Technologies d'affichage numériques expliquées
Technologies d'affichage numériques expliquées
Jean-Baptiste Thomas
ABSTRACT
Ce document explicite les différentes technologies d’affichages. Il donne des informations techniques considérant
la reproduction de la couleur et les technologies sous jacentes présentes derrières l’écran. Dans technologies
d’affichages, nous incluons ce qui se trouve derrière le terme anglais display device. Nous présentons les principales
technologies digitales utilisées pour afficher une image couleur. Nous ne traitons pas de l’impression. Ce document
est majoritairement extrait d’une annexe de ma thèse de doctorat Colorimetric characterization of displays and
multi-display systems.
1
Contents
1 Préface 4
2 Introduction 4
2.2 Caractéristiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.1 Moniteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Vidéo-projecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.2.4 Principe des dispositifs de projection basés sur la modulation de la lumière - light valve
modulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.3 Dispositifs 3D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2
3.3.1 Holographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.3.2 Stéréoscopie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.3.3 Heliodisplay . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
6 Conclusion 26
3
1. PRÉFACE
Ce document est originellement basé sur un cours donné au sein du Master Media Technology du Gjøvik Univer-
sity College. Il a évolué au fil du temps, a été complété grace à des apports divers. Les sources sont nombreuses,
et viennent principalement du web, de discussions, de présentations et d’articles scientifiques. Si vous estimez
qu’une partie du contenu n’a pas la citation qu’elle mérite, n’hésitez pas à contacter l’auteur qui se fera un plaisir
de l’ajouter. Ce qui suit n’a pas la prétention d’être exhaustif, en particulier parce que le marché des dispositifs
d’affichages (e.g. moniteurs, vidéo-projecteurs) évolue particulièrement vite. Cependant, nous espérons que ce
document va aider le lecteur à comprendre le challenge sous-jacent à la problématique de la reproduction de la
couleur via la compréhension technique de ce qui se passe de l’autre coté de l’écran.
2. INTRODUCTION
Pour commencer avec la notion de dispositifs d’affichages, nous avons pris quatre définitions au hasard, issues
de différents points de vue:
• Un dispositif d’affichage est un appareil permettant la représentation visuelle ou tactile d’images acquises,
stockées et transmises sous des formes variées. Dans cette catégorie nous pouvons mettre les média
analogiques, digitals électroniques ou mécaniques, dispositifs braille, indicateurs lumineux...
• Un dispositif d’affichage est une interface de sortie entre l’ordinateur et l’humain qui montre une image.
De manière usuelle, le dispositif d’affichage inclue l’écran ou la surface de projection et le méchanisme qui
projette l’information sur celui-ci.
• Un dispositif d’affichage est un moniteur CRT, panneau LCD, plasma, aerial imaging, vidéo-projecteur ou
tout autre appareil électronique situé à la fin d’un système (digital, couleur...) et présentant un contenu.
• Un dispositif d’affichage électronique est un appareil ou système qui converti un signal électronique représentant
un contenu vidéo, graphique ou textuel en une image de cette information interprétable par un observateur.
Quelque soit la définition, il y a l’idée commune de visualiser ou présenter une information exploitable par
l’observateur via un médium. Ce médium permet de convertir l’information originale (non exploitable) en une
information exploitable.
Nous limitons ce travail à l’étude des technologies d’affichage digitales couleurs, i.e. l’information originale
en entrée est un jeu de valeurs digitales, et la sortie est un arrangement spatial de couleurs.
4
Au sein d’un tel système l’information peut prendre différentes formes et être altérée par différents facteurs.
L’information originelle peut-être une scène naturelle, une valeur digitale donnée par une caméra, des valeurs
Adobe RGB, etc. Au sein de l’appareil aussi, l’information change de nature. Par exemple, la valeur digitale
doit souvent être convertie en signal analogique à l’entrée de l’appareil (ceci est moins vrai avec les technologies
LCD, Plasma ou OLED prenant en charge les standards DVI ou HDMI), en signal électrique, électrostatique ou
électromagnétique... En sortant de l’appareil, l’information peut-être modifiée en fonction de l’environnement,
de la position de l’observateur, etc.
2.2 Caractéristiques
Nous pouvons dresser une liste des caractéristiques importantes d’un dispositif d’affichage.
Pour un utilisateur normal, les informations importantes peuvent être: La puissance lumineuse (brightness),
le contraste (blanc/noir), la taille de l’aire active (diagonale), dot pitch (la distance entre le centre de deux pixels
adjacents), la résolution ou mieux, la résolution native (taille horizontale et verticale exprimée en pixels -aucun
sens pour un CRT-), temps de réponse (temps nécessaire à un pixel pour changer d’état, de couleur, d’intensité),
la constance par rapport à l’angle de vue, aspect ratio (4:3, 16:9, 16:10).
Un utilisateur avancé pourra être intéressé par des informations complémentaires telles que: Les propriétés
d’additivité (est-ce que la couleur reproduite est bien la somme des primaires prises indépendamment?), la
taille et la forme du gamut (le terme gamut est utilisé pour définir l’ensemble fini des couleurs qu’un dispositif
d’affichage donné est capable de reproduire, et de manière usuelle, le volume couvert par ces couleurs dans
un espace colorimétrique), la courbe de réponse en intensité (la relation entre l’entrée -puissance électrique ou
information digitale- et l’intensité de la lumière produite, une fonction puissance est souvent utilisée par défaut
-gamma-), le niveau de noir (La quantité de lumière émise lorsque l’entrée est nulle), la constance des primaires
en chromaticité (la chromaticité des primaires est-elle constante lorsque l’on fait varier l’intensité?), la facilité de
calibration ( est-il facile de régler la luminance, le contraste, le point blanc? Pouvons nous introduire une LUT
facilement), la facilité de caractérisation (relation entre l’entrée digitale RGB et la couleur reproduite)...
La plupart des dispositifs d’affichages sont basés sur une mixture additive de couleurs de base (primaires).
Ceci veut dire qu’une couleur C est le résultat de la combinaison linéaire (somme pondérée) de N primaires,
P1 , P2 , ..., PN , tel que dans l’Equation 1:
5
Dans la plupart des cas, il y a 3 primaires ∗ , dont les longueures d’ondes dominantes sont dans le rouge, le
vert et le bleu (Primaires RGB pour Red Green et Blue). L’Equation 1 peut donc devenir l’Equation 2:
C = α1 .R + α2 .G + α3 .B (2)
• dispositifs d’affichage virtuels (Virtual displays) forment l’image de telle manière à ce qu’elle soit directe-
ment projetée sur la rétine. Ce sont des dispositifs à usage personnel, souvent sous la forme de lunettes
actives.
• Dispositifs à vue directe (Direct view displays) produisent l’image sur une surface que l’on regarde. Ils sont
généralement destinés à un usage personnel ou à un petit nombre d’observateurs (moniteurs).
• Les vidéo-projecteurs (Projection displays) créent l’image sur une surface auxiliaire physiquement séparée
du dispositifs qui génère cette image. Ils sont bien adapté à un usage multi-utilisateurs.
Nous pouvons distinguer deux systèmes pour générer une image. Le dispositif d’affichage peut être émissif, tel que
dans les technologies CRT, OLED, laser ou plasma. Il peut aussi être basé sur un dispositif de modulation de la
lumière (light modulating device) tel que dans les technologies LCD, LCoS ou les dispositifs micro-electroniques
(DLP).
Un système de projection peut être à projection arrière (rear projection), tel que le dispositif de projection
soit positionné de l’autre coté d’un écran en transmittance par rapport à l’observateur. Il peut aussi être à
projection de face (front projection), tel que le dispositif et l’observateur soient situés du même coté d’un écran
en reflectance.
Parmis les technologies présentées ci-apres, nous comptons CRT, LCD, Plasma, LED, LCOS, TMOS, Laser,
DLP, Stéréo-vision, etc.
∗
Bien que les cas présentant une quatrième primaires -souvent à dominante jaune- pour augmenter la taille du gamut,
voir plus ou une primaire blanche pour augmenter la luminance soient de plus en plus courants.
6
3.1 Moniteurs
Cete technologie existe depuis 1879 et est probablement encore la plus connue et la mieux comprise par les
utilisateurs et les scientifiques. Des électrons sont émis par un canon à électrons, qui vont aller s’écraser sur un
matériel phosphorescent qui va transformer cette énergie en lumière.
Détails technologiques Les électrons partent de la cathode, et prennent de la vitesse grace à la différence de
potentiel créée par le courant appliqué sur l’anode. Les faisceaux d’électrons sont contrôlés (déviés, focalisés) par
l’application d’un champ magnétique ou électrostatique. L’anode est recouverte par un matériel phosphorescent
(e.g. terre rare). Quand le faisceaux d’électrons arrive sur l’anode, son énergie est transmise au matériel
phosphorescent qui la transforme en lumière. Les propriétés du materiel décident du spectre de la lumière
émise (sa couleur). La dernière pièce est un écran métallique perforé (shadow mask) aligné de telle manière que
seuls les points rouges puissent être touchés par le faisceau dédié au rouge (de même pour le vert et le bleu).
En contrôlant l’intensité des faisceaux, la couleur voulue est émise. Le mélange des primaires est basé sur les
propriétés d’assimilation spatiale de l’oeil humain, voir Figure 1.
Image et couleur A l’origine, le canon à électrons traçait uniquement une ligne entre deux points (vecteur);
Il n’y avait donc pas d’effet d’aliasing ou de pixelisation. Cependant ce système ne permettait que de tracer des
contours. Après évolution, le canon décrit la totalité de l’écran suivant un chemin prédéfini invariant. En faisant
varier l’intensité appliquée au cours du temps en fonction de la position du canon, une image est créée grace aux
propriétés d’assimilation temporelle du système visuel humain. Pour réduire l’effet de flicker (papillottement),
qui peut apparaitre avec ce genre de dispositif, il est commun d’entrelacer deux images (reproduire une image en
deux fois avec une résolution diminuée de moitié pour chacune des sous-images). la première image décrit par
les lignes paires et la deuxieme les lignes impaires.
L’information est contrôlée par la puissance appliqué à chaque canon (R,G,B) et les propriétés des phosphores.
Il est important de dire que la relation entre la puissance électrique appliquée au canon et la lumière émise n’est
pas linéaire, mais suit une fonction puissance (gamma).
Avantages et inconvénients Les avantages incluent le bas cout de production (technologie bien établie), la
fidélité des couleurs (technologie bien connue et bien contrôlée), les modules de gestion des couleurs ont étés définis
7
Figure 1. Illustration des détails de la technologie CRT. 1-Canon à électrons. 2-Faisceau
Masque de séparation des faisceaux. 7 et 8-Couche de phosphores sur la face interne de l’écran.
pour cette technologie (le fameux gamma), la taille du gamut. Cette technologie permet de reproduire un très
bon noir, montre une bonne qualité à n’importe quelle résolution, a un très bon temps de réponse comparé aux
LCDs, donc une meilleure frèquence d’actualisation, et donc reproduit mieux les vidéos (sauf contenu spécifique).
L’angle de vue n’est pas un paramêtre critique en terme de perception des couleurs.
Au niveau de la fréquence d’actualisation, un compromis doit être trouvé. Un temps d’actualisation faible
créé un effet de flicker (papillonement) due à la désactivation des phosphores entre deux passages du faisceau
d’électrons. À l’inverse, une forte fréquence d’actualisation donne une moins bonne netteté à cause de la sur-
excitation des phosphores.
Bien que cette technologie soit de moins en moins produite, elle reste l’une des meilleures en terme de rendu
couleur. Cependant, les technologies basées sur des DEL (diodes électro-luminescentes) vont probablement
dépasser et enterrer définitivement les CRTs en terme de qualité.
8
3.1.2 Moniteurs à Cristaux Liquides - Liquid crystal display (LCD)
C’est la technologie qui a remplacé les CRTs sur le marché des consommateurs usuels. Elle a commencée son
ascension depuis les annes quatre-vingt. Un rétro-éclairage (backlight) est utilisé comme source de lumiére, et
des filtres basés sur les cristaux liquides permettent de contrôler la quantité de lumière qui est émise.
Détails technologiques Deux polariseurs dont les polarisations montrent un angle de 90 (dans la plupart
des cas) sont placés de part et d’autre d’un sandwich composé de deux couches de verre. Ces couches de verre
englobent des cristaux liquides en état nématique (entre le cristal solide et le cristal liquide). Les molécules
sont distribuées sans ordre fort particulier, mais en moyenne parallèles, i.e. orienté selon une direction données
comme dans un cristal solide. Autour du cristal des couches de polymères tiennent les molécules quand aucune
puissance électrique n’est appliquée, et jouent le rôle d’électrodes. Le panneau est dit passif (il n’émet aucune
lumière).
La lumière vient du rétro-éclairage; elle est polarisée par le premier filtre polarisant (si il n’y a pas de cristal,
la lumière est bloquée par le deuxième polariseur). Quand aucune puissance n’est appliquée, l’orientation des
molécules des cristaux est donné par l’alignement avec la surface des couches de polymères. Dans le cas des
twisted nematic (arrangement hélicoı̈dale), les cristaux liquides au repos changent la polarisation de la lumière
de 90o (le panneau semble transparent). Le changement de polarisation vient des propriétés de biréfringence des
cristaux liquides. Quand une puissance est appliquée, un champ magnétique est créé et va modifier l’orientation
des molécules. Dans le cas des twisted nematic ce champ va forcer les molécules à être alignées. Dans ce cas,
la polarization de la lumière ne sera pas changée, et la lumière ne sera pas dans le bon état de polarisation
pour passer le second polariseur. Il faut noter aussi que l’usage de lumière polarisée induit une perte d’énergie
au passage du premier polariseur puisque seule la lumière dans le bon état de polarisation pourra passer cette
barrière.
Couleur et image Le panneau à cristaux liquides est originellement un dispositif d’affichage en niveau de gris,
i.e. il laisse passer plus ou moins de lumière selon l’orientation des molécules. La couleur vient de l’utilisation
de filtres sur les sous-pixels (assimilation spatiale).
L’ensemble des couleurs possibles est limité par les propriétés spectrales de l’éclairage arrière et des filtres
colorés utilisés. Au départ, seulement 63 couleurs pouvaient être effectivement produites au lieu de 83 pour un
appareil 8 bits à cause du mauvais contrôle de l’orientation des cristaux. Ce problème est dépassé aujourd’hui
(bien, que certains moniteurs, bas cout ou basse consommation, montrent encore ce type de limitation).
9
Il est important de dire que la relation entre la puissance électrique appliquée et la lumière émise n’est pas
linéaire, ne suit pas un gamma non plus, mais peut-être modélisé par une fonction de la forme d’une sigmoı̈de
(S-curve).
Lorsque le moniteur n’est pas utilisé à sa résolution native, un effet d’aliasing peut apparaitre. L’aliasing
correspond à la modification qu’un signal continu peut subir lorsqu’il est échantillonné et reconstruit avec un
trop petit nombre d’échantillon (voir Figure 2).
Lorsque nous augmentons la résolution d’une dalle LCD, nous diminuons sa luminance. Sur la Figure 3,
nous pouvons voir que le matériel utilisé pour fixer les cristaux liquides rempli de plus en plus la surface du
panneau avec l’augmentation de la résolution. Plusieurs solutions peuvent être mise en oeuvre pour pallier à ce
problème, par exemple, nous pouvons utiliser un film polarisé réfléchissant pour recycler la lumière existante dans
un autre état de polarisation (ce qui augmente l’efficacité de 20-30%), ou augmenter le nombre ou la puissance
des éclairages arrière.
Pour améliorer les possibilité de couleur et de rendu d’image d’un panneau LCD, il est possible d’utiliser
la technologie lumileds (utiliser des DELs comme rétro-éclairage), d’utiliser une lampe wide color gamut cold
cathode fluorescent comme rétro-éclairage au lieu d’une cold cathode fluorescent lampe normale (Ce qui augmente
le gamut d’environ 28% mais qui est environ 30% moins efficace).
Les configurations in-plane switching et vertically aligned mode améliorent le temps de réponse, le contraste
et l’invariance de l’angle de vue comparé à la configuration twisted nematic, cependant 50% de lumière en moins
est transmise.
Si nous considérons qu’une image naturelle typique est constituée d’un mélange entre des couleurs riches
extrèmement saturées qui sont rarement très brillantes et des couleurs extrèmement brillantes et non saturées
telle que la réflection spéculaire de la lumière sur des objets plus ou moins plats, il est possible de modifier le
traditionnel sous pixel RGB en ajoutant un sous pixel blanc.1 La Figure 4 illustre comment arranger des jeux
de quatre sous pixels, la Figure 5 illustre la comparaison avec un système traditionnel RGB. Cette solution a
été déjà implémentée dans de nombre dispositifs mobiles.
• TN et DSTN (Twisted Nematic et Dual Scan TN). TN est la technologie de base, elle a un mauvais temps
de réponse (les DSTN sont un peu meilleurs puisqu’ils font un double scan). Ce sont des matrices passives
qui sont transparentes à l’état de repos.
10
[(a) Image échantillonnée correctement] [(b) Effet de moiré cause
de l’aliasing]
Figure 2. Un exemple de l’effet d’aliasing. La première image (a) est echantillonnée correctement; La seconde (b) montre
un effet de moiré du à une erreur de sampling. Source: [Link] pattern of [Link] and
• TFT (Thin Film Transistor). L’électrode est remplacée par une électrode et un film de transistors qui
permet un meilleur contrôle de la tension appliquée. Ceci permet d’améliorer le temps de réponse(≤ 10ms).
C’est une matrice active, elle ne laisse pas passer la lumière à l’état de repos (à cause de la couche de silice
pour les transistors située à l’arrière).
11
Figure 3. Illustration de la variation de la luminance avec l’augmentation de la résolution. La surface couverte par le
matériel utilisé pour maintenir les cristaux liquides rempli de plus en plus la surface du panneau lorsqu’on augmente la
résolution.
Figure 4. Exemple d’arrangement de sous pixels dans un dispositif d’affichage LC basé sur 4 sous pixels RGBW. Source.1
• IPS et S-IPS (In-Plane Switching) utilise des cristaux liquides parallèles à l’écran, produisant une meilleure
invariance à l’angle de vue mais nécessite le double de transistors.
• MVA (Multi-Domain Vertical Alignment) et PVA (Patterned Vertical Alignment). Ces types de technolo-
gies possèdent différents domaines de réfraction par cellule, et donc un meilleur niveau de noir, un meilleur
contraste et sont plus invariants à l’angle de vue.
Temps de latence et motion blur Le temps de latence ou temps de réponse désigne le temps qu’un pixel met
pour changer d’état de son meilleur noir à son blanc le plus saturé et pour revenir au noir. Parfois le temps de
latence est exprimé en temps de passage d’un niveau de gris à un autre niveau de gris. C’est une caractéristique
importante des LCDs car leurs principaux défauts viennent d’une réponse trop lente. Entre deux images, les
pixels n’ont pas le temps d’atteindre le niveau voulu, et le résultat est une image floue (ghost effect or motion
blur). En applicant plus de courant que nécessaire au début du changement d’état permet d’atteindre plus
rapidement le niveau voulu. C’était un gros problème de la technologie au départ. Ce problème est contourné
aujourd’hui au prix d’une baisse de la qualité du rendu coloré et de l’invariance à l’angle de vue.
12
Figure 5. Exemple d’arrangement de sous pixels dans un dispositif d’affichage LC basé sur 4 sous pixels RGBW comparé
avec une forme traditionnelle RGB. Notons que la structure montre la même limite de modulation-transfer-function.
Source [Link]
Même si le temps de latence était nul, il y aurait quand même un effet de motion blur du à une transition dure
entre deux images d’une vidéo (déplacement d’un objet d’un pixel à l’autre). Une solution à ce problème permet
d’atteindre une perfect motion. Une image noire est insérée entre chaque image. Les images sont combinées
avec ces images noires et le motion blur n’est plus perceptible car le système visuel s’adapte sur le noir à chaque
image.
Avantages et inconvnients Leur design a été clairement l’avantage principal de cette technologie en face
du CRT lorsqu’elle est apparue sur le marché (poids, volume). De plus, elle produit moins de flicker, est plus
efficace en terme de consommation énergétique et peut produire plus de luminance.
Cependant cette technologie montre de gros inconvénients en terme de contraste (le cristal n’est pas capable
de bloquer toute la lumière, donc le niveau de noir -offset- est important). la dépendance à l’angle de vue est
importante et la couleur limité par les propriétés du rétro-éclairage. De plus, un panneau LCD est défini pour
13
Figure 6. Technologie Plasma Display Panel. Source [Link]
une résolution optimale donnée, lors du passage une résolution non optimale, l’image peut devenir floue ou
être dformée. Nous pouvons noter que le cout du rétro-éclairage représente environ 70% du cout du moniteur.
En terme de couleur, une remarque importante est que la transmittance spectrale du cristal liquide varie avec
l’orientation de ces cristaux. La conséquence est que les caractéristiques des primaires ne sont pas stable avec
l’augmentation de l’intensité.
Détails technologiques Cette technologie est basée sur les même principes que les tubes fluorescents. Néon
et/ou Xénon (gaz nobles) sont contenus dans de petites boites prisent en sandwich entre deux plaques de verre
(Figure 6). Des électrodes sont aussi présentes entre les vitres. En créant une différence de potentiel, nous
ionisons les gaz † . Les électrons libres se déplacent en direction de l’électrode et rentre en contact avec elle. Leur
énergie est transformée en photons. Afin de créer de la couleur, des phosphores recouvrent la surface, les photons
UV émis par le plasma excitent les phosphores qui émettent une lumière dans le visible.
†
Gaz ionisé: un ou plusieurs électrons libres présents) et créons du plasma, qui est conducteur
14
Avantages et inconvénients La taille d’une dalle n’a pas de limite pratique. Cette technologie montre un
gros gamut grace à l’utilisation des phosphores comme primaires. Elle est invariante à l’angle de vue, il n’y a
pas de niveau de noir -offset- puisque c’est une technologie émissive.
Cependant, il est très cher de construire un tel système pour de super hautes résolutions (la taille des cellules
devient trop petite). Le contrôle de la couleur est difficile, particulièremet parce que la couleur reproduite est
dépendante du contenu de l’image. Cet effet arrive pour deux raisons: D’une part, le plasma réagit aux champs
électro-magnétique de ses voisins, créant une forte intéraction entre les pixels. D’autre part, l’énergie nécessaire
varie énormément en fonction de l’image reproduite, pour pallier à ce problème, les constructeurs ont appliqué
une contrainte concernant la quantité d’énergie disponible pour une image. La luminance atteignable est donc
limitée pour les scènes très lumineuses. Des effets de fantomes peuvent aussi apparaitre quand une cellule reste
excitée même sans puissance appliquée. La durée de vie n’est pas très bonne, et la luminosté baisse avec l’age
de l’appareil.
Organic Light-Emitting Diode (OLED) (kodak, 1987), Light Emitting Polymer (LEP) (Cambridge, display tech),
Organic Electro-Luminescence (OEL) sont des technologies basées sur des Diodes Electro-Luminescentes (DEL)
(Light-Emitting Diode (LED)) dont le support électro-luminescent émissif est composé d’un film de composants
organiques. Ce support contient géneralement un pixel en polymère qui peut émettre de la lumière de différentes
couleurs.
Détails technologiques Cette technologie est basée sur un matériel à l’état solide constitué de séries de
fin films organiques (semi-conducteurs) coincés entre deux fin films d’électrodes déposés sur un support (See
Figure 7). Quand un courant est appliqué, des charges sont injectés dans le semi-conducteur organique, la
couleur créée dépend du materiel utilisé (elle peut-être rouge, verte, orange, jaune, vert émeraude, blue, mais
aussi UV ou infra-rouge). Le support peut-être en presque n’importe quel materiel sur lequel on peut déposer
un substrat, ce qui rend cette technologie très polyvalente. Les technologies utilisées pour déposer le substrat ou
pour construire les électrodes peuvent être diverses, par exemple nanolithographie (électrodes), impression jet
d’encre (sc organiques) déposition ou évaporation sous vide, ou déposition de matière organiques par évaporation.
Semi-conducteur Un semi conducteur présente une conductivité d’un type particulier, entre conducteur et
isolant. Le courant électrique peut circuler dans un matériau grace aux trous ou/et aux électrons. La propagation
via les électrons est normale (les atomes échangent leurs électrons en trop à partir d’une zone négative vers une
15
Figure 7. Principe OLED. Source [Link]
zone moins négative). La propagation par trous est différente. Les charges voyagent depuis une zone positive vers
une zone moins positive car le mouvement est créé par le manque d’un électron dans une structure électrique
quasi-pleine. En contrôlant le nombre de trous ou d’électrons, nous pouvons changer les caractéristiques des
matériaux (on parle alors de dopage de matériaux). Un materiau qui a plus de trous est dit de type N, un autre
avec plus d’électrons est dit de type P.
Une jonction P-N est une juxtaposition de matériaux de type N et P. Quand une tension positive est appliquée
à la partie P, les trous sont poussés vers la jonction. Dans le même temps, dans la partie N, les électrons sont
poussés vers la jonction. Quand ils arrivent et se rencontrent à la frontière, ils peuvent se combiner (électron/trou)
et émettre un photon. Voir Figure 8.
Un semi-conducteur organique est basé sur le même procédé, excepté le fait que le matériel utilisé est différent
(cristal ou polymère). Nous rappelons que le terme organique défini un matériau basé sur du carbone.
Types de dispositifs basé sur des DELs organiques Sur le principe des DELs organiques, plusieurs types
de dispositifs peuvent être envisags:
16
Figure 8. Jonction PN, illustration. Source [Link]
• FOLED (Flexible Organic Light-Emitting Diode) définie une classe de dispositifs basée sur l’impression
des DELs organiques sur un substrat flexible (plastique ou métal). De nombreuses applications peuvent
être envisagées, mais ces substrats sont plus fragiles par rapport à des verres par exemple.
• PHOLED (Phosphorescent) Un matériel phosphorescent soluble est utilisé pour créer les DELs organiques
au lieu du typique matériel fluorescent. L’avantage de ce type de dispositif est que 100% de l’énergie
appliquée est convertie en lumière.
• TOLED (Transparent) utilise des électrodes et du matériel émissif transparent. Il est alors possible
d’émettre de la lumière à partir de la face avant, de la face arrière ou des deux cotés. Un tel disposi-
tif a typiquement 70% de transparence quand il n’est pas utilisé.
• SOLED (Stacked) améliore la qualité de la couleur et la résolution en collant des TOLEDs ensemble. En
localisant les sous-pixels au même endroit, la notion d’assimilation spatiale n’est plus nécessaire, e.g. il y
a jusqu’à 3 pixels à l’endroit ou il y avait 3 sous-pixels.
Avantages et inconvénients Cette technologie consomme peu d’énergie. Elle a une bonne qualité de rendu
des couleurs (wide gamut, bonnes propriétés des matériaux pour la modélisation), un bon contraste (émissif donc
peu d’offset) et est bien invariant à l’angle de vue. Le système entier est fin, et peut-être flexible. Il est facile et
peu couteux à fabriquer.
17
Cependant son principal défaut est sa durée de vie (les PHOLEDs permet de la prolonger un peu en opti-
misant la quantité d’énergie utilisée). Un gros problème est sa sensibilité à l’humidité durant l’impression et le
besoin de cloisonnement des matériaux organiques à l’intérieur d’un matériau annexe. Un autre gros frein à son
développement est que la technologie est propriétaire (Eastman Kodak et autres).
3.2 Vidéo-projecteurs
Nous allons expliciter les principales technologies et concepts à la base de la vidéo-projection. Nous traiterons
par exemple les CRT/Laser, LCD, DLP, LCoS, etc.
Bien que ce ne soit pas un appareil digital, nous allons dire un mot à ce sujet. Ces dispositifs sont basés sur
la projection d’un positif de film imprim. Il y a donc un mélange entre une mixture additive et une mixture
soustractive, et le gamut d’un couple film/projecteur ressemble plus à celui d’une imprimante qu’à celui d’un
projecteur numérique. Ces appareils sont de plus en plus remplacés par leurs équivalents numériques.
Pour plus d’information sur les technologies d’affichages propres au cinéma, veuillez consulter le document
qui en traite (cf bla bla).
Ce système utilise un petit CRT de forte puissance pour générer l’image. Cette image est ensuite focalisée puis
élargie à l’aide d’un système optique de lentilles situé en face du CRT. Une configuration typique se compose de
1 3 CRTs couplés avec 1 à 3 systèmes optiques. Ils ont les mêmes caractéristiques que les moniteurs CRTs, mais
sont extrèmement difficiles à déplacer (souvent une salle leur est destinée et le système est monté sur place). Ils
montrent une faible luminance, et sont plutôt chers.
Ils sont similaire aux CRTs mais les phosphores (émettant une lumière incohérente non collimatée) sont remplacés
par des lasers émettant une lumière cohérente et collimatée. Habituellement, chaque laser à son propre système
optique, mais des solutions existent pour n’en utiliser qu’un seul sans recombinaison (comme les CRTs). Le
principale avantage d’un tel système est qu’il peut être de très petite taille et qu’il produit une bonne intensité.
Nous pouvons noter l’apparition de pico projecteurs (Voir Figure 9) sur le marché ces trois dernières années.
Ces dispositifs nécessitent la miniaturisation du dispositif d’imagerie. Ils peuvent ê basés sur la technologie laser,
mais aussi le principe DLP, utilisant des Micro-Electro-Mechanical Systems (MEMS) ou sur du LCoS avec un
rétro-éclairage DEL. Ils ont typiquement un luminosité d’environ 10 lumens.
18
Figure 9. Example d’utilisation de pico-projecteur. Source [Link]
01/[Link].
3.2.4 Principe des dispositifs de projection basés sur la modulation de la lumière - light valve
modulation
La lumière est divisée en 3 (ou plus) composantes (RGB). Chaque composante est modulée indépendamment,
puis elles sont recombinées et projetées vers l’écran via un système optique. Nous pouvons faire la différence
entre les dispositifs basés sur un, deux ou trois éléments de modulation.
• Un système à panneau unique utilise un unique modulateur de lumière pour contrôler les trois canaux
(composition séquentielle de la couleur -DLP-, micro filtres, méthodes de séparation angulaire).
• Dans les systèmes à deux panneaux, un modulateur gère une des primaires, un autre prend en charge les
deux autres primaires. Cette configuration permet un bon compromis lorsqu’un système est capable de
gérer deux primaires mais pas trois. Par exemple, si la lampe du projecteur est déficiente dans certaines
longueurs d’onde et qu’une primaire nécessite un plus long temps d’exposition que les deux autres pour
atteindre un niveau d’intensité suffisant.
• Les systèmes à trois panneaux dédicacent un modulateur par canal (le cas de nombreux LCDs).
Détails technologiques L’appareil de modulation est un panneau LCD en transmission. La lumière est
séparée grace à l’utilisation de miroirs dichroiques. L’information de chaque canal est modulée via ces panneaux.
19
Figure 10. Tri-LCD projection system. From [Link]
La lumière est recombinée via un prisme dichroı̈que et va être projetée sur l’écran en passant au travers d’un
système optique, tel que montré sur la Figure 10.
Avantages et inconvénients Les vidéo-projecteurs à cristaux liquides ont une bonne saturation comparée
avec un DLP qui aurait un segment de roue blanc. Ils donnent une image très nette à leur résolution native.
Cependant, le niveau de noir est élevé (ils montrent donc généralement un mauvais contraste). Ils montrent
ce que l’on appelle le screen door effect (les lignes entre les pixels sont visibles), ainsi que de nombreuses sources
de non-uniformités spatiales dues à l’alignement difficile des panneaux LC et des éléments optiques.
L’appareil de modulation est un Digital Micro-mirror Device (DMD). La lumière est séparée temporellement
en plusieurs primaires en utilisant une roue à filtres colorés (La plupart du temps, mais les systèmes basés sur
3 DMDs couplés avec des miroirs dichroı̈ques existent, particulièrement sur les systèmes destinés au cinéma
numérique). Le DMD contient un micro-miroir pour un pixel. L’orientation de ce miroir détermine la quantité
de lumière qui va passer par le système optique. Une configuration typique est montrée sur la Figure 11.
20
Figure 11. Principe du DLP. Source [Link] [Link].
DMD La technologie DMD a été créée dans les années soixant-dix. En 1987, des chercheurs de TI ont posé des
miroirs sur un chipset CMOS sous forme d’une matrice de miroirs microscopiques de taille 1280*1024. Chaque
miroir peut pivoter sur ±10 − 15o comme un interrupteur (on-off). Quand le miroir est en état on, toute
la lumière est transmise vers le système optique. Dans le cas de l’état off, la lumière est transmise vers un
corps noir absorbant. Les différents niveaux d’intensités sont obtenus en alternant les deux états de manière
séquentielle. Les miroirs sont contrôlés grace à un champ électrostatique.
Color wheel Bien qu’il soit possible d’utiliser une solution comprenant un jeu de miroirs dichroı̈ques et de
prismes pour séparer puis recombiner la lumière, l’utilisation de trois DMDs est souvent trop chère. Dans la
plupart des cas nous nous trouvons dans la situation ou un seul DMD est utilisé. Dans ce cas, la lumière est
séparée temporellement à l’aide d’une roue à filtres colorés (Figure 12):
• Roue à filtres comprenant 3 filtres (RGB). Un effet d’arc en ciel, aussi connu sous le nom de color breaking
peut apparaı̂tre.
• Roue à filtres comprenant 3+1 filtres (RGBW). Ce système permet d’augmenter la luminance, mais a
tendance à désaturer les couleurs perçues.
• Roue à filtres comprenant 2*3 filtres (RGBRGB). Ce système aide à supprimer le color breaking en aug-
21
Figure 12. Une roue à filtre comprenant 6 primaires. Nous pouvons remarquer la taille et l’arrangement des différents
segments est spécifique. Ceci permet de limiter l’effet de color breaking et d’utiliser au mieux chaque primaire. Source
[Link]
• Roue à filtres comprenant N primaires (RGBCMY, RGBWCMY, RGBY, etc). Ces systèmes permettent
d’augmenter la taille du gamut du dispositif.
Avantages et inconvénients Les avantages incluent un bon niveau de noir, des primaires bien constantes
en chromaticité (les filtres gardent leurs propriétés de transmittance avec la variation d’intensité). Remarquons
qu’il est relativement facile d’augmenter le nombre de primaires et de diminuer la taille du système global dans
le cas d’un seul DMD. Les inconvénients sont principalement le color break up et la stabilité temporelle qui est
moins bonne que dans les LCDs, mais très acceptable la plupart du temps.
Le dispositif de modulation de lumière en reflectance est basée sur les cristaux liquides déposés sur une plaque
de silicone (Figure 13). La séparation des couleurs peut se faire soit par une roue à filtres, soit par des panneaux
LCoS colorés.
Un moyen d’augmenter la résolution à moindre cout est d’utiliser plusieurs dispositifs d’affichages arrangés sous
la forme de matrices. De nombreux travaux de recherches ont étés et sont menés actuellement sur ce sujet. Les
22
Figure 13. Technologie LCoS. Source [Link]
résulats de travaux plus anciens concernaient l’alignemet géométrique. Les travaux actuels traitent de l’uniformité
spatiale et de la scalabilité.
3.3 Dispositifs 3D
3.3.1 Holographie
L’image est capturée comme une image d’interférence. Une lumière laser cohérente est réflechie par l’objet et
combinée sur un film avec la lumière de référence: Les deux rayons interfèrent. Le film enregistre les interférences
en préservant l’information de phase. Lorsque le film est illuminé avec la même lumière, nous pouvons voir l’objet
en 3D.
3.3.2 Stéréoscopie
Deux images différentes de la même scène sont envoyées à chaque oeil. Le cerveaux interprète ces informations
différentes comme des différences de perspective du même objet, donnant l’illusion de 3D. L’utilisation de lunettes
spécifiques permet généralement de séparer les deux images. Différents moyens peuvent être utilisés, tels que
lumière polarisée, combinée avec des polariseurs différents sur chaque oeil de la paire de lunette. Il est aussi
possible d’utiliser différents signals spectraux combinés avec des filtres spectraux pour chaque oeil de la paire de
lunette.
Auto-stéréoscopie Le moniteur envoie différentes informations sur chaque oeil (sans le besoin de lunettes
spéciales). Cependant la tête de l’observateur doit être positionnée correctement.
23
3.3.3 Heliodisplay
Le principe est de projeter les images sur un flux d’air compressé ou un flux d’air humide ou n’importe quel
autre support invisible. Puisqu’il n’y a pas d’information de profondeur liée à un support quelconque, un effet
de 3D est créé. si on se place dans le cas d’une projection de face, l’observateur doit être localisé de biais par
rapport à la source de lumière.
Ici nous présentons pèle mèle un échantillon des technologies qui seront utilisés demain. Leur développement
peut avoir été stoppé ou elle peuvent être déjà en commercialisation puisque le marché évolue très vite.
• Les cristaux photoniques peuvent améliorer la puissance lumineuses de DELs.2 Ils sont déjà présents sur
certains dispositifs d’affichages.
• TMOS (Time Multiplexed Optical Shutter) considère une assimilation temporelle superposée dans un état
solide.3
• SED (Surface-conduction Electron-emitter Display) et FED (Field Emission Display). Le même principe
que les CRTs est utilisé, mais en utilisant un système miniature similaire à un CRT derrière chaque pixel,
tout en étant aussi fin qu’un panneau LCD. La technologie SED était supposée apparaı̂tre sur le marché ces
dernières années, mais Canon et Toshiba qui développaient le projet ont arrété son développement mi-2008
après l’abandon de Toshiba et des problèmes de propriété. Il semble maintenant que Canon ait repris le
développement des SED au début 2009. La technologie FED semble avoir été rachetée à Sony au début
2010 par AU Optronics (qui a également prévu de commercialiser ses premiers moniteurs OLED dès début
2011). Elle aura donc peut-être une réalité dans future proche.
• Le concept de Dual view permet à deux personnes de regarder deux informations différentes sur le même
écran (voir Figure 14). L’idée est la même que pour la stéréoscopie ou l’auto-stéréoscopie, soit en utilisant
des lunettes spécifiques soit en envoyant les signaux dans des directions différentes.
• Système 3D réels. La Figure 15 montre une tentative pour créer un système capable de projeter l’information
3D telle quelle. L’aire de projection contient un gaz ionisé qui réagit et créé du plasma lorsqu’un rayon
laser est focalisé à un certain endroit. Ce qui émet de la lumière. Il y a cependant un certain nombre de
problèmes techniques liés à cette technologie.
• etc.
24
Figure 14. Concept Dual view. Source [Link]
25
5. MODIFICATION DE LA COULEUR ET EFFET BOITE NOIRE SUR LA
CARACTÉRISATION COLORIMÉTRIQUE
Lorsque l’on considére la précision colorimétrique du rendu, un modèle doit être établie entre la valeure digitale
en entrée et la couleur résultante. Cependant, il y a un certain nombre d’effets, volontairement mis en place par
le fabricant pour améliorer la qualité perçue de l’image, qui rendent cette tache encore plus compliquée qu’elle
ne l’est déjà. Par exemple:
• Lorsqu’on utilise plus de trois primaires pour augmenter le nombre de couleur reproductibles, il y a besoin
d’une transformée entre RGB et les P1 , P2 , P3 , ..., PN primaires . De la même manière, les couleurs de
l’image originale peuvent être sur-saturées par le fabricant pour être perue de manière plus plaisante par
l’observateur. Ces transformées sont souvent tenues secrètes par le fabriquant et rendent difficile le contrôle
de ces appareils. Cependant si la rponse est constante, il est possible de retrouver une modélisation similaire
via la mesure et l’analyse du comportement du dispositif.
• Lorsqu’une image noire est intercalée entre toutes les images pour réduire le motion blur, lorsqu’une limite
de puissance utilisable réduit la luminance d’une image si elle est très lumineuse, la modification devient
dépendant de l’image. Ces transformations sont plus problématiques, dans le sens ou d’une part, elles ne
sont pas transparentes, d’autre part, elles sont prévues pour solutionner un problème technique, et dans
la plupart des cas ne sont pas optionnelles. Le rendu couleur est alors modifié de faon critique selon le
contenu.
Ces avancées techniques deviennent des problèmes techniques pour la calibration et la caractérisation col-
orimétrique des systèmes.
Nous sommes en présence d’un paradoxe: En tant que scientifiques, nous voulons des systèmes stables,
contrôlables, colorimétriques. Cependant en tant qu’utilisateur standard, nous voulons une image plaisante.
Jusqu’à aujourd’hui, les mêmes produits étaient utilisés pour les deux usages. Il semble que les dispositifs
d’affichages vont se spécialiser de plus en plus selon l’usage.
6. CONCLUSION
Nous espérons que cette introduction aux technologies d’affichages a permit d’appréhender un peu mieux les
dessous des technologies et la difficulté quand au choix d’un appareil pour une application donnée.
La recommandation que nous faisons de manière générale est que le choix de l’acquisition d’un moniteur ou
d’un projecteur doit être murement réflchi et doit être en adéquation avec l’usage que l’on veut en faire.
26
REFERENCES
1. C. Elliott, T. Credelle, and M. Higgins, “Adding a white subpixel,” Information Display Magazine , May
2005.
2. A. Arsenault, D. Puzzo, I. Manners, and G. Ozin, “Photonic-crystal full-colour displays,” Nature Pho-
tonic 1(8), pp. 468 – 472, 2007.
3. M. Selbrede and B. Yost, “Time multiplexed optical shutter (tmos) display technology for avionics platforms,”
Proc. SPIE 6225, p. 62251B, 2006.
27