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Réticence bancaire et financement PME

Le document analyse la réticence de CORIS BANK à financer les PME, en mettant en évidence des facteurs tels que le risque de crédit, la nécessité de garanties, la gouvernance des entreprises, et l'influence du cadre réglementaire. Il souligne que 46% des demandes de financement sont rejetées en raison d'un risque élevé, et 37% le sont à cause d'un manque de garanties. En outre, le coût du crédit est identifié comme un obstacle majeur pour les PME, affectant leur rentabilité et leur accès au financement.

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Réticence bancaire et financement PME

Le document analyse la réticence de CORIS BANK à financer les PME, en mettant en évidence des facteurs tels que le risque de crédit, la nécessité de garanties, la gouvernance des entreprises, et l'influence du cadre réglementaire. Il souligne que 46% des demandes de financement sont rejetées en raison d'un risque élevé, et 37% le sont à cause d'un manque de garanties. En outre, le coût du crédit est identifié comme un obstacle majeur pour les PME, affectant leur rentabilité et leur accès au financement.

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SECTION 2 : ANALYSE DES RESULTATS

Le cadre d'analyse adopté se présente sous deux (2) aspects : la responsabilité de la banque dans le
problème de financement et le fait des entreprises. Les variables mises en évidence sont entre autres
les facteurs ayant non seulement entrainé la réticence de la banque, mais aussi ceux qui empêchent
aux PME d'accéder au financement.

I : Analyse de la réticence de la banque

Pour plusieurs raisons, CORIS BANK manifeste sa réticence face aux demandes de financement des
PME. Notons à cet effet le problème du risque, la question de la garantie, la gouvernance des
entreprises, l'influence du cadre réglementaire et l'inadaptation des ressources de la banque.

I.1: Le Problème du risque

Une des activités principales des banques est l'octroi de crédit, lequel constitue le métier de base des
établissements de crédit. La maitrise du risque de crédit est l'un des axes stratégiques majeurs de la
gestion des établissements financiers bancaires comme CORIS BANK, si bien que toute décision de
crédit obéit généralement au respect rigoureux de certaines normes de gestion financière et
comptable.

La notion du risque bancaire recouvre tout événement susceptible d'empêcher la banque de réaliser
ses objectifs ou encore de maximiser ses performances. Cette perception du risque est liée a la
difficulté qu'ont les banques de distinguer les bons emprunteurs et les mauvais parmi leurs débiteurs
potentiels, et revient à mettre en évidence certains indicateurs dont :

- la capacité de remboursement (Cr)

Cet indicateur mesure l'aptitude de l'entreprise à rembourser la totalité de ses dettes à partir de la
CAFG4 dégagée annuellement. Plus l'entreprise est capable de rembourser ses dettes, plus elle est
enclin à obtenir un nouveau financement auprès de la banque.

CAFG : Capacité d'Autofinancement Globale

-le taux d'endettement de l’entreprise (Te)

Il permet de percevoir le niveau d'endettement de l'entreprise envers ses fournisseurs. Ce ratio


permet aussi de mettre en évidence la question de l'apport personnel du promoteur exigé surtout
pour les projets en création. Une entreprise ne peut se créer sans disponibilités de fonds propres. Il
est exigé donc dans la plupart des cas, une contribution effective du promoteur.

La mise en évidence de ces indicateurs permet donc à la banque de mesurer le risque auquel elle fait
face. En effet, si les entreprises sont fortement endettées auprès de leurs fournisseurs, ou si elles ne
sont pas capables de rembourser leurs dettes antérieures, cela traduit qu'un éventuel financement
s'avère risqué pour la banque.

C'est pourquoi, d'après nos résultats 46% des demandes de financement sont rejetés parce que le
risque de crédit est élevé, au point même d'en être un facteur relativement significatif, en fonction
des spécificités de crédits, selon cet extrait de tableau.

Influence du risque dans les cas spécifiques de problèmes de financement.


Crédits d'investissement : 22 %

Crédits de fonctionnement : 62 %

Crédits par signature : 16 %

La prédominance du risque dans le financement des crédits de fonctionnement (environ 62%) se


justifie par le fait que ces types de crédits étant de moyen terme, la banque fait face à plusieurs
incertitudes : le risque de pertes à court et moyen terme, pouvant entrainer des impayés, le risque de
faillites, ou encore les risques liés aux variations de l'environnement. Du fait que les PME en général
exercent dans un environnement quasi instable (informel), avec des perspectives sectorielles non
objectives, elles présentent donc un risque élevé que la banque maitrise difficilement. Financer
surtout le fonctionnement des PME dans ces conditions devient problématique. Cependant, le risque
influence peu dans le cadre des crédits par signature et d'investissement parce que le risque de
pertes monétaires est minime ou est pris en charge par une ligne de garantie.

Toutefois, on dira que, plus la capacité de remboursement de l'entreprise est faible, plus un éventuel
financement s'avère risqué pour la banque ; réduisant de ce fait les possibilités d'obtention de crédit
de l'entreprise.

Sur cette base, nous proposons un modèle initial de recherche pour identifier les déterminants du
problème de financement.
Ainsi, en considérant pf le problème de financement et rc le risque de crédit, la relation existante
entre ces deux variables peut s 'établir de la sorte : (1) pf = f (rc) ;

Avec pf la variable expliquée et rc la variable explicative.

Crédits d'investissement : 38 %

Crédits de fonctionnement : 12 %

Crédits par signature : 50 %

Si une augmentation du risque de crédit entraine une augmentation proportionnelle du problème de


financement, on peut donc dire que f ' la dérivée première de f est supérieure à 0 (f > 0), d'où une
fonction f croissante.

Pourtant si la fonction f est croissante signifie que problème de financement est donc une fonction
croissante du niveau de risque de crédit. Ainsi, plus le risque est élevé, plus il se pose un problème de
financement.

Le banquier soucieux des différents risques encourus a besoin d'être rassurer avant de placer ses
fonds dans le financement d'une activité de PME. Il s'entoure à cet effet d'un maximum de
précautions et exige en contre partie de son intervention et parfois à l'exclusion de tout critère, un
répertoire de garantie.

Ainsi, du problème de risque en découle un autre, celui de la garantie.

I.2 : La question de la Garantie

La question de la garantie bancaire demeure un problème fondamental suscitant de vifs débats entre
les acteurs du financement. Si pour les uns elle est perçue comme une source de démotivation de
l'entreprise, les autres la considèrent comme l'élément clé faisant le crédit. Mais la garantie fût - elle
de qualité, suffit-elle pour octroyer un crédit ?

La garantie est ce avec quoi la banque pourra se faire rembourser en cas de défaillance ou de non-
exécution de l'entreprise. Elle a un caractère accessoire et même si elle est indispensable dans le
processus de financement, elle ne suffit pas à assurer le financement.

L'impact de la garantie sur l'obtention du financement bancaire est bien documenté dans plusieurs
études dont celles d'Inderest et Mueller (2007), de RAM (2005) et de Bukvic et Barlett(2003) pour qui
« offrir ses biens en garantie est considéré comme une condition indispensable mais non obligatoire
dans plusieurs banques ». Ces garanties permettent aux banques de réduire significativement leur
risque de pertes monétaires en exerçant leur droit de liquidation de ces actifs matériels en cas de
défaut de paiement de la part de l'emprunteur.

La garantie préserve donc au banquier une certaine marge de sécurité pour parer aux éventuels
risques (risques de crédit essentiellement).

Elle peut être analysée comme une fonction inverse du problème de financement en ce sens que plus
la garantie proposée est élevée, moins il se pose un problème de financement.

De même, une garantie faible posera toujours un problème de financement ; la préoccupation


principale de la banque étant de se rassurer que les remboursements soient effectués.

C'est pourquoi en général, 37% (résultats analyses) des problèmes de financement sont dus au
manque ou à l'insuffisance de garantie proposée. Ce facteur est d'autant plus important pour les
crédits d'investissement et de fonctionnement selon cet extrait de tableau.

Influence de la garantie dans les cas spécifiques de problèmes de financement.

Ainsi, 50% des crédits d'investissements rejetés aux PME sont dus essentiellement à l'absence de
garantie, une garantie influente à 38% dans le cas des crédits de fonctionnement et 12% pour les
crédits par signature. D'où ce graphique illustratif.

Graphique 2 : Représentation graphique de l'influence de la garantie

Source : Construit par l'auteur, 2010

I.3 : La gouvernance des entreprises

La qualité du fonctionnement organisationnel est éminemment reconnue aujourd'hui comme un


élément essentiel à la réussite des entreprises et des organisations.

Le problème de gouvernance est dû au faible niveau d'alphabétisation des promoteurs. Bon nombre
de Petites et Moyennes Entreprises au Burkina Faso sont marqués par une déficience de leur
politique gouvernementale. Pourtant, de l'incapacité du manager à gérer une équipe traduit son
incapacité à gérer à bon escient un financement obtenu.

Le problème de gouvernance se perçoit notamment à travers le non distinction par le promoteur de


ses ressources personnelle à celles de l'entreprise.

Pour peu, les recettes journalières se transforment en « pots de vins ». Ce constat largement partagé
par le banquier pose un problème de financement à l'encontre de telles entreprises.

C'est pourquoi, environ 7% (tableau 2) des crédits rejetés au PME sont dus à la déficience du système
de gouvernance appliqué.
Cela parce que les dirigeants de telles entreprises sont inexpérimentés dans les domaines de gestion,
dans l'activité exercée ou que leurs antécédents avec les banques sont défavorables. D'une manière
spécifique, l'influence de la gouvernance dans le problème de financement peut être perçue à travers
cet extrait de tableau.

Soit le graphique illustratif suivant :

Graphique 4 : Représentation graphique de l'influence de la gouvernance

Influence de la gouvernance

Crédits d'investissement : 40 %

Crédits de fonctionnement : 20 %

Crédits par signature : 40 %

Source : Construit par l'auteur, 2010

Le problème de gouvernance se rencontre donc beaucoup plus dans l'octroi des crédits
d'investissement et de fonctionnement. En effet, ces deux catégories de crédits font l'objet de
décaissements d'argent de la banque. Si le dirigeant ne s'y connait pas en management, ou s'il est de
mauvaise foi, celui-ci peut utiliser les décaissements obtenus a d'autres fins.

C'est donc pour éviter un tel comportement que la gouvernance revêt d'une telle importance.
Cependant, les crédits par signature ne font pas l'objet de décaissements de la banque et l'entreprise
ne peut encaisser le montant du financement obtenu.
Toutefois, si la banque est réticente à financer les PME, c'est aussi indépendamment de sa volonté.
C'est en cela que des facteurs tels que le cadre réglementaire et l'inadaptation des ressources de la
banque limite ses possibilités de financement.

I.4 : L'influence du cadre règlementaire

L'histoire des crises financières et surtout celles du XXème siècle a montré que le système bancaire,
pour indispensable qu'il soit à la croissance d'un pays n'est pas à l'abri de l'instabilité. Cette instabilité
présentée sous la forme de fortes fluctuations des prix, de création irraisonnable et démesurée de
monnaie (scripturale) peut avoir des conséquences négatives sur la réalisation des projets
d'investissements du secteur privé et la croissance des Etats.

C'est la raison pour laquelle la régularisation du système bancaire conserve une fonction pertinente
et indispensable dans une économie de marché comme celle du Burkina Faso. A cet effet, les
autorités monétaires de l'UEMOA (BCEAO) ont mis en place à travers la commission bancaire un
dispositif de suivi et de surveillance des banques pour respecter l'orthodoxie bancaire et se
conformer aux règles et normes préétablies. Il s`est donc agit d'abord, de redéfinir la politique de
crédit en révisant les conditions des banques commerciales et par la mise en œuvre d'une politique
de rationnement de crédit.

- Les conditions de banque : par ce biais, les autorités monétaires entendent contrôler les conditions
de distributions de crédit à travers les commissions et les taux pratiqués par les banques
commerciales. En cas de « gonflement » de la masse monétaire, la BCEAO durcit les conditions de
banque : l'offre de crédit étant plus chère, la demande diminue.

Ce procédé aboutit à pénaliser les entreprises qui recourent essentiellement au crédit pour financer
leurs activités.

- L'encadrement ou le rationnement du crédit : cette technique consiste en une limitation directe et


impérative du volume de crédit accordé par les banques.

Le financement bancaire des PME est donc soumis aux conditions de la politique monétaire. Ceci a
constitué une raison supplémentaire pour les banques de marquer un certain recul face au
financement des entreprises. Mais, de la capacité de la banque à financer les entreprises dépend
aussi la nature de ses ressources.

I.5 : L'inadaptation des ressources de la banque

La faible intervention de la banque dans le financement des PME trouve aussi son explication dans la
structure de ses ressources. De fait, la banque est un intermédiaire financier entre les agents
économiques en excédent de liquidités et ceux en besoin de liquidités. Elle finance donc les activités
de ceux en besoin avec l'épargne constituée par les autres agents économiques. Cette épargne est
dans la majeure partie des cas constituée de dépôts à vue ou de court terme faisant l'objet de retraits
permanents.

Pourtant, les PME nécessitent généralement pour se développer des crédits de moyen et long terme
(supérieur à 2 ans). Cette divergence d'actions entre épargnants et emprunteurs limite la capacité de
la banque à transformer une liquidité de court terme en moyen de financement de moyen ou long
terme.

Ainsi, l'inadaptation des ressources de la banque et l'influence du cadre prudentiel sont des facteurs
tous aussi importants les uns que des autres qui limitent indirectement et indépendamment de la
volonté de la banque, ses capacités de financement aux PME. Compte tenu de leur influence
indirecte dans le financement des entreprises, ces facteurs ne sont pas perceptibles par les agents
dans le processus du financement. D'où la non prise en compte de ces variables dans notre collecte
de données.

CORIS BANK est donc réticente à financer les PME parce qu'elle fait face à un risque qui ne trouve pas
toujours une garantie conséquente pour le compenser. De même le système actuel de gouvernance
de ces entreprises entraine la méfiance de la banque à l'égard des promoteurs. Toutefois, d'autres
facteurs contraignent les PME à accéder au financement bancaire.

II : Les entraves à l'accès au crédit par les PME.

Les PME dans leur quête perpétuelle de financement se trouvent confrontées à des obstacles qui ne
leur rendent pas la tâche facile. Parmi ceux-ci, figurent le coût du crédit et l'influence de facteurs
structurels qui jouent en leur défaveur.

II.1 : Le coût du crédit

Le coût du crédit est l'ensemble formé du taux d'intérêt et des commissions bancaires. L'intérêt est
une somme représentant le loyer de l'argent prêté que la banque prélève périodiquement selon les
clauses du contrat de crédit. Le taux d'intérêt varie entre 8% et 15% (taux débiteur) pour les crédits
par caisse et entre 1% et 3% (taux débiteur) pour les engagements par signature, toutefois négociable
en fonction de la crédibilité du projet et du niveau de risque lié au crédit. La banque perçoit aussi des
frais sous forme de commissions dont la valeur dépend également du montant du financement et de
sa durabilité.

L'influence du taux d'intérêt notamment dans une entreprise peut être perçue à travers le compte de
résultat prévisionnel et les autres états financiers. De fait, les intérêts constituent des charges
financières payables mensuellement ou annuellement selon les clauses du contrat et affectent donc
la rentabilité de l'entreprise. Ainsi, toute augmentation du taux d'intérêt par la banque augmente les
charges financières de l'entreprise, s'en suivra une baisse du résultat financier5 puis du résultat net.
Toute chose qui engendre par la suite une baisse de la rentabilité financière de l'entreprise. Ce qui ne
cadre pas avec ses objectifs préétablis.

Cet état de fait ne demeure indifférent à toute Petite et Moyenne Entreprise et est perçu comme un
obstacle l'empêchant d'adopter un comportement opportuniste. En effet, l'entreprise est un agent
économique dont la fonction principale est la maximisation du profit. La rationalité et l'optimisation
qui caractérisent son action suppose que les promoteurs des PME choisissent toujours ce qui leur est
meilleur parmi ce qui leur est accessible. La négociation du taux d'intérêt ne cadre pas toujours avec
les prévisions menées par les promoteurs. Ceux-ci, considèrent souvent que les taux appliqués par les
banques sont élevés.

Influence du coût du crédit


Crédits d'investissement : 57 %

Crédits de fonctionnement : 14 %

Crédits par signature : 29 %

Influence du coût du crédit dans les cas spécifiques de problèmes de financement.

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