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Explication simple du théorème de Noether

Le document présente un contrôle de mécanique analytique pour les étudiants de la faculté des sciences de l'Université Cadi Ayyad. Il aborde des concepts tels que les Lagrangiens, le théorème de Noether, et les symétries en mécanique, avec des exercices pratiques sur les potentiels et les mouvements. Les solutions et les barèmes sont fournis pour évaluer la compréhension des étudiants sur ces sujets complexes.

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Explication simple du théorème de Noether

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Université Cadi Ayyad Année Universitaire 2013/2014

Faculté des Sciences le 14 Novembre 2013


Semlalia-Marrakech
Département de Physique
Contrôle 1 de Mécanique Analytique
Filière SMP - S5 Parcours Physique Moderne
Corrigé et barème

Questions de cours(3pts)
1. Montrons que deux lagrangiens différant par une différentielle totale par rapport
au temps d’une fonction décrivent la même dynamique, c’est à dire donnent les
mêmes équations du mouvement
" # ✤✜
∂L ′
d ∂L ′
∂L d ∂L ∂ df (qi , t) d ∂ df
− = − + − 0.5pt
∂qi dt ∂ q̇i ∂qi dt ∂ q̇i ∂qi dt dt ∂ q̇i dt ✣✢
or
✤✜
d ∂ ∂ ∂
= q̇i + q̈ + 0.5pt
dt ∂qi
✤✜

∂ q̇ ∂t ✣✢ h i
2 2 ∂2f
 ∂ df ∂f
= ∂q + ∂q∂i∂fq̇i + ∂ ∂f
= ∂f
=⇒ d ∂ df
= q̇i ∂∂2 qfi +
=⇒ 0.5pt  ∂∂q̇i df
dt i ∂ q̇i ∂t ∂qi dt ∂ q̇i dt ∂t∂qi
✣✢
2 2f

∂qi dt
= q̇i ∂∂2 qfi + ∂q∂ i ∂t
ce qui implique que
✤✜
∂L ′
d ∂L ′
∂L d ∂L
− = − 0.5pt
∂qi dt ∂ q̇i ∂qi dt ∂ q̇i ✣✢
et donc les équations de Lagrange restent invariantes.
2. Démonstration du théorème de Noether
Ennoncé Soit un jeu de coordonnées généralisées q̃k (s) dépendant continument d’un
paramètre s et tel que q̃k (0) = qk . Si le lagrangien est invariant par rapport à la
transformation qk → q̃k , c’est à dire L(q̃k , q̃˙ k , t) = L(qk , q̇k , t), alors
X ∂L dq̃k
I(qk , q̇k ) =
k ∂ q̇k ds s=0

est une constante du mouvement.


Démonstration L est indépendant de s, implique
∂L dq̃˙ k
!
dL X ∂L dq̃k
= +
ds k ∂ q̃k ds ∂ q̃˙ k ds
!
X d ∂L dq̃k ∂L d dq̃k
= +
dt ∂ q̃˙ k ds ∂ q̃˙ k dt ds
k
! ✤✜
d X ∂L dq̃k
= =0 1pt
dt k ∂ q̃˙ k ds ✣✢
ce qui en évaluant l’expression obtenue en s = 0 prouve le théorème.

1
Exercice 1 (3points)
Nous avons T = T (ẋ, ẏ) et comme L = T − V , alors la dépendance de L en fonction
des coordonnées (x, y) est celle du potentiel. Ainsi
1. V (x, y, t) = ax est indépendant de y et donc L est indépendant aussi de y ce
qui implique que L est invariant par rapport à toute transformation de y, en par-
ticulier la ✤✜
translation selon OY . La loi de symétrie est ainsi la translation selon
OY . 0.5pt
✣✢
✤✜
La grandeur conservée est py , le moment conjugué de y qui est la composante de

la quantité de mouvement selon OY . 0.5pt


✣✢
On remarque aussi que le potentiel ne dépend pas explicitement du temps ce
qui implique aussi que L ne dépend pas explicitement du temps et donc inva-
✤✜
riant par rapport à une translation dans le temps. La quantité conservée est
l’énergie. 0.25pt
✣✢

2. V (x, y) = at(x2 +y 2 ) : puisque V dépend de x2 +y 2 = r 2 et donc sa valeur ne change


✤✜
pas si l’on effectue une rotation, puisque le module d’un vecteur est invariant par
rapport à une rotation. La symétrie concerne ainsi les rotations. 0.5pt ✤✜
✣✢
La quantité conservée est le moment cinétique, selon le théorème de Noether. 0.5pt
✣✢
3. V (x, y) = a(x − y) : ce potentiel dépend de la différence entre x et y et donc sa
valeur reste la même si l’on fait une translation simultannée selon OX, x → x′ + ǫ
et selon OY , y → y ′ = y +ǫ, alors V (x′ , y ′ ) = a(x✤✜

−y ′ ) = a(x−y) et donc invariant
par rapport à une translation selon ~i + ~j. 0.25pt
✣✢
✤✜
La symétrie est donc la translation dans la direction ~i + ~j. La grandeur conservée
est la quantité de mouvement selon la direction ~i + ~j. 0.25pt
✣✢
On remarque aussi que le potentiel ne dépend pas explicitement du temps ce
qui implique aussi que L ne dépend pas explicitement du temps et donc inva-
riant par rapport✤✜ à une translation dans le temps. La quantité conservée est
l’énergie. 0.25pt
✣✢

Exercice 2 (6points)
~ k , t)
1. Calculons la dérivée totale par rapport au temps de A(x

~ k , t)
dA(x ~ k , t) ∂x1 ∂ A(x
∂ A(x ~ k , t) ∂x2 ∂ A(x
~ k , t) ∂x3 ∂ A(x
~ k , t)
= + + +
dt ∂x1 ∂t ∂x2 ∂t ✤✜ ∂x3 ∂t ∂t
~ k , t)
∂ A(x ~ k , t)
∂ A(x
= ẋi + 1pt
∂xi ∂t ✣✢
~ k , t)
∂ A(x ~ k , t)
∂ A(x
= vi +
∂xi ∂t

2
~ k , t)
∂ A(x ~ k , t)
∂ A(x
= · ~v +
∂~x ∂t

2. Exprimons les composantes de F~


Fi ~ i
= Ei + (~v ∧ B)
q
∂Ai (xk , t) h 
~ ∧ A(x
~ k , t)
i
= −∇i (ϕ(xk , t)) − + ~v ∧ ∇
∂t i
∂Ai (xk , t) h 
~ k , t) − ~v · ∇
 
~ Ai (xk , t)
 i
= −∇i (ϕ(xk , t)) − + ∇i ~v · A(x
∂t
~ k , t) − dAi (xk , t)
 
= −∇i (ϕ(xk , t)) + ∇i ~v · A(x
dt

~ k , t) −
 d ∂ 
~ k , t)

= −∇i ϕ(xk , t)) − ~v · A(x ϕ(xk , t)) − ~v · A(x
dt ∂vi✤✜
d ∂
= −∇i V (xk , t) − V (xk , t) 2pts
dt ∂vi ✣✢
qui est la relation recherchée.
3. L’énergie cinétique de la particule est T = 12 mv 2 , ce qui donne pour le lagrangien

✤✜
L(xk , ẋk ) = T (ẋk ) − V (xk , ẋk , t)
1 2 
~ k , t) .

= mv − q ϕ(xk , t) − ~v · A(x 0.5pt
2 ✣✢
Les équations du mouvement sont données par les équations de Lagrange
d ∂L ∂L d d 
~ k , t)

= =⇒ (mvi ) + q Ai (xk , t) = −q ∇i ϕ(xk , t) − ~v · ∇i A(x
dt ∂vi ∂xi dt dt

~ k , t)/dt par son expression, on trouve


en remplaçant dA(x
d ~ i (xk , t)) − q ∂Ai (xk , t) − q ∇i ϕ(xk , t) − ~v · ∇i A(x

~ k , t)

(mvi ) = −q~v · ∇(A
dt ∂t!
∂Ai (xk , t) 
~ k , t)) · ~v − ~v · ∇(A
~ i (xk , t))

= −q ∇i ϕ(xk , t) + + q ∇i (A(x
∂t
~ ∧ A(x~ k , t)
h  i
= qEi + q ~v ∧ ∇
✤✜ i

= Fi 0.5pt
✣✢
et dont la forme vectorielle est
¨ = q E~ + ~v ∧ B
~ = F~
 
m~x
4. Les moments conjugués sont
✤✜
∂L
px 1 = = mẋ1 + aA1 (xk , t) 0.25pt
∂ ẋ1 ✣✢
✤✜
∂L
px 2 = = mẋ2 + aA2 (xk , t) 0.25pt
∂ ẋ2 ✣✢
✤✜
∂L
px 3 = = mẋ3 + aA3 (xk , t) 0.25pt.
∂ ẋ3 ✣✢

3
5. Le hamiltonien est donné par
3
X
H(xk , pxk , t) = pxi ẋi − L(xk , ẋk , t)
i=1
3
X 1 
~ k , t)

= (mẋi + aAi (xk , t))ẋi − mv 2 + q ϕ(xk , t) − ~v · A(x
2
i=1
✤✜
1 2
= mv + qϕ(xk , t). 0.75pt
2 ✣✢
✤✜

Il représente l’énergie de la particule 0.25pt.


✣✢
On constate que le champ magnétique ne contribue pas à l’énergie ce qui est attendu
~ ne travaille
puisque la force exercée sur la particule par le champ magnétique, ~v ∧ B,
pas et donc ne contribue pas à l’énergie : ✤✜
~ ·→
 − →
− ~ = ~0 · B
~ =0
  
~v ∧ B dl = dl ∧ ~v · B 0.25pt.
✣✢

Exercice 3 (8points)
Soit un pendule de longueur l inextensible et de masse m2 soumis à l’action de son
poids. Son point de suspension de masse m1 est astreint à se déplacer sans frottement le
long de l’axe horizontal OY., voir figure ci-dessous.

O y m1 Y
T1
ϕ l
m1g

T2
m2

m2g
X

1. Le système est formé par deux masses et le mouvement est plan, ce qui donne 2
coordonnées par masse. Or la masse m1 est astreinte à se déplacer par l’axe OY et la
✤✜
distance entre m1 et m2 est égale à la longueur du fil ce qui donne deux contraintes.
Quatre coordonnées et deux contraintes donc deux degrés de liberté. 0.5pt
✣✢
2. Calculons les coordonnées de m1 (x1 , y1) :
✤✜
( ✤✜
(
x1 = 0 ẋ1 = 0
0.25pt =⇒ 0.25pt
✣✢ y1 = y ✣✢ẏ1 = ẏ

ce qui donne pour les composantes de la vitesse de m1 (0, ẏ).


On procède de la même manière pour la masse m2
✤✜
( ✤✜
(
x2 = lcosϕ ẋ2 = −lϕ̇sinϕ
0.25pt =⇒ 0.25pt
✣✢ y2 = y + lsinϕ ✣✢ẏ2 = ẏ + lϕ̇cosϕ

4
ce qui donne pour les composantes de la vitesse de m1 (−lϕ̇sinϕ, ẏ + lϕ̇cosϕ).
Ainsi l’énergie cinétique de m1 est égale à T1 = 1/2m1 ẏ 2 et celle de m2 est
1  
T2 = m2 ẏ 2 + l2 ϕ̇2 + 2lẏ ϕ̇cosϕ
2
ce qui donne pour l’énergie cinétique de (S)
✤✜
1 1  
T = T1 + T2 = (m1 + m2 )ẏ 2 + m2 l2 ϕ̇2 + 2lẏ ϕ̇cosϕ . 0.25pt
2 2 ✣✢
3. Les forces qui sont appliquées à (S), voir figure ci-dessus,
✤✜
— R ~ et m2~g qui sont appliquées à m1 . Elles ne travaillent pas puisqu’elles sont
perpendiculaires au déplacement de m2 . 0.25pt
des contraintes internes à (S) ✣✢
T~1 = −T~2 sont ✤✜ et donc ne contribuent pas au
potentiel. 0.25pt
✣✢
— m2~g appliquées à m2 et dont le travail élémentaire pour un déplacement infiné-


tisimal dl2


✤✜
δW (m2~g ) = m2~g · dl2 = −m2 glsinϕ dϕ

=⇒ dV = −δW = m2 gsinϕ dϕ =⇒ V = −m2 gcosϕ + K 0.75pt


✣✢
la constante K = 0.
4. Le lagrangien de (S) est égale à

✤✜
L(y, ϕ, ẏ, ϕ̇) = T − V
1 1  
= (m1 + m2 )ẏ 2 + m2 l2 ϕ̇2 + 2lẏ ϕ̇cosϕ + m2 glcosϕ. 0.5pt
2 2 ✣✢
Les moments conjugués sont donnés par
✤✜
∂L
py = = (m1 + m2 )ẏ + m2 lϕ̇cosϕ 0.25pt
∂ ẏ ✤✜ ✣✢
∂L
pϕ = = m2 l2 ϕ̇ + m2 lẏcosϕ. 0.25pt
∂ ϕ̇ ✣✢
5. Les équations du mouvement sont
✤✜
d ∂L ∂L
= =⇒ (m1 + m2 )ÿ + m2 l(ϕ̈cosϕ − ϕ̇2 sinϕ) = 0 0.25pt
dt ∂ ẏ ∂y ✣✢ ✤✜
d ∂L ∂L
= =⇒ m2 l2 ϕ̈ + m2 l(ÿcosϕ − ẏ ϕ̇sinϕ) = −m2 lẏ ϕ̇sinϕ − m2 glsinϕ 0.25pt
dt ∂ ϕ̇ ∂ϕ ✣✢
cette dernière équation se réduisant à lϕ̈ + ÿcosϕ + gsinϕ = 0.
✤✜
Comme L ne dépend pas explicitement du temps, l’énergie mécanique est une inté-
grale première associée à l’invariance par translation dans le temps 0.25pt.
✣✢
✤✜ y
De même, y est une variable cyclique, ce qui implique que p est conservée et la loi

de symétrie est la translation selon OY . 0.25pt


✣✢
5
6. py est une intégrale première, alors

m2 l K
py = K =⇒ ẏ + ϕ̇cosϕ =
m1 + m2 m1 + m2
m2 l K
=⇒ dy = − cosϕdϕ + dt
m1 + m2 m1 + m2 ✤✜
m2 l K
=⇒ y = − sinϕ + t + K1 0.5pt
m1 + m2 m1 + m2 ✣✢

et les deux constantes sont déterminées à partir des conditions initiales


m2 l
y0 = 0 =⇒ K1 = sinϕ0
m1 + m2
ẏ(0) = v0 =⇒ K = (m1 + m2 )v0

ce qui donne
✤✜
m2 l
y = v0 t − (sinϕ − sinϕ0 ) . 0.5pt
m1 + m2 ✣✢

7. On reprend l’équation

lϕ̈ + ÿcosϕ + gsinϕ = 0

et on substitue ÿ par −(m2 l/[m1 + m2 ])(ϕ̈cosϕ − ϕ̇2 sinϕ) et obtient


m2 m2 g
 
ϕ̈ 1 − cos2 ϕ + ϕ̇2 sinϕcosϕ + sinϕ = 0
m1 + m2 m1 + m2 l
ce qui donne le cadre de l’approximation des petites oscillation, sinϕ ≃ ϕ et cosϕ ≃
1, et les oscillations lentes :
✤✜
g m1 + m2
ϕ̈ + ϕ = 0 1pt
l m1 ✣✢
et qui est l’équation recherchée.
C’est une équation différentielle du second ordre sans second membre à coefficients
constants et dont l’équation caractéristique est r 2 + gl m1m+m
1
2
= 0 qui a deux solutions
q
complexes r = ±iω0 avec ω0 = g(m1 + m2 )/lm1 et donc la solution est

ϕ(t) = A1 e−iω0 t + A1 eiω0 t = Asin(ω0 t − β0 )

avec Asinβ0 = ϕ0 et 0 = Aω0 cos(β0 ) =⇒ β0 = π/2 et donc A =✤✜


ϕ0

la solution est alors ϕ(t) = ϕ0 sin(ω0 t + π/2) = ϕ0 cosω0 t 0.25pt.


✣✢
8. La solution de y est alors, en tenant compte de sinϕ ≃ ϕ
✤✜
m2 lϕ0
y = v0 t − (cosω0 t − 1) . 0.75pt
m1 + m2 ✣✢

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