Myélome multiple
I-Introduction
Myélome multiple= maladie de Kahler
Prolifération plasmocytaire maligne au niveau de la moelle
osseuse avec production d’une immunoglobuline monoclonale
Sujet âgé > 50 ans
Etiologie inconnue
Mauvais pronostic: maladie inguérissable
II- Physiopathologie
III- Signes cliniques
1- Signes osseux
Douleurs: mode de révélation le plus fréquent (80%) permanentes avec
recrudescence nocturne rebelles aux antalgiques habituels
Siège: rachis, côtes, bassin…
Fracture pathologique: spontanée ou suite à un traumatisme mineure
Tumeur plasmocytaire (plasmocytome): crâne, côtes
2- Signes d’insuffisance médullaire
Sd anémique +/- sd infectieux +/- sd hémorragique
3- Syndrome d’hyperviscosité
Céphalées, vertiges, acouphènes
Rarement troubles de conscience
IV- Signes radiologiques
1- radiographies standards
Squelette entier
Géodes: lacunes à l’emporte pièce (crâne+++)
Tassement vertébral
Ostéoporose : rachis +++
Aucun aspect radiologique n’est spécifique du myélome
2- IRM du rachis
Systématique
Dépiste 50% des lésions méconnues sur les Rx standards
Détecte les compressions médullaires
V- Signes biologiques
1- hémogramme
Anémie normochrome normocytaire arégénérative
GB et plaquettes: normaux ou diminués
Frottis sanguin: hématies en rouleaux (hyperviscosité sanguine)
2- VS
Très élevée (>100 à la première heure)
3- myélogramme
Dureté osseuse diminuée lors de la ponction
Plasmocytes >10% dont l’aspect est parfois dystrophique
4- biopsie ostéomédullaire
Si myélogramme non concluant
Infiltration plasmocytaire
5- électrophorèse des protides
Hyperprotidémie>80g/l
Pic monoclonal à base étroite situé au niveau des
gammaglobulines avec
diminution des autres Ig
6- Immunoéléctrophorèse
Précise la variété de l’Ig en cause: Arc en IgG++, IgA, IgD(rare)
….
Précise le type de chaine légère: kappa ou lambda
7- Bilan protidique urinaire
Protéinurie de 24h
Protéinurie de Bence-Jones (chaines légères)
IEP urinaires
8- hypercalcémie
Souvent > 120 mg
9- β2-microglobuline
Traduit la masse tumorale
Valeur pronostique: bon pronostic si taux <4mg/l
10- atteinte rénale
Elévation de l’urée et créatinine dans 20% des cas
VI- Diagnostic différentiel
A-Sur le plan radiologique
– Devant une déminéralisation diffuse
• Ostéoporose, hypoparathyroidie
– Devant des géodes
• Tumeurs bénignes, cancers secondaires
B-Devant une plasmocytose médullaire
– Plasmocytoses réactionnelles
• cancers, collagénoses
C-Sur le plan immunochimique
– Gammapathie monoclonale bénigne (MGUS)
Pas de lésions osseuses, Pas d’infiltration plasmocytaire
Surveillance: risque de transformation tardive
– Maladie de Waldenström
Il faut savoir penser au myélome multiple et ne pas s’arrêter aux
diagnostics de facilité +++ (Rhumatisme, asthénie, anémie)
VII- Complications :
• Complications rénales
Insuffisance rénale
Syndrome néphrotique, Hyperuricémie
• Hypercalcémie
• Infections
pneumocoque
• Complications neurologiques
Compressions médullaires
Syndrome d’hyperviscosité
• Amylose
VIII- Traitement
1- symptomatique
Antalgique: paracétamol, morphiniques, radiothérapie
Transfusion si Hb<8g/dl
Traitement hypercalcémie; corticoïdes, biphosphonates
Dialyse: si créatinine >40mg/l
Antibiothérapie: si infection
Hyperviscosité: plasmaphérèse
2- spécifique
Mono ou Polychimiothérapie
Thalidomide
Inhibiteur du protéasome
Autogreffe de moelle
IX- Conclusion
Ne pas retenir un diagnostic de facilité devant des douleurs osseuses du sujet
âgé
Diagnostic précoce +++
Recherche et progrès thérapeutique
Augmentation de la survie