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Écologie et conservation des habitats naturels

Sur ecophysioligie

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Écologie et conservation des habitats naturels

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République Algérienne démocratique et populaire

Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Mustapha Ben Boulaid- Batna 2-


Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie
Département d’Ecologie et Environnement

Polycopié
Support de cours

Régénération des populations, conservation et


réhabilitation des habitats naturels

Master2 Ecophysiologie végétale et Développement des plantes

Réalisé par :
[Link] Nadia

Année Universitaire : 2018/2019


SOMMAIRE
Avant propos
1. Rappels sur quelques concepts et principes d’écologie……………………………...… 1
1.1- Qu’es-ce que l’écologie .……… ………………………………….…………………………. 11
1.2- Organisation générale des êtres vivants………………………………………………………. 22
I.3- Facteurs écologiques …………………………………………………..……………………... ..3
3
1.4- Ecosystème et énergie ……………………………..………………………………………… 33
1.4.1- Notion d’écosystème ……………………………………………………………………….. 3
1.4.2- Les types d’écosystèmes …………………………………………………………………… 4
1.4.3- Le flux d’énergie dans les écosystèmes…………………………………………………….. 4
1.4.4. Niveaux trophiques et chaînes alimentaires...………………………………………………. 5
[Link]. Les producteurs primaires………………………………………………………………… 5
[Link]. Les consommateurs……………………………………………………………………..… 5
[Link]. Les décomposeurs ……………………………………………………………………....... 5
[Link] de la biodiversité………………………………………………………............. 6
2. Les principaux mécanismes de la dynamique chez les végétaux……………………… 7
2.1. Définition de la dynamique de la végétation…………………………………………. 7
2.2. Succession écologique……………………………………………………………… 8
2.2.1. Les successions primaires…………………………………………………………..... ……. 8
2.2.2. Les successions secondaires………………………………………………………………… 9
2.3. Les caractéristiques des successions………………………………………………………….. 10
2.4. Les interactions entre les organismes vivants………………………………………….. ……. 11
2.4.1. Coactions homotypiques……………………………………………………………………. 11
2.4.2. Coactions hétérotypiques…………………………………………………………………… 12
2.5. Niche écologique……………………………………………………………………………… 13
3. Principaux traits biologiques et groupes fonctionnels………………………………………….. 13
3.1. Les types biologiques ………………………………………………………………… ……... 14
3.2. Spectre biologique ……………………………………………………………………………. 16
3.2.1. Indice de perturbation………………………………………………………………………. 16
3.2.2. Groupes fonctionnels………………………………………………………………. ……... 16
3.2.3. Traits fonctionnels…………………………………………………………………............. 16
3.3. Intérêt de l'étude des traits fonctionnels……………………………………………………… 17
4. Traits de régénération…………………………………………………………………………… 17
4.1. La migration chez les végétaux……………………………………………………………….. 17
4. 1.1. Le déplacement des individus ……………………………………………………………... 18
4.1.2. La mobilité génétique……………………………………………………………………….. 18
4.2. Les modes de colonisation : occupation de l’espèce .………………………………… …...... 18
4.2.1. Le drageon est un issu de la racine de l’arbre mère………………………………………… 20
4.2.2. Le stolon est issu de l’affaissement des tiges, naturel ou artificiel………………….. …….. 20
4. La restauration des écosystèmes dégradés……………………………………………………… 20
4.1. La perturbation des communautés végétales…………………………………………… ……. 20
[Link] résilience……………………………………………………………………………. 21
[Link] de dégradation des écosystèmes……………………………………………… 21
4.2.1. Les causes abiotiques……………………………………………………………. 21
4.2.2. Les causes biotiques………………………………………………………………. 22
4.2.3. Menaces spécifiques sur la faune………………………………………................ 23
[Link] de la degradation…………………………………………………….… 24
4.4.Réstauration………………………………………………………………………….. 24
4.5. Réhabilitation………………………………………………………………………... 24
4.6. Réaffectation………………………………………………………………………..… 24
[Link], réhabilitation et réaffectation………………………………………….. 25
5. Conservation et gestion des habitats………………………………………………..… 26
[Link] in situ et ex situ…………..…………………………………………….... 26
5.2. L’apport des catégories spécifiques d’aires protégées à la conservation de la
biodiversité…………………………………………………………………………….….. 27

[Link] aires protégées…………………………………………………………………….. 72


6.3.2. Les zones humides………………………………………………………………… 72
6.3.3. Les réserves de chasses…………………………………………………………… 72
6.3.4. Les centres cynégétiques………………………………………………………….. 72
6.3.5. Les parcs nationaux…………………………………………………………..…… 72
6.3.6. Réserves pour protéger les ressources marines………………………..……..…… 72
Avant propos

Ce polycopié est rédigé à l’intention des étudiants du Master 2 Ecophysiologie et


développement des plantes, intitulé Régénération des populations, conservation et
réhabilitation des habitats naturels. Son objectif est d’acquérir l’outil permettant l’évaluation
des mécanismes qui déterminent les changements dans les populations et les communautés,
suite aux perturbations biotiques et abiotiques des écosystèmes. C’est un support pédagogique
qui permet surtout d’intégrer des données récentes, bases de la connaissance du point de vue
fonctionnel, dans la compréhension la dynamique des écosystèmes : régénération, migration,
colonisation et établissement. Ainsi l’application à la réhabilitation et aux processus de
reconstitution des habitats naturels.

Dans une première partie, un rappel sur quelques concepts et principes d’écologie.
La deuxième partie, la présentation des principaux mécanismes de la dynamique
chez les végétaux.
La troisième partie, les principaux traits biologiques et groupes fonctionnels.
La quatrième et la cinquième partie sont consacrés à la restauration et la conservation
des habitats naturelles.
1. Rappels sur quelques concepts et principes d’écologie
1.1. Notion d’écologie
Le terme « écologie » (du grec : oïkos : demeure ou habitat, et logos : science) a été proposé
par l’allemand « Ernest Haeckel » en 1866 pour désigner la science qui étudie les rapports
entre les organismes et le milieu où ils vivent. La définition qu’il a donnée est la suivante :
« c’est la connaissance de l‘économie de la Nature, l’investigation de toutes les relations
d’un animal à la fois avec son milieu inorganique et organique, incluant par-dessus tout, ses
relations amicales et antagonistes avec ceux des animaux et des plantes avec lesquels il
entre directement en contact. En un mot, l’écologie est l’étude de toutes ces interrelations
complexes considérées par « Darwin » comme les conditions de la lutte pour la vie, etc. ».
Actuellement, l’écologie est définie comme étant la science qui étudie les conditions
d’existence des êtres vivants et les interactions de toutes natures qui existent entre ces êtres
vivants d’une part et entre ces êtres vivants et leur milieu, d’autre part. Il s’agit donc, de la
science de l’organisation de la Nature, de ses mécanismes et de l’interaction de ses parties.
Il existe généralement trois types de rapports :
 influence des facteurs du milieu sur les êtres vivants,
 influence et activités des êtres sur le milieu,
 influence des êtres vivants entre eux.
La corrélation entre ces trois types de rapports est très étroite et il est difficile de les
séparer.
Du point de vue historique, la connaissance empirique des exigences écologiques des êtres
vivants existait déjà chez l’Homme préhistorique qui l’avait acquise au cours de ses
recherches de gibier et de plantes comestibles. On trouve des éléments de caractère
écologique chez de nombreux savants de l’Antiquité et du Moyen-Âge. À partir de 1850,
les travaux d’inspiration écologiques se multiplièrent, et ce, surtout, après les grandes
explorations dans le monde entier et notamment les campagnes océaniques. L’écologie
moderne s’est développée à partir de 1930 aux pays anglo-saxons (désertification de
grandes superficies, abus d’utilisation des insecticides qui ont détruit l’équilibre naturel,
etc.). Il y avait aussi un abus d’élevage : surpâturage, d’où une menace pour certains
végétaux et animaux sauvages.
Il est important de distinguer, actuellement, entre l’écologie qu’on vient de définir et
l’écologisme, qui regroupe toute une série d’activités, de prises de positions voire de
conceptions philosophiques qui peuvent être considérées comme des retombées lointaines
de l’écologie proprement dite. Par exemple, il convient de distinguer entre l’environnement
1
au sens très large de milieu ou habitat des plantes et des animaux (y compris l’Homme), et
l’environnement humain exerçant une influence sur l’homme (on peut définir ainsi une
écologie humaine qui s’occupe des interactions entre l’homme et son environnement).
1.2. Organisation générale des êtres vivants
Le monde vivant est structuré selon des niveaux d’organisation de complexité croissante
(molécules, organites, cellules, tissus, organes, individus, populations, communautés).
Les niveaux concernés par les études écologiques sont essentiellement : l’individu, la
population et la communauté.
 L’individu : ce niveau englobe tous les organismes individuels depuis les êtres
unicellulaires jusqu’aux arbres et aux gros mammifères. À ce niveau, les études sont
qualifiées d’auto-écologiques, par opposition à celles des niveaux supérieurs,
qualifiées de synécologiques.
 La population : une population est l’ensemble des individus de même espèce,
vivant sur une surface déterminée. Le développement d’une population et son
évolution sont contrôlés par l’environnement.
 La communauté : Une communauté est l’ensemble des populations réunies dans
un même espace et dont l’ensemble présente une certaine homogénéité vis-à-vis des
critères retenus pour la distinguer. La notion de communauté peut désigner :
 Les populations végétales constituant un groupement végétal ou phytocénose.
 Les populations animales ou zoocénose.
 Les micro-organismes du sol ou micro-biocénose.
Elle peut désigner aussi l’ensemble des organismes ou biocénose.
Le milieu dans son sens écologique le plus large est constitué au niveau planétaire par la
Biosphère qui est défini comme étant la région de la planète qui renferme l’ensemble des
êtres vivants et dans laquelle la vie est possible en permanence. En effet toute la surface du
globe terrestre n’est pas également favorable aux organismes. On y rencontre des
territoires, comme les calottes polaires et les hautes montagnes où la vie y est presque
impossible.
 La biosphère peut être subdivisée en trois compartiments de natures physiques
différentes :
 La lithosphère : limitée aux couches les plus superficielles de l’écorce terrestre.
C’est le milieu solide constitué par l’ensemble des continents émergés.

2
 L’hydrosphère : ou océan mondial, milieu liquide qui recouvre les 7/10 de la surface
planétaire.
 L’atmosphère : couche gazeuse homogène qui constitue la zone la plus périphérique
de notre planète et enveloppe les deux précédents milieux.
1.3. Facteurs écologiques
On appelle facteur écologique tout élément du milieu susceptible d’agir directement ou
indirectement sur les êtres vivants au moins durant une phase de leur cycle de
développement (agents climatiques, édaphiques, chimiques ou biotiques).
Les facteurs écologiques agissent sur les êtres vivants de diverses façons :
 En éliminant certaines espèces des territoires dont les caractéristiques climatiques
ou physico-chimiques ne leur conviennent pas et par conséquent en intervenant dans
leur répartition géographique.
 En modifiant les taux de fécondité et de mortalité des diverses espèces en agissant
sur leur cycle de développement et en provoquant des migrations, donc en agissant
sur la densité des populations.
 En provoquant l’apparition de modifications adaptatives : modifications
quantitatives du métabolisme et aussi modifications qualitatives telles que
l’hibernation, estivation, réactions photopériodiques, etc.
Ainsi, la cible fondamentale est l’individu et les premiers effets sont soit d’ordre
physiologique (écophysiologie) soit comportemental (éco-éthologie). Dans un second
temps les effets peuvent être d’ordre démographique par suite d’une répercussion sur les
processus démographiques (natalité, mortalité, émigration, immigration). Un dernier type
d’effet peut affecter la composition et la structure génétique de la population.
On distingue en écologie, des facteurs abiotiques et des facteurs biotiques. Les facteurs
abiotiques comprennent les facteurs climatiques, édaphiques, la composition chimique de
l’eau, etc. les facteurs biotiques comprennent essentiellement les facteurs de prédation, de
compétition, de parasitisme.
1.4. Ecosystème et énergie
1.4.1. Notion d’écosystème
Un système écologique ou écosystème fut défini par le botaniste anglais Arthur Tansley en
1935. Un écosystème est par définition un système, c’est à dire un ensemble d’éléments en
interaction les uns des autres. C’est un système biologique formé par deux éléments
indissociables, la biocénose et le biotope.

3
 Biocénose est l’ensemble des organismes qui vivent ensemble (zoocénose,
phytocénose, microbiocénose, mycocénose, etc.).
 Biotope (écotope) est le fragment de la biosphère qui fournit à la biocénose le milieu
abiotique indispensable. Il est défini également comme étant l’ensemble des facteurs
écologiques abiotiques (substrat, sol, « édaphotope », climat « climatope ») qui caractérisent le
milieu où vit une biocénose déterminée.
Exemple : Une forêt constituée d’arbres, de plantes herbacées, d’animaux et d’un sol
- Ecosystème : C’est la forêt.
- Biocénose : C’est la phytocénose (arbres, plantes herbacées) et la zoocénose (animaux).
- Biotope : C’est le sol.
1.4.2. Les types d’écosystèmes
La notion d’écosystème est multi scalaire (multi-échelle). C’est-à-dire ; elle peut s’appliquer à
des portions de dimensions variables de la biosphère ; un lac, une prairie, ou un arbre mort,
etc.
A- Suivant l’échelle de l’écosystème, nous avons :
 Un micro-écosystème : Un arbre par exemple ;
 Un méso-écosystème : une forêt ou une prairie par exemple ;
 Un macro-écosystème : exemple ; océan, savane, désert, etc.
B- Les écosystèmes classés par référence aux biotopes concernés :
 Ecosystèmes continentaux (ou terrestres) tels que : les écosystèmes forestiers
(forêts), les écosystèmes prairiaux (prairies), les agro-écosystèmes (systèmes
agricoles), les écosystèmes steppiques, etc.
 Ecosystèmes des eaux continentales, pour les écosystèmes lentiques des eaux
calmes à renouvellement lent (lacs, marécages, étangs) ou écosystèmes lotiques des
eaux courantes (rivières, fleuves).
 Ecosystèmes océaniques (les mers, les océans).
1.4.3. Le flux d’énergie au sein des écosystèmes
L’énergie entre dans les écosystèmes sous forme d’énergie lumineuse (photon) dont une
partie est absorbée par les plantes pendant la photosynthèse (assimilation chlorophyllienne)
pour être transformée en énergie chimique qui est stockée dans les liaisons de molécules
organiques sous forme de glucose. Pour obtenir l’énergie contenant dans ces molécules
organiques, l’ensemble des organismes plantes, animaux et micro-organismes respirent.
Quand la respiration oxyde ces molécules, elle libère de l’énergie nécessaire au travail

4
biologique comme la réparation des tissus, la production de la chaleur du corps ou la
reproduction. Une fois le travail effectué, l’énergie sort de l’organisme et se dissipe dans
l’environnement sous forme de chaleur. Au final, cette énergie est irradiée dans l’espace. Une
fois qu’un organisme a consommé de l’énergie, elle devient inutilisable pour tous les autres
organismes. Le mouvement de l’énergie que nous venons de décrire est appelé le flux
d’énergie.
1.4.4. Niveaux trophiques et chaînes alimentaires
D’un point de vue trophique, les êtres vivants peuvent être classés en trois catégories :
[Link]. Les producteurs primaires
Les producteurs sont les végétaux autotrophes. Ils constituent le premier niveau trophique de
l’écosystème. En effet, grâce à la photosynthèse ils élaborent la matière organique à partir de
matières strictement minérales fournies par le milieu extérieur abiotique.
La biomasse ou la matière organique ainsi produite dans un écosystème est dite production
primaire.
[Link]. Les consommateurs
Les consommateurs sont tous hétérotrophes. Ils élaborent leur matière organique en
transformant celle qu’ils prélèvent sur d’autres êtres vivants. Ils sont donc aussi producteurs
(producteurs secondaires). Les consommateurs occupent un niveau trophique différent en
fonction de leur régime alimentaire. On distingue trois niveaux : les consommateurs primaires
qui sont principalement des phytophages ; les consommateurs secondaires qui sont des
prédateurs des consommateurs primaires ; et les consommateurs tertiaires qui sont des
prédateurs des consommateurs secondaires. Le plus souvent, un consommateur est omnivore
et appartient donc à plusieurs niveaux trophiques.
[Link]. Les décomposeurs
Les décomposeurs consomment la matière organique inerte (cadavres, débris végétaux,
matière organique dissoute, etc.) et sont appelés pour cela saprophages. Ce sont
essentiellement des invertébrés du sol, des champignons et des bactéries. Ils accélèrent le
processus de minéralisation de la matière organique assurant ainsi le caractère cyclique de la
chaîne alimentaire qui lie l’ensemble de ses producteurs primaires, consommateurs et
décomposeurs comme représenté dans la figure ci-dessous :

5
Figure 1 : Schéma des relations entre les différents maillons de la chaine alimentaire.

I.5. Notion de la biodiversité


La biodiversité englobe à la fois l’ensemble des organismes vivants de la planète et les
relations fonctionnelles complexes qu’ils entretiennent entre eux.
Les composantes de la diversité biologique sont organisées en plusieurs niveaux, du plus
simple au plus complexe, depuis les structures chimiques qui sont les bases moléculaires de
l’hérédité jusqu’aux écosystèmes. La biodiversité englobe donc les écosystèmes, les espèces,
les gènes et leur abondance relative. Elle est à l’origine de tous les mécanismes qui permettent
à la biosphère d’assurer en permanence des tâches de protection des sols et de régulation du
climat et des fluides vitaux maintenant les paramètres de notre environnement dans des
limites compatibles avec la vie.
On distingue deux types de biodiversité :
 la biodiversité « remarquable » qui correspond à des entités (des espèces, des
habitats, etc.) que la société a identifiées comme ayant une valeur intrinsèque fondée
sur la répartition et les spécificités écologiques de ces habitats ou espèces. La notion
de biodiversité remarquable n’est pas purement biologique : elle combine des critères
écologique (la rareté ou un rôle fonctionnel déterminant s’il s’agit d’espèces),
sociologique (le caractère patrimonial), économique (la prédominance de la valeur de
non-usage), juridique (des aires bénéficiant d’un statut de protection, des espèces
inscrites sur une liste officielle ; etc.).
 La biodiversité « ordinaire » (ou commune) qui correspond à des entités (espèces ou
habitats) qui n’ont pas de valeur intrinsèque, mais qui, par leur abondance et par leurs

6
multiples interactions, contribuent au fonctionnement des écosystèmes et à la
production des services qu’y trouvent nos sociétés. Les espaces dits « ordinaires » sont
des espaces qui n’abritent pas —a priori— d’espèces rares ou menacées.
2. Les principaux mécanismes de la dynamique chez les végétaux
2.1. Définition de la dynamique de la végétation
C’est l’évolution de la végétation avec le temps, en un lieu particulier (= station),
correspondant à l’apparition et à la disparition d’espèce, de manière continue (stades
pionniers) jusqu’à un stade ultime stable, le climax : c’est en parallèle l’évolution des
facteurs du milieu, en particulier du sol, mais aussi la lumière, l’eau, l’organisation spatiale,
etc.
C’est une évolution naturelle unidirectionnelle :
Roche mère Pelouse Lande Forêt
Espèces pionnières qui disparaissent /Espèces de climax qui restent
Le tapis végétal est en mouvance générale et permanente. Plusieurs phénomènes
sont à l’origine de cette mouvance :
* Des processus progressifs, lents, qui interviennent sans arrêt au sein du tapis
végétal : la croissance et la mortalité des individus, la concurrence intra et surtout
interspécifique (pour l’espace, la lumière, la nourriture) ;
* Des perturbations ou catastrophes, phénomènes brutaux, imprévisibles, aléatoires,
pouvant concerner de vastes espaces (tempêtes, incendies, éruptions volcaniques,
crues brutales, attaques d’insectes), à l’origine de phénomènes régressifs qui
réactivent de nouveaux processus progressifs.
* Les actions anthropiques développées depuis des millénaires marquent
profondément de leur empreinte les paysages actuels ; elles sont ainsi à l’origine de
la diversification des trajectoires dynamiques observées. Certaines activités
(agropastorales) se traduisent par contre par des blocages de la dynamique. Des
mutations récentes (déprise agricole) provoquent la levée de ces blocages, entraînant
la transformation des paysages dans de nombreuses régions.
*Ces phénomènes dynamiques induisent des modifications des populations
(dynamique démographique des populations d’espèces végétales, par exemple), des
communautés végétales (transformation progressive d’une communauté en une
autre), de certaines conditions stationnelles (sols, conditions microclimatiques), des
peuplements animaux.

7
2.2. Succession écologique
Une succession écologique est un processus d’évolution libre d’un milieu naturel au cours du
temps. Cela consiste en une série d’étapes devant se succéder dans un ordre adéquat :
différentes communautés végétales et animales, sols, etc. se remplacent.
 La première communauté à s’installer sur un sol nu est dite pionnière
 Les communautés subséquentes sont les séries
 La communauté finale est un état d’équilibre stable atteint par le complexe climat-sol-
flore-faune en un lieu donné.
Cet état d’équilibre est appelé climax.
Exemple de succession écologique : Terrain nu => végétation pionnière => prairie =>
arbustes => forêt
On distingue deux types principaux de successions :
2.2.1. Les successions primaires
Les successions primaires correspondent à l’installation des êtres vivants dans un milieu
comme un sol nu qui n’a jamais été peuplé. Les organismes qui s’installent en premier sont
qualifiés de pionniers. Les biocénoses qui se succèdent sont des séries. La fin de l’évolution
de la série est représentée par une biocénose stable, en équilibre avec le milieu qui est qualifié
de climax.
Sur un sol nu, les végétaux s’installent au hasard des apports de semences qui sont souvent
transportées par le vent dans le cas des espèces pionnières. Les effets du hasard sont modifiés
par les facilités du terrain à coloniser. Il est évident que les plantes les plus communes auront
plus de chance de s’installer que les plantes rares. La sélection en fonction des caractères du
sol et du microclimat éliminera un grand nombre d’espèces. Le plus souvent, les plantes une
fois installées s’étendent, chaque espèce formant des peuplements mono spécifiques. La
végétation a ainsi un aspect en mosaïque caractéristique des stades jeunes de la colonisation.
Puis la concurrence et la sélection se manifestent et la biocénose acquiert sa structure
définitive.

8
Figure2 : Les étapes de la succession primaire

2.2.2. Les successions secondaires


Correspondent au processus de reconstitution de la végétation dans un milieu qui a déjà été
peuplé, mais dont les êtres vivants ont été éliminés totalement ou partiellement par des
modifications climatiques (glaciations, incendies), géologiques (érosion), ou par l’intervention
de l’homme. Une succession secondaire conduit souvent à la formation d’un disclimax
différent du climax primitif.
Les séries évolutives régressives aboutissent non à un stade climax, mais à un groupement
simple souvent analogue à un stade pionnier.
La notion de climax a été très critiquée. Pour rester valable et mériter d’être conservée, cette
notion doit prendre un aspect dynamique. Une forêt parvenue au stade climax n’est pas un
système uniforme et immuable. C’est un ensemble hétérogène de parcelles d’âges différents
qui ont été créées par des perturbations telles que le vent ou le feu. Dans la forêt climax
coexistent, à côté de parcelles réellement arrivées au stade climax, un mélange de parcelles
d’âge divers dont la végétation est celle ou rappelle celle des stades précédents.
Cette hétérogénéité du climax explique la biodiversité élevée que l’on y rencontre. On peut
donner le nom de métaclimax à cette structure hétérogène qui se renouvelle constamment tout
en restant identique à elle-même.

9
Figure3 : Exemples sur la succession secondaire.

2.3. Les caractéristiques des successions


L’analyse des successions écologiques a permis à des écologistes comme Odum et Margalef
d’en déterminer diverses caractéristiques qui peuvent être résumées dans les dix propositions
suivantes.
a- Les écosystèmes proches du climax sont plus organisés, plus complexes que les
écosystèmes proches du stade pionnier. Le taux de renouvellement de la biomasse diminue
lorsque la succession tend vers le climax. Les écosystèmes proches du stade pionnier ont un
taux de renouvellement de la biomasse élevé et ils peuvent être soumis à une exploitation plus
intense.
b- Le rapport PB/R (productivité brute/respiration) est supérieur à l’unité dans les
écosystèmes jeunes et tend vers l’unité dans les écosystèmes voisins du climax. Par
conséquent, la productivité nette PN qui est égale à PB-R tend vers zéro en raison de
l’augmentation des dépenses respiratoires. La biomasse augmente au fur et à mesure que l’on
s’approche du climax. Elle devient ensuite à peu près constante puisque la productivité tend
vers zéro.
c- La diversité spécifique augmente le long des successions. Elle est due en particulier à
l’hétérogénéité du milieu. La diversité biochimique augmente aussi au cours de la succession.
d- Les distributions d’abondance des espèces changent au cours des successions, ainsi que
l’équitabilité qui est d’abord faible puis augmente au stade climax.
e- Les chaines alimentaires tout d’abord linéaires et dominées par des herbivores deviennent
des réseaux ramifiés et complexes ou les détritivores prennent une place de plus en plus

10
importante. Les niches écologiques des espèces deviennent de plus en plus spécialisées à
l’approche du stade climax.
g- Dans les milieux climaciques la mobilité des espèces tend à diminuer, le cycle biologique
s’allonge et se complique. La tendance à la sédentarité des espèces a pour conséquence la
formation de races géographiques, par exemple chez les oiseaux.
h- Les espèces des stades pionniers sont fréquemment des espèces opportunistes ayant adopté
des stratégies démographiques de type « r » qui disséminent leurs diaspores avec l’aide du
vent, tandis que les stades climatiques sont dominés par des espèces adoptant des stratégies
démographiques de type « k » qui disséminent leurs diaspores avec l’aide des animaux. Au
cours de la succession, on assiste donc à une augmentation du pourcentage des espèces
zoochores et à une diminution de celui des espèces anémochores.
i- La nature des relations interspécifiques évolue avec la succession. Les mécanismes de
régulation indépendants de la densité font place à des mécanismes dépendants de la densité.
j- D’une façon générale, le climat est instable et imprévisible dans les milieux occupés par des
stades pionniers ; il est stable et prévisible dans les milieux climaciques.

2.4. Les interactions entre les organismes vivants


Les facteurs biotiques sont l’ensemble des actions que les organismes vivants exercent
directement les uns sur les autres. Ces interactions, appelées coactions, sont de deux types :
 Homotypiques ou intra spécifiques, lorsqu’elles se produisent entre individus de la
même espèce.
 Hétérotypiques ou interspécifiques, lorsqu’elles ont lieu entre individus d’espèces
différentes.
2.4.1. Coactions homotypiques
 L’effet de groupe
On parle d’effet de groupe lorsque des modifications ont lieu chez des animaux de la même
espèce, quand ils sont groupés par deux ou plus de deux. L’effet de groupe est connu chez de
nombreuses espèces d’insectes ou de vertébrés, qui ne peuvent se reproduire normalement et
survivre que lorsqu’elles sont représentées par des populations assez nombreuses.
Exemple : On estime qu’un troupeau d’éléphants d’Afrique doit renfermer au moins 25
individus pour pouvoir survivre : la lutte contre les ennemis et la recherche de la nourriture
sont facilitées par la vie en commun.

11
 L’effet de masse
À l’inverse de l’effet de groupe, l’effet de masse se produit, quand le milieu, souvent
surpeuplé, provoque une compétition sévère aux conséquences néfastes pour les individus.
Les effets néfastes de ces compétitions ont des conséquences sur le métabolisme et la
physiologie des individus qui se traduisent par des perturbations, comme la baisse du taux de
fécondité, la diminution de la natalité, l’augmentation de la mortalité. Chez certains
organismes, le surpeuplement entraine des phénomènes appelés phénomènes d’auto
élimination.
 La compétition intra spécifique
Ce type de compétition peut intervenir pour de très faibles densités de population, et se
manifeste de façons très diverses :
1. Apparais dans les comportements territoriaux, c’est-à-dire lorsque l’animal défend une
certaine surface contre les incursions des autres individus.
2. Le maintien d’une hiérarchie sociale avec des individus dominants et des individus
dominés.
3. La compétition alimentaire entre individus de la même espèce est intense quand la
densité de la population devient élevée. Sa conséquence la plus fréquente est la baisse
du taux de croissance des populations.
Chez les végétaux, la compétition intra spécifique, liée aux fortes densités se fait surtout
pour l’eau et la lumière. Elle a pour conséquence une diminution du nombre de graines
formées et/ou une mortalité importante qui réduit fortement les effectifs.
2.4.2. Coactions hétérotopiques
La cohabitation de deux espèces peut avoir sur chacune d’entre elles une influence nulle,
favorable ou défavorable.
 Le neutralisme
On parle de neutralisme lorsque les deux espèces sont indépendantes : elles cohabitent sans
avoir aucune influence l’une sur l’autre.
 La compétition interspécifique
La compétition interspécifique peut être définie comme étant la recherche active, par les
membres de deux ou plusieurs espèces, d’une même ressource du milieu (nourriture, abri, lieu
de ponte, etc.). Dans la compétition interspécifique, chaque espèce agit défavorablement sur
l’autre. La compétition est d’autant plus grande entre deux espèces qu’elles sont plus voisines.

12
Cependant, deux espèces ayant exactement les mêmes besoins ne peuvent cohabiter, l’une
d’elles étant forcément éliminée au bout d’un certain temps. C’est le principe de Gauss ou
principe d’exclusion compétitive.
 La prédation
Le prédateur est tout organisme libre qui se nourrit aux dépens d’un autre. Il tue sa proie pour
la manger. Les prédateurs peuvent être polyphages (s’attaquant à un grand nombre d’espèces),
oligophages (se nourrissant de quelques espèces), ou monophages (ne subsistant qu’aux
dépens d’une seule espèce).
 Le parasitisme
Le parasite est un organisme qui ne mène pas une vie libre : il est au moins, à un stade de son
développement, lié à la surface (ectoparasite) ou à l’intérieur (endoparasite) de son hôte.
On peut considérer le parasitisme comme un cas particulier de la prédation. Cependant, le
parasite n’est pas vraiment un prédateur, car il n’a pas pour but de tuer l’hôte. Le parasite doit
s’adapter pour rencontrer l’hôte et survivre au détriment de ce dernier. L’hôte doit s’adapter
pour ne pas rencontrer le parasite et s’en débarrasser si la rencontre a eu lieu. Tout comme les
prédateurs, les parasites peuvent être polyphages, opiophages ou monophages.
 Le commensalisme
Interaction entre une espèce, dite commensale, qui en tire profit de l’association et une espèce
hôte qui n’en tire ni avantage ni nuisance. Les deux espèces exercent l’une sur l’autre des
coactions de tolérance réciproque.
Exemple : Les animaux qui s’installent et qui sont tolérés dans les gites des autres espèces.

 Le mutualisme
C’est une interaction dans laquelle les deux partenaires trouvent un avantage, celui-ci pouvant
être la protection contre les ennemis, la dispersion, la pollinisation, l’apport de nutriments,
etc.
Exemple : Les graines des arbres doivent être dispersées au loin pour survivre et germer.
Cette dispersion est l’œuvre d’oiseaux, de singes, etc. qui en tirent profit de l’arbre
(alimentation, abri, etc.).
L’association obligatoire et indispensable entre deux espèces est une forme de mutualisme à
laquelle on réserve le nom de symbiose. Dans cette association, chaque espèce ne peut
survivre, croitre et se développer qu’en présence de l’autre.
Exemple : Les lichens sont formés par l’association d’une algue et d’un champignon.

13
 L’amensalisme
C’est une interaction dans laquelle une espèce est éliminée par une autre espèce qui sécrète
une substance toxique. Dans les interactions entre végétaux, l’amensalisme est souvent appelé
allélopathie.
Exemple : Le Noyer rejette par ses racines, une substance volatile toxique, qui explique la
pauvreté de la végétation sous cet arbre.
2.5. Niche écologique
La niche écologique est un concept théorique de l’écologie. Il traduit à la fois la position
occupée par un organisme, une population ou plus généralement une espèce dans un
écosystème, et la somme des conditions nécessaires à la viabilité d’une population de cette
espèce.
Hutchinson (1957) définit une niche écologique comme un hyper volume où chaque
dimension de l’espace est une ressource alimentaire, spatiale de l’environnement. Selon cette
théorie, deux espèces ne peuvent occuper une même niche écologique durablement. En effet,
il en résulte une compétition et le principe de la sélection naturelle tend à favoriser celle qui
est la plus adaptée à la niche, c’est-à-dire celle qui peut se reproduire le plus efficacement.
3. Principaux traits biologiques et groupes fonctionnels
3.1. Les types biologiques
La classification des espèces selon les types biologiques de Rankiaer (1904-1934) s’appuie
principalement sur l’adaptation de la plante à la saison défavorable et met l’accent sur la
position des bourgeons hibernants par rapport à la surface du sol, en s’efforçant de classer les
plantes de forme semblable.
Pour Rankiaer (1904-1907), les types biologiques sont considérés comme une expérience de
la stratégie d’adaptation de la végétation aux conditions du milieu. Parmi les principaux types
biologiques définis par Rankiaer (1904), on peut évoquer les catégories suivantes
Phanérophytes : (Phanéros = visible, Phytes = plantes).
Arbres ou des arbustes dont les bourgeons se trouvent en hiver au-dessus de la couche de
neige, c’est-à-dire à plus de 25 à 40 cm au-dessus du sol et, qui assurent la protection de leurs
bourgeons contre le froid en les entourant dans des enveloppes. On tenant compte de la
hauteur, on peut distinguer trois formes différentes :
1. Nanophanérophytes : de 50 cm à 2 m.
2. Microphanérophytes : de 2 m à 8 m.
3. Mésophanérophytes : de 8 à 30 m.

14
On distingue également les phanérophytes ligneux (arbres, arbustes et arbrisseaux) (herbacées
des régions tropicales humides), succulents (cactées et euphorbes des déserts) et grimpants
(tierres, lianes des forêts tropicales).
 Chamaephytes :(Chamai = à terre).
Herbes vivaces et sous-arbrisseaux dont les bourgeons hibernants sont à moins de 25 cm au-
dessus du sol, sur des pousses aériennes courtes, grimpantes ou érigées, mais vivaces, ces
bourgeons peuvent jouir d’un certain abri (neige, effet de groupe).
 Hemicryptophytes : (cryptos = caché)
Plantes vivaces à rosettes de feuilles étalées sur le sol et les bourgeons de renouvellement sont
au ras du sol ou dans la couche superficielle du sol ; ce qui leur permet d’être protégées par la
litière et en hivers par la neige. L’appareil aérien est herbacé et disparaît à la mauvaise saison.
 Géophytes
Plantes à organes vivaces. Ces végétaux ayant une partie aérienne particulièrement fragile et
fugace, passant la mauvaise saison à l’aide de bulbes, tubercules ou rhizomes enfouis sous
terre. Elles sont très communes dans les régions tempérées.
 Thérophytes : (théros = été).
Plantes annuelles à cycle végétatif complet. Elles comprennent une courte période végétative
et ne subsistent plus à la mauvaise saison qu’à l’état de graines, de spores ou autres corps
reproducteurs spéciaux.

Figure 4 : Schéma représentatif des types biologiques.

15
3.2. Spectre biologique
Selon Gaussen et al. (1982), le spectre biologique est le pourcentage des divers types
[Link] (1987), a mis en évidence l’existence d’une bonne corrélation entre les
types biologiques et de nombreux caractères phénomorphologiques.
Il recommande l’utilisation des spectres biologiques en tant qu’indicateur de la
distribution des autres caractères morphologiques et probablement des caractères
physiologiques.
3.2.1. Indice de perturbation
Pour pouvoir apprécier l’état de dégradation des groupements individualisés, un indice
de perturbation (IP) a été calculé pour chaque groupement (Kadi Hanifi, 2003). Cet indice est
donné par le rapport suivant :

IP =

3.2.2. Groupes fonctionnels :


Un groupe fonctionnel peut être défini comme un ensemble d’espèces qui partagent
les mêmes ressources et qui réagissent de façon analogue à une perturbation (Gitayet Noble,
1997). Ainsi, la diversité fonctionnelle d’un écosystème retient le groupe fonctionnel comme
unité élémentaire.
- Type fonctionnel de réponse
Les types fonctionnels de réponsesont des groupes d’espèces qui répondent à un
facteur environnemental biotique ou abiotiquede manière semblable. Par exemple, les espèces
d’un écosystème peuvent être regroupées sur la base de leur tolérance ou de leur intolérance
au feu, au broutement, au gel, etc.
- Type fonctionnel d’effet
Les types fonctionnels d’effet sont des groupes d’espèces qui affectent leur
écosystème d’une manière semblable. Par exemple, on peut regrouper les espèces qui fixent
l’azote atmosphérique ou qui augmentent le risque de feu.
3.2.3. Traits fonctionnels
En biologie, un trait fonctionnel est une caractéristique morphologique,
physiologique ou phénologique d’un organisme mesurée à l’échelle des individus et qui
affecte sa performance individuelle. À l’échelle des écosystèmes, les traits fonctionnels sont
responsables de la manière dont les organismes répondent aux facteurs environnementaux
(trait fonctionnel de réponse, ou réponse trait), en lien avec la théorie des filtres. Ils sont

16
également responsables de la manière dont les organismes affectent le fonctionnement de
l’écosystème (trait fonctionnel d’effet, ou effect trait).
3.3. Intérêt de l’étude des traits fonctionnels
L’étude des traits fonctionnels est pratique puisque ceux-ci permettent non seulement
de retracer l’histoire écologique et évolutive des espèces, mais peuvent aussi potentiellement
servir à prédire la réponse ou l’effet de la présence d’une espèce quant à son environnement.
En écologie des systèmes, les chercheurs tendent à classer les plantes selon leur type
fonctionnel davantage que leur taxonomie. .
Deux grands types de stratégies ont été mis en évidence, avec les espèces dites
explicatrices dominantes dans les milieux fertiles, avec de fortes capacités d’acquisition des
ressources et un taux de croissance élevé.
À l’opposé, les espèces dites conservatrices, dominantes dans les milieux pauvres en
nutriments, ont des capacités d’acquisition des ressources plus faibles, une croissance lente.
Les stratégies employées par ces deux « types » d’espèces se reflètent dans leurs
caractéristiques morphologiques et donc dans leurs traits fonctionnels. Ainsi, les espèces
explicatrices sont le plus souvent caractérisées par une forte surface spécifique foliaire (SLA
: SpecifiqueLeaf Area), une concentration élevée en N foliaire (LNC), et une forte
concentration en N dans les racines (RNC : Root Nitrogen Content).
À l’opposé, les espèces conservatrices présentent une forte teneur en matière sèche
foliaire (LDMC: Leaf Dry Matter Content), une forte concentration en C par rapport à celle
du N dans les feuilles (C : N foliaire), une faible concentration en N racinaire et une faible
longueur spécifique racinaire (SRL). L’utilisation de ces traits fonctionnels donne une
estimation de la disponibilité du N sur la période de croissance des plantes et de leurs
capacités d’acquisition des nutriments du milieu sans nécessairement connaître précisément
les espèces et leur biologie.
4. Traits de régénération
4.1. la migration chez les végétaux
Contrairement aux idées reçues, les plantes sont des êtres vivants mobiles capables de se
déplacer sur de courtes ou de très longues distances. Certaines études ont montré que les
arbres migrent en moyenne à raison de 35 à 50 kms par siècle Migrer ? Est – ce possible, si on
considère que la différence la plus évidente entre les plantes supérieures et les animaux est
l’enracinement forcé des premières et la liberté de mouvement des secondes ? Il faut dissocier
deux processus dans la mobilité des plantes d’un côté il y a le déplacement des individus

17
comparables à ceux observés chez les animaux et d’un autre coté il y a la dispersion du
patrimoine génétique dans le but de première espèce.
4. 1.1. Le déplacement des individus
Dans ce cas, les individus déplacent leur point de fixation sur un territoire certaines, espèces
végétales ne possèdent pas de point de fixation, ce sont notamment les plantes aquatiques qui
migrent passivement au gré des vents et des courants via des structures complexes flottantes
(jacinthe d’eau,Piscia) ou les roses du désert de Jericho, par ailleurs, certaines espèces sont
capables de déplacer leur point de fixation d’année. On peut évoquer toutes les plantes à
rhizomes (Bambous, muguet) ou à bulbes, mais également les plantes cespiteuses souche,
progressivement les nouvelles tiges se dissocient les unes des autres pour constituer plusieurs
individus apparents. Il est nécessaire d’inclure également les espèces capables d’émettre des
drageons ou des stolons qui sont véritablement des organes de déplacement ; on cite
généralement les forêts du Canada formées par un seul individu de Thuya. Cependant ces
individus sont des clones. Si on prend en compte que un ce processus donne une certaine
immoralité aux individus ou tout au moins au patrimoine génétique de l’individu, on conçoit
qu’il s’agit d’un véritable déplacement dans l’espèce. Certaines plantes ; notamment les
herbacées des sous-bois tropicaux (Sélaginelle,Gesneriaceae, Begoniaceae, Piperaceae, etc.)
Sont tellement douées pour se multiplier par bouturage de proximité qu’on ne peut pas
exclure que l’individu au sens génétique est âgé de plusieurs milliers d’années et que
l’individu a parcouru des certaines de kilomètres. Il s’agit d’un déplacement à la fois spatial et
temporel.
4.1.2. La mobilité génétique
Dans ce cas la plante partage son patrimoine génétique via les processus de la reproduction
sexuée. La plante dispose d’un premier mode de dispersion à très longue distance qui
s’organise autour des fleurs mâles. Il s’agit de la pollinisation qui est un instrument de
transfert génétique. Elles (les plantes monoïques ou les plantes males des espèces dioïques)
sont capables de transmettre leur patrimoine génétique sur de très distances grâce à son
organe mobile, le pollen.
Le grain de pollen contient le gamétophyte mâle, c’est - à - dire un individu haploïde
complet ! Transporté par des vecteurs variés, abiotiques (vent principalement) ou biologiques
(insectes principalement), ce petit « individu » male peut aller féconder une fleur fort éloignée
et partager ainsi son patrimoine génétique sur un nouveau site (les spores de certaines
fougères, ex : fougère aigle sont capables de rejoindre les masses d’air situées à la limité de
l’atmosphère et effecteur plusieurs fois le tour de la terre avant de se redéposer).
18
Le deuxième mode de dispersion s’organise autour des fleurs femelles. Il est orchestré par un
organe mobile, la diaspore ou la graine chez les plantes « supérieures ». Pour effectuer de tels
déplacements les plantes ne fonctionnement pas seules, elles utilisent tous les vecteurs
possibles qu’ils soient d’origine abiotique (vent, eau, etc.) ou biotique (animaux, hommes,
etc., ;) et mettent en place des structures mobiles adaptées à ces vecteurs.
Ainsi pour utiliser le vent, les plantes ont inventé les fruits ailés (Gyrocarpus,Leptadenia, les
samares des Combretaceae). Au contraire celles qui utilisent l’eau (mer ou fleuve, rivières,
etc…) Ont développé des structures flottantes et résistantes au pourrissement (Cocotier, etc.)
Les plantes utilisent aussi directement les animaux, ils accrochent leurs fruits/graines
(ex :cram –cram) à leur pelage et peuvent de ce fait parcourir des kilomètres avant de ne
retrouver un nouveau milieu. Enfin, l’homme qui se déplace de plus en plus et de plus en plus
rapidement aux 4 coins de notre planète offre de nouveaux moyens de colonisation. En
quelques heures une graine peut maintenant passer de l’Afrique à l’Asie ou à l’Amérique du
Sud (par exemple sur une chaussure de terrain). Actuellement on peut dire que l’homme
autorise des échanges et des brassages auxquels les plantes n’ont jamais eu accès auparavant
(bananier mangues, Philodendron, etc.).
4.2. Les modes de colonisation : occupation de l’espèce
Les modes de colonisation sont directement connectés aux modes de dispersion, car une
plante qui s’installe dans un nouveau lieu doit avoir une stratégie d’occupation et de
colonisation de l’espèce. Ces stratégies sont basées sur deux principes, qui sont la capacité de
la dispersion de la population dans l’espèce et de la durée de vie du cycle végétatif. On les
nomme communément stratégies r (fécondité élevée, peu d’importance de l’individu) et
K (Importance de la durée de vie de l’individu, fécondité faible). Les plantes utilisent
alternativement l’une ou l’autre des stratégies selon le statut dans le milieu. Une espèce
nouvellement arrivée aura une tendance r tandis qu’une fois installée elle cherchera à occuper
durablement l’espèce selon la stratégie K. cependant chez les arbres la stratégie « r » n’est
jamais totalement réalisée tant les ligneux sont organisés autour de la durée de vie des
individus.
La colonisation d’une plante dans un nouveau milieu se caractérise tout d’abord par son
aptitude à se propager dans un nouveau milieu. Encore une fois la réponse de la plante est
graduelle depuis les espèces qui envahissent le milieu (espèces envahissent).
Guibouriacopallifera– Occupation de l’espèce, dispersion à courte distance.
Cette installation s’effectue par la reproduction sexuée et par la multiplication végétative qui
intervient plus rarement chez les arbres que chez espèces herbacées. Au Mali on note
19
cependant plusieurs espèces ligneuses qui montrent spontanément des aptitudes à la
reproduction végétative selon deux modalités principales qui sont les drageons et les stolons :
4.2.1. Le drageon est un issu de la racine de l’arbre mère.
Le jeune individu prend naissance en périphérie de l’arbre et se développe à partir des racines
é[Link], Vitex doniana ou Pouteriaalniifolia sont capables d’émettre des
drageons depuis leurs racines. Cependant ces drageons ne survivent pas très longtemps ; ils
persistent tant que la plante mère est encore présente. C’est ainsi que l’on considère un
drageon comme un mode de multiplication uniquement lorsqu’il est capable de
s’individualise, c’est-à-dire d’acquérir son propre système racinaire et se désolidariser de la
plante mère.
4.2.2. Le stolon est issu de l’affaissement des tiges, naturel ou artificiel.
Le stolon est issu de l’affaissement des tiges, naturel ou artificiel, mais également d’un
enracinement dès lors qu’elles touchent le sol. Ce système est réellement efficace et certaines
espèces l’utilisent comme un mode de colonisation. C’est le cas caractéristique du
Combretummicranthum. Qui est capable de constituer de véritables fourrés inextricables qui
s’avèrent être au final une population clonale provenant, peut-être d’un seul et unique
individu.
Le stolon est issu de l’affaissement des tiges naturelles ou artificielles, mais également d’un
enracinement dès lors qu’elles touchent le sol. Ce système est réellement efficace et certaines
espèces l’utilisent comme un mode de colonisation. C’est le cas caractéristique du
Combretummicranthum qui est capable de constituer de véritables fourrés inextricables qui
s’avèrent être au final une population clonale provenant, peut-être d’un seul et unique
individu.
4. La restauration des écosystèmes dégradés
4.1. La perturbation des communautés végétales
Les perturbations sont des événements qui modifient une population, un écosystème ou un
paysage et qui en changent la structure (DAJOZ, 1996). Les perturbations augmentent
l’hétérogénéité des paysages et favorisent le morcellement. Souvent, les perturbations créent
de nouveaux milieux qui permettent l’installation d’espèces spécialisées. L’homme peut créer
des perturbations ce qui augmente la biodiversité. La perte de résilience peut être causée par
la perte de groupes fonctionnels, des écosystèmes peuvent être hautement résilients, mais peu
résistants à une perturbation donnée.

20
Aujourd’hui, les espèces invasives sont considérées comme une des principales causes
de perte de biodiversité au niveau mondial et particulièrement dans les îles océaniques où
elles sont perçues comme le premier facteur d’extinction d’espèces,
Le terme de « plantes invasives » concerne les plantes introduites volontairement ou non par
l’homme ou par d’autres vecteurs (vent, bateaux, animaux, etc.) induisant par leur
prolifération dans les milieux des changements significatifs de composition, de structure ou de
fonctionnement des écosystèmes. À ces nuisances écologiques s’ajoutent des impacts
écologiques comme les allergies, la gêne pour la pèche, les loisirs, etc.
4.2. La résilience
La résilience écologique est la capacité d’un écosystème, d’un habitat, d’une population
ou d’une espèce à retrouver un fonctionnement, un développement et un équilibre dynamique
normal après avoir une phase d’instabilité engendrée par une perturbation environnementale.
L’écosystème forestier a par exemple la capacité de se reconstituer après un incendie ou une
tempête grâce à une banque de graines contenues dans le sol ou à des propagules transportées
par le vent, l’air, l’eau ou les animaux. C’est le cas également de la recolonisation d’un champ
cultivé par des espèces sauvages après arrêt de la culture et de la recolonisation des friches
urbaines ou industrielles polluées.
4.3. Facteurs de dégradation des écosystèmes
4.3.1. Les causes abiotiques
 Maladies et parasites
II s’agit de maladies qui touchent les végétaux et qui peuvent engendrer des pertes
importantes au sein des peuplements et des populations comme Thaumetopea pytiocampa,
Thaumetopea bongeani, Armilaria sp, Lymantria dispar,etc.
 Vieillissement des peuplements
Ce phenomene a touché spécialement les peuplements forestiers. Il est dû essentiellement
au manqué d’aménagement et de suivi.
 Changements climatiques
Les changements climatiques constituent l’une des contraintes majeures qui semblent
affecter toute la planète. Ils se traduisent en Algérie par une tendance dominante à
l’aggravation de la sécheresse dans tous les étages bioclimatiques du pays.
 Erosion et désertification
Les menaces abiotiques se presentent aussi, de manière plus visible, sous forme d’érosion
éolienne et hydrique qui affecte le couvert végétal, démantèlent les sols et accélèrent le

21
processus de désertification.
4.3.3. Les causes biotiques
 La croissance démographique
En Algérie, le processus de désertification a pour composante principale la forte pression
sur les parcours steppiques et les forêts par des populations en croissance rapide et
fortement touchées par le chômage. Malgré que celui a enregistré une diminution
progressive, il conserve toujours ses effets negatives sur le milieu naturel.
 Les actions anthropiques
Ces actions néfastes résultent de la croissance démographique, de l’urbanisation et de la
concentration des populations humaines. Les activités urbaines se traduisent par :
- L’accélération de la désertification, résultante des charges de cheptel croissantes
(écosystème saharien et steppique) suite a l’arrachage systématique des espèces
Iigneuses et le surpâturage.
- L’extension des cultures itinerants dans les ecosystems steppiques et sahariens, d’où
les sols denudes Iivrés à I’érosion éolienne et hydrique, qui est à I’origine des
processus d’envasement des plans d’eau avec toutes Ieurs conséquences.
- L’usage irrationnel de fertilisants et des produits phytosanitaires. Pour l’Algérie le vrai
problème ne réside pas dans la quantité des intrants, mais dans la façon don’t ils sont
utilisés.
- Mobilisation anarchique des ressources en eau souterraine avec l risqué d’épuisement
et de remontée des sels.
 L’élevage
Pour subvenir à Ieurs besoins, les populations riveraines accordant une grande importance à
I’élevage sous ses différentes formes. Les ponctions sur la production primaire des
ecosystems dépassent leurs capacités naturelles de reconstitution. Le surpâturage conduit à la
réduction du couvert végétal et complique les chances de renouvellement des zones
exploitées..
 Les labours
Ces activitéss ont fortement nuisibles à la pérennité de l’intégrité du milieu physique et de ses
ressources.
 Les incendies
C’est le facteur de dégradation le plus ravageur de la biodiversité.Les incendies détruisent
annuellement en moyenne plus de 35.000 ha pour la période 1961 à 2001 (DGF, 2007).

22
 La sécheresse
Ces sécheresses ont pour conséquence la perturbation de l’équilibre de plusieurs
écosystèmes, engendrant des effets dévastateurs sur les terres agricoles et sur le bétail, et
un appauvrissement de la diversité biologique.

4.3.4. Menaces spécifiques sur la faune


 Prélèvements (chasse et braconnage)
Avant la suspension de la chasse en 1992, les resources cynégétiques du pays ont atteint des
niveaux de recul sévères. Les espèces se sont raréfiées au point de connaître une repartition
morcelée. Les pratiques de chasse étaient souvent non-durables et épuisantes pour la plupart
des espèces de gibier. Les équilibres cynégétiques ont été rompus dans les territoires qui
subissent le plus de pressions.
 Pêche
La pêche est une tradition séculaire qui s’est exercée à travers l’histoire avec des methods
artisanaIes ou les ponctions sur les ressources marines étaient modérées. Aujourd’hui, cette
pratique connait une intensification avec le recours à des methodes destructrices de la faune
marine et notamment les espèces de grandes tailles. La raréfaction des resources inquiète
sérieusement l’Algérie, car le poisson est considéré comme une source incontestable de
protéines pour les populations et notamment sa frange démunie.
 Erosion génétique
L’érosion génétique se manifeste aussi bien au niveau de la faune que de la flore suite à
l’introduction de nouvelles varieties sous d’espèces qui rentrent en compétition avec des
varieties sous des races sauvages locales.
 Pollution génétique
La pollution génétique est un phénomène qui découle du brassage génétique par inter-
fécondation du materiel biologique local avec du materiel biologique introduit. Ce dernier
peut se faire de différentes manières : pollen, graines, introduction d’organismes entiers au
seind’une population donnée,…. etc.
 Bio-invasion
La bio-invasion est un phénomène (naturel ouartificiel) résultant de l’introduction
d’organismes et/ou de nouvelles espèces dans un milieu different de leur milieu. En
proliférant, ils rentrent en compétition avec les organisms indigènes de ce milieu. La
situation actuelle en Algérie n’a pas encore fait l’objet d’évaluation.

23
4.4. Conséquences de la dégradation
La dégradation est définie comme une diminution persistante de la capacité des écosystèmes à
fournir des services ou à assurer leur rôle.
La dégradation fait référence à des changements subtils ou graduels qui réduisent l’intégrité
et la santé écologique. Le dommage fait référence à des changements importants et manifestes
dans un écosystème. Un écosystème est détruit lorsque la dégradation ou le dommage
supprime toute vie macroscopique et généralement abîme l’environnement physique. Les
conséquences peuvent se résumer dans les points suivants :
− La perte d’espèces et les gains relatifs ;
− La colonisation par des espèces envahissantes ;
− La simplification de la structure communautaire ;
− Les changements microclimatiques ;
− Les changements dans la distribution de la fréquence des formes de vie ;
− Les pertes des propriétés bénéfiques du sol ;
− L’altération du régime d’humidité.
4.5. Restauration
La restauration écologique est « le processus d’assister la régénération des écosystèmes
qui ont été dégradés, endommagés ou détruits ». Il s’agit donc d’une activité intentionnelle
qui initie ou accélère le rétablissement d’un écosystème antérieur par rapport à sa
composition spécifique, sa structure communautaire, son fonctionnement écologique, la
capacité de l’environnement physique à supporter les organismes vivants et sa
connectivité avec le paysage ambiant. La restauration tend donc vers le retour d’un
écosystème à sa trajectoire historique.
4.6. Réhabilitation
La réhabilitation insiste sur la réparation et la récupération des processus, et donc sur la
productivité et les services de l’écosystème, tandis que la restauration vise également à
rétablir l’intégrité biotique préexistante, en termes de composition spécifique et de
structure des communautés. La réhabilitation concerne des écosystèmes ayant subi des
dégradations plus importantes et pour lesquels les seuils d’irréversibilité biotique, voire
abiotique, ont été franchis. L’objectif est d’améliorer ou de rétablir certains processus ou
certaines fonctions avec pour modèle l’état de l’écosystème précédent la dégradation. Des
interventions influençant l’environnement physique, tel que la réduction de l’érosion,
l’amélioration des ressources du sol ou un remodelage du relief, sont alors mises en œuvre
afin de réparer les sites dégrades. Ces interventions permettent parfois le retour à
24
l’écosystème d’origine, mais aboutissent le plus souvent à un état alternatif.
4.7. Réaffectation
La réaffectation décrit ce qui se passe lorsqu’un nouvel usage apparaît. Lorsque l’action
de l’homme est permanente, il s’agit également de réaffectation. Par exemple lorsque les
apports d’intrants sous forme d’énergie d’eau ou de fertilisants sont permanents. La
réaffectation peut être appliquée à un écosystème, quel que soit son état. On parle de
réaffectation d’un espace à un autre usage pour lequel aucune référence historique n’est
requise. La réaffectation décrit les interventions sur des écosystèmes très fortement
dégradés pour lesquels la récupération de la structure et des fonctions de l’écosystème
d’origine est impossible. L’objectif peut être de « renaturer » le site pour en faire une zone
de loisir, ou simplement d’assurer la stabilité et la sécurité du site.
4.8. Restauration, réhabilitation et réaffectation
Lorsque la pression exercée sur un écosystème a été trop intense, ou trop longtemps
maintenue, celui-ci est alors susceptible de ne plus présenter de capacité dynamique
suffisante pour que la seule diminution de la pression humaine lui permette de "se restaurer",
c’est-à-dire de revenir à ce qui constituait son état antérieur. La dynamique est alors nulle ou
est interrompue et bloquée à un niveau ou sur une trajectoire différente de devenue celle de
l’écosystème de référence. Une intervention humaine forte est alors nécessaire. Lorsque la
pression exercée sur un écosystème a été trop intense, ou trop longtemps maintenue, celui-ci
est alors susceptible de ne plus présenter de capacité dynamique suffisante pour que la
seule diminution de la pression humaine lui permette de "se restaurer", c’est-à-dire de
revenir à ce qui constituait son état antérieur. La dynamique est alors devenue nulle ou est
interrompue et bloquée à un niveau ou sur une trajectoire différente de celle de l’écosystème
de référence. Une intervention humaine forte est alors nécessaire pour faire évoluer
l’écosystème, soit en replaçant l’écosystème sur une trajectoire favorable (réhabilitation), soit
en le transformant pour un nouvel usage (réaffectation).
5. Conservation et gestion des habitats
La conservation de la diversité biologique, son utilisation durable et le partage équitable
des avantages qui en découlent constituent les objectifs fondamentaux de la Convention sur la
diversité biologique (CDB).
La conservation est une démarche qui consiste à prendre en compte la viabilité à long
terme des écosystèmes dans les projets de gestion des ressources et des milieux. Dans le sens
anglo-saxon du terme, c’est une protection qui n’interdit pas que l’homme intervienne dans
les processus naturels ; c’est une philosophie de la gestion de l’environnement qui n’entraîne
25
ni son gaspillage ni son épuisement. Le terme protection sera réservé aux opérations visant
explicitement à sauvegarder des milieux ou des espèces menacées par les activités
[Link]. Il s’agit de mettre en défens des écosystèmes particuliers.
5.2. Conservation in situ et ex-situ
L’une des pratiques habituelles est la conservation in situ qui consiste à maintenir les
organismes vivants dans leur milieu naturel. Pour la conservation d’espèces individuelles, les
approches efficaces comprennent la protection légale des espèces menacées, l’amélioration
des plans de gestion et l’établissement de réserves pour protéger des espèces particulières ou
des ressources génétiques uniques.
Ce type de conservation permet aux communautés animales et végétales de poursuivre leur
évolution en s’adaptant aux changements de l’environnement, et concerne un grand nombre
d’espèces sans nécessité d’en faire l’inventaire préalable. Cependant, la conservation in situ
n’est pas toujours possible, car de nombreux habitats sont déjà très perturbés, et certains sont
même disparus. On a alors recours à la conservation ex-situ qui consiste à préserver les
espèces en dehors de leur habitat naturel. C’est l’un des rôles dévolus aux jardins botaniques
et zoologiques, mais on fait également appel à d’autres méthodes comme les banques de
gènes.

5.3. L’apport des categories spécifiques d’aires protégées à la conservation de la


biodiversité
5.3.1. Les aires protégées
Le terme générique « aires protégées » recouvre en réalité des situations très différentes,
allant de grandes réserves de faune et de flore à de petits sites dévolus à la conservation
d’espèces particulières. Il peut s’agir de réserves intégrales où l’intervention humaine est
exclue, ou de zones habitées dans lesquelles la protection de la flore et de la faune est assurée
par l’implication des populations locales dans la gestion du milieu et des espèces.
Ces categories présentent trois situations différentes comme suit :
- Les aires protégées, autres que les parcs nationaux, créées dans le cadre de l’ancienne
loi, sont représentées par les reserves intégrales, les réserves de chasses et les centres
cynégétiques.
- Les aires protégées designées par la legislation nationale, mais n’ont pas connu
d’aboutissement sur le terrain de façon officielle. Il s’agit des reserves naturelles don’t
la procédure de classement a été initiée pratiquement depuis l’année 1988 suite à la
publication du décret exécutif n° 143-87 du 16/06/1987, fixant les règles et modalités
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de classement des parcs nationaux et des reserves naturelles, abrogé par la suite par la
loi 03-10 du 19 juillet 2003 relatif à la protection de l’environnement dans le cadre du
développement durable.
- Les aires protégées qui ont bénéficié de la législation internationale pour leurs
classements. Il s’agit des sites du patrimoine mondial (classés dans le cadre de la
convention de Paris) au nombre de 07 sites, les réserves de biosphère, crées dans le
cadre du programme Man and Biosphere (MAB de l’UNESCO), initié depuis les
années 70 et qui tend à concilier l’homme avec son milieu vital dans un cadre durable.
Le label MAB UNESCO est attribué à 06 parcs nationaux parmi les 10 crées. Les
zones humides qui sont au nombre de 50 sites RAMSAR.
5.3.2. Les zones humides
Les zones humides sont les écosystèmes les plus productifs et les plus riches en biodiversité
malgré leur faible place sur la planète.
D’aprèsIa DGF (2011), l’état actuel des connaissances sur les zones humides algériennes a
enregistré des avancées dans la maitrise de leur importance vitale, de leurs fonctions
accomplies à la faveur de la nature et de l’homme et des nombreux services qu’elles mettent à
profit de différentes catégories de populations.
Actuellement, les services chargés de l’application de cette convention ont pu classer 50 sites
humides comme site Ramsar à typologies variables sur une superficie totale de 321 545
hectares ;
5.3.3. Les reserves de chasses
Ce sont des structures charges d’assumer des missions liées à la protection et le
développement de la faune, l’aménagement du biotope des espèces animales, I’établissement
de l’inventair ecynégétique et la recherche et I’expérimentation.
5.3.4. Les centres cynégétiques
Ce sont des structures qui ont à charges des missions liées à la production des espèces
cynégétiques ou exotiques en vue d’enrichir le patrimoine cynégétique national, la promotion
et le développement de la cynégétique par la sélection des espèces cynégétiques locales et par
l’introduction de nouvelles espèces et leur acclimatation, la conservation de la nature et de la
biodiversité, I’organisation de recherches en matière cynégétique, alimentaire et sanitaire et la
participation à l’organisation des lâchers et de suivi de ces opérations, en vue de tirer les
consequences sur l’acclimatation du gibier introduit.

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5.3.5. Les parcs nationaux
Les parcs nationaux d’Algérie ont été créés, sur la proposition du Service des Forêts, par un
arrêté du Gouverneur général du 17février1921dans le but de protéger les forêts présentant un
intérêt botanique en vue du développement touristique des territoires colonisés. Sur la base de
cette ancienne réglementation, treize parcs furent créés totalisant 276 km.
L’Algérie compte actuellement 11 parcs nationaux où non seulement la faune et la flore sont
protégées, mais aussi les sites spéléologiques. Toute exploitation minière, pétrolière et
énergétique ainsi que la chasse y sont strictement interdites.
5.3.6. Réserves pour protéger les ressources marines
Comme les réserves en milieu terrestre, les réserves marines ont pour objectif de protéger des
espèces ou des écosystèmes en danger. Mais une des fonctions des aires marines protégées est
également de protéger les ressources vivantes. Que ce soient des aires de reproduction et de
frai, ou des habitats permettant à certaines espèces d’échapper aux captures, l’objectif est de
maintenir, grâce aux aires protégées, les conditions de renouvellement des stocks. De
nombreuses expériences ont montré que ces modes de gestion étaient efficaces pour protéger
les populations sédentaires. Par contre, ces mesures n’ont qu’une portée limitée pour les
populations de grandes espèces migratrices comme le thon ou le saumon. Il faut leur appliquer
les mesures traditionnelles de régulation des pêches.

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