Comprendre la périodisation historique
Comprendre la périodisation historique
La périodisation
Programme :
L’introduction est l’occasion de rappeler comment l’histoire a été divisée en quatre grandes périodes, avec, pour
marquer chacune d’entre elles, le choix d’une date-clé (476, 1453/1492,1789). On montre que le choix de ces dates
qui servent de marqueurs ne va pas de soi : ainsi, on retient 1453 ou 1492 pour les débuts de l’époque moderne,
selon ce qu’on souhaite mettre en exergue. Il convient aussi de présenter les formes de périodisation (exemples :
dynasties, ères, époques, âges, siècles...). Le but n’est pas de réaliser un inventaire mais d’introduire l’idée que le
temps a lui-même une histoire et que cette histoire a été soumise à des évolutions, dans le temps et dans l’espace.
Une frise chronologique peut être construite puis enrichie au fil de l’année, y compris sous forme numérique.
Problématique :
Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ?
Notions principales :
Compétences travaillées :
Maîtriser et utiliser des repères chronologiques et spatiaux
Connaître et se repérer
Elément signifiant : Identifier et nommer les périodes historiques, les continuités et ruptures chronologiques.
S’approprier les exigences, les notions et les outils de la démarche historique et de la démarche géographique
Conduire une démarche historique ou géographique et la justifier.
Elément signifiant : Construire et vérifier des hypothèses sur une situation historique ou géographique.
Construire une argumentation historique ou géographique
Elément signifiant : Procéder à l’analyse critique d’un document selon une approche historique ou géographique.
Autonomie
Mener une recherche.
Elément signifiant : Mener à bien une recherche au sein d’un groupe ; prendre part à une production collective
Attitudes travaillées :
Autonomie
Savoir travailler en groupe dans le calme
Déroulé de la séquence
À quoi dois-je penser ? (Clé USB, diapo, fiche élève, photocopies, doc à afficher, etc.)
→ Amener les élèves à définir la périodisation : la périodisation est le découpage du temps en différentes pé-
riodes. On retrouve les premières traces de périodisation dans l’Antiquité : fondation légendaire de Rome le 21
avril 753 av JC (en 247 ap JC, les Romains fêtent en grande pompe le millénaire de la Ville Éternelle).
Le souhait de périodiser est donc ancien : d’autres critères peuvent être utilisés pour périodiser l’histoire.
- Denys le Petit moine Scythe installé à Rome propose au VI° siècle d’introduire une coupure fondamentale
dans l’histoire : celle de la naissance de Jésus et distingue deux grandes périodes « av JC » - « ap JC ». Cette
périodisation sert aujourd’hui de référence dans tous les pays du monde → fondée sur un critère religion.
- La périodisation en 3 ou en 4 périodes s’installe en Europe au XVI° et XVII° siècle. Les historiens retiennent
aujourd’hui 4 grandes périodes :
o L’Antiquité depuis la naissance de l’écriture jusqu’à la chute de l’empire romain d’Occident en 476 ;
o Le Moyen Age débute en 476 et s’achève au XV° siècle (Christophe Colomb en 1492 ou prise de
Constantinople en 1453) ;
o La période moderne s’étend du XV° siècle jusqu’en 1789 ;
o La période contemporaine débute en 1789 jusqu’à nos jours.
→ Attention : les bornes chronologiques sont très débattues par les historiens. Ex : MA, création de la Renaissance
reprise par Jules Michelet au XIX° siècle. Connoté négativement. Les historiens utilisent donc des critères
scientifiques très variés pour découper l’histoire en tranche (Le Goff Jacques. Faut-il découper l’histoire en
tranche).
Présentation de la séquence / mise en contexte : (phase 2, 15 min)
Approche pédagogique : cours dialogué
Un des problèmes essentiels de l'humanité, apparu avec sa naissance même, a été de maîtriser le temps
terrestre. Les calendriers ont permis d'organiser la vie quotidienne, car ils sont presque toujours liés à l'ordre de la
nature, avec deux références principales, le Soleil et la Lune. Mais les calendriers définissent en général un temps
cyclique et annuel, et demeurent inefficaces pour penser des temps plus longs. Or si l'humanité n'est pas jusqu'à
présent capable de prévoir avec exactitude le futur, il lui importe de maîtriser son long passé.
Pour l'organiser, on a recouru à divers termes : on a parlé d'« âges », d'« époques », de « cycles ». Mais le
mieux adapté me semble celui de « périodes ». « Période » vient du grec periodos qui désigne un chemin circulaire.
Le terme a pris entre le XIVe et le XVIIIe siècle le sens de « laps de temps » ou « âge ». Au XXe siècle, il a produit la
forme dérivée « périodisation ».
Ce terme de « périodisation » (…) indique une action humaine sur le temps et souligne que son découpage
n'est pas neutre. Il s'agira ici de mettre en évidence les raisons plus ou moins affichées, plus ou moins avouées
qu'ont eues les hommes de découper le temps en périodes, souvent assorties de définitions qui soulignent le sens
et la valeur qu'ils leur confèrent.
Le découpage du temps en périodes est nécessaire à l'histoire, qu'on la considère au sens, général, d'étude
de l'évolution des sociétés ou de type particulier de savoir et d'enseignement, ou encore de simple déroulement du
temps. Mais ce découpage n'est pas un simple fait chronologique, il exprime aussi l'idée de passage, de tournant,
voire de désaveu vis-à-vis de la société et des valeurs de la période précédente
Jacques Le Goff, Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ? Le Seuil,
2014.
1. Jacques Le Goff est un historien médiéviste français (1924-2014). Il fut l’un des codirecteurs de la revue Annales. Histoire,
Sciences sociales et s’intéressa à l’histoire des mentalités
→ rappel de la méthode : titre, auteur, date, source, contexte, sens général du document.
Ce document est un texte de Jacques Le Goff, un historien médiéviste français qui vécut entre 1924 et 2014. Le
document est extrait d’un ouvrage intitulé « Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ? » qui fut publié en
2014.
→ Pourquoi ? Cela donne du sens et de la valeur. Ex : le Moyen Age est une création des hommes du XVIe siècle
qui regardaient avec un certain mépris la période précédente. Il exprime aussi l'idée de passage, de tournant, voire
de désaveu vis-à-vis de la société et des valeurs de la période précédente. »
Connaissances :
La division de l’Histoire en 4 grandes périodes.
Les dates-clés séparant les périodes (476, 1453/1492,1789) sont des choix contestables.
Les formes de périodisation (exemples : dynasties, ères, époques, âges, siècles...).
Idée que le temps a lui-même une histoire et que cette histoire a été soumise à des évolutions,
dans le temps et dans l’espace.
Capacités :
Maîtriser et utiliser des repères chronologiques et spatiaux
Connaître et se repérer
Elément signifiant : Identifier et nommer les périodes historiques, les continuités et ruptures
chronologiques.
S’approprier les exigences, les notions et les outils de la démarche historique et de la
démarche géographique.
Conduire une démarche historique ou géographique et la justifier.
Elément signifiant : Construire et vérifier des hypothèses sur une situation historique ou
géographique.
Construire une argumentation historique ou géographique
Elément signifiant : Procéder à l’analyse critique d’un document selon une approche historique ou
géographique.
Autonomie
Mener une recherche.
LA PERIODISATION
L’Antiquité prend-elle fin en 476 ?
Objectifs :
• Comprendre que la périodisation est une construction qui n’est pas neutre
• Extraire des informations d’un dossier documentaire.
• Travailler en groupe dans le calme.
Auto-évaluation Evaluation
Traduction
Capacités évaluées
TI Ins C S TI Ins C S chiffrée
Autonomie
Document 1 :
S’il reste beaucoup à faire pour la préciser, l’histoire de la périodisation canonique 1, entendue comme le
découpage de l’histoire en quatre grandes périodes, à savoir l’Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes et
l’époque contemporaine, est connue dans ses grandes lignes. Elle est déjà ancienne : c’est au début du XVe
siècle que les humanistes italiens entreprennent de distinguer l’Antiquité des « temps modernes » et c’est peu
après, dans la seconde moitié du siècle, que s’intercale entre ces deux périodes un «temps intermédiaire», le
Moyen Âge. Ce triptyque2 se diffuse en Europe au cours des XVIe et XVIIe siècles et fonde la périodisation
savante de l’histoire du monde qui voit alors le jour (…). Plus tardive, évidemment, la dissociation 3 de l’époque
contemporaine et des Temps modernes est traditionnellement datée, en ce qui concerne la France, de la seconde
moitié du XIXe siècle.
Le Bihan Jean, Mazel Florian4, « La périodisation canonique de l’histoire : une exception française ? », Revue
historique, 2016/4 (n° 680), p. 785-812. DOI : 10.3917/rhis.164.0785. URL : [Link]
[Link]
1. traditionnelle et acceptée par les historiens.
2. en trois parties
3. séparation
4. Jean Le Bihan est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Rennes 2. Florian Mazel est un historien
médiéviste, spécialiste de d’histoire sociale, enseignant à l’université d’Aix-Marseille
Document 2 :
La seconde remarque a trait au passage entre ce qu'on appelle l'« Antiquité » et le « Moyen Âge ». Longtemps on
a fait correspondre la fin de l'Antiquité soit avec la conversion de l'empereur Constantin au christianisme (édit de
Milan, 313), soit avec le renvoi à l'empereur de Byzance des insignes impériaux occidentaux (476) 1. Mais de
nombreux historiens ont souligné que la transformation d'une époque à l'autre a été longue, progressive, pleine de
chevauchements. L'idée a donc été avancée qu'on ne pouvait pas fixer une date de rupture nette entre les deux.
L'approche qui prévaut aujourd'hui est celle d'une mutation qui aurait duré du III e au VIIe siècle et, sur le modèle
des historiens allemands qui les premiers l'ont définie sous le terme de Spàtantike, cette période a reçu le nom d'«
Antiquité tardive ».
1. Période où l’empire romain est divisé en 2 parties : empire d’occident dirigé depuis Rome et empire d’Orient dirigé depuis
Constantinople. Cette partie est appelée ensuite empire byzantin ou Byzance.
2. Jacques Le Goff est un historien médiéviste français (1924-2014). Il fut l’un des codirecteurs de la revue Annales.
Histoire, Sciences sociales et s’intéressa à l’histoire des mentalités.
Document 3 :
Employée d’abord par les historiens de langue allemande, l’expression «Antiquité tardive» («Spätantike») est
revisitée, à partir des années 1960, par une série de congrès et dans diverses publications. Un certain nombre
d’universités françaises, anglo-saxonnes et latines inscrivent actuellement l’étude de cette période spécifique dans
leurs cursus. Des associations et des revues sont créées comme la revue de l’antiquité tardive en 1995 ou la
revue des Études tardoantiques en 2011. La problématique du sujet est exposée dans un long texte de René
Martin qui passe en revue divers critères (contrôle du territoire par le pouvoir impérial confronté à la pénétration
barbare, rapports de force entre paganisme et christianisme, sort du latin comme langue officielle et langue parlée,
tendances dominantes de l’art, etc.) et situe l’Antiquité tardive entre le début du IIIe siècle et la fin du VIe de notre
ère. Cette périodisation ne fait pas l’unanimité.
Jean Leduc1, la construction historique des cadres de la périodisation, « Découper le temps, Actualité de la
périodisation en histoire », revue ATALA N°17,
2014
1. Jean Leduc est historien, spécialiste de l’histoire de l’éducation
Questions :
1. Présenter le document 2.
3. Pourquoi peut-on dire que la date de la fin de l’Antiquité fait débat au sein des historiens ? (documents 2 et 3)
Questions :
1. Présenter le document 2.
-le document 2 est un texte de Jacques Le Goff, un historien médiéviste français qui vécut entre 1924 et 2014. Le
document est extrait d’un ouvrage intitulé « Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ? » qui fut publié en
2014. Le document évoque la question de la date de fin de l’Antiquité et conclue sur un mutation progressive entre
l’Antiquité et le Moyen Age.
LA PERIODISATION
Faut-il revoir les bornes chronologiques du Moyen Age ?
Objectifs :
• Comprendre que la périodisation est une construction qui n’est pas neutre
• Extraire des informations d’un dossier documentaire.
• Travailler en groupe dans le calme.
Auto-évaluation Evaluation
Traduction
Capacités évaluées
TI Ins C S TI Ins C S chiffrée
Autonomie
Document 1 :
S’il reste beaucoup à faire pour la préciser, l’histoire de la périodisation canonique 1, entendue comme le
découpage de l’histoire en quatre grandes périodes, à savoir l’Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes et
l’époque contemporaine, est connue dans ses grandes lignes. Elle est déjà ancienne : c’est au début du XVe
siècle que les humanistes italiens entreprennent de distinguer l’Antiquité des « temps modernes » et c’est peu
après, dans la seconde moitié du siècle, que s’intercale entre ces deux périodes un «temps intermédiaire», le
Moyen Âge. Ce triptyque2 se diffuse en Europe au cours des XVIe et XVIIe siècles et fonde la périodisation
savante de l’histoire du monde qui voit alors le jour (…). Plus tardive, évidemment, la dissociation 3 de l’époque
contemporaine et des Temps modernes est traditionnellement datée, en ce qui concerne la France, de la seconde
moitié du XIXe siècle.
Le Bihan Jean, Mazel Florian4, « La périodisation canonique de l’histoire : une exception française ? », Revue
historique, 2016/4 (n° 680), p. 785-812. DOI : 10.3917/rhis.164.0785. URL : [Link]
[Link]
1. traditionnelle et acceptée par les historiens.
2. en trois parties
3. séparation
4. Jean Le Bihan est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Rennes 2. Florian Mazel est un historien
médiéviste, spécialiste de d’histoire sociale, enseignant à l’université d’Aix-Marseille
Document 2 :
Fixées pour la première fois de façon officielle en 1838, [les bornes chronologiques du Moyen Age] vont d’abord
de 395, qui marquent la division de l’Empire romain entre Orient et Occident, à 1453, date de la chute de
Constantinople1 tombée aux mains des Turcs. Aujourd’hui elles sont fixées de 476, quand meurt officiellement
l'Empire romain d'Occident, à 1492, quand Christophe Colomb découvre le Nouveau Monde. Ces dates sont des
repères commodes que nécessite la division du temps historique en périodes, mais elles ne concernent en premier
lieu que l'Occident et n'ont pas de sens pour l'Orient. La notion de Moyen Âge est donc très connotée par son
aspect européocentrique, et ne recouvre que la chrétienté latine. Par ailleurs, l'histoire économique, sociale et
culturelle ne suit pas ces coupures événementielles, essentiellement politiques. La seigneurie existe en France
jusqu'à la Révolution et l'abolition des privilèges ; le mode de production industriel fondé sur l'artisanat subsiste
jusque vers 1840 et au-delà. À l'inverse. l'Occident bénéficie des apports de l'Empire romain très audelà de sa
disparition officielle, par exemple sous la forme du droit que véhiculent l'Église et les villes, et les dernières
recherches tendent même à minimiser la portée des invasions du Ve siècle.
Claude Gauvard2, « Moyen Age », dans Dictionnaire de l’historien, PUF, 2015
Document 3 :
Le problème de la périodisation est délicat (…). Pour mon long Moyen Age, il faut d’abord comprendre que nous
sommes au début de l’Histoire, presque à la préhistoire... Alors si nous nous mettons à faire des mini-tranches
partout, on va vers l’incompréhension générale de cette évolution. Il faut faire de longues périodes avec des sous-
périodes. Mon long Moyen Age a trois sous-périodes : l’une va du IIIe siècle jusqu’au Xe, l’autre du Xe au XVe à
peu près, la troisième du XVIe au XIXe – cette dernière période étant pour moi une sorte de Moyen Age tardif. Ce
qui fait l’unité, c’est d’abord que, dans l’ensemble, nous restons au même niveau technologique : c’est l’ère du
moulin que seule la machine supplantera au XIXe siècle. Autre point extrêmement important dans la vie des
sociétés : les famines. Mon long Moyen Age est le temps des famines. Cela définit un type et un rythme
d’économie, un type de société rurale et un type de pouvoir qui est incapable de trouver des solutions à la famine
(on pourrait d’ailleurs presque dire que la monarchie d’Ancien Régime est morte de n’avoir pas su maîtriser les
famines étant donné le rôle que cela a joué à la veille de la Révolution). Autre critère essentiel : le christianisme. Il
est clair que, à partir du XIXe siècle, il n’aura plus le poids sur la vie sociale qu’il avait depuis le IIIe siècle.
Bref : sur des choses fondamentales qui vont de la technique à la culture, il y a une unité relative sur cette longue
durée. Et à l’intérieur il y a des sous-périodes avec d’autres critères d’unité. Cette conception implique aussi qu’on
regarde le Moyen Age comme une époque certes très dure mais aussi très créatrice. C’est notre enfance, notre
adolescence.
Pour un long Moyen Age Entretien avec Jacques Le Goff1, Propos recueillis par Laurent Mucchielli et Jean-Claude
Ruano-Borbalan, Sciences humaines, n°16, avril 1992 republié le 2.04.2014 sur le site internet sciences
[Link] à l’occasion de la mort de Jacques Le Goff.
1. Jacques Le Goff est un historien médiéviste français (1924-2014). Il fut l’un des codirecteurs de la revue Annales.
Histoire, Sciences sociales et s’intéressa à l’histoire des mentalités.
1. Présenter le document 2.
3. Pourquoi peut-on dire que les bornes chronologiques du Moyen Age font débat au sein des historiens ?
(documents 2 et 3)
1. Présenter le document 2.
-le document 2 est un texte de Claude Gauvard, une historien médiéviste française. Le document est extrait d’un
dictionnaire de l’histoire qui fut publié en 2015. Le document évoque la question des bornes chronologiques du
Moyen Age et indique que ces dates posent des difficultés.
3. Pourquoi peut-on dire que les bornes chronologiques du Moyen Age font débat au sein des historiens ?
(documents 2 et 3)
-La notion de Moyen Âge est très connotée par son aspect européocentrique, et ne recouvre que la chrétienté
latine. (doc 2)
-l'histoire économique, sociale et culturelle ne suit pas ces coupures événementielles, essentiellement politiques.
La seigneurie existe en France jusqu'à la Révolution et l'abolition des privilèges ; le mode de production industriel
fondé sur l'artisanat subsiste jusque vers 1840 et au-delà. À l'inverse. l'Occident bénéficie des apports de l'Empire
romain très au-delà de sa disparition officielle, par exemple sous la forme du droit que véhiculent l'Église et les
villes, et les dernières recherches tendent même à minimiser la portée des invasions du Ve siècle. (doc 2) -Ce qui
fait l’unité, c’est d’abord que, dans l’ensemble, nous restons au même niveau technologique : c’est l’ère du moulin
que seule la machine supplantera au XIXe siècle. (doc 3)
-Autre point extrêmement important dans la vie des sociétés : les famines. Mon long Moyen Age est le temps des
famines. Cela définit un type et un rythme d’économie, un type de société rurale et un type de pouvoir qui est
incapable de trouver des solutions à la famine (doc 3)
-le christianisme. Il est clair que, à partir du XIXe siècle, il n’aura plus le poids sur la vie sociale qu’il avait depuis le
IIIe siècle. (doc 3)
-sur des choses fondamentales qui vont de la technique à la culture, il y a une unité relative sur cette longue
durée. (doc 3).
Groupe 3 : Quel évènement retenir pour la fin du Moyen Age au XVe siècle ? :
LA PERIODISATION
Quel évènement retenir pour la fin du Moyen Age au XVe siècle ?
Objectifs :
• Comprendre que la périodisation est une construction qui n’est pas neutre
• Extraire des informations d’un dossier documentaire.
• Travailler en groupe dans le calme.
Auto-évaluation Evaluation
Traduction
Capacités évaluées
TI Ins C S TI Ins C S chiffrée
Autonomie
Document 1 :
S’il reste beaucoup à faire pour la préciser, l’histoire de la périodisation canonique 1, entendue comme le
découpage de l’histoire en quatre grandes périodes, à savoir l’Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes et
l’époque contemporaine, est connue dans ses grandes lignes. Elle est déjà ancienne : c’est au début du XVe
siècle que les humanistes italiens entreprennent de distinguer l’Antiquité des « temps modernes » et c’est peu
après, dans la seconde moitié du siècle, que s’intercale entre ces deux périodes un «temps intermédiaire», le
Moyen Âge. Ce triptyque2 se diffuse en Europe au cours des XVIe et XVIIe siècles et fonde la périodisation
savante de l’histoire du monde qui voit alors le jour (…). Plus tardive, évidemment, la dissociation 3 de l’époque
contemporaine et des Temps modernes est traditionnellement datée, en ce qui concerne la France, de la seconde
moitié du XIXe siècle.
Le Bihan Jean, Mazel Florian4, « La périodisation canonique de l’histoire : une exception française ? », Revue
historique, 2016/4 (n° 680), p. 785-812. DOI : 10.3917/rhis.164.0785. URL : [Link]
[Link]
1. traditionnelle et acceptée par les historiens.
2. en trois parties
3. séparation
4. Jean Le Bihan est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Rennes 2. Florian Mazel est un historien
médiéviste, spécialiste de d’histoire sociale, enseignant à l’université d’Aix-Marseille
Document 2 :
Le 25 mai 1453, la ville de Constantinople1 s'enveloppa d'un brouillard épais, que trouaient d'étranges lueurs.
(L'année précédente], dans l'Océan indien eut lieu [une] catastrophe volcanique, que les spécialistes
reconnaissent comme l'une plus violentes des 10 000 dernières années. L'éruption explosive du Kuwae 1 a éjecté
35 kilomètres cubes de matières dans l'atmosphère, produisant un nuage qui fit écran au rayonnement solaire et
provoqua une baisse de la température mondiale moyenne de 0,7 à 1 degré pendant un à deux ans. D'où le nuage
observé à Constantinople comme dans bien d'autres villes du monde. Depuis l'Ecosse jusqu'à la Corée, les
sources enregistrent les mêmes dérèglements climatiques : on s'inquiète au Caire de l'insuffisance de la crue du
Nil et la famine rôde à Moscou. "1452, éruption du Kuwae" fait donc un candidat sérieux au titre de date de
l'histoire du monde au XVe siècle. Bien plus en tout cas que la prise de Constantinople l'année suivante, pourtant
scolairement célébrée comme la fin du Moyen Âge en Europe occidentale. »
Patrick Boucheron3, préface à L'Histoire du monde au XVe siècle, Fayard, 2009.
Document 3 :
Les partisans de la Renaissance comme période spécifique ont retenu comme décisifs des événements qui se
sont produits aux XVe-XVIe siècles (…). J'estime quant à moi que le changement de période, la fin du long Moyen
Âge, se situe au milieu du XVIIIe siècle. Il correspond aux progrès de l'économie rurale soulignés et théorisés par
les physiocrates1 ; à l'invention de la machine à vapeur, imaginée par le Français Denis Papin en 1687 et réalisée
par l'Anglais James Watt en 1769 ; à la naissance de l'industrie moderne qui, de l'Angleterre, va se diffuser sur
tout le continent. Dans le domaine philosophique et religieux, le long Moyen Âge se termine avec l'ouvrage qui
introduit la pensée rationnelle et incroyante, la science et la technologie modernes, l'Encyclopédie dont Voltaire et
Diderot sont les animateurs les plus brillants. Enfin, la fin du XVIIIe siècle correspond, dans le domaine politique,
au mouvement antimonarchique décisif de la Révolution française.
Jacques Le Goff2, Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ?, Le Seuil, 2014
1. partisans de la physiocratie. La physiocratie est un courant de pensée qui s’est développé au XVIIIe siècle autour de
François Quesnay. Ils prônent la liberté du commerce et le développement de l’agriculture moderne.
2. Jacques Le Goff est un historien médiéviste français (1924-2014). Il fut l’un des codirecteurs de la revue Annales. Histoire,
Sciences sociales et s’intéressa à l’histoire des mentalités.
Questions :
1. Présenter le document 2.
3. Pourquoi peut-on dire que la borne chronologique de la fin du Moyen Age fait débat au sein des historiens ?
(documents 2 et 3)
Questions :
2. Présenter le document 2.
-le document 2 est un texte de Patrick Bourcheron, un historien médiéviste français spécialiste de l’Italie médiévale
et de l’écriture de l’histoire. Le document est extrait de la préface d’un ouvrage intitulé L’Histoire du monde au XVe
siècle, qui fut publié en 2009. Le document évoque la question de l’évènement faisant la limite entre le Moyen Age
et l’époque moderne et Patrick Boucheron propose l’explosion d’un volcan : le Kuwae en 1452 qui eu des
conséquences importantes dans le monde.
3. Pourquoi peut-on dire que la borne chronologique de la fin du Moyen Age fait débat au sein des historiens ?
(documents 2 et 3)
-Patrick Boucheron propose un évènement à portée mondiale : l’éruption du volcan Kuwae en Mélanésie comme
évènement séparant le Moyen Age et l’époque moderne. Il indique que la prise de Constantinople en est une
conséquence indirecte mais que cette dernière qui sert de limite en occident n’est valable que pour l’Occident. -
Jacques Le Goff ne reconnait pas l’existence de la Renaissance et défend l’idée d’un long Moyen Age qui se
termine dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Pour lui, c’est à cette époque que des changements majeurs
marquent la limite : invention de la machine à vapeur de Watt en 1769 à l’origine de l’industrialisation,
développement de la pensée rationnelle et incroyante, des sciences, développement en France du mouvement
antimonarchique à la fin du XVIIIe siècle.
Groupe 4 : l’année 1789 marque-t-elle la fin des temps modernes et le début de l’époque contemporaine ?
:
LA PERIODISATION
L’année 1789 marque-t-elle la fin des temps modernes et le début de l’époque contemporaine ?
Objectifs :
• Comprendre que la périodisation est une construction qui n’est pas neutre
• Extraire des informations d’un dossier documentaire.
• Travailler en groupe dans le calme.
Auto-évaluation Evaluation
Traduction
Capacités évaluées
TI Ins C S TI Ins C S chiffrée
Autonomie
Document 1 :
S’il reste beaucoup à faire pour la préciser, l’histoire de la périodisation canonique 1, entendue comme le
découpage de l’histoire en quatre grandes périodes, à savoir l’Antiquité, le Moyen Âge, les Temps modernes et
l’époque contemporaine, est connue dans ses grandes lignes. Elle est déjà ancienne : c’est au début du XVe
siècle que les humanistes italiens entreprennent de distinguer l’Antiquité des « temps modernes » et c’est peu
après, dans la seconde moitié du siècle, que s’intercale entre ces deux périodes un «temps intermédiaire», le
Moyen Âge. Ce triptyque2 se diffuse en Europe au cours des XVIe et XVIIe siècles et fonde la périodisation
savante de l’histoire du monde qui voit alors le jour (…). Plus tardive, évidemment, la dissociation 4 de l’époque
contemporaine et des Temps modernes est traditionnellement datée, en ce qui concerne la France, de la seconde
moitié du XIXe siècle.
Le Bihan Jean, Mazel Florian5, « La périodisation canonique de l’histoire : une exception française ? », Revue
historique, 2016/4 (n° 680), p. 785-812. DOI : 10.3917/rhis.164.0785. URL : [Link]
[Link]
Document 2 :
C’est à partir de 1874 que les programmes d’histoire de l’enseignement secondaire français placent en 1789 la fin
des temps modernes, fixée auparavant en 1814 ou 1815. Au demeurant cette date de 1789 n’est pas significative
dans d’autres pays : les historiens anglais et américains accordent plus d’importance, pour la transition entre early
modern et Late modern, à la révolution industrielle. En Union soviétique 1, c’est la révolution d’Octobre 1917 qui
séparait époques « moderne » et « contemporaine ». En Chine maoïste 2, la période « moderne » commençait
avec la guerre de l’Opium (qui éclata en 1839) par laquelle la Grande-Bretagne obligea l’empire des Qing à
s’ouvrir au commerce international et la période « contemporaine » débutait avec le Mouvement étudiant du 4 mai
1919 en réaction aux prétentions territoriales japonaises.
Jean Leduc1, la construction historique des cadres de la périodisation, « Découper le temps, Actualité de la
périodisation en histoire », revue ATALA N°17,
2014
1. Etat qui a existé de 1922 à 1991 né de la révolution dite révolution d’octobre 1917.
2. la Chine maoïste est nom donné à la période de l’histoire de la Chine dominée par Mao Zedong.
3. Jean Leduc est historien, spécialiste de l’histoire de l’éducation.
Document 3 :
1. Histoire de la discipline historique. L'historien utilise différentes sources : les témoignages écrits ou oraux, la presse, les
archives et des sources matérielles (objets, monnaie, vestiges archéologiques). Tous les objets, les sources et les
méthodes de l'Histoire ont évolué. C'est le rôle de l'historiographie de comprendre ces changements.
2. Robert Palmer était un historien américain du XXe siècle spécialiste du XVIIIe siècle. Jacques Gaudechot était un
historien français du XXe siècle spécialiste de la Révolution française
3. François Furet était un historien français du XXe siècle, spécialiste de la Révolution française.
4. Turgot fut un ministre de Louis XVI de 1774 à 1776
5. Jules Ferry fut un homme politique français de la fin du XIXe siècle plusieurs fois ministre notamment de l’instruction
publique.
6. Homme politique français de la première moitié du XIXe siècle. Il fut aussi un penseur politique qui s’intéressa beaucoup à
la démocratie américaine.
Questions :
1. Présenter le document 2.
3. Pourquoi peut-on dire que la borne chronologique de 1789 fait débat au sein des historiens ? (documents 2 et
3)
Questions :
Présenter le document 2.
-le document 2 est un texte de Jean Leduc, un historien spécialiste de l’histoire de l’éducation. Le document est
extrait d’un article d’une revue intitulé Atala. L’article est intitulé la construction historique des cadres de la
périodisation. Il s’insère dans un numéro de la revue intitulé « Découper le temps, Actualité de la périodisation en
histoire ». Le document évoque la limite entre la période moderne en indiquant que si la Révolution française et la
période napoléonienne sont généralement considérés comme la limite, celle-ci fait débat.
LA PERIODISATION
Le découpage du temps en siècles est-il pertinent ?
Objectifs :
• Comprendre que la périodisation est une construction qui n’est pas neutre
• Extraire des informations d’un dossier documentaire.
• Travailler en groupe dans le calme.
Auto-évaluation Evaluation
Traduction
Capacités évaluées
TI Ins C S TI Ins C S chiffrée
Autonomie
Document 1 :
Si les historiens trouvent sur leur chemin des périodisations forgées en dehors de leur discipline, force est
d’observer qu’ils ne les utilisent qu’avec parcimonie1. Ainsi du « siècle », au sens de période de cent années
encadrée par des millésimes à deux zéros, qui ne s’impose qu’au début du XIXe siècle. Si les historiens utilisent le
mot, ils ne considèrent généralement pas les années séculaires comme des césures significatives : ainsi, traitant
de l’économie, ils parlent de « long XVIe siècle » (de la fin du XVe au début du XVIIe) ou encore considèrent que
le XIXe siècle ne s’achève qu’en 1914, y incluant donc la « belle époque »... autre périodisation empruntée. Dans
la nomenclature des spécialités universitaires, « siècle », peu usité en histoire, l’est encore très largement dans les
départements de littérature.
Les contemporanéistes2 ont emprunté la formule « trente Glorieuses » – forgée, en 1979, par l’économiste Jean
Fourastié – pour qualifier les trois décennies de croissance qui suivent la Seconde Guerre mondiale. Récemment,
après avoir procédé à une analyse plus fine de l’évolution économique, sociale et culturelle et pris en compte les
perceptions des Français de cette époque, certains historiens mettent en cause une appellation qui considère
comme homogène une période en réalité contrastée.
Jean Leduc3, la construction historique des cadres de la périodisation, « Découper le temps, Actualité de la
périodisation en histoire », revue ATALA N°17,
2014
1. Avec économie.
2. Enseignant en histoire contemporaine.
3. Jean Leduc est historien, spécialiste de l’histoire de l’éducation
Document 2 :
Le problème de la périodisation est délicat. Mon ami Krzysztof Pomian1 a beaucoup lutté contre le carcan2 des
périodes. Je partage totalement son aversion pour la notion de « siècle » qui est purement arbitraire et souvent
très trompeuse. Il faudrait que nous parvenions en effet à nous en débarrasser. Mais une périodisation est
nécessaire pour maîtriser l’évolution historique. Pour mon long Moyen Age, il faut d’abord comprendre que nous
sommes au début de l’Histoire, presque à la préhistoire... Alors si nous nous mettons à faire des mini-tranches
partout, on va vers l’incompréhension générale de cette évolution. Il faut faire de longues périodes avec des sous-
périodes. Mon long Moyen Age a trois sous-périodes : l’une va du IIIe siècle jusqu’au Xe, l’autre du Xe au XVe à
peu près, la troisième du XVIe au XIXe – cette dernière période étant pour moi une sorte de Moyen Age
tardif.
Pour un long Moyen Age Entretien avec Jacques Le Goff3, Propos recueillis par Laurent Mucchielli et Jean-Claude
Ruano-Borbalan, Sciences humaines4, n°16, avril 1992 republié le 2.04.2014 sur le site internet sciences
[Link] à l’occasion de la mort de Jacques Le Goff.
1. Krzysztof Pomian est un philosophe et historien franco-polonais. En tant qu’historien, il travaille sur l’histoire de la culture
européenne, en particulier sur l’histoire de l’histoire ainsi que sur l’histoire des collections et des musées.
2. ce qui emprisonne
3. Jacques Le Goff est un historien médiéviste français (1924-2014). Il fut l’un des codirecteurs de la revue Annales.
Histoire, Sciences sociales et s’intéressa à l’histoire des mentalités.
4. Sciences Humaines est une revue grand public sur les sciences humaines et sociales c’est à dire s’intéressant aux
hommes aussi bien sur le plan individuel que collectif (relations, attitudes, comportement…)
Questions :
1. Présenter le document 1.
Questions :
1. Présenter le document 1.
-le document 2 est un texte de Jean Leduc, un historien spécialiste de l’histoire de l’éducation. Le document est
extrait d’un article d’une revue intitulé Atala. L’article est intitulé la construction historique des cadres de la
périodisation. Il s’insère dans un numéro de la revue intitulé « Découper le temps, Actualité de la périodisation en
histoire ». Le document évoque le découpage en siècle de l’histoire en indiquant que celui-ci n’avait pas de sens
mais que les historiens ont souvent proposé des découpages où le siècle perdure mais pas sa durée (long XVIe
siècle) par exemple.
Temps 5 : verbalisation
>reprise sous la forme d’une verbalisation par les élèves
#1
#2
#3
#4
#5
La périodisation en 3 puis 4 grandes période s’installe en Europe durant les XIVe et XVe siècle. Les historiens
retiennent aujourd’hui en France 3 grandes périodes historiques
Réponse correcte:
Vra Faux
i
#6
La périodisation en 4 grandes période s’installe en Europe durant les XVe et XVIe siècle. Les historiens retiennent
aujourd’hui en France 3 grandes périodes historiques
Réponse correcte:
VraiFaux
#7
La périodisation en 3 puis 4 grandes période s’installe en Europe durant les XVIe et XVIIe siècle. Les historiens
retiennent aujourd’hui en France 4 grandes périodes historiques
Réponse correcte:
Vra Faux
i
#8
#9
#10
#11
#12
Ce terme de « périodisation » indique une action humaine sur le temps ». Elle n'est donc pas neutre.
Réponse correcte:
VraiFaux
#13