Responsabilité pénale des dirigeants sociaux
Responsabilité pénale des dirigeants sociaux
À mes parents
I
REMERCIEMENTS
Nous tenons tout d’abord à remercier le CERAP/UJ de nous avoir offert l’opportunité de
mettre en exergue nos connaissances et compétences acquises au cours de notre formation
théorique.
Nous exprimons notre gratitude à notre directeur de mini-mmoire Dr NAN Guei pour avoir
accepté de guider sur le chemin de ce travail.
Nous adressons également nos remerciements à l’Assocition des Femmes Juristes de Côte
d’Ivoire (AFJCI) pour m’avoir permi d’effectué un stage au sein de leur association.
M. Kouamé Joel N’GUETTIA qui a été présent du début jusqu'à la fin de ce parcours en
m'aidant même dans la rédaction de ce mini-mémoire, également pour la compréhension de
mes différents cours, sa présence était incontestablement l'une des plus importantes de mon
parcours;
mes ami(e)s, Bah Adele KOUADIO, Moaye Joana KOUADIO, Nathan GNAGNE,
Malika BAKAYOKO et Ariane NOBOU.
II
SIGLES ET ABREVIATIONS
Al. : Alinéa
Art. : Article
P. : Page
III
SOMMAIRE
INTRODUCTION.............................................................................................................................................. 1
CHAPITRE I : L'EXISTENCE D'UNE MISE EN ŒUVRE TEXTUELLE DE LA RESPONSABILITE PENALE DES
DIRIGEANTS SOCIAUX.....................................................................................................................................5
SECTION I : LES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE DE LA RESPONSABILITE PENALE DES DIRIGEANTS
SOCIAUX..........................................................................................................................................................5
SECTION II : LA DETERMINATION DES DIRIGEANTS PENALEMENT RESPONSABLE.....................................10
CHAPITRE II : LA DIFFICULTE D'UNE MISE EN ŒUVRE PRATIQUE DE LA RESPONSABILITE DES DIRIGEANTS
...................................................................................................................................................................... 13
SECTION I : UNE CONFUSION ENTRE LA RESPONSABILITE PENALE DU DIRIGEANT ET LA RESPONSABILITE
SOCIETALE.....................................................................................................................................................14
SECTION II : UNE EXISTENCE DE MECANISME PRATIQUE LIMITANT LA RESPONSABILITE PENALE DES
DIRIGEANTS..................................................................................................................................................17
CONCLUSION.................................................................................................................................................23
IV
INTRODUCTION
Dans l’univers des affaires, les dirigeants sociaux occupent une position stratégique au
sein des entreprises, orientant ainsi les choix économiques, financier et organisationnels 1. Ces
derniers sont les mandataires sociaux nommés conformément aux statuts ou chargé d’assurer la
gestion courante, voire assurer la représentation légale et la direction stratégique de la société. Se
faisant, ce rôle clé leur confère non seulement de larges pouvoir, mais aussi une responsabilité
accrue dans la gestion de la personne [Link] qui introduit l'importance du rôle des dirigeants
dans une entreprise. Elle explique que dans le monde des affaires, les dirigeants sociaux ont une
place centrale car ceux- ci prennent les grandes décisions économiques, financières et
organisationnelles. Ils agissent sous mandat2 pour le compte et pour le nom de la société.
Depuis l’Antiquité, le pouvoir de décision au sein des organisations a toujours suscité des
interrogations quant à la responsabilité de ceux qui l’exercent. De ce fait, les sociétés
commerciales modernes, les dirigeants sociaux occupent une place centrale dans la gestion et
l’orientation stratégique des entreprises. Egalement avec la croissance des activités économiques,
les risques liés à la gestion d’entreprise se sont intensifiés, rendant plus visible et plus critique la
question de la responsabilité pénale de ceux qui en sont à la tête.
Au fil du temps, l'acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et groupement
d’intérêt économique3ainsi que le code pénal4 ont été appelé à encadrer les comportements des
dirigeants afin de prévenir les abus, protéger les tiers et assurer la moralisation de la vie des
affaires. Cependant, la mise en œuvre de cette responsabilité soulève de nombreuses difficultés,
notamment dans la distinction de la faute personnelle du simple choix de gestion ,cette
interrogation révèle la complexité de concilier efficacité économique et exigence de
responsabilité. C'est dans cette perspective que semble s'inscrire le sujet objet de notre analyse
dont l’intitulé suit “La responsabilité pénale des dirigeants sociaux en droit OHADA”.
1
Jean Henri ROBERT, La responsabilité pénale du chef d’entreprise, Lexisnexis, paris, 1997, p.37
2
Conformement à l’article 1984 du code civil francais de 1804 dont certaines dispositions sont applicables en droit
ivoirien : « le mandat ou procuration est un acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire
quelque chose pour le mandant en son nom. Le contrat ne se forme que par l’acceptation du mandataire ».
3
l'acte uniforme revisée relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique adopté le
30/01/2014 à Ouagadougou (Burkina Faso)
4
Loi n°2019-574 portant code penal ivoirien
1
Nous ne saurons entrer dans le vif du sujet, sans definir certains mots clés. Il s'agit entre
autres de “la responsabilité pénale” et du “dirigeant social”. En effet, selon le dictinnaire du
vocabulaire juridique, la responsabilité pénale est une obligation de repondre de ses ates
délictueux en subissant une peine correspondant fixée par la loi5.
2
prudente et conforme aux règles légales et réglementaires, afin de prévenir les risques
d’infractions. Par conséquent, cette responsabilité vise à protéger non seulement la société
commerciale, mais aussi les associés ainsi que les tiers c’est a dire créanciers, partenaires et
salaries contre les conséquences dommageables des fautes de gestion, même lorsqu’elles
résultent d’une négligence ou d’une imprudence, et non d’une volonté délibérée.
Par ailleurs, le régime OHADA clarifie et limite le champ de cette responsabilité pénale
en imposant des conditions précises, tel qu’une faute imputable et un acte injustifié. De plus, il
prévoit des hypothèses d’exonération, notamment lorsque le dirigeant a délégué ses pouvoirs à
une personne compétente. Cette précision juridique permet ainsi d’éviter une responsabilité trop
large ou abusive.
Au-delà, l'OHADA tend à harmoniser le droit des affaires, sa mise en œuvre pénale reste
marquée par des variations interétatiques dans l'interprétation des infractions non intentionnelles.
La question centrale réside dans l'équilibre entre la nécessaire sanction des abus et la
préservation de l'esprit d'entreprise en Afrique francophone.
3
Dès lors, il demeure légitime de s’interroger de la manière suivante : les dispositions
relatives à la responsabilité pénale des dirigeants sociaux permettent-elles une mise en œuvre
effective de la responsabilité de ces derniers?
4
CHAPITRE I : L'EXISTENCE D'UNE MISE EN ŒUVRE TEXTUELLE DE LA
RESPONSABILITE PENALE DES DIRIGEANTS SOCIAUX
La personne morale peut être l’instrument d’infractions graves, c’est bien à travers ses
dirigeants que la responsabilité pénale prend corps. La mise en œuvre textuelle de cette
responsabilité (section 1) n’est cependant pas automatique car elle obéit à des conditions
précises qui encadrent l’application. Encore faut-il ensuite déterminer quels dirigeants peuvent
effectivement être tenus pénalement responsables (section 2).
Le droit penal a prevue des infractions penale detachables des fonctions d'un dirigeant,
les faits personnels commis à l’égard d’un salarié ou tiers. Il s'agit d'actes commis par le
dirigeant personnellement, sans lien direct avec l’exercice normal de ses fonctions. Ces actes
9
Éric MATHIAS, la responsabilité pénale, Gualino éditeur, Paris, 2005, p.206
5
engagent sa responsabilité propre, notamment en cas d'escroquerie ou d abus de confiance,
détournement de fonds, promesse mensongère faite à un partenaire au nom de la société sans
pouvoir réel, d’harcèlement moral ou sexuel, violences, Injures, de diffamation, les infractions
routières, fiscales ou douanières , non imputables à la société même si le dirigeant agit dans un
contexte professionnel.
Ensuite, la faute doit être une faute intentionnelle, d’une particulière gravité et étrangère
aux fonctions sociales. Elle suppose une action délibérée, souvent dans le but de nuire à la
société par la violation des statuts. Cette faute permet d'engager la responsabilité personnelle du
dirigeant10. Autrement dit, l’article 161 de l’acte uniforme relatif au droit des sociétés traite de la
responsabilité personnelle des dirigeants sociaux envers les tiers. Ainsi, le dirigeant peut être
tenu personnellement responsable des fautes qu’il commet dans l’exercice de ses fonctions. Cela
protège les tiers victimes que sont les clients, fournisseurs, partenaires, Qui peuvent poursuivre
directement le dirigeant, sans passer uniquement par la société.
Pour qu’un dirigeant soit pénalement responsable, il faut, une infraction pénale avérée 11,
une intention frauduleuse ou au moins une négligence grave. Le principe de la responsabilité
personnelle en ces termes: « nul n’est responsable pénalement que de son propre fait »12. De
cette disposition il ressort qu'une personne ne peut être condamnée pénalement que pour une
infraction qu’elle a personnellement commise, et non pour l’acte d'autrui. Une lecture
approfondie de ce principe laisse clairement entendre que pour qu'un dirigeant social entre en
voie de condamnation, il faudrait qu’il commette personnellement une infraction. C'est à dire
que le dirigeant social doit être l’auteur de l’infraction, qui ait un lien entre l'infraction avec
l'exercice de ses fonctions et qu il ait réunion des trois éléments constitutifs de l'infraction qui
sont l'élément légal l'élément moral et l'élément matériel 13. Ainsi pour que la responsabilité
personnelle d'un dirigeant social soit engager, il faut qu'il y est une faute intentionnelle et qu’elle
soit détachable de ses fonctions. En effet, sans la réunion de ces éléments on ne pourrait engager
la responsabilité personnelle du dirigeant social. C’est ce qui ressort de l’affaire opposant la
10
Article 161 de l’AUSGIE: « sans préjudice de la responsabilité éventuelle de la société, chaque dirigeant social est
responsable individuellement envers les tiers des fautes qu'il commet dans l’exercice de ses fonctions »
11
Article 2 du code pénal ivoirien
12
Article 94 code pénal ivoirien
13
Eric MATHIAS, [Link]., p.145
6
société SATI et la dirigeante de la société SBTR. 14. Dans l’espèce, la gérante de la société SBTR,
a cédé à la société SATI deux créances qu'elle détenait sur les sociétés semader et shlmr.
Cependant, ces créances avaient déjà été cédées antérieurement à la banque de la réunion. La
société sati, n'ayant pu obtenir le paiement de ces créances, a assigné la dirigeante de la société
sbtr personnellement en réparation du préjudice [Link] cour d'appel a fait droit à la demande de
la société sati et a retenu la responsabilité personnelle de la dirigeante de SBTR, estimant que la
faute commise était détachable de ses fonctions de dirigeante. La dirigeante de sbtr, a formé un
pourvoi en cassation, soutenant que la faute reprochée n'était pas détachable de ses [Link]
cour de cassation a rejeté le pourvoi d’une dirigeante de sbtr, confirmant ainsi la décision de la
cour d'appel. Elle a précisé que la responsabilité personnelle d'un dirigeant à l'égard des tiers ne
peut être engagée que s'il a commis une faute détachable de ses fonctions, c'est-à-dire une faute
intentionnelle d'une particulière gravité incompatible avec l'exercice normal des fonctions
sociales. La cour a considéré que la cession de créances déjà cédées à un établissement bancaire
constituait une telle faute, engageant la responsabilité personnelle de la dirigeante de SBTR.
Un dirigeant d’entreprise ne peut être poursuivi personnellement que s’il a commis une
faute grave et volontaire, qui sort du cadre de ses fonctions normales qui peut-être le fait de
détourner des fonds, agir frauduleusement, nuire sciemment à un tiers, abus de biens sociaux etc.
7
L’acte uniforme relatif aux sociétés commerciales et groupement d'intérêt economique
(AUSCGIE) dispose que les dirigeants sont responsables des infractions aux textes législatifs et
réglementaires, des violations des statuts, et des fautes de gestion [Link] responsabilité peut être
individuelle ou solidaire, selon la nature des faits reprochés. Notamment, lorsque le dirigeant
peut être poursuivi pour abus de biens sociaux, dissimulation de pertes, ou encore pour
distribution de dividendes fictifs. Toutes ces infractions sont prévues et réprimées par
l'AUSCGIE, qui autorise également la responsabilité pénale des personnes morales, sans pour
autant exclure celle des personnes physiques16.
En effet, la responsabilité pénale des dirigeants sociaux pour une infraction survenue
dans l'exercice de ses fonctions peut-être des delits non intentionnels. Cela implique que le
dirigeant, en sa qualité de représentant légal de la société, peut être tenu pénalement responsable
des infractions commises dans le cadre de sa gestion, même en l’absence d’intention délibérée de
nuire. Cette responsabilité repose sur une faute caractérisée par une négligence, une imprudence
ou un manquement à une obligation de prudence et de diligence20.
La faute non intentionnelle peut résulter, par exemple, d’un défaut de contrôle, d’une
mauvaise organisation ou d’une absence de surveillance des activités sociales. Le dirigeant doit
15
Article 740 de AUSCGIE
16
Article 96 du code pénal ivoirien: « les personnes morales, à l’exception de l’état et de ses démembrements, sont
pénalement responsables des infractions commises pour leur compte par leurs organes ou représentants. »
17
Article 891 AUSCGIE
18
Article 890 AUSCGIE
19
Article 88 AUSCGIE
20
Jean Pradel, Droit des sociétés, 31e édition, Paris,Dalloz, 2023, p. 512
8
donc mettre en place des mesures adéquates pour prévenir les infractions, notamment en matière
de tenue des comptes, de respect des règles fiscales ou sociales, et de conformité aux obligations
légales. En cas de manquement, il peut voir sa responsabilité pénale engagée, notamment pour
des infractions telles que l’abus de biens sociaux, la présentation de comptes inexacts ou la
violation des règles relatives à la sécurité sociale21.
Par ailleurs, la responsabilité pénale du dirigeant pour faute non intentionnelle n’est pas
systématique. Elle suppose que la faute soit directement imputable à son comportement ou à une
carence dans l’exercice de ses fonctions. Le dirigeant peut s’exonérer s’il démontre qu’il a
délégué ses pouvoirs à une personne compétente et qu’il a pris toutes les mesures nécessaires
pour empêcher la commission de l’infraction22.
Cette responsabilité est largement analysée dans la doctrine, qui souligne l’équilibre entre
la nécessité de sanctionner les manquements graves et la protection des dirigeants contre une
responsabilité [Link] incite les dirigeants à adopter une gestion rigoureuse et conforme
à la loi.
Ainsi, lorsqu’un dirigeant agit au nom et pour le compte de la société mais enfreint la loi,
il peut être poursuivi pénalement en même temps que la société, notamment si l’infraction a été
commise dans l’intérêt de celle-ci24.
Toutefois, pour que ces conditions de mise en œuvre soient pleinement effectives, encore
faut-il identifier les personnes susceptibles d’en répondre. C’est dans cette logique que s’inscrit
la loi a consacré la détermination des dirigeants pénalement responsables.
9
de son comportement, de son implication concrète dans la gestion, voire de son influence réelle,
qu’elle soit formelle ou de fait. Il ne s’agit donc pas uniquement du titre porté, mais bien de la
réalité des actes accomplis. Au-delà de l’individu, le droit fixe des critères objectifs liés à la
désignation du dirigeant (paragraphe 2)
Dans l’espace ohada, le droit des sociétés encadre de manière rigoureuse la gestion des
personnes morales afin d’assurer la transparence, la bonne gouvernance et la protection des tiers.
Cette régulation impose aux dirigeants une responsabilité tant civile que pénale, notamment
lorsqu’ils commettent des actes contraires à la loi ou aux intérêts sociaux. En effet, il existe en
droit, deux sujets qui sont dotés de la personnalité juridique, la personne physique et la personne
morale. Ils disposent tous deux des droits et des obligations 25. Ces sujets peuvent voir leur
responsabilité être engagée lorsqu’ils exercent des activités commerciales, notamment lorsque la
mise en œuvre de l'objet social est confiée spécialement aux dirigeants de la société. Ces
dirigeants peuvent être des personnes physiques ou des personnes morales, qui détiennent la
gestion d’une société. La gestion, c'est-à-dire la direction et l'administration de la société, il
incombe à des organes prévus par les statuts dans le strict respect des dispositions légales. Ces
organes diffèrent selon les types de sociétés concernées. En ce qui concerne les sociétés de
personne, la société en nom collectif (SNC) et la société en commandite simple (SCS) sont
dirigées par des gérants associées ou non, qui peuvent être un ou plusieurs, personne physique ou
morale26. Dans la SNC, tous les associés commandites sont gérants27.
Dans les sociétés de capitaux, la responsabilité pénale ne pèse pas sur la société en tant
que telle. Mais sur ses dirigeants, en fonction de leur rôle et de leur niveau de pouvoir. Ces
dirigeants peuvent être poursuivis pour des infractions commises dans le cadre de leurs
fonctions, ou pour des fautes détachables de celles-ci.
Dans la société à responsabilité limitée (SARL), elle est dirigée par un ou plusieurs
gérants personne physique qui peuvent être associés ou non, désignes par les statuts ou dans un
25
Jean CARBONNIER, Droit civil. Les personnes, Précis Dalloz, 8e édition, paris, 2024, p. 142
26
Akam André AKAM, Droit des société commerciales OHADA, Harmattan, Paris, 2017 p.180
27
Akam André AKAM,[Link],p 430
10
acte postérieur28. Le gérant est la personne physique pénalement responsable des infractions
commises dans la gestion de la société, sauf s’il prouve qu’un autre en est l’auteur direct
notamment en cas de délégation de pouvoir29. En effet, en cas de pluralité de gérants, chacun peut
être tenu responsable selon sa participation aux faits ou sa délégation de pouvoirs.
Dans une sa avec conseil d'administration est un organe de gestion dirigée par un
président du conseil d'administration (PCA) ou un directeur général, éventuellement assisté de
directeurs généraux délégués30. Ainsi cette société est dirigée par un président directeur général 31
ou directeur général est personnellement responsable pénalement, en tant que représentant légal.
Le conseil d'administration peut également engager sa responsabilité collective ou individuelle
en cas de complicité, ou en cas de fautes dans la surveillance.
La gestion, la direction et l’administration des sociétés, incombe à des organes prévus par
les statuts dans le strict respect des dispositions légales 33. En effet, dans les sociétés
commerciales, la désignation des dirigeants repose sur leur statut légal, qui peut être celui de
dirigeant de droit ou de dirigeant de fait.
28
Akam André AKAM,[Link],p 497
29
Akam André AKAM,[Link],p. 505
30
Akam André AKAM,Ibid
31
Akam André AKAM, [Link], p.576
32
Akam André AKAM, Id., p.557
33
Akam André AKAM [Link] , p.170
11
Le dirigeant de droit est celui qui est officiellement désigné par les statuts de la société ou
par une décision des associés pour exercer la direction et représenter la société vis-à-vis des tiers.
Il agit en qualité de mandataire social et bénéficie d’un mandat formel. Par exemple, dans une
Société à Responsabilité Limitée (SARL), le dirigeant de droit est le gérant, qui doit
obligatoirement être une personne physique, associée ou non, nommé soit dans les statuts, soit
par acte séparé34.
Dans une SNC, la direction est assurée par un ou plusieurs gérants, qui peuvent être des
personnes physiques ou morales, nommés selon les statuts ou à l’unanimité des associés 35.
Egalement pour la SCS, l’associé commandité est le gérant, et sa nomination est prévue par les
statuts ou par décision des associés36. À l’inverse, le dirigeant de fait est une personne qui exerce,
sans mandat social officiel, des fonctions de direction et de gestion en toute indépendance,
prenant des décisions importantes pour la société. Il n’est pas désigné dans les statuts mais agit
comme s’il en avait le pouvoir, ce qui peut engager sa responsabilité personnelle en cas de
faute37. En effet un salarié peut être qualifié de dirigeant de fait s’il contrôle effectivement la
société sans lien de subordination, comme cela a été reconnu par la jurisprudence38.
Le droit OHADA, bien que n’utilisant pas expressément l’expression « dirigeant de fait
», reconnaît la possibilité de poursuivre pénalement toute personne qui, sans être officiellement
investie d’un mandat social, prend des décisions engageant la société. Cette reconnaissance vise
à prévenir l’impunité des personnes qui se cacheraient derrière des dirigeants de paille pour
commettre des infractions. Ainsi, la jurisprudence, inspirée du droit comparé (notamment
français), tend à établir une responsabilité fondée sur des critères matériels, tels que la prise de
décisions importantes, la signature d’actes engageant la société, ou l’autorité exercée sur les
34
Jean-Marc DUPUIS, Le droit des sociétés commerciales en droit OHADA, 3ᵉ édition, Abidjan, Éditions Juridiques
Africaines, 2019, p. 128.
35
Julien CARON, Dirigeant de droit et dirigeant de fait : distinctions et implications, 2e édition, Éditions
Jurisprudence, Toulouse, 2021, p. 47.
36
Antoine DUBOIS, La société en commandite simple (SCS) : guide pratique, 1ere édition, Éditions du Midi,
Marseille, 2019, p. 89.
37
Marie Lefèvre, Le dirigeant de fait : définition, fonctionnement et responsabilité, 2e édition, Paris, Éditions
Juridiques Modernes, 2022, p. 58.
38
Paul MARTIN, Les risques liés au dirigeant de fait, 1re édition, Lyon, Dalloz, 2020, p. 102.
12
organes de [Link] dirigeants de fait peuvent voir leur responsabilité engagée en cas de
gestion irrégulière, et leur situation est souvent source de conflits juridiques39.
39
Isabelle PETIT, La société à responsabilité limitée (SARL) : fonctionnement et gestion, 3e édition, Paris, Éditions
L’Harmattan, 2022, p. 112.
13
PARAGRAPHE 1: LA DIFFICILE DÉMONSTRATION DE LA FAUTE
PERSONNELLE DU DIRIGEANT SOCIAL
La responsabilité pénale du dirigent social est un sujet particulièrement complexe en ce
sens qu’il met en évidence des difficultés aussi bien sur la plan de la théorie que sur celui de la
pratique. En principe, le droit pénal repose sur le principe de la personnalité des peines 40 “Nul
n’est pénalement responsable que de son propre fait”. Cependant, dans le contexte de la gestion
des sociétés, il reste particulièrement difficile de déterminer si la faute pénale reprochée au
dirigeant social est bien personnel, c’est-à-dire départie de ses fonctions et assez suffisamment
caractérisée pour intimement engager sa responsabilité41.
40
Article 94 du code pénal ivoirien
41
Article 94 al 1 du code pénal ivoirien
14
Nous tenons donc pour évidence qu’il est particulièrement difficile pour le procureur ou
pour la partie civile d’établir un lien direct et personnel entre le dirigeant social et l’infraction. La
confusion entre la personne morale et la personne physique est parfois complexe. Cependant, il
faut preciser avant tout que, le dirigeant agit au nom de la société. Cette situation fait qu’il est
particulièrement difficile de pouvoir séparer les actions de ce dernier en tant que personne
physique de celles qu’il accomplit en tant que manataire social. Pourtant seule une faute
détachable peut engager sa responsabilité pénale personnelle. Il faudra pertinemment prouver la
volonté manifeste du dirigent social de détourner des fonds ou d’agir en fraude de la loi.
Cependant, on constate que cette intention est rarement manifeste et doit être déduite des faits
concordants comme dans le cas de la dissimulation ou du montage frauduleux.
15
responsabilité pénale de la société n’exclut pas celle du dirigeant lorsque celui-ci a pris une part
active à la commission de l’infraction. Le même article précise que « La responsabilité pénale
des personnes morales n’exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des
mêmes faits »43. Il est donc juridiquement possible de voir la société et son dirigeant être
poursuivis et condamnés solidairement pour une même infraction, notamment en cas de délits
économiques, financiers ou environnementaux.
Du point de vue du droit des sociétés, l’article 122 de l’Acte uniforme OHADA relatif au
droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique (AUSCGIE), les
dirigeants sont responsables, individuellement ou solidairement, selon le cas, des infractions aux
dispositions législatives ou réglementaires, des violations des statuts ou des fautes de gestion 44.
Cette responsabilité est de nature civile, mais elle peut se doubler d’une responsabilité pénale en
cas de manquements graves.
La superposition de ces deux régimes pénal et sociétaire contribue à l’ambiguïté. Elle fait
peser sur le dirigeant une charge de diligence et de vigilance accrue, tout en exposant la société à
des sanctions pénales indépendamment du comportement fautif ou non de son dirigeant.
Comme l’explique Jean PRADEL, la responsabilité pénale du dirigeant ne saurait se
confondre avec celle de la personne morale, car « l’action pénale suppose toujours la preuve
d’une participation personnelle et consciente à l’acte répréhensible » 45. Par ailleurs, Jacques-
Henri ROBERT souligne que « la responsabilité pénale de la personne morale est une réponse à
la complexité des structures économiques modernes, sans pour autant exonérer les dirigeants de
leurs propres fautes »46. Il est donc essentiel de bien distinguer la responsabilité personnelle du
dirigeant, fondée sur sa participation directe à l’acte délictueux, de la responsabilité pénale de la
société, engagée en raison des fonctions ou du statut de son représentant. Cette clarification
s’impose pour éviter une dérive vers une responsabilité automatique du dirigeant, contraire aux
principes fondamentaux du droit pénal.
La confusion entre responsabilité personnelle des dirigeants et responsabilité sociétale
complexifie déjà la compréhension du rôle du dirigeant face aux exigences juridiques. Toutefois,
cette ambiguïté est renforcée par l’existence de mécanismes pratiques qui, dans les faits, tendent
43
Article 96 du code pénal ivoirien
44
Article 122 de AUSCGIE
45
Jean PRADEL, Droit pénal général, 21e édition, édition Cujas; Paris, 2020, p. 302.
46
Jacques-Henri ROBERT, Droit pénal des affaires, 10e édition, Dalloz, Paris, 2019, p. 217.
16
à limiter l'engagement effectif de leur responsabilité pénale. C’est ce second aspect qui fera
l’objet de la section suivante.
La délégation doit être formelle, claire et explicite. Elle doit être rédigée par écrit et
spécifier les pouvoirs transférés, tout en précisant les responsabilités assumées par le
47
Éric MATHIAS, la responsabilité pénale, [Link]., p.212
48
Éric MATHIAS, Id., 213
17
délégataire49. Le dirigeant doit également veiller à ce que le délégataire dispose des compétences
nécessaires pour assumer les responsabilités déléguées50.
Même si une délégation de pouvoir est mise en place, le dirigeant reste responsable d’une
surveillance active du délégataire. L’existence d’une délégation de pouvoir ne signifie pas que le
dirigeant peut se décharger totalement de sa responsabilité. En effet, le dirigeant doit prendre
toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que la délégation de pouvoir est exercée
correctement et conformément à la loi. Il lui incombe, par exemple, de vérifier que les actions
entreprises par le délégataire respectent les normes légales et éthiques. Le défaut de surveillance
ou de contrôle de l'exécution des tâches déléguées peut entraîner la responsabilité pénale du
dirigeant, même s’il a formellement délégué certains pouvoirs. Cela peut être illustré par une
décision de justice où des dirigeants ont été jugés responsables malgré la délégation, en raison de
la négligence ou de l'absence de contrôle52.
49
François Lepineux, la délégation de pouvoir dans l'entreprise,Paris,Dalloz,2015,p.45
50
Jean PAILLUSSEAU, La délégation de pouvoirs,Paris, Revue des Sociétés, 2000, p. 345.
51
Bruno DONDERO, Droit des sociétés,Paris, LGDJ, 2023, p. 299.
52
Cour de cassation, chambre criminelle,arrêt N°93-80.223,disponible [Link]
53
Joséphine ISSA-SAYEGH, Le droit pénal des affaires dans l’espace OHADA, Juriafrica, 2017, p. 128.
18
limites de cette exclusion de responsabilité, notamment lorsqu'une défaillance dans la délégation
conduit à un manquement grave.
La délégation de pouvoir n’est pas le seul levier utilisé pour limiter la responsabilité
pénale du dirigeant. En dehors de ce mécanisme formel, ce dernier peut également tirer parti de
sa position hiérarchique et de la structure même de l’entreprise pour complexifier l’identification
des responsabilités. Cela conduit à une instrumentalisation subtile de sa qualité de dirigeant,
rendant plus difficile toute mise en cause personnelle.
En droit du travail, la qualité de dirigeant n’est pas de nature à conférer une immunité
pénale. Bien au contraire, elle implique un devoir accru de vigilance et de responsabilité dans la
gestion des ressources humaines et dans le respect des normes sociales. Pourtant, certains
employeurs ou dirigeants tentent d’invoquer leur position hiérarchique ou leur éloignement des
faits pour se dégager de toute responsabilité pénale, en particulier en cas de violation du code du
[Link] effet ,Il est fréquent que des dirigeants cherchent à s’exonérer de leur responsabilité
pénale en faisant valoir leur statut de supérieur hiérarchique, prétendant ne pas être directement
impliqués dans les actes délictueux.
19
comme les ressources [Link], a contrario dans la pratique, les dirigeants peuvent
s’exonérer de leur responsabilite penale en évoquant qu’il sont les representants legaux de la
sociéte et insinuer d’avoir agir pour le nom et le compte de la societe. C’est ce qui ressort de
l'arrêt TIK DISTRIBUTION GAZ et M. KONE Mamadoua 55 . Dans l’espèce, M. KONE
Mamadou, sans être désigné comme gérant statutaire de la société TIK DISTRIBUTION GAZ,
avait accompli plusieurs actes en son nom, notamment la signature de contrats commerciaux. La
société a contesté ces actes, affirmant que M. KONE n’avait pas qualité pour l’engager
juridiquement. La Cour a reconnu que M. KONE Mamadou, bien qu’il ne soit pas officiellement
nommé gérant, avait accompli des actes relevant des fonctions de gestion, ce qui faisait de lui un
gérant de fait. C’est ainsi que les actes accomplis par M. KONE engagent la société vis-à-vis des
tiers. La société ne pouvait donc pas se dégager de sa responsabilité contractuelle sous prétexte
que M. KONE n’avait pas été formellement désigné comme gérant.
Cet arrêt consacre le principe selon lequel la société peut être tenue responsable des actes
accomplis par un dirigeant de fait, dès lors que ce dernier agit publiquement et de manière
répétée au nom de la société. Ainsi, le fait d’être à la tête d’une entreprise suppose une capacité à
organiser, contrôler et surveiller le bon fonctionnement de ses services. Cette présomption rend
la défense fondée sur l’ignorance ou la délégation floue peu crédible devant les juridictions.
Hors, au-delà du droit, il existe une exigence éthique qui se résume en ce qu’ un dirigeant qui
assume la conduite de l’entreprise doit également assumer les conséquences juridiques des choix
stratégiques et des dysfonctionnements. Il en va de la crédibilité de la fonction managériale et de
la confiance des partenaires sociaux.
55
Cour d’appel de commerce d’Abidjan,arrêt N ° 406/2023 du 12 avril 2023, TIK DISTRIBUTION GAZ c/M.
KONE Mamadoua ohadata J-11, disponible [Link]
56
Chritine LAZERGES, responsabilité pénale des dirigeants, dalloz, Paris, 2019, p. 145
20
L’article 94 du code pénal ivoirien pose clairement le principe que nul n’est responsable
que de son propre fait, mais cette règle n’exclut pas la responsabilité des dirigeants pour des faits
commis sous leur autorité ou par leur négligence. Le dirigeant ne peut donc pas se retrancher
derrière son statut pour éviter les poursuites, notamment en cas d’accident du travail ou de
violation grave des droits fondamentaux des salariés. Cette présomption de responsabilité
s’explique par le rôle central du dirigeant dans la définition et la mise en œuvre de la politique de
l’entreprise. La cour de cassation l’a rappelé à travers ces termes : « le dirigeant ne peut se
retrancher derrière la structure complexe de l’entreprise pour éluder sa responsabilité »57.
57
our da cassation chambre criminelle, arrêt N°13 octobre 1992, n° 91-85.229, disponible
[Link]
58
Article 121-2 du code pénal Français
21
CONCLUSION
Au terme de cette étude, il ressort que la responsabilité pénale des dirigeants sociaux est
bien encadrée sur le plan textuel par le droit ohada et les législations nationales qui s’y
rattachent, notamment à travers l’acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et les
dispositions pénales générales. Ce cadre juridique permet, en théorie, de sanctionner les dérives
individuelles des dirigeants, qu’ils soient de droit ou de fait, en posant des conditions précises de
mise en œuvre et en identifiant clairement les personnes concernées.
Cependant, dans la pratique, cette responsabilité pénale peine à produire pleinement ses
effets. La confusion entre la responsabilité du dirigeant et celle de la société, les difficultés
probatoires, ou encore l’usage stratégique de mécanismes tels que la délégation de pouvoir ou la
dilution des responsabilités dans l’organigramme social, rendent la répression pénale souvent
incertaine et inopérante.
Ainsi, bien que les dispositions en vigueur offrent une base solide pour engager la
responsabilité des dirigeants, leur efficacité réelle demeure limitée par des obstacles d’ordre
technique, organisationnel et judiciaire.
22
restaurer la confiance dans la gouvernance des sociétés et à promouvoir un environnement
économique plus sain dans l’espace ohada.
BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES
OUVRAGES GENERAUX
AKAM Akam André, droit des sociétés commerciales OHADA, Harmattan, Paris, 2017.
CABRILLAC Rémy,(sous Dir), Dictionnaire du vocabulaire juridique ,
Paris,LexisNexis,2008.
DONDERO Bruno, Droit des sociétés,Paris, LGDJ, 2023.
MATHIAS Éric, la responsabilité pénale, Gualino éditeur, Paris, 2005.
MERLE Philippe, Droit des sociétés, 15e édition, Paris,LGDJ, 2022.
PRADEL Jean, Droit pénal général, 21e édition, Paris, édition Cujas , 2016.
ROBERT Jacques-Henri, Droit pénal des affaires, 10e édition , Paris, Dalloz, 2019.
OUVRAGES SPECIFIQUES
DALMASSO Thierry, responsabilité pénale des personnes morales: evolution des risque
et stratégie de defense, Paris,édition EFE, 1996.
GERMAIN Michel, La responsabilité pénale des dirigeants sociaux, Paris, LexisNexis,
2002.
LAZERGES Christine, responsabilité pénale des dirigeants, Paris, dalloz,2019.
ARTICLE
23
ROBERT Jean Henri, « La responsabilité pénale des chefs d’entreprise», Penant, 1997, p.
345-381
LEGISLATIONS
JURISPRUDENCE
24
TABLE DES MATIÈRES
DEDICACE.........................................................................................................................................................I
REMERCIEMENTS............................................................................................................................................II
SIGLES ET ABREVIATIONS..............................................................................................................................III
SOMMAIRE....................................................................................................................................................IV
INTRODUCTION.............................................................................................................................................. 1
CHAPITRE I : L'EXISTENCE D'UNE MISE EN ŒUVRE TEXTUELLE DE LA RESPONSABILITE PENALE DES
DIRIGEANTS SOCIAUX.....................................................................................................................................5
SECTION I : LES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE DE LA RESPONSABILITE PENALE DES DIRIGEANTS SOCIAUX
........................................................................................................................................................................ 5
PARAGRAPHE 1 : LA RESPONSABILITE DU DIRIGEANT POUR FAUTE DETACHABLE DE SES FONCTIONS.....5
PARAGRAPHE 2 : LA RESPONSABILITE DU DIRIGEANT EN CAS D'UNE..........................................................7
INFRACTION DANS SES FONCTIONS..............................................................................................................7
SECTION II : LA DETERMINATION DES DIRIGEANTS PENALEMENT RESPONSABLE.....................................10
PARAGRAPHE 1 : L’IDENTIFICATION DES DIRIGEANTS PENALEMENT RESPONSABLES EN FONCTION DE LEUR
PERSONNE.................................................................................................................................................... 10
PARAGRAPHE 2 : LA DETERMINATION DES DIRIGEANTS EN FONCTION DE LEUR STATUT LEGAL.............12
CHAPITRE II : LA DIFFICULTE D'UNE MISE EN ŒUVRE PRATIQUE DE LA RESPONSABILITE DES DIRIGEANTS13
SECTION I : UNE CONFUSION ENTRE LA RESPONSABILITE PENALE DU DIRIGEANT ET LA RESPONSABILITE
SOCIETALE.....................................................................................................................................................14
25
PARAGRAPHE 1: LA DIFFICILE DÉMONSTRATION DE LA FAUTE PERSONNELLE DU DIRIGEANT SOCIAL....14
PARAGRAPHE 2 : UN CUMUL DE RESPONSABILITE.....................................................................................15
SECTION II : UNE EXISTENCE DE MECANISME PRATIQUE LIMITANT LA RESPONSABILITE PENALE DES
DIRIGEANTS..................................................................................................................................................17
PARAGRAPHE 1 : L'EXCLUSION DE LA RESPONSABILITE PENALE DU DIRIGEANT.......................................17
PARAGRAPHE 2 : L'UTILISATION DE LA QUALITÉ DE DIRIGEANT................................................................19
CONCLUSION.................................................................................................................................................23
BIBLIOGRAPHIE.............................................................................................................................................24
TABLE DES MATIÈRES...................................................................................................................................26
26