Fiche de Révision : Chapitre 6 – Le Contrat Administratif
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Introduction
L’administration utilise des actes juridiques pour agir. Parmi ceux-ci, les contrats
administratifs relèvent du droit public et sont soumis au juge administratif. Ils se distinguent
des contrats de droit privé.
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Section 1 : La notion de contrat administratif
I. Contrats administratifs par détermination de la loi
Le législateur qualifie certains contrats comme administratifs :
· Contrats relatifs aux travaux publics (loi du 28 pluviôse an VIII).
· Contrats d’occupation du domaine public (décret-loi de 1938).
· Marchés publics (loi MURCEF de 2001) :
· Marchés de travaux, de fournitures, de services.
· Contrats de partenariat (ordonnance de 2004) : mission globale incluant financement,
construction, gestion.
Distinctions importantes :
· Subvention : aide financière sans contrepartie directe.
· Délégation de service public (DSP) :
· Gestion d’un service public confiée à un délégataire.
· Rémunération liée aux résultats de l’exploitation (risque financier).
· Exemple : gestion de l’eau, des transports.
II. Qualification jurisprudentielle
Deux critères cumulatifs :
1. Critère organique : au moins une personne publique est partie au contrat.
2. Critère matériel : le contrat est lié à l’exécution du service public ou contient des clauses
exorbitantes du droit commun.
A. Critère organique
· Contrats entre personnes privées : généralement de droit privé, sauf si l’une agit pour le
compte d’une personne publique (mandat explicite ou implicite).
· Exemple : Entreprise Peyrot (1963) ➝ revirement en 2015 : les concessionnaires
d’autoroute agissent pour leur propre compte.
· Contrats entre personnes publiques : présomption d’administrativité, sauf si l’objet relève
du droit privé (ex. : abonnement électrique).
B. Critère matériel
· Lien avec le service public :
· Exécution du service (Terrier, Thérond).
· Modalité d’exécution (Grimouard).
· Contrats de travail des agents des SPA : tous administratifs, quel que soit l’emploi
(Berkani, 1996).
· Clauses exorbitantes du droit commun :
· Définition : clauses conférant des droits/obligations étrangers au droit privé.
· Exemples : pouvoir de contrôle, modification unilatérale, résiliation.
· Évolution : la clause doit poursuivre un but d’intérêt général (AXA France IARD, 2014).
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Section 2 : L’exécution des contrats administratifs
I. Prérogatives de l’administration
· Pouvoir de direction et de contrôle.
· Pouvoir de sanction :
· Pénalités pécuniaires (amendes, dommages-intérêts).
· Sanctions coercitives (mise en régie, séquestre).
· Résiliation pour faute grave.
· Pouvoir de modification unilatérale :
· Permis dans l’intérêt général.
· Doit préserver l’équilibre financier du contrat.
· Pouvoir de résiliation unilatérale :
· Pour motif d’intérêt général.
· Indemnisation intégrale du cocontractant (Distillerie de Magnac Laval).
II. Droits des cocontractants
· Droit au paiement du prix.
· Droit au rétablissement de l’équilibre financier en cas de changement de circonstances.
A. Théorie de l’imprévision (aléa économique)
· Conditions :
· Événement imprévisible, extérieur aux parties.
· Bouleversement de l’économie du contrat.
· Caractère temporaire.
· Indemnisation partielle (environ 90% du surcoût).
· Exemple : Compagnie du Gaz de Bordeaux (1916).
B. Théorie du fait du prince (aléa administratif)
· Modification des conditions d’exécution par l’administration.
· Indemnisation totale des pertes subies.
· Exemple : Commune de Staffelfelden (2000).
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Points clés à retenir
· Un contrat est administratif s’il remplit le critère organique et le critère matériel.
· L’administration dispose de prérogatives exorbitantes (modification, résiliation).
· Le cocontractant bénéficie de droits protecteurs (imprévision, fait du prince).
· La jurisprudence évolue vers une conception finaliste centrée sur l’intérêt général.
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Fin de la fiche