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Sources et défis de la croissance économique

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Chapitre 1: Quels sont les sources et les

défis de la croissance économique ?

I/ Qu’est-ce que la croissance et quelles sont les sources?

1°) la croissance économique: définition et mesure

La croissance économique est définit comme l’accroissement durable de la production globale


d’une économie sur une longue durée. Le principal inducteur utilisé pour la mesurer est le produit
intérieur brut (PIB). La croissance correspond donc aux taux de croissance du PIB. Afin d’éliminer l’effet
de l’augmentation des prix et n’avoir que l’augmentation des quantités, il faut calculer le PIB à prix
constant, aussi appelé PIB réel. On obtient ainsi la croissance réelle.

→ En France, selon la Banque Centrale, le taux de croissance du PIB en 2024 était de 1,2%.

→ Selon l’INSEE, en France, l’indice des prix à la consommation était de 112,25 en 2022, base 100
en 2014, ce qui veut dire que la consommation de la France a augmenté de 12,25% entre 2014 et
2022.

Il est essentiel de distinguer la croissance économique de l’expansion ou du développement. Une


expansion représente une hausse brutale de la production nationale sur une courte durée, tandis que la
croissance est durable. Le développement, quant à lui, désigne l’ensemble des transformations
techniques, sociales, culturelles et démographiques, traduisant ainsi un aspect qualitatif alors que la
croissance est une notion quantitative. La croissance économique est nécessaire pour le
développement, mais toute croissance n’entraîne pas systématiquement le développement.

→ croissance économique dans pays développés permet de diminuer le chômage et restaurer les
comptes publics, alors que dans pays pauvres, on attend qu’elle fasse diminué la pauvreté et accroître le
bien-être des populations. (exemple développement)

→ Pendant Trente Glorieuses (1945-1975), en France, la forte croissance économique s’est


accompagné d’un pic de natalité, appelé le Baby Boom, d’une baisse du chômage et du début de la
société de consommation. (exemple développement)

→ La reprise économique en 2022, après le choc de la pandémie de COVID-19, illustre bien un


expansion.

2°) Une analyse à long terme

La croissance économique est un phénomène récent à l’échelle de l’histoire mondiale. Pendant des
siècles, le revenu moyen par habitant est resté quasiment stagnant. Le niveau de vie d’un paysan
européen au XIIe siècle était comparable à celui d’un ouvrier britannique au début du XIXe siècle. Cela
est du au fait que les innovations étaient souvent annulés par la croissance démographique, les famines
ou les épidémies.

→ Selon Maddison historical statistics, en l’an 1, le PIB mondial par habitant en PPA était de 467$ et
en l’an 1700, il était de 615$.

→ Selon Maddison historical statistics, en 2001, le PIB mondial par habitant en PPA était de 7614$

Le véritable décollage économique commence avec la Révolution Industrielle, au XIXe siècle. La


première révolution industrielle a augmenté la production et facilité le commerce. Lors de la seconde
révolution industrielle, la sidérurgie et l’industrie chimique jouent un rôle important dans l’industrie
industrialisante. Ces révolutions provoquent une hausse du PIB par habitant et un enrichissement
durable des populations.

→ Machine à vapeur de James Watt a permis le développement de l’industrie textile et des


transports ferroviaires.

→ Sidérurgie et électricité ont favorisé l’émergence de nouvelles industries et de l’industrialisation


des villes européennes.

La croissance n’a pas été uniforme à l’échelle mondiale. C’est d’abord en Angleterre qu’a eu lieu le
premier démarrage économique, puis en France et aux Etats-Unis. La croissance économique a donc
été le phénomène des vieux pays industrialisés puis à la fin du XXe siècle, de certains autres pays.
Toutefois, il reste des pays qui sont à l’écart.

→ BRICS (Russie, Inde, Brésil, ect..), ainsi que pays de l’Asie du Sud-Est ont connu une forte
croissance à partir des années 1980-1990 grâce aux investissements industriels et aux réformes
économiques.

→ On peut constater un ralentissement de la croissance dans les pays développés : en France, selon
l’INSEE, le taux de croissance annuel moyen est passé de 5,4% entre 1950 et 1970 à 1,2% entre 2001
et 2010.

3°) Les sources de la croissance

La croissance économique repose d’abord sur l’accumulation des facteurs de production.


L’augmentation du facteur travail et du facteur capital permet une croissance extensive. Cependant, la
limite de l’accumulation des facteurs est la loi des rendements décroissants.

→ Le baby-boom en France, après 1945 a contribué à accroître la production française.

→ Les investissements, massif en machine en infrastructure pendant les Trente Glorieuses ont
soutenu la croissance française.

L’accumulation du facteur capital résulte de l’investissement. On distingue l’investissement matériel,


qui concerne l’acquisition de biens de production comme les terrains, bâtiments ou machines, de celui
immatériel, qui regroupe l’ensemble des dépenses en service qui doivent améliorer la capacité de
production ou l’efficacité de l’entreprise, comme les dépenses en recherche et développement.
→ Les investissements en recherche et développement dans les secteurs numériques ou
énergétiques, permettent la création de nouveaux produits et la amélioration de l’efficacité de
production.

→ Michelin a investi en 2014, dans de grandes plantations d’hévéas, pour sécuriser son app
improvisation en caoutchouc naturel.

Cependant l’accumulation des facteurs de production ne suffit pas à expliquer toute la croissance
économique. Une part importante provient de la productivité globale des facteurs (PGF), mesure du
progrès technique qui se traduit par un gain de productivité. L’accroissement de la production
résultant de l’amélioration de combinaison de facteurs s’appelle une croissance intensive. La limite de la
PGF est le phénomène de destruction créatrice théorisé par Schumpeter.

→ Au XIXe siècle, la machine à vapeur, et l’électricité ont considérablement amélioré la productivité


en Grande-Bretagne.

→ Au XXIe siècle, l’informatique, l’Internet et l’intelligence artificielle, permis de produire avec le


même nombre de salariés et de machines.

→ Selon l’OCDE, en 2019, le PIB de la Grèce a augmenté de 1,8 %. Cette os s’explique par la
contribution du facteur travail et du facteur capital à hauteur de 0,2 points de pourcentage et à la
contribution de la PGF à valeur de 1,6 points de pourcentage.

II/ Quel est le rôle du progrès technique, des innovations et


des institutions dans la croissance économique?

1°) Innovations, source du progrès technique

L’économiste Robert Solow est le premier a prouvé mathématiquement que cette source non
extensive de la croissance, appelle progrès technique, explique une part essentielle de la croissance
économique, c’est ce qu’on appelle aussi le “résidu de Solow”. L’innovation au sens économique est une
application concrète d’une invention et constitue le moteur principal du progrès technique.

→ La machine à vapeur de James Watt a transformé l’industrie textile et les transports.

→ L’apparition d’Internet dans les années 1990, a bouleversé les communications et de commerce.

Une fois que les innovations ont été adaptées aux contraintes du secteur économique concerné,
elles y sont introduites par le biais d’investissements dont l’effet sur la croissance est démultiplié
permettant de mettre en lumière l’effet du progrès technique. L’innovation peut être radicale, c’est-à-
dire qu’elle constitue une rupture majeure au sein de l’économie, ou incrémentale, qui renvoit à
l’amélioration progressive d’une technologie.

→ Les modèles de smartphones sont des innovations incrémentale de nos jours puisque il y a de
nouvelles améliorations qui se font chaque années.
→ L’iPhone au début des années 2000 a été une innovation radiale, puisque c’était un nouveau
produit.

Les innovations prennent différentes formes. Ainsi, Schumpeter distingue cinq sortes d’innovations:

innovation de produit : nouveau bien ou service


innovation de procédé : nouvelle méthode de production
innovation d’organisation du travail : nouveau mode de gestion du travail
innovation commerciales : création de nouveaux marchés
innovation de matière première : utilisation de nouvelles ressources

Ces innovations procurent un avantage aux entreprises qui les adoptent puisqu’elles leur permet
d’avoir une rente de monopole qui les incitent à investir en recherche et développement. La diffusion de
ces innovations provoque ensuite une dynamique concurrentielle qui entretient la croissance
économique.

→ L’iPhone, est une innovation de produits qui a transformé le marché de la téléphonie.

→ Les ordinateurs plus performant sont des innovations de procédé de production.

→ Le fordisme, mode d’organisation de la production de manière à fabriquer beaucoup plus d’objets


à la chaîne tout en payant, mieux les ouvriers pour qu’il puisse acheter ce qu’ils fabriquent et une
innovation d’organisation du travail.

→ Des nouvelles technologies de vente par Internet, comme l’uber sont des innovations
commerciales.

→ Le développement des voitures électriques avec l’électricité qui remplace le carburant est une
innovation de matière première.

2°) Le progrès technique, vecteur de gains de productivité

Le progrès technique est le principal facteur de la productivité globale des facteurs car il permet
d’accroître le volume de production sans augmenter les facteurs travail, donc en améliorant l’efficacité
des facteurs de production.

Les innovations de procédé permettent, ainsi, de produire autant avec moins de ressources, tandis
que les innovations de produit élargissent les marchés et les débouchés de l’entreprise en générant des
économies d’échelles. C’est ce que l’on appelle l’effet par l’offre.

Le PT cependant agit aussi par la demande puisque les gains de productivité réduisent le coût
moyen :

les entreprises peuvent ainsi choisir de maintenir les prix et dégager plus de bénéfices, leur
permettant d’investir davantage
elles peuvent maintenir les prix et augmenter les salaires, permettant une hausse de la
consommation
elles peuvent aussi baisser les prix de vente, ce qui entrainera une hausse des exportations et de la
consommation
Les gains de productivité permettent donc de favoriser l’investissement, la consommation et/ou les
exportations, soit les trois composants de la demande globale. Ainsi, ils nourrissent la croissance à
court terme et constituent un moteur essentiel de la dynamique de croissance à long terme.

→ La robotisation chez Toyota permet de produire davantage de voiture avec moins de main
d’œuvre.

→ L’innovation des smartphones entraîne chaque année, grâce au progrès technique, une hausse de
la demande globale.

→ La politique Ford qui consiste à augmenter les salaires tout en produisant un bas prix à stimuler la
consommation de masse.

3°) Comment expliquer l’origine du progrès technique?

Longtemps considérée comme exogène, le progrès technique était vu comme un phénomène


extérieur au système économique, qui “tombait du ciel” selon R. Solow, et qu’on ne pouvait rien faire
pour en favoriser l’apparition. Les théories de la croissance endogène ont montré que le progrès
technique résulte des décisions des agents économiques. En effet, les entreprises, l’Etat et les ménages
investissent dans différents capitaux qui créent des externalités positives, qui sont profitables à
l’ensemble de l’économie et qui entretiennent un cercle vertueux de la croissance auto-entretenue.

→ Une entreprise comme Google investi, massivement en recherche et développement pour créer
de nouvelles innovations.

→ Un ménage qui finance les études supérieur de ses enfants, investi dans le capital humain, ce qui
améliore leur perspective de revenus futur.

→ Un état comme la France, investit en moyenne 7% de son PIB à l’éducation afin d’accroître les
compétences de la population.

Les théories de la croissance endogène mettent en avant trois grands investissements publics:

infrastructures: facilitent l’activité des entreprises en réduisant les coûts de transport et en


accélérant la circulation des marchandises
enseignement public : forment une main d’œuvre qui est bénéfique aux entreprises
dépenses en recherche et développement : stimule l’innovation grâce à la recherche fondamentale,
c’est-à-dire les résultats incertains souvent financée par l’état, qui prépare le terrain à la
recherche appliquée, qui est l’exploitation de la recherche fondamentale par les entreprises.

Ces investissements publics sont cruciaux car ils génèrent des externalités positives profitant à
toute l’économie.

→ Exemples d’investissement public dans les infrastructures: construction du TGV en France, canal
de Suez, en Égypte, qui réduit les coûts de transport et qui est profitable à l’ensemble de la planète.

→ Exemple d’investissement dans l’enseignement public: les universités publiques françaises, comme
la Sarbonne ou Polytechnique, forme des ingénieurs et des chercheurs qualifiés.
→ Exemple d’investissement dans la recherche et développement: le programme Ariane, financé par
l’État a des retombées technologiques qui bénéficient à de nombreuses entreprises.

Il existe quatre types de capitaux qui entretiennent une croissance auto-entretenue et qui sont
profitables à l’ensemble de l’économie:

Capital technologique: ensemble de connaissances relatives à la production. Ce capital a comme


sources les recherches et développements et contribue au PT grâce aux connaissances cumulatives
qui favorisent de nouvelles innovations. Les agents économiques sont poussés à investir dans ce
capital pour avoir une rente de monopole et obtenir plus de profits, ce qui permet d’accroître la
croissance économique.

→ L’application Waze issue de la recherche en géo de localisation a ouvert la voie à de nouvelles


innovations numériques.

Capital humain: stock de savoir faire, savoir être et état de santé. Ce capital a comme sources les
investissement en éducation et santé et les ménages sont poussés à investir pour obtenir un revenu
plus élevé en devenant plus productif. La population éduquée et en bonne santé stimule l’innovation
et la création de connaissances. Ce capital génère des externalités positives grâce au niveau
d’éducation qui améliore la productivité.

→ Les travaux de Pasteur sur les vaccins ont amélioré le monde scientifique et le marché des
vaccins.

→ La formation continue chez Google illustre l’impact du capital humain sur l’innovation.

Capital physique: stock de biens durables utilisés pour produire. Les sources d’investissements sont
les achats de bien de production pour réduire les coûts de production ou accroître la productivité.
Ce capital permet la diffusion des connaissances et l’accroissement des qualifications ce qui a une
externalité positive sur la croissance qui est lié au transfert des savoir faire et l’amélioration de la
productivité du travail capital.

→ Henry Ford introduit la chaîne d’assemblage mécanisée qui augmente fortement la productivité
industrie.

Capital public: les infrastructures financées par l’Etat. L’Etat investit dans des domaines aux fortes
externalités positives que le privé délaisse pour améliorer le capital humain et physique et ainsi voir
le coût des transport baisser, une amélioration des infrastructures et une diffusion des
connaissances.

→ En France, l’État consacre environ 7 % du PIB à l’éducation ce qui renforce le capital humain et
simuler la productivité.

Plus les investissement sont importants, plus les capitaux s’accumulent et plus la croissance
économique sera forte. L’accumulation d’une forme de capital peut conduire à l’accumulation d’une
autre forme de capital.

→ La création de nouvelles universités école (capital public) peut conduire à l’accumulation du


capital humain qui favorise son tour le capital technologique. Cette accumulation du capital permet
d’augmenter l’efficience de la combinaison productive.
4°) Quel est le rôle des institutions dans la croissance?

Les institutions jouent un rôle crucial dans la croissance car elles garantissent la sécurité et la
confiance nécessaire aux échanges et aux investissements et structurent l’économie. Il existe quatre
types d’Institutions :

Institution créatrice de marché: protège les droits de propriété et permet l’exécution des contrats
Institution de réglementation de marché: règlemente les marchés en particulier pour que la
concurrence s’opère et pour limiter les effets des externalités négatives
Institution de légitimation de marché: légitime les résultats de l’activité économique en favorisant
une protection sociale et en redistribuant les richesses
Institution de stabilisation de marché: limite l’inflation, les déséquilibre macroéconomiques et
évitent les crises financières

→ L’office européen des brevets, protège les innovations. ( institution créatrice de marché)

→ Le système assurance chômage et la sécurité sociale en France (institutions de légitimation de


marché)

→ La banque centrale européenne assurant la instabilité des prix (institution de stabilisation des
marchés)

→ La loi interdisant l’usage d’un additif alimentaire potentiellement cancérigène (institutions de


réglementation des marchés)

Les droits de propriété sont fondamentaux pour favoriser la croissance économique car les
entreprises seront pas inciter à produire si elles risquent de se faire voler leur production. De même,
une innovation peut se faire dérober les résultats de ses recherches si elle ne possède pas de brevet
pour protéger son bien. Pour inciter les entreprises à produire et investir, il faut que les pays disposent
d’institutions solides et non corrompues, comme les tribunaux d’autorité de la concurrence, pour inciter
à innover et ainsi favoriser l’activité et la croissance économique.

→ La contrefaçon est considéré comme une fraude, car droit de propriété est utilisé par un autre.

→ Nestlé possède des brevets sur leur machine à café pour avoir une rente de monopole.

5°) Innovations et processus de destruction créatrice

Le progrès technique s’accompagne d’un processus de destruction créatrice selon Schumpeter. Le


mécanisme est assez simple: dans les entreprises où les gains de productivité sont importantes du fait
des innovations, les profits sont élevés, ce qui attire de nouveaux producteurs et baissent les prix,
engendrent une hausse de la concurrence. Les producteurs les moins concurrents ne pourront donc pas
faire face et feront faillite.

→ En 1881, Eastman a inventé le premier appareil photo. Cette innovation a été remplacé par les
téléphones ou les appareils photos plus performants, ce qui a entrainé la faillite de l’entreprise Kodak.

→ Les machines à laver ont supprimé les pressing, car c’est moins cher et plus pratique.
→ Les DVD et CD remplacés par le streaming avec des plateformes comme Netflix ou Spotify.

Le PT crée des emplois mais en détruit d’autres. Se pose alors le problème du reclassement des
emplois les moins qualifiés. Les effets créateurs du progrès technique ne sont pas immédiat car les
innovations fondamentales se diffusent progressivement par les innovations secondaires. Nos sociétés
contemporaines doivent donc assurer la fonction centrale de la main d’œuvre pour la rendre employable
et adaptable au changement technologique sans cesse renouvelé.

→ Il existe des programmes de formation continue en Allemagne pour limiter le chômage


technologique.

→ Les librairies ont tendance à disparaître à cause des plateformes de vente en ligne.

→ La robotisation a créé de nouveaux emplois dans la maintenance et la programmation.

III/ Quels sont les défis de la croissance économique?

1°) Le PT entraine du chômage et des inégalités de revenus

La croissance économique, générée en partie par le progrès technique, a permis globalement


l’amélioration des niveaux de vie des individus. Cependant, la croissance ne profite pas à tout le monde
de la même manière. Ainsi, le progrès technique peut être à l’origine des inégalités de revenus à travers:

la création de rente de monopole : une entreprise innovante se trouve en situation de monopole


temporaire et réalise un profit plus élevé. Les innovateurs voient leurs revenus augmenter par
rapport aux autres acteurs de l’économie.

→ Google aujourd’hui, détient plus de 90 % du marché des moteurs de recherche, ce qui lui
permet de profiter d’une rente de monopole grâce à sa position dominante et à la masse de données
qu’il contrôle.

transformation en profondeur la structure du marché du travail avec une polarisation de l’emploi :


les emplois très qualifiés se développent, tout comme certains emplois peu qualifiés , alors que les
emplois intermédiaires tendent à disparaître.

→ emplois peu qualifiés et non routiniers: aides-soignantes, employés de nettoyage, serveurs, qui
ont une faible rémunération, qui ne sont pas touchés par le PT et qui stagnent donc.

→ emplois peu ou moyennement qualifiés et routiniers: comptables, caissiers, opérateurs de chaîne,


qui ont une faible rémunération, qui sont potentiellement substituables et qui sont en voit de disparition
et avec une baisse des salaires.

→ emplois très qualifiés et non routiniers : ingénieurs, financiers, statisticiens, programmeurs, qui
ont un salaire élevé, qui sont compatibles avec le PT et qui ont une hausse des salaires et se
développent.

répartition inégale du PT dans tous les pays et même au sein d’un pays, il diffère selon les régions.

É
→ Les États-Unis et la Chine concentrent une grande partie des innovations, alors que les pays
d’Afrique subsaharienne restent en retard, ce qui creuse les écarts de développement.

→ En France, la région parisienne concentre la majorité des emplois très qualifiés dans les secteurs
innovants, tandis que des régions industrielles comme les Hauts-de-France ont davantage subi la
désindustrialisation et la perte d’emplois routiniers.

Le progrès technique agit de deux manières sur l’emploi : il peut être complémentaire au travail, en
rendant les salariés plus productifs, ou substitutif, en remplaçant certaines tâches par des machines. Ce
double effet s’inscrit dans la logique de la destruction créatrice : des emplois disparaissent mais de
nouveaux secteurs se développent.

→ Les pompistes dans les stations-service ou les caissiers sont remplacés par des automates.

→ le chômage technologique: causé par la découverte de procédés qui économisent la main-


d'œuvre.

2°) La croissance peut-elle être respectueuse de l’environnement?

a) les défis écologiques

La croissance économique présente des limites écologiques car elle a des conséquences négatives
sur l’environnement. En effet, elle repose sur une exploitation accrue des ressources naturelles. Les
biens communs, qui sont rivaux et non-excluables, sont particulièrement menacés, car leur utilisation
excessive entraîne leur surexploitation. En effet, du fait du caractère rival, chacun l’exploite au maximum
pour en profiter et du fait de son caractère non excluable, personne n’a intérêt à prendre en charge sa
protection ou son renouvellement. Cette logique conduit à l’épuisement de certaines ressources
indispensables au développement humain. C’est ce qu’on appelle la tragédie des biens communs.

→ La surpêche réduit les stocks mondiaux de poissons.

→ La pénurie de sable, ressource essentielle pour la construction et l’industrie technologique,


devient une menace mondiale puisque chaque année, on utilise environ 50 milliards de tonnes de sable
et de gravier dans le monde, selon les Nations Unies.

La croissance économique a aussi un impact direct sur le climat. L’augmentation du PIB mondial est
corrélée à une hausse des émissions de gaz à effet de serre. Cela entraîne un réchauffement climatique,
une perte de biodiversité, l’acidification des océans, des sécheresses et des catastrophes naturelles.
Ces coûts environnementaux sont des externalités négatives, car ils ne sont pas intégrés dans le prix
des biens et services.

→ Selon Eloi Laurent, entre 1944 et 2015, le PIB mondial a été multiplié par 12,5, tandis que les
émissions cumulées de CO₂ ont été multipliées par 6,5.

→ Le jour du dépassement est passé du 1er août en 2024 au 24 juillet en 2025, montrant que
l’humanité consomme toujours plus vite que la Terre ne peut se régénérer.

a) la croissance soutenable
Pour répondre aux défis environnementaux, les économistes distinguent deux visions de la
croissance soutenable. La soutenabilité faible considère que les différents types de capital (naturel,
humain, physique, social) sont substituables : on peut détruire une partie du capital naturel si l’on crée
du capital technique ou humain grâce au progrès technique qui joue donc un rôle fondamentale
puisqu’il doit permettre de remplacer le capital naturel et ainsi ne pas ralentir la croissance économique.
À l’inverse, la soutenabilité forte estime que le capital naturel est irremplaçable : il doit être strictement
préservé afin de transmettre un environnement viable aux générations futures.

→ Soutenabilité faible : recours aux énergies renouvelables, développement des voitures


électriques, recyclage.

→ Soutenabilité forte : promotion de la décroissance, de modes de vie plus douces (mobilité douce,
agriculture locale, réduction des consommations énergétiques).

Un développement durable doit donc être viable (associer croissance économique et préservation
de l’environnement), équitable (associer croissance et réduction des inégalités et de la pauvreté) et
vivable (concilier le développement humain et la préservation de l’environnement).

→ viable : énergies renouvelables pour produire.

→ équitable : consacrer la richesse produite au développement sanitaire et éducatif.

→ vivable : améliorer l’accès à l’eau et à l’air pur.

c) les innovations peuvent-elles protéger l’environnement?

Les innovations technologiques peuvent jouer un rôle positif dans la protection de l’environnement.
On parle d’innovations vertes lorsqu’elles permettent de réduire les émissions polluantes, d’économiser
les ressources ou de recycler les déchets. Ces innovations peuvent être des innovations de procédés,
de produits ou d’organisation.

→ Une tour en Chine purifie 10 millions de m³ d’air par jour (innovation de procédé)

→ Le lave-linge réparable lutte contre l’obsolescence programmée (innovation de produit)

→ Le télétravail permet de limiter les déplacements non nécessaires au sein des entreprises
(innovation de procédé)

Cependant, l’efficacité des innovations est parfois limitée par l’effet rebond. Lorsqu’un bien devient
plus efficace, sa consommation peut augmenter au lieu de diminuer. On appelle également ce
phénomène : “le paradoxe de Jevons”.

→ les voitures consomment moins de carburant, mais comme elles sont moins coûteuses à utiliser,
les individus les conduisent davantage, ce qui annule les bénéfices écologiques.

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