation de
– privations allant souvent de paire. Sur les 10 pays importante pour l’expansion des libertés individuelles
affichant les taux les plus élevés de mortalité due à des et l’amélioration des conditions d’existence. Les 10 % du nombre de
catastrophes environnementales, 6 figurent parmi les contraintes légales rendent toutefois les migrations ris- personnes affectées
10 premiers au classement de l’IPM, dont le Niger, le quées. Il est difficile d’évaluer le nombre de personnes par un phénomène
Mali et l’Angola. fuyant des pressions environnementales parce que météorologique extrême
d’autres facteurs sont en jeu, notamment la pauvreté. réduirait l’IDH d’un pays
Obstacles aux progrès de l’éducation Les estimations sont toutefois très élevées. de presque 2 %, avec des
en faveur des enfants défavorisés, en Les pressions environnementales ont également effets particulièrement
particulier des filles été mises en parallèle avec les conflits croissants pour
importants sur les
En dépit d’une scolarisation primaire quasi uni- les moyens d’existence. Ce lien n’est cependant pas
revenus et dans les
verselle dans de nombreuses parties du monde, des direct. Il est affecté par des facteurs politiques, écono-
failles demeurent. Dans les pays à IDH faible, près de miques et contextuels plus larges qui rendent les indi- pays à IDH moyen
3 enfants sur 10 en âge d’aller à l’école primaire n’y vidus, les groupes et les sociétés vulnérables aux effets
sont même pas inscrits. Cette situation s’explique par de la dégradation de l’environnement.
de multiples contraintes, dont certaines sont environ-
nementales. L’absence d’électricité, par exemple, a des Les effets inégaux des phénomènes
effets à la fois directs et indirects. L’accès à l’électri- météorologiques extrêmes
cité permet un meilleur éclairage qui allonge le temps Parallèlement aux menaces chroniques pernicieuses,
d’étude, ainsi que l’emploi de cuisinières modernes la dégradation environnementale peut amplifier la
qui réduisent le temps passé à collecter le combustible probabilité de risques aigus, avec des impacts inégaux.
et l’eau – deux activités réputées ralentir la progres- Notre analyse suggère qu’une augmentation de 10 %
sion de l’éducation et abaisser les taux de scolarisation. du nombre de personnes affectées par un phénomène
Souvent, les filles subissent encore plus cette situation météorologique extrême réduirait l’IDH d’un pays de
parce qu’elles sont davantage impliquées dans les presque 2 %, avec des effets particulièrement impor-
tâches de collecte. L’accès à l’eau salubre et à un assai- tants sur les revenus et dans les pays à IDH moyen.
nissement adéquat est particulièrement important Or, la charge n’est pas supportée également : les
pour l’éducation de filles, car il améliore la santé, éco- risques de blessures et de mort par les inondations, les
nomise du temps et protège leur intimité. tempêtes et les glissements de terrain sont plus élevés
chez les enfants, les femmes et les personnes âgées, en
Autres répercussions particulier parmi les populations pauvres. L’inégalité
Les privations environnementales domestiques flagrante entre les sexes en cas de catastrophe naturelle
peuvent coïncider avec des contraintes écologiques laisse penser que les inégalités en termes d’exposition
plus larges, réduisant les choix des populations dans – tout comme pour l’accès aux ressources, aux capa-
un grand nombre de cas et rendant plus difficile leur cités et aux opportunités – désavantagent systémati-
subsistance grâce aux ressources naturelles : les gens quement les femmes en les rendant plus vulnérables.
doivent travailler plus pour les mêmes résultats, voire Les enfants souffrent davantage des chocs météo-
émigrer pour fuir la dégradation de l’environnement. rologiques parce que les effets persistants de la mal-
Les moyens d’existence dépendant des ressources nutrition et l’absentéisme scolaire limitent leurs
naturelles prennent beaucoup de temps, notamment perspectives. Des exemples de nombreux pays en
pour les ménages confrontés à l’absence de com- développement montrent qu’une chute temporaire de
bustibles de cuisson modernes et d’eau salubre. Les revenus peut inciter les familles à retirer leurs enfants

VUE D’ENSEMBLE 9
de l’école. Plus généralement, plusieurs facteurs condi- mais aussi la nature – et l’ampleur – de cette partici-
tionnent l’exposition des ménages aux chocs et leur pation. De plus, du fait que les femmes se montrent
capacité à y faire face : nature du choc, statut socioé- souvent plus concernées par l’environnement que les
conomique, capital social et soutiens informels, équité hommes, soutiennent les politiques environnemen-
et efficacité des efforts de secours et de reconstruction. tales et votent pour les leaders écologistes, leur enga-
gement supérieur dans la politique et dans les organi-
Autonomisation – choix en matière sations non gouvernementales pourrait être bénéfique
de reproduction et déséquilibres à l’environnement, avec des effets démultiplicateurs
politiques sur les Objectifs du Millénaire pour le développement.
On estime que
Les mutations en matière de rôles sexospécifiques et
la résolution des Ces arguments ne sont pas nouveaux, mais ils réaf-
l’autonomisation ont permis à certains pays et groupes
carences en matière de firment l’importance d’étendre les libertés effectives
d’améliorer la durabilité environnementale et l’équité,
des femmes. Leur participation aux prises de décisions
planification familiale faisant ainsi progresser le développement humain.
possède à la fois une valeur intrinsèque et un intérêt
avant 2050 abaisserait
concret en faveur de l’équité et de l’environnement.
les émissions mondiales Égalité des sexes
de carbone de 17 % par Notre Indice d’inégalité de genre (IIG) – mis à jour
Inégalités de pouvoir
rapport à aujourd’hui cette année pour 145 pays – montre les répercussions
des problèmes de santé reproductive sur l’inégalité Ainsi que l’exposait le RDH 2010, l’autonomisa-
entre les sexes. Cette donnée est importante car, dans tion revêt de nombreux aspects, dont la démocra-
les pays ayant généralisé un contrôle efficace des nais- tie formelle et procédurale au niveau national et les
sances, la diminution de la natalité permet d’améliorer processus participatifs au niveau local. Il a été prouvé
la santé de la mère et des enfants, tout en réduisant les que l’autonomisation politique, au niveau national et
gaz à effet de serre. Ainsi, à Cuba, en Mauritanie, en international, améliorait la durabilité environnemen-
Thaïlande et en Tunisie, où les soins de santé reproduc- tale. Le contexte est important : des études montrent
tive et la contraception sont facilement accessibles, le que les démocraties sont habituellement plus respon-
taux de fécondité est inférieur à deux naissances par sabilisées envers les électeurs et plus enclines à soutenir
femme. Des besoins non satisfaits substantiels per- les libertés civiles. Cependant, partout dans le monde
sistent cependant dans le monde entier. Les exemples et même dans les systèmes démocratiques, la difficulté
indiquent que si toutes les femmes pouvaient faire majeure réside dans le fait que les personnes les plus
leur choix en matière de reproduction, la population affectées par la dégradation de l’environnement sont
augmenterait assez lentement pour ramener les émis- souvent les plus défavorisées et les moins autonomes,
sions de gaz à effet de serre sous leur niveau actuel. les priorités politiques ne reflétant donc pas leurs inté-
On estime que la résolution des carences en matière rêts ni leurs besoins.
de planification familiale avant 2050 abaisserait les Des indices de plus en plus clairs montrent que les
émissions mondiales de carbone de 17 % par rapport
inégalités de pouvoir, véhiculées par les institutions
à aujourd’hui.
politiques, affectent les résultats environnementaux
L’IIG couvre également la participation des
dans des pays et des contextes divers. Cela signifie que
femmes aux prises de décisions politiques. Il met en
les populations pauvres et les autres groupes désavan-
évidence leur retard sur les hommes dans le monde
tagés subissent davantage les effets de la dégradation
entier, particulièrement en Afrique subsaharienne, en
de l’environnement. Couvrant quelque 100 pays, les
Asie du Sud et dans les États arabes. Ce déséquilibre a
d’importantes implications en termes de durabilité et nouvelles analyses de ce RDH confirment qu’une
d’équité. Parce que les femmes portent habituellement égalité accrue dans la distribution du pouvoir au
la charge la plus lourde de la collecte des ressources et sens large est associée à de meilleurs résultats envi-
qu’elles sont davantage exposées à la pollution de ronnementaux, dont un meilleur accès à l’eau, une
l’air intérieur, elles sont souvent plus affectées que dégradation moindre des sols et un abaissement de la
les hommes par les décisions touchant aux ressources mortalité due à la pollution de l’air extérieur et à l’eau
naturelles. Des études récentes ont révélé non seule- insalubre. Cela laisse envisager un spectre important
ment l’importance de la participation des femmes, de synergies positives.

10 RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


Synergies positives – stratégies • On estime que la fourniture de services énergé-
gagnantes pour l’environnement, tiques de base à tout le monde n’augmenterait que
l’équité et le développement humain de 0,8% les émissions de CO2 compte tenu des
engagements politiques généraux adoptés.
Face aux défis exposés ici, nombre de gouverne- La couverture énergétique mondiale a atteint
ments, de représentants de la société civile, d’acteurs un pic en 2010, les énergies renouvelables représent-
du secteur privé et de partenaires du développement ant alors 25% de la capacité de production et plus de
ont élaboré des approches qui intègrent la durabilité 18% de l’électricité fournie. Le défi consiste à étendre
environnementale et l’équité, tout en favorisant le cette couverture à une échelle et à un rythme qui per-
Il existe de nombreuses
développement humain – c’est-à-dire des stratégies mettront d’accroître la qualité de vie des femmes et des
gagnant-gagnant-gagnant. Pour être efficaces, les hommes pauvres, aujourd’hui et à l’avenir. perspectives
solutions doivent être spécifiques à chaque contexte. prometteuses
Il n’en reste pas moins important d’examiner les expé- Prévention de la dégradation de permettant de
riences locales et nationales qui offrent des potentiels l’environnement développer l’accès à
et d’identifier les principes susceptibles d’être appli- L’élargissement de l’éventail des mesures de prévention l’énergie sans impact
qués dans tous les cas. Nous mettrons en exergue au de la dégradation de l’environnement englobe divers environnemental lourd
niveau local le besoin d’institutions inclusives, et au aspects, depuis l’extension des choix de reproduction
niveau national les possibilités de développement des jusqu’à la promotion de la gestion communautaire des
innovations et des réformes politiques réussies. forêts, en passant par des méthodes d’intervention
L’agenda politique étant vaste, ce RDH ne peut adaptatives en cas de catastrophes naturelles.
pleinement lui rendre justice. Cependant, la valeur Les droits en matière de reproduction, notamment
ajoutée réside dans l’identification de stratégies l’accès à des services de santé reproductive adéquats,
gagnant-gagnant-gagnant aptes à résoudre avec succès sont une condition préalable à l’autonomisation des
nos défis sociaux, économiques et environnementaux femmes, mais peuvent également aider à prévenir la
grâce à la gestion – voire au contournement – des com- dégradation de l’environnement. Des progrès majeurs
promis, par le biais de démarches favorables non seu- sont réalisables. De nombreux exemples montrent la
lement à l’environnement, mais aussi plus largement à possibilité d’intégrer à moindre coût des services de
l’équité et au développement humain. Afin d’inspirer santé reproductive aux infrastructures existantes, ainsi
les débats et les actions, nous proposons des exemples que l’importance de l’engagement de la communauté.
concrets expliquant la mise en pratique de stratégies Au Bangladesh, le taux de fécondité est tombé de 6,6
consistant à dépasser les éventuels compromis pour naissances par femme en 1975 à 2,4 en 2009. Le gou-
trouver des synergies positives. Nous donnons ci-après vernement s’est appuyé sur des programmes de sensi-
l’exemple des énergies modernes. bilisation et de subventions pour faciliter l’accès à la
contraception. De plus, il est parvenu à faire évoluer
Accès aux énergies modernes les normes sociales en dialoguant avec les leaders d’opi-
L’énergie est une question centrale du développement nion des deux sexes (autorités religieuses, enseignants,
humain, sachant qu’environ 1,5 milliard de personnes dans organisations non gouvernementales).
le monde – plus de 1 sur 5 – ne disposent pas d’électricité. La gestion communautaire des forêts pourrait
Cette privation est plus marquée au sein des populations atténuer la dégradation de l’environnement et réduire
multidimensionnellement pauvres (1 personne sur 3). les émissions de CO2, mais l’expérience montre que
Faut-il trouver un compromis entre l’extension de la cela implique le risque d’exclure et de désavantager des
fourniture d’énergie et les émissions de CO2 ? Pas néces- groupes déjà marginalisés. Pour éviter ce danger, nous
sairement. Nous pensons que cette relation est faussement soulignons l’importance d’une large participation
définie. Il existe de nombreuses perspectives prometteuses – en particulier des femmes – à l’élaboration et à la
permettant de développer l’accès à l’énergie sans impact mise en œuvre des processus. Il est également essentiel
environnemental lourd, dont les deux suivantes. de s’assurer que les groupes pauvres et ceux qui vivent
• Il est possible de réaliser des systèmes décentralisés de la forêt ne verront pas leur situation empirer.
hors réseau pour fournir des services énergétiques Des perspectives très prometteuses émergent
aux ménages pauvres, qui peuvent être financés et aussi pour la réduction des impacts négatifs des catas-
mis en place avec un impact minimal sur le climat. trophes naturelles, grâce à des solutions équitables

VUE D’ENSEMBLE 11
et adaptatives ainsi qu’à des systèmes de protection limitent généralement aux revenus des populations.
sociale innovants. L’intervention en cas de catastrophe L’importance de l’équité et de l’inclusivité est déjà
inclut notamment une cartographie communautaire explicite dans les objectifs des politiques économiques
des risques et une distribution plus progressive des « vertes ». Nous proposons d’aller plus loin à cet égard.
biens reconstruits. L’expérience a conduit à une évo- Plusieurs principes clés pourraient permettre d’intégrer
lution vers des modèles décentralisés de réduction des plus largement la question de l’équité à l’élaboration
risques. Ces initiatives peuvent autonomiser les com- des politiques, grâce à l’engagement des parties pre-
munautés locales – particulièrement les femmes – en nantes dans des analyses qui prendraient en compte :
augmentant la participation à l’élaboration et à la prise • les dimensions du bien-être non liées aux revenus,
L’importance de l’équité
de décisions. Les communautés peuvent se recons- par le biais d’outils tels que l’IPM ;
et de l’inclusivité est truire de manière à gommer les inégalités existantes. • les effets directs et indirects des politiques ;
déjà explicite dans les • les mécanismes de compensation en faveur des
objectifs des politiques Repenser notre modèle populations affectées négativement ;
économiques « vertes ». de développement – les • les risques de phénomènes climatiques extrêmes
Nous proposons d’aller leviers du changement qui, même improbables, pourraient provoquer des
plus loin à cet égard catastrophes.
Les fortes disparités entre les populations, les groupes Une analyse précoce des effets distributifs et environ-
et les pays s’ajoutent aux menaces environnementales nementaux des politiques s’avère essentielle.
croissantes, posant d’immenses défis politiques. Il
existe cependant une raison d’être optimiste : à de Un environnement propre et sain constitue
nombreux égards, la situation actuelle nous incite plus un droit, pas un privilège
que jamais à progresser, donnant lieu à des politiques Il peut s’avérer efficace d’intégrer les droits environ-
et à des initiatives innovantes dans certaines régions nementaux aux constitutions et aux législations natio-
du monde. L’approfondissement du débat génère des nales, ne serait-ce que pour habiliter les citoyens à les
réflexions audacieuses, en particulier au soir de la protéger. Au moins 120 pays possèdent une constitu-
conférence des Nations unies sur le développement tion comportant des normes environnementales. De
durable (Rio + 20) et à l’aube de l’ère post-2015. Ce nombreux autres pays n’ont pas institué de droits envi-
Rapport postule une nouvelle vision pour promouvoir ronnementaux explicites, mais interprètent les disposi-
le développement humain à travers le prisme de la dura- tions générales de leur constitution de façon à inclure
bilité et de l’équité. Au niveau local et national, nous la jouissance d’un environnement sain dans les droits
soulignons la nécessité de porter l’équité au premier individuels fondamentaux.
plan de l’élaboration des programmes et des politiques, La reconnaissance constitutionnelle de l’égalité
et d’exploiter les effets multiplicateurs potentiels d’une d’accès à un environnement sain favorise l’équité,
autonomisation accrue dans les sphères législatives et l’exercice de ce droit n’étant plus limité à ceux qui
politiques. Au niveau mondial, nous mettons en évi- peuvent se le permettre. L’intégration de ce droit au
dence le besoin d’allouer davantage de moyens à la lutte cadre légal peut influencer les priorités du gouverne-
contre les menaces environnementales et d’accroître ment et l’affectation des ressources.
l’équité et la représentation des pays et des groupes Parallèlement à la reconnaissance de l’égalité d’ac-
défavorisés dans l’accès aux financements. cès à un environnement sain et correctement géré, il
est nécessaire de disposer d’institutions porteuses,
Intégration des questions d’équité dans les alliées à un dispositif judiciaire juste et indépendant,
politiques économiques « vertes » et au droit à être informé par les gouvernements et
Un thème majeur de ce Rapport réside dans la néces- les entreprises. De fait, la communauté internatio-
sité d’intégrer pleinement les questions d’équité nale reconnaît de plus en plus le droit à l’information
dans les politiques relatives à l’environnement. Les environnementale.
méthodes classiques d’évaluation des politiques envi-
ronnementales échouent. Elles permettent par exem- Participation et responsabilisation
ple de calculer les impacts des émissions futures, mais Les libertés d’action se trouvent au centre du dévelop-
escamotent souvent l’aspect distributif. Même quand pement humain. Comme indiqué dans le RDH de
elles étudient les effets sur différents groupes, elles se l’année dernière, elles possèdent une valeur à la fois

12 RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


intrinsèque et concrète. De fortes disparités de pou- critique – de financement. L’effort public peut
voir se traduisent par des écarts prononcés en termes catalyser l’investissement privé, d’où l’impor-
de résultats environnementaux. À l’inverse, une plus tance d’augmenter les fonds publics, de soutenir
grande autonomisation peut aboutir à des résultats un climat propice à l’investissement et d’encou-
environnementaux positifs, de manière équitable. rager les capacités locales.
Au-delà de l’importance de la démocratie, les insti- • Les contraintes en matière de données rendent
tutions doivent être responsables et inclusives – par- difficile de contrôler les dépenses du secteur privé
ticulièrement vis-à-vis des groupes menacés, dont les et du secteur public local en faveur de la durabilité
femmes – afin de donner du pouvoir à la société civile environnementale. Les informations disponibles
L’investissement annuel
et de favoriser l’accès de la population à l’information. permettent uniquement d’examiner les flux de
La participation présuppose des processus délibéra- l’aide officielle au développement. requis pour assurer
tifs ouverts, transparents et inclusifs, mais des obstacles • La complexité et la fragmentation de l’architec- l’accès universel aux
persistent dans la pratique. Malgré des changements ture financière réduisent l’efficacité des dépenses énergies modernes
positifs, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour et compliquent leur contrôle. Il reste beaucoup à est estimé à moins
que certains groupes traditionnellement exclus – tels que apprendre des engagements initiaux de Paris et d’un huitième des
les populations indigènes – puissent jouer un rôle plus d’Accra en faveur de l’efficacité de l’aide. subventions allouées
actif. Permettre la participation des femmes revêt une Bien que les informations disponibles sur les aux énergies fossiles
importance de plus en plus manifeste, autant pour la besoins, les engagements et les dépenses soient incom-
valeur proprement dite de cette participation que pour plètes et que les ordres de grandeur soient approxima-
son aboutissement avéré à des résultats plus durables. tifs, le tableau de la situation est clair. L’écart entre
Lorsque les gouvernements sont sensibles aux l’aide officielle au développement et les investissements
attentes de la population, les changements sont plus requis pour traiter les problèmes du changement cli-
réalisables. Un environnement permettant à la société matique, des énergies à faible émission de carbone, de
civile de prospérer favorise également la responsabili- l’eau et l’assainissement est immense – et encore plus
sation au niveau local, national et mondial. En outre, la marqué que l’écart entre les engagements et les inves-
liberté de la presse est vitale pour sensibiliser le public tissements nécessaires (voir figure 8). Les dépenses en
et faciliter sa participation. faveur des énergies à faible émission de carbone ne
représentent que 1,6 % de l’estimation la plus basse des
Financement des investissements : besoins ; les fonds consacrés à l’adaptation au chan-
où en sommes-nous ? gement climatique et à son atténuation représentent
Les débats sur la durabilité soulèvent des questions environ 11 % des besoins selon l’estimation la plus
majeures quant aux coûts et aux financements, dont basse. Dans les domaines de l’eau et de l’assainisse-
celle de savoir qui devrait financer quoi et comment. ment, les montants sont beaucoup plus réduits, et les
Les principes d’équité plaident en faveur de larges engagements de l’aide officielle au développement sont
transferts de ressources vers les pays pauvres, autant plus proches des coûts estimés.
pour obtenir un accès plus équitable à l’eau et à l’éner-
gie que pour s’adapter au changement climatique et en Combler le manque de financements : la
atténuer les effets. taxe sur les opérations de change, d’une
Quatre messages importants se dégagent de nos grande idée à une politique concrète
analyses financières : De nouvelles solutions permettraient de remédier lar-
• Les investissements requis sont substantiels, mais gement au manque de financements pour répondre
restent inférieurs aux dépenses actuelles dans aux carences et aux défis exposés dans le présent Rap-
d’autres secteurs, par exemple dans le domaine port. La principale est la taxe sur les opérations de
militaire. L’investissement annuel requis pour change. Soutenue par le RDH 1994, cette idée s’im-
assurer l’accès universel aux énergies modernes pose progressivement comme une option politique
est estimé à moins d’un huitième des subventions envisageable. La crise financière récente a ranimé
allouées aux énergies fossiles. l’intérêt pour cette proposition, mettant en évidence
• L’engagement du secteur public est important (la sa pertinence et son opportunité.
générosité de certains donateurs est patente) et le L’infrastructure réglementaire des échanges de
secteur privé représente une source majeure – et devises étant aujourd’hui plus organisée, centralisée et

VUE D’ENSEMBLE 13
FIGURE 8

L’aide publique au développement est très en deçà des besoins

Estimation des besoins futurs et APD existante


Dépenses annuelles (en milliards de dollars)

1.500

Estimation
haute des
besoins

1.000

Engagements et décaissements en faveur de l’APD, 2010


(en milliards de dollars)

50

500
40

Estimation
30
basse des
besoins
20
Engagements
en faveur
de l’APD
10
Décaissements
50 en faveur
APD de l’APD
0 0
Évolution Énergie à faible Eau et Évolution Énergie à faible Eau et
climatique intensité assainissement climatique intensité assainissement
2010–2030 de carbone d'ici 2015 de carbone
2010–2035

Source : Agence internationale de l’énergie, 2010, World Energy Outlook, Paris : Organisation de coopération et de développement économiques ; ONU-Eau,
2010, Global Annual Assessment of Sanitation and Drinking-Water: Targeting Resources for Better Results, Genève : Organisation mondiale de la Santé
; Départment des affaires économiques et sociales des Nations Unies, 2010, Promoting Development, Saving the Planet, New York: Nations Unies ; et
Base de données de l’OCDE sur les activités d’aide : SNPC en ligne.

standardisée, la mise en place de la taxe apparaît sous milliards de dollars par an. À l’échelle requise, il existe
un nouveau jour. Elle remporte une forte adhésion, y peu d’autres moyens de satisfaire les nouveaux besoins
compris auprès du Groupe pilote sur les financements de financements exposés dans les débats internationaux.
innovants pour le développement, comprenant 63 Une taxe plus large sur les transactions financières
pays parmi lesquels la Chine, la France, l’Allemagne, pourrait aussi dégager des recettes considérables. La
le Japon et le Royaume-Uni. Aux Nations Unies, le plupart des pays du G20 ont déjà adopté une taxe sur
Groupe consultatif de haut niveau sur le financement les transactions financières et le Fonds monétaire inter-
de la lutte contre le changement climatique a récem- national (FMI) a confirmé la faisabilité administrative
ment proposé que 25 à 30 % des produits d’une telle d’une taxe plus large. Avec un taux de prélèvement de
taxe soit affectés à l’adaptation au changement cli- 0,05% sur les transactions financières nationales et
matique et à son atténuation dans les pays en voie de internationales, cette taxe pourrait rapporter entre 600
développement. et 700 milliards de dollars.
Nos analyses mises à jour montrent qu’une taxe sur Une autre solution qui a retenu l’attention consis-
les opérations de change très faible (0,005%) pourrait terait à monétiser l’excédent de droits de tirage spéciaux
rapporter sans aucun surcoût administratif environ 40 (DTS) du FMI. Le gain pourrait atteindre 75 milliards

14 RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


de dollars, avec un coût budgétaire minime ou nul ce Rapport plaide en faveur de l’autonomisation des
pour les gouvernements. Les DTS présentent l’avan- parties prenantes nationales pour combiner les finan-
tage supplémentaire d’agir comme un instrument de cements au niveau local. Les fonds nationaux pour le
rééquilibrage monétaire ; la demande est attendue des climat peuvent faciliter la combinaison et le contrôle
marchés économiques émergents qui cherchent à diver- opérationnels des ressources locales et internationales,
sifier leurs réserves. privées et publiques, données et prêtées. Cela est essen-
tiel pour garantir la responsabilisation nationale et des
Réformes pour accroître l’équité et la effets distributifs positifs.
représentation de tous Afin de faire progresser cet agenda, ce Rapport
Tout véritable effort de
Un fossé sépare les responsables politiques, les négo- propose de mettre l’accent à l’échelon des pays sur les
ciateurs et les décideurs, d’une part, et les citoyens les quatre séries d’outils suivantes. transformation pour
plus vulnérables à la dégradation de l’environnement • Stratégies de basse émission et de résistance au chan- renforcer les actions
d’autre part. Pour le combler, il convient de réduire le gement climatique – pour aligner les objectifs en visant à ralentir ou
déficit de responsabilisation dans la gouvernance envi- matière de développement humain, d’équité et de stopper le changement
ronnementale mondiale. La responsabilisation ne peut changement climatique. climatique requiert
résoudre à elle seule toutes les difficultés, mais elle est • Partenariats public/privé – pour catalyser les capi- une combinaison de
fondamentale pour construire un système de gouver- taux provenant des entreprises et des ménages. ressources locales
nance socialement et environnementalement efficace • Dispositifs de flux financiers pour le climat – pour
et internationales,
au service des populations. fournir un accès équitable aux financements
privées et publiques,
Nous lançons un appel en faveur de mesures qui publics internationaux.
améliorent l’équité et la représentation de tous dans • Coordination de la mise en œuvre, du contrôle et données et prêtées
l’accès aux financements pour soutenir les efforts de des systèmes d’évaluation et de vérification – pour
lutte contre la dégradation de l’environnement. assurer à long terme des résultats efficaces et une
Les ressources privées sont cruciales. Cepen- responsabilisation aux populations locales aussi
dant, le fait que la majorité des flux financiers vient bien qu’aux partenaires.
du privé dans le secteur énergétique, par exemple Pour finir, nous appelons au lancement d’une Ini-
affecte le schéma de distribution, car les investisseurs se tiative pour l’accès universel à l’énergie, mondiale et à
détournent des régions qui présentent les plus grands forte visibilité, au travers d’un plaidoyer et d’une prise
risques et les rentabilités les plus faibles. En l’absence de conscience à l’échelle mondiale, ainsi que du soutien
d’une réforme, l’accès aux financements restera inéga- résolu au développement des énergies propres à l’échelle
lement réparti à travers le monde et ne fera qu’exacerber nationale. Une telle initiative serait à même de mobili-
les inégalités existantes. Ces considérations soulignent ser puissamment les efforts pour passer d’un change-
l’importance de s’assurer que les flux d’investissements ment progressif à un changement transformateur.
publics sont équitables et aident à créer des conditions
aptes à attirer les flux privés. *   *   *
Les implications sont claires : les principes d’équité
sont nécessaires pour guider et encourager les flux Ce Rapport met en lumière les liens entre la durabi-
financiers internationaux. Il convient de soutenir le lité et l’équité, tout en expliquant comment le déve-
renforcement des institutions afin que les pays en déve- loppement humain peut devenir plus durable et plus
loppement puissent établir des politiques et des inci- équitable. Il montre comment dont la dégradation de
tations appropriées. Les mécanismes de gouvernance l’environnemental fait souffrir plus particulièrement
concertée pour un financement public international les groupes pauvres et vulnérables. Nous proposons
doivent permettre la représentation de tous et la res- un agenda politique qui redressera ces déséquilibres,
ponsabilisation sociale. en cadrant une stratégie capable de s’attaquer aux pro-
Tout véritable effort de transformation pour ren- blèmes environnementaux actuels de manière à pro-
forcer les actions visant à ralentir ou stopper le chan- mouvoir l’équité et le développement humain. Enfin,
gement climatique requiert une combinaison de res- nous exposons des moyens pratiques de progresser
sources locales et internationales, privées et publiques, simultanément vers ces objectifs complémentaires,
données et prêtées. Afin de faciliter un accès à la fois afin d’élargir l’éventail de choix des populations tout
équitable et efficace aux flux financiers internationaux, en protégeant notre environnement.

VUE D’ENSEMBLE 15
Classement selon l’IDH 2011 et évolution 2010–2011

Afghanistan 172 France 20 ↑ Nouvelle-Zélande 5


Afrique du Sud 123 ↑ 1 Gabon 106 Oman 89
Albanie 70 ↑ 1 Gambie 168 Ouganda 161
Algérie 96 Géorgie 75 Ouzbékistan 115
Allemagne 9 Ghana 135 ↑ 1 Pakistan 145
Andorre 32 Grèce 29 Palaos 49
Angola 148 Grenade 67 Panama 58 ↑ 1
Antigua-et-Barbuda 60 ↑ 1 Guatemala 131 Papouasie-Nouvelle-Guinée 153 ↓ -1
Arabie saoudite 56 ↑ 2 Guinée 178 Paraguay 107
Argentine 45 ↑ 1 Guinée équatoriale 136 ↓ -1 Pays-Bas 3
Arménie 86 Guinée-Bissau 176 Pérou 80 ↑ 1
Australie 2 Guyana 117 ↑ 2 Philippines 112 ↑ 1
Autriche 19 Haïti 158 ↑ 1 Pologne 39
Azerbaïdjan 91 Honduras 121 ↓ -1 Portugal 41 ↓ -1
Bahamas 53 Hong Kong, Chine (RAS) 13 ↑ 1 Qatar 37
Bahreïn 42 Hongrie 38 République arabe syrienne 119 ↓ -1
Bangladesh 146 Îles Salomon 142 République centrafricaine 179
Barbade 47 Inde 134 République démocratique populaire lao 138 ↑ 1
Bélarus 65 Indonésie 124 ↑ 1 République dominicaine 98 ↑ 2
Belgique 18 Iran, République islamique d' 88 ↓ -1 République tchèque 27
Belize 93 ↓ -1 Iraq 132 Roumanie 50
Bénin 167 Irlande 7 Royaume-Uni 28
Bhoutan 141 ↓ -1 Islande 14 ↓ -1 Rwanda 166
Bolivie, État plurinational de 108 Israël 17 Sainte-Lucie 82
Bosnie-Herzégovine 74 Italie 24 Saint-Kitts-et-Nevis 72
Botswana 118 ↓ -1 Jamaïque 79 ↓ -1 Saint-Vincent-et-les Grenadines 85 ↓ -1
Brésil 84 ↑ 1 Japon 12 Samoa 99
Brunéi Darussalam 33 Jordanie 95 ↓ -1 Sao Tomé-et-Principe 144 ↓ -1
Bulgarie 55 ↑ 1 Kazakhstan 68 ↑ 1 Sénégal 155
Burkina Faso 181 Kenya 143 ↑ 1 Serbie 59 ↑ 1
Burundi 185 Kirghizistan 126 Seychelles 52
Cambodge 139 ↑ 2 Kiribati 122 Sierra Leone 180
Cameroun 150 ↑ 1 Koweït 63 ↓ -1 Singapour 26
Canada 6 Lesotho 160 Slovaquie 35
Cap-Vert 133 Lettonie 43 Slovénie 21
Chili 44 Liban 71 ↓ -1 Soudan* 169
Chine 101 Libéria 182 ↑ 1 Sri Lanka 97 ↑ 1
Chypre 31 Libye 64 ↓ -10 Suède 10
Colombie 87 ↑ 1 Liechtenstein 8 Suisse 11
Comores 163 Lituanie 40 ↑ 1 Suriname 104
Congo 137 Luxembourg 25 Swaziland 140 ↓ -2
Congo, République démocratique du 187 Madagascar 151 ↓ -2 Tadjikistan 127
Corée, République de 15 Malaisie 61 ↑ 3 Tanzanie, (République-Unie de) 152 ↑ 1
Costa Rica 69 ↓ -1 Malawi 171 Tchad 183 ↓ -1
Côte d'Ivoire 170 Maldives 109 Territoires palestiniens occupés 114
Croatie 46 ↓ -1 Mali 175 Thaïlande 103
Cuba 51 Malte 36 Timor-Leste 147
Danemark 16 Maroc 130 Togo 162
Djibouti 165 ↓ -1 Maurice 77 Tonga 90
Dominique 81 ↓ -1 Mauritanie 159 ↓ -1 Trinité-et-Tobago 62 ↑ 1
Égypte 113 ↓ -1 Mexique 57 Tunisie 94 ↓ -1
El Salvador 105 Micronésie, États fédérés de 116 Turkménistan 102
Émirats arabes unis 30 Moldova, République de 111 Turquie 92 ↑ 3
Équateur 83 Mongolie 110 Ukraine 76 ↑ 3
Érythrée 177 Monténégro 54 ↑ 1 Uruguay 48
Espagne 23 Mozambique 184 Vanuatu 125 ↓ -2
Estonie 34 Myanmar 149 ↑ 1 Venezuela, (République bolivarienne du) 73
États-Unis 4 Namibie 120 ↑ 1 Viet Nam 128
Éthiopie 174 Népal 157 ↓ -1 Yémen 154
Ex-Rép. yougoslave de Macédoine 78 ↓ -2 Nicaragua 129 Zambie 164 ↑ 1
Fédération de Russie 66 Niger 186 Zimbabwe 173
Fidji 100 ↓ -3 Nigéria 156 ↑ 1
Finlande 22 Norvège 1

REMARQUE :
Les flèches indiquent la variation du classement du pays pour la période 2010–2011, selon une méthodologie et des données cohérentes ; un blanc indique un classement inchangé.

16 RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


Indices de développement humain

IDH IDH ajusté aux inégalités Indice d’inégalité de genre


Indice de pauvreté
Classement à l’IDH Valeur Valeur Classement Valeur Classement multidimensionnelle
DÉVELOPPEMENT HUMAIN TRÈS ÉLEVÉ
1 Norvège 0,943 0,890 1 0,075 6 ..
2 Australie 0,929 0,856 2 0,136 18 ..
3 Pays-Bas 0,910 0,846 4 0,052 2 ..
4 États-Unis 0,910 0,771 23 0,299 47 ..
5 Nouvelle-Zélande 0,908 .. .. 0,195 32 ..
6 Canada 0,908 0,829 12 0,140 20 ..
7 Irlande 0,908 0,843 6 0,203 33 ..
8 Liechtenstein 0,905 .. .. .. .. ..
9 Allemagne 0,905 0,842 7 0,085 7 ..
10 Suède 0,904 0,851 3 0,049 1 ..
11 Suisse 0,903 0,840 9 0,067 4 ..
12 Japon 0,901 .. .. 0,123 14 ..
13 Hong Kong, Chine (RAS) 0,898 .. .. .. .. ..
14 Islande 0,898 0,845 5 0,099 9 ..
15 Corée (République de) 0,897 0,749 28 0,111 11 ..
16 Danemark 0,895 0,842 8 0,060 3 ..
17 Israël 0,888 0,779 21 0,145 22 ..
18 Belgique 0,886 0,819 15 0,114 12 ..
19 Autriche 0,885 0,820 14 0,131 16 ..
20 France 0,884 0,804 16 0,106 10 ..
21 Slovénie 0,884 0,837 10 0,175 28 0,000
22 Finlande 0,882 0,833 11 0,075 5 ..
23 Espagne 0,878 0,799 17 0,117 13 ..
24 Italie 0,874 0,779 22 0,124 15 ..
25 Luxembourg 0,867 0,799 18 0,169 26 ..
26 Singapour 0,866 .. .. 0,086 8 ..
27 République tchèque 0,865 0,821 13 0,136 17 0,010
28 Royaume-Uni 0,863 0,791 19 0,209 34 ..
29 Grèce 0,861 0,756 26 0,162 24 ..
30 Émirats arabes unis 0,846 .. .. 0,234 38 0,002
31 Chypre 0,840 0,755 27 0,141 21 ..
32 Andorre 0,838 .. .. .. .. ..
33 Brunéi Darussalam 0,838 .. .. .. .. ..
34 Estonie 0,835 0,769 24 0,194 30 0,026
35 Slovaquie 0,834 0,787 20 0,194 31 0,000
36 Malte 0,832 .. .. 0,272 42 ..
37 Qatar 0,831 .. .. 0,549 111 ..
38 Hongrie 0,816 0,759 25 0,237 39 0,016
39 Pologne 0,813 0,734 29 0,164 25 ..
40 Lituanie 0,810 0,730 30 0,192 29 ..
41 Portugal 0,809 0,726 31 0,140 19 ..
42 Bahreïn 0,806 .. .. 0,288 44 ..
43 Lettonie 0,805 0,717 33 0,216 36 0,006
44 Chili 0,805 0,652 44 0,374 68 ..
45 Argentine 0,797 0,641 47 0,372 67 0,011
46 Croatie 0,796 0,675 38 0,170 27 0,016
47 Barbade 0,793 .. .. 0,364 65 ..
DÉVELOPPEMENT HUMAIN ÉLEVÉ
48 Uruguay 0,783 0,654 43 0,352 62 0,006
49 Palaos 0,782 .. .. .. .. ..
50 Roumanie 0,781 0,683 36 0,333 55 ..
51 Cuba 0,776 .. .. 0,337 58 ..
52 Seychelles 0,773 .. .. .. .. ..
53 Bahamas 0,771 0,658 41 0,332 54 ..
54 Monténégro 0,771 0,718 32 .. .. 0,006
55 Bulgarie 0,771 0,683 37 0,245 40 ..
56 Arabie saoudite 0,770 .. .. 0,646 135 ..
57 Mexique 0,770 0,589 56 0,448 79 0,015
58 Panama 0,768 0,579 57 0,492 95 ..

INDICES DE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 17


Indices de développement humain

IDH IDH ajusté aux inégalités Indice d’inégalité de genre


Indice de pauvreté
Classement à l’IDH Valeur Valeur Classement Valeur Classement multidimensionnelle
59 Serbie 0,766 0,694 34 .. .. 0,003
60 Antigua-et-Barbuda 0,764 .. .. .. .. ..
61 Malaisie 0,761 .. .. 0,286 43 ..
62 Trinité-et-Tobago 0,760 0,644 46 0,331 53 0,020
63 Koweït 0,760 .. .. 0,229 37 ..
64 Libye 0,760 .. .. 0,314 51 ..
65 Bélarus 0,756 0,693 35 .. .. 0,000
66 Fédération de Russie 0,755 0,670 39 0,338 59 0,005
67 Grenade 0,748 .. .. .. .. ..
68 Kazakhstan 0,745 0,656 42 0,334 56 0,002
69 Costa Rica 0,744 0,591 55 0,361 64 ..
70 Albanie 0,739 0,637 49 0,271 41 0,005
71 Liban 0,739 0,570 59 0,440 76 ..
72 Saint-Kitts-et-Nevis 0,735 .. .. .. .. ..
73 Venezuela (Rép. bolivarienne du) 0,735 0,540 67 0,447 78 ..
74 Bosnie-Herzégovine 0,733 0,649 45 .. .. 0,003
75 Géorgie 0,733 0,630 51 0,418 73 0,003
76 Ukraine 0,729 0,662 40 0,335 57 0,008
77 Maurice 0,728 0,631 50 0,353 63 ..
78 Ex-Rép. yougoslave de Macédoine 0,728 0,609 54 0,151 23 0,008
79 Jamaïque 0,727 0,610 53 0,450 81 ..
80 Pérou 0,725 0,557 63 0,415 72 0,086
81 Dominique 0,724 .. .. .. .. ..
82 Sainte-Lucie 0,723 .. .. .. .. ..
83 Équateur 0,720 0,535 69 0,469 85 0,009
84 Brésil 0,718 0,519 73 0,449 80 0,011
85 Saint-Vincent-et-les Grenadines 0,717 .. .. .. .. ..
86 Arménie 0,716 0,639 48 0,343 60 0,004
87 Colombie 0,710 0,479 86 0,482 91 0,022
88 Iran (République islamique d') 0,707 .. .. 0,485 92 ..
89 Oman 0,705 .. .. 0,309 49 ..
90 Tonga 0,704 .. .. .. .. ..
91 Azerbaïdjan 0,700 0,620 52 0,314 50 0,021
92 Turquie 0,699 0,542 66 0,443 77 0,028
93 Belize 0,699 .. .. 0,493 97 0,024
94 Tunisie 0,698 0,523 72 0,293 45 0,010
DÉVELOPPEMENT HUMAIN MOYEN
95 Jordanie 0,698 0,565 61 0,456 83 0,008
96 Algérie 0,698 .. .. 0,412 71 ..
97 Sri Lanka 0,691 0,579 58 0,419 74 0,021
98 République dominicaine 0,689 0,510 77 0,480 90 0,018
99 Samoa 0,688 .. .. .. .. ..
100 Fidji 0,688 .. .. .. .. ..
101 Chine 0,687 0,534 70 0,209 35 0,056
102 Turkménistan 0,686 .. .. .. .. ..
103 Thaïlande 0,682 0,537 68 0,382 69 0,006
104 Suriname 0,680 0,518 74 .. .. 0,039
105 El Salvador 0,674 0,495 83 0,487 93 ..
106 Gabon 0,674 0,543 65 0,509 103 0,161
107 Paraguay 0,665 0,505 78 0,476 87 0,064
108 Bolivie (État plurinational de) 0,663 0,437 87 0,476 88 0,089
109 Maldives 0,661 0,495 82 0,320 52 0,018
110 Mongolie 0,653 0,563 62 0,410 70 0,065
111 Moldova (République de) 0,649 0,569 60 0,298 46 0,007
112 Philippines 0,644 0,516 75 0,427 75 0,064
113 Égypte 0,644 0,489 85 .. .. 0,024
114 Territoires palestiniens occupés 0,641 .. .. .. .. 0,005
115 Ouzbékistan 0,641 0,544 64 .. .. 0,008
116 Micronésie (États fédérés de) 0,636 0,390 94 .. .. ..
117 Guyana 0,633 0,492 84 0,511 106 0,053
118 Botswana 0,633 .. .. 0,507 102 ..
119 République arabe syrienne 0,632 0,503 80 0,474 86 0,021
120 Namibie 0,625 0,353 99 0,466 84 0,187

18 RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ


Indices de développement humain

IDH IDH ajusté aux inégalités Indice d’inégalité de genre


Indice de pauvreté
Classement à l’IDH Valeur Valeur Classement Valeur Classement multidimensionnelle
121 Honduras 0,625 0,427 89 0,511 105 0,159
122 Kiribati 0,624 .. .. .. .. ..
123 Afrique du Sud 0,619 .. .. 0,490 123 0,057
124 Indonésie 0,617 0,504 79 0,505 100 0,095
125 Vanuatu 0,617 .. .. .. .. 0,129
126 Kirghizistan 0,615 0,526 71 0,370 66 0,019
127 Tadjikistan 0,607 0,500 81 0,347 61 0,068
128 Viet Nam 0,593 0,510 76 0,305 48 0,084
129 Nicaragua 0,589 0,427 88 0,506 101 0,128
130 Maroc 0,582 0,409 90 0,510 104 0,048
131 Guatemala 0,574 0,393 92 0,542 109 0,127
132 Iraq 0,573 .. .. 0,579 117 0,059
133 Cap-Vert 0,568 .. .. .. .. ..
134 Inde 0,547 0,392 93 0,617 129 0,283
135 Ghana 0,541 0,367 96 0,598 122 0,144
136 Guinée équatoriale 0,537 .. .. .. .. ..
137 Congo 0,533 0,367 97 0,628 132 0,208
138 Rép. démocratique populaire lao 0,524 0,405 91 0,513 107 0,267
139 Cambodge 0,523 0,380 95 0,500 99 0,251
140 Swaziland 0,522 0,338 103 0,546 110 0,184
141 Bhoutan 0,522 .. .. 0,495 98 0,119
DÉVELOPPEMENT HUMAIN FAIBLE
142 Îles Salomon 0,510 .. .. .. .. ..
143 Kenya 0,509 0,338 102 0,627 130 0,229
144 Sao Tomé-et-Principe 0,509 0,348 100 .. .. 0,154
145 Pakistan 0,504 0,346 101 0,573 115 0,264
146 Bangladesh 0,500 0,363 98 0,550 112 0,292
147 Timor-Leste 0,495 0,332 105 .. .. 0,360
148 Angola 0,486 .. .. .. .. 0,452
149 Myanmar 0,483 .. .. 0,492 96 0,154
150 Cameroun 0,482 0,321 107 0,639 134 0,287
151 Madagascar 0,480 0,332 104 .. .. 0,357
152 Tanzanie (République-Unie de) 0,466 0,332 106 0,590 119 0,367
153 Papouasie-Nouvelle-Guinée 0,466 .. .. 0,674 140 ..
154 Yémen 0,462 0,312 108 0,769 146 0,283
155 Sénégal 0,459 0,304 109 0,566 114 0,384
156 Nigéria 0,459 0,278 116 .. .. 0,310
157 Népal 0,458 0,301 111 0,558 113 0,350
158 Haïti 0,454 0,271 121 0,599 123 0,299
159 Mauritanie 0,453 0,298 112 0,605 126 0,352
160 Lesotho 0,450 0,288 115 0,532 108 0,156
161 Ouganda 0,446 0,296 113 0,577 116 0,367
162 Togo 0,435 0,289 114 0,602 124 0,284
163 Comores 0,433 .. .. .. .. 0,408
164 Zambie 0,430 0,303 110 0,627 131 0,328
165 Djibouti 0,430 0,275 118 .. .. 0,139
166 Rwanda 0,429 0,276 117 0,453 82 0,426
167 Bénin 0,427 0,274 119 0,634 133 0,412
168 Gambie 0,420 .. .. 0,610 127 0,324
169 Soudan 0,408 .. .. 0,611 128 ..
170 Côte d'Ivoire 0,400 0,246 124 0,655 136 0,353
171 Malawi 0,400 0,272 120 0,594 120 0,381
172 Afghanistan 0,398 .. .. 0,707 141 ..
173 Zimbabwe 0,376 0,268 122 0,583 118 0,180
174 Éthiopie 0,363 0,247 123 .. .. 0,562
175 Mali 0,359 .. .. 0,712 143 0,558
176 Guinée-Bissau 0,353 0,207 129 .. .. ..
177 Érythrée 0,349 .. .. .. .. ..
178 Guinée 0,344 0,211 128 .. .. 0,506
179 République centrafricaine 0,343 0,204 130 0,669 138 0,512
180 Sierra Leone 0,336 0,196 131 0,662 137 0,439
181 Burkina Faso 0,331 0,215 126 0,596 121 0,536
182 Libéria 0,329 0,213 127 0,671 139 0,485

INDICES DE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 19


Indices de développement humain

IDH IDH ajusté aux inégalités Indice d’inégalité de genre


Indice de pauvreté
Classement à l’IDH Valeur Valeur Classement Valeur Classement multidimensionnelle
183 Tchad 0,328 0,196 132 0,735 145 0,344
184 Mozambique 0,322 0,229 125 0,602 125 0,512
185 Burundi 0,316 .. .. 0,478 89 0,530
186 Niger 0,295 0,195 133 0,724 144 0,642
187 Congo (République démocratique du) 0,286 0,172 134 0,710 142 0,393
AUTRES PAYS OU TERRITOIRES
Corée (Rép. populaire démocratique de) .. .. .. .. .. ..
Îles Marshall .. .. .. .. .. ..
Monaco .. .. .. .. .. ..
Nauru .. .. .. .. .. ..
Saint-Marin .. .. .. .. .. ..
Somalie .. .. .. .. .. 0,514
Tuvalu .. .. .. .. .. ..
Catégories d’IDH
Développement humain très élevé 0,889 0,787 — 0,224 — —
Développement humain élevé 0,741 0,590 — 0,409 — —
Développement humain moyen 0,630 0,480 — 0,475 — —
Développement humain faible 0,456 0,304 — 0,606 — —
Régions
États arabes 0,641 0,472 — 0,563 — —
Asie de l’Est et Pacifique 0,671 0,528 — .. — —
Europe et Asie centrale 0,751 0,655 — 0,311 — —
Amérique latine et Caraïbes 0,731 0,540 — 0,445 — —
Asie du Sud 0,548 0,393 — 0,601 — —
Afrique subsaharienne 0,463 0,303 — 0,610 — —
Pays moins développés 0,439 0,296 — 0,594 — —
Petits États insulaires en
0,640 0,458 — .. — —
développement
Monde 0,682 0,525 — 0,492 — —

NOTES
L’intégralité des notes et des sources relatives aux données de ce tableau figure dans l’annexe statis- ceux dont l’IDH se situe entre 51 et 75 % relèvent de la catégorie « élevé » , ceux dont l’IDH se situe
tique du rapport complet. Le classement des pays est fonction du quartile de l’IDH auquel ils appartien- entre 26 et 50 % relèvent du groupe « moyen » et ceux dont l’IDH se trouve dans le quartile inférieur
nent. Les pays dont l’IDH se trouve dans le quartile supérieur relèvent de la catégorie « très élévé », relèvent du groupe « faible ». Les rapports antérieurs utilisaient des seuils absolus et non relatifs.

20 RAPPORT SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 2011 RÉSUMÉ

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