Conséquences du surpoids et de l’obésité sur la santé
Un IMC élevé constitue un facteur de risque majeur de plusieurs maladies chroniques :
✔ Maladies cardiovasculaires : hypertension, cardiopathie, accident vasculaire cérébral
✔ Diabète : au moins 2 500 cas/an au Sénégal
✔ Troubles musculo-squelettiques : arthrose
✔ Cancers : endomètre, sein, côlon
✔ Risque accru de décès prématuré et d’incapacité à l’âge adulte chez l’enfant
Carences en micronutriments
La malnutrition par carence en micronutriments résulte d’un apport insuffisant en vitamines et
minéraux essentiels.
Causes principales :
• Faible biodisponibilité de certains minéraux
• Besoins accrus lors de la croissance, la grossesse, l’allaitement
• Infections fréquentes (parasites, diarrhée, troubles de malabsorption)
Micronutriments essentiels pour la santé :
✔ Fer
✔ Vitamine A
✔ Iode
✔ Zinc
✔ Acide folique (B9)
✔ Vitamine B12
Carences en fer
Causes principales :
✔ Apports insuffisants en fer dans l’alimentation
✔ Diminution de l’absorption intestinale du fer
✔ Augmentation des pertes :
• Hémorragies menstruelles
• Infestations parasitaires
✔ Augmentation des besoins :
• Grossesse, allaitement
• Croissance de l’enfant
• Maturation sexuelle chez l’adolescente
Anémie ferriprive (forme avancée de la carence en fer)
Symptômes variables selon la sévérité et la rapidité d’installation :
✔ Pâleur cutanéomuqueuse
✔ Asthénie (fatigue excessive)
✔ Tachypnée (respiration accélérée)
✔ Tachycardie (accélération du rythme cardiaque)
✔ Dyspnée d’effort (essoufflement à l’effort)
✔ Céphalées, vertiges
Définition et mesure de l’anémie
Définition
L’anémie est un état caractérisé par une diminution de la quantité ou de la qualité des
érythrocytes (globules rouges) circulants par rapport à la normale.
Méthodes de mesure
✔ Nombre de globules rouges
✔ Taux d’hémoglobine (Hb) (méthode la plus courante)
✔ Hématocrite (Ht)
Seuils de diagnostic de l’anémie (OMS, 2011)
Groupe Hémoglobine (g/L) Hématocrite (%)
Enfants 0,5 - 4,99 ans 110 33
Enfants 5 - 11,99 ans 115 34
Enfants 12 - 14,99 ans 120 36
Femmes non enceintes
120 36
(>15 ans)
Femmes enceintes 110 33
Hommes (>15 ans) 130 39
Nouveau-né 140 -
Anémie sévère Hb < 70 g/L -
Conséquences de l’anémie ferriprive
✔ Diminution de la capacité physique à l’effort
✔ Augmentation des risques de prématurité et de faible poids de naissance
✔ Hausse de la mortalité fœto-maternelle
✔ Augmentation de la morbidité et de la mortalité infantile
✔ Réduction des capacités intellectuelles
✔ Affaiblissement du système immunitaire (baisse de la résistance aux infections)
Carence en iode
Un problème de santé publique au Sénégal
✔ Plus on s'éloigne des régions côtières, plus l’incidence du goitre augmente.
✔ Le goitre est une hypertrophie de la glande thyroïde, située au niveau du cou, due
principalement à un manque d’iode dans l’alimentation (goitre endémique).
Rôle de l’iode dans l’organisme
✔ L’iode est nécessaire à la synthèse des hormones thyroïdiennes.
✔ Une carence entraîne des difficultés pour la glande thyroïde à produire suffisamment
d’hormones.
✔ Dans certains cas, malgré l’hypertrophie, la production hormonale reste suffisante.
Conséquences de la carence en iode
✔ Développement du goitre
✔ Crétinisme (retard mental sévère lié à une hypothyroïdie congénitale)
✔ Retard mental endémique
✔ Baisse de la fertilité
✔ Augmentation des avortements spontanés
✔ Hausse de la mortalité périnatale
Conséquences de la carence en iode chez les enfants
Effets sur le développement du fœtus et du nourrisson
✔ Lésions cérébrales évitables, pouvant entraîner un retard mental irréversible
✔ Ralentissement psychomoteur : gestes lents et maladroits, retard dans les acquisitions
motrices (tenir assis, tenir debout, marcher)
✔ Retard de maturation osseuse et de croissance
✔ Troubles neurologiques sévères : risque de surdité et de mutisme
Effets sur la santé respiratoire et digestive
✔ Troubles de la déglutition (difficulté à avaler)
✔ Compression de la trachée → Troubles respiratoires
Autres conséquences majeures de la carence en iode
✔ Goitre (hypertrophie de la glande thyroïde)
✔ Crétinisme (retard mental sévère et irréversible)
✔ Retard mental endémique
✔ Baisse de la fertilité
✔ Augmentation des avortements spontanés
✔ Hausse de la mortalité périnatale
Faits importants :
• Les nourrissons et les enfants sont les plus sensibles à la carence en iode.
• Le goitre touche plus les filles en raison de leurs besoins hormonaux accrus pendant la
croissance.
• Une prise en charge précoce est essentielle pour prévenir ces complications.
Classification des goitres selon l’OMS
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) classe les goitres en fonction de leur taille et de leur
visibilité :
✔ Type 0 (G0) :
➝ Thyroïde non palpable et non visible
✔ Type 1a (G1a) :
➝ Thyroïde palpable mais non visible (même lorsque la tête est en extension)
✔ Type 1b (G1b) :
➝ Thyroïde palpable et visible uniquement lorsque la tête est en extension
✔ Type 2 :
➝ Thyroïde nettement visible en position normale
✔ Type 3 :
➝ Thyroïde volumineuse, visible à plus de 5 mètres
Lutte et prévention de la carence en iode
Iodation du sel de cuisine (mesure principale de lutte contre la carence en iode)
Consommation accrue de poissons et de produits de la mer, riches en iode
Injection intramusculaire d'huile iodée, utilisée dans les zones d'endémie sévère où l'iodation
du sel est difficile à mettre en place.
Prévenir la carence en iode permet d’éviter des complications graves comme le crétinisme,
les troubles cognitifs et le goitre endémique.
Carence en zinc : Causes et Conséquences
Rôle du zinc
Le zinc est un oligo-élément essentiel impliqué dans :
✔ Le fonctionnement de plus de 300 enzymes
✔ La synthèse et la dégradation des glucides, lipides, protéines et acides nucléiques
✔ Le métabolisme des autres micronutriments
✔ L'expression des gènes, la croissance, la division cellulaire, l'immunité et la reproduction
Causes de la carence en zinc
Les principaux facteurs responsables sont :
Apport alimentaire insuffisant en aliments riches en zinc et facilement absorbables (viande,
volaille, poisson)
Consommation excessive de céréales, racines et tubercules, riches en phytates (qui inhibent
l’absorption du zinc)
Allaitement maternel non optimal chez les nourrissons
Augmentation des besoins physiologiques (grossesse, croissance rapide)
Certaines pathologies augmentant les pertes de zinc ou diminuant son utilisation
Conséquences de la carence en zinc
⚠ La carence en zinc est souvent associée à une carence en fer et à la malnutrition sévère (ex :
kwashiorkor)
Effets sur la santé :
Altération du système immunitaire → augmentation du risque d’infections
Diarrhée persistante et infections respiratoires aiguës
Dermatoses graves → lésions cutanées et atteintes des muqueuses
Affaiblissement des performances reproductives
Anomalies du développement neurologique
Léthargie mentale
Réduction de l’appétit
Prévenir la carence en zinc passe par une alimentation équilibrée, riche en protéines
animales et en micronutriments essentiels.
Carence en zinc chez la femme enceinte
Conséquences sur la grossesse et le fœtus :
Retard de croissance intra-utérin
Faible développement neurologique du fœtus
Faible poids de naissance
Accroissement de la morbidité néonatale et des malformations congénitales
Risque accru de naissances prématurées
Hémorragie intra-partum (risque accru de complications lors de l’accouchement)
Prévention de la carence en zinc
Alimentation diversifiée : prévenir à la fois malnutrition et carence en zinc
Enrichissement des aliments : fortification et biofortification
Supplémentation médicamenteuse en zinc pour les populations à risque
Une alimentation équilibrée et des stratégies de fortification alimentaire sont essentielles
pour éviter les complications liées à la carence en zinc, en particulier chez la femme enceinte.
Carence en vitamine A
Causes
Infections fréquentes : rougeole, diarrhées, infections respiratoires répétées
Malnutrition : relation bidirectionnelle entre malnutrition et carence en vitamine A
Faible absorption ou augmentation des besoins
Conséquences
Problèmes de santé graves et handicapants :
Cécité infantile (cause majeure de perte de vision chez l’enfant)
Augmentation de la mortalité et de la morbidité
Déficit immunitaire → plus grande sensibilité aux infections
Risque accru d'avortements spontanés
Retard de croissance
Signes cliniques de l’atteinte oculaire
Héméralopie (cécité nocturne) :
Baisse de la vision en faible luminosité
Trouble plus facilement perçu chez l’adulte que chez l’enfant
Traitement efficace : administration de vitamine A → disparition en moins de 3 jours
Une supplémentation en vitamine A et une alimentation riche en produits contenant cette
vitamine sont essentielles pour prévenir ces complications.
Le Double/Triple Fardeau de la Malnutrition
Définition
Coexistence de la sous-alimentation et de la suralimentation au sein d'un même pays, voire
d'un même foyer.
Facteurs expliquant ce phénomène
1. Augmentation de la consommation d’aliments riches en graisses et sucres
2. Diminution de la consommation de fruits, légumes et céréales
3. Mode de vie sédentaire : manque d’activité physique
Prévention de la malnutrition
Politique Alimentation du Nourrisson et du Jeune Enfant (ANJE) – Enfants < 5 ans
1. Allaitement maternel
2. Alimentation complémentaire
3. Communication pour le changement de comportement : Sensibilisation des familles et
communautés
4. Diagnostic et prise en charge de la malnutrition modérée (MAM) au niveau
communautaire
5. Protocole national de prise en charge de la malnutrition aiguë sévère (MAS)
La prévention de la malnutrition nécessite une approche intégrée et globale qui combine
l'éducation, les politiques de santé publique et l'amélioration des pratiques alimentaires.
Prévention de la Malnutrition
Stratégies de lutte et de prévention des carences en micronutriments
1. Diversification alimentaire :
• Adopter une alimentation diversifiée, nutritive et saine.
• Inclure une variété d'aliments riches en nutriments essentiels pour éviter les carences.
2. Supplémentation :
• Fer, acide folique, zinc, vitamine A :
Fournir des suppléments alimentaires pour combler les déficits en micronutriments
essentiels.
3. Fortification des aliments :
• Fer, acide folique, iode, vitamine A :
Enrichir les aliments courants avec des micronutriments pour améliorer l'apport
général en nutriments.
4. Biofortification des aliments :
• Fer, vitamine A, zinc :
Améliorer la qualité nutritionnelle des cultures agricoles par des techniques
naturelles.
Pratique régulière de l’activité physique pour réduire le risque de surpoids/obésité
• Adultes :
• Pratiquer 30 minutes d’activité physique modérée à intense 3-4 fois par semaine à
la maison (gymnastique, tâches ménagères, exercices, jeux actifs, etc.) ou à
l'extérieur.
• Enfants et adolescents (5-19 ans) :
• Pratiquer 60 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse, principalement
aérobique, chaque jour tout au long de la semaine.
L'activité physique régulière joue un rôle clé dans la prévention des maladies liées à la
malnutrition, tout en contribuant à un équilibre nutritionnel sain.