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Dégradation des forêts en Algérie : Akfadou

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE


SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU


FACULTE DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET DES SCIENCES AGRONOMIQUES
DEPARTEMENT DES SCIENCES AGRONOMIQUES

Mémoire
De fin d’études

En vue de l’obtention du diplôme de Master II en sciences agronomiques


Spécialité : Protection des forêts

Thème
Contribution à l’étude des principaux facteurs
de dégradation des forêts en Algérie : cas de la
forêt de l’Akfadou

Présenté par : Melle DILEM Amina

Devant le jury composé de :

Président : Mr. ALILI Naceur Maitre-assistant A, UMMTO


Promotrice : Mme. MEDDOUR SAHAR Ouahiba Professeur, UMMTO
Examinateur : Mr. MEDDOUR Rachid Professeur, UMMTO

Année universitaire : 2021-2022


Remerciements

Tout d’abord, je remercie le bon Dieu tout puissant de


m’avoir donné le courage et la patience pour réaliser ce
travail.

Mes remerciements s’adressent à :

Ma promotrice Madame MEDDOUR-SAHAR O., Professeur à


l’Universités Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, pour avoir
accepté de diriger ce travail, elle s’est donné la peine de
corriger ce mémoire malgré sa charge de travail.

Mes remerciements vont aussi à :

Monsieur MEDDOUR R., Professeur à l’Universités


Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, d’avoir accepté
d’examiner ce modeste travail qu’ils trouvent ici
l’expression de ma gratitude et haute considération.

Monsieur ALILI N., Maitre-assistant A, à l’Universités


Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, de m’avoir fait l’honneur
d’être le président du jury, qu’il soit assuré de ma
respectueuse et vive reconnaissance.
Sommaire
Introduction générale………………………………………………………………………...1

Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

1. Introduction.…………………………………………………………………………………3
2. Les facteurs de dégradations des forêts algériennes ………………………………………..3
2.1. Définition d’une forêt dégradée …………………………………………………………..3
2.2. Les perturbations anthropiques …………………………………………………………...4
2.2.1. Les incendies ……………………………………………………………………………4
2.2.2. Le défrichement ………………………………………………………………………...7
2.2.3. Le surpâturage …………………………………………………………………………..9
2.2.4. Les décharges sauvages en milieu naturel et forestier ………………………………...11
2.2.5. L’urbanisation ou étalement urbain …………………………………………………...12
2.3. Les perturbations naturelles …………………………………………………………….14
2.3.1. La désertification ………………………………………………………………………14
2.3.2. L’érosion ………………………………………………………………………………16
2.3.3. Les ravageurs ………………………………………………………………………….17

Chapitre 2. Matériel et méthode

A. Zone d’étude ………………………………………………………………………………22


A. 1. Présentation de la forêt domaniale de l’Akfadou ………………………………………22
A.1.1. Situation géographique et administrative ……………………………………………..22
A.1.2. Climat et Précipitations ………………………………………....................................23
A.1.3. Richesse floristique …………………………………………………………………...23
A.1.4. Relief ……………………………………………………………….............................24
A.1.5. Hydrographie ………………………………………………………............................24
A.2. Tourisme ………………………………………………………………………………..25
A.3. Population …………………………………………………….......................................25
B. Méthodologie de travail …………………………………………………………………...26
C. Collecte de données ……………………………………………………………………….26
Chapitre 3. Résultats et discussions

1. Analyse temporelle des délits……………………………………………………………...27


1.1. Le défrichement……………………………………………………………....................27
1.2. Les constructions illicites………………………………………………………………...28
1.3. Les destructions illicites…………………………………………………………………29
1.4. L’extraction de pierres…………………………………………………………………...30
1.5. Les coupes illicites………………………………………………………………….........32
1.6. Les décharges sauvages………………………………………………………………….33
1.7. Les incendies……………………………………………………………………………..34
1.8. Le vol de liège…………………………………………………………………………....34
1.9. Les occupations illicites………………………………………………………………….34
1.10. Les plantations illicites………………………………………………………………….35
1.11. Les clôtures……………………………………………………………….....................36
2. Analyse spatiale des délits………………………………………………………………....37
2.1. Le défrichement……………………………………………………………….................37
2.2. Les constructions illicites………………………………………………………………...37
2.3. Les destructions illicites………………………………………………………………….38
2.4. Les coupes illicites……………………………………………………………………….38
2.5. Le vol de liège…………………………………………………………………………....39
2.6. Les occupations illicites………………………………………………………………….39
2.7. Les plantations illicites…………………………………………………………………...40
2.8. Les clôtures…………………………………………………………………....................40
3. Conclusion…………………………………………………………………........................41

Conclusion générale. ……………………………………………………………………......42


Références bibliographiques.
Résumé.
Listes des figures

Figure 1. Triangle du feu appliqué à l’incendie de forêt…………………………………….....4


Figure 2. Moyenne des superficies brûlées par daïras de la wilaya de Tizi Ouzou…………....6
Figure 3. Incendie dans la forêt d’Akfadou en Août 2020…………………………………......7
Figure 4. Défrichement dans la forêt d’Akfadou……………………………………………....9
Figure 5. Surpâturage dans la forêt d’Akfadou ……………………………………………....10
Figure 6. Mode d’élimination des déchets en Algérie………………………………………..11
Figure 7. Décharges sauvages dans la forêt d’Akfadou ……………………………………...12
Figure 8. Dégradation des steppes à alfa de 1990 à 2002…………………………………….15
Figure 9. Carte de sensibilité à la désertification en Algérie (2000-2005) …………………..16
Figure 10. Dégât de la processionnaire du pin sur le pin d’Alep……………………………..18
Figure 11. Dégât de (Bombyx disparate) Lymantria dispar sur le Chêne-liège……………...19
Figure 12. Dégât du Longicorne de l’eucalyptus sur l’eucalyptus……………………………20
Figure 13. Dégât de Thaumetopoea bonjeani sur le cèdre……………………………………21
Figure 14. Localisation de la forêt d’Akfadou …………………………………………….....22
Figure 15. Les bassins versants de l’Algérie ……………………………………………........25
Figure 16. Estimation du nombre de défrichement…………………………………………...27
Figure 17. Estimation des superficies parcourues par le défrichement………………………27
Figure 18. Estimation des dégâts financiers causés par le défrichement…………………….27
Figure 19. Estimation du nombre de constructions illicites………………….……………….28
Figure 20. Estimation des superficies parcourues par les constructions illicites……………..28
Figure 21. Estimation des dégâts financiers causés par les constructions illicites……………28
Figure 22. Maison forestière abandonnée dans la forêt de l'Akfadou ………………………..29
Figure 23. Estimation du nombre de destructions illicites……………………………………30
Figure 24. Estimation des superficies parcourues par les destructions illicites………………30
Figure 25. Estimation des dégâts financiers causés par les destructions illicites…………….30
Figure 26. Estimation du nombre d’extraction des pierres…………………………………...30
Figure 27. Estimation du volume d’extraction des pierres…………………………………...30
Figure 28. Estimation des dégâts financiers causés par l’extraction des pierres……………..31
Figure 29. Crevasse provoquée par l’extraction de pierres…………………………………...31
Figure 30. Estimation du nombre de coupes illicites…………………………………………32
Figure 31. Estimation des superficies parcourues par les coupes illicites……………………32
Figure 32. Estimation des dégâts financiers causés par les coupes illicites…………………..32
Figure 33. Décharges sauvages dans la forêt de l’Akfadou …..……………………………...33
Figure 34. Estimation du nombre de vol de liège…………………………………………….34
Figure 35. Estimation des dégâts financiers causés par le vol de liège………………………34
Figure 36. Estimation du nombre d’occupations illicites…………………………………….35
Figure 37. Estimation des superficies parcourues par les occupations illicites………………35
Figure 38. Estimation des dégâts financiers causés par les occupations illicites……………..35
Figure 39. Estimation du nombre de plantations illicites…………........................................35
Figure 40. Estimation des dégâts financiers causés par les plantations illicites………….......35
Figure 41. Estimation du nombre de clôtures………….........................................................36
Figure 42. Estimation des superficies parcourues par les clôtures………….........................36
Figure 43. Estimation des dégâts financiers causés par les clôtures………….......................36
Figure 44. Répartition cantonale du nombre de défrichement…………...............................37
Figure 45. Répartition cantonale des superficies parcourues par le défrichement………......37
Figure 46. Répartition cantonale du nombre de constructions illicites……….......................37
Figure 47. Répartition cantonale des superficies parcourues par les constructions illicites…37
Figure 48. Répartition cantonale du nombre de destructions illicites………………………..38
Figure 49. Répartition cantonale des superficies parcourues par les destructions illicites…..38
Figure 50. Répartition cantonale du nombre de coupes illicites….........................................38
Figure 51. Répartition cantonale des superficies parcourues par les coupes illicites…...........38
Figure 52. Répartition cantonale du nombre de vol de liège…................................................39
Figure 53. Répartition cantonale du nombre d’occupations illicites…....................................39
Figure 54. Répartition cantonale des superficies parcourues par les occupations illicites…...39
Figure 55. Répartition cantonale du nombre de plantations illicites…....................................40
Figure 56. Répartition cantonale du nombre de clôtures…......................................................40
Figure 57. Répartition cantonale des superficies parcourues par les clôtures….......................40
Liste des tableaux

Tableau 1. Surfaces forestières incendiées en Algérie entre 1881 et 2017…………………….5


Tableau 2. Superficies brulées de la Wilaya de Tizi Ouzou durant la période 2005-2014……6
Tableau 3. Evolution de la population urbaine et rurale en Algérie (1886 – 2008)……….. ...13
Tableau 4. Sensibilité à la désertification en Algérie (2000-2005)……….. …………………15
Tableau 5. Superficie forestière infestée par les insectes ravageurs en Algérie……………..17
Tableau 6. Les infestations d’insectes ravageurs touchant la forêt algérienne………............18
Liste des abréviations

% : Pourcentage

AND : Agence Nationale des Déchets

Cm : Centimètre

DA : Dinar Algérien

DDTM : Direction Départementale des Territoire et de la Mer

DGF : Direction Générale des Forêts

DPSB : Direction de la Programmation et du Suivi Budgétaires

FAO : Food and Agriculture Organization (organisation des nations unies pour l'alimentation
et l'agriculture)

FRA : Forest Resources Assessment

GIEC : Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat

HA/Ha : Hectare

IFN : Inventaire Forestier National

Km : Kilomètre

Km2 : Kilomètre carré

M : Mètre

M2 : Mètre Carré

M3 : Mètre Cube

Mm : Millimètre

OIBT : Organisation Internationale des Bois Tropicaux

ONS : Office National des Statistiques

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement.


Introduction générale

Les forêts méditerranéennes constituent un environnement naturel fragile et


profondément perturbé. Les agressions sont variables en fonction de la démographie et des
besoins humains, déterminant les phases de progression ou de régression de la surface de la
forêt (Quézel et Barbéro, 1990 in El Zerey, 2014). Ce phénomène de dégradation des
ressources naturelles est un phénomène très ancien dans la région méditerranéenne (Boudy,
1952 in Hamel et al., 2019).

La dégradation de la biodiversité et des ressources forestières d’origine anthropique


(défrichements, surpâturage, etc.) s’est amplifiée ces dernières années. En Afrique, le taux
annuel de dégradation des forêts avoisine les 50% du taux annuel de déforestation (Lambin et
al., 2003 in Simula, 2009).

En effet, les populations ont transformé les écosystèmes naturels par des systèmes
d’exploitation inappropriés, qui sont à l’origine de stades de dégradation irréversibles
(M’hirit et al., 1998 in El Wahidi et al., 2014).

En Algérie, les forêts ont de tout temps été utilisées par l’homme pour subvenir à un
certain nombre de ses besoins ou à ceux de ses animaux. L’utilisation anarchique des
ressources forestières et l’occupation non sélective des espaces, ainsi que les feux de forêt ont
abouti à la déstabilisation des écosystèmes forestiers (DGF, 2007).

Comme pour le reste du pays, de véritables ravages sont opérés au vu et au su de tout


le monde, comme c’est le cas dans les belles zéenaies et afaressaies de l’Akfadou, en Kabylie.
(Bensaid et al., 2006). Ce massif forestier doté d’un capital naturel exceptionnel, est victime
d’une pression anthropique qui s’affiche par divers usages : défrichement, constructions
illicites, extraction des pierres, coupes illicites, décharges sauvages, incendies, vol de liège,
qui accélère la disparition progressive de ce patrimoine.

Dans le cadre de ce mémoire, nous nous sommes intéressés aux principaux facteurs de
dégradation de la forêt algérienne, en se basant sur la forêt domaniale de l’Akfadou, situé dans
la circonscription d’Azazga, wilaya de Tizi-Ouzou.
Pour ce faire, après une synthèse bibliographique, nous avons effectué une analyse
temporelle et spatiale des délits commis dans la forêt de l’Akfadou.

Dans le souci du respect des gestes barrières, à cause de la situation sanitaire que
connaît le monde actuellement, nous avons préféré nous limité à un thème bibliographique.

1
Introduction générale

La présente étude s’articule en 3 chapitres :

 Chapitre 1 : Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne


 Chapitre 2 : Matériels et méthodes (consacrés à la présentation de la zone d’étude, la
forêt domaniale de l’Akfadou)
 Chapitre 3 : Résultats et discussions (axé sur l’analyse temporelle et spatiale des délits
commis dans la forêt de l’Akfadou)

2
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

1. Introduction

La forêt Algérienne couvre environ 4 Millions d’ha, soit moins de 2% de la superficie


du pays, la vraie forêt ne représente cependant que 1,3 Millions d’ha, le reste étant constitué
de maquis. Le déficit forestier représente aujourd’hui environ 3,8 Millions d’ha. L’effort
national destiné à étendre la couverture forestière n’arrive même pas à compenser les pertes
dues principalement aux facteurs anthropiques, incendies, surpâturage et l’exploitation
anarchique de la forêt, la végétation forestière est par conséquent en constante régression
(DGF, 2004 in Mihi, 2012).

La dégradation du milieu en Algérie est due aux mêmes causes que l’on observe dans
la plus part des pays maghrébins dont les principales sont la surexploitation des terres, le
surpâturage, le déboisement, la mauvaise maîtrise de l’irrigation aggravée par la croissance
démographique. Leur combinaison favorise le déclanchement et l’accélération de la
désertification (Kefifa, 2020).

Les forêts font face à deux types de perturbations, différents du point de vue d’origine
et d’impact : perturbation naturelle et perturbation anthropique (non naturelle).

La perturbation naturelle est d’origine naturelle et fait partie du cycle de la vie des
forêts : la sécheresse, la dynamique et l’influence des climats passés et actuels, les épidémies
d’insectes et de maladies, le chablis, les interactions entre espèces (Mezard, 2017).

Les perturbations anthropiques représentent toutes les actions intentionnelles ou non


faites par l’homme, causant des torts semblables à ceux identifiés lors des perturbations
naturelles, mais dévastatrices et souvent irréparables car elles ne font pas partie d’un système
cyclique de la forêt (Mezard, 2017).

Nous allons passer en revu dans ce chapitre 1, les différents facteurs de dégradation
que subit la forêt algérienne.

2. Les facteurs de dégradations des forêts algériennes

2.1. Définition d’une forêt dégradée

Une forêt dégradée est une forêt qui, en raison des activités anthropiques a perdu un ou
plusieurs des éléments suivants : sa structure, sa fonction, sa composition en espèces animales
et végétales, et son niveau de production d’origine. La dégradation implique donc une

3
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
algérie

diminution, et une modification des biens et services fournis par la forêt (FAO, 2001 ; OIBT
2002 , 2005 in Anonyme, non daté) .

Ainsi, laa Convention sur la diversité biologique définit une forêt dégradée comme:
comme: «
Une forêt dégradée est une forêt secondaire qui a perdu, sous l'effet d'activités humaines, la
structure, la fonction, la composition des espèces ou la productivité normalement associées
au type de forêt naturelle attendu sur le site ».

2.2. Les p
perturbations
erturbations anthropiques

2.2.1. Les incendies

Turner et Bratton (1987) définissent l'incendie comme une perturbation d'origine


abiotique dont l'origine est externe à l'écosystème, dont la source est ponctuelle et qui peut
ensuite se propager à travers le paysage. Les facteurs influençant l’intensité de la combustion
s’articulent autour d’un "triangle du feu" dont les trois côtés sont : le combustible, la
météorologie et la topographie.
topographie (Chandler et al., 1983; Trabaud, 1992 in Lahaye, 2018).
2018)

Figure 1. Triangle
iangle du feu appliqué à l’incendie de forêt (Lahaye, 2018)

L’activité humaine est la principale cause de déclenchement d’incendies, que ce soit


du fait d’une activité économique (chantiers, activités agricoles, dilatation des câbles
électriques...) ou bien
bien d’une activité du quotidien (mégots de cigarettes, barbecues ou feux de
camps, incendie de véhicules ou de poubelle...). La moitié de ces feux d’origine anthropique
est due à des imprudences ou des comportements dangereux. Ces imprudences sont aussi bien
le fait des touristes que des riverains (Borne, 2020)
2020).
4
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

Selon Velez (1999), les dommages produits par les incendies de forêts sont
particulièrement notables dans une région où les milieux naturels sont aussi altérés. On
ne doit en aucune façon sous-estimer les pertes de bois d'œuvre, matière première pour
laquelle les pays méditerranéens sont très déficitaires. Et la restauration des forêts brûlées
est très coûteuse, même parfois impossible en raison des modifications du sol, et exige
une attente de quatre-vingts ans et plus.

En effet, en région méditerranéenne, les forêts sont régulièrement la proie des


flammes, avec des conséquences écologiques, économiques et sociales souvent désastreuses.
Les incendies de forêt affectent de grandes surfaces et causent d’importants dommages qui
peuvent avoir de lourdes conséquences écologiques, sociales et économiques. Plus de 50 000
feux brûlent environ 500 000 hectares de végétation chaque année dans les pays du bassin
méditerranéen (Lampin et al., 2011).

Tableau 1. Surfaces forestières incendiées en Algérie entre 1881 et 2017 (Arfa, 2008 ; ONS,
2013 ; 2014 ; 2017 et 2018)

Années Superficie incendiée Année la plus touchée de la décennie


(ha) Année Superficie incendiée (ha)
1881 – 1890 353 856 1881 169 056
1891 – 1900 487 796 1892 135 574
1901 – 1910 309 889 1902 141 141
1911 – 1920 622 571 1913 138 191
1921 – 1930 296 262 1922 89 473
1931 – 1940 275 096 1937 61 877
1941 – 1950 280 119 1943 81 678
1951 – 1960 649 970 1956 204 220
1961 – 1970 233 772 1961 59 471
1971 – 1980 292 849 1971 57 835
1981 – 1990 361 391 1983 221 368
1991 – 2000 549 240 1994 271 598
2001 – 2006 122 063 2004 31 999
2007 – 2010 130 768 2007 47 939
2011 – 2013 132 382 2012 99 061
2014 – 2016 77 164 2014 43 126
2017 54 384 / /
Total 5 229 572 / /

5
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

D’autre part, la forêt algérienne a perdu 1 815 000 ha entre 1850 à 1955 et 1 215 000
ha entre 1955 à 1997 et plus de 710 000 ha entre 1998 et 2015 (DGF, 2004 ; Benabdeli, 2013
in Chiali Charif, 2018)

Tableau [Link] brulées de la Wilaya de Tizi Ouzou durant la période 2005-2014


(Benbouriche, 2015)
Années Superficies (ha) Années Superficies (ha)
2005 1 154,5 2010 2 233,8
2006 2 664 2011 1 056,45
2007 3 414,17 2012 10 508
2008 2 779,7 2013 714
2009 992 2014 2 886
Moyenne 2 840,26

La wilaya de Tizi Ouzou est classée parmi les wilayas les plus touchées par les
incendies en Algérie. Durant la période 2005-2014, elle à enregistrée un total de 2 209
incendies qui ont parcouru 28 402,62 ha, ce qui représente une moyenne de 220,90
incendie/année et 2 840,26 ha/année. L’année la plus catastrophique est 2012 avec 474
incendies et 10 508 ha brulés sur tout le territoire de la wilaya (Benbouriche, 2015).

Figure 2. Moyennes des superficies brûlées par daïras de la wilaya de Tizi Ouzou
(Benbouriche, 2015)

6
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

Figure 3. Incendie dans la forêt d’Akfadou en Août 2020

Ainsi, le feu, combiné avec le surpâturage, et la déforestation, est le principal ennemi


de la forêt méditerranéenne. Depuis au moins 2 500 à 4 000 ans les pasteurs et les cultivateurs
ont eu l'habitude d'incendier la forêt pour obtenir des pâturages meilleurs et plus précoces et
des terres de culture à défricher. Le surpâturage, en éliminant les plantules retarde ou
empêche toute régénération après le feu et/ou le défrichement (Le houérou, 1980).

Par conséquent, de tous les facteurs de dégradation de la forêt algérienne, les incendies
sont les plus dévastateurs. Ils détruisent en moyenne, en l’espace de quelques mois seulement
(juin à octobre), plus de 36 000 ha de formations ligneuses par an (Arfa, 2008), ils sont à
l'origine des dégâts parfois irréversibles en termes de biodiversité (destruction des biotopes de
la faune sauvage) (DGF, 2009 in Abdelguerfi et al., 2009), et malgré les capacités de
régénération de la forêt, les incendies représentent un véritable fléau auquel très peu d’espèces
peuvent résister (DGF, 2004).

2.2.2. Le défrichement

Le défrichement est une action de destruction totale et irrémédiable de la


végétation en place, une disparition définitive de l'état boisé pour un autre usage,
essentiellement pour satisfaire en terrain les besoins de l'agriculture et de l'élevage que
tous les défrichements opérés à l'intérieur des formations végétales (Benabdeli, 1996a
in Kerrache , 2011)

Autrement dit, un défrichement est toute opération volontaire entraînant directement


ou indirectement la destruction de l'état boisé d'un terrain et mettant fin à sa destination
forestière. C’est une opération qui a pour effet de changer la vocation d’un sol :

7
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

 de supprimer la végétation forestière,


 d'en rendre impossible sa régénération.
Il est direct ou indirect (Castric & Hochart, 2018).
 défrichement direct : par la coupe et le dessouchage des arbres (urbanisation, carrière,
mise en culture…)
 défrichement indirect : par la coupe des arbres, puis une exploitation du terrain
empêchant toute régénération de s’installer (camping, parking, golf, pâturage
incontrôlé…etc.) (DDTM, 2017).

La forêt algérienne subit des pressions diverses et répétées réduisant considérablement


ses potentialités végétales, hydriques et édaphiques. Parmi les facteurs de dégradation, il y a
lieu de relever les défrichements: les populations montagnardes, privées de surfaces agricoles
et marginalisées procèdent à des labours à la lisière des forêts. Ces pratiques, outre qu’elles
ont un effet désastreux sur les sols, provoquent des antagonismes permanents entre les
riverains et l’administration forestière guidée par un souci de protection des forêts (Laouar,
2009).

Ainsi, en Algérie, la couverture végétale forestière est soumise en permanence à des


agressions d'origine humaine et animale (Benabdeli, 1996 b in Kerrache et al., 2019), le
défrichement fait rage avec une intensité particulière et toutes les chaînes côtières sont
maintenant nues. Cette situation n'a pas changé depuis, et les facteurs de dégradation sont les
mêmes tels que les feux de forêt, le défrichement, l'érosion, les coupes illicites et le
surpâturage (Kerrache et al., 2019).

De ce fait, les défrichements, les incendies et le surpâturage sont les principaux


facteurs de dégradation et de déforestations en Algérie (Kerrache, 2011).

8
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
algérie

Figure 4. Défrichement dans la forêt d’Akf


d’Akfadou

2.2.3. Le surpâturage

Le surpâturage (sensu-stricto)
(sensu stricto) correspond au dépassement d’un certain taux de
prélèvement de matériel végétal au-delà
au delà duquel, tout autre facteur égal par ailleurs, la plante
ne peut plus renouveler ses ressources (Salemkour et al.,., 2016).
2016) Ill y’a aussi surpâturage
lorsqu’il y a prélèvement sur une végétation donnée d’une quantité de fourrage supérieure à la
production annuelle. L’intensité du surpâturage est donc proportionnelle à la différence entre
la quantité de matière végétale
végétale prélevée et l’accroissement annuel de phytomasse fourragère.
Cette différence s’annule lorsqu’on atteint la charge d’équilibre (Ferchichi et al., 1994 in
Simone, 2000)
2000).

Par ailleurs,
ailleurs, il est connu que le surpâturage modifie profondément l’écosystème
(Dregne,
ne, 1983 ; Milchunas et al.,
al., 1988 ; Westoby et al.,
., 1989 ; Milchunas & Lauenroth,
1993 in Salemkour et al.,., 2016),
2016) ainsi le surpâturage et le piétinement qu’il induit sont
connus pour dégrader la végétation et le sol (Thurowet
(Thurow al.,
., 1988 ; Aidoud et al.,., 1999
19 in
Salemkour et al.,
., 2016).
2016). Cependant, cc'est
'est en été que la forêt est le plus menacée par le
pâturage. Les animaux consomment les jeunes pousses, ce qui empêche la régénération, mais
aussi le feuillage des arbres, favorisant ainsi les attaques d'insectes xylophages. La
composition du sous-bois
sous bois est également modifiée. Le surpâturage en sous bois est à proscrire
pour ses effets néfastes. En revanche, un pâturage contrôlé, réglementé et accompagné serait à
même de valoriser la diversité des ressources offert
offertes
es par la forêt (Bouiadjra et al., 2011).
2011)

Les effets du surpâturage sont multiples et peuvent être classés en deux grandes
catégories : les atteintes à la flore (avec perte de la biodiversité) et au couvert végétal

9
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
algérie

(dégradation ou transformation des milieu


milieuxx naturels), et les dégâts que l’on attribue à la
torrentialité (ravinement, coulées boueuses) (Evin, 2005). Le surpâturage en forêts ou en
steppe a aussi pour conséquences d'éliminer par broutage les jeunes régénérations, les
branches basses, et les rejets.
rejets. D’autre part les effets du piétinement sur le sol et la végétation
sont graves: tassement, solifluxion, écrasement des végétaux, etc. Le surpâturage quasi
permanent a stoppé les régénérations, transfo
transformé
rmé la steppe en désert et beaucoup de forêts en
un piqueté
iqueté d'arbres ébranchés et a profondément modifié le tapis herbacé associé (Regagba,
2012).

Ce phénomène peut être très ancien et ne se limite pas à l’Afrique du Nord ; des
pratiques menant au surpâturage ont accru la désertification en Asie Centrale et dans
l’Arizona qui souffrent aussi de « l’influence très considérable d’un pâturage excessif. »
(Kachkarov & Korovine, 1942 in Simone, 2000)
2000).

D'un autre côté, la forêt algérienne subit des pressions énormes caractérisées par le
surpâturage, cause importante
importante des dommages causés aux peuplements et facteur essentiel de
la désertification (FAO, non daté),
daté , ainsi la forêt sert de parcours permanent pendant la saison
des neiges pour les éleveurs du Nord. Elle est aussi terre de transhumance pour les troupeaux
steppiques.
piques. On dénombre en forêt 960 000 bovins, 600 000 caprins et 4,2 millions d'ovins.
Des études montrent que la charge pastorale est au moins quatre fois supérieure aux capacités
d'équilibre (Benderradji et al.,
al 2006).. On estime que les parcours et les so
sols
ls dégradés
s’étendent actuellement sur au moins 7 millions d’hectares (Arfa, 2008).
2008)

Figure 5. Surpâturage dans la forêt d’Akfadou

10
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
algérie

2.2.4. Les décharges sauvages en milieu naturel et forestier

Les déchets sauvages sont des déchets aband


abandonnés
onnés dans l’environnement de manière
inadéquate, volontairement ou par négligence, dans des zones accessibles au public ou sur
des terrains privés avec ou sans le consentement du propriétaire. Il peut s’agir de dépôts
concentrés (en tas comme les déchets issus de chantier par exemple) ou de dépôts diffus
(mégots, bouteilles plastiques, emballages, etc.) (Marcoux et al.,
al 2019).

En Algérie, la quantité de déchets ménagers a connu une augmentation substantielle au


cours des dernières décennies en raison d’u
d’une
ne croissance démographique galopante conjuguée
à une urbanisation non maitrisée (Abdedou & Boussad, 2015)
2015).. Ces quantités pourraient
dépasser les 30 Millions de tonnes en 2025 si aucune politique de prévention n’est mise en
œuvre (Djemaci, 2012).
2012). La composition
composition de ce type de déchets devient de plus en plus
complexe (plastique, verre, matière organique, papier/carton et métaux) et peuvent nuire à
l’environnement et à la santé publique (Abdedou & Boussad, 2015)
2015).

D'autre part, la génération des déchets solide


solidess urbains est déjà évaluée à environ 8,5
millions de tonnes par an, en 2005.
2005. Le seuil des 12 millions de tonnes est certainement franchi
en 2010
2010. Plus de 3 130 décharges sauvages ont été recensées sur les 48 wilayas avec une
superficie de l’ordre de 4 552,5
552, ha (Djemaci, 2012)
2012)..

La wilaya de Tizi-Ouzou
Tizi Ouzou de son côté compte plus de 1 236 décharges sauvages sur une
superficie totale évaluée à 202,35 ha en 2008 et un volume de déchets de 1 435 tonnes/jour
générés par les 67 communes de la wilaya (Djemaci, 2012).
2012)

2% 1%
Décharge sauvage
10%

Décharge publique ou
30% 57% communale non controlée

Décharge controlée CET

Recyclage

Compostage

Figure 6. Mode d’élimination


d’élimination des déchets en Algérie (Djemaci, 2012)

11
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

Il y’a lieu de constater que les conditions de ramassage, d’évacuation et d’élimination


des déchets municipaux en Algérie se détériorent de jour en jour (Chenane, 2008), car
malheureusement, en Algérie l’approche valorisation des déchets est peu développée. En effet
seulement 7% de déchets sont recyclés et 93% sont mis en décharge (décharges sauvages ou
centres d’enfouissement technique (CET)) (AND, 2012 in Abdedou & Boussad, 2015).

Figure 7. Décharges sauvages dans la forêt d’Akfadou

En outre, les déchets non-traités portent atteinte au sol, à la flore et la faune, dégradent
les sites et les paysages, polluent l'air et les eaux et particulièrement les eaux souterraines
engendrent des odeurs et d'une façon générale, nuisent à la santé de l'homme et à
l'environnement (Anonyme, 2002)

2.2.5. L’urbanisation ou étalement urbain

La notion d’urbanisation peut varier. Ce concept désigne aussi bien le phénomène


démographique en soi (la tendance à la concentration de la population dans les villes) que
l’aménagement du territoire à des fins urbanistiques.
On entend par processus d’urbanisation le phénomène de développement des villes. Ce
processus démarre par la migration des personnes habitant dans des zones rurales (à la
campagne) vers la zone urbaine (en ville) (Anonyme, 2012).

L’urbanisation est un phénomène structurel majeur de notre époque. En 2008, la


population mondiale qui habite en ville a passé le seuil de 50 % et atteint, en 2013, environ 53
% (Daziano, 2014). Les projections à long terme suggèrent qu’entre 55% et 90% de toutes les
personnes vivront dans des villes et des agglomérations d’ici 2100 (Jiang & O’Neill, 2017 in
Silvain, 2019).

12
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

Tableau 3. Evolution de la population urbaine et rurale en Algérie (1886 – 2008) (ONS, 2008
in ONS, 2013)
Population en milliers de personnes % Population
Années Urbaine
Urbaine Rurale Totale
1886 523 3229 3752 13,95
1906 783 3938 4721 16,59
1926 1100 4344 5444 20,21
1931 1248 4654 5902 21,14
1936 1432 5078 6510 21,99
1948 1838 5949 7787 23,61
1954 2158 6457 8615 25,05
1966 3778 8244 12022 31,43
1977 6687 10261 16948 39,45
1987 11420 11631 23051 49,54
1998 16964 12149 29113 58,27
2008 22471 11609 34080 65,94

Spectaculaires ont été les diverses formes d'urbanisation observé en Algérie, au cours
des deux décennies écoulées. C'est ainsi qu'au cours de cette période, le réseau urbain s'est
transformé radicalement, non seulement en se restructurant progressivement, mais aussi en se
densifiant de plus en plus (Sari, 1990). La stratégie de développement des années 70 et la
démographie galopante ont engendré des phénomènes de concentration de la population vers
une partie du territoire, le plus souvent au nord ou autour des grandes villes. 80% de la
population nationale vit sur 14 % du territoire, notamment sur la bande littorale où l'industrie
est installée (Benderradji et al., 2006).
Ainsi, durant la décennie 1987-1998, la population algérienne est devenue majoritairement
urbaine. La part relative de la population rurale connaît donc une tendance à la baisse,
particulièrement au cours de la dernière décennie (FAO, non daté). Par ailleurs, la
densification des zones urbaines et semi urbaines, le dépeuplement des zones de montagne,
des zones steppiques et du Sahara, n’ont fait qu’amplifier certains phénomènes pernicieux de
dégradation des patrimoines naturels, tels que l’érosion sous toutes ses formes, la
désertification et l’abandon des terres cultivées (Arfa, 2008).

De plus, la vitesse de l’expansion urbaine à mené à une amplification de la pression


sur l’environnement, en termes d’une hausse de la pollution de l’air, d’une recrudescence de
déchets solides, de l’épuisement et la dégradation des réserves d’eau douce, de la détérioration
des cotes et de la dégradation des sols (Munasinghe, 1994), ainsi, l’urbanisation exerce sur

13
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

l’environnement d’importantes pressions. L’utilisation irrationnelle des ressources, les


émissions de gaz à effet de serre, la fragmentation et l’érosion des habitats naturels, et la
pollution terrestre, hydrique et atmosphérique sont autant d’effets néfastes que peut engendrer
une planification urbaine déficiente (GIEC, 2002 in Desjardins, 2014).

L’urbanisation déplace également les espaces ouverts tels que les terres agricoles, les
zones humides, les parcs et les forêts, et réduit les ressources en eau car la consommation
excessive des eaux souterraines tarit les nappes phréatiques. Ces dégradations réduisent
considérablement la capacité des écosystèmes naturels à filtrer l’air et l’eau et à fournir
d’autres services écosystémiques (PNUD, 2016).

L’étalement urbain et l’imperméabilisation des sols qui en résulte conduisent donc à


un déstockage de carbone d’autant plus important qu’ils se font aux dépens de surface en forêt
ou prairie (Desailly et al., 2009). La déforestation accroît la vulnérabilité des zones urbaines à
la sécheresse, aux feux, aux inondations, aux glissements de terrains et aux polluants
(Munasinghe, 1994).

2.3. Les perturbations naturelles

2.3.1. La désertification
La désertification désigne la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides
et sub-humides sèches par suite de divers facteurs parmi lesquels les variations climatiques et
les activités humaines (DGF, 2004). La désertification d’un milieu se traduit par des
modifications profondes des propriétés biophysiques du sol (Cornet, 2002 in Benslimane et
al., 2008).

La désertification est considérée comme l'une des problématiques environnementales


les plus préoccupantes du 21 siècle. Le problème de désertification touche des territoires
occupant 39,2 % du globe terrestre, soit environ 51,6×10 km² de terres dégradées (Thomas,
1995 in Benslimane et al., 2008). L’Afrique du nord renferme, à elle seule, une superficie de
4,86×10 km² (Arrar, 1993 in Benslimane et al., 2008).

En effet, la désertification est fortement présente en Algérie, avec 2 millions de Km2


de désert et plus de 382 000 Km2 à dominance climatique semi-aride et sub-humide, le Sahara

14
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

couvre 87 % de la superficie du territoire national. Toutefois, ce sont les zones steppiques qui
restent les plus sensibles avec ses 20 millions d'hectares (DGF, 2004).

Figure 8. Dégradation des steppes à alfa de 1990 à 2002 (Nedjraoui et Bédrani, 2008)

Ainsi, en Algérie, la dégradation de l’environnement se manifeste avec acuité,


notamment dans les zones steppiques, la superficie des parcours steppiques dégradés ou en
voie de dégradation ne cesse d’augmenter (Bensouiah, 2003), Oussedik et coll (2003),
estiment que le phénomène de désertification, affectait en 1996 près de 70 % de la superficie
de la steppe algérienne (Benslimane et al., 2008), la forêt algérienne aussi semble glisser
rapidement sur la voie d’une dégradation progressive des essences principales, et de son
remplacement par le maquis et les broussailles (DGF, 2004).

Tableau 4. Sensibilité à la désertification en Algérie (2000-2005) (Benslimane et al., 2008)


Zone Surface Etat du sol (%)
(km²) Très bon Bon Critique dégradé Très dégradé
Algérie du nord 395 342,4 7,75 20,5 11,0 34,4 24,8
Région steppique 99 899 0,10 5,5 15,6 65,4 9,5

De même, on constate aujourd'hui qu'au niveau du Sahara un déséquilibre du milieu


oasien est bien avancé, consécutif d'une part à une urbanisation mal maîtrisée, entraînant un
ensablement important, et d'autre part à une surexploitation des nappes souterraines, ajouter à
cela un labour mécanisé inadapté à ce milieu fragile, un surpâturage important aggravé par
une sécheresse endémique, font que les strates herbacées ne se régénèrent plus et que les sols
nus sont soumis à une déflation permanente provoquant ainsi l'appauvrissement du milieu et
la désertification (DGF, 2004).

Mais, la désertification, en Algérie, concerne essentiellement les steppes des régions


arides et semi-arides qui ont toujours été l’espace privilégié de l’élevage ovin extensif
représentant près 19 millions de têtes. Ces parcours sont soumis à des sécheresses récurrentes

15
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne
algérie

et à une pression anthropique croissante : surpâturage et défrichement des parcours,


exploita
exploitation
tion de terres impropres aux cultures, s'ensuit une dégradation de plus en plus
accentuée de toutes les composantes de l’écosystème (flore, couvert végétal, sol et ses
éléments, faune et son habitat), l’action de l’érosion éolienne accentue le processus de
désertification. Cette dégradation des terres et la désertification qui en est le stade le plus
avancé, se traduisent par la réduction du potentiel biologique et par la rupture des équilibres
écologique et socio-économique
socio économique (Le Houérou, 1985 ; Aidoud, 199
19966 ; Bedrani, 1999 in
Nedjraoui et Bédrani, 2008)

Figure 9. Carte de sensibilité à la désertification en Algérie (2000


(2000-2005) (Benslimane et al.,
2008)

2.3.2. L’érosion

Le milieu montagneux d’Algérie est soumis à une forte pression pastorale évaluée à 5
500 000 têtes qui risque d’aggraver la dégradation de ces zones déjà fortement fragilisées. Des
études montrent que la charge pastorale est au moins quatre fois supérieure aux capacités
d’équilibre.
De plus, la pression sur les ressources (défrichement
(défrichements,
s, exploitation abusive et peu
préservatrice des ressources) a conduit à la généralisation de l’érosion qui affecte l’ensemble
des terres avec pour résultat la fragilité de nombreuses zones de montagne, la dégradation des
terres et la diminution des terres de cultures et des surfaces boisées. La superficie des terres

16
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

sujettes à l’érosion (zones instables à très instables) étant de 3 423 866 hectares, soit 40 % de
l’espace montagneux. Les effets de l’érosion se traduisent par des menaces de désertification
susceptibles de modifier profondément l’écosystème.

Les Écosystèmes steppiques aussi connaissent une importante régression du couvert


végétal et une diminution de la productivité pastorale. Ainsi près de 6 millions ha sont très
menacés par les effets de l'érosion. Les superficies labourées annuellement et soumises à
l'érosion éolienne sont estimées à prés de 1,2 million ha (Laouar, 2009).

2.3.3. Les ravageurs

La fragilité de l’écosystème forestier est un facteur particulièrement favorable à la


multiplication des ravageurs. Les modifications du milieu forestier ont également une
influence sur l’activité et la dispersion de divers ravageurs (Chakali et Hezil, 2018). Ainsi,
en forêt méditerranéenne, les conditions climatiques (aridité estivale souvent prolongée)
peuvent conférer aux dégâts d'insectes un impact peut-être plus important qu'ailleurs
(Schvester, 1990).

Par ailleurs, les maladies et les insectes sont en majeur partie la cause des pertes en
valeur et en productivité de nos ressources forestières (Hammami, 1985 in Laala, 2016).

Tableau 5. Superficie forestière infestée par les insectes ravageurs en Algérie (1990-2005)
(FRA, 2010)

Année Superficie forestière touchée (ha)


1990 240 930
2000 129 560
2005 217 210

Parmi les ravageurs forestiers, en Algérie la chenille processionnaire du pin est celle
qui pose le plus de problèmes par l’intensité et la récurrence des gradations. Les cibles
préférées de l’insecte sont les jeunes plantations de pin d’Alep, notamment celles réalisées
dans des zones marginales ou en dehors de l’aire de l’espèce. Le bombyx disparate, sur les
chênes, et le Phoracantha, sur l’eucalyptus, sont également des ennemis redoutables qui
occasionnent de grandes pertes (DGF, 2007).

17
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

Tableau 6. Les infestations d’insectes ravageurs touchant la forêt algérienne (FRA, 2010)

Nom Espèce d’arbre Année de la Superficie


touché dernière touchée (ha)
infestation
Chenille processionnaire du Pin Pin d'Alep 2007 218 660
(Thaumetopoea pityocampa) (Pinus halepensis)

Chenille processionnaire du Cèdre de l'Atlas 2007 1 680


cèdre (Thaumetopoea bonjeani) (Cedrus atlantica)
Bombyx disparate (Lymantria Chêne-liège 2007 4 410
dispar) (Quercus suber)

 La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa Schiff)

Le principal insecte ravageur des forêts algériennes est sans doute la chenille
processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa). La superficie infestée entre 2003 et 2007
est estimée à 1 077 350 ha, soit une moyenne annuelle de 215 470 ha (FRA, 2010).

Effectivement, de sévères attaques sont causées périodiquement par la chenille


processionnaire du pin, Thaumetopoea pityocampa qui se traduit souvent par des défoliations
spectaculaires (Chakali et Hezil, 2018). Les larves des deux premiers stades dévorent les
aiguilles à proximité des zones de pontes et engendrent des dégâts caractéristiques sous forme
de bouquets d’aiguilles jaunes puis rousses. Les chenilles du troisième au cinquième stade
consomment souvent la totalité des aiguilles (Sebti, 2015).

Figure 10. Dégât de la processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) sur le pin d’Alep
(Bouchou, 2015 ; Messaoudi, 2017)

18
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

 Bombyx disparate (Lymantria dispar)

Lymantria dispar est l’un des insectes les plus redoutables pour les subéraies
algériennes. Le recensement des superficies infestées entre 1968 et 2013 a mis en évidence
trois principaux pics de culmination en 1977, 1987 et 1996 qui ont conduit à la défoliation de
13 445, 28 157 et 20 793 ha de forêts, respectivement (Zamoum et al., 2014).

Figure 11. Dégât de (Bombyx disparate) Lymantria dispar sur le Chêne-liège (Nierhaus-
Wunderwald & Wermelinger, 2001)

En effet, la Spongieuse Lymantria dispar L. occasionne des dégâts considérables


conduisant à la défoliation complète des arbres. Il peut donc affaiblir d’avantage les
peuplements et faciliter l’installation des insectes xylophages et des champignons lignivores
(Khous, 1993 in Laala, 2016). Plusieurs auteurs ont noté que les pullulations du ravageur
sont plus fréquentes dans les forêts dégradées et éclaircies par le pâturage intensif et les
activités humaines (Fraval, 1989 ; Basri et al., 2005 in Villemant, 2010).

19
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

 Longicorne de l’eucalyptus (Phoracantha semipunctata Fabricius)

En Algérie les dégâts les plus importants causés par les xylophages sur Eucalyptus
sont ceux du Phoracantha semipunctata F. (F.A.O./P.N.U.D., 1986 in Laadel, 2014), ainsi,
en l’espace de dix années, depuis son apparition en 1968 à El-Kala, l’infestation a connu une
expansion foudroyante dans toute l’Algérie du nord (Khemici, 1987 in Laadel, 2014).

Figure 12. Dégât du Longicorne de l’eucalyptus (Phoracantha semipunctata) sur l’eucalyptus


(Fraval, 2006)

 La processionnaire du cèdre (Thaumetopoea bonjeani Powell)

Dans la cédraie du Bélezma, la superficie attaquée en 1982-83 était de 500 hectares


(Gachi et al., 1994), des défoliations donnant aux arbres un aspect d'arbres calcinés. En 2001,
une infestation a été signalée au mont Chélia. Cette infestation a touché 10 hectares en 2001 et
plus de 100 hectares en 2002 (Gachi, 2004).

20
Chapitre 1. Les principaux facteurs de dégradation de la forêt algérienne

De même, au Djurdjura de fortes infestations ont été notées durant les années 2008 à
2010, les dégâts ont concerné une aire de 100 hectares de cèdre. La défoliation d’un arbre par
la processionnaire du cèdre provoque une perte de croissance, tant en circonférence qu’en
hauteur. Il a été montré un déficit de biomasse de près de 34% chez des arbres modérément
défoliés (Gachi et al., 2005 in Rahim, 2016).

El Yousfi (1994) note que les pertes de production occasionnées par les défeuillaisons
de Thaumetopoea bonjeani seraient du même ordre que ceux de Thaumetopoea pityocampa
ou voir même plus importantes (Rahim, 2016).

Figure 13. Dégât de Thaumetopoea bonjeani sur le cèdre (Rahim, 2016)

21
Chapitre 2. Matériels et méthode

A. Zone d’étude

A.1. Présentation de la forêt domaniale de l’Akfadou

A. 1.1. Situation géographique et administrative

La forêt de l’Akfadou, située à 160 km environ à l’est d’Alger et distante de 20 km de


la mer méditerranée, le massif forestier s’étend sur une superficie d’environ 11 000 ha, soit 18
% de la chênaie caducifoliée d’Algérie. L’altitude de l’Akfadou varie de 800 m à 1 646 m
(Messaoudene et al., 2007) .

Localisée entre 4° 33 et 4° 41 de longitude Est et entre 36° 30 et 36° 86 de latitude


Nord. Cette forêt dépend administrativement des wilayas de Tizi Ouzou et de Bejaïa
(Messaoudene et al., 2007).

Le massif de la forêt de l’Akfadou est considéré comme l’un des plus beaux et des
plus riches sites et patrimoine forestier du pays, de part, son aspect historique, sa diversité
biologique, et son potentiel touristique.

Figure 14. Localisation de la forêt d’Akfadou (Dahmana et al., 2006)

22
Chapitre 2. Matériels et méthode

A.1.2. Climat et Précipitations

La région du massif de l'Akfadou compte parmi les plus arrosées de l'Algérie. Les
précipitations sont supérieures à 1000 mm/an à moyenne altitude (Salamani, 1991).

Selon (Messaoudene, 1989), le climat de l’Akfadou est de type humide à variante


tempérée avec un régime saisonnier de type « HAPE » (Haddar et al., 2016) .

La neige est relativement importante, des hauteurs de 50 à 60 cm sont fréquemment


enregistrées (Salamani, 1991).

La saison sèche définie par (Bagnouls& Gaussen, 1953) varie autour de 3,3 mois
(Salamani, 1991).

A.1.3. Richesse floristique

La région de l'Akfadou est une zone à vocation forestière par excellence. Sa végétation
a été étudiée par plusieurs auteurs parmi lesquels on peut citer Lapie (1909), Quezel (1956),
Zeraia (1981), Aime et al. (1986), Khelifi (1987) et Meddour (1993) (Salamani, 1991).

La forêt de l’Akfadou se distingue par une mosaïque de peuplements, de groupements


végétaux et par sa diversité floristique (Salamani, 1991). Ainsi, au total, 435 espèces ont été
inventoriées dans la forêt d’Akfadou (Messaoudene et al., 2007).

Elle se distingue des autres forêts algériennes par la forte densité de ses peuplements,
soit 1 500 arbres par hectare à l’âge de 120 ans (Messaoudene et al., 2007).

Le genre Quercus s’y présente sous une grande diversité spécifique avec notamment
trois espèces connues: Quercus afares Pomel., Quercus canariensis Wild. et Quercus suber L
(Haddar et al., 2016).

En effet, les peuplements la forêt d’Akfadou sont constitués essentiellement de


peuplements de chêne zéen (Quercus canariensis Willd.), de chêne afarès (Quercus afares
Pomel.) et de chêne liège (Quercus suber L.) (Représente 18 % de la chênaie caducifoliée
algérienne). Ces peuplements présentent une mosaïque d’âges divers. Le chêne zéen est
l’essence dominante jusqu’à 1 646 m d’altitude, où il occupe environ 45 % de la superficie
boisée. Le chêne afarès abonde sur quelques lignes de crête, les versants sud et sud-ouest et
les terrains caractérisés par des sols plus ou moins argileux. Le plus souvent, il est situé au-

23
Chapitre 2. Matériels et méthode

dessous de 1 250 m d’altitude. Les peuplements purs occupent environ 15 % de la surface


boisée. Les peuplements mixtes de chêne zéen et de chêne afarès se retrouvent partout dans
les zones de transition. Il en est de même pour les peuplements mixtes de chêne zéen et de
chêne liège, limités à une altitude de 1 100 m. Ces peuplements mixtes couvrent environ 25 %
de la zone boisée. Quant au chêne liège à l’état pur, il occupe 15 % de la zone périphérique de
l’Akfadou. De gros chênes zéens et afarès, âgés de plus de 500 ans, sont présents dans de
nombreux sites. Ces individus témoignent de l’origine ancestrale de la chênaie de l’Akfadou
(Messaoudene et al., 2007).

Par ailleurs, 40 espèces rares, qui représentent environ 9 % du cortège floristique, ont
pu être identifiées. L’étude des structures élémentaires de ses peuplements et de ses
associations végétales révèle une influence réelle des pressions anthropiques (Messaoudene
et al., 2007).

A.1.4. Relief

L’orographie de la forêt de l’Akfadou est assez compliquée : elle s’articule autour


d’une succession de lignes de crête globalement orientées nord-est et sud-ouest.
Généralement, le relief est assez accidenté (pentes de 15 % à 45 %), notamment dans sa partie
sud-orientale, l’altitude de l’Akfadou variant de 800 m à 1 646 m (Messaoudene et al., 2007).

Ce massif très accidenté et très boisé fait la jonction au Sud-ouest avec l'imposante
chaîne montagneuse du Djurdjura (point culminant de l'Atlas tellien, 2308 m à Lalla
Khédidja). Au Nord et au Nord-ouest se succèdent les chaînons littoraux avec des altitudes ne
dépassant pas les 1000 m (au Djébel Tamgout, le plus élevé, l'altitude est de 1278 m)
(Salamani, 1991).

A.1.5. Hydrographie

D’un point de vue hydrologique, les versants de la région de la Kabylie sont drainés
par un réseau hydrographique dense, formé par une multitude de cours d’eau permanents et
temporaires.

Ainsi, la lagune de Tamelaht située à 1 km Est de l’embouchure de l’oued Soummam,


et les mares temporaires intraforstières se trouvent dans la région de l’Akfadou, qui se
forment à l’occasion des pluies hivernales, telles que : Aguelmine avarkane (lac noir), lac
Alsous, lac Alma et le lac Ouroufel (Dahmana et al., 2006).

24
Chapitre 2. Matériels et méthode

Figure 15. Les bassins versants de l’Algérie

A.2. Tourisme

La forêt de l’Akfadou présente un attrait touristique réel (Messaoudene et al., 2007).

A.3. Population

La population de la Daïra de Chemini a connu une baisse de sa population entre les


recensements de 1998 et 2008, ainsi elle est passée de 38 058 habitants en 1998 à 36 622
habitants en 2008, soit une régression du taux d’accroissement de - 0,38 %. En 2015 la
population a connu une faible croissance avec au total 38 490 habitants.

De même, la population de la commune de l’Akfadou a baissé légèrement entre 1998


et 2008, passant de 7 503 habitants en 1998 à 7 358 habitants en 2008 soit un taux
d’accroissement de - 0,19 %. En 2015 la commune de l’Akfadou a connu un léger
accroissement avec une population qui s’élève à 7 730 habitants (DPSB, 2015).

25
Chapitre 2. Matériels et méthode

B. Méthodologie de travail

Dans le but de mettre en évidence les principaux facteurs de dégradation de la forêt


algérienne, dont ce travail fait l’objet, une méthodologie de travail à été appliquée, s'appuyant
essentiellement sur :

 Recherches bibliographiques.
 Collecte de données auprès des services forestiers.

C. Collecte des données

La recherche bibliographique, se basant sur différents documents, tel que, des articles
de revue scientifiques, ouvrages, thèses, mémoires de fin d’études, sites web, nous a permis
de :

 Souligner les différentes difficultés aux quelles doit faire face la forêt algérienne et
plus précisément celle de l’Akfadou ;
 Approfondir les bases du sujet étudié ;
 Mettre en avant la zone étudiée.

26
Chapitre 3. Résultats et discussions

1. Analyse temporelle des délits

L’analyse temporelle des délits se fait par l’étude de l’évolution annuelle des nombres,
des dégâts financiers et des superficies touchées par le défrichement, les constructions
illicites, les destructions illicites, l’extraction des pierres, les coupes illicites, les décharges
sauvages, les incendies, le vol de liège, les occupations illicites, les plantations illicites et les
clôtures durant la période 1999-2018 dans la forêt domaniale de l’Akfadou.

1.1. Le défrichement

Les figures 16 et 17, nous révèlent que le nombre maximal de défrichement a été noté
en 2016 (2) avec une superficie parcourue par le défrichement de 5 000 m², suivie par l’année
2017 qui avec un (1) seul défrichent a atteint une superficie de 5 232,5 m².

A partir de la figure 18, on remarque que les dégâts financiers causés par le

27
Chapitre 3. Résultats et discussions

défrichement ont atteint la somme considérable de 550 000 DA en 2017, ajoutant à cela
200 000 DA en 2016.

Le défrichement sans autorisation à pour effet l’érosion des sols, c’est aussi une des
principale cause de déforestation, ainsi des sanctions exemplaire devrait être appliqué à
l’encontre des Individus qui commettent ce délit, qui est à l’origine d’une véritable
catastrophe écologique.

1.2. Les constructions illicites

D’après les figures 19 et 20, on constante que l’année 2014 a connu un nombre
maximal de constructions illicites (3) pourtant la superficie touchée n’est que de 705 m²,
l’année 2015 d’un autre côté avec seulement une (1) construction illicite à atteint une
superficie maximale de 6 412 m², suivie par l’année 2017 où la superficie perdue était de
2 716 m² avec une (1) construction, de même que l’année 2016 avec une surface parcourue de
2 700 m².

28
Chapitre 3. Résultats et discussions

Selon la figure 21 on peut noter une immense perte atteignant 620 000 DA durant
l’année 2014, suivi par l’année 2017 avec la somme de 500 000 DA, et seulement 100 000
DA pour l’année 2015 et 2016.

Figure 22. Maison forestière abandonnée dans la forêt de l'Akfadou


Des individus n’hésitent pas à perpétrer de véritables massacres sur la flore en abattant
des d’arbres, qui sont généralement constitués de chênes zéen, chênes afarès et chênes liège,
trois espèces d’arbres qui prédominent dans la forêt de l’Akfadou. Par conséquent, il est
constaté l’apparition de clairières en pleine forêts. Ces terres squattées sont transformées en
propriétés privées. De ce fait ce phénomène de constructions illicites menaçant la pérennité et
l’existence même de cette forêt.

1.3. Les destructions illicites


On remarque d’après les données fournis par les figures 23 et 24, qu’une (1) seule
destruction illicite à été relevé durant l’année 2014, avec une superficie touchée de 600 m².

29
Chapitre 3. Résultats et discussions

La figure 25 nous démontre que les dégâts financiers causés par les destructions
illicites en 2014 ont atteint une valeur maximale considérée à 120 000 DA.

Des mesures strictes devraient être mises en place afin de réguler ces infractions.

1.4. L’extraction des pierres

D’après les figures 26 et 27, durant la période 1999-2018, une seule année à été
30
Chapitre 3. Résultats et discussions

affecté par l’extraction des pierres, ainsi on dénombre quatre (4) fois des extractions de
pierres en 2006 avec un volume évalué à 150 m3.

Selon les informations mentionné dans la figure 28, on s’aperçoit qu’en 2016 plus de
112 500 DA ont été perdu à cause de l’extraction des pierres dans la forêt de l’Akfadou.

Figure 29. Crevasse provoquée par l’extraction de pierres

31
Chapitre 3. Résultats et discussions

La production de la pierre est un secteur où des sommes colossales d'argent sont


investies, par conséquent, les prix intéressants amènent les villageois à ce métier. Ils ont
investi la forêt d'Akfadou là où existe la roche de qualité. Ainsi on décompte une dizaine de
sites d'extraction, dont Agoulmim, Amdik-Bwakli et Tamajart.

La pierre est extraite illicitement sans règles et sans autorisation, aggrave l’érosion du
sol. Le problème réside dans sa commercialisation sans aucune autorisation, ni impôt, ni
même règles d’extraction. Pour maîtriser ce problème, des brigades de surveillance, devraient
procéder régulièrement à des inspections.

1.5. Les coupes illicites

Les figures 30 et 31, nous indiquent que les années 2012 et 2013 ont connus le plus
grand nombre de coupes illicites (6), s’en suit l’année 2008 avec quatre (4) coupes illicites et
les années 2006, 2016 avec trois (3) coupes, puis l’année 2014 avec ses deux (2) coupes a
perdue une superficie considéré à 600 m2, enfin les années 2004, 2005, 2007, 2009, 2010,
2011, 2015 et 2017 n’ont enregistré qu’une (1) seule coupe.

32
Chapitre 3. Résultats et discussions

D’après la figure 32, on observe que l’année 2013 à enregistrée une perte financière
maximale estimé à 3 480 000 DA, suivis par 2 270 000 DA en 2012 et 1 100 000 DA en
2011, les années 2015, 2007 et 2005 ont connu les plus basses pertes financières avec
respectivement 24 000 DA, 8 000 DA 3 000 DA.

La coupe illicite, a en effet atteint des proportions inquiétantes au niveau de la forêt de


l’Akfadou. Pourtant, la loi est bien claire. Des amendes et des peines de prison sont prévues
en application de l’article 75 de la loi 84/12 portant régime général des forêts.
Malheureusement, cette loi, même appliquée ne compensera pas les pertes inestimables de cet
important patrimoine. Au regard du désastre, les peines à encourir sont insuffisantes pour ces
crimes commis aux dépens de l’environnement.

1.6. Les décharges sauvages

D’après les données des archives de la circonscription des forêts d’Azazga, on ne


signale aucune décharge sauvage dans la forêt de l’Akfadou, pourtant on est vite frappé par la
contradiction entre ses données et les faits du terrain, ainsi le tourisme de masse, qui afflue
chaque année notamment vers le Lac noir (Aguelmime Averkane) souffre sévèrement d’actes
d’incivisme, ainsi beaucoup de ces visiteurs après leur passage abandonnant derrière eux sacs
en plastique, bouteilles vides et restes de nourriture, en transformant cette forêt en décharge
publique. Cet écosystème fragile ne peut en aucun cas supporter une telle pression
anthropique. Pour cela il faut impérativement réguler le flux touristique, sensibiliser pour un
changement dans le comportement des visiteurs et organiser des compagnes de nettoyage.

Figure 33. Décharges sauvages dans la forêt de l’Akfadou

33
Chapitre 3. Résultats et discussions

1.7. Les incendies


Chaque année d’importantes surfaces de la forêt de l’Akfadou sont parcourues par des
incendies, avec des dommages de grande ampleur (On ne dépose pas de données).

Les statistiques sur les causes des feux de forêt dans la région sont loin d'être
complètes, la très grande majorité des feux sont d'origine inconnue, mais il ressort toutefois,
que le nombre de feux d'origine naturelle est faible comparé à ceux d’origine anthropiques.
Ainsi il faudrait appliquer une lutte préventive destinées à réduire les risques d'incendie avec
des mesures tel que : le débroussaillement, l’installation de points d’eau, les tranchées pare
feu, les voies forestières, l'élaboration de cartes des risques et la surveillance et la détection
par voies mobiles et aériennes.

1.8. Le vol de liège

Conformément aux figures 34 et 35, on s’aperçoit que l’année 2001 a connue un (1)
vol de liège seulement, suivi de l’année 2006 qui a enregistré deux (2) vols de liège avec une
perte financière atteignant le montant colossal de 1 481 200 DA.

Les dommages dus à cette exploitation anarchique du liège causent la régression de sa


régénération naturelle, un affaiblissement des chênes qui conduit à une réduction de leur
superficie et ainsi des dépérissements de plus en plus accentués, qui pourraient à long terme
aboutir à leur disparition totale. Pourtant l’article 74 de la loi 84/12 prévoit des peines à
l'encontre des auteurs de ce délit, des peines qui devait être plus sévères.

1.9. Les occupations illicites


La figure 36 et 37 nous indique que l’année 2016 a connue un nombre d’occupations
illicites s’élevant à six (6) avec une superficie parcourue de 14 650 m2.

34
Chapitre 3. Résultats et discussions

À partir de la figure 38 on constate que la forêt de l’Akfadou a subit en 2016 des


dégâts financiers d’un coût totale de 600 000 DA causé par les occupations illicites.

1.10. Les plantations illicites

Grâce aux figures 39 et 40, on apprend que la pratique de plantations illicites a été

35
Chapitre 3. Résultats et discussions

décelée une (1) seule fois en 2016 avec des dégâts financiers estimés à 100 000 DA et pour le
reste des années la forêt de l’Akfadou n’a enregistré aucune plantation illicite.

Ces plantations illicites concernent plus particulièrement des oliviers, qui se font aux
dépend de la chênaie de l’Akfadou, qui est déjà très fragilisé.

1.11. Les clôtures

Les figures 41 et 42, nous renseignent sur le fait que la forêt domaniale de l’Akfadou
n’a enregistré qu’une (1) seule fois la présence de clôture et cela pendant l’année 2016, avec
une surface parcouru de 2 000 m².

Selon la figure 43 les dégâts financiers causés par les clôtures ont conduit à la perte de
100 000 DA pendant l'année 2016.

36
Chapitre 3. Résultats et discussions

2. Analyse spatiale des délits

L’analyse spatiale des infractions forestières se fait par l’étude des répartitions
cantonales du nombre et des superficies touchées par le défrichement, les constructions
illicites, les destructions illicites, les coupes illicites, le vol de liège, les occupations illicites,
les plantations illicites et les clôtures durant la période 1999-2018.

Les cantons concernés par l’étude spatiale sont : Ainceur-Guizene, Athaman,


Bouedga, Chebel, Djebel Affroun, Lazela, Lemsil Bou Oulli, Tacharchourt, Taguarfa, Tala
Kitane, Thala N'Bacha.

2.1. Le défrichement

D’après les figures 44 et 45, on observe que le nombre maximal de défrichement à été
signalé au niveau du canton Djebel Affroun (2) avec une superficie touchée de 5 000 m², le
canton Lemsil Bou Oulli avec seulement un (1) défrichement enregistre la plus grande
superficie touchée par le défrichement avec 5 232,5 m².

2.2. Les constructions illicites

37
Chapitre 3. Résultats et discussions

On peut noter suivant les informations figurant dans les graphiques 46 et 47, que le
canton Lemsil Bou Oulli est le plus touché par les constructions illicites (5) avec une
superficie de 12 328 m2., le canton Chebel avec une seule (1) construction a une superficie
parcourue de 205 m2.

2.3. Les destructions illicites

D’après les figures 48 et 49, concernant la répartition cantonale des destructions


illicites on constate que ce dernier a été signalé seulement une (1) fois dans le canton de Tala
Kitane où la superficie touchée était de 600 m².

2.4. Les coupes illicites

Les données obtenus grâce aux figures 50 et 51, nous indique que le canton le plus
touché par les coupes illicites est celui de Tacharchourt avec huit (8) coupes, suivie par Lazela

38
Chapitre 3. Résultats et discussions

(6) et Taguarfa (5), Tala Kitane avec quatre (4) coupes enregistre une superficie parcourue par
les coupes illicites de 600 m2.

2.5. Le vol de liège

Suivant les données de la figure 52, le seul canton concerner par le vol de liège est
celui de Djebel Affroun où il a été pratiqué seulement une (1) fois, (on ne dispose pas de
données sur la superficie). Pour le reste des cantons aucun vol de liège n’a été noté.

2.6. Les occupations illicites

Les figures 53 et 54, nous indique que trois (3) occupations illicites ont été répertorier
dans le canton Djebel Affroun avec une superficie maximale de 7 250 m2 , suivi du canton
Lemsil Bou Oulli avec deux (2) occupations et une superficie de 4 700 m2, et seulement une
(1) occupation à Bouedga avec une superficie de 2 700 m2.

39
Chapitre 3. Résultats et discussions

2.7. Les plantations illicites

D’après La figure 55, on constate que la forêt domaniale de l’Akfadou n’a enregistré
qu’une (1) seule plantation illicite et cela dans le canton Djebel Affroun (on ne dispose pas de
données sur la superficie) et pour le reste des cantons on n’a pas signalé de plantations
illicites.

2.8. Les clôtures


.

Les figures 56 et 57 nous informent qu’un (1) seul signalement de clôture à été noté au niveau
du canton de Djebel Affroun où la superficie touchée était de 2 000 m². Le reste des cantons
n’étant pas concerné par cette pratique.

40
Chapitre 3. Résultats et discussions

3. Conclusion

Certaines formes d’exploitation anarchique des ressources de la forêt de l’Akfadou tel


que le défrichement, les constructions illicites, les destructions illicites, l’extraction des
pierres, les coupes illicites, les décharges sauvages, les incendies, le vol de liège, les
occupations illicites, les plantations illicites et les clôtures, ont rendu la biodiversité de cet
écosystème très vulnérable à la dégradation.

Cette forêt enchanteresse renferme une richesse régionale et nationale pour la diversité
de sa faune et de sa flore, mais qui fait face à un risque imminent d’extinction, car malgré
cette richesse exceptionnelle, la forêt de l’Akfadou ne bénéficie aujourd’hui d’aucun statut qui
puisse la protéger.

Sauver la forêt de l’Akfadou est plus qu’une nécessité. Cet endroit mérite plus
d’intérêt de la part des pouvoirs publics et de la population de la région, la législation
forestière, au vu de la dégradation continue de cette forêt, n’a pas joué son rôle d’instrument
de protection efficace. Ainsi convient-il de revoir les textes régissant le secteur forestier pour
les adapter aux enjeux actuels. Aussi faudrait-il songer à la classer comme Parc national afin
d’avoir les moyens nécessaires pour sa gestion.

41
Conclusion générale

La forêt de l’Akfadou, comme le reste des forêts en Algérie, n’est plus à l’abri du
déboisement, elle fait l’objet d’une destruction continue, occasionnés par l'homme et son
exploitation irrationnelle de ces ressources, cette anthropisation excessive entraine ainsi la
disparition progressive de ce massif forestier.

L’analyse spatio-temporelle des délits durant la période 1999-2018, nous révèle, que la
forêt de l’Akfadou fait régulièrement l’objet de nombreuses infractions, atteignant ainsi un
total de 57 activités informelles, parmi elles, on distingue 32 coupes illicites, qui représente
ainsi le délit le plus signalé pendant la période appréciée (avec une perte de 600 m2), 6
occupations illicites (avec une superficie touchée de 14 650 m2), 6 constructions illicites
(occupant une superficie de 12 533 m2), 4 extractions de pierres, 3 défrichements (superficie
parcourue est de 10 232,5 m2), 3 vols de liège, 1 destruction illicite (altération de 600 m2), 1
plantation illicite et 1 clôture (superficie parcourue est de 2 000 m2).

D’autres délits affectent sérieusement cette forêt, notamment les décharges sauvages
qui détériorent entre autres son aspect et les incendies qui causent d’importants dégâts (dont
on ne dispose pas de données).

Les dommages financiers engendrés par ses pratiques abusives s'élèvent au montant
global de 14 354 300 DA. Le canton Djebel Affroun qui est le plus touché par les différents
délits à subi une perte financière de 1 364 000 DA, ajouter à cela 1 400 000 DA pour l’année
2016 qui inscrit le plus grand nombre d’infractions.

Le massif forestier de l’Akfadou, est l’un des plus importants massifs forestiers de
l’Afrique du nord, qui recèle de multiples espèces floristiques et faunistiques. A ce patrimoine
s’ajoute également quatre zones humides (Lac Noir, Alsous, Alma, et Ouroufel) et de
multiples sites historiques, ainsi qu’un fort potentiel touristique dû à ses paysages naturels
variés et d’une rare beauté. Mais ce bijou de la nature autrefois réputé pour sa densité de
boisement, subit aujourd’hui une nette régression, car beaucoup d’espèces, ont disparu ou sont
classées en voie de disparition. Face à ce désastre des mesures doivent impérativement être
prise pour préserver et valoriser ce domaine forestier.

Ainsi, afin de protéger et développer notre précieux patrimoine forestier nous


suggérons quelques démarches à suivre :
 Accélération de la mise en œuvre du statut de parc national pour la forêt de
l’Akfadou dans le cadre d’une meilleure prise en charge de ce patrimoine ;

42
Conclusion générale

 Actualisation des textes législatifs relatifs aux forêts et leur stricte application ;
 Amélioration des infrastructures et des équipements de prévention et de lutte contre
les feux de forêt ;
 Organisation de campagnes de reboisement ;
 Gestion durable et rationnelle des ressources forestières ;
 Renforcer les capacités des agents forestiers de terrain ;
 Organiser régulièrement des campagnes d’information et de sensibilisation du public
sur l’importance des ressources forestières ;
 Permettre aux populations riveraines de jouer un rôle plus important dans la gestion,
conservation et développement des forêts ;
 Développer l’écotourisme.

43
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Résumé

La forêt Algérienne et plus particulièrement celle de l’Akfadou, est soumise à l'influence


d’une anthropisation incontrôlé, qui engendre des effets catastrophiques, qui détériore ce
trésor naturel. Les résultats de l’analyse temporelle des délits durant la période 1999-2018 à
mis en évidence, un total de 57 infractions commises sur la forêt domaniale de l’Akfadou, à
savoir, le défrichement, les constructions illicites, les destructions illicites, l’extractions des
pierres, le vol de liège, les incendies, les décharges sauvages, les occupations illicites, les
plantations illicites et les clôtures, qui ont parcouru une superficie totale évalué à 40 615,5
m2 et ont causés des dégâts financiers estimé à 14 354 300 DA. L’analyse spatiale, quand à
elle, à souligner le fait que le canton Djebel Affroun à été le plus affecté par les diverses
infractions. Pour conclure, certaines démarches à suivre, ont été suggérer, dans l’espoir de
sauver et protéger notre patrimoine forestier.

Mots clés : Forêt de l’Akfadou, facteurs de dégradation, analyse spatio-temporelle, forêts


algériennes.

Abstract

The Algerian forest and more particularly the Akfadou forest, is submitted to the influence of
uncontrolled anthropization, which generates catastrophic effects, which deteriorates this
natural treasure. The results of the temporal analysis of offenses during the period 1999-2018
revealed a total of 57 offenses committed in the Akfadou forest, namely clearing, illicit
constructions, illicit destruction, stone extractions, cork theft, fires, wild landfills, illegal
occupations, illegal plantations and fences, which covered a total area estimated at 40 615.5
m2 and caused financial damage estimated at 14 354 300 [Link] spatial analysis, for its part,
highlights the fact that the Djebel Affroun canton was the most affected by the various
offenses. To conclude, some steps to follow have been suggested in the hope of saving and
protecting our forest patrimony.

Key words : Akfadou forest, degradation factors, spatio-temporal analysis, Algerian forests.

‫ﻣﻠﺨﺺ‬

‫ ﻣﻤﺎ ﯾﺆدي إﻟﻰ‬، ‫آﺛﺎرا ﻛﺎرﺛﯿﺔ‬


ً ‫ اﻟﺘﻲ ﺗﻮﻟﺪ‬، ‫ ﺗﺨﻀﻊ ﻟﺘﺄﺛﯿﺮ اﻷﻧﺜﺮوﺑﯿﺎ ﻏﯿﺮ اﻟﻤﻨﻀﺒﻄﺔ‬، ‫ وﺧﺎﺻﺔ ﻏﺎﺑﺔ أﻛﻔﺎدو‬، ‫اﻟﻐﺎﺑﺔ اﻟﺠﺰاﺋﺮﯾﺔ‬
‫ ﻣﺨﺎﻟﻔﺔ‬57 ‫ ﻋﻦ إﺟﻤﺎﻟﻲ‬2018-1999 ‫ ﻛﺸﻔﺖ ﻧﺘﺎﺋﺞ اﻟﺘﺤﻠﯿﻞ اﻟﺰﻣﻨﻲ ﻟﻠﺠﺮاﺋﻢ ﺧﻼل اﻟﻔﺘﺮة اﻟﺰﻣﻨﯿﺔ‬.‫ﺗﺪھﻮر ھﺬا اﻟﻜﻨﺰ اﻟﻄﺒﯿﻌﻲ‬
، ‫ ﺳﺮﻗﺔ اﻟﻔﻠﯿﻦ‬،‫ اﺳﺘﺨﺮاج اﻟﺤﺠﺮ‬، ‫ اﻟﮭﺪم اﻟﻐﯿﺮ ﻣﺸﺮوع‬، ‫ اﻹﻧﺸﺎءات ﻏﯿﺮ اﻟﻤﺸﺮوﻋﺔ‬،‫ وھﻲ‬، ‫ارﺗﻜﺒﺖ ﻓﻲ ﻏﺎﺑﺔ أﻛﻔﺎدو‬
‫ اﻟﺰراﻋﺔ ﻏﯿﺮ اﻟﻘﺎﻧﻮﻧﯿﺔ و اﻷﺳﻮار اﻟﺘﻲ ﻏﻄﺖ ﻣﺴﺎﺣﺔ إﺟﻤﺎﻟﯿﺔ ﺗﻘﺪر‬، ‫ اﻻﺳﺘﯿﻼء اﻟﻐﯿﺮ ﻗﺎﻧﻮﻧﻲ‬، ‫ ﻣﻜﺐ اﻟﻨﻔﺎﯾﺎت اﻟﺒﺮﯾﺔ‬، ‫اﻟﺤﺮاﺋﻖ‬
‫ ﯾﺴﻠﻂ اﻟﻀﻮء‬،‫ ﻣﻦ ﺟﺎﻧﺒﮫ‬،‫ اﻟﺘﺤﻠﯿﻞ اﻟﻤﻜﺎﻧﻲ‬.‫ دﯾﻨﺎر ﺟﺰاﺋﺮي‬14354300 ‫ وﺗﺴﺒﺒﺖ ﻓﻲ أﺿﺮار ﻣﺎﻟﯿﺔ ﺗﻘﺪر ﺑـ‬2‫ م‬40615.5.‫ﺑـ‬
‫ ﺗﻢ اﻗﺘﺮاح ﺑﻌﺾ اﻟﺨﻄﻮات اﻟﺘﻲ‬، ‫ ﻓﻲ اﻟﺨﺘﺎم‬.‫ﻋﻠﻰ ﺣﻘﯿﻘﺔ أن ﻣﻘﺎطﻌﺔ ﺟﺒﻞ ﻋﻔﺮون ﻛﺎن اﻷﻛﺜﺮ ﺗﻀﺮرا ﻣﻦ ﻣﺨﺘﻠﻒ اﻟﺠﺮاﺋﻢ‬
.‫ﯾﺠﺐ اﺗﺒﺎﻋﮭﺎ ﻋﻠﻰ أﻣﻞ اﻟﺤﻔﺎظ ﻋﻠﻰ ﺗﺮاﺛﻨﺎ اﻟﻐﺎﺑﻲ وﺣﻤﺎﯾﺘﮫ‬

.‫ اﻟﻐﺎﺑﺎت اﻟﺠﺰاﺋﺮﯾﺔ‬، ‫ اﻟﺘﺤﻠﯿﻞ اﻟﻤﻜﺎﻧﻲ واﻟﺰﻣﺎﻧﻲ‬، ‫ ﻋﻮاﻣﻞ اﻟﺘﺪھﻮر‬، ‫ ﻏﺎﺑﺔ أﻛﻔﺎدو‬: ‫اﻟﻜﻠﻤﺎت اﻟﻤﻔﺘﺎﺣﯿﺔ‬

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