Propagation des ondes de choc en milieu confiné
Propagation des ondes de choc en milieu confiné
LABORATOIRE PRISME
Kévin GAULT
RAPPORTEURS :
Georges JOURDAN Professeur des universités, Ecole Polytechnique
Universitaire de Marseille
Gérard BAUDIN Directeur de recherches CEA-DAM, HDR, Centre
d’études de Gramat
_________________________________________________________________
JURY:
0
1
« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles
sont difficiles. » Sénèque
A mes parents,
A ma sœur,
A Claire,
2
Remerciements
C’est en écrivant ces lignes que je me rends compte que c’est la fin d’une belle aventure humaine et
scientifique qui aura duré trois ans. Au travers de ces quelques lignes je tiens à remercier toutes les
personnes qui y ont contribué de près comme de loin.
Tout d’abord je tiens à remercier madame le Professeur Isabelle SOCHET, pour m’avoir donné
l’opportunité de réaliser une thèse au sein de son équipe au laboratoire PRISME. Je lui suis
reconnaissant de la confiance qu’elle m’a accordé durant ces trois années. Je la remercie également pour
son écoute, ses précieux conseils et de m’avoir épaulé durant trois ans.
En second lieu, je tiens à remercier la Direction Générale de l’Armement Techniques Navales pour
avoir financé ce travail de thèse qui n’aurait pas été possible sans eux. Je remercie également M. Luc
HAKENHOLZ, mon superviseur au sein de la DGA TN, pour son accompagnement et les échanges
de qualités qui ont eu lieu.
Je tiens à remercier les membres de mon jury pour m’avoir fait l’honneur d’évaluer mon travail. Mes
deux rapporteurs M. Georges JOURDAN et M. Gérard BAUDIN pour avoir pris le temps de relire
mon mémoire et de m’avoir transmis leurs remarques éclairées. Je remercie M. Mame WILLIAM
LOUIS pour avoir accepté de présider mon jury de thèse et également M. Christophe BOULNOIS et
M. Luc HAKENHOLZ pour avoir accepté d’y participer. Je remercie l’ensemble des membres de mon
jury pour leurs remarques, leurs échanges de qualité et l’enthousiasme qu’ils ont montrés à propos de
mon travail lors de ma soutenance.
Je tiens à remercier tout le personnel de l’INSA Centre Val de Loire et plus particulièrement Mme
Karine COTTANCIN et Mme Jeannine REBOULEAU pour l’aide logistique et la découverte de
nombreux jeux de société. Je tiens également à remercier Mme Nathalie MACHU et Mme Laure
GUILLET pour l’aide administrative qu’elles m’ont apporté. Enfin, je remercie pour leurs conseils et
aides techniques M. Ricardo CASTANHEIRA, M. Olivier TASSIN, M. Emmanuel MENNESSON,
M. Didier CONSTANTIN et M. Ludovic LAMOOT.
Je ne peux oublier tous les compagnons qui m’ont accompagné durant ces trois ans. Tout d’abord, je
remercie mon italienne préférée Maria DE STEFANO pour son entrain et sa bonne humeur
quotidienne, Yohann MAILLOT pour m’avoir refait découvrir le monde des comics et plus
particulièrement celui du chevalier noir. Je remercie également Nathan GRANGE pour toutes les
aventures, les échanges, les parties, les week-ends et les recherches de la sainte SNES en boite (mention
spéciale à Marine pour avoir supporté tout ça). Clément TOUZEAU pour son ouverture d’esprit et
son calme, David DROUET pour toutes ses inventions et les débats, Hamza EL-YAMANI pour ses
découvertes musicales et ses GIF de folie, Guillaume DUGAST pour sa bonne humeur, je te souhaite
bonne chance pour ton reportage en immersion. Je remercie Pietro TADINI pour son aide et pour
toutes les théories autour d’Evangelion. Enfin, je remercie tous les autres doctorants anciens et
actuels : Aijuan, Axel, Xavier, Ludovic, Julien et également Gaetan à qui je souhaite beaucoup de
réussite pour les trois prochaines années.
Je remercie Xavier pour les échanges que nous avons eu au fil des ans, Benoit pour ses barbecues et les
rencontres sportives dans son jardin, Eric pour sa gentillesse et tous les autres locataires du couloir
des mécaniciens, Jean-Luc, Quentin, Hélène, Khaled et Patrice.
Je tiens à remercier infiniment mes parents et ma sœur pour m’avoir soutenu tout au long de mes
études et plus particulièrement pendant ces trois années. Merci Papa, merci Maman, merci Sœurette.
Je remercie également Laurence, ma marraine pour son soutien et ses relectures.
Enfin je termine en remerciant la personne qui partage ma vie depuis trois ans, Claire. Je te remercie
pour ton soutien inconditionnel, ton aide, ton écoute et tes encouragements. Merci Claire, tu as su me
supporter et me remonter le moral quand j’en ai eu besoin.
Ainsi s’achève ce chapitre et j’ai hâte de commencer le prochain.
3
Table des matières
Table des figures ..........................................................................................................................................................7
Table des tables ......................................................................................................................................................... 10
INTRODUCTION .................................................................................................................................................. 11
Chapitre I : Contexte de l’étude............................................................................................................................. 13
1. Généralités sur les ondes de choc ................................................................................................................ 14
1.1. Généralités sur les explosions ............................................................................................................. 14
1.2. Généralités sur la propagation des ondes de choc en milieu aérien ........................................... 15
1.3. Profil caractéristique d’une onde de choc en milieu aérien .......................................................... 16
1.4. Interactions choc/structure ................................................................................................................. 17
1.5. Réflexion normale ou droite ................................................................................................................ 19
1.6. Réflexion oblique .................................................................................................................................... 20
1.7. Réflexion de Mach .................................................................................................................................. 22
1.8. Similitude d’Hopkinson-Cranz ............................................................................................................ 25
1.9. Equivalent TNT ..................................................................................................................................... 26
2. Etat de l’art ....................................................................................................................................................... 27
2.1. Introduction ............................................................................................................................................. 27
2.1.1. Travaux de Edri et al. (2011) ..................................................................................................... 28
2.1.2. Travaux de Wu et al. (2013) ...................................................................................................... 30
2.1.3. Travaux de Van Doormaal et al. (2002) .................................................................................. 32
2.1.4. Travaux de B. Julien (2014) ........................................................................................................ 34
2.1.5. Travaux de Berger et al. (2014) ................................................................................................. 36
2.1.6. Travaux de Wu et al. (2017) ...................................................................................................... 39
2.1.7. Travaux de Silvestrini et al. (2009) .......................................................................................... 41
2.1.8. Travaux de Benselama et al. (2009) .......................................................................................... 44
3. Conclusion ......................................................................................................................................................... 46
Chapitre II : Démarche expérimentale ................................................................................................................ 47
1. Description générale ....................................................................................................................................... 48
1.1. Configuration utilisée pour les essais en champ libre .................................................................... 48
1.2. Mélange gazeux ...................................................................................................................................... 50
1.3. Détermination des distances réduites ................................................................................................ 51
2. Expérimentation en champ libre.................................................................................................................. 52
2.1. Reproductibilité ...................................................................................................................................... 52
2.2. Etude de la surpression maximale ...................................................................................................... 53
2.3. Etude du temps d’arrivée de l’onde .................................................................................................... 54
2.4. Etude de l’impulsion positive I+ .......................................................................................................... 55
3. Conclusion sur l’étude en champ libre............................................................................................................. 56
4
Chapitre III : Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée. .......................... 57
1. Dispositif expérimental .................................................................................................................................. 58
1.1. Description générale de l’enceinte ..................................................................................................... 58
1.2. Dimensionnement de la maquette ...................................................................................................... 59
1.3. Positions d’amorçage ............................................................................................................................. 61
1.4. Métrologie ................................................................................................................................................ 62
1.4.1. Position des points de mesure .................................................................................................... 62
1.4.2. Capteurs de pression..................................................................................................................... 63
1.4.3. Chaine de mesure........................................................................................................................... 64
1.4.4. Centrale d’acquisition ................................................................................................................... 64
2. Profils caractéristiques de pression ............................................................................................................. 67
2.1. Signaux de pression ............................................................................................................................... 67
2.2. Choix des pics réfléchis ......................................................................................................................... 78
3. Corrélations expérimentales ......................................................................................................................... 79
3.1. Corrélation sur la surpression maximale .......................................................................................... 79
3.2. Corrélation sur l’impulsion totale ...................................................................................................... 81
3.3. Corrélation sur le temps d’arrivée ...................................................................................................... 85
4. Comparaison avec la littérature ................................................................................................................... 87
5. Conclusion ......................................................................................................................................................... 89
Chapitre IV : Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée ................... 90
1. Dispositif expérimental .................................................................................................................................. 91
1.1. Description générale .............................................................................................................................. 91
1.2. Configurations étudiées ........................................................................................................................ 94
1.2.1. Configuration 1 .............................................................................................................................. 94
1.2.2. Configuration 2 .............................................................................................................................. 95
1.2.3. Configuration 3 .............................................................................................................................. 96
1.2.4. Configuration 4 .............................................................................................................................. 97
1.2.5. Configuration 5 .............................................................................................................................. 98
2. Configuration de référence .......................................................................................................................... 100
3. Influence de la taille de l’évent ................................................................................................................... 101
3.1. Capteurs au sol à l’intérieur de l’enceinte ....................................................................................... 101
3.2. Capteurs dans la paroi 1...................................................................................................................... 105
4. Influence de la position de l’évent ............................................................................................................. 107
4.1. Capteurs au sol à l’intérieur de l’enceinte ....................................................................................... 107
4.2. Capteurs dans la paroi 1...................................................................................................................... 111
4.3. Etude de l’atténuation ......................................................................................................................... 113
5. Conclusion ....................................................................................................................................................... 116
5
Chapitre V : Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée ........................................................ 117
1. Objectif ............................................................................................................................................................. 118
2. Méthodologie .................................................................................................................................................. 121
2.1. Méthode générale ................................................................................................................................. 121
2.2. Comparaison des méthodes de calcul du plus court chemin ...................................................... 123
2.2.1. Méthode avec aller-retour ......................................................................................................... 123
2.2.3. Comparaison des deux méthodes ............................................................................................ 124
3. Validation ........................................................................................................................................................ 127
3.1. Présentation du code prédictif ........................................................................................................... 127
3.2. Cas de l’enceinte élémentaire cubique ............................................................................................. 128
3.3. Cas de l’enceinte parallélépipédique ................................................................................................. 133
4. Conclusion ....................................................................................................................................................... 136
CONCLUSION GENERALE & PERSPECTIVES ...................................................................................... 137
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................................................. 139
ANNEXES ............................................................................................................................................................... 141
6
Table des figures
Figure I. 1 Explosion d'un missile BGM-109 "Tomahawk" au-dessus d'un avion (Crédit : US Defense
Imagery) ...................................................................................................................................................................... 14
Figure I. 2 Ondes de choc autour d'un T-38 Talon en vol supersonique rendu visible par strioscopie
(Crédit : Nasa Photo) ............................................................................................................................................... 14
Figure I. 3 Représentation d'une onde de choc droite se déplaçant dans un gaz passant de l’état 0 à
l’état 1. Ici P est la pression, T la température et ρ la densité et U vitesse relative de l’écoulement, D
la célérité de l’onde de choc et M le nombre de Mach. .................................................................................... 15
Figure I. 4 Profil de pression caractéristique d'une onde de choc (Baker 1983) ....................................... 16
Figure I. 5 Réflexion régulière avec R le point de réflexion .......................................................................... 17
Figure I. 6 Réflexion irrégulière de Mach avec R le point de réflexion et T le point triple .................. 18
Figure I. 7 Types de réflexion (Ben-Dor, 1992)................................................................................................ 18
Figure I. 8 Représentation schématique d'une réflexion droite .................................................................... 19
Figure I. 9 Représentation schématique d’une onde de choc oblique .......................................................... 20
Figure I. 10 Coefficient de réflexion Cr en fonction de l'angle d'incidence β et de la surpression
maximale ΔP (UFC-3-340-02, 2008) ................................................................................................................... 22
Figure I. 11 Représentation schématique de la propagation d'une onde de Mach directe ..................... 23
Figure I. 12 Evolution du pied de Mach et trajectoire du point triple dans le cadre d'une réflexion de
Mach directe avec I : onde de choc incidente et R : onde de choc réfléchie ................................................ 23
Figure I. 13 Courbe représentative de la transition entre réflexion oblique régulière et réflexion de
Mach ............................................................................................................................................................................ 24
Figure I. 14 Réflexion de Mach sur une surface plane .................................................................................... 25
Figure I. 15 Représentation des similitudes d'Hopkinson-Cranz avec Rg rayon de la charge à échelle
k et R0 rayon de la charge à échelle 1.................................................................................................................. 26
Figure I. 16 Comparaison entre un signal de pression enregistré en champ libre et un signal
enregistré en milieu confiné ................................................................................................................................... 27
Figure I. 17 Enceinte expérimentale utilisée par Edri et al. (2011) ............................................................. 28
Figure I. 18 Modèle de surpression idéalisée UFC 3-340-02 (en haut)- Analyse typique d'un signal
de pression par Edri et al. (2010)(En bas)........................................................................................................... 29
Figure I. 19 Schéma de la chambre utilisée lors des tests avec la position de la charge et des capteurs
de pression - Wu et al. (2013) ................................................................................................................................ 30
Figure I. 20 Comparaison de la surpression réfléchie et de l’impulsion avec l'UFC-3-340-02 sur 5ms
– Wu et al. (2013) ..................................................................................................................................................... 31
Figure I. 21 Plan de l'enceinte expérimentale (gauche) - Position des capteurs (droite) - Van
Doormaal et al. (2002) ............................................................................................................................................. 32
Figure I. 22 Différentes configuration possible pour la maquette modulable étudié par B. Julien
(2014). De gauche à droite, configuration 1, 2, 3a, 3b, 3c, 3d, 4. .................................................................. 34
Figure I. 23 Configuration 3b et 3c avec capteurs............................................................................................ 35
Figure I. 24 Montage expérimental utilisé par Berger et al. (2014) ............................................................ 36
Figure I. 25 Visualisation de l'onde de choc passant au travers l'ouverture. L'ouverture (ratio 0.375) a
été testée avec 3 degrés d'inclinaison (45°, 90°et 135°) - vue de dessus – Berger et al. (2014) ............. 37
Figure I. 26 Vitesse de l'écoulement pour les trois configurations - Berger et al. (2014) ...................... 38
Figure I. 27 Onde de choc réfléchie d'ordre 3 avec la méthode des images (où P4 est l’image de la
réflexion principale, S41 est l’image de la réflexion secondaire et T412 est l’image de la réflexion
tertiaire)....................................................................................................................................................................... 39
Figure I. 28 Gestion des ouvertures avec la méthode des images améliorée - Wu et al. (2017) ........... 40
Figure I. 29 Comparaison entre les résultats obtenus par la nouvelle méthode des images, l'ancienne
méthode des images et les données expérimentales - Wu et al. (2017) ....................................................... 40
Figure I. 30 Exemple d'une charge placée à l'extrémité d'un tunnel – Silvestrini et al. (2009) ............ 41
Figure I. 31 Comparaison données expérimentales et résultats obtenus par la méthode ECF-
Silvestrini et al. (2009) ............................................................................................................................................. 43
Figure I. 32 Cas test étudié par Benselama et al. (2009) ................................................................................. 44
7
Figure I. 33 Résultats obtenus par le capteur 1 (à gauche) - Capteur 2 (à droite) - Capteur 3 (en bas) -
Benselama et al. (2009) ............................................................................................................................................ 45
Figure II. 1 Position des capteurs sur le banc d'essai ...................................................................................... 48
Figure II. 2 Représentation schématique du banc d'essai ............................................................................... 49
Figure II. 3 Exemple de la répétabilité des signaux de surpression pour le capteur A avec une charge
stœchiométrique de rayon R = 0.048m ............................................................................................................... 52
Figure II. 4 Comparaison entre nos expériences et la corrélation de Julien (2014) – Surpression
maximale ..................................................................................................................................................................... 53
Figure II. 5 Comparaison entre nos expériences et la corrélation de Julien (2014) – Temps d'arrivée
....................................................................................................................................................................................... 54
Figure II. 6 Comparaison entre nos expériences et la corrélation de Julien (2014) – Impulsion
positive réduite .......................................................................................................................................................... 55
Figure III. 1 Enceinte expérimentale .................................................................................................................. 58
Figure III. 2 Positions d'amorçage et points de mesures ................................................................................ 62
Figure III. 3 Cartographie des points de mesure sur une face de l'enceinte .............................................. 63
Figure III. 4 Chaîne de mesure - capteurs 603C ............................................................................................... 64
Figure III. 5 Chaîne de mesure - capteurs 603B ............................................................................................... 64
Figure III. 6 Centrale d'acquisition ...................................................................................................................... 64
Figure III. 7 Capteur 603C non filtré vs capteur 603C filtré (en haut) / Comparaison entre le signal
provenant d’un capteur 603B et 603C (en bas) .................................................................................................. 65
Figure III. 8 Cartographie des capteurs de l’enceinte expérimentale .......................................................... 67
Figure III. 9 Signaux de pression obtenus par le capteur D4 pour les positions d'amorçage P1, P13 et
P25................................................................................................................................................................................ 68
Figure III. 10 Signaux de pression obtenus par le capteur B2 pour les positions d'amorçage P1, P13
et P25 ........................................................................................................................................................................... 70
Figure III. 11 Signaux de pression obtenus par le capteur D1 pour les positions d'amorçage P1, P13
et P25 ........................................................................................................................................................................... 71
Figure III. 12 Signaux de pression obtenus par le capteur C1 pour les positions d'amorçage P1, P13
et P25 ........................................................................................................................................................................... 73
Figure III. 13 Signaux de pression obtenus par le capteur A1 pour les positions d'amorçage P1, P13
et P25 ........................................................................................................................................................................... 75
Figure III. 14 Signaux de pression obtenus par le capteur B3 pour les positions d'amorçage P1, P13
et P25 ........................................................................................................................................................................... 76
Figure III. 15 Exemple de résultat donné par le programme de détection des pics ................................ 78
Figure III. 16 Surpressions obtenues pour le 3ème pic de réflexion sur la paroi droite ......................... 79
Figure III. 17 Corrélation sur la pression maximale ΔPmax de chaque paroi .......................................... 80
Figure III. 18 Résultat de la première approche – évolution de l’impulsion vs la position d’amorçage
....................................................................................................................................................................................... 81
Figure III. 19 Résultats obtenus avec la seconde approche – évolution de l’impulsion vs la position
d’amorçage .................................................................................................................................................................. 82
Figure III. 20 Méthode de calcul de l'impulsion ............................................................................................... 83
Figure III. 21 Corrélation sur l'impulsion réduite I en fonction de la position d’amorçage .................. 83
Figure III. 22 Corrélation sur le temps d'arrivée pour le premier pic réfléchi .......................................... 85
Figure III. 23 Corrélation sur le temps d'arrivée des pics de réflexion d'ordre 2 à 4 .............................. 86
Figure III. 24 Comparaison entre nos résultats expérimentaux et ceux de Edri et al. (2011) - ΔPmax
....................................................................................................................................................................................... 87
Figure III. 25 Comparaison entre nos résultats expérimentaux et ceux de Edri et al. (2011) - ta
premier pic .................................................................................................................................................................. 88
Figure IV. 1 Maquette expérimentale utilisée lors des essais ....................................................................... 91
Figure IV. 2 Configuration des capteurs dans la paroi 1 ................................................................................ 91
Figure IV. 3 Exemple d'un plus court chemin pour un capteur au sol et dans une paroi ....................... 93
Figure IV. 4 Configuration 1 ................................................................................................................................. 94
Figure IV. 5 Configuration 2 ................................................................................................................................. 95
8
Figure IV. 6 Configuration 3 ................................................................................................................................. 96
Figure IV. 7 Configuration 4 ................................................................................................................................. 97
Figure IV. 8 Configuration 5 ................................................................................................................................. 98
Figure IV. 9 Surpression et temps d'arrivée relevés par les capteurs au sol – configuration 1 et 5 .. 100
Figure IV. 10 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge R0 de 0.048 m -
Capteur I ................................................................................................................................................................... 101
Figure IV. 11 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge gazeuse R0 de 0.048
m - capteur F............................................................................................................................................................ 102
Figure IV. 12 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge gazeuse R0 de 0.048
m - capteur J ............................................................................................................................................................. 103
Figure IV. 13 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge gazeuse R0 de
0.048m - Capteur K ................................................................................................................................................ 104
Figure IV. 14 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge gazeuse R0 de 0.048
m - Capteur D .......................................................................................................................................................... 105
Figure IV. 15 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge gazeuse R0 de 0.048
m - Capteur O .......................................................................................................................................................... 106
Figure IV. 16 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur I ............. 107
Figure IV. 17 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur F ............ 108
Figure IV. 18 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur J ............. 109
Figure IV. 19 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur K ............ 110
Figure IV. 20 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur D............ 111
Figure IV. 21 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur O............ 112
Figure IV. 22 Influence de la variation du volume sur la surpression maximale ................................... 113
Figure IV. 23 Influence de la variation du volume sur l'impulsion maximale avec le grand évent.... 114
Figure IV. 24 Influence de la variation du volume sur l'impulsion maximale avec le petit évent ...... 114
Figure V. 1 Organigramme du code de calcul prédictif 1/2 ........................................................................ 119
Figure V. 2 Organigramme du code de calcul prédictif 2/2 ........................................................................ 120
Figure V. 3 Schéma représentant la méthode avec aller-retour .................................................................. 123
Figure V. 4 Schéma représentant la méthode sans aller-retour .................................................................. 124
Figure V. 5 Interface du code prédictif .............................................................................................................. 127
Figure V. 6 Représentation du chemin étudié (gauche) / Schéma avec les capteurs (droite) .............. 129
Figure V. 7 Signal de pression relevé par le capteur A1 lorsque l'amorceur est en position {6} ....... 129
Figure V. 8 Signal de pression relevé par le capteur B6 lorsque l'amorceur est en position {6} ....... 130
Figure V. 9 Signal de pression relevé par le capteur C2 lorsque l'amorceur est en position {6} ....... 130
Figure V. 10 Signal de pression relevé par le capteur A2 lorsque l'amorceur est en position {6} ..... 131
Figure V. 11 Représentation du chemin étudié (gauche) / Schéma avec les capteurs (droite) ............ 133
Figure V. 12 Signal de pression relevé par le capteur B ............................................................................... 134
Figure V. 13 Signal de pression relevé par le capteur A ............................................................................... 134
9
Table des tables
Table I. 1 Equivalent TNT déterminé par Esparza (1986) ............................................................................ 27
Table I. 2 Données obtenues lors de l'essai à grande échelle - Van Doormaal et al. (2002) .................. 32
Table I. 3 Exemple d'expression du facteur ECF- Silvestrini et al. (2009) ................................................ 42
Table II. 1 Distance séparant le centre de la charge et le centre des capteurs .......................................... 48
Table II. 2 Masse de gaz dans les confinements pour différents rayons et richesses .............................. 50
Table II. 3 Réaction chimiques pour les différentes richesses de mélange C3H8 ...................................... 50
Table III. 1 Masse de gaz à échelle 1 ................................................................................................................... 59
Table III. 2 Récapitulatif du nombre de positions d'amorçage en fonction du facteur d'échelle ........... 61
Table III. 3 Paramètres choisis pour le dimensionnement de l'enceinte expérimentale ......................... 61
Table III. 4 Distance CE/Capteur vs. Position d'amorçage – Capteur D4 ................................................ 69
Table III. 5 Comparaison valeur confinée/ champ libre – Capteur D4....................................................... 69
Table III. 6 Distance CE/Capteur vs. Position d'amorçage – Capteur B2................................................. 70
Table III. 7 Temps d'arrivée des pics réfléchis en fonction de la position d'amorçage – Capteur B2.. 71
Table III. 8 Distance CE/Capteur vs. Position d'amorçage – Capteur D1 ................................................ 71
Table III. 9 Temps d'arrivée des pics réfléchis en fonction de la position d'amorçage – Capteur D1 . 72
Table III. 10 Distance CE/Capteur vs. Position d'amorçage – Capteur C1 .............................................. 73
Table III. 11 Temps d'arrivée des pics réfléchis en fonction de la position d'amorçage – Capteur C1 74
Table III. 12 Distance CE/Capteur vs. Position d'amorçage – Capteur A1 .............................................. 75
Table III. 13 Temps d'arrivée des pics réfléchis en fonction de la position d'amorçage – Capteur A1 76
Table III. 14 Distance CE/Capteur vs. Position d'amorçage – Capteur B3 .............................................. 76
Table III. 15 Temps d'arrivée des pics réfléchis en fonction de la position d'amorçage – Capteur B3 77
Table IV. 1 Position des capteurs sur la paroi 1 ............................................................................................... 91
Table IV. 2 Configurations de la paroi mobile .................................................................................................. 92
Table IV. 3 Distance capteur/centre de la charge - configuration 1 ........................................................... 94
Table IV. 4 Distance capteur/centre de la charge - configuration 2 ........................................................... 95
Table IV. 5 Distance capteur/centre de la charge - configuration 3 ........................................................... 96
Table IV. 6 Distance capteur/centre de la charge - configuration 4 ........................................................... 97
Table IV. 7 Distance capteur/centre de la charge - configuration 5 ........................................................... 98
Table IV. 8 Nomenclature explicative de la notation utilisée ........................................................................ 99
Table V. 1 Distances obtenues par la première méthode .............................................................................. 125
Table V. 2 Tables récapitulatives des résultats obtenus par le code et l'expérience pour les pics 1 à 4
– méthode avec aller-retour ................................................................................................................................. 125
Table V. 3 Distances obtenues par la 2nde méthode ..................................................................................... 125
Table V. 4 Tables récapitulatives des résultats obtenus par le code et l'expérience pour les pics 1 à 4
– méthode sans aller-retour.................................................................................................................................. 125
Table V. 5 Chemins calculés par le code .......................................................................................................... 128
Table V. 6 Table récapitulative des résultats obtenus à partir de la distance D1 .................................. 131
Table V. 7 Tables récapitulatives des résultats obtenus par le programme pour les pics 2 à 4 .......... 132
Table V. 8 Chemins calculés par le code ........................................................................................................... 133
Table V. 9 Table récapitulative des résultats obtenus à partir de la distance D1 .................................. 135
Table V. 10 Tables récapitulatives des résultats obtenus par le programme pour les pics 2 à 4 ........ 135
10
INTRODUCTION
Au VII ème siècle, en cherchant à confectionner l’élixir d’immortalité, le médecin alchimiste Sun Simiao
inventa la poudre à canon. Déjà à l’époque, Sun Simiao recommandait vivement de ne pas mélanger
cette poudre avec de l’arsenic au risque de la faire exploser. Le risque lié aux explosions venait d’être
découvert.
De nos jours, la sécurité des installations publiques, industrielles ou militaires est une problématique
majeure. Malgré une amélioration des réglementations, le risque lié à une explosion accidentelle ou
intentionnelle dans des zones industrielles ou publiques est toujours très présent. Par exemple, en l’an
2000, une explosion accidentelle a ravagé l’usine de feux d’artifice à Enschede au Pays-Bas, ou encore
en 2013, une explosion s’est produite au sein d’un dépôt d’engrais azoté de la West Fertilizer Company
faisant 15 morts et plus de 160 blessés. Ces accidents montrent qu’il est important d’étudier le risque
lié aux explosions de gaz ou de solide.
De nombreuses études ont été menées depuis les années 80, afin d’analyser et de comprendre le
comportement des ondes de choc en milieu confiné. Des études analytiques, empiriques et numériques
ont été menées pour prédire la surpression générée par une détonation de charge gazeuse ou solide.
Néanmoins, ces études ne permettent pas de prédire le comportement d’une onde de choc lorsque celle-
ci se propage dans un milieu confiné ou semi-confiné, en effet les modèles mis en place en champ libre,
ne peuvent pas s’appliquer en milieu confiné du fait de la complexité des phénomènes mis en jeu dans
ce type de milieu.
Afin de combler ce manque, des études à grande échelle ont été menées, celles-ci sont coûteuses et
longues à mettre en œuvre, c’est pourquoi dans la littérature il est plus aisé de trouver des études à
petite échelle ou des études numériques. Les études à petite échelle permettent une bonne flexibilité et
sont peu coûteuses, de plus grâce aux lois de similitude d’Hopkison-Cranz il est possible de transposer
les résultats obtenus à petite échelle à grande échelle. Les études numériques quant à elles permettent
de simuler tous types de milieux. Les simulations numériques sont très versatiles et en utilisant les
bons modèles, il est possible de simuler des environnements complexes et de prédire finement le
comportement des ondes de choc. Néanmoins, les études numériques connaissent deux principales
limitations. Tout d’abord, afin de développer et de valider les modèles utilisés, il est important de
disposer de résultats expérimentaux sur lesquels peuvent s’appuyer les numériciens. De plus, plus le
milieu à simuler est complexe, plus les temps et les coûts de calculs seront longs.
Le but du travail présenté dans ce mémoire est d’étudier à petite échelle en milieu confiné, le
comportement des ondes de choc ainsi que les quatre premières réflexions consécutives à la détonation
d’une charge gazeuse de propane/oxygène et à partir des résultats obtenus de mettre en place des lois
de comportements prédictives sur les trois caractéristiques principales de l’onde de choc, à savoir la
surpression incidente (∆P), le temps d’arrivée (ta) et l’impulsion (I). Puis de développer un code de
calcul prédictif à partir des lois mises en place afin de déterminer les caractéristiques des quatre
premiers pics réfléchis.
Afin de réaliser ce travail, deux types de maquettes ont été utilisés. Tout d’abord une maquette en
polycarbonate permettant d’étudier l’influence de la position d’amorçage sur l’onde de choc et ensuite
une seconde maquette en bois permettant d’étudier l’influence du volume ainsi que de la surface d’évent
sur les caractéristiques de l’onde de choc.
Le mémoire s’articule autour de cinq chapitres et ceux-ci sont rapidement présentés ci-dessous.
11
Le premier chapitre de ce mémoire présente des généralités sur les ondes de choc permettant de
comprendre comment il est possible de déterminer grâce au milieu environnant les différentes
caractéristiques de l’onde de choc en appliquant les lois de Rankine-Hugoniot. Puis une présentation
des différents types de réflexions pouvant apparaitre lors d’une interaction entre un choc et une paroi
est proposée. La première partie de ce chapitre se termine par une présentation des similitudes
d’Hopkinson-Cranz permettant de transposer les résultats obtenus à petite échelle à la grande échelle.
La seconde partie de ce premier chapitre présente un état de l’art sur les études en milieu confiné
disponibles dans la littérature ouverte. Cet état de l’art a permis de cadrer le travail de recherche
présenté dans ce mémoire.
Le second chapitre de ce mémoire présente les essais effectués en champ libre afin de mettre en place
les premières lois de comportement. Ces essais étaient nécessaires pour deux raisons, tout d’abord ils
ont permis de prendre en main le matériel expérimental et dans un second temps les résultats obtenus
ont été comparés à ceux acquis précédemment au laboratoire afin de les valider. Ce chapitre se termine
sur la présentation des trois lois de comportement mises en place lors de ces essais en champ libre.
Le troisième chapitre de ce mémoire présente les essais effectués dans la première maquette étudiée.
Cette maquette en polycarbonate est une représentation à échelle 1/6 ème d’une pièce de 3m de côté à
échelle 1. Ces essais ont permis d’étudier l’influence de la position d’amorçage sur les caractéristiques
de l’onde de choc grâce à une matrice d’amorçage possédant 25 positions d’amorçage. A l’issue de ces
essais trois lois de comportement ont été mises en place, une loi par caractéristique principale de l’onde
de choc. Ce chapitre se conclut par une comparaison avec la littérature.
Le quatrième chapitre de ce mémoire présente les essais effectués dans la seconde maquette étudiée
lors ce travail. Cette maquette parallélépipédique en bois a permis d’étudier l’influence du volume et de
la surface d’évent grâce à une paroi mobile. Cette paroi mobile a permis de configurer la maquette dans
cinq configurations et trois surfaces d’évent (grand évent, petit évent, sans évent). Les résultats
obtenus lors des essais réalisés avec la maquette ont permis une étude analytique des réflexions dans
celle-ci, ce qui a conduit à trouver la configuration critique en termes de réflexions. Enfin, ce chapitre
se termine par une étude de l’atténuation engendrée par l’évent.
Le cinquième chapitre de ce mémoire présente le code de calcul développé afin d’exploiter les lois de
comportement mises en place lors des essais présentés dans le chapitre trois de ce mémoire. Ce chapitre
commence par expliquer le but du code, puis la méthodologie du code est présentée grâce à un
organigramme. Enfin la validation du code est effectuée, en comparant les résultats obtenus lors des
chapitres trois et quatre de ce mémoire et les résultats renvoyés par le code.
12
Chapitre I : Contexte de l’étude
13
Chapitre I : Contexte de l’étude
Une explosion est un phénomène physique qui se produit lors d’une transformation rapide d’une
matière en une autre. Il est possible de distinguer trois types d’explosions : mécanique (lors d’un
changement brusque de température et de pression sans qu’il ne se produise de réaction chimique),
nucléaire (lors de la fission atomique) et enfin chimique.
Figure I. 1 Explosion d'un missile BGM-109 "Tomahawk" au-dessus d'un avion (Crédit : US Defense Imagery)
C’est ce dernier type d’explosion qui va être étudié lors de ce travail. Lors d’une réaction chimique une
explosion se produit s’il y a un changement brusque du volume occupé par les produits qui devient
supérieur à celui occupé par les réactifs. Ce changement brusque crée alors une discontinuité qui se
traduit par un couplage onde de choc – front de flamme se propageant à une vitesse supersonique, c’est
le cas de la détonation. Dans le cas de la déflagration, cette variation va créer un front de flamme qui
se propagera dans le milieu combustible environnant à une vitesse subsonique. Néanmoins, dans des
milieux obstrués ou confinés favorisant un écoulement turbulent, le front de flamme peut s’accélérer
voire transiter en une détonation. Dans le cadre de ce travail, seule la détonation sera étudiée.
Figure I. 2 Ondes de choc autour d'un T-38 Talon en vol supersonique rendu visible par strioscopie (Crédit : Nasa Photo)
14
Chapitre I : Contexte de l’étude
Comme évoqué précédemment, l’onde de choc est une discontinuité séparant les gaz au repos, les gaz
frais (état 0) des gaz mis en mouvement par cette dernière, les gaz choqués (état 1). Celle-ci peut être
représentée de manière schématique comme suit (Fig. I. 3).
Figure I. 3 Représentation d'une onde de choc droite se déplaçant dans un gaz passant de l’état 0 à l’état 1.
Ici P est la pression, T la température et ρ la densité et U vitesse relative de l’écoulement, D la célérité de l’onde de choc et M le nombre
de Mach.
Les premiers à avoir étudié les relations existantes entre les différents états physiques d’un gaz
compressible en mouvement sont tout d’abord Rankine (1870) et Hugoniot (1887, 1889). Les équations
de Rakine-Hugoniot permettent d’exprimer à partir des équations de conservation de la masse, de la
quantité de mouvement, de l’énergie pour un gaz parfait et du nombre de Mach M0, le rapport entre
les grandeurs en aval du choc (gaz frais – milieu au repos, 0) et en amont du choc (gaz choqués – milieu
choqué, 1).
Les principales équations mises en place par Rankine et Hugoniot portent sur les pressions, les masses
volumiques et les températures. Ces équations sont les suivantes :
- Rapport sur les pressions P :
P1 2 M 02 ( 1)
(1.1)
P0 1
1 ( 1) M 0
(1.2)
0 ( 1) M 0 2
15
Chapitre I : Contexte de l’étude
Comme il est possible de le voir, les relations précédentes intègrent le nombre de Mach M. Ce nombre
est un nombre sans dimension qui définit la vitesse d’un écoulement dans un milieu par rapport à la
vitesse du son dans ce même milieu. Ce nombre a été nommé en référence au physicien Ernst Mach qui
a fait de nombreuses découvertes dans le domaine de la diffraction, de la réfraction des ondes de choc
et des vitesses supersoniques.
Le nombre de Mach est défini comme suit :
U
M (1.4)
as
Où U est la vitesse de l’écoulement et as la vitesse du son dans le milieu étudié.
La valeur du nombre de Mach permet de caractériser le domaine dans lequel l’écoulement étudié se
trouve. En effet si le nombre de Mach M est inférieur à 1 (vitesse de l’écoulement inférieure à la vitesse
du son), l’écoulement sera dit subsonique. Si le nombre de Mach est égal à 1 (vitesse de l’écoulement
égale à la vitesse du son), l’écoulement sera dit sonique. Enfin, si le nombre de Mach est supérieur à 1
(vitesse de l’écoulement supérieure à la vitesse du son), l’écoulement sera dit supersonique.
Les explosions de type chimique peuvent être provoquées par des matériaux solide, liquide ou gazeux.
Ici, seules les détonations de charges gazeuses seront étudiées. Lorsqu’une charge gazeuse détone, une
onde de choc est créée et se propage dans le milieu environnant. Ses caractéristiques sont une élévation
brusque de la pression lors du passage de l’onde de choc suivie d’une dépression qui correspond à la
détente des gaz choqués. La figure ci-dessous (Figure I. 4) est la représentation caractéristique d’une
onde de choc se propageant en milieu aérien.
Ce profil permet de caractériser plusieurs grandeurs importantes dans les études sur les ondes de choc.
Tout d’abord ΔP+ correspond à la surpression maximale atteinte par l’onde de choc (souvent exprimée
en bar ou en Pa), ΔP- correspond à la dépression maximale atteinte par la détente des gaz choqués
(également exprimée en bar ou en Pa), ta représente le temps d’arrivée de l’onde de choc (souvent
exprimé en ms), t+ et t- représentent respectivement les temps de phases positive et négative (également
exprimés en ms).
16
Chapitre I : Contexte de l’étude
Enfin, I+ et I- sont respectivement les impulsions positive et négative qui rendent compte du temps
d’application de la pression, c’est-à-dire le chargement sur une structure, ce sont donc des données
importantes lors d’une étude qui porte sur les détonations à l’intérieur des structures.
𝑡𝑎 +𝑡 + 𝑡 +𝑡 + +𝑡 −
Ces impulsions sont définies comme suit : I+ = ∫𝑡 ∆P +dt et I − = ∫𝑡 𝑎+𝑡 + ∆P − dt
𝑎 𝑎
Maintenant que les notions principales sur la propagation des ondes de choc en milieu aérien,
communément appelé champ libre, ont été explicitées, il est temps de s’intéresser au comportement
d’une onde de choc lorsque celle-ci se propage dans un espace clos ou semi clos, communément appelé
milieu confiné. En effet, de nombreux accidents industriels se produisent en espace confiné (comme par
exemple l’accident de la West Fertilizer Company au Texas en 2013), c’est pourquoi il est important
de s’intéresser aux interactions entre un choc et une structure.
Quand une onde de choc interagit avec un milieu ayant une impédance mécanique différente de celui
où elle se propage, il se produit une réflexion. Le premier scientifique à avoir découvert ce phénomène
est Ernst Mach qui rapporta sa découverte en 1878. Lors de ses expériences, il découvrit deux
configurations de réflexion. Lors de la première, deux ondes de choc étaient issues de la réflexion, ce
type de réflexion est aujourd’hui connu sous le nom de réflexion régulière. Lors de la seconde, trois
ondes de choc étaient issues de la réflexion, cette configuration est connue sous le nom de réflexion de
Mach.
Ensuite à partir de 1940 de nouvelles recherches sur les réflexions ont été menées par Von Neumann.
Celui-ci découvrit que la réflexion de Mach pouvait encore se diviser en des configurations de
réflexions plus précises. C’est comme cela qu’ont été découvertes trois nouvelles réflexions, à savoir la
réflexion de Von Neumann, celle de Gurderley et celle de Vasilev.
Plus généralement les réflexions sont classées en deux catégories :
- Les réflexions régulières, dans cette catégorie se trouvent les réflexions droites et obliques.
- Les réflexions irrégulières, dans cette catégorie se trouvent entre autres, les réflexions de
Mach et de Von Neumann.
Les schémas suivants illustrent un exemple de réflexion régulière et un exemple de réflexion
irrégulière (ici la réflexion présentée est une réflexion de Mach). Ces réflexions seront étudiées de
manière plus précise dans la suite de ce mémoire.
17
Chapitre I : Contexte de l’étude
La figure ci-dessous (Ben-Dor, 1992 ) représente les différents types de réflexion pouvant être obtenues
lors d’une interaction choc/surface rigide.
18
Chapitre I : Contexte de l’étude
Seules les réflexions droite, oblique et de Mach (cadre rouge sur la figure I. 7) seront abordées dans
cette étude, c’est pourquoi une explication détaillée de ces réflexions est faite dans les paragraphes
suivants.
Comme explicité dans la section 1.4., quand une onde de choc rencontre un milieu d’impédance
différente de celui dans lequel elle se déplace, alors l’onde de choc va subir une réflexion. Si cette
réflexion se produit avec un angle d’incidence nul (l’angle d’incidence est l’angle avec lequel l’onde
vient impacter le milieu sur lequel elle va se réfléchir) alors l’onde subira une réflexion normale. Dans
ce cas, l’onde réfléchie se propagera dans les gaz préalablement choqués par l’onde de choc incidente.
La figure I.8 représente schématiquement le phénomène de réflexion droite.
Dans le cadre d’une réflexion droite les différents paramètres de l’onde réfléchie, à savoir la pression
réfléchie P1 et le nombre de Mach de l’onde réfléchie M1, peuvent s’exprimer en fonction des
paramètres de l’onde incidente, à savoir la pression incidente P0, le nombre de Mach de l’onde incidente
M0, et la vitesse de l’onde incidente U0 (Kinney & Graham, 1962).
P1 3 1 M 0 2 1 2 M 0 1
2 2
(1.5)
P0 2 1 M 0 2 2 1
2 M 0 2 1
M1 (1.6)
1 M 0 2 2
L’onde de choc réfléchie peut également être définie grâce à un nombre adimensionnel, appelé
coefficient de réflexion. Le produit de ce nombre avec les paramètres de l’onde incidente permet
d’obtenir les caractéristiques de l’onde réfléchie. Dans le cas d’une réflexion droite, le coefficient de
réflexion se définit comme suit.
3 1 M 02 3
Cr (1.7)
1 M 02 2
19
Chapitre I : Contexte de l’étude
P1 1
2 1
D1 P0 1
(1.8)
D0 1 P1
1
1 P0
Dans le cas d’un choc fort (γ =1.4) on a donc:
D1 2 1
(1.9)
D0 1 3
1
Cela implique, que l’onde de choc réfléchie droite est 3 fois plus rapide que l’onde incidente.
La réflexion oblique apparait lorsqu’une onde de choc vient frapper une surface plane avec un angle
d’incidence β. Cet angle doit être supérieur à zéro degré sinon une réflexion droite se produit mais
également être inférieur à un angle βmax au-delà duquel se produit une réflexion irrégulière de Mach.
Une analyse de la transition entre réflexion oblique et réflexion de Mach sera effectuée plus tard dans
ce mémoire.
La valeur de l’angle d’incidence β (figure I.9) est liée au nombre de Mach M1 de l’onde incidente.
Lorsque cette onde subit une réflexion oblique avec une surface plane, elle est réfléchie suivant un
angle appelé angle de réflexion. Dans le cas d’une réflexion oblique, il est à noter que les angles
d’incidence et de réflexion ne sont pas égaux, lorsque ces deux angles deviennent proches, la réflexion
oblique tend à se rapprocher d’une réflexion droite.
La figure suivante est une représentation schématique d’une réflexion oblique sur une paroi plane.
Cette représentation permet de mieux appréhender le phénomène mis en jeu.
Comme il est possible de le voir sur la figure I.9, lors d’une réflexion oblique l’onde parcourt trois
régions distinctes. La première, est la région des gaz frais (Région 1), ici l’écoulement est initialement
20
Chapitre I : Contexte de l’étude
au repos et parallèle à la surface car il n’a pas encore été mis en mouvement par l’onde incidente.
L’écoulement de la région 1 traverse le choc oblique incident et est dévié d’un angle de déflexion .
L’écoulement dans la région 2 subit ensuite un second choc oblique et arrive sur le deuxième choc avec
un angle d’incidence β2 et est redirigé après le passage de l’onde de choc réfléchie pour redevenir
parallèle à la surface dans la région 3.
Kinney et Graham (1962) ont mis en équations les grandeurs caractéristiques de l’onde de choc dans
chaque région.
Dans la région 1 en connaissant le nombre de Mach de l’onde de choc oblique incidente M1n, il est
possible de connaitre le nombre de Mach de l’écoulement initial M1.
M 1n
M1 (1.10)
sin
L’angle de déflexion par lequel est dévié l’écoulement dans la région peut être calculé grâce à la
relation suivante :
Le nombre de Mach M2, de l’écoulement dans la région 2, peut être obtenu via l’équation (1.12) :
2 1 M12 sin 2
M 2 sin
2
(1.12)
2 M12 sin 2 1
Maintenant que M2 et l’angle de déflexion sont connus il est possible en appliquant de nouveau la
relation (1.11) de calculer l’angle β2
Il est maintenant possible de déduire l’angle de réflexion par le jeu de la géométrie des angles, il
est donc égal à :
2 (1.14)
De plus grâce à l’équation (1.13) qui permet d’obtenir l’angle β2, et l’équation (1.10) qui permet de
calculer le nombre de Mach de l’écoulement dans la région 2, il est possible de déduire le nombre de
Mach Mr de l’onde réfléchie.
M r M 2 sin 2 (1.15)
Pr 2 M r 1 2 M1 sin 1
2 2 2
(1.16)
P1 1 1
Comme pour la réflexion droite, il est possible de définir le coefficient de réflexion Cr pour une
réflexion oblique:
21
Chapitre I : Contexte de l’étude
2 M r 2 1 2 M 1n 2 1 1 1
Cr (1.17)
1 2 M 12 2
Dans UFC-3-340-02, il est possible de trouver un abaque mettant en relation le coefficient de réflexion
Cr et l’angle d’incidence β. La figure I.10 représente le réseau d’abaques pour différentes valeurs de
surpressions incidentes.
Figure I. 10 Coefficient de réflexion Cr en fonction de l'angle d'incidence β et de la surpression maximale ΔP (UFC-3-340-02, 2008)
Une réflexion de Mach, apparait lorsque l’onde de choc réfléchie issue d’une réflexion oblique rattrape
l’onde incidente qui l’a créée. Ces deux ondes vont alors fusionner en une troisième onde appelée pied
de Mach. Le point qui relie l’onde incidente, l’onde réfléchie et le pied de Mach est appelé point triple.
La trajectoire de ce point triple, et donc du pied de Mach, définit le type de réflexion de Mach. Comme
le montre la figure I.7, il existe 3 types de réflexion de Mach.
Les trois types de réflexion de Mach sont :
- La réflexion directe, lorsque le point triple s’éloigne de la structure.
- La réflexion stationnaire, lorsque le point triple est parallèle à la structure.
22
Chapitre I : Contexte de l’étude
Figure I. 12 Evolution du pied de Mach et trajectoire du point triple dans le cadre d'une réflexion de Mach directe avec I : onde de choc
incidente et R : onde de choc réfléchie
La réflexion de Mach n’apparait que si l’angle d’incidence β atteint la valeur limite βmax. Au-delà de
cette valeur, la réflexion oblique régulière transite en une réflexion de Mach. Cette valeur peut être
exprimée par l’équation empirique suivante (Kinney, 1962) :
23
Chapitre I : Contexte de l’étude
1.75
max 39 (1.18)
M 0n 1
Ce qui a permis d’établir la courbe d’évolution suivante (figure I.13) :
Figure I. 13 Courbe représentative de la transition entre réflexion oblique régulière et réflexion de Mach
L’analyse de cette courbe apporte plusieurs informations. Tout d’abord dans le cas où le nombre de
Mach de l’onde incidente est situé vers l’unité alors la création de réflexion de Mach est impossible.
Lorsque l’intensité du choc incident augmente la création de réflexion de Mach devient possible, par
exemple la courbe montre que pour un nombre de Mach égal à 1.1, une réflexion avec un angle
d’incidence de β =52° pourra donner une réflexion de Mach. Enfin pour les ondes incidentes avec des
nombres de Mach plus élevés (choc fort), il y aura systématiquement création d’une onde de Mach si
l’angle β ≥ βmax = 39.97°.
La distance à laquelle apparait le pied de Mach rio est donnée par :
Où, HOB (Height of Burst) est la hauteur de l’explosion par rapport au centre de la charge et la paroi
(ou le sol).
La hauteur du pied de Mach (hm) à la distance ri peut être exprimée sous la forme (Kinney, 1962) :
2
r
hm 0.07 HOB i 1 (1.20)
ri 0
La figure I.14, explicite les différentes caractéristiques évoquées précédemment et où elles
interviennent lors de la création du pied de Mach.
24
Chapitre I : Contexte de l’étude
Hopkinson (1915) et Cranz (1926) ont indépendamment développé des lois de similitudes sur les ondes
de choc. C’est sur ces lois que s’appuient la plupart des lois d’échelles utilisées dans les études d’ondes
de choc actuelles.
Une source explosive de masse M ou d’énergie E produit une onde de choc avec une surpression ∆P+,
une impulsion I et un temps d’arrivée ta (voir figure 1.4) sur un point d’intérêt situé à une distance R
du centre de l’explosion.
Les lois de similitudes d’Hopkinson et Cranz permettent de définir qu’à une distance kR, une source
explosive de masse k3M ou d’énergie k3E créée une onde de choc avec une surpression ∆P +, une
impulsion kI et un temps d’arrivée kta.
Ces lois sont très importantes et utiles car elles permettent de réaliser des essais à petite échelle en
laboratoire qui rendent compte du comportement de l’onde de choc à pleine échelle.
La figure I.15 illustre schématiquement les lois de similitudes d’Hopkinson et Cranz.
25
Chapitre I : Contexte de l’étude
kR
Figure I. 15 Représentation des similitudes d'Hopkinson-Cranz avec Rg rayon de la charge à échelle k et R0 rayon de la charge à
échelle 1
De nombreux auteurs (Beshara, 1994 ; Bulson 1997 ; Henrych, 1979) ont pointé le fait que la plupart
des données expérimentales disponibles sur les explosions ont été réalisées à partir de charges de TNT.
Il a donc été nécessaire de pouvoir relier n’importe quel explosif avec un équivalent TNT.
Cet équivalent a donc été défini (Esparza, 1986 par exemple) comme le rapport de la masse de TNT à
la masse de l’explosif étudié qui pour la même distance conduira à la même onde de choc en terme de
surpression et d’impulsion en supposant les lois de similitudes de Hopkinson-Cranz.
Esparza (1986) a donc établi les relations suivantes :
- En termes de surpression :
3
M Z
EquiTNT ,P TNT (1.21)
M ZTNT Pcst
- En termes d’impulsion :
3
M Z
EquiTNT ,I TNT (1.22)
M ZTNT Icst
Avec Z la distance réduite définie par :
R (1.23)
Z 1
M3
Avec MTNT la masse de TNT considérée, M la masse de l’explosif considéré et R la distance entre le
centre de l’explosion et le point d’intérêt considéré.
Esparza (1986) a déterminé l’équivalent TNT que ce soit en termes de surpression ou d’impulsion pour
de nombreux explosifs solides, la table suivante résume ces résultats.
26
Chapitre I : Contexte de l’étude
PBX-9404 1.7 2
Pentolite 1.5 1
TNT 1 1
2. Etat de l’art
2.1. Introduction
Comme il a été vu dans la partie précédente de ce mémoire, il y a de grandes différences au niveau des
interactions entre une détonation se produisant en champ libre et une détonation se produisant à
l’intérieur d’une structure (en milieu confiné), ces différences peuvent également s’observer sur les
signaux de surpression associés (Figure I.16). Avec les enjeux de sécurité actuels, il est important de
comprendre les phénomènes physiques mis en jeu lors des explosions en milieu clos et semi clos.
Figure I. 16 Comparaison entre un signal de pression enregistré en champ libre et un signal enregistré en milieu confiné
27
Chapitre I : Contexte de l’étude
Les interactions entre structure (ou obstacle) et onde de choc dans le cas d’une explosion se produisant
à l’extérieur d’un bâtiment ont très largement été étudiées par de nombreux auteurs, ce qui a conduit
à de nombreuses publications (Kingery et Coulter, 1983 ; Gibson, 1994 ; Remennikov, 2003,
Remennikov et Rose, 2005 par exemple).
A l’inverse, les interactions entre structure et onde de choc dans le cas d’une explosion se produisant à
l’intérieur d’un bâtiment ont beaucoup moins été étudiées. Cet état de l’art va se dérouler de la façon
suivante.
Tout d’abord, dans la première partie, des travaux réalisés sur la détonation de charges solides ou
gazeuses en milieux confinés ou semi-confinés vont être étudiés, puis des méthodes de mitigation
permettant de diminuer les effets des ondes de choc sur les structures seront exposés. Dans la seconde
partie, des études conduites à partir de simulations numériques seront présentées.
Comme expliqué dans l’introduction il existe moins d’études expérimentales sur les détonations à
l’intérieur de structures fermées. Afin de palier à ce manque de données Edri et al. (2011) a mené une
série d’expérimentations à grande échelle sur la détonation d’une charge de TNT à l’intérieur d’une
enceinte cubique partiellement ouverte. Durant ce travail il a également étudié l’influence de la taille
de la charge (charge allant de 0.5 à 4kg de TNT placé au centre de la structure) sur les caractéristiques
des ondes de choc.
Pour ce faire, une enceinte cubique en béton renforcé de deux plaques d’acier (une à l’intérieur de
l’enceinte et une à l’extérieur ont été utilisées – voir figure 1.17). Les dimensions de l’enceinte sont de
2.9m x 2.9m x 2.7m (longueur, largeur, hauteur) et l’épaisseur des parois est de 0.2m. Enfin dans son
étude Edri et al. (2011) ne s’est pas intéressé à l’origine des différents pics réfléchis relevés par les
capteurs.
Capteurs Kulite
Afin de recueillir les signaux de pression à l’intérieur de l’enceinte, 9 capteurs de pression type « Kulite
HEM-375-2500 A » ont été disposés sur une des faces de l’enceinte. Ces capteurs sont des capteurs
piézo-électriques capables de résister à de forte température (jusqu’à 232 °C). Lors de ces expériences,
Edri et al. (2011) a comparé les principaux paramètres des ondes de choc (la pression statique Pg,
le temps d’arrivée ta ; le temps d’enregistrement totale, ttotal permettant de calculer l’impulsion totale,
Itotale – voir figure 1.18) en fonction de la taille de la charge et des résultats fournis par le modèle idéalisé
présenté dans l’UFC 3-340-02 (2008).
28
Chapitre I : Contexte de l’étude
Lorsqu’une explosion se produit dans une zone confinée, les gaz brûlés vont s’accumuler et la
température à l’intérieur de la structure va augmenter.
Les conclusions d’Edri et al. (2011) sont les suivantes :
- Le temps d’arrivée de l’onde diminue lorsque la taille de la charge augmente, l’impulsion totale
quant à elle augmente avec la charge.
- Les données de la pression de gaz (i.e. pression statique) obtenues expérimentalement sont en
moyenne 27% en dessous de celles présentées dans l’UFC 3-340-02. Pour Edri et al. (2011)
cela vient du fait que la pression de gaz n’est pas une valeur physique évidente et qu’elle dépend
du type et des caractéristiques de la méthode utilisée pour analyser les signaux.
Figure I. 18 Modèle de surpression idéalisée UFC 3-340-02 (en haut)- Analyse typique d'un signal de pression par
Edri et al. (2010)(En bas)
29
Chapitre I : Contexte de l’étude
Comme il a été possible de le voir avec les travaux d’Edri et al. (2011), les modèles mis en place pour
traiter les explosions en milieu confiné ne sont pas forcément les plus proches de la réalité et de
nombreux paramètres peuvent jouer sur les résultats, tels que la taille de la charge, sa forme ou encore
le degré d’ouverture de l’enceinte (ou du local). Dans le cas des explosions confinées, les ondes de choc
vont se réfléchir sur les parois en créant des ondes de choc réfléchies qui vont elles-mêmes interagir
avec les parois. Lorsqu’une ouverture est présente dans les espaces confinés et selon le degré
d’ouverture, les caractéristiques de l’onde de choc consécutive à une explosion seront les mêmes qu’une
explosion similaire en champ libre (figure I.16).
Wu et al. (2013) ont mené des tests pour étudier les effets de l’orientation des charges sphériques et
cylindriques sur les pics de surpression réfléchis ainsi que sur l’impulsion mesurée. Pour ce faire ils ont
réalisé quatre essais à grande échelle dans une chambre de tests. Lors de ces essais, la masse des charges
variait de 0.095 à 0.2 kg. La distance entre la charge et les murs environnants est restée constante (1.5
m dans la direction axiale et 1.3 m dans la direction radiale – Fig I.19). Pour la charge cylindrique un
ratio de 1:1 a été conservé. Des capteurs ont été disposés sur les murs autour de la charge afin de
mesurer les surpressions obtenues dans les directions axiale et radiale. La charge utilisée est du PE4
(explosif plastique 4) cette charge à un équivalent TNT en surpression de 1.3.
Figure I. 19 Schéma de la chambre utilisée lors des tests avec la position de la charge et des capteurs de pression - Wu et al. (2013)
Ces tests ont permis à Wu et al. (2013) de déterminer les résultats suivants :
- En étudiant la suppression réfléchie obtenue par les capteurs P6 et P8, il a montré que l’UFC
3-340-2 sous-estime les valeurs des surpressions lorsque la charge cylindrique est orientée
radialement (capteur P8) ou axialement (capteur P6) – (Fig I.20 bas).
- Au niveau de l’impulsion l’UFC 3-340-2 est conservatif car il considère la distribution comme
une distribution moyenne et uniforme sur la paroi (Fig I.20 haut).
30
Chapitre I : Contexte de l’étude
Figure I. 20 Comparaison de la surpression réfléchie et de l’impulsion avec l'UFC-3-340-02 sur 5ms – Wu et al. (2013)
Comme il a été vu avec les deux études précédentes, l’UFC 3-340-2 est une des normes les plus utilisées
lorsqu’il s’agit de prédire les caractéristiques des ondes de choc se propageant en milieux confinés. Ce
document de référence sous-estime certaines caractéristiques c’est pourquoi il est important de faire
des essais afin de les estimer au mieux. Connaitre les caractéristiques des ondes de choc ne suffit pas
toujours, c’est pourquoi il est également important de savoir comment il est possible d’atténuer ou de
mitiger les ondes de choc.
31
Chapitre I : Contexte de l’étude
Durant ce travail, Van Doormaal et al. (2002) ont réalisé une étude comparée entre une expérience à
grande échelle et une étude numérique. L’étude expérimentale porte sur la détonation de 27 tonnes de
TNT à l’intérieur d’une réplique grande échelle d’un stockage de munition. Le but de cette étude est
d’obtenir des données expérimentales sur les caractéristiques de l’onde de choc à courte distance et de
les comparer aux résultats obtenus par l’étude numérique.
Le bâtiment dans lequel est réalisée l’expérience est une structure en brique, avec le toit et le sol en
béton. Les dimensions du bâtiment sont 10 m x 12 m x 4.5 m (longueur, largeur, hauteur) – Figure
I.21. Les mesures de pression sont réalisées grâce à des capteurs de pression carbone. Les 27 tonnes de
TNT ont été réalisées grâce à 1619 charges cylindrique de 0.125 kg chacune. Toutes les charges
cylindriques sont placées sur des palettes au sol.
P3
P2
P1
Figure I. 21 Plan de l'enceinte expérimentale (gauche) - Position des capteurs (droite) - Van Doormaal et al. (2002)
Le tir réalisé a permis d’obtenir des résultats sur les caractéristiques de l’onde de choc à courte
distance. Les résultats obtenus sont présentés dans la table suivante.
Temps Temps de la Surpression Impulsion à Impulsion
Capteur d’arrivée surpression maximale t = 6.05 ms maximale
[ms] maximale [ms] [MPa] [kPa.s] [[Link].s]
P1 5.32 5.86 121 15.5 20.2
P2 5.82 5.95 1762 123.4 --
P3 5.73 5.9 1648 164.5 177.5
Table I. 2 Données obtenues lors de l'essai à grande échelle - Van Doormaal et al. (2002)
L’étude numérique a permis de confirmer les résultats obtenus lors de cet essai mais également de
comprendre les phénomènes mis en jeu lors d’une détonation de cette ampleur. De plus, cet essai a
également permis d’obtenir de précieuses données expérimentales en champ proche.
32
Chapitre I : Contexte de l’étude
Grâce à la simulation numérique et aux mesures effectuées par les capteurs lors du tir Doormaal et al.
(2002) a pu observer plusieurs phénomènes :
- Le premier choc arrive d’abord sur le capteur P1 puis sur le capteur P2. La différence est
d’environ 400 µs lors des mesures et 350 µs lors de la simulation numérique.
- La forme de la surpression relevée par le capteur P1 expérimentalement n’est pas la même que
celle obtenue numériquement. Cela est dû à la simplification imposée par le modèle 2D utilisé.
- Les relevés expérimentaux du capteur P2 montrent une lente élévation de la pression durant
environ 150 µs. Cette élévation de la pression se produit avant que le capteur enregistre le pic
de surpression. Cette élévation se retrouve également sur la simulation numérique, ce qui
prouve que ce phénomène est physique. Il proviendrait du fait que le capteur est proche de la
charge. La simulation numérique montre que le pic de surpression impactant le toit est précédé
d’une onde de plus faible pression.
33
Chapitre I : Contexte de l’étude
Dans son étude B. Julien (2014) s’est intéressé au comportement des ondes de choc en multi-chambres
et il a étudié l’influence de différents paramètres tels que le volume des pièces ou la largeur des couloirs
sur les profils de pression. Il a également analysé l’évolution de la surpression maximale, le temps
d’arrivée de l’onde ainsi que l’impulsion positive.
Pour ce faire, il a étudié la détonation d’une charge de propane/oxygène hémisphérique à la
stœchiométrie dans une maquette modulable représentant un atelier pyrotechnique à petite échelle.
Cette maquette pouvait être modulée en sept configurations (figure I.22) différentes afin de pouvoir
étudier l’influence des différents paramètres cités précédemment. Enfin une comparaison des résultats
expérimentaux obtenus avec des simulations numériques réalisées sous Ouranos a été faite.
Figure I. 22 Différentes configurations possibles pour la maquette modulable étudiée par B. Julien (2014).
De gauche à droite, configuration 1, 2, 3a, 3b, 3c, 3d, 4.
34
Chapitre I : Contexte de l’étude
Durant son étude, B. Julien (2014) s’est d’abord intéressé aux effets de la variation du volume des
cellules (nom donnée aux pièces dans un atelier pyrotechnique) sur la propagation des ondes de choc
en milieu multi-chambres. Comme attendu la cellule la plus dangereuse est celle où se produit
l'explosion. Néanmoins, du fait des phénomènes de réflexions complexes des niveaux de surpression
non négligeables ont été observés dans des cellules plus éloignées. Toutefois, comme en champ libre,
la surpression diminue avec la distance.
L’étude de la variation du degré d’ouverture d’une des cellules sur la propagation du choc a montré
différents effets. B. Julien (2014) a remarqué que la longueur du mur apporte un effet protecteur sur
certaines configurations, comme par exemple la configuration 3b. Dans le cas de cette configuration,
la variation du degré d’ouverture permet une diminution des surpressions enregistrées jusqu’à 78%,
mais cette variation augmente également la surpression maximale enregistrée par le capteur G1 de
33%. Il a également remarqué que la configuration 3c apporte une augmentation de la surpression
jusqu’à 65% par rapport au cas sans mur. Cette configuration apporte néanmoins une protection de la
cellule 3.
Dans la suite de son étude B. Julien (2014) a étudié l’impact de l’ajout de chicanes venant partiellement
ouvrir les parois latérales du bâtiment. Il a remarqué que l’ajout des chicanes n’avait pas d’influence
sur l’onde incidente. Toutefois, elles permettent de retrouver en partie l’effet protecteur lié à
l’éloignement de la charge, effet qui peut être observé en champ libre. Les chicanes ont également mis
en évidence un effet canon provenant du couloir. Au final la présence des chicanes permet de réduire
de façon générale la surpression maximale par rapport au cas complétement confiné, de 10% en
moyenne. Elles permettent également une diminution de l’impulsion positive totale de 20% en
comparaison du cas totalement confiné.
35
Chapitre I : Contexte de l’étude
Dans ses travaux, Berger et al. (2014) ont étudié l’atténuation de l’onde de choc par une barrière
géométrique simple. Le but de ces travaux était de mieux comprendre les phénomènes mis en jeu
lorsqu’une onde de choc traverse une barrière rigide mais également de trouver les paramètres
permettant d’optimiser la barrière afin d’obtenir une meilleure atténuation.
Pour ce faire Berger et al. (2014) ont utilisé un tube à choc composé de trois parties : une première
partie appelée « la section donneuse (driver) » qui mesure 2.3 m de long et 80 mm de diamètre, la
seconde partie appelée « la section receveuse (driven) » qui mesure 2.5 m de long et enfin une troisième
partie appelée « la section test » qui mesure 0.7 m de long. Les sections receveuse et de test ont toutes
les deux une forme carrée de 80 mm de côté. Ces sections sont séparées par une feuille de mylar (Figure
I.24).
La barrière faisant l’objet de l’étude est placée dans la section test. La barrière se compose de deux
plaques de métal montées face à face (Figure I.24.b). Lors de cette étude, trois hauteurs de barrière ont
été testées (15, 20, 25 mm) avec trois différents ratio d’ouverture (0.625, 0.5 et 0.375 respectivement).
De plus, chaque configuration a été testée avec trois angles d’inclinaison (45°, 90° et 135°) ce qui fait
au total neuf configurations de barrière testées lors de cette étude.
La section donneuse est montée en pression alors que la section receveuse et la section test restent à
pression atmosphérique. La section test est transparente ce qui permet de visualiser, grâce à une caméra
rapide, les phénomènes d’atténuation dus à la barrière. Des capteurs de pression sont également placés
dans la section test.
Durant ces tests, Berger at al (2014) ont utilisé une caméra rapide avec un montage optique de type
Schlieren afin de pouvoir visualiser l’écoulement à travers l’ouverture (Figure I.25).
36
Chapitre I : Contexte de l’étude
Figure I. 25 Visualisation de l'onde de choc passant au travers l'ouverture. L'ouverture (ratio 0.375) a été testée avec 3 degrés
d'inclinaison (45°, 90°et 135°) - vue de dessus – Berger et al. (2014)
Dans les configurations présentées sur la figure précédente la vitesse a été mesurée au point V3, et le
champ de vitesse (en couleur sur la figure I.25) a été obtenu par simulation numérique.
Les trois configurations précédentes ont permis de mettre en lumière plusieurs points. Tout d’abord
la barrière inclinée à 45° accélère l’écoulement du fait de l’orientation de celle-ci (en direction de
l’écoulement). Dans le cas de la barrière inclinée à 90°, celle-ci a ralenti l’écoulement mais elle a
tendance à augmenter la surpression réfléchie. Et enfin la barrière inclinée à 135° permet le
ralentissement de l’écoulement le plus fort mais c’est cette configuration qui crée la plus grande
surpression réfléchie.
La figure suivante illustre la vitesse enregistrée au point V3 et les différents effets d’accélération ou de
décélération.
37
Chapitre I : Contexte de l’étude
Figure I. 26 Vitesse de l'écoulement pour les trois configurations - Berger et al. (2014)
Les expériences de Berger et al. (2014) ont montré que le ratio d’ouverture est le principal paramètre
permettant l’atténuation des ondes de choc. En effet, lorsque le ratio d’ouverture diminue de 0.6 à 0.2
la surpression de l’onde de choc est atténuée de 40%. Il a également déterminé que lorsque le ratio
d’ouverture est fixe, l’angle d’inclinaison de l’ouverture est plus efficace pour atténuer l’onde que la
largeur de l’ouverture. La largeur de l’ouverture commence à avoir des effets d’atténuation significatifs
si l’angle d’inclinaison de l’ouverture est plus petit que 40° ou plus grand que 140°. Enfin lorsque
l’angle d’inclinaison de l’ouverture évolue de 15 à 165°, la surpression de l’onde de choc est atténuée
de 15%.
L’étude expérimentale des ondes de choc en milieu confiné peut vite être compliquée et coûteuse à
mettre en place surtout lorsqu’il s’agit d’essais à grande échelle. De plus, il n’est pas toujours possible
de placer les points de mesures où l’on veut et également de contrôler tous les paramètres extérieurs.
C’est pourquoi les études numériques sont très utiles pour modéliser les explosions en milieu confiné
que ce soit pour des études de sécurité ou encore pour mieux comprendre ou visualiser les phénomènes
mis en jeu. La complémentarité entre les simulations numérique et expérimentale est nécessaire.
38
Chapitre I : Contexte de l’étude
Dans ces travaux, Wu et al (2017) a amélioré la méthode des images développée par Chan et Klein en
1994. Cette méthode est basée sur le principe des chocs miroirs réfléchis et permet de calculer les
surpressions lors d’une explosion en milieu clos.
Une onde incidente générée par une explosion se propage et se réfléchit sur les murs. Après plusieurs
réflexions, l’onde réfléchie arrive au capteur. La figure I.27 illustre une onde de choc d’ordre 3 (onde
de choc réfléchie 3 fois) se propageant de la source au capteur. La troisième image T412 a été calculée à
partir de la première et seconde image, P4 et S41 respectivement. Le signal de surpression P(t) est
calculé comme la somme de tous les signaux de surpression qui peuvent être vus par le capteur. Chaque
onde de choc générée par la charge ou par une image est considérée comme une onde de Friedlander
de surpression Pj(t) qui s’exprime via la relation suivante :
Pj (t ) Pi t ' b t td
'
1 e (1.22)
P0 p0 t d
Où Pi est la surpression incidente, P0 est la pression ambiante, t’ est le temps que met l’onde pour
revenir à zéro à partir du moment où elle arrive sur le point d’intérêt, t d est la durée de phase positive
et enfin b est le coefficient de la forme exponentielle. Ici le coefficient b a été pris dans les données
compilées par Baker (1973).
Figure I. 27 Onde de choc réfléchie d'ordre 3 avec la méthode des images (où P4 est l’image de la réflexion principale, S41 est l’image
de la réflexion secondaire et T412 est l’image de la réflexion tertiaire).
Néanmoins, la méthode des images développée par Chan et Klein (1994) a certaines limitations, elle ne
permet pas de prendre en compte les ouvertures telles que les fenêtres ou les portes. De plus, lors d’une
réflexion oblique, l’angle d’incidence a un effet sur la pression réfléchie, la méthode des images ne prend
également pas en compte la théorie sur les ondes de choc obliques.
39
Chapitre I : Contexte de l’étude
Dans la méthode des images améliorée, Wu et al. (2017) a intégré la théorie des chocs obliques qui
permet de calculer les caractéristiques des ondes de choc obliques réfléchies au sein d’une enceinte
close. Pour ce qui est des ouvertures la figure suivante indique comment elles sont prises en compte.
Maintenant, la position de l’ouverture est renseignée dans le programme et le chemin entre l’ouverture
et le capteur est calculé comme s’il n’y avait pas d’ouverture (figure I.28).
Figure I. 28 Gestion des ouvertures avec la méthode des images améliorée - Wu et al. (2017)
La figure ci-dessous montre une comparaison des résultats obtenus par l’ancienne méthode des images
(Chian et Klein – 1994) et la nouvelle. Comme il est possible de le voir la nouvelle méthode prédit avec
plus de précision les surpressions réfléchies ainsi que l’impulsion correspondante. Néanmoins, il est
toujours difficile de choisir les chemins a étudier. De plus Wu et al. (2017), dans son étude ne donne
pas plus de précision sur le chemin réel parcouru par l’onde.
Figure I. 29 Comparaison entre les résultats obtenus par la nouvelle méthode des images, l'ancienne méthode des images et les données
expérimentales - Wu et al. (2017)
40
Chapitre I : Contexte de l’étude
Dans ces travaux Silvestrini présente une méthode simple afin de prédire la valeur des surpressions
sur les parois, créées par la détonation d’une charge en milieu semi clos. Cette méthode est la méthode
du facteur de concentration d’énergie (ECF).
La méthode du facteur d’énergie se base sur le fait que la densité spatiale d’énergie est supérieure en
milieu semi clos qu’en champ libre.
Lorsqu’une explosion se produit une fraction de l’énergie est utilisée afin d’être convertie en onde de
choc. La surpression obtenue sur les parois lors d’une explosion en milieu confiné se corrèle bien avec
une distance réduite en énergie E ou en masse M comme suit :
r0 r0
1
ou 1
(1.22)
E 3 M 3
Le facteur de concentration d’énergie est le ratio entre le volume d’une demi-sphère de rayon r0 et le
volume de la zone confinée inclue dans le rayon r0 de la demi-sphère précédente (Figure I. 30)
Figure I. 30 Exemple d'une charge placée à l'extrémité d'un tunnel – Silvestrini et al. (2009)
Dans l’exemple précédent le facteur ECF peut être exprimé comme suit :
2 3
r0
V HSph 2 2
ECF 3 r0 (1.23)
VTun Ar0 3A
Où A est la section transversale du tunnel
41
Chapitre I : Contexte de l’étude
Charge hémisphérique en
champ libre
VHSph
ECF 1
VHSph
(propagation tri-directionnelle)
VHSph 2 2
Charge au fond d’un tunnel ECF r0
VTun 3A
(propagation unidirectionnelle)
Le facteur ECF est un facteur purement géométrique qui prend en compte l’élévation de la densité
spatiale d’énergie causée par la réduction du volume disponible pour l’expansion des gaz dans le cas
d’une explosion en milieu confiné.
Il est à noter que dans le cas d’une charge au fond d’un tunnel la distance réduite doit être modifiée
comme suit pour pouvoir appliquer le facteur ECF.
r0
R' 1 (1.24)
ECF M 3
La figure I. 31 illustre les résultats obtenus en utilisant la méthode ECF pour la détonation d’une
charge de PETN de 1g et de 0.5g dans un tube de 3 000 mm de long et de section carrée de 80 x 80
mm.
42
Chapitre I : Contexte de l’étude
Figure I. 31 Comparaison données expérimentales et résultats obtenus par la méthode ECF- Silvestrini et al. (2009)
L’intérêt principal de la méthode ECF est de bien approximer la valeur de la surpression réfléchie sur
les murs latéraux d’un tunnel par exemple. C’est une méthode rapide et simple à mettre en place.
L’inconvénient de cette méthode est qu’elle ne peut pas être utilisée dans des configurations totalement
confinées, de plus elle ne permet pas de prédire le parcours des ondes de choc, ni la valeur des
suppressions réfléchies d’ordre supérieur à 1.
43
Chapitre I : Contexte de l’étude
Dans cette étude Benselama et al. (2009) a développé un modèle numérique 1D-3D permettant de
réaliser des simulations à moindre coût et avec une bonne robustesse. Parmi les méthodes testées
Benselama et al. (2009) a déterminé que la méthode du « chord mean value » présente les meilleures
performances pour des coûts de calculs réduits. Afin de tester son modèle, Benselama et al. (2009) a
modélisé le cas étudié par Rigas et al. (2005) et a comparé les résultats expérimentaux et numériques
de ce dernier avec les résultats numériques obtenus lors de son étude.
Pour ce faire, Rigas et al. (2005) a étudié la détonation d’une charge de TNT à l’entrée d’un tunnel
possédant une bifurcation. Les deux branches du tunnel sont respectivement d’une longueur de 1.28 m
et d’un diamètre de 0.168 m. Trois capteurs sont placés de part et d’autre de la jonction entre les deux
branches du tunnel (figure I.32).
Pour ce qui est de la simulation numérique, le maillage employé possède approximativement 2,4
millions de mailles. La région proche de la charge est finement maillée (la fréquence du maillage est de
=89 kg1/3/m), la région lointaine de le charge est à une fréquence de maillage un peu plus grande
(pour cette région = 45 kg1/3/m). Les résultats obtenus par la simulation numérique sont comparés
aux résultats expérimentaux et numériques obtenus par Rigas et al. (2005)
La figure suivante (figure 1.33) représente la comparaison des résultats expérimentaux et numériques
obtenus par les 3 capteurs.
44
Chapitre I : Contexte de l’étude
Figure I. 33 Résultats obtenus par le capteur 1 (à gauche) - Capteur 2 (à droite) - Capteur 3 (en bas) - Benselama et al. (2009)
Comme il est possible de le voir sur la figure précédente les résultats obtenus par Benselama et al.
(2009) correspondent très bien aux résultats obtenus par Rigas et al. (2005) pendant son étude. La
dispersion entre les résultats de Benselama et Rigas est de moins de 15%. Des résultats intéressants
sont à noter. Sur le signal du capteur 1, le premier pic est dû à une réflexion de Mach se produisant sur
la paroi du tunnel horizontal, le second pic est dû à l’onde incidente venant de la détonation de la charge
et enfin le dernier pic vient d’une seconde onde incidente provenant du centre de l’explosion. Cette
seconde onde incidente peut être expliquée de la manière suivante. Au début de la détonation, une onde
de choc se propage depuis l'interface gaz brûlé / air. Ce choc diminue à mesure où il s'éloigne du centre
de l'explosion. En raison du modèle de sphéricité considéré des phénomènes de propagation et en raison
de l'expansion rapide du fluide, une raréfaction se produit au niveau de la charge de l'explosion suivie
d'une compression de l’onde se propageant depuis la surface de contact. De manière équivalente à l’onde
sortante, la propagation de l'onde de compression augmente à mesure qu'elle approche du centre de
l'explosion. Quand elle atteint le centre de l’explosion, et en raison de la parfaite symétrie de ce point,
cette onde est réfléchie et se propage à l’extérieur jusqu’à ce qu’elle entre en contact avec la surface de
contact. Les trois premiers pics visibles sur le signal du capteur 2 sont les mêmes que ceux relevés sur
le capteur 1. Le signal de pression relevé par le capteur 3 est le même que le signal relevé par le capteur
1 avec des surpressions plus faibles.
Pour conclure le modèle 1D-3D développé par Benselama et al. (2009) montre de bons résultats.
De plus, le cas étudié a permis de montrer que l’écoulement reste supersonique même à grande distance
de la charge. La bifurcation a pour effet de diminuer la surpression à l’intérieur du tunnel principal et
affaiblir la surpression dans le tunnel secondaire. L’écoulement est alors en régime transsonique.
Ceci montre d’un point de vue de la sécurité, l’efficacité de ce genre de configuration dans le cas
d’explosion confinée.
45
Chapitre I : Contexte de l’étude
3. Conclusion
Comme il a été vu dans la première partie de ce chapitre, les différentes caractéristiques d’une onde de
choc peuvent être déterminées par les relations de Rankine-Hugoniot. De plus, il a été vu que
lorsqu’une onde de choc interagit avec une paroi alors son comportement est modifié et devient plus
complexe. L’onde créée est alors appelée onde de choc réfléchie et peut être de plusieurs types (droite,
oblique, de Mach). La théorie permettant de comprendre ces différentes réflexions a été explicité cela
est nécessaire vu que le travail présenté dans ce mémoire porte sur l’étude des ondes de choc en milieu
confiné et donc l’étude théorique des différents types de réflexions est nécessaire.
La deuxième partie de ce chapitre s’intéresse plus particulièrement aux études disponibles dans la
littérature ouverte. Ces études ont tout d’abord permis d’obtenir des méthodes ainsi que des données
numériques pouvant être comparées avec les résultats obtenus dans la suite de ce travail. De plus, la
littérature a permis de définir le cadre de notre étude. Comme il a été vu dans cet état de l’art, il existe
beaucoup d’études portant sur la propagation des ondes de choc en milieu confiné. Néanmoins, très peu
d’études expérimentales portent sur l’étude de l’influence du volume ou de la position d’amorçage sur
les caractéristiques de l’onde de choc. Enfin, hors simulation numérique, il n’existe pas à l’heure actuelle
de méthode empirique simple permettant de prédire les réflexions d’ordre 2 à 4.
46
Chapitre II. Démarche expérimentale
47
Chapitre II. Démarche expérimentale
1. Description générale
1.1. Configuration utilisée pour les essais en champ libre
La table sur laquelle ont été réalisés les essais en champ libre ainsi que les essais présentés dans le
chapitre 4 de ce mémoire se compose d’une structure en Norcan® sur laquelle est posé un plateau en
Trespa® (plaque de bois très dure tressée avec des fibres métalliques) ce qui assure une bonne planéité
de la table. Les capteurs utilisés lors des essais en champs libre sont des capteurs de marque Kistler®
type 603B associés à des amplificateurs 5011 de marque Kistler ®. Les données expérimentales ont été
collectées par un système d’acquisition de marque Dewetron®. La figure II.1 illustre la position des 15
capteurs sur le banc d’essai ainsi que la position de la charge sur la table (C.E.). Ici la table
expérimentale utilisée est celle de Julien (2014) c’est pourquoi la position des capteurs et de la charge
étaient fixés en amont.
Les différentes configurations utilisées en milieu confiné seront présentées dans leurs chapitres
respectifs.
La table suivante récapitule la distance exacte entre le centre de l’explosion et les capteurs sur le banc
d’essai.
Capteur Rcapteur/charge (m) Capteur Rcapteur/charge (m) Capteur Rcapteur/charge (m)
A 0.152 F 0.752 K 0.235
B 0.255 G 0.645 L 0.335
C 0.406 H 0.437 M 0.592
D 0.684 I 0.329 N 0.694
E 0.904 J 0.145 O 0.443
Table II. 1 Distance séparant le centre de la charge et le centre des capteurs
48
Chapitre II. Démarche expérimentale
La méthode d’amorçage est constituée d’une banque de condensateur (banque d’énergie) qui délivre
instantanément grâce à un interrupteur à gaz jusqu’à 400 J nominale. Cette énergie est déchargée entre
deux électrodes espacées de 6 mm. Un fil de nickel cuivre de 0.12 mm de diamètre est placé entre ces
deux électrodes. Lorsque l’énergie de la banque de condensateur est déchargée dans le fil, celui-ci se
sublime ce qui va initier le mélange gazeux et créer une détonation.
La bouteille de pré-mélange est réalisée au poste de pré-mélange via la technique des pressions
partielles (voir section 1.2).
La centrale d’acquisition Dewetron se compose de 16 voies et possède une fréquence d’acquisition de
1Mhz.
49
Chapitre II. Démarche expérimentale
Afin de pouvoir utiliser les relations issues de l’expérience définies par Julien (2014) et de pouvoir
calculer les distances réduites, il est nécessaire de connaître la masse de gaz contenue dans les
confinements (en fonction de leurs rayons et de la richesse des mélanges gazeux C 3H8/O2 utilisés).
Lors des expériences présentées dans ce chapitre, trois richesses de gaz (richesse 0.8, 1 et 1.2) ainsi que
trois rayons (0.03, 0.048, 0.0675 m) ont été utilisés. Les mélanges de gaz sont réalisés sur la base de la
méthode des pressions partielles et sont initialement confiné dans une bulle de savon (Voir annexe 5).
Il convient donc de les calculer pour O2 et C3H8 afin d’obtenir la richesse désirée dans une bouteille de
gaz de volume 2.5 L à Ptot = 3 bars (Ptot étant la somme des pressions partielles Pi des gaz mises en jeu
dans le mélange).
Les mélanges gazeux étant parfaitement connus il est possible de calculer la masse de gaz (M g = ρg*Vg)
dans le confinement quel que soit son rayon (Rg) et sa richesse (Φ). La table II.1 présente le calcul de
la masse de gaz dans les différents confinements.
0.0300 0.156*10-3
0.8 C3H8 + 6.25 O2 1.377 0.0480 0.638*10-3
0.0675 1.774*10-3
0.0300 0.157*10-3
1 C3H8 + 5 O2 1.39 0.0480 0.644*10-3
0.0675 1.791*10-3
0.0300 0.159*10-3
1.2 C3H8 + 4.17 O2 1.404 0.0480 0.650*10-3
0.0675 1.809*10-3
Table II. 2 Masse de gaz dans les confinements pour différents rayons et richesses
La table précédente, montre que la masse volumique du mélange gazeux (ρg) varie peu avec la
richesse Φ (variation de 1.92% entre la masse volumique du mélange pauvre et la masse volumique du
mélange riche). Cette faible variation vient de la faible différence des volumes mis en jeu lors des
expérimentations.
- Composition des gaz brûlés :
Mélange riche (Φ = 1.2) C3H8 + 4.17 O2 = 2 CO2 + CO+ 3.34 H2O +0.66 H2
Table II. 3 Réactions chimiques pour les différentes richesses de mélange C3H8
50
Chapitre II. Démarche expérimentale
Les corrélations sur la surpression maximale (ΔPmax), le temps d’arrivée de l’onde de choc (ta) et de
l’impulsion positive (I+) ont été exprimées en fonction des distances réduites Z. La distance réduite est
un facteur permettant de relier les effets de souffle produits par les détonations de même mélange
gazeux mais pour des volumes et des distances différentes par rapport au centre de la charge.
Les distances réduites peuvent être calculées de deux manières différentes, soit en fonction de l’énergie
délivrée par la charge, soit en fonction de la masse de la charge. Lors de ce travail, il a été décidé de
calculer les distances réduites en fonction de la masse de la charge. Elles sont donc calculées en fonction
de la distance réelle entre le capteur et la charge gazeuse (soit dans notre cas entre le centre du capteur
et le centre des électrodes – Table I.1) rapportée à la racine cubique de la masse de la charge explosive
R
(Z en [Link]-1/3).
3 Mg
En appliquant la méthode précédente les résultats, quelle que soit la richesse étudiée, sont :
- Pour la charge gazeuse de 0.03 m de rayon les distances réduites varient de 2.676 [Link]-1/3 à
16.793 [Link]-1/3.
- Pour la charge gazeuse de 0.048 m de rayon les distances réduites varient de 1.689 [Link]-1/3 à
10.501 [Link]-1/3.
- Pour la charge gazeuse de 0.0675 m de rayon les distances réduites varient de 1.207 [Link]-1/3 à
7.468 [Link]-1/3.
Ainsi, le domaine de distance réduite balayé par les essais en champ libre s’étend de 1.207 [Link] -1/3 à
16.793 [Link]-1/3 en considérant les trois richesses.
51
Chapitre II. Démarche expérimentale
Il s’agit ici de présenter les résultats obtenus lors des expérimentations réalisées en champ libre, pour
les comparer à des lois obtenues précédemment au laboratoire et ainsi valider les essais en champ libre.
La reproductibilité sur le gonflage de la bulle est présentée en annexe 5. Les différents tirs effectués en
champ libre ont permis de déterminer les paramètres principaux de l’onde de choc à savoir, la
surpression maximale ΔP+, le temps d’arrivée de l’onde ta ainsi que la valeur de l’impulsion positive I +.
Afin de garantir la répétabilité des résultats lors des expériences pour un rayon de charge donné et
pour une richesse donnée, 3 tirs successifs minimum ont été effectués. Lorsque la répétabilité sur 3 tirs
n’est pas vérifiée c’est alors 5 tirs successifs qui sont réalisés.
La figure II.3 montre la répétabilité de trois tirs effectués lors de l’étude en champ libre.
Figure II. 3 Exemple de la répétabilité des signaux de surpression pour le capteur A avec une charge stœchiométrique de rayon
R = 0.048m
Sur la figure II.3, l’écart entre les trois signaux est de 1.12 % ce qui indique une bonne répétabilité au
niveau des tirs. Les écarts relevés au laboratoire pour le champ libre sont de l’ordre de 5% pour la
surpression et l’impulsion et sont au plus de 2% pour le temps d’arrivée.
Afin de déterminer une surpression maximale pour l’ensemble des trois tirs, une moyenne point par
point de la surpression maximale obtenue pour chaque capteur a été calculée. C’est la surpression
obtenue via cette moyenne qui est utilisée comme surpression maximale de référence pour
l’établissement des corrélations. Le même principe sera appliqué pour le temps d’arrivée de l’onde et
l’impulsion positive.
52
Chapitre II. Démarche expérimentale
Ces expériences ont également permis de déterminer 3 corrélations : une pour chaque grandeur
étudiée, à savoir la surpression maximale, le temps d’arrivée et l’impulsion positive. Dans la suite de ce
chapitre, ces corrélations vont être comparées à celles obtenues par Julien (2014).
Afin d’obtenir des corrélations les plus générales possible, il a été décidé de déterminer une corrélation
pour toutes les richesses étudiées et non pas une corrélation par richesse.
Dans la suite du travail, les essais prennent en compte les incertitudes expérimentales liées à
l’équipement, à la mesure et la réalisation de l’essai (Capteur, amplificateur, centrale d’acquisition,
bulle).
À partir des données expérimentales recueillies lors des essais une corrélation a pu être déterminée
permettant de prédire la surpression maximale quels que soient le diamètre de la charge et la richesse
du mélange. Pour obtenir cette corrélation toutes les données obtenues ont été considérées en même
temps et une régression a été utilisée.
La corrélation obtenue sur la surpression maximale lors de ce travail est :
, Rg On a :
0,1
0,01
1 10
Distance réduite Z([Link]-1/3)
Figure II. 4 Comparaison entre nos expériences et la corrélation de Julien (2014) – Surpression maximale
53
Chapitre II. Démarche expérimentale
Comme il est possible de le voir sur la figure II.4 les deux corrélations sont très proches et présentent
la même évolution. L’écart maximum entre la corrélation de Julien (2014) et celle obtenue lors de nos
expériences est de 4.90 %. Cet écart est faible mais il peut être expliqué par le fait que la corrélation
mise en place lors de nos expériences prend en compte 3 richesses de mélange alors que celle de
Julien (2014) ne considérait qu’un mélange stœchiométrique propane/oxygène. De plus, l’incertitude
entre la loi mise en place et les données expérimentale est de +/- 3% avec un niveau de confiance de
95%.
Comme pour la surpression maximale, les données recueillies lors des expériences ont permis de mettre
en place une corrélation sur le temps d’arrivée de l’onde. Afin d’en valider les résultats celle-ci est
comparée à celle mise en place par Julien (2014). Comme précédemment toutes les données
expérimentales recueillies ont été considérées en même temps et une régression a été utilisée.
La corrélation sur le temps d’arrivée réduit obtenue lors de ce travail est :
, Rg On a :
ln ta 0.26704 1.8921 ln Z 0.3009 ln Z 0.0767 ln Z 0.0105 ln Z
2 3 4
(Eq 2.2)
−1⁄3
1.151 ≤ Z ([Link]-1/3) ≤ 16.79 et 𝑡𝑎 = 𝑡𝑎. 𝑚𝑔 en ([Link]-1/3)
100
Temps d'arrivée ta réduit ([Link]-1/3)
10
1
Nos expériences
B. Julien (2014)
Données expérimentales confinement 3cm
Données expérimentales confinement 5cm
Données expérimentales confinement 7cm
0,1
1 10
Distance réduite Z([Link]-1/3)
Figure II. 5 Comparaison entre nos expériences et la corrélation de Julien (2014) – Temps d'arrivée
54
Chapitre II. Démarche expérimentale
L’incertitude entre la loi mise en place et les données expérimentale est de +/- 1% avec un niveau de
confiance de 95%. De plus, l’écart maximal calculé entre la corrélation issue de nos expériences et celle
mise en place par Julien (2014) est de 0.75 %. Ce qui indique une bonne répétabilité de nos expériences.
Il est également important de remarquer que cet écart est plus faible que celui obtenu pour la
surpression, ce qui amène à penser que le temps d’arrivée est une caractéristique encore plus répétable
et précise que la surpression.
, Rg On a :
ln I 0.1427 1.1426 ln Z 0.57 ln Z 0.3213 ln Z 0.0519 ln Z (Eq 2.3)
2 3 4
−1⁄3
1.151 ≤ Z ([Link]-1/3) ≤ 16.79 et ̅̅̅
𝐼 + = 𝐼 + . 𝑚𝑔 en ([Link]-1/3)
B. Julien (2014)
Données expérimentales confinement 3cm
Données expérimentales confinement 5cm
Données expérimentales confinement 7cm
1
0,1
0,01
1 10
Distance réduite Z ([Link]-1/3)
Figure II. 6 Comparaison entre nos expériences et la corrélation de Julien (2014) – Impulsion positive réduite
55
Chapitre II. Démarche expérimentale
L’écart moyen (Figure II.6) entre la corrélation mise en place lors de ce travail et celle de Julien (2014)
est de 5.84 %. Ces écarts d’impulsion peuvent être expliqués en partie par des incertitudes de mesures
effectuées lors des relevés de la durée de phase positive, cette opération n’étant pas toujours très simple.
De plus lors de ces essais en champ libre Julien (2014) utilisait des porte-capteurs ce qui peut également
participer à ces différences. Enfin, l’incertitude entre les données expérimentales et la corrélation mise
en place est de de +/- 8% avec un niveau de confiance de 95%.
Les expérimentations en champ libre sont une étape nécessaire et importante pour notre étude. En
effet, ces expériences ont permis d’établir trois corrélations générales (sur la surpression maximale, le
temps d’arrivée de l’onde et l’impulsion positive) en fonction de la distance réduite. L’établissement de
ces corrélations avait deux objectifs, le premier était bien entendu de comparer nos résultats avec les
résultats obtenus par Julien (2014) sur des expériences similaires afin de valider les essais. Le second
était de trouver de nouvelles relations plus générales couvrant les trois richesses de mélange retenues.
Les nouvelles relations mises en place sont valables pour un diamètre de confinement quelconque (dans
la limite du domaine de validité des relations) mais également pour une richesse quelconque avec un
mélange propane/oxygène.
Pour finir, les écarts relevés entre les corrélations obtenues dans le cadre de ce travail et celles obtenues
par Julien (2014) sont faibles. Ces faibles incertitudes confortent le fait que les corrélations trouvées
sont viables et correspondent à ce qui a précédemment été trouvé au laboratoire d’une part et mettent
en lumière un phénomène intéressant d’autre part. En effet, comme le montrent les faibles différences
entre nos corrélations et celles mises par Julien (2014), la richesse du mélange impacte très peu les
grandeurs étudiées que ce soit la surpression, le temps d’arrivée de l’onde ou encore l’impulsion
positive. Néanmoins, pour l’instant il est possible de conclure que le phénomène est vrai en champ
libre, ce qui peut s’expliquer par le fait que le produit des réactions se disperse dans le laboratoire sans
impacter les résultats mais ceci reste à confirmer en milieu confiné, c’est sur cela que va porter une
partie du chapitre 4 du présent mémoire.
56
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Chapitre III : Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée. ...................... 57
1. Dispositif expérimental .............................................................................................................................. 58
1.1. Description générale de l’enceinte ................................................................................................. 58
1.2. Dimensionnement de la maquette .................................................................................................. 59
1.3. Positions d’amorçage ......................................................................................................................... 61
1.4. Métrologie ........................................................................................................................................... 62
1.4.1. Position des points de mesure ................................................................................................ 62
1.4.2. Capteurs de pression ................................................................................................................ 63
1.4.3. Chaine de mesure ...................................................................................................................... 64
1.4.4. Centrale d’acquisition ............................................................................................................... 64
2. Profils caractéristiques de pression ......................................................................................................... 67
2.1. Signaux de pression ........................................................................................................................... 67
2.2. Choix des pics réfléchis ..................................................................................................................... 78
3. Corrélations expérimentales ..................................................................................................................... 79
3.1. Corrélation sur la surpression maximale ..................................................................................... 79
3.2. Corrélation sur l’impulsion totale .................................................................................................. 81
3.3. Corrélation sur le temps d’arrivée.................................................................................................. 85
4. Comparaison avec la littérature ............................................................................................................... 87
5. Conclusion ..................................................................................................................................................... 89
57
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
1. Dispositif expérimental
1.1. Description générale de l’enceinte
Afin de pouvoir obtenir des corrélations les plus génériques possible, il a été décidé de créer une
enceinte élémentaire. C’est pourquoi l’enceinte expérimentale retenue est un cube en polycarbonate
vissé sur un banc en aluminium (Fig. III.1). Le polycarbonate a été choisi pour ses caractéristiques
mécaniques. C’est un matériau thermoplastique amorphe ayant une très bonne résistance à l’impact et
une assez bonne résistance aux températures élevées en plus d’être très dur et parfaitement
réfléchissant aux ondes de choc. Ces propriétés permettent d’avoir des réflexions « propres » à
l’intérieur de l’enceinte. De plus, le polycarbonate empêche la propagation des microfissures pouvant
être créées lors des tirs, cette caractéristique est importante car elle assure la robustesse de la maquette.
Cette robustesse est également assurée par les parois d’une épaisseur de 0.03 m ainsi que par des
cornières métalliques qui ont été ajoutées sur les 4 arêtes extérieures de l’enceinte. Afin de renforcer
la sécurité, des inserts métalliques couplés à 5 doigts de verrouillage automatique assurent une bonne
fermeture du toit pendant les tirs.
Doigts de verrouillage
automatique
Cornières métalliques
Banc en aluminium
L’enceinte expérimentale est ancrée sur un banc en aluminium grâce à 12 vis qui assurent une bonne
étanchéité entre le bas de l’enceinte et le banc ainsi qu’un bon maintien de la maquette sur le banc.
58
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Le banc en aluminium a une longueur totale de 1.30 m, une largeur de 0.760 m et une épaisseur de
0.02 m.
Pour pouvoir concevoir une maquette à petite échelle adaptée aux besoins de l’étude il a été nécessaire
de réaliser un dimensionnement de celle-ci afin de respecter les données devant être étudiées à échelle
1 comme par exemple la plage de pression.
Les données à pleine échelle sont les suivantes : la charge est composée de 1 kg de TNT et l’enceinte
d’étude est une pièce cubique de H1 = 3m de côté. Enfin la plage de pression incidente est comprise
entre 0.02 et 3.7 bar.
Ce dimensionnement sera basé sur l’abaque UFC-3-340-02. Pour dimensionner l’enceinte il faut
commencer par définir les distances auxquelles pourront être atteintes les surpressions bornant ainsi
la plage d’étude.
Pour obtenir une surpression incidente de 0.02 bar avec une charge sphérique de TNT de 1kg l’abaque
indique qu’il faut se placer à une distance de 35 m (Z = 35 [Link] -1/3). Cette surpression ne pourra pas
être atteinte car l’enceinte d’étude est un cube de 3 m de côté donc la distance maximale pouvant être
atteinte dans cette enceinte est au sol de 2.83 m. Cette distance correspond à une charge placée à
0.5 m d’un angle du cube et un point de mesure placé dans l’angle opposé de la pièce toujours à une
distance de 0.5 m. Pour cette distance de 2.83 m (Z = 2.83 [Link] -1/3), la surpression théorique est de
0.90 bar (abaque UFC-3-340-02).
La surpression de 3.7 bar correspond à une distance de 1.5 m (Z = 1.5 m.k -1/3).
Afin d’obtenir la correspondance des surpressions incidentes précédentes dans le cas de la détonation
d’une charge de gaz, le polynôme de suppression mis en place en champ libre et présenté dans le
chapitre II est utilisé et rappelé ici :
ln(P ) 1.5481 1.605 ln(Z) 0.2532 ln(Z)2 0.1784 ln(Z )3 0.0303 ln(Z )4 (3.1)
59
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Afin de passer à l’échelle réduite, il est nécessaire de respecter la similitude d’Hopkinson-Cranz (1915
et 1926) qui a été présentée dans le premier chapitre de ce mémoire.
Pour rappel, elle permet de considérer que l’explosion d’une charge m 1 à échelle 1 conduit à une
surpression ΔP à une distance R qui peut être assimilée à l’explosion d’une charge réduite mk = k3m1
où 1/k est le facteur d’échelle. La détonation de la charge de masse m k donnera la même surpression à
la distance kR.
La charge gazeuse de base utilisée au laboratoire est une charge hémisphérique de propane/oxygène à
la stœchiométrie (C3H8 + 5 O2). La masse volumique de ce mélange est ρG = 1.39 kg.m-3 et le rayon
pris comme référence au laboratoire est R0 = 0.05m. La masse de gaz correspondante est donc :
4
M G ,k G R03 soit MG, k = 0.728x10-3 kg (3.3)
3
Pour les deux surpressions considérées, les coefficients d’échelle à considérer sont calculés via la
corrélation suivante :
1
M 3
k G ,k (3.4)
M
G ,1
En appliquant la relation (3.4) et en respectant simultanément l’échelle géométrique et massique, il est
nécessaire d’appliquer un facteur d’échelle k = 1/14.5 pour atteindre une surpression de 3.7 bar à
1.50 m et de k = 1/12.1 pour obtenir une surpression de 0.9 bar à 2.83 m.
Pour déterminer les dimensions de l’enceinte à petite échelle, le coefficient k est appliqué en respectant
la relation suivante :
H k k H 1 (3.5)
Ainsi, le facteur d’échelle de 1/14.5 conduit à une maquette de 0.21 m de côté ce qui est trop petit et
cela ne permet pas d’obtenir une grande plage de surpression incidente (Table III.2).
L’objectif de cette partie est d’étudier la réflexion des ondes de choc en fonction de la position
d’amorçage. Ceci implique par conséquent qu’il faut considérer un nombre suffisant de positions
d’amorçage pour étudier au mieux les phénomènes. Il faut donc une zone suffisante sur la surface au
sol de la maquette pour placer les charges explosives. L’enceinte étant cubique, ces positions sont à
faire varier sur ¼ de la surface.
Afin de pouvoir travailler avec une maquette de taille suffisante et avec une charge de gaz de 0.05 m
de rayon, le dimensionnement va donc se baser sur le paramètre géométrique pour respecter la
contrainte des positions d’amorçage.
Le tableau ci-après récapitule pour différents facteurs d’échelle k le domaine de surpression pouvant
être atteint ainsi que le nombre maximal de positions pouvant être considéré sur un quart de la surface
au sol. D’une part, un espacement entre chaque position d’amorçage de 0.02 m doit être respecté et
d’autre part, l’amorceur est placé dans un orifice circulaire 0.018 m de diamètre.
60
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Au vu de la table III.2, l’échelle 1/6 représente un bon compromis entre taille de l’enceinte, domaine
de surpression et nombre de positions d’amorçage.
Finalement les paramètres retenus sont les suivants :
k Hk (m) Domaine de surpression (bar) Nombre de positions d’amorçage
1/6 0.500 3.92 – 0.33 25 (5x5)
Table III. 3 Paramètres choisis pour le dimensionnement de l'enceinte expérimentale
Comme il a été indiqué précédemment, l’enceinte expérimentale est vissée sur une table en aluminium
de 0.02 m d’épaisseur (Fig. III.1). Cette table permet d’avoir une surface plane et réfléchissante ce qui
permet encore une fois d’obtenir une bonne réflexion des ondes.
Cette plaque d’aluminium a été percée afin d’avoir différents points de mesure au sol et également
différentes positions d’amorçage. Une matrice d’amorçage est située au sol dans un angle de l’enceinte
expérimentale (Fig. III.2). Cette matrice est composée de 25 positions d’amorçages différentes,
espacées de 0.04 m chacune, qui permettent d’étudier précisément son influence sur les ondes réfléchies.
De plus 4 points de mesures au sol (cercles grisés, Fig. III.2) sont également présents au sein de la
maquette, ceux-ci permettront d’obtenir des pics de surpression incidente de référence.
Si cette référence est en accord avec les corrélations établies en champ libre alors le tir effectué est
validé.
La figure ci-dessous (Fig. III.2) illustre la disposition des points d’amorçage (cercles numérotés) et de
mesures au sol (cercles grisés).
61
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Le point de mesure correspondant à la position d’amorçage P 25 sur la figure 3.2 est un point de mesure
mobile. En effet lorsque l’amorçage se fait entre les positions P1 et P13 le capteur sera situé sur le
point de mesure {25}, alors que pour les positions d’amorçage de P14 à P25 le capteur sera placé sur
la position d’amorçage {1}. Cela vient du fait qu’au-delà de la position 13 le capteur est trop proche de
la charge pour obtenir des signaux corrects. Ce capteur est également utilisé comme capteur de
référence pour le trigger.
1.4. Métrologie
1.4.1. Position des points de mesure
En ce qui concerne les points de mesure il a été décidé de placer 25 capteurs sur les parois, un capteur
dans chaque angle et un au centre de chaque paroi (Fig. III.3), les différents capteurs seront présentés
dans la section 1.4.2. Ce placement permet d’avoir une cartographie complète des réflexions au sein de
la maquette. La figure suivante représente une paroi de l’enceinte avec le placement des points de
mesure (chaque paroi a la même configuration que celle présentée ci-dessous). En plus de ces 25
capteurs sur les parois, 4 capteurs sont placés au sol (Fig. III.2) comme il a été expliqué précédemment
(§ 1.3).
62
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Figure III. 3 Cartographie des points de mesure sur une face de l'enceinte
Deux types de capteurs de pression de marque Kistler ont été utilisés lors de cette étude, 16 capteurs
de type 603C et 13 capteurs de type 603B. Les capteurs 603C ont été choisi car ces capteurs sont aussi
précis que les capteurs 603B pour un coût moindre.
La différence principale entre ces deux séries de capteurs est que les 603B sont des capteurs piézo-
électriques standards c’est-à-dire qu’il est nécessaire d’utiliser un amplificateur externe pour pouvoir
exploiter les données obtenues.
A l’inverse la série 603C sont des capteurs de type ICP pour « Integrated Circuit Piezoelectric », cela
signifie que l’amplificateur est intégré à la canne du capteur. Pour fonctionner, ces capteurs ont besoin
d’être couplés avec un conditionneur externe ou alors il est nécessaire que la centrale d’acquisition à
laquelle ils sont reliés puisse être couplée en mode « ICP ».
Les fiches techniques de ces deux séries de capteurs sont disponibles en annexe de ce rapport.
Comme expliqué précédemment les capteurs 603C sont de type « ICP » ce qui implique que la centrale
d’acquisition doit être couplée dans ce mode pour pouvoir les faire fonctionner. Dans ce couplage, avant
chaque tir, la centrale envoie une tension de 5 V continue (porteuse) afin de mettre en fonction
l’amplificateur présent dans le capteur. Après le tir, la centrale d’acquisition sauvegarde le signal de
surpression enregistré par le capteur après l’avoir séparé du signal de la porteuse.
63
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
En fonction du type de capteurs (603B ou 603C) la chaîne de mesure utilisée lors des différents tests
varie comme le montrent les figures III.4 et III.5.
La centrale d’acquisition qui a été choisie pour l’étude est une centrale TraNET 408s de marque Elsys.
Cette centrale d’acquisition se compose de 32 voies d’une résolution de 16 bits et de fréquence
d’acquisition de 2 MHz par voie. Celle-ci permet d’utiliser aussi bien des capteurs à électronique
intégrée (ICP) que des capteurs piézo-électriques classiques grâce aux différents modes de couplage.
64
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Comme expliqué précédemment, la centrale d’acquisition transmet une porteuse de 5V continue afin
de pouvoir mettre en fonction l’amplificateur intégré dans la canne des capteurs 603C. Cette porteuse
crée un bruit supplémentaire sur les signaux, c’est pourquoi le logiciel d’acquisition fournit avec la
centrale propose deux filtres numériques passe-bas (un avec une fréquence de coupure de 10 kHz et un
avec une fréquence de coupure de 100 kHz) afin d’éliminer partiellement ce bruit. Après plusieurs tests
il a été décidé de choisir le filtre avec une fréquence de coupure de 100 kHz. La figure suivante est une
comparaison entre un signal filtré et non filtré (cette démarche est vraie pour tous les capteurs ICP).
La figure ci-dessous montre l’effet du filtre sur le capteur A1 placé au centre de la paroi gauche de la
maquette ainsi que la comparaison entre le signal provenant d’un capteur 603B et d’un capteur 603C.
Figure III. 7 Capteur 603C non filtré vs capteur 603C filtré (en haut) / Comparaison entre le signal provenant d’un capteur 603B et
603C (en bas)
65
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Comme il est possible de le voir sur le graphe précédent (Fig. III.7 haut) le signal filtré est plus fin que
le signal brut. De plus, il est important de constater que le filtrage n’engendre pas de pertes majeures.
Les seules pertes constatables se trouvent sur les deux pics encerclés (Fig. III.7 haut). Malgré ces
pertes il a été décidé de garder ce filtre car les avantages apportés par le filtrage (signal de pression
plus fin donc plus facilement analysable) compensent les pertes minimes induites par le filtre.
De plus la Fig. III.7 bas, montre la différence entre le signal obtenu par un capteur 603B et un capteur
603C et comme il est possible de le voir, il y a peu de différence entre les deux signaux en ce qui
concerne les pics d’intérêt.
66
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Dans cette partie nous allons nous intéresser à plusieurs signaux de pression obtenus lors des
expérimentations afin d’expliciter les choix faits lors de l’analyse des données expérimentales mais
également ceux faits lors de l’établissement des corrélations numériques. La méthode
d’identification des pics est explicitée dans la suite de ce rapport.
Afin de ne pas surcharger de données cette analyse, l’étude est centrée plus particulièrement sur 6
capteurs, 5 placés sur les parois (A1, B2, C1, B3, D1) symbolisés par les cercles rouges et 1 placé
au sol (D4) symbolisé par les cercles verts en position P1 et P25 – Fig. III.8. Chacun de ces capteurs
a une position différente par rapport à la position de la charge explosive dans l’enceinte
expérimentale mais également une position différente sur les parois ce qui permettra d’avoir une
vue d’ensemble des signaux pouvant être obtenus dans la maquette. Afin de pouvoir comparer
l’évolution des réflexions au sein de la maquette, 3 positions de la matrice d’amorçage seront
étudiées (position P1, P13, P25, en vert sur la figure – Fig. III.8.). Ces positions d’amorçage ont
67
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
été choisies car elles se trouvent sur la diagonale de la matrice d’amorçage ce qui permet d’obtenir
un bon balayage des positions d’amorçage étudiées.
Pour rappel les capteurs placés dans les parois (A1, B2, C1, B3, D1) n’enregistrent que des
surpressions réfléchies alors que le premier pic enregistré par le capteur au sol (D4) est un pic
incident et c’est ce pic qui sert de référence afin de valider un tir.
De plus dans cette enceinte expérimentale, des réflexions de Mach de premier ordre sont possibles
conduisant à la création de réflexion et de pied de Mach. Les calculs ont été effectués à partir des
équations explicitées dans le paragraphe 1.7, sur l’ensemble des capteurs et pour l’ensemble des
positions d’amorçage (Voir Annexe 4). Il a été remarqué que quelle que soit la position d’amorçage
les capteurs situés dans la partie haute des parois latérales de la maquette (A2, A3, A8, B1, C1, C2,
C6 et C7) reçoivent des réflexions de Mach (la hauteur du pied de Mach allant de 9x10-5 à 0.18 m).
Cela implique que les sollicitations reçues dans la partie supérieure de la maquette sont d’autant
plus importantes. Enfin sur certaines positions d’amorçage, les capteurs centraux (A1, A6, B8, C5)
reçoivent également des pieds de Mach, néanmoins ils sont plus petits que ceux reçus par les
capteurs en hauteur (les hauteurs allant de 4.41 x10-5 à 0.05 m). Finalement, les capteurs placés en
bas des faces et sur le toit ne reçoivent pas de réflexion de Mach, ou les hauteurs des pieds sont
tellement petites qu’il n’est pas trivial de savoir si le régime associé est un régime de Mach ou un
régime transitoire.
- Capteur D4 :
Figure III. 9 Signaux de pression obtenus par le capteur D4 pour les positions d'amorçage P1, P13 et P25
68
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Le capteur D4 est placé au sol au niveau de la matrice d’amorçage. Le premier pic de surpression
enregistré par ce capteur est donc une surpression incidente. De plus ce capteur est utilisé comme
référence il permet ainsi de valider les tirs en les comparant au polynôme obtenu en champ libre et
présenté dans le chapitre II de ce mémoire. Ce capteur est mobile, lorsque l’amorceur se trouve entre
les positions P1 et P13 le capteur D4 est placé à la position P25 et lorsque l’amorceur se trouve entre
les positions P14 et P25 le capteur est placé à la position P1.
L’information importante donnée par ce capteur est la valeur de la surpression incidente que l’on a
comparée avec le polynôme du champ libre. Ici le polynôme en champ libre utilisé est celui mis en place
par Julien (2014) présenté dans le chapitre II de ce mémoire.
En effet, le polynôme mis en place au début de l’étude n’est pas valable pour des distances centre
explosion/capteur si petite, en effet la plage des distances réduites est de 2.86 ≤ Z (kg.m -1/3) ≤ 5.714.
La table suivante répertorie la comparaison entre les deux valeurs.
Valeur 1er pic de surpression Valeur surpression
Position d’amorçage P Ecart (%)
(bar) champ libre (bar)
P1 0.932 0.890 4.70 %
P13 2.968 3.022 1.78 %
P25 0.897 0.890 0.78 %
Table III. 5 Comparaison valeur confinée/ champ libre – Capteur D4
Ici il est possible de comparer les signaux enregistrés par le capteur D4 lorsque celui-ci est en position
P1 et P25. Le signal enregistré par D4 lorsqu’il est à la position P25 montre l’influence d’un angle
(constitué par les parois droite et arrière) sur le signal de pression. En effet la proximité de l’angle crée
un pic réfléchi (à t=0.6 ms – cercle rouge sur la figure III.9) qui n’apparait pas sur le signal de
surpression lorsque le capteur est en position P1.
69
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
- Capteur B2 :
Figure III. 10 Signaux de pression obtenus par le capteur B2 pour les positions d'amorçage P1, P13 et P25
Le capteur B2 est placé dans l’angle inférieur droit de la paroi droite (Fig III.8), ce qui implique qu’il
ne mesure que des surpressions réfléchies. Ici, comme précédemment, le premier pic réfléchi
correspond toujours à la surpression maximale ΔPmax (1.28 bar pour la position P1, 3.2 bar pour la
position P13 et 11.91 bar pour la position P25). Il est donc possible de conclure que la pression
maximale reçue par ce capteur est de 11.91 bar. Ici la surpression augmente avec la position
d’amorçage, ce qui est normal car plus on se rapproche de la position P25 plus la distance entre le
centre de l’explosion et le capteur diminue (Table III.6). A l’inverse, on observe une diminution logique
du temps d’arrivée des pics réfléchis. Comme précédemment, la surpression enregistrée par le capteur
à la position d’amorçage P25 est très élevée. Ici cela vient du fait que la distance entre centre
explosion/capteur est très faible. Cette faible distance se traduit également par une difficulté plus
élevée pour obtenir la valeur des pics de réflexion suivant le pic 1 (Fig III.10 - Zoom), elle entraine
également des vibrations visibles sur le signal. Une étude fréquentielle de ces vibrations n’a pas été
réalisée.
Pour notre étude, les pics réfléchis retenus sont les quatre premiers. Ici ils sont facilement identifiables
pour les positions P1 et P13 et plus difficilement pour la position P25. La table suivante présente les
temps d’arrivée des différents pics réfléchis en fonction de la position d’amorçage.
70
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
En ce qui concerne l’impulsion positive, dans le cas du capteur B2, la position d’amorçage influence la
valeur de l’impulsion positive calculée. En effet pour la position P1 elle est de 0.539 [Link]-1/3, pour
la position P13 elle est de 0.780 [Link]-1/3 et pour la position P25 elle est de 0.607 [Link]-1/3. La
diminution de l’impulsion calculée avec la position P25 peut être expliquée par le fait que les
surpressions réfléchies sont plus élevées mais leurs temps d’application sont beaucoup plus courts ce
qui réduit l’impulsion.
- Capteur D1
Figure III. 11 Signaux de pression obtenus par le capteur D1 pour les positions d'amorçage P1, P13 et P25
71
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Le capteur D1 placé dans l’angle inférieur gauche de la face avant de la maquette expérimentale
(Fig. III.8) ne mesure donc que des pressions réfléchies. Comme il est possible de le voir sur la figure
III.11, le premier pic réfléchi correspond à la surpression maximale ∆Pmax uniquement pour la
position d’amorçage P1, Pour les positions P13 et P25 la surpression maximale arrive plus
tardivement. Ceci est dû à la position du capteur dans l’enceinte. En effet, la position du capteur D1
dans un angle (constitué par les murs avant et gauche) fait qu’il reçoit beaucoup plus de réflexions que
les capteurs placés au centre des parois, c’est pourquoi la surpression maximale n’est pas atteinte au
premier pic réfléchi. Néanmoins, il est intéressant de remarquer que le premier pic réfléchi obtenu
lorsque l’amorçage est en P1 majore toutes les réflexions enregistrées par le capteur D1, il est donc
possible de conclure que la surpression maximale reçue par le capteur D1 est de 1.22 bar.
Le temps d’arrivée des premiers pics de réflexion augmente bien avec l’éloignement de la position
d’amorçage, cet effet a tendance à s’annuler sur les derniers pics, cela vient du fait des décélérations
dues aux chocs successifs entre les parois et l’onde de choc. Ici au vu des vibrations parasites, le choix
des pics réfléchis est plus complexe que dans certains cas. La table III.9 répertorie les pics de réflexions
retenus pour notre étude.
Pics P1 P13 P25
Pic 1 0.588 ms 0.874 ms 1.161 ms
Pic 2 0.844 ms 1.142 ms 1.435 ms
Pic 3 1.806 ms 2.916 ms 2.609 ms
Pic 4 3.033 ms 4.401 ms 2.925 ms
Table III. 9 Temps d'arrivée des pics réfléchis en fonction de la position d'amorçage – Capteur D1
En ce qui concerne l’impulsion positive, une fois encore la position d’amorçage n’a pas d’influence. En
effet, pour la position P {1} l’impulsion positive est de 0.827 [Link] -1/3, elle est de
0.917 [Link]-1/3 pour la position P {13} et enfin 0.857 [Link] -1/3 pour la position P {25}. Les
valeurs de l’impulsion positive sont élevées par rapport à celles calculées à partir des signaux
précédemment étudiés, ce qui montre encore une fois que les angles de la maquette sont des endroits
où il y a beaucoup d’interactions entre les ondes réfléchies et les parois. Ce phénomène amène à des
impulsions plus élevées.
72
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
- Capteur C1 :
Figure III. 12 Signaux de pression obtenus par le capteur C1 pour les positions d'amorçage P1, P13 et P25
Le capteur C1 est placé dans l’angle supérieur droit de la face arrière de la maquette expérimentale
(Fig. III.8) ce qui implique qu’il ne mesurera que des surpressions réfléchies. Comme on peut le
remarquer sur la figure III.12, le premier pic réfléchi correspond également à la surpression maximale
qui est enregistrée par le capteur C1 (0.822 bar pour la position P25, 0.761 bar pour la position P13 et
enfin 0.605 bar pour la position P1), ceci implique que la surpression maximale au niveau du capteur
C1 sera de 0.822 bar. De plus comme le montre la Table III.10, plus la distance centre de
l’explosion/capteur diminue plus les surpressions des pics réfléchis augmentent. Cette diminution de
distance s’accompagne également d’une diminution logique du temps d’arrivée des ondes réfléchies
(Table III.11). Ici, on remarque que le capteur semble avoir enregistré plus de réflexions que sur les
signaux précédents, cela vient du fait que ce capteur est placé dans un angle dans la partie supérieure
de la paroi du fond de la maquette.
La proximité du capteur avec 3 parois favorise les vibrations. Ce phénomène dépend beaucoup de la
position du capteur dans la maquette, en effet les capteurs B2 et D1 sont aussi placés dans un angle
mais près du sol et les signaux relevés par ces capteurs lorsque que l’amorceur est en position P1 ou
P13 sont beaucoup moins bruités par les vibrations.
73
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
En ce qui concerne l’impulsion positive, la position d’amorçage n’a que très peu d’influence sur celle-
ci. En effet, elle est de 0.602 [Link]-1/3 pour la position P1, 0.597 pour la position P13 et enfin
0.598 [Link]-1/3 pour la position P25. Ce résultat n’est pas surprenant car les signaux enregistrés
par le capteur C1 sont très proches pour les 3 positions. Néanmoins, les signaux montrent que des pics
réfléchis sont très proches de la surpression maximale ΔPmax. Ces pics ajoutés aux dépressions très
fortes pouvant être observées sur les signaux indiquent que la région de la maquette où est placée ce
capteur subit de très forte réflexions et donc que les parois sont plus contraintes mécaniquement.
Ces fortes dépressions peuvent être observées sur les capteurs placés dans les angles de la maquette.
Par exemple sur la figure III.11 représentant les signaux de surpressions enregistrés par le capteur D1
il est possible d’observer de fortes dépressions pouvant aller jusqu’à -0.38 bar. Il est également possible
de faire les mêmes observations sur la figure 3.12 représentant les signaux de surpressions enregistrés
par le capteur C1, des dépressions allant jusqu’à -0.3 bar sont observables. Enfin les signaux enregistrés
par le capteur B2 (figure III.10) confirment ce phénomène, ici se sont des dépressions allant jusqu’à
- 0.5 bar qui peuvent être observées. Comme expliqué précédemment ces dépressions sont liées aux
phénomènes complexes de recombinaisons et de réflexions apparaissant de manière importante aux
angles de la maquette. Julien (2014) avait fait des observations similaires lors de ses travaux de thèse.
En effet lors de ses expériences où il étudiait la réflexion des ondes de chocs consécutives à la
détonation d’une charge de propane/oxygène au sein d’une maquette à géométrie complexe celui-ci
avait relevé de très fortes dépressions en étudiant les signaux des capteurs de pressions placés proches
des angles de sa maquette.
Comme indiqué au début de cette étude (paragraphe 2.1), le capteur C1 reçoit des réflexions de Mach
de premier ordre. Ces réflexions ainsi que les phénomènes cités précédemment expliquent la forme des
signaux enregistrés par C1. Dans le cas des positions d’amorçages étudiées ci-dessus la hauteur du pied
de Mach (hm) atteignant C1 est de 0.017 m lorsque l’amorçage est en P1, 0.052 m lorsque l’amorçage
est en P15 et enfin est de 0.181 m lorsque l’amorçage est en P25.
74
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
- Capteur A1 :
Figure III. 13 Signaux de pression obtenus par le capteur A1 pour les positions d'amorçage P1, P13 et P25
Le capteur A1 est placé au centre de la paroi gauche (Fig 3.8.) ce qui implique qu’il ne mesure que des
surpressions réfléchies. La première information que nous apporte l’étude des signaux associés à ce
capteur est que le premier pic de réflexion enregistré par celui-ci correspondra toujours à la surpression
maximale ΔPmax et ce quelle que soit la position d’amorçage considérée. Ici, pour la position P1 la
surpression maximale est de 1 bar, pour la position P13 elle est de 0.6 bar et enfin elle est de 0.82 bar
pour la position P 25. Il est donc possible de conclure que la surpression maximale reçue par ce capteur
sera de 1 bar. Ceci s’explique par sa position par rapport à la matrice d’amorçage. En effet, la matrice
d’amorçage étant placée proche de la paroi opposée à ce capteur la position d’amorçage la plus proche
du capteur A1 est la position P1 (Table III.12).
On remarque également que le temps d’arrivée des premiers pics de réflexion augmente avec
l’éloignement de la position d’amorçage, cet effet à tendance à s’annuler sur les derniers pics. Ceci
s’explique par le fait des décélérations dues aux chocs successifs entre les parois et l’onde de choc. Une
augmentation de la surpression enregistrée est également observable à la position P25. L’amorceur est
placé proche d’un angle de la maquette ce qui implique que les réflexions sur la paroi droite sont plus
intenses, ce qui se répercute dans l’ensemble de l’enceinte.
75
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Pour notre étude, les pics réfléchis retenus sont les quatre premiers. La table suivante présente les
temps d’arrivée des différents pics réfléchis en fonction de la position d’amorçage P.
Pics P1 P13 P25
Pic 1 0.65 ms 0.85 ms 1.08 ms
Pic 2 1.41 ms 1.65 ms 1.94 ms
Pic 3 2.21 ms 3.50 ms 3.11 ms
Pic 4 3.19 ms 4.72 ms 4.61 ms
Table III. 13 Temps d'arrivée des pics réfléchis en fonction de la position d'amorçage – Capteur A1
Pour ce qui est de l’impulsion positive, au niveau de ce capteur la variation est faible. Pour la position
P1 l’impulsion positive est de 0.517 [Link]-1/3, pour la position P13 elle est de
0.489 [Link]-1/3 et enfin pour la position P25 elle est de 0.54 [Link]-1/3. Comme énoncé, la
position d’amorçage a peu d’influence sur la valeur de l’impulsion positive calculée à partir des signaux
enregistrés par le capteur A1.
- Capteur B3
Figure III. 14 Signaux de pression obtenus par le capteur B3 pour les positions d'amorçage P1, P13 et P25
76
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Le capteur B3 est placé au centre du toit (Fig III.8), ce qui implique qu’il ne mesure que des surpressions
réfléchies. En étudiant les signaux enregistrés par le capteur B3 on remarque que le premier pic réfléchi
ne correspond pas à la surpression maximale dans le cas de la position P1 et P13. Dans le cas de P1
c’est le dernier pic réfléchi enregistré qui correspond à la surpression maximale et on remarque qu’elle
est bien supérieure aux autres pics réfléchis (3.5 fois plus élevée que le pic apparaissant à 4 ms). Ce pic
provient de la recombinaison simultanée des 4 ondes de chocs réfléchies issues des faces du cube. C’est
pour cette raison que ce pic de surpression est uniquement présent pour la position d’amorçage au
centre de la maquette (P1). Comme pour les signaux précédents, on remarque que lorsque la distance
centre explosion/capteur augmente le temps d’arrivée des ondes réfléchies augmente également.
Pour notre étude, les pics réfléchis retenus sont les quatre premiers. Ici ils sont facilement identifiables.
La table suivante présente les temps d’arrivée des différents pics réfléchis en fonction de la position
d’amorçage.
Pics P1 P13 P25
Pic 1 1.018 ms 1.066 ms 1.113 ms
Pic 2 1.583 ms 1.369 ms 1.920 ms
Pic 3 2.956 ms 1.793 ms 3.133 ms
Pic 4 4.035 ms 2.857 ms 3.981 ms
Table III. 15 Temps d'arrivée des pics réfléchis en fonction de la position d'amorçage – Capteur B3
L’impulsion positive calculée aux positions P13 et P25 est approximativement la même
(0.635 [Link]-1/3 pour P13 et 0.643 [Link]-1/3 pour P25). Comme le montre la figure III.15 les
signaux enregistrés aux positions P13 et P25 sont globalement les mêmes ce qui signifie que les temps
d’application des ondes réfléchies sur le toit sont du même ordre de grandeur. Par contre, l’impulsion
calculée pour la position P1 est beaucoup plus élevée (1.27 [Link] -1/3), en raison du dernier pic de
réflexion créé via les réflexions simultanées se produisant sur les parois de l’enceinte.
77
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Comme on l’a vu dans la section précédente, suivant le capteur considéré ou la position d’amorçage
étudiée il est plus ou moins facile d’identifier les pics à considérer pour notre étude. C’est pourquoi, il
a été décidé d’automatiser le choix des pics via un programme écrit sous Matlab. En plus de ce
programme une re-vérification manuelle des résultats a été effectuée. Les critères de choix ont été
définis de manière précise afin de pouvoir mettre en place des corrélations les plus exactes possibles.
Celles-ci seront présentées à la suite de ce mémoire.
Quatre critères ont été utilisés dans le choix des pics de surpression basés entre autre sur leur hauteur
et espacement :
- Le premier critère est le nombre de pics réfléchis à considérer. Pour notre étude il a été choisi
de considérer 4 pics réfléchis d’intérêt.
- Le second critère retenu pour le choix des pics a été la surpression minimale à considérer. Une
surpression minimale d’intérêt de 0.10 bar a été retenue car elle correspond à une surpression
relevée en zone d’effet Z4 (arrêté du 20 avril 2007 et du 09 septembre 2005)
- Le troisième critère utilisé est l’espacement entre les pics de surpression. En effet, pour éviter
de considérer deux pics trop proches qui pourraient venir de la même réflexion ou d’une
vibration mécanique, une distance minimale entre deux pics de 0.5 µs a été définie.
- Le quatrième critère retenu est la proéminence minimale des pics. Si un pic n’est pas assez
proéminent celui-ci peut provenir de vibration mécanique ou de bruit numérique. Pour éviter
de considérer des pics qui n’ont pas de sens, une proéminence minimale pression de 0.1 bar a
été retenu.
La figure ci-dessous est un exemple de signal de surpression sur lequel a été appliqué le programme
Matlab de choix de pic. Il s’agit ici du capteur A1 lorsque l’amorceur est en P {1}.
Figure III. 15 Exemple de résultat donné par le programme de détection des pics
78
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
3. Corrélations expérimentales
3.1. Corrélation sur la surpression maximale
L’étude des signaux effectuée dans la section précédente a permis de mettre en lumière les particularités
des évolutions de surpression ΔP. Il semble plutôt difficile de prédire la surpression que l’on va obtenir.
En effet, du fait du confinement, les surpressions des pics réfléchis n’évoluent pas de manière triviale.
Ainsi, pour un capteur donné une faible surpression peut être obtenue alors qu’un capteur voisin pour
le même pic enregistre une surpression beaucoup plus importante et ce pour une même position
d’amorçage.
Dans un premier temps, il avait été choisi de mettre en place des lois prédictives permettant de déduire
la surpression en fonction du pic réfléchi étudié. Malheureusement, cela n’a pas abouti pour les raisons
évoquées ci-dessus. A titre d’exemple la figure suivante illustre la difficulté de trouver une loi de
comportement en considérant la méthode précédente. Pour cet exemple, sachant que les résultats sont
similaires pour chaque paroi et afin de facilité la lecture, il a été choisi de montrer les valeurs des
surpressions du 3ème pic de réflexion obtenues sur la paroi droite de la maquette.
Figure III. 16 Surpressions obtenues pour le 3ème pic de réflexion sur la paroi droite
La figure III.16 montre que les points expérimentaux sont très dispersés ce qui ne permet pas de
déterminer une loi de comportement permettant de rendre compte de l’évolution de la surpression.
C’est pourquoi après avoir reconsidéré les données et le besoin lié à une étude de sécurité, notre choix
c’est finalement porté sur l’étude de la surpression maximale.
79
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Ainsi, pour une position d’amorçage donnée, la surpression maximale ΔPmax appliquée sur chaque
paroi a été retenue. Ceci a permis d’avoir une cartographie globale de la surpression reçue par chacune
des parois de la maquette. De plus, choisir d’étudier la surpression maximale permet d’obtenir un
résultat majoré sur chaque paroi. En effet, pour chaque position d’amorçage, la valeur de la surpression
maximale de la paroi est retenue et non pas celle de chaque capteur, c’est pourquoi la loi prédictive sur
la surpression maximale est conservative.
Afin d’extrapoler au mieux les résultats, une régression via une fonction puissance d’ordre 2 a été
choisie avec la méthode des moindres carrés. Après avoir essayé différentes régressions, c’est la
fonction puissance d’ordre 2 qui donnait les meilleurs résultats, c’est pourquoi elle a été choisie. Cela
amène à la relation suivante :
L’écart moyen entre les données expérimentales et la corrélation est de 15%. Néanmoins, l’écart
maximum obtenu entre la corrélation et les points expérimentaux est de 53,8% (au niveau de la flèche
rouge). Cet écart s’explique par les phénomènes complexes mis en jeu par les réflexions au sein de la
maquette lors d’un tir. Par exemple, les points désignés par la flèche rouge (Fig. III.17) proviennent
des capteurs C6 et A3 qui sont placés dans les angles de la maquette et donc plus sujets aux réflexions
d’ondes complexes. Néanmoins, comme indiqué précédemment le coefficient de corrélation entre les
valeurs expérimentales et le modèle est bon.
Dans ce cas, l’écart type moyen entre les points expérimentaux est de 0.63 bar. L’écart type moyen
entre les points expérimentaux et la corrélation sur le ∆Pmax mise en place est de 0.553 bar. Ces écarts
types peuvent sembler élevés mais cela peut s’expliquer par le fait que la plage de données qui a été
80
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
étudiée est importante (l’écart en la valeur de ∆Pmax maximale et ∆Pmax minimale est de 11 bar).
Comme pour la surpression maximale, l’étude de l’impulsion totale a nécessité d’essayer différentes
approches avant de pouvoir trouver la bonne.
La première approche consistait à calculer, pour chaque position d’amorçage, l’impulsion maximale de
chaque paroi. Dans ce cas la distance à laquelle était calculée l’impulsion dépendait de la position du
capteur où était enregistrée l’impulsion maximale. Les résultats donnés par cette méthode étaient très
dispersés d’une part et ne permettaient pas d’avoir accès au chargement global de la paroi d’autre part
(donc les résultats n’étaient pas assez généralistes) c’est pourquoi cette méthode n’a pas été retenue.
La figure 3.18 suivante montre la dispersion des points obtenue par cette méthode.
La seconde approche envisagée, a été de calculer pour toutes les positions d’amorçage et pour une
paroi donnée, les impulsions pour chaque capteur puis de les sommer afin d’obtenir le chargement
global de la paroi. Ce chargement global était ensuite ramené au centre de la paroi ainsi la distance
à laquelle était calculée l’impulsion était toujours celle du capteur central de la paroi. Les résultats
obtenus par cette méthode étaient plus globaux qu’avec la méthode précédente mais ils n’étaient
encore une fois pas satisfaisants. La figure III.19 suivante illustre les résultats obtenus via cette
méthode.
81
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Figure III. 19 Résultats obtenus avec la seconde approche – évolution de l’impulsion vs la position d’amorçage
Enfin la méthode retenue a été la suivante. L’impulsion maximale a été calculée pour chaque paroi
notée Imax_face comme pour la première approche. Puis la valeur obtenue est divisée par
l’impulsion calculée à la même distance en champ libre (I_CL) grâce au polynôme champ libre, ce
qui a permis d’obtenir une valeur adimensionnelle. Cette valeur a ensuite été multipliée par la
tangente de l’angle α formé entre le centre de l’explosion et la paroi, afin de prendre en compte la
région d’impact de l’onde sur la paroi et de mieux localiser le chargement sur cette dernière.
Afin d’extrapoler au mieux les résultats une méthode de régression rationnelle d’ordre 1 avec la
méthode des moindres carrés a été utilisée conduisant à la relation suivante :
(28.6 Z 64.99)
I (3.7)
(Z 2.755)
Imax_face
Avec 2.86 ≤ Z (kg.m-1/3) ≤ 5.714 et I tan( )
I_CL
Imax_face et I_CL en [Link]-1/3
Le coefficient de corrélation r² pour cette corrélation est de 0.886, ce qui indique que le modèle
interprète bien les essais.
82
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Comme on peut le voir sur la figure III.21 malgré une bonne évolution des points expérimentaux ceux-
ci sont un peu dispersés c’est pourquoi il a été décidé de rajouter deux corrélations (une haute et une
basse) pour compléter la corrélation déjà établie. Comme pour la corrélation précédente (équation 3.7)
ces deux corrélations ont été obtenues grâce à une régression rationnelle d’ordre 1.
83
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Néanmoins dans ce cas particulier tous les points expérimentaux n’ont pas été considérés. En effet pour
établir la corrélation basse (équation 3.8) seules les valeurs les plus faibles de l’impulsion ont été
considérées. A l’inverse, pour établir la corrélation haute (équation 3.9) seules les valeurs les plus
élevées de l’impulsion ont été utilisées.
Les relations obtenues sont les suivantes :
- Corrélation basse :
(25.32 Z 60.12)
I (3.8)
(Z 2.773)
Avec comme coefficient de corrélation r² de 0.986.
- Corrélation haute :
(33.14 Z 74.17)
I (3.9)
(Z 2.727)
Avec 2.86 ≤ Z (kg.m-1/3) ≤ 5.714
Imax_face
I tan( ) avec Imax_face et I_CL en [Link]-1/3
I_CL
Avec comme coefficient de corrélation r² de 0.987.
L’écart entre la corrélation sur l’impulsion totale (courbe noire – Fig. III.21) et les corrélations basses
et hautes (courbe rouge et orange – Fig. III.21) est de 15%. De plus, l’écart maximum observé entre la
corrélation haute et une valeur expérimentale est de 16% (flèche rouge – Fig III.21) et l’écart maximum
entre la corrélation basse et une valeur expérimentale est de 13% (flèche orange). Ces écarts peuvent
paraitre importants, néanmoins il est déjà difficile de calculer l’impulsion en champ libre, alors avec les
signaux complexes obtenus en milieu confiné la tâche n’est pas plus simple.
Dans le cas de l’impulsion l’écart type moyen entre les points expérimentaux est de 12.42. L’écart type
entre la corrélation expérimentale médiane et les valeurs expérimentales est de 13.79. Ces écarts types
peuvent sembler élevés mais cela peut s’expliquer par le fait que la plage de données qui a été étudiée
est importante.
84
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
En ce qui concerne les temps d’arrivée il a été nécessaire de séparer les données en deux afin de pouvoir
les corréler. En effet, deux lois prédictives ont été établies, la première concerne le temps d’arrivée du
premier pic réfléchi quant à la seconde elle concerne le temps d’arrivée des pics réfléchis d’ordre 2 à 4.
Pour la première corrélation, les données se sont plutôt bien corrélées ce qui a permis d’obtenir une loi
de comportement. Comme le montre la figure III.22:
Figure III. 22 Corrélation sur le temps d'arrivée pour le premier pic réfléchi
Afin d’extrapoler au mieux les résultats une méthode de régression polynomiale d’ordre 2 avec la
méthode des moindres carrés a été utilisée ce qui amène à la relation suivante :
85
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
C’est pourquoi, la corrélation sur les temps d’arrivée des pics réfléchis d’ordre 2 et suivant est réalisée
en fonction du chemin réel parcouru par l’onde de choc dans la maquette. Ce chemin réel a été
déterminé grâce à la corrélation sur le temps d’arrivée déterminée en champ libre. Cette corrélation ne
prenant pas en compte les effets de décélération liés aux interactions onde/paroi propre aux milieux
confinés, la corrélation suivante est donc conservative sur la longueur des chemins calculés.
La figure III. 23 montre la corrélation obtenue pour les temps d’arrivée des pics réfléchis d’ordre 2, 3
et 4.
Figure III. 23 Corrélation sur le temps d'arrivée des pics de réflexion d'ordre 2 à 4
Afin d’extrapoler au mieux les résultats une méthode de régression polynomiale d’ordre 2 avec la
méthode des moindres carrés a été utilisée ce qui conduit à la relation suivante :
86
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Afin de valider, les corrélations expérimentales mises en place dans ce chapitre, il a été décidé de les
comparer avec des résultats disponibles dans la littérature ouverte. Ici, les résultats vont être comparés
à ceux obtenus par Edri et al. (2011), présentés dans l’état de l’art de ce mémoire. Les comparaisons
seront faites sur deux paramètres à savoir la surpression maximale ΔPmax et le temps d’arrivée du
premier pic. En effet, les temps d’arrivée des autres pics n’ont pas été étudiés par Edri et al. (2011).
Pour mémoire, la charge utilisée dans les travaux de Edri et al. (2011) est une charge parallélépipédique
allant de 0.5 à 4 kg de TNT placée au centre d’un local de 2.9 x 2.9 x 2.7m avec une ouverture jouant
le rôle d’évent. Les pressions sont mesurées sur l’une des parois.
En ce qui concerne la surpression maximale, la figure III.24 illustre la comparaison entre les valeurs
obtenues par Edri et al. (2011) et celle obtenues lors de cette étude.
Figure III. 24 Comparaison entre nos résultats expérimentaux et ceux de Edri et al. (2011) - ΔPmax
La figure III.24 montre une bonne corrélation entre nos valeurs expérimentales et celle de Edri et al.
(2011) pour la plage de surpressions étudiées lors des travaux présentés dans ce mémoire (jusqu’à 12.3
bar). Il est important de remarquer qu’Edri et al. (2011) a obtenu des surpressions plus élevées lors de
ses expériences. Cela peut être expliqué par deux facteurs.
Premièrement, la maquette à échelle réduite a été conçue grâce à une similitude géométrique et non
massique (similitude massique impossible à réaliser comme il a été expliqué en section 1.2 du présent
chapitre), c’est pourquoi nous ne pouvons pas obtenir des surpressions aussi élevées qu’Edri et al.
(2011).
87
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
Deuxièmement, les surpressions obtenues par Edri et al. (2011) sont à la limite de notre domaine et
sont donc difficilement atteignable à petite échelle sans détruire ou endommager non seulement la
maquette mais aussi le laboratoire. Sachant que cette étude se déroule dans une maquette considérée
comme non destructible, il n’était donc pas envisageable d’atteindre de telles surpressions.
Malgré tout, il est important de constater que ces points se situent dans le prolongement de la
corrélation mise en place, ce qui indique que les résultats obtenus par Edri et al. (2011) confirment les
résultats obtenus lors des expériences menées durant ce travail. De plus l’écart moyen entre notre
corrélation et les points expérimentaux obtenus par Edri et al. (2011) est de 18%.
La figure III.25 illustre la comparaison entre les temps d’arrivée du 1 er pic obtenus par Edri et al. (2011)
et les résultats expérimentaux obtenus lors de ce travail.
Figure III. 25 Comparaison entre nos résultats expérimentaux et ceux de Edri et al. (2011) - ta premier pic
Comme dans le cas de la surpression maximale, il est à remarquer que les résultats obtenus par Edri
et al. (2011) se situent en limite de notre domaine d’étude. Néanmoins, la figure III.25, montre qu’en
termes de temps d’arrivée du premier pic, il y a une bonne corrélation entre les résultats obtenus lors
de ces travaux de thèse et ceux d’Edri et al. (2011). L’écart moyen entre la corrélation et les points de
Edri et al. (2011) est de 13% environ. L’évolution des deux jeux de points expérimentaux est similaire.
Encore une fois, cela confirme la validité des expériences menées lors de nos travaux.
88
Chapitre III. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte élémentaire fermée
5. Conclusion
Les essais réalisés dans la maquette cubique ont permis de collecter un nombre important de données
expérimentales. Cette étape était nécessaire afin de pouvoir analyser les réflexions au sein de la
maquette et ainsi de mettre en place des corrélations expérimentales fiables et précises permettant de
caractériser le comportement de l’onde de choc dans la maquette.
De plus, ces essais ont également permis de déterminer la présence de réflexions de Mach de premier
ordre sur la partie haute de la maquette.
Compte tenu des phénomènes complexes et des réflexions se produisant lors de la détonation d’une
charge au sein de la maquette, il a été nécessaire de faire des choix afin de sélectionner les pics à étudier.
Ces choix se sont traduits par l’utilisation de 4 critères permettant de retenir ou non un pic réfléchi
pour notre étude. Ces critères sont le nombre de pics à étudier, la suppression minimale atteinte par le
pic, la distance entre deux pics et enfin la hauteur minimale du pic. Une fois ces critères définis, l’analyse
des pics réfléchis a pu être effectuée.
Grâce à l’étude des pics réfléchis 4 corrélations expérimentales ont été mises en place. La première
permet d’étudier la surpression maximale ∆Pmax en fonction de la distance réduite. La seconde permet
d’étudier l’impulsion I en fonction de la distance réduite. Du fait de la difficulté rencontrée pour obtenir
une loi de comportement correcte sur l’impulsion il a été décidé de compléter la corrélation mise en
place par deux autres. Ces deux autres corrélations viennent envelopper la corrélation principale
permettant ainsi d’obtenir une étude plus fine de l’impulsion. Enfin les deux dernières corrélations
établies s’intéressent au temps d’arrivée. Comme pour l’impulsion la difficulté liée à la prédiction du
temps d’arrivée a contraint à la création de deux corrélations, une pour étudier le temps d’arrivée du
premier pic et une seconde permettant d’étudier les temps d’arrivée des pics 2 à 4.
Enfin la comparaison faite entre les résultats de la littérature à grande échelle (de 0.5 à 4kg de TNT)
et les résultats obtenus lors de ce travail à petite échelle, montre une bonne corrélation entre les deux
jeux de valeurs expérimentales ce qui semble valider les résultats obtenus lors de nos essais et
également les corrélations déterminées.
89
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
Chapitre IV : Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée. .............. 90
1. Dispositif expérimental .............................................................................................................................. 91
1.1. Description générale ......................................................................................................................... 91
1.2. Configurations étudiées .................................................................................................................... 94
1.2.1. Configuration 1 .......................................................................................................................... 94
1.2.2. Configuration 2 .......................................................................................................................... 95
1.2.3. Configuration 3 .......................................................................................................................... 96
1.2.4. Configuration 4 .......................................................................................................................... 97
1.2.5. Configuration 5 .......................................................................................................................... 98
2. Configuration de référence ...................................................................................................................... 100
3. Influence de la taille de l’évent ............................................................................................................... 101
3.1. Capteurs au sol à l’intérieur de l’enceinte ................................................................................... 101
3.2. Capteurs dans la paroi 1 ................................................................................................................. 105
4. Influence de la position de l’évent ......................................................................................................... 107
4.1. Capteurs au sol à l’intérieur de l’enceinte ................................................................................... 107
4.2. Capteurs dans la paroi 1 ................................................................................................................. 111
4.3. Etude de l’atténuation ..................................................................................................................... 113
5. Conclusion ................................................................................................................................................... 116
90
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
1. Dispositif expérimental
1.1. Description générale
Lors des essais en milieu confiné, une maquette modulaire basée sur celle de Julien (2014) lors de ses
travaux de thèse a été utilisée. Les capteurs employés lors de cette étude sont les mêmes que ceux qui
ayant servi en champ libre. La position des capteurs a été modifiée et certains sont fixés dans un des
murs de la maquette. Lors de ces essais 5 configurations de maquette ont été étudiées ainsi que 3 types
d’évent (grand évent, petit évent, sans évent).
La figure suivante (figure IV.1) présente la maquette expérimentale utilisée avec ses dimensions et la
section suivante présente la maquette dans chacune de ces configurations.
Mur accueillant
les capteurs
Paroi 3
Paroi 4
Lors de cette étude le centre de l’explosion est fixe contrairement à l’étude précédente. Le centre de
la charge se trouve à 0.30 m de la paroi 1 et à 0.459 m de la paroi 4. De plus lors de cette étude, trois
richesses (pauvre, stœchiométrique et riche) de mélange propane/oxygène sont considérées (table
II.3).
Les quatre capteurs B, C, D, O qui étaient auparavant au sol (figure 2.1) sont maintenant placés dans
la paroi 1. Cette nouvelle configuration permet d’obtenir des signaux de surpression réfléchie en plus
de signaux incidents. La figure IV.2 ainsi que la table IV.1 montrent les nouvelles coordonnées de ces
quatre capteurs.
Capteur B C D O
Xi (m) 0.300 0.433 0.695 0.436
α i (°) 21.800 15.850 9.880 15.390
h (m) 0.120 0.123 0.121 0.120
Ri (m) 0.323 0.450 0.705 0.452
91
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
De plus, comme indiqué précédemment la maquette utilisée est une maquette modulaire avec une paroi
mobile. Cette paroi mobile permet de séparer la maquette en deux parties (un local donneur et un local
receveur). Cette paroi peut être pourvue d’un évent de différente taille ou être pleine. La table IV.2,
présente les différentes configurations de la paroi mobile.
Mur plein (A0) Mur avec petit évent (A6) Mur avec grand évent (A25)
l
d d
e
L e e
f f
a b c
a b c
L = 0.240 m
l = 0.510 m a = c = 0.191 m a = c = 0.128 m
e = 0.040 m b = 0.128 m b = 0.254 m
d = f = 0.09 m d = f = 0.06 m
e = 0.06 m e = 0.12 m
Surface du mur : Surface d’évent : Surface d’évent :
0.24 x 0.51 = 0.1224 m² 0.128 x 0.06 = 0.00768m2 0.254 x 0.12= 0.0305 m2
Contrairement à l’étude menée dans l’enceinte fermée élémentaire, ici les capteurs utilisés ont été
exclusivement des capteurs Kistler® 603B couplés avec un amplificateur externe 5011 de marque
Kistler®. Ces amplificateurs sont ensuite reliés à la centrale d’acquisition Dewetron® afin de pouvoir
enregistrer les signaux de pression relevés par les capteurs. Cette configuration est équivalente à celle
utilisée lors de l’étude en champ libre (voir chapitre II).
Comme depuis le début de ce mémoire, dans cette étude, les paramètres de l’onde de choc sont exprimés
en fonction de la distance réduite 𝑍 = 𝑅 × 𝑀−1⁄3 ([Link]-1/3) où R est la distance entre le centre de la
charge et le point d’intérêt et M, la masse de la charge. En champ libre, le calcul de la distance R est
direct vu qu’il n’y a pas d’obstacle. En milieu confiné, du fait des obstacles il est nécessaire de
déterminer le plus court chemin parcouru par l’onde de choc pour atteindre le capteur. Cette donnée
permettra d’avoir accès aux nouveaux jeux de distances réduites correspondant à la configuration
étudiée (voir section suivante). Ce plus court chemin est alors noté R conf et la distance réduite associée
est calculée à partir de 𝑍𝑐𝑜𝑛𝑓 = 𝑅𝑐𝑜𝑛𝑓 × 𝑀−1⁄3 .
92
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
La figure IV.3 illustre un exemple de calcul du plus court chemin pour une onde passant au travers
d’un évent. Comme il est possible de le voir sur la figure, le calcul du plus court chemin est réalisé par
projection orthogonale entre le centre de l’explosion et le capteur considéré.
Vue de côté
Vue de dessus
Figure IV. 3 Exemple d'un plus court chemin par projection orthogonale pour un capteur au sol et dans une paroi
93
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
Dans les figures suivantes (4.3 à 4.7) la paroi mobile est représentée en gris.
Configuration 1
1.2.1. Configuration 1
Distances en m
Capteurs
Rconf – A25 Rconf – A6 Rconf – A0
A 0.152 0.152 0.152
B 0.322 0.322 0.322
C 0.458 0.458 0.458
D 0.717 0.717 0.717
E / / /
F 0.747 0.747 0.747
G 0.641 0.641 0.641
H 0.434 0.434 0.434
0.30 m 0.459 m I 0.327 0.327 0.327
0.21 m
J 0.145 0.145 0.145
K 0.232 0.232 0.232
L 0.339 0.339 0.339
M 0.709 0.725 /
Figure IV. 4 Configuration 1
N 0.693 0.703 /
O 0.454 0.454 0.454
Table IV. 3 Distance capteur/centre de la charge - configuration 1
Lorsque la maquette est en configuration 1 la paroi mobile est placée à l’endroit de la paroi 4. Dans
cette configuration la plupart des capteurs sont positionnés dans le local donneur (local où est disposée
la charge) et sont donc en vue directe de la charge. Dans cette configuration la paroi mobile est à
0.459 m du centre de l’explosion.
Trois capteurs sont à l’extérieur de l’enceinte. Le capteur E étant derrière une paroi pleine il
n’enregistrera aucun signal. Les capteurs M et N enregistreront un signal lorsque la paroi mobile sera
en configuration petit et grand évent (A9 et A25) mais ne seront jamais en vue directe de la charge.
La table IV.3 récapitule les différentes distances entre le centre de la charge et le centre des capteurs.
94
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
1.2.2. Configuration 2
Configuration 2
Distances en m
Capteurs
Rconf – A25 Rconf – A6 Rconf – A0
A 0.152 0.152 0.152
B 0.322 0.322 0.322
C 0.458 0.458 0.458
D 0.717 0.717 0.717
E / / /
F 0.747 0.747 0.747
0.144 m
G 0.641 0.641 0.641
H 0.434 0.434 0.434 0.30 m
0.21 m
I 0.327 0.327 0.327
J 0.145 0.145 0.145
K 0.319 0.350 /
L 0.365 0.392 /
Figure IV. 5 Configuration 2
M / / /
N / / /
O 0.478 0.492 /
Lorsque la maquette est en position 2, la paroi mobile est positionnée à 0.144 m du centre de l’explosion
(paroi grise sur la figure 4.4). Le local receveur se trouve entre la paroi mobile et la paroi 4, le local
donneur se trouve entre la paroi mobile et la paroi 2.
Dans cette configuration trois capteurs sont positionnés hors de la maquette et n’enregistreront donc
aucun signal (capteurs E, M, N), trois capteurs se trouvent dans le local receveur (capteurs K, L, O) et
ne sont donc pas en vue directe de la charge. Enfin le reste des capteurs se trouve dans le local donneur
et ils sont donc en vue directe de la charge.
La table IV.4 récapitule les différentes distances entre le centre de la charge et le centre des capteurs.
95
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
1.2.3. Configuration 3
Configuration 3
Distances en m
Capteurs
Rconf – A25 Rconf – A6 Rconf – A0
A 0.152 0.152 0.152
B 0.322 0.322 0.322
C 0.472 0.493 /
D 0.748 0.767 /
0.135 m
E / / /
F 0.774 0.792 /
0.30 m
G 0.665 0.684 /
0.21 m
H 0.468 0.491 /
I 0.362 0.389 /
J 0.145 0.145 0.145
K 0.232 0.232 0.232
Figure IV. 6 Configuration 3
L 0.339 0.339 0.339
M / / /
N / / /
O 0.454 0.454 0.454
Table IV. 5 Distance capteur/centre de la charge - configuration 3
En configuration 3, la paroi mobile est à 0.135 m du centre de l’explosion. Le local donneur se trouve
entre la paroi 4 et la paroi mobile, le local receveur quant à lui se trouve entre la paroi mobile et la
paroi 2.
Dans cette configuration 6 capteurs (C, D, F, G, H, I) sont placés dans le local receveur, ils ne sont
donc pas en vue directe de la charge. Trois capteurs (M, N, E) sont en dehors de la maquette ce qui
implique qu’ils n’enregistreront aucun signal. Enfin le reste des capteurs se trouve dans le local
donneur, ils sont en vue directe de la charge.
La table IV.5 récapitule les différentes distances entre le centre de la charge et le centre des capteurs.
96
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
1.2.4. Configuration 4
Configuration 4
Capteurs Distances en m
Rconf – A25 Rconf – A6 Rconf – A0
A 0.152 0.152 0.152
B 0.322 0.322 0.322
C 0.458 0.458 0.458
D 0.747 0.776 /
0.450 m
E / / /
F 0.774 0.779 /
G 0.664 0.682 /
0.30 m
H 0.434 0.434 0.434
0.21 m
I 0.327 0.327 0.327
J 0.145 0.145 0.145
K 0.232 0.232 0.232
L 0.339 0.339 0.339
Figure IV. 7 Configuration 4
M / / /
N / / /
O 0.454 0.454 0.454
En configuration 4, la paroi mobile est à 0.450 m du centre de l’explosion. Le local donneur se trouve
entre la paroi 4 et la paroi mobile, le local receveur quant à lui se trouve entre la paroi mobile et la
paroi 2.
Dans cette configuration, 3 capteurs (D, F, G) sont placés dans le local receveur ils ne sont donc pas
en vue directe de la charge. Trois capteurs (M, N, E) sont en dehors de la maquette ce qui implique
qu’ils n’enregistreront aucun signal. Enfin le reste des capteurs se trouve dans le local donneur, ils sont
en vue directe de la charge.
La table IV.5 récapitule les différentes distances entre le centre de la charge et le centre des capteurs.
97
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
1.2.5. Configuration 5
Configuration 5
Distances en m
Capteurs
Rconf – A25 Rconf – A6 Rconf – A0
A 0.152 0.152 0.152
B 0.322 0.322 0.322
0.773 m
C 0.458 0.458 0.458
D 0.171 0.717 0.717
E 0.953 0.971 /
F 0.747 0.747 0.747
Lorsque la maquette est en configuration 5 la paroi mobile est placée à l’endroit de la paroi 2. Dans
cette configuration la plupart des capteurs sont positionnés dans le local donneur et sont donc en vue
directe de la charge. Dans cette configuration la paroi mobile est à 0.773 m du centre de l’explosion.
Trois capteurs sont à l’extérieur de l’enceinte. Les capteurs M et N étant derrière une paroi pleine ils
n’enregistreront aucun signal. Le capteur E enregistrera un signal lorsque la paroi mobile sera en
configuration petit et grand évent (A9 et A25) mais ne sera jamais en vue directe de la charge.
Cette configuration est en quelque sorte la configuration miroir de la configuration 1 excepté que
l’évent est plus loin du centre de la charge.
La table IV.7 récapitule les différentes distances entre le centre de la charge et le centre des capteurs.
98
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
Sur les figures présentées dans les paragraphes qui vont suivre la notation suivante a été adoptée :
Gi_Pj_Ak_R0_l_m
G = gauge i = A, B, C … N
FF correspond au champ libre
P1 : configuration 1
P2 : configuration 2
P = position de la paroi amovible
P3 : configuration 3
P4 : configuration 4
P5 : configuration 5
k = 0 : pas d'évent
A = surface d'évent k = 6 : ouverture de 9.41%
k = 25 : ouverture de 25%
R0 = rayon de la charge gazeuse l = 48 : R0 = 0,048 m
m = p : mélange pauvre
Richesse du mélange m = s : mélange stœchiométrique
m = r : mélange riche
Table IV. 8 Nomenclature explicative de la notation utilisée
99
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
2. Configuration de référence
P1_A0_R0_48_p_sol_P P1_A0_R0_48_s_sol_P
10 P1_A0_R0_48_r_sol_P P5_A0_R0_48_p_sol_P 0,025
P5_A0_R0_48_s_sol_P P5_A0_R0_48_r_sol_P
P1_A0_R0_48_p_sol_ta P1_A0_R0_48_s_sol_ta
P1_A0_R0_48_r_sol_ta P5_A0_R0_48_p_sol_ta
P5_A0_R0_48_s_sol_ta P5_A0_R0_48_r_sol_ta
0,02
Surpression ΔP (bar)
0,01
0,005
0,1 0
1,0 10,0
Distance réduite Z (kg.m-1/3)
Figure IV. 9 Surpression et temps d'arrivée relevés par les capteurs au sol – configuration 1 et 5
Comme il est possible de le voir sur la figure IV.9, pour chaque richesse les surpressions incidentes
ainsi que les temps d’arrivée des ondes de choc sont reproductibles ce qui indique que la richesse n’a
pas d’influence en milieu confiné. Ceci confirme ce qui est a été vu en champ libre et c’est pourquoi il
est décidé de poursuivre l’étude uniquement avec la charge de gaz-propane oxygène en proportions
stœchiométriques.
100
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
Pour étudier la taille de l’évent, il a été choisi de fixer la maquette dans une configuration donnée et
d’étudier les signaux enregistrés par plusieurs capteurs. Ces capteurs seront divisés en deux parties.
Tout d’abord certains capteurs seront dans le local donneur (là où se produit l’explosion) et le reste
des capteurs se trouvera dans le local receveur (local à côté du local donneur). Enfin l’étude se déroulera
en deux temps, tout d’abord elle portera sur les capteurs au sol et ensuite elle portera sur les capteurs
placés dans les parois.
La maquette sera placée en configuration n°3 (voir figure IV.6) et les capteurs qui vont être étudiés
sont les capteurs I, J, K, F, D et O. Dans ces capteurs, deux sont au sol dans le local donneur (capteur
J et K), deux sont au sol dans le local receveur (capteur I et F), un est au mur dans le local donneur
(capteur O) et un est au mur dans le local receveur (capteur D). Les signaux de pression présentés dans
les sections suivantes ont été enregistrés sur un temps de 6 ms avec une fréquence d'acquisition de 1
Mhz.
Après calculs, il a été déterminé que les réflexions se produisant dans l’enceinte sont exclusivement
des réflexions obliques ou droites. En effet, l’apparition de réflexion de Mach n’est pas possible dans
cette enceinte du fait des angles d’incidence trop petit. Ceux-ci allant de 10° à 22° ce qui est bien en
deçà de l’angle limite d’apparition de la réflexion de Mach qui est de 39.95° environ.
- Capteur I
Le capteur I est placé au sol dans le local receveur juste derrière l’évent (0.145 m). Ce dernier n’est
donc pas en vue directe de la charge mais il est en face de l’évent.
La figure IV.10 montre les signaux de pression enregistrés par le capteur I pour les 3 tailles d’évent
étudiées (grand évent, petit évent, mur plein).
0,5
GI_P3_A25_R0_48
GI_P3_A6_R0_48
0,4 GI_P3_A0_R0_48
0,3
Surpression (bar)
0,2
0,1
-0,1
-0,2
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 10 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge R0 de 0.048 m - Capteur I
101
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
La figure IV.10 montre que la taille de l’évent influence beaucoup le premier pic de surpression
enregistré par le capteur I. En effet, lorsque le grand évent est mis en place, la surpression incidente
s’élève à 0.30 bar au bout de 0.697 ms. Le petit évent permet de réduire cette surpression à 0.18 bar et
de ralentir son apparition à 0.859 ms. Lorsque la paroi pleine est installée le signal de surpression est
bien évidement totalement atténué.
Le petit évent permet également de réduire la surpression maximale reçue par le capteur I. Avec le
grand évent la surpression maximale enregistrée est de 0.38 bar et est atteinte à t = 1.341 ms alors
qu’avec le petit évent la surpression maximale est de 0.19 bar et est atteinte au même instant. Le petit
évent permet également d’atténuer globalement le signal de surpression enregistré par le capteur I ce
qui a également pour effet de diminuer l’impulsion calculée à ce point. Avec le grand évent l’impulsion
réduite totale est de 4.12 [Link]-1/3 alors qu’avec le petit évent elle est de 2.73 [Link]-1/3.
Le taux d’énergie transmise dans le local receveur augmente avec la taille de l’évent et l’onde de choc
va se réfléchir sur le mur d’en face engendrant ainsi des surpressions réfléchies importantes.
- Capteur F
Le capteur F est placé au sol dans le local de receveur. Contrairement au capteur I, celui-ci est placé
proche d’un angle et loin de l’évent (0.725 m). Ce dernier n’est pas en vue directe de la charge.
0,5
GF_P3_A25_R0_48
GF_P3_A6_R0_48
GF_P3_A0_R0_48
0,4
0,3
Surpression (bar)
0,2
0,1
-0,1
-0,2
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 11 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge gazeuse R0 de 0.048 m - capteur F
102
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
La figure IV.11 montre que comme pour le capteur I, la taille de l’évent a beaucoup d’influence sur la
propagation de l’onde de choc et sur la surpression enregistrée par le capteur F.
La réduction de la taille de l’évent a permis de réduire la surpression maximale mais également de
ralentir la propagation de l’onde de choc. En effet, derrière le grand évent la surpression incidente est
de 0.091 bar à t = 1.813 ms et derrière le petit évent la surpression incidente diminue à 0.04 bar à
t =1.91 ms ce qui représente une atténuation d’environ 40 %. Pour ce qui est de la surpression maximale
elle passe de 0.30 bar à 0.17 bar ce qui représente également une diminution de 40%. Il est important
de remarquer que comme le capteur F est proche d’un angle de la maquette les signaux de surpression
présentent de plus grands pics réfléchis (en comparaison du capteur I). Ces fortes réflexions sont
dangereuses et même si le changement de taille d’évent les atténue, il est possible de remarquer que
les impulsions des signaux sont encore élevées. En effet pour le grand évent l’impulsion réduite calculée
au capteur F est de 3.64 [Link]-1/3, lorsque le petit évent est installé l’impulsion est de
2 [Link]-1/3.
La réflexion est d’autant plus importante que la surface d’évent est grande donc que l’énergie transmise
dans le local receveur est grande. L’onde débouchant dans le local receveur impacte directement le mur
d’en face mais aussi les parois latérales. Il s’ensuit alors la coalescence de plusieurs réflexions.
- Capteur J
2,5
CJ_P3_A25_R0_48
CJ_P3_A6_R0_48
CJ_P3_A0_R0_48
2
1,5
Surpression (bar)
0,5
-0,5
-1
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 12 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge gazeuse R0 de 0.048 m - capteur J
La figure IV.12 montre que la taille de l’évent n’a que peu d’influence sur la surpression enregistrée
par le capteur J. En effet, quel que soit l’évent mis en place les surpressions incidente et maximale
restent globalement les mêmes. Il est intéressant de noter que le petit évent et la paroi pleine diminuent
la surpression de deux pics réfléchis (flèche orange). Pour ce qui est des impulsions réduites elles sont
également très proches, 9.5 [Link]-1/3 pour le grand évent, 10.8 [Link]-1/3 pour le petit évent et
enfin 10.3 [Link]-1/3 pour la paroi pleine.
103
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
Cette absence de différence notable entre les signaux vient du fait que le capteur J est placé dans le
local donneur, le capteur J est donc en vue directe de la charge et n’est pas protégé par l’évent.
- Capteur K
1
GK_P3_A25_R0_48
GK_P3_A6_R0_48
GK_P3_A0_R0_48
0,8
0,6
Surpression (bar)
0,4
0,2
-0,2
-0,4
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 13 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge gazeuse R0 de 0.048m - Capteur K
La figure IV.13, montre que comme pour le capteur J, la taille de l’évent n’a que peu d’influence sur la
propagation de l’onde de choc. Une fois encore les pressions maximale et incidente gardent la même
valeur quel que soit l’évent mis en place. Les impulsions réduites sont également peu affectées par ce
changement, la valeur de l’impulsion totale réduite est de 6.23 [Link] -1/3 avec le grand évent, elle
est de 6.52 [Link]-1/3 avec le petit évent et de 7.12 [Link]-1/3 avec la paroi pleine. Comme indiqué
précédemment cela vient du fait que ce capteur est dans le local donneur et donc en vue directe de la
charge.
104
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
- Capteur D
Le capteur D est placé dans le local receveur, c’est-à-dire qu’il n’est pas en vue directe de la charge et
est protégé par l’évent. De plus, le capteur D étant dans la paroi 1 celui-ci enregistre uniquement des
surpressions réfléchies.
0,35
GD_P3_A25_R0_48
0,3 GD_P3_A6_R0_48
GD_P3_A0_R0_48
0,25
0,2
0,15
Surpression (bar)
0,1
0,05
-0,05
-0,1
-0,15
-0,2
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 14 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge gazeuse R0 de 0.048 m - Capteur D
La figure IV.14 illustre de nouveau très bien le phénomène d’atténuation engendré par la diminution
de la surface d’évent. Le changement de taille d’évent a permis d’atténuer l’ensemble du signal de
surpression enregistré par le capteur D sur le mur. La diminution de la surface d’évent a aussi pour
effet de ralentir l’onde de choc. Ici le changement d’évent (passage du petit au grand évent) permet de
réduire la surpression incidente de 40% et la surpression maximale de 60% (au niveau de la flèche
verte). Néanmoins, l’utilisation du petit évent permet une apparition plus précoce de la surpression
maximale. En effet lorsque la paroi avec le grand évent est installée elle apparait à t = 5.707 ms (flèche
verte) alors qu’avec le petit évent elle apparait à t = 3.351 ms (flèche noire). Le petit évent permet
néanmoins une diminution de la surpression maximale d’environ 20% par rapport au grand évent
(lorsque l’on compare les deux pics désignés par la flèche noire). En ce qui concerne l’impulsion totale,
le changement d’évent permet également de la diminuer. Lorsque le grand évent est installé l’impulsion
totale réduite est de 3.91 [Link]-1/3 contre 2.41 [Link]-1/3 pour le petit évent.
105
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
- Capteur O :
Le capteur O est placé dans le local donneur, c’est-à-dire qu’il est en vue directe de la charge donc non
protégé par l’évent. De plus, le capteur O étant placé dans la paroi celui-ci n’enregistrera que des
surpressions réfléchies.
0,8
GO_P3_A25_R0_48
0,7 GO_P3_A6_R0_48
GO_P3_A0_R0_48
0,6
0,5
0,4
Surpression (bar)
0,3
0,2
0,1
-0,1
-0,2
-0,3
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 15 Influence de la taille de l'évent sur la surpression pour une charge gazeuse R0 de 0.048 m - Capteur O
La figure IV.15, confirme ce qui a été vu avec les capteurs J et K. En effet lorsque le capteur est dans
le local donneur, la taille de l’évent n’a que peu d’influence sur le signal de surpression au niveau du
capteur O. Néanmoins, lorsque la paroi pleine est installée, elle amplifie un pic de surpression déjà
présent lors de l’utilisation du petit et du grand évent. A t = 1.649 ms, avec la paroi sans évent
l’augmentation de ce pic est de 17% par rapport aux signaux avec évent (flèche noire) ce qui amène une
augmentation de la surpression maximale enregistrée par le capteur O. En ce qui concerne l’impulsion
totale réduite l’effet de l’évent est plus notable, lorsque le grand évent est installé elle est de
5.87 [Link]-1/3, avec le petit évent elle est de 6.14 [Link] -1/3 et avec la paroi pleine elle est de
6.57 [Link]-1/3.
106
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
Dans cette partie la maquette peut être dans toutes les configurations possibles. Afin de ne pas
surcharger le mémoire seul le grand évent sera étudié ici. L’intérêt est de visualiser l’influence de la
position de l’évent sur la propagation de l’onde de choc. Pour cela l’étude des capteurs va être divisée
en deux. Tout d’abord elle portera sur les capteurs au sol à l’intérieur de l’enceinte, puis sur les capteurs
dans la paroi 1. Les capteurs étudiés seront les mêmes que précédemment à savoir les capteurs I, J, K,
F, D et O.
C’est lorsque la maquette est en configuration 1 et 5 que le volume de l’enceinte est le plus grand, c’est
pourquoi ces deux configurations sont considérées comme des configurations de référence et donc
l’influence de la position de l’évent se fera par rapport à ces configurations.
- Capteur I
Suivant la configuration de la maquette, le capteur I peut se trouver dans le local donneur ou dans le
local receveur. Lorsque la maquette est en configuration 1, 2, 4 ou 5 le capteur I se trouve dans le local
donneur alors que lorsque la maquette est en position 3 le capteur I se trouve dans le local receveur.
La figure IV. 16 illustre les signaux de surpression enregistrés par le capteur I lorsque la position de
l’évent est mobile.
1
GI_P1_A25_R0_48
GI_P2_A25_R0_48
GI_P3_A25_R0_48
GI_P4_A25_R0_48
0,8 GI_P5_A25_R0_48
0,6
Surpression (bar)
0,4
0,2
-0,2
-0,4
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 16 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur I
107
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
L’étude des signaux obtenus par le capteur I montre plusieurs comportements intéressants. Tout
d’abord lorsque le capteur est dans le local donneur la position de l’évent n’a aucune influence sur le
pic incident (sur les signaux obtenus pour les configurations 1, 2, 4 et 5 la valeur du pic incident est la
même). La surpression maximale est atteinte pour les configurations 1, 2, 4 et 5 et est d’environ
0.82 bar, l’influence de la position de l’évent peut s’observer sur celle-ci, en effet la configuration 4
permet l’apparition de la surpression maximale beaucoup plus tôt.
Lorsque l’évent est en configuration 3, celui-ci a une influence sur le pic incident. Cela est tout à fait
normal car lorsque l’évent est en position 3 le capteur I se trouve dans l’ombre de l’évent ce qui a pour
effet d’atténuer et de retarder le signal de surpression. Dans cette configuration la surpression du pic
incident est de 0.281 bar (contre 0.484 bar dans les autres configurations) et le temps d’arrivée est de
0.70 ms (contre 0.55 ms dans les autres cas). Enfin la configuration 3 permet d’atténuer les pics réfléchis
provenant des parois 2 (flèche verte) et 4 (flèche noire).
- Capteur F
0,6
GF_P1_A25_R0_48
GF_P2_A25_R0_48
0,5 GF_P3_A25_R0_48
GF_P4_A25_R0_48
GF_P5_A25_R0_48
0,4
0,3
Surpression (bar)
0,2
0,1
-0,1
-0,2
-0,3
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 17 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur F
En ce qui concerne le capteur F, la position de la paroi mobile influence le comportement des ondes de
choc. La première chose à remarquer sur les signaux enregistrés par le capteur F est que pour ce
capteur la configuration critique est la configuration 2. C’est pour cette configuration que la
surpression maximale est atteinte et est de 0.528 bar. Les configurations 3 et 4 atténuent et ralentissent
la surpression incidente par rapport aux autres configurations étudiées. En position 3, la surpression
diminue de ¼ et est retardée de 0.096 ms, en configuration 4 la surpression incidente est divisée par 2
et est retardée de 0.088 ms. Lorsque l’évent est en position 3 ou 4, l’évent a donc un effet protecteur ce
qui permet de réduire la partie négative du signal de surpression. Néanmoins il est important de noter
que lorsque la paroi est en position 3, l’évent amplifie un pic se réfléchissant sur la paroi mobile (flèche
noire).
108
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
- Capteur J
2,5
GJ_P1_A25_R0_48
GJ_P2_A25_R0_48
GJ_P3_A25_R0_48
2 GJ_P4_A25_R0_48
GJ_P5_A25_R0_48
1,5
Surpression (bar)
0,5
-0,5
-1
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 18 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur J
La position de l’évent n’a que peu d’influence sur les signaux de surpressions enregistrés par le capteur
J. Cela vient du fait que ce capteur est toujours dans le local donneur. En effet quelle que soit la position
de l’évent la surpression incidente ainsi que la surpression maximale reste la même. Néanmoins lorsque
la maquette est en configuration 3, il est intéressant de constater que de la paroi mobile amplifie les
pics réfléchis existants. Le premier pic amplifié par la paroi mobile lorsque celle-ci est en configuration
3 a une valeur de 1 bar et apparait à 0.269 ms (flèche noire). Le second pic amplifié lorsque la maquette
est en configuration 3 vaut 1.03 bar et apparait à 2.34 ms (flèche verte).
En configuration 3, la succession de deux pics de surpression élevés peut être dangereuse pour
l’enceinte. Les autres configurations n’influencent pas les signaux de surpression enregistrés par le
capteur J.
109
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
- Capteur K
1 GK_P1_A25_R0_48
GK_P2_A25_R0_48
GK_P3_A25_R0_48
GK_P4_A25_R0_48
0,8
GK_P5_A25_R0_48
0,6
Surpression (bar)
0,4
0,2
-0,2
-0,4
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 19 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur K
110
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
Dans cette partie, les capteurs qui vont être étudiés sont placés dans la paroi 1, ils vont donc seulement
enregistrer des surpressions réfléchies.
- Capteur D
0,5
GD_P1_A25_R0_48 GD_P2_A25_R0_48
GD_P3_A25_R0_48 GD_P4_A25_R0_48
0,4 GD_P5_A25_R0_48
0,3
Surpression (bar)
0,2
0,1
-0,1
-0,2
-0,3
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 20 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur D
Lorsque la paroi est en configuration 1 ou 2, le capteur D est dans le local donneur, il n’est donc pas
protégé par l’évent, ce qui implique que l’évent n’a que très peu d’influence sur le signal de surpression.
A noter tout de même que la configuration 2 amplifie un pic réfléchi ce qui modifie la surpression
maximale enregistrée par ce capteur (flèche orange). Lorsque la maquette est en configuration 4, il y a
création d’un pic de surpression maximale de 0.35 bar à t = 5.26 ms. Néanmoins, cette configuration
permet de diminuer par 5 la surpression incidente par rapport aux autres configurations étudiées et de
globalement atténuer le signal excepté pour le pic discuté précédemment.
111
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
- Capteur O
0,7
GO_P1_A25_R0_48
GO_P2_A25_R0_48
0,6 GO_P3_A25_R0_48
GO_P4_A25_R0_48
GO_P5_A25_R0_48
0,5
0,4
Surpression (bar)
0,3
0,2
0,1
-0,1
-0,2
-0,3
0 1 2 3 4 5 6
Temps (ms)
Figure IV. 21 Influence de la position de l'évent sur les signaux de surpression - Capteur O
Comme il est possible de le voir sur la figure IV.21, lorsque l’évent est en position 1, 3, 4 ou 5, celui-ci
n’a que peu d’influence sur les ondes de chocs reçues par le capteur O. Lorsque l’évent est en position
2, le capteur O se trouve dans le local receveur et est protégé par l’évent. Dans cette configuration, la
surpression incidente est divisée par 3 et la surpression maximale est divisée par 1.5 et son apparition
est retardée à 3.864 ms au lieu de 1.681 ms.
112
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
Comme l’ont montré les analyses précédentes, le déplacement de la paroi mobile crée une variation de
volume de la zone non protégée (la zone où se produit l’explosion) et par conséquent également de la
zone protégée. Ce changement de volume affecte les caractéristiques de l’onde de choc, cette partie
s’attache à mettre en évidence les effets de volume sur deux grandeurs particulières que sont la
surpression maximale ainsi que l’impulsion positive.
Afin de mener une étude plus globale, les données reportées Figures IV.22 à 24, sont les valeurs
moyennes des surpressions et de l’impulsion relevées dans les zones protégées et non protégées
Afin de mettre en évidence les effets de volume il a été décidé de comparer la surpression maximale
adimensionnée par rapport à la pression atmosphérique (1bar) d’une part et l’impulsion positive réduite
I+ adimensionnée par rapport à I0 (impulsion obtenue en champ libre) d’autre part en fonction du
rapport de volume de la zone non protégée (ou protégée) sur le volume total (V 0 = 0.15m3). Les
résultats obtenus sont présentés sur les graphiques suivants.
10
Zone_non_protégée_A25
Zone_protégée_A25
Zone_non protégée_A6
Config 3
Config 2 et 4
∆Pmax/Po
1
Config 1 et 5
Config 2
Config 4
Config 2
Config 4
0,1
0,1 V/V0 1
113
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
∆Pmax
surpression a tendance à augmenter. Ceci explique pourquoi les rapports en configuration 3 et
P0
en configuration 2 et 4 diffèrent peu.
30
Zone_non_protégée_A25_mur
Zone_non_protégée_A25_sol
25 Zone_protégée_A25_mur
Zone_protégée_A25_sol
20
Config 1 et 5
Config 2 et 4
15
I+/I0
Config 3
10
5 Config 2 et 4
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
V/V0
Figure IV. 23 Influence de la variation du volume sur l'impulsion maximale avec le grand évent
30
Zone_non_protégée_A6_sol
Zone_protégé_A6_sol
25 Zone_non_protégée_A6_mur
Zone_protégée_A6_mur
20
Config 1 et 5
Config 2 et 4
15
I+/I0
Config 3
10
Config 2 et 4
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
V/V0
Figure IV. 24 Influence de la variation du volume sur l'impulsion maximale avec le petit évent
Pour ce qui est de l’impulsion positive totale, les résultats au niveau de la zone non protégée sont
similaires quel que soit l’évent utilisé (le petit ou le grand évent – figure V.23 et V.24). Contrairement
à la pression maximale, les configurations critiques pour l’impulsion positive sont les configurations 1
et 5. Ceci est attendu puisqu’il n’y a pas de zone protégée dans l’enceinte.
114
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
En conséquence, l’onde de choc n’est pas atténuée ce qui se traduit par une impulsion positive totale
plus élevée. Pour ce qui est de la zone protégée, la configuration critique est la configuration 3, du fait
que le volume de cette zone est le plus grand, donc l’impulsion positive est plus élevée. Néanmoins, il
est important de remarquer que l’évent permet d’atténuer l’onde de choc ce qui se traduit par des
impulsions plus faibles en zone protégée qu’en zone non protégée pour la configuration 3.
115
Chapitre IV. Propagation d’une onde de choc dans une enceinte fermée compartimentée
5. Conclusion
Les expérimentations effectuées en milieu confiné, ont permis d’analyser l’influence d’un évent placé
sur une des parois de l’enceinte ainsi que les effets de compartimentation et d’atténuation liés au
déplacement de la paroi mobile
L’influence de l’évent peut s’avérer perfectible sur les capteurs présents sur le mur (D, C, B, O) et en
bordure de la maquette (capteurs F, H, J, K). Ces capteurs ne se trouvent pas dans la zone d’effet de
l’évent en raison de sa géométrie. En effet, les évents sont situés au centre des parois amovibles, ce qui
malgré une surface d’ouverture assez grande (25%) permet encore aux ondes de se réfléchir sur la
partie située en dessous de l’évent et donc de créer un effet d’amplification de la surpression.
De plus, l’étude de la position et la taille de l’évent à montrer des résultats intéressants sur la
surpression maximale et l’impulsion négative. En effet, la variation de la taille de l’évent impact la
valeur de l’impulsion négative, qui dans certains cas étudiés plus tôt, s’avère très élevée, ce qui peut
conduire à des situations à risques pour le bâtiment. La variation de la position de l’évent quant à elle,
retarde parfois l’apparition de la suppression maximale ce qui montre bien que les réflexions liées au
confinement ne sont pas négligeables et qu’il est nécessaire de prendre en compte les recombinaisons
d’ondes liées à celles-ci.
Lorsque les capteurs (K, L, O) sont placés en aval de l’évent, les ondes de choc qui se propagent après
l’évent sont atténuées de manière significative dans la partie en aval de l’évent. La contrepartie de cela
est que les ondes de choc se propageant en amont de l’évent ont tendance à être amplifiées, du fait du
rapprochement de la paroi avec le centre de l’explosion. Même si l’évent n’a que peu d’effet sur la
propagation des surpressions au sein du confinement certains effets positifs ont été relevés.
Effectivement, les relevés effectués grâce aux capteurs K, L, O ont permis de montrer que la
surpression diminuait lorsque que la taille d’évent augmentait. De plus l’évent permet également
d’augmenter les temps de montée en pression et donc retarde l’arrivée des ondes de pression.
Enfin, les résultats obtenus lors de ce chapitre confirment les observations faites par Berger et al.
(2014). En effet il a remarqué deux phénomènes qui ont également été exposés lors des expériences à
petite échelle faites dans ce chapitre. Tout comme lors de ce travail, Berger et al. (2014) a remarqué
que le ratio d’ouverture est le principal paramètre permettant l’atténuation des ondes de choc. Il a
également remarqué que lorsque la largeur d’ouverture est fixe, le principal paramètre permettant
l’atténuation des ondes de choc est l’angle d’inclinaison. Berger et al. (2014) a déterminé que la largeur
d’ouverture commençait à avoir une influence sur l’atténuation des ondes à partir d’un angle
d’inclinaison de l’évent inférieur à 40° ou supérieur à 140°. Cette observation explique pourquoi lors
de l’étude présentée dans ce chapitre l’évent n’avait que peu d’influence sur certains signaux de
surpression.
116
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Chapitre V : Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée .................................................... 117
1. Objectif ......................................................................................................................................................... 118
2. Méthodologie ............................................................................................................................................. 121
2.1. Méthode générale ............................................................................................................................. 121
2.2. Comparaison des méthodes de calcul du plus court chemin .................................................. 123
2.2.1. Méthode avec aller-retour .................................................................................................... 123
2.2.3. Comparaison des deux méthodes ........................................................................................ 124
3. Validation .................................................................................................................................................... 127
3.1. Présentation du code prédictif....................................................................................................... 127
3.2. Cas de l’enceinte élémentaire cubique ......................................................................................... 128
3.3. Cas de l’enceinte parallélépipédique ............................................................................................ 133
4. Conclusion ................................................................................................................................................... 136
117
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
1. Objectif
Afin d’exploiter au mieux les corrélations expérimentales présentées précédemment, un code de calcul
prédictif a également été développé. Ce code a plusieurs objectifs, le premier est de pouvoir connaître
les chemins de réflexion dans l’enceinte ainsi que les différentes caractéristiques de l’onde de choc à
chaque réflexion. Tout cela de manière simple et rapide.
Afin de satisfaire les différents critères énoncés plusieurs concessions ont été faites :
- La méthode du plus court chemin a été considérée pour calculer la longueur des chemins de
réflexion. La méthode du plus court chemin considère qu’après avoir rencontré une surface
réfléchissante l’onde de choc se réfléchira sur la surface la plus proche de son point d’impact
précédent.
- Le premier point d’impact est défini par l’utilisateur. Ce point est considéré comme l’endroit
unique de la première réflexion. Calculer un point d’impact sur chaque paroi impliquait des
temps de calculs trop longs et donc le code était lent à s’exécuter.
- La vitesse de l’onde de choc entre chaque réflexion est considérée constante. Cette
approximation a été faite dans le but de garder une méthode prédictive simple et rapide à
mettre en œuvre. Cette approximation implique que les résultats fournis par le code seront
plus conservatifs puisque normalement la vitesse de l’onde diminue entre chaque réflexion.
Afin de minimiser le fait que la vitesse de l’onde est considérée constante entre deux réflexions
il a été décidé d’appliquer un facteur « x2 » entre les distances calculées entre la seconde et la
troisième réflexion et entre la troisième et la quatrième réflexion. Ce facteur est appliqué sur
les distances calculées car le code de calcul ne gère pas la vitesse. C’est pourquoi le fait
d’augmenter les distances parcourues, permet de prendre en compte la diminution de la vitesse.
Cette valeur a été choisie car dans le cas de choc fort il a été montré que la vitesse
de l’onde était divisée par deux entre chaque interaction structure/onde.
- Le code a été conçu avec deux méthodes de calcul du plus court chemin. Une première méthode
dans laquelle il est considéré que l’onde peut revenir à l’endroit de sa précédente réflexion
(aller-retour possible). Une seconde méthode dans laquelle il est considéré que l’onde ne peut
pas revenir à l’endroit de sa précédente réflexion (aller-retour impossible).
Dans le cas de ce code de calculs, il a été choisi de ne pas appliquer successivement les relations de
Rakine-Hugoniot pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les nombres de Mach des ondes de choc ne
sont pas connus. De plus, en appliquant successivement les relations de Rakine-Hugoniot, il était
possible de s’exposer à un cumul d’incertitudes (calcul du nombre Mach, de l’angle de déflexion, de
l’angle de réflexion …) et enfin cette méthode aurait abouti à un code plus lourd et donc plus long à
exécuter et sans doute avec de plus grandes imprécisions.
Les figures V.1 et V.2 présentent l’organigramme du code de calcul prédictif réalisé durant cette étude.
118
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Données d’entrées :
Origine définie dans l’angle inférieur droit de la maquette (angle formé par les parois avant, gauche et sol)
Définition de l’enceinte : (Longueur X, Largeur Y, Hauteur Z) [m]
Définition de la précision (taille de maille) : dm [m]
Définition des coordonnées de la charge : Ce (Xe, Ye, Ze) [m]
Définition des coordonnées du 1er point d’impact : C1 (X1, Y1, Z1) [m]
Masse de la charge : M [kg]
Définition du maillage :
X0 = 0 x = X0 + dm pour [dm : X]
Y0 = 0 y = Y0 + dm pour [dm : Y]
Z0 = 0 z = Z0 + dm pour [dm : Z]
Création de la matrice colonne stockant les plus courts chemins : [D2] (5x1)
Création de la matrice colonne coordonnées du second point d’impact : [C2] (5x3)
Calcul des plus courts chemins totaux passant par chaque paroi
Path1 = D1 + D2 (1) + min (D3 (1 , :)) + min(D4( :, :, 1))
Path2 = D1 + D2 (2) + min (D3 (2 , :)) + min(D4( :, :, 2)) Affichage des parois
Path3 = D1 + D2 (3) + min (D3 (3, :)) + min(D4( :, :, 3)) impactées
Path4 = D1 + D2 (4) + min (D3 (4 , :)) + min(D4( :, :, 4))
Path5 = D1 + D2 (5) + min (D3 (5, :)) + min(D4( :, :, 5))
Z
min(D3 (:, i ) 2) D2 (i ) D1
2.772
P max 16.2 Z 0.7934 M
1
3
Avec 1.094 < Z (kg.m-1/3) < 36.84 Dans le cas de la quatrième réflexion :
∆P en bar
min(D4 (:,:, i ) 2 min(D3 (:, i )) 2 D2 (i ) D1
Z 1
M 3
Réflexion d’ordre 1 :
Calcul de Itotale de chaque paroi :
ta1 6.16 10 3 Z 2 0.1697 Z 0.1539
Dans le cas de la première paroi 1.094 ≤ Z ([Link]-1/3) ≤ 7.815 et ta en ms
impactée :
Réflexion d’ordre 2 à 4 :
D1
Z 1 ta24 2.034 10 4 Z 2 0.2073 Z 0.4403
M 3
2.48 ≤ Z ([Link]-1/3) ≤ 38.8 et ta en ms
Dans le cas des autres parois :
D2 (i ) D1
Z 1
M 3
(28.6 Z 64.99)
I
(Z 2.755)
120
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
2. Méthodologie
2.1. Méthode générale
En premier lieu, il est demandé à l’utilisateur de définir les dimensions de l’enceinte élémentaire
(Longueur, Largeur, Hauteur en m) ainsi que la taille d’une maille (dm). Puis l’utilisateur doit
renseigner les caractéristiques de sa charge, c’est-à-dire ses coordonnées (Xe, Ye, Ze en m) et la masse
de la charge (en kg). Enfin il est demandé à l’utilisateur de définir le premier point d’impact (cela permet
au programme de connaitre la première paroi impactée).
Le programme établit le maillage en fonction des données renseignées par l’utilisateur, à savoir les
dimensions de l’enceinte ainsi que la taille de la maille voulue. Puis une fois le maillage défini, le
programme va créer les matrices paroi Pi (ou i allant de 1 à 6). Ces matrices contiennent les
coordonnées des mailles définies par l’utilisateur à l’étape précédente. Par exemple si l’utilisateur
choisit une taille d’enceinte de 0.5x0.5x0.5 m et une taille de maille dm de 0.05 m alors les matrices
paroi auront une taille de 9x9.
Le code calcule la distance D1 entre le point d’impact défini par l’utilisateur et la position de la charge
[C1] (X1, Y1, Z1). Cette distance est considérée comme la distance parcourue par l’onde de choc
incidente.
A partir du premier point d’impact défini par l’utilisateur, le programme calcule les seconds points
d’impact en chaque point des 5 parois restantes, en effet il est considéré que l’onde se réfléchit
totalement après avoir impactée une paroi (par exemple si la première paroi impactée est la paroi droite
alors les pics réfléchis seront calculés sur les parois gauche, avant, arrière, toit et sol). Puis le
programme ne garde que la distance la plus courte entre le premier point d’impact et chaque paroi
nouvellement impactée. Après cette étape le code a donc stocké les 5 points d’impact les plus proches
du premier (un par paroi) dans deux matrices différentes, le code stocke les plus courtes distances dans
la matrice distances ([D2] sur l’organigramme), cette matrice a alors une taille de 5x1 (correspondant
à une distance stockée par paroi). Le code stocke également les coordonnées (x, y, z) des points
correspondant à ces plus courtes distances dans la matrice coordonnées ([C2] dans l’organigramme),
cette matrice a alors une taille de 5x3 (un point sur chaque paroi et trois coordonnées par point).
Ensuite à partir de la matrice coordonnées précédente [C2] pour chaque point stocké dans cette
matrice, le programme calcule les troisièmes points d’impact sur chacune des parois excepté la paroi
impactée considérée par le programme lors du calcul. Par exemple si le premier jeu de coordonnées
contenu dans la matrice [C2] correspond à un point d’impact sur la paroi avant alors le programme
va calculer les plus courtes distances entre la paroi avant et la gauche, droite, arrière, toit et sol. Une
fois cette étape terminée le programme va passer au second jeu de coordonnées contenu dans [C2] et
refaire les calculs des plus courts chemins et ainsi de suite jusqu’à avoir balayé toute la matrice [C2].
Une fois le calcul précédent effectué le programme a donc stocké les plus courtes distances dans la
matrice distances ([D3] sur l’organigramme), cette matrice a alors une taille de 5x5 (correspondant à
une distance stockée par paroi et par jeu de coordonnées contenues dans [C2]). Le code stocke
également les coordonnées (x, y, z) des points correspondant à ces plus courtes distances dans la
matrice coordonnées ([C3] dans l’organigramme), cette matrice a alors une taille de 5x3x5 (un point
par paroi et par plus courte distance stockée dans D3 et trois coordonnées par point).
Puis le programme va reprendre la matrice coordonnées précédente et comme précédemment pour
chaque point stocké dans cette matrice le programme calcule les quatrièmes points d’impact. Une fois
ce calcul effectué le programme a donc stocké les plus courtes distances dans la matrice distances ([D4]
sur l’organigramme), cette matrice a alors une taille de 5x5x5 (correspondant à une distance stockée
par paroi et par jeu de coordonnées contenu dans [C3]).
121
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Le code stocke également les coordonnées (x, y, z) des points correspondant à ces plus courtes distances
dans la matrice coordonnées ([C4] dans l’organigramme), cette matrice a alors une taille de 5x3x25
(un point par paroi et par plus courte distance stockée dans [D4] et trois coordonnées par point).
Une fois tous les calculs de plus courtes distances effectués le programme va calculer les plus courts
chemins passant par chaque paroi. Pour ce faire le programme va chercher les distances minimales
dans la matrice de distance remplie précédemment. Le rangement des données dans ces matrices est
fait de telle façon à ce qu’une colonne (dans le cas des matrices de distance 2 et 3) ou une matrice (dans
le cas de la matrice de distance 4) corresponde à une paroi impactée.
Ensuite le programme va calculer plusieurs données :
- La longueur totale du chemin (D1+D2+D3+D4) pour calculer les temps d’arrivée du 4 ème pic
réfléchi
- Les ¾ du chemin (D1+D2+D3) pour calculer les temps d’arrivée du 3ème pic réfléchi
- La moitié du chemin calculé (D1+D2) pour calculer les temps d’arrivée du 2 nd pic réfléchi
- Le quart du chemin calculé (D1) pour calculer le temps d’arrivée, la surpression maximale
∆Pmax et l’impulsion I sur la première paroi impactée.
Afin de calculer la surpression maximale ∆Pmax, l’impulsion I et le temps d’arrivée du 1 er pic sur les
parois différentes de la paroi impactée sans avoir à changer le premier point d’impact, le programme
utilise la distance D2-D1. Ceci permet d’avoir une vue globale des caractéristiques de l’onde sur chaque
paroi.
122
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Avec cette méthode, le calcul des points d’impact se déroule comme décrit dans l’organigramme
présenté plus tôt dans ce chapitre. La particularité de cette méthode est que le programme considère
que l’onde de choc peut faire un aller – retour entre deux parois (figure V.3).
L’inconvénient principal de cette méthode est que le calcul du chemin peut se retrouver bloqué entre
deux parois comme le montre la figure précédente. Malgré tout, ces allers-retours entre deux parois
représentent un chemin probable que peuvent emprunter les ondes de choc.
123
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Comme il est possible de le voir sur la figure V.4 la méthode sans aller-retour permet d’éviter que le
chemin soit coincé entre 2 parois et cela permet de trouver un chemin d’onde passant par plus de paroi.
Les paragraphes précédents présentent deux méthodes afin de calculer le chemin que prend une onde
de choc dans l’enceinte expérimentale. Ces deux méthodes donnent des résultats de parcours d’onde
de choc différents mais possibles.
Afin de comparer quelle méthode donne les résultats les plus justes, une étude sur les distances
trouvées par le programme ainsi que les temps d’arrivée découlant de ces distances. Par ailleurs les
chemins étudiés ici sont ceux illustrés par les figures V.3 et V.4.
Les tables suivantes répertorient les différentes valeurs obtenues par les deux méthodes.
124
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
La table V.2 répertorie les parois impactées ainsi que les temps d’arrivée calculés par le code et ceux
trouvés expérimentalement
Paroi Distance ta_pic1 Paroi Distance ta_pic2
impactée D1 (m) (ms) impactée D1+D2 (m) (ms)
Expérience Code Expérience Code
Gauche 0.368 m Avant 0.623 m
0.651 0.639 0.844 0.978
Distance Distance
Paroi Paroi ta_pic4
D1+D2+D3 ta_pic3 (ms) D1+D2+D3+D4
impactée impactée (ms)
(m) (m)
Expérience Code Expérience Code
Gauche 0.764 Avant 0.906 m
1.422 1.297 1.751 1.615
Table V. 2 Tables récapitulatives des résultats obtenus par le code et l'expérience pour les pics 1 à 4 – méthode avec aller-retour
Lorsque la méthode utilisée est celle avec aller-retour la distance maximale parcourue par les ondes
est de 0.906 m. De plus, l’écart moyen entre le code de calcul et l’expérience est de 9%. Cet écart monte
jusqu’à 15% pour le pic n°2.
Distances obtenues la méthode sans aller-retour :
Distance D1 Distance D1+D2 Distance D1+D2+D3 Distance D1+D2+D3+D4
0.368 m 0.623 m 1.387 m 1.274 m
Table V. 3 Distances obtenues par la 2nde méthode
La table V.4 répertorie les parois impactées ainsi que les temps d’arrivée calculés par le code et ceux
trouvés expérimentalement
Paroi Distance ta_pic1 Paroi Distance ta_pic2
impactée D1 (m) (ms) impactée D1+D2 (m) (ms)
Expérience Code Expérience Code
Gauche 0.368 Avant 0.623
0.651 0.639 0.844 0.978
Distance Distance
Paroi Paroi
D1+D2+D3 ta_pic3 (ms) D1+D2+D3+D4 ta_pic4 (ms)
impactée impactée
(m) (m)
Expérience Code Expérience Code
Sol 1.133 Gauche 1.274
1.973 2.12 2.33 2.44
Table V. 4 Tables récapitulatives des résultats obtenus par le code et l'expérience pour les pics 1 à 4 – méthode sans aller-retour
125
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Lorsque la méthode utilisée est celle sans aller-retour la distance maximale parcourue par les ondes
est de 1.274 m. De plus, l’écart moyen entre le code de calcul et l’expérience est de 5%. Cet écart monte
jusqu’à 15% dans le cas du pic n°2.
Pour conclure sur les deux méthodes, il est intéressant de remarquer que la méthode sans aller-retour
est un peu plus précise que celle avec aller-retour. De plus la construction de cette méthode fait qu’elle
permet de couvrir une plus longue distance dans la géométrie. C’est pourquoi il a été décidé d’utiliser
cette méthode dans la suite des études sur le code prédictif.
L’outil de calcul présenté dans cette partie a été développé sur Matlab afin de tester son
fonctionnement. Puis, afin de satisfaire au besoin de la DGA, l’outil a été développé en langage C++
sous environnement Linus RedHat, l’outil développé en C++ est présenté dans la partie suivante de ce
mémoire.
126
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
3. Validation
Dans cette section il va être étudié deux cas permettant la validation du code de calcul prédictif, le
premier cas étudié sera celui de l’enceinte élémentaire qui a été présentée dans le chapitre III, le
deuxième cas sera celui de l’enceinte compartimentée présentée dans le chapitre IV de ce mémoire.
Dans ce dernier cas, l’enceinte sera étudiée en configuration 1 sans évent car le code de calcul ne gère
pas les ouvertures à ce jour. De plus comme explicité précédemment le code de calcul permet de calculer
5 chemins (un par parois) ici afin de ne pas alourdir l’étude seul un des cinq chemins possibles sera
étudié mais les cinq seront présentés.
Comme le montre la figure V.5 l’interface du code prédictif se décompose en plusieurs parties :
- La première fenêtre (cadre orange) permet à l’utilisateur de définir les différents paramètres
du calcul. Tout d’abord la partie enclosure permet de définir la taille de l’enceinte, la taille de
maile ainsi que l’échelle à laquelle les calculs vont être effectués. La seconde partie permet à
l’utilisateur de définir la position de la charge dans la maquette. La troisième partie quant à
elle permet à l’utilisateur de définir les coordonnées du premier point d’impact (point à partir
duquel les calculs seront effectués). Enfin, une option est disponible permettant le choix de la
127
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
méthode utilisée lors des calculs (avec ou sans aller-retour) et un bouton pour démarrer le
calcul.
- La seconde fenêtre (cadre rouge) est la modélisation de l’enceinte étudiée. Lorsque le code a
effectué un calcul, la modélisation affiche le point d’amorçage, le premier point d’impact ainsi
que les différents chemins calculés.
- La troisième fenêtre (cadre vert) est la fenêtre où sont affichés les différentes valeurs calculées
par le code, à savoir le temps d’arrivée des différents pics, la surpression et l’impulsion (à échelle
1 et à échelle k) ainsi que la paroi impactée.
Le test sera effectué avec la charge gazeuse en position d’amorçage n°6 et le premier point d’impact
sera placé à la position du capteur A1 à savoir au milieu de la paroi gauche de la maquette.
Après utilisation du code de calcul en mode sans aller-retour les différents chemins calculés par le
code sont répertoriés dans la table V.5 :
N° Chemin Impact n°1 Impact n° 2 Impact n°3 Impact n°4
1 Paroi gauche Paroi sol Paroi arrière Paroi gauche
2 Paroi gauche Paroi droite Paroi sol Paroi arrière
3 Paroi gauche Paroi toit Paroi arrière Paroi gauche
4 Paroi gauche Paroi arrière Paroi sol Paroi gauche
5 Paroi gauche Paroi avant Paroi sol Paroi gauche
Table V. 5 Chemins calculés par le code
Comme le montre la table V.5, le premier point d’impact est toujours sur la paroi gauche cela est tout
à fait normal vu que ce point est défini par l’utilisateur
A titre d’illustration, le chemin qui sera étudié pour l’enceinte élémentaire cubique sera le chemin
n°3.
La figure ci-dessous présente la modélisation du chemin obtenu dans l’interface du code prédictif.
128
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Figure V. 6 Représentation du chemin étudié (gauche) / Schéma avec les capteurs (droite)
Les paramètres utilisés dans le code lors de ce calcul sont les suivants :
- Taille de l’enceinte : xMax = yMax = zMax = 0.5 m et dm = 0.11 m.
- Charge : xCharge = 0.27 m, yCharge = 0.31 m (correspondant à la position d’amorçage 6) et
Mass = 0.00074 kg.
- Premier point d’impact : xPoint = 0 m et yPoint = zPoint = 0.25 m (correspondant à la position
du capteur A1 sur la paroi gauche).
Comme le montre la figure V.6, les capteurs se trouvant sur le chemin sont les capteurs A1, C2, B6
(non visible sur la figure car placé sur le toit) et A2. Les figures suivantes présentent les signaux
enregistrés par ces capteurs lorsque l’amorceur est en position 6. Sur ces signaux, les flèches de
différentes couleurs représentent les différents pics considérés, de plus des tables récapitulatives
répertorient les différentes valeurs calculées via le code et celles obtenues expérimentalement.
Figure V. 7 Signal de pression relevé par le capteur A1 lorsque l'amorceur est en position {6}
129
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Figure V. 8 Signal de pression relevé par le capteur B6 lorsque l'amorceur est en position {6}
Figure V. 9 Signal de pression relevé par le capteur C2 lorsque l'amorceur est en position {6}
130
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Figure V. 10 Signal de pression relevé par le capteur A2 lorsque l'amorceur est en position {6}
Les tables suivantes présentent les différentes grandeurs calculées par le code de calcul lors de son
exécution. La première table répertorie les données déterminées par le code après le premier point
d’impact (celui définit par l’utilisateur), puis les tables suivantes répertorient les données pour les
points d’impacts suivants. A savoir que pour les pics 2 à 4 le code ne détermine que le temps d’arrivée
des pics.
A partir de la première distance calculée, le programme détermine les différentes caractéristiques de
l’onde de choc.
Paroi Distance ∆Pmax Impulsion I ta_pic1
impactée D1 (m) (bar) (ms)
Gauche 0.368 Expérience Code Expérience Code Expérience Code
0.95 1.12 34.76 39.069 0.643 0.639
Table V. 6 Table récapitulative des résultats obtenus à partir de la distance D1
131
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Comme le montre les tables V.6 et V.7, le code prédit de manière assez précise les données obtenues
lors des expériences. En effet l’écart moyen sur les temps d’arrivée est de 11% avec un écart maximum
de 13% sur le pic 2. En ce qui concerne la surpression maximale, l’écart est de 22% cet écart important
peut s’expliquer par le fait que le programme calcule la surpression maximale sur la paroi, or le premier
point d’impact défini par l’utilisateur n’est pas l’endroit où est enregistrée la surpression maximale d’où
cette différence. En ce qui concerne l’impulsion I, l’écart entre le résultat expérimental et la valeur
calculée par le code est 12%.
Pour conclure, comme il a été montré précédemment le code prédictif donne des bons résultats lorsque
ceux-ci sont comparés aux résultats expérimentaux obtenus dans l’enceinte cubique. Le paragraphe
d’après va s’intéresser à utiliser le code prédictif dans la seconde maquette étudiée lors de ces travaux
à savoir la maquette parallélépipédique.
132
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Pour réaliser ce test la position de la charge est fixée au centre de l’explosion (Chapitre IV). En effet,
lors de l’étude dans l’enceinte rectangulaire, la position du centre de l’explosion n’était pas mobile. De
plus le code prédictif ne prenant pas en compte les ouvertures il a été décidé d’étudier l’enceinte
rectangulaire lorsque celle-ci est en configuration 1 avec la paroi mobile pleine. Enfin, le premier point
d’impact est défini sur le capteur B dans la paroi 1 (Figure IV. 4). Cette maquette ne possédant pas de
capteur sur le toit ou sur les parois gauche, avant et droite il a également été décidé d’utiliser le code
de calcul en mode aller-retour autorisé afin de pouvoir observer les différents pics de surpression sur
les signaux enregistrés lors de cette étude.
Après utilisation du code de calcul, les différents chemins déterminés par ce dernier sont les suivants :
N° Chemin Impact n°1 Impact n° 2 Impact n°3 Impact n°4
1 Paroi arrière Paroi sol Paroi arrière Paroi sol
2 Paroi arrière Paroi droite Paroi arrière Paroi droite
3 Paroi arrière Paroi toit Paroi arrière Paroi toit
4 Paroi arrière Paroi gauche Paroi sol Paroi gauche
5 Paroi arrière Paroi avant Paroi sol Paroi avant
Table V. 8 Chemins calculés par le code
Comme le montre la table 5.8 lorsque le code est configuré en mode aller-retour autorisé, les chemins
déterminés sont beaucoup plus courts et ne passent pas par beaucoup de paroi. Néanmoins comme dit
au début de ce chapitre ces chemins sont potentiellement empruntables par les ondes de chocs et ils
sont donc plausibles. De plus le premier point d’impact est à chaque fois sur la paroi arrière puisque ce
point a été défini par l’utilisateur.
Ici, n’ayant de capteur que sur la paroi arrière le chemin qui va être étudié est le chemin n°1.
La figure ci-dessous présente la modélisation du chemin obtenue dans l’interface du code prédictif.
Figure V. 11 Représentation du chemin étudié (gauche) / Schéma avec les capteurs (droite)
133
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Les capteurs A et B sont les capteurs les plus proches du chemin d’onde étudié, c’est pourquoi les
figures suivantes présentent les signaux de pression enregistrés par ces capteurs afin d’étudier les
différents pics de réflexion pouvant être observés sur les signaux. Sur ces signaux, les flèches de
différentes couleurs représentent les différents pics considérés, de plus des tables récapitulatives
répertorient les différentes valeurs calculées via le code et ceux obtenues expérimentalement.
134
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
Les tables suivantes présentent les différentes grandeurs calculées par le code de calcul lors de son
exécution. La première table (V.9) répertorie les données déterminées par le code après le premier point
d’impact (celui définit par l’utilisateur), puis les tables suivantes (V.10) répertorient les données pour
les points d’impacts suivants. Il est rappelé que pour les pics 2 à 4 le code ne détermine que le temps
d’arrivée des pics.
A partir de la première distance calculée, le programme détermine les différentes caractéristiques de
l’onde de choc.
Paroi Distance ∆Pmax Impulsion I ta_pic1
impactée D1 (m) (bar) (ms)
Arrière 0.37 Expérience Code Expérience Code Expérience Code
1.2 1.12 / / 0.543 0.643
Table V. 9 Table récapitulative des résultats obtenus à partir de la distance D1
Comme le montre les tables précédentes, le code permet de prédire de manière plutôt précise les
différentes caractéristiques des ondes de choc. L’écart moyen sur le temps d’arrivée est de 8.3 % avec
un écart maximal sur le pic 1 à 15%. En ce qui concerne la suppression maximale l’écart est de 5.8%.
Pour conclure, le code prédictif peut très bien s’appliquer sur la maquette parallélépipédique.
Néanmoins, les bons résultats au niveau de l’écart sont à nuancer, tout d’abord le volume de cette
maquette étant plus grande il y a donc moins d’effet de multi-réflexions que dans la maquette cubique
(cela se remarque facilement en observant les différents signaux de pression. Enfin, il est difficile de
déterminer si le 4 pic réfléchi trouvé par le code est un vrai pic de surpression. Il est quand même
certain que les lois implémentées dans le code fonctionnent également avec la maquette
parallélépipédique.
135
Chapitre V. Parcours d’une onde de choc dans une enceinte fermée
4. Conclusion
Ce chapitre explicite le fonctionnement du code de calcul prédictif. En effet, afin d’utiliser au mieux les
lois de comportement établies, un code de calcul prédictif a été développé. Ce code a été pensé pour
être simple et pour donner des résultats sur les caractéristiques de l’onde de choc rapidement. Pour ce
faire il a été décidé d’utiliser la méthode du plus court chemin. Cette méthode implique que lorsqu’une
onde de choc interagit avec une paroi alors celle-ci se réfléchit sur la paroi la plus proche de son point
d’impact précédent. Cette méthode a néanmoins ses limites, en effet, avec cette méthode il n’est pas
possible de calculer tous les chemins que l’onde peut emprunter (seuls les plus courts sont étudiés) et
de ce fait les résultats donnés par le programme sont conservatifs. Au vu de l’étude demandée, la
méthode choisie a semblé être la plus simple et rapide en temps de calculs et comme il est montré dans
ce chapitre, les résultats donnés par le code sont corroborés par les résultats expérimentaux.
Enfin, il a également été vu que le code peut être utilisé dans des géométries autres que cubique comme
l’a montré le test effectué avec la maquette parallélépipédique.
136
CONCLUSION GENERALE & PERSPECTIVES
Le travail présenté dans ce mémoire était d’étudier la propagation des ondes de choc en milieu confiné
via une approche expérimentale. Le but était d’obtenir des formulations simples afin de pouvoir
déterminer les principales caractéristiques de l’onde de choc incidente ainsi que celles des trois
réflexions suivantes.
Pour ce faire de nombreux essais ont été menés dans des enceintes à petites échelles qui étaient
représentatives de bâtiments réels. La première maquette en polycarbonate représente un hangar fermé
de 3 m de côté, quant à la seconde elle représente un bâtiment de stockage divisé en deux pièces. Pour
les besoins de l’étude la jonction entre les deux pièces est mobile ce qui permet d’étudier plusieurs cas
tests. La première maquette a permis d’étudier 25 configurations d’amorçage différentes, la seconde
quant à elle a permis d’étudier 15 configurations différentes.
Des essais préliminaires ont été réalisés en champ libre dans un premier temps afin de prendre en mains
le banc d’essais et l’instrumentation associé et dans un second temps de mettre en place des lois de
comportement permettant de caractériser les principales grandeurs de l’onde de choc incidente, à
savoir la surpression incidente (∆P+), le temps d’arrivée de l’onde incidente (ta) et l’impulsion (I). Ces
lois ont été exprimées en fonction de la distance réduite massique Z. Ces lois ont également été utilisées
afin de définir la distance réduite confinée Zconf utilisé dans le chapitre IV de ce travail. Enfin
l’établissement de ces corrélations a également permis de confronter nos résultats avec ceux
habituellement obtenus au laboratoire afin de les valider. Les données générées par ces lois serviront
de référence pour étudier les signaux de surpression obtenus en milieu confiné.
Au cours de ce travail différents paramètres ont été étudiés. Le premier d’entre eux a été l’influence de
la position d’amorçage sur la propagation de l’onde de choc. Pour ce faire, une maquette en
polycarbonate a été conçue avec une matrice au sol comprenant 25 positions d’amorçage. Cette
maquette a été instrumentée de telle façon à obtenir un nombre conséquent de donnée afin de pouvoir
étudier les différentes réflexions liées au confinement. Une fois les tests effectués et les profils obtenus
il était nécessaire de définir des paramètres afin de choisir les pics réfléchis qui allaient être étudiés.
Ces paramètres retenus ont permis d’isoler les pics étudiés. De plus l’analyse des profils de surpression
ont permis de dégager des résultats intéressants. Comme par exemple, lorsque la charge est à la
position d’amorçage 1 le capteur placé sur le toit au-dessus de la charge a enregistré un pic réfléchi
provenant de la recombinaison d’ondes de choc réfléchies provenant des quatre côtés de la maquette.
Il a été également été remarqué que ce phénomène apparait uniquement lorsque la charge est dans
cette position. L’analyse des profils de surpression a également montré l’influence de la position
d’amorçage sur la surpression mais également sur l’impulsion. Il est important d’étudier ce paramètre
car il rend compte des sollicitations que subit la structure lors de l’explosion. Enfin nos résultats ont
été comparés à ceux obtenu par Edri et al. (2011). Il advient une bonne corrélation entre les résultats
obtenus par Edri et al. (2011) à grande échelle et nos résultats à petite échelle.
Les seconds paramètres à avoir été étudiés sont l’influence du volume du confinement ainsi que
l’influence de la surface de l’évent sur la propagation de l’onde de choc. L’étude de ces paramètres a été
effectuée dans une maquette modulaire en médium pouvant se configurer de 5 manières différentes.
L’étude des signaux de surpressions a permis de mettre en lumière des résultats intéressants. Tout
d’abord il a été montré que pour les capteurs présents dans la paroi 1 ou les capteurs présents en
bordure de la maquette, l’évent n’avait que très peu d’effet sur l’onde de choc, la principale raison à cela
est que ces capteurs n’étaient pas dans la zone d’effet de l’évent en raison de sa géométrie. Néanmoins,
en analysant les profils de pression d’un capteur se trouvant dans l’alignement de l’évent il a été
remarqué un effet canon, en effet l’évent permettrait de combiner les ondes de choc provenant de
plusieurs parois du local donneur et ainsi augmenter la surpression reçue dans la partie du local
receveur qui est en alignement avec l’évent, cet effet est atténué lorsque la surface ou la position de
l’évent varie.
137
La position et la taille de l’évent ont également une forte influence sur la valeur de l’impulsion négative,
en effet il a été relevé des valeurs d’impulsion négative très élevées lors de l’étude des profils, ce qui
peut conduire à des situations à risques pour le confinement. La variation de la position de l’évent a
également montré qu’elle retardait l’apparition de la surpression maximale ce qui implique que les
effets liés au confinement ne sont pas négligeables. Enfin les études d’atténuation ont montré que
l’évent avait des effets bénéfiques certains comme diminuer la surpression lorsque que sa surface varie
et il permet également d’augmenter les temps de montée en pression et donc retarde l’arrivée des ondes
de choc. L’étude de l’atténuation a également permis d’identifier différentes configurations critiques.
Du point de vue de l’impulsion les configurations critiques sont les configurations 1 et 5. En ce qui
concerne la surpression, la situation critique pour la zone protégée est la 3.
Enfin la dernière partie de ce travail a permis de concevoir un code de calcul prédictif simple permettant
de déterminer de manière rapide les caractéristiques et le chemin de l’onde de choc réfléchi primaire et
des trois réflexions suivantes. Pour ce faire la méthode du plus court chemin. Cette méthode implique
que l’onde vient se réfléchir au plus proche de son point d’impact. Ce code de calcul empirique est basé
sur les relations mises en place lors des essais réalisés avec la maquette en polycarbonate. Des tests de
validation ont été effectués et les résultats trouvés se corrèlent bien avec ce qui a été trouvé lors des
expérimentations. Néanmoins ce code a certaines limitations, il considère que la vitesse entre deux
réflexions reste constante et pour le moment il ne prend pas en compte les ouvertures et les géométries
complexes.
Au final, les lois prédictives qui ont pu être définies au cours de ce travail ainsi que le code mis en place
permettent de connaitre de manière précise et simple le chemin parcouru par l’onde de choc ainsi que
les principales caractéristiques des réflexions d’ordre 1 à 4.
Les perspectives pour la suite de ce travail sont de plusieurs ordres. Tout d’abord de nouveaux tests
vont être effectués avec la maquette en polycarbonate. Ceux-ci vont permettre de connaitre l’influence
de la position d’amorçage sur le parcours des ondes de choc lorsque qu’un local receveur est accolé au
local donneur. De plus, différentes géométries d’ouvertures entre les 2 locaux seront utilisées afin
d’étudier leur influence sur les caractéristiques des ondes de choc. Ces nouveaux tests vont aider à
perfectionner les lois prédictives établies lors de ce travail afin qu’elles prennent en compte les
configurations multi-pièces. Finalement une mise à jour du code de calcul sera mise en place pour que
celui-ci tienne compte des ouvertures lors du calcul des chemins empruntés par les ondes de choc.
Enfin, il serait également intéressant de pouvoir bénéficier de simulations numériques sur les essais
présentés dans ce mémoire.
138
BIBLIOGRAPHIE
Baker W.E.: 1973, Explosions in Air. Austin, TX; London: University of Texas Press.
Ben-Dor G.: 1992, Shock Wave reflection phenomena, Second Edition, Springer.
Benselama A. M., William-Louis M. J-P., Monnoyer F.: 2009, A 1D-3D mixed method for the
numerical simulation of blast waves in confined geometries. In Journal of computational physics,
vol 22, pp 6796-6810.
Berger S., Ben-Dor G., Sadot O.: 2014, Experimental and numerical investigations of shock-wave
attenuation by geometrical means: A single barrier configuration. In European Journal of Mechanics
B/Fuilds, pp 60-70.
Berger S., Ben-Dor G., Sadot O.: 2014, Experimental and numerical investigations of shock-wave
attenuation by geometrical means: A single barrier configuration. In European Journal of Mechanics
B/Fuilds, pp 60-70.
Bulson P.S.: 1997, Explosive Loading of Engineering Structures. Chapman and Hall.
Chan P.C., Klein H.H.: 1994, A study of blast effects inside an enclosure. In Journal of Fluids
Engineering, Vol.16, n°3, pp 181–189.
Cranz C.: 1926, Lehrbuch der ballistik, Berlin: Springer.
Edri I., Savir Z., Fledgun V.R., Karinski Y.S, Yankelevsky DZ.: 2011, On blast pressure analysis
due to a partially confined explosion: I. Experimental studies International Journal of protective
structures, Vol. 2, n°1.
Esparza E.D.: 1986, Blast measurements and equivalency for spherical charges and small-scaled
distances. Int. Journal Impact Engineering. Vol. 4, n°1, pp. 23-40.
Henrych J.M.: 1979, the dynamics of explosion and its use. Amsterdam, Elsevier.
Hopkinson B.: 1915, British Ordonnance Board Minutes, 13565.
Hugoniot P.H.: 1887, Mémoire sur la propagation du mouvement dans les corps et plus spécialement
dans les gaz parfaits, partie 1, Journal de l’école polytechnique (Paris), vol 57, pp 3-97.
Hugoniot P.H.: 1889, Mémoire sur la propagation du mouvement dans les corps et plus spécialement
dans les gaz parfaits, partie 2, 1889, Journal de l’école polytechnique (Paris), vol 58, pp 1-125.
Julien B., Sochet I., Vaillant T.: 2012, Explosion in a multi-chamber: experimental investigation. In:
22nd Int. Symp. On Military Aspect of Blast and Shock, Bourges, France.
Julien B., Sochet I., Vaillant T.: 2014, Impact of the volume of rooms on shock wave propagation
within a multi-chamber system. Shock waves, Vol. 26, pp 87-108.
Julien B.: 2014, Etude de la propagation des ondes de choc en milieu confine à géométrie complexe,
Thèse de doctorat de l’université d’Orléans.
Kingery C.N., Bulmash G.: 1984, Airblast Parameters from TNT Spherical Air Burst and
hemispherical surface burst. US Technical Report ARBRL-TR-02555. Ballistics Research Laboratory,
Aberdeen Proving Ground, Maryland, USA.
Kinney G.F., Graham K.L.:1985, Explosive Shocks in Air. Second edition, Springer Verlag, Berlin.
139
Kinney G.F.: 1962, Explosive Shocks in Air. MacMillan, London.
Remennikov A.M., Rose T.A.: 2005, Modelling blast loads on buildings in complex city geometries,
Faculty of Engineering, University of Wollongong.
Remennikov A.M.: 2003, A review of methods for predicting bomb blast effects on buildings. Journal
of Battlefield Technology, Vol. 6, n°3, pp.5-10.
Silvestrini M., Genova B., Leon Trujillo F.J.: 2009, Energy concentration factor. A simple concept
for the prediction of blast propagation in partially confined geometries. In Journal of Loss prevention
in the process industries, vol 22, pp 449-454.
Sochet I.: 2017, Blast effects, physical properties of shock waves, Bourges: Springer
U.S. Department of the Army: 2008, Structures to resist the effect of accidental explosions, Unifies
facilities criteria (UFC), UFC 3-340-02.
Van Doormaal J.C.A.M, Van de Kasteele R.M.: 2002, Blast Loading in storehouse of 27 tone trial.
In 18th symposium of blast and shock, Bad Reichenhall, Germany, 27th September – 1st October 2014.
Von Neumann J. : 1943, Refraction, Intersection and Reflection of Shock Waves, NAVORD Rep.,
203-45, Navy Dept., Bureau of ordonance, Washington, DC, USA.
Von Neumann J.: 1943, Oblique Reflection of Shocks, Explos. Res. Rep. 12, Navy Dept., Bureau of
Ordonnance, Washington, DC, USA.
Weerheijm J., Van Wees R.M.M., Absil L.H.J., De Bruyn P.C.A.M., Karelse J.W.: 2003, The
fireworks disaster in Enschede: overview, reconstruction, safety and pyrotechnics. In Proceedings of
ESREL vol 2, Maastricht, The Netherlands.
Willye R.J.: 2017, West Fertilizer Company fire and explosion: A summary of the U.S. Chemical
Safety and Hazard Investigation board report. Journal of Loss prevention in the process industries
Vol. 49-B, pp 132-138.
Wu C., Lukaszewicz M., Schebella K., Antanovskii L.: 2013, Experimental and numerical
investigation of confined explosion in a blast chamber.
Wu Z., Guo J., Yao X., Chen G., Zhu X.: 2017, Analysis of explosion in enclosure based on improved
method of images, 2017, In Shock Waves volume 27, pp 237-245.
140
ANNEXES
Annexe 1 : Abaque UFC 3-340-02 pour une charge de TNT hémisphérique
141
Annexe 2 : Fiche technique capteur Kistler 603B
142
143
Annexe 3 : Fiche technique capteur Kistler 603CBA00035.0
144
145
Annexe 4 : Calcul pied de Mach dans la première maquette pour chaque capteur et chaque position
Les tableaux suivants indiquent, en fonction de la position d’amorçage, si le capteur considéré est
atteint par une réflexion de Mach de premier ordre. Si ce n’est pas le cas, alors la case est verte ce qui
correspond à une réflexion oblique régulière. Si la case est rouge, alors le capteur est atteint par une
réflexion de Mach. Dans ce cas, la hauteur hm (m) du pied de Mach est indiquée. Lorsque la hauteur du
pied est inférieure à 1 cm il est considéré que l’on se trouve dans un régime transitoire. Lorsque la
hauteur du pied est supérieure à 1 cm il est considéré que le capteur est atteint par une réflexion de
Mach.
Capteur
A1 A2 A3 A4 A5 A6 A7 A8
Position
P1 3.31E-05 0.0099 0.0098 0.0009 0.0173
P2 0.0054 0.0053 0.0035 0.0293
P3 0.0026 0.0025 0.0092 0.0504
P4 0.0009 0.0008 0.0210 0.0794
P5 0.0000 0.0001 0.0498 0.1701
P6 3.62E-05 0.0086 0.0097 0.0009 0.0171
P7 0.0048 0.0051 0.0034 0.0289
P8 0.0026 0.0024 0.0090 0.0493
P9 0.0006 0.0008 0.0208 0.0859
P10 0.0000 0.0001 0.0502 0.1567
P11 2.94E-05 0.0097 0.0094 0.0009 0.0166
P12 0.0053 0.0049 0.0033 0.0283
P13 0.0023 0.0021 0.0086 0.0473
P14 0.0009 0.0008 0.0209 0.0861
P15 0.0001 0.0492 0.1667
P16 0.0106 0.0093 0.0008 0.0165
P17 0.0057 0.0048 0.0033 0.0279
P18 0.0028 0.0022 0.0088 0.0480
P19 0.0009 0.0006 0.0203 0.0832
P20 0.0002 0.0497 0.1680
P21 0.0112 0.0091 0.0008 0.0161
P22 0.0062 0.0047 0.0032 0.0277
P23 0.0031 0.0021 0.0086 0.0468
P24 0.0012 0.0203 0.0837
P25 0.0002 0.0488 0.1650
146
Capteur
B1 B2 B3 B4 B5 B6 B7 B8
Position
P1 0.0174 0.0009
P2 0.0297 0.0009
P3 0.0441 0.0009
P4 0.0784 0.0008
P5 0.1705 6.44E-07 0.0008
P6 0.0170 0.0034
P7 0.0287 0.0034
P8 0.0505 0.0034
P9 0.0876 0.0033
P10 0.1744 0.0001 0.0032
P11 0.0168 0.0088
P12 0.0284 0.0088
P13 0.0474 0.0086
P14 0.0869 0.0001 0.0089
P15 0.1683 6.41E-05 0.0084
P16 0.0184 0.0209
P17 0.0306 0.0208
P18 0.0518 0.0060 0.0208
P19 0.0875 6.04E-05 0.0202
P20 0.1780 0.0002 5.65E-05 0.0204
P21 0.0192 0.0001 0.0501
P22 0.0320 9.81E-05 0.0500
P23 0.0538 6.96E-05 0.0498
P24 0.0918 4.98E-05 0.0494
P25 0.1809 0.0002 6.22E-05 0.0486
147
Capteur
C1 C2 C3 C4 C5 C6 C7 C8 D1
Position
P1 0.017 0.017 3.71E-05 0.0098 0.0093
P2 0.017 0.017 3.56E-05 0.0097 0.0080
P3 0.018 0.017 4.14E-05 0.0098 0.0068
P4 0.019 0.017 0.0095 0.0045
P5 0.019 0.016 0.0088 0.0012
P6 0.030 0.029 0.0052 0.0049
P7 0.030 0.029 0.0051 0.0039
P8 0.029 0.029 0.0050 0.0029
P9 0.031 0.028 0.0048 0.0015
P10 0.032 0.028 0.0048 0.0006
P11 0.050 0.049 0.0023 0.0021
P12 0.047 0.049 0.0023 0.0016
P13 0.047 0.047 0.0020 0.0008
P14 0.052 0.048 0.0022 0.0005
P15 0.053 0.046 0.0019 1.24E-06
P16 0.088 0.087 0.0008 0.0007
P17 0.082 0.086 0.0007 0.0004
P18 0.086 0.085 0.0007 0.0002
P19 0.089 0.083 0.0006 1.02E-06
P20 0.093 0.084 0.0012
P21 0.173 0.171 8.79E-05 5.55E-05
P22 0.174 0.170 7.28E-05 3.27E-06
P23 0.172 0.169 8.39E-05
P24 0.178 0.167 0.0002 0.00016
P25 0.181 0.160 0.0002 0.00025
148
Annexe 5 : Exemple de bulle de savon servant au confinement des mélanges gazeux en champ libre
et en milieu confiné et répétabilité sur le gonflement de la bulle
Bulle n°3
Largeur : 66 pixels ≈ 4.95 cm (0.5 mm d’écart)
Hauteur : 66 pixels ≈ 4.95 cm (0.5 mm d’écart)
149
Kévin Gault
Etude de la propagation des ondes de choc en milieu confiné :
Approche expérimentale
De nos jours, la sécurité des installations publiques, industrielles ou militaires est une problématique
majeure. Les phénomènes de détonations en champ libre sont bien connus et documentés. Néanmoins
les modèles et les lois mises en place ne s’appliquent pas dans le cas d’explosions confinées.
Les travaux présentés dans ce mémoire de thèse portent sur l’étude de la propagation des ondes de
choc dans des géométries simples et fermées. Différents paramètres ont été étudiés tels que l’influence
du volume, de la position d’amorçage ou encore de la taille de l’évent.
Les essais réalisés à petite échelle, dans deux maquettes expérimentales ont permis de mettre en place
des lois prédictives portant sur les principaux paramètres de l’onde de choc incidente et réfléchie que
sont la surpression maximale, le temps d’arrivée ainsi que l’impulsion.
Ces lois ont ensuite été implémentées dans un code de calculs permettant d’automatiser la recherche
des réflexions et des différents paramètres associés dans des configurations géométriques simples.
Mots clés : Détonation, onde de choc, réflexion, milieu confiné, essais à petite échelle
Nowadays, the security of public, industrial or military area is a major concern. Free-field blast are well
known and documented. Nevertheless, the models and laws developed do not apply in case of confined
explosions.
The study focuses on the propagation of shock waves in simple closed geometries. Various parameters
have been studied such as the volume, the charge position or the size of vents.
The small scales experiments carried out in two experimental models, made it possible to set up
predictive laws on the main parameters of the incident and reflective shock wave, such as the maximum
overpressure, the arrival time and the impulse.
These laws were then implemented in a calculation program to automate the search of reflections and
associated parameters in simple geometric setup.
Keywords: Blast, shock wave, reflection, confined environment, small scale experiments
150