6éme année Médecine Pr Tioursi
2023-2024
Troubles de l’équilibre et chutes chez le sujet âgé
- Un problème majeur de santé publique
- Perte d’autonomie
- Coûts de prise en charge
- Les altérations du système locomoteur avec le vieillissement
- l’incidence très élevée de ces troubles qui croit avec l’avancée en âge.
- 30 % des plus de 65 ans chutent au moins une fois par an, proportion qui atteint
50 % chez les plus de 80 ans
- Vieillissement « physiologique » du système d’équilibration
- Diverses pathologies affectant le système locomoteur.
- Tenir debout et marcher:
- Les afférences sensitives et sensorielles de trois ordres : visuelles, vestibulaires
et proprioceptives.
- L’ensemble du système de posture et d’équilibration fonctionne comme un tout.
Le vieillissement et ses conséquences sur la posture et la marche
comment définir un sujet « âgé » ?
qu’est-ce que le vieillissement « normal » ?
- Si la réponse à la première question peut être assez simple: âge (en général 65
ans)
- La réponse à la deuxième question est beaucoup plus difficile.
- Plusieurs pathologies sont associées au vieillissement (arthropathies, pathologies
neurodégénératives et cérébro-vasculaires, affections de l’œil et de l’oreille
interne. . .)
- La perception visuelle décroit dès 50 ans
- L’efficacité du système vestibulaire diminue ( presby vestibulie)
- La presby acousie
- Un facteur de risque de chute chez le sujet âgé
- Les vitesses de conduction nerveuse
- La force et puissance décroissent avec l’âge de 3,5 % par an au delà de 65 ans.
- une réduction de l’élasticité des tissus tendineux et ligamentaires.
- des réactions moins efficaces face à une situation de déséquilibre.
- Les conséquences fonctionnelles
des modifications de la marche et de la posture
- ralentissement de la vitesse de marche,
- réduction de l’amplitude des pas
- attitude en légère antéflexion.
- Marche précautionneuse
1/4
- cette marche précautionneuse peut évoluer vers une marche pathologique
- une impossibilité de verticalisation
- un handicap fonctionnel retentissant sur les activités de la vie quotidienne.
- Cette détérioration de la marche peut survenir après une première chute (
syndrome post chute)
- Il faut noter toutef
- ois que dans 30 à 50 % des cas, ces difficultés apparaissent spontanément et
progressivement.
- Le syndrome de désadaptation psychomotrice (SDPM)
- Désigne une altération sévère des possibilités de marche en l’absence de pathologie
clairement identifiée.
- Marche à très petits pas magnétiques avec recherche d’appui sur les meubles, les
murs ou une tierce personne jusqu’à l’astasie abasie complète.
- Les conséquences sont : . un risque de chute accru,
. Une perte d’autonomie
. Réduction des activités
. Retrait social,
. Un taux de décès à court terme très élevé
- SDPM: Un des principaux facteurs de risque de chute,
- La consommation de psychotropes multiplie par 2 à 3 le risque de chute et de
fracture.
L’examen du patient chuteur
- Toute chute doit être considérée comme un évènement sérieux
- un examen clinique complet et rigoureux
- examens complémentaires
- L’interrogatoire doit d’abord évaluer les circonstances de la chute.
- L’immédiat post-chute doit être questionné.
- L’examen physique doit avoir pour objectif prioritaire d’évaluer les conséquences
traumatiques de la chute
- En second lieu, il doit permettre la mise en évidence d’une éventuelle pathologie
spécifique,
Un déficit sensitif ou moteur
Un syndrome parkinsonien
Une arthropathie des membres inférieurs
Une déficience visuelle ou auditivo-vestibulaire
La recherche d’une hypotension
- L’examen clinique sera complété par un électrocardiogramme
- L’interprétation de l’examen doit être pondérée en fonction de l’âge du patient :
- Sujet moins de 75 ans
- Chez les sujets très âgés (85ans et plus)
2/4
- Quelques points particuliers importants à souligner.
• Le syndrome parkinsonien
• Les chutes sont le principal signe d’appel de la paralysie supra nucléaire
progressive (maladie de Steele Richardson), alors même que la marche reste de
bonne qualité,
• Lorsqu’il existe une astasie abasie: une imagerie cérébrale est indispensable : une
lésion sous-cortico-frontale tumorale ou vasculaire, un hématome sous-dural.
Evaluer le risque de récidive de chute
• Timed up and go test
• La manœuvre de Romberg
• la station monopodale
• l’épreuve de la poussée sternale, l’examinateur se place derrière le patient et
applique une poussée sternale modérée.
Prise en charge
un certain nombre de questions :
les circonstances de la chute : chute fortuite
Chute dans un contexte pathologique spécifique
Mais le plus souvent chez les sujets âgés les troubles de la marche et chutes sont
poly factoriels
• il faut s’attacher à éliminer les facteurs favorisants
Facteurs extrinsèques
supprimer les tapis et les meubles embarrassant les couloirs,
porter des chaussures adaptées (fermées et à semelle fine),
veiller à un éclairage suffisant avec éventuellement veilleuses ou détecteurs de
mouvement
installer des barres de soutien dans les toilettes et la salle de bain
L’éducation du patient et de son entourage par un professionnel de santé sur les
activités à risque et les précautions à prendre
simples mesures pour réduire le nombre de chutes de 20 %
Les facteurs intrinsèques
les pathologies accessibles à un traitement :
chirurgie de la cataracte,
prothèse de hanche,
Ajustement d’un traitement antiparkinsonien,
Traitement d’un trouble du rythme
Réviser l’ordonnance du patient fait aussi partie des priorités: éliminer autant
que possible les psychotropes
Le dernier volet de la prise en charge concerne les interventions spécifiques en
vue de prévenir chutes et fractures :
3/4
• Exercices de la marche et d’équilibration,
• un travail d’assouplissement articulaire notamment aux membres inférieurs
• un travail de renforcement musculaire adapté à chacun
• renforcer la ceinture pelvienne et les triceps suraux
• exercices sur les transferts
• superviser la mise en place d’aides techniques : canne, déambulateur voire fauteuil
roulant
Conclusion
Vieillissement global de la population,
Les Troubles locomoteurs et chutes deviennent un problème majeur de santé
publique
La morbi-mortalité qu’ils engendrent
Les ressources humaines et financières
Une démarche de prévention primaire:
- Une activité physique modérée quotidienne,
- La prise en charge précoce des affections chroniques qu’elles soient
ophtalmologiques, rhumatologiques, neurodégénératives ou encore
cardiovasculaires .
4/4