Lycée National Léon MBA
Cours de Philosophie
Chapitre I : Individu et société
Objectif général : Amener les élèves à comprendre les notions de conscience et d’inconscient.
Objectif spécifique : Chaque élève doit être capable, au sortir de ce cours de définir ces
notions et leurs spécificités et les phénomènes qui se rapportent à elles.
La conscience et l’inconscient
Introduction
La conscience peut se définir comme étant la connaissance que le sujet a de lui-même, de son
semblable ou de son environnement, elle engage la responsabilité du sujet, de ce qu’il est et
de ce qu’il pense. L’inconscient quant à lui, peut suggérer un phénomène psychique qui
révèlerait la non-conscience chez le sujet. De fait, il n’est pas rare de constater que l’homme,
pourtant responsable des actes qu’il pose, oublie, rêve, pose des actes manqués, fait des
lapsus… Autant des manifestations qui semble nous montrer la complexité du psychisme et
de la psychologie chez l’homme. D’où la nécessité de cerner la véritable nature de ce dernier.
Ainsi, l’homme est-il un être totalement conscient ? N’est-il pas un composé de conscience et
d’inconscient ?
I. L’homme, un être conscient
1. La conscience et la question de l’immédiat
Avant toutes formes d’analyse, rappelons d’abord que le mot conscience vient du latin ‘’Cum
scientia’’ qui signifie ‘’avec science’’’, plus encore ‘’avec savoir’’. Être conscient, c’est agir,
penser ou sentir et savoir qu’on agit, qu’on pense et qu’on sent. C’est dans ce sens que Henri
BERGSON, dans son ouvrage L’Energie Spirituelle (PUF, 1919, pp 55-57), affirme que :
« il n’y a rien de plus immédiatement donné, rien de plus évidemment réel que la conscience
et l’esprit humain est la conscience ». Autrement dit, c’est à travers la conscience que
l’homme s’affirme entant qu’être pensant et de façon immédiate.
2. La conscience et la question du ‘’soi’’, de la ‘’pensée’’
Selon certains philosophes, la conscience peut être considérée comme étant d’ordre
métaphysique et non pas psychologique car, elle est le fondement de toute certitude. Elle se
pose comme un comme un modèle de vérité qui permet au sujet de s’affirmer, en tant qu’être
pensant, avec certitude en tant que ‘’Je’’. C’est dans ce sens que Descartes affirme dans le
Discours de la Méthode : « je pense, donc je suis », c’est dire, qu’en tant que substance
pensante, l’expérience du « cogito cartésien » réaffirme la lucidité et la maitrise des actes que
l’on pose.
S’il est vrai que la conscience peut faire de l’homme un être lucide et responsable, peut-on
affirmer qu’il soit toujours conscient ?
II. L’inconscient comme force psychique active
1. L’inconscient comme obstacle de la conscience
La psychanalyse remet en question l’idée d’une transparence du savoir de soi de la conscience
en insistant sur les lacunes de la vie psychique de l’homme (les rêves, les lapsus et les actes
manqués, la folie). En construisant le concept d’inconscient, elle soutient que notre vie
psychique est pour la plus grande partie, déterminée à notre insu par des forces que nous ne
connaissons pas. L’homme est étranger à lui-même. Ainsi selon Freud, « les données de la
conscience sont lacunaires » (Métapsychologie, 1915, pp,66) car, savoir qui nous sommes ne
suffit pas toujours pour savoir ce que nous sommes de façon incontestable.
2. La manifestation de l’inconscient psychique et la conduite humaine
Avant toute forme d’analyse, il nous sied de retenir que l’inconscient se manifeste tout en se
voilant, ce qui implique sa nature conflictuelle au point ou le psychisme humain devient un
jeu de forces opposées (principe de plaisir et principe de réalité). En effet, l’homme, dans sa
quête constante de recherche de plaisir tout en évitant la douleur se retrouve confronté à une
certaine réalité (entre le monde et les autres). Donc, pendant que le ‘’ça’’ veut ressentir le
plaisir, le ‘’surmoi’’ interdit et le ‘’moi’’ essaie de trouver un équilibre dans ce conflit
psychique en tenant compte de notre nature animale (ça) et de l’influence de la société à
travers la censure du surmoi. Et comme tous nos désirs ne peuvent être réaliser, ils ne
disparaissent pas pour autant, ils vont plutôt être refoulés pour éviter un trop grand déplaisir
du moi. Ce manque de satiabilité pourrait occasionner une névrose, ou une psychose. C’est
pourquoi nos rêves sont souvent une satisfaction substitutive de manière codée de nos désirs
insatisfaits. Par la suite, les actes manqués, le complexe d’Œdipe, le complexe d’infériorité ou
de supériorité, le complexe de cassation, le fétichisme, la violence, l’abus d’alcool etc. sont
autant des manifestations de l’inconscient commandant en grande partie les comportements de
l’homme que nous croyons à tord conscients.
Conclusion
En somme, nous pouvons retenir que le comportement de l’homme est conduit par la pensée
consciente pour assurer la lucidité dans ces choix existentiels. C’est pourquoi la puissance du
moi doit permettre à l’homme d’assumer sa liberté en tant que volonté réfléchie tout en tenant
compte des exigences du ça et du surmoi.