INTRODUCTION GENERALE
Les impôts existent et font partie de notre univers quotidien. Payer ses impôts est une
obligation qui incombe à tous ; ‘’Nul citoyen n’est dispensé de l’honorable obligation de
contribuer aux charges publiques’’1. Seulement chacun paie suivant ses capacités
contributives ; c’est pourquoi on a tendance à croire que certaines entreprises payent plus
d’impôts que d’autres. Il est indéniable que les impôts apparaissent lourds et nombreux
surtout lorsqu’on leur associe les cotisations sociales et les taxes parafiscales perçues au profit
de certains organismes professionnels.
Selon Emmanuel DISLE et Jacques SARAF2, les impôts sont des prestations
pécuniaires mises à la charge des personnes physiques et morales en fonction de leurs
capacités contributives et sans contrepartie déterminée, en vue de la couverture des dépenses
publiques et de la réalisation d’objectifs économiques et sociaux fixés par la puissance
publique .
Les impôts dont la cause se trouve dans les charges publiques ont trois caractères
fondamentaux :
1- Ce sont des prélèvements forcés et définitifs, imposés par l’Etat au moyen de son
pouvoir de contrainte ;
2- Ce sont des prélèvements obligatoires : les contribuables sont tenus à l’obligation de
s’acquitter de l’impôt sous peine des sanctions prévues en cas de retard, dissimulation ou
fraude fiscale.
3- Les impôts ne comportent pas de contrepartie et ne sont pas affectés. Cela les
distingue : - des redevances, qui sont réclamées en contrepartie d’un service public rendu et
généralement à un niveau proportionnel au montant de ce service (c’est le cas de la redevance
audiovisuelle).
- des taxes qui, en principe, rémunèrent également un service mais sans lien de
proportionnalité avec le service rendu. Elles sont également obligatoires et définies
par le législateur.
On peut classer les impôts et taxes selon deux approches : l’approche économique et
l’approche administrative.
Selon la classification économique, on distingue : l’impôt sur le revenu, l’impôt sur la
consommation et l’impôt sur le capital.
Selon la classification administrative, les impôts directs et les impôts indirects.
Les impôts directs sont supportés « à titre définitifs » par le contribuable, alors que les impôts
indirects peuvent être répercutés (souvent par l’intermédiaire des prix) sur d’autres
contribuables.
1
L’article 101 de la constitution française de 1973
2
Emmanuel DISLE et Jacques SARAF : Droit fiscal, Dunod, Paris, 2001
L’application des impôts et taxes nécessite d’en expliciter le mécanisme, c’est à dire de
définir :
- son champ d’application ;
- son assiette ;
- l’exigibilité
- les règles de calcul
- les modalités de leur recouvrement.
1- Le champ d’application
Définir le champ d’application revient à préciser :
- les personnes imposables ;
- les opérations imposables ; - les règles de
territorialité.
a- Les personnes imposables
Ce sont celles qui sont désignées comme contribuables ou assujettis par la loi. Une
personne physique ou morale est imposable en fonction des opérations qu’elle réalise.
b- Les opérations imposables
Ce sont les actes ou les événements relatifs au revenu, à la consommation ou au capital
devant être soumis à l’impôt.
c- Les règles de territorialité
Elles précisent les limites du territoire auquel s’applique la législation fiscale
camerounaise, ainsi que les règles applicables lorsqu’interviennent des personnes ou des
opérations mettant en jeu des pays autres que le Cameroun.
2- L’assiette de l’impôt
La détermination de l’assiette des impôts et taxes consiste à cerner la matière imposable
et à fixer les règles d’évaluation correspondante.
a- La matière imposable
La matière imposable est l’élément qui est à la source de l’impôt. Son évaluation permet
d’établir la base imposable, c’est à dire le montant auquel s’appliquera le taux de l’impôt.
b- L’évaluation de la matière imposable
Il s’agit de définir la base imposable et de l’évaluer.
On distingue trois types d’évaluations de la matière imposable :
* l’évaluation réelle
Elle vise à connaître le montant réel de la base imposable, ce qui suppose, dans la plupart
des cas, la tenue d’une comptabilité.
Le plus souvent, l’Administration Fiscale se contente de la déclaration du contribuable. Mais
cette confiance a pour contrepartie le droit de contrôle et de vérification que se réservent les
services fiscaux.
* l’évaluation approchée
Elle revient à renoncer à l’évaluation réelle parce qu’elle est trop contraignante ou
trop coûteuse. La base imposable est déterminée de façon approximative par l’Administration
Fiscale à partir d’éléments jugés significatifs de l’activité du contribuable ou de sa capacité
contributive.
* l’évaluation indiciaire
Ce type d’évaluation est encore plus approximative et se fonde sur des critères extérieurs
à la base imposable elle-même.
3- L'exigibilité
L'exigibilité est l'événement, l'acte ou la situation qui rend une personne redevable de
l'impôt et qui donne naissance à la dette envers l'Administration Fiscale.
4- Les règles de Calcul
Une fois la base imposable évaluée, l'impôt est liquidé.
Liquider un impôt consiste simplement à en calculer le montant exigible en appliquant un
barème ou taux à la base imposable.
5- Le recouvrement de l'impôt
C'est la phase qui consiste à opérer l'encaissement réel de l'impôt :
- Soit après appel du montant par l'Administration Fiscale. Le contribuable reçoit alors
un avertissement à payer avec la date limite de paiement;
- soit spontanément. Dans ce cas, le contribuable adresse lui-même et sans recevoir de
demande de l'Administration Fiscale, l'impôt dont il est redevable; - soit enfin par
retenue à la source.
L'efficience d'un système fiscal repose sur son principe d'évaluation de la matière
imposable.
Au Cameroun, l’évaluation réelle, qui fait recours à la comptabilité, est le type
d’évaluation utilisé :
- par les contribuables pour établir et liquider les impôts et taxes ;
- par l’Administration Fiscale pour vérifier, contrôler et redresser les impôts et taxes.
La comptabilité dans les entreprises privées, en zone CEMAC, s’appuie sur le Système
Comptable OHADA, qui permet de déterminer l’assiette des impôts et taxes dus par
l’entreprise.