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Repas de gratitude de Rahma

Rahma, la mère de Zineb, pleure la disparition de sa fille, provoquant une vague de chagrin parmi les femmes du quartier qui viennent la consoler. Après le retour de Zineb, Rahma organise un repas pour les pauvres, rassemblant mendiants et voisines dans une ambiance festive et solennelle. Ce passage met en avant la solidarité, la gratitude et la dimension religieuse de la communauté.

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Repas de gratitude de Rahma

Rahma, la mère de Zineb, pleure la disparition de sa fille, provoquant une vague de chagrin parmi les femmes du quartier qui viennent la consoler. Après le retour de Zineb, Rahma organise un repas pour les pauvres, rassemblant mendiants et voisines dans une ambiance festive et solennelle. Ce passage met en avant la solidarité, la gratitude et la dimension religieuse de la communauté.

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Extrait 1

Rahma, la femme du fabricant de charrues, qui était sortie ce matin accompagnée de sa fille Zineb, dans
l’intention de se rendre au quartier Kalklyine pour assister à un baptême, revint tout en pleurs. Elle se mit à se
lamenter depuis l’entrée de la maison, à s’administrer des claques sonores sur les joues.
- Malheur! Malheur à moi! Je suis la plus misérable des mères ; je ne pourrai jamais survivre à cette douleur.
Personne ne pourra soulager ma peine.
Les questions fusaient de toutes les fenêtres. Les femmes avaient interrompu leur besogne. Elles la suppliaient
de les mettre au courant de la nature de cette catastrophe qui l’avait frappée. Ma mère oublia que Rahma
n’était qu’une pouilleuse ,une mendiante d’entre les mendiantes. Tout émue, elle se précipita au premier étage
en criant: - Ma sœur! Ma pauvre sœur! Que t’est-il arrivé?
- Nous pouvons peut-être te venir-en aide. Cesse de pleurer, tu nous déchires le cœur. Toutes les femmes
entourèrent Rahma la malheureuse. Elle réussit enfin à les renseigner: Zi-neb avait disparu, perdue dans la
foule. En vain, sa mère avait essayé de la retrouver dans les petites rues latérales, Zineb s’était volatilisée, le
sol l’avait engloutie et il n’en restait pas la moindre trace. La nouvelle de cette disparition se propagea
instantanément dans le quartier. Des femmes incon-nues traversèrent les terrasses pour venir prendre part à la
douleur de Rahma et l’exhorter à la pa-tience. Tout le monde se mit à pleurer bruyamment. Chacune des
assistantes gémissait, se lamen-tait, se rappelait les moments particulièrement pénibles de sa vie,
s’attendrissait sur son propre sort. Je m’étais mêlé au groupe des pleureuses et j’éclatai en sanglots. Personne
ne s’occupait de moi. Je n’aimais pas Zineb, sa disparition me réjouissait plutôt, je pleurais pour bien d’autres
raisons. D’abord, je pleurais pour faire comme tout le monde, il me semblait que la bienséance l’exigeait; je
pleurais aussi parce que ma mère pleurait et parce que Rahma, qui m’avait fait cadeau d’un beau cabochon de
verre, avait du cha-grin ; mais la raison profonde peut-être, c’était celle que je donnai à ma mère lorsqu’elle
s’arrêta, épuisée. Toutes les femmes s’arrêtèrent, s’essuyèrent le visage, qui avec un mouchoir, qui avec le bas
de sa chemise. Je continuais à pousser des cris prolongés. Elles essayèrent de me consoler. Ma mère me dit:
- Arrête! Sidi Mohammed, on retrouvera Zineb, arrête ! Tu vas te faire mal aux yeux avec toutes ces larmes.
Hoquetant, je lui répondis:
- Cela m’est égal qu’on ne retrouve pas Zineb, je pleure parce que j’ai faim!
Ma mère me saisit par le poignet et m’entraîna, courroucée.

Ce passage se situe après quel événement ?


Qui parle ?
À qui ?
De qui ?
De quoi
Comment les voisines ont-elles accueilli cette nouvelle ?
Qu’est-ce qui montre que Lalla Zoubida a participé à la consolation de Rahma ?
Relevez le champ lexical de la douleur et des pleurs :
Le narrateur est-il malheureux suite à cette disparition ? Justifiez votre réponse.
Pourquoi pleure-t-il donc ?

Extrait 2
Le jeudi suivant, Rahma, pour remercier Dieu de lui avoir rendu sa fille, organisa un repas pour les pauvres.
Toutes les femmes de la maison lui prêtèrent leur concours.
Lorsque les grands plats de céramique que Rahma avait loués furent garnis de couscous copieusement arrosé
de bouillon, surmonté d’une pyramide de viande et de légumes, Driss El Aouad partit à Moulay Idriss et à la
maison des aveugles de la rue Riad Jeha, pour chercher ses hôtes.
Bientôt, nous entendîmes dans le couloir d’entrée, un brouhaha scandé de coups de canne et d’éclats de voix.
Driss entra le premier dans le patio. Il fut suivi d’un aveugle à la barbe blanche guidé par un garçonnet d’une
dizaine d’années. Ensuite, un flot de mendiants hommes et femmes se déversa dans la cour.
Tout le monde s’assit sur les nattes et sur les tapis usés. Avant que le repas ne leur fût servi, ils entonnèrent
un psaume où il était question de félicités qui attendent les croyants au cœur généreux, ceux-là qui nourrissent
les affamés, honorent l’hôte de Dieu.
Le poème se termina par des invocations, afin d’attirer la bénédiction sur notre demeure et sur tous ses
habitants.
Le couscous parut. Autour des plats posés à même les nattes, les mendiants s’installèrent pour manger. Les
mendiants mangeaient et buvaient avec dignité, sans hâte, sans agitation.
Rassasiés, ils se léchèrent soigneusement les doigts, s’essuyèrent avec des torchons mis à leur disposition.
Au signal de leur chef, ils commencèrent la psalmodie d’un chapitre du livre Saint. Les murs de notre maison
vibraient, sanctifiés par les versets sacrés.
Rahma, radieuse, invita les voisines et quelques femmes venues des maisons mitoyennes. Elle leur servit un
excellent ragoût de viande, un couscous au pois chiches, des salades d’orange au sucre et à la cannelle. Maman
prépara le thé à la menthe. Toutes jacassaient, riaient très fort, se taquinaient mutuellement, poussaient des
you-you.
La fête dura jusqu’au coucher du soleil. Elle se termina sur la terrasse avec d’autres you-you, d’autres vœux
et la promesse de se revoir.

Que s’est-il passé avant cet extrait ?


Pourquoi Rahma organise-t-elle un repas ?
Qui participe à cet événement ?
Quelle valeur humaine semble au centre du passage ?
Quels mots ou expressions montrent la dimension religieuse du texte ?
Comment se manifeste la gratitude de Rahma ?
Qui aide Rahma à organiser le repas ?
Quelle ambiance règne pendant et après le repas ?
Quels mots expriment cette joie collective ?

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