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Contrôle fiscal : fraude et évasion fiscale

Le contrôle fiscal est crucial pour assurer le respect des obligations fiscales des contribuables, encadré par le Code des Droits et Procédures Fiscaux. Ce document examine les fondements du contrôle fiscal, la distinction entre fraude et évasion fiscale, ainsi que les mesures législatives mises en place pour lutter contre ces comportements. Il souligne également l'importance de protéger les intérêts du Trésor Public tout en respectant les droits des contribuables.

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Contrôle fiscal : fraude et évasion fiscale

Le contrôle fiscal est crucial pour assurer le respect des obligations fiscales des contribuables, encadré par le Code des Droits et Procédures Fiscaux. Ce document examine les fondements du contrôle fiscal, la distinction entre fraude et évasion fiscale, ainsi que les mesures législatives mises en place pour lutter contre ces comportements. Il souligne également l'importance de protéger les intérêts du Trésor Public tout en respectant les droits des contribuables.

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INTRODUCTION

Le contrôle de la situation fiscale du contribuable est une mission essentielle de


l’administration fiscale. Il vise à assurer l’application correcte de la loi fiscale en vérifiant
l’accomplissement par le contribuable de ses différentes obligations ainsi que l’exactitude et
la sincérité de ses déclarations. Ce contrôle est encadré par le Code des Droits et Procédures
Fiscaux (CDPF), promulgué par la loi n° 2000-82 du 9 août 2000. En cas de circonstances
exceptionnelles, la loi prévoit la possibilité de procéder à une nouvelle vérification
approfondie. Les procédures de vérification peuvent aboutir à un redressement fiscal pour les
contribuables vérifiés, et c’est pourquoi elles sont contrebalancées par une série de garanties
reconnues par le législateur en faveur du contribuable. L’application correcte de ces garanties
par l’administration est généralement contrôlée par le juge.

Ce cours examinera en détail les différents articles du CDPF, permettant :

● Chapitre I : de vérifier l’organisation du contrôle fiscal dans les systèmes fiscaux


déclaratifs,
● Chapitre II : d’étudier les moyens de ce contrôle,
● Chapitre III : d’examiner ses résultats pour les contribuables contrôlés, notamment
du point de vue de la taxation d’office.

CHAPITRE I : Les Fondements du Contrôle


Fiscal
Le Chapitre I se concentre sur les fondements du contrôle fiscal. L’objectif
principal du contrôle fiscal est de lutter contre le refus de l’impôt par les
contribuables afin de préserver les intérêts financiers du Trésor Public et, par
extension, l’intérêt général. Les impôts servent à financer les caisses des personnes
publiques qui sont toujours au service de la collectivité.

Il est important de distinguer entre la fraude, qui vise à éluder une règle dont les
conditions d’application sont réunies, et l’évasion fiscale, qui consiste à se placer en
dehors de ces conditions. La fraude peut être sanctionnée car elle repose sur une
violation de la loi, tandis que l’évasion fiscale, bien qu’elle ne puisse faire l’objet

1
d’aucune répression en l’absence d’infraction, peut donner lieu à un rétablissement
des bases imposables.

Il est difficile de qualifier exactement les comportements de refus de l’impôt


(Section I), mais une telle qualification est nécessaire pour appréhender au mieux
la matière imposable et réduire les pertes de recettes liées à de tels faits pour
protéger les intérêts du Trésor Public (Section II).

SECTION I : La lutte contre le refus de l’impôt


En dépit de l’apparente simplicité de la distinction entre la fraude et l’évasion fiscale, il est
relativement délicat de classer un comportement dans l’une ou l’autre catégorie dans la
pratique.

En effet, il existe en la matière une double difficulté (indétermination), qui touche à la fois les
concepts eux-mêmes (§1), et les phénomènes, faits et/ou comportements qu’ils désignent
(§2).

§ 1 : Les notions (concepts) de fraude et d’évasion fiscale

A ) - La confusion entre la fraude et l’évasion fiscale +

B ) - La distinction entre la fraude et l’évasion fiscale

La section 1 discute des concepts de fraude et d’évasion fiscale. Il existe deux courants
principaux dans la doctrine :

● Le premier ne fait pas de distinction fondamentale entre la fraude et l’évasion fiscale.


Certains auteurs considèrent le terme “évasion” comme une notion générique
désignant tous les comportements de refus de l’impôt, avec la fraude comme une
forme particulière d’évasion fiscale non admise, tandis que l’habileté constitue
l’évasion admise (c’est-à-dire légale).
● Le second courant oppose radicalement la fraude et l’évasion fiscale. La majorité de
la doctrine fait une distinction entre la fraude, considérée comme une infraction à la
loi fiscale, et l’évasion, définie comme l’utilisation habile des possibilités offertes par
la loi fiscale sans infraction.

Cependant, malgré cette distinction, chaque concept reste imprécis. Le Conseil des Impôts
français propose des définitions pour la fraude, l’évasion et un troisième comportement,
l’erreur. Ces définitions soulignent que la fraude peut être sanctionnée car elle repose sur
une violation de la loi, tandis que l’évasion ne peut faire l’objet de sanctions civiles ou

2
pénales, car le contribuable ne contrevient pas aux dispositions législatives ou
réglementaires.

§ 2 : Les phénomènes (faits / pratique) de fraude et d’évasion fiscale

La section 2 discute des phénomènes de fraude et d’évasion fiscale. Il existe une certaine
indétermination entre ces deux concepts, avec un glissement progressif de ce qui est légal
(évasion) vers ce qui ne l’est pas (fraude). La fraude et l’évasion fiscale partagent plusieurs
caractéristiques communes :

● Les effets de ces deux comportements sont similaires, car ils procurent tous deux un
avantage au contribuable, soit en lui permettant de bénéficier d’une disposition
favorable dont il aurait été normalement privé, soit en le faisant échapper à une
obligation à laquelle il aurait dû normalement se soumettre.
● L’intention du contribuable est également la même, qu’il s’agisse de fraude ou
d’évasion fiscale, car dans les deux cas, l’objectif est d’alléger ou de supprimer la
dette fiscale.
● La nature du moyen utilisé pour obtenir l’effet recherché dans les deux types de
situations est assez semblable, car la légalité ou l’illégalité du procédé est souvent
insuffisante pour caractériser de manière catégorique la fraude ou l’évasion.

Malgré ces similitudes, il est nécessaire de distinguer ces deux comportements pour une
application correcte des différentes catégories de pénalités.

La section 2 discute des phénomènes de fraude et d’évasion fiscale. En Tunisie, l’article 10


de la Constitution du 27 janvier 2014 a introduit des dispositions visant à lutter contre ces
deux phénomènes. Plusieurs lois ont ensuite été adoptées pour concrétiser certains aspects de
cette lutte :

● L’article 44 de la Loi de Finances (LF) pour 2014 a augmenté le taux de la retenue à


la source de 15 à 25% pour les rémunérations ou revenus versés à des personnes
résidant dans des paradis fiscaux (article 52 du CIRPP/IS).
● L’article 34 de la LF pour 2017 a prévu la non déductibilité des charges et de la TVA
relatives aux montants payés à des résidents de paradis fiscaux. Cela a été réalisé par
l’ajout de dispositions aux articles 14 et 15 du CIRPP/IS et à l’article 10 du code de
TVA.
● L’article 35 de la LF pour 2019 a abrogé le dernier paragraphe de l’article 52 du
CIRPP/IS et a remplacé la référence à des “paradis fiscaux” par celle d’“État ou
territoire dont le régime fiscal est privilégié”.
● L’article 50 de la LF pour 2019 a ajouté une disposition à l’article 52 du CIRPP/IS,
précisant que le taux de retenue à la source est relevé à 25% pour les personnes
établies en Tunisie et résidentes dans un État ou un territoire dont le régime fiscal est
privilégié. Ces mesures renforcent la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale,
protégeant ainsi les intérêts du Trésor Public.

3
Selon le paragraphe 2 du point 12 de l’article 14 du CIRPP/IS, des personnes sont
considérées comme résidentes ou établies dans un État ou un territoire dont le régime fiscal
est privilégié si l’impôt dû dans cet État ou territoire est inférieur à 50% de l’impôt sur le
revenu ou de l’impôt sur les sociétés dû en Tunisie pour la même activité. La liste de ces
États et territoires est fixée par un arrêté du ministre chargé des finances.

La première liste des “paradis fiscaux” a été établie par le décret n° 2014-3833 du 3 octobre
2014, qui comprenait 35 lieux répartis sur environ 25 pays. Cette liste est restée en vigueur
jusqu’à la publication de l’arrêté du ministre des finances du 25 mars 2019, modifié et
complété par l’arrêté de la ministre des finances du 26 septembre 2022. Ce dernier introduit
un nouveau tableau et précise que les États ou territoires concernés sont ceux où le taux de
l’impôt est inférieur à 5%, 7,5% ou 17,5% pour les activités soumises à l’impôt sur les
sociétés en Tunisie aux taux de 10%, 15% ou 35% respectivement.

Pour concrétiser les dispositions de l’article 10 de la Constitution du 27 janvier 2014,


plusieurs mesures ont été prises en Tunisie :

● La loi n° 2016-77 du 6 décembre 2016 a créé un pôle judiciaire économique et


financier chargé de l’investigation, de la poursuite, de l’instruction et du jugement des
infractions économiques et financières complexes.
● La Loi de Finances (LF) pour 2017 a créé un corps de contrôle spécial, la “Brigade
des investigations et de la lutte contre l’évasion fiscale”, chargée de découvrir et de
poursuivre les comportements constitutifs d’évasion fiscale.
● L’article 66 de la LF 2018 a ajouté un chapitre au Code des Droits et Procédures
Fiscaux (CDPF), créant un Comité général de la fiscalité, de la comptabilité publique
et du recouvrement au ministère des finances. Ce comité est chargé de contribuer à la
maîtrise du tissu fiscal, au renforcement de la conformité fiscale et à l’amélioration du
recouvrement de l’impôt.

Ces mesures visent à renforcer la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, protégeant ainsi
les intérêts du Trésor Public.

Section II : La protection des intérêts du Trésor Public


La deuxième finalité du contrôle fiscal est de protéger les intérêts du Trésor, qui finance une
partie des charges publiques. Cela est réalisé en classifiant les actions des contribuables
comme fraude, erreur ou évasion fiscale, ce qui permet de déterminer les conséquences
juridiques, administratives et/ou pénales appropriées. Une fois qu’une action est qualifiée,
elle peut être classée sur une échelle de légalité/illégalité. Certains comportements visant à
éluder les obligations fiscales sont considérés comme illicites et sont sanctionnés (§1),
tandis que d’autres ne le sont pas (§2). Enfin, la protection des intérêts du fisc n’est pas
incompatible avec la protection des intérêts des contribuables, car l’administration fiscale est
tenue de restituer les sommes perçues au-delà de l’impôt légalement dû par les
contribuables (§3).

4
§ 1 : La répression des comportements illicites (mauvaise foi)

Le paragraphe 1 discute de la répression des comportements illicites en matière fiscale. Ces


comportements résultent d’un manquement à une obligation fiscale et peuvent être classés
comme une fraude caractérisée ou une erreur. La fraude est commise lorsque le
manquement à l’obligation fiscale est intentionnel, tandis qu’une erreur est commise de
bonne foi. Il existe une présomption de bonne foi qui protège le contribuable, et c’est à
l’administration fiscale de prouver qu’il s’agit d’une fraude ou d’une évasion. La distinction
entre la fraude et l’erreur repose uniquement sur l’évaluation de la bonne ou de la mauvaise
foi du contrevenant.

Bien sûr, voici un exemple pour illustrer la différence entre la fraude fiscale et l’erreur :

Supposons qu’un contribuable, Monsieur Dupont, possède une entreprise.

● Fraude fiscale : Monsieur Dupont déclare intentionnellement des dépenses


personnelles en tant que dépenses d’entreprise pour réduire son impôt sur le
revenu. Il sait que ces dépenses ne sont pas déductibles, mais il les déclare quand
même comme dépenses d’entreprise. C’est un exemple de fraude fiscale car il y a
une intention délibérée de tromper l’administration fiscale.
● Erreur : Monsieur Dupont déclare par erreur des dépenses personnelles en tant
que dépenses d’entreprise. Il ne savait pas que ces dépenses n’étaient pas
déductibles. Une fois informé de son erreur par l’administration fiscale, il corrige sa
déclaration. C’est un exemple d’erreur car il n’y avait pas d’intention de tromper
l’administration fiscale. Monsieur Dupont a commis une erreur de bonne foi.

Dans les deux cas, Monsieur Dupont a manqué à ses obligations fiscales, mais l’intention
derrière ces manquements est différente. Dans le premier cas, il pourrait être passible de
sanctions pour fraude fiscale. Dans le second cas, il pourrait être tenu de corriger sa
déclaration et de payer l’impôt supplémentaire, mais sans les pénalités associées à la
fraude fiscale.

§ 2 : La tentative de limiter les effets «financiers» des


comportements licites : l’évasion

Le paragraphe 2 discute de l’évasion fiscale, un comportement licite qui fait l’objet d’une
attention particulière du législateur pour limiter ses effets et protéger les intérêts du Trésor
public. L’évasion fiscale peut être simplifiée ou complexe, basée sur un montage juridique et
fiscal destiné à réduire ou faire disparaître l’obligation fiscale.

On distingue les tactiques d’évasion fiscale qui correspondent à une situation réelle de
celles qui consistent en un montage fictif. Par exemple, une société peut créer une filiale à
l’étranger pour exploiter des brevets et échapper à l’imposition, ce qui est un exemple
d’évasion fiscale basée sur une situation réelle. Un autre exemple est un artiste qui crée une

5
société à l’étranger qui l’emploie comme salarié, ce qui est une pratique d’évasion fiscale
basée sur une situation fictive.

Dans certains cas, ces stratégies d’évasion fiscale sont tolérées par le fisc, car elles sont
considérées comme un moindre mal. Cependant, les comportements qui se rapprochent de
la fraude tout en restant dans le cadre de la légalité sont combattus par le fisc. Dans ces
cas, l’administration fiscale applique la théorie du réalisme du droit fiscal pour débusquer et
rétablir les situations réelles, afin de réintégrer les sommes indûment éludées dans la base
imposable.

Quels sont les critères pour qu'un comportement soit considéré


comme une fraude fiscale?
Un comportement est considéré comme une fraude fiscale lorsqu’il y a une intention
délibérée de se soustraire à l’impôt. Voici quelques critères qui peuvent être considérés
comme une fraude fiscale1234 :

● Omission volontaire dans la déclaration fiscale : Par exemple, ne pas déclarer


tous ses revenus.
● Dissimulation délibérée de l’étendue des biens imposables : Par exemple, ne
pas déclarer certains biens ou revenus qui sont soumis à l’impôt.
● Organisation de son insolvabilité : Par exemple, commettre des actes délibérés
d’appauvrissement pour échapper à l’impôt.
● Utilisation de sociétés écran : Par exemple, utiliser des sociétés fictives pour
dissimuler des revenus ou des biens.

Il est important de noter que la fraude fiscale est différente de l’évasion fiscale. L’évasion
fiscale est une pratique consistant à diminuer ses impôts en tirant profit des lacunes de la
législation fiscale, ce qui est légal. En revanche, la fraude fiscale implique des actions
illégales pour éviter de payer l’impôt dû. La fraude fiscale est passible de sanctions
pénales et administratives.

Comment l'administration fiscale peut-elle détecter les comportements


de refus d'impôt ?
L’administration fiscale dispose de plusieurs méthodes pour détecter les comportements
de refus d’impôt123 :

● Demande de renseignements ou d’informations : L’administration fiscale peut


demander des renseignements ou des informations supplémentaires aux
contribuables. Ces demandes peuvent déboucher sur un contrôle fiscal1.
● Analyse des déclarations fiscales : L’administration fiscale analyse les
déclarations fiscales des contribuables. Si elle constate une insuffisance, une
inexactitude, une omission ou une dissimulation dans les éléments servant de
base au calcul des impôts et taxes, elle peut mettre en œuvre une procédure de
rectification3.
● Recours amiables : En cas de litige avec l’administration fiscale, les contribuables
peuvent saisir le conciliateur fiscal départemental avant de s’adresser au
médiateur2.

6
Ces méthodes permettent à l’administration fiscale de détecter et de lutter contre la fraude
fiscale.

§ 3 : La restitution du trop-perçu d’impôt


Ce paragraphe explique le concept de restitution du trop-perçu d’impôt dans le droit fiscal
tunisien. L’administration fiscale, malgré ses pouvoirs inquisiteurs, est tenue de restituer
l’excédent d’impôt perçu au-delà de ce qui est dû par les contribuables. Les contribuables
peuvent présenter une “demande en restitution de l’indu” s’ils estiment avoir été victimes
d’une erreur de l’administration fiscale.

Le trop-perçu d’impôt peut être dû à plusieurs facteurs, tels que des erreurs dans la
détermination de l’assiette de l’impôt, l’application du taux, des sommes retenues à la
source ou avancées qui n’ont pas pu être imputées sur le montant de l’impôt dû, ou le
montant d’une TVA déductible qui n’a pas pu être imputée sur le montant de la TVA
collectée.

Toute restitution de trop-perçu d’impôts est soumise à des règles et conditions générales
fixées par le législateur. Cependant, la restitution du crédit de TVA obéit à des règles
particulières, quelque peu différentes des règles générales applicables en matière de
restitution d’impôt.

A ) - Les règles générales de restitution d’impôt


1 ° ) - Les conditions de la demande en restitution

a ) - Les conditions de délai

La restitution du trop-perçu d’impôt n’est pas automatique et nécessite une demande de la


part des contribuables. Cette demande est régie par des conditions de fond et de forme,
ainsi que par une procédure spécifique. Pour être recevable, la demande doit respecter
certaines conditions de délai, de forme et de fond.

Concernant le délai, la demande doit être déposée dans un délai maximum de 3 ans à
compter de la date à laquelle l’impôt est devenu restituable. Ce délai commence à courir à
partir de la date de recouvrement pour l’impôt indûment perçu, de la date de réalisation des
conditions pour le crédit d’impôt, ou de la date à laquelle le jugement ou l’arrêt de justice
acquiert la force de la chose jugée.

Si l’excédent d’impôt provient de retenues à la source ou d’avances, le contribuable peut le


reporter sur le montant de l’impôt dû au titre de l’année suivante. Si cet excédent n’a pas pu
être imputé, une demande en restitution est nécessaire, respectant le délai de 3 ans à
compter de la date de dépôt de la déclaration relative à l’année concernée.

7
b ) - Les conditions de forme+Fond
Concernant la forme de la demande en restitution, elle doit être écrite, motivée et déposée
contre récépissé auprès des services compétents de l’administration fiscale, c’est-à-dire
auprès du centre ou du bureau de contrôle des impôts territorialement compétent.

Quant aux conditions de fond, pour être recevable, la demande en restitution doit être
accompagnée du dépôt par le contribuable de toutes les déclarations fiscales échues et non
prescrites à la date du dépôt de la demande. Cela inclut toutes les déclarations relatives aux
impôts directs, indirects, taxes et autres prélèvements obligatoires. L’absence de dépôt de
l’une de ces déclarations rend le contribuable inéligible à toute restitution.

2 °) - La procédure de la restitution

La procédure de restitution du trop-perçu d’impôt est régie par l’article 30 du CDPF. Les
services de l’administration fiscale sont chargés d’instruire les demandes en restitution selon
des modalités fixées par arrêté du ministre des finances. Ces modalités ne peuvent pas
ajouter de conditions supplémentaires ou créer de nouvelles obligations pour les
contribuables.

Après instruction, la demande est soumise à un contrôle pour vérifier son bien-fondé. Ce
contrôle est effectué par les mêmes services qui ont instruit la demande. L’administration
fiscale peut également effectuer une vérification approfondie de la situation fiscale du
contribuable.

Les délais d’instruction et de contrôle ne doivent pas dépasser 6 mois à compter de la date
du dépôt de la demande. Trois cas peuvent se présenter après instruction : l’administration
constate qu’il n’y a pas de sommes perçues en trop, elle retient un montant à restituer
inférieur à celui demandé, ou elle retient un montant à restituer égal à celui demandé. Dans
ces trois cas, l’administration doit notifier sa décision au contribuable dans les 6 mois.

Si l’administration fiscale ne répond pas dans un délai de six mois, cela vaut refus implicite
de la demande en restitution.

Il existe une contradiction apparente dans la loi qui exige une motivation en cas de refus de
restitution, car le silence de l’administration fiscale pendant 6 mois équivaut à un refus. Cette
contradiction semble vider de son sens l’exigence de motivation. En cas de refus ou d’octroi
partiel, la décision de l’administration fiscale doit être motivée et peut donner lieu à un
recours judiciaire.

Si l’administration fiscale répond positivement (en totalité ou en partie) et que le contribuable


accepte le montant à restituer, l’administration doit vérifier s’il n’existe pas de créances
fiscales à la charge du contribuable. Si une dette fiscale est constatée, l’administration ne
restitue que la différence entre le montant retenu pour la restitution et les créances
constatées.

8
Si les sommes à restituer ont été indûment perçues en vertu d’une taxation d’office, elles
donnent lieu à l’application d’un intérêt de restitution au profit du contribuable, liquidé au taux
de 0,75% par mois ou fraction de mois écoulé.

Cependant, il existe une discrimination entre l’administration et les contribuables. Par


exemple, la taxation d’office confirmée par un juge entraîne pour le contribuable une pénalité
de retard de 1,25% par mois, tandis que l’administration n’est soumise qu’à une pénalité de
0,75% si le juge donne raison au contribuable. De même, en matière de retenues à la
source ou d’avances, le contribuable qui n’effectue pas une retenue à la source ou opère
une retenue insuffisante supporte une pénalité égale au montant des retenues non
effectuées, tandis que l’administration qui aurait perçu les mêmes sommes en trop ne
supporte aucune pénalité de retard de restitution. L’équité fiscale aurait été davantage
respectée si le législateur avait prévu les mêmes pénalités de retard pour le contribuable et
pour l’administration fiscale.

Tableau récapitulatif des cas de restitution des crédits de TVA

Restitution des crédits de Restitution de crédits de TVA mensuels Restitution de


TVA de droit commun (art. 15, II, 1) crédits de
TVA
trimestriels
(art. 15. II, 2)

Crédits de Crédits de TVA Crédits de Crédits de Crédits de TVA Crédits de TVA


TVA pour cessation TVA issus TVA pour pour excédent de issus des
semestriels d’activité (art. d’opérations vente de retenues à la investissements
(art. 15, II, 3) 15, IV) d’exportation biens et source de TVA au prévus par l’art. 5
services en titre des marchés CII et des
suspension publics investissements
de TVA de mise à niveau
approuvés par le
comité de
pilotage

Délai de Délai de Délai de Délai de réponse :


réponse : réponse : 6 réponse : 30 jours
120 jours mois 7 jours
ou 60 (retour au
jours si droit
entreprise commun)
soumise à
la
certificatio
n des
comptes

9
● La restitution du crédit de TVA non imputé est possible dans les cas
énumérés par l’article 15 du code de la TVA. Selon cet article, lorsque la TVA
déductible ne peut être entièrement appliquée sur la TVA due sur les
opérations taxables, le crédit de TVA peut être remboursé. Cependant, cela
nécessite une demande de la part du contribuable, qui doit être déposée au
centre de contrôle des impôts compétent, accompagnée des justifications
nécessaires.
● La procédure de restitution du crédit de TVA est régie par l’article 32 du
CDPF, modifié par la LF 2010. La restitution de la TVA s’effectue directement
par le receveur des finances après visa de la demande en restitution par les
services de l’administration fiscale concernés. Le visa doit intervenir dans un
délai ne dépassant pas 90 jours à partir de la date du dépôt de la demande.
● Cependant, la restitution du crédit de la TVA doit s’effectuer dans un délai ne
dépassant pas 120 jours à partir de la date du dépôt de la demande en
restitution qui remplit toutes les conditions légales requises. Ce délai est
réduit à 60 jours pour les entreprises dont les comptes sont légalement
soumis à l’audit d’un commissaire aux comptes et pour lesquelles la
certification est intervenue au titre du dernier exercice clôturé pour lequel le
délai de déclaration de l’impôt sur les sociétés au titre de ses résultats est
échu à la date du dépôt de la demande. Cette condition est applicable à
condition que la certification des comptes ne comporte pas de réserves ayant
une incidence sur l’assiette de l’impôt.
● Il est à noter que, comme pour la procédure générale, toutes les demandes
de remboursement de crédits de TVA se font à la demande de l’assujetti.
Cependant, la différence réside dans les délais de réponse de l’administration
fiscale à ces demandes, qui sont spécifiques à la procédure de restitution du
crédit de TVA.
● Le délai de réponse de l’administration fiscale à une demande de restitution
de crédit de TVA est réduit à 30 jours dans plusieurs cas spécifiques. Ces cas
incluent les situations où le crédit de TVA dont la restitution est demandée
provient :

Des ventes en suspension de TVA ;Des retenues à la source en matière de TVA


;Des investissements prévus par l’article 5 du CII ;Des investissements de mise à
niveau, réalisés dans le cadre d’un programme de mise à niveau approuvé par le
comité de pilotage du programme de mise à niveau. Ces dispositions permettent une
restitution plus rapide du crédit de TVA dans ces situations spécifiques.

● L’article 15 du code de la TVA ne fait plus de distinction entre les taux de


remboursement du crédit de TVA, qui ne sont plus variables selon les
catégories d’opérations. Il semble autoriser une restitution intégrale de tous
les cas de crédits de TVA énumérés. Cependant, il établit la possibilité du
remboursement d’une avance allant de 15% à 50% sans contrôle préalable
pour le cas du crédit de TVA apparaissant sur 6 déclarations consécutives.

10
● Selon l’article 15, III du code de la TVA, une avance de 15% du montant
global du crédit de la TVA est payée sans contrôle préalable. Le taux de
l’avance est relevé à 50% pour les entreprises dont les comptes sont
légalement soumis à l’audit d’un commissaire aux comptes et pour lesquelles
la certification est intervenue au titre du dernier exercice clôturé.
● Dans les autres dispositions de l’article 15 du code de la TVA, la restitution
est évoquée sans aucune référence à un quelconque pourcentage, ce qui
suggère qu’il s’agit d’une restitution intégrale, car dans le cas contraire, cela
aurait été précisé.

INTRODUCTION......................................................................................................................1
CHAPITRE I : Les Fondements du Contrôle Fiscal.............................................................1
SECTION I : La lutte contre le refus de l’impôt............................................................ 2
§ 1 : Les notions (concepts) de fraude et d’évasion fiscale....................................2
A ) - La confusion entre la fraude et l’évasion fiscale +.................................... 2
B ) - La distinction entre la fraude et l’évasion fiscale...................................... 2
§ 2 : Les phénomènes (faits / pratique) de fraude et d’évasion fiscale.................. 3
Section II : La protection des intérêts du Trésor Public................................................ 4
§ 1 : La répression des comportements illicites (mauvaise foi).............................. 5
§ 2 : La tentative de limiter les effets «financiers» des comportements licites :
l’évasion..................................................................................................................5
§ 3 : La restitution du trop-perçu d’impôt................................................................ 7
A ) - Les règles générales de restitution d’impôt......................................................................7
b ) - Les conditions de forme+Fond......................................................................................... 8
2 °) - La procédure de la restitution............................................................ 8

11

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