Gestion des SFD : Contrôle et Supervision
Gestion des SFD : Contrôle et Supervision
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
DEDICACE
Je dédie ce travail à :
+ Mes nièces;
+ Mes amis;
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
REMERCIEMENTS
J'adresse mes sincères remerciements à :
ii
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Tableau 3 : Présentation des 10 anomalies ayant atteint des taux de fréquences supérieur ou égale à 50%identifiées
dans le secteur
Tableau 4 : Tableau récapitulatif de l'analyse des risques Tableau 5: Tableau récapitulatif de l'analyse des anomalies
Tableau 6: Tableau des anomalies et des recommandations
iii
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
iv
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Décentralisés
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
vi
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
SENEGAL 13
I. La division de la règlementation 20
I. Le modèle d'analyse 27
vii
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
DE LA DRS-SFD 29
I. ORGANISATION DE LA SUPERVISION 29
44
BIBLIOGRAPHIE 57
ANNEXES 60
viii
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
INTRODUCTION GENERALE
De la tontine au microcrédit, la micro finance a fini de faire son petit bonhomme de chemin. En effet, parue en
Afrique à partir des années 70 avec comme point de départ le Benin, la micro finance a aidé beaucoup de
personnes à sortir de la pauvreté.
Dans son ouvrage intitulé: on ne prête (PAS) qu'aux riches (2005), Maria Nowak précise avec courage que: « le salut
des pauvres ne viendra pas des riches sous quelque forme de charité institutionnelle que ce soit. Il viendra de leur
autopromotion ».
Cette affirmation de Maria Nowak nous permet de citer Sébastien BOYE et al, (2009) qui définit la micro finance
comme étant l'ensemble des services financiers proposés à des individus n'ayant pas, en général, accès aux
institutions financières classiques. Partant de là, la micro finance peut être considérée comme un outil permettant
d'offrir des produits et services financiers destinés à des personnes à faibles revenus pour le financement de leurs
activités.
Toujours, selon BOYE, ce concept financier est une idée révolutionnaire du fait qu'il permet de dépasser les clivages
idéologiques et politiques habituels. En effet, s'appuyant sur l'initiative individuelle et la volonté des gens de gérer
leur argent, d'entreprendre une activité et d'assumer le remboursement de leurs prêts, la micro finance prend le
contrepied de l'Etat providence à qui certains reprochent d'enfermer les plus démunis dans une logique
d'assistanat.
En 1993, la zone UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africain) a adopté une réglementation spécifique
applicable aux Structures Financiers Décentralisés, dite la loi PARMEC (Projet d'appui à la Réglementation sur les
Mutuelles d'Epargne et de Crédit), qui a été transposée au Sénégal en 1994 et promulguée par le Président de la
République du Sénégal en janvier 1995.
Cette réglementation s'appliquait uniquement aux institutions mutualistes ou coopératives d'épargne et de crédit.
Dès l'autorisation d'exercice par le Ministère des Finances, ces structures obtenaient la personnalité morale qui
leur accordait des avantages notamment fiscaux.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Les associations et les structures commerciales (établies en société anonyme par exemple) n'entraient pas dans le
cadre de la loi PARMEC et ne pouvaient exercer leurs activités de micro finance (octroi de crédits et collecte de
dépôts) qu'à la suite de la signature de la « convention cadre» avec le ministre des Finances. Cependant, cette «
convention cadre» n'était valable que pour 5 ans (durée illimitée après un premier renouvellement), ce qui était
une source d'insécurité pour ces structures, lesquelles ne pouvaient faire de planification stratégique sur le long
terme au-delà de la période autorisée, et de fragilité pour attirer des investisseurs indispensables au
développement de ces structures.
Au milieu des années 2000, les pays de la zone UEMOA ont constaté que la forte évolution du secteur de la micro
finance s'était accompagnée de nombreux dysfonctionnements pouvant remettre en cause son développement et
dont les principaux facteurs, imputables ou non à la loi PARMEC, étaient les suivantes (source : loi n°2008-47) :
- la défaillance du système d'information de gestion reflétée par la faible fiabilité des états financiers de certaines
SFD et la non-disponibilité, dans les délais requis, de l'information financière;
- la faiblesse des mécanismes internes et externes de surveillance et des insuffisances dans le suivi des
recommandations formulées à l'issue des contrôles. Cette situation est à la base de la multiplication des cas de
fraudes et de malversations financiers.
Face à ce constat, les pays de la zone UEMOA ont décidé de remédier à ces manquements par l'adoption d'une
nouvelle réglementation, dont les principaux objectifs sont détaillés ci-dessous:
- Poursuivre la diversification du paysage financier de la zone UEMOA pour permettre l'accès du plus grand nombre
d'agents économiques à des services financiers fournis par des institutions en mesure d'offrir des garanties de
sécurité des transactions à leur clientèle;
- Renforcer la stabilité du secteur par une meilleure protection de la clientèle des SFD, la mise en conformité des
institutions avec les normes internationales en vigueur dans le domaine financier, le resserrement des conditions
d'entrée dans le secteur et le renforcement de la surveillance par les instances de régulation et de supervision;
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Suite aux propositions de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), la République du Sénégal a
adopté la loi n°2008-47 du 3 septembre 2008 portant réglementation des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD).
Les décrets ont été publiés en janvier 2009.
Les principales innovations de la loi n°2008-47 applicable aux SFD portent essentiellement sur:
- l'extension de la nouvelle réglementation à l'ensemble des SFD quel que soit leur structure juridique, même si
certaines dérogations fiscales sont uniquement valables pour les SFD sous forme mutualiste;
- le renforcement du dispositif prudentiel et des sanctions applicables. Par exemple, la protection des déposants est
renforcée par l'adhésion obligatoire des SFD à un système de garantie des dépôts ;
- la certification obligatoire des comptes pour les SFD d'une certaine taille financière,
Au Sénégal, le secteur de la micro finance est en pleine croissance depuis ses débuts, vers la fin des années 80. En
effet, le nombre d'institutions de micro finance n'a pas cessé d'augmenter pour atteindre aujourd'hui 383 SFD dont
dix (10) réseaux, six (6) sociétés anonymes SA, une (1) association1. Ce phénomène est loin de connaitre son
épilogue car la micro finance a contribué de façon considérable à l'amélioration des conditions de vie des couches
de la population les plus vulnérables.
Toutefois, dans sa phase actuelle de consolidation, le secteur de la micro finance connaît de nombreux défis dont le
plus crucial est celui de la sécurisation. En effet, les résultats de la
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
supervision des Systèmes financiers décentralises (SFD) révèlent des problèmes de gouvernance issus de la faible
capacité managériale des dirigeants et/ou de pratiques nébuleuses. De plus, les défaillances, voire l'inexistence du
contrôle interne sont souvent cumulées à des systèmes d'information et de gestion inadaptés. (cf plan
d'assainissement site DRS-SFD)
Dans ce contexte, la supervision et la régulation, entendues comme l'ensemble des règles et mécanismes
encadrant la création et le fonctionnement des institutions, cristallisent de grandes attentes. La supervision au sein
de l'UEMOA et particulièrement au Sénégal incombe aux Autorités Monétaires des Etats membres à savoir les
Ministères des finances sous tutelle de la Direction de la Règlementation et de la Supervision des Systèmes
Financiers Décentralisés (DRS-SFD) appuyées par la BCEAO.
La DRS-SFD a été portée dans les fonts baptismaux par décret n°2008-642 du 16 juin 2008 modifié, portant
organisation du Ministère de l'Economie et des Finances. Elle assure la tutelle des SFD et est chargée notamment
d'assurer le contrôle et le suivi des Sfd par une surveillance permanente du secteur. Aussi, la Direction de la
Réglementation et de la Supervision des Systèmes financiers décentralisés (DRS-SFD), s'est-elle résolument engagée
dans l'assainissement du secteur, en mettant un accent particulier sur le resserrement des conditions d'accès et le
maintien dans la profession à travers:
- la stratégie de pérennisation.
En vue d'une maîtrise des risques liés au développement des activités d'intermédiation financière, la supervision
constitue la clef de voûte pour la stabilité du secteur et, au-delà des capacités propres de chaque SFD, le garant de
sa viabilité. Aussi, la DRS-SFD s'est -elle attelée à disposer des ressources adaptées et d'un système d'informations
performant pour renforcer ses capacités de supervision.
Cet exercice a débuté avec la définition d'une stratégie de supervision intégrant le contrôle à distance et la gestion
de proximité, le Développement du Système d'alerte précoce (SAP) et du E-Control pour prévenir et mesurer, de
façon automatisée, le degré d'exposition des SFD aux risques, l'installation des antennes régionales pour assurer un
encadrement de proximité.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Aujourd'hui, près d'une décennie d'activité après, nous sommes en mesure de nous interroger sur l'impact du
dispositif mis en place par la DRS-SFD pour le contrôle des SFD.
D'où le choix de notre thème: « L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif
de contrôle mis en place par la DRS-SFD » autrement dit: Qu'est-ce que le dispositif de contrôle de la DRS-SFD
permet de connaitre de la gestion des SFD ?
Tout au long de notre étude nous tenterons de répondre aux questions spécifiques suivantes:
V' Quels enseignements peut-on tirer du mode de fonctionnement des SFD ? V' Quelles recommandations en
découlent pour les SFD ?
L'objectif général visé à travers cette étude est d'analyser les résultats du contrôle des Institutions de Micro Finance
(IMF) en passant par une analyse du dispositif de contrôle de la DRS-SFD afin de formuler, à leur endroit des
recommandations utiles pour leur pérennité.
De cet objectif général nous pouvons poser la question de savoir: Que fait ressortir l'analyse de la gestion des SFD à
travers le dispositif de contrôle de la DRS-SFD?
Hypothèse 1 : L'analyse de la gestion des SFD fait ressortir la cartographie des risques auxquels les SFD sont
confrontés.
Hypothèse 2 : L'analyse de la gestion des SFD fait ressortir les fréquences des anomalies auxquelles les SFD sont
confrontés dans leur gestion.
Ce sujet tire sa pertinence du fait qu'il va permettre une étude approfondie de la gestion des institutions de micro
finance se basant sur des informations fiables issues de l'autorité de supervision. Il sera dégagé les performances et
les manquements relatifs à leur fonctionnement afin de formuler des recommandations de fond pour leur
pérennité et l'atteinte de leur objectif, à savoir offrir des services financiers adaptés aux populations, généralement,
exclues du système financier classique.
PREMIERE PARTIE:
CADRE THEORIQUE ET ORGANISATIONNEL
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Au Sénégal, comme dans beaucoup d'autres pays, la réflexion sur la micro finance est née du constat que l'un des
freins essentiels au développement économique et social des populations pauvres et démunies est l'absence
d'accès à des services financiers adaptés. Le développement de systèmes financiers décentralisés (SFD) pérennes et
capables d'offrir ces services financiers, apparaît dès lors comme l'une des voies privilégiées de réduction de la
pauvreté.
Dans cette optique, le gouvernement du Sénégal a fait de la micro finance un axe fondamental de sa stratégie de
lutte contre la pauvreté, avec pour objectif de bâtir à terme un maillage efficace de SFD de proximité couvrant
l'ensemble du territoire et aptes à fournir des services financiers et non financiers, adaptés aux besoins des
populations pauvres.
Conscient des enjeux de développement économique et de régulation sociale, le Sénégal est le premier pays de
l'UEMOA à s'être doté d'une institution ministérielle et d'infrastructures dédiées à la micro finance. L'Etat, depuis
plusieurs années a joué un rôle important dans le développement des structures mutualistes d'intermédiation
financière dans le pays, par la création d'un environnement favorable à l'évolution du secteur et la mise en oeuvre
de structures de promotion avec l'appui de différents partenaires tels la Banque Mondiale, l'ACDI, l'USAID, l'AFD,
etc..
La première partie de notre étude sera divisée en trois chapitres. Le premier sera consacré à la revue de la
littérature, le deuxième à la présentation des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) au Sénégal et le troisième se
chargera de présenter la Direction de la Régulation et de la Supervision des Systèmes Financiers Décentralisés (DRS-
SFD).
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Papa Abdoulaye Latyr THIAW (2014) a analysé le processus de supervision des SFD avec comme focus la Banque
Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Monsieur THIAW, a d'abord présenté la micro finance dans son
ensemble puis la supervision des SFD et les acteurs de la dite supervision c'est-à-dire la BCEAO à travers la Direction
de la Micro finance, la Commission Bancaire et la DRS-SFD. Il a ensuite analysé le dispositif de contrôle mis en place
par la BCEAO. Ces analyses ont porté tout d'abord sur le sociétariat qui a permis de dégager le nombre de clients
des SFD, ensuite sur la réglementation c'est-à-dire le point de vue des SFD par rapport à la réglementation et enfin
sur l'évolution des agrégats du secteur notamment l'encours de crédit, les créances en souffrance et les dépôts.
Il a également mis en exergue les forces et faiblesses du processus de supervision mis en place par la BCEAO.
Au niveau des forces, nous noterons que pour l'auteur, le processus de supervision s'est inspiré des normes
internationales notamment les vingt-cinq (25) principes de base pour une supervision efficace de Bale, l'existence
d'une éthique et d'une bonne déontologie dans le secteur et la mise en place d'un guide d'inspection.
Concernant les faiblesses, nous pouvons noter que le nombre d'auditeurs et de contrôleurs spécialisés dans le
domaine de la micro finance est insuffisant, le dispositif de supervision exigeant d'importants moyens humain et
financier du fait du nombre conséquent de SFD et les difficultés dans le traitement des informations et le respect
des règles. A ces faiblesses, nous pouvons ajouter, toujours selon Monsieur THIAW, que le poids de la
réglementation ne permet pas de lutter convenablement contre la pauvreté.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Enfin des recommandations pour la surveillance des SFD et pour les SFD ont été formulées par Monsieur THIAW,
notamment sur trois niveaux: la réglementation, le contrôle et les indicateurs périodiques.
· Au niveau de la réglementation:
- Faire une réglementation propre aux SFD et l'actualiser le plus souvent par rapport aux évolutions du secteur;
- Ne pas faire une distinction entre les institutions de micro finance et appliquer les mêmes normes pour toutes les
institutions;
· Au niveau du contrôle:
- Mise en place d'un système de contrôle interne adapté aux réalités du secteur et procéder à une formation des
contrôleurs ou inspecteurs dans le domaine de la micro finance;
- Les autorités doivent envisager une politique fiscale harmonisée pour les SFD, compte tenu de l'impact de la
fiscalité sur le développement du système financier; - Renforcer la coopération des autorités de contrôle;
- Veillez à ce que les dirigeants des SFD fassent respecter à leurs structures les procédures légales et
réglementaires.
· Au niveau des indicateurs périodiques l'auteur préconise la mise en place des mesures d'accompagnement pour le
respect des indicateurs périodiques.
· Surveiller leurs ratios afin qu'ils ne dépassent pas les seuils autorisés et préserver la stabilité financière de
l'institution;
· Veiller à former le personnel et à le motiver pour qu'il produise des informations de qualité et fiables aux normes
exigées par la BCEAO ;
· Se doter d'un bon Système de Contrôle Interne (SCI) dans le but de mieux contrôler la structure et éviter les
fraudes, se doter ainsi d'un logiciel adapté au SCI.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Madame Oda Marième SOW (2011) quant à elle, a analysé le dispositif de contrôle et de supervision des SFD par
les autorités de tutelle: la BCEAO et le Ministère des finances - Direction de la Réglementation et de la Supervision
(DRS/SFD).
Après une revue de la littérature assez exhaustive sur le secteur de la micro finance dans la zone UEMOA, elle a
présenté le dispositif de contrôle et de supervision des SFD en décrivant successivement:
Une analyse des résultats du dispositif de contrôle a été effectuée par madame Oda Marième SOW à partir des
retours obtenus suite à un questionnaire administré à cinq SFD choisis par l'auteur.
L'auteur a ensuite fait ressortir les forces et les faiblesses du dispositif de contrôle avant de terminer par une série
de recommandations vis-à-vis de la BCEAO, de la Commission Bancaire et des SFD.
Concernant les forces, nous avons noté le renforcement de l'image du secteur de la micro finance au plan régional
et aux yeux des bailleurs qui investissent beaucoup dans ce secteur, l'existence d'un guide d'inspection qui permet
de bien contrôler le secteur et la mise en place de missions conjointes avec la DRS-SFD et la BCEAO permettant de
mieux contrôler le secteur.
S'agissant des faiblesses, retenons que le dispositif exige beaucoup de moyens matériels et humains, l'inexistence
de manuels de procédure décrivant le dispositif de contrôle et de supervision et l'insuffisance de contrôleurs et
d'auditeurs spécialisés dans le secteur de la micro finance.
10
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
· En vue d'améliorer certains ratios surtout ceux liés au fonds propres, l'instruction N°010-08-2010 doit être revue
car selon les caractéristiques des IMF, les fonds propres sont souvent faibles;
· En ce qui concerne la publication au journal officiel, la loi doit décliner le format sur lequel les états financiers
doivent être publiés ainsi que les informations qui doivent y figurer.
La BCEAO devrait accompagner les SFD y compris par l'intermédiaire des bailleurs ou des partenaires pour leur
doter d'un logiciel pouvant s'adapter au nouveau référentiel comptable des SFD.
· Même si le contrôle et la supervision sont indispensables dans ce secteur, ils doivent être allégés et faire preuve
de flexibilité car jusque-là, une bonne partie des IMF ne s'y étaient pas préparées;
· Vu le nombre de rapports à produire et leurs fréquences de dépôt au niveau de la BCEAO, des mesures
d'accompagnement des IMF doivent être mises en oeuvre.
· Les SFD doivent former leur personnel pour produire des informations de qualité, fiables, qui répondent aux
normes fixées par la BCEAO et au bon moment.
· Même si les organes de contrôle se comportent d'avantage en policiers qu'en partenaires, les SFD ont intérêt à
être supervisés et contrôlés pour éviter les dérapages qui peuvent être lourdes de conséquences;
· Les SFD doivent toujours respecter la règlementation car elle finit toujours par se faire rattraper avec des
sanctions pouvant affecter la viabilité financière même de leur structure.
NB : les énumérations en termes de forces, de faiblesses et de recommandations des deux travaux ne sont pas
exhaustives.
11
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Après analyse des deux travaux, nous constatons que les auteurs ont suivi la même démarche et sont arrivés dans
l'ensemble aux mêmes résultats. Cependant, à la différence de Monsieur THIAW, Madame SOW, pour mieux étayer
sa thèse a fait appel à cinq SFD qui lui ont livré leurs opinions à travers un questionnaire sur le système de contrôle
des autorités de contrôle. Ce travail lui a permis d'avoir une vue assez large du système de contrôle mis en place, et
par conséquent de formuler des recommandations de qualité pour l'ensemble des parties prenantes.
Pour notre part, ces travaux nous ont permis d'avoir une vue du dispositif de contrôle mis en place par les autorités
de contrôle, d'une part, et d'en appréhender les forces et faiblesses, d'autre part.
Notre étude s'inscrit dans une logique de continuité dans la mesure où elle consiste à analyser en plus du dispositif
de contrôle et de supervision de la DRS-SFD, les résultats sur la gestion des SFD.
12
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
De cette définition, nous pouvons dire que le Système Financier Décentralisé est au coeur de la micro finance. En
effet, sans Système Financier Décentralisé il serait difficile de parler de micro finance parce que ce dernier est le
terrain dans lequel s'applique la micro finance.
Cette définition nous permet aussi de comprendre que l'objectif premier des SFD n'est pas la recherche de profit
mais plutôt d'aider les populations exclus du système bancaire classique de se prendre en charge en leur octroyant
des prêts pour développer leurs activités.
Toujours selon la loi 2008-47, les Systèmes Financiers Décentralisés peuvent se regrouper en union, fédération et
confédération dans l'optique d'une meilleure prise en charge des besoins des populations. Ces regroupements
devraient permettre de mieux sécuriser le secteur à travers un contrôle permanent des Systèmes Financiers
Décentralisés effectué dans chaque type de regroupement et aussi de développer une solidarité financière entre
les SFD grâce à l'esprit d'entraide qui est visé par les regroupements.
La deuxième période (1993-2003) avec la mise en place d'un cadre juridique, marque fortement l'émergence du
secteur. Cette période a permis une croissance fulgurante de la
13
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
micro finance avec la mise en place de réseaux d'institutions regroupant plusieurs structures en union, fédération
et même confédération.
La troisième période est caractérisée par la consolidation et la professionnalisation du secteur à partir de 2003. Elle
a permis une meilleure maîtrise des risques avec le renforcement de la supervision du secteur. On assiste à une
gestion professionnalisée des institutions, des contrôles efficaces des réseaux ainsi que la recherche d'un meilleur
équilibre institutionnel et financier (Source: document DRS-SFD).
Au cours de l'instruction, les demandes d'informations complémentaires et les manquements constatés sont
notifiés au promoteur sous la forme d'avis de non-conformité (ANC), suspensifs du délai légal de trois (3) mois.
L'instruction reprend suite aux réponses apportées dans les délais requis et il est à noter que toute demande
d'information suspend la procédure et le promoteur dispose d'un délai légal d'un mois pour y faire droit. A défaut,
la carence est constatée et le classement du dossier notifié au promoteur.
Au terme de l'instruction, une note est soumise au Comité de Validation et l'appréciation de la DRS-SFD est
transmise à la BCEAO qui dispose d'un délai légal de deux mois pour formuler un avis conforme à retourner.
En définitive, les avis sont soumis au Ministre qui dispose d'un délai d'un mois pour prendre sa décision, à notifier
au promoteur.
14
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
L'agrément octroyé, par arrêté du MEF (Ministre de l'économie et des Finances), confère aux IMCEC la personnalité
juridique et le statut de « Système Financier Décentralisé » (SFD) et, quelle que soit la forme juridique, habilite ainsi
l'institution à exercer des opérations de crédit, de collecte d'épargne et d'engagement par signature. Cf. [Link]
[Link]/sitedrs/pages/[Link]
· La Direction de la Micro finance (DMF) du MEF : elle assure la coordination de la Politique générale du
Gouvernement en matière de micro finance, la promotion du secteur, le suivi des activités et des opérations des
divers intervenants dans le secteur, l'élaboration de la Lettre de Politique Sectorielle (LPS) ;
· la tutelle des SFD. C'est l'organe qui délivre les autorisations d'exercer pour les SFD, assure le contrôle et la
supervision, le suivi de l'application des recommandations issues des missions de contrôle;
· L'Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés (AP/SFD - ex APIMEC) : c'est une structure
privée corporatiste qui contribue à la défense des intérêts de leurs membres, en participant aux réflexions sur la
mise en oeuvre et le suivi de la Lettre de Politique Sectorielle, notamment en tant que membre du Comité National
de Coordination. Elle contribue aussi à la diffusion des pratiques optimales, des standards de performance, de code
de déontologie et au renforcement institutionnel, notamment par la formation auprès des SFD membres;
· Les Partenaires Techniques et Financiers: regroupés au sein du sous-groupe thématique micro finance, les
bailleurs de fonds (ou partenaires techniques et financiers) appuient fortement le secteur. L'essentiel de leurs
actions s'inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre de la Politique Sectorielle;
15
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
cours de deux exercices consécutifs). La Banque Centrale participe à l'instruction des dossiers de demande
d'agrément à travers son avis conforme.
s La collecte de dépôts
Sont considérés comme dépôts, les fonds autres que les cotisations et contributions obligatoires, recueillis par le
système financier décentralisé auprès de ses membres ou de sa clientèle avec le droit d'en disposer dans le cadre
de son activité, à charge pour lui de les restituer à la demande des déposants selon les termes convenus.
Est considérée comme une opération de prêt, tout acte par lequel un système financier décentralisé met, à titre
onéreux, des fonds à la disposition d'un membre ou d'un client à charge pour ce dernier de les rembourser à
l'échéance convenue.
Le montant maximum des prêts sur une seule signature est fixé, en cas de besoin par une instruction de la Banque
Centrale.
Est considéré comme une opération par signature, tout acte par lequel un système financier décentralisé prend,
dans l'intérêt d'un membre ou d'un client, un aval, une caution ou une garantie.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
· La vérification de la conformité des opérations réalisées et de l'organisation avec les dispositions législatives,
réglementaires et prudentielles en vigueur, les normes et usages professionnels et déontologiques, les orientations
et décisions des organes dirigeants, notamment en matière de risques, de pouvoirs, de signature et de taux
d'intérêt ainsi que les procédures internes;
· La vérification du respect de la conformité des procédures avec les dispositions de la loi uniforme relative à la lutte
contre le blanchiment des capitaux et celle portant sur le financement du terrorisme dans les Etats membres de
l'UEMOA et leurs textes d'application.
Il est défini comme étant une incertitude qu'une contrepartie, par impossibilité ou décision, n'exécute ses
obligations. Certains organismes indépendants se sont spécialisés dans l'estimation de ce type de risque, il s'agit
d'agences de notation (Standard and Poor's, Moody's) qui émettent une cote en fonction de critères tels que les
résultats financiers, les dirigeants, la prospérité, les produits, etc. Akim (2008 :8).
· Risque de liquidité
D'après CAMARA (2006 :43) le risque de liquidité est la somme totale d'argent immédiatement disponible pour
faire face aux dépenses urgentes et aux demandes d'encaisses des clients. Lorsque l'organisme de microcrédit vient
à en manquer, il est en risque. Ce qui peut le conduire à la cessation de paiement, voir au dépôt de bilan (c'est donc
un risque clé à surveiller).
17
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
? Risque de gouvernance/réglementaire :
Il est défini comme étant le fait pour une entreprise ou pour une institution financière de ne pas respecter la
réglementation qui lui est applicable et d'encourir alors des sanctions réglementaires et financières. ( [Link])
? Risque opérationnel
D'après Antoine Pierre (2009 :2), le risque opérationnel est la vulnérabilité à laquelle est confrontée l'IMF dans sa
gestion quotidienne ainsi que la qualité de son portefeuille.
C'est aussi la perte potentielle que peut subir une IMF dans la conduite de ses opérations quotidiennes.
18
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
· d'instruire les demandes d'autorisation d'exercice des activités d'épargne, de crédit, d'engagements par signature
et les soumettre à l'appréciation du Ministre;
· d'assurer le contrôle et le suivi des Sfd par une surveillance permanente du secteur;
· d'assurer la diffusion des textes réglementaires, des guides de contrôle et de surveillance, ainsi que la formation
des intervenants sur les pratiques comptables et financières, en vigueur;
· de proposer au Ministre toutes les mesures appropriées contre tout Sfd, tout dirigeant et toute autre personne,
en cas de violation de la réglementation en vigueur sur les Sfd ;
· de contribuer à l'élaboration et à l'amélioration du cadre juridique, comptable et financier applicable aux Sfd ;
· d'assurer la mise à jour des bases de données statistiques et de contribuer à l'élaboration des stratégies
nationales sur le secteur.
Outre les conseillers, l'inspecteur technique des services et les services rattachés, la DRS-SFD comprend:
· la Division de la Réglementation;
19
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
· le Centre de Référence;
· le Bureau du Courrier.
I. La division de la règlementation
La Division de la Réglementation est chargée des études sur la réglementation et de la formation, ainsi que la
gestion des procédures administratives aux Sfd.
1.1. Le Bureau des Autorisations et Procédures administratives Le Bureau des Autorisations et Procédures
administratives est chargé:
· d'instruire les demandes d'autorisation d'exercice des opérations de collecte de dépôts, de prêts et
d'engagements par signature;
· d'étudier et de proposer les mesures appropriées contre tout système financier décentralisé, tout dirigeant, et
toute autre personne, en cas de violation de la réglementation en vigueur ou lorsque la situation du Sfd l'exige;
· d'étudier et de proposer les décisions aptes à assainir le secteur et notamment l'application des mesures
administratives de liquidation des Sfd et des institutions exerçant sans autorisation préalable du Ministre;
· d'assurer le suivi des décisions prises par le Ministre, contre tout Sfd, tout dirigeant et toute personne ayant
enfreint la réglementation en vigueur;
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
· d'assurer la veille réglementaire en vue de l'amélioration du cadre juridique, comptable et financier des Sfd ;
· de procéder à l'étude, pour avis, des textes législatifs et réglementaires, ainsi que tout autre texte soumis à la
DRS-SFD;
· d'assurer la diffusion des textes relatifs à la réglementation sur les Sfd, des guides et supports;
· Le Bureau du Suivi.
· d'exploiter les données périodiques, ainsi que les rapports de contrôle interne transmis par les Sfd ;
· de collecter les données en vue de l'analyse comparative des Sfd et de l'indication des meilleures pratiques dans
le secteur.
21
par la DRS-SFD
· de veiller à la mise en oeuvre et d'assurer le suivi des recommandations issues des rapports des missions de
vérification des Sfd ;
· d'assurer la mise en oeuvre et le suivi des mesures administratives prises pour les Sfd en difficulté;
· d'étudier et d'émettre les avis techniques sur les requêtes transmises à la DRS-SFD.
· d'analyser les données et informations communiquées par les Sfd, ainsi que par les autres acteurs du secteur;
22
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
3.2. Le Bureau des Etudes et des Stratégies
Le Bureau des Etudes et des Stratégies est chargé:
· de dégager les stratégies appropriées pour assurer une meilleure supervision du secteur;
· le Centre de Référence;
· le Bureau du Courrier;
· de fournir les renseignements sur la règlementation des Sfd, de diffuser les textes juridiques et les données sur le
secteur;
· d'orienter les usagers vers les services susceptibles de répondre à leurs besoins;
23
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
24
par la DRS-SFD
Si la croissance du secteur de la micro finance au Sénégal a nécessité un déploiement des ressources des
administrations de tutelle, celles-ci ont su se transformer et optimiser l'utilisation de leurs moyens.
Interrogés à ce sujet, les responsables des autorités de tutelle et les praticiens de la micro finance insistent sur cinq
points :
· L'enjeu actuel de l'informatisation du processus de traitement des données dans le contrôle sur pièce ;
La deuxième partie de notre étude sera divisée en trois chapitres. Le premier sera consacré à la méthodologie de
notre étude, le deuxième se chargera de présenter le dispositif de contrôle et de supervision de la Direction de la
Réglementation des Systèmes Financiers Décentralisés et le troisième se voudra d'analyser les résultats obtenus et
formuler les recommandations.
Source: L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
I. Le modèle d'analyse
Les modèles sont développés par la détermination des relations entre toutes les variables choisies pour atteindre
les objectifs fixés. Notre modèle d'analyse va s'inspirer de la relation suivante:
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Variable dépendante
Variables indépendantes
Indicateurs périodiques
Source: L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Ce cadre d'intervention a permis de poursuivre l'exécution du Plan d'Assainissement. Ce document en annexe vise
la sécurisation des activités, conjointement avec la mise en place de dispositifs facilitant la réception et l'analyse
des éléments de reporting, à la charge des systèmes financiers décentralisés et dont les performances participent
de la rationalisation, ainsi que de l'efficacité des missions d'inspection au niveau desdites institutions.
Cette exigence d'efficacité a également commandé le développement d'une organisation de supervision qui tourne
autour des contrôles sur pièces et sur place.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Les vérifications globales visent à appréhender l'ensemble des activités et la gestion d'une institution, notamment
les conditions d'exécution des opérations, l'évolution et la maîtrise des risques, l'adaptation à la concurrence, la
profitabilité, les perspectives d'évolution ainsi que le respect de la réglementation.
Les vérifications ponctuelles ou thématiques, quant à elles, couvrent un champ plus limité et portent sur un aspect
spécifique de la gestion ou de la situation de l'institution.
Les contrôles sur place permettent également de s'assurer de l'effectivité de la mise en oeuvre des
recommandations formulées lors des missions précédentes.
· la comptabilité et le budget;
Comme c'est souvent le cas, la dimension la plus importante dans laquelle des améliorations du contrôle sur place
pourraient être apportées n'est plus la vérification de conformité mais plutôt une évaluation précoce des risques et
une capacité de gestion des risques à travers l'opérationnalisation de la Plateforme Automatisée de Supervision et
de Suivi Intégré (PASSI).
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Les objectifs de sécurisation du secteur ont permis un accroissement substantiel de la fréquence et de la qualité
des contrôles sur place. De plus, la mise en place de dispositifs performants de collecte et d'analyse des
informations, en particulier les données financières et qualitatives, ont été à la base du développement d'outils
performants, offrant notamment l'opportunité de mettre régulièrement à la disposition des autorités et du public
des statistiques fiables sur le secteur.
Par ailleurs, les performances dudit système, révélant précisément la situation de toutes les institutions, favorisent
la sécurisation des ressources mises à la disposition des SFD, particulièrement dans le cadre de projets et
programmes publics.
Ainsi, la disposition d'un état des lieux global des vulnérabilités par la maîtrise certaine de l'accès au secteur et la
conformité des procédures, nous permettra d'identifier les risques insuffisamment contrôlés ou trop contrôlés.
§ Mise en conformité
La mise en oeuvre du plan d'actions 2010-2013 et la rationalisation des fonctions ont permis de maîtriser l'accès à
la profession et d'assurer l'encadrement des SFD pour la mise en conformité des textes internes.
En effet, pour une meilleure maîtrise des SFD et un renforcement de la surveillance, la DRS/SFD a intégré dans sa
stratégie de supervision, le contrôle systémique des textes internes pour s'assurer de leur conformité.
Cette activité est gérée dans le cadre d'un dispositif de mise en conformité des textes internes (ou DIMEC) des SFD
avec les dispositions réglementaires en vigueur.
L'objectif est de permettre aux SFD de disposer de documents conformes et d'effectuer un contrôle ante des
documents de référence de ces institutions.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Les vérifications sur place s'appuient sur un contrôle sur pièces performant grâce au dispositif de collecte et de
traitement des informations transmises par les SFD mis en place par la DRS-SFD.
Ces données financières et non financières consolidées offrent l'opportunité de mettre à la disposition du public
des statistiques fiables sur le secteur, accessibles à partir du site [Link] et de l'espace professionnel
pour les SFD. De même, elles alimentent le Système d'Alerte Précoce (SAP) et permettent la mise à jour de la Base
de Données Cartographiques et Financières reconstituée à partir des résultats de l'enquête sur «la situation de
référence des SFD et de la cartographie».
Le processus d'évaluation des risques, soutenu par la vérification annuelle et l'exploitation des rapports
périodiques, est érigé au rang de priorité pour assurer la conformité des procédures, particulièrement celles
relatives au contrôle interne et aux pratiques financières.
§ Vérifier le respect des obligations des SFD se rapportant à la transmission des rapports périodiques et à la
communication de l'information financière.
§ Evaluer la conformité des procédures et des pratiques financières, ainsi que celles portant sur le contrôle interne.
Sous ce rapport, différents travaux ont été effectués par la DRS/Sfd afin de disposer d'un répertoire des anomalies.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Source : DRS-SFD
Le processus de la cartographie des risques, déjà enclenchée, a également justifié la revue, à toutes les étapes, des
rôles et responsabilités des différents acteurs, de l'historique des rapports, des missions d'inspection et des
rencontres avec les SFD, assurant certes la disponibilité des points de contrôle, dans le cadre du dispositif global de
suivi des SFD.
Pour cela, il a été d'élaboré un canevas opérationnel de gestion des risques par l'analyse, l'évaluation et le suivi de
l'organisation et des pratiques. Cette outil est composé des volets, des risques identifiés, des objectifs, des travaux
et des sources regroupés dans les aspects financiers et comptables, les politiques et procédures administratives
mais également dans les SIG, est mis au point.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
· d'améliorer le canevas portant sur les risques identifiés, les points de contrôle y afférents, ainsi que les sources
permettant de constater et de documenter les anomalies;
· de déterminer les points de contrôle spécifiques au SFD basés sur les risques auxquels il est exposé et indiquer sur
une matrice les résultats des activités (missions, rapport, reporting...) qui permettront de mettre à jour le
répertoire des anomalies;
· de vérifier les points de contrôle à travers les trois grandes parties: les procédures administratives; la comptabilité
et les finances; le système d'informations et de gestion.
· risque de crédit;
· risque de gouvernance ;
· risque de liquidité;
· risque opérationnel et
· risque réglementaire.
Ainsi, une classification des SFD est constituée à travers des critères de sélection et les listes de missions de
contrôle sur place et celles des SFD en difficulté sont élaborées. Ces listes sont ensuite réparties en tenant en
compte:
· de la situation du SFD ;
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
L'exécution des missions de contrôle sur place se fait alors par le suivi des recommandations antérieures, le
pointage des anomalies et la mise en place de nouvelles recommandations.
Ensuite, les risques sont positionnés sur des matrices pour en déterminer le profil des risques du SFD et d'en
fournir une cartographie à l'instant t.
Ainsi, la matrice à risque des SFD est générée mettant à jour la situation des SFD à partir des résultats de
l'exploitation des rapports annuels et infra annuels, du contrôle interne, de l'état d'exécution des recommandations
et de l'intégration de toutes informations afin d'identifier les risques pour ensuite rendre disponible la situation
globale par SFD.
Cette situation globale permettra alors la délimitation du périmètre de supervision des SFD en classant les
institutions en ouverture de retrait d'agrément (OPR), en difficultés, en suivi rapproché etc.
Dans le cadre de l'exécution des missions conférées, la Direction de la Réglementation et de la Supervision des
Systèmes financiers décentralisés s'est résolument engagée dans le renforcement de la supervision et le
partenariat pour la maîtrise des risques, la pérennité des institutions de micro finance ainsi que la sécurisation de
l'épargne et des fonds publics.
Cette option stratégique a été fortement soutenue par un cadre intégré de gestion des systèmes d'information
principalement alimenté par les processus automatisés et les supports dématérialisés.
Ainsi, la DRS-SFD, se positionne comme une administration publique moderne, à l'avant-garde des innovations
technologiques, pour la mise en place d'outils dans la supervision basée sur les risques. La Direction mise alors sur
la dématérialisation et l'automatisation des processus, dans un exercice continu de compression des charges et
d'optimisation des disponibilités.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Le système intégré d'information (S2I) gère l'ensemble des bases de données et des applications développées par
la DRS-SFD en vue de doter les services ainsi que les SFD, d'outils performants permettant d'automatiser de façon
optimale les processus de la Direction.
Le S2I reflète alors, l'intégration des fonctions organisationnelle et opérationnelle tout en mettant en perspective le
plan d'assainissement combiné à la déconcentration des services par la dynamisation de la cartographie numérisée
des SFD, le système de gestion électronique des documents, le système d'alerte précoce, la Plateforme
Automatisée de Supervision et de Suivi Intégré, le e-Control entre autres.
Ce système a pour but d'identifier et de préserver les documents essentiels et de valeur permanente à travers la
sécurisation de la mémoire du secteur mais aussi de permettre la gestion du courrier et l'exécution des tâches de
l'ensemble des services pour une mise à jour simultanée du Dossier Permanent du SFD.
Ce souci d'archivage et de préservation des informations financières du secteur a été renforcé par leur
dématérialisation.
La mise en place d'un système de gestion électronique des documents (SGED) au niveau DRS/Sfd a permis alors de :
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Dans ce contexte, l'exercice de la Tutelle nécessite également plus de technicité. La mise en oeuvre de systèmes
d'Alerte précoce et de Scoring (Notation), en tant qu'outils de prévention
Source : DRS-SFD
La croissance du secteur de la micro finance appelle ainsi, à faire face à des pratiques ou des situations souvent
contre-productives à l'égard des objectifs macroéconomiques poursuivis, plus de moyens et de vigilance pour:
· la moralisation et la professionnalisation du secteur ;
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
des risques et d'appréciation de la qualité des institutions, apparaît comme un procédé d'optimisation des
opérations d'inspection, de supervision, de veilles réglementaire et stratégique.
Ces outils dont l'efficacité reconnue et l'efficience avérée, sont à nos jours largement utilisés dans la finance.
La DRS-SFD, dans le cadre du renforcement de la supervision en vue d'une bonne maîtrise du secteur, s'est dotée
d'un Système d'Alerte Précoce permettant la prévention des défaillances de SFD et une planification efficiente et
efficace des actions correctrices.
ü une optique qualitative compilant les anomalies notées dans les rapports d'inspection, de contrôle interne et
annuels ainsi que celles relevées d'autres sources d'informations notamment les articles de presses, les
correspondances, etc. Celles-ci sont classées suivant quatre types de risque : risque de liquidité, risque de crédit,
risque de gouvernance ou réglementaire et risque opérationnel. Par la suite, le renseignement des différentes
anomalies dans la base de données du SAP permet de donner un score entre 0 et 1 à chaque type de risque et de
rapport, puis un score global de l'institution;
ü une optique quantitative permettant de définir des classes pour chaque ratio et indicateur collecté pour un SFD
donné.
A terme, il est relaté les situations des SFD (BONNE, SATISFAISANTE OU DIFFICULTE) sur la base, d'une part, des
constats relevés par l'approche qualitative, d'autre part, des ratios et indicateurs reçus.
L'automatisation, l'intégration des données qualitatives et le développement d'une version WEB font du SAP un
instrument de gestion et de planification de la supervision et permettant à chaque SFD de visualiser les risques
auxquels il est exposé.
Les améliorations du Système d'Information Intégré de la DRS-SFD, favorisées notamment par la dématérialisation
des processus et la mise à jour continue de la base de données cartographiques et financières, ont permis d'affiner
les résultats du SAP et, subséquemment, d'assurer un meilleur ciblage des SFD à contrôler et des risques à mitiger.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
C'est un canevas qui porte sur les risques identifiés, les points de contrôle y afférents, ainsi que les sources
permettant de constater et de documenter les anomalies. Elle offre notamment l'opportunité d'avoir la situation
globale des SFD avec le pointage des anomalies.
Cette plateforme Web est développée pour intégrer les résultats du contrôle sur pièce et de leur suivi mais aussi
pour effectuer les missions sur place.
La Plateforme Automatisée de Supervision et de Suivi Intégré (PASSI) nous permet donc, de centraliser tout le
processus de contrôle sur pièce et sur place à temps réel et de suivre les tâches de la surveillance jusqu'à la
production et la validation des rapports d'inspections.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Source : DRS-SFD
§ L'espace professionnel
Au-delà des effets bénéfiques et tangibles de l'assainissement, la DRS-Sfd a jeté les bases d'un partenariat
dynamique avec les SFD, à travers l'Espace Professionnel, accessible à partir du site internet de la Direction ( drs-
[Link]), plateforme sécurisée et interactive avec le superviseur, les dispensant notamment de tout
déplacement physique pour le courrier, en particulier celui portant sur la transmission obligatoire des données
périodiques.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Source : DRS-SFD
§ Le e-contrôle
Système de Contrôle à Distance, le e-contrôle est la pièce maîtresse de la Surveillance Automatisée. C'est un
système automatique de récupération d'informations financières, dont le but est, d'une part, de rationaliser les
missions de contrôle sur place et d'autre part, de garantir la fiabilité des données financières via un transfert
sécurisé de ces informations du SFD vers la Direction pour pouvoir y être analysées et traitées.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Source : DRS-SFD
§ Le simulateur du TEG
Il assure une meilleure maîtrise des taux d'intérêt pratiqués en permettant d'analyser, en permanence et pour tout
produit, la conformité des taux appliqués.
Le simulateur pour le calcul du taux effectif global (TEG), dont le dépassement de la limite légale expose le SFD à de
lourdes sanctions, est un utilitaire qui permet d'analyser par produit, la conformité des taux appliqués.
Le TABSI est un outil qui renforce la cohérence du cadre d'intervention relatif aux différents flux d'informations et à
leur mise à jour, notamment par une confrontation aux données et diligences suivies pour chaque SFD.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
C'est en cela que le passage à un autre niveau de planification stratégique, confirme l'option de supervision basée
sur les risques.
C'est un outil mis en place pour faciliter l'exécution des tâches quotidiennes pour une prise en compte dans le
système intégré de la Direction. Il permet aussi le suivi et l'évaluation des activités de la DRS/SFD en indiquant les
résultats pour en mesurer les performances.
Source : DRS-SFD
- d'améliorer les performances de la Direction en coordonnant tous ses outils et en optimisant leurs rendements
grâce aux possibilités offertes par les TIC (Technologies de l'information et de la Communication);
- de maitriser et de rationaliser les ressources y affectées et ;
- de pouvoir interagir à terme pour rendre disponibles un certain nombre d'informations via l'internet.
Aujourd'hui, il est nécessaire de veiller à la préservation des acquis, portée par le renforcement des performances
du superviseur et des SFD, à l'effet de garantir la pérennité des institutions et ses effets stimulants dans la quête
d'une croissance durable et partagée.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
Ces résultats sont issus d'une série d'inspection menée par la DRS-SFD auprès de 150 SFD sur les périodes 2013-
2015 concernant les risques et 2014- 2015 s'agissant des anomalies.
Type de risque
2013
2014
2015
Risque de crédit
12,30%
9,40%
10,30%
Risque de liquidité
1,80%
1,90%
1,80%
Risque
Gouvernance/Réglementaire
62,50%
66,20%
66,40%
Risque opérationnel
23,40%
22,50%
21,40%
Source : DRS-SFD
Tableau 3 : Présentation des 10 anomalies ayant atteint des taux de fréquences supérieurs ou égaux à 50%i
dentifiées dans le secteur
ANOMALIES
2014
2015
71,21%
72,50%
79,55%
65,00%
68,94%
54,50%
65,91%
53,50%
63,64%
52,00%
61,36%
51,00%
56,06%
48,00%
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
54,55%
47,50%
50,76%
46,00%
50,00%
44,50%
Source : DRS-SFD
2013
Risque de crédit
12,30%
2014
9,40%
2015
10,30%
Source: L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD.
La part des anomalies augurant un risque de crédit a connu une baisse de 2,9 points entre 2013 et 2014 et une
hausse de 0,9 point entre 2014 et 2105. Cette situation pourrait s'expliquer par une amélioration du niveau de
maîtrise des procédures d'octroi et de suivi des crédits au sein des SFD.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
1,80%
Risque de liquidité
1,90%
1,80%
Source : L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en
place par la DRS-SFD.
L'analyse des anomalies classées comme risque de liquidité fait ressortir un taux de 1,8% en 2013 et 2015 et un pic
à 1,9% en 2014. Ces taux inférieurs à 2% sur la période revue montrent une bonne gestion des risques liée à la
liquidité. Ce qui se traduit, par conséquent, par une capacité des SFD contrôlés à faire face aux dépenses urgentes
et aux demandes d'encaisses des clients.
Risque de Gouvernance/Règlementaire
2013
66,20%
62,50% 66,40%
2014
2015
Source: L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD.
La part des anomalies relatives au risque de gouvernance ou réglementaire culmine à plus de 60% sur la période
revue avec un pic de 66% en 2014. Ces taux élevés montrent une situation préoccupante de la gouvernance des
SFD due à une mauvaise connaissance par les
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
dirigeants de leur rôle et responsabilité et à défaut des maîtrises de la réglementation jugée parfois complexe.
23,40% 22,50%
Risque opérationnel
21,40%
Source: L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD.
Le risque opérationnel s'est inscrit sur une tendance baissière enregistrant une première diminution de 0,9 point
entre 2013 et 2014 et une deuxième de 1,1 point entre 2014 et 2015. Malgré cette tendance, il reste au-dessus de
20% tout au long de la période. Cette situation se traduit par une augmentation de la vigilance des SFD dans la
conduite de leurs opérations quotidiennes et une professionnalisation de plus en plus accrue du secteur. Ce qui a
entrainé une meilleure maîtrise des risques de fraudes et de malversations.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
RISQUE
MESURE
EVOLUTION
CAUSE
2014-2015
Niveau de respect et
d'application des
procédures d'octroi de crédit
Hausse de
0,9 pt
Non-conformité des
Liquidité
Hausse de
0,1 pt
Baisse de 0,1 pt
Gouvernance/ Règlementaire
Hausse de
0,2 pt
Non-respect de la
réglementation,
méconnaissance des rôles et responsabilités
Opérationnel
Respect du taux
d'autosuffisance et
efficacité des outils de gestion
Baisse de 0,9 pt
Baisse de 1,1 pt
Absence de
professionnalisation et
Source : L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en
place par la DRS-SFD
La fréquence de cette anomalie est passée de 71,21% en 2014 à 72,50% en 2015, soit une hausse de 1,29 point.
Cette situation est imputable au manque de rigueur des agents de crédit qui ne prennent pas le temps de s'assurer
de l'exhaustivité des dossiers de crédit.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
L'analyse du taux de fréquence de cette anomalie fait état d'un taux élevée de 79,55% en 2014 qui passe à 65% en
2015, soit une baisse considérable de 14,55 points. Cette situation pourrait s'expliquer par une amélioration du
dispositif de recouvrement des crédits.
Le portefeuille à risque (PAR) est un ratio très important pour les SFD. En effet, le PAR fourni aux gestionnaires un
portrait de la situation du portefeuille de prêt, à un moment précis. Le PAR est donc utile pour mesurer le risque
actuel et les pertes potentiels à venir. La norme exige pour les PAR à 30 jours qu'il soit inférieur à 5%, pour les PAR à
90 jours qu'il soit inférieur à 3% et pour les PAR à 180 jours qu'il soit inférieur à 2% (BCEAO).Ce ratio est obtenu en
divisant le total de l'encours des prêts affichant un retard par le total de l'encours de tous les prêts.
De 2014 à 2015 la fréquence de cette anomalie est passée de 65,91% à 53,50% soit une baisse de 12,41 points. Elle
traduit une faiblesse des rendements sur actifs (RA) au sein des SFD. Selon les professionnels un RA avoisinant les
3% reste un bon niveau de performance. Aussi appelé le ratio du rendement du capital investi (RCI), il donne une
indication de la façon dont l'actif est utilisé pour produire des bénéfices. Essentiellement, le ratio du rendement
des actifs révèle la mesure dans laquelle l'équipe de direction utilise les diverses ressources (actifs) de l'entreprise.
Au Sénégal, la faiblesse des RA pourrait s'expliquer par la part des actifs non productifs au sein des SFD,
notamment dans la construction de leur siège
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
ou dans l'achat d'immobiliers. Ce ratio est obtenu en faisant le rapport entre le bénéfice issu des activités et l'actif
total moyen.
Ce ratio indique la marge de bénéfices réalisée sur les revenus générés par l'activité des SFD. Le taux de fréquence
de l'anomalie est passé de 63,64% en 2014 à 52% en 2015, soit une baisse de 11,64 points. Cette situation
s'explique par le fait que le ratio était de 16,66% (drs-sfd) durant le premier trimestre 2015, taux qui n'est pas loin
de la norme qui est de 20% minimum (BCEAO). Ce ratio résulte du rapport entre la marge brute et le total des
recettes.
L'analyse de la fréquence de cette anomalie fait état d'une baisse de cette dernière. Elle est passée de 61,36% en
2014 à 51% en 2015, soit une baisse de 10,36 points. Cette tendance baissière s'illustre par le niveau du ratio qui
est passé de 92,37% durant le second trimestre 2015 à 87,56% au troisième trimestre 2015 (drs-sfd) mais reste
toujours loin de la norme qui est de 60% maximum(BCEAO). Nous notons ainsi une légère amélioration dans la
gestion des charges des SFD car ce ratio indique l'efficacité des SFD dans la maitrise de leurs charges et leur
capacité à générer des produits supérieurs aux frais engendrés par l'activité. Il vise la pérennité de leur activité. Il
est obtenu en faisant le rapport entre les charges d'exploitation et le produit net bancaire.
L'analyse de la fréquence de cette anomalie fait état d'une baisse de cette dernière. La fréquence de cette
anomalie est passée de 56,06% en 2014 à 48% en 2015, soit une baisse de 8,06 points. Cette situation est due à la
hausse non négligeable du ratio entre le second trimestre 2015 et le troisième trimestre 2015 qui est passé de
0,61% à 5,47% (drs-sfd). Cependant, cette hausse est loin d'atteindre la norme qui est de 15% minimum (BCEAO).
Ceci nous permet de dire que les SFD ont des difficultés à générer des revenus à partir de leurs fonds propres. La
rentabilité des fonds propres mesure la rémunération obtenue par les capitaux propres inscrits au bilan comptable.
Ce ratio mesure donc le rendement des capitaux
par la DRS-SFD
Quant à sa mesure, elle s'obtient en rapportant le résultat net qui revient aux actionnaires, après déduction de
l'impôt, aux fonds que les actionnaires ont investis.
· Absence de suivi des recommandations des rapports de contrôle interne et externe par le conseil de surveillance
Le taux de fréquence de cette anomalie est passé de 54,55% en 2014 à 47,50% en 2015, soit une baisse non
négligeable de 7,05 points. Cette baisse se traduit par une prise de conscience des dirigeants des SFD sur
l'importance des rapports d'audit et leur suivi dans la gestion des SFD.
L'analyse de la fréquence de cette anomalie fait état d'une évolution à la baisse de cette dernière. La fréquence est
passée de 50,76% en 2014 à 46% en 2015, soit une baisse de 4,76 points. Les SFD rencontrent beaucoup de
difficultés dans la prise et la réalisation des garanties ainsi que leur comptabilisation. En effet, les garanties morales
et personnelles ne sont pas toujours réalisables par les SFD du fait de l'absence de contrat formel d'engagement de
la part des tiers. Ces derniers ne produisent en général qu'une copie de carte d'identité en guise d'engagement. Il
est donc difficile pour les SFD de les saisir en cas de non remboursement. Les sûretés réelles pour leur part
souffrent d'une absence ou d'une mauvaise évaluation. De plus, elles ne sont pas formalisées et difficilement
réalisables.
L'analyse du taux de fréquence de cette anomalie montre une baisse de ce dernier qui est passé de 50% en 2014 à
44,5% en 2015, soit une baisse de 5,5 points. Cette anomalie fait allusion à la mise en place d'un dispositif de lutte
contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). La fréquence importante de cette
anomalie est imputable au manque de formation du personnel technique sur la lutte contre le blanchiment de
capitaux.
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
ANOMALIES
MESURE
EVOLUTION
2014-2015
CAUSE
Hausse de 1,29 pt
Non-respect de la
norme sur le
portefeuille à risque
(30j, 90,180j)
relatives au portefeuille à
risque édictées par la BCEAO
Non-respect de la
norme sur
l'autosuffisance opérationnelle
La pérennité de l'institution
produits et charges
d'exploitation
Augmentation des
charges d'exploitation
Non-respect de la
norme sur le
rendement des actifs
productifs élevé
Non-respect de la
La marge de bénéfices réalisée sur les revenus générés par l'activité des SFD
Baisse du ratio
Non-respect de la
norme sur le
coefficient
d'exploitation
L'efficacité des SFD dans la maitrise de leurs charges et leur capacité à générer des produits supérieurs aux frais
engendrés par l'activité
Baisse du ratio
Non-respect de la
Hausse du ratio
recommandations des
rapports de contrôle
rapports d'inspection
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
le conseil de
surveillance
Non comptabilisation
de la garantie
Difficultés
d'évaluation des
garanties, défaut de
comptabilisation
Absence de registre
des opérations
suspectes relatives à la LBC/FT
dans l'enregistrement
des opérations
suspectes
Source : L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en
place par la DRS-SFD
Le dispositif de contrôle de la DRS-SFD met en évidence l'ensemble des risques auxquels les SFD sont susceptibles
d'être confrontés dans l'exécution de leurs tâches quotidiennes. Grâce au système d'alerte précoce (SAP), la DRS-
SFD peut prévenir les défaillances des SFD et planifier de façon efficace et efficiente des actions correctrices.
Cependant, l'accompagnement technique des SFD, devrait mettre beaucoup plus l'accent sur la formation de ces
derniers. En effet, beaucoup d'écrits font le constat du manque de formation des établissements de micro finance
sur le cadre réglementaire auquel ils sont soumis (risque règlementaire élevé). Ce que l'on peut qualifier de déficit
d'information sur les termes de la réglementation entraîne des mesures administratives allant jusqu'à la fermeture
d'établissement, et qui seraient évitables. Ces fermetures, alors même qu'elles sont la preuve
L'analyse de la gestion des Systèmes Financiers Décentralisés à travers le dispositif de contrôle mis en place
par la DRS-SFD
De son côté, le statut des inspecteurs doit être revu. En effet, le statut des fonctionnaires chargés du contrôle des
institutions de micro finance doit garantir leur autonomie et leur indépendance.
En principe, la responsabilité personnelle des inspecteurs des autorités de tutelle ne peut être engagée. Leur
responsabilité pénale pourrait être engagée dans le cas d'une rupture des règles déontologiques de leur activité,
mais cela n'a jamais été le cas dans l'UEMOA.
III- Recommandations
Tableau 6: Tableau des anomalies et des recommandations
ANOMALIES
RECOMMANDATIONS
Veiller à une meilleure maîtrise des charges en évitant les dépenses inutiles
actif
Utiliser…