Dégradation des forêts en Algérie : Akfadou
Dégradation des forêts en Algérie : Akfadou
Mémoire
De fin d’études
Thème
Contribution à l’étude des principaux facteurs
de dégradation des forêts en Algérie : cas de la
forêt de l’Akfadou
1. Introduction.…………………………………………………………………………………3
2. Les facteurs de dégradations des forêts algériennes ………………………………………..3
2.1. Définition d’une forêt dégradée …………………………………………………………..3
2.2. Les perturbations anthropiques …………………………………………………………...4
2.2.1. Les incendies ……………………………………………………………………………4
2.2.2. Le défrichement ………………………………………………………………………...7
2.2.3. Le surpâturage …………………………………………………………………………..9
2.2.4. Les décharges sauvages en milieu naturel et forestier ………………………………...11
2.2.5. L’urbanisation ou étalement urbain …………………………………………………...12
2.3. Les perturbations naturelles …………………………………………………………….14
2.3.1. La désertification ………………………………………………………………………14
2.3.2. L’érosion ………………………………………………………………………………16
2.3.3. Les ravageurs ………………………………………………………………………….17
% : Pourcentage
Cm : Centimètre
DA : Dinar Algérien
FAO : Food and Agriculture Organization (organisation des nations unies pour l'alimentation
et l'agriculture)
HA/Ha : Hectare
Km : Kilomètre
M : Mètre
M2 : Mètre Carré
M3 : Mètre Cube
Mm : Millimètre
En effet, les populations ont transformé les écosystèmes naturels par des systèmes
d’exploitation inappropriés, qui sont à l’origine de stades de dégradation irréversibles
(M’hirit et al., 1998 in El Wahidi et al., 2014).
En Algérie, les forêts ont de tout temps été utilisées par l’homme pour subvenir à un
certain nombre de ses besoins ou à ceux de ses animaux. L’utilisation anarchique des
ressources forestières et l’occupation non sélective des espaces, ainsi que les feux de forêt ont
abouti à la déstabilisation des écosystèmes forestiers (DGF, 2007).
Dans le cadre de ce mémoire, nous nous sommes intéressés aux principaux facteurs de
dégradation de la forêt algérienne, en se basant sur la forêt domaniale de l’Akfadou, situé dans
la circonscription d’Azazga, wilaya de Tizi-Ouzou.
Pour ce faire, après une synthèse bibliographique, nous avons effectué une analyse
temporelle et spatiale des délits commis dans la forêt de l’Akfadou.
Dans le souci du respect des gestes barrières, à cause de la situation sanitaire que
connaît le monde actuellement, nous avons préféré nous limité à un thème bibliographique.
1
Introduction générale
2
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
1. Introduction
La dégradation du milieu en Algérie est due aux mêmes causes que l’on observe dans
la plus part des pays maghrébins dont les principales sont la surexploitation des terres, le
surpâturage, le déboisement, la mauvaise maîtrise de l’irrigation aggravée par la croissance
démographique. Leur combinaison favorise le déclanchement et l’accélération de la
désertification (Kefifa, 2020).
Les forêts font face à deux types de perturbations, différents du point de vue d’origine
et d’impact : perturbation naturelle et perturbation anthropique (non naturelle).
La perturbation naturelle est d’origine naturelle et fait partie du cycle de la vie des
forêts : la sécheresse, la dynamique et l’influence des climats passés et actuels, les épidémies
d’insectes et de maladies, le chablis, les interactions entre espèces (Mezard, 2017).
Nous allons passer en revu dans ce chapitre 1, les différents facteurs de dégradation
que subit la forêt algérienne.
Une forêt dégradée est une forêt qui, en raison des activités anthropiques a perdu un ou
plusieurs des éléments suivants : sa structure, sa fonction, sa composition en espèces animales
et végétales, et son niveau de production d’origine. La dégradation implique donc une
3
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
algérie
diminution, et une modification des biens et services fournis par la forêt (FAO, 2001 ; OIBT
2002 , 2005 in Anonyme, non daté) .
Ainsi, laa Convention sur la diversité biologique définit une forêt dégradée comme:
comme: «
Une forêt dégradée est une forêt secondaire qui a perdu, sous l'effet d'activités humaines, la
structure, la fonction, la composition des espèces ou la productivité normalement associées
au type de forêt naturelle attendu sur le site ».
2.2. Les p
perturbations
erturbations anthropiques
Figure 1. Triangle
iangle du feu appliqué à l’incendie de forêt (Lahaye, 2018)
Selon Velez (1999), les dommages produits par les incendies de forêts sont
particulièrement notables dans une région où les milieux naturels sont aussi altérés. On
ne doit en aucune façon sous-estimer les pertes de bois d'œuvre, matière première pour
laquelle les pays méditerranéens sont très déficitaires. Et la restauration des forêts brûlées
est très coûteuse, même parfois impossible en raison des modifications du sol, et exige
une attente de quatre-vingts ans et plus.
Tableau 1. Surfaces forestières incendiées en Algérie entre 1881 et 2017 (Arfa, 2008 ; ONS,
2013 ; 2014 ; 2017 et 2018)
5
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
D’autre part, la forêt algérienne a perdu 1 815 000 ha entre 1850 à 1955 et 1 215 000
ha entre 1955 à 1997 et plus de 710 000 ha entre 1998 et 2015 (DGF, 2004 ; Benabdeli, 2013
in Chiali Charif, 2018)
La wilaya de Tizi Ouzou est classée parmi les wilayas les plus touchées par les
incendies en Algérie. Durant la période 2005-2014, elle à enregistrée un total de 2 209
incendies qui ont parcouru 28 402,62 ha, ce qui représente une moyenne de 220,90
incendie/année et 2 840,26 ha/année. L’année la plus catastrophique est 2012 avec 474
incendies et 10 508 ha brulés sur tout le territoire de la wilaya (Benbouriche, 2015).
Figure 2. Moyennes des superficies brûlées par daïras de la wilaya de Tizi Ouzou
(Benbouriche, 2015)
6
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
Par conséquent, de tous les facteurs de dégradation de la forêt algérienne, les incendies
sont les plus dévastateurs. Ils détruisent en moyenne, en l’espace de quelques mois seulement
(juin à octobre), plus de 36 000 ha de formations ligneuses par an (Arfa, 2008), ils sont à
l'origine des dégâts parfois irréversibles en termes de biodiversité (destruction des biotopes de
la faune sauvage) (DGF, 2009 in Abdelguerfi et al., 2009), et malgré les capacités de
régénération de la forêt, les incendies représentent un véritable fléau auquel très peu d’espèces
peuvent résister (DGF, 2004).
2.2.2. Le défrichement
7
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
8
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
algérie
2.2.3. Le surpâturage
Le surpâturage (sensu-stricto)
(sensu stricto) correspond au dépassement d’un certain taux de
prélèvement de matériel végétal au-delà
au delà duquel, tout autre facteur égal par ailleurs, la plante
ne peut plus renouveler ses ressources (Salemkour et al.,., 2016).
2016) Ill y’a aussi surpâturage
lorsqu’il y a prélèvement sur une végétation donnée d’une quantité de fourrage supérieure à la
production annuelle. L’intensité du surpâturage est donc proportionnelle à la différence entre
la quantité de matière végétale
végétale prélevée et l’accroissement annuel de phytomasse fourragère.
Cette différence s’annule lorsqu’on atteint la charge d’équilibre (Ferchichi et al., 1994 in
Simone, 2000)
2000).
Par ailleurs,
ailleurs, il est connu que le surpâturage modifie profondément l’écosystème
(Dregne,
ne, 1983 ; Milchunas et al.,
al., 1988 ; Westoby et al.,
., 1989 ; Milchunas & Lauenroth,
1993 in Salemkour et al.,., 2016),
2016) ainsi le surpâturage et le piétinement qu’il induit sont
connus pour dégrader la végétation et le sol (Thurowet
(Thurow al.,
., 1988 ; Aidoud et al.,., 1999
19 in
Salemkour et al.,
., 2016).
2016). Cependant, cc'est
'est en été que la forêt est le plus menacée par le
pâturage. Les animaux consomment les jeunes pousses, ce qui empêche la régénération, mais
aussi le feuillage des arbres, favorisant ainsi les attaques d'insectes xylophages. La
composition du sous-bois
sous bois est également modifiée. Le surpâturage en sous bois est à proscrire
pour ses effets néfastes. En revanche, un pâturage contrôlé, réglementé et accompagné serait à
même de valoriser la diversité des ressources offert
offertes
es par la forêt (Bouiadjra et al., 2011).
2011)
Les effets du surpâturage sont multiples et peuvent être classés en deux grandes
catégories : les atteintes à la flore (avec perte de la biodiversité) et au couvert végétal
9
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
algérie
Ce phénomène peut être très ancien et ne se limite pas à l’Afrique du Nord ; des
pratiques menant au surpâturage ont accru la désertification en Asie Centrale et dans
l’Arizona qui souffrent aussi de « l’influence très considérable d’un pâturage excessif. »
(Kachkarov & Korovine, 1942 in Simone, 2000)
2000).
D'un autre côté, la forêt algérienne subit des pressions énormes caractérisées par le
surpâturage, cause importante
importante des dommages causés aux peuplements et facteur essentiel de
la désertification (FAO, non daté),
daté , ainsi la forêt sert de parcours permanent pendant la saison
des neiges pour les éleveurs du Nord. Elle est aussi terre de transhumance pour les troupeaux
steppiques.
piques. On dénombre en forêt 960 000 bovins, 600 000 caprins et 4,2 millions d'ovins.
Des études montrent que la charge pastorale est au moins quatre fois supérieure aux capacités
d'équilibre (Benderradji et al.,
al 2006).. On estime que les parcours et les so
sols
ls dégradés
s’étendent actuellement sur au moins 7 millions d’hectares (Arfa, 2008).
2008)
10
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
algérie
La wilaya de Tizi-Ouzou
Tizi Ouzou de son côté compte plus de 1 236 décharges sauvages sur une
superficie totale évaluée à 202,35 ha en 2008 et un volume de déchets de 1 435 tonnes/jour
générés par les 67 communes de la wilaya (Djemaci, 2012).
2012)
2% 1%
Décharge sauvage
10%
Décharge publique ou
30% 57% communale non controlée
Recyclage
Compostage
11
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
En outre, les déchets non-traités portent atteinte au sol, à la flore et la faune, dégradent
les sites et les paysages, polluent l'air et les eaux et particulièrement les eaux souterraines
engendrent des odeurs et d'une façon générale, nuisent à la santé de l'homme et à
l'environnement (Anonyme, 2002)
12
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
Tableau 3. Evolution de la population urbaine et rurale en Algérie (1886 – 2008) (ONS, 2008
in ONS, 2013)
Population en milliers de personnes % Population
Années Urbaine
Urbaine Rurale Totale
1886 523 3229 3752 13,95
1906 783 3938 4721 16,59
1926 1100 4344 5444 20,21
1931 1248 4654 5902 21,14
1936 1432 5078 6510 21,99
1948 1838 5949 7787 23,61
1954 2158 6457 8615 25,05
1966 3778 8244 12022 31,43
1977 6687 10261 16948 39,45
1987 11420 11631 23051 49,54
1998 16964 12149 29113 58,27
2008 22471 11609 34080 65,94
Spectaculaires ont été les diverses formes d'urbanisation observé en Algérie, au cours
des deux décennies écoulées. C'est ainsi qu'au cours de cette période, le réseau urbain s'est
transformé radicalement, non seulement en se restructurant progressivement, mais aussi en se
densifiant de plus en plus (Sari, 1990). La stratégie de développement des années 70 et la
démographie galopante ont engendré des phénomènes de concentration de la population vers
une partie du territoire, le plus souvent au nord ou autour des grandes villes. 80% de la
population nationale vit sur 14 % du territoire, notamment sur la bande littorale où l'industrie
est installée (Benderradji et al., 2006).
Ainsi, durant la décennie 1987-1998, la population algérienne est devenue majoritairement
urbaine. La part relative de la population rurale connaît donc une tendance à la baisse,
particulièrement au cours de la dernière décennie (FAO, non daté). Par ailleurs, la
densification des zones urbaines et semi urbaines, le dépeuplement des zones de montagne,
des zones steppiques et du Sahara, n’ont fait qu’amplifier certains phénomènes pernicieux de
dégradation des patrimoines naturels, tels que l’érosion sous toutes ses formes, la
désertification et l’abandon des terres cultivées (Arfa, 2008).
13
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
L’urbanisation déplace également les espaces ouverts tels que les terres agricoles, les
zones humides, les parcs et les forêts, et réduit les ressources en eau car la consommation
excessive des eaux souterraines tarit les nappes phréatiques. Ces dégradations réduisent
considérablement la capacité des écosystèmes naturels à filtrer l’air et l’eau et à fournir
d’autres services écosystémiques (PNUD, 2016).
2.3.1. La désertification
La désertification désigne la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides
et sub-humides sèches par suite de divers facteurs parmi lesquels les variations climatiques et
les activités humaines (DGF, 2004). La désertification d’un milieu se traduit par des
modifications profondes des propriétés biophysiques du sol (Cornet, 2002 in Benslimane et
al., 2008).
14
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
couvre 87 % de la superficie du territoire national. Toutefois, ce sont les zones steppiques qui
restent les plus sensibles avec ses 20 millions d'hectares (DGF, 2004).
Figure 8. Dégradation des steppes à alfa de 1990 à 2002 (Nedjraoui et Bédrani, 2008)
15
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
algérie
2.3.2. L’érosion
Le milieu montagneux d’Algérie est soumis à une forte pression pastorale évaluée à 5
500 000 têtes qui risque d’aggraver la dégradation de ces zones déjà fortement fragilisées. Des
études montrent que la charge pastorale est au moins quatre fois supérieure aux capacités
d’équilibre.
De plus, la pression sur les ressources (défrichement
(défrichements,
s, exploitation abusive et peu
préservatrice des ressources) a conduit à la généralisation de l’érosion qui affecte l’ensemble
des terres avec pour résultat la fragilité de nombreuses zones de montagne, la dégradation des
terres et la diminution des terres de cultures et des surfaces boisées. La superficie des terres
16
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
sujettes à l’érosion (zones instables à très instables) étant de 3 423 866 hectares, soit 40 % de
l’espace montagneux. Les effets de l’érosion se traduisent par des menaces de désertification
susceptibles de modifier profondément l’écosystème.
Par ailleurs, les maladies et les insectes sont en majeur partie la cause des pertes en
valeur et en productivité de nos ressources forestières (Hammami, 1985 in Laala, 2016).
Tableau 5. Superficie forestière infestée par les insectes ravageurs en Algérie (1990-2005)
(FRA, 2010)
Parmi les ravageurs forestiers, en Algérie la chenille processionnaire du pin est celle
qui pose le plus de problèmes par l’intensité et la récurrence des gradations. Les cibles
préférées de l’insecte sont les jeunes plantations de pin d’Alep, notamment celles réalisées
dans des zones marginales ou en dehors de l’aire de l’espèce. Le bombyx disparate, sur les
chênes, et le Phoracantha, sur l’eucalyptus, sont également des ennemis redoutables qui
occasionnent de grandes pertes (DGF, 2007).
17
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
Tableau 6. Les infestations d’insectes ravageurs touchant la forêt algérienne (FRA, 2010)
Le principal insecte ravageur des forêts algériennes est sans doute la chenille
processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa). La superficie infestée entre 2003 et 2007
est estimée à 1 077 350 ha, soit une moyenne annuelle de 215 470 ha (FRA, 2010).
Figure 10. Dégât de la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) sur le pin d’Alep
(Bouchou, 2015 ; Messaoudi, 2017)
18
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
Lymantria dispar est l’un des insectes les plus redoutables pour les subéraies
algériennes. Le recensement des superficies infestées entre 1968 et 2013 a mis en évidence
trois principaux pics de culmination en 1977, 1987 et 1996 qui ont conduit à la défoliation de
13 445, 28 157 et 20 793 ha de forêts, respectivement (Zamoum et al., 2014).
Figure 11. Dégât de (Bombyx disparate) Lymantria dispar sur le Chêne-liège (Nierhaus-
Wunderwald & Wermelinger, 2001)
19
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
En Algérie les dégâts les plus importants causés par les xylophages sur Eucalyptus
sont ceux du Phoracantha semipunctata F. (F.A.O./P.N.U.D., 1986 in Laadel, 2014), ainsi,
en l’espace de dix années, depuis son apparition en 1968 à El-Kala, l’infestation a connu une
expansion foudroyante dans toute l’Algérie du nord (Khemici, 1987 in Laadel, 2014).
20
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
De même, au Djurdjura de fortes infestations ont été notées durant les années 2008 à
2010, les dégâts ont concerné une aire de 100 hectares de cèdre. La défoliation d’un arbre par
la processionnaire du cèdre provoque une perte de croissance, tant en circonférence qu’en
hauteur. Il a été montré un déficit de biomasse de près de 34% chez des arbres modérément
défoliés (Gachi et al., 2005 in Rahim, 2016).
El Yousfi (1994) note que les pertes de production occasionnées par les défeuillaisons
de Thaumetopoea bonjeani seraient du même ordre que ceux de Thaumetopoea pityocampa
ou voir même plus importantes (Rahim, 2016).
21
Chapitre 2. Matériels et méthode
A. Zone d’étude
Le massif de la forêt de l’Akfadou est considéré comme l’un des plus beaux et des
plus riches sites et patrimoine forestier du pays, de part, son aspect historique, sa diversité
biologique, et son potentiel touristique.
22
Chapitre 2. Matériels et méthode
La région du massif de l'Akfadou compte parmi les plus arrosées de l'Algérie. Les
précipitations sont supérieures à 1000 mm/an à moyenne altitude (Salamani, 1991).
La saison sèche définie par (Bagnouls& Gaussen, 1953) varie autour de 3,3 mois
(Salamani, 1991).
La région de l'Akfadou est une zone à vocation forestière par excellence. Sa végétation
a été étudiée par plusieurs auteurs parmi lesquels on peut citer Lapie (1909), Quezel (1956),
Zeraia (1981), Aime et al. (1986), Khelifi (1987) et Meddour (1993) (Salamani, 1991).
Elle se distingue des autres forêts algériennes par la forte densité de ses peuplements,
soit 1 500 arbres par hectare à l’âge de 120 ans (Messaoudene et al., 2007).
Le genre Quercus s’y présente sous une grande diversité spécifique avec notamment
trois espèces connues: Quercus afares Pomel., Quercus canariensis Wild. et Quercus suber L
(Haddar et al., 2016).
23
Chapitre 2. Matériels et méthode
Par ailleurs, 40 espèces rares, qui représentent environ 9 % du cortège floristique, ont
pu être identifiées. L’étude des structures élémentaires de ses peuplements et de ses
associations végétales révèle une influence réelle des pressions anthropiques (Messaoudene
et al., 2007).
A.1.4. Relief
Ce massif très accidenté et très boisé fait la jonction au Sud-ouest avec l'imposante
chaîne montagneuse du Djurdjura (point culminant de l'Atlas tellien, 2308 m à Lalla
Khédidja). Au Nord et au Nord-ouest se succèdent les chaînons littoraux avec des altitudes ne
dépassant pas les 1000 m (au Djébel Tamgout, le plus élevé, l'altitude est de 1278 m)
(Salamani, 1991).
A.1.5. Hydrographie
D’un point de vue hydrologique, les versants de la région de la Kabylie sont drainés
par un réseau hydrographique dense, formé par une multitude de cours d’eau permanents et
temporaires.
24
Chapitre 2. Matériels et méthode
A.2. Tourisme
A.3. Population
25
Chapitre 2. Matériels et méthode
B. Méthodologie de travail
Recherches bibliographiques.
Collecte de données auprès des services forestiers.
La recherche bibliographique, se basant sur différents documents, tel que, des articles
de revue scientifiques, ouvrages, thèses, mémoires de fin d’études, sites web, nous a permis
de :
Souligner les différentes difficultés aux quelles doit faire face la forêt algérienne et
plus précisément celle de l’Akfadou ;
Approfondir les bases du sujet étudié ;
Mettre en avant la zone étudiée.
26
Chapitre 3. Résultats et discussions
L’analyse temporelle des délits se fait par l’étude de l’évolution annuelle des nombres,
des dégâts financiers et des superficies touchées par le défrichement, les constructions
illicites, les destructions illicites, l’extraction des pierres, les coupes illicites, les décharges
sauvages, les incendies, le vol de liège, les occupations illicites, les plantations illicites et les
clôtures durant la période 1999-2018 dans la forêt domaniale de l’Akfadou.
1.1. Le défrichement
Les figures 16 et 17, nous révèlent que le nombre maximal de défrichement a été noté
en 2016 (2) avec une superficie parcourue par le défrichement de 5 000 m², suivie par l’année
2017 qui avec un (1) seul défrichent a atteint une superficie de 5 232,5 m².
A partir de la figure 18, on remarque que les dégâts financiers causés par le
27
Chapitre 3. Résultats et discussions
défrichement ont atteint la somme considérable de 550 000 DA en 2017, ajoutant à cela
200 000 DA en 2016.
Le défrichement sans autorisation à pour effet l’érosion des sols, c’est aussi une des
principale cause de déforestation, ainsi des sanctions exemplaire devrait être appliqué à
l’encontre des Individus qui commettent ce délit, qui est à l’origine d’une véritable
catastrophe écologique.
D’après les figures 19 et 20, on constante que l’année 2014 a connu un nombre
maximal de constructions illicites (3) pourtant la superficie touchée n’est que de 705 m²,
l’année 2015 d’un autre côté avec seulement une (1) construction illicite à atteint une
superficie maximale de 6 412 m², suivie par l’année 2017 où la superficie perdue était de
2 716 m² avec une (1) construction, de même que l’année 2016 avec une surface parcourue de
2 700 m².
28
Chapitre 3. Résultats et discussions
Selon la figure 21 on peut noter une immense perte atteignant 620 000 DA durant
l’année 2014, suivi par l’année 2017 avec la somme de 500 000 DA, et seulement 100 000
DA pour l’année 2015 et 2016.
29
Chapitre 3. Résultats et discussions
La figure 25 nous démontre que les dégâts financiers causés par les destructions
illicites en 2014 ont atteint une valeur maximale considérée à 120 000 DA.
Des mesures strictes devraient être mises en place afin de réguler ces infractions.
D’après les figures 26 et 27, durant la période 1999-2018, une seule année à été
30
Chapitre 3. Résultats et discussions
affecté par l’extraction des pierres, ainsi on dénombre quatre (4) fois des extractions de
pierres en 2006 avec un volume évalué à 150 m3.
Selon les informations mentionné dans la figure 28, on s’aperçoit qu’en 2016 plus de
112 500 DA ont été perdu à cause de l’extraction des pierres dans la forêt de l’Akfadou.
31
Chapitre 3. Résultats et discussions
La pierre est extraite illicitement sans règles et sans autorisation, aggrave l’érosion du
sol. Le problème réside dans sa commercialisation sans aucune autorisation, ni impôt, ni
même règles d’extraction. Pour maîtriser ce problème, des brigades de surveillance, devraient
procéder régulièrement à des inspections.
Les figures 30 et 31, nous indiquent que les années 2012 et 2013 ont connus le plus
grand nombre de coupes illicites (6), s’en suit l’année 2008 avec quatre (4) coupes illicites et
les années 2006, 2016 avec trois (3) coupes, puis l’année 2014 avec ses deux (2) coupes a
perdue une superficie considéré à 600 m2, enfin les années 2004, 2005, 2007, 2009, 2010,
2011, 2015 et 2017 n’ont enregistré qu’une (1) seule coupe.
32
Chapitre 3. Résultats et discussions
D’après la figure 32, on observe que l’année 2013 à enregistrée une perte financière
maximale estimé à 3 480 000 DA, suivis par 2 270 000 DA en 2012 et 1 100 000 DA en
2011, les années 2015, 2007 et 2005 ont connu les plus basses pertes financières avec
respectivement 24 000 DA, 8 000 DA 3 000 DA.
33
Chapitre 3. Résultats et discussions
Les statistiques sur les causes des feux de forêt dans la région sont loin d'être
complètes, la très grande majorité des feux sont d'origine inconnue, mais il ressort toutefois,
que le nombre de feux d'origine naturelle est faible comparé à ceux d’origine anthropiques.
Ainsi il faudrait appliquer une lutte préventive destinées à réduire les risques d'incendie avec
des mesures tel que : le débroussaillement, l’installation de points d’eau, les tranchées pare
feu, les voies forestières, l'élaboration de cartes des risques et la surveillance et la détection
par voies mobiles et aériennes.
Conformément aux figures 34 et 35, on s’aperçoit que l’année 2001 a connue un (1)
vol de liège seulement, suivi de l’année 2006 qui a enregistré deux (2) vols de liège avec une
perte financière atteignant le montant colossal de 1 481 200 DA.
34
Chapitre 3. Résultats et discussions
Grâce aux figures 39 et 40, on apprend que la pratique de plantations illicites a été
35
Chapitre 3. Résultats et discussions
décelée une (1) seule fois en 2016 avec des dégâts financiers estimés à 100 000 DA et pour le
reste des années la forêt de l’Akfadou n’a enregistré aucune plantation illicite.
Ces plantations illicites concernent plus particulièrement des oliviers, qui se font aux
dépend de la chênaie de l’Akfadou, qui est déjà très fragilisé.
Les figures 41 et 42, nous renseignent sur le fait que la forêt domaniale de l’Akfadou
n’a enregistré qu’une (1) seule fois la présence de clôture et cela pendant l’année 2016, avec
une surface parcouru de 2 000 m².
Selon la figure 43 les dégâts financiers causés par les clôtures ont conduit à la perte de
100 000 DA pendant l'année 2016.
36
Chapitre 3. Résultats et discussions
L’analyse spatiale des infractions forestières se fait par l’étude des répartitions
cantonales du nombre et des superficies touchées par le défrichement, les constructions
illicites, les destructions illicites, les coupes illicites, le vol de liège, les occupations illicites,
les plantations illicites et les clôtures durant la période 1999-2018.
2.1. Le défrichement
D’après les figures 44 et 45, on observe que le nombre maximal de défrichement à été
signalé au niveau du canton Djebel Affroun (2) avec une superficie touchée de 5 000 m², le
canton Lemsil Bou Oulli avec seulement un (1) défrichement enregistre la plus grande
superficie touchée par le défrichement avec 5 232,5 m².
37
Chapitre 3. Résultats et discussions
On peut noter suivant les informations figurant dans les graphiques 46 et 47, que le
canton Lemsil Bou Oulli est le plus touché par les constructions illicites (5) avec une
superficie de 12 328 m2., le canton Chebel avec une seule (1) construction a une superficie
parcourue de 205 m2.
Les données obtenus grâce aux figures 50 et 51, nous indique que le canton le plus
touché par les coupes illicites est celui de Tacharchourt avec huit (8) coupes, suivie par Lazela
38
Chapitre 3. Résultats et discussions
(6) et Taguarfa (5), Tala Kitane avec quatre (4) coupes enregistre une superficie parcourue par
les coupes illicites de 600 m2.
Suivant les données de la figure 52, le seul canton concerner par le vol de liège est
celui de Djebel Affroun où il a été pratiqué seulement une (1) fois, (on ne dispose pas de
données sur la superficie). Pour le reste des cantons aucun vol de liège n’a été noté.
Les figures 53 et 54, nous indique que trois (3) occupations illicites ont été répertorier
dans le canton Djebel Affroun avec une superficie maximale de 7 250 m2 , suivi du canton
Lemsil Bou Oulli avec deux (2) occupations et une superficie de 4 700 m2, et seulement une
(1) occupation à Bouedga avec une superficie de 2 700 m2.
39
Chapitre 3. Résultats et discussions
D’après La figure 55, on constate que la forêt domaniale de l’Akfadou n’a enregistré
qu’une (1) seule plantation illicite et cela dans le canton Djebel Affroun (on ne dispose pas de
données sur la superficie) et pour le reste des cantons on n’a pas signalé de plantations
illicites.
Les figures 56 et 57 nous informent qu’un (1) seul signalement de clôture à été noté au niveau
du canton de Djebel Affroun où la superficie touchée était de 2 000 m². Le reste des cantons
n’étant pas concerné par cette pratique.
40
Chapitre 3. Résultats et discussions
3. Conclusion
Cette forêt enchanteresse renferme une richesse régionale et nationale pour la diversité
de sa faune et de sa flore, mais qui fait face à un risque imminent d’extinction, car malgré
cette richesse exceptionnelle, la forêt de l’Akfadou ne bénéficie aujourd’hui d’aucun statut qui
puisse la protéger.
Sauver la forêt de l’Akfadou est plus qu’une nécessité. Cet endroit mérite plus
d’intérêt de la part des pouvoirs publics et de la population de la région, la législation
forestière, au vu de la dégradation continue de cette forêt, n’a pas joué son rôle d’instrument
de protection efficace. Ainsi convient-il de revoir les textes régissant le secteur forestier pour
les adapter aux enjeux actuels. Aussi faudrait-il songer à la classer comme Parc national afin
d’avoir les moyens nécessaires pour sa gestion.
41
Conclusion générale
La forêt de l’Akfadou, comme le reste des forêts en Algérie, n’est plus à l’abri du
déboisement, elle fait l’objet d’une destruction continue, occasionnés par l'homme et son
exploitation irrationnelle de ces ressources, cette anthropisation excessive entraine ainsi la
disparition progressive de ce massif forestier.
L’analyse spatio-temporelle des délits durant la période 1999-2018, nous révèle, que la
forêt de l’Akfadou fait régulièrement l’objet de nombreuses infractions, atteignant ainsi un
total de 57 activités informelles, parmi elles, on distingue 32 coupes illicites, qui représente
ainsi le délit le plus signalé pendant la période appréciée (avec une perte de 600 m2), 6
occupations illicites (avec une superficie touchée de 14 650 m2), 6 constructions illicites
(occupant une superficie de 12 533 m2), 4 extractions de pierres, 3 défrichements (superficie
parcourue est de 10 232,5 m2), 3 vols de liège, 1 destruction illicite (altération de 600 m2), 1
plantation illicite et 1 clôture (superficie parcourue est de 2 000 m2).
D’autres délits affectent sérieusement cette forêt, notamment les décharges sauvages
qui détériorent entre autres son aspect et les incendies qui causent d’importants dégâts (dont
on ne dispose pas de données).
Les dommages financiers engendrés par ses pratiques abusives s'élèvent au montant
global de 14 354 300 DA. Le canton Djebel Affroun qui est le plus touché par les différents
délits à subi une perte financière de 1 364 000 DA, ajouter à cela 1 400 000 DA pour l’année
2016 qui inscrit le plus grand nombre d’infractions.
Le massif forestier de l’Akfadou, est l’un des plus importants massifs forestiers de
l’Afrique du nord, qui recèle de multiples espèces floristiques et faunistiques. A ce patrimoine
s’ajoute également quatre zones humides (Lac Noir, Alsous, Alma, et Ouroufel) et de
multiples sites historiques, ainsi qu’un fort potentiel touristique dû à ses paysages naturels
variés et d’une rare beauté. Mais ce bijou de la nature autrefois réputé pour sa densité de
boisement, subit aujourd’hui une nette régression, car beaucoup d’espèces, ont disparu ou sont
classées en voie de disparition. Face à ce désastre des mesures doivent impérativement être
prise pour préserver et valoriser ce domaine forestier.
42
Conclusion générale
Actualisation des textes législatifs relatifs aux forêts et leur stricte application ;
Amélioration des infrastructures et des équipements de prévention et de lutte contre
les feux de forêt ;
Organisation de campagnes de reboisement ;
Gestion durable et rationnelle des ressources forestières ;
Renforcer les capacités des agents forestiers de terrain ;
Organiser régulièrement des campagnes d’information et de sensibilisation du public
sur l’importance des ressources forestières ;
Permettre aux populations riveraines de jouer un rôle plus important dans la gestion,
conservation et développement des forêts ;
Développer l’écotourisme.
43
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[Link]
Résumé
Abstract
The Algerian forest and more particularly the Akfadou forest, is submitted to the influence of
uncontrolled anthropization, which generates catastrophic effects, which deteriorates this
natural treasure. The results of the temporal analysis of offenses during the period 1999-2018
revealed a total of 57 offenses committed in the Akfadou forest, namely clearing, illicit
constructions, illicit destruction, stone extractions, cork theft, fires, wild landfills, illegal
occupations, illegal plantations and fences, which covered a total area estimated at 40 615.5
m2 and caused financial damage estimated at 14 354 300 [Link] spatial analysis, for its part,
highlights the fact that the Djebel Affroun canton was the most affected by the various
offenses. To conclude, some steps to follow have been suggested in the hope of saving and
protecting our forest patrimony.
Key words : Akfadou forest, degradation factors, spatio-temporal analysis, Algerian forests.
ﻣﻠﺨﺺ
. اﻟﻐﺎﺑﺎت اﻟﺠﺰاﺋﺮﯾﺔ، اﻟﺘﺤﻠﯿﻞ اﻟﻤﻜﺎﻧﻲ واﻟﺰﻣﺎﻧﻲ، ﻋﻮاﻣﻞ اﻟﺘﺪھﻮر، ﻏﺎﺑﺔ أﻛﻔﺎدو: اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻟﻤﻔﺘﺎﺣﯿﺔ