Cours d'Analyse II : Séries et Intégrales
Cours d'Analyse II : Séries et Intégrales
COURS
ANALYSE II
ARIJ BOUZELMATE
Filières : SMP/SMC
1 Séries Numériques 1
1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2 Convergence - Divergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Intégrale Simple 8
3 Théorème Fondamental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4 Interprétation Géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
5.1 Linéarité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
i
TABLE DES MATIÈRES ii
6 Sommes de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
7 Calcul Intégral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
7.5 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3 Intégrales Généralisées 19
1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
ii
TABLE DES MATIÈRES iii
3 Equation Homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
4 Equation Linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
5 Equation de Bernoulli . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Bibliographie 42
iii
Péface iv
Préface
Ce polycopié est destiné aux étudiants des deux filières Sciences de la Matière Physique (SMP) et Sciences
de la Matière Chimie (SMC). Il regroupe les notions essentielles du cours d’Analyse II. Il est rédigé à l’inten-
tion des intéressés qui veulent avoir un document de base pour compléter le cours magistral.
J’ai essayé de présenter le cours d’une manière assez simple. Chaque chapitre est illustré par des exemples
et des exercices qui constituent une application directe des résultats fondamentaux abordés.
J’estime que ce polycopié aura rempli sa mission, s’il donne l’envie aux étudiants de consulter d’autres
livres et les aide à faire des exercices, car la résolution des exercices va leur permettre de vérifier s’ils ont
bien assimilé le cours et c’est à partir de l’exercice qu’émerge le savoir mathématique.
Dans le premier chapitre, nous étudions les séries numériques et nous présentons les principaux critères
de leur convergence.
Le deuxième chapitre comporte l’étude des primitives et des intégrales simples ainsi que les différentes
techniques du calcul intégral.
Le troisième chapitre permet d’étendre la notion de l’intégrale simple à celle de l’intégrale généralisée
qui n’est autre que la limite d’une intégrale définie.
Les deux derniers chapitres portent sur l’étude des équations différentielles du premier ordre et celles
du second ordre qui sont linéaires à coefficients constants.
Bonne Lecture
Arij Bouzelmate
iv
Chapitre 1
Séries Numériques
1 Définition
2 Convergence - Divergence
X
Définition 2.1. On dit que la série un est convergente si et seulement si la suite (Sn )n∈N converge vers une
n≥0
X n
X
un converge ⇔ lim Sn = uk = S.
n→+∞
n≥0 k=0
X +∞
X
S est appelée la somme de la série un et on note S = un .
n≥0 n=0
+∞
X X
Rn = S − Sn = uk est appelé reste d’ordre n de la série un . Dans le cas de convergence, lim Rn = 0.
n→+∞
k=n+1 n≥0
X
On dit que la série un est divergente si S est infini ou si la suite (Sn )n∈N n’a pas de limite.
n≥0
1
Convergence - Divergence 2
Remarque 2.1. Etudier la nature d’une série revient à étudier sa convergence ou sa divergence.
Proposition 2.2. La nature d’une série ne change pas par modification d’un nombre fini de ses termes.
X X X
Proposition 2.3. Si un et vn sont deux séries convergentes et si λ ∈ R, alors la série λun + vn est
n≥0 n≥0 n≥0
convergente et on a
+∞
X +∞
X +∞
X
λun + vn = λ un + vn .
n=0 n=0 n=0
Remarque 2.2. On a :
X X
(i) Si λ ∈ R∗ , alors un et λun sont de même nature.
n≥0 n≥0
X X X
(ii) Si un converge, alors vn et (un + vn ) sont de même nature.
n≥0 n≥0 n≥0
X X X
(iii) Si un et vn divergent, on ne peut rien affirmer quant à la nature de (un + vn ) comme le prouvent
n≥0 n≥0 n≥0
X
Preuve : La série un est convergente, alors il existe S ∈ R tel que :
n≥0
n
X
lim uk = lim Sn = S.
n→+∞ n→+∞
k=0
2
Séries à Termes Positifs 3
√ √ 1
Exemple 2.2. Considérons la suite un = n+1− n= √ √ .
n+1+ n
X
On a lim un = 0 mais la série un n’est pas convergente car la somme partielle de rang n
n→+∞
n≥0
n n √
X X √ √
Sn = uk = k+1− k= n+1
k=0 k=0
3.1 Définition
X
Définition 3.1. On dit q’une série un est une série à termes positifs si et seulement si un ≥ 0 pour tout n ∈ N.
n≥0
X
On dit q’une série un est une série à termes positifs à partir d’un certain rang si et seulement si il existe N ∈ N
n≥0
Proposition 3.2. Pour qu’une série de nombres réels positifs soit convergente, il faut et il suffit que la suite des
Preuve : C’est une conséquence du fait que toute suite croissante majorée est convergente.
X
En effet. Soient un une série numérique et (Sn )n sa somme partielle. On a pour tout n ∈ N,
n≥0
Sn − Sn−1 = un ≥ 0.
Donc, la suite (Sn )n est croissante et comme elle est majorée, alors elle est convergente, c’est à dire, la série
X
un est convergente. 2
n≥0
X X
Proposition 3.3. Soient un et vn deux séries à termes positifs.
n n
3
Critères de Convergence 4
X X
(i) S’il existe M > 0 tel que un ≤ M vn et vn est convergente, alors un est convergente.
n n
X X
(ii) Si un ∼ vn au voisinage de +∞, alors un et vn sont de même nature.
n n
X 1
Exercice 3.4. Etudier la nature de la série .
n2
n≥2
1
Solution : On pose vn = , n ≥ 2. Sa somme partielle définie par
n(n − 1)
n n
X 1 X 1 1 1
Sn = = − =1− ,
k(k − 1) k−1 k n
k=2 k=2
X
est convergente vers 1 quand n → +∞. Ce qui veut dire que la série vn est convergente.
n
Et comme
1 1
2
≤
0< = vn pour tout n ≥ 2,
n n(n − 1)
X 1
alors, d’après le principe de comparaison, la série est convergente.
n2
n≥2
X 3 −1n
Exercice 3.5. Etudier la nature de la série .
7n + 4
n≥1
n
3n − 1 3
Solution : On pose un = n , n ≥ 1. On a un ≥ 0 pour tout n ≥ 1 et un ∼ au voisinage de +∞.
7 +4 7
X 3 n
3 X
Comme la série est une série géométrique convergente (car < 1), alors un est convergente.
7 7
n≥1 n≥1
an
Solution : On pose un = , n ≥ 1. Alors pour tout n ≥ 1, un > 0 et
n!
un+1 an+1 n! a
= = .
un (n + 1)! an n+1
4
Exemple Fondamental : Séries de Riemann 5
un+1 a X
Comme lim = lim = 0, alors d’après la règle de d’Alembert, la série un est conver-
n→+∞ un n→+∞ n+1
n≥1
gente.
n2
X 1
Exercice 3.9. Etudier la nature de la série nn .
2
n≥1
n2
1 n
Solution : On pose un = n , n ≥ 1. Alors pour tout n ≥ 1, un > 0 et
2
n
√ 1
n
un = (un )1/n = n .
2
n
√ 1 X
Comme lim n
un = lim =n = 0, alors d’après la règle de Cauchy, la série un est conver-
n→+∞ n→+∞ 2
n≥1
gente.
X 1
Proposition 3.10. La série de Riemann est convergente si et seulement si α > 1.
n
nα
X1
Remarque 3.2. La série est appelée série harmonique. Elle est divergente.
n
n
X ln(n)
Exercice 3.12. Etudier la nature de la série .
n2
n≥1
5
Séries à Termes de Signes Quelconques 6
ln(n)
Solution : On pose un = , n ≥ 1.
n2
Soit 1 < α < 2, alors
X
Donc, d’après la règle de Riemann, la série un est convergente.
n≥1
X X
Définition 4.1. Une série un est dite absolument convergente si et seulement si |un | est convergente.
n n
X cos n
Exercice 4.2. Etudier la nature de la série .
n2
n≥1
cos n
Solution : On pose un = , n ≥ 1. Alors, pour tout n ≥ 1
n2
1
0 ≤ |un | ≤ .
n2
X 1
Comme est une série de Riemann convergente, alors d’après le principe de comparaison, la série
n
n2
X X X
|un | est convergente, càd un est absolument convergente. D’où, un est convergente.
n n n
Remarque 4.2. La réciproque du théorème est fausse. Dans ce cas, une série convergente et non absolument conver-
X
Proposition 4.3. S’il existe α > 1 tel que lim nα un = 0, alors la série un est absolument convergente.
n→+∞
n
X
Définition 4.4. La série un est dite alternée si le terme général un = (−1)n an avec an ≥ 0 pour tout n ∈ N.
n
6
Séries Alternées 7
Théorème 4.3. (Condition Suffisante de Convergence : Critère spécial des séries alternées)
X
Soit (−1)n an une série alternée.
n
X
Si la suite (an )n est décroissante et convergente vers 0, alors la série alternée (−1)n an est convergente.
n
X (−1)n
Exercice 4.5. Etudier la nature de la série alternée , où α > 0.
nα
n≥1
7
Chapitre 2
Intégrale Simple
On appelle primitive de f sur I, toute fonction F définie sur I telle que F est dérivable et F 0 = f sur I.
Exemple 1.1. On a :
1
1− La fonction x → ln |x| est une primitive de la fonction x → sur R∗ .
x
2− La fonction x → ex est une primitive de la fonction x → ex sur R.
Définition 2.1. Soit f une fonction continue sur un intervalle [a, b] de R et F une primitive de f sur [a, b].
Z b
On appelle intégrale de f de a à b, le réel noté f (t) dt défini par :
a
Z b
b
f (t) dt = [F (t)]a = F (b) − F (a).
a
8
Théorème Fondamental 9
Z b
Remarque 2.1. Le réel f (t) dt ainsi défini ne dépend pas de la primitive choisie.
a
Proposition 2.2. Soit f une fonction continue sur [a, b]. Alors,
Z b Z a
(i) f (t) dt = − f (t) dt.
Za a b
(ii) f (t) dt = 0.
a
3 Théorème Fondamental
Soient f une fonction continue sur un intervalle I de R et a ∈ I. Alors, la fonction F définie sur I par :
Z x
F (x) = f (t) dt, x ∈ I
a
Remarque 3.2. Une primitive de f sur I n’est pas nécessairement celle qui s’annule en un certain point, à titre
4 Interprétation Géométrique
9
Propriétés de l’Intégrale Simple 10
5.1 Linéarité
Proposition 5.1. Soient f et g deux fonctions continues sur [a, b] et α, β deux réels. Alors,
Z b Z b Z b
(αf (t) + βg(t)) dt = α f (t) dt + β g(t) dt.
a a a
Proposition 5.2. Soient f une fonction continue sur un intervalle I de R et a, b, c des éléments de I. Alors,
Z b Z c Z b
f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt.
a a c
Remarque 5.1. Les réels a, b, c ne sont pas nécessairement rangés dans l’ordre croissant.
Z 2
Exercice 5.3. Calculer |t − 1| dt.
−2
Soient f et g deux fonctions continues sur [a, b] telles que pour tout t ∈ [a, b], f (t) ≤ g(t). Alors,
Z b Z b
f (t) dt ≤ g(t) dt.
a a
10
Inégalité de la Moyenne - Formules de la Moyenne 11
Proposition 5.7. Soit f une fonction continue et positive sur [a, b].
Z b
1. Si f (t) dt = 0, alors f (t) = 0 pour tout t ∈ [a, b].
a
Z b
2. Si f n’est pas la fonction nulle sur [a, b], alors f (t) dt > 0.
a
Proposition 5.8. Soit f une fonction continue sur [a, b]. Alors, il existe deux réels m et M tels que
et
Z b
m(b − a) ≤ f (t) dt ≤ M (b − a).
a
Soit f une fonction continue sur [a, b]. Alors, il existe c ∈ [a, b] tel que
Z b
f (t) dt = f (c)(b − a).
a
Z b
1
Le nombre f (c) = f (t) dt est appelé la valeur moyenne de f sur [a, b].
b−a a
Soient f et g deux fonctions continues sur [a, b] avec g positive sur [a, b] . Alors, il existe c ∈ [a, b] tel que
Z b Z b
f (t)g(t) dt = f (c) g(t) dt.
a a
11
Sommes de Riemann 12
6 Sommes de Riemann
Théorème 6.1. Soit f une fonction continue sur [a, b]. Alors, on a
n−1 n Z b
1X b−a 1X b−a 1
lim f a+k = lim f a+k = f (t) dt.
n→+∞ n n n→+∞ n n b−a a
k=0 k=1
n−1 n Z 1
1X k 1X k
lim f = lim f = f (t) dt.
n→+∞ n n n→+∞ n n 0
k=0 k=1
7 Calcul Intégral
u0 (x)
Z
1. dx = ln |u| + cte.
u(x)
Z
2. u0 (x)eu(x) dx = eu + cte.
uα+1
Z
3. u0 (x)uα (x) dx = + cte, α 6= −1.
α+1
Z
4. u0 (x) cos(u(x)) dx = sin u + cte.
Z
5. u0 (x) sin(u(x)) dx = − cos u + cte.
u0 (x)
Z
6. dx = arctan u + cte.
1 + u2
u0 (x)
Z
7. √ dx = arcsin u + cte.
1 − u2
−u0 (x)
Z
8. √ dx = arccos u + cte
1 − u2
Théorème 7.1. soit f : [a, b] → R continue et soit g : [α, β] → [a, b] de classe C 1 avec g(α) = a et g(β) = b.
Alors,
Z b Z g(β) Z β
f (x) dx = f (x) dx = f g(t) g 0 (t) dt.
a g(α) α
12
Intégration Par Parties 13
(i) x = g(t).
(ii) dx = g 0 (t)dt
Z π
4
Exercice 7.1. Calculer tan t dt.
0
Solution : On a
π π
− sin t
Z 4
Z 4
tan t dt = − dt.
0 0 cos t
Z π Z g( π4 ) Z √22
4 dx dx
tan t dt = − dx = − dx
0 g(0) x 1 x
√ √ !
2 2
= −[ln x]1 = − ln
2
.
2
Proposition 7.2. Soit a > 0 et soit f une fonction continue sur [−a, a].
Z a Z a
(i) Si f est paire, alors on a f (t) dt = 2 f (t) dt.
−a 0
Z a
(ii) Si f est impaire, alors on a f (t) dt = 0.
−a
Théorème 7.2. Soient f et g deux fonctions de classe C 1 sur [a, b]. Alors,
Z b h ib Z b
f (t)g 0 (t) dt = f (t)g(t) − f 0 (t)g(t) dt.
a a a
Z x
Exercice 7.3. Calculer ln t dt.
1
13
Intégration des Fonctions Rationnelles 14
Solution : On a
Z x Z x Z x
0 0
ln t dt = ln t (t) dt = [t ln t]x1 − (ln t) t dt
1 1 1
Z x Z x
1
= x ln x − t dt = x ln x − dt
1 t 1
= x ln x − [t]x1 = x ln x − x + 1.
P (x)
Pour intégrer une fonction rationnelle de la forme où P et Q sont deux polynômes réels, on
Q(x)
effectue la décomposition en fractions simples et puis on intègre chaque élément obtenu ; c’est à dire la
Z
βx + γ
• dx; b2 − 4c < 0.
(x2 + bx + c)n
On écrit x2 + bx + c sous la forme (x − p)2 + q 2 (q 6= 0) et on fait le changement de variable x = p + qt. On
obtient
Z Z Z
βx + γ 0 t 0 1
dx = β dt + γ dt.
(x2 + bx + c)n (t2 + 1)n (t2 + 1)n
Z Z
1 t
On pose In = dt et Jn = dt.
(t2 + 1)n (t2 + 1)n
Calcul de Jn :
−1
Z
t 1
Z
2t
2 + 1)n−1
+ cte, si n 6= 1,
Jn = dt = dt = 2(n − 1)(t
1 ln(t2 + 1) + cte,
2
(t + 1) n 2 2
(t + 1) n
si n = 1.
2
Calcul de In :
Z
1
Pour n = 1, I1 = dt = arctan t + cte.
t2 + 1
Maintenant pour calculer In+1 , il suffit de calculer In en utilisant une intégration par parties.
14
Intégration des Fonctions Rationnelles 15
On a pour n ≥ 2,
Z Z
1 1
In = dt = (t)0 dt
(t2 + 1)n (t2 + 1)n
t2
Z
t
= + 2n dt
(t2 + 1)n (t2 + 1)n+1
t2 + 1
Z Z
t 1
= + 2n dt − dt
(t2 + 1)n (t2 + 1)n+1 (t2 + 1)n+1
t
= + 2n (In − In+1 ) .
(t2 + 1)n
Donc,
t
2nIn+1 = (2n − 1)In + .
(t2 + 1)n
Par suite,
2n − 1 1 t
In+1 = In + , n ≥ 2,
2n 2n (t2 + 1)n
I1 = arctan t + cte.
x3 + 1
Z
Exercice 7.4. Calculer dx.
x2 − x − 2
x3 + 1 = (x + 1)(x2 − x − 2) + 3x + 3.
D’où
x3 + 1 3x + 3
2
=x+1+ 2 .
x −x−2 x −x−2
x3 + 1 3x + 3 3
2
=x+1+ =x+1+ .
x −x−2 (x + 1)(x − 2) x−2
Donc,
x3 + 1 x2
Z
dx = + x + 3 ln |x − 2| + cte.
x2−x−2 2
x−7
Z
Exercice 7.5. Calculer dx.
(x2 + 4x + 13)2
15
Applications 16
On a
−1
Z
t 1
dt = + cte.
(t2 + 1)2 2 t2 + 1
Z Z
1 1
Maintenant, pour calculer dt, on calcule dt en utilisant une intégration par parties.
(t2 + 1)2 t2 + 1
t2
Z Z Z
1 1 0 t
dt = (t), dt = + 2 dt
t2 + 1 t2 + 1 t2 + 1 (t2 + 1)2
t2 + 1
Z Z
t 1
= 2
+ 2 2 2
dt − 2 dt
t +1 (t + 1) (t + 1)2
2
Z Z
t 1 1
= + 2 dt − 2 dt.
t2 + 1 t2 + 1 (t2 + 1)2
Donc,
Z
1 1 t 1
2 2
dt = 2
+ [arctan t] + cte.
(t + 1) 2 t +1 2
x+2
On remplace t par , on obtient
3
x−7 −x − 3
Z
1 x+2
dx = − arctan + cte
(x2 + 4x + 13)2 2(x2 + 4x + 13) 6 3
7.5 Applications
16
Applications 17
Z
2−Intégrale de la forme f (cos x) sin x dx
−1 √
On pose t = cos x, alors x = arccos t, dx = √ dt et sin x = 1 − t2 . On a donc,
1−t2
√
1 − t2
Z Z Z
f (cos x) sin x dx = − f (t) √ dt = − f (t) dt.
1 − t2
Z
3−Intégrale de la forme f (sin x) cos x dx
1 √
On pose t = sin x, alors x = arcsin t, dx = √ dt et cos x = 1 − t2 . On a donc,
1−t 2
√
1 − t2
Z Z Z
f (sin x) cos x dx = f (t) √ dt = f (t) dt.
1 − t2
Z
4−Intégrale de la forme f (tan x) dx
1 t 1
On pose t = tan x, alors x = arctan t, dx = dt, sin x = √ et cos x = √ . On a donc,
1 + t2 1 + t2 1 + t2
Z Z
f (t)
f (tan x) dx = dt.
1 + t2
Z
5−Intégrale de la forme f (sin x, cos x) dx (f est une fonction de deux variables)
x 2 2t 1 − t2
On pose t = tan , alors x = 2 arctan t, dx = 2
dt, sin x = 2
et cos x = . On a donc,
2 1+t 1+t 1 + t2
1 − t2
Z Z
2t dt
f (sin x, cos x) dx = 2 f , .
1 + t2 1 + t2 1 + t2
Z
dx
Exercice 7.6. Calculer .
2 + sin x
x 2 2t
Solution : On pose t = tan , alors x = 2 arctan t, dx = 2
dt et sin x = . On a donc,
2 1+t 1 + t2
Z Z
dx dt
dx = .
2 + sin x t2 +t+1
2
2 2 2 2 1 3
On écrit le polynôme t + t + 1 sous la forme (t − p) + q . Un simple calcul donne t + t + 1 = t+ + .
√ √ 2 4
3 1 3 2t + 1
On fait le changement de variable t = T − . Alors, dt = dT et T = √ . Par suite,
2 2 2 3
Z Z Z
dt dt 2 dT
2
= 2 = √ 2
t +t+1 T +1
1 3 3
t+ +
2 4
2
= √ arctan T + cte
3
2 2t + 1
= √ arctan √ + cte.
3 3
17
Applications 18
Par conséquent,
!
2 tan x2 + 1
Z
dx 2
= √ arctan √ + cte.
2 + sin x 3 3
Z
Remarque 7.3. On peut calculer aussi f (sin x, cos x) dx en utilisant les changements suivants :
Z
Exercice 7.7. Calculer cos3 x dx.
Solution : On a cos3 (π − x) d(π − x) = cos3 x dx, ce qui veut dire que cos3 x dx est invariante en changeant
x en π − x.
Z Z Z
3 2
1 − sin2 x cos x dx
cos x dx = cos x cos x dx =
t3
Z
= (1 − t2 ) dt = t − + cte
3
sin3 x
= sin x − + cte.
3
18
Chapitre 3
Intégrales Généralisées
On s’intéresse dans ce chapitre à généraliser la notion d’intégrale d’une fonction définie sur l’un des
intervalles suivants.
1 Définitions
f (t) dt = lim− f (t) dt est appelée intégrale généralisée ou impropre de la fonction f sur [a, b[.
a x→b a
19
Définitions 20
Z +∞
Exercice 1.4. Etudier la nature de l’intégrale e−t dt.
0
Solution : La fonction t → e−t est continue sur [0, +∞[, donc le problème se pose uniquement en +∞.
1
Solution : La fonction t → √ est continue sur ]0, 1], donc le problème se pose uniquement en 0.
t
Soit x ∈]0, 1], alors
dt
Z√ 1 √
√ = [2 t]1x = 2 − 2 x
x t
Z 1 Z 1 Z 1
dt √ dt dt
Comme lim √ = lim 2 − 2 x = 2, alors √ est convergente et on a √ = 2.
x→0+ x t x→0+ 0 t 0 t
Z +∞
dt
Exercice 1.6. Etudier la nature de l’intégrale .
−∞ 1 + t2
1
Solution : La fonction t → est continue sur ] − ∞, +∞[, donc le problème se pose en−∞ et +∞.
1 + t2
On a
Z 0 Z 0
dt dt π
= lim = lim [arctan t]0x = .
−∞ 1 + t2 x→−∞ x 1+t 2 x→−∞ 2
et
Z +∞ Z x
dt dt π
2
= lim 2
= lim [arctan t]x0 = .
0 1+t x→+∞ 0 1+t x→+∞ 2
Z 0 Z +∞ Z +∞
dt dt dt
Donc, les deux intégrales et sont convergentes. Par suite, est conver-
−∞ 1 + t2 0 1 + t 2
−∞ 1 + t2
gente et on a
Z +∞ Z 0 Z +∞
dt dt dt
= = π. +
−∞ 1 + t2
−∞ 0 1 + t2 1 + t2
Z x
Remarque 1.1. Dans le cas où a = −∞ et b = +∞, l’existence de lim f (t) dt ne prouve pas la convergence
x→+∞ −x
Z +∞
de f (t) dt. Par exemple, il suffit de considérer une fonction impaire continue.
−∞
Z +∞ Z x
On a t dt diverge alors que t dt = 0, pour tout x > 0.
−∞ −x
20
Propriétés des Intégrales Généralisées 21
Proposition 1.7. Soit f une fonction continue sur [a, b[ avec b fini.
Z b
Si f est prolongeable par continuité en b, alors f (t) dt est convergente.
a
Remarque 1.2. En posant f (b) = lim f (x) = l et désignant par F la primitive de f qui s’annule en a, la fonction
x→b
F est continue en b et on a
Z x Z b
lim f (t) dt = lim F (x) − F (a) = F (b) − F (a) = f (t) dt.
x→b a x→b a
Solution : La fonction x → x ln x est continue sur ]0, 1]. Comme lim+ x ln x = 0, alors elle admet un prolon-
x→0
Z 1 Z 1
gement par continuité en 0. Par suite, t ln t dt est convergente, c’est à dire lim+ t ln t dt existe et est
0 x→0 x
finie.
On a
1 1 0
1 Z 1 2
t2 t2
Z Z
t 1
t ln t dt = ln t dt = ln t − dt
x x 2 2 x x 2 t
Z 1 2 1
x2 t x2 t
= − ln x − dt = − ln x −
2 x 2 2 4 x
x2 1 x2
= − ln x − + .
2 4 4
Z 1 Z 1
1
Donc t ln t dt = lim t ln t dt = − .
0 x→0+ x 4
21
Calcul Pratique des Intégrales Généralisées 22
On définit alors
Z b
f (t) dt = lim− F (x) − lim+ F (x).
a x→b x→a
Z b
Théorème 3.1. Soient f :]a, b[→ R continue et g :]α, β[→]a, b[ une bijection de classe C 1 . Alors, f (x) dx est
Z β a
convergente si et seulement si f g(t) g 0 (t) dt est convergente et on a
α
Z b Z β
f (x) dx = f g(t) g 0 (t) dt.
a α
Z 1
dt
Exercice 3.2. Calculer √ .
−1 1 − t2
−π π
Solution : On pose t = sin x, alors dt = cos x dx. La fonction sin : , →] − 1, 1[ est une bijection de
2 2
classe C 1 . Donc,
π π
Z 1 Z Z
dt 2 cos x 2 cos x
√ = √ dx = dx.
−1 1 − t2 −π
2
cos2 x −π
2
| cos x|
22
Intégration Par Parties 23
−π π −π π
Comme la fonction cos est positive sur , , alors | cos x| = cos x pour tout x ∈ , . Par suite,
2 2 2 2
π
Z 1 Z
dt 2
√ = dx = π.
−1 1 − t2 −π
2
Solution : On a
Z 1 Z 1 Z 1
2 0 2 2 2
(ln t) dt = (t) (ln t) dt = − lim+ t(ln t) − t ln t dt
0 0 t→0 0 t
Z 1 Z 1
= −2 ln t dt = −2 (t)0 ln t dt
0 0
Z 1
1
= 2 lim t ln t + 2 t dt = 2.
t→0+ 0 t
Z b Z b
Il est facile de voir que la convergence de l’intégrale − f (t) dt se ramène à celle de l’intégrale f (t) dt.
a a
Par conséquent, dans la suite on ne considère que le cas des fonctions positives.
Z b
Proposition 4.1. Soit f : [a, b[→ R continue et positive. Alors, f (t) dt est convergente si et seulement s’il existe
Z x a
23
Critère de Comparaison 24
convergente.
f (x)
Proposition 4.3. Soit f, g : [a, b[→ R continues et positives telles que lim = l, alors on a
x→b g(x)
Z b Z b
(i) Si l 6= 0, f (t) dt est convergente si et seulement si g(t) dt est convergente.
a a
Z b Z b
(ii) Si l = 0 et g(t) dt est convergente, alors f (t) dt est convergente.
a a
Z +∞
Remarque 4.1. Si f est continue et positive sur [a, +∞[ et lim f (x) = l > 0, alors f (t) dt est divergente.
x→+∞ a
Z +∞
2
Solution : On a pour tout t ≥ 1, e−t ≤ e−t . Comme e−t dt est convergente, alors d’après le critère
Z +∞ 1
2
de comparaison, e−t dt est convergente.
1 Z 1
2
−t2
D’autre part, comme la fonction t → e est continue sur [0, 1], alors e−t dt est une intégrale simple. On
Z +∞ 0
2
déduit que e−t dt est convergente car c’est la somme de deux intégrales convergentes.
0
Z 1
Exercice 4.5. Eudier la convergence de l’intégrale tα−1 e−t dt, α > 0.
0
Solution : La fonction t → tα−1 e−t n’est pas définie en 0 car tα−1 = e(α−1) ln t .
tα−1 e−t
On a lim = lim e−t = 1. Donc, tα−1 e−t ∼ tα−1 au voisinage de 0.
t→0 tα−1 t→0
24
Intégrales Absolument Convergentes 25
Z 1 Z 1
1
Comme tα−1 dt = dt est une intégrale de Riemann convergente car 1 − α < 1, alors d’après le
0 0 t1−α
Z 1
critère d’équivalence, l’intégrale tα−1 e−t dt est convergente.
0
Remarque 5.2. La réciproque du théorème est fausse. Dans ce cas, une intégrale généralisée convergente et non
sin t 1
Solution : On a pour tout t ≥ 1, 0 ≤ ≤ 3.
t3 t
Z +∞ Z +∞
1 sin t
Comme 3
dt est une intégrale de Riemann convergente, alors dt est convergente. Ce qui
1 t 1 t3
Z +∞
sin t
veut dire que dt est absolument convergente.
1 t3
(i) Soient α ∈ R et f une fonction continue sur [a, +∞[ telle que lim xα f (x) = k existe.
x→+∞
Z +∞
• Si α > 1, alors f (t) dt est absolument convergente.
a
Z +∞
• Si α ≤ 1 et k 6= 0, alors f (t) dt est divergente.
a
(ii) Soient α ∈ R et f une fonction continue sur ]a, b] telle que lim+ (x − a)α f (x) = k existe.
x→a
Z b
• Si α < 1, alors f (t) dt est absolument convergente.
a
Z b
• Si α ≥ 1 et k 6= 0, alors f (t) dt est divergente.
a
Z +∞
dt
Exercice 5.4. Etudier la nature de l’intégrale .
2 t2 − 1
25
Intégrales Absolument Convergentes 26
1 x2
Solution : La fonction x → 2 est continue sur [2, +∞[ et lim 2 = 1. Donc, d’après le critère de
x −1 x→+∞ x − 1
Z +∞ Z +∞
dt dt
Riemann, 2−1
est absolument convergente. Par suite, 2−1
est convergente.
2 t 2 t
Z 0
dt
Exercice 5.5. Etudier la nature de l’intégrale 2
.
−1 t − 1
1 x+1 1 −1
Solution : La fonction x → est continue sur ] − 1, 0] et lim + 2 = lim + = . Donc,
x2 −1 x→−1 x − 1 x→−1 x−1 2
Z 0
dt
d’après le critère de Riemann, 2−1
est divergente.
−1 t
26
Chapitre 4
1 Définition
On appelle équation différentielle du premier ordre, une relation de la forme φ(x, y, y 0 ) = 0 faisant intervenir une
Une fonction f dérivable est dite solution de cette équation sur I ⊂ R si φ(x, f (x), f 0 (x)) = 0 pour tout x ∈ I.
−1
Exemple 1.1. L’équation x3 y 0 −2 = 0 est une équation différentielle du premier ordre. Elle admet f (x) = comme
x2
solution sur I = R∗ .
f (x)
Définition 2.1. L’équation différentielle du premier ordre à variables séparées est de la forme y 0 = .
g(y)
Méthode de Résolution : On a
dy f (x)
= ⇒ g(y) dy = f (x) dx
dx g(y)
Z Z
⇒ g(y) dy = f (x) dx.
27
Cas Particulier : Equation Autonome 28
Solution : On a
dy 2 dy 2
x y 0 − 2y = 0 ⇒ = y⇒ = dx
dx x y x
Z Z
dy dx
⇒ =2
y x
⇒ |y| = ecte x2 .
Définition 2.3. L’équation autonome est un cas particulier d’équation séparable, elle est de la forme y 0 = g(y).
dy dy
= g(y) ⇒ = dx
dx g(y)
Z Z
dy
⇒ = dx = x + cte.
g(y)
Solution : On a
Z Z
dy dy dy
y0 = y2 + y ⇒ = y2 + y ⇒ 2 = dx ⇒ = dx = x + cte
dx y +y y2 + y
Z
1 1 y
⇒ − dy = x + cte ⇒ ln |y| − ln |y + 1| = ln = x + cte
y y+1 y+1
y y y
⇒ = ecte ex ⇒ = ±ecte ex ⇒ = Cex ; C ∈ R
y+1 y+1 y+1
Cex
⇒ y = Cex (y + 1) ⇒ (1 − Cex )y = Cex ⇒ y = ; C ∈ R.
1 − Cex
C
Donc, la solution générale de l’équation différentielle y 0 = y 2 + y est y = ; C ∈ R.
e−x −C
28
Equation Homogène 29
3 Equation Homogène
y
Définition 3.1. L’équation différentielle du premier ordre homogène est de la forme y 0 = f .
x
y dy du
Méthode de Résolution : On pose u = ; alors y = u x et =x + u. Par suite,
x dx dx
du du
x + u = f (u) ⇒ x = f (u) − u
dx dx
du dx
⇒ = , (séparation des variables)
f (u) − u x
Z Z
du dx
⇒ = = ln |x| + cte.
f (u) − u x
Z
du
On pose g(u) = , alors ln |x| = g(u) + cte. Ceci donne |x| = ecte eg(u) . D’où, x = Ceg(u) ; C ∈ R.
f (u) − u
Par conséquent, y = u x = Cu eg(u) ; C ∈ R.
xy
Exercice 3.2. Résoudre l’équation différentielle y 0 = .
x2 + y 2
xy y
Solution : L’équation différentielle y 0 = est une équation homogène de la forme y 0
= f avec
x2 + y 2 x
t
f (t) = .
1 + t2
y dy du
On pose u = ; alors y = u x et =x + u. Par suite,
x dx dx
du u du −u3
x + u = f (u) = ⇒ x = f (u) − u =
dx 1 + u2 dx 1 + u2
−(1 + u2 ) dx
⇒ 3
du =
u x
Z 2 Z
(1 + u ) dx
⇒ − du =
u3 x
Z Z Z
du du dx
⇒ − − =
u3 u x
1 ecte 1/(2u2 )
⇒ ln |x| = − ln |u| + cte ⇒ |x| = e
2u2 |u|
C 1/(2u2 )
⇒ x= e ; C ∈ R.
u
xy
Donc, la solution générale de l’équation y 0 = est :
x2 + y 2
2 2
/(2y 2 )
y = u x = Ce1/(2u )
= Cex .
29
Equation Linéaire 30
4 Equation Linéaire
avec a(x), b(x) et f (x) sont des fonctions continues sur un même ensemble.
Exemple 4.1. On a
avec a(x) 6= 0.
Méthode de Résolution :
dy b(x)
a(x)y 0 + b(x)y = 0 ⇒ y 0 = =− y
dx a(x)
Z Z
dy b(x) dy b(x)
⇒ =− dx ⇒ =− dx
y a(x) y a(x)
Z
b(x)
⇒ ln |y| = − dx + cte
a(x)
Z
b(x)
Soit A(x) = dx. Alors, ln |y| = −A(x) + cte. Donc, |y| = ecte e−A(x) et par suite, y = ±ecte e−A(x) .
a(x)
Par conséquent, yh (x) = Ce−A(x) ; C ∈ R est la solution générale de l’équation sans second membre (Eh ).
Remarque 4.1. L’équation linéaire sans second membre est à variables séparées.
30
Equation Linéaire Avec Second Membre 31
Théorème 4.2. Soient yh la solution générale de l’équation (Eh ) et yp une solution particulière de l’équation (E).
Maintenant, pour chercher une solution particulière de (E), on applique une méthode générale appelée
Soit yh la solution générale de l’équation sans second membre (Eh ). Donc, yh (x) = Ce−A(x) où C ∈ R
Z
b(x)
et A(x) = dx.
a(x)
La méthode de la variation de la constante consiste à remplacer la constante C par une fonction C(x) et
chercher une solution particulière de l’équation avec second membre (E) de la forme y(x) = C(x)e−A(x) .
On calcule y 0 , on remplace y et y 0 par leurs expressions dans l’équation (E) et on utilise le fait que e−A(x) est
ce qui implique
Z
f (x) A(x)
C(x) = e dx + k, k ∈ R.
a(x)
Z
f (x) A(x)
y(x) = C(x)e−A(x) = e−A(x) e dx + ke−A(x) , k ∈ R,
a(x)
c’est à dire y(x) = yh (x) + yp (x) avec yh (x) = ke−A(x) ; k ∈ R est la solution générale de (Eh ) et yp (x) =
Z
f (x) A(x)
e−A(x) e dx est une solution particulière de (E).
a(x)
31
Equation de Bernoulli 32
x
Exercice 4.2. Résoudre l’équation linéaire (1 + x2 )y 0 + xy = .
1 + x2
x
Solution : On pose a(x) = 1 + x2 , b(x) = x et f (x) = .
1 + x2
Z
b(x)
La solution générale de l’équation sans second membre est yh (x) = ke−A(x) où A(x) = dx et k ∈ R.
a(x)
On a
Z
x 1 p
A(x) = 2
dx = ln(1 + x2 ) = ln( 1 + x2 ).
1+x 2
Donc,
k
yh (x) = ke−A(x) = √ , k ∈ R.
1 + x2
Z
−A(x) f (x) A(x)
yp (x) = e e dx
a(x)
Z
1 x p
= √ 2 2
1 + x2 dx
1+x 2 (1 + x )
Z
1 1
= √ 2x(1 + x2 )−3/2 dx
1 + x2 2
1 1 −1
= −√ √ = .
1 + x2 1 + x2 1 + x2
k 1
y(x) = yh (x) + yp (x) = √ − , k ∈ R.
1 + x2 1 + x2
5 Equation de Bernoulli
Définition 5.1. L’équation de Bernoulli est une équation différentielle du premier ordre de la forme
Maintenant, pour chercher une solution générale non identiqument nulle y de l’équation de Bernoulli, on
32
Equation de Bernoulli 33
• Si m = 1, l’équation devient a(x)y 0 + b(x) − f (x) y = 0.
C’est une équation linéaire du premier ordre sans second membre dont la solution générale est
y(x) = Ce−B(x) ; C ∈ R.
où
b(x) − f (x)
Z
B(x) = dx.
a(x)
• Si m 6= 1, on a
a(x) 0
⇒ y 1−m + b(x)y 1−m = f (x).
1−m
a(x) 0
u + b(x)u = f (x).
1−m
On s’est ramené donc à une équation linéaire du premier ordre en u avec u = y 1−m .
xy 0 + y = x2 y 2 ⇒ xy 0 y −2 + yy −2 = x2
0
1 1
⇒ −x + = x2 .
y y
1
On pose u = ; alors on se ramène à résoudre l’équation linéaire −xu0 + u = x2 .
y
La solution générale de l’équation sans second membre −xu0 + u = 0 est
1
R
uh (x) = Ce x dx
= Celn |x| = C|x| = ±Cx; C ∈ R.
33
Equation de Bernoulli 34
Par suite,
1 1
y(x) = = ; k∈R
u(x) kx − x2
34
Chapitre 5
1 Définition
Définition 1.1. Une équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants est de la forme
ay 00 + by 0 + cy = f (x), (E)
ay 00 + by 0 + cy = 0, (Eh )
αy1 + βy2 = 0 ⇒ α = β = 0.
Théorème 2.1. L’équation sans second membre (Eh ) possède deux solutions linéairement indépendantes y1 et y2 .
35
Résolution de l’Equation Sans Second Membre 36
Méthode de Résolution : Pour résoudre l’équation sans second membre (Eh ), on cherche une solution de
aλ2 + bλ + c = 0.
La résolution de l’équation (Eh ) dépend du signe de ∆ = b2 − 4ac. On a donc, les trois cas suivants.
Cas1 : ∆ > 0
√ √
−b + ∆ −b − ∆
L’équation caractéristique admet deux racines réelles distinctes λ1 = et λ2 = .
2a 2a
La solution générale de l’équation (Eh ) est
Cas2 : ∆ = 0
−b
L’équation caractéristique admet une racine réelle double λ = .
2a
La solution générale de l’équation (Eh ) est
yh (x) = eλx C1 x + C2 , C1 , C2 ∈ R.
Cas3 : ∆ < 0
√ √
−b + i −∆ −b − i −∆
L’équation caractéristique admet deux racines complexes conjuguées λ1 = et λ2 = .
√ 2a 2a
−b −∆
On pose α = et β = , alors la solution générale de l’équation (Eh ) est
2a 2a
yh (x) = eαx C1 cos(βx) + C2 sin(βx) , C1 , C2 ∈ R.
Comme ∆ = 9 > 0, alors l’équation caractéristique admet deux racines réelles λ1 = 1 et λ2 = −2. Donc, la
36
Résolution de l’Equation Avec Second Membre 37
y(x) = C1 ex + C2 e−2x , C1 , C2 ∈ R.
Comme ∆ = 0, alors l’équation caractéristique admet une racine réelle double λ = −3. Donc, la solution
générale est
y(x) = e−3x C1 x + C2 , C1 , C2 ∈ R.
Comme ∆ = −4 < 0, alors l’équation caractéristique admet deux racines complexes conjuguées, λ1 = −1+i
y(x) = e−x C1 cos x + C2 sin x , C1 , C2 ∈ R.
Théorème 3.1. Soient yh la solution générale de l’équation sans second membre (Eh ) et yp une solution particulière
37
Solution Particulière de L’Equation Avec Second Membre 38
comme 2 est racine simple de l’équation caractéristique, alors on cherche une solution particulière de la
forme yp (x) = e2x x (ax + b). C’est à dire yp (x) = e2x ax2 + bx .
On calcule yp0 (x) et yp00 (x) et on remplace dans l’équation y 00 − 4y = x e2x , on trouve
8ax + 2a + 4b = x.
38
Solution Particulière de L’Equation Avec Second Membre 39
1 −1
D’où, a = et b = .
8 16
Donc, la solution particulière est
x2
x
yp (x) = e2x − .
8 16
x2
x
y(x) = yh (x) + yp (x) = − + C1 e2x + C2 e−2x : C1 , C2 ∈ R.
8 16
Le second membre de l’équation y 00 + 9y = ex cos x est de la forme emx α cos(ωx) + β sin(ωx) avec m = 1
et ω = 1.
comme 1 + i n’est pas racine de l’équation caractéristique, alors on cherche une solution particulière de la
forme yp (x) = ex A cos x + B sin x .
On calcule yp0 (x) et yp00 (x) et on remplace dans l’équation y 00 + 9y = ex cos x, on trouve
2B + 9A − 1 cos x + 9B − 2A sin x = 0.
Ceci implique en utilisant le fait que les deux fonctions cos x et sin x sont linéairement indépendantes, que
9 2
A= et B = .
85 85
Donc, la solution particulière est
9 2
yp (x) = ex z(x) = ex cos x + sin x
85 85
39
Solution Particulière de L’Equation Avec Second Membre 40
x 9 2
y(x) = yh (x) + yp (x) = C1 cos(3x) + C2 sin(3x) + e cos x + sin x ; C1 , C2 ∈ R.
85 85
Principe de Superposition
Si le second membre de l’équation (E) est de la forme f (x) = f1 (x) + f2 (x) + · · · + fn (x), on cherche
ay 00 + by 0 + cy = fi (x); (Ei ).
Remarque 3.2. Lorsque le second membre n’est pas l’une des formes indiquées précédemment, on cherche une solution
Soit yh la solution générale de l’équation sans second membre (Eh ). Donc, yh (x) = C1 y1 (x) + C2 y2 (x),
la méthode de variation des constantes consiste à remplacer les deux constantes C1 et C2 par des fonctions
Ce qui donne
40
Solution Particulière de L’Equation Avec Second Membre 41
On calcule ensuite y 00 , on remplace dans l’équation (E) et on utilise le fait que y1 et y2 sont deux solutions
Il faut donc résoudre le système suivant dont les inconnus sont C10 (x) et C20 (x).
0 0
C1 (x) y1 (x) + C2 (x) y2 (x) = 0
C 0 (x) y 0 (x) + C 0 (x) y 0 (x) = f (x)
1 1 2 2
a
Comme y1 et y2 sont linéairement indépendantes, alors le déterminant
y1 y2
W = = y1 y20 − y2 y10 6= 0
y10 y20
et
f (x) y1 (x)
C20 (x) = .
aW
Comme les deux fonctions cos x et sin x sont linéairement indépendantes, alors on cherche une solution
41
Solution Particulière de L’Equation Avec Second Membre 42
On résoud le système
(
C10 (x) cos x + C20 (x) sin x = 0
−C10 (x) sin x + C20 (x) cos x = sin x
− sin2 x
C10 (x) = = − sin2 x,
cos2 x + sin2 x
et
sin x cos x
C20 (x) = = sin x cos x.
cos2 x + sin2 x
Donc,
Z Z
1 sin(2x) x
C1 (x) = − sin2 x dx = cos(2x) − 1 dx = − ,
2 4 2
et
sin2 x
Z
C2 (x) = sin x cos x dx = .
2
sin(x) x cos x
yp (x) = C1 (x) cos x + C2 (x) sin x = − .
2 2
1 x cos x
y(x) = yh (x) + yp (x) = k1 cos x + k2 + sin x − ; k1 , k2 ∈ R.
2 2
Par conséquent,
x cos x
y(x) = k1 cos x + K sin x − ; k1 , K ∈ R.
2
42
Bibliographie
[1] M. Andler, J.D. Bloch et B. Mailliard, Analyse II, Suites et Séries Numériques, Edition Marketing.
[2] A. Awan et B. Radi, Mathématiques, Analyse, Cours et Exercices Résolus, Afrique Orient.
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