Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Université Hamma Lakhdar El-Oued
Faculté des Sciences Exactes
Département de Mathématiques
Emements de la topologie générale
Cours
Said Beloul
2020-2021
Table des matières
Introduction 3
1 Espaces topologiques, espaces métriques 4
1.1 Espaces topologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Adhérence, intérieur et frontière d’une partie . . . . . . . 5
1.1.3 La continuité dans des espaces topologiques . . . . . . . 7
1.2 Espaces métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2 Distences équivalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.3 Suites convergentes, suites de Cauchy . . . . . . . . . . . 10
1.2.4 Espaces métriques complets . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.5 Applications aux espaces métriques complets . . . . . . . 13
1.2.6 Espaces de Baire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2
Introduction S. Beloul
Introduction
Dans ce travail, on présente quelques éléments de la topologie, définitions,
concepts et théorèmes. Ce travail s’adresse principalement aux étudiants de
premième année master en (mathématiques), ainsi qu’à toute personne s’inté-
ressant à la topologie. On décompose en quatres chapitre :
Dans le premier chapitre, ce polycopié on présente certaines notions et défini-
tions de base.
Le deuxième chapitre est resérvé aux espaces compactes et leurs propriétés.
Pour le troisième chapitre, on donne un aperçu sur les espaces fonctions, cri-
tères de compacité dans des espaces de foctions.
Dans le dernier chapitre, on s’interesse aux quelques fondamentaux.
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Chapitre 1
Espaces topologiques, espaces
métriques
1.1 Espaces topologiques
1.1.1 Définitions
Définition 1.1. Soit X un ensemble, une topologie sur X est un ensemble T
de parties de X qui vérifie les propriétés suivantes :
1. X, ∅ ∈ τ .
2. Pour tout Oi ∈ τ , l’intersection ∩i∈I ∈ τ , où I est fini.
3. Pour tout Oj ∈ τ , le réunion ∪j∈J ∈ τ .
Exemple 1.1. 1. Soit X un ensemble quelconque, T = {∅, X} est une
topologie sur X, elle dite la topologie grossière (triviale).
2. Soit X un ensemble quelconque, τ = P(X) est une topologie sur X, elle
dite la topologie discrète.
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Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
3. Soit X = {1, 2}, alors les topologies sur X sont : T1 = {∅, X}, T2 =
{∅, {1}, X},τ3 = {∅, {2}, X}, T4 = {∅, {1, {2}, X}.
Les éléments de T sont dits des ouverts, et on appelle un fermé le complemen-
taire d’un ouvert.
Définition 1.2. Soient T1 et T2 deux topologies, on dit que T1 est moins fine
que T2 si T1 ⊆ T2 .
Exemple 1.2. Soit X un ensemble, la topologie discrète est plus fine topologie
peut être définie sur X.
Définition 1.3. Soient (X, T ) un espace topologique et B ⊂ T , B est dite
une base de la topologie T si pour tout ouvert non vide de T est un réunion
d’ouverts appartenant à B.
Définition 1.4. Soient (X, T ) un espace topologique et x ∈ X, on dit qu’une
partie V de X est un voisinage de x, s’il existe un ouvert O tel que x ∈ O ⊂ V.
Exemple 1.3. R muni de la topologie usuelle, tout ensemble ]x − ε, x + ε[∪{y}
est un voisinage de x.
1.1.2 Adhérence, intérieur et frontière d’une partie
Définition 1.5. Soient (X, T ) un espace topologique, x ∈ X et A une prtie
de X.
1. On dit que x est ahérent à A si tout voisinage de x rencontre A, c’est à
dire
∀O ∈ Vx, O ∩ A 6= ∅.
On note par A l’ahhérence de A, c’est l’ensemble de points adhérent à
A.
5
Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
2. On dit que x est intérieur à A si A est un voisinage de x et on note Å
l’intérieur de A.
3. On dit que x est un point frontiière à A si à la fois adhérent à A et à
X/A, c’est àdire F r(A) = A ∩ X/A.
4. On dit que x est un point d’accumulation de A si tout voisinage de x
contient un point distinct de x, c’est à dire
∀V ∈ Vx, (V /{x}) ∩ A 6= ∅.
5. On dit que x est un point isolé dans A s’il existe un voisinage V de x tel
que V ∩ A = {x}.
Quelques propriétés
1. L’adhérent de A est le plus petit fermé qui contient A.
2. L’intérieur de A est le plus grand ouvert inclus dans A.
3. F r(A) = A\A.
4. x est un point isolé dans X si {x} est un ouvert.
5. Si T est la topologie discrète, alors A0 = ∅
Proposition 1.1. Soit A une patie d’un e.t (X, T ), on a :
˚{
z }|
X\A = X\A, X\A = X\Å
Démonstration. Puisque A ⊆ A, alors X\A ⊆ X\A, comme X\A est un
˚{
z }|
ouvert inclus dans X\A . D’où X\A ⊆ X\A.
˚{
z }|
Reciproquement, soit x ∈ X\A, alors il exist un ouvert O, tel que x ∈ O ⊆
X\A, ce qui implique O ∩ A = ∅. Donc xnot ∈ A, i.e., x ∈ X\A.
z ˚ {
}|
On a Å = X\X\A = X\(X\A), donc d’après la propriété précédente on
trouve X\Å = X\(X\X).
6
Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
Définition 1.6. Soient (X, T ) un espace topologique et A ⊆ X.
1. On dit que A est dense dans X si A = X.
2. On dit que X est séparable s’il existe une partie dénombrable et dense.
1.1.3 La continuité dans des espaces topologiques
Définition 1.7. Soient (X, T ), (Y, T 0 ) des espace topologique, x0 ∈ X et f :
X → Y une fonction.
1. On dit que f est continue en x0 si pour tout voisinage V de f (x0 ) il
existe un voisinage U de x0 tel que f (U ) ⊆ V .
2. On dit qu’une application continue f est un homoémorphisme de X sur
Y si f est bijective et f −1 .
Définition 1.8. Soient (X, T ), (Y, T 0 ) un espace topologique, et f : X ⊆ Y
une fonction.
1. On dit que f est fermée si l’image de tout fermé de X est fermé dans Y .
2. On dit que f est fermée si l’image de tout fermé de X est fermé dans Y .
Proposition 1.2. Soient X, Y des espaces topologiques et f : X −→ Y une
application. Les propriété suivantes sont équivalentes.
(i) : f est une application ouverte.
˚{
z }|
(ii) : Pour toute partie A de X, on a f (Å) ⊂ f (A).
Démonstration. Montrons l’implication (i) =⇒ (ii). Soit A une partie de X,
alors A est un ouvert de X et donc f (A) est un ouvert de Y contenu dans
z }| { ˚{
z }|
f (A), d’où f (Å) ⊂ f (A). Donc on a f (U ) = f (A). Par conséquent, f (A) est
un ouvert de Y .
◦
Preuve de (ii) =⇒ (i). Soit U un ouvert de X, on a U =U , d’où f (U ) = f (U̇ ) ⊂
z }| {
f]
(U ). Done on a f (U ) = f (U ). Par conséquent, f (U ) est un ouvert de Y .
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Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
Proposition 1.3. Soient X, Y des espaces topologiques et f : X −→ Y une
application. Les propriétés suivantes sont équrvalentes.
(i) : f est fermée.
(ii) : Pour toute partie A de X, on a f (A) ⊂ f (Ā).
Démonstration. Montrons l’implication (i) −→ (ii). Soit A uno partie de X,
alors f (Ā) cst un fermé de Y et on a f (A) ⊂ f (Ā), d’où f (A) ⊂ f (Ā).
Prcuve de (ii) =⇒ (i). Soit F un fermé de X, alors on a F̄ = F, d’où f (F ) ⊂
f (F̄ ) = f (F 0 ) . Donc on a f (F ) = f (F ). Par conséquent, f (F ) est un fermé
de Y.
1.2 Espaces métriques
1.2.1 Définitions
Définition 1.9. Soit X un ensemble quelconque. On appelle distance sur E
toute fonction d : X × X → R qui vérifie les propriétés suivantes :
(i) d(x, x) = 0, ∀x ∈ X et d(x, y) > 0, ∀x, y ∈ X, x 6= y
(ii) d(x, y) = d(y, x).
(iii) ∀x, y, z ∈ X on a d(x, z) ≤ d(x, y) + d(y, z).
Le couple (X, d) est dit un espace métrique.
Proposition 1.4. Soit (X, d) un espace métrique.
1. Pour tout x, y, z ∈ X, on a|d(x, z) − d(z, y)| ≤ d(x, y).
Pn
2. Pour tout x1 , x2 , . . . , xn , xn+1 ∈ X, on a d (x1 , xn+1 ) ≤ i=1 d (xi , xi+1 ).
Démonstration. D’après les deuxième et troisième propriétés d’une métrique,
on a d(x, z) ≤ d(x, y) + d(z, y) et d(z, y) ≤ d(x, z) + d(x, y), d’où d(x, z) −
8
Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
d(z, y) ≤ d(x, y) et d(z, y) − d(x, z) ≤ d(x, y) Par conséquent, on a |d(x, z) −
Pn
d(z, y)| ≤ d(x, y). Posons In : d (x1 , xn+1 ) ≤ i=1 d (xi , xi+1 ). Il est clair que I1
Pn
est vraie. Posons que In est vraie, i.e. que l’on a d (x1 , xn+1 ) ≤ i=1 d (xi , xi+1 ) .
Par l’inégalité trinngulaire, on a d (x1 , xn+2 ) ≤ d (x1 , xn+1 ) + d (xn+1 , xn+2 ) ,
d’où :
n
X n+1
X
d (x1 , xn+2 ) ≤ d (xi , xi+1 ) + d (xn+1 , xn+2 ) = d (xi , xi+1 )
i=1 i=1
Whe In+1 est vraie. Par conséquent, In est vraie pour tout n ≥ 1.
Définition 1.10. Soient (X, d) un espace métrique, a ∈ X et r > 0.
1. On appelle boule ouverte de centre a et de rayon r l’enserable :
B(a, r) = {x ∈ X; d(a, x) < r}
2. On appelle boule fermée de centre a et de rayon r l’ensemble :
B 0 (a, r) = {x ∈ X; d(a, x) ≤ r}
3. On appelle sphère de centre a et de rayon r l’ensemble :
S(a, r) = {x ∈ X; d(a, x) = r}.
1.2.2 Distences équivalentes
Définition 1.11. Soit E un ensemble sur lequel sont définies deux distances
d1 et d2 . d1 et d2 sont dites topologiquement équivalentes si elles définissent la
même topologie, c’est à dire si elles définissent les mêmes ouverts.
Proposition 1.5. Soient d1 et d2 deux distances sur X. On suppose qu’il existe
C1 , C2 > 0 tels que
C1 d1 (x, y) ≤ d2 (x, y) ≤ C2 d1 (x, y), ∀x, y ∈ X.
Alors d1 et d2 sont topologiquement équivalentes.
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Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
Démonstration. Soient O un ouvert de (X, d1 ) et a ∈ O. Alors ∃r > 0 tel que
Bd1 (a, r) = {x ∈ E : d1 (x, a) < r} ⊂ O. On pose r∗ = rC1 Si d2 (a, x) < r∗ ,
r∗
alors d1 (x, a) C11 d2 (x, a) < C1
et donc d1 (x, a) < r. D’où x ∈ O. Ainsi pour
r∗ = rC1 on a
Bd2 (a, r∗ ) = {x ∈ X : d2 (x, a) < r∗ } ⊂ O.
Donc O est ouvert dans (X, d2 ) . Réciproquement en permutant les rôles de d1
et d2 il vient que si O est un ouvert de (X, d2 ) alors O est un ouvert de (X, d1 ) .
Donc d1 et d2 sont topologiquement équivalentes.
1.2.3 Suites convergentes, suites de Cauchy
Définition 1.12. Soient (X, d) un espace métrique et (xn ) une suite de X.
1. On dit que (xn ) converge vers l ∈ X et on note xn → l ou limn→∞ xn = l
si et seulement si ∀ε > 0, ∃nε ≥ 1 tel que ∀n ≥ nalors on a xn ∈ B(l, ε).
2. Une suite extraite (on dit aussii sous-suite ) de (xn ) est de la forme
xφ(n) où1 φ : N → N est strictement croissante.
3. Une suite (xn ) ⊂ X est dite de Cauchy sid (xn , xm ) → 0 lorsque n, m →
∞. Autrement dit si
∀ε > 0, ∃n0 ∈ N tel que d (xn , xm ) ≤ ε, ∀n, m ≥ n0
Proposition 1.6. Soit (X, d) un espace métrique et (xn ) ⊂ X. Si (xn ) converge
vers l, alors toute sous-suite xk(n) de (xn ) converge vers l.
Démonstration. Soit ε > 0 fixé. Alors ∃nε ≥ 1 tel que ∀n ≥ nε on a d (xn , l) <
ε. On a 1 ≤ k(1) < k(2) < · · · < k(n) < k(n + 1) . . . Par récurrence on a
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Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
k(n) ≥ n. Alors ∀n ≥ nε k(n) ≥ n ≥ nε , donc d xk(n) , l < ε. On a donc
prouvé que xk(n) → l.
Proposition 1.7. Soit(X, d)unespacemérique.
(i) Toute suite convergente est une suite de Cauchy.
(ii) Soit (xn ) ⊂ X une suite de Cauchy admettant une suite extraite conver-
gente. Alors la suite (xn ) ⊂ X est convergente.
(iii) Toute suite de Cauchy est bornée.
Démonstration. (i) Si xn → x alors ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N tel que d (xn , x) ≤
ε, ∀n, m ≥ n0 et donc
d (xn , xm ) ≤ d (xn , x) + d (xm , x) ≤ 2ε, ∀n ≥ n0 .
(ii) Soit (xn ) ⊂ X une suite de Cauchy et xφ(n) une suite extraite telle
que xφ(n) → x pour un x ∈ X. Pour tout ε > 0 fixé il existe n0 ∈ N tel
que d (xn , xm ) ≤ ε, pour tout n, m ≥ n0 . Aussi il existe p ∈ N tel que
φ(p) ≥ n0 . Par suite d xφ(p) , x ≤ ε et
d (xn , x) ≤ d xn , xφ(p) + d xφ(p) , x ≤ ε + ε, ∀n ≥ n0 .
(iii) Soit (xn ) ⊂ X une suite de Cauchy. Il existe n0 ∈ N tel que d (xn0 , xn ) ≤
1, ∀n ≥ n0 . Donc
(xn ) = {x0 , · · · , xn0 −1 } ∪ (xn )n≥n0
est bornée.
Proposition 1.8. L’image d’une suite de Cauchy par une application unifo-
remément continue est de Cauchy.
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Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
Démonstration. Soient (X, d), (Y, d0 ) des espaces mét riques, f : X −→ Y
une application uniformément continue et (xn )n ≥ 0 une suite de Cauchy
dans (X, d). Soit d(x, z) < η, puisque f est uniformément continue on ait
d0 (f (x), f (z)) < ε. Comme (xn )n ≥ 0 est de Cauchy, alors il existe n0 ∈ N tel
que pour tout n, m ≥ n0 , on ait d (xn , xm ) < η, d’où pour tout n, m ≥ on a
d(f (xn ), f (xm )) < ε. Par conséquent (f (xn )) est de Cauchy dans (Y, d0 ).
1.2.4 Espaces métriques complets
Définition 1.13. Un espace métrique (X, d) est dit complet si toute suite de
Cauchy de (X, d) est convergente dans (X, d).
Exemple 1.4. (ii) Considérons X =]0, 1] muni de la distance usuelle | · |
1
et (xn ) = n
⊂ X. Puisque xn → 0 dans (R, | · |), (xn ) est une suite de
Cauchy dans (R, | · |) et donc de Cauchy dans (X, | · |). Pourtant elle ne
converge pas dans (X, | · |).
Proposition 1.9. Soit (X, d) un espace métrique complet et soit F ⊂ X. Alors
(F, d) est complet si et seulement si F est un fermé de X
Démonstration. Supposons que F soit fermé dans X. Soit (xn ) ⊂ F une suite
de Cauchy. C’est aussi une suite de Cauchy de X et donc elle converge dans X
car E est complet. Maintenant puisque (xn ) ⊂ F et que F est fermé la limite
est dans F et donc F est complet. Réciproquement supposons F complet.
Soit (xn ) ⊂ F telle que xn → x dans X. La suite (xn ) est de Cauchy dans
X et donc aussi dans F . Or, par hypothèse, les suites de Cauchy de F sont
convergentes dans F et donc x ∈ F . Cela prouve que F est fermé. On dit
que f : (X1 , d1 ) → (X2 , d2 ) est une application lipschitzienne s’il existe L > 0
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Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
tel que ∀x, y ∈ X1 on a
d2 (f (x), f (y)) ≤ Ld1 (x, y).
On appelle la plus petite constante L ∈ R qui vérifie cette propriété la constante
de lipchitz.
On dit que f : (X, d) → (X, d) est contractante s’il existe k < 1 tel que
∀x, y ∈ X on a
d(f (x), f (y)) ≤ kd(x, y).
1.2.5 Applications aux espaces métriques complets
Principe de contraction de Banach
Théorème 1.1. Soit (X, d) un espace métrique complet et soit f : X → X
une application contractante. Alors
(i) Il existe un unique x ∈ X tel que f (x) = x (on dit alors que x ∈ X est
un point fixe).
(ii) Toute suite (xn ) ⊂ X qui satisfait xn+1 = f (xn ) converge vers x ∈ X.
Démonstration. Soit (xn ) une suite définie par x1 ∈ X et xn+1 = f (xn ) pour
tout n1. Soit k < 1 tel que d(f (x), f (y))kd(x, y). Alors
d (xn+1 , xn ) = d (f (xn ) , f (xn−1 )) ≤ kd (xn , xn−1 )
≤ k 2 d (xn−1 , xn−2 ) ≤ k 3 d (xn−2 , xn−3 )
≤ · · · k n−1 d (x2 , x1 )
Soit N0 ∈ N fixe et soient pmN0 . Alors
d (xp , xm ) ≤ d (xp , xp−1 ) + d (xp−1 , xp−2 ) + · · · + d (xm+1 , xm )
≤ k p−2 d (x2 , x1 ) + k p−3 d (x2 , x1 ) + · · · + k m−1 d (x2 , x1 )
h i
= k p−m−1 + k p−m−2 + · · · k + 1 k m−1 d (x2 , x1 )
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Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
Or
∞
1
1 + k + k 2 + · · · k p−m−1 ≤ kj =
X
.
j=0 1−k
Donc ∀p ≥ m ≥ N0 on a, comme, k < 1
1 1
d (xp , xm ) ≤ k m−1 d (x2 , x1 ) ≤ k N0 −1 d (x2 , x1 )
1−k 1−k
Soit ε > 0 fixé. Alors ∃N0 ∈ N tel que
1
k N0 −1 d (x2 , x1 ) < ε
1−k
Donc ∀p ≥ m ≥ N0 on a d (xp , xm ) < ε et donc (xn ) ⊂ X est de Cauchy.
Comme (X, d) est. complet elle converge donc. Soit x = lim xn . Maintenant
puisque xn+1 = f (xn ) , ∀n ≥ 1, en passant à la limite et en utilisant la
continuité de f il vient que x = f (x). Donc x ∈ X est bien un point fixe de f .
Pour l’unicité, si x = f (x) et y = f (y) on écrit d(x, y) = d(f (x), f (y)) ≤
k(d(x, y)) et comme k < 1 il vient que d(x, y) = 0 d’où x = y.
Théorème de Cantor
Théorème 1.2. Soit (X, d) et (Fn ) une suite de fermés non vides et décrois-
sante de X telle que limn→+∞ δ(Fn ) = 0. Alors l’intersection des Fn , n ∈ N,
est réduite à un point si et seulement si (X, d) est complet.
Démonstration. Les Fn n’étant pas vides, on peut construire une suite (xn )
telle que, pour tout n ∈ N, xn ∈ Fn . L’hypothèse (i) montre que Fm ⊂ Fn pour
tout m ≥ n, si bien que pour tout m ≥ n, xn et xm sont dans Fn . par suite,
pour tout m ≥ n, on a
d (xn , xm ) ≤ δ(Fn ).
Le second membre de cette inégalité tend vers 0 quand n tend vers l’infini et
donc la suite (xn ) est de Cauchy. Soit ` sa limite et soit n ∈ N fixé. la suite
14
Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
(xm )m≥n est une suite de Fn qui converge vers `. Comme Fn est un fermé de
X, la limite ` appartient à Fn et par suite ` appartient à l’intersection des
Fn , n ∈ N.
Réciproquement, soit x dans l’intersection des Fn . Puisque x et ` sont dans Fn
pour tout n, on a
0 ≤ d(x, `) ≤ δ(Fn )
Le second membre tend vers 0 quand n tend vers l’infini, donc x = `.
Soit (xn ) ⊂ E une suite de Cauchy. Considérons les ensembles, pour n ∈ N
Fn = {xn , xn+1 , · · · }
La suite (Fn ) est constituée de fermés et elle est décroissante. Aussi comme
(xn ) ⊂ E est de Cauchy on a que diam Fn → 0 si n → ∞. Par hypothèse il
vient donc que
∩∞
n=0 Fn
comporte un et un seul point, que l’on note x ∈ X. Clairement alors xn → x.
1.2.6 Espaces de Baire
Soit X un espace topologique, on dit dit que X est un espace de Baire si
pour tout des ouverts On denses dans X, l’intersection est dense, c’est àdire
∩n≥0 On = X.
Exemple 1.5. L’espace topologique discrète est un espace de Baire.
Corollaire 1.1. Soit (X, d) un espace métrique complet. Si (Fn ) est une suite
de fermés d’intérieur vide de X, alors ∪n∈N Fn est d’intérieur vide.
Démonstration. Il suffit de passer au complémentaire.
15
Espaces topologiques, espaces métriques [Link]
Théorème 1.3. Soit (X, d) un espace metrique complet. Alors X est une
espace de Baire.
Démonstration. Soit (On )n≥0 une suite d’ouverts de X et denses dans X. Pour
montre que ∩0 On est dense dans X, il suffit de montrer que pour tout ouvert
non vide V de X, V ∩ ∩ On 6= ∅. Comme O0 eat dense dans X, alors V ∩O0 6= 0,
n≥0
et soit x0 ∈ V ∩ O0 . Comme V ∩ O0 est un ouvert de X, il existe r0 > 0 tel
que r0 ≤ 1 et B (x0 , 2r0 ) ⊂ V ∩ O0 . On construit, par récurrence sur n, une
suite (xn ) n ≥ 0 dans X et une suite (rn )n ≥ 0 de nombres réels strictement
positifs tels que rn ≤ 2−π et B (xn , 2rn ) ⊂ On ∩ B (xn−1 , rn−1 ) , pour tout
n ≥ 1. En effet, on a déja construit x0 et r0 et supposons xn et rn construits ;
comme On+1 est dense dans X, il existe xn+1 ∈ On + 1 ∩ B(xn , rn ) théorème
de Cantor, on a ∩n Bn 6= ∅. Or B0 ⊂ V et, pour tout n ≥ 0, on a Bn ⊂ On
donc ∩ Bn ⊂ V ∩ ∩ On . Par conséquent, on a V ∩ ∩ On 6= 0. Donc ∩ On
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
est dense dans X.
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