Alcool
Epidémiologie :
o en tête de la liste de substances licites et illicites en fonction de la dangerosité
individuelle et sociale
o cause de > 3.3 millions de décès par année, soit 5.1% de la charge de morbidité
mondiale
o 8ème cause de la mortalité mondiale, 2ème cause de mort évitable (30 maladies
organiques)
o coûts liés à ce trouble en Europe > 155'000'000'000 €
o 92% de sujets ne bénéficient pas de soins spécifiques
Calculs
o 1 unité d’alcool = 1 verre qui continent 10 grammes d’alcool (éthanol)
o Quantité : Degré (° ou %) x Volume (ml) x 0.8 (poids OH)
Exemple pour 1 bière normale à 5° : 250 [ml] x 5 [° alcool] x 0.01 x 0.8 = 10 [g. OH
o Alcoolémie : OH ingéré [g] / poids [kg] x 0.7 (homme) ou x 0.6 (femme)
o Taux d’élimination : 0.017% par heure
Troubles mentaux liés à l’utilisation d’alcool (diagnostics)
o Intoxication aiguë
o Utilisation nocive pour la santé
o Syndrome de dépendance (3 critères ou plus durant 1 mois, sur la même année)
1. Un désir puissant de prendre de l’alcool (craving)
2. Une difficulté de contrôle
3. Une tolérance (augmentation des doses)
4. Un syndrome de sevrage physique ou psychique (manque)
5. Une poursuite de la consommation malgré des conséquences
négatives
6. Une réduction des autres activités au profit de la consommation ou
de la récupération.
o Syndrome de sevrage
o Syndrome de sevrage avec delirium
o Trouble psychotique
o Syndrome amnésique
Personnes à risque
o Enfants et adolescents
o Personnes âgées
o Femmes enceintes ou envisageant une grossesse
o Personnes souffrant d’autres maladie physiques (foie, pancréas, cardiovasculaires,
cognitifs, etc.)
o Personnes présentant d’autres dépendances (tabac, opiacés, BZD, drogues, jeux) et
maladies psychiques (anxiété, dépression)
Effets de l’alcool
Effets positifs (+) :
o Sensation de chaleur, bien-être
o Détente
o Gaieté
o Envie de parler (désinhibition)
Effets négatifs (+) :
o Diminution de capacité de discernement
o Surestimation
0,3 à 0,5 ‰ : diminution de l’acuité visuelle et auditive, relâchement de l’attention,
augmentation du temps de réaction, altération de l’esprit critique et de la capacité de
jugement, prise de risques.
dès 0,5 ‰ : problème de vision nocturne, troubles de l’équilibre, désinhibition et
surestimation de soi.
dès 0,8 ‰ : altération de la vision spatiale, vision tubulaire.
1,0 à 2,0 ‰ (ivresse) : troubles du langage, troubles de l’orientation, confusion.
2,0 à 3,0 ‰ (torpeur) : relâchement musculaire, troubles de la mémoire et de la conscience,
vomissements.
dès 3,0 ‰ : baisse de la température et de la respiration, perte des réflexes, miction
involontaire, coma, arrêt respiratoire et mort
Facteurs de risque
o Anamnèse familiale (+)
o Présence de consommation d’autres substances
o Présence de comorbidités psychiatriques ([Link]. trouble anxieux, dépression) et
physiques ([Link]. douleurs)
o Profession ([Link]. restaurateurs)
Prise en charge
o Contrôle de consommation
o Abstinence
o Sevrage
o Prévention de rechute
o Adaptation à la vie sans alcool
o Réduction des risques
Examens laboratoires
o GGT = Gamma Glutamyl Transferase (sensibilité 60 %, spécificité 60 %), augmentent
dès la consommation de 60-70 g. d’alcool par jour, durant au moins 15 jours,
diminuent de moitié tous les 10 jours. La performance du test augmente s’il est
associé à la CDT.
o CDT = Carbohydrate Deficient Transferrin est synthétisée par le foie. La
consommation d’alcool augmente les formes de transferrine portant peu d’acide
sialique dès 50 g. par jour, elle se normalise avec l’abstinence. Sa sensibilité est
moyenne (env. 80% chez l’homme, 60% chez la femme) et sa spécificité haute (env.
90 %). Toutefois, la CDT peut aussi être augmentée dans toutes les hépatopathies,
chez les femmes enceintes, ou en cas d’insuffisance rénale ; il existe aussi des faux
négatifs (variante génétique de la transferrine ou du métabolisme des
glycoprotéines).
o MCV = Mean Corpuscular Volume (sensibilité 25 %, spécificité 90 % en l’absence de
carence vitaminique). Pas d’augmentation en cas d’alcoolisation aigue. En général, il
faut une consommation >100g par jour pendant 3 mois pour le faire augmenter, et il
revient à la normale en plusieurs mois. L’éthanol urinaire est un test uniquement
qualitatif, qui reste positif durant environ 24 heures
Traitements
o Psychothérapie (entretiens motivationnels, TCC)
o Médicamenteux :
Campral (agoniste GABA) – diminution d’envie
Naltrexone (antagoniste opiacés) – diminution de l’appétence
Selincro (antagoniste opiacés) – diminution de l’appétence
Antabus (antagoniste enzyme hépatique d’alcool) – abstinence totale
Antiépileptiques (Topamax, Valproate) – diminution de l’envie