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Impact psychologique du divorce parental

Le divorce parental est une expérience traumatique pour l'enfant, dont l'adaptation dépend de divers facteurs tels que l'âge, la personnalité et le contexte de vie. Les symptômes liés à cette séparation sont souvent temporaires et principalement associés à l'anxiété et au sentiment de perte, mais la persistance des conflits entre les parents a un impact négatif sur l'adaptation de l'enfant. Il est crucial de considérer le divorce comme un facteur de vulnérabilité plutôt que comme une cause unique de troubles psychologiques chez l'enfant.

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Impact psychologique du divorce parental

Le divorce parental est une expérience traumatique pour l'enfant, dont l'adaptation dépend de divers facteurs tels que l'âge, la personnalité et le contexte de vie. Les symptômes liés à cette séparation sont souvent temporaires et principalement associés à l'anxiété et au sentiment de perte, mais la persistance des conflits entre les parents a un impact négatif sur l'adaptation de l'enfant. Il est crucial de considérer le divorce comme un facteur de vulnérabilité plutôt que comme une cause unique de troubles psychologiques chez l'enfant.

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ARTICLE DE SYNTHESE

Répercussions psychologiques du divorce


parental chez l’enfant
Psychological repercussions of parental divorce on child
S. Vangyseghem et J. Appelboom
Clinique de Psychiatrie infanto-juvénile, Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola,
U.L.B.

RESUME ABSTRACT

Le divorce parental est une expérience à risque The parental divorce is an experience with
traumatique pour l’enfant. L’adaptation de l’enfant traumatic risk for child. The child’s adaptation
dépend de différents facteurs : son âge, sa per- depends on many factors : his age, his personality
sonnalité et celle de ses parents, son contexte de and his parent’s one, his life context. Those as-
vie. Ces différents aspects sont développés. Dans pects are developed. As the parental separation
le décours de la séparation parentale, les symp- moves forward, the symptoms that appear in the
tômes apparaissant chez l’enfant sont essentiel- child are essentially linked to anxiety and feeling
lement liés à l’angoisse et au sentiment de perte. of loss. None of these is specific to the parental
Aucun de ces symptômes n’est spécifique à la separation and are, most of the time, temporary.
séparation parentale et sont dans la plupart des Divorce has to be considered as a factor of
cas transitoires. Le divorce est à prendre en con- vulnerability rather than one precise etiology. The
sidération comme facteur de vulnérabilité plutôt conflicts’ persistence between parents seems to
que facteur étiologique précis. La persistance de be the factor the most important in the worst
conflits entre les parents semble être le facteur influence for child’s adaptation
influençant le plus négativement l’adaptation de
l’enfant. Rev Med Brux 2004 ; 25 : 442-8

Rev Med Brux 2004 ; 25 : 442-8 Key words : divorce, psychological repercussions,
child

INTRODUCTION goisse prédomine avec les symptômes de déni, d’agres-


sivité, de dépression et d’une deuxième phase où l’en-
Le divorce, même s’il vient concrétiser une situa- fant tente de contrôler son angoisse. Durant cette pé-
tion préalablement conflictuelle, naturellement ressen- riode, l’enfant met en place des mécanismes d’adapta-
tie par l’enfant, va officialiser la rupture parentale et tion qui peuvent être fonctionnels, c’est à dire permet-
consacrer l’éclatement de la famille. La rupture de cette tant à l’enfant de poursuivre son développement de
unité biologique et affective est source de traumatis- manière harmonieuse ou, au contraire, des mécanis-
mes psychiques chez l’enfant et ce, d’autant plus inten- mes d’adaptation non fonctionnels avec apparition de
sément, qu’il survient à des moments clés de son dé- divers symptômes tels que plaintes hypochondriaques,
veloppement. Dans bien des cas, l’enfant tend à se inhibition scolaire, trouble du sommeil, décompensation
protéger contre cette situation traumatisante en pré- névrotique ou psychotique, etc.
sentant des conduites réactionnelles pouvant être pa-
thologiques. Dans la mesure où le divorce des parents Plus que le divorce, la nature de la mésentente
entraîne l’éclatement de la famille, donc l’explosion des parentale et la place de l’enfant au sein du conflit in-
points de repère et la disparition momentanée des fluenceront son évolution2,3.
balises du développement, il constitue une expérience
vécue à risque traumatique pour l’enfant1. SEPARATION ET PARENTALITE

Comme tout évènement traumatique, le divorce La séparation parentale va avoir des conséquen-
va être suivi d’une première phase adaptative où l’an- ces sur la façon dont est remplie la fonction parentale.

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Cela ne sera pas sans répercussion sur l’enfant. vent et de le récupérer. Le risque est que l’enfant de-
vienne l’élément d’une stratégie. Il est ainsi “ enfant-
L’expression “ fonction parentale ” désigne ce que appât ”, instrumentalisé4.
les parents mettent en œuvre auprès de l’enfant dans
le domaine de la filiation. Cette dernière se manifeste Dans toutes ces situations, la fonction parentale
de différentes façons : la filiation instituée par la res- ne peut se réaliser correctement, car l’enfant n’est pas
ponsabilité de parent, la filiation narcissique à travers reconnu en tant que sujet mais bien comme objet.
les marqueurs biologiques, ou simplement le fait de
subvenir aux besoins élémentaires de l’enfant. Pour un PSYCHOPATHOLOGIE DE LA SEPARATION
parent, assumer sa fonction consiste à apporter à l’en- PARENTALE
fant ce dont il a besoin (nourriture physique, psychique,
affective, spirituelle). La séparation provoque chez les parents une
souffrance qui en ravive de plus anciennes. Il n’est pas
Deux formes de dysfonctionnement peuvent sur- facile de savoir ce qui est déterminé par les structures
gir au moment de la séparation : celui qui consiste à mentales de l’un et/ou l’autre parent, de ce qui est
échapper à sa fonction et celui qui consiste à empê- déterminé par la situation de la séparation.
cher l’autre parent de la remplir. Ces dysfonctionne-
ments peuvent se décrire à partir de la place qu’occu- Deux types de manifestations peuvent en résul-
pent les parents. En cas de décision judiciaire concer- ter : les unes résultant de troubles psychopathologiques
nant l’attribution de la garde principale et celle du droit préalables à la séparation et les autres apparaissant
de visite, le parent hébergeant principal voit sa fonction après la séparation. Les troubles préexistants sont de
parentale renforcée et se vit victorieux ; tandis que le l’ordre de la déficience mentale, la psychose apparue
parent visiteur voit sa fonction parentale affaiblie. durant la vie commune, les états limites, les abus de
toxiques. Ces situations requièrent bien souvent un
Du coté du parent hébergeant, apparaît souvent encadrement des contacts entre le parent et l’enfant
un désir de rompre les contacts de l’enfant avec l’autre afin de repérer les moments de décompensation du ou
parent en l’accusant de comportements potentiellement des parents et ainsi protéger l’enfant de situation de
dangereux pour l’enfant (alcoolisme, abus sexuel, enlè- danger.
vement).
Les troubles psychopathologiques apparaissant
Le parent hébergeant peut aussi vouloir assouvir après la séparation peuvent être considérés comme des
sa vengeance dans le cas d’antécédents de réactions de type post-traumatique. Elles s’expriment
maltraitance conjugale ou de départ du conjoint. Dans de façon individuelle ou collective. Dans le premier cas,
ces cas, toute tentative de réintroduction de la fonction les deux parents produisent des troubles conjointement
paternelle ou maternelle est assimilée à un déni du et de manière complémentaire. Le conflit entre les pa-
préjudice subi. rents comble alors leur besoin psychologique de rester
Le risque est alors que l’enfant soit manipulé par le en couple malgré la séparation. Ils se nourrissent de
parent et ne serve alors qu’à assouvir son besoin de leurs conflits et ont un besoin inconscient de les pro-
vengeance. Des parents ne peuvent plus exister en tant longer à travers leur enfant. Ils ont souvent une histoire
que représentant de leur fonction parentale et des en- d’amour passionnée et tumultueuse. L’enfant est, pour
fants restent blessés à vie d’avoir été utilisés comme eux, la représentation de cette histoire. Le conflit est le
munitions de combats. moyen de rester en relation à travers cet enfant-sym-
bole.
L’idéologie maternaliste du XIXème siècle, avec la
notion du sacrifice maternel (“ mon enfant est tout pour Les réactions post-traumatiques s’exprimant de
moi ”) voit ses effets pervers dans le fait que l’enfant façon individuelle témoignent de deux zones de fragilité
n’a plus le droit d’être quelque chose pour lui-même. psychique : la loi intériorisée et l’estime de soi.
En plus, ce “ tout pour moi ” a souvent valeur de réci- • La séparation parentale confronte à la loi. La for-
procité et l’enfant n’est pas libre de se développer et mation du couple, les rapports avec les enfants
grandir pour lui-même. C’est un enfant enchaîné. appartiennent à la sphère privée et intime. Il n’est
pas étonnant que certains parents estiment qu’ils
L’idéal de la famille nucléaire encourage le parent sont les seuls à pouvoir juger du bien et du mal en
hébergeant lors de l’arrivée d’un nouveau compagnon matière d’éducation des enfants. Par rapport à la loi,
à évincer l’autre parent. L’enfant peut ainsi se trouver les déviances vont du déni pur et simple à l’utilisa-
amené à rejeter le parent visiteur pour renforcer le lien tion pervertie du système (multiplication des procé-
affectif au nouveau couple parental. dures judiciaires). Le parent “ dé négatif ” dénie la
qualité de parent à l’autre en dépit des évidences. Il
Le parent visiteur, quant à lui, peut vouloir cher- estime pouvoir dire qui est réellement “ père ” et
cher à étendre son droit de visite en termes quantitatif “ mère ”. Ces parents enseignent la toute puissance
ou qualitatif mais il peut également adopter une atti- de l’individu face à une société qui hésite à faire
tude d’abandon de la fonction parentale ; dans le cas respecter ses règles. Lors du rappel de la loi ou des
d’une demande d’extension du droit de visite, dans le décisions judiciaires régissant les visites, les enfants
seul but de pouvoir rencontrer l’ex conjoint plus sou- rétorquent “ de toute façon, c’est pas le juge, c’est

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mon père (ma mère) qui décide ”. En conséquence, • Chez le nourrisson, il est difficile de se représenter
ils restent convaincus que seule compte la loi du l’impact de la séparation parentale. Le risque est
plus fort ou du plus malin. Il est légitime d’avoir des grand d’observer un renforcement de la relation
inquiétudes concernant l’avenir de ces enfants qui mère-enfant avec une certaine difficulté à créer une
auront eu ce modèle de comportement social. Pour relation affective suffisante entre le père et son bébé.
que ces phénomènes cessent, il faut souvent que le C’est dans l’absence physique d’un des parents que
parent lésé pour non présentation de l’enfant porte le nourrisson découvre la séparation de ses parents.
plainte et que la justice tranche. Il imagine difficilement la vie de celui qui est absent
tant qu’il ne peut associer à des mots, des éléments
• La séparation amène la question de l’estime de qu’il n’a pas observés, manipulés, reconnus et inté-
soi, de l’interrogation concernant sa propre valeur, grés dans son monde de référence. Il est sensible à
ses capacités à susciter l’amour et le retenir. En cas l’état psychologique de ses parents, aux change-
de faible estime de soi, le doute s’installe et les ments de leurs comportements et des rythmes de
manifestations pathologiques se développent. Elles vie. Il exprime alors par son corps ce qu’il ne peut
peuvent prendre une forme défensive ou une forme verbaliser : troubles du sommeil, troubles de l’ali-
abandonnique. mentation, agitation, coliques, etc.
Dans la forme défensive, le sujet lutte contre la
dévalorisation de soi, en niant ses faiblesses et • Entre un et trois ans, l’anxiété de séparation, la tris-
accentuant les défauts de l’autre pour se convaincre tesse, les troubles du sommeil, la régression dans
de sa propre valeur. Cette attitude évite de sombrer les acquisitions cognitives et motrices, les craintes
dans la dépression. C’est le cas des femmes qui phobiques, l’instabilité peuvent apparaître et sont
privilégient la valorisation dans le domaine intellec- souvent liés à la séparation parentale6.
tuel. Elles utilisent un discours pseudo-savant sur
l’éducation des enfants. L’enfant est alors investi par • Entre trois et six ans, voir ses parents se disputer,
la mère comme l’exemple de la véracité de ses al- s’opposer, se séparer peut constituer la réalisation
légations, l’enfant n’a d’autre choix que de se con- fantasmatique du désir incestueux (écarter l’un des
former aux désirs de sa mère. parents pour posséder l’autre). La séparation paren-
Dans la forme abandonnique, le parent est passif et tale vient réaliser une partie des souhaits œdipiens
adopte des comportements d’auto-dévalorisation de l’enfant. Il peut exprimer des sentiments hostiles
avec risques ultérieurs de marginalisation sociale ou à l’égard de l’un ou l’autre parent en fonction d’une
professionnelle. situation imaginaire sans que ceux-ci ne reflètent
La forme mixte commence par une phase défensive une situation réelle. Cela entraîne un traumatisme
suivie d’une phase abandonnique. psychique dans la mesure où la réalité vient à la
Dans ces situations, l’enfant est souvent le seul “ thé- rencontre du fantasme. L’enfant, se vivant
rapeute ” de son parent. Les images parentales sont fantasmatiquement responsable du divorce, va réa-
peu contenantes, peu sécurisantes et l’enfant finit gir par un mouvement de culpabilité. Les symptô-
par être atteint au niveau de son propre narcis- mes pouvant apparaître sont : les conduites d’échec
sisme4. (échec scolaire, trouble du comportement de type
auto-punitif), des états dépressifs, une névrose
FACTEURS INFLUENCANT L’ADAPTATION DES d’abandon qui est caractérisée par l’alternance d’une
ENFANTS AU DIVORCE PARENTAL dépression avec le regret de l’unité familiale, le sen-
timent d’être petit, faible, vulnérable puis à d’autres
Les conséquences d’un divorce sur l’équilibre moments des phases d’agressivité6.
psychoaffectif d’un enfant sont difficiles à évaluer étant
donné la multitude de facteurs pouvant intervenir. Ces • Entre six et douze ans, la réaction projective est un
facteurs sont complémentaires et se potentialisent l’un mode de défense naturelle de l’enfant. Ce mode de
l’autre. défense peut être renforcé par la tendance qu’ont
les parents d’être eux-mêmes projectifs, attribuant
L’âge de l’enfant l’origine du conflit à l’autre. Si l’aménagement con-
flictuel familial favorise la projection comme mode
La rupture du cadre de vie, l’éloignement d’un de défense, le comportement de l’enfant sera mar-
des parents, l’incertitude sur l’avenir immédiat concou- qué par de l’instabilité, l’extériorisation de la souf-
rent à l’émergence de l’anxiété. La période aiguë au france en accusant les autres (en particulier le nou-
moment de la séparation est caractérisée par l’angoisse veau conjoint), l’établissement de relations fondées
qui sera l’objet d’une élaboration elle-même dépendant sur le chantage et la manipulation.
de l’âge, du degré de conflictualisation auquel est sou- L’enfant peut présenter une attitude d’hypermaturité :
mis l’enfant par ses parents. Plus l’enfant est jeune, il se prend en charge seul, joue peu, est hyperadapté
plus il est démuni dans ses capacités d’élaboration et aux demandes des adultes, demande peu aux adul-
de mentalisation de ses angoisses. Plus le conflit est tes. Cette attitude, en soi positive, peut entraver toute
aigu entre les parents, moins ceux-ci sont disponibles tendance régressive et être à l’origine, pendant l’ado-
pour écouter leur enfant et moins l’enfant pourra élabo- lescence, de réactions inappropriées telles que la
rer son angoisse6. tendance paranoïaque6 : l’enfant n’a pas utilisé les
mécanismes de défense primitifs tels que le clivage,

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la projection et le déni, habituels à cet âge mais ces Franklin, Janoff-Bulman et Roberts montrent que les
mécanismes apparaissent ultérieurement à l’adoles- enfants dont les parents ont divorcé sont moins
cence. optimistes en ce qui concerne le succès de leur
Les conflits de loyauté peuvent surgir. L’enfant ne se propre mariage. La persistance de conflits paren-
sent pas le droit d’aimer son père et sa mère. Il a taux affecte tous les niveaux de confiance7.
besoin de trouver un coupable (qui ne soit pas lui) Lorsque la séparation parentale survient à l’adoles-
et de le punir en refusant par exemple de lui mani- cence, elle interfère avec le mouvement normal de
fester son affection 4. Dans d’autres cas, l’enfant désidéalisation parentale, et la recherche en dehors
défend le parent absent et le valorise. Cela ravive le de la famille d’un modèle identificatoire. De ce fait,
conflit entre les parents et donc maintient la relation elle peut faciliter l’évolution vers la maturité, l’auto-
entre les parents. Cela peut également répondre au nomie. Par contre, si les parents paraissent vulnéra-
besoin de l’enfant de rendre l’autre parent présent, bles, désorganisés, dépressifs, l’adolescent peut se
de le réhabiliter et démontrer qu’il n’est pas mau- sentir responsable du bien-être d’un ou des deux
vais. parent(s) et devenir un soutien, un thérapeute, en
D’autres symptômes peuvent se développer chez un mot se parentifier6.
l’enfant comme la tristesse, la dépression, les pho- La séparation parentale, avec ce qu’elle implique de
bies, le sentiment d’être capable de favoriser la ré- perturbations psychologiques chez les parents, ne
conciliation ou la séparation des parents. Les perfor- favorise pas l’écoute et la stabilité. C’est alors une
mances scolaires ne sont pas nécessairement mau- période où, par moment, tout semble possible avec
vaises, l’école constituant pour l’enfant le seul milieu un risque de passage à l’acte (suicide, recours aux
d’investissement gratifiant5. toxiques, dérive sexuelle, sabordage scolaire) qui
nécessite une grande disponibilité de la part de l’en-
• A l’adolescence, il convient de faire la distinction tourage4.
entre les situations où le divorce des parents est A l’adolescence, le divorce parental est une expé-
ancien de celles où le divorce est concomitant à rience douloureuse entraînant de l’anxiété (notam-
l’adolescence. ment en ce qui concerne l’avenir), du mépris des
Lorsque la séparation des parents est ancienne, que valeurs familiales et la désidéalisation des parents,
le conflit parental est apaisé et que l’adolescent a aux dépens du sentiment d’estime de soi1.
pu maintenir des relations avec ses deux parents, le
vécu du divorce ne semble pas source de difficultés La personnalité de l’enfant
supplémentaires pour lui. Au contraire, le conflit de
l’enfant avec ses parents peut être moins intense du La personnalité de l’enfant intervient dans ses
fait que l’enfant a déjà acquis une certaine distan- capacités à pouvoir s’adapter à un événement stres-
ciation par rapport aux figures parentales. Par con- sant. Le divorce parental étant hautement coté dans
tre, le conflit se centre plus fréquemment sur l’un l’échelle de gravité des stress, fragilise l’équilibre psy-
des beaux-parents qui peut devenir la cible du con- chique de tout enfant. Ainsi, un enfant ayant une per-
flit de générations. sonnalité fragile développera plus fréquemment des
Dans la situation où le divorce est ancien avec des mécanismes d’adaptation non fonctionnels par rapport
relations parentales médiocres après la séparation à celui dont la personnalité est plus solide. Selon
ou lorsqu’un des parents a disparu, l’adolescent est Cyrulnik8, la résilience de l’individu, c’est-à-dire sa ca-
confronté à deux types de problématiques : la pre- pacité à pouvoir faire face au stress, est essentielle
mière concerne des difficultés d’identification avec pour élaborer un nouvel équilibre.
le danger d’une identification négative ; les velléités
d’indépendance du jeune, ses conduites provocatri- D’autre part, la qualité du maternage précoce
ces représentent alors, aux yeux d’un des parents, intervient également dans la constitution de la person-
le surgissement soudain de l’ex-conjoint et renfor- nalité. Pouvoir expérimenter, au début de la vie, une
cent les craintes d’une hérédité, d’une ressem- mère “ suffisamment bonne ” permet à l’enfant de se
blance ; un cercle vicieux est ainsi créé et l’adoles- construire une base narcissique, c’est-à-dire une es-
cent se trouve chaque fois confirmé, à travers ses time de soi suffisamment solide pour faire face aux
conduites les plus pathologiques, dans l’identité qu’il événements de la vie.
recherche. Le deuxième type de problématique ré-
side dans le lien étroit à un seul parent ressenti Enfin, le stress de la séparation réactive les so-
dépressif ou au contraire trop idéalisé dont il est lutions expérimentées par l’enfant lors de difficultés
impossible de se séparer. Le processus de sépara- antérieures.
tion-individuation est alors entravé par la culpabilité
ressentie par l’adolescent qui éprouve son besoin L’identité se construit à partir des mécanismes
d’autonomie comme un comportement directement identificatoires mais aussi à partir des différents systè-
agressif à l’égard de son parent. La dépression ris- mes d’appartenance auxquels participe l’individu (fa-
que d’être un compromis qui bloque le processus mille, école, amis, travail, pays, etc.). Chaque apparte-
adolescentaire et donne à l’enfant et son parent des nance renvoie une image de soi dans un contexte par-
bénéfices. Le parent continue à se dévouer aux soins ticulier. Plus l’individu appartient à un nombre impor-
de l’enfant-adolescent, l’enfant soutient, par cette tant de systèmes, plus son identité est renforcée. S’il
dépression même, l’équilibre thymique du parent6. perd un système d’appartenance, les autres pallieront

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cette carence pour lui garantir des points de repère. la relation ; c’est lui qui rectifie les déclarations exces-
Lors de la séparation parentale, l’enfant perd l’apparte- sives et ramène le parent à la raison.
nance à la famille nucléaire. Aussi, il est important de
pouvoir maintenir les relations avec les grands-parents, L’enfant “ messager ” maintient le lien entre ses
les oncles et tantes, les cousins et de préserver ainsi parents qui ne parviennent plus à communiquer autre-
l’appartenance à la famille élargie. ment que par son intermédiaire. Il peut aller jusqu’à
présenter des symptômes psychiques ou physiques
Le contexte pour que les parents parlent de lui. Outre les stratégies
que l’enfant doit utiliser pour maintenir le contact, il
Plus que le divorce en lui-même, c’est le con- dépense beaucoup d’énergie à s’adapter à l’un ou
texte dans lequel il se déroule, c’est-à-dire la nature de l’autre parent. Il est épuisé et démobilisé pour d’autres
la mésentente, la place de l’enfant au sein du conflit activités propres à son age4.
parental, le vécu des parents qui influenceront l’évolu-
tion de l’enfant. L’enfant peut être tenu inconsciemment pour res-
ponsable de la séparation. C’est l’enfant “ bouc émis-
Les conflits parentaux saire ” cristallisant sur sa personne toute l’agressivité
des parents ; l’enfant va s’enfermer dans un rôle de
Ce sont les conflits conjugaux plus que le divorce victime expiatoire, multipliant les situations de rejet, et
en soi ou les conflits après le divorce qui influencent induisant les mauvais traitements, les sévices moraux,
négativement l’adaptation de l’enfant. Kelly3, dans une les situations d’exclusion1,6.
revue de la littérature, montre que les problèmes com-
portementaux et scolaires, observés chez des enfants Il lui est parfois demandé de se substituer à l’un
examinés avant et après la séparation d’un couple des parents, de soigner celui qui est déprimé (enfant
conflictuel, étaient préalablement présents. La présence thérapeute ou médicament), d’être le confident ou le
de conflits, de différends verbaux entre parents n’est complice de l’un des parents (enfant protecteur)6. Même
pas en elle-même un facteur de prédiction de problème si l’enfant garde une capacité de jugement parfois éton-
d’adaptation. L’intensité, la fréquence des conflits con- nante, il se charge d’un poids qu’il ne devrait pas por-
jugaux, le style de conflit, la manière de les résoudre, ter.
la présence de personnes ressources sont les facteurs
les plus importants de prédiction de difficultés ultérieu- L’enfant peut être aussi pris à témoin ou otage au
res d’adaptation chez l’enfant. L’intensité élevée du sein du conflit. L’enfant “ vengeur ” est déterminé à pren-
conflit est associée à plus d’anxiété chez le bébé et dre parti dans la guerre parentale. Si le parent se saisit
l’enfant ; chez l’adolescent, la sévérité du conflit mène de cette occasion pour faire aboutir ses propres be-
à une augmentation des conduites agies (désobéis- soins, il devient un enfant “ écartelé ” en souffrance
sance, délinquance), et des conduites de type dépres- majeure. Il se trouve aliéné au désir de l’adulte. Il se
sion, anxiété, faible estime de soi. défend en s’adaptant aux changements de références
éducatives, aux règles contradictoires et aux principes
Par ailleurs, les conflits ouverts entre parents éducatifs opposés. Il se construit une sorte de person-
induisent chez l’enfant plus de symptômes agis et les nalité multiple. L’enfant est alors peu disponible pour
conflits latents plus de symptômes dépressifs. Les en- les tâches scolaires, les relations avec les enfants de
fants reproduisent alors le même type d’interactions son âge4.
apprises chez leurs parents, à savoir le non contrôle de
l’agressivité avec passage à l’acte de type hétéro-agres- L’enfant qui ne peut garder sa place d’enfant ne
sif (comportement impulsif, violent) ou le retournement peut avoir une bonne relation tant avec sa mère qu’avec
contre soi (la dépressivité). D’autre part, les conflits son père et rend donc le pronostic d’adaptation de l’en-
parentaux entraînent une détérioration de la qualité fant plus réservé2,9.
parentale. En effet, la qualité des relations parents-
enfants est souvent détériorée, les mères sont moins La famille
chaleureuses, moins empathiques et les pères s’inves-
tissent moins dans leur rôle parental3. Les relations de l’enfant avec ses parents sont
intégrées dans un réseau plus large d’interactions avec
La place de l’enfant les membres de la famille dite “ élargie ”. Des situations
de conflit, de rejet ou de fuite se répètent de génération
Dans le meilleur des cas, l’enfant pourra garder en génération comme si la pensée avait été imprégnée
sa place d’enfant, si les parents ne sont pas trop en- par une façon de réagir à une situation donnée. En
glués dans leur propre conflit. L’enfant ressent une l’absence de parole et de sens, l’enfant devenu adulte
certaine sécurité dans l’amour parental et s’autorise à ne décrypte pas les enjeux inconscients qui sous-ten-
rester l’enfant “ enfant ”. dent les actions aboutissant à ces situations répétiti-
ves.
L’enfant “ adulte ” est celui dont les parents ne lui
ont pas permis de rester un enfant “ enfant ”. Cet enfant La séparation parentale s’inscrit dans l’histoire
s’aperçoit très vite que les visites sont l’occasion de familiale et en modifie le cours. La rupture du couple
récriminations. Il a une grande capacité de gestion de suscite nombre d’interprétations où les responsabilités

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sont recherchées chez les protagonistes mais aussi cool, des drogues et un risque accru de grossesse
dans l’environnement familial. Le risque est grand qu’un précoce3.
alignement massif d’une famille ne se fasse contre
l’autre jugée coupable. L’enfant devient l’enjeu plus ou ASPECTS PREVENTIFS DES TROUBLES
moins convoité. Les traits de caractères semblables à PSYCHIQUES CHEZ L’ENFANT
ceux du parent de l’autre famille résonnent plus dou-
loureusement, l’enfant représentant malgré lui ce qui L’annonce de la rupture du couple parental est
est devenu insupportable. toujours vécue comme un cataclysme. Même lorsque
l’enfant perçoit des changements de comportements
La rupture de couple parental peut avoir été fa- entre ses parents et qu’il sait intellectuellement que ses
vorisée par un empiètement trop important d’une fa- parents risquent de se séparer, il espère affectivement
mille d’origine sur la famille nucléaire. C’est l’expres- que cela n’arrive pas. Ce n’est que dans le cas de
sion d’un dysfonctionnement persistant entre le père ou conflits violents que l’enfant exprime parfois son soula-
la mère et ses propres parents. Le parent qui n’a pas gement de voir la situation changer.
trouvé sa place dans la triangulation avec ses propres S’il n’existe pas de règles préétablies, il est important
parents ne peut se situer de façon satisfaisante entre que les deux parents soient présents pour annoncer la
son conjoint et ses enfants. La rupture peut alors ren- décision de séparation. La rupture du lien conjugal ne
forcer l’attachement à la famille d’origine, la responsa- doit pas remettre en cause le lien établi entre l’enfant
bilité de l’échec étant projetée sur l’autre conjoint. L’en- et chacun de ses parents. Très rapidement, l’enfant a
fant risque d’être englué dans la problématique du besoin de savoir ce qui va changer dans sa vie quoti-
parent non dissocié de sa famille d’origine4. dienne afin d’appréhender au mieux une réalité qui lui
fait peur. La parole dite et respectée, la régularité de
Les systèmes supportifs l’organisation de sa vie sont essentielles pour aider l’en-
fant à s’adapter aux changements qui surviennent après
Les recherches ont identifié des facteurs qui la séparation parentale. Elles lui permettent d’anticiper
aident l’enfant à se protéger des conflits : une bonne les événements concrets qui rythment sa journée et
relation avec au moins un des parents, la chaleur pa- d’en garder la maîtrise. La capacité des parents à con-
rentale, le support de la fratrie, les enseignants, une trôler leurs affects et à lui expliquer ce qui se passe
bonne estime de soi, l’appui des pairs3. dans sa vie est essentielle.

La position au sein de la fratrie intervient égale- L’enfant confronté à la rupture du couple parental
ment dans l’adaptation de l’enfant. Le rôle de l’aîné est a un sentiment très fort de perte (perte de ses repères
souvent difficile puisqu’il est tiraillé entre les systèmes affectifs, familiers, perte de revenus). Cela entraîne un
parental et fraternel10. état psychique proche de celui du deuil. La cicatrisation
émotionnelle passe par différents stades : la période de
Si la famille élargie reste en dehors du conflit des choc (avec refus de voir la réalité, la colère, la tris-
parents, elle peut également offrir à l’enfant une écoute tesse, le chagrin, l’impuissance) suivie d’une période
et ainsi l’aider dans l’élaboration de ses angoisses. d’acceptation puis de nouveaux attachements dans sa
nouvelle vie. S’il perçoit le désir de ses parents de lui
L’école et les activités parascolaires sont des lieux garder une place centrale dans leur vie, l’enfant re-
où l’enfant va pouvoir s’investir dans des activités prend confiance dans sa capacité à susciter leur amour
épanouissantes et par-là, se distancier des conflits. et il peut se projeter à nouveau dans l’avenir4.

Le divorce ou la séparation de fait CONCLUSIONS

Le divorce est une annulation juridique du lien du Dans le meilleur des cas, les enfants placés en
mariage. Sa portée symbolique est claire. Par contre, la situation d’éclatement de leur famille vont développer
séparation est vécue comme pouvant être réversible et au maximum leurs ressources propres tant affectives
elle laisse plus de place chez l’enfant pour le fantasme qu’intellectuelles et se constituer une carapace les
d’une remise en couple. mettant à l’abri des épreuves. Ce sont généralement
des enfants qui prennent une certaine distance vis-à-
L’adaptation socio-économique vis de leurs parents, s’intéressent aux activités
extrafamiliales et s’enferment dans un égoïsme protec-
La situation de divorce est souvent associée à teur ; parfois, ils font preuve d’une maturité étonnante
une plus grande instabilité économique, un déclin du leur permettant d’aménager leur situation personnelle
niveau de vie et une diminution de l’accès aux ressour- face au divorce de leurs parents dans le sens d’un
ces socioculturelles. Dans ce contexte, on note une meilleur confort. D’autres enfants vont avoir tendance à
légère baisse des performances scolaires à mettre en fuir la réalité dans une sorte de rêverie diurne et se
relation avec une diminution des attentes complaire à fantasmer sur le thème de l’union des
éducationnelles des parents et une diminution des res- parents, affabulant au besoin sur la cohésion de leur
sources économiques de la famille. Ces enfants sont famille sans présenter de troubles au niveau de l’adap-
plus livrés à eux-mêmes ce qui explique à l’adoles- tation sociale. Enfin d’autres enfants en raison de
cence une augmentation de l’usage du tabac, de l’al- leur personnalité, ne sont pas à même de réagir

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adéquatement mais vont au contraire exprimer leur 2. Marcelli D, Braconnier A : Adolescence et psychopathologie.
désarroi affectif de façon pathologique. La clinique des Paris, Masson, 1999 : 389-93
troubles est variée : plaintes hypochondriaques, accès 3. Kelly JB : Children’s adjustment in conflicted marriage and di-
d’angoisse, épisodes anorexiques, insomnie, trouble vorce : decade review of research.
des conduites (vol, fugue, toxicomanie), états dépres- J Am Acad Child Adoles Psychiatry 2000 ; 39 : 963-73
sifs, symptômes névrotiques ou psychotiques. Aucun
4. Poussin G, Martin-Lebrun E : Les enfants du divorce.
trouble ou tableau clinique n’est spécifique à la situa- Paris, Dunod, 1997 : 11-53 ; 105-10
tion du divorce et les symptômes qui surviennent s’éla-
borent à partir de la personnalité sous-jacente et de 5. Kelly JB, Wallerstein JS : The effects of parental divorce.
son niveau de développement. Le divorce et la mésen- Experience of child in de early latency.
Amer J Orthopsychiatr 1976 ; 46 : 21-32
tente parentale sont à prendre en considération comme
facteurs de vulnérabilité, de morbidité plutôt que comme 6. Marcelli D : Enfance et psychopathologie.
facteur étiologique précis1-3. Paris, Masson, 1999 : 464-9

7. Franklin KM, Janoff-Bulman R, Roberts JE : Long term impact of


Les conflits importants entre les parents influen- parental divorce on optimism and trust changes in general
cent négativement l’adaptation psychosociale de l’en- assumptions or narrow belief.
fant. La qualité de la relation entre les parents ainsi que J Pers Soc Psychol 1990 ; 59 : 743-55
celle des relations enfant-parents après le divorce sem-
8. Cyrulnik B : Un merveilleux malheur.
blent être les facteurs les plus importants de l’adapta- Paris, Editions O. Jacob, 1999
tion de l’enfant1,3,10.
9. Richardson S, Mc Cabe MP : Parental divorce during adoles-
Après le divorce, il y a un risque relatif de trou- cence and adjustment in early adulthood.
Adolescence 2001 ; 36 : 467-89
bles émotionnels pathologiques mais la grande majo-
rité des enfants ne développent pas de tels problèmes. 10. Siméon M : La place des aînés lors de la séparation.
A long terme, le divorce des parents a un impact mo- Cahier critique de thérapie familiale et de pratique de réseaux
déré sur la santé mentale des jeunes adultes3,11. 2001 ; 27 : 83-97

11. Chase-Lansdale PL, Cherlin AJ, Kierman KE : The long-term


Les médecins de famille, les centres médico-psy- effects of parental divorce on the mental health of young adults :
cho-sociaux, en tant qu’intervenants de première ligne, a developmental perspective. Child Dev 1995 ; 66 ; 1614-34
jouent un rôle crucial dans le dépistage des signes de
12. Westman JC : The impact of divorce on teenagers.
trouble de l’adaptation. Ils peuvent orienter les enfants Clin Pediatr 1983 ; 22 : 692-7
concernés vers les professionnels de la santé mentale,
permettant ainsi une prise en charge plus précoce, et 13. Cohen GJ : Helping children and families deal with divorce and
éviter la chronification de réactions pathologiques separation. Paediatrics 2002 ; 110 : 1019-23
comme la désinsertion scolaire ou le développement
d’une pathologie mentale12,13. Le médecin de famille Correspondance et tirés à part :
peut également être sensible aux conflits existant entre
les parents et suggérer la mise en place d’une média- S. VANGYSEGHEM
tion familiale visant à rétablir un dialogue pragmatique Rue Coleau 11
6061 Montignies sur Sambre
entre les deux parents.

BIBLIOGRAPHIE
Travail reçu le 10 avril 2003 ; accepté dans sa version définitive
1. Lebovici S, Diatkine R, Soulé M : Traité de psychiatrie de l’enfant
le 26 août 2004
et de l’adolescent, 1985 ; III : 365-74

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