fois je voudrais juste être discrète.
En même temps, le voisin ne se gêne pas
pour faire un max de bruit donc… Bon, je ne vois pas pourquoi je devrais
être plus intelligente que lui mais quand même, il paraît que…
— Stella !
Elle reprend sa respiration. Le feu lui monte aux joues, comme si elle
venait de courir un semi-marathon. Tous les voyants sont au rouge : elle me
cache quelque chose.
— Tu m’attendais ? demande-t-elle.
— Évidemment. Tu prends le bus de 18 h 17 tous les jours depuis que
tu es entrée à l’université. Ça n’a rien d’un hasard, Thierry !
Stella glousse puis se cache la bouche de la main.
— Le Jerk… Y a vraiment que toi pour écouter ça. Désolée, mais cette
blague était nulle, Ollie.
Un flux de chaleur ondoie dans ma poitrine. Je ne me lasserai jamais de
ce surnom.
— Alors déjà tout le monde aime Le Jerk. Et ensuite, t’as rigolé.
— Non, j’ai toussé.
— Tu mens très mal.
Elle s’apprête à répliquer sur le ton de la plaisanterie lorsqu’elle croise
mon regard. Les nuances noisette de ses iris sont plus sombres que
d’ordinaire.
— Tu mens très mal, Stella, répété-je, une octave plus bas.
Elle comprend. Je ne parle pas de notre chamaillerie mais de ce matin.
L’envie d’insister me taraude, mais je me ravise juste à temps. Parce que je
connais cette fille par cœur et que je sais que si je la pousse dans ses
retranchements, elle va se refermer comme une huître. Alors je souris et
Stella se détend. J’en profite pour avaler ma mixture en me pinçant le nez,
ce qui ne manque pas de l’amuser.
— Je mens peut-être mal, mais toi tu aimes beaucoup trop les réfs
françaises pour ton propre bien.