Représentations au Moyen Âge : Analyse Historique
Représentations au Moyen Âge : Analyse Historique
DE RÉFLEXION
Claude Gauvard
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Les historiens du Moyen Âge ont avec les « représentations » un long commerce
qui oscille entre la fascination et la méfiance, voire le rejet. Pour comprendre
Document téléchargé depuis [Link] - - - [Link] - 10/07/2020 21:12 - © Éditions de la Sorbonne
1. Sur la genèse du concept de « représentation », voir Pierre Monnet, « Représentation(s) », dans Claude
Gauvard et Jean-François Sirinelli (dir.), Le Dictionnaire de l’historien, Paris, PUF, 2015.
2. Jacques Le Goff et Jacques Revel (dir.), La Nouvelle Histoire, Paris, Retz, 1978.
3. Jacques Le Goff (dir.), La Nouvelle Histoire, éd. abrégée et mise à jour, Bruxelles, Complexe, 1988.
4. Pierre Monnet, « Représentation(s) », art. cité.
5. Joseph Morsel et Christine Ducourtieux, L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat… Réflexions
sur les finalités de l’histoire du Moyen Âge destinées à une société dans laquelle même les étudiants d’his-
toire s’interrogent, 2007 ([Link] consulté le 3 septembre
2015).
6. Sur ce débat, voir Didier Lett, L’Enfant des miracles. Enfance et société au Moyen Âge (xiie-xiiie siècle),
Paris, Aubier, 1997.
7. Pierre Boglioni, Robert Delort, Claude Gauvard (dir.), Le petit peuple dans l’Occident médiéval. Termino-
logies, perceptions, réalités, Paris, Publications de la Sorbonne, 2002, en particulier Joseph Morsel, « Les
“pauvres gens” (arme Leute) en Haute-Allemagne à la fin du Moyen Âge. Ou : une histoire des “petites
gens” a-t-elle un sens ? », p. 153-172.
8. C’est ce que démontre Yann Potin à propos des inventaires du Trésor des chartes, en particulier ceux qui
sont relatifs aux enquêtes de Louis IX, La Mise en archives du Trésor des chartes, thèse de l’École nationale
des chartes, 3 vol., Paris, 2007, dactylographiée (résumée dans Position des Thèses de l’École nationale des
chartes, 2007, p. 173-182) et « Archiver l’enquête ? Avatars archivistiques d’un monument historiogra-
phique : les enquêtes “administratives” de Louis IX (1247-1248) », dans Claude Gauvard (dir.), L’Enquête
au Moyen Âge, Rome, École française de Rome, 2008, p. 241-267.
9. Olivier Guyotjeannin, « L’érudition transfigurée », dans Jean Boutier et Dominique Julia (dir.), Passés
recomposés : champs et chantiers de l’histoire, Paris, Autrement, 1995 ; Olivier Guyotjeannin, Jacques
Pycke et Benoît-Michel Tock, Diplomatique médiévale, 3e éd., Turnhout, Brepols, 2006.
10. En particulier Pierre Chastang, Lire, écrire, transcrire. Le travail des rédacteurs de cartulaires en Bas-
Languedoc (xie-xiiie siècle), Paris, CTHS, 2002.
11. Première approche synthétique dans Olivier Guyojeannin, Laurent Morelle et Michel Parisse (dir.),
Les Cartulaires, Paris, École des chartes, 1993. Depuis, des travaux sur les cartulaires urbains sont en
cours et donnent une nouvelle vision des villes du royaume de France : Marie-Ameline Sterlin, « Afin de
memoire ». Cartulaires, cartularisation et gouvernement urbain dans les municipalités du Nord et de l’Est
du royaume de France, xiiie-xve siècle, thèse de doctorat d’histoire sous la direction d’Olivier Guyotjeannin
et Olivier Mattéoni, en cours, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/École des chartes.
12. Sébastien Barret et Benoît Grévin, Regalis excellentia. Les Préambules des actes des rois de France au
xive siècle (1300-1380), Paris, École des chartes, 2015.
13. Juliette Dumasy-Rabineau, « La vue, la preuve et le droit : les vues figurées de la fin du Moyen Âge »,
Revue historique, n° 668, 2013, p. 805-831 ; Patrick Gautier Dalché, « Les usages militaires de la carte, des
premiers projets de croisade à Machiavel », Revue historique, n° 673, 2015, p. 45-80.
14. Sur ce lien entre réforme et archives développé à propos de l’action d’Aleaume Cachemarée à Amiens
en 1403, alors huissier au Parlement, voir Claude Gauvard, « De grace especial ». Crime, État et Société en
France à la fin du Moyen Âge, 2 vol., Paris, Publications de la Sorbonne, 1991, nouv. éd., 2010, coll. « Les
classiques du Moyen Âge », p. 43.
15. Voir les travaux d’Olivier Mattéoni, en particulier « La Chambre des comptes du roi de France et l’affir-
mation de l’État au milieu du xve siècle : le registre KK 889 (Musée AE II 523) des Archives nationales », dans
Corinne Leveleux-Texeira, Anne Rousselet-Pimont, Pierre Bonin et François Garnier (dir.), Le Gouvernement
des communautés politiques à la fin du Moyen Âge (xiiie-xve siècle). Entre puissance et négociation : État,
ville, finances. Actes du colloque en l’honneur d’Albert Rigaudière, Paris, Éditions Panthéon-Assas, 2010,
p. 279-292 ; id., « Codicologie des documents comptables (xiiie-xve siècles). Remarques introductives »,
ComptabilitéS, n° 2, 2011, Approche codicologique des documents comptables du Moyen Âge (http://
[Link]/382, consulté le 3 septembre 2015). Autre exemple par Christine Jehanno, « La
série des comptes de l’Hôtel-Dieu de Paris à la fin du Moyen Âge : aspects codicologiques », ibid.
16. Bernard Guenée, « Comment le religieux de Saint-Denis a-t-il écrit l’Histoire ? L’exemple du duel de
Jean de Carrouges et Jacques Le Gris (1386) », dans Monique Ornato et Nicole Pons (dir.), Pratiques de la
culture écrite en France au xve siècle, Louvain-la-Neuve/Paris, Brepols, 1995, p. 331-343. Pour l’ensemble
du récit, voir Eric Jager, The Last Duel: A True Story of Crime, Scandal and Trial by Combat in Medieval
France, New York, Broadway Books, 2004. Pour le récit proprement dit, voir Louis Bellaguet (éd.), Chro-
nique du Religieux de Saint-Denys, nouv. éd. t. 1, Paris, 1994, p. 463-467.
17. Tite-Live, Historie romaine, Livre I, chap. LVIII ; le manuscrit de Saint-Denis est l’actuel BnF, ms lat. 5736.
18. Corinne Leveleux-Texeira, « Fama et mémoire de la peine dans la doctrine romano-canonique (xiiie-
xve siècle) », dans Jacqueline Hoareau et Pascal Teixier (dir.), La Peine : discours, pratiques, représentations,
Limoges, Presses universitaires de Limoges, 2005, p. 45-61. Sur l’emploi de cette formule dans les lettres
de rémission, voir mes deux contributions aux Vecteurs de l’Idéel, I et II, Patrick Boucheron et Jean-Philippe
Genet (dir.), à paraître aux Publications de la Sorbonne en 2015.
19. Sur ces différents points, je me permets de renvoyer à Claude Gauvard, « De grace especial », op. cit.
et, plus récemment, « Le roi de France et le gouvernement par la grâce à la fin du Moyen Âge : genèse et
développement d’une politique judiciaire », dans Hélène Millet (dir.), Suppliques et requêtes : le gouver-
nement par la grâce en Occident xiie-xve siècle, Rome, École française de Rome, 2003, p. 371-404. Pour
une période postérieure, voir Michel Nassiet et Aude Musin, « L’exercice de la rémission et la construction
étatique (France, Pays-Bas), Revue historique, n° 314, 2012, p. 1-26.
20. Voir les travaux de Michel Nassiet, en particulier « L’honneur au xvie siècle : un capital collectif » dans
Hervé Drévillon et Diego Venturino (dir.), Penser et vivre l’honneur au xvie siècle, Rennes, Presses univer-
sitaires de Rennes, 2011, p. 71-90, ainsi que Claude Gauvard et Andrea Zorzi (dir.), La Vengeance en
Europe, xiie-xviiie siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 2015.
21. Carlo Ginzburg, « Représentation : le mot, l’idée, la chose », Annales ESC, 1991, p. 1219-1234. Voir
aussi, à propos de la confusion entre sainte Foy et son image : Jean-Claude Schmitt, « Liberté et normes
des images occidentales », dans id., Le Corps des images. Essais sur la culture visuelle au Moyen Âge, Paris,
Gallimard, coll. « Le temps des images », 2002, p. 135-164.
22. Ces mannequins n’ont pas encore fait l’objet d’une étude synthétique. J’en donne une approche à
travers les archives du Parlement aux xive et xve siècles, dans « Pendre et dépendre à la fin du Moyen Âge :
les exigences d’un rituel judiciaire », Histoire de la justice, 4, 1991, p. 5-25, repris dans Violence et ordre
public au Moyen Âge, Paris, Picard, 2005, p. 66-78. Mais la pratique est répandue et fréquente, par
exemple à Corbie en 1255 où les habitants de la ville sont condamnés à rapporter une figure habillée en
femme à la maladrerie car ils l’avaient ensevelie après sa mort due à la lèpre, alors que ce droit apparte-
nait à l’abbé de Corbie, Dom Grenier, Histoire de la ville et du comté de Corbie, Amiens, 1910, p. 397. Je
remercie Christian de Mérindol pour cette référence.
23. Ces cas sont recensés et partiellement édités par Louis Tanon, Histoire des justices des anciennes
églises et communautés monastiques de Paris, suivie des registres inédits de Saint-Maur-des-Fossés,
Sainte-Geneviève, Saint-Germain-des-Prés, et du registre de Saint-Martin-des-Champs, Paris, 1883. Sur
leur interprétation comme actes de « ressaisine » dans le cadre des conflits de juridiction, voir Claude
Gauvard, « Conflits de juridiction et rituels de ressaisine à Paris au début du xive siècle : l’exemple de l’ab-
baye de Sainte-Geneviève », dans Laurent Jégou, Sylvie Joye, Thomas Lienhard et Jens Schneider (dir.),
Faire lien. Aristocratie, réseaux et échanges compétitifs, Mélanges en l’honneur de Régine Le Jan, Paris,
Publications de la Sorbonne, 2015, p. 381-392.