Importance des Soft Skills au Maroc
Importance des Soft Skills au Maroc
skills
Professeur SENHAJI
1
INTRODUCTION
• Pour réussir dans le monde du travail, les
diplômes et les compétences techniques sont-
ils suffisants ?
• Si les connaissances restent nécessaires et
primordiales, les entreprises s’intéressent de
plus en plus aux softs skills pour assurer un
meilleur rendement des ressources humaines.
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• Skills se traduit en français par « compétences »,
le mot peut être synonyme de « aptitudes », «
capacités », « habilités ».
• Le dictionnaire d’Oxford les définit comme des «
attributs personnels qui permettent à quelqu’un
d’interagir efficacement et harmonieusement avec
d’autres personnes.»
3
• Word Economic Forum : selon le rapport Future of Jobs publié
en 2018 par le Forum Économique Mondial, parmi les
compétences recherchées dans le monde professionnel figurent :
1. Pensée analytique et capacité d’innovation
2. Techniques d’apprentissage actif
3. Créativité, originalité et prise d’initiative
4. Capacité à concevoir des technologies et à programmer
5. Capacité d’analyse et pensée critique
6. Capacité à résoudre des problèmes complexes
7. Leadership et influence sociale
8. Intelligence émotionnelle
9. Raisonnement, capacité à résoudre des problèmes complexes
[Link]és d’analyse de systèmes et d’évaluation
• [Link]
exactement/
4
Soft skills
• Aptitudes sociales : Communication, Travail
en équipe, Gestion de conflit, Négociation
• Aptitudes personnelles : Leadership positif,
Autoévaluation, Adaptabilité
• Aptitudes méthodologiques : Apprendre à
apprendre, Compétences analytiques,
Créativité, Résolution de problèmes
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Les hard skills et Les soft skills
6
Nouveau Modèle de Développement 2021
et les soft skills
• Les "soft skills" ou compétences non techniques sont des
compétences interpersonnelles et comportementales qui permettent
aux individus de travailler efficacement avec les autres et de
s'adapter à diverses situations.
• Dans le contexte du Nouveau Modèle de Développement (NMD)
du Maroc, ces compétences sont particulièrement valorisées pour
leur rôle dans l'épanouissement personnel et professionnel des
jeunes.
• Le NMD propose de renforcer les "soft skills" à travers des
programmes de formation et d'accompagnement, notamment pour
les jeunes déscolarisés, afin de développer leur pensée critique, leur
communication, leur créativité, et leur capacité à travailler en
équipe. Ces compétences sont essentielles pour améliorer
l'employabilité des jeunes et leur permettre de contribuer activement
au développement économique et social du pays.
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• Les soft skills sont des compétences
comportementales et interpersonnelles qui facilitent la
communication, l’adaptation et la collaboration. Elles
regroupent des aptitudes sociales, personnelles et
méthodologiques, qui visent l’épanouissement
personnel et professionnel.
8
[Link]
9
L’art
• Le mot art désigne une activité humaine qui consiste
à créer des œuvres destinées à exprimer des idées, des
émotions ou une vision du monde. Il englobe un large
éventail de disciplines, comme la peinture, la
sculpture, la musique, la danse, la littérature, le
théâtre, le cinéma, et bien d’autres encore....
[Link]
10
• Selon le dictionnaire Le Robert, l’Art désigne :
1. Ensemble de connaissances et de règles d'action,
dans un domaine particulier.
2. Chacun des modes d'expression de la beauté.
3. Création des œuvres d'art ; ensemble des œuvres (à
une époque ; dans un lieu particulier)
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• L’art est un moyen d’expression qui permet à
l’être humain de transmettre des émotions, des
idées ou une vision du monde à travers
différentes formes comme la peinture, la
musique ou le théâtre.
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La culture
Définition de la culture par l'UNESCO:
• «La culture, dans son sens le plus large, est considérée
comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et
matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une
société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts
et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux
de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions
et les croyances.»
• Déclaration de Mexico sur les politiques culturelles. Conférence mondiale sur les
politiques culturelles, Mexico City, 26 juillet - 6 août 1982.
13
Culture
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La diversité culturelle
• Le Maroc est riche de sa pluralité culturelle, de sa profondeur
historique et de son patrimoine tant matériel qu’immatériel. Dans ce
contexte, la culture au Maroc est vouée à devenir un levier
multidimensionnel de prospérité économique, de lien social inclusif
et de soft power géopolitique: c’est un enjeu d’unité nationale en
liaison avec la demande de sens et de repères historiques et
identitaires; la culture offre également un gisement de croissance,
d’investissement et d’emploi au plus proche des territoires et des
besoins locaux; la profondeur historique marocaine est un atout à
faire valoir comme levier de stabilité régionale, de rayonnement
culturel et de coexistence.
• La culture dans le NMD répond à une double exigence, d’unité
nationale et de pluralité : Le NMD fait de la capacitation du citoyen,
de son épanouissement et de la libération des initiatives des
conditions d’émergence. P.124
• Nouveau Modèle de Développement; RAPPORT GENERAL - AVRIL 2021
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Patrimoine culturel matériel
• Définition:
Le patrimoine culturel matériel comprend les biens physiques qui ont de la valeur
historique, culturelle ou artistique. Il inclut des objets et des sites concrets, hérités du
passé et reconnus pour leur importance.
• Les différents types :
1. Patrimoine immobilier :
- Monuments comme des mosquées, des palais, des églises, et des médersas.
- Sites archéologiques comme Volubilis et Chellah.
- Villes anciennes comme Fès, Marrakech et Essaouira.
2. Patrimoine mobilier :
- Œuvres d’art comme des peintures et des sculptures.
- Objets faits à la main et vieux manuscrits.
- Collections dans des musées, par exemple, les trésors du Musée Mohammed
VI.
3. Patrimoine immergé :
- Épaves historiques.
- Vestiges sous l'eau comme des ports anciens ou des villes englouties.
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Patrimoine culturel immatériel
• Définition:
Le patrimoine culturel immatériel regroupe les pratiques, savoir-
faire, expressions et traditions transmises de génération en
génération. Il est vivant et en constante évolution.
• Exemples de patrimoine immatériel:
1. Traditions orales et expressions
• Contes, légendes, poésies (ex : "Al Malhoun")
2. Arts du spectacle
• Musique et danse (ex : Ahidous, Gnaoua, Aïta)
3. Pratiques sociales et rituels
• Moussem (ex : Moussem de Tan-Tan, classé par l’UNESCO)
4. Connaissances et savoir-faire artisanaux
• Zellige, tissage du Haïk, poterie de Safi....
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23
SEANCE N°2 :
Introduction à l'histoire du
Maroc:
Héritage préislamique
Objectifs de la séance:
Comprendre l'impact de la position géographique du
Maroc sur sa diversité culturelle.
Analyser les influences des civilisations préislamiques, y
compris les royaumes amazighs, sur le patrimoine
marocain.
Explorer la composition la population du Maroc et sa
richesse culturelle.
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Le Maroc : carrefour des
civilisations
• Situé au Nord-ouest de l'Afrique, le
Maroc est entouré par :
• La Mer Méditerranée au Nord.
• L’Océan Atlantique à l'ouest.
• L'Algérie à l'est.
• La Mauritanie au sud.
• Cette position stratégique en fait un
carrefour entre l'Afrique, l'Europe et
le Monde arabe.
25
Conséquences de la position géographique
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Routes commerciales historiques
• Le Maroc était traversé par des
routes commerciales majeures :
– Les routes transsahariennes
reliant l'Afrique de l'Ouest à
la Méditerranée.
– Les routes maritimes
méditerranéennes connectant
l'Europe et l'Afrique du
Nord.
• Ces routes ont permis
l'introduction de :
– Produits exotiques et épices.
– Pratiques culturelles variées
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La population marocaine
La population marocaine est composée
principalement de :
• Amazighs : peuple autochtone du Maroc.
• Arabes : arrivés avec l’islam au VIIe siècle.
• Juifs : établis depuis l'Antiquité.
• Mauresques : Les Andalous expulsés d’Espagne.
• Subsahariennes ( africaines) : issues des
échanges transsahariens.
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Mauresques
• Les Andalous expulsés d’Espagne.
• Après la Reconquista (achevée en 1492 avec la
prise de Grenade), les Musulmans ont été forcés de
se convertir ou de partir.
• Entre le XVIᵉ et le XVIIᵉ siècle, les Morisques
(Musulmans convertis de force au christianisme)
sont expulsés d’Espagne, notamment entre 1609-
1614 sous Philippe III.
• Un grand nombre d’entre eux s’établissent au
Maroc, notamment à Fès, Rabat, Salé, Tétouan et
d’autres villes du Nord.
29
Constitution du Maroc de 2011
• « État musulman souverain, attaché à son unité
nationale et à son intégrité territoriale, le
Royaume du Maroc entend préserver, dans sa
plénitude et sa diversité, son identité nationale
une et indivisible. Son unité, forgée par la
convergence de ses composantes arabo-
islamique, amazighe et saharo-hassanie, s'est
nourrie et enrichie de ses affluents africain,
andalou, hébraïque et méditerranéen »
• Préambule, Constitution du Maroc de 2011
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L'écrivain et voyageur italien Edmondo De Amicis a visité le
Maroc en 1875, (XIXᵉ siècle) .
• « Ce pays, enfermé entre la méditerranée, l’Algérie, le
désert du Sahara et l’Océan, traversé par la grande
chaîne de l’Atlas, baigné par de larges fleuves ; ce pays
où s’ouvrent des plaines immenses, où règnent tous les
climats, où la nature, dans sa prédilection, a semé des
richesses inestimables ; ce pays, destiné par sa situation
géographique à être une grande voie commerciale entre
l’Afrique centrale et l’Europe, est occupé aujourd’hui
par huit millions environ d’habitants, berbère, maures,
juifs, nègres, ou européens, dispersés sur une tendue de
terrain plus vaste que la France ».
Edmondo de AMICIS, Le Maroc,p.16-17
31
Représentation du XIXᵉ siècle
• « Les Berbères, qui forment le fond de la population indigène, sauvages,
turbulents, insoumis, vivent dans les montagnes inaccessibles de l’Atlas,
presque indépendants de l’autorité impériale. Les Arabes, le peuple
conquérant, occupent les plaines, encore nomades et pasteurs, et n’ayant
pas perdu toute la fierté du caractère antique. Les Maures, Arabes
croisés(...), descendants surtout ces Maures d’Espagne, habitent les villes
et ont entre les mains toutes les richesses, les charges et le commerce. Les
nègres, au nombre de cinq cent mille environ, viennent du Soudan, et sont
pour la plupart domestiques, ouvriers ou soldats. Les juifs, presque aussi
nombreux que les noirs exilés d’Europe au moyen âge ; (...), ils exercent les
arts et les métiers, brocantent, s’industrient de mille manières avec le
génie, la souplesse et la persévérance propres à leur race,(...)les
Européens,(...), sont moins de deux mille dans tout le Maroc, habitent
presque tous à Tanger, et vivent librement à l’abri des pavillons des
consulats»
Edmondo de AMICIS, Le Maroc,p.17
32
Royaumes amazighs préislamiques
• Maurétanie (IIIe siècle av. J.-C. - Ier siècle ap. J.-C.) :
– Correspondait aux territoires de l'actuel Maroc et de l'Ouest de l'Algérie.
– Capitale : Tingis (actuelle Tanger) au début, puis Caesarea (Cherchell).
– Rois célèbres :
• Bocchus I : Allié de Rome, il a capturé le roi numide Jugurtha et l'a remis
aux Romains.
• Juba II : Érudit et roi, marié à Cléopâtre Séléné II, fille de Marc Antoine
et Cléopâtre.
• Numidie (IIIe siècle av. J.-C. - Ier siècle av. J.-C.) :
– Située principalement en Algérie actuelle, s'étendant à certaines parties de la
Tunisie et du Maroc oriental.
– Capitale : Cirta, connue aujourd'hui sous le nom de Constantine.
– Rois célèbres :
• Massinissa : il a unifié les tribus numides et s’est allié à Rome contre
Carthage.
• Jugurtha : Connu pour sa résistance contre Rome lors de la guerre de
33
Jugurtha.
34
Les Phéniciens au Maroc
(XII e - VI e siècle av. J.-C.)
35
Les Carthaginois (VI e- IIe siècle av. J.-C.)
36
L'Influence Romaine au Maroc
• Conquête romaine (Ier siècle av. J.-C. – Ve siècle ap. J.-C.)
• Le Maroc fut intégré à l'Empire romain sous le nom de Maurétanie
Tingitane en 40 ap. J.-C., après l'annexion par l'empereur Claude.
• Cette province devint un carrefour stratégique entre l'Afrique et
l'Europe.
• Développement des villes comme Volubilis, Sala Colonia (Rabat),
Lixus.
• Introduction du latin, du droit romain, des infrastructures (routes,
aqueducs).
• Traces laissées par Rome:
• Mosaïques, temples, places et villas luxueuses encore visibles à
Volubilis.
• Influence sur l'architecture et l'organisation des villes marocaines.
• Introduction de nouvelles cultures agricoles : oliviers, blé, vigne.
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L'Arrivée des Vandales et Byzantins
• Les Vandales (Ve siècle ap. J.-C.)
– Peuple germanique a envahi l'Afrique du Nord en 429.
– Détruisent une partie des infrastructures romaines mais
conservent certains modes de gestion.
– Impact limité au Maroc, car leur domination reste
brève.
• Les Byzantins (VIe siècle ap. J.-C.)
– L'Empire byzantin reprend le contrôle de certaines
villes marocaines.
– Influence sur l'architecture (basilique chrétienne, art
religieux).
– Dernière domination étrangère avant l'arrivée de
l'Islam au VIIe siècle.
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Les Religions au Maroc avant l'Islam
1. Polythéisme :
• Pratiqué par les Amazighs.
• Culte des divinités locales et des éléments naturels (soleil,
lune, montagnes).
2. Judaïsme :
• Présence ancienne dès l'époque romaine, avec des
communautés juives amazighes.
3. Christianisme :
• Introduit sous la domination romaine, principalement
dans les centres urbains.
• Adoption limitée du christianisme orthodoxe sous les
Byzantins.
39
Synthèse des influences culturelles au
Maroc avant l’Islam
• Héritage amazigh : Langue, traditions,
organisation tribale.
• Héritage phénicien et carthaginois :
Commerce maritime, alphabet, artisanat.
• Héritage romain : Urbanisme, droit,
agriculture, infrastructures.
• Héritage vandale et byzantin : Traces
culturelles chrétiennes et nouvelles influences
architecturales.
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SEANCE N° 3 :
41
CONTEXTE HISTORIQUE
42
L’expansion de l’Islam au Maroc
43
L’entrée des Amazighs à l'Islam
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Les Idrissides (788-974)
Fondation par Idris Ier
• Idris Ier, descendant du Prophète Mohamed (PBSL), fuit l'Empire
Abbasside après la défaite de la bataille de Fakh (786).
• Idris Ier a épousé Kenza, fille du chef de la tribu amazighe des Awraba.
Ce mariage a renforcé son autorité.
• En 788 et fonde le premier État musulman indépendant au Maroc,
marquant une rupture avec le califat abbasside.
Fès, nouvelle capitale
• En 789, Idris Ier fonde Fès, qui devient un centre religieux et
économique.
• Sous Idris II, la ville se développe avec l’arrivée d’Andalous et de
Kairouanais.
Unification du Maroc
• Les Idrissides unifient les tribus amazighes et arabes sous une même
autorité.
• Création d’un État indépendant du califat abbasside de Bagdad.
45
Réalisations des Idrissides
46
Causes de la chute de la dynastie idrisside
47
Les Almoravides (1056-1147)
48
RÉALISATIONS
• Unification des tribus amazighes autour d’un seul
pouvoir.
• Expansion territoriale : le contrôle de vastes régions du
Maghreb et de l'Al-Andalus.
• Interventions militaires décisives: la victoire à la
Bataille de Sagrajas (23 octobre 1086), Zallaqa ( en arabe:
: معركة الزالقةMaʿrakat az-Zallāqa), arrêtant l'avancée des
royaumes chrétiens en Espagne.
• Développement économique: contrôle des routes
commerciales transsahariennes, favorisant les échanges
entre l'Afrique subsaharienne et le monde méditerranéen.
49
L’Empire Almoravide
50
TRACES LAISSÉES
• Influence durable sur la culture et
l'urbanisme du Maghreb et de l'Al-Andalus.
• Construction de monuments emblématiques,
tels que la Koutoubia à Marrakech, illustrant
l'architecture de l'époque.
• Propagation de l’Islam dans les régions
sahariennes et consolidation de l'unité
religieuse.
51
SEANCE N°4 :
Les dynasties marocaines : les Almohades, les
Mérinides, les Saadiens et les Alaouites.
Objectif : Analyser l'évolution des dynasties marocaines et leur
impact sur développement du pays.
Période couverte : Du XIIᵉ siècle à aujourd’hui.
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Les Almohades (1121-1269)
Origines:
• Fondé au début du XIIᵉ siècle comme un mouvement religieux
réformateur par Ibn Tumart, dans le Haut Atlas, contre les
Almoravides.
• Ibn Tumart s'est proclamé Mahdi, et a fait de Tinmel, dans les
montagnes de l'Atlas, un point de départ de son action.
Création de l'Empire:
• Abd al-Mu'min, disciple d'Ibn Tumart, devient le chef après la
mort de ce dernier en 1130.
• En 1147, les Almohades renversent les Almoravides à
Marrakech, fondent une dynastie qui s'étend sur le Maghreb,
l'Andalousie, et une grande partie du Nord de l'Afrique.
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Économie et commerce :
L’Empire almohade est un centre commercial majeur, reliant
l’Afrique du Nord à l’Europe et au Monde arabe.
L’agriculture et le commerce transsaharien connaissent un essor sous
leur règne.
Batailles :
Bataille d'Alarcos (1195) : Victoire contre les royaumes chrétiens
de la péninsule ibérique. Ce triomphe a renforcé leur position en
Espagne et a démontré la puissance de l’Empire.
Philosophie :
Averroès (Ibn Rochd): a réalisé des lectures sur les œuvres
d'Aristote, marquant l’histoire de la philosophie médiévale.
Ibn Tufayl : a écrit Hayy Ibn Yaqdhan, «L'Éveillé ou Le Philosophe
autodidacte », un récit philosophique explorant la nature humaine,
la connaissance, et la spiritualité.
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Sciences et médecine :
Développement des sciences exactes (astronomie,
mathématiques) et des disciplines médicales.
Ibn Zuhr (Avenzoar) : Médecin a contribué à la
médecine clinique et à l'étude des maladies.
Les bibliothèques almohades ont servi de centres
intellectuels, attirant des savants de toutes les régions.
Culture et arts :
Promotion de la calligraphie, de la poésie, et des arts
décoratifs.
Évolution des échanges culturels entre l'Afrique du
Nord, l'Europe et le monde islamique.
55
Architecture et urbanisme
• La Tour Hassan (Rabat) : Monument inachevé,
témoignage du projet impérial almohade.
• La Giralda (Séville) : grande mosquée almohade édifiée
entre 1184 et 1198 sous les instructions du Calife almohade
Abu Yaqub Yusuf, et a été achevée sous le règne de Yaqub
al-Mansur. Inspirée de la Koutoubia de Marrakech.
• Mosquée de Tinmel : Point de départ du mouvement
almohade.
• Fondation de Rabat : La ville est développée comme
capitale impériale et fortifiée.
• Urbanisme : Création de vastes infrastructures pour les
villes, y compris des murs, des ponts, et des systèmes de
gestion de l'eau, reflétant l'efficacité almohade.
56
Déclin
57
Tour Hassan et Giralda de Séville
58
Empire Almohade
59
Les Mérinides (1244-1465)
60
Réalisations
Développement des villes : Fès devient un centre majeur
d’apprentissage et de culture, attirant des savants.
Architecture : Construction de la Médersa Bou Inania et
de nombreuses mosquées, notamment à Fès et à Meknès.
Arts : Introduction et développement de l'art du zellige
(carrelage en mosaïque)
Économie et commerce : Le commerce transsaharien se
développe. Fès et Sijilmassa deviennent des centres de
commerce et des carrefours de marchandises venant
d'Afrique subsaharienne et d'Andalousie, facilitant
l'échange d'or, de sel et d'autres produits.
61
Chute de l’Andalousie et impact
62
Déclin et fin des Mérinides
63
Empire des Mérinides
[Link]
64
Médersa Bou Inania Fès
[Link]
[Link]
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Les Saadiens (1554-1659)
• Les Saadiens sont des descendants du prophète Mohamed et
viennent du Sud du Maroc. Après une période de troubles, ils
réussissent à reprendre le contrôle du pays au milieu du XVIᵉ
siècle.
• Prise de Pouvoir : En 1554, ils unifient à nouveau le Maroc et
repoussent les Portugais.
• Ahmed al-Mansur Dhahbi : Il est le plus grand souverain de
cette dynastie. Son règne (1578-1603) est marqué par des
victoires militaires en Afrique subsaharienne, l’établissement
de relations commerciales avec le Soudan, et un rayonnement
culturel.
• Abdallah al-Ghalib : Son règne a vu la consolidation de
l’autorité saadienne sur le Maroc.
66
Commerce et relations diplomatiques :
• Expansion du commerce transsaharien et renforcement des
relations avec l'Europe et le Soudan.
Batailles :
La bataille des Trois Rois (1578) : Ahmed al-Mansur
Dhahbi mène une campagne victorieuse contre le Roi du
Portugal, Don Sebastian, renforçant ainsi son autorité sur le
Maroc.
Traces :
Tombeaux Saadiens à Marrakech: Un chef-d'œuvre de l’art
marocain décoratif.
Palais El Badi : Un grand palais, maintenant en ruines, qui
témoigne de la somptuosité du règne saadien.
Déclin : La dynastie décline après la mort d’Ahmed al-
Mansur, à cause des luttes internes et des pressions
extérieures, ce qui ouvre la voie aux Alaouites
67
Les Tombeaux saadiens de
Marrakech
[Link]
68
Palais El-Badi
69
L’Empire des Saadiens
[Link] 70
Les Alaouites (1666-présent)
• Les Alaouites sont une dynastie chérifienne régnant sur le
Maroc depuis le XVIIᵉ siècle. Leur ascendance remonte au
prophète Mohammed (PBSL), par l'intermédiaire de son petit-
fils Hassan. Originaires de la région du Hedjaz en Arabie, leurs
ancêtres se seraient établis dans la région du Tafilalet, au sud-
est du Maroc, vers 1266.
• Unification du Maroc: ils résistent aux invasions extérieures
et rétablissent l’ordre au pays après une période de troubles.
• La dynastie est officiellement fondée en 1631 par Moulay
Chérif.
• Moulay Rachid (1664-1672) unifie le Maroc et consolide le
pouvoir central.
71
Sa Majesté le Roi Mohammed VI et l’arbre
généalogique de la famille Alaouite
72
Sous Moulay Ismaïl (1672-1727), le Maroc atteint son apogée
territoriale. Il expulse les Ottomans d'Oujda, les Espagnols de
Larache et Asilah, et les Anglais de Tanger, renforçant ainsi la
souveraineté du Maroc.
Moulay Ismaïl crée une armée puissante, composée
principalement d'Abid al-Bukhari pour unifier le Maroc et
renforcer l'autorité centrale.
Sous son règne, Meknès devient une capitale impériale dotée
de monuments emblématiques.
73
La dynastie Alaouite
74
[Link]
L'Empire chérifien au XIXe Siècle
[Link] 75
• Mohammed V (1927-1961) est le père de
l’indépendance du Maroc. Exilé en 1953 par les
autorités coloniales françaises, il revient en 1955
et obtient l’indépendance en 1956. Il modernise le
pays et jette les bases du Maroc postcolonial,
• Moulay Hassan II : Roi réformateur du XXᵉ
siècle, il a modernisé le Maroc tout en préservant
ses traditions culturelles et son patrimoine.
76
• Mohammed VI (1999 - présent) a modernisé le
Maroc avec des réformes économiques, sociales et
politiques.
• Il a lancé plusieurs projets : Initiative Nationale pour
le Développement Humain (INDH) 2005, Nouvelle
Constitution (2011), le Nouveau Modèle de
Développement, Plan Maroc Vert...
• Il a aussi renforcé les infrastructures (le Port Tanger
Med, autoroutes, TGV...) , les droits des femmes , la
diplomatie...
77
Mosquée Hassan II-Casablanca
78
Bab Mansour-Meknès
79
SEANCE N° 5 :
Le Maroc précolonial
Objectifs de la séance :
Identifier les principaux aspects de l'organisation
politique, économique et sociale du Maroc avant la
colonisation.
Comprendre les relations du Maroc avec les
puissances européennes au XIXe siècle.
Analyser les facteurs ayant conduit à la colonisation.
80
Organisation politique du Maroc précolonial
Le Maroc est dirigé par la dynastie alaouite, qui cherche à
maintenir son indépendance.
Le Makhzen :
Définition : Le Makhzen désigne le pouvoir central marocain
dirigé par le Sultan. Il est chargé de gouverner le pays,
maintenir l’ordre et défendre l’intégrité territoriale.
Structure administrative :
Le Sultan : chef religieux, politique, et militaire garant de l’unité
du pays.
Les Vizirs : ministres en charge des affaires internes et
étrangères.
Les Pachas et Caïds : gouverneurs de provinces et chefs locaux
chargés de la gestion régionale.
Armée: traditionnelle, manque d’armes modernes.
81
Le Sultan
Le Sultan jouait un rôle central dans la vie politique du
Maroc. Il assurait la stabilité du pays en veillant à la
sécurité, à la protection du territoire et au développement
économique. En tant que chef spirituel, le Commandeur
des croyants (Amir al-Mouminine), il garantissait
également le respect de l’Islam et la préservation des lieux
de culte.
82
Moulay Slimane (1792-1822) :
1. Opposé à l’influence européenne et à l’esclavage .
2. Favorable au commerce avec les Ottomans et l’Empire britannique.
3. Tentative de réforme de l’armée.
Moulay Abderrahmane (1822-1859) :
1. Politique d’ouverture commerciale avec l’Europe.
2. Soutien à l’Émir Abdelkader dans la résistance algérienne, ce qui a
déclenché La bataille d’Isly )1844).
3. Signature du traité de Lalla Maghnia (1845), fixant la frontière algéro-
marocaine.
Moulay Mohammed IV (1859-1873) :
1. Intensification des pressions européennes.
2. Réformes militaires pour moderniser l'armée marocaine.
3. Défaite contre l'Espagne lors de la bataille de Tétouan en 1860.
83
4. Moulay Hassan Ier (1873-1894) :
1. Réformes pour moderniser l’armée et renforcer le pouvoir du
Makhzen.
2. Déplacements dans tout le Maroc pour asseoir son autorité.
3. Relations diplomatiques complexes avec la France et
l’Angleterre.
5. Moulay Abdelaziz (1894-1908) :
1. Accession au trône à l'âge de 16 ans.
2. Tentatives de réforme fiscale et administrative.
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Activité économique
Agriculture:
Activité principale : cultures céréalières, oliviers, dattes.
Techniques agricoles traditionnelles avec irrigation
Artisanat:
Secteurs clés : tissage, cuir, céramique, métallurgie
Grands centres : Fès, Marrakech, Meknès
Commerce:
Échanges avec l’Europe et l’Afrique subsaharienne
Importance des routes caravanières transsahariennes et des
ports marocains.
85
Situation économique
Un commerce dominé par les Européens
Depuis le Traité de 1856 avec l’Angleterre, les Européens
bénéficient d’avantages commerciaux énormes.
Le Maroc ne contrôle plus ses exportations et devient
dépendant des produits importés d’Europe.
Principaux produits exportés : laine, cire, dattes, peaux,
Principaux produits importés : textiles, armes, produits
manufacturés, ce qui accentue le déficit commercial.
Un secteur agricole en crise
L’agriculture est rudimentaire et dépendante des conditions
climatiques
Sécheresses répétées → famines et exode rural.
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Tensions et instabilité
Le Makhzen, représentant l’autorité centrale du Sultan,
exerçait son pouvoir sur l’ensemble du territoire marocain.
Cependant, certaines tribus désobéissaient ponctuellement à
l’autorité directe du Makhzen. Ces dissidences nécessitaient
des interventions militaires régulières. Affaiblissement
du Maroc.
Le Sultan, soucieux de maintenir la stabilité et l’unité du
Maroc, organisait des expéditions militaires, appelées
harkas, afin de rétablir l’ordre et faire respecter l’autorité
du Makhzen. Hassan Ier (1873-1894), en particulier, dirigea
plusieurs harkas pour asseoir son pouvoir.
87
La convoitise des puissances
européennes sur le Maroc
88
Les interventions militaires et
diplomatiques européennes
La bataille d’Isly )1844) : un tournant majeur
Le Maroc soutient l’Émir Abdelkader, qui mène une résistance
contre la colonisation française en Algérie.
La France accuse le Maroc de protéger Abdelkader et lance une
offensive.
Conséquences de la défaite marocaine:
Traité de Tanger (1844), imposant au Maroc d’arrêter son
soutien à Abdelkader.
Traité de Lalla Maghnia (1845) fixant la frontière algéro-
marocaine.
Déclin du prestige militaire du Maroc face aux Européens.
89
La guerre hispano-marocaine (1859-1860): La
guerre de Tétouan
L’Espagne utilise les attaques de tribus marocaines contre
ses colonies au Maroc ( Sebta et Melilla) comme prétexte
pour déclarer la guerre au Maroc en 1859.
Victoire de l’Espagne → Traité de Wad-Ras (1860).
Le Maroc doit payer une indemnité de 20.000 douros (soit
100 millions de francs or), ce qui l’endette lourdement.
Occupation de Tétouan par l’Espagne jusqu’au paiement
de l’indemnité.
L’Espagne annexe Ifni et étend ses possessions dans le
Rif.
90
L’endettement du Maroc
Guerre contre l’Espagne en 1859-1860 → indemnité
de guerre énorme (20.000 douros).
Le Maroc contracte des emprunts massifs auprès des
banques européennes.
L’endettement fragilise encore plus le pays et renforce
l’influence économique étrangère.
91
La conférence de Madrid (1880) : la
mainmise européenne
92
La Conférence d’Algésiras (1906)
Contexte:
Rivalité entre France et Allemagne pour le contrôle du Maroc.
Guillaume II (Allemagne) soutient l’indépendance marocaine et s’oppose à
l’ingérence française
La conférence a eu lieu pour éviter un conflit entre grandes puissances.
Décisions principales:
Réformes économiques et financières contrôlées par les Européens,
Respect de l’indépendance et de l’intégrité du Maroc: le Maroc restait
souverain sous l’autorité du Sultan, mais en pratique, les Européens
dominait sur son économie et sa sécurité.
Conséquences:
Le Maroc devient dépendant des puissances européennes.
Forte opposition interne et montée du nationalisme.
Crise d’Agadir (1911) → Protectorat en 1912 (Traité de Fès).
Conclusion : La conférence n’a pas colonisé le Maroc directement,
mais elle a préparé sa mise sous tutelle.
93
La signature du Traité de Fès (1912)
Après toutes ces pressions, le Sultan Moulay Hafid est
contraint de signer le Traité de Fès le 30 mars 1912,
établissant le Protectorat français sur le Maroc. La
fin de l’indépendance marocaine.
L’Espagne obtient le contrôle du Nord (Rif) et du Sud
(Sahara).
La France impose un gouvernement sous son autorité,
dirigé par le résident général Hubert Lyautey.
Le Maroc devient officiellement un territoire sous
domination européenne.
94
Pourquoi le Maroc a été colonisé ?
Le Maroc a été colonisé en raison d’une combinaison de faiblesses internes
et de pressions extérieures :
Un pays affaibli par des tensions internes: opposition entre Makhzen et
certaines tribus dissidentes ( Blad Siba).
Une économie fragile: des privilèges aux commerçants étrangers,
endettement croissant, ruine de l’artisanat.
Une société en crise : famines, épidémies, troubles
Des puissances européennes agressives :France et Espagne cherchent à se
partager le Maroc.
La conférence d’Algésiras (1906) met le pays sous "tutelle internationale".
La crise d’Agadir (1911) précipite l’intervention militaire.
Finalement, en 1912, le Maroc perd son indépendance avec la signature du
traité de Fès, mettant en place le Protectorat français et espagnol.
95
SEANCE N°6 :
96
Introduction
• Rappel :
Le début du XXᵉ siècle est caractérisé par une
intensification des désirs coloniaux sur le Maroc.
La France, l’Espagne et l'Allemagne se disputent
le contrôle du territoire.
Le pays entre dans une phase de transformation
majeure sous l’influence des protectorats établis
en 1912.
Cette période est marquée par des résistances
armées et politiques, qui aboutiront à
l’indépendance en 1956.
97
Contexte historique et les causes du
Protectorat
Un Maroc affaibli au XIXᵉ siècle :
• Déclin du pouvoir central avec une série de crises internes.
• Dépendance économique due à des prêts étrangers.
• Défaites militaires contre la France (guerre d’Isly, 1844) et l’Espagne (guerre de
Tétouan, 1859-1860).
Convoitises européennes :
• Position stratégique entre l’Atlantique et la Méditerranée.
• Ressources naturelles et richesse agricole.
• Lutte d’influence entre la France, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Les crises diplomatiques :
• Crise de Tanger (1905) : L’Allemagne, opposée aux ambitions françaises,
revendique un rôle au Maroc.
• Conférence d’Algésiras (1906) : Réaffirmation de l'indépendance du Maroc, mais
reconnaissance des intérêts français et espagnols.
• Crise d’Agadir (1911) : Envoi d’un navire de guerre allemand pour contester
l’influence française.
98
Organisation et administration du
Protectorat
Administration française :
• Pouvoir réel exercé par le Résident général.
• Modernisation des infrastructures (ports, routes, chemins de fer).
• Politique de mise en valeur agricole et minière, profitant aux colons.
Administration espagnole :
• Modèle plus militaire, moins axé sur le développement économique.
• Exploitation minière et implantation de bases militaires dans le Rif
et le Sahara.
Conséquences sur la souveraineté marocaine :
• Maintien du sultan comme autorité symbolique, mais sans pouvoir
réel .
• Dissolution de l’armée marocaine traditionnelle et création des
« goums » marocains, intégrés aux forces coloniales.
99
Conséquences économiques et sociales du
Protectorat
Économie sous contrôle colonial :
• Exploitation des ressources naturelles et développement agricole sous
contrôle des colons.
• Marginalisation et humiliation des Marocains.
Transformation sociale et urbaine :
• Création des villes nouvelles (Casablanca, Rabat, Marrakech modernisée).
• Exode rural massif vers les grandes villes.
• Émergence d’une élite marocaine formée en France mais marginalisée du
pouvoir.
Impact sur la culture et l’éducation :
• Introduction du système éducatif français, mais réservé à une minorité.
• Marginalisation de l’enseignement traditionnel (médersas, université Al
Quaraouiyine).
• Influence culturelle française dominante dans les milieux urbains.
100
La résistance marocaine face à la colonisation
Résistance armée :
• Guerre du Rif (1921-1926) menée par Abd el-Krim El-Khattabi contre
l’Espagne.
• Soulèvements du Moyen et Haut Atlas (Aït Atta, Zayanes).
• Répression coloniale brutale (bombardements chimiques dans le Rif).
Résistance politique :
• Création des premiers partis nationalistes dans les années 1930.
• Manifeste de l’Indépendance (11 janvier 1944).
• Engagement du Sultan Mohammed V aux côtés du mouvement
nationaliste.
Résistance culturelle :
• Défense de l’identité marocaine à travers la langue et les traditions.
• Rôle des intellectuels et des ulémas dans la lutte contre l’assimilation.
101
Vers l’indépendance )1944-1956)
Facteurs déclencheurs :
• Seconde Guerre mondiale et affaiblissement des puissances
coloniales.
• Déclaration de Mohammed V à Tanger (1947) en faveur de
l’indépendance.
• Montée des tensions entre le Sultan et les autorités françaises.
• Exil de Mohammed V (1953-1955) et soulèvement populaire.
• Retour triomphal du Sultan en 1955 et négociations avec la France.
• Indépendance du Maroc le 2 mars 1956.
102
La construction de l’État marocain
post-indépendance
• Unification territoriale :
Récupération de Tanger (1956).
Retour progressif des territoires occupés par l’Espagne au
Sud (Ifni en 1969, Sahara marocain en 1975 après la
Marche Verte).
• Réformes économiques et sociales.
• Nationalisation de secteurs stratégiques (phosphates,
banques).
• Généralisation de l’éducation et de la santé publique.
• ...
103
Mohammed V (1909-1961) : Père de
l'indépendance marocaine
• Accession au trône : Devenu Sultan en 1927 à l'âge de 18 ans,
Mohammed V a été choisi pour sa capacité à unifier le pays sous le
protectorat français.
• Lutte pour l'indépendance : Il a joué un rôle fondamental dans le
mouvement nationaliste marocain, soutenant le parti de l'Istiqlal et
s'opposant aux autorités coloniales.
• Son exil en 1953 a renforcé la volonté du peuple marocain à obtenir
l'indépendance.
• Retour triomphal et indépendance : En 1955, son retour d'exil a
été accueilli avec une immense ferveur populaire, symbolisant
l'unité nationale.
• Le Maroc a officiellement obtenu son indépendance en 1956, et
Mohammed V est devenu roi en 1957, incarnant la souveraineté
retrouvée du pays.
104
Hassan II (1929-1999) : Architecte du Maroc
moderne
• Règne et réformes : Succédant à son père en 1961, Hassan II a
régné pendant 38 ans.
• Il a instauré la première constitution marocaine en 1962, établissant
une monarchie constitutionnelle et jetant les bases d'institutions
modernes.
• Organisation de la Marche verte en 1975 pour la récupération du
Sahara marocain.
• Développement économique : Sous son règne, le Maroc a connu
une industrialisation accrue, le développement des infrastructures et
une modernisation de l'agriculture, contribuant à la croissance
économique du pays.
• Diplomatie active : Hassan II a renforcé la position du Maroc en
jouant un rôle important sur la scène internationale.
105
Mohammed VI (1963-) : Promoteur du
développement et de la modernité
• Accession au trône et réformes : Devenu roi en 1999,
Mohammed VI a initié des réformes politiques majeures,
renforçant les droits de l'homme, la liberté de la presse et le
rôle de la société civile.
• Développement humain : Il a lancé l'Initiative Nationale
pour le Développement Humain (INDH) en 2005, visant à
réduire la pauvreté, améliorer l'accès à l'éducation et aux
soins de santé, et promouvoir le développement durable.
• Infrastructures et économie : Sous son règne, le Maroc a
investi massivement dans les infrastructures, notamment le
port de Tanger Med et le train à grande vitesse Al Boraq,
positionnant le pays comme un leader économique en
Afrique.
106
SEANCE N°7 :
L'artisanat marocain : Un
héritage ancestral
107
L'artisanat marocain
• L'artisanat marocain est un pilier de l'identité
culturelle du pays, c’est le résultat de
nombreux siècles de savoir-faire transmis de
génération en génération.
• Il joue un rôle important dans l'économie
marocaine, employant environ 2,4 millions
d'artisans, soit près de 20% de la population
active.
108
La poterie marocaine
• Cet art ancestral est ancré depuis des siècles, ce
sont les Maures il y a plus de 1000 ans qui ont
installés les premiers fours à Fès, Meknès, Safi et
Marrakech.
• La poterie marocaine utilise la technique de la
double cuisson. L'argile est d'abord modelée puis
cuite une première fois. Elle est ensuite peinte et
passe une seconde fois au four, ce qui donne un
aspect verni aux couleurs.
• [Link]
I
109
Styles régionaux
Chaque région possède ses propres caractéristiques:
Fès : finesse et décorations bleues et blanches.
Safi : motifs géométriques noirs et blancs.
Marrakech : couleurs vives et formes arrondies.
Tamegroute : célèbre pour sa couleur verte
distinctive.
Usages : ustensiles de cuisine, objets décoratifs,
etc.
110
111
Les tapis marocains
• Techniques de tissage : Les tapis marocains sont
réalisés sur des métiers à tisser traditionnels,
avec des techniques variant selon les régions.
• Types de tapis: Les tapis citadins se distinguent
des tapis ruraux par leurs motifs et leurs usages.
• [Link]
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112
Les tissages traditionnels
Marocains
Type de tissage Région d’origine Matériaux Caractéristiques
Motifs
géométriques
Tapis berbères Atlas Laine, coton
colorés, grande
durabilité
Fibres
Motifs élaborés,
Tapis de Fès Fès et environs synthétiques
couleurs vives
(rayonne)
Motifs
Sud du Maroc
géométriques
(Taznakht)
Tapis de Taznakht Laine, coton complexes,
Région de Drâa-
couleurs
Tafilalet
éclatantes
Matériaux Motifs libres et
Tapis
Régions rurales recyclés (chiffons, colorés, style
Boucherouite
plastique) écologique
Motifs
Tapis de Marrakech et Fibres
géométriques,
Marrakech environs synthétiques
teintes vives
113
Tapis berbères
[Link]
114
Tapis de Fès
115
Tapis de Taznakht
116
Tapis Boucherouite
117
Tapis de Marrakech
118
Le travail du bois
Un savoir-faire historique : Développé depuis des siècles, avec un essor important
entre le XIIIe et le XVe siècle, notamment à Fès.
Bois utilisés :
Cèdre (al Arz) du Moyen-Atlas : Résistant et parfumé, utilisé dans les monuments
et le mobilier.
Thuya (al aarar) (Rabat, Essaouira) : Apprécié pour sa texture et son odeur.
Autres bois : Utilisés en raison de la rareté du cèdre, tout en conservant les
techniques traditionnelles.
Principales techniques :
Sculpture et gravure : Décoration raffinée sur portes, plafonds et mobilier.
Tournage et taraudage : Création de formes symétriques pour meubles et
colonnes.
Peinture enluminure et marqueterie : Ajout de motifs colorés et incrustations
décoratives.
Assemblage et incrustations : Travail sur les portes, les coffres et les éléments
architecturaux.
119
L’Artisanat du Bois dans
l’Architecture et le Mobilier
Utilisation dans l’architecture :
Présent dans les mosquées, médersas et palais.
Minbars finement sculptés, plafonds en bois ornementés
et moucharabiehs travaillés.
Mobilier artisanal :Coffres sculptés, tables marquetées,
chaises décorées selon des styles régionaux.
Métiers spécialisés :
Menuisiers & ébénistes : Fabrication de meubles et
structures architecturales.
Sculpteurs & graveurs : Ornementation et travail des
reliefs.
Marqueteurs & peintres sur bois : Décoration colorée et
motifs géométriques.
[Link] 120
L’Artisanat du cuir au Maroc :
un savoir-faire ancestral
• Un héritage artisanal :
Le Maroc est l’un des principaux producteurs et
exportateurs de cuir artisanal.
Savoir-faire transmis de génération en génération,
notamment à Fès et Marrakech.
• Techniques de tannage :
Tannage végétal : Utilisation d’extraits de plantes pour un
cuir souple et durable.
Respect de l’environnement : Technique plus écologique
que le tannage chimique.
Qualité supérieure : Cuir travaillé avec soin pour garantir
résistance et finesse.
121
[Link]
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122
La bijouterie marocaine
Techniques : Les artisans bijoutiers marocains
utilisent des techniques traditionnelles pour
fabriquer des bijoux en argent, en or et en pierres
précieuses.
Styles régionaux :
• La bijouterie berbère est souvent ornée de motifs
géométriques et de symboles traditionnels, tandis
que la bijouterie citadine est plus influencée par
les styles arabes et andalous.
123
• [Link]
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124
L’Art du Zellige marocain
• Définition et origine:
o Le zellige est une mosaïque artisanale marocaine composée de fragments de
céramique colorée, taillés à la main et assemblés en motifs géométriques.
o Son origine remonte à l’époque médiévale islamique.
o C’est sous la dynastie almohade (12ᵉ-13ᵉ siècle) que le zellige a pris son essor au
Maroc. Il a ensuite été perfectionné par les Mérinides et les Saadiens, notamment à
Fès, Meknès et Marrakech.
• Caractéristiques et techniques:
o Matériaux : Terre cuite recouverte d’émail coloré (bleu, vert, jaune, blanc, noir).
o Découpe : Chaque pièce est taillée manuellement avec un marteau appelé menqach.
o Assemblage : Les morceaux sont juxtaposés pour former des motifs complexes et
symétriques.
o Influences culturelles : Inspirations arabo-andalouses, berbères.
o Utilisation : Décoration des mosquées, palais, fontaines, patios, médersas et même
objets mobiliers (tables, bancs, miroirs…).
125
Processus de Fabrication:
Préparation de l’argile → Séchée, moulée en carreaux
et cuite dans un four traditionnel.
Émaillage → Application des couleurs à base de
minéraux naturels.
Cuisson → À 900-1000°C, pour fixer les couleurs.
Découpe et Taillage → Réalisés à la main selon des
motifs géométriques précis.
Assemblage final → Chaque pièce est placée à
l’envers et collée sur un support.
126
• [Link]
127
SEANCE N°8 :
128
Plan du cours
• Origines historiques et influences culturelles
• Ingrédients et épices essentiels
• Plats emblématiques et leurs variantes
régionales
• Traditions culinaires et rituels sociaux
• Impact économique et touristique
• Préservation et transmission du patrimoine
culinaire
129
Origines historiques et
influences culturelles
• Les racines amazighes : Les premiers habitants du Maroc ont introduit des
méthodes de cuisson comme l'étouffée et l'utilisation de l'orge.
130
• La cuisine marocaine se distingue par l'utilisation d'épices et
d'herbes aromatiques qui donnent aux plats des saveurs riches.
• Parmi les épices utilisées figurent le cumin, le safran, le
curcuma, la cannelle et le gingembre.
• Les herbes comme la coriandre et le persil apportent une
touche de fraîcheur aux préparations.
• Les amandes, les olives, les citrons confits et l'huile d'olive
sont également des ingrédients essentiels qui enrichissent les
saveurs des recettes marocaines.
131
Ingrédients et épices essentiels
• Épices :
Cumin : donne une saveur chaude et terreuse.
Curcuma : donne du goût et de la couleur aux tajines, aux ragoûts ou aux
soupes.
Cannelle : on l’utilise dans les plats sucrés et salés.
Gingembre : offre une touche piquante et fraîche.
Safran : ajoute une couleur dorée et une saveur délicate aux plats.
Ras el hanout : mélange d'épices, signature de la cuisine marocaine.
• Ingrédients de base :
Semoule de blé : base du couscous.
Légumes frais : tomates, aubergines, courgettes, poivrons.
Fruits secs : dattes, figues, raisins secs, amandes.
Herbes : Coriandre, persil, menthe.
Citrons confits : ingrédient clé pour parfumer les tajines.
132
Plats emblématiques
Tajine :
• Un ragoût préparé à feu doux
dans un plat en terre cuite à la
forme conique.
• Mrouzia : un tajine d'agneau
aux raisins secs et amandes.
• Tajine de kefta : Boulettes de
viande hachée mélangées à des
œufs, un plat très apprécié à
Marrakech.
133
Le Couscous :
• Un plat de Semoule de blé cuit
à la vapeur servi avec des
légumes, de la viande et un
bouillon savoureux.
• Couscous Tfaya : servi avec des
oignons caramélisés et des
raisins secs, spécialité de Rabat.
• Couscous aux sept légumes :
Plat traditionnel généralement
servi le vendredi.
134
La Tangia Marrakchie : un plat spécial
135
La Tangia Marrakchie
136
Pastilla :
• Tourte feuilletée sucrée-
salée, souvent remplie de
pigeon ou de poulet,
d'amandes et d'épices.
• Pastilla aux fruits de mer est
populaire dans les régions
côtières comme Essaouira.
137
Harira :
• Une soupe bien riche à
base de tomates, de
lentilles, de pois chiches
et de viande, souvent
consommée pendant le
Ramadan.
• Harira fassia : Version de
Fès avec son propre
mélange d’épices.
138
Méchoui :
• Agneau entier rôti, généralement préparé pour
les occasions spéciales et les fêtes.
139
Traditions culinaires et rituels
sociaux
• Partager un repas : un bon moment où on se retrouve
autour d'un grand plat.
• Rituel du thé à la menthe : une vraie tradition
d'accueil (symbole d'hospitalité), on l’offre aux invités
pour les accueillir. On utilise du thé vert, de la menthe
fraîche et un peu de sucre. Il est servi dans de jolis
petits verres.
• Cérémonies et fêtes :
Mariages : On présente des plats typiques comme la
pastilla.
Ramadan : On rompt le jeûne avec de la harira, des
dattes et des pâtisseries traditionnelles.
140
L'impact sur l'économie et le
tourisme
141
Préserver et partager notre
patrimoine culinaire
Transmission orale : Les recettes sont généralement
transmises de génération en génération, surtout parmi
les femmes.
Initiatives éducatives : Des programmes dans les
écoles et des ateliers pour enseigner aux jeunes nos
traditions culinaires.
Reconnaissance internationale : des efforts pour
que la cuisine marocaine soit reconnue au patrimoine
culturel immatériel de l'UNESCO.
142
SEANCE N°9 :
LES MUSIQUES
ET
LES DANSES
MAROCAINES
143
LES MUSIQUES
MAROCAINES
144
Introduction
145
La musique amazighe
• Les populations amazighes ont leur propre
musique, et elle varie selon les régions
comme le Rif, l'Atlas ou le Souss.
• Elle se caractérise par des chants à plusieurs
voix et des instruments comme le bendir
(tambourin), le lotar (luth amazighe) et le
ghaita (flûte), et l'imzad.
• Cette musique joue un rôle important dans
les rites de passage, les fêtes agricoles et les
moments de rassemblement dans les
communautés.
• Les chants amazighs sont souvent
accompagnés de danses collectives, comme
l'Ahwach et l'Ahidous.
146
Musique andalouse marocaine
• Cette musique provient de la période
andalouse et a été introduite au Maroc après
la Reconquista.
• Ce style est également appelé Tarab Al-Ala.
• Elle se compose de noubas, des suites
musicales structurées en mouvements
rythmiques distincts
• Jouée par des musiciens qui utilisent des
instruments comme le oud, le violon et le
qanûn.
• Considérée comme un symbole de l'identité
nationale, elle est enseignée dans les
conservatoires et interprétée lors de
cérémonies officielles.
• Des villes comme Fès, Rabat, Oujda et
Tétouan sont les foyers de cette musique.
147
Le Gharnati
• Le Gharnati, nommé d'après Grenade
(ou Gharnata en arabe), est un style de
musique andalouse.
• On l'écoute surtout à Oujda, Rabat, Fès
et Tétouan.
• Le Gharnati se caractérise par ses
noubas particulières et une interprétation
qui reflète les traditions de Grenade.
• Le Gharnati se joue avec un petit
groupe de musiciens (instrumentistes et
chanteurs).
148
Le Malhoun
• Le Malhoun est un type de poésie chantée
en arabe dialectal marocain.
• tient son origine des poèmes de « Zajal »
maghrébins et andalous à l’époque de la
dynastie almohade
• apparu au XIVᵉ siècle dans la région du
Tafilalet
• Ce genre musical s'est développé dans les
zaouïas avant de se diffuser dans d‘autres
villes marocaines telles que Fès, Meknès,
Marrakech et Salé.
• Les poèmes de Malhoun abordent une
variété de thèmes: l'amour, la spiritualité, la
nature, les soucis du quotidien...
• En 2023, l'UNESCO a inscrit le Malhoun
sur la liste du patrimoine culturel immatériel
de l'humanité.
149
La musique andalouse judéo-
marocaine
• La musique andalouse judéo-marocaine est une
composante essentielle de la culture musicale
du Maroc.
• Les communautés juives marocaines ont joué
un rôle important dans la préservation et la
transmission de ce genre musical,
particulièrement à travers des formes comme
les piûtim et les trîq.
• Ces chants, sont interprétés en hébreu ou en
arabe Dialectal.
• Ce genre reflète la richesse de la culture
judéo-marocaine.
• L'historien, Haïm Zafani, a écrit : « Au
Maghreb et plus particulièrement au Maroc,
les populations musulmanes et juives ont
pieusement conservé la musique hispano-
arabe.....En Espagne comme au Maroc, les
juifs ont été les ardents mainteneurs de la
musique andalouse et les gardiens zélés de
ses vieilles traditions »
150
Aïta
• L'Aïta signifie "appel" ou "cri" en arabe,
• Un genre musical rural principalement
interprété par des femmes appelées
cheikhates.
• L’appellation fait référence à la voix
puissante et aux « cris » des cheikhates.
• Il y a 7 genres d’Aïta:
L’Aïta chiadmia (région Safi-Essaouira)
L’Aïta merssaouia (région de Casablanca Ŕ
Settat),
L’Aïta Hasbaouia (région de Abda),
L’Aïta Zaaria (Salé-Zemmour- Zaër jusqu’à
Beni Mellal et Khouribga),
L’Aïta Filalia (région de Tafilalt)
L’Aïta Jeblia ( Tanger, Tétouan, Taounate,
Chaouen, Ksar El Kbir)
L’Aïta Haouzia (Marrakech, Ben Guérir,
Kalaat Sraghna)
151
Le chaâbi
• Le chaâbi signifie "populaire" en arabe.
• Un genre musical festif par excellence
au Maroc, joué lors des mariages et des
fêtes.
• ses rythmes sont entraînants, ses paroles
sont pleines de passion et de
revendications sociales.
• Représente l’expression sonore des
classes populaires.
152
• Les instruments: l’utilisation d’instruments traditionnels et
modernes: Les oud (luth arabe), le mandole (sorte de guitare),
la derbouka (tambourin), le cajón et le synthétiseur. Le rythme
chaâbi est rapide et cadencé, pousse à la danse et à la fête.
• Les maqamat (gammes musicales) utilisées dans le chaâbi sont
souvent proches des modes traditionnels de la musique arabo-
andalouse.
• Les thèmes : l’amour, la famille, les luttes sociales, la vie
quotidienne.
153
Le samâa
• Le samâa, signifie "audition" en arabe, est
une pratique spirituelle soufie centrée sur
l'écoute de chants et de poèmes mystiques.
• Les chants du samâa soufi marocain sont
centrés sur l'amour et la louange de Dieu
(Allah) et l’éloge de son prophète Mohammed
(Madih Nabawi).
• Le but principal de ces chants est de
rapprocher les gens de Dieu, en célébrant cet
amour et en renforçant la foi.
• Les séances de samâa aident à élever l'esprit, à
méditer et à atteindre un état de transe
spirituelle, ce qui permet d'avoir un lien plus
profond avec Dieu.
• Le samâa est profondément enraciné dans la
tradition soufie marocaine et est pratiqué lors
de diverses cérémonies religieuses,
154
La musique Gnawa
• Issue des communautés
d'origine subsaharienne au
Maroc.
• Elle mêle des chants religieux,
des rythmes entraînants et des
danses rituelles, souvent dans
le cadre de cérémonies de
transe appelées lilas.
• Les instruments incluent le
guembri (luth à trois cordes)
et les qraqeb (castagnettes
métalliques)
155
Les danses marocaines
156
L'Ahidous
• Danse traditionnelle des Amazighs du Moyen et Haut
Atlas.
• Les danseurs, hommes et femmes, forment un cercle
ou une ligne symbolisant l'unité sociale.
• La danse est accompagnée de poésies chantées en
amazigh, qui parlent d'amour, de nature et de valeurs
communautaires.
• le Bendir rythme les mouvements des danseurs.
• Les participants effectuent des mouvements cadencés,
avec des balancements et des frappes de pieds au sol.
• L'Ahidous est présenté lors de grands événements
festifs, comme :
Les mariages traditionnels
Les festivals culturels amazighs
Les fêtes communautaires et célébrations locale
157
L’Ahwach
• L’Ahwach est une danse collective ancrée dans les
traditions des tribus amazighes du Souss et de
l’Anti-Atlas.
• Elle montre le mode de vie des Amazighs, en
célébrant les moments importants de leur vie
sociale et culturelle.
• Les danseurs se mettent en rangées parallèles, ce
qui crée un bel effet visuel et sonore.
• Ils dansent en parfaite coordination avec des gestes
fluides.
• Ils chantent des poésies en amazigh, qui parlent de
la bravoure, de l’amour et de la nature.
• Le rythme est donné par des tambours (comme le
bendir et la taârija) et parfois par des battements de
mains.
158
• L’Ahwach se danse souvent lors de :
Mariages traditionnels
Fêtes communautaires et célébrations
saisonnières
Festivals culturels amazighs, comme le
Festival Timitar à Agadir
159
La Reggada
• Issue de la région du Rif oriental
• la Reggada trouve ses racines dans une
ancienne danse guerrière amazighe.
• Les mouvements sont énergiques et imitent
l’utilisation d'une arme, avec des sauts et des
frappements au sol.
• Les danseurs marquent le rythme avec des
frappements de pieds et de mains, en parfaite
coordination avec la musique.
• Très populaire lors des mariages, fêtes et
festivals à travers le Maroc.
160
La Guedra
C'est une danse traditionnelle du sud du Maroc,
propre aux tribus sahraouies de la région du
sud.
La Guedra est une danse de groupe. C’est un
spectacle ouvert à tous, où tout le monde est
invité à faire partie du cercle.
Cette danse se fait par une danseuse qui se met
à genoux, entourée de participants agenouillés
ne cessent de chanter en tapant des mains d’une
manière frénétique.
Les mouvements de ses mains, bras, et tête sont
pour exprimer des émotions et des messages.
On l'accompagne de percussions, comme le
bendir et le tbal, et de chants, ce qui crée une
ambiance.
161
Le cinéma marocain
SÉANCE N° : 10
Le début cinéma au Maroc
• 1897 : Louis Lumière réalise Le Chevrier
marocain, marquant le début des tournages
étrangers au Maroc.
• 1907 : Félix Mesguich filme à Casablanca,
documentant les débuts de l’intervention
française.
• 1919 : Mektoub, premier film de fiction colonial,
réalisé par Jean Pinchon et Daniel Quintinest.
• 1935 : Ouverture du Cinéma Vox à Casablanca,
alors le plus grand cinéma d’Afrique, avec 2 000
places (détruit dans les années 1970).
Cinéma Vox
Le cinéma marocain sous le Protectorat (1912-1956)
• Durant la période de protectorat, le cinéma a été utilisé comme
un moyen de propagande coloniale par les autorités françaises et
espagnoles.
• Le cinéma colonial a visé à illustrer la supériorité de la culture
coloniale.
• Le Maroc : décor exotique pour le cinéma colonial.
• Les films réalisés pendant cette période véhiculent des clichés sur
les Marocains.
• Développement du film colonial, avec des œuvres comme Itto
(1934) et La Septième porte (1947).
• Développement des salles de cinéma, rendant le cinéma accessible
à un large public.
• Influence étrangère : domination du cinéma français et égyptien.
• 1944: création du Centre Marocain de la
Cinématographie (CCM), inauguré par le Sultan
Mohammed V et ouverture des studios Souissi à Rabat.
• Les premiers réalisateurs marocains, tels que Mohamed
Ousfour, ont tourné des courts métrages sur la vie rurale
et les traditions marocaines.
• Parmi ses courts métrages, on trouve :
Aïssa de l’Atlas (1948) : Un film mettant en lumière la vie
dans les montagnes marocaines.
Joha (1950) : Inspiré des contes populaires marocains, ce
film illustre les traditions et le folklore du pays.
Bokho, le menuisier (1956) : Une œuvre centrée sur un
artisan, reflétant la vie rurale et les métiers traditionnels.
Après l’indépendance : émergence d’un
cinéma national
• L’État marocain encourage la production nationale via le
Centre Cinématographique Marocain (CCM). La plupart des
cinéastes ont été formés à l’IDHEC de Paris.
• 1958 : Diffusion du premier long métrage marocain, Le Fils
maudit, réalisé par Mohamed Ousfour.
• 1968, le premier Festival du Film Méditerranéen a eu lieu à
Tanger, et le CCM produit son premier long métrage
entièrement national Vaincre pour vivre de Mohamed
Abderrahmane Tazi et Ahmed Mesnaoui.
• 1970 : Wechma de Hamid Bennani, considéré comme le
point de départ du cinéma marocain moderne.
• 1978 : Alyam, Alyam d’Ahmed El Maanouni est le
premier film marocain sélectionné au Festival de
Cannes (section Un Certain Regard).
• 1981 : Transes d’Ahmed El Maanouni connaît un
immense succès populaire, il documente la scène
musicale populaire marocaine et le groupe Nass El
Ghiwane, il a été restauré en 2007 par la World
Cinema Foundation de Martin Scorsese.
• 1989: Badis de Mohamed Abderrahman Tazi.
• 1990: La Bataille de Trois Rois de Souheil Ben Barka, qui
explore les conflits historiques et l’héritage culturel du
Maroc.
• Les thèmes : l’identité culturelle; la modernisation; la tradition;
la pauvreté; les inégalités; les jeunes; conflits de générations;
condition féminine...
• caractéristiques du cinéma marocain
Cinéma d’auteur : le réalisateur exprime une vision personnelle,
souvent avec une esthétique soignée et des thématiques profondes.
Exemple: Wechma de Hamid Bennani.
Cinéma populaire : Films destinés à un large public, souvent axés
sur le divertissement.
Exemple: Comédies et drames sociaux qui abordent des
sujets du quotidien.
• Influences sur le cinéma marocain
Cinéma égyptien : Les premiers films marocains s'inspirent des
mélodrames égyptiens, tant sur le plan narratif que stylistique.
Cinéma européen : Les réalisateurs formés en Europe, notamment
en France, introduisent des techniques et des thématiques
nouvelles, contribuant à la modernisation du cinéma marocain.
Le renouveau du cinéma marocain (années 1990 à
nos jours)
Le théâtre
marocain
Le Théâtre
• Le théâtre est un art vivant, où des acteurs représentent une
histoire devant un public, en s’appuyant sur un texte
dramatique ou l’improvisation.
• Aristote (La Poétique) : Le théâtre repose sur la mimesis
(imitation du réel), réalisant une catharsis (purification des
émotions).
• Tragédie et comédie comme formes fondatrices du théâtre
occidental.
• Le théâtre se caractérise par :
L’expression corporelle et gestuelle
Mise en scène et décor
Dialogue entre acteurs et spectateurs
• C’ est un miroir de la société : critique sociale, engagement
politique et exploration des émotions humaines.
• Le théâtre marocain: art de la représentation qui puise ses
origines dans les traditions populaires du pays. Il se distingue
par sa richesse culturelle où se mêlent rituels anciens et
formes modernes issues du théâtre européen.
• Le théâtre n’est pas seulement un art, c’est une forme de
communication sociale.
• Le théâtre marocain : une synthèse d’influences arabes,
amazighes, africaines, européennes.
• Il naît dans la rue, les marchés, les places publiques (jamaâ,
souk).
• Un art populaire avant d’être institutionnel.
Influences
Formes traditionnelles :
La halqa : cercle de conteurs sur les places publiques.
Les rituels amazighs intégrant danse, musique et narration.
Les spectacles de marionnettes et le théâtre d'ombres: présents dans les souks et
lors de fêtes populaires, le but est de transmettre des messages éducatifs et
critiques.
Influences extérieures :
Le théâtre arabe classique et les contes des Mille et Une Nuits.
L’impact de la colonisation européenne : le théâtre occidental a été introduit
au Maroc à travers les écoles, les clubs culturels et les troupes coloniales. Cela
a conduit à la traduction et à l'adaptation d'œuvres de dramaturges européens
tels que Molière, Racine et Shakespeare.
Les échanges culturels postindépendance : après l'indépendance, le Maroc a
connu une ouverture culturelle, avec des formations à l’étranger, des festivals
internationaux et des échanges culturels. Cela a favorisé l’émergence d’un
théâtre marocain moderne, riche et engagé.
La Halqa
• La Halqa : une forme traditionnelle de spectacle populaire
marocain. Le mot « halqa » signifie littéralement « cercle ». Il
désigne le cercle qui se forme autour d’un conteur ou artiste
de rue, au milieu d’une place publique.
• L’exemple le plus célèbre est la place Jemaa el-Fna à
Marrakech, où ces cercles de spectateurs se rassemblent pour
écouter des histoires, contes, légendes, chansons, sketchs...
• Oralité, improvisation, humour, interactivité.
• Forme de pré-théâtre: gestes, voix, récits, participation du
public.
• Genres : contes, mythes, épopées, satire sociale.
• Source majeure d’inspiration pour les dramaturges modernes
(ex. : Saddiki).
La Halqa
[Link]
Lbsat: une forme théâtrale populaire
marocaine
[Link]
L’évolution du théâtre marocain
• Période coloniale : importation du modèle
théâtral européen.
• 1920-1930 : premières troupes marocaines,
souvent arabophones.
• Après 1956 (indépendance) : essor national,
création d’institutions.
• Années 1970-80 : théâtre engagé et critique
sociale.
• Depuis 2000 : théâtre expérimental, thèmes
contemporains, internationalisation.
Genres et styles du théâtre
marocain
• Genres principaux : Comédie, drame, tragédie,
théâtre engagé, théâtre expérimental.
• Comédie populaire : satire sociale, caricature.
• Drame réaliste : pauvreté, famille, migration.
• Tragédie : mythes, résistances, histoires nationales.
• Théâtre engagé : dénonciation, justice, mémoire.
• Théâtre expérimental : rupture des codes, jeux
scéniques, participation du public.
Théâtre engagé
Le théâtre engagé est une forme d'expression artistique
engagé qui aborde les injustices sociales. Il vise à
sensibiliser le public et à encourager la réflexion
critique. Dans cette perspective, le théâtre devient un
outil de conscience sociale et de transformation.
Thèmes abordés : justice sociale, identité culturelle,
éducation, corruption, droits humains.,,
• Exemples :
• Tayeb Saddiki avec des œuvres telles que Al Harraz,
qui mêle tradition et critique sociale.
• Ahmed Tayeb El Alj, connu pour ses pièces satiriques
abordant des problématiques sociétales.
Le théâtre expérimental
• Le théâtre expérimental est une forme de théâtre qui utilise de
nouvelles formes d'expression, il se distingue par l’usage des
techniques innovantes, il remet en question les codes
traditionnels du théâtre et le rapport entre l'acteur, l’espace et
le spectateur.
• Innovation scénique (lumière, sons, langage corporel).
• Absence de narration linéaire.
• Participation du public parfois intégrée.
• Exemples :
• Collectif Dabateatr : performances interactives abordant des
thèmes contemporains.
• Compagnie Anfass, dirigée par Mohamed El Hor : créations
innovantes.
• Chatarra de Saïd Abarnous : pièce primée au Festival
international du théâtre expérimental du Caire en 2022.
Grands noms du théâtre marocain
Abdessamad Kenfaoui (1928–1976)
• Considéré comme l’un des fondateurs du théâtre marocain professionnel.
• Il a dirigé la première troupe nationale après l’indépendance et a présenté
le théâtre marocain à l'international (notamment à Paris en 1958).
Tayeb Saddiki (1939–2016)
• Le père du théâtre marocain moderne.
• Dramaturge, metteur en scène et comédien,
• Il a su associer les arts traditionnels marocains (halqa, aïta, malhoun) avec les
formes modernes du théâtre occidental.
• Fondateur de plusieurs troupes et institutions, il a adapté Shakespeare, Brecht
et Molière au contexte marocain.
• Il a marqué l’histoire avec des pièces comme Al Harraz ou Mahjouba.
Ahmed Tayeb Laâlej (1928–2012)
• Dramaturge et poète populaire, connu pour ses pièces en dialecte
marocain qui abordent la société et les traditions.
• Il a contribué à la popularisation du théâtre auprès du grand public.
Abdelkader El Badaoui (1934–2021)
• Fondateur de la troupe El Badaoui, il a développé un théâtre engagé, ancré dans
la culture populaire.
• Il a formé de nombreux comédiens et a été une figure influente du théâtre et de
la télévision au Maroc.
• Ses œuvres reflètent les transformations sociales du pays, entre tradition et
modernité.
Touria Jabrane (1952–2020)
• Actrice, metteuse en scène et ministre de la Culture (2007-2009).
• Elle a défendu un théâtre engagé, féministe, poétique et populaire.
• Elle a marqué plusieurs générations par ses rôles poignants et son militantisme
artistique.
Mohamed Hassan Al Joundi (1938–2017)
• L’un des pionniers du théâtre, du cinéma et de la radio au Maroc.
• Connu pour sa voix distinctive et ses performances marquantes.
• Il a interprété des rôles historiques dans des productions internationales,
notamment dans le film "The Message" (1976)
• il a été auteur, réalisateur et producteur, contribuant au développement du
théâtre radiophonique et musical au Maroc.
Institutions et troupes au service
de la promotion du théâtre national
Institutions :
• Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication : Pilier du
soutien institutionnel au théâtre, organisant des festivals nationaux et
soutenant les infrastructures culturelles.
• Théâtre National Mohammed V (Rabat):
C’est un établissement public sous la tutelle du Ministère de la Culture.
o Missions :
Production et coproduction d'œuvres théâtrales.
Promotion de la recherche et de la créativité dans le domaine du théâtre et
des arts de la présentation.
Formation artistique et technique.
Accueil de spectacles nationaux et internationaux.
• Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle (ISADAC) :
Fondé en 1985 à Rabat, il forme les professionnels du théâtre marocain et
a été un catalyseur pour le théâtre expérimental.
• Grand Théâtre de Rabat : Conçu par Zaha Hadid, c’est le plus grand
théâtre d’Afrique (1 800 places).
Troupes
• Troupe nationale du théâtre : Créée en 1956 par Abdessamad Kenfaoui,
elle a été la première troupe professionnelle marocaine, se produisant t au
Théâtre des Nations à Paris en 1958.
• Troupe de la Maâmora : Fondée en 1956, elle est considérée comme la
première troupe professionnelle du Maroc. Elle a joué un rôle crucial dans
la promotion du théâtre national, en collaborant avec des dramaturges de
renom tels qu'Ahmed Tayeb Laâlej.
• Le Théâtre ouvrier : Fondé par Tayeb Saddiki, il visait à représenter les
préoccupations de la classe ouvrière, marquant une étape importante dans
le théâtre engagé marocain.
• Masrah Ennas : Sous l'égide de la Fondation Tayeb Saddiki, cette troupe
perpétue l'héritage du théâtre marocain en mettant en scène des œuvres
emblématiques telles que "Sidi Abderrahmane El Mejdoub", avec une
esthétique inspirée de la Halqa.
• Compagnie Anfass : Dirigée par Mohamed El Hor, elle est reconnue pour
ses créations innovantes et sa contribution au théâtre expérimental au
Maroc.
Les festivals de Théâtre au Maroc
• Festival International du Théâtre et des Cultures -Casablanca
• Festival International du Théâtre Universitaire de Casablanca
(FITUC)
• Festival International du Théâtre Universitaire d’Agadir (FITUA)
• Festival International du Théâtre Universitaire de Tanger (FITUT)
• Festival National du Théâtre - Tétouan
• Festival National des Arts Populaires - Marrakech
• Festival du Théâtre Africain - Rabat
• Festival International de Théâtre et d’Arts Visuels - Fès