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Modèle atomique de Rutherford

modèle physique proposé en 1911 par Ernest Rutherford pour décrire la structure d'un atome

Le modèle atomique de Rutherford est un modèle physique proposé en 1911 par Ernest
Rutherford pour décrire la structure d'un atome. Ce modèle vient remplacer le modèle atomique
de Thomson (ou « modèle du plum pudding »), proposé en 1904 par Joseph John Thomson
(dont Rutherford était l'élève), et qui fut invalidé à la suite de l'expérience de Rutherford ou
« expérience de la feuille d'or » en 1909.

Modèle atomique de Rutherford : électrons


(vert) et noyau (rouge)

Bien que l'expression « modèle de Rutherford » soit parfois utilisée comme synonyme de modèle
planétaire de l'atome, ce n'est pas le seul ni le premier qu'on pourrait nommer ainsi.

Lien avec l'expérience de la feuille d'or

Si on associe plus souvent le nom de Rutherford au modèle planétaire que ceux de Nagaoka ou
de Perrin, c'est parce que son modèle vise à donner une interprétation satisfaisante à
l'expérience de la feuille d'or1, qui consistait à bombarder avec des particules α une feuille d'or
ultra-fine. Ce que Rutherford tente d'expliquer, c'est l'observation que la majorité des particules α
traversent les atomes d'or sans déviation, ni absorption, alors que certaines particules sont
légèrement déviées et d'autres sont même rejetées en arrière. Pour Rutherford, le modèle de
Thomson n'expliquant pas ces observations, un nouveau modèle dans lequel l'atome n'est pas
plein devenait nécessaire.

Rutherford imagine donc un atome constitué d'un noyau chargé positivement et contenant la
majorité de la masse de l'atome, et séparés par du vide, des électrons tournant autour comme
des planètes autour d'une étoile2. C'est donc un modèle planétaire de l'atome.
Les autres modèles planétaires

Avant Rutherford

La raison pour laquelle Rutherford propose un modèle planétaire de l'atome est sa preuve
expérimentale de l'existence du noyau atomique. Mais il n'est pas le premier à proposer ce type
de modèle : ce qu'il décrit est proche de celui du physicien Jean Perrin qui comparait l'atome à
un système solaire en 19013 et du modèle « saturnien » de l'atome développé par le physicien
japonais Hantarō Nagaoka en 19044, auquel Rutherford fait d'ailleurs explicitement référence
dans son article de 19112.

Après Rutherford

Animation 3D d'un atome selon le modèle


atomique planétaire de Rutherford-
Chadwick.

En 1913 le physicien danois Niels Bohr a élaboré le modèle de Bohr, reprenant l'aspect
« planétaire » du modèle de Rutherford tout en permettant d'expliquer les raies spectrales des
atomes hydrogénoïdes5.

Enfin, le modèle de Rutherford décrit l'existence et la charge électrique mais pas la composition
du noyau atomique. Ce n'est qu'en 1919 que Rutherford prouve expérimentalement l'existence du
proton6. Quant au neutron son existence est prouvée en 1932 par James Chadwick7, qui avait été
un élève de Rutherford. C'est pourquoi on appelle parfois "modèle de Rutherford-Chadwick" un
modèle de l'atome où les protons et les neutrons sont représentés dans le noyau de l'atome.

Limite du modèle planétaire

Un des problèmes posés par le modèle de Rutherford, comme par tout modèle planétaire
"classique", est que les électrons y subissent une accélération centrale. Or une conséquence des
équations de Maxwell est que toute particule chargée accélérée émet un rayonnement, et par
conséquent perd de l'énergie, ce que Joseph Larmor avait établi en 18978 en calculant cette
énergie perdue dans le cas général. Dans l'atome tel qu'imaginé par Rutherford, l'électron devrait
décrire une spirale concentrique, et non un cercle, pour finir par s'écraser sur le noyau au bout
d'une nanoseconde. Les orbites ne sont donc pas stables. C'est une des raisons qui pousseront
à l'élaboration du modèle de Bohr en introduisant une hypothèse ad-hoc sur les orbites
stationnaires des électrons.

Références

1. « On a diffuse reflection of the α-particles », Proceedings of the Royal Society of London.


Series A, Containing Papers of a Mathematical and Physical Character, vol. 82, no 557,‎
31 juillet 1909, p. 495–500 (ISSN 0950-1207 ([Link] et 2053-
9150 ([Link]
DOI 10.1098/rspa.1909.0054 ([Link] lire en ligne ([Link]

98/rspa.1909.0054) [archive], consulté le 26 février 2025)

2. E. Rutherford, "The Scattering of α and β Particles by Matter and the Structure of the Atom"
([Link] [archive], Philosophical Magazine.

Series 6, vol. 21. May 1911

3. Jean Perrin, "Les Hypothèses moléculaires", p. 463, Revue Rose, tome 15, 1901:
[Link] [archive]

4. (en) H. Nagaoka, « LV. Kinetics of a system of particles illustrating the line and the band
spectrum and the phenomena of radioactivity », The London, Edinburgh, and Dublin
Philosophical Magazine and Journal of Science, vol. 7, no 41,‎mai 1904, p. 445–455
(ISSN 1941-5982 ([Link] et 1941-5990 ([Link]
urce/issn/1941-5990), DOI 10.1080/14786440409463141 ([Link]

lire en ligne ([Link] [archive], consulté le

26 février 2025)

5. (en) Niels Bohr, « On the constitution of Atoms and Molecules. Part I - Binding of Electrons
by Positive Nuclei », Philos. Mag. series 6, vol. 26,‎juillet 1913, p. 1-24 (lire en ligne ([Link]
[Link]/dbserv/compas/src/bohr13/[Link]) [archive]).

6. (en) Orme Masson, « XXIV. The constitution of atoms », The London, Edinburgh, and Dublin
Philosophical Magazine and Journal of Science, vol. 41, no 242,‎février 1921, p. 281–285
(ISSN 1941-5982 ([Link] et 1941-5990 ([Link]
urce/issn/1941-5990), DOI 10.1080/14786442108636219 ([Link]
lire en ligne ([Link] [archive], consulté le

27 février 2025)

7. (en) « The existence of a neutron », Proceedings of the Royal Society of London. Series A,
Containing Papers of a Mathematical and Physical Character, vol. 136, no 830,‎juin 1932,
p. 692–708 (ISSN 0950-1207 ([Link] et 2053-9150 ([Link]
[Link]/resource/issn/2053-9150),
DOI 10.1098/rspa.1932.0112 ([Link] lire en ligne ([Link]

[Link]/doi/10.1098/rspa.1932.0112) [archive], consulté le 27 février 2025)

8. (en) J. Larmor, « LXIII. On the theory of the magnetic influence on spectra; and on the
radiation from moving ions », The London, Edinburgh, and Dublin Philosophical Magazine and
Journal of Science, vol. 44, no 271,‎décembre 1897, p. 503–512 (ISSN 1941-5982 ([Link]
[Link]/resource/issn/1941-5982) et 1941-5990 ([Link]

DOI 10.1080/14786449708621095 ([Link] lire en ligne ([Link]


[Link]/doi/full/10.1080/14786449708621095) [archive], consulté le 26 février 2025)

Liens externes

(en) Rutherford's Model ([Link] [archive] sur le site


du Raymond College

(en) Rutherford's Model ([Link]


5_E/Rutherford_model_E.htm) [archive] sur le site de l'Université de Kyūshū

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